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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Depuis 2011, le compte officiel du royaume était tenu, chaque semaine, par un Suédois différent. Il cessera de publier le 30 septembre.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Fin du compte Twitter de la Suède, « le plus démocratique du monde »

Depuis 2011, le compte officiel du royaume était tenu, chaque semaine, par un Suédois différent. Il cessera de publier le 30 septembre.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 18h19
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 21h03
    |

            Corentin Lamy








                        



   


C’est une expérience sociale à l’échelle d’un pays qui s’achèvera à la fin de septembre : celle du compte Twitter@sweden, ouvert en 2011 par l’Institut suédois, organisme gouvernemental chargé de la promotion de l’image de la Suède. A partir du 30 septembre, le compte, qui restera accessible, ne sera plus actif.
Depuis le 10 décembre 2011, la gestion de ce compte Twitter était confiée, chaque semaine, à un Suédois (ou à un étranger résident en Suède) différent.
Chacun est libre de s’en servir comme il l’entend, pour dire ce qu’il veut, à qui il veut. Sans censure, ni contrôle — tant que les propos tenus ne tombent pas sous le coup de la loi, ne font pas de publicité pour une marque ou ne représentent pas une menace pour la sécurité.
Ce sont ainsi trois cent cinquante-six femmes et hommes qui se seront ainsi improvisés « community managers » officiels de la Suède. Pour voir sa candidature retenue, trois obligations : être actif sur Twitter, être suédois ou résider dans le pays, et… ne pas proposer sa candidature. Les noms des trois cent cinquante-six Suédois choisis ont en effet été soumis par des pairs, librement, par un simple formulaire sur le site du projet, où il fallait préciser le « lien » du candidat avec la Suède et la raison pour laquelle il intéresserait quelqu’un résidant en dehors du pays. L’idée étant de faire rayonner l’image du royaume à travers le monde.
150 000 abonnés
Deux cent mille tweets plus tard, la mission est-elle accomplie ? Cent cinquante mille abonnés suivent en tout cas aujourd’hui le compte aux commandes duquel se sont succédé blogueurs (Jack Werner, le premier d’entre eux), journalistes, comiques, entrepreneurs, artistes, jeunes, vieux et, surtout, beaucoup d’anonymes — à chaque fois propulsés par l’Institut suédois « seuls administrateurs du compte Twitter le plus démocratique du monde ».
Le site curatorsofsweden.com consacre un court portrait à chacun d’entre eux, et même après le 30 septembre, il sera toujours possible de consulter les archives du compte.
Le but de la manœuvre ? Il s’agissait, selon le site officiel de l’initiative, de « prouver, en pratique, que la Suède est un pays ouvert et démocratique ». Mais, surtout, de faire la promotion du pays, en accord avec la mission de l’Institut suédois. L’entreprise VisitSweden (« Visitez la Suède »), partenaire de l’opération, se félicitait déjà en 2013 que les tweets de ces « vrais » citoyens soient plus relayés que des tweets officiels. Et qu’ils avaient déjà, à l’époque, fait économiser 40 millions de dollars de promotion au gouvernement suédois.
Provocant voire choquant
Il est vrai que @sweden aura fait entendre une voix bien éloignée des canons de la communication institutionnelle. Tour à tour amusant ou barbant, provocant voire choquant, @sweden aura plusieurs fois fait l’actualité.
A l’image de Sonja qui, en juin 2012, décontenance en notant « qu’avant la deuxième guerre mondiale, Hitler était un des plus beaux noms dans le monde ». Avant de confesser qu’en regardant ses enfants, parfois elle se souvient « de l’époque où ils avaient [son] vagin autour du cou ». Mais rien n’avait préparé les réseaux sociaux à cette réflexion sur l’antisémitisme, de la part de cette jeune femme de la Suède rurale : « C’est quoi l’histoire avec les juifs ? On ne voit même pas qu’ils sont juifs, à moins de regarder leur pénis, et encore. »

Whats the fuzz with jews. You can't even see if a person is a jew, unless you see their penises, and even if you do, you can't be sure!?— sweden (@@sweden / Erik)


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Comme Sonja, Sara provoquera aussi des remous, quand elle résumera en 2017 l’esprit suédois en trois points : « Nous ne croyons pas en Dieu, nous préférons l’Etat à notre famille, nous mettons de la confiture sur notre viande », trois assertions qui, chacune à sa façon, ne manqueront pas de susciter une polémique. L’Institut suédois redira pourtant, à chaque fois, sa confiance dans son expérience et sa volonté de n’exercer aucune censure.
Le compte @sweden, sous la plume d’un certain Max, est même allé chercher querelle au président Donald Trump. « Hey Don, c’est la Suède qui te parle ! C’est gentil de t’inquiéter, vraiment, mais ne t’emballe pas : tout va très bien ! ». Le message, qui répondait à un discours alarmiste de Trump sur la Suède et les migrants, a été retweeté plus de quatre cents fois. Cette semaine-là, le nombre de followers de @sweden augmentera de 20 %.

Hey Don, this is @Sweden speaking! It's nice of you to care, really, but don't fall for the hype. Facts: We're ok!… https://t.co/xC83t45Sg9— sweden (@@sweden / Erik)


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Fin prématurée
L’expérience a pourtant bien failli s’arrêter dès 2016, quand des insultes sexistes et racistes à l’encontre du compte @sweden commencent à se multiplier. Henrik Selin, alors responsable du dialogue interculturel au sein de l’Institut suédois, avait laissé entendre que si la mise en place d’un « code de conduite » sur son site ne suffisait pas à faire taire les insultes et les menaces, l’expérience pourrait connaître une fin prématurée.
« On va essayer de faire changer les choses mais si ça ne fonctionne pas, et si le compte continue à être envahi de messages de ce genre, on commencera à réfléchir à l’intérêt de continuer l’expérience. »
@sweden aura pourtant tenu deux ans de plus. Et s’il s’arrête aujourd’hui, c’est, d’après Anna Rudels, responsable du département numérique et communication de l’Institut suédois, tout simplement parce que « tous les projets ont une fin ».
« Après quasiment sept ans, il est temps pour nous d’avancer. Nous allons développer de nouveaux formats, qui nous permettront de toucher encore plus de gens, dans davantage de pays encore. »
Au début du mois, c’est le youtubeur SethEverman qui a offert à @sweden ce qui sera sans doute son dernier coup d’éclat. Pendant une semaine, la popularité du vidéaste et musicien au 1,1 million d’abonnés aura permis au compte Twitter officiel de la Suède de toucher un public plus large que jamais.
Plus sage, l’actuel maître des lieux, Erik, se sert de ses sept jours de notoriété pour raconter sa vie de traducteur, et comparer des dictionnaires aux propriétés amusantes. Ils seront encore trois Suédois à se succéder aux commandes de @sweden, avant que la voix du compte ne s’éteigne définitivement, le 30 septembre.
Ceux que l’exercice fascine pourront alors se tourner vers @ireland : depuis 2012, la République d’Irlande mène en effet une expérience similaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Mercedes Bresso, vice-présidente du groupe socialiste au Parlement européen, dénonce dans une tribune au « Monde » les propos tenus par Christophe Castaner le 4 septembre contre ce qu’il tient pour une « anomalie démocratique ».
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Non, le « Spitzenkandidat » n’est pas « une anomalie démocratique »

Mercedes Bresso, vice-présidente du groupe socialiste au Parlement européen, dénonce dans une tribune au « Monde » les propos tenus par Christophe Castaner le 4 septembre contre ce qu’il tient pour une « anomalie démocratique ».



