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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ L’ancien secrétaire national de la CFDT est décédé le 19 août à Roquecourbe (Tarn), à l’âge de 87 ans.
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La mort du syndicaliste Robert Bono

L’ancien secrétaire national de la CFDT est décédé le 19 août à Roquecourbe (Tarn), à l’âge de 87 ans.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 17h38
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h42
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Le 18 octobre 2017, il avait tenu, malgré sa fatigue, à participer à l’hommage que la CFDT rendait à son ancien secrétaire général, Edmond Maire, qui venait de disparaître. Ancien secrétaire national de la CFDT, Robert Bono est mort le 19 août à Roquecourbe (Tarn), des suites d’une longue maladie, à l’âge de 87 ans. Cet humaniste au cœur tendre, qui avait voué sa vie au syndicalisme et au combat pour la justice sociale, a quitté la scène discrètement.
Né le 28 septembre 1930 à Roquecourbe, Robert Bono était le fils d’immigrés italiens très pauvres. Grâce « à une dérogation accordée par le maréchal Pétain », s’amusait-il à raconter, il obtient une dispense pour passer son certificat d’études avec un an d’avance. Ses parents n’ayant pas la nationalité française, il n’obtient pas de bourse et doit travailler dès l’âge de 13 ans. La veille de son premier emploi, comme valet de ferme, il se jette dans l’escalier pour tenter d’y échapper. En vain. Le jeune Robert ne cesse de s’instruire, en lisant de nombreux livres. A 14 ans, il entre dans une filature comme ouvrier. Quand un de ses camarades, délégué syndical, est licencié, il mène une grève pour obtenir sa réintégration.
« La leçon aux ministres »
En 1964, Robert Bono, devenu permanent de la CFDT à l’union départementale (UD) du Tarn, participe au congrès de Roubaix qui acte le regroupement de l’habillement, du cuir et du textile dans une même fédération, Hacuitex. Il y rencontre sa future épouse, Marcelle, avec laquelle il aura trois filles. De 1967 à 1969, il est secrétaire général de l’UD du Tarn. En 1971, Edmond Maire le fait venir au secteur action sociale et cadre de vie de la confédération. Il s’installe alors avec sa famille dans une tour à Sarcelles (Val-d’Oise). En octobre 1973, il devient membre de la commission exécutive – le gouvernement de la CFDT –, où il pilotera, jusqu’en 1985, avec compétence et combativité, le vaste secteur de la protection sociale. En 1977, il va s’établir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Revendiquer des qualités dites féminines se retourne souvent contre les femmes candidates ou élues. Pour la spécialiste de sciences politiques Delphine Dulong, le vrai progrès résiderait dans « l’indifférence au genre ».
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« L’affirmation d’une identité sexuée se révèle pleine de pièges pour les femmes en politique »

Revendiquer des qualités dites féminines se retourne souvent contre les femmes candidates ou élues. Pour la spécialiste de sciences politiques Delphine Dulong, le vrai progrès résiderait dans « l’indifférence au genre ».



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h33
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Delphine Dulong est maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Ses travaux portent sur l’articulation ­entre les institutions politiques et les formes de la domination sociale et masculine.
Aux Etats-Unis, une nouvelle génération de femmes se présente aux élections de mi-mandat, qui auront lieu le 6 novembre. Dans les clips de campagne pour les investitures, elles insistent beaucoup sur le fait qu’elles sont des femmes, certaines en évoquant des agressions sexuelles dont elles ont été victimes, d’autres, comme la candidate au poste de gouverneur du Maryland, en déroulant son programme en même temps qu’elle allaite. Est-ce nouveau ?
Que les femmes essaient de se légitimer en revendiquant leur identité sexuée, ce n’est pas tout à fait nouveau. Il faut se rappeler que ce n’est pas comme citoyennes que les femmes ont accédé historiquement à la représentation politique, mais en tant que mères et épouses. Michelle Bachelet, l’ancienne ­présidente du Chili, se faisait appeler « la mère de tous les Chiliens », et, encore aujourd’hui, Angela Merkel est surnommée « Mutti », alors qu’elle n’a pas d’enfants.
Ce qui est nouveau, en revanche, c’est de ­revendiquer son appartenance au genre féminin sans préciser son état civil. Les tout premiers travaux sur les femmes politiques françaises montrent bien que pour paraître légitimes aux yeux de leurs pairs, jusque dans les années 1970, les élues devaient mimer les comportements masculins.
Ce n’est pas étonnant : les institutions politiques ont été faites par et pour des hommes, à une époque où la question de l’égalité entre les sexes ne se ­posait guère. Le fait que des femmes puissent dire « votez pour moi parce que je suis une femme », c’est donc un changement.
Mais la vraie question est de savoir s’il va dans le sens du progrès. Ce n’est pas évident. Dans le cas américain, la mise en avant des agressions sexuelles est une levée de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ L’enquête porte sur un possible « système » de rémunération avec des fonds européens d’assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour l’ex-Front national.
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Nouvelle mise en examen dans l’enquête sur les assistants d’eurodéputés frontistes

L’enquête porte sur un possible « système » de rémunération avec des fonds européens d’assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour l’ex-Front national.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h35
   





                        



   


L’affaire continue de ternir l’image du Rassemblement national (RN), naguère Front national. Pour la première fois dans l’enquête sur les assistants d’eurodéputés frontistes, la justice a procédé, mercredi 5 septembre, à une mise en examen pour « complicité de détournements de fonds publics ». Il s’agit du belge Charles Van Houtte, décrit comme un personnage-clé de l’organisation du Rassemblement national au Parlement européen.
Les juges financiers Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke enquêtent sur un possible « système » de rémunération d’assistants d’eurodéputés d’extrême droite avec des fonds de l’Union européenne de personnes qui travaillaient en réalité pour le parti. L’information judiciaire, ouverte pour « abus de confiance » et « escroquerie en bande organisée », vise dix-sept députés et les contrats d’une quarantaine de collaborateurs pour un préjudice évalué par le Parlement européen à 6,8 millions d’euros entre 2009 et 2017, sur deux mandatures.

        Comprendre
         

          l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national



Cheville ouvrière
Jusqu’à présent, quatorze mises en examen ont déjà été ordonnées par les magistrats. Outre le RN, sa présidente, Marine Le Pen, son compagnon, Louis Aliot, et Nicolas Bay, dont le nom circule pour conduire la liste du RN aux élections européennes de 2019, sont poursuivis pour « abus de confiance » ou « complicité d’abus de confiance », délits punissables d’une peine de trois ans de prison et de 375 millions d’euros d’amende.
Charles Van Houtte est le premier protagoniste à être mis en examen pour « complicité de détournements de fonds publics », un délit plus grave, punissable de 1 million d’euros d’amende et de dix ans de prison.

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                Assistants d’eurodéputés : la justice saisit deux millions d’euros destinés au RN



Ancienne cheville ouvrière de la gestion de ces contrats d’assistant, désormais en rupture avec le parti, Charles Van Houtte avait livré à la police en septembre 2017 un témoignage embarrassant pour la défense du Rassemblement national, affirmant avoir reçu des « instructions » de Marine Le Pen et confirmant l’existence de contrats fictifs, que contestent les dirigeants du parti. Il avait ainsi dit, durant son audition, que Thierry Légier « était garde du corps de la famille Le Pen et non pas assistant parlementaire ».
« Si mon client a été mis en examen pour complicité de détournements de fonds publics, il semble assez logique que toutes les autres personnes déjà mises en examen le soient aussi pour ce délit », a réagi jeudi Henri Laquay, l’avocat belge qui a assisté Charles Van Houtte lors de son audition devant la juge d’instruction parisienne Claire Thépaut, révélée par RTL Belgique.

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                Les six affaires qui menacent Marine Le Pen et le Front national






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ L’ancienne patronne de l’INA, qui avait été suspendue et condamnée pour des frais de taxis indus, vient d’être nommée au ministère de la culture.
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La nomination d’Agnès Saal s’est-elle faite dans les règles ?

L’ancienne patronne de l’INA, qui avait été suspendue et condamnée pour des frais de taxis indus, vient d’être nommée au ministère de la culture.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 16h49
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 19h16
    |

            Mathilde Damgé








                        



   


C’est l’une des décisions prises au creux de l’été et passées relativement inaperçues. L’ex-patronne de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) Agnès Saal a été nommée à un poste d’experte de haut niveau au ministère de la culture. Elle y exercera les fonctions de haut fonctionnaire à l’égalité, la diversité et la prévention des discriminations, pour une durée de trois ans, qui ont pris effet à compter du 1er septembre.
Cette décision a pu surprendre, Agnès Saal ayant été suspendue de l’INA après sa condamnation pour détournements de fonds publics, en 2016. 
Le rappel des faits
Directrice générale du Centre Georges-Pompidou de 2007 à 2014, puis présidente de l’INA de mai 2014 à avril 2015, Agnès Saal avait dû démissionner après des révélations sur ses dépenses excessives en taxis (près de 24 000 euros à l’INA, et environ la même somme au Centre Georges-Pompidou), qui lui ont valu une condamnation à trois mois de prison avec sursis et deux amendes pour détournement de fonds publics.
Elle a réintégré le ministère de la culture à l’été 2016, en tant que chargée de mission auprès du secrétariat général. Au sein de ce ministère, elle devait piloter les démarches de labellisation Afnor (Association française de normalisation) concernant l’égalité professionnelle et la diversité.
Son poste actuel, explique le ministère, « a été créé dans le cadre d’une fusion des missions de haut-fonctionnaire à l’égalité et de haut-fonctionnaire à la diversité précédemment assurées par deux inspectrices générales des affaires culturelles et constitue la poursuite de la mission qu’assurait Mme Agnès Saal au sein du secrétariat général depuis sa réintégration en 2016 et qui a mené à l’obtention de la labellisation fin 2017 ».
Cette nomination est-elle légale ?
Cette nomination « respecte les procédures », estime le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, qui assure « qu’il n’y a là pas de caractère d’exception qui aurait été fait pour Mme Saal ».

