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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Cet homme est accusé d’être derrière plusieurs attaques informatiques, dont celles contre Sony Pictures en 2014 et contre des hôpitaux britanniques en 2017.
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Les Etats-Unis inculpent un Nord-Coréen pour des opérations de piratage « sans précédent »

Cet homme est accusé d’être derrière plusieurs attaques informatiques, dont celles contre Sony Pictures en 2014 et contre des hôpitaux britanniques en 2017.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 19h10
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 20h33
    |

            Martin Untersinger








                        


Les Etats-Unis viennent de mettre un nom sur trois des plus médiatiques cyberattaques de ces dernières années. La justice américaine a inculpé, jeudi 6 septembre, un Nord-Coréen, Park Jin-hyok, pour avoir participé à ce qu’elle décrit comme une opération de piratage « sans précédent ». Selon elle, ce programmeur informatique et plusieurs complices sont responsables de l’attaque qui a visé Sony Pictures, en 2014, du plus gros « cybercasse » de l’histoire, qui a vu s’évaporer 81 millions de dollars en 2016, et enfin de WannaCry, un programme informatique virulent qui a perturbé en 2017 le fonctionnement des hôpitaux britanniques.
Après une enquête d’ampleur — 100 mandats d’arrêts produits afin d’examiner un millier de comptes e-mail et les réseaux sociaux — la justice américaine est convaincue d’avoir identifié les hommes derrière le fameux groupe de pirates Lazarus. Un lien avait déjà été établi entre ce groupe et la Corée du Nord par des entreprises spécialisées et par le gouvernement américain, mais c’est la première fois que la justice établit un lien entre ces trois événements majeurs et met un nom sur un responsable présumé.
En 2014, le piratage de Sony Pictures
Le piratage de Sony Pictures est son premier fait d’armes. Le 24 novembre 2014, tous les ordinateurs du studio de cinéma américain avaient été paralysés par un virus informatique. Sur les écrans, un squelette grimaçant et un message : « Nous continuerons jusqu’à ce que nos demandes soient accordées. Nous avons obtenu toutes vos données internes. »
De fait, dans les semaines qui avaient suivi, ces fameuses données — films encore inédits, contrats, documents de négociations, données personnelles de célèbres acteurs — avaient été publiées en ligne. Plus étonnant, les pirates avaient expliqué, quelques jours plus tard, avoir agi pour répliquer au film parodique The Interview. Alors sur le point de sortir en salles, il dépeignait un complot ourdi par les Etats-Unis pour assassiner un leader nord-coréen ressemblant trait pour trait à Kim Jong-un.
Les autorités américaines avaient ensuite directement mis en cause la responsabilité de Pyongyang. Le président américain de l’époque, Barack Obama, avait pris l’initiative, peu commune pour une cyberattaque, de convoquer une conférence de presse pour tancer la dictature nord-coréenne. En guise de première réplique, le gouvernement avait ensuite prononcé des sanctions contre plusieurs ressortissants et organes nord-coréens.

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Le « cybercasse »
Selon la justice américaine, Park Jin-hyok est aussi l’un des responsables du fameux « cybercasse » à 81 millions de dollars. Des pirates sont parvenus, en infectant un ordinateur appartenant à la banque centrale du Bangladesh, à passer de faux ordres de virement et réaliser ce qui est encore aujourd’hui le plus gros casse informatique de l’histoire.

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Là encore, des entreprises spécialisées avaient fait le lien entre le groupe Lazarus et les responsables du casse. Une conclusion qui, à l’époque, avait étonné : il était très rare que des pirates étatiques soient motivés par l’argent. Une stratégie qui s’explique, pour Lazarus, par la très grande précarité économique dans laquelle se trouve la Corée du Nord.
L’épisode WannaCry
Enfin, la justice américaine accuse Park Jin-hyok d’être derrière WannaCry. Ce logiciel avait déferlé sur des milliers d’ordinateurs de par le monde au printemps 2017. Il s’agissait d’un rançongiciel, un virus qui bloque l’accès à un ordinateur et propose de le déverrouiller contre une rançon.

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                Rançongiciel WannaCry : les Etats-Unis incriminent la Corée du Nord



Ce virus avait touché de nombreuses entreprises. Le cas le plus dramatique concernait les hôpitaux britanniques, dont le fonctionnement avait été fortement perturbé. En décembre dernier, les autorités de plusieurs pays dont les Etats-Unis avaient soulevé la responsabilité de Pyongyang.
Il y a peu de chance que cette inculpation débouche sur une arrestation. Mais ce n’est au fond pas l’objectif premier de la justice américaine : en désignant des coupables – elle a fait de même depuis 2014 avec des pirates chinois, iraniens et russes – elle espère décourager de futures attaques. Notamment en faisant peser pour le restant de la vie des pirates le risque d’une arrestation ou d’une extradition sitôt qu’ils se trouveraient à portée des Etats-Unis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le journaliste d’investigation Olivier van Beemen revient sur les compromissions et dérives du groupe néerlandais en Afrique.
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Entretien

« Au Nigeria, Heineken a formé des prostituées pour booster ses ventes »

Le journaliste d’investigation Olivier van Beemen revient sur les compromissions et dérives du groupe néerlandais en Afrique.

Pierre Lepidi
    



LE MONDE
              datetime="2018-09-06T18:45:32+02:00"

        Le 06.09.2018 à 18h45






    
Publicité pour une bière produite par une filiale de Heineken à Lagos, au Nigeria, en 2002.
Crédits : PIUS UTOMI EKPEI / AFP


Les Africains raffolent de la bière, qu’elle soit brune ou blonde et même s’ils en boivent proportionnellement moins qu’ailleurs dans le monde. Les sociétés brassicoles, qui comptent sur le développement de la fameuse classe moyenne africaine, le savent et se frottent les mains. Car grâce à des coûts de production plus faibles que sur d’autres continents, la bière rapporte en Afrique près de 50 % de plus qu’ailleurs. Certains marchés, comme le Nigeria, sont parmi les plus lucratifs du monde.

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                Enquête sur le marché de la bière en Afrique



Heineken, deuxième brasseur mondial, est présent sur le sol africain depuis plus d’un siècle et dispose aujourd’hui d’une cinquantaine de brasseries réparties dans seize pays. Après un premier ouvrage sur le groupe néerlandais en 2015, le journaliste d’investigation Olivier van Beemen, collaborateur du Monde Afrique, publie Heineken en Afrique, une multinationale décomplexée (éd. Rue de l’Echiquier). Son enquête montre des pratiques immorales et douteuses en termes de management, de marketing et de développement.
Vous avez enquêté dans douze pays d’Afrique. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris ?
Olivier van Beemen J’ai été marqué par l’immense écart qu’il y a entre ce que Heineken prétend être et ce qu’elle est réellement. Cette société prétend participer au développement économique du continent, mais elle y réalise des profits qui sont largement supérieurs à la moyenne. Depuis plus d’un siècle, elle y gagne des milliards. Heineken fait savoir que l’Afrique est un continent difficile, qu’y faire du business est compliqué à cause de l’instabilité politique, du manque de main-d’œuvre et d’infrastructures. Mais tout ce qui est présenté comme un obstacle est en réalité un avantage pour une multinationale. Cela lui permet d’augmenter ses marges et d’influencer plus facilement les gens. En Afrique, Heineken a une politique très cynique.
Vous expliquez que la multinationale a prospéré sur fond de corruption et de soutien à certains régimes, notamment au Rwanda pendant le génocide des Tutsi en 1994…
La multinationale a continué de produire de la bière pendant les massacres. La Primus, la marque produite par Heineken au Rwanda, permettait aux Interahamwe, les milices hutu, d’être ivres. Il suffit de lire Une saison de machettes, de Jean Hatzfeld, pour comprendre à quel point cette bière servait de motivation pendant les tueries et de récompense après. Par ailleurs, Heineken a continué de payer des taxes au régime génocidaire.

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Mais la firme était-elle en mesure de stopper sa production ?
Un porte-parole de Heineken a répondu dans un journal néerlandais de l’époque que cette offre de production répondait à une demande. Plusieurs sources, dont un technicien, m’ont assuré que si Heineken avait réellement essayé de cesser la production au printemps 1994, elle aurait sans doute pu le faire. Mais elle n’a jamais essayé. Jean Louis Homé, directeur Afrique de la société à cette date, a indiqué dans son ouvrage Le Businessman et le Conflit des Grands Lacs qu’il y avait un contact quotidien entre les techniciens rwandais et la direction de la société, alors basée à Goma [en République démocratique du Congo, RDC]. La brasserie n’était pas autonome, livrée à elle-même, comme le prétend aujourd’hui Heineken. Des Rwandais seuls n’auraient pas pu faire tourner la production.
En RDC, vous expliquez que des vendeuses ont été contraintes à des actes sexuels avec des responsables de la société. Sur quelles bases vous appuyez-vous ?
J’ai rencontré plusieurs de ces femmes et même des responsables de l’époque. Par d’autres sources, j’ai également obtenu des documents confidentiels. Il y est écrit que la firme était au courant de ces dérives sexuelles, mais rien n’a été entrepris pour y mettre un terme.

