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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La sensibilité des Français aux menaces sur leur pouvoir d’achat correspond à leur sentiment de ne pas décider de leur destin, analyse, dans une tribune au « Monde », l’experte en marketing et comportement du consommateur Bernadett Koles
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« Consommer pour compenser »

La sensibilité des Français aux menaces sur leur pouvoir d’achat correspond à leur sentiment de ne pas décider de leur destin, analyse, dans une tribune au « Monde », l’experte en marketing et comportement du consommateur Bernadett Koles



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 18h00
    |

Bernadett Koles (Professeure de marketing et comportement du consommateur à la Rennes School of Business)







                        



                                


                            
Tribune. La popularité des dirigeants qui se succèdent à la tête de la France semble indexée sur les évolutions du pouvoir d’achat, comme le montre à nouveau la séquence politique actuelle autour du gel des minima sociaux et des retraites, ou de la gestion politique du prélèvement à la source. Cette focalisation de l’opinion a fini par être considérée comme allant de soi. Elle mérite d’être analysée de manière approfondie.
Le niveau absolu du pouvoir d’achat joue peu en réalité sur le contentement individuel
L’obsession du pouvoir d’achat s’ancre dans un sentiment de perte, de déception : « C’était mieux avant ». Les Français ont la perception d’un déclin, oubliant un peu vite que, voici cinquante ans, seulement une famille sur deux possédait une voiture, une salle de bains, ou même des toilettes, une sur sept un téléphone. Un ménage retraité sur trois vivait dans la pauvreté, contre un sur douze aujourd’hui. Le pourcentage de personnes partant en vacances d’été a augmenté de moitié depuis lors.
Les économistes ont contribué à éclairer cet oubli rapide des progrès accomplis. Le niveau absolu du pouvoir d’achat joue peu en réalité sur le contentement individuel, ont-ils montré. C’est la comparaison avec l’entourage et surtout le rythme de l’amélioration qui importent à chacun, au moment où il parle.
Bizarre processus d’autoréparation
Mais ces explications n’épuisent pas le sujet. Les recherches en marketing aident à mieux comprendre. Elles mettent au jour, en effet, les ressorts profonds de la volonté d’acheter, non pas seulement pour assouvir des besoins, mais aussi, et peut-être surtout, pour compenser l’écart entre la situation à laquelle on aspire et celle qui est la nôtre. Sur le plan matériel mais également émotionnel et symbolique.
Lorsqu’on sent son équilibre intérieur menacé, que ce soit par un événement choquant, vécu ou rapporté, une émotion négative, on réagit en tentant de restaurer comme on peut un sentiment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le producteur de musique s’élève, dans une tribune au « Monde », contre l’article 13 de la directive européenne sur le droit d’auteur qui menace l’émergence des futurs jeunes artistes.
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Pascal Nègre : « Ne sacrifions pas la prochaine génération de musiciens »

Le producteur de musique s’élève, dans une tribune au « Monde », contre l’article 13 de la directive européenne sur le droit d’auteur qui menace l’émergence des futurs jeunes artistes.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 16h00
    |

Pascal Nègre (Président de la société #NP spécialisée dans le management d’artistes et président du Label 6&7, ancien président d’Universal Music F...







                        



                                


                            
Tribune. J’ai quelques sérieuses inquiétudes quant aux discussions en cours au Parlement européen autour de la directive sur le droit d’auteur et plus particulièrement de son article 13 [le vote décisif est programmé au Parlement européen le 12 septembre]. Cet article, dans sa rédaction actuelle, impose à toute plate-forme de détecter et de bloquer systématiquement toute mise en ligne par un utilisateur d’un contenu potentiellement protégé par le droit d’auteur (pas uniquement de la musique), sauf lorsqu’un accord de licence a auparavant été conclu avec l’ayant droit ou ses représentants.
Trente-cinq années d’expérience dans l’industrie musicale me portent à croire que cette directive s’avérerait négative pour les artistes, pour l’industrie et, à terme, pour le bien public
Cette disposition qui est très large pourrait en fait avoir un impact négatif sur la création puisqu’elle aboutirait à une certaine forme de censure aveugle, automatique et systématique. Trente-cinq années d’expérience dans l’industrie musicale me portent à croire que cette directive s’avérerait négative pour les artistes, pour l’industrie et, à terme, pour le bien public. La musique a une valeur culturelle unique. Elle nous rapproche, nous rappelle des souvenirs communs et constitue un lien social plus que tout autre type d’art.
Elle a également une valeur monétaire. Je soutiens entièrement les ayants droit et les créateurs qui défendent la protection du droit d’auteur et une rémunération juste. Il est essentiel que les plates-formes se comportent de manière responsable et maintiennent leurs accords avec les labels, éditeurs et sociétés de gestion collective. Cela est indéniable. Mais l’article 13 de la directive européenne sur le droit d’auteur ne prend pas le bon chemin.
Piratage en déclin
Si Internet, et plus précisément le piratage, menaçait, il y a quelque temps, l’industrie musicale d’une mort imminente, les choses ont bien évolué depuis : le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe Nicolas Tenaillon note que lorsque le pape dit qu’ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité, c’est bien plus à l’égard des parents qu’à celui de l’enfant qu’il se montre sévère.
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Sexualités différentes : « Le pape est plus moderne qu’on ne le croit »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe Nicolas Tenaillon note que lorsque le pape dit qu’ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité, c’est bien plus à l’égard des parents qu’à celui de l’enfant qu’il se montre sévère.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 14h26
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 15h03
    |

Nicolas Tenaillon (Professeur agrégé de philosophie)







                        



                                


                            

Tribune. Le pape François a-t-il commis une nouvelle bévue dans l’avion qui le ramenait, dimanche 26 août, de Dublin à Rome ?
Après ses propos tenus à Cracovie en 2016 sur le soi-disant enseignement de la théorie du genre à l’école en France, ses conseils thérapeutiques sur la conduite à suivre avec son enfant s’il manifeste des tendances homosexuelles n’ont pas manqué de faire bondir une bonne partie de la presse du monde entier.
Un symptôme de la mutation des valeurs collectives
Ce tollé a d’ailleurs conduit le Vatican à donner un communiqué rectificatif, deux jours après les faits. Sans excuser une parole qui assimile l’homosexualité à une maladie, il n’est pas inutile de rappeler en quoi la position du pape à l’égard de l’homophobie catholique ordinaire, homophobie que l’on retrouve dans les autres monothéismes, est plus subtile qu’on ne le croit.
La parole du pape sur les « solutions psychiatriques » à apporter à un enfant prétendument déviant s’insère dans un discours complexe qui parle d’abord de sociologie. Le pape soutient que le choix de l’homosexualité augmente lors des « changements d’époque ». Cette idée lui vient probablement de la théorie de son ami mort en 2009 : le philosophe uruguayen Alberto Methol Ferré qui affirmait qu’un « hédonisme libertin » a succédé aux combats idéologiques de la guerre froide.

