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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le ministre des affaires étrangères palestinien a annoncé que les Palestiniens allaient ouvrir « immédiatement » une ambassade au Paraguay.
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Nétanyahou ordonne la fermeture de l’ambassade d’Israël au Paraguay ; les Palestiniens en ouvrent une

Le ministre des affaires étrangères palestinien a annoncé que les Palestiniens allaient ouvrir « immédiatement » une ambassade au Paraguay.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 22h13
   





                        


Passe d’armes diplomatique entre Israël et le Paraguay. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a ordonné mercredi 5 septembre la fermeture de l’ambassade d’Israël au Paraguay. Ce dernier avait peu auparavant annoncé qu’il transférait de nouveau à Tel-Aviv son ambassade en Israël, trois mois après son déplacement à Jérusalem — une décision qualifiée de « gravissime » par Israël.
L’ex-président paraguayen Horacio Cartes avait inauguré le 21 mai à Jérusalem la nouvelle ambassade de son pays en Israël, emboîtant le pas aux Etats-Unis et au Guatemala. Une démarche de rupture diplomatique qui avait indigné les Palestiniens.

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« Marque d’estime » des Palestiniens
La décision du nouveau transfert de l’ambassade du Paraguay à Tel-Aviv a été prise par le gouvernement du nouveau président, Mario Abdo Benitez, qui a pris ses fonctions à la mi-août, selon un communiqué officiel. Elle a été prise afin de « contribuer à l’intensification des efforts diplomatiques régionaux et internationaux dans le but de parvenir à une paix élargie, juste et durable au Moyen-Orient », souligne le texte.
Cité par l’agence de presse officielle Wafa, le ministre des affaires étrangères palestinien a annoncé que les Palestiniens allaient ouvrir « immédiatement » une ambassade au Paraguay, « en marque d’estime pour la position courageuse du gouvernement paraguayen ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Après deux semaines d’insultes, jets de pierres et collisions navales, les pêcheurs des deux pays ont renouvelé leur accord sur les conditions de pêche.
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Pêcheurs britanniques et français s’entendent sur la Saint-Jacques

Après deux semaines d’insultes, jets de pierres et collisions navales, les pêcheurs des deux pays ont renouvelé leur accord sur les conditions de pêche.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 20h51
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 21h15
   





                        



Faut-il y voir un armistice dans la guerre de la coquille Saint-Jacques ? Après deux semaines de vives tensions — insultes, jets de pierres, collisions navales… —, les pêcheurs français et britanniques ont annoncé, mercredi 4 septembre, avoir renouvelé leur accord sur la pêche de la précieuse noix de Saint-Jacques dans la baie de Seine.
Selon Gérard Romiti, président du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), des discussions à Londres ont permis de « renouveler l’accord de 2017 » concernant les bateaux de plus de quinze mètres, et d’obtenir « un accord de principe pour les moins de 15 mètres ». Ces décisions se feront en échange de compensations pour les pêcheurs britanniques encore à définir, a ajouté M. Romiti, précisant que les discussions se poursuivraient à Paris dans quarante-huit heures.
Un accord « donnant-donnant »
Pour Pascal Coquet, président de la commission coquillages de pêche, l’accord de principe trouvé mercredi est « donnant-donnant ». « C’est le meilleur des cas pour les deux parties (...) dans la mesure où les Britanniques étaient bien dans leur droit », a-t-il dit à l’issue de la réunion.
Reste à savoir combien de temps cet accord sera valable. Selon Pascal Coquet, l’accord vaut pour la saison de pêche de 2018-2019, tandis que Jim Portus, représentant de l’industrie britannique de la coquille Saint-Jacques durant les négociations, a dit à la presse qu’il ne valait que pour 2018. « Jusqu’à la signature de l’accord vendredi, nous demandons (aux petits bateaux britanniques) d’éviter la zone », a poursuivi M. Portus, prévenant toutefois que l’accord serait « rejeté » si les compensations étaient jugées insuffisantes.

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          Aux origines de la guerre de la coquille Saint-Jacques



Réglementations différentes
Ce différend entre pêcheurs français et britanniques autour des coquilles Saint-Jacques est lié à la différence de réglementation entre les deux pays. En France, la coquille Saint-Jacques ne peut être pêchée que du 1er octobre au 15 mai. Mais les Britanniques et les Irlandais, eux, n’ont pas de dates imposées.
Pour encadrer leur activité et éviter les tensions, un accord, reconductible chaque année, a été conclu en 2013 entre Français et Britanniques pour que ces derniers respectent les mêmes dates de pêche. Mais il ne s’applique pas aux bateaux britanniques de moins de quinze mètres. « Du coup, on en avait régulièrement qui venaient pêcher dans ces eaux. Cela créait déjà des tensions », explique Frédéric Gueudar-Delahaye, directeur de la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture, rattachée au ministère de l’agriculture.

   


Les Français demandent depuis plusieurs années que l’accord soit étendu à ces navires de moins de quinze mètres, sans succès. Pour marquer leur mécontentement, ils ont refusé, cette année, de le signer. Les Britanniques sont donc venus pêcher plus tôt que les années précédentes, et avec de plus gros bateaux, qui ne sont pas autorisés d’habitude.
« Tout le monde est super remonté »
Les Normands ont alors cherché, à la fin d’août, à faire fuir les Britanniques d’un gisement de coquilles Saint-Jacques qu’ils tentent de préserver. Certains navires ont joué aux bateaux béliers en fonçant sur d’autres. Trois embarcations présenteraient des trous dans leur coque. Aucun blessé n’est à déplorer. Le maire du Tréport (Seine-Maritime), Laurent Jacques, a dit craindre, jeudi, que les incidents ne se reproduisent « très vite, car tout le monde est super remonté ».
Français et Britanniques avaient affiché mercredi leur volonté de trouver une solution au conflit, et le ministre de l’agriculture français, Stéphane Travert, avait prévenu la veille que la marine française était « prête à intervenir » pour éviter de nouveaux « heurts ». Mais « les pêcheurs anglais sont plutôt des “Brexiters”, et il faut reconnaître que les tensions se ravivent à l’approche du calendrier de sortie du Royaume-Uni », prévu à la fin de mars 2019, a-t-il ajouté. Le ministre français faisait référence au fait que les pêcheurs britanniques ont majoritairement voté pour le Brexit, afin, espèrent-ils, de récupérer la mainmise sur leurs eaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La chaîne de télévision afghane Tolo News a confirmé la mort de deux de ses journalistes, un reporter et un cameraman.
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En Afghanistan, au moins 20 morts dans un double attentat contre un club de sport de Kaboul

La chaîne de télévision afghane Tolo News a confirmé la mort de deux de ses journalistes, un reporter et un cameraman.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 20h50
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 21h04
   





                        



   


Au moins 20 personnes ont été tuées et 70 blessées, mercredi 5 septembre, dans un double attentat visant un club de sport d’un quartier chiite de Kaboul. Parmi les morts figurent deux journalistes accourus sur les lieux.
La première explosion s’est produite vers 18 heures, heure locale, dans le quartier chiite de Dashte Barchi, dans l’ouest de la capitale. « Selon nos informations, l’explosion a été causée par un kamikaze », selon le porte-parole de la police, Hashmat Stanikzai. Il a fait sauter sa charge explosive à l’intérieur d’un gymnase où s’entraînaient des lutteurs, le Maiwand Club. Selon le responsable de la salle de sport, le kamikaze a « tué les gardes à l’entrée de la salle avant de déclencher sa charge explosive ».

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Un reporter et un cameraman tués
Cet attentat-suicide a été suivi de près par l’explosion d’une voiture piégée à proximité des secours qui s’affairaient autour des blessés et des journalistes arrivés sur les lieux. A ce moment, « il y avait des forces de sécurité, de la foule et des journalistes » sur les lieux, a précisé le porte-parole de la police.
La chaîne de télévision afghane Tolo News a confirmé la mort de deux de ses journalistes, un reporter et un cameraman. Selon un centre de soutien aux médias en Afghanistan, Nai, quatre autres journalistes ont été blessés.