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Vous écrivez aussi qu’au Nigeria des milliers de prostituées ont été formées pour inciter leurs clients à boire des bières de marque Legend…
Festus Odimegwu, le directeur général de la filiale de Heineken au Nigeria dans les années 2000, m’a raconté cette histoire et il en était très fier. Il a en effet boosté les ventes de la marque Legend, alors moribondes, en mettant en place des formations pour les prostituées. Celles-ci devaient expliquer à leurs clients qu’ils seraient sexuellement plus performants en buvant de la Legend plutôt que de la Guinness, sa principale concurrente. Près de 2 500 travailleuses du sexe ont ainsi été formées. Le système était très efficace puisque les barmans percevaient aussi des commissions en fonction du nombre de capsules de Legend qu’ils rapportaient. Cette politique commerciale est toutefois assez répandue en Afrique.
Vous décrivez les liaisons dangereuses qui existent parfois entre Heineken et certains gouvernements. Peut-on dire qu’elles sont fréquentes ?
Heineken préfère rester en dehors des affaires politiques. C’est risqué en termes d’image et en cas d’alternance du pouvoir, les affaires peuvent se compliquer. Mais il peut y avoir des cas particuliers. L’exemple le plus flagrant est celui du Burundi. Dans ce pays, Heineken possède 59 % du capital de la brasserie locale Brarudi et l’Etat détient le reste. En 2015, le président Pierre Nkurunziza a remis son sort entre les mains de la Cour constitutionnelle pour obtenir le droit de se présenter à un troisième mandat. Il a alors nommé Charles Ndagijimana, le président de la Cour, au sein du conseil d’administration de la brasserie. Puis, lorsque la Cour a rendu un avis positif concernant le troisième mandat, M. Ndagijimana a été propulsé président du conseil d’administration de Brarudi, où il perçoit environ 30 000 euros pour quatre réunions annuelles. Quand j’ai interrogé Roland Pirmez, directeur Afrique de Heineken, sur cette affaire, il m’a répondu : « Nous avons émis des réserves mais nous n’avons rien pu faire de plus. »

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Des millions de litres de bière sont consommés chaque soir dans les bars et les maquis. L’économie africaine en profite-t-elle ?
Oui, mais pas à la hauteur de ce qu’elle devrait. Heineken pratique l’optimisation fiscale grâce à une agence basée en Belgique et uniquement destinée au continent. Cette société nommée Ibecor [pour International Beverages Corporation] est un prestataire logistique. D’anciens employés m’ont expliqué qu’elle facturait parfois dix fois plus cher certains services. Cette surfacturation permet de rapatrier des bénéfices en Belgique afin qu’ils ne soient pas taxés en Afrique.
La parution de votre livre a-t-elle eu des conséquences pour Heineken ?
La première conséquence est la suspension d’un partenariat avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Une banque a également décidé de ne plus investir dans la multinationale. Mais il n’y a aucune ouverture d’enquête judiciaire à ce jour. Il faut savoir que Heineken a une très bonne réputation aux Pays-Bas. Les Néerlandais ont de l’affection pour cette marque populaire qu’ils considèrent comme un véritable fleuron de leur industrie.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le 20 août, le « New York Times » rapportait que l’actrice aurait payé ce jeune acteur, qui souhaitait la poursuivre pour une agression sexuelle remontant à 2013.
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Asia Argento affirme que c’est le jeune acteur qui l’a agressée sexuellement, et non l’inverse

Le 20 août, le « New York Times » rapportait que l’actrice aurait payé ce jeune acteur, qui souhaitait la poursuivre pour une agression sexuelle remontant à 2013.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 18h33
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Nouvelle version et nouvelles accusations, dans l’affaire qui oppose Asia Argento et Jimmy Bennett. L’actrice italienne, l’une des principales accusatrices du producteur déchu Harvey Weinstein et figure de proue du mouvement #metoo, elle-même accusée d’avoir agressé sexuellement le jeune acteur Jimmy Bennett, incrimine à son tour ce dernier.
Dans un communiqué de trois pages publié sur son site internet, son avocat affirme en effet que, « comme révélé par des textos publiés par [le site d’information people] TMZ, Asia a déclaré “le gamin surexcité m’a sauté dessus… J’ai couché avec lui, c’était étrange” », confirmant la teneur de ces messages qui ont été publiés dans la presse américaine. « Asia a choisi à l’époque de ne pas poursuivre Bennett pour l’avoir agressée sexuellement », précise encore le communiqué.

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« Protéger la réputation d’Asia »
Quid, alors, de l’importante somme d’argent – 380 000 dollars – versée à l’acteur ? L’avocat affirme que M. Bennett, ayant appris la relation l’année dernière entre Asia Argento et le chef cuisinier Anthony Bourdain – qui est mort au mois de juin –, aurait voulu soutirer de l’argent à ce dernier. C’est d’ailleurs le chef cuisinier, et non l’actrice, qui aurait accepté de payer M. Bennett pour « protéger la réputation d’Asia et la sienne » – ce qui prouve, toujours selon son avocat, que l’actrice n’a pas voulu acheter son silence avec un accord.
Le conseil affirme au passage que le versement de cette somme, n’a, d’une part pas intégralement été effectué – 250 000 dollars ont été versés par Anthony Bourdain avant sa mort –, et n’était, d’autre part, pas formellement conditionné au silence du jeune homme.
« Ces déclarations visent à intimider, humilier et insulter mon client », a réagi l’avocat de Jimmy Bennett, interrogé par TMZ.
Accord financier
Le 20 août, le New York Times affirmait qu’Asia Argento avait payé un jeune acteur qui souhaitait la poursuivre pour une agression sexuelle. Ces informations, obtenues de documents chiffrés, indiquent que Mme Argento aurait conclu un accord avec l’acteur américain Jimmy Bennett, selon lequel celui-ci s’engageait à ne pas la poursuivre judiciairement pour une agression remontant à 2013 – époque à laquelle il était mineur.
Au départ, Asia Argento avait nié « avoir jamais eu de relation sexuelle avec Bennett », avant d’expliquer lui avoir versé de l’argent dans le seul but de l’aider à un moment où il était en difficulté. De son côté, Jimmy Bennett avait réagi jeudi 23 août, affirmant ne pas avoir « parlé publiquement de cette histoire au début, car j’ai choisi de le faire en privé avec la personne qui m’a fait du tort. (…) Je ne pensais pas que les gens comprendraient ce qui s’est passé du point de vue d’un adolescent ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Depuis 2011, le compte officiel du royaume était tenu, chaque semaine, par un Suédois différent. Il cessera de publier le 30 septembre.
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Fin du compte Twitter de la Suède, « le plus démocratique du monde »

Depuis 2011, le compte officiel du royaume était tenu, chaque semaine, par un Suédois différent. Il cessera de publier le 30 septembre.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 18h19
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 21h03
    |

            Corentin Lamy








                        



   