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h19
    |

Mercedes Bresso (Députée européenne, vice-présidente du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates)







                        



                                


                            

Tribune. L’intérêt supérieur de la nation est bien trop souvent incompatible avec les intérêts des citoyens européens. Les intérêts des partis politiques aussi. C’est ce que je constate avec regret depuis trop d’années à Bruxelles. Et la tendance s’aggrave comme le montrent les crises migratoire et écologique.

Pour moi, fédéraliste européenne italienne et socialiste depuis maintenant plus de cinquante ans, j’ai vécu l’élection d’Emmanuel Macron avec espoir. Son discours fort et prometteur sur l’Union, le déploiement de drapeaux européens lors de ses meetings, ses déplacements en Europe et ses entretiens polyglottes étaient à mes yeux autant de signes du retour de la France dans la position de leadership au sein de l’Union européenne, ce dont nous avons tant besoin aujourd’hui.
Stupeur
Bien que les engagements pris notamment avec Angela Merkel à Meseberg, les listes transnationales ou un véritable budget pour la zone euro agrémenté d’un contrôle démocratique de notre avenir économique commun peinent à trouver une concrétisation, je tiens à saluer un discours volontaire sur l’Europe, qui va à rebours des mouvements d’extrême droite qui veulent nous ramener à de terribles situations de repli dangereuses pour les citoyens de l’Europe. Il suffit de voir la situation dans mon pays, en Italie, pour comprendre que si nous nous laissons aller à penser que ces partis sont inoffensifs, les conséquences seront gravissimes.

Le discours de la Sorbonne d’Emmanuel Macron a été remarquable, car il reprenait en grande partie ce que nous socialistes et sociaux-démocrates au Parlement européen défendions depuis toujours : des institutions européennes plus démocratiques, un parlement qui puisse clairement exprimer la voix des citoyens européens, sans être compromis uniquement par des intérêts nationaux naturellement divergents, et un cap pour une Union de la protection des personnes et de la souveraineté partagée.

Quelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’enquête de l’institution a conclu que le rachat « ne réduirait pas la concurrence sur le marché de la diffusion numérique de musique en continu. »
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Apple autorisée par la Commission européenne à racheter Shazam

L’enquête de l’institution a conclu que le rachat « ne réduirait pas la concurrence sur le marché de la diffusion numérique de musique en continu. »



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 16h38
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h33
   





                        



   


La Commission européenne a donné, jeudi 6 septembre, son accord au projet de rachat par Apple de l’application mobile Shazam, qui permet d’identifier des chansons, estimant qu’il ne réduirait pas le choix des consommateurs de musique en streaming :
« Au terme d’une analyse approfondie des données musicales de Shazam et de ses données concernant les utilisateurs, nous avons conclu que leur acquisition par Apple ne réduirait pas la concurrence sur le marché de la diffusion numérique de musique en continu. »
Cette décision fait suite à une enquête approfondie concernant le projet de rachat de Shazam par Apple.

        Lire aussi :
         

                L’Union européenne ouvre une enquête sur le projet d’acquisition de Shazam par Apple



Services complémentaires
Apple exploite Apple Music, deuxième plus grand service de diffusion de musique en continu en Europe, derrière Spotify. De son côté, Shazam exploite l’application de reconnaissance musicale la plus utilisée dans l’espace économique européen ainsi qu’à l’échelle mondiale. L’enquête a ainsi conclu qu’Apple et Shazam proposaient pour l’essentiel des services complémentaires et ne se faisaient donc pas concurrence.
Par ailleurs, l’institution rappelle que « six autres enquêtes de phase II sur des concentrations sont en cours : le projet d’acquisition d’Aurubis Rolled Products et de Schwermetall par Wieland, le projet acquisition de MKM par KME, le projet d’acquisition de Gemalto par Thales, le projet d’acquisition d’Alstom par Siemens, le projet d’acquisition de l’activité nylon de Solvay par BASF et le projet d’acquisition de Tele2 NL par T-Mobile NL ».

        Lire aussi :
         

                Les plates-formes musicales, un secteur en effervescence mais pas encore rentable






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.
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Infographie : les alliés de Macron et de Orban en Europe

A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 14h54
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le gouvernement expérimentera le recrutement de 2 500 travailleurs saisonniers hors UE dans les exploitations de fruits et légumes en 2019-2020.
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Le Royaume-Uni va recourir à des travailleurs saisonniers hors UE

Le gouvernement expérimentera le recrutement de 2 500 travailleurs saisonniers hors UE dans les exploitations de fruits et légumes en 2019-2020.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 13h36
   





                        



   


Le Royaume-Uni a annoncé jeudi 6 septembre qu’il allait autoriser ses producteurs horticoles à recruter jusqu’à 2 500 travailleurs saisonniers hors UE par an en 2019-2020 afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre saisonnière, un problème exacerbé par le Brexit.
Ces travailleurs se verront accorder un visa de six mois dans le cadre de cette mesure réclamée de longue date par les producteurs de fruits et légumes, confrontés à une baisse du nombre de saisonniers européens, originaires principalement de Roumanie et de Bulgarie.
Le projet pilote débutera au printemps 2019 et s’étendra jusqu’à la fin décembre 2020, quand s’achèvera la période de transition consécutive à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le 29 mars 2019.
Besoin de 80 000 saisonniers
Le ministre de l’environnement, Michael Gove, a souligné dans un communiqué que son gouvernement avait entendu les « puissants arguments » des cultivateurs en faveur d’une ouverture du marché du travail saisonnier aux ressortissants ne provenant pas d’un pays de l’UE, comme cela a déjà été fait en Allemagne ou en Irlande.
Avec la baisse du chômage en Roumanie et en Bulgarie, le nombre de candidats à l’expatriation se réduit en effet, un phénomène amplifié par le Brexit, entre incertitudes administratives, craintes d’agressions xénophobes et surtout baisse de la livre sterling, qui rend moins attractifs les salaires une fois ceux-ci convertis en euros.
Le secteur horticole estime à plus de 80 000 personnes ses besoins annuels en travailleurs saisonniers.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Sarah Mardini est accusée de participer à un réseau criminel d’aide à l’immigration irrégulière. Elle était devenue célèbre en 2015, avec sa sœur Yusra, pour avoir sauvé les migrants avec qui elles se trouvaient lors de leur traversée de la Méditerranée.
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Sarah Mardini, la Syrienne qui avait sauvé des migrants en mer, arrêtée en Grèce

