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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’avocate fiscaliste Manon Laporte s’élève contre les conséquences négatives des réformes en cours pour les revenus des auteurs et artistes.
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« Les auteurs ont besoin d’une réelle avancée qui leur redonne une juste valeur, financière et morale »

L’avocate fiscaliste Manon Laporte s’élève contre les conséquences négatives des réformes en cours pour les revenus des auteurs et artistes.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 16h16
    |

Manon Laporte (Avocate fiscaliste)







                        



                                


                            

Tribune. Tous les auteurs se souviennent du discours d’Emmanuel Macron à la Foire du Livre de Francfort, le 10 octobre 2017, et de sa promesse de peser sur le débat européen quant à la question du droit d’auteur et des droits des auteurs, objets de la directive européenne en cours de discussion au Parlement de Strasbourg.
Or, une réforme du régime social des auteurs, initiée sous François Hollande, entrera en vigueur, en France, le 1er janvier 2019. Permettra-t-elle de récompenser les efforts des écrivains, artistes, compositeurs, photographes, pour « porter par [leurs] imaginaires » l’« Europe de la culture » évoquée par le successeur du président Hollande ?

Les auteurs, comme tous les Français, ont subi la hausse de la CSG au 1er janvier 2018. Une compensation est prévue sous forme d’une déduction, financée par le ministère de la Culture, des cotisations perçues par l’Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs et la Maison des auteurs (Agessa-MDA) égale à 0,95 % des revenus. Mais celle-ci n’est pas encore mise en pratique.
Une nouvelle perte de revenus
De plus, à partir du 1er janvier 2019, la réforme du régime des retraites et, dans leur cas, le prélèvement automatique des cotisations retraite à hauteur de 6,90 % au moment du versement de leurs droits (précompte), leur fera subir une nouvelle perte de revenus alors qu’ils en étaient pour la plupart exonérés du fait de leur appartenance à un régime spécial. Il y a même un risque de « double peine » en 2019 avec le rattrapage des cotisations de 2018 et le prélèvement des cotisations sur les précomptes 2019, voire de « triple peine » pour les auteurs déjà retraités qui cotiseront sans jamais bénéficier de cette retraite – mesure d’ailleurs contraire au droit constitutionnel.
Si l’idée d’un système social plus égalitaire, défendue par le gouvernement, est bonne, il convient de l’adapter au statut particulier qu’est celui d’auteur
A...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le renoncement du ministre de l’écologie doit provoquer un choc dans les consciences si nous voulons éviter le probable effondrement de nos sociétés, écrit un collectif dans une tribune au « Monde ».
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Démission de Nicolas Hulot : « Preuve est faite que la voie de la négociation et de la réforme est une impasse »

Le renoncement du ministre de l’écologie doit provoquer un choc dans les consciences si nous voulons éviter le probable effondrement de nos sociétés, écrit un collectif dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 15h53
    |

Sarah Kilani (Médecin hospitalier), Nicolas Gonzales (Professeur de sciences économiques et sociales) et Pablo Servigne (Ingénieur agronome et cher...







                        



                                


                            

Tribune. Trop occupés à railler Nicolas Hulot et à psychiatriser son cas, les éditorialistes des chaînes d’information en continu, ceux qui de nos jours font l’opinion, passent à côté de l’essentiel : ils ne semblent pas même entr’apercevoir la gravité extrême de la situation. La démission de Nicolas Hulot est la manifestation d’un constat très grave d’impuissance de la part d’un ministre d’Etat venu pourtant pour négocier et réformer, et non renverser la table.
Un homme et même un gouvernement ne peuvent transformer seuls des structures aussi puissantes, soutenues par des intérêts divergents de ceux de l’humanité, très organisées et omniprésentes dans les sphères du pouvoir
Face aux premiers effets dramatiques du dérèglement climatique, à l’emballement incontrôlable qui s’annonce et qui a déjà commencé, face à l’effondrement de la biodiversité et à la responsabilité humaine quant à l’ensemble de ces processus, la survie de notre espèce d’ici à la fin de siècle, et nos conditions d’existence à court terme, dépendent de notre capacité à refuser l’indifférence, le cynisme, la fatalité, pour enfin penser et agir pour la transition vers un monde résilient. Cette démission doit urgemment amener chacun à s’arracher à ses certitudes, plutôt que d’accepter le défilé des moqueries, des rancœurs, des politicailleries et des haussements d’épaules.
Un homme et même un gouvernement ne peuvent transformer seuls des structures aussi puissantes, soutenues par des intérêts divergents de ceux de l’humanité, très organisées et omniprésentes dans les sphères du pouvoir. Avec la démission de Hulot, preuve est faite que la voie de la négociation et de la réforme est une impasse. Ceux qui sont réellement conscients que la situation écologique est absolument catastrophique en viennent désormais à penser que de ce côté, nous avons tout essayé.
Situation gravissime
Si les populations ne prennent pas la mesure gravissime de la situation dans les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ En réponse à la tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad, publiée dans « Le Monde » du 28 août, Giuseppe de Martino, responsable d’un média en ligne, s’oppose à la création de cette rémunération des éditeurs de presse.
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Directive sur les droits d’auteur : « Le “droit voisin” est une hydre à multiples têtes »

En réponse à la tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad, publiée dans « Le Monde » du 28 août, Giuseppe de Martino, responsable d’un média en ligne, s’oppose à la création de cette rémunération des éditeurs de presse.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 14h00
    |

Giuseppe de Martino (Président de l’Association des services Internet communautaires (ASIC) et du média en ligne Loopsider)







                        



                                


                            
Tribune. Avec le vote au Parlement européen le 12 septembre du projet de directive sur les droits d’auteur, l’intense lobbying des industries culturelles revoit le jour. S’inquiétant pour la démocratie, plusieurs médias et journalistes appellent à créer un droit voisin au profit des éditeurs de presse. Et si cela provoquait l’effet inverse ?
Selon ces industries, la démocratie serait en danger. Ainsi, à l’appel de l’AFP, plusieurs journalistes ont demandé aux parlementaires européens d’adopter une proposition de directive relative aux droits d’auteur qui prévoit, entre autres choses, de créer un droit voisin au profit des éditeurs de presse. Ce droit voisin viendrait taxer les divers agrégateurs, moteurs de recherche ou réseaux sociaux, du fait de la seule indexation des contenus publiés par les sites de presse en ligne – et cela malgré l’impact positif que ces intermédiaires ont sur le trafic drainé vers lesdits sites.