C’est une expérience sociale à l’échelle d’un pays qui s’achèvera à la fin de septembre : celle du compte Twitter@sweden, ouvert en 2011 par l’Institut suédois, organisme gouvernemental chargé de la promotion de l’image de la Suède. A partir du 30 septembre, le compte, qui restera accessible, ne sera plus actif.
Depuis le 10 décembre 2011, la gestion de ce compte Twitter était confiée, chaque semaine, à un Suédois (ou à un étranger résident en Suède) différent.
Chacun est libre de s’en servir comme il l’entend, pour dire ce qu’il veut, à qui il veut. Sans censure, ni contrôle — tant que les propos tenus ne tombent pas sous le coup de la loi, ne font pas de publicité pour une marque ou ne représentent pas une menace pour la sécurité.
Ce sont ainsi trois cent cinquante-six femmes et hommes qui se seront ainsi improvisés « community managers » officiels de la Suède. Pour voir sa candidature retenue, trois obligations : être actif sur Twitter, être suédois ou résider dans le pays, et… ne pas proposer sa candidature. Les noms des trois cent cinquante-six Suédois choisis ont en effet été soumis par des pairs, librement, par un simple formulaire sur le site du projet, où il fallait préciser le « lien » du candidat avec la Suède et la raison pour laquelle il intéresserait quelqu’un résidant en dehors du pays. L’idée étant de faire rayonner l’image du royaume à travers le monde.
150 000 abonnés
Deux cent mille tweets plus tard, la mission est-elle accomplie ? Cent cinquante mille abonnés suivent en tout cas aujourd’hui le compte aux commandes duquel se sont succédé blogueurs (Jack Werner, le premier d’entre eux), journalistes, comiques, entrepreneurs, artistes, jeunes, vieux et, surtout, beaucoup d’anonymes — à chaque fois propulsés par l’Institut suédois « seuls administrateurs du compte Twitter le plus démocratique du monde ».
Le site curatorsofsweden.com consacre un court portrait à chacun d’entre eux, et même après le 30 septembre, il sera toujours possible de consulter les archives du compte.
Le but de la manœuvre ? Il s’agissait, selon le site officiel de l’initiative, de « prouver, en pratique, que la Suède est un pays ouvert et démocratique ». Mais, surtout, de faire la promotion du pays, en accord avec la mission de l’Institut suédois. L’entreprise VisitSweden (« Visitez la Suède »), partenaire de l’opération, se félicitait déjà en 2013 que les tweets de ces « vrais » citoyens soient plus relayés que des tweets officiels. Et qu’ils avaient déjà, à l’époque, fait économiser 40 millions de dollars de promotion au gouvernement suédois.
Provocant voire choquant
Il est vrai que @sweden aura fait entendre une voix bien éloignée des canons de la communication institutionnelle. Tour à tour amusant ou barbant, provocant voire choquant, @sweden aura plusieurs fois fait l’actualité.
A l’image de Sonja qui, en juin 2012, décontenance en notant « qu’avant la deuxième guerre mondiale, Hitler était un des plus beaux noms dans le monde ». Avant de confesser qu’en regardant ses enfants, parfois elle se souvient « de l’époque où ils avaient [son] vagin autour du cou ». Mais rien n’avait préparé les réseaux sociaux à cette réflexion sur l’antisémitisme, de la part de cette jeune femme de la Suède rurale : « C’est quoi l’histoire avec les juifs ? On ne voit même pas qu’ils sont juifs, à moins de regarder leur pénis, et encore. »

Whats the fuzz with jews. You can't even see if a person is a jew, unless you see their penises, and even if you do, you can't be sure!?— sweden (@@sweden / Erik)


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Comme Sonja, Sara provoquera aussi des remous, quand elle résumera en 2017 l’esprit suédois en trois points : « Nous ne croyons pas en Dieu, nous préférons l’Etat à notre famille, nous mettons de la confiture sur notre viande », trois assertions qui, chacune à sa façon, ne manqueront pas de susciter une polémique. L’Institut suédois redira pourtant, à chaque fois, sa confiance dans son expérience et sa volonté de n’exercer aucune censure.
Le compte @sweden, sous la plume d’un certain Max, est même allé chercher querelle au président Donald Trump. « Hey Don, c’est la Suède qui te parle ! C’est gentil de t’inquiéter, vraiment, mais ne t’emballe pas : tout va très bien ! ». Le message, qui répondait à un discours alarmiste de Trump sur la Suède et les migrants, a été retweeté plus de quatre cents fois. Cette semaine-là, le nombre de followers de @sweden augmentera de 20 %.

Hey Don, this is @Sweden speaking! It's nice of you to care, really, but don't fall for the hype. Facts: We're ok!… https://t.co/xC83t45Sg9— sweden (@@sweden / Erik)


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Fin prématurée
L’expérience a pourtant bien failli s’arrêter dès 2016, quand des insultes sexistes et racistes à l’encontre du compte @sweden commencent à se multiplier. Henrik Selin, alors responsable du dialogue interculturel au sein de l’Institut suédois, avait laissé entendre que si la mise en place d’un « code de conduite » sur son site ne suffisait pas à faire taire les insultes et les menaces, l’expérience pourrait connaître une fin prématurée.
« On va essayer de faire changer les choses mais si ça ne fonctionne pas, et si le compte continue à être envahi de messages de ce genre, on commencera à réfléchir à l’intérêt de continuer l’expérience. »
@sweden aura pourtant tenu deux ans de plus. Et s’il s’arrête aujourd’hui, c’est, d’après Anna Rudels, responsable du département numérique et communication de l’Institut suédois, tout simplement parce que « tous les projets ont une fin ».
« Après quasiment sept ans, il est temps pour nous d’avancer. Nous allons développer de nouveaux formats, qui nous permettront de toucher encore plus de gens, dans davantage de pays encore. »
Au début du mois, c’est le youtubeur SethEverman qui a offert à @sweden ce qui sera sans doute son dernier coup d’éclat. Pendant une semaine, la popularité du vidéaste et musicien au 1,1 million d’abonnés aura permis au compte Twitter officiel de la Suède de toucher un public plus large que jamais.
Plus sage, l’actuel maître des lieux, Erik, se sert de ses sept jours de notoriété pour raconter sa vie de traducteur, et comparer des dictionnaires aux propriétés amusantes. Ils seront encore trois Suédois à se succéder aux commandes de @sweden, avant que la voix du compte ne s’éteigne définitivement, le 30 septembre.
Ceux que l’exercice fascine pourront alors se tourner vers @ireland : depuis 2012, la République d’Irlande mène en effet une expérience similaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Selon l’ONU, 2,3 millions de personnes ont quitté le Venezuela en quatre ans à cause de la crise économique, sociale et politique qui frappe le pays. Elles cherchent à rejoindre Bogota, Quito ou Lima.
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édition abonné


L’Amérique latine face au flux de migrants vénézuéliens

Selon l’ONU, 2,3 millions de personnes ont quitté le Venezuela en quatre ans à cause de la crise économique, sociale et politique qui frappe le pays. Elles cherchent à rejoindre Bogota, Quito ou Lima.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 18h18
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



                                


                            

Sur les routes de Colombie, le drame des migrants vénézuéliens se poursuit. A Washington, les diplomates du continent s’en inquiètent. A Caracas, le gouvernement de Nicolas Maduro continue de jouer le déni et de dénoncer « un montage ». A Bogota, l’ancien président Alvaro Uribe a demandé aux pays « d’explorer les voies légales pour intervenir au Venezuela ». 
A pied ou en camion, les « marcheurs vénézuéliens », comme les appelle désormais la presse locale, avancent lentement à la recherche d’un nouvel avenir. Ils veulent arriver à Bogota, à Quito ou à Lima. Les visages sont fatigués. Et les valises trop pleines menacent de lâcher. En quatre ans, le PIB du Venezuela a chuté de 40 %. Selon l’Assemblée nationale vénézuélienne — aux mains de l’opposition —, l’inflation du seul mois d’août a atteint 223 %. Selon l’ONU, 2,3 millions de Vénézuéliens ont déjà quitté leur pays, dont 1,6 million depuis 2015.
Nicolas Maduro, qui dit son pays victime « d’une campagne de dénigrement », conteste ces chiffres. Il a affirmé, mercredi 5 septembre, que les Vénézuéliens qui ont quitté le pays « ne sont pas plus de 600 000 » et que « plus de 90 % s’en repentent ». C’est la première fois que le chef de l’Etat chiffre le phénomène migratoire. Sa vice-présidente, Delcy Rodriguez, a dénoncé « ceux qui veulent transformer un flux migratoire normal en crise humanitaire pour justifier une intervention ».
« L’exode des Vénézuéliens est la plus grave crise migratoire que l’Amérique latine ait jamais affrontée », selon Julio Londono, ancien ministre des relations extérieures colombien
A Washington, le Conseil permanent de l’Organisation des Etats américains (OEA), a tenu une session extraordinaire mercredi sur la question des migrants. « Aucun pays ne peut assumer seul cette vague de migrants. Le problème doit être abordé de manière collective », a insisté le secrétaire général de l’OEA,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La CPI s’est déclarée compétente pour déterminer si le traitement des Rohingya par Rangoun relève d’un crime contre l’humanité.
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La Cour pénale internationale pourra juger la déportation des Rohingya en Birmanie

La CPI s’est déclarée compétente pour déterminer si le traitement des Rohingya par Rangoun relève d’un crime contre l’humanité.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 17h46
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 20h50
   





                        



Les déportations de Rohingya relèvent-ils d’un crime contre l’humanité ? La question va pouvoir être tranchée, puisque la Cour pénale internationale (CPI) s’est déclarée, jeudi 6 septembre, compétente pour enquêter sur la déportation de la minorité musulmane en Birmanie.
Des enquêteurs de l’ONU avaient demandé fin août que la justice internationale poursuive le chef de l’armée birmane et cinq autres hauts gradés pour « génocide », « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre » à l’encontre des Rohingya. Des accusations rejetées en bloc par les autorités birmanes. 