Sarah Mardini est accusée de participer à un réseau criminel d’aide à l’immigration irrégulière. Elle était devenue célèbre en 2015, avec sa sœur Yusra, pour avoir sauvé les migrants avec qui elles se trouvaient lors de leur traversée de la Méditerranée.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 12h40
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 15h53
   





                        



   


Sarah Mardini s’était fait connaître en 2015 avec sa sœur Yusra lors de leur traversée de la Méditerranée. Alors que leur bateau était tombé en panne, les deux jeunes femmes syriennes s’étaient jetées à l’eau pour tirer le bateau vers la terre ferme, en direction de l’île grecque de Lesbos. Toutes deux étaient des nageuses confirmées, Yusra ayant même participé aux Jeux olympiques de Rio dans l’équipe des athlètes réfugiés.
Trois ans plus tard, Sarah Mardini a été interpellée en Grèce, la semaine dernière, a annoncé son avocat, Haris Petsikos. Elle est accusée d’avoir participé à un réseau criminel d’aide à l’immigration irrégulière.
Arrêtée le 21 août sur l’île de Lesbos, en mer Egée, où elle aidait les réfugiés au sein de l’ONG ERCI, la jeune femme de 23 ans a été placée en détention provisoire à la prison athénienne de Korydallos. Sarah Mardini et un autre volontaire, le Germano-Irlandais Sean Binder, arrêté avec elle et placé en détention sur l’île de Chios, près de Lesbos, « rejettent toutes les charges » qui les visent, a déclaré Me Petsikos. Ils ont notamment été inculpés de « participation à une organisation criminelle », « violation de secrets d’Etat » et « recel », crimes passibles de la réclusion à perpétuité.

        Lire aussi :
         

                A Lesbos, le cauchemar des réfugiés de Moria



« Criminalisation de l’aide aux réfugiés »
Selon la police grecque, les membres impliqués de l’ONG offraient « un concours direct aux réseaux organisés de trafic de migrants », en s’informant à l’avance des arrivées sur les îles et en organisant l’accueil des exilés, mais sans transmettre leurs informations aux autorités.
D’après le Guardian, qui revient sur l’histoire des sœurs Mardini, l’enquête dure depuis plus de six mois, et « des soupçons sont apparus en février dernier, quand Mardini et Binder ont été arrêtés alors qu’ils conduisaient un 4 x 4 muni de fausses plaques d’immatriculations ».
« Pour moi, il s’agit clairement d’un cas de criminalisation de l’aide aux réfugiés », a commenté Me Petsikos. Il a relevé que ses deux clients étaient absents de Grèce à plusieurs dates où certains faits leur sont reprochés. L’avocat a déposé une demande de remise en liberté de Sarah, qui vit en Allemagne avec sa famille et y est boursière au collège Bard de Berlin, en première année de sciences économiques et sociales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La polémique est une nouvelle illustration de la guerre mémorielle engagée par le parti Droit et justice.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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En Pologne, le pouvoir conservateur « corrige » la mémoire de Bronislaw Geremek

La polémique est une nouvelle illustration de la guerre mémorielle engagée par le parti Droit et justice.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h45
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



                                


                            

Depuis l’arrivée au pouvoir des ultraconservateurs du PiS (Droit et justice), en novembre 2015, la guerre mémorielle fait rage en Pologne. Cette fois, c’est la personnalité de Bronislaw Geremek, éminent historien polonais, homme politique et membre de l’opposition démocratique de Solidarnosc, qui se retrouve au cœur d’une controverse.
Mort en 2008 dans un accident de voiture, Bronislaw Geremek est, aux yeux des ultraconservateurs polonais, un des représentants historiques de « l’élite libérale » artisane de la transformation polonaise, dont le rejet a permis au parti de Jaroslaw Kaczynski de prendre le pouvoir.
Le 19 septembre doit avoir lieu à Varsovie l’inauguration d’un square et d’une plaque commémorative. Mais l’Institut polonais de la mémoire nationale (IPN), étroitement contrôlé par le pouvoir, a fait savoir dans un courrier qu’il souhaitait apporter « quelques modifications » à l’inscription de la plaque, dont le texte a été conçu par la Fondation Geremek. Cette dernière dénonce un « acte de censure » et une volonté de « minimiser les mérites du professeur ».
« Mensonge historique »
L’IPN propose ainsi de remplacer l’expression « Cofondateur de la Pologne libre (…) qui a introduit la Pologne dans l’OTAN [dont Geremek a signé l’acte d’adhésion en tant que ministre des affaires étrangères] et agit pour l’adhésion de la Pologne à l’UE » par « Participant actif au processus de transformation en Pologne, qui a agi pour l’adhésion de la Pologne à l’OTAN et à l’UE ».
Pour la présidente de la Fondation Geremek, Jolanta Kurska, il s’agit d’une tentative de « mensonge historique » : « Les mots ont leur sens, et le langage forme la conscience des générations futures. Il y a eu des centaines de “participants actifs” à la transformation démocratique mais seulement une poignée de “cofondateurs”. »...




                        

                        


<article-nb="2018/09/06/21-8">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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L’Europe face au clivage Macron-Orban

A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h45
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance), 
Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale), 
Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant), 
Jérôme Gautheret (Rome, correspondant), 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen), 
Isabelle Piquer (Madrid, correspondance), 
Thomas Wieder (Berlin, correspondant) et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

La guerre est donc déclarée. Enjeu : rien de moins que l’avenir de l’Europe. Les deux camps : Orban versus Macron. Le premier ministre hongrois ultraconservateur, héros des souverainistes et des antimigrants du Vieux Continent, face au président français libéral, chantre de l’approfondissement de l’Union européenne et « progressiste » autoproclamé.
Les hostilités ont été engagées lorsque Viktor Orban, venu rendre visite au ministre de l’intérieur d’extrême droite italien, Matteo Salvini, mardi 28 août, a fait d’Emmanuel Macron « le chef du parti des promigrants » en Europe et son adversaire majeur en vue des élections européennes de mai 2019. « S’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison », leur a répondu, dès le lendemain, le président français.
Les deux hommes veulent faire croire que tout les oppose en vue du scrutin européen. Le premier entend réduire l’Europe à une organisation intergouvernementale, qui se contenterait d’assurer la liberté de circulation, de fermer ses portes à toute immigration et de verser des fonds structurels. Le second veut au contraire créer de nouvelles agences communautaires, y compris la gestion de l’asile, créer un budget de la zone euro et cesser de payer pour les pays qui attentent à l’Etat de droit, comme la Hongrie de Viktor Orban. Pour atteindre leurs objectifs, les deux hommes ont besoin d’obtenir le maximum d’eurodéputés. Cliver leur permet de se distinguer pour mieux compter leurs alliés.

