<FILE-date="2018/09/06/21">

<article-nb="2018/09/06/21-1">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Nommée en 2015, la directrice, qui était candidate à sa succession, n’a pas été reconduite à la tête de cette institution culturelle française à Rome.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Muriel Mayette-Holtz ne sera pas reconduite à la tête de la Villa Medicis

Nommée en 2015, la directrice, qui était candidate à sa succession, n’a pas été reconduite à la tête de cette institution culturelle française à Rome.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 18h34
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 18h49
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

Exit Muriel Mayette-Holtz à la tête de la Villa Medicis. Jeudi 6 septembre au matin, la pétulante comédienne annonçait sa non-reconduction aux équipes, après trois ans passés dans ce site prestigieux posé sur les hauteurs de Rome. Alors que son mandat devait prendre fin cette semaine, le ministère de la culture a, semble-t-il, attendu la dernière minute pour lui signaler son départ. Cela va-t-il enclencher une série de chaises musicales dans le monde de l’art ? Plusieurs postes, et pas des moindres, se trouvent en tout cas vacants : les Beaux-Arts de Paris, le musée d’art contemporain de Lyon, le CAPC de Bordeaux, et bientôt le Palais de Tokyo (le mandat de Jean de Loisy, son président, prend fin mi-2019, mais beaucoup annoncent un départ anticipé).
Cette conjoncture a sans doute joué dans la décision de la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Le bilan mitigé de Muriel Mayette-Holtz aussi. A l’été 2015, l’entrée en fonction de l’ancienne administratrice générale de la Comédie française avait déjà été mouvementée. Pourquoi une actrice à la tête de cette institution qui accueille avant tout plasticiens, musiciens, sculpteurs et écrivains ? Alors premier ministre, Manuel Valls s’était vu reprocher de privilégier l’épouse de l’un ses amis proches, le journaliste sportif Gérard Holtz.
Celle-ci avait cependant entamé son mandat à la tête de l’Académie de France à Rome avec un certain panache. Elle avait rapidement ouvert aux visiteurs le majestueux palais et ses jardins abrités par les pins, où elle avait organisé des expositions nocturnes. Elle avait lancé, aussi, des événements culturels hebdomadaires — i giovedi (« le jeudi ») —, qui accueillaient le tout-Rome, et mis l’accent, sous la direction artistique de la franco-italienne Chiara Parisi, sur la création des artistes femmes, dans le cycle Une, de grande qualité.
Griefs aussi nombreux que variés
Les choses se sont cependant vite gâtées, au dire de nombreux pensionnaires....




                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-2">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le 20 août, le « New York Times » rapportait que l’actrice aurait payé ce jeune acteur, qui souhaitait la poursuivre pour une agression sexuelle remontant à 2013.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Asia Argento affirme que c’est le jeune acteur qui l’a agressée sexuellement, et non l’inverse

Le 20 août, le « New York Times » rapportait que l’actrice aurait payé ce jeune acteur, qui souhaitait la poursuivre pour une agression sexuelle remontant à 2013.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 18h33
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 19h18
   





                        



   


Nouvelle version et nouvelles accusations, dans l’affaire qui oppose Asia Argento et Jimmy Bennett. L’actrice italienne, l’une des principales accusatrices du producteur déchu Harvey Weinstein et figure de proue du mouvement #metoo, elle-même accusée d’avoir agressé sexuellement le jeune acteur Jimmy Bennett, incrimine à son tour ce dernier.
Dans un communiqué de trois pages publié sur son site internet, son avocat affirme en effet que, « comme révélé par des textos publiés par [le site d’information people] TMZ, Asia a déclaré “le gamin surexcité m’a sauté dessus… J’ai couché avec lui, c’était étrange” », confirmant la teneur de ces messages qui ont été publiés dans la presse américaine. « Asia a choisi à l’époque de ne pas poursuivre Bennett pour l’avoir agressée sexuellement », précise encore le communiqué.

        Lire aussi :
         

                L’actrice Asia Argento, l’accusatrice accusée



« Protéger la réputation d’Asia »
Quid, alors, de l’importante somme d’argent – 380 000 dollars – versée à l’acteur ? L’avocat affirme que M. Bennett, ayant appris la relation l’année dernière entre Asia Argento et le chef cuisinier Anthony Bourdain – qui est mort au mois de juin –, aurait voulu soutirer de l’argent à ce dernier. C’est d’ailleurs le chef cuisinier, et non l’actrice, qui aurait accepté de payer M. Bennett pour « protéger la réputation d’Asia et la sienne » – ce qui prouve, toujours selon son avocat, que l’actrice n’a pas voulu acheter son silence avec un accord.
Le conseil affirme au passage que le versement de cette somme, n’a, d’une part pas intégralement été effectué – 250 000 dollars ont été versés par Anthony Bourdain avant sa mort –, et n’était, d’autre part, pas formellement conditionné au silence du jeune homme.
« Ces déclarations visent à intimider, humilier et insulter mon client », a réagi l’avocat de Jimmy Bennett, interrogé par TMZ.
Accord financier
Le 20 août, le New York Times affirmait qu’Asia Argento avait payé un jeune acteur qui souhaitait la poursuivre pour une agression sexuelle. Ces informations, obtenues de documents chiffrés, indiquent que Mme Argento aurait conclu un accord avec l’acteur américain Jimmy Bennett, selon lequel celui-ci s’engageait à ne pas la poursuivre judiciairement pour une agression remontant à 2013 – époque à laquelle il était mineur.
Au départ, Asia Argento avait nié « avoir jamais eu de relation sexuelle avec Bennett », avant d’expliquer lui avoir versé de l’argent dans le seul but de l’aider à un moment où il était en difficulté. De son côté, Jimmy Bennett avait réagi jeudi 23 août, affirmant ne pas avoir « parlé publiquement de cette histoire au début, car j’ai choisi de le faire en privé avec la personne qui m’a fait du tort. (…) Je ne pensais pas que les gens comprendraient ce qui s’est passé du point de vue d’un adolescent ».

        Lire aussi :
         

                Asia Argento accusée d’avoir payé un homme qui voulait la poursuivre pour agression sexuelle






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-3">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ La pièce, qui se tiendra à la Cartoucherie de Vincennes cet automne, avait été annulée en juillet sous la pression de minorités autochtones canadiennes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Malgré la polémique, Ariane Mnouchkine et Robert Lepage maintiennent finalement leur spectacle « Kanata »

La pièce, qui se tiendra à la Cartoucherie de Vincennes cet automne, avait été annulée en juillet sous la pression de minorités autochtones canadiennes.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 16h22
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 16h36
   





                        



   


Après avoir décidé, le 27 juillet, sous la pression de minorités autochtones canadiennes, d’annuler les représentations prévues de la pièce Kanata, qui devait être donnée cet automne à la Cartoucherie de Vincennes, Ariane Mnouchchkine, directrice de la troupe du Théâtre du Soleil, et Robert Lepage, metteur en scène québécois de la pièce, ont fait le choix de maintenir leur spectacle, qui sera présenté en décembre.

        Lire le récit :
         

          Robert Lepage annule « Kanata »



Dans un communiqué publié le 5 septembre et titré « Le ressaisissement », les deux artistes disent « ne pas vouloir céder aux tentatives d’intimidations idéologiques ». La pièce évoque les persécutions subies par les Indiens et les Amérindiens, victimes d’un déni de leur culture. « Notre invisibilité dans l’espace public, sur la scène, ne nous aide pas. Et cette invisibilité, Madame Mnouchkine et Monsieur Lepage ne semblent pas en tenir compte, car aucun membre de nos nations ne fera partie de la pièce », avaient dénoncé, dans une tribune publiée le 14 juillet dans Le Devoir, un collectif d’artistes et d’intellectuels canadiens.
Ariane Mnouchkine et Robert Lepage ont changé le nom de la pièce pour sa présentation dans le cadre du Festival d’automne. Ils l’ont renommée Kanata – Episode I – La Controverse. Le Théâtre du Soleil n’a pas précisé si, comme prévu initialement, la pièce serait aussi présentée plus tard au Canada.
Sur le Web : www.theatre-du-soleil.fr