DIRECT. Agnès Saal nommée haut fonctionnaire après sa condamnation: "je n'aime pas les mises en cause personnelles"… https://t.co/hH255oiHhy— BFMTV (@BFMTV)


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La loi prévoit des règles strictes pour s’assurer de la probité dans la fonction publique :
« Nul ne peut avoir la qualité de fonctionnaire (…) si les mentions portées au bulletin n° 2 de son casier judiciaire sont incompatibles avec l’exercice des fonctions. »
Toute la question est alors de savoir si le détournement de fonds publics dont Agnès Saal s’est rendue coupable est « incompatible avec l’exercice des fonctions » d’un emploi public. L’article 25 de la loi Le Pors dispose notamment que « le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité ».
Le fait qu’Agnès Saal reste fonctionnaire est-il alors illégal ? Pour le ministère, « il va de soi que la décision de nommer Mme Agnès Saal (…) respecte l’ensemble des textes encadrant le statut des fonctionnaires et les procédures de nomination ».
Par ailleurs, ajoute l’employeur de Mme Saal, « si aucune peine complémentaire n’a été prononcée concernant l’interdiction d’exercer un emploi public, (…) c’est à l’autorité de nomination d’apprécier la compatibilité des fonctions avec les sanctions pénales et disciplinaires prononcées ». En l’occurrence, estime le ministère, les condamnations inscrites au bulletin n° 2 de son casier judiciaire ne sont pas incompatibles avec les fonctions confiées à Agnès Saal.
Le guide consacré à la discipline dans la fonction publique d’Etat précise que l’administration n’est pas obligée de radier le fonctionnaire fautif, mais qu’elle doit engager une procédure disciplinaire. Agnès Saal avait fait l’objet dans ce cadre d’une exclusion sans solde de six mois de la fonction publique.
La commission administrative paritaire interministérielle (CAPI) des administrateurs civils rappelle que « seules des condamnations pénales d’une certaine gravité entraînent la déchéance de plein droit de la qualité de fonctionnaire ». Elle estime d’ailleurs que « sanctionner [Agnès Saal] à nouveau à raison des mêmes faits violerait la règle de droit “non bis in idem” », selon laquelle on ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits, puisqu’elle avait déjà subi une exclusion temporaire sans traitement.
« Non seulement elle a reconnu les faits qu’on lui reprochait, mais elle a intégralement remboursé les sommes qu’elle devait », plaide son avocat Eric Morain, qui regrette qu’on veuille lui interdire de poursuivre sa carrière.
S’agit-il d’une promotion ?
« Cette nomination n’est pas une promotion et n’entraîne aucune modification de traitement ni nouveaux avantages », précise encore Me Morain.
Il oublie toutefois de préciser qu’avant d’être nommée à ce poste d’experte de haut niveau, au début du mois d’août, Agnès Saal a été promue, avec onze autres personnes, à l’échelon spécial des administrateurs généraux. Selon Mediapart, cet échelon lui permet de profiter d’une hausse de son salaire, qui « peut alors atteindre jusqu’à 6 138 euros par mois ».
Bien que distinct de sa nomination, ce changement d’échelon n’a pu avoir lieu que sur l’initiative de son employeur, le ministère de la culture.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Mercedes Bresso, vice-présidente du groupe socialiste au Parlement européen, dénonce dans une tribune au « Monde » les propos tenus par Christophe Castaner le 4 septembre contre ce qu’il tient pour une « anomalie démocratique ».
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Non, le « Spitzenkandidat » n’est pas « une anomalie démocratique »

Mercedes Bresso, vice-présidente du groupe socialiste au Parlement européen, dénonce dans une tribune au « Monde » les propos tenus par Christophe Castaner le 4 septembre contre ce qu’il tient pour une « anomalie démocratique ».



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h19
    |

Mercedes Bresso (Députée européenne, vice-présidente du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates)







                        



                                


                            

Tribune. L’intérêt supérieur de la nation est bien trop souvent incompatible avec les intérêts des citoyens européens. Les intérêts des partis politiques aussi. C’est ce que je constate avec regret depuis trop d’années à Bruxelles. Et la tendance s’aggrave comme le montrent les crises migratoire et écologique.

Pour moi, fédéraliste européenne italienne et socialiste depuis maintenant plus de cinquante ans, j’ai vécu l’élection d’Emmanuel Macron avec espoir. Son discours fort et prometteur sur l’Union, le déploiement de drapeaux européens lors de ses meetings, ses déplacements en Europe et ses entretiens polyglottes étaient à mes yeux autant de signes du retour de la France dans la position de leadership au sein de l’Union européenne, ce dont nous avons tant besoin aujourd’hui.
Stupeur
Bien que les engagements pris notamment avec Angela Merkel à Meseberg, les listes transnationales ou un véritable budget pour la zone euro agrémenté d’un contrôle démocratique de notre avenir économique commun peinent à trouver une concrétisation, je tiens à saluer un discours volontaire sur l’Europe, qui va à rebours des mouvements d’extrême droite qui veulent nous ramener à de terribles situations de repli dangereuses pour les citoyens de l’Europe. Il suffit de voir la situation dans mon pays, en Italie, pour comprendre que si nous nous laissons aller à penser que ces partis sont inoffensifs, les conséquences seront gravissimes.

Le discours de la Sorbonne d’Emmanuel Macron a été remarquable, car il reprenait en grande partie ce que nous socialistes et sociaux-démocrates au Parlement européen défendions depuis toujours : des institutions européennes plus démocratiques, un parlement qui puisse clairement exprimer la voix des citoyens européens, sans être compromis uniquement par des intérêts nationaux naturellement divergents, et un cap pour une Union de la protection des personnes et de la souveraineté partagée.

Quelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Jean-Luc Mélenchon interviendra, ce dimanche, lors l’université de rentrée de Nos causes communes, le club fondé par le chef de l’aile gauche du PS.
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Emmanuel Maurel de plus en plus insoumis au PS

Jean-Luc Mélenchon interviendra, ce dimanche, lors l’université de rentrée de Nos causes communes, le club fondé par le chef de l’aile gauche du PS.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h18
    |

            Abel Mestre








                        



   


En bon cinéphile, Emmanuel Maurel doit s’amuser de la situation. Son rapprochement avec La France insoumise (LFI) fait penser aux affres de la séduction des films d’Eric Rohmer. Ce conte d’automne politique doit connaître une nouvelle étape du vendredi 7 au dimanche 9 septembre, à Marseille. Emmanuel Maurel, avec sa camarade de la gauche du Parti socialiste Marie-Noëlle Lienemann, organisent l’université de rentrée de leur club, Nos causes communes, fondé avec le MRC. L’objectif : montrer que l’union de la gauche est (encore) possible en faisant dialoguer tout ce spectre politique syndical et associatif. Seront donc présents, entre autres, Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT ; le philosophe Henri Pena-Ruiz ; Aude Lancelin, directrice du site Le Média ou encore David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts.

        Lire aussi :
         

                Le socialiste Emmanuel Maurel se rapproche encore de La France insoumise



Mais le clou du week-end aura lieu dimanche matin avec l’intervention de Jean-Luc Mélenchon, lors d’une conférence traitant de « la souveraineté populaire face aux marchés ». Il y a quinze jours, c’est Emmanuel Maurel qui avait animé une table ronde sur le libre échange lors de l’université d’été de LFI.
« Faire ça proprement »
Ce pas-de-deux a commencé il y a bien longtemps. M. Maurel, chef de file de la gauche du PS qui a réuni 18,80 % lors du congrès d’avril, n’a jamais caché sa proximité personnelle et politique avec le leader des « insoumis ». L’ancien popereniste et l’ancien lambertiste se voient régulièrement, et ont tous deux de fortes convictions républicaines, un attachement à la laïcité, se retrouvent sur la défense des frontières, vouent une admiration sans faille à François Mitterrand… Et, surtout, partagent un goût immodéré pour la littérature et la pensée politique. Bref, ils sont faits pour s’entendre, malgré leurs divergences sur la stratégie populiste de gauche. Les élections européennes de mai 2019 peuvent être l’occasion pour les deux hommes de travailler ensemble.