Côté Orban, Matteo Salvini fait figure de principal soutien. Le ministre de l’intérieur italien, chef de la Ligue (extrême droite), a promis à ses côtés « un tournant historique pour l’Europe ». Autre allié naturel, le Polonais Jaroslaw Kaczynski, chef de file du parti Droit et justice (PiS) au pouvoir. Celui-ci a tenu un discours remarqué lundi 3 septembre pour dénoncer « l’européanisme » quand il signifie « une obéissance aveugle à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le clivage entre les présidents français et hongrois porte moins sur l’immigration que sur l’Etat de droit.
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Macron-Orban : deux visions de l’Europe pas toujours opposées

Le clivage entre les présidents français et hongrois porte moins sur l’immigration que sur l’Etat de droit.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h37
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Sur le fond des sujets européens, l’opposition Macron-Orban n’est pas toujours opérante. Certes, concernant la thématique de l’Etat de droit, les deux dirigeants sont évidemment sur des lignes diamétralement opposées. Le président français a très tôt pris position, à Bruxelles, contre les tendances illibérales de certains gouvernements, lançant pour son premier Conseil européen, en juin : « L’Europe n’est pas un supermarché, l’Europe est un destin commun. »
La France a aussi été l’une des toutes premières à prendre publiquement position pour conditionner l’octroi des fonds européens au respect de l’Etat de droit, dans le prochain budget pluriannuel. « Les fonds de cohésion peuvent être assortis de conditionnalités liées au respect de l’Etat de droit », assurait au Monde la ministre chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau, dès novembre 2017.
Une menace qui pourrait concerner la Hongrie, au moment où le Parlement européen doit débattre le 12 septembre d’activer contre Budapest l’article 7 du traité pour violation de l’Etat de droit, en dépit de la protection dont M. Orban bénéficie de la part des eurodéputés conservateurs du PPE. « Il y a quand même un gouffre entre ce que représente Emmanuel Macron et le PPE. Si on devait demain faire circuler un document sur les valeurs, pas sûr que tout le PPE signerait », s’insurge le député LRM Pieyre-Alexandre Anglade, ex-membre du Parlement européen et relais du parti à Bruxelles.
Pour ce qui est du sujet migratoire, cheval de bataille de M. Orban, qui s’impose déjà comme un des thèmes majeurs de la campagne des élections européennes de mai 2019, les divergences sont moins évidentes. A Bruxelles, la France a certes fustigé à de nombreuses reprises le manque de « solidarité » des pays de l’Est, et de la Hongrie en particulier, face à leur refus catégorique d’accueillir des réfugiés, mais elle n’a jamais caché ses réserves (ni François...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Hausse du dollar, tensions commerciales et diplomatiques fragilisent ces économies.
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Turquie, Afrique du Sud, Indonésie... les pays émergents en zone de turbulences

Hausse du dollar, tensions commerciales et diplomatiques fragilisent ces économies.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 11h41
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Ce n’est pas encore la tempête mais, en cette rentrée, les marchés émergents tanguent dangereusement. Mercredi 5 septembre, la roupie indonésienne est tombée à son niveau le plus bas depuis 1998, époque de la crise asiatique. Après la livre turque et le peso argentin en août, le rand sud-africain, le rouble russe, le real brésilien, ou encore le peso mexicain ont beaucoup souffert ces derniers jours.

La volatilité des monnaies des pays émergents est proche des plus hauts enregistrés dans la foulée de la crise financière de 2008, selon les analystes de la Commerzbank. « Et jusqu’ici, aucune amélioration n’est en vue », notent-ils. Les turbulences gagnent aussi les places boursières. L’indice MSCI, qui intègre les actions d’une vingtaine d’économies émergentes, a baissé mercredi pour le sixième jour d’affilée. Il affiche un repli de près de 17 % depuis un pic atteint en janvier. Affectées par les craintes de contagion, les Bourses de Hongkong, Shanghaï et Shenzhen, en Chine, ont ouvert dans le rouge jeudi, après avoir fortement reculé la veille.
Initialement, la secousse est partie de Turquie, début août. Les tensions diplomatiques avec Washington, les sorties tonitruantes du président Erdogan, et les déséquilibres de l’économie (avec un déficit courant à plus de 6 % du PIB et une inflation à 18 % en août) ont fait brutalement dégringoler la livre turque. Mais, dans la foulée, la baisse des devises d’autres pays éparpillés aux quatre coins du monde a réveillé les craintes d’une contagion. En toile de fond, ce coup de froid s’annonce comme un test de la solidité des émergents, à l’heure de la remontée des taux américains et du renchérissement du dollar.
Un marché américain devenu plus attractif
Longtemps, ces économies ont profité de ce que les analystes appellent la « quête de rendement ». Quand les taux étaient proches de zéro, les investisseurs ont afflué vers ces régions aux actifs rémunérateurs, car...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Depuis juin 2018, ses positions virulentes contre l’immigration ont provoqué un bras de fer avec plusieurs pays européens. Portrait vidéo du ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’ex-ministre français des affaires étrangères est favorable à un échange de territoires entre Serbie et Kosovo.
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Balkans : Bernard Kouchner d’accord pour « bouger les frontières »

L’ex-ministre français des affaires étrangères est favorable à un échange de territoires entre Serbie et Kosovo.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h21
    |

            Marc Semo et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

C’est une des rares voix internationales qui ose affirmer sans hésitation son soutien à un échange de territoire entre la Serbie et le Kosovo. Pour Bernard Kouchner, c’est tout simplement « une bonne solution ». L’ancien représentant spécial de l’ONU dans le pays, nommé juste après la guerre qui a déchiré cette ancienne région serbe en 1999, a affirmé au Monde qu’il appuyait les discussions explosives en cours entre Belgrade et Pristina sur le tracé de leurs frontières.
« On ne peut pas lutter contre le fait que [Aleksandar] Vucic [le président serbe] et [Hashim] Thaci [le président kosovar] sont d’accord sur un tel échange… Et qui sommes-nous pour nous y opposer et pour l’empêcher ? », plaide l’ex-ministre français des affaires étrangères. A 78 ans, l’ancien « French doctor » et cofondateur de Médecins sans frontières reste un très proche du président kosovar.

Longtemps tabou, l’éventualité d’échanger les municipalités à majorité serbe du nord du Kosovo, autour de Mitrovica, contre celles à majorité albanaise du sud de la Serbie dans la vallée de Presevo a subitement fait surface au cours de l’été. M. Thaci a expliqué qu’il était notamment en faveur de « corrections frontalières » afin d’obtenir un accord de normalisation avec Belgrade, qui refuse toujours de reconnaître l’indépendance de son ancienne région autonome, proclamée en février 2008.
M. Vucic a dans la foulée exprimé son soutien à une solution quipermettrait « une délimitation avec les Albanais ». Les deux hommes doivent se retrouver, vendredi 7 septembre, à Bruxelles pour une séance de négociation très attendue, sous l’égide de l’UE. Federica Mogherini, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, leur a implicitement apporté son soutien en affirmant qu’elle approuverait un « accord mutuel ». Les Etats-Unis ont aussi exprimé leur avis positif.
Bases ethniques
Cependant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le chef de l’extrême droite promet qu’il veut « respecter les contraintes européennes ».
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Pour rassurer les marchés, Matteo Salvini attenue son discours anti-européen

Le chef de l’extrême droite promet qu’il veut « respecter les contraintes européennes ».