A y regarder de plus près, plusieurs questions peuvent légitimement se poser. Tout d’abord au niveau de la méthode. Avant d’être relayée par tous les grands quotidiens nationaux, la tribune signée par plusieurs journalistes fait suite à des discussions entre ces journalistes et la direction de l’AFP, comme l’indiquait la députée européenne Julia Reda [unique députée du Parti pirate, hostile à la proposition de la directive].
Lobbying
Comme toute entreprise, l’AFP demeure libre de faire un lobbying en faveur d’une disposition qui pourrait lui être favorable, de la même manière que certains quotidiens nationaux. A l’heure de la lutte contre la désinformation, cela interroge néanmoins sur la transparence de ces actions. Afin de garantir une démocratie, ces médias ne devraient-ils pas rappeler, lors du traitement journalistique de la question, qu’ils font activement un lobbying en faveur de telle ou telle disposition ?
le droit voisin n’a pas vocation à bénéficier aux journalistes qui sont titulaires...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Faut-il voir dans les débordements semblables à ceux de Chemnitz de simples dérapages idéologiques ou la manifestation d’expressions agressives propres à certaines sociétés fermées d’hommes jeunes ? C’est l’analyse inédite proposée par de nombreuses études récentes.
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Des suprémacistes blancs aux terroristes islamistes, une violence de jeunes hommes

Faut-il voir dans les débordements semblables à ceux de Chemnitz de simples dérapages idéologiques ou la manifestation d’expressions agressives propres à certaines sociétés fermées d’hommes jeunes ? C’est l’analyse inédite proposée par de nombreuses études récentes.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 16h39
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Rapport d’étonnement. Ce sont dans leur immense majorité des hommes – souvent jeunes. Cela frappe en regardant les photos des manifestants néonazis et d’extrême droite qui ont attaqué la police et les contre-manifestants, les 26 et 27 août, dans la ville saxonne de Chemnitz ­(Allemagne), à la suite du meurtre à coups de couteau d’un Allemand d’origine cubaine pour lequel deux suspects, un Irakien et un Syrien, ont été arrêtés.
Le dimanche, 800 personnes se regroupaient, pour la plupart des hooligans des clubs de football locaux et des militants ultranationalistes, criant « Nous sommes le peuple ! ». Une centaine d’entre eux ont harcelé les policiers, multiplié les saluts nazis, d’autres ont fait la chasse à tous ceux qui pouvaient ressembler à des étrangers. C’était tous des hommes.

Le lendemain, à l’appel du parti d’extrême droite légaliste AfD (Alternative für Deutschland), bien implanté dans l’est du pays et en Saxe, de l’association ultranationaliste Pro Chemnitz, du mouvement Pegida, qui dénonce l’islamisation de l’Allemagne, et des néonazis de Der III. Weg, 6 000 personnes sont descendues dans la rue pour ­conspuer la politique migratoire d’Angela Merkel. ­Rappelons que plusieurs attaques au couteau (à Lübeck, à Wuppertal…) ont été perpétrées ces deux dernières ­années par des demandeurs d’asile.
Chasses collectives
Une fois encore, des bandes de manifestants extrémistes et de hooligans du groupe Kaotic Chemnitz ont affronté la police, criant leur haine de tous les étrangers. Tous des hommes encore. Les images de ces chasses collectives et de ces cortèges furieux ont choqué en Allemagne, où toute résurgence du passé nazi inquiète, mais où l’on ­déteste aussi que l’ordre légitime soit défié.

C’est ainsi que ­Reinhard Müller, éditorialiste au quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine, a pu écrire le 27 août : « La frontière entre la civilisation et la barbarie est mince. (…)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. La révolte contre cette règle introduite dans la langue française au XVIe siècle, n’est pas nouvelle. Voltaire, déjà, la jugeait « ravageuse ».
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L’accord du participe passé réfractaire au changement

Editorial. La révolte contre cette règle introduite dans la langue française au XVIe siècle, n’est pas nouvelle. Voltaire, déjà, la jugeait « ravageuse ».



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 12h16
   





                        


Editorial du « Monde ». Les Gaulois, c’est bien connu, sont réfractaires au changement. S’il arrive au président Emmanuel Macron de le déplorer, le conseil de la langue française et de la politique linguistique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, lui, se fait visiblement fort de passer outre à la légende. Dans une série de recommandations, publiées outre-Quiévrain et sous prétexte de simplification, cette institution vient de remettre en question l’une des règles grammaticales les plus subtiles de notre langue : celle de l’accord du participe passé.
Cette modification unilatérale consiste à supprimer l’accord lorsque le participe passé est conjugué avec l’auxiliaire « avoir » (exemple : la pomme que j’ai mangée devient la pomme que j’ai mangé). Deux anciens professeurs de français belges, Jérôme Piron et Arnaud Hoedt, qui moquent avec talent les incongruités de l’orthographe française dans un spectacle présenté en France et en Belgique, La Convivialité, ont enfoncé le clou dans une tribune très argumentée, publiée par Libération, le 3 septembre : pour eux, l’esprit critique ne doit pas « s’arrêter au seuil de l’orthographe ».
La révolte n’est pas nouvelle
Le défi est de taille et pose d’importantes questions. La révolte contre l’accord du participe passé, introduit dans la langue française au XVIe siècle, n’est pas nouvelle. Voltaire, déjà, s’emportait contre cette règle : « Clément Marot a ramené deux choses d’Italie, la vérole et l’accord du participe passé, écrivit-il. Je pense que c’est le deuxième qui a fait le plus de ravages ! » Plus d’un pédagogue s’y est attaqué, faisant valoir que les professeurs consacrent à son enseignement pas moins de quatre-vingts heures dans une scolarité moyenne, tant il est complexe. Bescherelle lui-même concède que « la règle de l’accord du participe passé est l’une des plus artificielles de la langue française ». Elle a pourtant survécu aux Lumières et à Jules Ferry. 

