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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Après deux semaines d’insultes, jets de pierres et collisions navales, les pêcheurs des deux pays ont renouvelé leur accord sur les conditions de pêche.
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Pêcheurs britanniques et français s’entendent sur la Saint-Jacques

Après deux semaines d’insultes, jets de pierres et collisions navales, les pêcheurs des deux pays ont renouvelé leur accord sur les conditions de pêche.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 20h51
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 21h15
   





                        



Faut-il y voir un armistice dans la guerre de la coquille Saint-Jacques ? Après deux semaines de vives tensions — insultes, jets de pierres, collisions navales… —, les pêcheurs français et britanniques ont annoncé, mercredi 4 septembre, avoir renouvelé leur accord sur la pêche de la précieuse noix de Saint-Jacques dans la baie de Seine.
Selon Gérard Romiti, président du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), des discussions à Londres ont permis de « renouveler l’accord de 2017 » concernant les bateaux de plus de quinze mètres, et d’obtenir « un accord de principe pour les moins de 15 mètres ». Ces décisions se feront en échange de compensations pour les pêcheurs britanniques encore à définir, a ajouté M. Romiti, précisant que les discussions se poursuivraient à Paris dans quarante-huit heures.
Un accord « donnant-donnant »
Pour Pascal Coquet, président de la commission coquillages de pêche, l’accord de principe trouvé mercredi est « donnant-donnant ». « C’est le meilleur des cas pour les deux parties (...) dans la mesure où les Britanniques étaient bien dans leur droit », a-t-il dit à l’issue de la réunion.
Reste à savoir combien de temps cet accord sera valable. Selon Pascal Coquet, l’accord vaut pour la saison de pêche de 2018-2019, tandis que Jim Portus, représentant de l’industrie britannique de la coquille Saint-Jacques durant les négociations, a dit à la presse qu’il ne valait que pour 2018. « Jusqu’à la signature de l’accord vendredi, nous demandons (aux petits bateaux britanniques) d’éviter la zone », a poursuivi M. Portus, prévenant toutefois que l’accord serait « rejeté » si les compensations étaient jugées insuffisantes.

        Comprendre :
         

          Aux origines de la guerre de la coquille Saint-Jacques



Réglementations différentes
Ce différend entre pêcheurs français et britanniques autour des coquilles Saint-Jacques est lié à la différence de réglementation entre les deux pays. En France, la coquille Saint-Jacques ne peut être pêchée que du 1er octobre au 15 mai. Mais les Britanniques et les Irlandais, eux, n’ont pas de dates imposées.
Pour encadrer leur activité et éviter les tensions, un accord, reconductible chaque année, a été conclu en 2013 entre Français et Britanniques pour que ces derniers respectent les mêmes dates de pêche. Mais il ne s’applique pas aux bateaux britanniques de moins de quinze mètres. « Du coup, on en avait régulièrement qui venaient pêcher dans ces eaux. Cela créait déjà des tensions », explique Frédéric Gueudar-Delahaye, directeur de la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture, rattachée au ministère de l’agriculture.

   


Les Français demandent depuis plusieurs années que l’accord soit étendu à ces navires de moins de quinze mètres, sans succès. Pour marquer leur mécontentement, ils ont refusé, cette année, de le signer. Les Britanniques sont donc venus pêcher plus tôt que les années précédentes, et avec de plus gros bateaux, qui ne sont pas autorisés d’habitude.
« Tout le monde est super remonté »
Les Normands ont alors cherché, à la fin d’août, à faire fuir les Britanniques d’un gisement de coquilles Saint-Jacques qu’ils tentent de préserver. Certains navires ont joué aux bateaux béliers en fonçant sur d’autres. Trois embarcations présenteraient des trous dans leur coque. Aucun blessé n’est à déplorer. Le maire du Tréport (Seine-Maritime), Laurent Jacques, a dit craindre, jeudi, que les incidents ne se reproduisent « très vite, car tout le monde est super remonté ».
Français et Britanniques avaient affiché mercredi leur volonté de trouver une solution au conflit, et le ministre de l’agriculture français, Stéphane Travert, avait prévenu la veille que la marine française était « prête à intervenir » pour éviter de nouveaux « heurts ». Mais « les pêcheurs anglais sont plutôt des “Brexiters”, et il faut reconnaître que les tensions se ravivent à l’approche du calendrier de sortie du Royaume-Uni », prévu à la fin de mars 2019, a-t-il ajouté. Le ministre français faisait référence au fait que les pêcheurs britanniques ont majoritairement voté pour le Brexit, afin, espèrent-ils, de récupérer la mainmise sur leurs eaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Dans les coulisses du quatrième reportage de notre série « Contaminations » au Japon, où l’accident nucléaire a contaminé les sols pour des siècles.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Le professeur d’écologie poursuit devant la justice l’Etat japonais et Tepco, l’exploitant de la centrale, afin d’obtenir des indemnités pour les familles qui ont fui après la catastrophe.
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Contaminations : la longue bataille de Yuya Kamoshita pour les victimes de Fukushima

Le professeur d’écologie poursuit devant la justice l’Etat japonais et Tepco, l’exploitant de la centrale, afin d’obtenir des indemnités pour les familles qui ont fui après la catastrophe.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 12h59
    |

            Stéphane Mandard (Fukushima, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est devenu un rituel. A chaque fois qu’il quitte sa maison d’Iwaki pour retourner à Tokyo, Yuya Kamoshita applique rigoureusement la même procédure. D’abord, une bonne douche aux bains municipaux, puis un arrêt à la station-service. Un coup d’aspirateur sur les sièges et les tapis ; un tour de rouleaux pour la carrosserie. Sept ans que dure ce petit manège. Avec toujours la même hantise : rapporter de la poussière radioactive.