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 16h34
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Pas d’invectives mais des propositions concrètes, plus de directs sur les réseaux sociaux mais des entretiens dans la presse économique… La campagne pour les élections législatives italiennes du 4 mars 2018 s’est peut-être arrêtée cette semaine, avec six mois de retard.
En quelques heures, les ténors du gouvernement Conte, qui naguère protestaient de leur volonté de mettre en œuvre immédiatement l’ensemble des mesures très coûteuses contenues dans le « contrat de gouvernement » conclu entre les deux composantes de l’alliance – le Mouvement 5 étoiles (M5S, anti-système) et la Ligue (extrême droite) –, ont radicalement changé de discours, donnant l’impression d’entrer enfin, cent jours après leur intronisation, dans le vif du sujet.
Une fois de plus, c’est le vice-président du conseil et ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, qui a donné le tempo. Dans un entretien au quotidien économique Il Sole 24 ore, la bible des milieux d’affaires – et propriété de la Confindustria, l’équivalent transalpin du Medef –, publié mercredi 5 septembre, le chef politique de la Ligue, qui n’avait eu de cesse, ces dernières semaines, de défier Bruxelles, a assuré qu’il s’agissait de « respecter les contraintes européennes » de l’Italie, autrement dit de se tenir à une forme de discipline budgétaire. Avant de convenir qu’il serait impossible « de donner tout, tout de suite, à tout le monde », et qu’il faudrait « fixer des priorités ».

Un virage soudain
Son partenaire de coalition, Luigi Di Maio, qui, il y a quelques jours encore, affirmait qu’« entre les agences de notation et les citoyens, nous choisirons toujours les Italiens », a lui aussi fait marche arrière, assurant que le projet de budget 2019 « rassurerait les marchés », et qu’il n’était pas question « de démolir l’Europe ».
Un discours qui a eu un effet immédiat sur les marchés financiers : le « spread » (écart entre le taux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ « J’en ai marre de recevoir des tonnes de messages racistes » depuis un an, explique Cécile Djunga dans une vidéo publiée sur Facebook.
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La présentatrice météo de la RTBF dénonce dans une vidéo les insultes racistes qu’elle reçoit

« J’en ai marre de recevoir des tonnes de messages racistes » depuis un an, explique Cécile Djunga dans une vidéo publiée sur Facebook.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 08h44
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 12h41
   





                        


Plus de 500 000 visionnages et 2 600 commentaires. En quelques heures, le témoignage de Cécile Djunga, présentatrice météo de la RTBF et également comédienne, victime de propos racistes, a largement circulé sur Facebook et les réseaux sociaux.
Dans une vidéo de cinq minutes postée mercredi 5 septembre dans la soirée, la jeune femme, visiblement émue, raconte les messages et insultes racistes qu’elle reçoit régulièrement.

Ce mercredi, notre présentatrice météo @ceciledjunga s'est indignée de propos racistes à son encontre dans une vidé… https://t.co/f4esjMMBF1— RTBF (@RTBF)


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« Hier, au boulot, à la météo, il y a une dame qui a appelé pour dire que j’étais trop noire, qu’on ne voyait rien à l’écran, qu’on ne voyait que mes vêtements et que je ne passais pas bien à la télé parce que j’étais trop noire et qu’il fallait me le dire », commence-t-elle. « C’est la petite goutte d’eau qui fait déborder le vase », a-t-elle ensuite expliqué à la RTBF.
« Des tonnes de messages racistes »
« Je suis partagée entre le rire et la colère (…), ça va faire un an que je fais ce métier et j’en ai marre de recevoir des tonnes de messages racistes, de messages insultants », poursuit Cécile Djunga dans sa vidéo. « Recevoir des messages tels que “sale négresse rentre dans ton pays”, j’en ai marre, ajoute-t-elle. J’ai décidé que j’allais le dire parce qu’il y a trop de gens qui pensent qu’en Belgique, le racisme ça n’existe pas ».
« Moi je me sens Belge, je suis bien dans mon pays. Maintenant, on va arrêter de me dire de rentrer dans mon pays, parce que je suis dans mon pays », poursuit-elle.
Elle appelle à la rejoindre les personnes qui pourraient elles aussi être victimes de harcèlement. « Je dis ça parce que je suis Noire, mais il y a des gens qui sont gros, qui sont musulmans, qui sont Arabes, qui sont roux, avec des lunettes… Tous les gens qui se font persécuter sur les réseaux sociaux, ça doit s’arrêter. Le harcèlement virtuel, ça touche », insiste Mme Djunga.
Son témoignage, publié sur le compte Twitter de la RTBF accolé du mot-dièse #stopracisme, a été très relayé, notamment par le Diable rouge Christian Kabasele.

Juste un pti message à tous nos A̶m̶i̶s̶ racistes 🖕🏾 Ne soyez pas jaloux parce que certaines personnes ont réussis… https://t.co/IyA0C5gkue— chriskabasele27 (@Christian Kabasele)


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le ministre de l’intérieur et leader de la Ligue italien, Matteo Salvini, s’appuie sur le soutien de l’opinion publique pour prendre des décision arbitraires, analyse l’universitaire Sofia Ventura, dans une tribune au « Monde ».
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Italie : « Matteo Salvini pense pouvoir faire tout et n’importe quoi au nom du peuple »

Le ministre de l’intérieur et leader de la Ligue italien, Matteo Salvini, s’appuie sur le soutien de l’opinion publique pour prendre des décision arbitraires, analyse l’universitaire Sofia Ventura, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 09h55
    |

Sofia Ventura (professeure associée de sciences politiques à l’université de Bologne)







                        



                                


                            
Tribune. En Italie, l’agenda politique est dicté par le ministre de l’intérieur et leader de la Ligue, Matteo Salvini. Ses alliés au gouvernement, le Mouvement 5 étoiles (M5S) et son chef Luigi Di Maio (qui est vice-président du conseil, comme Salvini, et ministre du travail et du développement économique), y participent avant tout en semant la confusion sur la politique économique. Mais sur les sujets chauds du moment, en particulier sur celui de l’immigration, qui est l’obsession de Salvini, ils suivent la Ligue. Et ils le font parce que les sondages disent qu’environ deux tiers des Italiens sont d’accord avec la politique migratoire du ministre de l’intérieur.