Communiqué publié mercredi 5 septembre par le Théâtre du Soleil
« Le ressaisissement »
« Après avoir, comme ils l’avaient annoncé dans leur communiqué du 27 juillet, pris le temps de réfléchir, d’analyser, d’interroger et de s’interroger, Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil sont finalement arrivés à la conclusion que Kanata, le spectacle en cours de répétition, ne violait ni la loi du 29 juillet 1881 ni celle du 13 juillet 1990 ni les articles du Code pénal qui en découlent, en cela qu’il n’appelle ni à la haine, ni au sexisme, ni au racisme ni à l’antisémitisme ; qu’il ne fait l’apologie d’aucun crime de guerre ni ne conteste aucun crime contre l’humanité ; qu’il ne contient aucune expression outrageante, ni terme de mépris ni invective envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, ou une religion déterminée. Ne s’estimant assujetti qu’aux seules lois de la République votées par les représentants élus du peuple français et n’ayant pas, en l’occurrence, de raison de contester ces lois ou de revendiquer leur modification, n’étant donc pas obligé juridiquement ni surtout moralement de se soumettre à d’autres injonctions, même sincères, et encore moins de céder aux tentatives d’intimidation idéologique en forme d’articles culpabilisants, ou d’imprécations accusatrices, le plus souvent anonymes, sur les réseaux sociaux, le Théâtre du Soleil a décidé, en accord avec Robert Lepage, de poursuivre avec lui la création de leur spectacle et de le présenter au public aux dates prévues, sous le titre Kanata – Episode I — La Controverse. Une fois le spectacle visible et jugeable, libre alors à ses détracteurs de le critiquer âprement et d’appeler à la sanction suprême, c’est-à-dire à la désertification de la salle. Tous les artistes savent qu’ils sont faillibles et que leurs insuffisances artistiques seront toujours sévèrement notées. Ils l’acceptent depuis des millénaires. Mais après un déluge de procès d’intention tous plus insultants les uns que les autres, ils ne peuvent ni ne doivent accepter de se plier au verdict d’un jury multitudineux et autoproclamé qui, refusant obstinément d’examiner la seule et unique pièce à conviction qui compte c’est-à-dire l’oeuvre elle-même, la déclare nocive, culturellement blasphématoire, dépossédante, captieuse, vandalisante, vorace, politiquement pathologique, avant même qu’elle soit née. Cela dit, et sans renoncer à la liberté de création, principe inaliénable, le Théâtre du Soleil s’emploiera sans relâche à tenter de tisser les liens indispensables de la confiance et de l’estime réciproques avec les représentants des artistes autochtones, d’où qu’ils soient, déjà rencontrés ou pas encore. Artistes à qui nous adressons ici notre plus respectueux et espérant salut. »





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-4">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Programmée au Septembre musical, la formation hexagonale tient son rang dans le paysage d’excellence du festival suisse.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Montreux, l’Orchestre français des jeunes assure la relève

Programmée au Septembre musical, la formation hexagonale tient son rang dans le paysage d’excellence du festival suisse.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 15h55
    |

                            Marie-Aude Roux (Montreux (Suisse), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le 73e Septembre musical de Montreux marque la dernière édition de Tobias Richter, patron de la manifestation depuis 2005. En attendant la conclusion au zénith de ces quatorze années riches en événements avec les familiers du lieu, Martha Argerich et Charles Dutoit, l’Orchestre français des jeunes (OFJ) était programmé, mercredi 5 septembre, à l’auditorium Stravinski. Une formation, actuellement en résidence dans la région Hauts-de-France, qui a vu défiler depuis 1982 des centaines d’instrumentistes désireux de se former au métier de l’orchestre, sous la férule de chefs renommés, d’Emmanuel Krivine (qui a cumulé trois mandats en discontinu) à Marek Janowski, en passant par Jean-Claude Casadesus, David Zinman, Dennis Russell Davies et Jesus Lopez Cobos. Des noms qui en disent long sur le sérieux et l’ambition du projet.
Depuis 2017, c’est à la baguette talentueuse de Fabien Gabel qu’a été confié le destin annuel d’une centaine de jeunes issus des conservatoires français
Depuis 2017, c’est à la baguette talentueuse de Fabien Gabel qu’a été confié le destin annuel d’une centaine de jeunes majoritairement issus des conservatoires français, réunis deux fois par an, en été et en hiver, pour des sessions de travail. Commencée à la mi-août, la session d’été 2018, dont la tournée de concerts a débuté à Bucarest le 29 août, s’achèvera à Lille le 7 septembre. Au programme, une pièce pour orchestre du Canadien Samy Moussa (né en 1984), Crimson, commandée par Pierre Boulez en 2015 pour le Festival de Lucerne. Eclats de cuivres, longues tenues d’accords dissonants, hachurages percussifs, cordes en suspension, cette écriture explore avec intensité un monde sonore des profondeurs, des ténèbres épaisses traversées de traits fuligineux. Succès assuré pour la centaine de nos juvéniles « premiers de cordée ».
Bien que peu programmé, le Concerto pour violon n° 3, de Saint-Saëns, est passé un jour dans l’oreille de tout mélomane....




                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-5">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’artiste irlandaise, voix hors norme du groupe de rock irlandais, est morte le 15 janvier, dans un hôtel de Londres.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

La chanteuse des Cranberries, Dolores O’Riordan, est morte par noyade accidentelle

L’artiste irlandaise, voix hors norme du groupe de rock irlandais, est morte le 15 janvier, dans un hôtel de Londres.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h48
   





                        



   


La chanteuse emblématique du groupe de rock irlandais Cranberries, Dolores O’Riordan, est morte par noyade accidentielle en janvier, dans la baignoire de sa chambre d’hôtel, après une consommation excessive d’alcool, a établi jeudi 6 septembre un tribunal londonien. « Rien n’indique qu’il puisse s’agir d’autre chose qu’un accident », a déclaré la médecin légiste Shirley Radcliffe, lors d’une audience devant la Westminster Coroner’s Court.
Dolores O’Riordan est morte à 46 ans, le 15 janvier, dans un hôtel de Londres, où elle séjournait pour une courte session d’enregistrement d’une reprise de son tube Zombie, évoquant le conflit en Irlande du Nord. La police ne considérait pas sa mort comme suspecte.
La policière Natalie Smart, présente sur les lieux en janvier, a témoigné, lors de l’audience, avoir « vu Mme O’Riordan immergée dans la baignoire avec son nez et sa bouche totalement sous l’eau ». Des bouteilles d’alcool vides — cinq mignonnettes et une bouteille de champagne — ont été retrouvées dans la chambre, ainsi que des flacons de médicaments sur ordonnance contenant chacun un certain nombre de comprimés.

        Lire aussi :
         

                Dolores O’Riordan, « mater dolorosa » du rock irlandais et chanteuse des Cranberries, est morte



Voix hors norme
La chanteuse avait été diagnostiquée atteinte d’un trouble bipolaire, mais elle répondait bien à son traitement, selon l’enquête sur les causes de sa mort. Elle alternait périodes d’abstinence alcoolique et de consommation excessive. Des analyses toxicologiques ont révélé la présence de quantités « thérapeutiques » de ces médicaments dans le sang de la chanteuse mais un taux d’alcool plus de quatre fois supérieur à la limite légale autorisée au volant au Royaume-Uni (0,8 gramme par litre de sang).
L’artiste irlandaise était la voix hors norme des Cranberries, particulièrement célèbre dans les années 1990, avec des tubes comme Zombie, Just my Imagination ou Linger. Le groupe, qui a vendu plus de 40 millions d’albums à travers le monde, avait décidé de faire une pause en 2003, lassé des tournées intensives et en panne d’inspiration. Les Cranberries s’étaient retrouvés en 2009 et avaient sorti trois ans plus tard l’album Roses.

