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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Depuis des années, les Cubains ont trouvé de très nombreuses utilisations à la protection en caoutchouc.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’acteur est arrivé vendredi à Pyongyang pour assister aux festivités pour les 70 ans de la dictature.
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Gérard Depardieu va en Corée du Nord pour la parade militaire, pas pour les journalistes

L’acteur est arrivé vendredi à Pyongyang pour assister aux festivités pour les 70 ans de la dictature.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 18h41
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 19h43
    |

            Harold Thibault (Pyongyang, envoyé spécial)








                        



   


Gérard Depardieu est arrivé, vendredi 7 septembre, à Pyongyang, où l’on s’apprête à célébrer en grande pompe dimanche le 70e anniversaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Au menu notamment, une parade militaire d’ampleur et la reprise, après cinq ans de pause, des chorégraphies de masse dans un stade de 100 000 places.
Après avoir atterri dans la capitale nord-coréenne, l’acteur, qui est accompagné de l’auteur Yann Moix, est arrivé dans l’après-midi à l’hôtel Yanggakdo, situé sur une île sur le fleuve Taedong qui traverse la ville et qui accueille la plupart des délégations étrangères.
Quels sont les projets de la star du cinéma français en RPDC ? M. Depardieu assistera dimanche au défilé, avec au programme une marche au pas de l’oie et un défilé d’équipements militaires. Le suspense repose sur la présence ou non de missiles intercontinentaux, qui pourraient jeter un froid trois mois après le rendez-vous de Singapour entre le dirigeant Kim Jong-un et le président américain, Donald Trump. Au cours de ce sommet, les deux hommes se sont engagés à travailler à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.
« Je n’aime pas les journalistes »
Mais Gérard Depardieu, ami des présidents russe, Vladimir Poutine, et biélorusse, Alexandre Loukachenko – en 2015, il avait comparé le pays de ce dernier à la Suisse –, ainsi que du chef de la république de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, a-t-il de plus grandes ambitions sur place ?
Seule une poignée d’Occidentaux ont pu serrer la main de Kim Jong-un depuis son accession au pouvoir en 2011. Parmi eux, le basketteur américain Dennis Rodman, qui avait profité de la passion de jeunesse du dirigeant nord-coréen pour son sport pour le rencontrer à plusieurs reprises, dont une fois où il était accompagné par une équipe de l’émission de télévision américaine Vice.
Seule certitude, M. Depardieu ne veut pas entendre parler de journalistes, à part la caméra qui l’accompagne avec Yann Moix. En fin d’après-midi vendredi, il s’est assis à une table dans le hall de l’hôtel. Puis lorsqu’il a pris conscience du fait que plusieurs des personnes en face desquelles il venait de prendre place sans que rien ne lui soit demandé, dont l’envoyé du Monde, étaient de la profession, et que des caméras se sont approchées, il a lancé : « Je n’aime pas les journalistes. » Puis « je me casse », disparaissant aussi vite qu’il s’était installé.

Depardieu aperçu à Pyongyang avant le 70e anniversaire du régime nord-coréen https://t.co/0oCMaNs5Ti— BFMTV (@BFMTV)


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Selon la ministre de la défense Florence Parly, le satellite russe Louch-Olymp s’est approché d’un peu trop près du satellite franco-italien Athena-Fidus en 2017.
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La France accuse la Russie de tentative d’espionnage par satellite

Selon la ministre de la défense Florence Parly, le satellite russe Louch-Olymp s’est approché d’un peu trop près du satellite franco-italien Athena-Fidus en 2017.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 17h43
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 17h54
   





                        



   


Il s’est approché « d’un peu trop près ». Un satellite russe a tenté, en 2017, d’espionner un satellite franco-italien servant à des communications militaires sécurisées, a révélé vendredi 7 septembre la ministre des armées, Florence Parly, dans un discours consacré à l’espace lors d’un déplacement au Centre national d’études spatiales, à Toulouse.
« Alors qu’Athena-Fidus continuait sa rotation tranquillement au-dessus de la Terre, un satellite s’est approché de lui, de près (…). De tellement près qu’on aurait vraiment pu croire qu’il tentait de capter nos communications », a-t-elle relaté. Et de poursuivre : or, « tenter d’écouter ses voisins, ce n’est pas seulement inamical. Cela s’appelle un acte d’espionnage » :
« Ce satellite aux grandes oreilles s’appelle Louch-Olymp, c’est un satellite russe bien connu mais un peu… indiscret. (…) Nous l’avions vu arriver, et avons pris les mesures qui s’imposaient. Nous le surveillons attentivement, nous avons d’ailleurs observé qu’il continuait de manœuvrer activement les mois suivants auprès d’autres cibles, mais demain, qui dit qu’il ne reviendra pas auprès d’un de nos satellites ? »

        Le portrait de la ministre :
         

          Florence Parly, une ministre discrète et tenace à la manœuvre



« Une stratégie spatiale de défense » en réflexion
La France n’est pas la seule à évoquer de telles tentatives. Les Etats-Unis ont eux aussi récemment dénoncé « le comportement très anormal » d’un « objet spatial » déployé par la Russie en octobre 2017.
« Non, l’espionnage et les actes offensifs, ça n’arrive pas qu’aux autres. Oui, nous sommes en danger, nos communications, nos manœuvres militaires comme nos quotidiens sont en danger si nous ne réagissons pas », a prévenu la ministre, soulignant que « d’autres très grandes puissances spatiales déploient en orbite des objets intrigants, expérimentent des capacités potentiellement offensives, conduisent des manœuvres qui ne laissent guère de doutes sur leur vocation agressive ».
Le président Emmanuel Macron a annoncé son intention de définir l’an prochain pour la France « une stratégie spatiale de défense ». Un groupe de travail du ministère des armées doit rendre des propositions sur le sujet d’ici au mois de novembre.

        Les explications :
         

          L’armée française va établir sa doctrine cyber-offensive






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le Parti démocratique des peuples (HDP) a dénoncé la « politique guerrière » de l’exécutif, l’accusant de multiplier les procès pour museler l’opposition.
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En Turquie, le leader kurde Demirtas condamné à quatre ans de prison

Le Parti démocratique des peuples (HDP) a dénoncé la « politique guerrière » de l’exécutif, l’accusant de multiplier les procès pour museler l’opposition.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 16h42
   





                        



   


C’est un nouveau coup dur pour l’opposition politique au président Recep Tayyip Erdogan. Le leader prokurde Selahattin Demirtas, détenu depuis novembre 2016 et candidat malheureux à la présidentielle du 24 juin, a été condamné, vendredi 7 septembre, à quatre ans et huit mois de prison pour « propagande terroriste ». L’ancien député Süreyya Önder a, lui, été condamné à trois ans et six mois de prison.
Sur Twitter, le Parti démocratique des peuples (HDP) a dénoncé la « politique guerrière » du gouvernement. Inlassablement, la formation prokurde dénonce des procès « politiques » visant à réduire au silence un parti farouchement opposé à M. Erdogan. Le HDP, troisième force au Parlement, a ainsi été fortement touché par les purges menées après le putsch manqué de juillet 2016.