TOLOnews Loses Two Of Its Journalists #Afghanistan 
— TOLOnews (@TOLOnews)


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Pas de revendication
La double attaque n’a pas été revendiquée dans l’immédiat, mais la minorité chiite d’Afghanistan a été fréquemment visée par le groupe Etat islamique dans le passé. Le dernier attentat à l’encontre de la communauté chiite de Kaboul date du 15 août. Il avait coûté la vie à 37 personnes dans un centre de préparation aux examens d’entrée à l’université. Il avait été revendiqué par le groupe Etat islamique.

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L’attentat de mercredi survient au lendemain de l’annonce par les talibans de la mort de Jalaluddin Haqqani, fondateur du réseau insurgé éponyme, allié des talibans et accusé ces dernières années de très nombreux attentats-suicides ayant fait des centaines de victimes civiles en Afghanistan. Plus tôt mercredi, la police a par ailleurs affirmé avoir arrêté 11 membres du réseau qui détenaient des explosifs et qui projetaient de commettre un attentat, selon les services de renseignement afghans.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ La plupart des sujets qui fâchent ont été évités, donnant à cette audition à Washington l’aspect d’une conférence sur le fonctionnement des réseaux.
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Pour Twitter et Facebook, une audition très convenue devant le Sénat américain

La plupart des sujets qui fâchent ont été évités, donnant à cette audition à Washington l’aspect d’une conférence sur le fonctionnement des réseaux.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 19h33
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 20h58
    |

            Martin Untersinger et 
Damien Leloup








                        



   


Etait-ce parce que de nombreux sénateurs interrogeaient au même moment le prétendant à la Cour suprême Brett Kavanaugh ? Ou parce que les élus ont déjà fait le tour de la question lors des précédentes auditions sur le sujet ? Toujours est-il que l’audition, par la commission du renseignement du Sénat américain, des patrons de Facebook et de Twitter, ce 5 septembre, n’a donné lieu à aucun feu d’artifice.
Pourtant, en amont de cette audition théoriquement consacrée aux « campagnes d’influences électorales » étrangères, la commission avait tapé du poing sur la table, en invitant les dirigeants du plus haut niveau de Google, de Facebook et de Twitter. Les parlementaires américains ont interrogé, durant trois heures, Jack Dorsey, le PDG de Twitter, et Sheryl Sandberg, la toute-puissante numéro deux de Facebook.
Mais un invité manquait à l’appel : le cofondateur de Google, Larry Page, avait fait savoir qu’il ne serait pas présent — ce qui avait provoqué la colère de la commission.
Peu de questions qui fâchent
Même si le sénateur Mark Warner a dit sa déception de ne pouvoir poser « les questions difficiles » qu’il avait préparées pour l’entreprise, l’absence de M. Page a été à peine évoquée. Tout comme d’autres sujets qui fâchent : les républicains, qui accusent de plus en plus violemment les réseaux sociaux de « censurer » les conservateurs, ne se sont approchés du sujet qu’avec d’infinies précautions. Le contraste avec les accusations véhémentes du président Trump, qui accuse désormais ouvertement Google comme Twitter de censure, était frappant.
Même le très conservateur Marco Rubio a préféré les interroger sur les rapports qu’entretiennent ces deux entreprises avec la Chine. Du côté des démocrates, les attaques violentes sur leur inaction coupable contre les fausses informations ont également été beaucoup plus prudentes que lors de précédentes auditions.
Résultat : des questions dans leur très grande majorité très convenues, qui ont parfois donné à cette audition l’aspect d’une conférence de trois heures sur le fonctionnement des réseaux sociaux. Jack Dorsey devrait être confronté à une opposition plus virulente lors de son audition à la Chambre des représentants, ce même mercredi, où il devra répondre à des questions sur le prétendu biais de son service en défaveur des conservateurs.
« Des choses très positives »
L’ambiance était nettement plus détendue que lors de l’audition de Mark Zuckerberg, en avril, juste après le scandale Cambridge Analytica. Certains sénateurs, pourtant virulents par le passé, ont même félicité les deux entreprises pour leurs actions prises ces derniers mois.
« Il ne fait pas de doute qu’il y a eu des choses très positives », a estimé le président de la commission, Richard Burr. « Il faut du courage pour dénoncer des acteurs étatiques, et vos entreprises l’ont fait. » Mark Warner, pourtant une des voix les plus critiques sur le rôle des grandes plates-formes de la Silicon Valley lors de l’élection de 2016, s’est dit « impressionné » par les efforts déployés par Twitter.
Très calmes et pondérés, les représentants de Facebook et de Twitter n’ont jamais réellement été mis en difficulté. Quelques questions plus incisives, sur la présence de Facebook au Vietnam ou sur les revenus tirés des contenus publiés par les agents d’influence russes, ont été rapidement évacuées par Sheryl Sandberg. Jack Dorsey a de son côté détaillé ses récentes déclarations sur la nécessité d’un changement de modèle pour son réseau social. « Nous devons remettre en question les incitations fondamentales de nos produits », a-t-il dit, expliquant qu’il était par exemple nécessaire de moins mettre l’accent sur le nombre d’abonnés, l’un des principaux moteurs psychologiques qui incitent les utilisateurs à revenir sur Twitter : « Ce qui fonctionnait il y a douze ans ne fonctionne plus aujourd’hui. »
Alex Jones à deux doigts de l’esclandre

   


Le contraste entre l’audition et ce qui s’est déroulé devant les portes de la salle était d’autant plus saisissant. Avant le début de l’audition et pendant une demi-heure, Alex Jones, le très influent et populaire conspirationniste banni de Facebook cet été et temporairement suspendu par Twitter, avait improvisé une conférence de presse dans les couloirs du Sénat. Evoquant pêle-mêle un réseau pédophile protégé par le parti démocrate, ou encore le complot des réseaux sociaux, de mèche selon lui avec le Parti communiste chinois, l’Union européenne et le New York Times, pour le « réduire au silence ».
« Attendez deux semaines », a dit M. Jones, qui a ensuite assisté – en silence – à l’audition. « Le président Trump va prendre un décret », a-t-il affirmé, refusant de détailler la source de cette affirmation ou le contenu dudit décret. « La gauche a recréé le nazisme aux Etats-Unis… C’est cent fois pire que ce qu’a fait McCarthy », a-t-il lancé. Durant la pause, M. Jones a apostrophé le sénateur républicain Marco Rubio, peu susceptible d’être un allié des démocrates. Le ton est monté entre les deux hommes, qui ont même manqué de peu en venir aux mains.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Lors de son audition devant le Sénat, Brett Kavanaugh, le candidat choisi par Donald Trump pour siéger à la Cour suprême américaine, n’a pas serré la main du père d’une des victimes de la tuerie de Parkland.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La grande ville pétrolière du sud de l’Irak est le théâtre d’un mouvement social d’ampleur, dénonçant l’impunité des corrompus dont l’avidité les prive des services de base, notamment de la distribution de l’eau.
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En Irak, les manifestations anticorruption à Bassora réprimées à balles réelles

La grande ville pétrolière du sud de l’Irak est le théâtre d’un mouvement social d’ampleur, dénonçant l’impunité des corrompus dont l’avidité les prive des services de base, notamment de la distribution de l’eau.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 18h07
   





                        



   


Dans la ville irakienne de Bassora, le ressentiment de la population envers le pouvoir n’en finit plus de s’intensifier. Pour le deuxième jour d’affilée, mercredi 5 septembre, les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur les participants d’une manifestation contre la corruption du pouvoir central de Bagdad. Mardi, six manifestants avaient été tués par la répression policière.
Depuis le 8 juillet, cette grande ville pétrolière du sud de l’Irak est le théâtre d’un mouvement social d’ampleur, qui s’est rapidement propagé dans la région, épargnée par la guerre contre le groupe Etat islamique (EI) mais délaissée sur le plan des infrastructures. En cause, notamment, l’exaspération des habitants devant l’impunité des corrompus — l’Irak figure à la douzième place dans le classement mondial de la corruption —, dont l’avidité les prive des services de base, notamment de la distribution de l’eau.