La « gauche républicaine » se réunit à Marseille
Pendant trois jours, du 7 au 9 septembre, (presque) toute la gauche se réunira au parc Chanot à Marseille, pour l’université de rentrée de « Nos causes communes ». Ce club a été lancé au printemps par l’aile gauche du Parti socialiste (Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann) ainsi que par le MRC. Il entend faire vivre la « gauche républicaine », et met en avant la République, la laïcité et les questions économiques et sociales. Il défend aussi la stratégie d’union de la gauche. Outre les intervenants politiques et syndicaux classiques (les représentants des partis de gauche gouvernementale, des philosophes et des syndicalistes), un débat aura lieu autour de la série Baron noir, dont Emmanuel Maurel est un fan, avec le scénariste Eric Benzekri.


« J’ai toujours dit qu’il fallait travailler avec La France insoumise, affirme le député européen. Olivier Faure [le premier secrétaire du PS] a fait un choix : les déçus du macronisme reviendront au PS, donc on doit être de centre gauche. Si c’est le choix qu’il fait, ce sera sans moi. J’ai peur de l’inertie, peur que l’on ait le même slogan qu’en 1999, “Et maintenant l’Europe sociale”… » En clair, M. Maurel redoute une campagne européenne creuse, sans idées nouvelles. Le retour au premier plan de François Hollande est un autre argument en la défaveur du maintien au sein du PS.
De son côté, La France insoumise a treize places vacantes sur sa liste pour le scrutin européen. Et pourrait offrir une place éligible à M. Maurel − qui est eurodéputé sortant − avec une ligne politique qui lui correspond. Pour le retenir, certaines figures socialistes militent pour qu’il prenne la tête de liste PS mais le programme trop libéral à son goût pose problème. « La tête de liste n’a de sens que s’il y a un contenu politique », résume Mme Lienemann.
« Je ne souhaite pas son départ, assure de son côté Rachid Temal, sénateur socialiste, membre de la majorité du parti et qui participera à l’université de rentrée de M. Maurel. Ce week-end, je me rends à une réunion de camarades socialistes. » Il ajoute : « Il faut rassembler tous les socialistes, encore faut-il qu’ils le veuillent. C’est comme dans un couple… »
« Mettre Olivier Faure au pied du mur »
La France insoumise, elle, est ravie de cette « prise de guerre » éventuelle qui affaiblirait encore plus le PS, l’amputant de son aile gauche, mais comme le dit un député insoumis en vue : « Il faut que l’on fasse ça proprement ». Pas question, donc, de hâter les choses. M. Maurel et Mme Lienemann veulent d’abord mener la bataille à l’intérieur du PS en présentant une liste de dix points lors du bureau national du 18 septembre. Ce document abordera la politique économique et sociale en Europe mais aussi les questions stratégiques. « Il faut savoir quels moyens on se donne pour créer un rapport de force. Il faut aussi repenser notre rapport à la social-démocratie. On va essayer de convaincre », décrypte Emmanuel Maurel.
Marie-Noëlle Lienemann a déposé « Les socialistes » à l’INPI et déclaré une association du même nom
Même si M. Maurel s’en défend − « aucun départ n’est acté, les choses sont encore ouvertes », assure-t-il − l’idée est de « mettre Olivier Faure au pied du mur », selon le mot de Mme Lienemann. « Il faut proposer une stratégie alternative, défendre une liste commune de toute la gauche, des Verts aux “insoumis”, explique la sénatrice de Paris qui a adhéré au PS en 1971. On ne veut pas partir honteux. Nous portons une partie de l’identité socialiste, celle de Jaurès, la République jusqu’au bout. » 
Si M. Faure refuse l’adoption de la « feuille de route », alors, un parti serait fondé, qui passerait un accord avec La France insoumise en vue des élections européennes. Avec, à terme, la possibilité de rejoindre le mouvement de M. Mélenchon, qui accueille les partis en son sein via son « forum politique ». Quoi qu’il en soit, l’annonce d’un départ du PS ne devrait pas avoir lieu avant l’automne.
Cette nouvelle formation devrait, en tout cas, avoir le terme « socialiste » dans son nom. Marie-Noëlle Lienemann ayant déposé « Les socialistes » à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) et déclaré une association du même nom, quand certains voulaient changer le nom du PS, fin 2015. Prudence est mère de sûreté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.
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Infographie : les alliés de Macron et de Orban en Europe

A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 14h54
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le cas individuel de Nicolas Hulot camoufle et dessert la mobilisation d’innombrables acteurs de terrain au service de la cause écologiste, estime, dans une tribune au « Monde », Farid Baddache, promoteur du développement durable dans le monde économique.
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Démission de Nicolas Hulot : « C’est de l’intérieur qu’on fait bouger les lignes du gouvernement »

Le cas individuel de Nicolas Hulot camoufle et dessert la mobilisation d’innombrables acteurs de terrain au service de la cause écologiste, estime, dans une tribune au « Monde », Farid Baddache, promoteur du développement durable dans le monde économique.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 14h00
    |

Farid Baddache (Directeur général à Paris du réseau mondial d’entreprises et d’expertise dédié au développement durable Business for Social Respons...







                        



                                


                            

Tribune. Le fracas qui a entouré la démission de M. Hulot est choquant. Des milliers d’acteurs de terrain essayent de faire avancer la cause environnementale et les droits humains chaque jour. Des millions de gens sont pleinement conscients du péril environnemental et de la fracture sociale grandissante. Des milliards de gens savent qu’ils sont autant acteurs que victimes du destin collectif dans lequel leur vie et celle de leurs enfants s’inscrivent.
Quand la France réussit à conclure des accords de Paris sur le climat, cela s’inscrit dans un contexte plus large de prise de conscience de multiples parties
Savoir si la rentrée de M. Macron sera difficile parce que M. Hulot démissionne n’est pas le problème. Savoir si M. Hulot a géré sa sortie gouvernementale dignement, ce n’est pas le problème. En revanche, que des milliers d’acteurs du quotidien puissent se décourager après avoir entendu les propos tenus à la radio par M. Hulot, cela pose problème. Faire preuve de fatalisme en mettant en avant que le gouvernement aurait d’autres priorités et qu’en restant à un poste à responsabilités on perdrait son temps, c’est confondre échec personnel et intérêt collectif.
Faire avancer concrètement des sujets environnementaux et les droits humains, cela a toujours été une victoire collective. Quand Rosa Parks décide de ne pas se lever dans un bus après son travail pour laisser sa place à un Blanc, cela s’inscrit dans un contexte plus large de revendications de droits spécifiques portés par la population noire. Son acte de bravoure est relayé par la communauté locale. Quand la France réussit à conclure des accords de Paris sur le climat, cela s’inscrit dans un contexte plus large de prise de conscience de multiples parties.
Un rôle d’aiguillon
Au quotidien, des milliers de gens se battent pour faire avancer l’écologie et les droits humains, dans la société, la diplomatie, les entreprises et les écoles. Ces milliers de gens passent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste estime que pour améliorer la situation économique de la France, mieux vaut se concentrer sur le déficit budgétaire et les effets destructeurs de la fiscalité et des réglementations.
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Pascal Salin : « Il ne faut pas se focaliser sur la balance commerciale »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste estime que pour améliorer la situation économique de la France, mieux vaut se concentrer sur le déficit budgétaire et les effets destructeurs de la fiscalité et des réglementations.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 14h00
    |

                            Pascal Salin (Professeur honoraire à l'Université Paris-Dauphine)








                        



                                


                            
Tribune. Le solde de la balance commerciale française continue à être largement négatif, comme l’indiquent les chiffres du premier semestre 2018. Il est généralement admis qu’un déficit commercial est regrettable, alors qu’un excédent serait souhaitable. Tout d’abord, un excédent commercial suggère que les produits français sont appréciés à l’extérieur par rapport aux produits étrangers et, bien sûr, qu’un déficit représente la situation inverse.
on est souvent plus ou moins implicitement inspiré par l’idée keynésienne selon laquelle on améliore la situation économique d’un pays en augmentant la demande globale
Par ailleurs, on est souvent plus ou moins implicitement inspiré par l’idée keynésienne selon laquelle on améliore la situation économique d’un pays en augmentant la demande globale, par exemple en dégageant un excédent commercial. Mais d’autres critères doivent en réalité être utilisés pour porter un jugement sur la situation économique de la France. Il est utile pour cela de faire une comparaison avec la situation d’un individu.
Prenons le cas d’une personne qui dispose chaque année d’un certain montant de ressources réelles du fait de ses efforts productifs : il vend ses services de travail ou les produits qu’il a fabriqués et, en échange, il achète d’autres produits qui lui permettent d’accroître ses satisfactions. L’échange est nécessairement producteur de valeur subjective puisque ce qu’un individu achète a, pour lui, une valeur supérieure à la valeur de ce qu’il cède (sinon, en être rationnel, il ne ferait pas cet échange).
Préjugés
Ce qui est vrai pour un individu est vrai pour un ensemble d’individus, par exemple ceux qui constituent un pays. Ce qui est acheté par un ensemble d’individus a plus de valeur pour eux que ce qu’ils cèdent et c’est pourquoi, contrairement aux préjugés habituels, on devrait admettre logiquement que ce qui accroît le bien-être des habitants d’un pays ce n’est pas leurs exportations (c’est-à-dire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Alors que la France tablait sur 2,4 % de déficit l’an prochain, cette prévision de déficit va augmenter, du fait notamment d’un changement de traitement comptable de la SNCF.
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Economie française : le spectre des 3 % de déficit en 2019 ressurgit

Alors que la France tablait sur 2,4 % de déficit l’an prochain, cette prévision de déficit va augmenter, du fait notamment d’un changement de traitement comptable de la SNCF.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h41
    |

            Benoît Floc'h et 
Audrey Tonnelier








                        


C’est un élément dont le gouvernement et Emmanuel Macron se seraient bien passés. Selon les informations du Monde, le déficit public pourrait être proche des 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2019. Loin des objectifs envoyés par Bercy à la Commission européenne au printemps, et qui prévoyaient 2,4 % de déficit en 2019, après 2,3 % en 2018. Une difficulté pour la France qui a eu tant de mal à sortir de la procédure pour déficit excessif en le maintenant sous la barre des 3 % en 2017 et 2018.