        Lire aussi :
         

                Dolores O’Riordan : voix juste et propos dissonants






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-6">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La nouvelle mouture de l’émission « Queer Eye for the Straight Guy » (2003-2007) n’évite pas les clichés bien-pensants, mais informe et divertit.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

« Queer Eye », politiquement correct mais drôle

La nouvelle mouture de l’émission « Queer Eye for the Straight Guy » (2003-2007) n’évite pas les clichés bien-pensants, mais informe et divertit.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 14h43
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 14h51
    |

            Renaud Machart








                        



   


Netflix, à la demande – Télé-réalité
Il y a quinze ans, l’émission de télé-réalité « Queer Eye for the Straight Guy » (« regard homo sur l’hétéro », 2003-2007) avait fait un tabac aux Etats-Unis en envoyant cinq garçons gay corriger le physique, l’habillement, l’alimentation et l’intérieur d’hétérosexuels consentants, quoique peu intéressés par ces sujets.
On pénétrait dans de tels taudis qu’on se doutait bien que la production avait recommandé aux candidats (en général « dénoncés » par leur meilleur ami ou leur compagne) de ne pas passer l’aspirateur et de ne pas jeter les emballages de pizza pendant un bon mois avant l’arrivée des cinq gays, aux glapissements horrifiés.
Netflix a repris l’émission en début d’année, avec un tel succès qu’une deuxième saison a suivi cet été et qu’une troisième est prévue pour début 2019. On note de sensibles changements : « Queer Eye for the Straight Guy » est devenu « Queer Eye » tout court.
Au cas où ne s’occuper que d’hommes cisgenres hétérosexuels serait vu comme discriminant, la production a sélectionné un homme transgenre, un jeune homosexuel afro-américain. Dans le premier épisode, on s’occupe d’ailleurs principalement du relooking de la mère de ce dernier. C’est plus politiquement correct, mais moins piquant.
Dimension psychologisante
L’émission originale restait dans la région de New York, alors que « Queer Eye » fréquente les petites villes de l’Etat de Géorgie, dans le sud des Etats-Unis. On a du mal à croire que l’accueil qui leur est réservé serait le même partout et que tous les maires aient l’ouverture d’esprit de celui qu’on découvre, hipster en diable, dans l’épisode conclusif. Tant du côté des relookeurs que des candidats, « Queer Eye » est plus divers ethniquement. Autre nouveauté : une dimension psychologisante plus affirmée, mais qui tente de faire croire, de manière souvent grotesque, qu’on peut découvrir son « moi » profond en une semaine.
Les accolades, les larmes et les « Oh, my God ! » pleuvent. On frise parfois le ridicule avec, par exemple, la demande en mariage publique du candidat de l’épisode 2. Et les « cinq fabuleux », comme ils sont surnommés, en font des tonnes et des tonnes. Mais sous l’excès et le sentimentalisme demeurent une candeur, une générosité et une drôlerie qu’on aurait mauvais gré d’ignorer.
« Queer Eye », saison 2 (EU, 2018, 8 × 45 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-7">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ A l’initiative d’étudiants en muséologie brésiliens, les internautes publient des photos des œuvres détruites par le gigantesque incendie survenu dimanche soir.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Un panthéon virtuel pour faire revivre le Musée national de Rio

A l’initiative d’étudiants en muséologie brésiliens, les internautes publient des photos des œuvres détruites par le gigantesque incendie survenu dimanche soir.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 15h10
   





                        



Quatre jours après l’incendie qui a ravagé le Musée national de Rio de Janeiro, détruisant « 200 ans d’histoire », selon les mots du directeur adjoint du musée, Luiz Fernando Dias Duarte, une reconstitution virtuelle du patrimoine qu’il recelait est à l’œuvre.
Comme le raconte une étudiante au quotidien brésilien O Globo, relayé par le site Slate, ce sont en premier lieu les étudiants en muséologie d’Unirio, l’université fédérale de l’Etat de Rio de Janeiro, qui ont partagé des photos du lieu et de ses collections, « parce que c’est tout ce qu’il [leur] restait ».

        Lire aussi :
         

                Incendie dans le Musée national de Rio : « Une partie de la tragédie aurait pu être évitée »



Des amis d’amis sont entrés dans la boucle et le mouvement a pris de l’ampleur. Les étudiants d’Unirio ont donc décidé d’appeler le public à envoyer ses photos par mail, afin de créer un panthéon virtuel en l’honneur de l’ancien palais impérial et des quelque 20 millions de pièces de valeur qu’il abritait. Ils affirment avoir déjà reçu plus de 6 000 mails contenant des photos et vidéos.
L’initiative a reçu le soutien du Laboratoire péruvien pour des expériences innovantes en muséologie Museofilia, qui a exprimé sa solidarité avec les Brésiliens et appelé, sur sa page Facebook, à envoyer des images de la collection. Celles-ci « contribueront au processus de reconstruction et de récupération de sa valeur comme l’une des institutions muséales les plus importantes du continent et du monde », affirme le laboratoire.
De nombreuses photos des collections sont aussi envoyées par des visiteurs sur Twitter, une manière de ne pas oublier les trésors partis en fumée. Mercredi 5 septembre, une douzaine de pompiers brésiliens étaient toujours mobilisés pour tenter d’éteindre les derniers foyers de l’incendie, qui s’est déclaré dimanche et dont l’origine demeure pour l’instant inconnue. La plupart des spécialistes ont qualifié ce drame de « tragédie annoncée », soulignant la négligence des pouvoirs publics et le manque de fonds alloués à la maintenance de l’édifice.

E não faz muito tempo que contei pra minha filha que existia um dinossauro que viveu no Brasil, e que morava em uma… https://t.co/DoErkGNyCP— renanzinhaa (@renanzinha)


require(["twitter/widgets"]);


@leuavila Teve tbm o Stênio, o tiranossauro que era considerado uma das maiores atrações do museu https://t.co/MQpsveMCjX— erroredu (@Eduardo)


require(["twitter/widgets"]);


@leuavila As da coleção tenho apenas no PC do laboratório q estudo. Comigo apenas algumas q tirei quando estava vis… https://t.co/XzWp63R1j7— mariane_rosa6 (@Mariane with an E)


require(["twitter/widgets"]);




                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-8">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Avec « 22 July », diffusé sur Netflix, le cinéaste britannique s’interroge sur les dangers du nationalisme en Europe.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Mostra de Venise : Paul Greengrass revient sur les attentats de Norvège

Avec « 22 July », diffusé sur Netflix, le cinéaste britannique s’interroge sur les dangers du nationalisme en Europe.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 10h23
    |

            Véronique Cauhapé (Venise (Italie), envoyée spéciale)








                        



   


Le cinéaste britannique Paul Greengrass classe, à raison, ses réalisations en deux catégories. D’un côté, ses films de divertissement tels que La Mort dans la peau (2004) et La Vengeance dans la peau (2007), deuxième et troisième volets de la saga des aventures de Jason Bourne. De l’autre, ses films engagés qui tendent à témoigner des maux du monde et à tenir en alerte les consciences. Ceux-là sont plus nombreux et tombent, à espaces réguliers, tous les trois ou quatre ans : Bloody Sunday (2002), United 93 (2006), Green Zone (2009), Capitaine Phillips (2013).
C’est pour un long-métrage appartenant à cette seconde catégorie, et bientôt diffusé sur Netflix, que Paul Greengrass se retrouve cette année à la Mostra de Venise. Un film rude, soucieux des faits et de leur exactitude. 22 July, présenté mercredi 5 septembre, retrace le double attentat perpétré par Anders Behring Breivik, le 22 juillet 2011, en Norvège. Ce jour-là, cet ultranationaliste d’extrême droite de 32 ans fait exploser une bombe dans le quartier des ministères à Oslo qui fait huit morts, puis se rend aussitôt après dans un camp d’été de jeunes militants travaillistes sur l’île d’Utoya où il abat soixante-neuf personnes.
« Révéler l’ADN de notre époque »
Le film de Paul Greengrass débute, sans concession mais sans excès, sur ces tueries. L’insoutenable est le point de départ d’une réflexion que mène ensuite le réalisateur à travers une famille meurtrie par les attentats (et ayant existé) dont un des fils est revenu gravement blessé. Et à travers le long procès d’Anders Behring Breivik, d’abord diagnostiqué schizophrène par deux psychiatres mandatés avant d’être jugé pénalement responsable par une contre-expertise, obtenue sous la pression de l’opinion publique.