Ce jour-là, M. Kamoshita est pourtant reparti avec de la terre contaminée. Il l’a soigneusement prélevée dans un coin de son jardin. Sur une table en bois massif, il a installé son ordinateur portable et une station dernier cri pour mesurer la concentration en becquerels. Après de savants calculs, le verdict tombe : 210 000 Bq/m3. Soit cinq fois plus que la norme. Le prélèvement est méticuleusement glissé dans une pochette en plastique et numéroté. Il pourra servir de pièce à conviction.
Poussières radioactives
Car ce professeur d’écologie de 49 ans est engagé dans une longue bataille judiciaire contre l’Etat japonais et Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima. En 2013, il a créé l’association Protection de la vie des évacués. Elle regroupe une vingtaine de familles qui, comme la sienne, ont décidé de quitter leur domicile de leur propre chef après la catastrophe nucléaire. A la différence des habitants de la zone d’évacuation, limitée à un périmètre de 30 kilomètres autour des réacteurs, ils n’ont pas reçu d’indemnisations. Et ils sont en fin de droit dans les logements sociaux que le gouvernement a mis à leur disposition les premières années suivant l’accident. C’est le cas de M. Kamoshita. Il habite désormais dans un petit appartement à Tokyo avec sa femme et ses deux enfants.

Pour Le Monde, il a accepté de retourner dans sa maison d’Iwaki. Six mois qu’il n’y avait plus mis les pieds. Autour de la grande bâtisse en bois, l’herbe folle a poussé. A l’intérieur, difficile...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ L’exploitant Tepco ne sait pas comment se débarrasser du million de mètres cubes d’eau contaminée au tritium. Alors il la stocke dans d’immenses citernes.
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Contaminations : au coeur du chantier titanesque du démantèlement de la centrale de Fukushima

L’exploitant Tepco ne sait pas comment se débarrasser du million de mètres cubes d’eau contaminée au tritium. Alors il la stocke dans d’immenses citernes.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 12h50
    |

            Stéphane Mandard (Préfecture de Fukushima, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Une immense forêt pousse autour des réacteurs éventrés de la centrale de Fukushima. Une forêt dense, oppressante, où souffle une petite musique entêtante. Un son strident, métallique, module en intensité quand s’engouffre le vent du large. Avant le 11 mars 2011, elle abritait un millier de sakuras, les majestueux cerisiers japonais. Sept ans après l’accident nucléaire, la plupart ont été rasés, remplacés par de gigantesques réservoirs cylindriques. Blancs, gris, bleus, ils se dressent à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du niveau de l’océan Pacifique tout proche et se confondent presque avec les nuances du ciel.

A231A, A231B, A231C… Tous numérotés selon leur emplacement, ils sont près d’un millier. Et il en pousse chaque jour de nouveaux, assemblés sur place ou débarqués par la mer sur des porte-conteneurs. Les citernes servent à stocker un peu plus d’un million de mètres cubes d’eau contaminée dont Tepco, l’exploitant de la centrale, ne sait que faire. Elles sont le pendant de ces millions de sacs de terres contaminées disséminés dans la préfecture de Fukushima dont le gouvernement japonais cherche en vain à se débarrasser.
Chaque jour, environ 140 m3 d’eau douce sont injectés dans les réacteurs 1, 2 et 3 pour refroidir leurs cœurs. Problème, les cuves et les enceintes de confinement ne sont plus étanches. L’eau, chargée en éléments radioactifs, s’écoule et se mélange aux eaux souterraines. Pour limiter la pollution, Tepco, comme les Shadoks, pompent. En amont. En aval. En permanence.
Mais ce n’est pas suffisant. Alors la firme, nationalisée après la catastrophe, a édifié un mur en béton long de près de 900 m et haut d’environ 35 m pour empêcher les écoulements vers l’océan. Pour protéger la nappe phréatique, elle s’est ensuite lancée dans un chantier titanesque : la construction d’un « mur de glace ». A travers un réseau de plus de 1 500 tuyaux enfouis à une trentaine de mètres de profondeur, l’exploitant a pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le nouveau ministre de la transition écologique souhaite des modifications de ce projet contesté de mine aurifère dans le département d’outre-mer.
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Le projet « Montagne d’or » en Guyane devra être repris, prévient François de Rugy

Le nouveau ministre de la transition écologique souhaite des modifications de ce projet contesté de mine aurifère dans le département d’outre-mer.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 12h58
   





                        



C’était l’une des pierres d’achoppement entre Nicolas Hulot, qui s’y opposait, et Emmanuel Macron, qui y est favorable. « Il faudra reprendre, d’une façon ou d’une autre », le projet « Montagne d’or », qui ne peut pas être mené « comme envisagé » en Guyane, a déclaré le nouveau ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, mercredi 5 septembre.
Ce projet de mine d’or « est un des dossiers chauds, comme on dit, qui est sur mon bureau comme sur celui de l’ensemble du gouvernement », a souligné le successeur de Nicolas Hulot sur France Inter.
La Commission nationale du débat public, qui a organisé un débat sur ce projet, va rendre son rapport « dans quelques jours ou quelques semaines ». « Ma conviction est déjà qu’on ne peut pas le faire tel quel. C’est clair et net », a fait savoir M. de Rugy.
« Le débat public a montré à quel point cela suscitait des tensions, des oppositions en Guyane. Il faut reprendre les choses mais en respectant les élus locaux de Guyane qui se sont engagés, en respectant les uns et les autres qui ont travaillé, que ce soit en pour ou en contre. »
Le projet, financé par les multinationales de l’or Nordgold (Russie) et Columbus Gold (Canada) et décrié par les associations environnementales, prévoit l’exploitation à ciel ouvert d’une mine aurifère d’une superficie de 8 km², à partir de 2022, au sud de Saint-Laurent-du-Maroni, en forêt tropicale, via un procédé de récupération de l’or par cyanuration en circuit fermé. Emmanuel Macron, qui y était déjà favorable quand il était ministre de l’économie en 2015, a réitéré sa position en octobre 2017, assurant que ce projet « peut, sur ses fondamentaux, être bon pour la Guyane ».

        Décryptage :
         

          Mines d’or et pollution : pourquoi le projet « Montagne d’or » en Guyane est contesté







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ la Confédération générale des planteurs de betteraves ne déposera pas de recours contre l’interdiction des pesticides « tueurs d’abeilles ».
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Les betteraviers français tournent la page des néonicotinoïdes

la Confédération générale des planteurs de betteraves ne déposera pas de recours contre l’interdiction des pesticides « tueurs d’abeilles ».



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 12h33
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Les pesticides néonicotinoïdes, connus aussi comme les « tueurs d’abeilles », n’ont plus le droit de cité dans les champs français. La décision a été confirmée par le gouvernement français pour une mise en application le 1er septembre. L’interdiction d’utilisation concerne cinq substances dont trois ont déjà été mises à l’index par l’Union européenne.