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20 000 personnes empoisonnées par l’eau
Pour apaiser la colère populaire, le gouvernement avait alors promis plans d’urgence, investissements et milliards de dollars. Le premier ministre, Haider Al-Abadi, battu lors des dernières législatives et qui cherche encore une majorité solide, avait même fait le déplacement.
Mais sur le terrain, le changement ne semble pas venir assez vite. Pis, l’eau distribuée est maintenant tellement polluée qu’elle a déjà conduit plus de vingt mille personnes à l’hôpital. Plusieurs associations de défense des citoyens souhaitent ainsi que Bassora soit déclarée province « sinistrée ». Mais, avec un tiers du pays repris récemment au groupe Etat islamique (EI), Bagdad dit peiner à trouver des fonds. Pourtant, le montant des revenus pétroliers bat chaque mois des records et a presque doublé en un an.
« La province de Bassora est devenue invivable et les habitants estiment que la réponse des autorités n’est pas à la hauteur de la crise », résume Fayçal Abdallah, président du Conseil gouvernemental des droits humains.

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Tirs à balles réelles
Dès lors, les manifestations ont repris quotidiennement depuis le début de septembre, autour du siège du gouvernorat. Et les forces de l’ordre répliquent par des tirs à balles réelles et des grenades lacrymogènes. Les manifestants répondent quant à eux par des jets de cocktails Molotov et de bâtons de feux d’artifice.
Au moins un manifestant a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène, mercredi, puis évacué à bord d’une ambulance. Mardi, « six manifestants ont été tués et plus de vingt blessés », selon Mehdi Al-Tamimi, chef du Conseil provincial des droits humains. M. Tamimi a accusé les forces de l’ordre d’avoir « ouvert le feu directement sur les manifestants » — ce que le premier ministre en personne a nié.

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Lors d’une conférence de presse, le général Jamil Al-Chommari, chargé des opérations à Bassora, a fait état de « trente membres des forces de l’ordre blessés par des jets de grenades et d’objets incendiaires » durant la nuit. Un couvre-feu nocturne a été imposé et des renforts déployés. Mercredi matin, le représentant de l’ONU en Irak, Jan Kubis, a exhorté pour sa part « les autorités à éviter de recourir à une force létale disproportionnée ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’enfant de 8 ans, qui présentait des symptômes laissant soupçonner un cas de choléra, a été hospitalisé à Perpignan après l’atterrissage de l’avion Oran-Perpignan.
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Compte rendu

Levée de la suspicion de choléra dans un avion en provenance d’Algérie

L’enfant de 8 ans, qui présentait des symptômes laissant soupçonner un cas de choléra, a été hospitalisé à Perpignan après l’atterrissage de l’avion Oran-Perpignan.


LE MONDE
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        Le 05.09.2018 à 16h45

     •
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          datetime="2018-09-05T20:01:48+02:00"

        Mis à jour le 05.09.2018 à 20h01





Fausse alerte. Le risque de choléra a été écarté, mercredi 5 septembre au soir, chez un enfant qui voyageait à bord d’un avion en provenance d’Algérie, pays touché par une épidémie. La préfecture de Perpignan, où l’appareil avait atterri en début d’après-midi, a confirmé que des « prélèvements biologiques » avaient été réalisés, et se sont avérés négatifs.
L’enfant de 8 ans, qui présentait des symptômes laissant soupçonner un cas de choléra, a été hospitalisé à Perpignan après l’atterrissage de l’avion Oran-Perpignan. Les 147 autres passagers avaient été autorisés à quitter l’aéroport après une simple désinfection des mains, mais ont dû donner leurs coordonnées afin que les autorités puissent surveiller l’évolution de leur état de santé, selon la préfecture des Pyrénées-Orientales.

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                En Algérie, l’épidémie de choléra révèle la défiance envers le pouvoir



Une épidémie de choléra a tué deux personnes en Algérie, après que la maladie a fait son apparition le 7 août. Elle est « maîtrisée », a affirmé mardi le ministre de la santé, Mokhtar Hasbellaoui. Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. Elle est facile à traiter, par réhydratation notamment, mais peut tuer en quelques heures faute de traitement.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Les risques de famine ont été écartés, mais l’ONG MSF s’inquiète que les objectifs de développement deviennent prioritaires par rapport aux besoins des populations.
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Entretien

« Le lac Tchad reste l’une des plus graves crises humanitaires »

Les risques de famine ont été écartés, mais l’ONG MSF s’inquiète que les objectifs de développement deviennent prioritaires par rapport aux besoins des populations.

Laurence Caramel
    



LE MONDE
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        Le 05.09.2018 à 16h33

     •
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          datetime="2018-09-05T17:42:23+02:00"

        Mis à jour le 05.09.2018 à 17h42






    
Des réfugiés nigérians dans le camp surnommé  « Dar-es-Salam », près de Baga Sola, au Tchad, en avril 2015.
Crédits : PHILIPPE DESMAZES/AFP


Avec la Syrie ou du Yémen, la crise humanitaire qui touche les pays riverains du lac Tchad – Cameroun, Niger, Nigeria et Tchad – reste l’une des plus aiguës de la planète. Près de 11 millions de personnes, dont 4 millions dans le seul Etat de Borno dans le nord-est du Nigeria où est apparu en 2009 le mouvement djihadiste Boko Haram, ont besoin d’assistance.
Une première conférence internationale des donateurs, à Oslo en février 2017, avait permis de lever suffisamment de fonds pour faire reculer les risques de famine et venir en aide aux 2,5 millions de déplacés. Dix-huit mois plus tard, le deuxième rendez-vous organisé les 3 et 4 septembre à Berlin, a tenté de maintenir la mobilisation alors que moins de la moitié des besoins pour 2018, soit 1,5 milliard de dollars (1,3 milliard d’euros), ont été financés.

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François Tillette de Mautort, chargé des affaires humanitaires de l’ONG Médecins sans frontières (MSF), à Genève, revient sur l’ampleur de cette crise. MSF déploie plus de 2 000 personnes – médecins, infirmiers, psychologues… – dans la zone.
Quelle évaluation faites-vous de la situation autour du lac Tchad ?
François Tillette de Mautort Cette crise qui entre dans sa dixième année continue de faire des victimes et la situation humanitaire reste grave, même si les risques de famine ont été écartés. Des pans importants de territoires demeurent inaccessibles de par la présence de groupes armés ou des opérations militaires menées par les forces de l’ordre. 800 000 personnes restent piégées dans des enclaves inaccessibles pour le seul Etat de Borno, selon les estimations des Nations unies. Elles continuent de sortir au compte-gouttes, par petits groupes et nous les trouvons dans un état de grande faiblesse et de malnutrition. Ailleurs, il faut aussi savoir qu’une bonne partie de la réponse humanitaire ne peut se faire que par hélicoptère. C’est la seule façon de gérer l’insécurité, mais cela limite nos interventions aux villes, laissant les campagnes sans assistance.