        Lire aussi :
         

                Participe passé : « Pour l’abandon d’une règle incompréhensible et dévastatrice »



Le moment est-il venu de s’en débarrasser ? De toute évidence, avancent les abolitionnistes, quatre-vingts heures d’enseignement ne suffisent pas à faire entrer dans la tête des Français ces sacro-saintes règles, qui continuent d’être allègrement malmenées – et pas seulement dans l’orthographe-texto : le Gaulois peut aussi être réfractaire à l’obstination. Il arrive même au président de la République, qui se pique d’être un homme de lettres, de tomber dans le panneau d’un accord erroné. Introduire l’invariabilité du participe passé permettrait donc d’utiliser plus utilement ces fameuses quatre-vingts heures et de supprimer ce que certains identifient comme un instrument de discrimination sociale.
Les antiabolitionnistes, eux, mettent en avant les effets bénéfiques des complexités de la langue française sur notre cerveau. « C’est avec la langue que l’on pense, plaide dans nos colonnes Romain Vignest, président de l’association des professeurs de lettres. Renoncer à maîtriser la langue, ou la simplifier pour qu’elle soit plus facile à employer, c’est renoncer à penser. »

        Lire aussi :
         

                Romain Vignest : « Renoncer à maîtriser la langue, c’est renoncer à penser »



L’expérience montre qu’en matière d’orthographe le Gaulois est surtout réfractaire au verticalisme top-down : ainsi, la réforme du « nénufar », introduit en 1990 au côté du « nénuphar », et de « l’ognon » au côté de « l’oignon », n’est jamais entrée dans les usages. Laissons donc l’usager être le véritable juge de paix. Le Monde continuera d’accorder les participes passés. Et nous continuerons de lire avec plaisir les lettres que nos lecteurs belges nous auront écrites. Ou écrit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Des anciens collaborateurs aux activistes de l’OAS et à leurs admirateurs d’aujourd’hui, Frédéric Charpier retrace l’histoire de cette mouvance qui, contre la République, a fait le choix de l’action violente.
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Aux sources de l’ultradroite adepte de l’action armée

Des anciens collaborateurs aux activistes de l’OAS et à leurs admirateurs d’aujourd’hui, Frédéric Charpier retrace l’histoire de cette mouvance qui, contre la République, a fait le choix de l’action violente.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 17h52
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            

Livre. Y a-t-il, aujourd’hui, un danger terroriste d’extrême droite ? Les récentes arrestations, en juin, de militants du groupe AFO (Action des forces opérationnelles) voulant s’en prendre à des musulmans ont jeté, une nouvelle fois, une lumière crue sur l’ultradroite, ce courant politique qui veut prendre les armes pour renverser la République. Des groupes épars qui s’inscrivent dans une longue lignée d’activistes nationalistes. C’est l’histoire de cette mouvance que Frédéric Charpier raconte dans Les Plastiqueurs.

Selon un déroulé chronologique, l’auteur de l’excellent Génération Occident (Seuil, 2005), qui raconte l’histoire de ce groupuscule étudiant d’extrême droite des années 1960, remonte aux lendemains de la seconde guerre mondiale où certains anciens collaborateurs sont recyclés dans la lutte contre le communisme. Dans cette ambiance de guerre froide, tous les coups sont permis contre l’ennemi soviétique, y compris utiliser les ennemis d’hier, coupables des pires vilenies.
Puis vient le cœur du livre, la matrice de ces radicaux qui veulent construire un « ordre nouveau » : la guerre d’Algérie. Sur une centaine de pages, Frédéric Charpier refait l’histoire de l’Organisation de l’armée secrète (OAS) et de ses multiples ramifications, qui irriguent, encore aujourd’hui, l’ultradroite. Il y a un peu plus d’un an, Logan Nisin, un militant d’extrême droite, voulait ainsi s’en prendre à Christophe Castaner et à Jean-Luc Mélenchon avec un embryon d’organisation baptisé… OAS.
Les assassinats politiques des années Giscard
Charpier retrace donc les parcours de figures principales des ultras de l’Algérie français, comme Jean-Jacques Susini, Pierre Sergent, Dominique Venner, Pierre Sidos mais aussi des moins connus comme Milka Ghenadieff ou Jean Nicolas Marcetteau de Brem. Le livre explore également les militants des années 1960 et 1970 autour d’Ordre nouveau et de leurs amis italiens, acteurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Une quarantaine de députés LRM, LR, Modem et Constructifs plaident dans une tribune au « Monde » pour l’adoption par le Parlement européen de la directive sur le droit d’auteur, afin de préserver la liberté de création dans le monde numérique.
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Pour « un juste partage des revenus » entre créateurs et géants du Net

Une quarantaine de députés LRM, LR, Modem et Constructifs plaident dans une tribune au « Monde » pour l’adoption par le Parlement européen de la directive sur le droit d’auteur, afin de préserver la liberté de création dans le monde numérique.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 12h53
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Cela fait bien longtemps que l’on ne peut plus considérer le « monde numérique » comme un espace accessoire au « monde physique », tant son emprise sur nos sociétés ne cesse de croître. Chacun le ressent dans tous les aspects de sa vie. L’installation des géants mondiaux du numérique, essentiellement américains et chinois, aux premières places du classement mondial des capitalisations boursières en témoigne.
En tant que citoyens, nous sommes attachés aux opportunités sans égales que cette révolution porte et dont la diffusion des œuvres culturelles, à l’instar d’autres secteurs, a déjà formidablement bénéficié.
Mais nous faisons tous aussi le constat que les fruits de cette économie sont malheureusement injustement répartis. Certaines plates-formes en ligne profitent de leur pouvoir pour s’approprier une part disproportionnée des revenus liés à la diffusion des œuvres, sans juste rétribution de leurs créateurs. Alors que les biens culturels n’ont jamais été aussi présents dans nos vies, le risque plane d’une paupérisation de la création et d’une fragilisation de son écosystème, déjà précaire.