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Plus de 700 000 réfugiés au Bangladesh
La requête était juridiquement complexe car la Birmanie n’est pas signataire du statut de Rome, traité fondateur de la CPI. Les juges internationaux pouvaient-ils dès lors juger une affaire qui se déroulait au sein d’un pays qui ne la reconnaissait pas ? La Cour, sise à La Haye (Pays-Bas), a jugé que oui, au motif qu’un « élément du crime, le passage d’une frontière, a eu lieu sur le territoire d’un Etat partie, le Bangladesh » – qui lui est partie au statut de Rome.

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En 2017, plus de 700 000 Rohingya ont fui vers le pays voisin, face aux violences commises par les forces armées birmanes et des milices bouddhistes. Une répression qualifiée par l’ONU de « nettoyage ethnique », et même désormais de « génocide ».
Le gouvernement birman a refusé jeudi de commenter cette annonce, qui pourrait être cruciale dans ce conflit diplomatique qui place Rangoun au ban des nations, et ternit grandement l’image de sa présidente et Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi. La CPI va en effet pouvoir, si elle le souhaite, ouvrir une enquête pour faire la lumière sur le traitement des Rohingya.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La commémoration de l’indépendance a eu lieu en même temps que l’anniversaire de Mswati III, qui gère l’ex-Swaziland comme sa propriété privée.
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Décryptage

L’eSwatini, un demi-siècle et rien à fêter, sauf pour son roi

La commémoration de l’indépendance a eu lieu en même temps que l’anniversaire de Mswati III, qui gère l’ex-Swaziland comme sa propriété privée.

Par                                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)




LE MONDE
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        Le 06.09.2018 à 17h33

     •
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        Mis à jour le 06.09.2018 à 17h42






    
Le roi du Swaziland, Mswati III, à Lobamba, le 31 août 2015.
Crédits : GIANLUIGI GUERCIA / AFP


Le 6 septembre est un jour férié en eSwatini. Il y a cinquante ans, ce petit Etat d’Afrique australe, coincé entre le Mozambique et l’Afrique du Sud, obtenait son indépendance du Royaume-Uni. Mais dans les rues de l’ex-Swaziland, aucune célébration officielle n’est prévue : le roi Mswati III, dernier monarque absolu d’Afrique, a décidé de les avancer à avril pour les faire coïncider avec son propre 50e anniversaire.
A cette occasion et à la surprise générale, Mswati III a annoncé que le royaume changerait de nom. « A leur indépendance, tous les pays africains ont repris leur ancien nom, celui d’avant la colonisation. Donc à partir de maintenant, le pays s’appellera officiellement le royaume d’eSwatini », a-t-il déclaré le 19 avril. Ce « cadeau » laisse dubitatifs les spécialistes, qui jugent la mesure inconstitutionnelle et estiment son coût à 5 millions d’euros, compte tenu du fait qu’il faut remplacer les panneaux et les inscriptions de tous les bâtiments officiels.

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« Le Swaziland a 50 ans mais nous n’avons absolument rien à célébrer. Le pays est géré comme l’entité privée du roi et de la famille royale », déplore Lucky Lukhele, un opposant en exil installé à Johannesburg, à 350 km de Mbabane, la capitale. Membre du Pudemo, le mouvement de libération swazi, ce militant a quitté son pays en 1998. Il ne peut plus y mettre les pieds sous peine d’être emprisonné.
« Une élection de façade »
L’avocat Thulani Maseko le sait bien : il a fait de la prison entre 2014 et 2015 pour avoir critiqué le système judiciaire. Pour lui, la perspective des élections législatives du 21 septembre n’apporte aucun espoir. « Ce scrutin n’est qu’une élection de façade : les partis politiques sont interdits et le roi choisit le premier ministre et une partie des députés. Il n’y a aucun enjeu », affirme-t-il depuis Mbabane.
L’eSwatini est une monarchie absolue, mais il n’en a pas toujours été ainsi. « Le Swaziland s’est vu servir sont indépendance sur un plateau, personne n’a eu à se battre », rappelle Lucky Lukhele. Les premières années, le pays disposait d’une Constitution inspirée du modèle britannique de Westminster. Mais en 1973, le roi Sobhuza II, avec le soutien du régime sud-africain de l’apartheid, décida de suspendre la Constitution et de gouverner par décrets. Depuis, la vie politique est au point mort. La presse est très fortement contrôlée et les opposants persécutés. « Il suffit de porter un tee-shirt du Pudemo pour être battu à mort par la police », affirme le militant.

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D’apparence calme et paisible, les paysages bucoliques et verdoyants d’eSwatini cachent une société en souffrance et une économie en déliquescence. Le pays a le douzième PIB par habitant d’Afrique, mais les ressources sont concentrées entre les mains de la famille royale et d’une poignée d’entrepreneurs. D’après la Banque mondiale, 63 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Plombées par la sécheresse et la chute des revenus provenant de l’Union douanière d’Afrique australe, les caisses de l’Etat sont vides.
Treize palaces, autant d’épouses
En juin, le gouvernement accusait plus de 200 millions d’euros d’arriérés auprès de ses fournisseurs et luttait pour payer ses fonctionnaires. « Les hôpitaux n’ont plus de médicaments pour traiter les diabétiques, les séropositifs, les tuberculeux. Ce sont juste des salles d’attente avant la morgue », remarque Lucky Lukhele. D’après l’Onusida, l’eSwatini a le plus fort taux de prévalence au monde pour le VIH, soit 27,4 % en 2017.

    
Le roi du Swaziland, Mswati III, à Pretoria, en Afrique du Sud, le 20 août 2017.
Crédits : GULSHAN KHAN / AFP


Au pouvoir depuis 1986, Mswati III ne s’est pas empêché pour autant de célébrer son anniversaire avec faste. En avril, le gouvernement lui a payé un Airbus A340 à 26 millions d’euros pour ses déplacements privés. Les organisations internationales critiquent depuis longtemps son train de vie dispendieux, avec ses treize palaces, sa collection de voitures de luxe et ses escapades à l’étranger. Pour mieux en rire et la dénoncer, le groupe Facebook « Swazi Royal Leeches Lifestyle » (« la vie des sangsues royales swazi ») chronique la vie démesurée de la famille royale et s’amuse à dénombrer le prix de ses coûteuses montres.

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Pour subventionner ses treize épouses et sa vingtaine d’enfants, Mswati III ponctionne chaque année 8 % du budget de l’Etat. Il impose aussi à chaque entreprise désireuse de s’implanter en eSwatini une prise de participation par un fonds souverain qu’il contrôle. La position des reines n’est pas nécessairement à envier : ces dernières années, deux ont fui le pays et l’une est morte d’une overdose en avril. « Non seulement le roi abuse de la nation swazie, mais en plus il maltraite les personnes qu’il prétend aimer », résume Lucky Lukhele.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La ligue de football américain entame sa saison jeudi. Plusieurs diffuseurs ne retransmettront pas le protocole d’avant-match pour éviter de montrer des joueurs genou à terre pendant l’hymne américain.
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Football américain : la saison reprend, la question du boycott de l’hymne pèse toujours

La ligue de football américain entame sa saison jeudi. Plusieurs diffuseurs ne retransmettront pas le protocole d’avant-match pour éviter de montrer des joueurs genou à terre pendant l’hymne américain.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 17h33
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 18h40
    |

            Clément Martel








                        



   


Pour éviter les polémiques, dissimulons la question sous le tapis. Alors que la National Football League (NFL), la ligue professionnelle de football américain, entame dans la nuit de jeudi 6 à vendredi 7 septembre la 99e saison de son histoire, la controverse autour de certains joueurs agenouillés lors de l’hymne américain pour protester contre les violences policières, et les meurtres perpétrés par des policiers, dont sont victimes des Noirs, ne désenfle pas.
La situation est telle que plusieurs diffuseurs des rencontres, ESPN et CBS en tête, ont annoncé, au cours de l’été, avoir choisi de ne plus retransmettre le protocole d’avant-match. Cette décision a été vivement critiquée par Donald Trump, le président américain, qui avait déjà dénoncé à plusieurs reprises, ces deux dernières années, l’attitude des joueurs.