Pour le pape, l’« augmentation » de l’homosexualité est un symptôme de la mutation des valeurs collectives. Le pape ne conteste pas le fait de l’homosexualité (« Il y a toujours eu des homosexuels et des personnes avec des tendances homosexuelles », rappelle-t-il), mais s’inquiète que la société puisse présenter l’homosexualité comme un choix possible offert à l’enfant.
Non pas qu’il veuille interdire un tel choix en le condamnant moralement (« Qui suis-je pour juger les homosexuels ? », avait-il dit en 2013 lors de son voyage aux Journées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Les récents propos du pape à propos de l’homosexualité, considérée naguère comme une « pathologie », peuvent laisser supposer qu’il n’a pas rompu avec cette ancienne vision, estime, dans une tribune au « Monde », l’historienne Sylvie Chaperon.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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La psychiatrie et l’homosexualité : « Le Vatican semble renouer avec une sombre histoire »

Les récents propos du pape à propos de l’homosexualité, considérée naguère comme une « pathologie », peuvent laisser supposer qu’il n’a pas rompu avec cette ancienne vision, estime, dans une tribune au « Monde », l’historienne Sylvie Chaperon.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 15h23
    |

Sylvie Chaperon (Professeure d’histoire contemporaine à l’université de Toulouse Jean-Jaurès)







                        



                                


                            

Tribune. L’allusion du pape à la psychiatrie qui « peut faire beaucoup de choses » aux jeunes enfants qui se découvrent homosexuels, a beaucoup choqué. Ces propos, tenus le 26 août et qui ont ensuite disparu de la retranscription officielle sur le site du Vatican, ont fait oublier les précédentes injonctions pontificales aux parents d’homosexuels, qui ne doivent « pas condamner », mais « comprendre », « dialoguer », « donner une place ». Ils semblent en effet renouer avec une sombre histoire.
La psychiatrie s’est emparée de l’homosexualité dans la seconde moitié du XIXe  siècle. Dès 1849, le docteur Claude-François Michéa (qui sera fiché comme « pédéraste » par la préfecture de police de Paris) affirme : « L’amour grec doit être considéré comme une déviation maladive de l’appétit vénérien. » Dans le dernier tiers du siècle, les thèses, traités et articles sur « l’inversion sexuelle », telle que nommée par le psychiatre berlinois Carl Westphal, se comptent par centaines, particulièrement dans l’Empire allemand.
Des homosexuels ont contribué à l’élaboration des sciences médicales en racontant leur vie sexuelle aux aliénistes
La théorie à la mode est celle de la « dégénérescence » : des « tares héréditaires » qui se transmettent de génération en génération et expliqueraient une partie des déviances. Les psychiatres différencient alors l’homosexualité acquise, dont l’individu est pleinement responsable, de l’homosexualité innée, héréditaire et présente dès l’enfance.
Est-ce à cette tradition que se réfère le pape dans son distinguo entre enfant et jeune adulte ? Quoi qu’il en soit, dans le contexte répressif de l’époque, la psychopathologie sexuelle a représenté un progrès pour beaucoup d’homosexuels qui risquaient la prison et le déshonneur.
Les Empires allemand ou austro-hongrois, la Russie, le Royaume-Uni, beaucoup d’Etats américains pénalisent alors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Après la démission d’Hulot et le pataquès sur le prélèvement à la source, il devenait urgent pour le président de reprendre la main face à la désaffection de l’opinion et au réveil des oppositions politiques.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Macron et les Français : le temps de l’impatience

Editorial. Après la démission d’Hulot et le pataquès sur le prélèvement à la source, il devenait urgent pour le président de reprendre la main face à la désaffection de l’opinion et au réveil des oppositions politiques.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 12h04
   





                        



   


Editorial. Il devenait urgent, pour le chef de l’Etat et pour le gouvernement, de sortir des violentes turbulences de ces deux derniers mois. Juillet a été empoisonné par l’affaire Benalla, dont l’une des victimes collatérales, et non des moindres, aura été la réforme constitutionnelle, reportée sine die, sinon enterrée.
La rentrée de la fin août a été percutée par la démission fracassante de Nicolas Hulot, emblématique ministre de la transition écologique et solidaire, lassé de jouer les faire-valoir. Et septembre ne s’engageait pas mieux, depuis qu’Emmanuel Macron, lui-même, avait semé la confusion en s’interrogeant à voix haute, quatre mois seulement avant son entrée en vigueur, sur la pertinence de la réforme du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.
Pour un président qui se voulait maître du temps et des événements, affichant sa détermination réformatrice, éperonnant sans cesse le gouvernement et écartant sans hésitation les oppositions, cette succession d’adversités, de contretemps et d’hésitations était en passe de fragiliser en profondeur la cohérence même de son image et de son action.

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                Emmanuel Macron, le statu quo pour sortir de la crise



Il devenait donc urgent de sortir de cette très mauvaise passe et de reprendre la main. C’est à quoi il s’est efforcé, mardi 4 septembre. Depuis une semaine, tout avait été fait pour dédramatiser la défection de Nicolas Hulot. C’est le même souci qui a présidé à son remplacement, poste pour poste, par François de Rugy. A ceci près qu’à un imprécateur utopiste succède un praticien pragmatique. L’un soulignait cruellement la « ligne de faille » entre l’ambition écologique et les contraintes économiques. L’autre entend, au contraire, marier économie et écologie, et faire de celle-ci l’un des moteurs de la croissance de demain.
Le pouvoir exécutif n’avait guère le choix
Les doutes et les commentaires souvent acides qui ont accueilli la nomination de l’ex-président de l’Assemblée nationale témoignent du choc provoqué par le départ de son prédécesseur et de la fébrilité du moment. Ils sont prématurés. L’engagement en faveur de la transition écologique et l’expérience politique, aussi ductile soit-elle, de M. de Rugy sont indéniables. Il sera bien temps de le juger sur pièces. Et cela ne tardera pas puisque – dossier crucial – les choix en matière de politique énergétique sont annoncés pour la mi-octobre. En attendant, le chef de l’Etat et celui du gouvernement peuvent se rassurer de savoir le nouveau ministre en cohérence avec eux.