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                Selahattin Demirtas : « Je continuerai à m’opposer sans reculer d’un pas, quel qu’en soit le prix à payer »



Risque de 142 ans de prison
« Nous ne reculerons pas, nous continuerons à défendre la paix », a déclaré M. Demirtas, qui s’exprimait par vidéoconférence depuis la prison d’Edirne (nord-ouest) où il est détenu, selon des propos rapportés par le HDP. Ecroué depuis novembre 2016 pour des accusations d’activités « terroristes », le leader prokurde est également poursuivi dans de nombreux dossiers et risque au total jusqu’à cent-quarant-deux ans de prison dans le cadre de son principal procès.
Le président Recep Tayyip Erdogan a plusieurs fois accusé le HDP d’être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe classé terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux. M. Demirtas s’est présenté face à M. Erdogan lors de la présidentielle du 24 juin, et a obtenu 8,4 % des voix.

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                Elections en Turquie : un succès mais peu d’espoir pour les Kurdes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le président serbe a refusé de rencontrer son homologue kosovar vendredi à Bruxelles.
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Coup d’arrêt aux négociations entre le Kosovo et la Serbie

Le président serbe a refusé de rencontrer son homologue kosovar vendredi à Bruxelles.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 16h08
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

La rencontre était particulièrement attendue au Kosovo et en Serbie. Elle n’a pas eu lieu. Vendredi 7 septembre, Aleksandar Vucic, le président serbe, a refusé de rencontrer son homologue kosovar, Hashim Thaci, pour une séance de négociation à Bruxelles qui avait pourtant été annoncée comme cruciale pour aboutir à une normalisation des relations entre ces deux pays des Balkans. « Les conditions minimales pour parler aux représentants de Pristina ne sont pas réunies aujourd’hui », a expliqué un des négociateurs serbes, évoquant les récentes « menaces et supercheries » venant selon lui du Kosovo.
Alors que la Serbie ne reconnaît toujours pas l’indépendance de son ancienne région autonome, proclamée en 2008, les deux hommes avaient fait ces dernières semaines des avancées l’un vers l’autre qui laissaient supposer qu’un accord était à portée de main. Une idée en particulier avait émergé aussi bien à Belgrade qu’à Pristina : celle d’échanger les municipalités à majorité serbe du nord du Kosovo, au-delà de la ville divisée de Mitrovica, contre celles à majorité albanaise du Sud de la Serbie, autour de la vallée de Presevo.
« Invitation pour de nouvelles tragédies »
Ancien commandant de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), M. Thaci avait pris tout le monde par surprise en évoquant, en août, son soutien à une « correction des frontières ». Mais redessiner les frontières en suivant des lignes ethniques est une question très sensible dans les Balkans, qui ont été déchirés par les conflits armés dans les années 1990, et plusieurs ONG, responsables politiques locaux ainsi qu’européens avaient déclaré leur inquiétude face à une telle perspective.

Le premier ministre kosovar, pourtant allié avec le parti du président, avait ainsi dénoncé une idée qui est « une invitation pour de nouvelles tragédies dans les Balkans ». Tout comme Angela Merkel, qui avait affirmé que « l’intégrité territoriale dans les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Au quatrième jour d’une nouvelle vague de manifestations meurtrières à Bassora, épicentre d’un mouvement de contestation dans le Sud chiite, les protestataires ont incendié bâtiments publics et sièges de partis politiques.
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L’Irak rattrapé par la contestation sociale

Au quatrième jour d’une nouvelle vague de manifestations meurtrières à Bassora, épicentre d’un mouvement de contestation dans le Sud chiite, les protestataires ont incendié bâtiments publics et sièges de partis politiques.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 15h44
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 15h59
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

Empêtrée dans d’interminables tractations pour la formation du prochain gouvernement, la classe politique irakienne est rattrapée par la contestation sociale qui a embrasé le Sud chiite durant l’été. Jeudi 6 septembre au soir, au quatrième jour d’une nouvelle vague de manifestations qui ont donné lieu à des violences meurtrières à Bassora, des milliers de protestataires ont incendié des bâtiments publics et les sièges des principaux partis chiites de la grande ville du sud de l’Irak, avant que ne soit imposé un couvre-feu. Selon le dernier bilan du ministère de la santé, deux personnes ont été tuées et 48 autres blessées, dont 36 civils et 12 membres des forces de l’ordre.
Le Parlement a convoqué une réunion extraordinaire, samedi. En début de soirée, les protestataires avaient convergé, avec des membres des forces de l’ordre, devant le siège du gouvernorat – en partie incendié la veille par des jets de cocktails Molotov et des feux d’artifice –, afin d’y déposer des bougies en hommage aux manifestants tués les jours précédents.

« Ce devait être une procession de deuil en l’honneur de tous ceux qui sont morts pendant la “révolution”. Des forces, qu’on pense appartenir aux partis politiques, ont tiré sur les manifestants. Ça a dégénéré. Les manifestants s’en sont pris aux bâtiments du gouvernorat et aux sièges des partis : 95 % des sièges des partis et des milices ont été incendiés », témoigne Taïf Khoudeir, un activiste-blogueur, depuis Bassora.
D’imposants nuages d’épaisse fumée noire et de hautes flammes s’élevaient, dans la nuit, du siège du gouvernorat, de l’antenne locale attenante de la télévision publique, Al-Iraqiya, de la résidence du gouverneur provincial ainsi que des sièges de partis politiques et groupes armés, à l’instar des puissantes organisations Badr et la Ligue des vertueux.
Les manifestants imputent la détérioration de leurs conditions de vie à l’incurie des partis au...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le banquier est régulièrement cité comme un potentiel candidat à la présidence ivoirienne. Au quotidien suisse « Le Temps », il redit son absence d’ambition politique.
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Décryptage

Tidjane Thiam n’a toujours pas la tête en Côte d’Ivoire

Le banquier est régulièrement cité comme un potentiel candidat à la présidence ivoirienne. Au quotidien suisse « Le Temps », il redit son absence d’ambition politique.


LE MONDE
              datetime="2018-09-07T15:21:16+02:00"

        Le 07.09.2018 à 15h21

     •
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        Mis à jour le 07.09.2018 à 15h52






    
Tidjane Thiam, le 10 mars 2015 à Zurich.
Crédits : REUTERS


Deux ans avant la prochaine élection présidentielle, prévue en octobre 2020, le marigot politique ivoirien est déjà en ébullition, avec grandes manœuvres au sein des partis et renversements d’alliances. Et des noms qui circulent, presque toujours les mêmes depuis des décennies. Tous, sauf un, qui fait le buzz, et crée un certain émoi sur les bords de la lagune Ebrié : celui de Tidjane Thiam, actuel directeur général du Crédit suisse.
Les « Thiamistes », comme ils se nomment eux-mêmes, donnent de la voix sur les réseaux sociaux pour appeler de leurs vœux un renouveau, qui passe par la « mise à la retraite de cette vieille classe politique ». Et l’arrivée au sommet de l’Etat d’une personnalité brillante, jeune, hors sérail, incarnée à leurs yeux par Tidjane Thiam, 56 ans, soit vingt ans de moins que l’actuel président Alassane Ouattara.
« Fierté de la Côte d’Ivoire »
L’ex-président Henri Konan Bédié, 84 ans, est, lui, toujours dans la course et ne fait guère mystère de ses ambitions, « pour laver l’affront du coup d’Etat de 1999 qui l’avait privé d’un second mandat », selon ses proches. Quant à Laurent Gbagbo, 73 ans, actuellement jugé à la Cour pénale internationale (CPI), il est attendu comme le messie par ses partisans, persuadés qu’il sera libéré de prison le 1er octobre et pourra ainsi quitter La Haye pour Mama, son village natal, avant de repartir à la conquête du pouvoir. On en est là.