   


Ce procès détermine le ton du film et définit la démarche soutenue par le cinéaste.  « Sans être didactique ou pédagogique, je voulais montrer les dangers que nous font encourir le nationalisme, le protectionnisme, le populisme auxquels l’Europe doit faire face aujourd’hui. Mais je souhaitais aussi montrer la façon dont la Norvège a réagi et a lutté pour sa démocratie », a-t-il expliqué. Je n’ai pas de slogan, ni de message à délivrer. Mais le cinéma, quand il n’a pas pour but de divertir – ce qui est aussi nécessaire –, doit montrer ce qui se passe dans le monde, révéler l’ADN de notre époque ».
« Tourbillon de violence »
Pour rendre compte du réel, Paul Greengrass s’est largement appuyé sur le livre de la journaliste norvégienne Asne Seierstad, One of Us: The Story of an Attack in Norway – and Its Aftermath, et sur la parole de victimes rencontrées par l’intermédiaire d’une association de soutien aux familles. Les échanges avec ces témoins ont guidé le travail du cinéaste tout au long de l’éboration de son film et durant le tournage, afin que soit respectée leur propre connaissance des faits.
Paul Greengrass, cinéaste : « Nos grands-parents et nos parents savaient que le nationalisme peut annoncer la guerre. Les jeunes désormais doivent aussi le savoir »
Si la fiction doit être un passeur pour accéder au plus grand nombre, elle n’en demeure pas moins rigoureuse chez ce réalisateur britannique dont la mise en scène tient la barre droite, décline les effets et la démonstration. « Bien sûr que j’apporte ma vision mais ce que je cherche surtout à faire comprendre, c’est comment nous nous trouvons dans un tel tourbillon de violence et tenter de montrer les chemins que nous pouvons emprunter pour en sortir », explique Paul Greengrass.
« Aujourd’hui, les démocraties ont à lutter et à gagner contre ce qui les menace avec leurs arguments. Il n’y a pas d’arguments fixes, elles doivent trouver ceux qui défendront le mieux la façon de vivre à laquelle elles sont attachées. Nos grands-parents et nos parents savaient que le nationalisme peut annoncer la guerre. Les jeunes désormais doivent aussi le savoir. Je voudrais que ce film leur parle. » Les jeunes acteurs norvégiens, à l’affiche de 22 July, ont en tout cas clairement exprimé, à Venise, l’engagement que constituait pour eux leur présence dans le film.

Film américain de Paul Greengrass. Avec Anders Danielsen Lie, Jonas Strand Gravli, Jon Øigarden (2 h 23). Disponible le 10 octobre sur Netflix. Sur le Web : www.netflix.com/fr/title/80210932 et www.labiennale.org/en/cinema/2018/lineup/venezia-75-competition/22-july



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-9">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Dimanche 16 septembre, il arpentera les grands axes de son parcours historique à Lyon, de la place des Terreaux jusqu’à celle de Bellecour.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Biennale de la danse : un défilé façon carnaval pour la paix

Dimanche 16 septembre, il arpentera les grands axes de son parcours historique à Lyon, de la place des Terreaux jusqu’à celle de Bellecour.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 08h14
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Le défilé de la Biennale de la danse de Lyon, et ses 4 500 participants, retrouve ses atours. Réfugié au stade Gerland en 2016 pour des raisons de sécurité, à la suite de l’attentat de Nice, le revoilà dans les rues lyonnaises. Dimanche 16 septembre, il arpentera les grands axes de son parcours historique, de la place des Terreaux jusqu’à celle de Bellecour, où une performance sur la chanson Imagine, de John Lennon, rassemblera les spectateurs. La parade chorégraphiée flirtera avec le bain de foule tendance fête urbaine et flash-mob.
Les 4 500 amateurs-danseurs-musiciens travaillent sous la houlette de 250 artistes
Lancé en 1996 par Guy Darmet, directeur de la biennale et de la Maison de la danse, cet ambitieux rendez-vous populaire a grandi sur le modèle effervescent du carnaval de Rio. Neuf mois de préparatifs sont nécessaires aux douze groupes basés à Lyon, mais aussi à Saint-Etienne, Vénissieux, Villeurbanne ou Aurillac, qui participent à cette manifestation extralarge. Les 4 500 amateurs-danseurs-musiciens travaillent sous la houlette de 250 artistes, dont, cette année, Mourad Merzouki, Fred Bendongué, Aurélien Kairo, Karla Pollux et Sylvie Guillermin, pour finaliser les tableaux sur le thème de la paix, proposé par Dominique Hervieu.

Pour cette édition très spéciale, la chorégraphe a associé deux personnalités comme marraine et parrain : Latifa Ibn Ziaten, mère d’Imad Ibn Ziaten, le premier militaire assassiné à Toulouse par le terroriste Mohammed Merah, le 11 mars 2012 ; et le footballeur Lilian Thuram. « Je souhaitais signifier les valeurs du défilé grâce à deux personnalités incontestables dans leur engagement, contre le racisme, pour Lilian Thuram, et pour le dialogue interreligieux, avec Latifa Ibn Ziaten, explique Dominique Hervieu. L’intérêt du défilé est social et permet à plus de 200 000 spectateurs de “participer” à la biennale. Nos parrain et marraine souligneront le sens de neuf mois de travail...




                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-10">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ A l’occasion de la sortie de « Spider-Man », vendredi 7 septembre, sur PlayStation 4, Pixels a classé les personnages en lycra du pire au meilleur client, manette en main.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Spider-Man, Superman, Batman… Qui est le meilleur super-héros en jeu vidéo ?

A l’occasion de la sortie de « Spider-Man », vendredi 7 septembre, sur PlayStation 4, Pixels a classé les personnages en lycra du pire au meilleur client, manette en main.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 09h13
    |

            William Audureau et 
Damien Leloup








                        


Ils sont super-bidon
12. Superman, champion du navet
(DC Comics, 1938, 21 adaptations en jeux)
Il est surpuissant, vole, projette des rayons laser avec les yeux, et quand il se déguise en journaliste, le natif de Krypton n’est jamais accusé de « fake news ». Mais manette en main, Superman souffre d’un double défaut. D’abord, celui de ne pas en avoir – il est quasi invincible –, ensuite d’être traité par-dessus la jambe. Résultat : deux apparitions à lui seul dans la plupart des listes des pires jeux de l’histoire sur Atari 2600 en 1978 et surtout sur Nintendo 64 en 1999 avec Superman 64, noté en moyenne 1,8/10 sur SensCritique. Les pixels, c’est sa vraie kryptonite.

11. Aquaman, naufrage annoncé
(DC Comics, 1941, 2 adaptations en jeux)
Mi-homme mi-poisson, Aquaman rentre dans la catégorie des héros marins, comme Ecco the Dolphin, James Pond ou Abzû côté pixels, mais sans leur succès. Il n’a donné lieu qu’à deux jeux, un comic interactif en 1996, Aquaman : War of the Water Worlds, et surtout l’épouvantable Aquaman : Battle for Atlantis, en 2003, dans lequel ses acrobaties subaquatiques réussissaient à donner… le mal de mer. Avec un 27/100 sur Metacritic, le pauvre héros à écailles semble depuis impossible à repêcher.

10. Catwoman, jeux de gouttière
(DC Comics, 1940, 2 adaptations en jeux)
La précurseuse de la princesse Peach et son costume de matou dans Super Mario 3D World ? C’est elle. L’agile femme-chat a un indéniable potentiel d’acrobate, mais ni Catwoman sur Game Boy Color ni Catwoman sur console en 2004 n’ont malheureusement grimpé bien haut. Combats répétitifs, commandes approximatives et niveaux sans idées : Peach-chat peut dormir sur ses deux oreilles.

9. Flash, petit héros parti trop vite
(DC Comics, 1940, 3 jeux)
Un presque plagiat de Sonic the Hedgehog sur Master System, un jeu d’action classique mais de bonne facture sur Game Boy Advance, et un jeu leeeeeeennnnnntttt (un comble) sur Game Boy : le bilan de l’homme le plus rapide au monde sur console n’est pas fameux. Pourtant, c’est l’un des rares super-héros dont le pouvoir ne se limite pas aux classiques jeux de baston et d’exploration. Si Samus Aran peut se transformer avec succès en balle de flipper dans Metroid Prime Pinball, imaginez les possibilités avec Flash… L’absence de jeux à son nom depuis 2006 n’en est que plus triste.

Ils sont super-moyens
8. Wonder Woman, la grande absente
(DC Comics, 1941, 0 jeu)
Longtemps has been, l’héroïne a amorcé ces dernières années un retour en force : un film en 2017, une image largement modernisée qui abandonne le côté pin-up… Cantonnée jusqu’à présent à des seconds rôles dans des jeux de combat, Diana Prince a pourtant un gros potentiel d’héroïne de jeu d’action. D’autant plus que son CV vidéoludique peu rempli ne cache aucune catastrophe industrielle passée portant son nom.

7. Iron Man, peut mieux fer
(Marvel, 1963, 5 adaptations en jeux)
Un super-héros existe-t-il tant qu’il n’a pas eu sa trilogie de films ? Iron Man n’a en tout cas pas eu le droit à une vraie adaptation en jeu vidéo avant la sortie, en 2008, du premier Iron Man au cinéma. Il aurait peut-être pu s’en passer : aucune des cinq adaptations n’a laissé une grande impression. Il ne faut pas nécessairement y voir la marque d’un mauvais héros de jeu – mais plutôt la trace de la malédiction qui touche l’écrasante majorité des adaptations de films.