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                François de Rugy, le choix de la tranquillité



Il devenait tout aussi urgent de sortir du pataquès du prélèvement à la source. Après un dernier arbitrage présidentiel, c’est le premier ministre qui s’en est chargé, mardi soir à la télévision, menant avec sobriété son travail, selon ses termes, de « transformation », de « réalisation » et d’« explication ». La réforme sera bien appliquée au 1er janvier 2019, elle est prête, elle ne présente pas de risque sérieux de mise en route, enfin son effet anxiogène sur les contribuables est abusivement monté en épingle puisqu’elle est, au contraire, destinée à leur simplifier la vie, a-t-il assuré. Rendez-vous dans quatre mois ! En réalité, le pouvoir exécutif n’avait guère le choix : reporter cette réforme ou, pis, y renoncer eût jeté un doute sans doute rédhibitoire sur sa volonté réformatrice.

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                Une semaine de cacophonie gouvernementale autour du prélèvement à la source



Il reste que l’impatience du président à reprendre l’initiative n’a d’égale que l’impatience des Français à mesurer les bienfaits éventuels de sa politique. Edouard Philippe l’a admis sans détour. Emmanuel Macron a lui-même, à plusieurs reprises, souligné qu’il faudrait deux ans pour que la « transformation » engagée produise ses effets. Or, plus le temps passe, plus le doute s’insinue et s’installe, d’autant que les perspectives économiques, hier stimulantes, sont désormais moroses. La désaffection de l’opinion l’atteste, comme les crispations des acteurs sociaux et le réveil des oppositions politiques.
Le chef de l’Etat se targue d’être efficace et demande à être jugé sur ses résultats. Au-delà de la reprise en main qu’il vient d’effectuer, il devient urgent d’en produire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », observe comment Pékin monte en puissance avec une précision et une rapidité qui inquiètent.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« L’image bienveillante d’une Chine se posant en chantre du multilatéralisme a fait long feu »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », observe comment Pékin monte en puissance avec une précision et une rapidité qui inquiètent.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h32
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Chronique. Les plus grandes manœuvres militaires jamais organisées depuis près de quatre décennies, Vostok 2018, vont se dérouler du 11 au 15 septembre dans l’Extrême-Orient russe, avec la participation de quelque 300 000 soldats russes. L’un des objectifs du précédent exercice Vostok, en 2010, était de donner à la Chine une idée de la puissance militaire de la Russie, au cas où l’empire du Milieu aurait eu des velléités expansionnistes.
Pour les généraux à Moscou, observaient à l’époque les experts militaires, la Chine était « la menace dont on ne disait pas le nom ». Huit ans plus tard, Moscou voit Pékin d’un autre œil : cette fois-ci, 3 200 soldats et trente avions chinois participeront aux manœuvres russes. La Chine est passée du statut de menace à celui d’alliée potentielle.
Il n’y a pas qu’à Moscou que le regard sur la Chine a changé. A Paris, dans son discours devant les ambassadeurs, le 27 août, le président Emmanuel Macron a voulu se montrer froidement lucide sur la Chine. Non sans un brin d’admiration : les « nouvelles routes de la soie » constituent, à ses yeux, « l’un des concepts géopolitiques les plus importants des dernières décennies » ; pour autant, il ne faut « céder à aucune fascination coupable ou court-termiste : c’est une vision de la mondialisation hégémonique ».

L’image bienveillante du président Xi Jinping, profitant, en janvier 2017, du choc de l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche pour se poser en chantre du multilatéralisme, a fait long feu. Le monde, depuis, a ouvert les yeux : multilatéralisme, sans doute, mais avec des caractéristiques chinoises, selon l’expression consacrée au parti.
Les affaires sont les affaires
L’une de ces caractéristiques est la générosité que permet un carnet de chèques abondamment approvisionnés. Les Etats africains, dont les dirigeants viennent d’être reçus pour un sommet sino-africain à Pékin, en savent quelque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Marie Charrel revient sur l’annonce du large excédent budgétaire allemand, véritable serpent de mer en Europe, qui sonne comme une provocation pour le président américain.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Les excédents allemands, source de déséquilibre pour l’Europe »

Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Marie Charrel revient sur l’annonce du large excédent budgétaire allemand, véritable serpent de mer en Europe, qui sonne comme une provocation pour le président américain.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 13h20
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Vu d’ailleurs. Du côté des Etats-Unis, l’annonce sonne comme une provocation. Cette année, l’Allemagne devrait enregistrer, une fois encore, le plus large excédent courant de la planète, si l’on en croit les chiffres publiés le 20 août par l’institut de recherche économique IFO. Selon l’influent indicateur munichois, le surplus devrait frôler les 300 milliards d’euros cette année, soit 7,8 % du produit intérieur brut (PIB). Ce sera un peu moins que le record de 2017, mais le pays restera néanmoins sur la première place du podium, devant le Japon et la Chine.
Le sujet fait partie des obsessions de Donald Trump. « Nous avons un énorme déficit commercial avec l’Allemagne. En plus, elle paie bien moins qu’elle ne le devrait pour l’OTAN. Très mauvais pour les Etats-Unis », tweetait-il ainsi déjà, en mai 2017. Pour le président américain, les pays excédentaires sont forcément des tricheurs. Mais les surplus allemands sont aussi un serpent de mer en Europe. En particulier en France, où l’on se complaît régulièrement à accabler nos trop vertueux voisins. Ces derniers temps, même le Fonds monétaire international (FMI) s’est joint à la critique. Mais, en fait, quel est le problème ?
La compétitivité de l’industrie outre-Rhin a en partie été dopée par la modération salariale intervenue dans le pays au début des années 2000
L’excédent allemand a plusieurs sources. Il est d’abord le résultat du dynamisme de l’industrie outre-Rhin. Sa compétitivité a en partie été dopée par la modération salariale intervenue dans le pays au début des années 2000. Le tassement des rémunérations a limité les importations tout en stimulant les exports. Selon une récente note du Trésor français, le phénomène explique au moins un tiers de l’excédent courant actuel.
Mais celui-ci est aussi le fruit de l’énorme excès d’épargne publique et privée du pays d’Angela Merkel, supérieure aux besoins d’investissements internes, si bien que nos voisins placent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Des travaux récents permettent de mieux comprendre les mécanismes cérébraux du comportement addictif vis-à-vis du soleil que l’on nomme « tanorexie ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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La bronzette, drogue parfois dure

Des travaux récents permettent de mieux comprendre les mécanismes cérébraux du comportement addictif vis-à-vis du soleil que l’on nomme « tanorexie ».