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A l’aube de la troisième saison de ce que les historiens nommeront peut-être un jour « l’ère de la controverse autour de l’hymne » — c’est à l’été 2016 que Colin Kaepernick, ancien joueur des San Francisco 49ers avait, le premier, refusé d’écouter debout l’hymne national —, le football américain ne parvient pas à se dépêtrer de cette crise.
Alors que les champions en titre, les Philadelphia Eagles, ouvrent jeudi la saison face aux Atlanta Falcons, le statu quo que les propriétaires de la NFL pensaient avoir atteint a volé en éclats, pulvérisé par les joueurs, par une nouvelle offensive du locataire de la Maison blanche et par la nouvelle campagne publicitaire de Nike, qui a Colin Kaepernick comme tête d’affiche.
Consensus gelé
En mai, les propriétaires de la NFL, réunis en congrès à Atlanta, pensaient avoir trouvé une solution. Décidés à ne pas revivre la crise de l’automne 2017, où la croisade de Donald Trump contre les « fils de pute » qui s’agenouillent avait enflammé le débat, obligeant la très tiède NFL à prendre la défense de la liberté d’opinion de ses joueurs, les patrons des trente-deux équipes avaient annoncé autoriser les gestes de boycott pendant la Star Spangled Banner… si et seulement si les protestataires restaient au vestiaire.

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Loin de satisfaire les joueurs, dont une minorité avait pris la suite de Colin Kaepernick en s’agenouillant lors des hymnes, cette décision s’est attiré les foudres de la NFLPA (l’association des joueurs NFL), étonnée de ne pas avoir été consultée sur un sujet les concernant. D’autant que les équipes auraient eu libre cours pour sanctionner les éventuels contrevenants.
Résultat, en juillet, les deux parties ont annoncé le gel de la réforme en l’attente d’un accord, pour « permettre la poursuite d’un dialogue constructif ». Mais aucun accord n’a été trouvé avant la reprise de la saison.
Audiences télévisées en baisse
Dans cette affaire, la NFL a tenté de calquer son règlement sur celui de la NBA, la ligue de basket américaine connue pour accompagner les prises de position de ses joueurs. Mais elle a omis de consulter les principaux concernés, là où la NBA avait proposé à ses joueurs de mettre en place un dispositif commun en 2017, aux fins d’éviter des protestations pendant l’hymne.
A la différence de la ligue de basket, considérée comme progressiste depuis les années Obama — voilà deux ans, elle avait déplacé son All-Star Game hors de la Caroline du Nord en raison de l’adoption par cet Etat de lois hostiles aux personnes transsexuelles —, la NFL ne s’est jamais engagée de quelque manière que ce soit.
Le football américain est traditionnellement marqué à droite. Par ailleurs, la ligue craint que les prises de position de joueurs ne heurtent la sensibilité du public et ne nuisent à la bonne marche de ses affaires — elle brasse des millions de dollars. Or, depuis deux ans, les audiences télévisées s’effritent (- 7 % l’an passé), ce que ne manque pas de souligner Donald Trump, qui y voit un lien de cause à effet.

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                La NBA joue en défense des minorités



La non-prise en compte de la mesure du mouvement par la Ligue et par son commissaire, Roger Goodell, a suscité les critiques de nombre d’observateurs. Ainsi Tony Dungy, ancien entraîneur reconverti en consultant télévisuel, a estimé que la NFL « pourrait faire un bien meilleur travail en acceptant les revendications des joueurs et en les accompagnant, sans faire de ce sujet une question d’hymne ».
Ce que le réalisateur Spike Lee avait mis en exergue l’an passé en expliquant que « penser que les joueurs NFL protestent contre le drapeau revient à penser que Rosa Parks protestait contre les transports publics ».
Nike attise les braises
La vindicte présidentielle, et ses rafales de tweets, n’a pas cessé ces derniers mois. Engagé dans un chantage au patriotisme qui flatte sa base électorale (« si vous protestez, c’est que vous n’êtes pas de bons Américains »), Donald Trump s’est érigé en défenseur des militaires américains tombés au combat. Et a annulé en juin la traditionnelle visite à la Maison Blanche des champions de l’année, les Philadelphia Eagles, après que plusieurs joueurs eurent exprimé leur intention de ne pas venir.
Parallèlement, le débat sur le bien-fondé de protester en s’agenouillant lors de l’hymne se poursuit dans la société américaine. Deux jours avant le deuxième anniversaire du premier geste de Colin Kaepernick, à la fin du mois d’août, un candidat démocrate au Sénat — pour les élections de mi-mandat — a estimé qu’il n’y avait « rien de plus américain » que ce geste pacifique.
Au début de cette semaine, une imposante virgule est venue attiser les braises. En choisissant de faire de Colin Kaepernick l’une des têtes d’affiche de sa campagne célébrant les trente ans de son slogan « Just do it », Nike, qui est par ailleurs l’équipementier officiel de la NFL, a réenclenché la machine.
Le joueur, sans club depuis plus d’un an et engagé dans un combat judiciaire contre la NFL, qu’il accuse de s’être liguée pour ne pas le réembaucher, est l’un des trois visages (avec le basketteur LeBron James et la tenniswoman Serena Williams) de la campagne « Croyez en quelque chose. Même si cela signifie tout sacrifier ».
Ce choix a fait chuter l’action de la multinationale de l’Oregon en Bourse, a déclenché une nouvelle colère présidentielle et a suscité des réactions de fans outrés ou enthousiastes. Cette campagne de communication, lancée à deux jours de la reprise de la NFL, est loin d’être anodine. Cette année encore, le sport risque de ne pas avoir la part belle.

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          Super Bowl : tout comprendre au football américain






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Il n’y a jamais eu autant de femmes candidates que pour ce scrutin décisif. Elles ne miment plus les comportements des hommes et affichent leur féminité comme un argument électoral. Un phénomène lié à #metoo et à l’arrivée au pouvoir de Trump ?
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le conseil des prud’hommes, qui estime les gains à « plusieurs milliers d’euros », a jugé que M. José Z. avait « nécessairement réalisé des bénéfices », ce qui est interdit par Blablacar.
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Un salarié, licencié pour covoiturage avec une voiture de fonction, est débouté en appel

Le conseil des prud’hommes, qui estime les gains à « plusieurs milliers d’euros », a jugé que M. José Z. avait « nécessairement réalisé des bénéfices », ce qui est interdit par Blablacar.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h23
   





                        



   


Fin de parcours pour le salarié José Z. La cour d’appel de Rennes a reconnu le bien-fondé du licenciement de ce salarié, à qui avait été reproché le fait d’utiliser sa voiture de fonction pour effectuer des trajets de covoiturage sur Blablacar.
Le jugement, prononcé le 31 août, infirme la décision du conseil des prud’hommes de Nantes, rendue en juillet 2016, qui avait considéré le licenciement comme étant sans cause réelle et sérieuse. Mais la cour d’appel, qui estime les gains à « plusieurs milliers d’euros », a jugé que le salarié, M. José Z., avait « nécessairement réalisé des bénéfices », ce qui est interdit par le site Blablacar, tandis que l’assurance de son entreprise ne couvre pas les personnes transportées par covoiturage.
« Le fait pour un responsable d’agence de pratiquer le covoiturage avec un véhicule de fonction à l’insu de son employeur en l’exposant à un risque compte tenu de l’absence de couverture de cette activité par l’assureur constitue une faute justifiant le licenciement. »
29 000 euros en première instance
Le salarié effectuait régulièrement des trajets reliant Bordeaux à Nantes pour son entreprise de conseil. La société avait fait constater le covoiturage par huissier avant de licencier M. Z. par un courrier du 11 mars 2015.
Le salarié avait reconnu les faits – qui duraient depuis trois ans –, estimant toutefois la sanction disproportionnée. Il avait contesté son licenciement, obtenant gain de cause devant les prud’hommes, qui avaient condamné son entreprise à lui verser 29 000 euros de dommages et intérêts.
Malgré un jugement favorable, M. José Z. avait fait appel pour tenter de faire reconnaître son statut de salarié protégé, ayant été élu au comité d’entreprise le 12 mars 2015. Il réclamait en appel, à titre principal, la reconnaissance de la nullité du licenciement ainsi que plus de 300 000 euros de dommages et intérêts pour « violation du statut protecteur » et « rupture vexatoire du contrat de travail ». L’entreprise avait également fait appel pour demander la reconnaissance du bien-fondé du licenciement.
Dans son arrêt, la cour d’appel a débouté le salarié de ses demandes, estimant que rien ne permettait d’établir que l’employeur connaissait l’imminence de la candidature de M. Z. au comité d’entreprise lorsqu’elle l’avait reçu en entretien préalable de licenciement le 5 mars.
Cette décision de la cour d’appel de Rennes pourrait faire jurisprudence. « C’est la première décision rendue en la matière en France », a témoigné Jean-Bernard Michel, l’avocat de l’entreprise, auprès de France Bleu :
« La justification, c’est que l’usage est professionnel et doit rester uniquement professionnel, même si une voiture de fonction peut être utilisée par le salarié pour des déplacements privés, mais uniquement hors de son temps de travail. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Mercedes Bresso, vice-présidente du groupe socialiste au Parlement européen, dénonce dans une tribune au « Monde » les propos tenus par Christophe Castaner le 4 septembre contre ce qu’il tient pour une « anomalie démocratique ».
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édition abonné


Non, le « Spitzenkandidat » n’est pas « une anomalie démocratique »

Mercedes Bresso, vice-présidente du groupe socialiste au Parlement européen, dénonce dans une tribune au « Monde » les propos tenus par Christophe Castaner le 4 septembre contre ce qu’il tient pour une « anomalie démocratique ».