6. Wolverine, l’éternel recommencement
(Marvel Comics, 1974, 5 jeux)
Avant d’être un super-héros malade et usé dans Logan, Wolverine a connu une brève carrière de héros de jeux vidéo. Depuis Wolverine sur Nes jusqu’à X-Men Origins : Wolverine (multisupports), c’était peu ou prou toujours le même jeu, mieux réalisé : de l’action-aventure, avec des foules d’ennemis à éventrer et des plates-formes en option. Si, dans les comics comme au cinéma, le plus velu des super-héros a su se renouveler, ce n’a malheureusement pas été le cas sur console.

5. Hulk, des coups de poing, épi c’est tout
(Marvel, 1962, 8 adaptations en jeux)
Grand. Vert. Furieux. Le géant vert des boîtes de maïs est à Spider-Man ce que Wario est à Super Mario : le gros balourd bourrin qui casse tout, là où le héros rouge et bleu classique s’en sort par des acrobaties bien senties. En jeu vidéo, ce sera donc une série de jeux bas du front mais qui permettent de se défouler, comme le sympatochounet The Incredible Hulk : Ultimate Destruction, en 2005.

Ils sont super-super
4. Le Surfer d’argent, dieu de la coolitude
(Marvel, 1969, 1 adaptation en jeu)
Il y a des super-héros qui sont voués à être cool. C’est comme ça. Le Surfer d’argent, par exemple. Déjà, qui peut s’asseoir à sa table et dire : « Moi aussi, je suis un extraterrestre aux reflets bleutés beau comme un dieu et je surfe dans les airs plutôt que de prendre le métro » ? Outre que le grand Moebius a signé un de ses épisodes cultes, son unique adaptation en pixels est un jeu de tir sur NES dont la musique évoque les meilleurs niveaux de Megaman. Archi-dur, O.K., mais archi-cool.

3. The Darkness, champion de l’ombre
(Image Comics, 1996, 2 adaptations en jeux)
Jackie Estacado a un pouvoir atypique : dans l’obscurité, une créature informe apparaît dans son dos et réalise ses désirs les plus destructeurs. Sorte de Sam Fisher mutant dans un Splinter Cell crasseux, The Darkness a donné lieu à deux jeux d’action et infiltration noirs, vénéneux et entêtants, en 2009 et 2012 – évalués à 82 et 80 sur 100 sur Metacritic.

2. Spider-Man, le Niko Bellic des airs
(Marvel, 1962, 62 adaptations en jeux)
Il est rouge, bleu et sautillant comme Super Mario, s’accroche aux immeubles comme le Bionic Commando, et explore New York à sa guise comme Niko Bellic dans GTA IV. Le Tisseur semblait prédestiné à une carrière vidéoludique riche et à des jeux d’acrobaties urbaines jubilatoires, comme Spider-Man 2, Ultimate Spider-Man ou encore Web of Shadows. Si ses meilleures heures datent des années 2000, son retour sur PlayStation 4 semble renouer avec le très grand spectacle, au vu des premières critiques ultrapositives.

1. Batman, Bruce tout-puissant
(DC Comics, 1939, 98 adaptations)
Par quel miracle un personnage sans pouvoir spécial s’est-il imposé comme le meilleur super-héros de jeu vidéo ? Peut-être grâce à ses innombrables gadgets, dignes d’un GoldenEye 007. Ou son ton noir, crasseux, peut-être dérangeant, entre un Double Dragon gothique et un BioShock musculeux. Ses apparitions sur NES sont des classiques, sa démo VR une expérience réussie, et surtout sa trilogie Batman : Arkham un monument du jeu vidéo d’exploration, avec sa mise en scène léchée, ses cadrages serrés, sa construction habile et sa plongée dans la psyché torturée du héros. Batman gagne. Comme toujours.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-11">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos du « Travail des morts. Une histoire culturelle des dépouilles mortelles », de Thomas Laqueur.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Figures libres. Ce que les morts font aux vivants

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos du « Travail des morts. Une histoire culturelle des dépouilles mortelles », de Thomas Laqueur.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 14h00
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Le Travail des morts. Une histoire culturelle des dépouilles mortelles (The Work of the Dead. A Cultural History of Mortal Remains), de Thomas Laqueur, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hélène Borraz, Gallimard, « NRF Essais », 918 p., 35 €.

Attention, grand livre ! Par la taille et le poids : presque un millier de pages, bien tassées, un kilo de papier. Par le sujet, ensuite : les pratiques concernant le corps des défunts, leur évolution dans les sociétés occidentales de l’âge classique à nos jours, les mutations induites par leurs changements. Grand livre, surtout, par l’érudition immense, le goût du détail insolite et parlant, l’ampleur du souffle et du panorama, le sens de la narration qui donne l’impression rare de découvrir les archives en même temps que l’auteur.
On ne s’étonne pas que Thomas Laqueur ait déjà reçu plusieurs prix pour cette somme, Le Travail des morts, parue aux Etats-Unis en 2015. Professeur à l’université de Californie (Berkeley), cet historien est connu des lecteurs français pour ses travaux sur la sexualité, centrés sur la masturbation (Le Sexe en solitaire, Gallimard, 2005), et sur le genre et ses représentations (La Fabrique du sexe, Gallimard, 1992).
Personne n’écouta jamais Diogène
D’entrée de jeu, Laqueur rappelle comment Diogène préconisait à ses disciples de jeter son cadavre à la rue et de laisser les chiens faire le ménage. Une fois que la vie s’est éteinte, le philosophe cynique, refusant toutes les simagrées sociales, ne veut pas qu’on s’embarrasse d’un respect sans objet pour cette viande qui va se putréfier… Toutefois, il est bien le seul à soutenir pareil point de vue. Et personne ne l’écouta jamais, souligne l’historien. En effet, quelle que soit l’époque et quelles que soient les croyances, les corps des humains morts sont toujours considérés très différemment de cadavres quelconques.
Cette immense enquête montre...




                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-12">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Elu créateur de l’année 2018 par le salon Maison & Objet qui se tient à Paris du 7 au 11 septembre, le jeune designer belge s’investit dans des projets solidaires, écologiques et culturels avec une boulimie réjouissante.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                
                                    

L’agora visionnaire de Ramy Fischler


                      Elu créateur de l’année 2018 par le salon Maison & Objet qui se tient à Paris du 7 au 11 septembre, le jeune designer belge s’investit dans des projets solidaires, écologiques et culturels avec une boulimie réjouissante.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 07h30
    |

            Véronique Lorelle







Il s’appelle Ramy Fischler, il a 40 ans, et, quoique inconnu du grand public, peut se targuer de poser son empreinte sur le Paris du futur, version ville plus humaine. C’est déjà le cas avec le Refettorio, le restaurant solidaire installé dans la crypte de l’église de la Madeleine, imaginé par le chef Massimo Bottura, qu’il a aménagé avec du mobilier de ­récup customisé et sublimé d’une arche en bois, pour réchauffer le lieu d’une lumière sculptée.