Une décision mal accueillie par le premier syndicat agricole français, la FNSEA. Lors de sa conférence de presse de rentrée, jeudi 30 août, à la veille de la décision gouvernementale, sa présidente Christiane Lambert, a d’ailleurs brandi la menace. « Nous voulons des dérogations. Les syndicats betteraviers veulent faire recours de la décision auprès du Conseil d’Etat », a-t-elle martelé.
Une annonce qui a pris par surprise le président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), Eric Lainé. « Nous n’allons pas porter plainte », affirme-t-il. Selon lui, « les dérogations n’ont guère de chance d’être accordées ». Même si la loi biodiversité votée en 2016, qui s’applique aujourd’hui à ce sujet sensible des néonicotinoïdes, autorise des dérogations à l’interdiction jusqu’au 1er juillet 2020. Une marge de manœuvre surveillée de près par les associations écologistes.
Le puceron vert, la bête noire
La CGB, qui regroupe 26 000 agriculteurs pour une surface de culture de 475 000 hectares, a bien tenté de se mobiliser pour continuer à planter des semences enrobées de pesticides néonicotinoïdes. En particulier suite à la prise de position de Bruxelles. Mais maintenant, elle se projette sur l’usage d’alternatives. « Notre préoccupation, ce sont les pucerons verts qui transmettent la jaunisse à la plante », explique M. Lainé.
Pour venir à bout de leur bête noire, les planteurs envisagent de recourir à un pesticide qui fait ses preuves dans les cultures de pommes de terre et de betteraves non sucrières. La substance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ L’écologiste pondéré quitte la présidence de l’Assemblée nationale pour succéder au tempétueux Nicolas Hulot.
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François de Rugy, le choix de la tranquillité

L’écologiste pondéré quitte la présidence de l’Assemblée nationale pour succéder au tempétueux Nicolas Hulot.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 11h48
    |

            Rémi Barroux, 
                                Nabil Wakim et 
Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

Un choix par défaut. La Macronie rêvait de Daniel Cohn-Bendit pour effacer le départ de Nicolas Hulot. Ce sera finalement François de Rugy. L’ancien président de l’Assemblée nationale a été nommé ministre d’Etat, chargé de la transition écologique et solidaire, mardi 4 septembre, pour occuper le poste laissé vacant après la démission inattendue de l’ex-animateur d’« Ushuaïa ». Emmanuel Macron a finalement tranché en faveur du député de Loire-Atlantique. Quitte à donner une impression de vieille politique, en choisissant un représentant de « l’ancien monde ».
Pour obtenir les clés de l’hôtel de Roquelaure, François de Rugy a bénéficié de son engagement de longue date pour la défense de l’environnement. Après plus de vingt-cinq ans de militantisme chez les Verts puis à Europe Ecologie-Les Verts (EELV), ses convictions écologistes ne peuvent être mises en doute. Au-delà de son expertise, l’ex-détenteur du perchoir a disposé d’un autre atout majeur : depuis son ralliement à la Macronie, début 2017, il demeure le seul écologiste de poids dans la majorité.

De quoi rassurer l’exécutif. En lui offrant son premier portefeuille ministériel, Emmanuel Macron a souhaité avant tout « jouer la sécurité », selon la formule d’un député La République en marche (LRM). Après l’imprévisible Nicolas Hulot, place à un homme politique expérimenté, rompu aux rapports de force, totalement converti au macronisme. Et donc, a priori, plus stable. « Il ne fallait pas recommencer ce qu’on a connu avec Hulot avec un type incontrôlable qui peut claquer la porte au bout de trois mois », résume un poids lourd de la majorité. Lors de la passation des pouvoirs avec M. Hulot, mardi, sur le perron du ministère, M. de Rugy a d’ailleurs dit vouloir procéder « avec méthode, détermination et persévérance », en inscrivant son action « dans le temps ». Comme s’il avait voulu marquer une différence avec son prédécesseur.
L’élu pâtit d’une image...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ La marque américaine, pénalisée par la « taxe soda » en France, a diminué cet été la taille de ses bouteilles de 1,5 litre et de 2 litres.
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Pourquoi Coca-Cola a-t-il réduit la taille de ses bouteilles ?

La marque américaine, pénalisée par la « taxe soda » en France, a diminué cet été la taille de ses bouteilles de 1,5 litre et de 2 litres.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 17h49
    |

                            Thibaut Faussabry








                        


La nouvelle est passée inaperçue durant quelques semaines. Depuis le début de l’été, des bouteilles plus petites du célèbre soda américain sont commercialisées par les grandes surfaces en France. Comme l’a révélé Libération, se basant sur une information du site spécialisé dans la grande distribution Rayon Boissons.com, Coca-Cola a remplacé ses bouteilles de 1,5 litre et 2 litres par des contenants plus petits, respectivement de 1,25 et de 1,75 litre.
Un prix du litre en augmentation
Une marque peut modifier la taille de ses produits tant qu’elle respecte les législations françaises et européennes. Toutefois, l’étude des journalistes du site Rayon Boissons met en évidence une hausse du prix payé par le consommateur pour un contenant plus petit que ceux commercialisés jusque-là.
D’après les prix relevés en juillet par les auteurs de l’article dans un magasin d’une chaîne de grandes surfaces française, « la bouteille de Coca de 1,25 litre était vendue à 1,19 euro le litre, contre 1,01 euro le litre pour la bouteille de 1,5 litre ». Le site dresse le même constat sur la plate-forme de vente en ligne de cette chaîne de magasins où le pack de 6 × 1,5 l (7,98 euros) était vendu 0,96 euro de moins que le pack de 6 × 1,25 l (8,94 euros).
La « taxe soda » renforcée depuis le 1er juillet
Depuis le 1er juillet, la multinationale américaine doit composer avec le renforcement de la « taxe soda ». Voté en octobre 2017 par l’Assemblée nationale, le texte permet l’application d’une taxation progressive des sodas, indexée sur la quantité de sucre contenue à l’intérieur de celles-ci. Jusque-là, les boissons étaient taxées au même montant, à partir du moment où elles dépassaient un certain seuil de concentration de sucre. Le dispositif porté par le député LRM Olivier Véran a pour « objectif d’aider la santé des enfants », et d’éviter « les risques d’obésité et de diabète de type 2 » en incitant les industriels à réduire « même d’un gramme » le taux de sucre, précisait-il au moment du vote.
Comme l’explique BFM-TV, des marques comme Sprite, Breizh Cola ou Lipton Ice Tea ont décidé de diminuer la concentration de sucre dans leurs boissons en prévision de ce durcissement législatif. Coca-Cola n’a pas changé la recette de sa fameuse boisson et se retrouve donc davantage pénalisé par la « taxe soda » qu’auparavant. Pour justifier la hausse du prix du litre de la boisson gazeuse, Alexandre Poncet, directeur de la communication de Coca-Cola European Partners affirme que « les prix de revente des bouteilles sont déterminés par les enseignes de distribution », sans préciser dans quelle mesure la nouvelle taxation influe sur la stratégie commerciale de l’entreprise.
Néanmoins, la firme américaine a sans doute profité de la diminution de la taille de ses bouteilles rouges pour augmenter le prix de sa boisson phare. « L’entreprise a saisi l’opportunité de ce changement pour augmenter ses prix de vente, jugeant que le consommateur est prêt à payer un prix au litre plus élevé pour un produit plus adapté à sa consommation », avance Yolande Piris, professeuse de sciences économiques et de gestion à l’université Bretagne Sud.