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                « Faisons le pari qu’Alassane Ouattara souhaite quitter le pouvoir : qui pour lui succéder ? »



« Un million de signatures pour Tidjane Thiam 2020 », « Les amis de Tidjane Thiam », « Génération Tidjane Thiam » « Tidjane Thiam horizon 2020 », « TT2020 » « Le meilleur reste à venir »… Les pages Facebook fleurissent sur Internet, assorties d’autant de hashtags. Les qualités et compétences du directeur général du Crédit suisse, « fierté de la Côte d’Ivoire », sont décortiquées à longueur de posts, appuyées par des extraits de ses interviews. Et il est régulièrement comparé à un Emmanuel Macron.
Mais qu’en pense le principal intéressé ? Contacté par Le Temps, Tidjane Thiam fait savoir qu’il est « à la fois touché et honoré par toutes les marques de soutien exprimées à son égard récemment par nombre de ses compatriotes ivoiriens ainsi que plus généralement par de nombreux Africains ». Tout en s’empressant d’ajouter : « J’ai dit à plusieurs reprises et depuis de nombreuses années ma détermination à ne pas avoir d’activité politique. » Dans sa réponse, il insiste sur son « engagement à long terme » à la tête du Crédit suisse et sur sa volonté de poursuivre la stratégie mise en place qui « produit de bons résultats ». Fermer le ban.
« Fatigués des querelles politiciennes »
Cela suffira-t-il à décourager ses supporteurs, qui lancent un appel à une réunion de tous les « Thiamistes » le 15 septembre à Abidjan, afin d’unir leurs forces ? Rien n’est moins sûr, tant est fort l’espoir de voir émerger de nouvelles personnalités, plus en phase avec la jeunesse d’un pays où 70 % de la population a moins de 30 ans.

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                Face aux tourments politiques, Alassane Ouattara joue l’amnistie de ses ennemis



« Il s’agit là d’un message de la société civile pour dire aux politiciens que les Ivoiriens en ont marre et sont fatigués de leurs querelles perpétuelles », estime un responsable politique, lequel, dans un contexte tendu, souhaite conserver l’anonymat. Il rappelle également que, depuis 1999 et le coup d’Etat du général Gueï contre le président Bédié, dont il était le ministre du plan et du développement, Tidjane Thiam n’est jamais revenu en Côte d’Ivoire.
D’autres responsables font remarquer que des attaques liées à l’origine sénégalaise de son patronyme sont déjà apparues, ravivant la crainte de voir le pays renouer avec ses vieux démons. « On a rarement vu en Afrique de président parachuté de l’extérieur se faire élire », rappelle enfin un journaliste ivoirien, citant l’exemple de Lionel Zinsou au Bénin, présenté comme un banquier et un manager hors pair, mais rejeté dans les urnes par ses compatriotes en 2016.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Plus de 1 % des Marocains seraient dépendants, mais soigner cette addiction est difficile car, officiellement, les locaux n’ont pas le droit de boire de l’alcool.
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Reportage

Cachez ces Alcooliques anonymes que le Maroc ne saurait voir

Plus de 1 % des Marocains seraient dépendants, mais soigner cette addiction est difficile car, officiellement, les locaux n’ont pas le droit de boire de l’alcool.

Par                                            Ghalia Kadiri (Salé, Casablanca, Maroc, envoyée spéciale)




LE MONDE
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        Le 07.09.2018 à 15h17

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        Mis à jour le 07.09.2018 à 16h48






    
Une cave au Maroc. Photo d’illustration.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


Nadia*, la cinquantaine, est une femme de forte corpulence, vêtue d’une djellaba rouge, les cheveux grisonnants couverts d’un voile à fleurs. C’est un peu la « maman » du groupe. D’ailleurs, aujourd’hui, c’est elle qui prend la parole en premier. « La semaine dernière, c’était l’Aïd. Et vous savez quoi ? Pour la première fois depuis trente ans, je me suis levée le matin. C’est moi qui ai cuisiné les moutons, trois moutons ! » Une salve d’applaudissements salue ses efforts. « Bravo ! », lâche un camarade. « Grâce à Dieu ! », lance un autre.
Cela fait bientôt huit mois que Nadia n’a pas bu une goutte d’alcool. Pendant trente ans pourtant, chaque jour, le rituel était le même. Le réveil ? Pas avant midi. La marche de la honte vers l’épicerie du coin. La bouteille de vodka de mauvaise qualité. Les verres « cul sec, sans mélange ». Nadia se terrait dans sa chambre, rideaux fermés, et passait sa journée « à boire devant les chaînes de télévision françaises ». Jusqu’à ce que son fils, longtemps pétrifié par la peur du déshonneur, finisse par l’emmener à l’hôpital Ar-Razi de Salé, où elle a été soignée dans le premier centre d’addictologie au Maroc, ouvert en 2000.

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                Le Maroc prend de la bouteille



Depuis, Nadia revient tous les jeudis pour participer à la réunion des Abstinents anonymes d’Ar-Razi (AAA), lancée il y a un an pour assurer le suivi des personnes dépendantes et prévenir les rechutes. « Pour se protéger, on ne dit pas “Alcooliques anonymes”, car les textes de loi sont clairs : l’alcool est interdit pour les musulmans au Maroc. Nous ne voulons pas avoir de problèmes », explique Rachida Benbaze, infirmière à l’hôpital et modératrice des AAA. Mais le groupe suit à l’identique la méthode des Alcooliques anonymes, nés en 1935 aux Etats-Unis, et les douze étapes nécessaires pour parvenir à l’abstinence.
La crainte du « faux pas »
Chaque jeudi matin, une douzaine de « AA » (et jusqu’à trente pendant le ramadan, où la participation atteint son pic) se réunissent dans une petite salle sobre et lumineuse. La séance commence par un « Bismillah ! » prononcé en chœur. « Au nom de Dieu ». Même si « les confessions n’ont pas leur place ici », rappelle Rachida Benbaze. « Les AA sont basés sur la spiritualité, on s’inspire forcément de l’islam car nous vivons dans un pays musulman. Mais nous sommes laïcs. » Le mot haram (qui désigne ce qui est interdit par la religion) est proscrit. « Il n’y a aucun jugement. L’addiction est une maladie chronique du cerveau », rappelle l’infirmière.
Assis autour d’une table sur laquelle sont posés boissons et gâteaux, certains, à l’instar de Nadia, affichent une mine optimiste. Mais beaucoup gardent la tête basse et restent silencieux, les mains tremblantes. Une mauvaise nouvelle tombe : la veille, Jalil*, 40 ans, a replongé. La crainte du « faux pas », dans le langage des « AA », hante chacun d’eux. « On a tous peur de rechuter », avoue Nasser*, un des deux parrains du groupe, malgré ses huit années d’abstinence. Lui a tout perdu à cause de l’alcool. Sa femme, son travail, sa maison, son statut social. « J’étais devenu clochard. J’ai fait une tentative de suicide, mais Dieu ne m’a pas tué. Alors je me suis dit que j’avais peut-être une mission : aider les autres à trouver le courage de se faire soigner dans un pays où l’alcoolisme est l’un des grands tabous. »