Le projet de directive sur le droit d’auteur dans le monde numérique, qui sera voté le 12 septembre au Parlement européen à Strasbourg, entend associer large diffusion et pérennité financière, opérant de la sorte un net changement de cap. En proposant un mécanisme de juste partage des revenus, plus favorable aux créateurs, il entend stimuler le renouvellement de la production culturelle, qui à défaut ne fera que s’appauvrir et s’uniformiser au fil des années. C’est un tournant déterminant.
Inquiétude légitime
Malheureusement, cette mesure, essentielle, est contestée. La principale critique, véhiculée à travers des campagnes de désinformation abondamment financées par ces plates-formes, porte sur les risques supposés de son application pour la liberté d’expression. Nombre de nos concitoyens sont sensibles à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ « Je travaille pour le président mais plusieurs collègues et moi-même sommes décidés à contrecarrer certains de ses projets et à faire obstacle à ses pires penchants », écrit un haut responsable de la Maison Blanche dans une tribune anonyme publiée par « The New York Times ».
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« Je fais partie de la résistance au sein de l’administration Trump »

« Je travaille pour le président mais plusieurs collègues et moi-même sommes décidés à contrecarrer certains de ses projets et à faire obstacle à ses pires penchants », écrit un haut responsable de la Maison Blanche dans une tribune anonyme publiée par « The New York Times ».



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 11h39
   





                        



                                


                            

« La présidence de Donald Trump est aujourd’hui soumise à une épreuve à laquelle aucun autre président de l’histoire récente des Etats-Unis n’a été confronté. Il ne s’agit pas seulement de l’ombre grandissante de l’enquête du procureur spécial [Mueller], ni du fait que le pays est profondément divisé au sujet du leadership de M. Trump, ni même de la possibilité de voir son parti perdre la majorité à la Chambre [des représentants] au profit d’une opposition fermement déterminée à le faire tomber.
Le problème – dont le président n’a pas pris toute la mesure – est que de nombreux hauts responsables de sa propre administration œuvrent activement de l’intérieur pour bloquer certains de ses projets et faire obstacle à ses pires penchants. Je suis bien placé pour le savoir. Je suis l’un de ces responsables.
L’amoralité du président
Soulignons tout de suite que notre action n’a rien à voir avec la “résistance” populaire menée par la gauche. Nous souhaitons la réussite de cette administration et pensons que nombre de mesures qu’elle a prises ont d’ores et déjà rendu l’Amérique plus sûre et plus prospère. Mais nous sommes convaincus que notre premier devoir est à l’égard de ce pays, et que le président persiste à agir d’une façon qui nuit à la santé de notre république. C’est pour cette raison que de nombreux responsables nommés par M. Trump se sont engagés à faire tout leur possible pour préserver nos institutions démocratiques et contrecarrer les impulsions les plus nocives de M. Trump jusqu’à ce qu’il quitte ses fonctions.
La racine du problème, c’est l’amoralité du président. Quiconque travaille avec lui se rend rapidement compte que ses décisions ne se fondent sur aucun principe fondamental discernable auquel il serait attaché. Bien qu’élu sous l’étiquette républicaine, le président montre peu d’attachement aux idéaux portés depuis longtemps par les conservateurs : esprits libres, marchés libres, peuple libre. Au mieux il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Pierre-Michel Llorca, chef de service au CHU de Clermont-Ferrand et auteur d’un livre à paraître le 12 septembre, décrit une situation devenue « intenable ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Psychiatrie  : « Un système de soins à bout de souffle »

Pierre-Michel Llorca, chef de service au CHU de Clermont-Ferrand et auteur d’un livre à paraître le 12 septembre, décrit une situation devenue « intenable ».



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 17h59
    |

            François Béguin








                        



                                


                            

Rennes, Le Rouvray et Le Havre (Seine-Maritime), Amiens… Depuis plusieurs mois, des soignants multiplient les grèves dans les hôpitaux psychiatriques pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et réclamer davantage de moyens. Le professeur Pierre-Michel Llorca, chef de service au CHU de Clermont-Ferrand, cosigne, sous l’égide de la Fondation FondaMental et de l’Institut Montaigne, Psychiatrie : l’état d’urgence (Fayard, 432 pages, 24 euros), à paraître le 12 septembre, dans lequel il dresse un état des lieux alarmant de cette spécialité médicale.
En quoi la psychiatrie publique est-elle, selon vous, en situation d’« état d’urgence » ?
Le système de soins en psychiatrie est à bout de souffle. Depuis le début de la décennie, il a dû absorber 300 000 patients supplémentaires faisant l’objet d’un suivi régulier. En face, l’offre n’a pas suivi. En quarante ans, on a même perdu 40 % des psychiatres. En toute logique, les conditions de travail et donc les conditions de soins n’ont cessé de se dégrader, engendrant de la souffrance pour les malades, leurs proches et les équipes médicales. Dans certains endroits, la situation est aujourd’hui intenable.
Cette situation de crise est pourtant peu présente dans le débat public…
On peut effectivement s’interroger sur les raisons d’un tel désintérêt. Est-ce dû à de la méconnaissance ? Du déni ? Des préjugés ? Cette occultation a quelque chose de paradoxal lorsqu’on sait que près de 12 millions de personnes sont touchées chaque année par une maladie mentale, soit un Français sur cinq. Il s’agit d’un enjeu de santé publique majeur. La dépression, qui affecte 2,5 millions de personnes chaque année, est par exemple en passe de devenir la première cause d’arrêt-maladie. Les maladies psychiatriques coûtent plus cher à l’Assurance-maladie que les maladies cardio-vasculaires ou les cancers.