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L’accès à ces groupes isolés fait partie de vos principales demandes…
Les organisations humanitaires continuent en effet de réclamer un accès libre, neutre et indépendant dans le respect des grands principes qui fondent notre action à l’ensemble des populations affectées.
A Berlin, les Nations unies ont insisté sur la nécessité d’enclencher des processus de développement pour sortir la région de l’urgence humanitaire. Qu’en pensez-vous ?
Les Nations unies veulent promouvoir une « nouvelle façon de travailler » qui consiste à s’interroger sur la façon de raccrocher les questions de développement et la gestion d’une crise humanitaire durable de façon à construire la paix. Traditionnellement, ces moments – celui de l’humanitaire et celui du développement – étaient séparés. Personne ne peut être contre l’idée qu’il faut préparer la paix par le développement, mais nous sommes néanmoins inquiets que des objectifs de développement qui peuvent être très politiques puissent devenir prioritaires par rapport aux besoins immédiats des populations. En tant qu’organisation humanitaire d’urgence, nous sommes ancrés dans le présent. Nous intervenons pour sauver des vies. Or les besoins sur les pourtours du lac Tchad restent si importants. Des moyens ont été débloqués mais il subsiste un fossé avec ce qu’il faudrait fournir à ces populations pour assurer des moyens de subsistance basiques.

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Se focaliser sur le développement vous semble prématuré ?
Je ne dis pas que c’est ce à quoi nous assistons, mais nous percevons un risque. Les 2,5 milliards de dollars d’aide annoncés à Berlin concernent pour l’essentiel des projets de développement à long terme. Or, pour nous, la première des priorités doit rester de protéger et de mettre à l’abri les millions de personnes affectées par les conflits. La réponse humanitaire n’est à ce jour toujours pas satisfaisante. Trop peu par exemple a encore été fait pour mettre à l’abri les femmes déplacées des violences sexuelles ou mettre à disposition des systèmes d’accès à l’eau et à l’assainissement qui limitent les risques sanitaires.
Le développement met en avant des acteurs différents comme la Banque mondiale et, surtout, les gouvernements. Il comporte des enjeux politiques qui peuvent conduire à polariser les actions sur certaines régions, sur certaines populations. Pour remplir sa mission, l’action humanitaire doit pouvoir préserver sa totale neutralité.


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Décryptage

En Afrique, le fantasme d’une « communauté peule » radicalisée

L’identité peule apparaît comme un épouvantail symbolisant la menace djihadiste. Pourtant, cette identité est bien trop hétérogène pour établir un lien aussi simple.

Par                Dougoukolo Alpha Oumar Ba-Konaré



LE MONDE
              datetime="2018-09-05T15:42:30+02:00"

        Le 05.09.2018 à 15h42






    
Un village peul dans le nord du Sénégal (ici en 2007).
Crédits : KaBa/Wikimedia


Les Peuls focalisent actuellement l’attention du fait de l’instrumentalisation de certains d’entre eux par des groupes fondamentalistes tentant de s’implanter localement dans le Sahel. La terreur djihadiste crée une angoisse sociale chez les autres communautés dans les zones menacées, faisant des Peuls des boucs émissaires du fait de leurs prétendues affinités historiques avec l’islam radical. L’identité peule apparaît ainsi comme un épouvantail symbolisant la menace djihadiste. Pourtant, cette identité est trop hétérogène pour établir un lien aussi simple.
Les Peuls seraient entre 25 et 65 millions d’individus en Afrique, répartis sur une vingtaine de pays dans le centre et l’ouest du continent, et dans le monde. Cette variation très importante peut s’expliquer par le type d’indicateur employé (ascendance paternelle ou maternelle, pratique de la langue, reconnaissance de communautés assimilées, etc.).

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Les Peuls constituent un ensemble de communautés vivant notamment de l’élevage, soumis aux conflits fonciers, aux changements climatiques et en butte parfois au racisme d’Etat. Du fait de la diversité de cette communauté, il est nécessaire d’appréhender les questions relatives aux Peuls à la lumière des revendications identitaires en mutation. Les outils de la nouvelle mondialisation (réseaux sociaux, mobiles, etc.) créent une interconnexion puissante entre les différents éléments de la diaspora peule.
Regain identitaire
Le nombre d’entités politiques fortes créées ou dirigées par des Peuls, notamment durant la période des hégémonies peules en Afrique de l’Ouest, au cours du XVIIIe siècle, en a fait une force avec laquelle il fallait compter, un peuple admiré et redouté, inculquant aux générations successives de Peuls le sentiment qu’elles sont issues de gens dont le patrimoine doit être fermement défendu.
Pourtant, les Peuls en savent souvent bien peu sur les conditions de vie de leurs congénères. Ainsi, les Sahéliens ignorent que les zones plus vertes de l’Afrique abritent des peuplements peuls anciens. Aujourd’hui émerge chez eux une véritable prise de conscience du poids démographique, de l’omniprésence et de la richesse qu’ils représentent lorsqu’ils sont considérés comme un ensemble uni.



Une question apparaît alors pour les générations actuelles de Peuls : s’ils sont aussi prospères que leur nombre et leur histoire l’indiquent, comment expliquer les tragédies actuelles dont ils sont victimes ? Le regain de l’identitarisme peul puise sans doute des racines dans cette interrogation.
Depuis 2012, le centre du Mali est en proie à des affrontements intercommunautaires sur fond de massacres réguliers des Peuls par des milices locales, ou par des agents de l’Etat. De nombreux charniers ont été retrouvés depuis 2013.
Victimisation
Dans le contexte de violence au Mali, la diaspora peule s’est mobilisée, comme l’ont montré des marches récentes à Nouakchott, à Washington, à Paris et dans d’autres grandes villes à travers le monde. Sur les réseaux sociaux et les systèmes de messagerie, les images de destruction et de mort sont partagées très rapidement, sous le coup de l’émotion, et pour témoigner. Dès que de nouveaux événements touchent des Peuls dans une partie du monde, l’information est relayée.
En République centrafricaine (RCA) ou dans les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire), les violences subies par des Peuls fournissent du contenu violent et traumatique à travers les échanges de photos et de vidéos, renforçant l’idée d’un peuple peul uni dans la victimisation. Pourtant, alors qu’ils font face en RCA à un contexte de guerre civile, dans les autres pays du continent, il s’agit plutôt d’explosions dues aux tensions habituelles entre éleveurs et agriculteurs.

    
Carte de peuplement de la communauté peule tirée de l’ouvrage de Jean Boutrais « Pour une nouvelle cartographie des Peuls », éd. Cahiers d’études africaines, 1994.
Crédits : DR


Malgré ces différences de contexte, il existe bien une communauté peule ayant conscience de son unité, faisant donc face à des défis de nature diverse. Le sentiment de stigmatisation actuel est ainsi en train de lui conférer une identification commune que l’on ne peut plus ignorer. Lorsque des Peuls souffrent ici, des Peuls là-bas s’identifient désormais à eux, surtout lorsque lesdites souffrances ont des échos dans leur propre quotidien. L’expérience commune de l’identité peule est clairement en train de se renforcer autour du traumatisme.
Les Peuls se retrouvent traditionnellement autour du « Pulaaku » (ou « manière d’être peul »), un code de conduite et d’éthique reposant sur la retenue, l’endurance, la sagesse et la bravoure. Le mot Pulaaku fait également référence à la communauté des personnes partageant ces éléments.

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La mémoire sociale et les récits de Peuls différents contribuent à une idée globale partagée de la condition peule. Les histoires circulent, de même que les mythes antiques, les chants modernes, les articles de presse, etc.
Parmi les images et récits véhiculés de manière populaire émerge la figure des Peuls victimes incessantes d’un complot ourdi par d’autres communautés visant à les éradiquer. Cette vision très puissante résonne au sein de communautés très éloignées les unes des autres, comme en attestent les témoignages dans les divers groupes peuls sur les réseaux sociaux. La reconnaissance de ces échos facilite l’appropriation des combats et des messages des uns et des autres.
Stigmatisation
L’histoire des Peuls de la Guinée éclaire fortement cette réalité. Le régime de Sékou Touré (1958-1984), premier président du pays, a procédé à des exécutions et a mis en place une politique discriminatoire à l’encontre de Peuls, estimant que leurs élites étaient des agents internes des puissances impérialistes occidentales visant à renverser le régime. Les Peuls étaient alors accusés d’avoir peu soutenu le référendum ayant fait accéder la Guinée à l’indépendance en 1958, deux ans avant les autres colonies françaises d’Afrique de l’Ouest.
Les rivalités politiques étaient sans doute la source principale de la stigmatisation, les stéréotypes ethniques et le racisme venant rationaliser les positions de l’Etat a posteriori. En effet, une grande part des opposants aux politiques de Sékou Touré étaient peuls. Parmi eux, Boubacar Diallo Telli, premier secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine, fut torturé et mourut emprisonné par le régime de Sékou Touré. Des centaines d’autres furent tués ainsi.