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 13h50
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                            Sylvie Chokron (Directrice de recherches au CNRS, Laboratoire de psychologie de la perception, université Paris-Descartes et Fondation ophtalmologique Rothschild)








                        



                                


                            
Carte blanche. Nombreux sont ceux qui ont déjà ­repris le chemin du travail et se voient félicités pour leur bonne mine… Que nous ayons choisi de ne pas quitter notre poste de travail ou que nous ayons multiplié les activités en plein air ou les longs bains de soleil à la mer ou à la montagne, l’aspect de notre peau trahit souvent ce à quoi nous avons occupé nos semaines estivales.
Pour certains, qui se transforment en véritables tournesols, l’attrait du soleil peut virer à l’obsession, et entraîner de ­longues heures d’exposition malgré le danger bien connu que cela représente. Cette ­attitude a souvent été expliquée dans un contexte social. La peau hâlée traduisant un idéal en termes de santé, d’élégance, de ­richesse ou d’exotisme…
Néanmoins, il existe également des explications purement physiologiques permettant de rendre compte de notre goût pour le bronzage. Krystal Iacopetta et ses collègues du Centre de recherche de neurosciences d’Adélaïde ont ainsi récemment tenté de mieux comprendre les mécanismes cérébraux de ce comportement addictif que l’on nomme « tanorexie ». L’Australie est concernée en premier lieu par cette problématique du fait de la nocivité de ses rayons ultraviolets et du taux extrêmement élevé de mélanomes dans sa population, qui est malheureusement le plus important au monde.
C’est peut-être pour cette raison que ces auteurs se sont intéressés au lien direct qui pouvait exister entre le fait de bronzer et l’addiction au soleil. Ils ont ainsi proposé une nouvelle hypothèse basée sur des ­mécanismes neuro-immuns. En premier lieu, l’exposition au soleil provoquerait une inflammation cutanée : le bronzage ou, pour les peaux blanches, le coup de soleil.
Cette réaction inflammatoire entraînerait en retour un mécanisme de signalisation au sein du circuit cortico-mésolimbique, via des neurotransmetteurs connus pour leur implication dans les comportements de dépendance. Il existerait donc un lien ­direct...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans cette chronique, le juriste Jean-Emmanuel Rey revient sur la politique des petits pas choisie par notre législateur pour faire évoluer le modèle social existant entre les plates-formes de services et leurs « tâcherons » 3.0.
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Vers un troisième statut pour les travailleurs 3.0 ?

Dans cette chronique, le juriste Jean-Emmanuel Rey revient sur la politique des petits pas choisie par notre législateur pour faire évoluer le modèle social existant entre les plates-formes de services et leurs « tâcherons » 3.0.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 13h32
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Question de droit social. Visées par des contentieux de plus en plus menaçants pour leur modèle économique reposant sur le refus du salariat et donc du droit du travail, les plates-formes de services (Uber et ses trente-cinq mille chauffeurs, Deliveroo et ses dix mille cyclistes) sont prêtes à faire de gros efforts pour le sauver.
Premier pas, la loi du 8 août 2016 a rappelé à ces « travailleurs indépendants » leur droit de se syndiquer et de cesser collectivement le travail
Par exemple, en proposant déjà gratuitement une assurance responsabilité civile ou accident du travail à leurs travailleurs « indépendants ». Aller plus loin ? Particulièrement positif pour ces tâcherons 3.0, ce comportement de quasi-employeur pourrait cependant être utilisé par ces indépendants pour obtenir aux prud’hommes une requalification en contrat de travail. L’extrême diversité des plates-formes et des conditions concrètes du travail rendant impossible une solution unique (tous salariés ou, à l’inverse, présomption irréfragable de non-salariat), c’est la politique des petits pas qu’a choisie notre législateur.
Premier pas, la loi du 8 août 2016 a rappelé à ces « travailleurs indépendants » leur droit de se syndiquer et de cesser collectivement le travail. Une action à l’efficacité relative, puisqu’ils peuvent être remplacés dans la minute… Deuxième pas, cet été, avec le vote le 1er août de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, sur laquelle le Conseil constitutionnel se prononce début septembre.
Partant d’un principe souvent partagé par les intéressés eux-mêmes : peu importe le flacon (le statut : salarié ou indépendant), pourvu qu’on ait l’ivresse (revenu minimum + protection sociale), la loi propose à ces plates-formes de rédiger une charte opposable prévoyant un revenu décent, des mesures visant à améliorer les conditions de travail et à prévenir les risques professionnels, les garanties en cas de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans cet essai à destination des malades en rémission et des professionnels de santé, Géraldine L. Magnier, conseillère en management, analyse les problématiques et les enjeux lors du retour au travail après la guérison.
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Reprendre son activité professionnelle après la maladie