Le « downsizing » ou la diminution des contenants
Coca-Cola n’est pas la seule entreprise à avoir recours à ce procédé de diminution des contenants, également appelé « downsizing ». De nombreux industriels de l’agro alimentaire y ont recours en France. Comme l’explique Ouest-France, depuis 2009, il n’est plus obligatoire pour les industriels de vendre des produits dans un format standardisé (500 grammes ou 1 kg pour les pâtes par exemple). Profitant de cette opportunité, les grandes marques redimensionnent leurs contenants afin de les proposer à des prix similaires à d’autres marques, habituellement moins chères.
Le quotidien régional cite l’exemple de la marque britannique Innocent, qui dans cette optique de concurrence des prix vend ses jus de fruits en bouteille de 900 millilitres au lieu d’un litre. « Cette technique comporte un risque à moyen et long terme car le consommateur peut arrêter d’acheter le produit quand il se rend compte que la quantité est inférieure aux autres », juge Mme Piris
M. Poncet considère que le « “downsizing” est une tendance de fond. Les formats plus petits s’adaptent aux nouvelles habitudes de consommation, expliquant que le changement de taille des bouteilles de Coca-Cola intervient en réponse aux attentes des consommateurs ».
« Aujourd’hui, les consommations sont désormais plus nomades et instantanées, les consommateurs privilégient les achats en petites quantités, quitte même parfois à payer un peu plus cher », ajoute l’enseignante. Les seuls peut-être à se réjouir du choix fait par Coca-Cola de faire payer plus cher une moindre quantité de boisson sont les nutritionnistes et les professionnels de la santé qui luttent pour l’adoption de meilleures habitudes alimentaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le ministère de la santé, du travail et de la sécurité sociale a décrété que des indemnités devraient être versées à la famille de cet employé mort d’un cancer du poumon.
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Le Japon reconnaît pour la première fois que la mort d’un employé de Fukushima est due aux radiations

Le ministère de la santé, du travail et de la sécurité sociale a décrété que des indemnités devraient être versées à la famille de cet employé mort d’un cancer du poumon.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 12h15
   





                        


Plus de sept ans après le séisme de magnitude 9 qui frappa la région du Tohoku le 11 mars 2011, déclenchant un tsunami dévastateur qui fit plus de 18 000 morts et provoqua la catastrophe de Fukushima, les autorités japonaises reconnaissent pour la première fois qu’un employé de la centrale nucléaire de Fukushima est mort des suites d’une exposition aux radiations.
Le ministère de la santé, du travail et de la sécurité sociale a décrété que des indemnités devraient être versées à la famille de cet employé mort d’un cancer du poumon, diagnostiqué en février 2016.
Maladie reconnue chez 4 employés de la centrale
Le quinquagénaire avait passé sa carrière à travailler dans diverses centrales nucléaires du pays, et il était intervenu à la centrale accidentée de Fukushima Daiichi, gérée par la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco), à au moins deux reprises après l’accident de mars 2011. Le ministère de la santé, du travail et de la sécurité sociale avait précédemment reconnu que l’exposition aux radiations était responsable de la maladie de quatre employés de Fukushima.
Des centaines de morts ont été attribuées au chaos des évacuations durant la période de crise en 2011 et aux difficultés et au traumatisme endurés par les personnes déplacées, mais le gouvernement nippon a estimé que les radiations n’étaient nullement en cause. Plus de 160 000 habitants de la région ont dû quitter leurs maisons après l’accident de la centrale.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Ce puissant typhon a traversé l’archipel du sud-ouest au nord mardi, faisant également des centaines de blessés. Il n’est désormais plus qu’une tempête.
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Dix morts au Japon dus au passage du typhon Jebi

Ce puissant typhon a traversé l’archipel du sud-ouest au nord mardi, faisant également des centaines de blessés. Il n’est désormais plus qu’une tempête.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 06h17
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 15h00
   





                        



Onze morts, plus de 300 blessés, de nombreux dégâts matériels et le chaos à l’aéroport du Kansai (préfecture d’Osaka) : le typhon Jebi qui a balayé le Japon mardi 4 septembre restera dans les annales, même s’il est loin d’être le plus meurtrier.
« Ce typhon a provoqué de graves dégâts, particulièrement dans la région d’Osaka », a souligné le premier ministre, Shinzo Abe, qui a promis « les efforts maximum pour traiter la situation et remettre en état les infrastructures ».