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                Le déficit de la France est « dans les clous » des critères de Maastricht, pour la première fois en dix ans



Mais un communiqué de l’Insee, paru jeudi 6 septembre, vient tout remettre en cause. Selon l’institut de la statistique, le déficit qui va être notifié à Bruxelles début octobre sera finalement de 2,7 % au titre de 2017, et non plus de 2,6 % comme on le pensait jusqu’à présent – selon la procédure européenne, les pays font connaître leur déficit deux fois par an, en avril et en octobre. C’est donc 0,1 point de PIB en plus, soit environ deux milliards d’euros. L’Insee a également revu à la hausse le déficit pour 2016 (3,5 % au lieu de 3,4 %).
Mais ce n’est pas tout. Cette augmentation devrait aussi se reproduire en 2018 et 2019. En cause, une modification du traitement comptable de SNCF Réseau, l’entreprise qui gère l’infrastructure ferroviaire. Sans lien avec l’annonce, en mai, par l’exécutif d’une reprise de la dette SNCF, cette modification est due à « une harmonisation, au niveau européen, du statut comptable de SNCF Réseau », explique-t-on à l’Insee.
Eurostat et l’Insee sont en effet tombés d’accord sur le fait que l’entreprise doit être considérée comme une administration publique. En effet, ses coûts de production (investissements, intérêts de sa dette) sont en constante hausse alors que ses recettes marchandes (les péages) augmentent peu. Conséquence : les recettes marchandes représentent désormais moins de la moitié des coûts. Et, « à comptes identiques de SNCF Réseau, cela devrait se reproduire dans les prochaines années », indique un bon connaisseur du dossier. Autrement dit, sauf rétablissement exceptionnel de la situation financière de l’entreprise, cet élément est appelé à peser année après année sur les comptes de l’Etat.
Ce nouveau traitement comptable a également conduit à revoir à la hausse la dette publique française,qui a atteint 2 188 milliards d’euros fin 2016 (soit 98,2% du PIB) et 2.257 milliards d’euros fin 2017 (soit 98,5% du PIB, quand Bercy pensait avoir atteint 97% l’an dernier).
Dérapages
Au cabinet du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, on confirme que « la réintégration de ces éléments pèsera sur le déficit à hauteur de 0,1 point de PIB cette année et l’an prochain ». Mais, assure-t-on, les mesures annoncées fin août par le premier ministre dans Le Journal du dimanche (désindexation des prestations sociales, décalage de quatre points de la baisse de cotisations sur les salaires au smic…) visaient déjà à rectifier le tir. « Nous annoncerons le déficit 2019 la semaine prochaine », temporise-t-on à Bercy.
Une source gouvernementale relativise les conséquences de ces dérapages. « Si nous devions passer les 3 %, il ne faut pas oublier que le déficit ne sera en réalité que de 2 %, puisque la dépense exceptionnelle liée à la transformation du CICE [crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi] en baisse pérenne des charges représente près d’un point de PIB. Ensuite, nous nous défendrons devant la Commission européenne : ils ne peuvent pas nous demander de faire des réformes structurelles et nous le reprocher quand nous en faisons. Mais, de toute façon, la Commission sera politiquement un peu affaiblie en 2019, puisqu’en plein renouvellement… Mais si on est à 1,5 % de croissance économique en 2019, on passera les 3 % de déficit. »

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                Nouveau dérapage en vue pour la dépense publique en 2019



De fait, le ralentissement de la croissance économique ajoute une autre ombre au tableau. Attendue à 1,9 % pour 2019 dans le programme de stabilité envoyé à Bruxelles en avril, elle est désormais prévue à 1,7 % par le gouvernement. Qu’elle vienne à se tasser encore, et de nouvelles sources d’économies devraient être trouvées.
En tout état de cause, c’est un exercice d’équilibriste auquel Bercy est confronté. Ce que laissait déjà deviner M. Le Maire, fin août, évaluant le déficit 2018 autour de 2,6 %. Il avait également affirmé : « Notre objectif reste de tenir les 3 % en 2019. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.
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L’Europe face au clivage Macron-Orban

A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h45
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance), 
Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale), 
Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant), 
Jérôme Gautheret (Rome, correspondant), 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen), 
Isabelle Piquer (Madrid, correspondance), 
Thomas Wieder (Berlin, correspondant) et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

La guerre est donc déclarée. Enjeu : rien de moins que l’avenir de l’Europe. Les deux camps : Orban versus Macron. Le premier ministre hongrois ultraconservateur, héros des souverainistes et des antimigrants du Vieux Continent, face au président français libéral, chantre de l’approfondissement de l’Union européenne et « progressiste » autoproclamé.
Les hostilités ont été engagées lorsque Viktor Orban, venu rendre visite au ministre de l’intérieur d’extrême droite italien, Matteo Salvini, mardi 28 août, a fait d’Emmanuel Macron « le chef du parti des promigrants » en Europe et son adversaire majeur en vue des élections européennes de mai 2019. « S’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison », leur a répondu, dès le lendemain, le président français.
Les deux hommes veulent faire croire que tout les oppose en vue du scrutin européen. Le premier entend réduire l’Europe à une organisation intergouvernementale, qui se contenterait d’assurer la liberté de circulation, de fermer ses portes à toute immigration et de verser des fonds structurels. Le second veut au contraire créer de nouvelles agences communautaires, y compris la gestion de l’asile, créer un budget de la zone euro et cesser de payer pour les pays qui attentent à l’Etat de droit, comme la Hongrie de Viktor Orban. Pour atteindre leurs objectifs, les deux hommes ont besoin d’obtenir le maximum d’eurodéputés. Cliver leur permet de se distinguer pour mieux compter leurs alliés.

Côté Orban, Matteo Salvini fait figure de principal soutien. Le ministre de l’intérieur italien, chef de la Ligue (extrême droite), a promis à ses côtés « un tournant historique pour l’Europe ». Autre allié naturel, le Polonais Jaroslaw Kaczynski, chef de file du parti Droit et justice (PiS) au pouvoir. Celui-ci a tenu un discours remarqué lundi 3 septembre pour dénoncer « l’européanisme » quand il signifie « une obéissance aveugle à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Gérard Collomb a présenté un premier bilan de la sécurité en  2018. Si les atteintes aux biens sont en baisse, celles aux personnes sont en hausse.
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Délinquance : hausse des chiffres des violences faites aux femmes

Gérard Collomb a présenté un premier bilan de la sécurité en  2018. Si les atteintes aux biens sont en baisse, celles aux personnes sont en hausse.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 15h10
    |

            Nicolas Chapuis








                        


Puisque la tendance de la rentrée est à l’évaluation, Gérard Collomb a pris les devants pour présenter lui-même son propre bilan sécuritaire, jeudi 6 septembre, devant la presse. Le ministre de l’intérieur a donné les détails chiffrés de l’évolution de la délinquance depuis le 1er janvier. Une manière de brosser lui-même le tableau de son action Place Beauvau, alors qu’ont été mis en lumière ces dernières semaines des chiffres alarmants sur les violences aux personnes.
S’il reconnaît une augmentation générale des atteintes volontaires à l’intégrité physique de la personne (les AVIP en jargon policier) de l’ordre de 5,7 %, Gérard Collomb tient à nuancer ce chiffre, en soulignant que « le nombre de violences dites crapuleuses, celles qui sont commises à des fins d’appropriation ou de vol, diminue très nettement de plus de 8,8 %, soit une baisse de 5 000 faits environ en sept mois, ce qui représente environ vingt-cinq actes de violence de moins chaque jour », soit la plus forte baisse depuis dix ans.
En revanche, les coups et blessures volontaires progressent de 7,5 %, passant de 129 000 cas à 139 000. Les femmes sont les premières victimes, souvent au sein de la sphère familiale. Elles représentent 6 000 cas sur les 8 000 nouveaux faits enregistrés dans ce cadre.
Les violences de nature sexuelle suivent une courbe encore plus préoccupante avec une progression de 23,1 % sur les sept premiers mois de 2018, par rapport à la même période en 2017 qui marquait déjà un pic. Les forces de l’ordre ont traité 3 357 faits de harcèlement sexuel de plus en un an.