Vous comparez la situation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que les solutions pour réformer un modèle social français à la peine sont à trouver dans la réduction des inégalités initiales par l’amélioration de l’offre compétitive et le renforcement de la mobilité sociale.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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« L’emploi est au cœur des inégalités »

Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que les solutions pour réformer un modèle social français à la peine sont à trouver dans la réduction des inégalités initiales par l’amélioration de l’offre compétitive et le renforcement de la mobilité sociale.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 11h46
    |

Gilbert Cette (Professeur associé à l’université d’Aix-Marseille)







                        



                                


                            
Entreprises. La France est un pays « spontanément » très inégalitaire. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) mesure les inégalités de revenus dans les trente-six pays qui la composent, l’indice synthétique de Gini étant le plus utilisé. Cet indicateur montre que, avant impôts et transferts sociaux, seuls cinq pays sont plus inégalitaires que la France (l’Espagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie et le Portugal), deux sont équivalents (la Lituanie et le Royaume-Uni), les vingt-huit autres sont moins inégalitaires – non seulement les pays nordiques et scandinaves, mais aussi le Canada et les Etats-Unis, ou encore le Mexique et la Turquie.
Les politiques visant à réduire les inégalités peuvent s’inscrire dans deux logiques différentes
En revanche, après impôts et transferts, la situation est différente : seize pays sont plus inégalitaires, six sont équivalents et douze sont moins inégalitaires.
Les politiques visant à réduire les inégalités peuvent s’inscrire dans deux logiques différentes. Elles peuvent corriger les inégalités spontanées en amplifiant la progressivité de l’impôt pour « prendre aux riches » et les transferts sociaux pour redistribuer vers les plus défavorisés. Mais la France est déjà l’un des pays dans lesquels ces politiques sociales sont les plus larges, et le risque est alors de brider la croissance économique par les distorsions inévitablement induites par les impôts et transferts, en particulier sur l’offre de travail.
Renforcer l’offre compétitive
L’autre logique est de favoriser la croissance et la création d’emplois par des politiques d’offre, afin de réduire les inégalités initiales (avant impôts et transferts). Il s’agit alors de réduire ces inégalités initiales par la croissance et l’emploi, afin d’avoir moins à corriger ensuite par des politiques redistributives.
Parmi les trente-six pays de l’OCDE, quatre seulement pâtissent d’un taux de chômage supérieur au nôtre
L’emploi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro ­Sanchez, souhaite faire exhumer le corps du dictateur de son mausolée du Valle de los Caidos. Le politiste Sélim Smaoui répond à trois questions sur les politiques mémorielles en Espagne.
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« L’initiative de l’exhumation de Franco est saluée et exigée. C’est une reconnaissance »

Le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro ­Sanchez, souhaite faire exhumer le corps du dictateur de son mausolée du Valle de los Caidos. Le politiste Sélim Smaoui répond à trois questions sur les politiques mémorielles en Espagne.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 16h32
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Sélim Smaoui est docteur en sciences politiques (Sciences Po Paris), il est l’auteur d’une thèse sur les mobilisations des victimes du franquisme. Il a publié Faites place. Novices en lutte (Textuel, 2017).
Le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro ­Sanchez, souhaite faire exhumer le corps du dictateur Franco (1892-1975) de son mausolée du Valle de los Caidos. S’agit-il d’un changement radical dans les politiques ­mémorielles en Espagne ?
Avant les initiatives engagées par le gouvernement socialiste de José Luis R. Zapatero (2004-2011), les crimes du franquisme n’avaient pas fait l’objet d’une politique de la mémoire. Pour les élites politiques qui avaient acquis des positions grâce au ­compromis de la transition, juste après la mort de Franco, l’heure était au consensus. Légitimer le nouveau régime, et donc sa propre condition d’élite investie, c’était entretenir le mythe qu’un ordre réconciliateur avait sauvé le peuple de la « folie fratricide ». La manière, à l’époque, de faire acte de ­mémoire, c’était d’aller de l’avant et de faire de l’oubli vertu.
Cet oubli était bien sûr relatif. Dans les années 1990, le passé violent était invoqué dans le jeu partisan, mais seulement pour disqualifier les challengers lors des scrutins. En outre, de nombreuses politiques de réparation (indemnisation, dévolution de patrimoine…) furent adoptées, mais il s’agissait de mesures très sectorielles, qui n’étaient jamais adossées à un récit collectif engageant tout un chacun au souvenir.
Zapatero a un peu changé la donne. Soucieux de se distinguer du « félipisme » du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et d’incarner une véritable alternance de gauche, il a été à l’écoute des associations de victimes du franquisme créées au début des années 2000. Ces transactions ont ­débouché, en 2007, sur l’adoption de la loi de mémoire ­historique.
Cette première politique mémorielle d’envergure, quoique très critiquée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Confirmée, la ministre de la culture a désormais une deuxième chance, dit dans sa chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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« Tout le monde ou presque veut que Françoise Nyssen s’en aille, et elle est toujours là »

Confirmée, la ministre de la culture a désormais une deuxième chance, dit dans sa chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 19h55
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            

Chronique. Un nombre impressionnant de personnalités de la culture ont posé leur nom sous un manifeste publié dans Le Monde du 4 septembre. Pour parler de création ? De politique culturelle ? De Françoise Nyssen, si décriée et dont on annonçait le départ ? Non. Pour tirer la sonnette d’alarme sur l’avenir de la planète. C’était juste après la démission de Nicolas Hulot. Comme si ces personnalités, si impliquées dans le théâtre, le cinéma ou l’art, voulaient aller à l’essentiel. Comme si elles avaient tiré un trait de désillusion sur la capacité de la ministre à faire bouger les choses.
Tout le monde ou presque veut que M. Hulot reste et il s’en va parce qu’il se dit impuissant. Tout le monde ou presque veut que Françoise Nyssen s’en aille parce qu’elle semble n’avoir prise sur rien, et elle est toujours là, après le mini-remaniement du gouvernement.
C’est le signe d’une pugnacité, à mettre au crédit de la ministre. Elle a désormais une deuxième chance, et peut-être va-t-elle redresser la barre. L’avenir le dira. Mais elle part de loin. Aucun autre ministre issu de la société civile n’a à ce point écorné son image en un peu plus d’un an. C’est ce qui arrive quand on accepte de devenir ministre sans moyens supplémentaires et sans appui présidentiel – comme Nicolas Hulot en somme. En prime, quand on est dans la lumière, on prend des coups. C’est ainsi que la patronne respectée d’une maison d’édition exemplaire (Actes Sud) est désormais moquée, et l’entreprise qu’elle a quittée éclaboussée.
Une obsession légitime
Avant l’été, elle n’était pas au mieux. Son problème est que les coups les plus rudes sont venus après. Ils sont partis en juin quand Le Canard enchaîné a révélé qu’elle avait agrandi les locaux arlésiens d’Actes Sud sans respecter les codes de l’urbanisme. Le journal en a remis une couche en affirmant qu’elle avait agrandi de 150 m² les locaux parisiens de la maison d’édition, provoquant le 23 août,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Le meneur du mouvement de protestation sociale du « Hirak » Nasser Zefzafi voulait dénoncer ses conditions de détention à Casablanca.
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Compte rendu