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Ce vingt et unième typhon de la saison, dont les vents dans la partie centrale dépassaient 160 km/h et près de 220 km/h en périphérie, a traversé l’archipel du sud-ouest au nord, s’affaiblissant en bout de course. Il n’est désormais plus qu’une tempête au large. Il était classé dans la catégorie des typhons « très puissants », lesquels touchent assez rarement de façon directe le Japon. C’est le premier de ce type accostant sur l’archipel depuis 1993.
Ce ne fut cependant pas, loin s’en faut, le pire de la décennie : en octobre 2013, le cyclone Wipha avait tué 43 personnes, tandis que 82 morts et 16 disparus avaient été enregistrés à la suite du passage d’un autre typhon, Talas, en septembre 2011, année aussi marquée par le séisme et le tsunami de mars.
L’aéroport du Kansai inondé et fermé
La région d’Osaka a été cette fois la plus sévèrement touchée, avec des centaines de maisons en tout ou partie détruites, des poteaux à terre, des arbres arrachés, des toitures envolées (comme à la gare de Kyoto), des grues affaissées ou des véhicules accidentés.
L’aéroport du Kansai, situé en mer sur une île artificielle au large d’Osaka, a été inondé et fermé, avec 3 000 passagers et plusieurs centaines d’employés bloqués à l’intérieur, car le pont reliant les lieux à la terre ferme a été endommagé par un pétrolier qui s’est encastré dedans. Ils ont passé la nuit dans les terminaux, sans électricité ni air conditionné, selon les témoignages donnés à la chaîne de télévision NHK. « Honnêtement, j’ai craint pour ma vie », a confié l’un des salariés affectés.
Mercredi matin, des navettes par ferry véhiculaient tout le monde vers l’aéroport de Kobe, situé plus à l’ouest, car l’aéroport du Kansai, accueillant habituellement 400 vols et 78 000 passagers par jour en moyenne, ne pouvait rouvrir. Cette infrastructure joue également un rôle important dans le transport de marchandises. En tout, plus de 355 entreprises y sont implantées, employant quelque 17 000 personnes.
Dans tout le pays, les compagnies aériennes, qui avaient renoncé à environ 800 vols mardi, en ont encore annulé autour de 160 mercredi, selon les chiffres compilés par la NHK. Le trafic ferroviaire est en revanche à peu près revenu à la normale.
Une année particulièrement difficile
Jusqu’à 2,4 millions de foyers et bâtiments divers ont été privés d’électricité, mais le courant a été rétabli pour une bonne moitié d’entre eux dès les premières heures de la matinée mercredi. Des recommandations et ordres d’évacuation, pas toujours suivis, ont été donnés à 1,2 million de personnes, et 16 000 d’entre elles ont passé la nuit dans des refuges, selon l’agence de presse Jiji.
La suspension par précaution, mardi toute la journée, de nombreuses liaisons ferroviaires dans l’Ouest a incité des entreprises à demander à leurs salariés de rester chez eux et des magasins à fermer, et contribué à minimiser le nombre de blessés et les dommages, selon des experts. Le trafic routier était devenu quasi impossible, les poids lourds se trouvant incapables de résister à la force des vents, et les véhicules légers étant traînés sur des dizaines de mètres ou retournés. Les feux de signalisation ont aussi été malmenés. Quelque 2 000 étaient hors service mercredi matin à Osaka.
Des rafales ont également balayé la région de Tokyo, où quelques dégâts ont été déplorés, avant le retour d’un beau ciel bleu et d’une chaleur étouffante.

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Si l’archipel est régulièrement secoué par des intempéries, cette année a été particulièrement difficile. Il y a deux mois, des pluies record dans le sud-ouest ont provoqué des inondations inédites et des éboulements, qui ont tué quelque 220 personnes. Une étouffante vague de chaleur humide s’est ensuite abattue en juillet sur le Japon, tuant plus de 119 personnes tandis que 49 000 autres ont dû être hospitalisées.
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            data-slide-description="Au port d’Aki, dans la préfecture de Kochi. De nombreux typhons balayent régulièrement l’archipel en été mais seuls deux d’entre eux, aussi puissants que Jebi (en 1991 et en 1993), ont déjà touché le Japon."
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            data-slide-description="L’échafaudage d’un bâtiment en cours de démolition s’effondre, à Osaka, dans l’ouest du pays, mardi 4 septembre."
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            data-slide-description="Des conteneurs se sont écroulés dans la zone portuaire d’Osaka, l’une des plus importantes du pays."
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            data-slide-description="Des piétons à Nagoya. De nombreux habitants de zones inondables ou susceptibles d’être touchées par des coulées de boue ont été appelés à quitter leur logement."
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            data-slide-description="Les autorités ont recommandé aux quelque 1,2 million d’habitants de ces zones de rejoindre des refuges et 16 000 autres ont reçu l’ordre de partir, même si cette injonction n’est pas contraignante."
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            data-slide-description="Sur le pont Seto Ohashi, à Sakade, dans la préfecture de Kagawa."
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            data-slide-description="Des panneaux de circulation et des relais de télécommunications ont été abattus par des vents violents à Osaka."
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            data-slide-description="Dans le centre d’Osaka. De nombreuses liaisons ferroviaires ont été suspendues, dont les trains à grande vitesse Shinkansen reliant la ville à Tokyo."
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            data-slide-description="A Osaka. De grands groupes industriels (Toyota, Honda ou encore Panasonic) ont mis à l’arrêt leurs usines et ont demandé à leurs salariés de rester chez eux."
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            data-slide-description="Un pétrolier de 2 591 tonnes s’est encastré sous un pont reliant l’aéroport de Kansai (construit sur une ile artificielle) au continent, à Izumisano, dans l’ouest du Japon."
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            data-slide-description="L’aéroport international de Kansai est en partie inondé. Les compagnies aériennes ont, par précaution, annulé près de 800 vols."
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            data-slide-description="A Osaka. Il y a un mois et demi, des pluies records dans le Sud-Ouest ont provoqué des inondations inédites et des éboulements qui ont tué quelque 220 personnes. Une étouffante vague de chaleur humide s’est ensuite abattue en juillet, tuant plus de 119 personnes dans le mois tandis que 49 000 autres ont dû être hospitalisées."
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Au port d’Aki, dans la préfecture de Kochi. De nombreux typhons balayent régulièrement l’archipel en été mais seuls deux d’entre eux, aussi puissants que Jebi (en 1991 et en 1993), ont déjà touché le Japon.

Ichiro Sakano / AP
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune, le professeur de développement durable Claude Henry propose des changements radicaux mais nécessaires à notre survie.
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« Trois mesures pour sortir du désastre écologique »

Dans une tribune, le professeur de développement durable Claude Henry propose des changements radicaux mais nécessaires à notre survie.