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h19
    |

Mercedes Bresso (Députée européenne, vice-présidente du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates)







                        



                                


                            

Tribune. L’intérêt supérieur de la nation est bien trop souvent incompatible avec les intérêts des citoyens européens. Les intérêts des partis politiques aussi. C’est ce que je constate avec regret depuis trop d’années à Bruxelles. Et la tendance s’aggrave comme le montrent les crises migratoire et écologique.

Pour moi, fédéraliste européenne italienne et socialiste depuis maintenant plus de cinquante ans, j’ai vécu l’élection d’Emmanuel Macron avec espoir. Son discours fort et prometteur sur l’Union, le déploiement de drapeaux européens lors de ses meetings, ses déplacements en Europe et ses entretiens polyglottes étaient à mes yeux autant de signes du retour de la France dans la position de leadership au sein de l’Union européenne, ce dont nous avons tant besoin aujourd’hui.
Stupeur
Bien que les engagements pris notamment avec Angela Merkel à Meseberg, les listes transnationales ou un véritable budget pour la zone euro agrémenté d’un contrôle démocratique de notre avenir économique commun peinent à trouver une concrétisation, je tiens à saluer un discours volontaire sur l’Europe, qui va à rebours des mouvements d’extrême droite qui veulent nous ramener à de terribles situations de repli dangereuses pour les citoyens de l’Europe. Il suffit de voir la situation dans mon pays, en Italie, pour comprendre que si nous nous laissons aller à penser que ces partis sont inoffensifs, les conséquences seront gravissimes.

Le discours de la Sorbonne d’Emmanuel Macron a été remarquable, car il reprenait en grande partie ce que nous socialistes et sociaux-démocrates au Parlement européen défendions depuis toujours : des institutions européennes plus démocratiques, un parlement qui puisse clairement exprimer la voix des citoyens européens, sans être compromis uniquement par des intérêts nationaux naturellement divergents, et un cap pour une Union de la protection des personnes et de la souveraineté partagée.

Quelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’enquête de l’institution a conclu que le rachat « ne réduirait pas la concurrence sur le marché de la diffusion numérique de musique en continu. »
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Apple autorisée par la Commission européenne à racheter Shazam

L’enquête de l’institution a conclu que le rachat « ne réduirait pas la concurrence sur le marché de la diffusion numérique de musique en continu. »



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 16h38
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 17h33
   





                        



   


La Commission européenne a donné, jeudi 6 septembre, son accord au projet de rachat par Apple de l’application mobile Shazam, qui permet d’identifier des chansons, estimant qu’il ne réduirait pas le choix des consommateurs de musique en streaming :
« Au terme d’une analyse approfondie des données musicales de Shazam et de ses données concernant les utilisateurs, nous avons conclu que leur acquisition par Apple ne réduirait pas la concurrence sur le marché de la diffusion numérique de musique en continu. »
Cette décision fait suite à une enquête approfondie concernant le projet de rachat de Shazam par Apple.

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Services complémentaires
Apple exploite Apple Music, deuxième plus grand service de diffusion de musique en continu en Europe, derrière Spotify. De son côté, Shazam exploite l’application de reconnaissance musicale la plus utilisée dans l’espace économique européen ainsi qu’à l’échelle mondiale. L’enquête a ainsi conclu qu’Apple et Shazam proposaient pour l’essentiel des services complémentaires et ne se faisaient donc pas concurrence.
Par ailleurs, l’institution rappelle que « six autres enquêtes de phase II sur des concentrations sont en cours : le projet d’acquisition d’Aurubis Rolled Products et de Schwermetall par Wieland, le projet acquisition de MKM par KME, le projet d’acquisition de Gemalto par Thales, le projet d’acquisition d’Alstom par Siemens, le projet d’acquisition de l’activité nylon de Solvay par BASF et le projet d’acquisition de Tele2 NL par T-Mobile NL ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Agé de 81 ans et affaibli par les séquelles d’un AVC, le président n’a pas fait part de ses intentions pour l’élection présidentielle de 2019.
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Compte rendu

En Algérie, le patronat appelle Bouteflika à briguer un cinquième mandat

Agé de 81 ans et affaibli par les séquelles d’un AVC, le président n’a pas fait part de ses intentions pour l’élection présidentielle de 2019.


LE MONDE
              datetime="2018-09-06T16:29:22+02:00"

        Le 06.09.2018 à 16h29






    
Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, à Alger, en novembre 2017.
Crédits : RYAD KRAMDI / AFP


La principale organisation patronale algérienne, réputée proche du pouvoir, a appelé le président Abdelaziz Bouteflika à briguer un cinquième mandat lors de la présidentielle prévue en avril 2019, selon un communiqué reçu jeudi 6 septembre par l’AFP.
La question d’une nouvelle candidature du chef de l’Etat, au pouvoir depuis 1999 et détenteur du record de longévité à la tête de l’Algérie, fait l’objet de nombreuses spéculations dans le pays à moins de huit mois de l’élection présidentielle. Agé de 81 ans et affaibli par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC) remontant à 2013 qui ont affecté son élocution et sa motricité, M. Bouteflika n’a pas fait part de ses intentions.

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« Le Forum des chefs d’entreprise [FCE] appelle avec sincérité, respect et déférence notre président à poursuivre son œuvre en se présentant à l’élection présidentielle de 2019 », indique l’organisation patronale algérienne dans un communiqué publié à l’issue de son conseil exécutif tenu mercredi. Le FCE « en appelle » aux « hautes valeurs d’engagement, de patriotisme et de sacrifice envers l’Algérie » de M. Bouteflika.
Opposants inaudibles
Les appels du camp présidentiel à une nouvelle candidature de M. Bouteflika se multiplient depuis avril. Après son parti, le Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique), et son principal allié, le Rassemblement national démocratique (RND), les islamistes du Rassemblement de l’espoir de l’Algérie (TAJ), autres alliés, ou la centrale syndicale UGTA, l’ancien syndicat unique, ont plaidé en ce sens. En face, les opposants à un nouveau mandat de M. Bouteflika sont pour l’heure peu audibles.

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S’il est candidat, même diminué, la victoire ne devrait pas échapper à celui qui est considéré comme l’artisan de la réconciliation nationale post-guerre civile (1992-2002) et qui a été réélu avec plus de 81 % des voix au premier tour en 2014. Son quatrième mandat (2014-2019) a toutefois été marqué par des difficultés économiques et sociales liées notamment à la chute des prix du pétrole, dont l’Algérie tire 60 % de ses recettes budgétaires.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ A l’instar de celles récentes de Mark Zuckerberg ou Hillary Clinton, députés et sénateurs américains en organisent plus de 800 chaque année.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Une étude du Pew Research Center réalisée après l’affaire Cambridge Analytica met en relief la défiance des 18-29 ans envers le réseau social de Mark Zuckerberg.
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26 % des Américains disent avoir supprimé l’application Facebook

Une étude du Pew Research Center réalisée après l’affaire Cambridge Analytica met en relief la défiance des 18-29 ans envers le réseau social de Mark Zuckerberg.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 15h56
   





                        



   


L’affaire Cambridge Analytica a-t-elle laissé des traces ? Selon une étude de l’institut privé Pew Research Center rendue publique mercredi 5 septembre, 26 % des Américains disent avoir supprimé l’application Facebook de leur smartphone lors des douze mois précédents. 54 % ont par ailleurs changé leurs réglages de confidentialité, 42 % se sont éloignés durant plusieurs semaines du réseau social, et 9 % ont téléchargé l’intégralité des données personnelles collectées par Facebook les concernant. La moitié de ces derniers ont également supprimé l’application.
L’étude, réalisée du 29 mai au 11 juin 2018 sur 4 594 personnes, fait suite à l’affaire Cambridge Analytica. En mars dernier, The Guardian, le New York Times et The Observer ont révélé que cette entreprise de conseil politique proche de Donald Trump a indirectement siphonné des dizaines de millions de comptes Facebook à l’insu de leurs utilisateurs.