Au Maroc, fin de la grève de la faim du leader de la contestation dans le Rif

Le meneur du mouvement de protestation sociale du « Hirak » Nasser Zefzafi voulait dénoncer ses conditions de détention à Casablanca.


LE MONDE
              datetime="2018-09-07T10:29:40+02:00"

        Le 07.09.2018 à 10h29






    
Manifestation en faveur de la libération de Nasser Zefzafi, à Casablanca, le 31 octobre 2017.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


Nasser Zefzafi, leader emprisonné du mouvement de contestation sociale du « Hirak » (« mouvance ») qui avait agité une partie du nord du Maroc en 2016 et 2017, a mis fin jeudi 6 septembre à sa grève de la faim, a appris l’AFP auprès de son avocat. Incarcéré à Casablanca après sa condamnation à vingt ans de prison, Nasser Zefzafi a cessé la grève de la faim qu’il avait entamée une semaine plus tôt pour dénoncer ses conditions de détention, a expliqué Me Mohamed Aghnaj, sans pouvoir préciser si les revendications de son client avaient été satisfaites.

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                Maroc : 188 personnes ayant participé à la révolte du Rif graciées par le roi



Il avait cessé de s’alimenter pour demander « les droits dont bénéficient les autres prisonniers », c’est-à-dire sortir de l’isolement et être placé « dans une cellule digne où il puisse voir et parler » avec d’autres détenus, selon son père Ahmed Zefzafi.
Amnistie
Arrêté en mai 2017 en pleine contestation sociale dans la région du Rif (nord), Nasser Zefzafi avait été condamné fin juin à vingt ans de prison pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat », au terme de neuf mois d’un procès fleuve réunissant un total de 53 accusés. Le roi du Maroc Mohamed VI a depuis amnistié près de 190 personnes qui avaient été condamnées par différents tribunaux en lien avec ce mouvement, dont 11 des accusés de Casablanca.

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                Le Maroc dans une dangereuse impasse



Ancien chômeur devenu le visage de la protestation avec ses talents d’orateur, Nasser Zefzafi avait été arrêté après avoir interrompu le prêche d’un imam ouvertement hostile au mouvement dans une mosquée d’Al-Hoceïma, l’épicentre du « Hirak ».
Les manifestations dans la région du Rif avaient été déclenchées par la mort d’un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordures en octobre 2016 alors qu’il s’opposait à la saisie de sa marchandise. Au fil des mois, le mouvement avait pris une tournure plus sociale et politique, appelant à davantage de développement et à la fin de la « marginalisation » de la région.


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste et urbaniste Frédéric Héran estime que chaque mode de déplacement doit être utilisé en profitant au mieux de ses avantages comparatifs.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/09/2018
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« La gratuité des transports publics est une mauvaise idée, qui pénalise d’abord le vélo et la marche »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste et urbaniste Frédéric Héran estime que chaque mode de déplacement doit être utilisé en profitant au mieux de ses avantages comparatifs.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 09h51
    |

                            Frédéric Héran (Economiste et urbaniste)








                        



                                


                            

Tribune. La gratuité des transports publics n’est pas un objectif en soi. C’est un moyen qui doit être au service d’une politique de transport articulant de façon cohérente l’ensemble des modes de déplacement. La question clé est donc de se demander quels sont les modes à privilégier par une politique des déplacements et pourquoi.
Dans un objectif de développement urbain durable reposant sur les trois piliers économique, social et environnemental, les modes à privilégier sont ceux qui assurent une mobilité suffisante, tout en étant les plus respectueux de l’environnement, les moins consommateurs de ressources non renouvelables, les moins coûteux pour les ménages comme pour la collectivité, les plus favorables à l’urbanité et les meilleurs pour la santé.
Pour répondre au mieux à ce problème, il convient de privilégier d’abord la marche et le vélo personnel, puis les vélos publics, les transports collectifs et les usages partagés de la voiture, et enfin la voiture en solo et les deux-roues motorisés.
Marche et vélo peuvent assurer à eux seuls les deux tiers des déplacements urbains, selon plusieurs études sur le potentiel d’utilisation de ces modes réalisées dans de grandes agglomérations (Londres, Lille, Copenhague, Innsbruck…). Et ce serait certainement aussi le cas à Dunkerque (Nord). Les transports publics peuvent ensuite prendre le relais pour les déplacements plus longs, et la voiture pour accéder aux zones périphériques difficiles à atteindre autrement.
Cette nouvelle hiérarchie des modes de déplacement est aujourd’hui préconisée ou débattue dans de nombreuses villes du monde et s’oppose au « tout-automobile » comme au « tout-transports publics ». Si elle est adoptée, il faut alors éviter toute mesure de gratuité, qui affecterait la marche et le vélo personnel, tant ces modes sont vertueux à tous points de vue.
Réseau saturé dans le centre
Or la gratuité des transports publics ­pénalise d’abord le vélo,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Il n’y a jamais eu autant de femmes candidates que pour les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Un phénomène lié à #metoo et à l’arrivée au pouvoir de Trump ?
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<article-nb="2018/09/07/20-16">
<filnamedate="20180907"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180907"><AAMMJJHH="2018090720">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Revendiquer des qualités dites féminines se retourne souvent contre les femmes candidates ou élues. Pour la spécialiste de sciences politiques Delphine Dulong, le vrai progrès résiderait dans « l’indifférence au genre ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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« L’affirmation d’une identité sexuée se révèle pleine de pièges pour les femmes en politique »

Revendiquer des qualités dites féminines se retourne souvent contre les femmes candidates ou élues. Pour la spécialiste de sciences politiques Delphine Dulong, le vrai progrès résiderait dans « l’indifférence au genre ».