LE MONDE
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                            Claude Henry (professeur de développement durable et président du Conseil scientifique de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)








                        



                                


                            

Année après année, on espère voir s’amorcer une décroissance des émissions de gaz à effet de serre – et du CO2 en particulier ; année après année, l’espoir est déçu. A ce rythme, il y aura dans moins de vingt-cinq ans une telle accumulation de ces gaz dans la haute atmosphère que la température moyenne de la Terre sera supérieure de plus de 2 °C à ce qu’elle était avant la révolution industrielle, et l’humanité sera confrontée aux désordres majeurs attendus du franchissement de ce seuil. Comme elle n’aura entre-temps pas cessé de gaspiller le capital naturel (diversité biologique, eau douce, air, sols fertiles), dont elle devrait au contraire préserver l’héritage pour des générations à venir plus nombreuses, elle se trouvera complètement désarmée face à un chaos généralisé alimenté par trois facteurs.
Premièrement, des événements météorologiques extrêmes et à répétition, qui saperont la santé des hommes, l’activité économique et la cohésion sociale. Avec, ponctuellement, des records de température entre 45 et 55°C, hypothèse réaliste d’après des simulations réalisées à Météo France, selon Jean Jouzel. Ou sous la menace d’inondations toujours plus fréquentes à l’intérieur des terres et de niveaux de la mer toujours plus élevés sur les côtes ?
Deuxièmement, l’enracinement de maladies jusqu’à présent cantonnées aux pays tropicaux, et sans doute, aussi, de maladies inconnues aujourd’hui. Troisièmement, l’effondrement de l’agriculture, du fait de températures trop élevées, de pénuries d’eau, de la déstructuration des sols et de la destruction de la biodiversité biologique, consécutives à ses propres excès.
Enfin, et peut-être surtout, que restera-t-il de la démocratie, du droit et même de tout sentiment moral lorsqu’il aura fallu choisir entre accepter que l’Europe soit submergée par des dizaines de millions de migrants fuyant des situations encore plus désespérées en Afrique ou en Asie, ou accepter d’utiliser, pour les repousser, tous les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Ce violent typhon, qui a fait au moins dix morts selon un bilan provisoire, est le 21e enregistré cette année dans l’Archipel.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/09/2018
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Le typhon Jebi, nouvel avatar d’un été déréglé au Japon

Ce violent typhon, qui a fait au moins dix morts selon un bilan provisoire, est le 21e enregistré cette année dans l’Archipel.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 19h31
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



Les événements extrêmes frappent le Japon à un rythme sans précédent. Et pour les experts de l’Agence nationale de météorologie (JMA), la responsabilité du dérèglement climatique est indéniable. Dernier phénomène en date, le typhon Jebi, le plus puissant à balayer l’archipel depuis 25 ans, avec des vents atteignant les 220 km/h. Il progressait, mercredi 5 septembre, vers le nord, en direction de l’île russe de Sakhaline, après avoir provoqué d’importants dégâts dans l’Archipel : 10 morts et 340 blessés, selon un bilan provisoire, 570 000 foyers privés d’électricité en fin de matinée, mercredi, dans la région du Kansai (Ouest), 32 000 à Hokkaido (Nord) et des transports fortement perturbés.

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La veille, la violence du phénomène avait notamment provoqué l’inondation de l’aéroport international du Kansai, construit sur un polder. Un pétrolier s’est encastré dans le tablier du pont, désormais impraticable, qui le relie à la terre et notamment à l’agglomération d’Osaka, de sorte que près de 3 000 personnes bloquées dans l’aéroport ont dû être évacuées mercredi par bateau vers l’aéroport de Kobe, situé à une vingtaine de kilomètres.
Températures trop élevées
Jebi est le 21e typhon enregistré cette année par le Centre météorologique régional de Tokyo (dépendant de la JMA), qui gère les informations et les alertes concernant ces cyclones naissant dans le Pacifique Ouest.

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Un chiffre élevé, mais encore loin du record de 1967, quand l’agence de météorologie en avait dénombré 39. L’exception, cette année, tient à leur multiplicité au mois d’août. Cinq typhons se sont formés en cinq jours, entre le 12 et le 16 août. Un sixième a suivi le 18. Jebi est apparu le 27.

   


Tous naissent dans le centre-ouest du Pacifique, au sud-est de l’Archipel. L’enchaînement rapide de leur formation tient, en 2018, à différents phénomènes, à commencer par des températures élevées à la surface de l’océan. Elles ont atteint 30 degrés, dépassant de 0,5 à 1 degré les moyennes de saison. Ces températures élevées favorisent la formation des cumulonimbus, ces nuages massifs pouvant atteindre plusieurs kilomètres d’épaisseur, à l’origine des orages et des typhons.
Pour le Japon, ces calamités s’ajoutent cette année à plusieurs catastrophes exceptionnelles, notamment une intense vague de chaleur en juillet
Outre les températures, la JMA signale l’influence de la mousson indienne. Plus puissante et plus destructrice cette année – les inondations et glissements de terrain ont fait 1 400 morts en Inde –, elle a provoqué des vents d’ouest plus forts que d’habitude qui, au contact des vents d’est soufflant en marge des anticyclones sur le Pacifique, ont favorisé la formation de tourbillons évoluant en typhons.
Une fois formés, ces typhons suivent des routes vers l’ouest. Certains, comme Jebi et avant lui Shanshan et Jongdari, ont atteint le Japon. D’autres se sont orientés vers Taïwan ou le sud de la Chine.
Le réchauffement planétaire en cause
Ces calamités qui frappent le Japon s’ajoutent cette année à plusieurs catastrophes exceptionnelles, notamment une intense vague de chaleur en juillet. Un nouveau record de température a été établi, à 41,1 degrés, le 23 juillet dans la ville de Kumagaya, au nord de Tokyo. Les températures ont dépassé de 2,8 degrés les moyennes saisonnières.
En cause, l’extension à une altitude d’environ 5 000 mètres au-dessus du Japon de l’anticyclone d’Hawaï et celle, à 15 000 mètres, de l’anticyclone du Tibet. Ces deux systèmes de hautes pressions ont comprimé l’air chaud au sol, faisant grimper le thermomètre. « C’est comme si l’archipel japonais s’était retrouvé sous deux couvertures », explique la JMA.

   


Cette chaleur, difficile à supporter en raison d’un taux d’humidité élevé et parce qu’elle ne baissait pas pendant la nuit, a suivi les pluies tombées principalement sur l’ouest du pays début juillet, deux à quatre fois plus importantes qu’en moyenne pour un mois de juillet. Ces précipitations élevées ont fait plus de 220 morts et d’importants dégâts.