Dans cet essai à destination des malades en rémission et des professionnels de santé, Géraldine L. Magnier, conseillère en management, analyse les problématiques et les enjeux lors du retour au travail après la guérison.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 13h22
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                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Le cancer touche mille personnes par jour, dont quatre cents ont une activité professionnelle. Plus de la moitié des actifs atteints de cette maladie estiment qu’il est difficile d’en parler en entreprise en 2016, selon le baromètre Cancer@work. Deux millions de personnes vivent aujourd’hui après avoir vaincu le « crabe », dont 35 % étaient en activité au moment du diagnostic, soit environ sept cent mille personnes.
Parmi elles, plus de cinq cent mille ont repris le travail, après des traitements plus ou moins lourds. Quelles sont les problématiques et les enjeux pour la reprise et le maintien en emploi après la maladie ? Comment anticiper, préparer et pérenniser une trajectoire professionnelle ?
Après la maladie, le travail, de Géraldine L. Magnier s’adresse à « chaque malade qui se retrouve un jour dans le tourment de la maladie et face à l’épreuve du retour au travail. Il est écrit pour retranscrire au mieux ce que vous, les malades, ressentez et vivez au plus profond de vous-mêmes : le sentiment d’injustice, de culpabilité, l’incompréhension, la solitude, la colère et la tristesse, la souffrance et la douleur ».
L’ouvrage a été écrit après des heures passées au côté des malades du cancer et s’inspire d’échanges avec plus de deux cent cinquante personnes concernées. Il analyse les problématiques, propose des conseils simples pour reprendre une activité professionnelle et explique les apports d’un accompagnement en coaching, lorsqu’il s’impose. Cet essai s’adresse aux malades en rémission mais aussi aux professionnels du monde médical – médecins, infirmiers – ou de l’accompagnement – assistants sociaux, psychologues, coachs.
Sensibilisation
Géraldine L. Magnier a travaillé douze ans en entreprise et en cabinet de conseil et de formation avant de se former au coaching. Elle s’intéresse à l’après-maladie à la suite d’un vécu personnel : le cancer touche plusieurs de ses proches. L’auteure...




                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-11">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Tout au long de notre vie, des nouveaux neurones renforcent et équilibrent notre mémoire dans notre cerveau. Un phénomène de neurogenèse qui a récemment fait l’objet de débats scientifiques nourris.
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De nouveaux neurones pour apprendre et oublier

Tout au long de notre vie, des nouveaux neurones renforcent et équilibrent notre mémoire dans notre cerveau. Un phénomène de neurogenèse qui a récemment fait l’objet de débats scientifiques nourris.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 10h06
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                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Comment notre cerveau adulte, avec son 1,4 kg de matière grise et blanche, est-il capable d’enregistrer tous les jours de nouveaux souvenirs sans finir par exploser en vol ? Une partie de la réponse vient d’être apportée par une équipe japonaise de l’Université de Toyama, dans une étude portant sur le rat. Cela tiendrait à la neurogenèse, cette étonnante capacité du cerveau à développer de nouveaux neurones jusqu’à un âge avancé, notamment dans une structure cruciale pour la formation de nouveaux souvenirs, l’hippocampe, qui ­répond à ce doux nom en ­raison de sa ressemblance morphologique avec le ­petit cheval de mer.
Polémique autour de la neurogenèse
« Cette étude montre que la neurogenèse dans le gyrus denté – dans la partie dorsale de l’hippocampe – permet d’éviter les phénomènes de saturation de la mémoire. Elle joue aussi bien un rôle dans la formation des nouveaux souvenirs que dans l’oubli. La formation continue de neurones dans un cerveau adulte peut être comparée à la fois à une craie pour écrire sur l’ardoise et à une éponge pour l’effacer », s’enthousiasme Pierre-Marie Lledo, directeur du département de Neuroscience à l’Institut Pasteur, dont l’équipe a ­démontré, en 2012, chez la souris, que la neurogenèse du bulbe ­olfactif améliore la précision de la ­mémoire olfactive.
Tous ces travaux chez les rongeurs sont-ils transposables à l’être humain ? La question est d’autant plus cruciale qu’une véritable polémique sur l’existence ou non de la neurogenèse chez l’homme adulte a éclaté au début de 2018. Pour en saisir toute l’importance, revenons un peu en arrière.
Jusqu’à la fin du XXe siècle, le dogme ­imposé par Ramon y Cajal, prix Nobel de médecine en 1906, est que le cerveau ­humain est bien trop complexe pour qu’il puisse se régénérer. Mais une première étude post mortem en 1998 trouve que des cellules se sont bien divisées en nouveaux neurones chez des ­patients ­atteints de cancer, et ce jusqu’à l’âge de 83 ans.
En 2013,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Plus de cinquante entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire, réclament, dans une tribune au « Monde », l’insertion dans la loi Pacte, discutée à partir du 5 septembre, des mesures favorables au développement de leur secteur.
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Loi Pacte : « Une chance unique de promouvoir de nouveaux modèles de développement »

Plus de cinquante entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire, réclament, dans une tribune au « Monde », l’insertion dans la loi Pacte, discutée à partir du 5 septembre, des mesures favorables au développement de leur secteur.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 10h14
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Alors que Nicolas Hulot, ministre de l’environnement démissionnaire, rappelait justement le 28 août que la situation « au moment où la planète devient une étuve, mérite qu’on se retrouve et qu’on change d’échelle, qu’on change de scope, qu’on change de paradigme », nous, citoyens, épargnants, entrepreneurs, organisations d’utilité publique et consommateurs, nous pensons que le succès de la transition écologique et sociale nécessaire repose sur un nouveau type d’entreprises qui se développent, en préservant le capital écologique et social de l’humanité, et s’appuie sur un modèle économique pérenne qui assure en premier lieu une meilleure répartition des richesses.
Dix ans après la crise des subprimes et la chute de Lehman Brothers, la fortune cumulée des 500 plus riches de France représente 30 % du PIB, contre 10 % en 2009 : les richesses se concentrent, les énergies se raréfient, alors que nous sommes de plus en plus nombreux : pouvons-nous continuer comme cela pour répondre aux besoins de tous, pour faire mieux avec moins ?