Depuis qu’elle est dirigée par Salvini (décembre 2013), la Ligue est un parti populiste d’extrême droite. Salvini prône un durcissement de l’ordre public, mais, surtout, il envoie un message xénophobe qui criminalise les migrants et en donne une image négative. Il oppose systématiquement les Italiens aux migrants : si le pays ne vient pas en aide aux Italiens les plus pauvres, c’est parce qu’il dépense son argent pour subvenir aux besoins des migrants ; les Italiens pauvres n’ont pas de logements tandis que les migrants, eux, sont hébergés dans des hôtels cinq étoiles. Du reste, Salvini ne s’intéresse qu’aux crimes commis par des migrants contre des Italiens.
Puissante machine de communication
Voilà le pain quotidien du débat politique actuel. Et derrière tout cela se trouve une puissante machine de communication. Salvini est partout : il tweete, il diffuse des vidéos en direct sur Facebook depuis la plage, il se fait photographier à la montagne, il participe à des fêtes et organise des meetings. Il passe des heures et des heures à faire des selfies avec des fans. Bref, c’est une « célébrité » parfaite. La presse people s’intéresse à lui avec un appétit sans précédent et le présente comme un bon père de famille et comme un petit ami transi d’amour (pour une célèbre présentatrice...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les manifestations à Chemnitz témoignent de l’union de groupes d’extrême droite jusque-là séparés, estiment les universitaires Cynthia Miller-Idriss et Daniel Köhler, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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En Allemagne, « un niveau de coopération inédit entre les groupes d’extrême droite »

Les manifestations à Chemnitz témoignent de l’union de groupes d’extrême droite jusque-là séparés, estiment les universitaires Cynthia Miller-Idriss et Daniel Köhler, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 14h40
    |

Cynthia Miller-Idriss (Professeure d’éducation et de sociologie à l’Université américaine de Washington) et Daniel Köhler (Directeur l’Institut all...







                        



                                


                            
Tribune. Des enregistrements vidéo montrant des groupuscules d’extrême droite allemands pourchassant, harcelant et attaquant des minorités ethniques, des journalistes et des contre-manifestants face à une police dépassée se sont répandus sur les réseaux sociaux la semaine dernière.
Dans une vidéo, un policier prévient un réfugié libanais parmi les contre-manifestants : « Si la foule attaque, nous ne pourrons pas garantir votre sécurité. » Dans la ville est-allemande de Chemnitz, dimanche 26 août, des manifestations ont rapidement éclaté après qu’un Allemand a été poignardé à mort lors d’une bagarre et que deux demandeurs d’asile, un Syrien et un Irakien, ont été arrêtés pour le crime.

Du jour au lendemain – en grande partie grâce au recrutement via les réseaux sociaux –, la foule, à l’origine spontanée, défilant contre les « migrants criminels » a rassemblé 6 000 manifestants. En sous-nombre, la police locale a dû lutter pour tenir ses positions ; des pans entiers de la ville ont néanmoins échappé à tout contrôle policier pendant deux jours, jusqu’à ce que l’on envoie des renforts.
Nouvelles stratégies
Les événements survenus à Chemnitz ont horrifié la plupart des Allemands et des citoyens du monde entier ; ils auront aussi révélé le nouveau visage d’une partie de l’extrême droite. Il est désormais et plus que jamais évident que les tactiques et les stratégies des mouvements violents d’extrême droite ont changé.
Avant Chemnitz, il existait en Allemagne deux types de manifestations d’extrême droite, sans lien entre elles. Pendant des décennies, on a assisté, périodiquement, à des défilés organisés par un petit noyau dur de militants néonazis, consacrés en général à la commémoration de dirigeants nazis comme Rudolf Hesse, et auxquels prenaient part des extrémistes marginaux, presque toujours mis en minorité par les contre-manifestants antifascistes.
La violence que l’on observait en ces occasions se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le professeur Johan Martinsson explique, dans une tribune au « Monde », que le décalage entre l’opinion publique et les responsables politiques suédois sur la question des réfugiés a largement contribué au succès du parti nationaliste.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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« Pourquoi les Démocrates de Suède, un parti anti-immigration et nationaliste, progressent »

Le professeur Johan Martinsson explique, dans une tribune au « Monde », que le décalage entre l’opinion publique et les responsables politiques suédois sur la question des réfugiés a largement contribué au succès du parti nationaliste.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 09h51
    |

Johan Martinsson (Professeur de sciences politiques à l’université de Göteborg, Suède)







                        



                                


                            

Tribune. Les élections législatives du 9 septembre en Suède devraient faire date à plusieurs titres. Les sociaux-démocrates pourraient réaliser leur plus mauvais score depuis que le pays est une démocratie. La plupart des sondages les créditent de 22 % à 26 % des suffrages, alors qu’ils en obtenaient habituellement autour de 45 % il y a quelques décennies. Avec la montée des Démocrates de Suède (SD), le parti nationaliste et anti-immigration qui pourrait dépasser la barre des 20 %, aucun des blocs traditionnels de la politique suédoise ne peut espérer détenir une majorité de sièges au Parlement dans un avenir proche.
Les Démocrates de Suède avaient recueilli à peine plus de 1 % des voix en 2002 et n’ont fait leur entrée au Parlement qu’en 2010. Comment se fait-il qu’une formation appartenant à la même famille idéologique que le Rassemblement national en France et que beaucoup classent encore à l’extrême droite et qualifient de parti populiste, voire raciste, progresse d’élection en élection en Suède ?

Il faut dire que, lorsque le parti a été fondé en 1988, beaucoup de ses membres entretenaient des liens étroits avec les milieux racistes et suprémacistes blancs suédois. Son premier dirigeant avait milité auparavant dans un parti ouvertement néonazi. Une bonne partie de la population suédoise serait-elle devenue raciste ou antidémocratique ? Non. Les Démocrates de Suède ont beaucoup changé depuis dix ans sous l’impulsion de leur actuelle direction et se sont efforcés de se défaire de leur image de parti raciste et de rompre avec leur passé sulfureux.
Un parti anti-immigration, nationaliste et europhobe
A la faveur de plusieurs scissions, les éléments les plus radicaux ont quitté les SD pour fonder leur propre organisation. Dans le programme actuel du parti ne subsiste plus aucune trace de racisme. On pourrait définir aujourd’hui les SD comme un parti anti-immigration, nationaliste et europhobe. On décèle aussi chez...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 05/09/2018
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« En Europe, une partie de l’extrême droite revient à l’action violente »

L’historien Stéphane François analyse la radicalisation des mouvements extrémistes, comme ceux de Chemnitz, en Allemagne.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 05h15
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 19h47
    |

                            Stéphane François (historien)








                        



                                


                            

En Italie et en Autriche, elle est au gouvernement ; en France, elle est représentée à l’Assemblée nationale ; en Suède, elle est aux portes du pouvoir ; en Allemagne, elle est dans les rues et elle chasse les migrants. Nous pourrions multiplier les exemples…
L’extrême droite a le vent en poupe en Europe. De quoi se nourrit-elle ? Pourquoi est-elle aussi dynamique ?
Le dynamisme des extrêmes droites populistes européennes n’a pas échappé à l’œil avisé de Steve Bannon, ancien proche conseiller du président américain Donald Trump. Il a fait, ces derniers mois, la tournée des groupuscules européens afin de les unifier. Une tentative qui se conclura par un échec, les formations étant trop éclatées et différentes. Surtout, plusieurs d’entre elles sont des répulsifs pour les autres : c’est le cas, par exemple, du Rassemblement national de Marine Le Pen, encore jugé trop antisémite par les populistes hollandais.