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Au point qu’il a fallu des années d’acharnement pour voir le projet aboutir. Le 29 septembre, les AAA souffleront leur première bougie. « On s’est lancés un peu comme ça, en regardant des vidéos sur YouTube », sourit Mme Benbaze. Et pour suivre les douze étapes traditionnelles détaillées dans le livre des Alcooliques anonymes, qui n’existe pas en langue arabe, il a fallu s’engager dans un long travail de traduction. « Je m’inspire de celui des Narcotiques anonymes, qui est édité en arabe », précise la modératrice, les mains posées sur l’ouvrage consacré aux toxicomanes.
Les femmes se cachent
Au Maroc, la loi interdit strictement la vente et la consommation de boissons alcoolisées aux Marocains musulmans. Théoriquement réservée, donc, en majeure partie aux touristes, la vente d’alcool est néanmoins largement accessible aux nationaux. Dans les grandes villes, les consommateurs en trouvent dans certaines grandes surfaces, dans des magasins spécialisés ou chez des vendeurs informels, dans des hôtels, des pubs chics ou des bars populaires. Dans les campagnes et les petits villages, les habitants fabriquent leur propre alcool, généralement de l’eau de vie (mahia).
« Il faut arrêter de se voiler la face. Il n’y a pas une famille au Maroc qui n’a pas connu au moins une fois un problème d’addiction », prévient Imane Kendili, psychiatre et addictologue à Casablanca. En 2009, elle a participé, avec l’association Nassim et d’autres médecins addictologues, à la mise en place des premières réunions des Alcooliques anonymes, qui se rassemblent de manière plus ou moins régulière dans plusieurs villes, notamment à Casablanca, Rabat, Marrakech et Agadir.
« Nous sommes protégés parce que nous existons au sein d’un hôpital, indique Mme Benbaze. Mais les autres groupes à l’extérieur des structures hospitalières ont du mal à être pérennes. » Trouver un local pour accueillir des alcooliques est un parcours du combattant dans le royaume.

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Pourtant, le besoin est là. « Une étude menée en 2009 par des psychiatres estime que 1,4 % des Marocains sont dépendants à l’alcool et que 2 % en abusent. C’est énorme », alerte la docteure Kendili. En 2014, un rapport de l’Observatoire national des drogues et des addictions (ONDA) faisait état de 50 000 à 70 000 Marocains (sur 35 millions d’habitants) présentant « un usage problématique d’alcool ».
Les hommes sont les plus touchés. Mais, contrairement aux idées reçues, les femmes alcooliques « sont beaucoup plus présentes qu’on ne le croit, mais elles se cachent », affirme la psychiatre addictologue. Nadia, la seule femme des AAA, en sait quelque chose : « Dans les milieux populaires, une femme qui boit tout court est une prostituée ou une dépravée. Alors imaginez une femme alcoolique : j’ai été stigmatisée, reniée par le voisinage, exclue de la société. »
Hypocrisie sociale
Dans ce climat d’hypocrisie sociale où la réalité est masquée par les discours moralisateurs religieux, l’accès aux soins et la prévention trouvent difficilement leur place. « L’alcoolisme est vu comme de l’insolence et de la déviance, il y a beaucoup de stigmatisation, y compris dans le milieu médical, témoigne une infirmière d’un hôpital casablancais, sous couvert d’anonymat. Quand un alcoolique est malade, on ne peut pas s’empêcher de penser que c’est de sa faute. » 

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Depuis 2000, au moins quatorze centres d’addictologie ont toutefois ouvert leurs portes à travers le pays. Dix ans plus tard, un programme national de lutte contre les conduites addictives a été lancé sur instruction royale, signe d’une volonté politique de lutter contre tous les types d’addictions. Mais les places sont encore limitées, dans le secteur public comme dans le privé. « En plus, il n’y a pas de suivi, de réinsertion sociale et encore moins de programme de prévention nationale », fustige Imane Kendili. Et l’interdit socio-religieux risque de décourager pendant longtemps les alcooliques de se faire soigner.
* Les prénoms des membres de l’AAA ont été modifiés pour respecter leur anonymat.


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En Grèce, les employés du camp migratoire de Lesbos en grève pour dénoncer la surpopulation

Avec 8 388 résidents officiellement recensés pour 3 100 places, le camp est la première porte d’entrée migratoire en Grèce.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 15h12
   





                        



   


Ils veulent dénoncer la surpopulation. Les employés du camp migratoire de Moria à Lesbos, la plus peuplée des îles grecques, ont annoncé vendredi 7 septembre une grève du zèle à partir de samedi, et un arrêt de travail lundi. Ils réclament des mesures pour soulager le camp, et dans l’immédiat y augmenter la surveillance policière pour protéger tant les résidents que le personnel.
Avec 8 388 résidents officiellement recensés pour 3 100 places, le camp, première porte d’entrée migratoire en Grèce, bat des records de densité, selon un communiqué du comité du personnel.
La situation y est « très difficile, voire limite », a reconnu le ministre à la politique migratoire, Dimitris Vitsas, dans une réponse à un appel à l’aide du maire de l’île. Sur l’île même, les migrants et réfugiés sont désormais plus de 10 500, tandis que sur l’ensemble des cinq îles du nord-est de la mer Egée, où l’Union européenne (UE) a décidé en mars 2016 de consigner les arrivants de Turquie, ils frôlent les 20 000 personnes.

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« La situation est lourde de dangers »
A Moria, la surpopulation impose aux résidents « des conditions de vie tragiques, indignes d’un pays européen », relève le comité du personnel, en écho aux alertes répétées des ONG et du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU :
« La situation est lourde de dangers, qu’il s’agisse du risque d’épidémies, de décès en cas de mauvais temps, de suicides ou mutineries. »
Les autorités du camp tentent pour leur part d’accélérer les transferts vers le continent des exilés jugés « vulnérables » et donc éligibles à l’asile dans l’UE, a indiqué le directeur adjoint, Dimitris Vafeas.
Mais la poursuite des arrivées en provenance des côtes turques proches, en dépit du pacte migratoire UE-Turquie censé tarir les flux, bloque toute solution à terme, a-t-il relevé dans une réponse à un appel à l’aide du maire de l’île.
« Du 1er mai au 30 août, 3 950 personnes vulnérables ont été ramenées sur le continent, mais 5 450 autres sont arrivées à Lesbos », a-t-il précisé en réponse au maire, ajoutant que face à cette situation, la Grèce « insiste sur la nécessité d’une répartition » des réfugiés dans toute l’Europe.




                            


                        

                        


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Reportage

Les caricaturistes éthiopiens ne font plus grise mine

Depuis l’arrivée au pouvoir d’un premier ministre réformiste à Addis-Abeba, les crayons se délient, timidement mais sûrement.