        Lire nos explications :
         

          Ce qu’il faut savoir sur Cambridge Analytica, la société au cœur du scandale Facebook



Une tendance plus prononcée chez les jeunes
Selon le Pew Research Center, la tendance est sensiblement plus prononcée chez les 18 à 29 ans (44 % ont supprimé l’appli) que chez les plus de 65 ans (12 % seulement). La méthodologie de l’étude ne permet pas de savoir avec certitude si la suppression de l’application Facebook est directement liée au scandale Cambridge Analytica ou si elle s’inscrit dans un mouvement plus général d’essoufflement du réseau social aux Etats-Unis, où, malgré ses 164 millions de membres, il est de plus en plus concurrencé par Instagram (110 millions selon Statista) – qui appartient à Facebook.
Elle ne permet pas non plus de savoir si ces personnes ont supprimé temporairement l’application – à l’occasion de vacances par exemple – ou définitivement. L’étude ne fait pas non plus état des Américains ayant fermé leur compte Facebook (supprimer l’application ne signifie pas quitter le réseau social).
L’institut s’est par ailleurs intéressé à l’usage du réseau social en fonction de l’appartenance politique. Il conclut que si républicains et démocrates sont également présents sur Facebook, leur perception diffère. « La vaste majorité des républicains pensent que les réseaux sociaux en général censurent les discours politiques qu’ils jugent problématiques », observe Andrew Perrin, chercheur-analyste chez Pew Research.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Selon les informations du « Monde Afrique », Evelyne Decorps devrait être remplacée par Joël Meyer, actuellement en poste en Mauritanie.
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Compte rendu

L’ambassadrice de France au Mali rappelée prématurément

Selon les informations du « Monde Afrique », Evelyne Decorps devrait être remplacée par Joël Meyer, actuellement en poste en Mauritanie.

Cyril Bensimon
    



LE MONDE
              datetime="2018-09-06T15:46:59+02:00"

        Le 06.09.2018 à 15h46

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        Mis à jour le 06.09.2018 à 16h00






    
L’ambassadrice française Evelyne Decorps et le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, à Bamako, le 1er août 2017.
Crédits : SOULEYMANE AG ANARA / AFP


Grand remue-ménage post-électoral à l’ambassade de France au Mali. Alors que les nominations se font en théorie pour trois ans, l’ambassadrice Evelyne Decorps a été, selon les informations du Monde Afrique, rappelée à Paris après seulement deux années passées à Bamako. La décision a été prise au début de l’été, mais la diplomate a été maintenue en fonction pour assurer le suivi du processus électoral ayant abouti à la réélection, contestée par l’opposition, du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) en août. Son retour en France devrait intervenir courant septembre.

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Faut-il voir dans ce rappel une victoire du chef de l’Etat malien, avec qui les relations ont parfois été difficiles ? Pas forcément. Selon nos informations, la mesure a été prise à Paris dans l’optique, dit-on, « d’incarner un nouveau départ, une nouvelle volonté française au moment où IBK entame un nouveau mandat ». En somme, une « nouvelle narration » – un concept cher à Emmanuel Macron –, quand le président français espère obtenir des résultats rapides au Mali alors que l’accord de paix signé en 2015 peine à être appliqué, que les groupes djihadistes démontrent quasi quotidiennement leur résilience et que l’analyse d’un enlisement des soldats français de l’opération « Barkhane » se renforce.
Siège éjectable
Depuis six mois environ, des rumeurs circulaient à Bamako sur le remplacement de Mme Decorps, bien moins en phase avec la présidence malienne que ne l’était son prédécesseur, Gilles Huberson. Si son travail est salué par ses collègues – certains n’hésitant pas à parler d’un rappel « dégueulasse alors que rien ne pouvait lui être reproché » –, l’ambassadrice aurait aussi eu quelques frictions avec des officiers français. Ont-ils milité pour son départ avant d’entamer « un automne mouvementé », comme cela se murmure au Mali ? La question reste entière.

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Personnalité élégante et subtile, tout à la fois franche en privé et mesurée en public, Evelyne Decorps avait occupé entre 2013 et 2016 les fonctions d’ambassadrice au Tchad, un autre poste stratégique au Sahel, où les questions militaires et diplomatiques sont étroitement liées – N’Djamena abritant notamment le poste de commandement pour les 4 500 soldats de l’opération « Barkhane ». Selon nos informations, Mme Decorps devrait être remplacée par Joël Meyer, l’actuel ambassadeur de France en Mauritanie. Afin que son départ ne soit pas interprété comme une sanction, de hautes fonctions dans l’administration publique lui ont été proposées pour la suite de sa carrière.
Quoi qu’il en soit, le fauteuil d’ambassadeur de France au Mali confirme son statut de siège éjectable. Des trois derniers titulaires, seul M. Huberson a été maintenu pendant trois ans. Son prédécesseur, Christian Rouyer, avait été débarqué en 2013 par Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères de l’époque, alors que le gros de l’offensive contre les groupes djihadistes qui occupaient le nord du pays venait à peine de s’achever. Paris pensait alors réduire très rapidement le nombre de ses soldats déployés dans la zone.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ L’homme d’affaires, dont les propos racistes ont été filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, va être expulsé.
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Compte rendu

Au Kenya, un Chinois arrêté pour avoir comparé le président à un « singe »

L’homme d’affaires, dont les propos racistes ont été filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, va être expulsé.


LE MONDE
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        Le 06.09.2018 à 15h16

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        Mis à jour le 06.09.2018 à 15h21






    
Le président kényan, Uhuru Kenyatta à Londres, le 17 avril 2018.
Crédits : DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP


Un homme d’affaires chinois a été arrêté au Kenya après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo où il compare les Kényans et leur président, Uhuru Kenyatta, à des « singes », a déclaré, jeudi 6 septembre, le service de l’immigration de Nairobi. Le ressortissant chinois, identifié comme Liu Jiaqi, va être expulsé. « Son permis de travail a été annulé et il va être expulsé pour racisme », a précisé l’immigration kényane sur son compte Twitter.
Dans une vidéo de deux minutes et demie partagée sur Twitter et d’autres réseaux sociaux, l’homme, qui semble se disputer avec un de ses employés, profère une série d’insultes racistes. « Tous, tous les Kényans… comme un singe, même Uhuru Kenyatta. Tous », l’entend-on dire.

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Après la suggestion d’un employé de « rentrer en Chine », l’homme d’affaires réplique de plus belle en (mauvais) anglais : « Ce n’est pas ma place ici. Je n’aime pas cet endroit, des gens comme des singes, je n’aime pas leur parler, ça sent mauvais, et pauvres et stupides, et noirs. Je ne les aime pas. Pourquoi pas [comme] les Blancs, comme les Américains ? » Il ajoute ne rester au Kenya que parce que « l’argent est important ».
Des internautes ont réclamé qu’il soit poursuivi, et pas seulement expulsé du Kenya. Un porte-parole de l’ambassade de Chine au Kenya, Zhang Gang, a assuré à l’AFP que l’extrait vidéo date de juin. L’homme filmé « a déjà fait l’objet d’une sanction par sa société et s’est excusé auprès de son collègue kényan ». Les propos de cet homme « ne représentent pas l’opinion de la vaste majorité des Chinois », a tenu à ajouter la même source.
Cet épisode n’est pas sans rappeler le tollé qu’avait suscité, en 2017, une exposition dans un musée chinois, intitulée « This is Africa », dans laquelle le photographe Yu Huiping présentait une série de 150 clichés comparant les expressions faciales d’Africains à celles d’animaux – chimpanzés, babouins, lions ou girafes.
Descente de police
Ce n’est pas la première fois que des Chinois travaillant au Kenya sont accusés de racisme. Il y a trois ans, un petit restaurant chinois de Nairobi avait été fermé par les autorités et son propriétaire poursuivi pour refuser de servir les Noirs après 17 heures.
Cette année, ce sont des Kényans travaillant sur une nouvelle voie de chemin de fer construite par la Chine entre Mombasa et Nairobi qui ont accusé du personnel et des cadres chinois de racisme et discrimination. Le gouvernement a toutefois rejeté les accusations dans le cadre de cet important projet d’infrastructure de 3,2 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros).