        Lire aussi :
         

                A Paris, le Refettorio, restaurant fin pour migrants, n’affiche pas complet



« Un projet modeste, mais qui montre que le beau et le précaire ne sont pas antinomiques et qui met en ­lumière des gens sur lesquels on détourne le regard d’ordinaire », souligne le designer belge, installé à Paris depuis 1998.
Incubateur de philanthropie
Parmi ses chantiers en cours, un hôtel cinq étoiles So Sofitel hybridé d’un cinéma pour MK2, qui vise à mélanger touristes et habitants des Champs-Elysées dans une joyeuse effervescence à l’horizon 2021. Et ce projet, lauréat du concours international Réinventer Paris, lancé par la mairie de Paris : le premier incubateur de philanthropie pour la Compagnie de Phalsbourg, qui va permettre aux entreprises mécènes et aux porteurs de projets altruistes (associations, bénévoles…) de se rencontrer, autour d’un endroit ­également goûteux, ouvert aux Parisiens.
« A l’heure où le monde virtuel entre dans la maison, il faut réinventer des expériences et des services qui donnent envie aux gens de sortir de chez eux »
Ainsi Ramy Fischler a dessiné, dans l’ancien hôtel de la Bûcherie (datant du XVe siècle et situé dans le 5e arrondissement de la capitale), des bureaux, un amphithéâtre, un espace d’exposition et deux restaurants qui seront dirigés, en 2019, par le chef Thierry Marx.
« A l’heure où le monde virtuel entre dans la maison, il faut réinventer des expériences et des services qui donnent envie aux gens de sortir de chez eux, de partager un contact humain ou de bons moments à plusieurs, estime Ramy Fischler. Je suis un artisan des transformations de la société. » Après neuf ans passés auprès du designer Patrick Jouin et un an à la Villa Médicis de Rome, ce diplômé de l’Ensci-Les Ateliers a ouvert en 2011 sa propre agence, RF Studio, qui compte une quinzaine de personnes, dans la rue au nom inspirant de « Paradis ».
Terre crue
« Je travaille comme un scénariste ou un réalisateur de films en imaginant les nouvelles pratiques des milléniums. Je n’interviens pas sur un projet en tant que sachant, mais comme élément d’une équipe qui redéfinit l’avenir en espérant ne pas se tromper… », souligne Ramy Fischler, auréolé cet automne du titre de créateur de l’année par le salon professionnel Maison & Objet, qui se tient du 9 au 11 septembre à Paris-Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis).
En plus d’être architecte d’intérieur et designer d’objets, il a scénographié, en usant de murs en terre crue, l’exposition « Pour l’intelligence de la main », proposée par la Fondation Bettencourt-Schueller à l’occasion d’« Homo Faber » sur l’artisanat d’art (du 14 au 30 septembre à la Fondation Giorgio Cini de Venise), mais aussi l’opéra Hamlet, dans une mise en scène de Cyril Teste (du 17 au 27 décembre à l’Opéra-Comique, à Paris) – en usant cette fois d’écrans en mouvement.

Multicasquette, Ramy Fischler ? « J’adore travailler avec des écrivains, des musiciens, des metteurs en scène, répond le créateur. Il n’y a pas de limites à ma curiosité, et nous ne sommes plus dans une société de spécialistes. Il faut tout connecter. »
Il a par exemple inventé un frigo « intelligent » et zéro déchet, baptisé « Nu ! » (comme « naturellement urbain »). Il s’agit d’une nouvelle solution de restauration au bureau : de petits plats frais dans des contenants en verre qui sont lavés et réutilisés, pour permettre aux employés de manger bio avec zéro emballage et un circuit court de traiteurs locaux et de livreurs à vélo.
« Des gens qui vivent en harmonie dans un espace le respectent davantage et le polluent moins »
« Ce frigo fonctionne comme un marché de village, il devient un objet convivial, fédérateur. Il va influer sur le mode de vie des usagers et sur tout un quartier alentour en créant de petits métiers », anticipe Ramy Fischler, qui a fondé avec trois amis la start-up Nu !, en vue de commercialiser cette innovation.
L’écologie, on l’aura compris, est au cœur des préoccupations de ce créateur aux allures de Tintin explorateur. Dans son studio RF, tout projet immobilier tient compte des énergies renouve­lables, du circuit court pour l’approvisionnement en matériaux, de la végétalisation et du bien-être des habitants. Car, précise Ramy Fischler, « des gens qui vivent en harmonie dans un espace le respectent davantage et le ­polluent moins »… En associant design, nouvelles technologies et le souci de créations plus vertes, plus sociales et plus locales, le voilà qui repousse les limites ordinaires de la discipline.
« Perturbateur »
« Dans la capitale, il y a un foisonnement de chantiers qui donnent toute leur place aux designers pour questionner en amont les usages, les mutations sociales, les nouvelles économies et trouver des réponses formelles », se félicite Ramy Fischler. « Le designer, à mes yeux, c’est à la fois un chef d’orchestre et un perturbateur, au sens de disrupteur », analyse-t-il.

   


Au salon Maison & Objet, sur le stand qui lui est consacré, il devrait donner un avant-goût de sa vision écolo et connectée du monde. Il y a dessiné un espace baptisé « The Agora », en forme de colline avec des gradins permettant de voir le salon de haut et, en dessous, comme des boîtes qui accueillent un bar et un espace de travail. Le tout est végétalisé avec des plantes aromatiques, afin que le barman puisse proposer des thés et des cocktails parfumés aux herbes… cueillies sur place.

        Lire aussi :
         

                A Helsinki, la smart city à hauteur de citoyen






<article-nb="2018/09/06/21-13">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Dans « Résonance », le philosophe théorise une nouvelle relation au monde comme remède à l’agitation perpétuelle et à la perte de sens du moderne.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Philosophie. Hartmut Rosa décélère

Dans « Résonance », le philosophe théorise une nouvelle relation au monde comme remède à l’agitation perpétuelle et à la perte de sens du moderne.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 14h05
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            
Résonance. Une sociologie de la relation au monde (Resonanz. Eine Soziologie der Weltbeziehung), d’Hartmut Rosa, traduit de l’allemand par Sacha Zilberfarb et Sarah Raquillet, La Découverte, 536 p., 28 €.

Pratiquer une sociologie de notre modernité sans sombrer dans le pessimisme ou le désespoir : l’ample programme que semble s’être fixé le philosophe et sociologue allemand Hartmut Rosa l’engage, dans Résonance, sur la voie d’un nouvel âge de la théorie critique. On désigne ainsi cette école de pensée principalement allemande, née dans les années 1920 et inspirée à la fois par Marx et Max Weber, qui tente d’accorder les concepts métaphysiques aux données des sciences sociales.
Les affres du XXe siècle ont empli les écrits des principaux représentants de cette école – l’école de Francfort –, Theodor W. Adorno (1903-1969) et Max Horkheimer (1895-1973) notamment, d’une tonalité crépusculaire. Leurs successeurs, contemporains du redressement d’après-guerre, Jürgen Habermas puis Axel Honneth, ont rompu avec les pressentiments apocalyptiques de leurs aînés, sans pour autant accepter béatement l’ordre des choses. L’ouvrage de Rosa s’inscrit, à son tour, dans le tournant optimiste de ce courant.
Maux et remèdes
Face à un monde où les relations interpersonnelles se pétrifient en marchandises et en objets (la « réification »), où l’environnement n’est plus un espace auquel le sujet s’assimile mais une ressource à exploiter, peut-on se contenter de décrire le réel ? La philosophie ne doit-elle pas trouver des notions qui nous arrachent à une aliénation grandissante, à une logique purement économique ? Hartmut Rosa le pense, et il s’efforce de reformuler les diagnostics des maux et des remèdes de la modernité en recourant à des notions originales, afin d’en réduire les pathologies.
Pour lui, notre ère est caractérisée par la radicalisation du phénomène de la « stabilisation...




                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-14">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Dans un livre-hommage, Caroline Eliacheff réussit à faire exister au quotidien la pédopsychiatre et psychanalyste, morte il y a trente ans et injustement oubliée.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pour Françoise Dolto, entre enthousiasme et amertume

Dans un livre-hommage, Caroline Eliacheff réussit à faire exister au quotidien la pédopsychiatre et psychanalyste, morte il y a trente ans et injustement oubliée.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 08h53
    |

                            Elisabeth Roudinesco (Historienne et collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Françoise Dolto. Une journée particulière, de Caroline Eliacheff, Flammarion, 250 p., 18,90 €.

Pour célébrer le trentième anniversaire de la mort de Françoise Dolto (née Marette, 1908-1988), ­Caroline Eliacheff, pédopsychiatre et psychanalyste, a choisi de lui rendre hommage dans un récit en onze chapitres, dont chacun correspond à une heure choisie dans une journée : de 8 heures à 22 h 30. Cela lui permet, à coups de flash-back, d’immerger le lecteur dans la vie de la grande psychanalyste, admirée autant pour son génie clinique que pour sa manière unique d’aborder la parole des enfants. Chrétienne iconoclaste, libertaire, excessive dans ses interprétations, Dolto dérangeait tous les conformismes sans jamais prôner l’indignation.
Un moment de la vie et de l’œuvre d’une figure majeure
Cette « journée particulière » située au premier semestre de l’année 1979 est donc une « journée fictive », à ceci près que tout ce qui est raconté est exact et dûment archivé. Chacun pourra, au fil des pages, retrouver un moment de la vie et de l’œuvre de cette figure majeure du freudisme français : la mort de sa sœur Jacqueline (1920), qui fut le révélateur de la folie de sa mère ; l’analyse bénéfique avec René Laforgue (1934-1937) ; les études de médecine ; le mariage avec Boris Dolto (1942), inventeur d’une méthode de massothérapie ; la complicité avec Jacques Lacan ; le séminaire qu’elle mena à l’hôpital Trousseau (1940-1978) ; la fondation du centre médico-psycho-pédagogique Etienne-Marcel (1962), de l’Ecole de la Neuville (1973), de la Maison verte (1979)… Sans oublier les chroniques sur France Inter, avec Jacques Pradel (1976-1978), qui la rendirent célèbre, et les attaques grotesques de ses ennemis l’accusant de dissoudre l’ordre familial.
Mais il s’agit aussi d’un bilan, où se mêlent enthousiasme et amertume : « Trente ans après sa mort, à ma grande surprise, le nom de Françoise...