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Or les tensions intercommunautaires ne cessent d’augmenter depuis 2009, début de la transition vers la démocratie et la compétition pour le pouvoir politique. En septembre 2013, tentant de mobiliser la communauté internationale face à des craintes d’abus fondés sur l’appartenance communautaire, des intellectuels peuls ont rédigé un fascicule intitulé « Alerte sur la préparation du génocide contre les Peuls et le projet de guerre civile en moyenne Guinée ».
L’intention des auteurs était de dénoncer l’ethnicisation de la politique en Guinée et le danger que les Peuls encouraient du fait de tactiques populistes du régime au pouvoir. Ils y ont donné un aperçu de la victimisation des Peuls à l’époque de Sékou Touré, lors de la transition politique de 2009, puis lors des élections de 2010.

    
Au Mali, danse d’éleveurs avec des bœufs.
Crédits : Fasokan/Wikimedia, CC BY-SA


Finalement, les Peuls n’ont pas été victimes de l’épuration ethnique redoutée. Cependant, le sentiment d’injustice sociale est demeuré, avec une très faible place pour les Peuls (qui représentent pourtant près de 50 % de la population du pays) dans les instances politiques et militaires.
Ce document d’alerte n’a pas obtenu d’échos audibles parmi la communauté internationale, notamment du fait du ton agressif et des attaques ad hominem contre l’actuel président Alpha Condé.
Nécessité de se protéger
Avec de nombreux défis à relever, les leaders politiques peuls sont très attendus sur les questions relatives à leur communauté. Cependant, ils éprouvent de grandes difficultés à déployer un discours audible sur ces questions. Accuser un Peul de « biais ethnique », de « fourberie », d’« extrémisme » est devenu une manière efficace, dans la compétition politique, de s’assurer leur silence ou une forme d’autocensure sur les questions touchant à la communauté.
Il en va ainsi au Mali avec le candidat à la présidence Soumaïla Cissé, en Guinée avec l’opposant Cellou Dalein Diallo, ou encore au Nigeria avec le président Muhammadu Buhari : le rappel continu de leur appartenance identitaire peule et de supposés biais parvient à miner leur impartialité politique. Soumaïla Cissé est fréquemment accusé de favoritisme pour les régions du nord, Cellou Dalein Diallo d’entretenir un agenda secret de domination et de revanche des Peuls. Au Nigeria, des classes populaires aux intellectuels, il est fréquent d’entendre que le président Buhari protégerait les Peuls coupables de massacres dans le centre et le sud-est du pays, et d’ainsi laisser se former un suprématisme peul.
Ces attaques ad hominem contre ces figures politiques peules contribuent à renforcer au sein de cette communauté hétérogène le sentiment global qu’ils sont mal-aimés, et ainsi nourrir des récits chargés émotionnellement quant à leur position précaire et la nécessité de se protéger.
Rumeur d’un Etat peul
En 2016, alors que des organisations de Peuls préparaient un congrès mondial du Pulaaku au Burkina Faso, des médias en Guinée et au Mali dénonçaient la volonté des élites peules de proclamer la naissance d’un nouvel Etat Peul. Ces rumeurs ont suffi à faire annuler la participation de dignitaires peuls, craignant alors d’être assimilés à des manifestations subversives.
Un rapport du Global Terrorism Index, publié en 2015, considérait les « militants peuls nigérians » comme le quatrième groupe terroriste le plus meurtrier au monde. Le rapport a été relayé par divers médias, renforçant le récit sur la « violence des Peuls ». Pourtant, il n’existe pas de mouvement monolithique et systématiquement organisé au Nigeria avec un leadership peul fondé sur l’appartenance communautaire. Mais plutôt des réseaux de groupes armés dont des membres sont des bergers peuls.

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Certaines analyses font des Peuls des apôtres des djihadistes du fait de leur passé religieux et de la présence, pourtant difficile à quantifier, de Peuls parmi les mouvements fondamentalistes armés. Ces représentations ont suscité un sentiment de colère chez les Peuls.
Il faut préciser ici que les Peuls n’ont jamais constitué un empire avec un continuum centralisé. Il s’agit là d’une lecture moderne, postcoloniale qui favorise des visions nationalistes du monde peul.
Car, en essentialisant les aspirations d’une communauté complexe, on encourage l’émergence de positions inadaptées. En évoquant une question peule unique, on élude la complexité des tragédies en cours, et on agrège des problématiques que l’identitarisme modernisé finit par englober sans proposer de solutions adaptées aux demandes de chacun. Il convient donc de prendre garde aux radicalisations identitaires qui surgissent, liées à des politiques sécuritaires biaisées et à la diffusion de récits médiatiques sensationnalistes.
Dougoukolo Alpha Oumar Ba-Konaré est chargé de cours à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) à Paris.
Cet article a d’abord été publié sur le site de The Conversation.



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Compte rendu

Au Cameroun anglophone, trois personnes tuées par l’armée lors de la rentrée des classes

La ministre de l’éducation était en visite à Bamenda, où les séparatistes avaient appelé au boycott des établissements scolaires.


LE MONDE
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        Le 05.09.2018 à 14h41

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        Mis à jour le 05.09.2018 à 19h29






    
Un policier à Bamenda, au Cameroun, en février 2018.
Crédits : REINNIER KAZE / AFP


L’armée camerounaise a annoncé, mercredi 5 septembre, avoir tué la veille trois personnes à Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest, où la ministre de l’éducation assistait à la rentrée scolaire que les séparatistes anglophones avaient appelé à boycotter.
Trois personnes ont été « neutralisées » mardi après avoir fait « irruption dans la ville » à bord d’un véhicule contenant trois autres occupants, a indiqué à l’AFP le porte-parole de l’armée camerounaise, le colonel Didier Badjeck.

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Selon un témoin interrogé sur place, de nombreux coups de feu ont été entendus mardi tout autour de l’hôtel où résidait la ministre chargée de l’éducation de base, Youssouf Adidja Alim, en visite à Bamenda à l’occasion de la rentrée scolaire.
Les occupants du véhicule « avaient déjà été apparemment repérés et repoussés par les forces de l’ordre avant d’atteindre les lieux où se trouvaient la ministre et ses accompagnateurs », a indiqué une source proche de Mme Adidja Alim.
La rentrée des classes a été perturbée dans la région du Nord-Ouest par des attaques armées contre des établissements scolaires, et leur taux de remplissage à Bamenda était faible, selon un témoin.
Des élèves enlevés
Dans les deux régions anglophones du Cameroun (Nord-Ouest et Sud-Ouest), où fait rage depuis plusieurs mois un conflit armé qui oppose l’armée à des séparatistes, un boycott des écoles a été décrété par des séparatistes. Ceux-ci, qui estiment que le système scolaire francophone marginalise les étudiants anglophones, avaient renouvelé leur appel au boycott avant la rentrée de lundi.
Certains sécessionnistes ont déclaré sur les réseaux sociaux qu’ils ne garantissaient pas « la sécurité des enfants » qui retourneraient étudier. Lundi, sept élèves et un proviseur du lycée de Bafut, près de Bamenda, ont été enlevés par des hommes armés. Mardi, deux élèves et le directeur ont pu recouvrer la liberté, selon les informations obtenues mardi par l’AFP.