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L’incident impliquant l’homme d’affaires chinois survient au lendemain d’une descente de police au siège africain de la chaîne de télévision chinoise CGTN, à Nairobi, dans le cadre d’une opération visant les étrangers en situation irrégulière. Plusieurs journalistes ont été brièvement interpellés. L’ambassade de Chine a exprimé sa « préoccupation » après une série d’incidents où des Chinois en situation régulière ont été emmenés au poste de police pour des vérifications.
« L’ambassade de Chine au Kenya a protesté officiellement auprès des responsables kényans, et les personnes concernées ont toutes été libérées le jour même », a déclaré jeudi Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères. « Le Kenya a reconnu des manières inadaptées en matière d’application de la loi et s’est excusé. Il a promis d’améliorer le comportement de ses agents de police sur le terrain afin d’éviter la répétition de ce genre de cas », a-t-elle ajouté au cours d’une conférence de presse à Pékin.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La publication de ce texte a lancé , dans la presse américaine et chez « les détectives en ligne », une course pour savoir qui pourrait en être l’auteur.
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Après la tribune anti-Trump du « New York Times », « chasse au traitre » et « jeu de devinettes »

La publication de ce texte a lancé , dans la presse américaine et chez « les détectives en ligne », une course pour savoir qui pourrait en être l’auteur.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 18h59
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



   


Qui a porté un (énième) coup de poignard dans le dos de Donald Trump ? La question agite la presse américaine, jeudi 6 septembre, au lendemain de la publication par le New York Times d’une tribune anonyme d’un haut responsable de son administration, expliquant comment il s’efforçait, avec d’autres, de lutter de l’intérieur contre les « pires penchants » du président américain. L’auteur de ce texte hors du commun, intitulé « Je fais partie de la résistance au sein de l’administration Trump », précise qu’il ne s’agit pas pour lui de soutenir la démarche des démocrates, mais de protéger son pays contre le comportement de son 45e président.
Visiblement furieux contre cette « résistance silencieuse » qui sort de l’ombre et le place en difficulté, le locataire de la Maison Blanche a évoqué dans un tweet lapidaire une « trahison ». La publication controversée de ce témoignage intervient au lendemain de la diffusion d’extraits d’un livre explosif du journaliste d’investigation Bob Woodward, qui dresse le portrait d’un président colérique et paranoïaque, que ses collaborateurs s’efforcent de contrôler, voire de contourner, pour éviter de dangereux dérapages.

        Notre analyse :
         

          Livre incendiaire, tribune à charge… La Maison Blanche en pleine crise de nerfs



« Coup lâche »
De nombreux médias, à l’instar du Washington Post, comparent la tribune anonyme à « un cocktail Molotov », dont le contenu « ne cesse de nous surprendre ». La stratégie poursuivie par l’auteur du texte interroge également certains républicains, comme David Frum, un ancien de l’administration de George W. Bush, qui n’hésite pas à évoquer, sur le site du magazine The Atlantic, une « crise institutionnelle ». « L’auteur vient de précipiter le gouvernement des Etats-Unis dans une tourmente encore plus dangereuse, regrette-t-il. Il, ou elle, a décuplé la paranoïa du président et renforcé son obstination. »
The National Review, revue bimensuelle conservatrice, mais plutôt hostile à Donald Trump, salue de son côté l’existence de cette tribune : « Les sceptiques de droite expriment leur gratitude aux membres de l’administration qui essaient de minimiser les dégâts et de promouvoir des politiques optimales », résume un éditorialiste. Selon The National Review, cette tribune doit « inciter les électeurs républicains à réclamer une attitude responsable de la part du président ».
Plusieurs médias, qu’ils penchent d’un côté ou de l’autre du spectre politique, critiquent l’anonymat de cette tribune, évoquant la « lâcheté » de son auteur. Un éditorialiste du périodique intellectuel et culturel The Atlantic évoque ainsi « un coup lâche ».
Le site de la droite dure américaine Breitbart reprend d’ailleurs ces critiques en lâcheté proférées par certains démocrates ; ce qui lui permet de discréditer la lettre ouverte du New York Times sans être accusé de prendre parti pour Donald Trump. « Le cofondateur d’Intercept et lauréat du prix Pulitzer, Glenn Greenwald, a lui-même décrit le haut fonctionnaire de la Maison Blanche comme un “lâche” inconscient », rappelle ainsi le site d’information, pourtant fervent soutien du président et relais habituel d’informations exagérées ou mensongères.
« Jeu de devinettes »
A la suite de cette tribune, de nombreux médias se sont d’ailleurs lancés dans une « chasse » aux « traîtres » pouvant être à l’origine de cette tribune assassine. « Le jeu de devinettes portant sur l’auteur de cette lettre ouverte risque d’animer les cercles politiques de Washington », avance CNN, qui a dressé une liste de treize personnes potentielles, établie en fonction de « ce que nous savons des différents groupes, des goûts, des aversions, des motivations et des ambitions au sein de l’administration Trump ».
USA Today rapporte que sur les réseaux sociaux plusieurs personnes se demandent « Whodunit », littéralement « qui a fait ça ? » en argot. « Les détectives en ligne ressortent des phrases et des mots particuliers, dans l’espoir de préciser qui pourrait être l’auteur, tandis que d’anciens fonctionnaires de Trump apportent quelques indices », rapporte le quotidien. « Tout le cercle politique de Washington est devenu un jeu d’indices géant : “Colonel Moutarde, dans la salle du cabinet…” », ironise Eamon Javers, journaliste pour CNBC.
De son côté, le site Vox recommande de ne pas se fier à l’analyse du style de l’auteur de la tribune, rappelant avec pragmatisme que le New York Times a pu « retravailler le texte ». Enfin, le site d’informations politiques Politico dresse un parallèle avec une affaire survenue pendant le second mandat de Barack Obama, lorsqu’un « un responsable de l’administration avait été licencié, après avoir tweeté anonymement des ragots internes ».

Dénégations en série chez les responsables de l’administration Trump
A défaut de savoir qui est le mystérieux auteur de la tribune publiée par le New York Times, on peut déjà savoir qui ne l’est pas – ou qui affirme publiquement ne pas l’être. Le premier à s’être manifesté par la voix de son porte-parole, c’est Mike Pence, le vice-président en personne. « Notre cabinet est au-dessus de telles pratiques d’amateur », a déclaré le haut responsable.
Ensuite, c’est le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, qui a affirmé qu’il n’était pas l’auteur du brûlot. Enfin, le directeur du renseignement national, Dan Coats, a lui aussi ressenti le besoin de nier être à l’origine du texte, qualifiant les rumeurs l’incriminant lui ou son adjoint de « clairement fausses ».
Le New York Times a fait savoir que seuls les journalistes travaillant dans la rubrique « éditorial » du quotidien américain sont informés de l’identité du mystérieux auteur de la tribune. Ceux qui couvrent la Maison Blanche n’ont pas été mis au courant.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.
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Infographie : les alliés de Macron et de Orban en Europe

A neuf mois des élections européennes, l’opposition entre les dirigeants français et hongrois n’est pas du goût d’Angela Merkel.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 14h54
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La justice a en partie invalidé l’article qui faisait de l’homosexualité un crime. « La décriminalisation n’est qu’un premier pas », a dit un des juges
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L’Inde dépénalise l’homosexualité, après vingt ans de combat acharné

La justice a en partie invalidé l’article qui faisait de l’homosexualité un crime. « La décriminalisation n’est qu’un premier pas », a dit un des juges



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 20h03
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            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

En Inde, l’homosexualité n’est plus un crime. La Cour suprême indienne a en partie invalidé, jeudi 6 septembre, l’article 377 du Code pénal indien, rédigé en 1861 par les colons britanniques, qui punissait d’emprisonnement « les rapports charnels contre nature ». « La communauté LGBT possède des droits comme les autres, a argué la Cour suprême, les opinions et la moralité de la majorité ne peuvent pas dicter les droits constitutionnels. »
La décision a été prise à l’unanimité par les cinq juges qui composent la cour. « La décriminalisation n’est qu’un premier pas, a déclaré le juge Dhananjaya Yeshwant Chandrachud, la sexualité ne peut pas être réduite à une formulation binaire. » « L’Histoire doit des excuses à la communauté [LGBT] », a ajouté la juge Indu Malhotra. Les chaînes de télévision indiennes qui arboraient le drapeau arc-en-ciel pour l’occasion ont retransmis les pleurs et les hurlements de joie d’une communauté encore abasourdie par un jugement proclamant que « l’homosexualité est complètement naturelle ».
Genres instables et fluides
Lors de leurs plaidoiries, les avocats ont fait de la décriminalisation de l’homosexualité une question d’égalité, et non de morale. Cette « morale » si souvent invoquée pour condamner l’homosexualité a été brandie comme l’un des derniers reliquats de la colonisation britannique, celui de la morale victorienne. Comme en attestent des sculptures, les mythes et les écrits de l’ère précoloniale, les genres étaient souvent représentés en Inde comme instables et fluides, même si la masculinité et la féminité restaient attachées à des stéréotypes. Les dieux Shiva et Vishnu se transforment périodiquement en femme. Et tandis que l’homosexualité est présentée comme un interdit dans certains textes anciens, des hommes s’habillaient en femme pour séduire d’autres hommes.
Les avocats ont ensuite plaidé pour que l’orientation sexuelle...




                        

                        