Par                                            Emeline Wuilbercq (Addis-Abeba, correspondance)




LE MONDE
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        Le 07.09.2018 à 14h41

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        Mis à jour le 07.09.2018 à 15h24






    
« Quand tu reçois trop de breaking news ! » La légende de ce dessin publié par « Allu » fait référence aux annonces incessantes du premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed.
Crédits : Allu


Avant, Yemsrach Yetneberk n’aurait jamais osé railler les deux patriarches orthodoxes éthiopiens – celui du cru et celui de la diaspora – qui se sont réconciliés début août. L’illustratrice de 28 ans ne se serait pas non plus autorisé une moquerie sur la municipalité d’Addis-Abeba incapable de régler les problèmes de coupures d’eau. « J’avais peur », sourit-elle. Aujourd’hui, elle croque l’actualité éthiopienne et grossit les traits de ses personnages sans crainte.
Depuis un mois, elle dessine chaque semaine une caricature pour une page consacrée à la critique satirique illustrée, Allu (« ils ont dit », en amharique), déclinée sur divers réseaux sociaux. Yemsrach Yetneberk illustre les blagues de son ami Abel Asrat, cocréateur d’Allu. Abel est le farceur, prêt à provoquer et à se moquer des convenances, tandis que Yemsrach est plus réservée.

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En Ethiopie, la caricature est un genre balbutiant. Il faut prendre beaucoup de précautions pour ne pas choquer, malgré le vent nouveau qui souffle sur le pays depuis l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed, il y a cinq mois. Abel et Yemsrach ont décidé de lancer le projet Allu après la libération de prisonniers et le retour d’opposants au pays. « La période est propice aux libertés », observe la jeune femme. Les positions du premier ministre réformiste tranchent avec celles, plus autoritaires, de la coalition à laquelle il appartient.
L’art du double sens
En vingt ans de caricatures pour le journal privé The Reporter, Elias Areda a su ne jamais aller trop loin. Ses illustrations les plus provocantes représentent le président érythréen, Isaias Afeworki, fouetté par l’ancien premier ministre éthiopien Meles Zenawi, mort en 2012, ou encore ce dernier avec des cadenas pendus aux oreilles pour symboliser son incapacité à écouter les revendications populaires. Pas de quoi faire scandale.
Elias Areda a été cependant témoin de l’exil ou de l’emprisonnement de nombreux reporters et de l’interdiction de certains titres de presse. « Personne n’était autorisé à exprimer son opinion à cause des intimidations », explique-t-il. Elias s’est toujours contenté d’exploiter son talent sans broncher, en dessinant simplement ce que son comité de rédaction lui réclamait. « Si la liberté d’expression est de plus en plus respectée, le genre va forcément se développer », veut-il croire.

    
Un dessin du caricaturiste éthiopien Alex Tefera, exilé à Londres.
Crédits : Alex Tefera


C’est aussi ce qu’espère Alex Tefera, un artiste éthiopien qui s’est exilé à Londres. Ses dessins provocateurs, parfois licencieux, n’auraient sans doute pas trouvé de place dans un journal local, mais ils sont visibles sur sa page Facebook. L’illustrateur regrette qu’il faille « mettre une légende sous le dessin pour que les Ethiopiens comprennent ».
Pourtant, quand ils écoutent les azmari, les gens captent le double sens, rappelle-t-il. Ces ménestrels, adeptes des calembours, sont la preuve vivante mais déclinante du goût prononcé des Ethiopiens pour la moquerie et le semenna werk (« la cire et l’or »), un art verbal qui consiste à recouvrir la signification profonde de ses paroles (l’or) par un sens plus banal (la cire). Une technique qui a fait ses preuves sous la dictature marxiste du Derg (1974-1991), où toute forme de contestation était interdite.
Nombreux tabous
Pour l’instant, les caricatures éthiopiennes sont loin d’être transgressives. Si l’ouverture du paysage politique a délié les langues, les habitudes de bienséance restent un obstacle au développement du genre. Les tabous sont nombreux, à commencer par la religion, la sexualité et l’appartenance communautaire. Les créateurs d’Allu savent que leur évocation risque de provoquer des réactions enflammées.
Yemsrach Yetneberk consent que leur critique des mœurs politiques est pour l’instant « douce, pas trop aigre ». Mais Abel Asrat préférerait ne pas devoir contrôler son impertinence. D’autant qu’une autre forme de censure s’exerce désormais sur les réseaux sociaux : les anciens pourfendeurs du pouvoir – avant l’arrivée d’Abiy Ahmed – n’acceptent pas la critique, alors même qu’ils s’indignaient du manque de démocratie. « La liberté d’expression n’est pas plus tolérée par l’opposition », déplore Abel, qui regrette que certaines personnalités semblent intouchables, à l’instar du bouillant militant oromo Jawar Mohammed.

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Le premier ministre lui-même ne serait pas une cible de railleries acceptable. « Ma mère m’a conseillé de ne pas me moquer de lui en public, avoue Abel Asrat. Mais critiquer toutes ces personnalités ne devrait pas me mettre en danger, car cela ne veut pas dire que je souhaite leur échec ou que je suis contre le changement. » L’auteur n’hésite pas à tourner en ridicule Abiy Ahmed : « Il devrait mettre le palais en location sur Airbnb ! », plaisante-t-il au sujet des nombreux voyages du premier ministre. Yemsrach, elle, n’est pas encore prête à illustrer cette blague.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême droite, devrait rester hospitalisé au moins une semaine.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Dopée par le succès de la série « Gomorra », la bande-son de Naples s’est mise au rap. Sur scène, de jeunes artistes livrent, au détour de textes crus, une chronique de leur vie marquée par la précarité et l’emprise de la Mafia.
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LE MONDE
 |
                  07.09.2018 à 14h20


Dopée par le succès de la série « Gomorra », la bande-son de Naples s’est mise au rap. Sur scène, de jeunes artistes livrent, au détour de textes crus, une chronique de leur vie marquée par la précarité et l’emprise de la Mafia.

Par                             Thomas Saintourens





                     

On pourrait se croire à New York, Los Angeles ou Chicago, quelque part dans les années 1980, à observer ces danseurs de hip-hop, souples comme des chats, qui tournoient au son des basses profondes de Land of Hunger, hit astro-funk du groupe The Earons, millésimé 1984, en contrebas d’immeubles barbouillés de graffitis. Mais l’enseigne lumineuse de la caffetteria Gioia, tout comme la fresque figurant Diego Maradona et la Vespa noire garée à proximité du cercle de danse trahissent la localisation de cette session nocturne de breaking.
Les édifices fantomatiques en arrière-plan sont les Vele (« voiles ») di Scampia, un quartier déshérité des faubourgs nord de Naples. Théâtre de ce qu’on appelle ici simplement « la guerre » – cette faida meurtrière liée à la succession du clan Di Lauro, qui a éclaté au milieu des années 2000, et dont quelques soubresauts viennent encore alimenter la chronique des faits divers. Deux ou trois fois par semaine, sur cette piazza Papa Giovanni Paolo II, investie par le centre social Mammut, on rappe là où s’entassaient les seringues, on danse là où s’étalaient les mares de sang.
« Dans ma chanson, je raconte que je me sens seul. Tellement d’amis de notre âge sont tombés. » Fresh
Reclus dans un réduit aux murs jaunes aménagé sous la dalle de béton, à peine rafraîchis par un ventilateur posé à même le sol, Antonio – alias « Fresh » – et Giovanni – « Jó » – composent devant un petit clavier blanc et un écran d’ordinateur. Lorsque les deux copains, âgés de 15 et 16 ans, parsèment leur beat de détonations d’armes lourdes (fichier audio « gun » ou « AK47 »), c’est un écho glaçant à leur quotidien qui pulse des enceintes.
« Dans ma chanson, je raconte que je me sens seul. Tellement d’amis de notre âge sont tombés… explique Fresh, avec l’aplomb d’un vétéran. Le rap, c’est une façon de rester dans le droit chemin. Quand on s’installe pour travailler un morceau, on peut y rester la nuit entière. »...