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                Les violences contre les femmes restent mal prises en charge



Si le mouvement de libération de la parole des femmes depuis l’automne 2017, qui a pu pousser certaines victimes à porter plainte alors qu’elles ne l’auraient pas fait auparavant, peut expliquer une partie de ces chiffres, la tendance n’en reste pas moins inquiétante. Le ministère de l’intérieur a prévu de lancer en octobre « une plate-forme de signalement des violences sexuelles et sexistes » afin de faciliter le dépôt des plaintes.
Un taux d’élucidation qui s’améliore
En revanche, Gérard Collomb se félicite de la diminution des atteintes aux biens : – 3,9 % sur les sept premiers mois de l’année, avec 48 000 faits de moins, qui concerne notamment les vols avec violences (– 8,8 %), les vols à main armée (– 17,7 %) et la délinquance liée à l’automobile (– 4,8 %). Les cambriolages connaissent leur plus forte baisse depuis dix ans : –6,2 % par rapport à 2017, au niveau national, même si un « point d’inquiétude » existe à Paris où ils progressent de 6,3 %. Enfin, les forces de l’ordre voient leur taux d’élucidation s’améliorer légèrement, notamment sur les vols à main armée (+ 10 points).
Pour le ministre de l’intérieur, la mobilisation de la police et de la gendarmerie a déjà des conséquences économiques avec « un tourisme qui a renoué fortement avec la croissance ». Il y voit les effets de la loi antiterroriste votée en 2017, qui a transposé une partie de l’état d’urgence dans le droit ordinaire : « On a pu le vérifier cette année et particulièrement à Paris. Oui, les touristes américains ou asiatiques à qui leurs agences de voyage avaient l’an dernier déconseillé la destination France, sont aujourd’hui revenus. On voit que cette loi qui avait été beaucoup décriée, nous permet au contraire, parce qu’elle assure la sécurité, de redonner une confiance à tous. »
Ce bilan était l’occasion de dépeindre une police et une gendarmerie au plus près du terrain, notamment pour sécuriser la rentrée des classes. « Ce sont 23 000 policiers et gendarmes, dont 3 000 réservistes, qui ont été engagés aux abords de nos écoles », a rappelé Gérard Collomb, qui a aussi annoncé la tenue « d’un état-major de sécurité spécifiquement consacré aux questions scolaires ». La question de « l’élaboration, site par site, d’un plan particulier de mise en sécurité » et de « l’organisation régulière d’exercices » y sera discutée. La menace d’un nouvel attentat en milieu scolaire, après celui perpétré par Mohammed Merah en 2012, reste l’une des plus grandes préoccupations des forces de sécurité.
Vœu pieux
Le ministre de l’intérieur a également vanté les mérites de sa police de sécurité du quotidien, dont les acteurs peinent à voir aujourd’hui les effets sur le terrain. Au ministère, on espère que les effectifs issus de la prochaine promotion de l’école de police, qui sera opérationnelle fin septembre, permettront de donner un coup de fouet et une visibilité au dispositif. L’accent est aussi mis sur les investissements importants pour l’équipement numérique des forces de l’ordre, avec le déploiement de tablettes et de caméras-piétons. Et le ministre d’assurer comme un vœu pieux qu’il sortira gagnant des discussions budgétaires au Parlement : « Dans les semaines à venir, vous verrez également, dans le cadre du projet de loi de finances que les moyens seront au rendez-vous. »
Le message est autant destiné à ses troupes, inquiètes de leurs futures dotations budgétaires, qu’à ses contempteurs. Car si le gouvernement a vacillé en cette rentrée mouvementée, dans la foulée de la démission de Nicolas Hulot, le ministre de l’intérieur n’a pas été épargné par l’agitation ambiante autour de ce remaniement involontaire. Sa gestion controversée de l’affaire Benalla, où il est apparu comme un ministre de l’intérieur mal informé, ce qui n’est jamais souhaitable Place Beauvau, a fragilisé sa position.
Des rumeurs ont également couru sur ses envies de retour à Lyon, lui qui n’a jamais vraiment quitté des yeux la cité rhodanienne, dont il fut maire entre 2001 et 2017. En donnant l’image d’un ministre à la manœuvre en cette rentrée et en détaillant « les priorités d’action qui guideront le ministère de l’intérieur jusqu’à la fin de l’année », Gérard Collomb ferme le ban. En tout cas pour quelques mois.

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                Les contrôles de police n’ont pas d’incidence sur la délinquance, selon une étude anglaise






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le chef de cabinet d’Emmanuel Macron, François-Xavier Lauch, sera auditionné mercredi 12 septembre.
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Affaire Benalla : la commission d’enquête sénatoriale reprendra la semaine prochaine

Le chef de cabinet d’Emmanuel Macron, François-Xavier Lauch, sera auditionné mercredi 12 septembre.



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 |    06.09.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 18h17
   





                        



   


C’est le retour de l’affaire Benalla. Après une pause estivale, la commission d’enquête sénatoriale va reprendre ses auditions la semaine prochaine, a annoncé son président, le sénateur Philippe Bas, dans une interview au Figaro, jeudi 6 septembre.
Le chef de cabinet d’Emmanuel Macron, François-Xavier Lauch, sera auditionné mercredi 12 septembre. La commission des lois du Sénat, dotée des prérogatives d’une commission d’enquête, a également prévu le même jour l’audition du général Eric Bio-Farina, commandant militaire de la présidence de la République, et de Maxence Creusat, commissaire de police à la direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris.
M. Bas a également affirmé qu’il n’exclut pas d’entendre le principal protagoniste de cette affaire, Alexandre Benalla, qui est accusé de violences lors des manifestations du 1er mai à Paris. « On verra dans une dizaine de jours, on a déjà un calendrier chargé à partir de la semaine prochaine », a expliqué M. Bas jeudi sur LCI. Celui-ci ne croit pas à la « thèse officielle », selon laquelle M. Benalla était « un employé qui se consacrait uniquement à une fonction d’organisation sans prendre part à la protection du président ».
Depuis les premières révélations du Monde, à la mi-juillet, M. Benalla a été mis en examen pour « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique », « port public et sans droit d’insignes réglementés », « recel de détournement d’images issues de la vidéoprotection » et « recel de violation du secret professionnel ».

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Philippe Bas regrette le manque de « transparence »
Après les premières auditions réalisées par la commission en juillet, « il apparaît vraisemblable, malgré les dénégations, que M. Benalla a rempli une fonction de protection personnelle du chef de l’Etat, alors que, dans nos institutions, c’est la responsabilité d’un service de l’Etat », a-t-il également dit dans Le Figaro. Or, la protection du président « ne peut reposer sur un arrangement privé », car « face au risque terroriste, il en va de la personne du président, mais aussi de la continuité de l’Etat et de la stabilité de nos institutions ».
M. Bas regrette, par ailleurs, un manque de transparence de la part de l’Elysée. Il regrette ainsi que la commission n’ait « toujours pas la fiche de poste et le salaire de M. Benalla ». « La transparence ne saurait être à géométrie variable », clame-t-il :
« Cette information relève du secret de la défense nationale ? Est-ce que la rendre publique met en péril des institutions ? Savoir exactement ce que M. Benalla faisait à l’Elysée n’est pas une exigence disproportionnée. »
Si le Sénat poursuit ses auditions, qui prendront encore plusieurs mois, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale avait fini par imploser, début août, après seulement quatre jours d’auditions. En cause : le désaccord entre la majorité et l’opposition sur la liste des personnes à entendre. Là où les oppositions ont vu une « obstruction » de la part de la majorité, celle-ci a jugé « inutile » de poursuivre des auditions pour des actes correspondant à « des dérives individuelles ». A la fin du mois de de juillet, le corapporteur de la commission d’enquête, le député LR Guillaume Larrivé, avait fini par claquer la porte, jugeant que cette commission était devenue « une parodie ».

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Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit de l’ascension mystérieuse de cet homme.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés de l’affaire ?Que s’est-il passé précisément place de la Contrescarpe ? Retour sur le déroulé des événements.A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et le gouvernement a dû faire face à deux motions de censure de l’opposition, toutes deux rejetées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés, dans un discours que nous avons décrypté point par point.Affaire d’Etat ou non ? Oui, car il y a eu dissimulation estiment certains ; non, car l’Etat n’as pas commis d’acte délictueux, avancent d’autres.Les auditions des gardes à vue de M. Benalla et des quatre autres personnes mises en examen ont permis d’éclairer les faits qui leur sont reprochés.Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Une rumeur voudrait qu’un ministre touche une retraite confortable à vie. Elle est fausse : la loi est très stricte et se résume à une indemnité de 3 mois.
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Non, deux ministres n’ont pas démissionné après 16 mois « pour toucher une retraite à vie »

Une rumeur voudrait qu’un ministre touche une retraite confortable à vie. Elle est fausse : la loi est très stricte et se résume à une indemnité de 3 mois.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h36
    |

            Pierre Breteau








                        


Nicolas Hulot et Laura Flessel ont quitté le gouvernement après un peu plus d’un an en poste, l’un au ministère de la transition écologique et solidaire, l’autre au ministère des sports. Tout sauf une coïncidence, selon quelques limiers des réseaux sociaux, qui ont profité de ces démissions pour ressortir de vieilles rumeurs.