                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-15">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Pour la Paris Design Week, Agapecasa dévoile des rééditions du maître milanais de l’architecture et du design disparu en 2012.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                
                                    

Les courbes sensuelles du mobilier d’Angelo Mangiarotti


                      Pour la Paris Design Week, Agapecasa dévoile des rééditions du maître milanais de l’architecture et du design disparu en 2012.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 08h49
    |

            Véronique Lorelle








   


Les maisons d’édition de mobilier n’en finissent pas de revisiter les icônes du passé. L’italien Agapecasa ne fait pas exception à la règle en dévoilant, à l’occasion de la Paris Design Week, des rééditions des plus belles pièces de l’architecte et designer milanais Angelo Mangiarotti (1921-2012), lauréat en 1994 du prix Compasso d’Oro pour l’ensemble de son œuvre. Une dizaine de tables et d’assises de marbre et de bois précieux sont ainsi mises en scène, accompagnées de photos et de dessins du maestro, au dernier étage du showroom de RBC Paris, dans le cadre d’une petite exposition ouverte au public et baptisée « Skilful Reflections ».

        Lire aussi :
         

                Le retour des maîtres italiens du design



Tout est dans les lignes sobres, les courbes charnelles, l’équilibre des masses. Diplômé de l’école d’architecture et de l’Ecole polytechnique de Milan, Angelo Mangiarotti a débuté sa carrière aux Etats-Unis, en 1953, où il enseigne à l’Institut de technologie de Chicago, dans l’Illinois. Là-bas, il fréquente les architectes Ludwig Mies van der Rohe, Frank Lloyd Wright, Walter Gropius et Konrad Wachsmann, qui l’inspireront durablement.
On est frappé par l’ingéniosité de la bibliothèque modulaire Cavalletto, née d’un élément à tréteaux en forme de V inversé, pouvant être superposé à l’envi
A son retour en Italie, il fonde un cabinet d’architecture avec Bruno Morassutti. Et fait preuve de la même originalité pour ses édifices, pour lesquels il met au point de nouveaux « systèmes de construction », que pour l’assemblage de ses meubles. En témoigne l’église Mater Misericordiae de Milan, une architecture révolutionnaire pour l’époque (1956), de béton et métal, surmontée d’une coquille de verre, restaurée en 2016.
Sous la verrière de RBC Paris, on est frappé par l’ingéniosité de la bibliothèque modulaire Cavalletto, dessinée au milieu des années 1950, née d’un élément à tréteaux en forme de V inversé, pouvant être superposé à l’envi. Ce système, breveté il y a plus d’un demi-siècle, permet de fabriquer des meubles en bois massif imbriqués sans joints, ni serrage, d’une rare élégance.
Ajusté à la main
La même intelligence est à l’œuvre avec les tables Eros, nées dans les années 1970 de l’encastrement d’un pied conique dans un plateau de marbre, le tout joint par la seule force de la gravité. Pour que le piétement affleure au cœur du plateau, il est encore aujourd’hui ajusté au millimètre près, à la main.

Avec ce système, Angelo Mangiarotti a imaginé de multiples formes et tailles de tables, déclinées dans différentes teintes de marbre gris, vert, blanc, noir… Toutes ses créations allient rigueur des lignes et sensualité, à l’image de cette assise Clizia, dont la forme rappelle la silhouette tronquée d’un homme assis.
Tour penchée
« On retrouve, dans son travail, des obsessions formelles, comme l’idée d’une vasque montée sur une colonne, de la table Eros aux lavabos de marbre qu’il a dessinés à partir de 2003 pour Agape, raconte Camilla Benedini qui a scénographié l’exposition parisienne. En architecture, il a conçu une tour inclinée à haubans, aussi penchée que ses célèbres verres en cristal Ice Stopper ou le pichet en acier de la collection Ergonomica. »
L’entreprise familiale Agapecasa – une diversification, créée en 2010, du fabricant de salles de bains haut de gamme Agape, pour pénétrer l’univers de la maison – se voit bien inspirée en ayant racheté les droits d’édition du mobilier d’Angelo Mangiarotti. Ce créateur, grande figure de l’architecture et du design italien est, pour l’heure, seul à son catalogue.
« Angelo Mangiarotti, Skilful Reflections », jusqu’au 23 novembre chez RBC Paris, 40 rue Violet 75015 Paris. www.rbcmobilier.com



<article-nb="2018/09/06/21-16">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ « Comme un seul homme », un premier roman américain, met en scène un ogre paternel sous le regard effaré de ses jeunes fils. Poignant.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les ados livrés à eux-mêmes de Daniel Magariel

« Comme un seul homme », un premier roman américain, met en scène un ogre paternel sous le regard effaré de ses jeunes fils. Poignant.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 07h15
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            
Comme un seul homme (One of the Boys), de Daniel Magariel, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard, Fayard, 190 p., 19 €.

Ce livre-là tient de l’épure, par sa minceur (moins de 200 pages) et par son intrigue resserrée. Deux frères unis dans un foyer dysfonctionnel sont « comme un seul homme » – titre du premier roman de l’Américain Daniel Magariel – et, l’un pour l’autre, la « dernière ligne de défense ». C’est le cadet, âgé de 12 ans, qui conte la lente dérive du père et le conflit de loyauté qui les déchire, jusqu’à l’inéluctable.
Par ses mensonges, ledit père (dépourvu de nom et prénom dans le récit, comme d’autres personnages), a pourtant hérité de la garde de ses fils avant de les emmener à Albuquerque, Nouveau-Mexique, très loin du Kansas et de leur mère présentée aux services de protection de l’enfance comme maltraitante. Après les remous liés au divorce, l’espoir était grand de commencer une vie différente. Le mirage va se dissiper. Alors qu’il réservait sa brutalité à son ex-femme, le père, entre deux discours sur la masculinité et l’amour filial, a de subites crises de violence envers ses enfants. Sous leurs yeux, il se transforme : regard flottant, attention distraite, pantalon avachi, chemise froissée…
Emprise terrifiante
Les symptômes de défonce se multiplient. De fait, il délaisse son activité de consultant financier, passe ses journées à fumer de la marijuana ou à s’injecter de l’héroïne. Pour pallier sa défection, l’aîné des frères sèche l’école et les entraînements de basket. Il travaille à la supérette du coin tandis que son père se retranche dans sa chambre. « Au début, on ne s’est pas inquiétés. Mais d’une semaine, on est passé à deux et mon frère a dû encaisser le chèque de son salaire pour acheter de quoi manger, de l’essence, des fournitures scolaires. La troisième semaine, on a fini par frapper à la porte de mon père. On lui a parlé du loyer,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-17">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Dans « Les Fureurs invisibles du cœur », l’écrivain irlandais dénonce l’intolérance qui marquait encore il y a peu son pays, à travers la vie d’un homosexuel. Tellement romanesque.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


John Boyne libère les désirs de l’Irlande

Dans « Les Fureurs invisibles du cœur », l’écrivain irlandais dénonce l’intolérance qui marquait encore il y a peu son pays, à travers la vie d’un homosexuel. Tellement romanesque.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 07h15
    |

                            Florence Bouchy (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Les Fureurs invisibles du cœur (The Heart’s Invisible Furies), de John Boyne, traduit de l’anglais (Irlande) par Sophie Aslanides, JC Lattès, 592 p., 23,90 €.