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La profonde crise politico-sécuritaire au Cameroun anglophone a débuté fin 2016 par des manifestations impulsées par des avocats anglophones et des enseignants pour protester contre les discriminations subies, selon eux, par les populations anglophones du Cameroun. Aujourd’hui, les combats entre soldats et séparatistes sont devenus quasi quotidiens et les civils sont pris « entre le marteau et l’enclume », selon l’ONG Amnesty International.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Alors que la Chine a remporté les deux premières médailles d’or d’un tournoi électronique affilié aux JO, le président du CIO, Thomas Bach, a rappelé son hostilité aux jeux violents.
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E-sport : le CIO ne veut pas de « jeux vidéo de tuerie » aux Jeux olympiques

Alors que la Chine a remporté les deux premières médailles d’or d’un tournoi électronique affilié aux JO, le président du CIO, Thomas Bach, a rappelé son hostilité aux jeux violents.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 14h29
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 14h56
    |

            William Audureau








                        



   


Après avoir fait les yeux doux au monde des compétitions de jeux vidéo depuis un an, le monde de l’olympisme rappelle qu’il reste maître des cartes. Dans un entretien avec l’agence de presse Associated Press, le président du CIO, Thomas Bach, a exprimé lundi 3 septembre son scepticisme quant à la possible intégration de certaines disciplines e-sportives aux JO :
« Nous ne pouvons avoir au programme olympique un jeu qui promeut la violence ou la discrimination. Ce qu’on appelle les jeux de tuerie [killer games]. De notre point de vue, ils sont contraires aux valeurs olympiques et ne peuvent donc pas être acceptés. »
L’affirmation, relativement vague mais très commentée, a pris de surprise de nombreux observateurs, pour qui l’intégration de l’e-sport était en bonne voie, et le thème de la violence des jeux vidéo une résurgence des fantasmes des années 1990.
Cette prise de distance fait suite à la tuerie de Jacksonville en Floride. Dans la nuit de dimanche 26 à lundi 27 août, un homme a ouvert le feu sur des participants à un tournoi de jeu vidéo de football américain, faisant deux morts et onze blessés, avant de se suicider. L’auteur présumé, David Katz, figurait lui-même parmi les inscrits à ce championnat. Les organisateurs des jeux asiatiques, les premiers de l’histoire où les compétitions de jeux vidéo sont devenus médaillables, ont exprimé à cette occasion leurs condoléances.
Certaines disciplines du monde de l’e-sport tournent autour de jeux de tir compétitifs, comme Counter-Strike, Call of Duty, Rainbow Six Siege, ou dans un registre moins réaliste, Overwatch. Les déclarations de Thomas Bach semblent définitivement leur fermer la porte. La question des jeux de combat à la Street Fighter V avec leur système de jauge de vie reste en suspens. Thomas Bach déclare ainsi :
« Bien sûr, chaque sport de combat a ses origines dans des combats réels entre gens, mais le sport est leur expression civilisée (…) Si vous avez des e-games [sic] où le but est de tuer, alors ils ne sont pas compatibles avec nos valeurs olympiques. » 
Souci de terminologie pour France e-Sport
Interrogé par Le Monde, le président de l’association France e-Sport, Stéphan Euthine, estime que ces déclarations illustrent le travail qui reste à mener pour rapprocher les deux mondes. « On a un petit regret sur les éléments de langage. “E-games” et “killer games” sont des termes qui n’existent pas. Il y a une pédagogie à faire, on sait qu’il faut qu’on apprenne à se connaître, mais ça ne remet pas en question les avancées. » Sur le fond, il n’existe toutefois pas de désaccord majeur, même si Stéphan Euthine aurait aimer davantage de détails :
« La violence, c’est très subjectif. Nous avons un organisme d’autorégulation pour cela. Thomas Bach aurait pu préciser qu’il ne voulait pas de jeux estampillés PEGI 16 ou 18. Ce qui aurait été parfaitement compréhensible, il y a des valeurs à respecter. »
A cet égard, la ligne rouge tracée par Thomas Bach ne choque pas le président de France e-Sport, qu’il s’agisse de l’exclusion des jeux de tir, voire de certains jeux de combat. « Il y aura des complications sur certains jeux comme il y en a pour certains sports de combat, comme le MMA, qui ne sera jamais aux JO », resitue-t-il.
Deux médailles d’or pour la Chine
Les déclarations de Thomas Bach recadrent mais ne contredisent pas les récentes avancées du dossier de l’intégration de l’e-sport aux JO. Dès l’été 2017, le CIO et le comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 avaient entrouvert la porte à une reconnaissance. Les sports électroniques de compétition « pourraient être considérés comme une activité sportive », avait alors déclaré l’institution sise à Lausanne. Leur présence durant l’olympiade parisienne, hors programme, est actuellement à l’étude. Avec, en toile de fond, un objectif : rajeunir l’audience d’un événement sportif au public vieillissant et se développer en Asie.
Cette déclaration survient alors que l’e-sport a figuré pour la première fois comme sport de démonstration aux Jeux asiatiques de 2018, qui se sont déroulés à Djakarta et Palembang, en Indonésie du 25 août au 1er septembre. Six compétitions ont été tenues sur six jeux différents – trois de stratégie-conquête du territoire (League of Legends, Arena of Valor, Starcraft II), deux de cartes (Hearthstone et Clash Royale), et un de football (Pro Evolution Soccer). Aucun de ces jeux ne mettait en scène d’arme à feu ni de violence. Ces six titres sont aujourd’hui en pole position pour rejoindre le programme officiel des Jeux asiatiques 2022, qui se déroulera en Chine.
La Chine, qui a remporté le tournoi Arena of Valor lors de ces Jeux asiatiques 2018, est devenue officiellement la première nation médaillée de jeux vidéo dans le cadre d’une compétition affiliée au CIO. L’empire du Milieu a par ailleurs terminé premier au classement des médailles avec deux breloques dorées, grâce à sa victoire dans l’épreuve phare, League of Legends. L’Indonésie (Clash Royale), Hongkong (Hearthstone), la Corée du Sud (Star Craft II) et le Japon (Pro Evolution Soccer) ont remporté les autres médailles d’or en jeu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Selon le chercheur Mahamoudou Savadogo, des groupes profitent de l’absence de l’Etat pour s’implanter dans l’est du pays, confronté à des attaques régulières.
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Entretien

« Nous assistons à la naissance d’une nouvelle cellule terroriste au Burkina Faso »

Selon le chercheur Mahamoudou Savadogo, des groupes profitent de l’absence de l’Etat pour s’implanter dans l’est du pays, confronté à des attaques régulières.

Propos recueillis par                                            Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance)




LE MONDE
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        Le 05.09.2018 à 13h59

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        Mis à jour le 05.09.2018 à 17h35






    
Lors des funérailles, le 31 août 2018, de sept soldats tués par l’explosion d’un engin artisanal contre leur véhicule à Pama, dans l’est du Burkina Faso.
Crédits : STR / AFP


La situation sécuritaire au Burkina Faso s’est détériorée ces derniers mois. Après le nord du pays, la région de l’Est est désormais la cible d’attaques régulières. Depuis le début de l’année, quinze assauts ont été enregistrés dans les provinces de la Kompienga et du Gourma. Mardi 28 août à Pama, l’explosion d’un engin artisanal contre un véhicule de gendarmerie a causé la mort de sept soldats. L’identité des assaillants reste inconnue, mais, au ministère de l’intérieur, on s’inquiète de la présence d’individus venus de pays voisins et dont l’objectif serait d’implanter des bases terroristes.
Mahamoudou Savadogo, ancien gendarme devenu chercheur à l’université de Ouagadougou et au Centre de recherches pour le développement international (CRDI), analyse l’émergence de ce qu’il qualifie de « nouvelle cellule terroriste ».