Ensemble, nous souhaitons réussir un nouveau défi : accompagner l’émergence et la montée en puissance d’entreprises sociales et écologiques, et favoriser plus largement une réelle dynamique d’engagement de plus en plus d’entreprises qui prennent conscience de cette urgence sociale et climatique pour répondre aux besoins fondamentaux du plus grand nombre et préserver notre planète.
Manque de clarté de l’Etat
Depuis dix ans, nous n’avons pas seulement constaté les externalités négatives du développement économique actuel, nous avons développé des modèles solides économiquement et socialement qui répondent aux enjeux de demain et qui créent de l’emploi partout en France.
Pourtant, aucune incitation claire de l’Etat n’encourage les entreprises qui naissent à choisir des modes de fonctionnement qui parient sur le partage et qui placent au cœur de leur modèle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que, seize mois après le début du quinquennat, les professionnels de la politique ont repris le dessus.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/09/2018
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« Nicolas Hulot pleure la fin de la “disruption”. Au diable l’utopie, place aux réalistes ! »

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », observe que, seize mois après le début du quinquennat, les professionnels de la politique ont repris le dessus.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 19h28
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            Françoise Fressoz (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Il est rare que, le jour d’un remaniement ministériel, on s’intéresse encore aux sortants. Les nouveaux élus sont là pour occuper l’espace, leur mission est d’incarner l’avenir. Et pourtant, mardi 4 septembre, c’est encore et toujours Nicolas Hulot qui tenait la vedette. Nicolas Hulot et « son cœur triste », Nicolas Hulot et ses larmes, Nicolas Hulot vivement applaudi par ses conseillers venus lui faire une haie d’honneur dans la cour du ministère de la transition écologique et solidaire, boulevard Saint-Germain (Paris, 7e).
Jusqu’au bout, l’ancien animateur d’« Ushuaïa » a occupé le devant de la scène écologique à sa façon, spontanée, affective, fragile, contradictoire et pourtant diablement efficace : le porte-drapeau de la transition écologique quitte ses fonctions sur un constat d’échec mais sa cote de popularité est au beau fixe et sa détermination à poursuivre le combat de sa vie reste intacte.

Après cela, son successeur pouvait toujours s’accrocher pour retenir l’auditoire, il avait perdu la bataille des mots, de l’émotion, de l’incarnation. François de Rugy a beau présenter un engagement écologique au-dessus de tout soupçon, il ne sera jamais Nicolas Hulot. Il lui manque ce petit grain de folie, cette part « d’utopie », ce degré de radicalité que revendique haut et fort son prédécesseur et que lui, justement, a toujours fui, lorsqu’il militait au sein d’Europe Ecologie-Les Verts.
Normalisation
Il taxait alors ses compagnons d’irresponsables et préférait, pour faire avancer la cause, la politique des petits pas au côté de François Hollande puis d’Emmanuel Macron, ce qui n’a guère nui à sa carrière. Ainsi, lorsque, promu ministre d’Etat, il évoque « la transformation » écologique, met-il en avant son côté besogneux – « méthode, détermination et persévérance dans le temps » – et c’est comme si, seize mois après le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune, le professeur de développement durable Claude Henry propose des changements radicaux mais nécessaires à notre survie.
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« Trois mesures pour sortir du désastre écologique »

Dans une tribune, le professeur de développement durable Claude Henry propose des changements radicaux mais nécessaires à notre survie.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 15h19
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                            Claude Henry (professeur de développement durable et président du Conseil scientifique de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)








                        



                                


                            

Année après année, on espère voir s’amorcer une décroissance des émissions de gaz à effet de serre – et du CO2 en particulier ; année après année, l’espoir est déçu. A ce rythme, il y aura dans moins de vingt-cinq ans une telle accumulation de ces gaz dans la haute atmosphère que la température moyenne de la Terre sera supérieure de plus de 2 °C à ce qu’elle était avant la révolution industrielle, et l’humanité sera confrontée aux désordres majeurs attendus du franchissement de ce seuil. Comme elle n’aura entre-temps pas cessé de gaspiller le capital naturel (diversité biologique, eau douce, air, sols fertiles), dont elle devrait au contraire préserver l’héritage pour des générations à venir plus nombreuses, elle se trouvera complètement désarmée face à un chaos généralisé alimenté par trois facteurs.
Premièrement, des événements météorologiques extrêmes et à répétition, qui saperont la santé des hommes, l’activité économique et la cohésion sociale. Avec, ponctuellement, des records de température entre 45 et 55°C, hypothèse réaliste d’après des simulations réalisées à Météo France, selon Jean Jouzel. Ou sous la menace d’inondations toujours plus fréquentes à l’intérieur des terres et de niveaux de la mer toujours plus élevés sur les côtes ?
Deuxièmement, l’enracinement de maladies jusqu’à présent cantonnées aux pays tropicaux, et sans doute, aussi, de maladies inconnues aujourd’hui. Troisièmement, l’effondrement de l’agriculture, du fait de températures trop élevées, de pénuries d’eau, de la déstructuration des sols et de la destruction de la biodiversité biologique, consécutives à ses propres excès.
Enfin, et peut-être surtout, que restera-t-il de la démocratie, du droit et même de tout sentiment moral lorsqu’il aura fallu choisir entre accepter que l’Europe soit submergée par des dizaines de millions de migrants fuyant des situations encore plus désespérées en Afrique ou en Asie, ou accepter d’utiliser, pour les repousser, tous les...




                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Sans être hostile à la proposition des Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron concernant la simplification de la règle sur l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, Fanny Capel, enseignante et présidente de Sauver les lettres, pense que celle-ci est hors sujet.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Nous n’avons pas le temps nécessaire pour enseigner la grammaire »

Sans être hostile à la proposition des Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron concernant la simplification de la règle sur l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, Fanny Capel, enseignante et présidente de Sauver les lettres, pense que celle-ci est hors sujet.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 06h45
    |

            Luc Cédelle








                        



                                


                            

Fanny Capel, professeur de lettres au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et présidente de l’association Sauver les lettres, constate que les élèves, entre le cours préparatoire et la seconde, ont perdu de nombreuses heures d’enseignement du français et qu’en outre, la grammaire est quasiment inexistante dans la formation des enseignants.
Avez-vous été surprise par cette proposition, venue de Belgique, de réforme de la règle de l’accord du participe passé ?
Fanny Capel : Je ne suis ni vraiment surprise, ni très concernée. Pour moi, en fait, c’est hors sujet. Une fois de plus, c’est l’arbre qui cache la forêt, car si l’on veut parler grammaire, alors il faut aborder la question de fond, c’est-à-dire celle des conditions actuelles de son enseignement.
Mais je ne peux pas dire que je serais contre une telle réforme, car c’est une règle qui pose problème non seulement aux élèves mais aux enseignants eux-mêmes. Déjà, une simplification serait la bienvenue, car les exceptions liées aux verbes pronominaux - « ils se sont lavé les mains » ; « les rois qui se sont succédé », etc. - occupent des dizaines de pages dans les traités de grammaire et, honnêtement, personne n’enseigne cela, sauf peut-être dans les filières universitaires en littérature, et encore.