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Dans un rapport consacré à ces phénomènes exceptionnels, rendu public le 22 août, la JMA établit un lien entre le réchauffement planétaire et « la tendance à long terme à une intensité accrue des épisodes de précipitations extrêmes observés au Japon et la nette tendance à la hausse des quantités de vapeur d’eau en suspension », et donc au « phénomène des fortes pluies ». L’agence pointe également la responsabilité du dérèglement du climat dans « la canicule extrême ». Sans pour autant faire réagir le gouvernement du premier ministre, Shinzo Abe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Contaminations (4/7). L’accident de 2011, qui n’a fait officiellement aucune victime, a contaminé les sols pour des siècles et brisé la vie des habitants.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Entre le 1er juin 2017 et 31 mai 2018, le nombre d’accidents de chasse a été de 113, contre 143 lors de la saison précédente.
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Chasse : moins de morts mais plus d’incidents en zones périrubaines

Entre le 1er juin 2017 et 31 mai 2018, le nombre d’accidents de chasse a été de 113, contre 143 lors de la saison précédente.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 22h23
   





                        



   


Treize personnes ont été tuées dans des accidents de chasse lors de la dernière saison, a annoncé mardi 4 septembre l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Un chiffre en baisse par rapport à la saison précédente, se réjouit l’organisme, qui s’inquiète toutefois de la multiplication des incidents en milieu périurbain.
Entre le 1er juin 2017 et 31 mai 2018, le nombre d’accidents de chasse a été de 113, contre 143 lors de la saison précédente. « Ce chiffre est le plus bas jamais observé depuis (...) la fin des années 1990 », relève l’ONCFS. Ces accidents, tous par arme à feu, ont fait 115 victimes, dont 17 non-chasseurs. Parmi les 13 personnes tuées, deux d’entre elles n’étaient pas des chasseurs, selon l’ONCFS. En 2016/17, 18 personnes étaient mortes.

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Incidents périurbains en hausse
« La très grande majorité des accidents mortels restent liés à un manquement aux règles élémentaires de sécurité et en particulier au non-respect de l’angle de sécurité de 30°, à un tir sans identification et à une mauvaise manipulation de l’arme », rappelle l’ONCFS. « La majorité des accidents sont intervenus lors d’une chasse collective au grand gibier », écrit l’ONCFS.
Si le nombre d’accidents baisse, en revanche, celui des incidents, c’est-à-dire « des coups de fusil ou de carabine, des balles qui entrent dans des maisons ou des véhicules (...) augmente », a fait savoir Jacques Bouchet. « On est à plus de 100 », a-t-il dit. Ces incidents sont liés à la présence toujours plus grande de sangliers dans des zones périurbaines, « où les chasseurs n’ont pas l’habitude de chasser », a-t-il expliqué, ajoutant que cela « inquiète » l’ONCFS.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Dans sa décision, le tribunal souligne que « d’autres festivals végans ont été organisés dans plusieurs villes de France sans qu’aucun incident n’ait été à déplorer ».
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Le Calais Vegan Festival aura bien lieu, malgré les menaces de « chasseurs et éleveurs »

Dans sa décision, le tribunal souligne que « d’autres festivals végans ont été organisés dans plusieurs villes de France sans qu’aucun incident n’ait été à déplorer ».



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 19h22
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 19h37
   





                        



   


Le Calais Vegan Festival aura bien lieu. Le tribunal administratif de Lille a suspendu, mardi 4 septembre, la décision de la maire de Calais d’annuler un festival végan prévu samedi en raison de menaces proférées par « des chasseurs et des éleveurs ».
Les organisateurs avaient obtenu en avril l’accord de la mairie pour la location d’une salle afin d’y organiser le festival. Mais, « à la suite d’articles de presse relatant les dégradations dont ont été victimes des commerçants spécialisés dans la vente de produits alimentaires d’origine animale » et en raison de « la volonté des représentants de ces professions et d’agriculteurs de manifester et d’organiser un barbecue géant » devant cet événement, le maire de Calais a décidé le 23 août d’annuler l’événement, a relaté le tribunal administratif de Lille dans un communiqué.
« Injonction au maire »
L’association organisatrice et d’autres associations de défense du bien-être animal ont alors « demandé au juge des référés de suspendre la décision du maire de Calais et de lui ordonner de laisser se dérouler cette manifestation ». Dans sa décision, le tribunal souligne que « d’autres festivals végans ont été organisés dans plusieurs villes de France sans qu’aucun incident n’ait été à déplorer ».
En outre, les organisateurs du Calais Vegan Festival, qui doit se dérouler à l’intérieur d’une salle dont l’entrée sera payante, ont prévu de faire appel aux services d’agents de surveillance privés, a fait valoir le tribunal. Le juge a estimé par ailleurs « qu’à supposer même qu’un risque de trouble à l’ordre public existe, la commune de Calais n’établit pas être dans l’impossibilité de remédier à ses troubles ».
Ainsi, le juge des référés a considéré que la décision d’annulation de cet événement constituait « une atteinte grave » et « manifestement illégale » aux « libertés de d’expression, de réunion et du commerce et de l’industrie » et que cette « atteinte » justifie « l’injonction au maire de Calais de laisser se dérouler » le festival.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Très ému lors de sa passation, Nicolas Hulot a déclaré que sa décision de quitter le gouvernement n’était pas une résignation, mais « le signal d’une nouvelle mobilisation ».
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Au moins six personnes sont mortes et 170 ont été blessées sur le passage du typhon Jebi, qui s’est abttu sur le Japon.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Au moins 90 cadavres ont été recensés par l’ONG Eléphants sans frontières.
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Au Botswana, le « pire épisode de braconnage d’éléphants en Afrique »

Au moins 90 cadavres ont été recensés par l’ONG Eléphants sans frontières.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 18h29
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 09h17
   





                        



   


Leurs défenses d’ivoire avaient été méthodiquement arrachées. Au moins 90 cadavres d’éléphant ont été dénombrés par l’ONG Eléphants sans frontières au cours de son dernier recensement aérien de la population de pachydermes du Botswana, conduit fin août en partenariat avec le ministère de la faune sauvage et des parcs nationaux.
« Nous avons commencé notre recensement le 10 juillet, a expliqué mardi 4 septembre le responsable de l’ONG, Mike Chase, « et nous retrouvons chaque jour plus d’éléphants morts ». La plupart ont été tués par « des balles de gros calibre », selon M. Chase, près de points d’eau de la célèbre réserve du delta de l’Okavango, dans le nord de pays. « Il s’agit du pire épisode de braconnage en Afrique dont j’ai jamais été informé », a souligné le défenseur de la faune.