Pour l’Irlande, le 25 mai 2018 fut une journée historique : dans ce pays à forte tradition catholique, les électeurs ont approuvé, tardivement mais massivement, la libéralisation de l’avortement. Inutile de chercher cette date dans le nouveau livre de John Boyne, il a été publié en anglais en 2017. Mais, à n’en pas douter, l’écrivain se serait fait une joie d’ajouter un chapitre à ce roman de près de 600 pages, dont la dernière scène prend place en 2015, peu après la victoire du « oui » au référendum autorisant le mariage homosexuel. Courant de 1945 à nos jours, Les Fureurs invisibles du cœur s’achève dans l’optimisme, en décrivant l’émergence d’une « nouvelle Irlande », moderne, ouverte et progressiste. Un happy end qui, ici, n’est pas une facilité narrative, mais l’expression des mutations politiques que connaît le pays. Une façon de noter que l’Irlande s’est plue, dans son histoire récente, à prendre à rebours tous les réflexes conservateurs qui semblaient devoir irrémédiablement la guider.
La multiplication des interdits
Pour en arriver à cette note optimiste, il faut néanmoins traverser en compagnie de Cyril Avery, le héros-narrateur, la seconde moitié du XXe siècle, et se heurter avec lui, à chacune des étapes de sa vie, au contrôle social exercé par une Eglise catholique intolérante. Mais le voyage procure au lecteur un bonheur de lecture rare, tant le récit se déploie avec grâce et vélocité. Réussissant à adopter le point de vue de l’enfant, de l’adolescent puis de l’homme qu’il a été, le narrateur, au seuil de la mort, conserve suffisamment de distance pour relater les faits avec humour, sans jamais minorer les souffrances suscitées par la multiplication des interdits. Pour évoquer les comportements absurdes,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-18">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Dans « Forêt obscure », l’écrivaine américaine pousse ses personnages au plus loin d’eux-mêmes – vers la lumière de Terre sainte.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les labyrinthes intérieurs de Nicole Krauss

Dans « Forêt obscure », l’écrivaine américaine pousse ses personnages au plus loin d’eux-mêmes – vers la lumière de Terre sainte.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 09h10
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            
Forêt obscure (Forest Dark), de Nicole Krauss, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Paule Guivarch, L’Olivier, 288 p., 23 €.

Soudain on est perdu. On doute, on cherche à se repérer. Chaque livre de Nicole Krauss ressemble à ça, une course de désorientation. On y progresse comme à colin-maillard. A tâtons. Et lorsque l’égarement est à son comble, l’auteure jubile. Ses romans servent à ça : jeter des personnages, interdits, dans les sous-bois touffus de son imaginaire. Et voir à quel point être perdu les change.
Ce projet est d’ailleurs explicitement exprimé dans un passage de Forêt obscure, son troisième roman traduit. Il s’agit d’une page où la narratrice – une romancière répondant au prénom de Nicole – fait un cauchemar mystérieux et « typiquement juif ». Pour sauver ses enfants du péril nazi, elle les fait traverser une forêt, en Pologne, et « calcule » à quel point, au bout de quelques semaines, cette « course éperdue » a pu les faire « grandir »… 
De Nicole Krauss, née à New York en 1974, on savait peu de chose, en France, jusqu’en 2006. Seulement qu’elle avait publié, en 2002, un premier livre, Man Walks into a Room (« un homme entre dans une pièce », non traduit), et qu’elle était l’épouse de l’écrivain Jonathan Safran Foer, dont elle a divorcé depuis (en 2014). C’est avec L’Histoire de l’amour (Gallimard, Prix du meilleur livre étranger 2006) que Krauss a surgi sur la scène littéraire, s’imposant d’emblée comme une romancière de premier plan. Dans cette construction superbe, que minait le souvenir de la Shoah, ses personnages tentaient tous de surmonter une perte, un deuil, un exil… mais s’égaraient toujours plus dans le dédale de ses « ruines circulaires » à la Borges. Même chose dans La Grande Maison (L’Olivier, 2011), où un architecte fou a édifié un bâtiment métaphorique de la mémoire, avec une multitude...




                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-19">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Claro se ferait homme-tronc pour Michel Jullien.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le feuilleton. Admirables amochés

Claro se ferait homme-tronc pour Michel Jullien.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 07h00
    |

                            Claro (Ecrivain et traducteur)








                        



                                


                            
L’Ile aux troncs, de Michel Jullien, Verdier, 128 p., 14 €.

Quand un écrivain trouve un sujet fort, deux possibilités se présentent à lui : il peut le convoquer à la barre de son livre tel un témoin à la mine fringante et promis à d’épatantes confessions, mais alors, bien souvent, le sujet fait son show, et celui qui écrit se retrouve dans la fastidieuse position du greffier béat ; il peut aussi, s’il a les reins plus solides, l’ausculter, le retourner dans tous les sens, appuyer dessus, le corrompre, l’altérer, en extraire des formes, sonder ses possibles. Un exemple : prenez l’après-guerre, genre mai 1945, regardez défiler une armada de soldats soviétiques passablement mutilés que le pouvoir s’est lassé de voir mendigoter dans les rues, attendez que ledit pouvoir parque tous ces hommes-troncs dans une île lointaine puis, ni une ni deux, lancez-vous dans la confection d’un roman historique haut en couleur et riche en clichés, plaisir facile garanti. Bon, si vous êtes Michel Jullien, vous avez le droit de vous y prendre autrement. De voir les choses sous un autre angle que celui, à quatre-vingt-dix degrés, qui oblige ledit angle à filer droit. D’inventer cet angle. Et d’écrire, en lieu d’un petit bijou ciselé ou d’une sotte saga, un livre « physiquement injurié », intitulé L’Ile aux troncs, et où ce qui est décrit se mâche en images à chaque ligne.
Donc : mai 1945. Les faits sont avérés, certes, mais les documents rares, les chiffres restent flottants, les témoignages baignent dans une brume inquiétante. Néanmoins, ce qui se passa n’est pas sujet à caution : le pouvoir soviétique « invita » bel et bien quelques centaines d’amputés à s’en aller végéter à Valaam, une île du lac Lagoda, coupée du reste du monde par les glaces neuf mois par an. Pas beaux à voir, pénibles à entendre, impossibles à recaser, ces troncs pourtant encore hommes gênaient la légende de la Grande Guerre...




                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-20">
<filnamedate="20180906"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180906"><AAMMJJHH="2018090621">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Dans « Tenir jusqu’à l’aube », une femme cherche à se distancer de son rôle de mère, à souffler un peu. Est-elle folle ? Carole Fives, compatissante.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La quadrature du cercle maternelle selon Carole Fives

Dans « Tenir jusqu’à l’aube », une femme cherche à se distancer de son rôle de mère, à souffler un peu. Est-elle folle ? Carole Fives, compatissante.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 07h00
    |

                            Eric Loret (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Tenir jusqu’à l’aube, de Carole Fives, Gallimard, « L’Arbalète », 192 p., 17 €.

Jadis (ou naguère, ce n’est plus très clair), un recueil d’essais psychanalytiques posait une question un peu dure à entendre : « Peut-on être mère sans être folle ? » La réponse était dans le titre de l’ouvrage : La Folie maternelle ordinaire (PUF, 2006). La lacanienne Dominique Guyomard y évoquait en particulier la « position paradoxale » à laquelle la femme est « convoquée » par la maternité. Le nouveau roman de Carole Fives met en scène cette quadrature du cercle maternelle, du moins dans son versant social (pour l’ubac œdipien, on relira Le Bébé, de Marie Darrieussecq, P.O.L, 2002) : « Elle était lasse, fatiguée de cette créature qu’elle avait créée de toutes pièces : la bonne mère. C’était sans doute dans ces moments-là que l’envie de fuir était la plus forte. »
La protagoniste est designeuse graphique, au chômage comme tout le monde dans le secteur de la création. Elle préfère, pour l’instant, ne pas faire appel au père de l’enfant, dont elle est séparée : ce serait plus d’ennuis et de dépendance encore. Son propre père, qui habite loin, n’est d’aucune aide, se bornant à trouver l’enfant mal éduqué. Et de fait, ce garçon de 2 ans qu’elle adore profite d’elle comme de son unique punching-ball : il la veut toujours « à côté, à côté ». Rien que de très normal. Bien sûr, il n’y a pas de place en crèche. Ce n’est pas la misère noire évidemment, mais il faut compter la nourriture, se garder de tomber malade (quand on est free-lance) si l’on veut boucler le mois : « En attendant, elle peaufinait son site Internet, sa meilleure carte de visite, valorisait le moindre projet, la moindre réussite. »
Et donc cette jeune femme, étouffant dans cette vie précaire, décide de « fuguer » le soir quand son fils est endormi. Oh, pas beaucoup, pas...




                        

                        