   


Mais ces calculs sont tout simplement faux. Comme leurs prédécesseurs, les conditions financières dans lesquelles Laura Flessel ou Nicolas Hulot quittent leurs fonctions sont encadrées par la loi.
On sait qu’un ancien président de la République touche 6 200 euros brut par mois de retraite dès 60 ans, sans condition de cotisation, en plus des 14 000 euros de sa fonction de membre du Conseil constitutionnel à vie. Mais lorsqu’on est ministre, on reste rarement cinq ans en poste comme le chef de l’Etat. Alors à quelles conditions quitte-t-on son maroquin ?
Pas de retraite, mais trois mois de traitement
Une ordonnance de 1958, modifiée en 2013, ne laisse pas de place à l’imagination quant à la « retraite » des ministres : le ou la jeune retraité·e « perçoit une indemnité d’un montant égal au traitement qui lui était alloué en sa qualité de membre du gouvernement ».
Et cette indemnité est « versée pendant trois mois », mais attention, à condition que « l’intéressé n’ait repris auparavant une activité rémunérée ».
Le traitement d’un ministre est, depuis le décret du 17 mai 2012, de 9 940 euros brut (contre 14 200 euros auparavant), soit environ 7 630 euros net. Pour les trois mois d’indemnité, ce montant est d’environ 23 000 euros net en tout ; on est loin d’une retraite dorée.
Plus de logement, ni de chauffeur ni même de protection policière
Dans le cadre de leurs fonctions au ministère, s’ils ne possèdent pas de logement à Paris et que le ministère ne peut pas les loger, les membres du gouvernement ont droit à un logement de fonction. Néanmoins, cet avantage prend fin à la minute où ils cèdent leur maroquin et, depuis l’affaire Gaymard (et son duplex de fonction de 600 m²), la superficie de ce logement ne peut excéder 80 m².
Une ancienne ou un ancien ministre peut également, mais cela n’a rien d’automatique, bénéficier d’une protection policière. Cette décision revient au ministre de l’intérieur en fonction, au cas par cas, mais l’usage veut que ceux qui ont occupé des fonctions régaliennes (justice, intérieur, défense, affaires étrangères) se voient proposer une protection policière.

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Le « modèle lyonnais » pour réformer les métropoles

L’exécutif n’aurait plus l’intention de supprimer les départements, mais réfléchirait plutôt à une fusion des compétences dans le périmètre de l’ère métropolitaine



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h17
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
La rencontre a discrètement eu lieu à l’Elysée, mercredi 1er août, alors qu’elle n’était pas inscrite à l’agenda officiel du président de la République. Emmanuel Macron avait invité cinq présidents de métropole : Damien Castelain (Lille), Alain Juppé (Bordeaux), Jean-Luc Moudenc (Toulouse), Johanna Rolland (Nantes) et Christian Estrosi (Nice-Côte d’Azur). Etaient également présents les ministres de l’intérieur, Gérard Collomb, et de la cohésion des territoires, Jacques Mézard.

Avant de pousser les feux sur le dossier des métropoles, le chef de l’Etat souhaitait prendre le pouls des principaux intéressés. Lors de la campagne présidentielle, il avait défendu l’idée d’une suppression des départements dans les zones structurées par une métropole, au nombre de vingt-deux depuis la loi NOTRe du 7 août 2015, complétée par celle sur le statut de Paris et l’aménagement métropolitain du 28 février 2017. Fin janvier, à l’occasion d’une rencontre avec des députés de la commission du développement durable, il avait laissé entrevoir une révision à la baisse de ses objectifs.
Pas question d’y aller à marche forcée
Le format de la réunion du 1er août donne une indication sur l’évolution de ce processus dans l’esprit de M. Macron. Comme il l’a expliqué à ses interlocuteurs, seules seraient concernées les métropoles de plus de 500 000 habitants, ce qui exclut Rouen et Strasbourg, qui frôlent ce seuil. Et c’est désormais le « modèle lyonnais » qui a les faveurs du chef de l’Etat. Il n’est plus question de disparition du département mais de fusion des compétences dans le périmètre de l’ère métropolitaine. Quant aux métropoles du Grand Paris et d’Aix-Marseille-Provence, elles feraient l’objet d’un traitement à part.
Si le président de la République redonne une impulsion au dossier des métropoles – quitte à braquer les élus départementaux –, c’est parce qu’il est profondément convaincu qu’il faut aller dans cette direction. Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Après l’échec cet été de la conférence nationale, le dialogue reprend avec les trois associations d’élus.
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Macron et les territoires, la guerre larvée

Après l’échec cet été de la conférence nationale, le dialogue reprend avec les trois associations d’élus.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 11h24
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
La dernière conférence nationale des territoires (CNT), le 12 juillet, avait sanctionné un sévère échec pour le gouvernement. Boycottée par les trois principales associations d’élus locaux – l’Association des maires de France (AMF), l’Assemblée des départements de France (ADF) et Régions de France –, elle s’était finalement résumée à un simple colloque au cours duquel le premier ministre, Edouard Philippe, avait délivré un discours sans passion ni perspectives. Un an après la première CNT lancée par Emmanuel Macron, lors de laquelle le président de la République avait plaidé pour un « pacte girondin », le dialogue entre l’exécutif et les élus locaux tournait court.
Une situation dont chacun s’accorde à reconnaître qu’elle ne peut s’éterniser. Trop de dossiers sensibles sont sur la table pour se murer dans une guerre de position. Pendant l’été, les contacts n’ont pas été totalement rompus. « Tout le monde veut préparer la paix, estime un des principaux acteurs du dossier. Sauf que ce n’est pas à n’importe quel prix. » Les trois grandes associations semblent avoir fait leur l’adage « si vis pacem, para bellum » (« si tu veux la paix, prépare la guerre »). Elles fourbissent leurs armes dans la perspective d’une nouvelle démonstration commune sur le thème de la défense des libertés locales, à laquelle s’associera également le président du Sénat, Gérard Larcher, le 26 septembre, à la veille du congrès des régions qui se tiendra à Marseille. Une première étape avant le congrès des départements début novembre et celui des maires du 19 au 21 novembre.
Rupture sur le plan humain
Avant ces échéances, de discrètes approches ont été menées pour tenter, si ce n’est d’aplanir les sujets de contentieux, au moins d’amorcer la pompe. Le président des Régions de France, Hervé Morin, a rencontré, mardi 4 septembre, Place Beauvau, Gérard Collomb. Le ministre de l’intérieur a également reçu ou va recevoir les présidents des autres associations....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Erik Tegnér, candidat à la présidence des Jeunes républicains qui prône l’union des droites, organisait une soirée dans le 5e arrondissement de Paris, mardi.
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Quand la droite « hors les murs » fait un tour en péniche

Erik Tegnér, candidat à la présidence des Jeunes républicains qui prône l’union des droites, organisait une soirée dans le 5e arrondissement de Paris, mardi.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 11h35
    |

            Olivier Faye








                        


Jacques Duchemin, « historien » de 86 ans, tient à la main un article qu’il a découpé dans Valeurs actuelles. « C’est vraiment un de mes magazines préférés », dit-il. Le vieil homme a lu dans les pages de l’hebdomadaire qu’un militant du parti Les Républicains (LR), Erik Tegnér, organisait, mercredi 5 septembre, une soirée dans le 5e arrondissement de Paris pour lancer sa campagne en vue de devenir président des Jeunes républicains. Son mantra : unir les droites, de LR au Rassemblement national (ex-FN), en passant par le parti Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan. Jacques Duchemin n’est pas jeune, et il n’est pas militant LR non plus, mais l’idée lui plaît : « Quand j’ai vu l’article, je me suis dit que j’allais essayer d’y passer. »
Un peu plus de 200 personnes ont suivi le même chemin, et se sont rendues sur la péniche où le militant de 24 ans a donné rendez-vous. Tireuses à bière, musique de bar lounge, cathédrale Notre-Dame en arrière-plan, logo soigné, nombreux journalistes présents… Les gros moyens sont de sortie. « Cela nous a coûté entre 5 000 et 10 000 euros », assure le directeur de campagne d’Erik Tegnér, qui refuse de se montrer plus précis. Cet argent, ils l’ont trouvé, dit-il, auprès « de généreux donateurs, de tous les bords ». Le panel des invités, lui, est un camaïeu des droites extrêmes, entre le député RN du Nord Sébastien Chenu, l’ancien conseiller de Marine Le Pen Paul-Marie Coûteaux, ou encore l’ex-ministre de la défense Charles Millon, qui travaille depuis vingt ans à tenter d’abattre les murs entre droite et extrême droite.
Coterie
Nicolas Dupont-Aignan – soutien de Mme Le Pen au second tour de la présidentielle en 2017 – a aussi fait le déplacement pour défendre cette idée d’union. « C’est un long chemin, mais c’est le seul possible pour créer une alternative au mirage Macron », plaide le député de l’Essonne. Le rendez-vous n’est clairement pas un événement LR : il tient plus de la coterie de la droite hors les murs, ce courant de pensée identitaire qui se languit du retour éventuel en politique de Marion Maréchal. On croise sur la péniche des proches de l’ancienne députée FN du Vaucluse, ou encore le directeur de l’Institut de formation politique, cette école de toutes les droites dont la jeune femme s’est inspirée pour lancer son propre institut, à Lyon.
Un seul élu LR, adjoint à la mairie de Clichy (Hauts-de-Seine), a fait le déplacement. Le parti de la rue de Vaugirard ne soutient pas l’idée d’une alliance avec l’extrême droite. Son président, Laurent Wauquiez, n’entend pas sévir pour autant contre Erik Tegnér. « Je ne fonctionne pas par l’exclusion et l’anathème, a-t-il déclaré sur RTL, le 28 août. Il y a des débats et les adhérents des Républicains tranchent. »
Le scrutin pour élire le président des Jeunes républicains doit en théorie avoir lieu le 13 octobre, mais aucun guide électoral n’a pour l’heure été publié. Un rapport devait être remis, jeudi, à M. Wauquiez, pour l’éclairer dans son projet de refonte du mouvement. Les conditions pour pouvoir se présenter pourraient être précisées à l’issue du prochain bureau politique du parti, le 18 septembre. Selon plusieurs sources, deux militants proches du patron de LR, Aurane Reihanian et Omar Ben Abderahmen, tiennent la corde pour grimper sur le fauteuil de président des jeunes. « Ce sont les deux qui se détachent. Tegnér, il ne représente pas grand-chose à part lui-même », tranche un wauquiéziste.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Le député Gilles Carrez remet jeudi au premier ministre son rapport sur les moyens de la Société du Grand Paris, à la veille d’un conseil de surveillance tendu.
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Ressources accrues et remous politiques pour le métro du Grand Paris