Le rejet de l’autre
Les formations radicales ne sont pas en reste : les animateurs de l’Alt-right américaine les observent et traduisent les productions théoriques de ses intellectuels. Il y a en effet un jeu de références réciproques : les intellectuels européens, comme les essayistes Alain de Benoist et Guillaume Faye, sont lus et discutés aux Etats-Unis et, en retour, les principaux intellectuels américains sont traduits en Europe. Ainsi, le théoricien païen, postnazi et suprémaciste blanc Greg Johnson a été traduit en français en 2016.
Cependant, M. Bannon ne prend pas en compte le fait que les extrêmes droites européennes, du fait des histoires nationales différentes, sont diverses et propres à chaque pays : elles ont des origines et des manifestations différentes. Certaines sont religieuses, d’autres sont issues du fascisme ; d’autres encore jouent la voie électorale tandis qu’une dernière catégorie est violente et révolutionnaire.
Malgré tout, il est possible d’énumérer des thématiques communes....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Après deux semaines d’insultes, jets de pierres et collisions navales, les pêcheurs des deux pays ont renouvelé leur accord sur les conditions de pêche.
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Pêcheurs britanniques et français s’entendent sur la Saint-Jacques

Après deux semaines d’insultes, jets de pierres et collisions navales, les pêcheurs des deux pays ont renouvelé leur accord sur les conditions de pêche.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 20h51
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 21h15
   





                        



Faut-il y voir un armistice dans la guerre de la coquille Saint-Jacques ? Après deux semaines de vives tensions — insultes, jets de pierres, collisions navales… —, les pêcheurs français et britanniques ont annoncé, mercredi 4 septembre, avoir renouvelé leur accord sur la pêche de la précieuse noix de Saint-Jacques dans la baie de Seine.
Selon Gérard Romiti, président du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), des discussions à Londres ont permis de « renouveler l’accord de 2017 » concernant les bateaux de plus de quinze mètres, et d’obtenir « un accord de principe pour les moins de 15 mètres ». Ces décisions se feront en échange de compensations pour les pêcheurs britanniques encore à définir, a ajouté M. Romiti, précisant que les discussions se poursuivraient à Paris dans quarante-huit heures.
Un accord « donnant-donnant »
Pour Pascal Coquet, président de la commission coquillages de pêche, l’accord de principe trouvé mercredi est « donnant-donnant ». « C’est le meilleur des cas pour les deux parties (...) dans la mesure où les Britanniques étaient bien dans leur droit », a-t-il dit à l’issue de la réunion.
Reste à savoir combien de temps cet accord sera valable. Selon Pascal Coquet, l’accord vaut pour la saison de pêche de 2018-2019, tandis que Jim Portus, représentant de l’industrie britannique de la coquille Saint-Jacques durant les négociations, a dit à la presse qu’il ne valait que pour 2018. « Jusqu’à la signature de l’accord vendredi, nous demandons (aux petits bateaux britanniques) d’éviter la zone », a poursuivi M. Portus, prévenant toutefois que l’accord serait « rejeté » si les compensations étaient jugées insuffisantes.

        Comprendre :
         

          Aux origines de la guerre de la coquille Saint-Jacques



Réglementations différentes
Ce différend entre pêcheurs français et britanniques autour des coquilles Saint-Jacques est lié à la différence de réglementation entre les deux pays. En France, la coquille Saint-Jacques ne peut être pêchée que du 1er octobre au 15 mai. Mais les Britanniques et les Irlandais, eux, n’ont pas de dates imposées.
Pour encadrer leur activité et éviter les tensions, un accord, reconductible chaque année, a été conclu en 2013 entre Français et Britanniques pour que ces derniers respectent les mêmes dates de pêche. Mais il ne s’applique pas aux bateaux britanniques de moins de quinze mètres. « Du coup, on en avait régulièrement qui venaient pêcher dans ces eaux. Cela créait déjà des tensions », explique Frédéric Gueudar-Delahaye, directeur de la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture, rattachée au ministère de l’agriculture.

   


Les Français demandent depuis plusieurs années que l’accord soit étendu à ces navires de moins de quinze mètres, sans succès. Pour marquer leur mécontentement, ils ont refusé, cette année, de le signer. Les Britanniques sont donc venus pêcher plus tôt que les années précédentes, et avec de plus gros bateaux, qui ne sont pas autorisés d’habitude.
« Tout le monde est super remonté »
Les Normands ont alors cherché, à la fin d’août, à faire fuir les Britanniques d’un gisement de coquilles Saint-Jacques qu’ils tentent de préserver. Certains navires ont joué aux bateaux béliers en fonçant sur d’autres. Trois embarcations présenteraient des trous dans leur coque. Aucun blessé n’est à déplorer. Le maire du Tréport (Seine-Maritime), Laurent Jacques, a dit craindre, jeudi, que les incidents ne se reproduisent « très vite, car tout le monde est super remonté ».
Français et Britanniques avaient affiché mercredi leur volonté de trouver une solution au conflit, et le ministre de l’agriculture français, Stéphane Travert, avait prévenu la veille que la marine française était « prête à intervenir » pour éviter de nouveaux « heurts ». Mais « les pêcheurs anglais sont plutôt des “Brexiters”, et il faut reconnaître que les tensions se ravivent à l’approche du calendrier de sortie du Royaume-Uni », prévu à la fin de mars 2019, a-t-il ajouté. Le ministre français faisait référence au fait que les pêcheurs britanniques ont majoritairement voté pour le Brexit, afin, espèrent-ils, de récupérer la mainmise sur leurs eaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Des suspects de l’empoisonnement de l’ancien agent double et de sa fille ont été identifiés : deux officiers du GRU, services secrets proches de Vladimir Poutine.
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Empoisonnement de Sergueï Skripal : Londres accuse deux membres du renseignement militaire russe

Des suspects de l’empoisonnement de l’ancien agent double et de sa fille ont été identifiés : deux officiers du GRU, services secrets proches de Vladimir Poutine.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 06h31
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) et 
Eric Albert (Londres, correspondance)








                        