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Assistons-nous à la constitution d’un nouveau front dans la région de l’Est ?
Mahamoudou Savadogo La situation sécuritaire se dégrade de jour en jour et devient inquiétante. Il n’y a pas encore de revendication terroriste, mais quand on analyse les incidents, il s’agirait d’un seul et même groupe. Il faut rappeler que des mouvements d’individus suspects ont été repérés près de la frontière avec le Niger il y a quelques mois. Certains militants de l’Etat islamique au Grand Sahara [EIGS], traqués par les forces maliennes et françaises au Mali, se seraient repliés dans l’est du Burkina, le maillon faible de la sous-région.
On voit que la cellule utilise la même stratégie que les djihadistes des pays voisins : elle s’est formée en s’appuyant sur des chefs influents des communautés locales. Ses leaders seraient des fils de dignitaires de la région, radicalisés après un séjour au Mali pour étudier le Coran. Le mode opératoire prouve qu’il s’agit d’individus maîtrisant parfaitement le terrain et la forêt, donc natifs de la région et expérimentés dans l’art de la guerre.
Nous assistons à la naissance d’une cellule terroriste de l’Est qui devrait se donner un nom ou s’affilier à d’autres groupes prochainement. Dans le Kompienga, des éléments préoccupants ont été rapportés. En août, des individus aux traits étrangers brandissant un drapeau frappé d’inscriptions islamiques ont été aperçus, et il y aurait eu des prêches par des hommes non identifiés dans une autre localité.

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Comment ces groupes auraient-ils réussi à s’implanter dans l’Est ?
L’Est est une région forestière, frontalière et peu peuplée. Elle est difficile à couvrir pour les forces de sécurité, dont les effectifs et les moyens matériels manquent sur place. Comme dans le nord du pays, ces groupes profitent de l’absence de l’Etat pour s’implanter et infiltrer la population, qui est assez pauvre. Ces individus pointent le manque de soutien des autorités ou « l’injuste » répartition des concessions de chasse dans les années 1990, qui avait provoqué une frustration chez les habitants, traditionnellement chasseurs et pêcheurs.
Les forces de sécurité ont sous-estimé la menace dans l’Est. Jusqu’alors, elles s’appuyaient sur les groupes d’autodéfense pour lutter contre les délinquants régionaux. La collaboration avec les koglweogo, une milice locale très active qui dispose de bonnes sources de renseignement, avait d’ailleurs permis de baisser le taux de criminalité dans la région à son plus bas niveau entre 2015 et 2017. Désormais, certaines questions s’imposent : ces milices vont-elles se lancer dans la lutte contre le terrorisme ou se cantonner à leur rôle traditionnel de rempart contre le banditisme ?
Aujourd’hui, les koglweogo n’osent pas s’opposer directement à ces groupes, dont les leaders sont très influents. S’attaquer à leurs fils, ces « princes » radicalisés, signifierait perdre l’appui et le soutien des chefs traditionnels. Le tandem forces de sécurité-milices commence à s’essouffler face à l’émergence d’une nouvelle menace terroriste. L’armée va devoir revoir sa stratégie.

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Quel serait l’objectif de ces groupes ?
Frontalière du Togo, du Bénin et du Niger, la région de l’Est est propice aux mouvements et activités des groupes terroristes. S’y installer permet de mettre la main sur les couloirs des trafics : braconnage, armes, ivoire et drogue. En outre, en ouvrant un nouveau front dans l’Est, ces éléments viseraient à mettre en difficulté la stratégie de la force conjointe du G5 Sahel regroupant le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad. On ne s’attendait pas à des attaques dans cette partie du pays. L’absence de troupes du G5 Sahel et le manque de patrouilles côté burkinabé pourraient expliquer le repli de l’EIGS dans cette zone.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Après la tuerie du 14 février de Parkland, Delta Airlines, United Airlines, Hertz ou MetLife avaient annoncé qu’elles mettaient un terme à leurs partenariats avec la NRA.
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Levi Strauss s’engage dans la prévention de la violence par armes à feu aux Etats-Unis

Après la tuerie du 14 février de Parkland, Delta Airlines, United Airlines, Hertz ou MetLife avaient annoncé qu’elles mettaient un terme à leurs partenariats avec la NRA.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 13h57
   





                        



   


Sept mois après la fusillade au lycée Stoneman Douglas de Parkland, en Floride, qui a ravivé le débat sur les armes à feux aux Etats-Unis, Levi Strauss & Co, la marque de vêtements américaine spécialisée dans le jean s’engage pour le contrôle des armes aux Etats-Unis.
Dans un texte publié sur le site du magazine Fortune, Chip Bergh, le PDG et président de Levi Strauss, écrit que son entreprise « ne peut pas rester silencieuse lorsqu’il s’agit de questions qui menacent le fondement même des communautés où nous vivons et travaillons ». Il poursuit son explication : « Vous vous demandez peut-être pourquoi une entreprise qui ne fabrique ou ne vend pas d’armes à feu s’immisce dans ce débat, mais pour nous, c’est simple. Les Américains ne devraient pas avoir peur de la violence liée aux armes. C’est une question qui nous concerne tous. » 
S’il ne préconise pas d’abroger le 2e amendement ni de traiter les propriétaires d’armes à feu d’irresponsables, il rappelle qu’en moyenne, chaque jour, « 96 Américains sont tués par des armes à feu » (suicides et homicides).
Chip Bergh estime qu’il est de sa responsabilité de prendre la parole sur des questions importantes puisqu’il dirige une « entreprise (…) connue à travers le monde comme un pionnier de l’Ouest américain et l’un des grands symboles de la liberté américaine ».

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Pour cela, le groupe a créé le Safer Tomorrow Fund (« Fonds pour un avenir plus sûr ») doté de 1 million de dollars, versés aux cours des quatre prochaines années, à des ONG et de militants qui s’emploient à mettre fin à la violence par armes à feu. Enfin, l’entreprise doublera aussi les dons faits par ses employés au Safer Tomorrow Fund.
Levi Strauss s’associe au groupe de contrôle des armes à feu Everytown for Gun Safety et à d’autres personnalités, comme Michael Bloomberg, l’ancien maire de New York, pour créer Everytown Business Leaders for Gun Safety, un groupe de dirigeants qui « estiment que les entreprises ont un rôle crucial à jouer contre la violence armée dans ce pays ».
Chip Bergh admet que cette décision est controversée : « Bien que prendre position puisse être impopulaire auprès de certains, ne rien faire n’est plus une option », conclut-il.
Après la tuerie du 14 février de Parkland, Delta Airlines, United Airlines, Hertz ou MetLife avaient annoncé qu’elles mettaient un terme à leurs partenariats avec la NRA. D’autres, comme Walmart et Dick’s Sporting Goods, avaient affirmé qu’il était « nécessaire de faire quelque chose », notamment en cessant la vente de fusils d’assaut ou de chargeurs de grande capacité, dans leurs magasins.



                            


                        

                        


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Compte rendu

En Libye, l’ONU annonce un accord de cessez-le-feu près de Tripoli

Après une nouvelle journée d’affrontements au sud de la capitale, il n’était pas possible de vérifier si la trêve était respectée.


LE MONDE
              datetime="2018-09-05T12:47:51+02:00"

        Le 05.09.2018 à 12h47






    
Une maison touchée par un tir de roquette dans la banlieue sud de Tripoli, le 4 septembre 2018.
Crédits : MAHMUD TURKIA / AFP


La mission de l’ONU en Libye (Manul) a annoncé, mardi 4 septembre, la signature d’un accord de cessez-le-feu entre les groupes armés impliqués dans les combats près de la capitale libyenne qui ont fait au moins 50 morts depuis le 27 août. Après une nouvelle journée de violents affrontements au sud de la capitale, les combats marquaient une pause en début de soirée, mais il n’était pas possible de vérifier dans l’immédiat si l’accord était totalement respecté par les nombreux belligérants.