Le député Gilles Carrez remet jeudi au premier ministre son rapport sur les moyens de la Société du Grand Paris, à la veille d’un conseil de surveillance tendu.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 09h15
    |

            Grégoire Allix








                        


Pour le futur métro du Grand Paris, c’est un rapport à 250 millions d’euros par an. Le député (LR) du Val-de-Marne Gilles Carrez devait remettre, jeudi 6 septembre, au premier ministre, Edouard Philippe, ses propositions pour renforcer les moyens de la Société du Grand Paris (SGP), chargée de réaliser 200 km de métro essentiellement en sous-sol, 7 centres techniques et 68 gares. Initialement prévue début juillet, cette présentation avait été décalée par Matignon pour des raisons d’agenda. Mais si ces propositions sont susceptibles de sortir le Grand Paris Express de son ornière financière, elles ne règlent pas la crise ouverte entre les collectivités locales franciliennes et l’Etat au sujet de ce métro.
Le diagnostic est connu. Le coût prévisionnel du Grand Paris Express a été réévalué à 35 milliards d’euros en 2017, alors même qu’il était censé s’élever à 25 milliards en 2013. « Il faut trouver 200 à 250 millions d’euros de recettes supplémentaires chaque année pour gager ces 10 milliards d’emprunt en plus et finir de rembourser la dette en 2070 », résume le député.
Pour se financer, la SGP perçoit actuellement quelque 500 millions d’euros par an de ressources propres, issues principalement de trois taxes payées par les entreprises d’Ile-de-France : la taxe sur les bureaux et les locaux commerciaux, la taxe spéciale d’équipement et l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau.
« On peut jouer sur les curseurs »
L’ordonnance du docteur Carrez n’a pas changé durant l’été. Il propose de trouver 150 millions d’euros supplémentaires grâce à une révision de la taxe sur les bureaux, en majorant de 10 % son taux à Paris, en mettant fin à certaines exemptions et en y incluant les parkings. Il suggère aussi « d’actualiser » la taxe spéciale d’équipement pour faire rentrer 40 à 50 millions d’euros en plus, et de majorer de 30 %, au profit de la SGP, la taxe de séjour perçue par les communes, ce qui devrait dégager au moins 30 millions d’euros.

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                250 millions d’euros par an de taxes en plus pour sécuriser le Grand Paris Express



« On peut jouer sur les curseurs, mais je ne vois pas comment on évitera de recourir à ces trois taxes, qui ont l’avantage d’être régionales et de ne pas affecter l’ensemble des contribuables, plaide M. Carrez. Il y a urgence, je verrai jeudi si le premier ministre est prêt à inscrire ces dispositifs dans le projet de loi de finances pour 2019. » 
Le député présentera dès vendredi ses propositions au conseil de surveillance de la SGP, dans un climat tendu. La réunion, décalée à plusieurs reprises, doit permettre l’élection d’un président, après le départ de Jean-Yves Le Bouillonnec, l’ex-maire (PS) de Cachan (Val-de-Marne). Une élection sur fond de guerre ouverte entre les élus des départements et l’Etat, depuis que le gouvernement a décidé de retarder la mise en service de plusieurs lignes du futur métro. « C’est un scandale colossal. On nous a caché 10 milliards d’euros de dérapage et menti sur le calendrier », tonne le président (LR) du conseil départemental des Yvelines, Pierre Bédier.

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                Grand Paris Express  : le gouvernement fixe le nouveau calendrier du chantier



Le conseil de surveillance est composé de onze représentants de l’Etat et dix des collectivités locales (la présidente du conseil régional, la maire de Paris, les sept présidents de départements franciliens et un élu local choisi par le gouvernement). Patrick Braouezec, président (PCF) de Plaine Commune (Seine-Saint-Denis), a été nommé par décret le 13 juillet au fauteuil de M. Le Bouillonnec. Jusqu’ici, la présidence a toujours été occupée par un candidat unique : l’élu nommé par l’Etat. De fait, M. Braouezec est candidat et devrait, arithmétiquement, l’emporter.
Mais, pour la première fois, les présidents des départements ont décidé, pour marquer leur défiance, de briguer le poste. Pierre Bédier a déclaré sa candidature, au nom de ses six collègues et de « tous les élus », par un courrier envoyé à Matignon fin juin. « L’Etat nous a promis de la transparence, eh bien ça démarre mal, estime M. Bédier. Patrick Braouezec est l’instrument d’un Etat qui pratique l’opacité. » 

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Le scrutin de vendredi promet donc d’être animé… au risque de compliquer la mission de Gilles Carrez. « Si on veut nous imposer ne serait-ce qu’un euro de fiscalité supplémentaire en Ile-de-France en continuant à nous considérer comme une chambre d’enregistrement, on va nous entendre », promet M. Bédier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ L’adjoint communiste chargé du logement à la Mairie de Paris demande l’interdiction de la location d’appartement entier dans les quatre premiers arrondissements.
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Ian Brossat souhaite l’encadrement d’Airbnb dans le centre de la capitale

L’adjoint communiste chargé du logement à la Mairie de Paris demande l’interdiction de la location d’appartement entier dans les quatre premiers arrondissements.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 08h05
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 12h10
   





                        



   


Ian Brossat, maire adjoint chargé du logement à la Mairie de Paris, demande jeudi 6 septembre aux législateurs d’interdire les locations d’appartement entier via Airbnb dans quatre arrondissements touristiques du centre, et la fin des résidences secondaires dans la capitale. « Un logement sur quatre ne sert plus à loger des Parisiens », s’alarme l’élu parisien, chef de file du PCF aux élections européennes.
Pour Ian Brossat, « si on ne fait rien dans le centre, il n’y aura plus d’habitants : comme sur l’île Saint-Louis, on va finir par avoir un nombre d’habitants en déclin, des commerces de bouche transformés en boutique de fringues ou de souvenirs », prévient-il. « On sera dans un musée à ciel ouvert ! »
En guerre depuis plusieurs années contre le géant américain, l’élu propose dans un entretien à l’Agence France-Presse et au Parisien d’« interdire la location d’appartements entiers via Airbnb dans les quatre premiers arrondissements parisiens (1er, 2e, 3 et 4e) », situés à proximité de Notre-Dame-de-Paris, du Louvre ou de l’Opéra.

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Interdiction des résidences secondaires
« Depuis cinq ans, nous constatons une perte sèche de 20 000 logements, principalement dans les arrondissements du centre de Paris », rappelle M. Brossat, qui s’interroge : « Est-ce qu’on veut que Paris soit une ville accessible aux classes moyennes ou une cour de récréation pour des milliardaires saoudiens ou américains ? ».
« Un Parisien sur cinq utilise aujourd’hui Airbnb pour améliorer ses revenus et faire face au coût de la vie », se défend dans un communiqué transmis à l’AFP la société, qui accuse l’élu d’« offrir une nouvelle tribune aux arguments de lobbies hôteliers ».
Autre constat : en 2014, selon l’Insee, Paris comptait « environ 107 000 logements secondaires sur 1,1 million de logements à Paris », rappelle l’élu, qui demande également aux législateurs d’« interdire l’achat de résidence secondaire à Paris ». Mais ces mesures supposent un changement législatif, qu’il espère voir adopter lors des débats sur la loi logement Elan, à l’automne.
Ses propositions « n’engagent pas la maire de Paris, Anne Hidalgo », qui a déjà fait voter des mesures restrictives pour les locations d’appartement à Paris (limitées à 120 jours par an et par logement, et obligation d’avoir un numéro d’enregistrement), assure l’élu, auteur d’un roman intitulé Airbnb, la ville ubérisée.
Dix ans après sa naissance, Airbnb, société avare en informations financières mais estimée à 31 milliards de dollars, selon un calcul réalisé à l’occasion d’une levée de fonds au printemps 2017, propose près de 5 millions de logements, dans 81 000 villes de près de 200 pays. Avec 60 000 logements à louer, Paris représente son premier marché.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Richard Ferrand, Barbara Pompili, Philippe Folliot et Cendra Motin, quatre députés de La République en marche, ont déposé leur candidature. Après avoir proposé la sienne, Yaël Braun-Pivet s’est retirée jeudi après-midi.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/09/2018
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Qui succédera à François de Rugy à la présidence de l’Assemblée nationale ?