Un murmure a parcouru la Chambre des communes, mercredi 5 septembre, quand Theresa May a nommé l’agence de renseignement militaire russe (GRU) comme étant responsable de la tentative d’empoisonnement de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.
Pour la première fois, la première ministre britannique a nommé les deux suspects, Alexander Petrov et Ruslan Boshirov (sans doute des pseudonymes), avant d’accuser : « Le gouvernement a conclu que ces deux individus (…) sont des officiers du service russe de renseignement militaire, appelé GRU. »
Elle ajoute, désignant clairement le sommet de l’Etat russe : « Le GRU est une organisation très disciplinée avec une chaîne de commandement bien établie. » Il s’agit d’un des services secrets les plus proches du président Vladimir Poutine, sous la direction de son fidèle ministre de la défense, Sergueï Choïgou. L’un des plus fermés aussi.
M. Skripal, qui fut membre du GRU, et sa fille ont été empoisonnés au Novitchok, un agent innervant, le 4 mars, à Salisbury (sud de l’Angleterre), où habitait l’ancien agent double. Tous les deux y ont survécu, après des semaines d’hospitalisation.
Détail des mouvements
Mercredi, la police britannique a détaillé les mouvements de deux suspects. Ceux-ci sont arrivés le vendredi 2 mars après-midi à l’aéroport de Gatwick, au sud de Londres. Leurs passeports les nomment Alexander Petrov et Ruslan Boshirov, mais les autorités britanniques, qui ont diffusé leurs photos, pensent qu’il s’agit de faux noms.
Après une nuit dans un hôtel dans l’est de Londres, les deux hommes se sont rendus en reconnaissance le samedi à Salisbury, puis sont rentrés le soir dans le même hôtel de la capitale britannique. Le dimanche, ils sont de nouveau allés à Salisbury, et ont aspergé de poison la poignée de porte du logement de l’ancien agent russe.
Ils transportaient le Novitchok dans une petite bouteille de parfum, dont la photo a été diffusée par la police. Il s’agissait d’un flacon de contrefaçon de Premier Jour, de Nina Ricci, dont le diffuseur avait été modifié. Les deux hommes sont ensuite rentrés à Londres, avant d’aller directement à l’aéroport d’Heathrow et de décoller pour Moscou vers 22 h 30.

        Comprendre :
         

          Qu’est-ce que le Novitchok, poison neurotoxique d’origine soviétique ?



Enquête complexe et intense
Qu’ont-ils fait de la bouteille de parfum ? La police l’ignore, mais celle-ci s’est retrouvée dans un dépôt public destiné à une association caritative de Salisbury. Trois mois et demi plus tard, Dawn Sturgess et son compagnon, Charlie Rowley, l’ont récupérée et emportée chez eux. Mme Sturgess s’est aspergé le poignet de son contenu, et en est morte le 9 juillet. M. Rowley a également été en contact avec le poison, mais il y a survécu.
Depuis mars, la police britannique a mené « une des enquêtes les plus complexes et intenses de [son] histoire », explique Neil Basu, qui dirige la branche antiterroriste de Scotland Yard. Au total, 11 000 heures de vidéosurveillance ont été passées au crible et 1 400 témoignages recueillis. Les preuves accumulées sont désormais suffisantes pour officiellement inculper les deux suspects, notamment de tentative de meurtre et d’utilisation d’une substance chimique interdite.

        Notre reportage sur les lieux du crime :
         

          Salisbury, charmante cité anglaise empoisonnée par le Novitchok



Haussement d’épaule russe
La Russie interdit dans sa Constitution l’extradition de ses ressortissants. Le Royaume-Uni n’a donc pas demandé officiellement à Moscou de lui remettre les deux hommes. « Ce serait futile », dit Mme May. En revanche, un mandat d’arrêt européen a été émis contre les deux suspects. « Si un de ces individus voyage un jour hors de Russie, nous prendrons toutes les mesures pour le détenir, l’extrader et le mettre face à la justice au Royaume-Uni », poursuit la première ministre.
Moscou a réagi par un haussement d’épaule. « Nous venons juste d’entendre deux noms, ou de les lire, mais ces noms ne me disent rien personnellement rien, comme à vous je pense, déclare Youri Ouckakov, conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, cité par l’agence d’information Ria Novosti. De plus, selon Scotland Yard ces noms sont supposés fictifs. Je ne comprends pas pourquoi cela a été fait et quel genre de signal envoie le côté britannique. C’est difficile à comprendre. »
Au-delà de ses accusations sévères et précises, Mme May n’a pas annoncé de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie. Elle rappelle avoir expulsé vingt-trois diplomates peu après le début de l’affaire. Vingt-huit autres pays, ainsi que l’OTAN, ont aussi expulsé plus de cent cinquante diplomates, « la plus grande expulsion collective jamais réalisée », selon elle. L’arsenal législatif a aussi été renforcé en mai, permettant de saisir les biens ou l’argent de personnes responsables de violation des droits humains (« clause Magnitski »). Les Etats-Unis ont récemment annoncé de nouvelles sanctions financières contre la Russie.
Mme May se contente pour l’instant de « continuer à faire pression pour que toutes les mesures sur lesquelles nous nous sommes mis d’accord soient entièrement appliquées ». Cela inclut notamment la création d’un nouveau régime européen de sanction pour l’utilisation d’armes chimiques. Londres a demandé une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur cette affaire pour informer les quatorze autres membres de l’avancée de l’enquête.

Le GRU, une agence de renseignements aux méthodes brutales
En visant le GRU, la première ministre britannique met la lumière sur une agence de renseignement russe qui relève du ministère de la défense, et qui est moins connue que le FSB, l’ex-KGB. Dans le livre Aquarium, paru en Grande-Bretagne en 1985 (Hamish Hamilton, non traduit), Viktor Souvorov en fait une description terrifiante. Ancien cadre, recruté dans l’armée, Vladimir Bogdanovitch Rezun, de son vrai, nom y décrypte ainsi le surnom, « Aquarium », donné au QG du GRU par ceux qui y travaillaient. « Quelles sortes de poissons nagent ici ? » demande-t-il à son supérieur. « Une seule — des piranhas », lui répond ce dernier.
Puis Viktor Souvorov, qui deviendra lui-même un transfuge en Grande-Bretagne en 1978, raconte avoir dû visionner la vidéo d’un homme brûlé vif, un ex-colonel qui aurait trahi les siens. « La loi chez nous est simple, entrée pour 1 rouble, sortie pour 2, écrit-il. Cela signifie qu’il est encore plus difficile d’en sortir que d’y entrer. »
Fondé en 1918, le GRU, rival du service des renseignements extérieurs russe (SVR) a fait peau neuve en 1992, après la chute de l’URSS. Réputé brutal, il s’est distingué à de nombreuses reprises, en plus de sa mission de renseignement sur l’armement, par l’élimination « d’ennemis de l’Etat » à l’étranger, notamment de plusieurs indépendantistes tchétchènes. Ses forces spéciales, les Spetsnaz, ont également participé aux opérations en Afghanistan, en Tchétchénie et plus récemment dans la prise de contrôle de la Crimée, la péninsule ukrainienne annexée en 2014, ainsi que dans les combats dans l’est de l’Ukraine. Ses forces sont aussi présentes en Syrie, et ont combattu, par exemple, pour la reprise de Palmyre aux djihadistes.
Depuis deux ans, le GRU a surtout fait parler de lui dans l’affaire de l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016, qui a abouti à la victoire de Donald Trump. En juillet, à la demande du procureur spécial Robert Mueller, qui enquête aux Etats-Unis sur cette ingérence, douze agents du GRU ont ainsi été inculpés d’avoir piraté les ordinateurs du Parti démocrate américain. Sous divers noms, comme APT28, des groupes de hackeurs seraient directement pilotés par l’organisation militaire russe.



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