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ En réponse à la tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad, publiée dans « Le Monde » du 28 août, Giuseppe de Martino, responsable d’un média en ligne, s’oppose à la création de cette rémunération des éditeurs de presse.
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Directive sur les droits d’auteur : « Le “droit voisin” est une hydre à multiples têtes »

En réponse à la tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad, publiée dans « Le Monde » du 28 août, Giuseppe de Martino, responsable d’un média en ligne, s’oppose à la création de cette rémunération des éditeurs de presse.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 14h00
    |

Giuseppe de Martino (Président de l’Association des services Internet communautaires (ASIC) et du média en ligne Loopsider)







                        



                                


                            
Tribune. Avec le vote au Parlement européen le 12 septembre du projet de directive sur les droits d’auteur, l’intense lobbying des industries culturelles revoit le jour. S’inquiétant pour la démocratie, plusieurs médias et journalistes appellent à créer un droit voisin au profit des éditeurs de presse. Et si cela provoquait l’effet inverse ?
Selon ces industries, la démocratie serait en danger. Ainsi, à l’appel de l’AFP, plusieurs journalistes ont demandé aux parlementaires européens d’adopter une proposition de directive relative aux droits d’auteur qui prévoit, entre autres choses, de créer un droit voisin au profit des éditeurs de presse. Ce droit voisin viendrait taxer les divers agrégateurs, moteurs de recherche ou réseaux sociaux, du fait de la seule indexation des contenus publiés par les sites de presse en ligne – et cela malgré l’impact positif que ces intermédiaires ont sur le trafic drainé vers lesdits sites.

A y regarder de plus près, plusieurs questions peuvent légitimement se poser. Tout d’abord au niveau de la méthode. Avant d’être relayée par tous les grands quotidiens nationaux, la tribune signée par plusieurs journalistes fait suite à des discussions entre ces journalistes et la direction de l’AFP, comme l’indiquait la députée européenne Julia Reda [unique députée du Parti pirate, hostile à la proposition de la directive].
Lobbying
Comme toute entreprise, l’AFP demeure libre de faire un lobbying en faveur d’une disposition qui pourrait lui être favorable, de la même manière que certains quotidiens nationaux. A l’heure de la lutte contre la désinformation, cela interroge néanmoins sur la transparence de ces actions. Afin de garantir une démocratie, ces médias ne devraient-ils pas rappeler, lors du traitement journalistique de la question, qu’ils font activement un lobbying en faveur de telle ou telle disposition ?
le droit voisin n’a pas vocation à bénéficier aux journalistes qui sont titulaires...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ L’architecte italien a révélé au « Monde » les plans de la structure imaginée pour remplacer celle qui s’est effondrée en août, qu’il a réalisés gratuitement.
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Pour Gênes, Renzo Piano présente un pont qui « doit durer cinq cents ans »

L’architecte italien a révélé au « Monde » les plans de la structure imaginée pour remplacer celle qui s’est effondrée en août, qu’il a réalisés gratuitement.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 16h39
    |

            Isabelle Regnier (Gênes (Italie), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Je n’ai jamais travaillé dans une telle urgence. Heureusement, les désastres de cette ampleur ne sont pas fréquents… » En cette belle journée de septembre, Renzo Piano nous reçoit dans son agence de Punta Nave, à Gênes, sublime bâtisse de verre construite à flanc de colline, surplombant la Méditerranée. A l’étage inférieur, une pièce est consacrée aux plans et aux maquettes du nouveau pont dessiné par l’architecte pour remplacer celui de Riccardo Morandi, qui s’est effondré le 14 août, causant la mort de quarante-trois personnes. Sur un fond bleu océan, de fines lignes blanches révèlent un ruban épuré posé sur une série de piliers qui se prolongent vers le ciel en de longs mats fuselés. Quarante-trois au total, un pour chaque victime. La nuit, ils diffuseront autour d’eux, en un halo « un peu fantomatique », la lumière captée dans la journée par les panneaux solaires qui bordent le tablier.
Pour Renzo Piano, l’édifice « doit rappeler son histoire, terrible – métaboliser le deuil de la ville »
Le pont sera en acier. Les piliers seront espacés de 50 mètres, sauf à deux endroits où le terrain impose une distance de 100 mètres. Ils seront beaucoup plus resserrés que les grands V en béton armé du pont Morandi. Conçu pour être solide et facile d’entretien, l’édifice « doit durer cinq cents ans ! », déclare, bravache, l’architecte. « Mais il doit aussi chanter ! Il doit rappeler son histoire, terrible – métaboliser le deuil de la ville. C’est comme la poésie de la mer qui enregistre les sons, les voix, les parfums, la lumière, et les restitue pour ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour écouter. »

Alors qu’une exposition de son travail débute, le 15 septembre, à la Royal Academy of Arts, à Londres, que ses collaborateurs font avancer les nombreux projets développés par son agence à travers le monde, celui qui a propulsé Paris dans la modernité avec le Centre Pompidou (conçu avec Richard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Pour hisser son pays au rang de grande puissance, Xi Jinping enchaîne les initiatives, explique la chercheuse à l’IFRI. Avec l’ambition que la Chine s’impose comme référence internationale.
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Alice Ekman : « La Chine veut promouvoir un modèle de gouvernance alternatif à celui des Occidentaux »

Pour hisser son pays au rang de grande puissance, Xi Jinping enchaîne les initiatives, explique la chercheuse à l’IFRI. Avec l’ambition que la Chine s’impose comme référence internationale.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 12h51
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 13h08
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            
Sommet Chine-Afrique les 3 et 4 septembre, participation de Pékin à des manœuvres militaires russes du 11 au 15 septembre, le tout sur fond de guerre commerciale avec les Etats-Unis… La Chine, qui a longtemps fait profil bas en matière de politique étrangère, désormais s’active. Alice Ekman, responsable des « activités Chine » à l’Institut français des relations internationales (Ifri) et directrice de l’ouvrage collectif La Chine dans le monde (CNRS Editions, 2018, 300 pages), décrypte les enjeux de la nouvelle vision chinoise du monde.