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 10h10
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Delphine Dulong est maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Ses travaux portent sur l’articulation ­entre les institutions politiques et les formes de la domination sociale et masculine.
Aux Etats-Unis, une nouvelle génération de femmes se présente aux élections de mi-mandat, qui auront lieu le 6 novembre. Dans les clips de campagne pour les investitures, elles insistent beaucoup sur le fait qu’elles sont des femmes, certaines en évoquant des agressions sexuelles dont elles ont été victimes, d’autres, comme la candidate au poste de gouverneur du Maryland, en déroulant son programme en même temps qu’elle allaite. Est-ce nouveau ?
Que les femmes essaient de se légitimer en revendiquant leur identité sexuée, ce n’est pas tout à fait nouveau. Il faut se rappeler que ce n’est pas comme citoyennes que les femmes ont accédé historiquement à la représentation politique, mais en tant que mères et épouses. Michelle Bachelet, l’ancienne ­présidente du Chili, se faisait appeler « la mère de tous les Chiliens », et, encore aujourd’hui, Angela Merkel est surnommée « Mutti », alors qu’elle n’a pas d’enfants.
Ce qui est nouveau, en revanche, c’est de ­revendiquer son appartenance au genre féminin sans préciser son état civil. Les tout premiers travaux sur les femmes politiques françaises montrent bien que pour paraître légitimes aux yeux de leurs pairs, jusque dans les années 1970, les élues devaient mimer les comportements masculins.
Ce n’est pas étonnant : les institutions politiques ont été faites par et pour des hommes, à une époque où la question de l’égalité entre les sexes ne se ­posait guère. Le fait que des femmes puissent dire « votez pour moi parce que je suis une femme », c’est donc un changement.
Mais la vraie question est de savoir s’il va dans le sens du progrès. Ce n’est pas évident. Dans le cas américain, la mise en avant des agressions sexuelles est une levée de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Mercedes Bresso, vice-présidente du groupe socialiste au Parlement européen, dénonce dans une tribune au « Monde » les propos tenus par Christophe Castaner le 4 septembre contre ce qu’il tient pour une « anomalie démocratique ».
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Non, le « Spitzenkandidat » n’est pas « une anomalie démocratique »

Mercedes Bresso, vice-présidente du groupe socialiste au Parlement européen, dénonce dans une tribune au « Monde » les propos tenus par Christophe Castaner le 4 septembre contre ce qu’il tient pour une « anomalie démocratique ».



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h19
    |

Mercedes Bresso (Députée européenne, vice-présidente du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates)







                        



                                


                            

Tribune. L’intérêt supérieur de la nation est bien trop souvent incompatible avec les intérêts des citoyens européens. Les intérêts des partis politiques aussi. C’est ce que je constate avec regret depuis trop d’années à Bruxelles. Et la tendance s’aggrave comme le montrent les crises migratoire et écologique.

Pour moi, fédéraliste européenne italienne et socialiste depuis maintenant plus de cinquante ans, j’ai vécu l’élection d’Emmanuel Macron avec espoir. Son discours fort et prometteur sur l’Union, le déploiement de drapeaux européens lors de ses meetings, ses déplacements en Europe et ses entretiens polyglottes étaient à mes yeux autant de signes du retour de la France dans la position de leadership au sein de l’Union européenne, ce dont nous avons tant besoin aujourd’hui.
Stupeur
Bien que les engagements pris notamment avec Angela Merkel à Meseberg, les listes transnationales ou un véritable budget pour la zone euro agrémenté d’un contrôle démocratique de notre avenir économique commun peinent à trouver une concrétisation, je tiens à saluer un discours volontaire sur l’Europe, qui va à rebours des mouvements d’extrême droite qui veulent nous ramener à de terribles situations de repli dangereuses pour les citoyens de l’Europe. Il suffit de voir la situation dans mon pays, en Italie, pour comprendre que si nous nous laissons aller à penser que ces partis sont inoffensifs, les conséquences seront gravissimes.

Le discours de la Sorbonne d’Emmanuel Macron a été remarquable, car il reprenait en grande partie ce que nous socialistes et sociaux-démocrates au Parlement européen défendions depuis toujours : des institutions européennes plus démocratiques, un parlement qui puisse clairement exprimer la voix des citoyens européens, sans être compromis uniquement par des intérêts nationaux naturellement divergents, et un cap pour une Union de la protection des personnes et de la souveraineté partagée.

Quelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le cas individuel de Nicolas Hulot camoufle et dessert la mobilisation d’innombrables acteurs de terrain au service de la cause écologiste, estime, dans une tribune au « Monde », Farid Baddache, promoteur du développement durable dans le monde économique.
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Démission de Nicolas Hulot : « C’est de l’intérieur qu’on fait bouger les lignes du gouvernement »

Le cas individuel de Nicolas Hulot camoufle et dessert la mobilisation d’innombrables acteurs de terrain au service de la cause écologiste, estime, dans une tribune au « Monde », Farid Baddache, promoteur du développement durable dans le monde économique.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 14h00
    |

Farid Baddache (Directeur général à Paris du réseau mondial d’entreprises et d’expertise dédié au développement durable Business for Social Respons...