Concernant l’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir, qui varie selon que le complément d’objet direct est placé avant ou après le verbe - « j’ai cueilli les fleurs » ; « les fleurs que j’ai cueillies » -, j’estime que la règle de base fonctionne, qu’elle a sa logique et qu’elle peut être enseignée. Ou plutôt qu’elle pourrait l’être si les conditions en étaient réunies.
Mais ce n’est, hélas, pas le cas et, sur le terrain, on en est même très loin. Si les élèves, au collège et au lycée, comprenaient vraiment ce qu’est un participe passé et cessaient de l’écrire avec une terminaison en « er » (« le professeur...




                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ La règle, sur laquelle peinent des générations d’élèves, est remise en cause. Et, comme toujours dès lors que l’on touche à la langue, cela dérange.
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Faut-il brûler l’accord du participe passé ?

La règle, sur laquelle peinent des générations d’élèves, est remise en cause. Et, comme toujours dès lors que l’on touche à la langue, cela dérange.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 17h53
   





                        



                                


                            
Faut-il renvoyer aux oubliettes la fameuse règle de l’accord du participe passé avec le verbe avoir, sur laquelle peinent des générations d’élèves ? Anciens professeurs de français, les Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron, se réclamant du soutien des instances linguistiques de la fédération Wallonie-Bruxelles, ont lancé un appel en ce sens (www.participepasse.info).
Ils proposent l’invariabilité du participe avec avoir. Comme toujours dès lors que l’on touche à la langue française, la controverse s’enflamme entre adversaires et défenseurs de la grammaire traditionnelle.
Eliane Viennot : « Pour l’abandon d’une règle incompréhensible et dévastatrice ». Pour la linguiste, historienne française, professeuse émérite de littérature française de la Renaissance à l’université Jean-Monnet-Saint-Etienne, la règle du participe passé avec le verbe avoir est incompréhensible, elle ne sert qu’à distinguer celles et ceux qui la maîtrisent et le temps perdu à l’enseigner est phénoménal, pour un gain à peu près nul.
« Nous n’avons pas le temps nécessaire pour enseigner la grammaire ». Sans être hostile à la proposition des Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron concernant la simplification de la règle sur l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, Fanny Capel, présidente de Sauver les lettres, pense que celle-ci est hors sujet, car il faudrait déjà que les élèves comprennent vraiment ce qu’est un participe passé.
A lire sur le sujet :
La Belgique va-t-elle simplifier l’accord du participe passé ? En Wallonie, deux professeurs de français proposent, dans une tribune publiée par « Libération », de...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ La règle du participe passé avec le verbe avoir ne sert qu’à distinguer celles et ceux qui la maîtrisent, estime la linguiste Eliane Viennot, dans une tribune au « Monde ».
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Participe passé : « Pour l’abandon d’une règle incompréhensible et dévastatrice »

La règle du participe passé avec le verbe avoir ne sert qu’à distinguer celles et ceux qui la maîtrisent, estime la linguiste Eliane Viennot, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 08h02
    |

Éliane Viennot (Linguiste, historienne française, professeuse émérite de littérature française de la Renaissance à l’université Jean-Monnet-Saint-E...







                        



                                


                            

Tribune. Partisane active de l’abandon de la règle qui veut que « le masculin l’emporte sur le féminin », inventée au XVIIe siècle, et que nombre de lettrés ont continué d’ignorer jusqu’à la fin du XIXe siècle, j’évoque immanquablement dans mes conférences et dans mes livres la règle d’accord des participes passés employés avec le verbe « avoir ». Car si les deux sujets sont différents, en ce que cette règle-là traite égalitairement les deux genres, ils ont plusieurs traits en commun.
Le premier est leur introduction récente dans la langue française. Celle de l’accord avec l’objet situé avant l’auxiliaire « avoir » est un peu plus ancienne que l’autre : elle a été théorisée par Clément Marot au XVIe siècle, à son retour d’Italie où il l’avait entendue fonctionner. En italien, en effet, ces accords s’entendent.
Une preuve de chic
En français, ils ne s’entendent plus depuis belle lurette, sauf dans les verbes du 3e groupe – et encore, pas tous (je l’ai pris/prise, il l’a teint/teinte, mais : on ne l’a pas vu/vue). D’où la fantaisie qui prévaut sous la plume des poètes et poétesses de la Renaissance, qui parfois accordent le participe avec son objet (où qu’il soit), parfois avec son sujet, parfois pas.
Ceux que l’idée a emballé (adieu « emballés » !) n’étaient alors qu’une infime minorité, perdus dans l’infime minorité des lettrés de l’époque. Ils n’ont pas cherché à convaincre leur milieu – Marot lui-même n’a écrit qu’un poème sur le sujet ! –, et ils n’imaginaient pas qu’un jour cette preuve de chic serait enseignée à 275 millions de francophones !
Le second point commun est le rôle joué dans ces affaires par l’Académie française (créée par Richelieu en 1635), qui n’a cessé de travailler à renforcer le poids des hommes de lettres. Théorisant que « le genre masculin, étant le plus noble, doit prédominer toutes les fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’accord du participe passé en français est on ne peut plus logique pour quiconque est de bonne foi et doué de raison, soutient dans une tribune au « Monde » Romain Vignest, professeur de lettres classiques, indigné que l’on s’attaque au logiciel même du français, la grammaire
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Romain Vignest : « Renoncer à maîtriser la langue, c’est renoncer à penser »

L’accord du participe passé en français est on ne peut plus logique pour quiconque est de bonne foi et doué de raison, soutient dans une tribune au « Monde » Romain Vignest, professeur de lettres classiques, indigné que l’on s’attaque au logiciel même du français, la grammaire



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 19h22
    |

Romain Vignest (Professeur de lettres classiques au collège André-Citroën, à Paris. Président de l'Association des professeurs de lettres)







                        



                                


                            

Tribune. Ceux qui connaissent l’indigence des programmes de français outre-Quiévrain n’ont pas dû être étonnés que de là vienne aussi le vœu de ne plus accorder le participe passé : abandonner la grammaire après la dissertation ou la littérature, c’est dans l’ordre des choses.
Vouloir ériger la démission en modèle linguistique et intellectuel, c’est en revanche d’une outrecuidance que les francophones, natifs, seconds ou qui le sont devenus par amour du français et de sa littérature, apprécieront, on l’espère, à sa juste valeur. Elle ne devrait pas non plus laisser indifférents tous ceux qui essaient d’élever, d’instituer la jeunesse et qu’on invite aujourd’hui au renoncement et à la facilité.