La « pensée de Xi Jinping » a été intégrée dans la Constitution. Comment se manifeste-t-elle en politique étrangère ?
Le président Xi Jinping est beaucoup plus ambitieux que son prédécesseur, Hu Jintao (2003-2013), avec un slogan officiel : « Le grand renouveau de la nation chinoise », qu’il veut ériger au rang de puissance mondiale. Cette ambition s’appuie sur la perception à Pékin que le contexte international est favorable à la Chine depuis la crise financière de 2008, mais aussi depuis l’élection de Donald Trump. Ce positionnement n’est pas que de circonstance. Il se fonde sur le ressentiment antiaméricain, et plus largement anti-occidental, traditionnellement présent au sein du Parti communiste chinois, qui s’est encore renforcé ces dernières années. A Pékin, l’atmosphère n’est plus si éloignée de celle qui prévalait à l’époque de la guerre froide. C’est une [sorte de nouvelle] guerre froide qui ne dirait pas son nom, en raison du décalage de ton entre la communication de la Chine au niveau national et, significativement plus douce, au niveau international. Elle est aussi moins frontale à l’heure de la mondialisation, l’interdépendance économique rendant inconcevable la formation de blocs distincts.
La Chine se donne-t-elle les moyens de ses ambitions ?
Oui. Le budget de la diplomatie chinoise a doublé en cinq ans : de 30 milliards de renminbis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Donald Trump s’est montré très offensif lors d’un meeting dans le Montana, après la publication d’extraits du livre de Bob Woodward et d’une tribune anonyme qui dressent un terrible portrait du président des Etats-Unis.
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Midterms, J – 60 : Trump tente de dissiper le trouble devant ses sympathisants

Donald Trump s’est montré très offensif lors d’un meeting dans le Montana, après la publication d’extraits du livre de Bob Woodward et d’une tribune anonyme qui dressent un terrible portrait du président des Etats-Unis.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 13h15
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre une sorte de plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. A partir du 3 septembre, le correspondant du « Monde » à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Après la publication de bonnes feuilles d’un livre particulièrement critique et d’une tribune anonyme similaire sur le fond, rédigée par une personne se présentant comme membre de son administration, le président des Etats-Unis est parti remobiliser sa base dans le Montana, jeudi 6 septembre, avant de se rendre dans le Dakota du Nord, vendredi.
Venu à Billings soutenir un candidat républicain, Matt Rosendale, qui affrontera un sénateur démocrate sortant, Jon Tester, il a peint un tableau apocalyptique d’une éventuelle victoire de l’opposition aux élections de mi-mandat, le 6 novembre. Il a ainsi assuré que les démocrates « pris en otage par une gauche haineuse » et « des mondialistes corrompus » transformeront les Etats-Unis en « pays du tiers-monde ».
Dénonçant la complicité des démocrates avec « les médias bidons » qui « seront tous en faillite lorsque je ne serai plus président, je n’espère pas avant six ans et demi », Donald Trump a affirmé qu’« ils veulent faire des Etats-Unis le Venezuela, […] ils veulent la Sécurité sociale pour tous, ils vont la détruire ».
Alarmiste, il a également assuré que les démocrates allaient supprimer les frontières, ce qui provoquera une flambée des crimes. « Le choix » des Midterms, a-t-il dit, « c’est entre les démocrates qui veulent supprimer l’ICE [la police de l’immigration, parfois critiquée pour son zèle] et les républicains qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Pékin forme à travers le monde son « collier de perles » portuaire, un étau militaire redouté par les Indiens et les Japonais, mais qui, pour l’heure, se matérialise sous forme de projets commerciaux.
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Les ports, « perles » stratégiques de l’expansion chinoise

Pékin forme à travers le monde son « collier de perles » portuaire, un étau militaire redouté par les Indiens et les Japonais, mais qui, pour l’heure, se matérialise sous forme de projets commerciaux.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 12h40
    |

            Brice Pedroletti








                        



                                


                            
Quel est le lien entre les ports de Chittagong, au Bangladesh, Kyaukpyu en Birmanie, Hambantota, au Sri Lanka, et Gwadar, au Pakistan ? Tous font l’objet de projets de développement ou d’extension portuaires et industriels confiés à des sociétés chinoises, qui ont obtenu la concession de ces infrastructures pour plusieurs décennies. Hambantota est aux mains de la China Merchants Port Holdings pour quatre-vingt-dix-neuf ans, Gwadar dans celles de la China Overseas Port Holding pour quarante ans.
Tous présentent un intérêt stratégique pour Pékin dans l’océan Indien. Ils incarnent le « collier de perles », cet étau militaire chinois redouté par les Indiens et les Japonais depuis plus de dix ans, mais qui, pour l’heure, se matérialise sous forme de projets commerciaux. Une dizaine d’autres ports à travers le monde présentent les mêmes caractéristiques. Alors que la diplomatie chinoise s’évertue à rejeter toute visée stratégique, les études des centres de recherche proches du gouvernement et des organes de défense chinois disent l’inverse. Le rapport Harbored Ambition, du think tank américain Center for Advanced Defense Studies (C4ADS), publié en avril, souligne que « les analystes chinois, notamment ceux qui sont en lien avec les affaires militaires, décrivent les ­investissements portuaires comme permettant discrètement à la Chine de renforcer sa présence militaire dans l’Indo-Pacifique », avec de nombreux exemples à l’appui.

Djibouti, Gwadar, les Seychelles
Les chercheurs de l’institut de recherche navale de la marine chinoise ont recommandé en 2014 d’investir « des points de ravitaillement et de logistique dans les principaux ports pour permettre à la marine chinoise de mieux protéger les lignes d’approvisionnement en énergie de la Chine ». Les emplacements cités sont Djibouti, Gwadar ou encore les Seychelles. Un article du journal de l’uni­versité des relations internationales de Chine met en avant le concept de « civil...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La marine chinoise s’est considérablement modernisée depuis 2010. Dans le Pacifique et l’océan Indien, elle multiplie des manœuvres militaires de plus en plus sophistiquées qui alarment Washington.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le président français rencontre la chancelière allemande à Marseille vendredi, après avoir vu la veille au Luxembourg les premiers ministres du Benelux, ses alliés potentiels en vue des élections européennes de mai 2019.
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Avant de voir Angela Merkel, Emmanuel Macron travaille à ses futures alliances européennes