                        



                                


                            

Tribune. Le fracas qui a entouré la démission de M. Hulot est choquant. Des milliers d’acteurs de terrain essayent de faire avancer la cause environnementale et les droits humains chaque jour. Des millions de gens sont pleinement conscients du péril environnemental et de la fracture sociale grandissante. Des milliards de gens savent qu’ils sont autant acteurs que victimes du destin collectif dans lequel leur vie et celle de leurs enfants s’inscrivent.
Quand la France réussit à conclure des accords de Paris sur le climat, cela s’inscrit dans un contexte plus large de prise de conscience de multiples parties
Savoir si la rentrée de M. Macron sera difficile parce que M. Hulot démissionne n’est pas le problème. Savoir si M. Hulot a géré sa sortie gouvernementale dignement, ce n’est pas le problème. En revanche, que des milliers d’acteurs du quotidien puissent se décourager après avoir entendu les propos tenus à la radio par M. Hulot, cela pose problème. Faire preuve de fatalisme en mettant en avant que le gouvernement aurait d’autres priorités et qu’en restant à un poste à responsabilités on perdrait son temps, c’est confondre échec personnel et intérêt collectif.
Faire avancer concrètement des sujets environnementaux et les droits humains, cela a toujours été une victoire collective. Quand Rosa Parks décide de ne pas se lever dans un bus après son travail pour laisser sa place à un Blanc, cela s’inscrit dans un contexte plus large de revendications de droits spécifiques portés par la population noire. Son acte de bravoure est relayé par la communauté locale. Quand la France réussit à conclure des accords de Paris sur le climat, cela s’inscrit dans un contexte plus large de prise de conscience de multiples parties.
Un rôle d’aiguillon
Au quotidien, des milliers de gens se battent pour faire avancer l’écologie et les droits humains, dans la société, la diplomatie, les entreprises et les écoles. Ces milliers de gens passent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste estime que pour améliorer la situation économique de la France, mieux vaut se concentrer sur le déficit budgétaire et les effets destructeurs de la fiscalité et des réglementations.
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Pascal Salin : « Il ne faut pas se focaliser sur la balance commerciale »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste estime que pour améliorer la situation économique de la France, mieux vaut se concentrer sur le déficit budgétaire et les effets destructeurs de la fiscalité et des réglementations.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 14h00
    |

                            Pascal Salin (Professeur honoraire à l'Université Paris-Dauphine)








                        



                                


                            
Tribune. Le solde de la balance commerciale française continue à être largement négatif, comme l’indiquent les chiffres du premier semestre 2018. Il est généralement admis qu’un déficit commercial est regrettable, alors qu’un excédent serait souhaitable. Tout d’abord, un excédent commercial suggère que les produits français sont appréciés à l’extérieur par rapport aux produits étrangers et, bien sûr, qu’un déficit représente la situation inverse.
on est souvent plus ou moins implicitement inspiré par l’idée keynésienne selon laquelle on améliore la situation économique d’un pays en augmentant la demande globale
Par ailleurs, on est souvent plus ou moins implicitement inspiré par l’idée keynésienne selon laquelle on améliore la situation économique d’un pays en augmentant la demande globale, par exemple en dégageant un excédent commercial. Mais d’autres critères doivent en réalité être utilisés pour porter un jugement sur la situation économique de la France. Il est utile pour cela de faire une comparaison avec la situation d’un individu.
Prenons le cas d’une personne qui dispose chaque année d’un certain montant de ressources réelles du fait de ses efforts productifs : il vend ses services de travail ou les produits qu’il a fabriqués et, en échange, il achète d’autres produits qui lui permettent d’accroître ses satisfactions. L’échange est nécessairement producteur de valeur subjective puisque ce qu’un individu achète a, pour lui, une valeur supérieure à la valeur de ce qu’il cède (sinon, en être rationnel, il ne ferait pas cet échange).
Préjugés
Ce qui est vrai pour un individu est vrai pour un ensemble d’individus, par exemple ceux qui constituent un pays. Ce qui est acheté par un ensemble d’individus a plus de valeur pour eux que ce qu’ils cèdent et c’est pourquoi, contrairement aux préjugés habituels, on devrait admettre logiquement que ce qui accroît le bien-être des habitants d’un pays ce n’est pas leurs exportations (c’est-à-dire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.
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L’Europe face au clivage Macron-Orban

A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h45
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance), 
Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale), 
Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant), 
Jérôme Gautheret (Rome, correspondant), 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen), 
Isabelle Piquer (Madrid, correspondance), 
Thomas Wieder (Berlin, correspondant) et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

La guerre est donc déclarée. Enjeu : rien de moins que l’avenir de l’Europe. Les deux camps : Orban versus Macron. Le premier ministre hongrois ultraconservateur, héros des souverainistes et des antimigrants du Vieux Continent, face au président français libéral, chantre de l’approfondissement de l’Union européenne et « progressiste » autoproclamé.
Les hostilités ont été engagées lorsque Viktor Orban, venu rendre visite au ministre de l’intérieur d’extrême droite italien, Matteo Salvini, mardi 28 août, a fait d’Emmanuel Macron « le chef du parti des promigrants » en Europe et son adversaire majeur en vue des élections européennes de mai 2019. « S’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison », leur a répondu, dès le lendemain, le président français.
Les deux hommes veulent faire croire que tout les oppose en vue du scrutin européen. Le premier entend réduire l’Europe à une organisation intergouvernementale, qui se contenterait d’assurer la liberté de circulation, de fermer ses portes à toute immigration et de verser des fonds structurels. Le second veut au contraire créer de nouvelles agences communautaires, y compris la gestion de l’asile, créer un budget de la zone euro et cesser de payer pour les pays qui attentent à l’Etat de droit, comme la Hongrie de Viktor Orban. Pour atteindre leurs objectifs, les deux hommes ont besoin d’obtenir le maximum d’eurodéputés. Cliver leur permet de se distinguer pour mieux compter leurs alliés.

Côté Orban, Matteo Salvini fait figure de principal soutien. Le ministre de l’intérieur italien, chef de la Ligue (extrême droite), a promis à ses côtés « un tournant historique pour l’Europe ». Autre allié naturel, le Polonais Jaroslaw Kaczynski, chef de file du parti Droit et justice (PiS) au pouvoir. Celui-ci a tenu un discours remarqué lundi 3 septembre pour dénoncer « l’européanisme » quand il signifie « une obéissance aveugle à...




                        

                        