Les pourfendeurs de l’accord du participe passé, c’est leur principal argument, lui reprochent son excessive complexité, voire son caractère illogique. On pourrait se demander pourquoi ce qui, pendant plusieurs siècles, n’a pas paru compliqué, ou dont la complexité n’a pas paru rédhibitoire, le serait aujourd’hui devenu. Nos enfants sont-ils plus sots ? Le cerveau humain en général, francophone en particulier, a-t-il dégénéré ? Si une règle est moins bien appliquée, n’est-ce pas plutôt parce qu’elle est moins bien comprise, parce qu’elle est moins bien enseignée ? Faut-il mettre la langue en conformité avec les errements d’une pédagogie qui ne l’enseigne plus ?
Complexité et vice
Qu’on prenne la mesure de cette effarante assimilation de la simplicité à une vertu et de la complexité à un vice : il n’est pas meilleure définition d’un processus de démission intellectuelle, car penser, raisonner, abstraire, analyser, synthétiser, articuler des idées est par nature compliqué. C’est avec la langue qu’on pense. Et renoncer à maîtriser la langue, ou la simplifier pour qu’elle soit plus facile à employer, c’est renoncer à penser.
Et si – ce qui reste à prouver et à quoi je ne crois nullement – la tendance des jeunes gens serait à la paresse...




                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-19">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Membre du Conseil national du numérique, Florette Eymenier déplore, dans une tribune au « Monde », l’absence de modèles féminins forts dans les métiers du numérique.
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« Il nous faut encourager la formation de “Digital Queen Bees” »

Membre du Conseil national du numérique, Florette Eymenier déplore, dans une tribune au « Monde », l’absence de modèles féminins forts dans les métiers du numérique.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 14h00
    |

Florette Eymenier (Membre du Conseil national du numérique, chargée de l’inclusion numérique, et présidente et fondatrice de l’organisme de formati...







                        



                                


                            
Tribune. On ne compterait actuellement que 33 % de femmes dans les métiers du numérique, selon les chiffres 2016 de Syntec, la fédération des syndicats professionnels spécialisés dans les professions de l’ingénierie, du numérique, des études et du conseil, de la formation professionnelle et de l’événementiel. Et qui plus est, dans ces 33 %, il existe une surreprésentation dans les fonctions de support comme la communication ou le marketing, au détriment bien évidemment des filières purement technologiques (développement, cybersécurité, intelligence artificielle…).
Ce manque de représentativité entraîne une méconnaissance des nouveaux métiers auxquels cette population peut pourtant légitimement prétendre
Les chiffres apparaissent têtus : les femmes ne sont que 27 % en écoles d’ingénieurs et seulement 9 % à diriger une start-up. La première explication à ce phénomène est l’absence presque totale de modèles féminins forts auxquels s’identifier.
Lorsque l’on regarde le secteur du numérique, quelles sont les femmes suffisamment visibles pour encourager et faire naître des vocations ? Ce manque de représentativité, outre qu’il témoigne de stéréotypes d’un autre temps, entraîne une méconnaissance des nouveaux métiers auxquels cette population peut pourtant légitimement prétendre. Dès lors que l’on constate, auprès de ce public féminin, un manque de notoriété comme d’information sur les carrières possibles, comment voulez-vous que les jeunes filles parviennent à se projeter ?
Le métier de développeur en tension
Quand il s’agit pour les jeunes femmes de choisir une orientation, force est de constater que les opportunités offertes par la transition numérique sont insuffisamment valorisées. Et je ne parle pas là uniquement des métiers de la tech, mais également des compétences numériques, qui interviennent de façon grandissante dans nombre de professions. Les besoins, en l’espèce, sont devenus totalement transversaux.
il faut créer des événements,...



                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-20">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’économiste Emmanuel Combet expose, dans une tribune au « Monde », les « clés de l’acceptabilité » d’une politique qui concilierait les urgences climatiques, sociales et budgétaires.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Refonder un contrat social de transition énergétique »

L’économiste Emmanuel Combet expose, dans une tribune au « Monde », les « clés de l’acceptabilité » d’une politique qui concilierait les urgences climatiques, sociales et budgétaires.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 15h26
    |

Emmanuel Combet (Economiste à l’Agence de développement et de maîtrise de l’énergie/Ademe)







                        



                                


                            
Tribune. Le départ de Nicolas Hulot a posé fortement la question d’une action collective à la hauteur des défis environnementaux : une action qui reflète un projet de société plus que des intérêts particuliers.
Michel Rocard soutenait que la hausse de la fiscalité énergétique engage une réforme d’ensemble des finances publiques et un projet de développement
Le problème soulevé n’est pas technique : on sait comment produire des énergies renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique des équipements, rénover nos bâtiments. La réalisation de ces changements profonds pose surtout des questions de cohérence et de démocratie : comment un projet de société peut-il articuler la préservation de l’environnement avec nos autres priorités – la promotion de l’économie française, la lutte contre le chômage, la pauvreté et les inégalités, le financement de la protection sociale, la maîtrise des déficits ?
Michel Rocard était conscient de la nature réelle de l’enjeu, lorsque, en 2009, il concluait son rapport sur la « contribution climat et énergie » (la taxe carbone) par la formule « les clés de l’acceptabilité ». Il soutenait que la hausse de la fiscalité énergétique – perçue à tort comme une mesure marginale – engage une réforme d’ensemble des finances publiques et un projet de développement ; et qu’en conséquence, les conditions de consensus, de diffusion des connaissances, de décision collective, doivent être prises en charge sérieusement.
Politique contre-productive
La stratégie d’évolution des finances publiques doit être étudiée au regard de l’ensemble des grands enjeux environnementaux, sociaux et économiques du XXIe siècle, en cessant de les opposer. Une délibération générale et pérenne est nécessaire pour identifier les meilleurs compromis, mais aussi pour éviter que les arbitrages principaux ne s’opèrent ailleurs, dans des jeux opaques de lobbying. Il faut poursuivre l’initiative de Nicolas Hulot en donnant...




                        

                        