Le président français rencontre la chancelière allemande à Marseille vendredi, après avoir vu la veille au Luxembourg les premiers ministres du Benelux, ses alliés potentiels en vue des élections européennes de mai 2019.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 16h29
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Luxembourg, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’était, officiellement, une « réunion de travail » prévue de longue date, et destinée à préparer les prochaines réunions des dirigeants de l’Union européenne. Emmanuel Macron, invité du premier ministre libéral luxembourgeois, Xavier Bettel, et de ses homologues, le Belge Charles Michel et le Néerlandais Mark Rutte, ont parlé migration, Brexit, zone euro et taxation des géants du numérique, jeudi 6 septembre, dans la capitale du Grand-Duché.
Tandis que la « bulle » européenne bruisse de rumeurs quant à une possible alliance des futurs eurodéputés de La République en marche et de l’Alliance des libéraux et démocrates (ALDE) au Parlement de Strasbourg, en vue des élections européennes de 2019, le rendez-vous était attendu, même si aucun accord définitif n’a été annoncé. « Désolé de vous décevoir, mais il n’y aura pas de faire-part de mariage. Ce n’était pas le but de nos discussions », ironisait M. Bettel. « Une coalition transpartis ? Nous n’en sommes pas là aujourd’hui », ajoutait M. Rutte.
Avec son collègue belge, celui-ci a toutefois été mandaté, en juillet, par les dirigeants libéraux européens pour tenter de convaincre le président français. Ce dernier souhaite constituer, selon son entourage, vers la fin de l’année, une « alliance progressiste ». Il s’agit, vu de l’Elysée, de dépasser les clivages actuels du Parlement de Strasbourg, d’incarner la résistance aux forces nationalistes et identitaires qui ont le vent en poupe et qui pourraient bouleverser la composition de l’assemblée, tout en rassemblant le plus possible d’alliés parmi les eurodéputés.
« Le socle de LRM, c’est l’ALDE »
Rallier l’ALDE avant le scrutin est bien le chemin que semble prendre le président français, qui avait pourtant caressé un temps l’idée de lancer son propre mouvement européen. « Aujourd’hui, nous travaillons avec des partis qui se trouvent au sein d’ALDE, mais aussi avec d’autres qui sont en dehors. Notre volonté n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le réseau social a été la dernière des grandes plates-formes à supprimer le compte de cet animateur américain d’extrême droite.
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Pourquoi Twitter a finalement décidé de bannir le complotiste Alex Jones

Le réseau social a été la dernière des grandes plates-formes à supprimer le compte de cet animateur américain d’extrême droite.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 15h27
   





                        



   


Le sursis aura été de courte durée. Dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 septembre, Twitter a annoncé sa décision de bannir à vie le complotiste américain Alex Jones et son site d’informations « alternatives » Infowars de tous ses services, y compris l’application de diffusion vidéo en direct Periscope.
L’entreprise américaine a justifié sa décision par « de nouveaux Tweet ou vidéos postés hier [le 5 septembre] qui enfreignent nos règles d’usage et de respect, qui s’ajoutent aux infractions déjà commises par ces comptes par le passé ».
Selon les règles d’utilisation de Twitter, citées par le réseau social pour justifier le bannissement du fondateur d’Infowars, il est interdit de « se lancer dans le harcèlement ciblé de quelqu’un, ou d’inciter les autres à le faire. Nous considérons comme un comportement abusif toute tentative de harceler quelqu’un, de l’intimider, ou de l’empêcher de s’exprimer. »
Interventions chaotiques au Congrès
La décision de Twitter intervient après les interventions très remarquées de l’animateur d’extrême droite au Sénat américain mercredi, en marge de l’audition des responsables de Twitter et Facebook.

        Lire aussi :
         

                Pour Twitter et Facebook, une audition très convenue devant le Sénat américain



Avant le début de l’audition et pendant une demi-heure, Alex Jones, devenu célèbre et influent après avoir propagé de nombreuses théories conspirationnistes sur le 11-Septembre, une tuerie en milieu scolaire ou encore un supposé réseau de pédophilie dans une pizzeria impliquant, selon lui, Hillary Clinton, y a improvisé une conférence de presse dans les couloirs du Sénat. Il y a évoqué pêle-mêle la théorie du réseau pédophile protégé par le parti démocrate, ou encore un complot des réseaux sociaux, de mèche, selon lui, avec le Parti communiste chinois, l’Union européenne et le New York Times, pour le « réduire au silence ».
« Attendez deux semaines », a dit M. Jones, qui a ensuite assisté – en silence – à l’audition. « Le président Trump va prendre un décret », a-t-il affirmé, refusant de détailler la source de cette affirmation ou le contenu dudit décret. « La gauche a recréé le nazisme aux Etats-Unis… C’est cent fois pire que ce qu’a fait McCarthy », a-t-il lancé.
Durant la pause, M. Jones a, par ailleurs, vivement apostrophé le sénateur républicain Marco Rubio, pourtant peu susceptible d’être un allié des démocrates, l’interrompant à de nombreuses reprises en pleine interview pour une chaîne de télévision américaine. Le ton est monté entre les deux hommes, qui se sont quittés sur des invectives – Marco Rubio a qualifié Alex Jones de « clown », le second a ironisé sur un sénateur « bandit » qui jouait au « gros dur ».

Wow, this video. Alex JONES calls RUBIO a "frat boy" and touches Rubio on the shoulder. Rubio tells Jones not to to… https://t.co/qTgQvILh3b— kyledcheney (@Kyle Cheney)


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Une photographie rapidement devenue virale montre, par ailleurs, Alex Jones en train d’apostropher Jack Dorsey, le cofondateur de Twitter, impassible à l’issue de son intervention au Sénat. Selon le témoignage de David Dayen, contributeur pour le site The Intercept, le présentateur complotiste a exigé le droit de « parler à son accusateur », a accusé Barack Obama d’avoir cherché à censurer l’extrême droite, puis a vociféré en direction des personnes présentes en hurlant à un complot des « Brown KKK » [sic] et des « MS13 », qui seraient, dans sa rhétorique, les pendants noirs et latinos des suprémacistes blancs.

InfoWars’ Alex Jones screaming at Twitter CEO Jack Dorsey as he walks out of Senate hearing. https://t.co/yOd1CtOCG3— Balzarano96 (@Anthony Balzarano)


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Un cas sensible pour Twitter
Twitter est le dernier grand réseau social à fermer ses portes à Alex Jones. Facebook, Spotify, Apple, YouTube et Vimeo avaient décidé début août de supprimer la plupart des vidéos et podcasts de désinformation hébergés sur leurs serveurs, ce à quoi la plate-forme cofondée par Jack Dorsey s’était alors refusée. « Nous n’avons pas suspendu les comptes d’Alex Jones ou d’Infowars. Nous savons que c’est difficile pour beaucoup de gens, mais la raison est simple : il n’a pas violé nos règles », s’était alors justifié ce dernier.
A la suite d’un appel à prendre les armes contre les médias, Twitter avait finalement suspendu Alex Jones une dizaine de jours plus tard, mais seulement temporairement. La mesure avait suscité l’émoi en interne, des cadres et employés de la plate-forme jugeant leur président beaucoup trop arrangeant avec le fondateur d’Infowars.
La question du traitement du complotiste d’extrême droite est épineuse pour le réseau social, dans le collimateur de la justice de plusieurs pays pour son laxisme sur la diffusion d’informations mensongères. Twitter tient, en effet, à afficher un positionnement politique neutre, alors qu’il est régulièrement accusé par les sympathisants républicains de rouler pour les démocrates. L’entreprise de Jack Dorsey ne s’est, par exemple, résolue qu’à l’été 2017 à bannir les comptes suprémacistes et néonazis.
Sur les réseaux sociaux, certains internautes ont manifesté leur inquiétude face à ce qui leur apparaît comme de la censure. Les idées d’Alex Jones restent toutefois très représentées sur Twitter, puisque ses proches collaborateurs ou alliés, comme le jeune et influent vidéaste anglais Paul Joseph Watson ou encore le président américain, Donald Trump, qui s’était engagé en 2016 à soutenir le conspirationniste, continuent d’avoir voix au débat.



                            


                        

                        