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Rangers désarmés
Ces tueries interviennent quelques semaines après la décision controversée des autorités de Gaborone de désarmer leurs « rangers » spécialisés dans la lutte antibraconnage.Le ministre du tourisme, Tshekedi Khama, a confirmé l’étendue du massacre, et s’est dit « très préoccupé, très inquiet ».
« Nous avons été épargnés par les braconniers pendant longtemps, nous réalisons maintenant à quel point ils sont sophistiqués. (...) Malheureusement, nous apprenons parfois nos leçons de la pire façon. »

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Coincé entre la Zambie et l’Afrique du Sud, le Botswana abrite la plus grande population africaine d’éléphants en liberté, évaluée à encore 135 000 animaux en 2015. La richesse de sa faune en a fait un sanctuaire très prisé des amateurs de safaris haut de gamme et un des pôles de développement de son économie, qu’il protège grâce à un arsenal antibraconnage jusque-là considéré comme exemplaire. Jusqu’au mois de mai, ses rangers étaient ainsi lourdement armés et autorisés à tirer sur les braconniers.
En mai, le gouvernement du nouveau président, Mokgweetsi Masisi, en place depuis le mois précédent, avait ordonné le désarmement de ces unités, sans vraiment expliquer pourquoi. Son prédécesseur, Ian Khama, était considéré comme un défenseur passionné de la faune sauvage de son pays.

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300 000 éléphants tués en dix ans
Le Fonds international pour le bien-être animal (IFAW) s’est dit choqué par l’ampleur du massacre. « Jusque-là, les troupeaux d’éléphants étaient largement laissés en paix au Botswana », a relevé son vice-président, Jason Bell, « mais désormais ils sont dans la ligne de mire des braconniers ». Selon Mike Chase, de l’ONG Eléphants sans frontières, les auteurs de cette vague de braconnage viennent de pays voisins comme l’Angola et la Zambie. « Là-bas, ils ont tué tant d’éléphants qu’ils ont presque disparu », a-t-il souligné.
L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estime que le très rémunérateur trafic de l’ivoire a tué plus de 300 000 éléphants au cours de la dernière décennie en Afrique, faisant chuter leur nombre de 415 000 à 111 000.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Tous les candidats à l’ascension devront déposer leur projet avant de se lancer dans la course.
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La « voie classique » vers le mont Blanc bientôt soumise à des quotas

Tous les candidats à l’ascension devront déposer leur projet avant de se lancer dans la course.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 17h18
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 06h45
   





                        



   


Surfréquentation, accidents, dégradations… Le mont Blanc souffre de sa popularité. Pour enrayer ces difficultés, la mairie de Saint-Gervais (Haute-Savoie) a annoncé, mardi 4 septembre, que son ascension par la voie « normale » serait réglementée dès l’été 2019 pour les alpinistes non accompagnés d’un guide.
« C’est une décision difficile mais une vraie bonne décision, car le mont Blanc n’est pas une course comme les autres. Elle se prépare », a commenté Jean-Marc Peillex, le maire de la commune, d’où s’étire la voie classique vers le géant alpin (4 810 mètres).
214 par jour
Les contours de cet encadrement restent à définir, mais le principe de cette réglementation a été acté par les partenaires concernés – peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix, Fédération française des clubs alpins et de montagne, préfecture de la Haute-Savoie et compagnies de guides, lors de réunions le 30 août et le 2 septembre.
Une autorisation ne pourrait être délivrée par l’office du tourisme de Saint-Gervais que si le ou les candidats à l’ascension sans guide peuvent justifier d’une réservation dans l’un des refuges situés sur l’itinéraire, de plus en plus prisé chaque année. Surtout, un quota de 214 alpinistes autorisés chaque jour à effectuer l’ascension pourrait être acté, a annoncé le maire de Saint-Gervais, confirmant une information du Dauphiné libéré.

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Selon le quotidien régional, chaque candidat devra déposer un dossier présentant son projet d’ascension afin de se voir déliver – ou non – un permis d’accès au mont Blanc et sa réservation aux refuges. Ce permis ne devrait pas devenir payant. « Ce n’est pas une sanction pour les alpinistes, mais simplement du bon sens : nous souhaitons que le nombre de personnes qui partent vers le mont Blanc corresponde au nombre de places disponibles dans les refuges », a justifié Jean-Marc Peillex.
Par ailleurs, le maire de Saint-Gervais a annoncé la possible création d’une « brigade blanche » chargée de faire respecter la nouvelle règlementation au départ du train menant au pied de l’ascension.
« C’est toute la chaîne de réservation, peu adaptée, qui va être revue et centralisée. Avec l’espoir que de nouvelles façons d’aborder le mont Blanc émergeront. »
Chamonix s’agace
L’annonce n’a pas fait que des heureux. La commune voisine, Chamonix, a tôt fait de regretter une décision « non concertée » qui va l’obliger « à prendre des mesures permettant [d’en] gérer les effets négatifs ». Eric Fournier, le maire de la ville, déplore que des « incivilités, inadmissibles et largement médiatisées » aient conduit à l’adoption d’une réglementation « sans que soient mesurées [ses] incidences et [ses] effets de bord sur les autres voies d’accès au sommet » sur lesquelles se reportent les alpinistes exclus de la voie normale.
Le toit de l’Europe, surfréquenté avec quelque 25 000 grimpeurs chaque année, a déjà fait l’objet de restrictions similaires provisoires. En juillet, lors de l’épisode de canicule, des quotas avaient été mis en place en réaction au dégel et à la chute de blocs de pierre.
La saison 2018 a été marquée par de nombreux incidents, dus notamment au nombre important d’alpinistes empruntant cette voie d’accès. Cet été, une mortalité record en montagne a été enregistrée. La situation devrait toutefois rapidement s’améliorer, puisque des premiers refuges devraient fermer pour l’hiver à partir de la mi-septembre.



                            


                        

                        


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