Richard Ferrand, Barbara Pompili, Philippe Folliot et Cendra Motin, quatre députés de La République en marche, ont déposé leur candidature. Après avoir proposé la sienne, Yaël Braun-Pivet s’est retirée jeudi après-midi.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 15h46
    |

                            Le Monde.fr








                        


Les députés s’apprêtent à faire leur rentrée à l’Assemblée nationale, le 12 septembre, mais ils n’ont plus de président. Le perchoir a été libéré par François de Rugy, nommé mardi 4 septembre au ministère de la transition écologique et solidaire, en remplacement de Nicolas Hulot. Resté à peine plus d’un an à la présidence de l’Assemblée nationale, l’élu de la Loire-Atlantique n’y a pas fait l’unanimité, que ce soit sur les bancs de l’opposition ou sur ceux de la majorité.

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Pour son successeur au Palais-Bourbon, les chantiers sont nombreux : transformation de l’Assemblée nationale ; gestion avec l’exécutif de l’agenda parlementaire, surchargé ; apaisement des relations avec les autres groupes politiques… Son nom sera connu mercredi 12 septembre à l’issue d’un vote de l’ensemble des députés.
Le parti majoritaire à l’Assemblée, La République en marche (LRM), désignera son candidat dès lundi 10 septembre lors d’un vote interne à bulletin secret organisé dans le cadre d’un séminaire de rentrée à Tours. Les postulants avaient jusqu’à mercredi 5 septembre minuit pour se faire connaître. Voici leurs portraits.
Richard Ferrand, le favori

   


Parlementaire expérimenté, proche d’Emmanuel Macron, président du groupe majoritaire depuis plus d’un an, Richard Ferrand est le grand favori de cette élection. Il s’est porté candidat mardi, quelques heures après l’annonce de la nomination de François de Rugy au gouvernement, au cours d’une réunion du bureau du groupe LRM.
Elu pour la première fois à l’Assemblée nationale en 2012 sous l’étiquette du Parti socialiste (PS), Richard Ferrand a été réélu dans sa circonscription du Finistère en 2017 sous la bannière LRM. Il est l’un des premiers à avoir rejoint Emmanuel Macron, lorsque celui-ci était encore ministre de l’économie.
M. Ferrand a aussi fait partie du premier gouvernement d’Edouard Philippe, en tant que ministre de la cohésion des territoires. Mais l’expérience a tourné court. Mis en cause dans une affaire immobilière liée aux Mutuelles de Bretagne, qu’il a dirigées (1998-2012), l’élu de 56 ans est affecté un mois après sa nomination au poste de président du groupe LRM à l’Assemblée nationale.

        L’affaire Richard Ferrand
         

          résumée en cinq points



Alors que l’affaire est toujours en cours — une information judiciaire pour prise illégale d’intérêts a été ouverte en janvier et délocalisée à Lille durant l’été —, l’exécutif prendrait le risque de placer à la présidence du Palais-Bourbon un homme sous la menace d’une possible mise en examen. Dans une interview à Franceinfo, le président d’Anticor, Jean-Christophe Picard — l’association a déposé plainte contre M. Ferrand dans cette affaire —, déclare qu’une élection du député du Finistère serait « un très mauvais signal envoyé à la moralisation de la vie politique ».

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M. Ferrand a, par ailleurs, été régulièrement critiqué pour sa gestion du groupe majoritaire : trop distant, pas assez présent. Mais sa cote est remontée à l’occasion de l’affaire Benalla, en plein cœur de l’été. Beaucoup, au sein de la majorité, ont jugé l’ex-député socialiste « solide » au moment où le bateau macroniste tanguait sévèrement.
Barbara Pompili, l’outsider

   


Elle a attendu le dernier moment pour présenter sa candidature, mais elle s’est finalement lancée. Son souhait est qu’une femme soit élue au perchoir, ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire de la Ve République. Native du Pas-de-Calais, l’élue de 43 ans a fait l’essentiel de sa carrière professionnelle dans la vie politique, qui a débuté en 2002 à l’Assemblée en tant qu’assistante du député écologiste Yves Cochet.

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En 2012, grâce notamment aux accords conclus entre le PS et Europe Ecologie-les Verts (EELV), elle est élue députée de la Somme. Elle partage alors la présidence du groupe EELV avec François de Rugy. Après avoir quitté le parti, Mme Pompili entre au gouvernement de Manuel Valls en 2016 en tant que secrétaire d’Etat à la biodiversité.
Dès mars 2017, elle est la première au sein du gouvernement à annoncer son soutien à Emmanuel Macron. Sous l’étiquette LRM, elle est réélue largement dans sa circonscription de la Somme, puis désignée présidente de la commission du développement durable au Palais-Bourbon.
Cendra Motin, l’inconnue

   


C’est la moins connue des candidats au sein du groupe de LRM. Consultante en ressources humaines, députée de l’Isère, 43 ans, Cendra Motin a pourtant été vice-présidente de l’Assemblée nationale durant quelques mois, de juin à octobre 2017, et elle a été chargée d’une mission sur le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.
Comme Mme Braun-Pivet, Cendra Motin souhaite être la candidate symbolisant le renouvellement de l’appareil politique. « Richard Ferrand n’est pas identifié au renouveau en politique par nos concitoyens, a-t-elle regretté dans une interview au Journal du dimanche :
« La notoriété c’est bien, mais l’entre-soi, les Français n’en ont plus vraiment envie. Après, je sais que c’est aussi le choix du président de la République, qui a demandé à Richard Ferrand de prendre les rênes de l’Assemblée nationale. Yaël Braun-Pivet et moi, nous sommes dans la même démarche : rappeler aux Français qu’ils ont aussi élu des gens qui ne font pas de la politique comme avant et qui sont prêts à prendre des responsabilités. »
Philippe Folliot, l’invité de dernière minute

   


Défenseur d’une ligne centriste et membre de la commission de la défense nationale à l’Assemblée nationale, le député LRM du Tarn a présenté sa candidature mercredi soir. Philippe Folliot, député depuis 2002 et ancien membre de l’UDI, s’est rallié à Emmanuel Macron avant le premier tour de l’élection présidentielle. Il avait déjà présenté sa candidature au perchoir au sein du groupe LRM en juin 2017, mais il s’était incliné face à François de Rugy.
Dans sa profession de foi, M. Folliot, 55 ans, souhaite « poursuivre l’ambitieux travail engagé » à la présidence de l’Assemblée par le nouveau ministre de la transition écologique. Il explique ainsi qu’il souhaite « moderniser » l’Assemblée nationale, « renforcer le rôle du député et la qualité de son travail », « respecter [le] pluralisme » et « présider de manière accessible ».
Yaël Braun-Pivet, la candidate qui s’est finalement désistée

   


Après avoir annoncé sa candidature avant même le président du groupe LRM, dans un courriel envoyé à ses collègues mardi en début d’après-midi, la députée des Yvelines Yaël Braun-Pivet a annoncé son retrait, jeudi 6 septembre dans un communiqué, et son « choix personnel de voter pour Richard Ferrand ».

        Le portrait de Yaël Braun-Pivet,
         

          députée appréciée, mais présidente désavouée



« Ma candidature n’a jamais été celle d’une ambition personnelle, c’est celle d’une ambition pour notre Assemblée », dit-elle. Pourtant, quelques heures avant, sur RTL, Mme Braun-Pivet n’avait pas eu de mots assez durs envers… Richard Ferrand. Selon elle, la candidature du député du Finistère « n’est pas à la hauteur [du] mouvement [LRM] et des aspirations des Français au renouvellement ». « On ne peut pas lui contester sa volonté de renouveler les pratiques, mais il ne peut pas l’incarner », avait-elle lancé.
Et les autres partis ?

   


Même s’ils sont minoritaires, les autres groupes parlementaires peuvent présenter un candidat au perchoir. Mais jusqu’ici, seule La France insoumise en a désigné un. Ou plutôt une. Il s’agit de la députée du Val-de-Marne Mathilde Panot. Avec cette candidature, le groupe dirigé par Jean-Luc Mélenchon souhaite pousser les parlementaires, et notamment LRM, à élire une femme au perchoir.
« Il est temps d’élire une femme présidente de l’Assemblée nationale. Une femme parmi les quatre premières personnes de l’Etat ! Il est temps », a ainsi tweeté, mardi, le député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc Mélenchon. Sur son compte Twitter, Mme Panot écrit vouloir « représenter la voix du renouveau démocratique, social et écologiste à l’Assemblée ».
Chez Les Républicains, la vice-présidente de l’Assemblée, Annie Genevard, a annoncé jeudi sa candidature. Députée depuis 2012, secrétaire générale du parti Les Républicains, et selon qui « la première année de cette mandature et l’affaire Benalla ont révélé toute l’importance du Parlement », elle plaide pour « la revalorisation du Parlement, la reconsidération de son rôle ».
Dans un courriel aux députés LR, le président du groupe à l’Assemblée, Christian Jacob, confirme avoir demandé à Mme Genevard de se porter candidate, estimant que la présidence de M. de Rugy « aura été marquée par un affaiblissement sans précédent » de l’Assemblée et par « une dépendance, voire une soumission à l’exécutif, au mépris de la nécessaire séparation des pouvoirs ».



                            


                        

                        