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La semaine dernière, un accord de cessez-le-feu annoncé par des dignitaires n’avait été respecté que pendant quelques heures. « Sous l’égide de l’envoyé spécial de l’ONU en Libye Ghassan Salamé, un accord de cessez-le-feu a été conclu et signé aujourd’hui pour mettre fin à toutes les hostilités, protéger les civils et sauvegarder les biens publics et privés », a annoncé la Manul.
Un accord « très fragile »
La mission onusienne a précisé sur son compte Twitter que l’accord prévoyait également la réouverture du seul aéroport international en service près de Tripoli, fermé depuis le 31 août en raison des combats. Elle a tenu à souligner que « la réunion d’aujourd’hui ne visait pas à résoudre tous les problèmes de sécurité de la capitale libyenne » et que le but était de « se mettre d’accord sur un cadre plus large pour aborder ces problèmes ».
Ont pris part à ces pourparlers « des officiers militaires et les chefs des différents groupes armés présents dans et autour de la capitale », ainsi que le ministre de l’intérieur et d’autres représentants du gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale, selon la Manul. L’ONU n’a pas précisé le lieu de la réunion, mais selon des sources proches des pourparlers, elle s’est tenue à Zawiya, à moins de 50 km à l’ouest de la capitale.

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L’analyste libyen Mohamed Eljarh, qui parle d’un accord « très fragile », estime que « la Manul et les autorités libyennes devraient travailler à la mise en œuvre (…) des arrangements de sécurité prévus dans l’accord » signé fin 2015 au Maroc sous l’égide de l’ONU et dont est issu le GNA. « Ces arrangements ont été totalement ignorés jusqu’à présent » par le GNA, a-t-il déploré, en référence notamment à l’intégration des miliciens dans des forces de sécurité régulières.
Les combats opposaient depuis le 27 août des groupes venus notamment de Tarhouna et Misrata (ouest) à des groupes armés tripolitains théoriquement sous l’autorité du GNA. Mardi, les affrontements les plus violents ont eu lieu sur la route de l’aéroport international de Tripoli détruit en 2014, aux abords d’un immense dépôt de stockage d’hydrocarbures de la Compagnie nationale de pétrole (NOC). Avant l’annonce de l’accord de cessez-le-feu, la NOC avait demandé une trêve « immédiate pour préserver la vie des employés de la compagnie ».
Otage de certaines milices
Les combats ont en outre déclenché des incendies dans l’enceinte du complexe d’hydrocarbures et deux pompiers de la compagnie ont été blessés en tentant d’y venir à bout, a déploré la NOC qui a mis en garde contre d’« immenses pertes matérielles ».
La France, qui fait pression pour la tenue d’élections en décembre en Libye, a condamné la poursuite des affrontements à Tripoli, appelant « les parties prenantes à trouver une solution pacifique à la situation actuelle ». Depuis le début des hostilités, les combats ont fait au moins 50 morts et 138 blessés, et ont déplacé plus de 1 800 familles, selon le GNA.

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A Genève, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a appelé « les parties impliquées dans les combats à épargner les civils et les infrastructures civiles ainsi qu’à permettre le passage sécurisé des personnes cherchant refuge dans des zones plus sûres ». Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme s’est dit de son côté préoccupé par « l’impact du conflit sur les groupes en situation vulnérable, notamment les migrants et les personnes déplacées ». Des témoins et des secouristes ont fait état de l’évasion mardi de centaines de migrants qui étaient détenus dans un centre de rétention sur la route de l’aéroport.
Depuis la chute de régime de Mouammar Kadhafi en 2011, Tripoli est sous la coupe de milices en quête d’argent et de pouvoir qui se livrent à une lutte acharnée pour la domination de la capitale. Comme les autorités de transition qui l’ont précédé, le GNA a échoué à mettre en place des forces de sécurité unifiées, devenant l’otage de certaines de ces milices qui ont infiltré les institutions politiques et économiques de la capitale.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Pour la première fois, des suspects de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille ont été identifiés : deux officiers du GRU, services secrets proches de Poutine.
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Empoisonnement de Sergueï Skripal : Londres accuse deux membres du renseignement militaire russe

Pour la première fois, des suspects de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille ont été identifiés : deux officiers du GRU, services secrets proches de Poutine.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 19h11
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) et 
Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Un murmure a parcouru la Chambre des communes mercredi 5 septembre, quand Theresa May a nommé l’agence de renseignement militaire russe comme étant responsable de la tentative d’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia. Pour la première fois, la première ministre britannique a nommé les deux suspects, Alexander Petrov et Ruslan Boshirov (sans doute des pseudonymes), avant d’accuser : « Le gouvernement a conclu que les deux individus […] sont des officiers du service de renseignement militaire russe, appelé GRU. »
Elle ajoute, désignant clairement le sommet de l’Etat russe : « Le GRU est une organisation très disciplinée avec une chaîne de commandement bien établie. » Il s’agit d’un des services secrets les plus proches du président Vladimir Poutine, sous la direction de son fidèle ministre de la défense, Sergueï Choïgou. L’un des plus fermés aussi.
M. Skripal, qui est un ancien du GRU, et sa fille ont été empoisonnés au Novitchok, un agent innervant, le 4 mars. Tous les deux y ont survécu, après des semaines d’hospitalisation.
Détail des mouvements
Mercredi, la police britannique a détaillé les mouvements de deux suspects. Ceux-ci sont arrivés le vendredi 2 mars après-midi à l’aéroport de Gatwick, au sud de Londres. Leurs passeports les nomment Alexander Petrov et Ruslan Boshirov, mais les autorités britanniques, qui ont diffusé leurs photos, pensent qu’il s’agit de faux noms.
Après une nuit dans un hôtel dans l’est de Londres, les deux hommes se sont rendus en reconnaissance le samedi à Salisbury, où habitait M. Skripal, puis sont rentrés le soir dans le même hôtel de la capitale britannique. Le dimanche, ils sont de nouveau allés à Salisbury, et ont aspergé de poison la poignée de porte du logement de l’ancien agent russe.
Ils transportaient le Novitchok dans une petite bouteille de parfum, dont la photo a été diffusée par la police. Il s’agissait d’un flacon de contrefaçon de Premier Jour, de Nina Ricci, dont le diffuseur avait été modifié. Les deux hommes sont ensuite rentrés à Londres, avant d’aller directement à l’aéroport d’Heathrow et de décoller pour Moscou vers 22 h 30.

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Enquête complexe et intense
Qu’ont-ils fait de la bouteille de parfum ? La police l’ignore, mais celle-ci s’est retrouvée dans un dépôt public destiné à une association caritative de Salisbury. Trois mois et demi plus tard, Dawn Sturgess et son compagnon, Charlie Rowley, l’ont récupérée et emportée chez eux. Mme Sturgess s’est aspergé le poignet de son contenu, et en est morte le 9 juillet. M. Rowley a également été en contact avec le poison, mais il y a survécu.
Depuis mars, la police britannique a mené « une des enquêtes les plus complexes et intenses de [son] histoire », explique Neil Basu, qui dirige la branche antiterroriste de Scotland Yard. Au total, 11 000 heures de vidéosurveillance ont été passées au crible et 1 400 témoignages recueillis. Les preuves accumulées sont désormais suffisantes pour officiellement inculper les deux suspects, notamment de tentative de meurtre et d’utilisation d’une substance chimique interdite.

        Notre reportage sur les lieux du crime :
         

          Salisbury, charmante cité anglaise empoisonnée par le Novitchok



Haussement d’épaule russe
La Russie interdit dans sa Constitution l’extradition de ses ressortissants. Le Royaume-Uni n’a donc pas demandé officiellement à Moscou de lui remettre les deux hommes. « Ce serait futile », dit Mme May. En revanche, un mandat d’arrêt européen a été émis contre les deux suspects. « Si un de ces individus voyage un jour hors de Russie, nous prendrons toutes les mesures pour le détenir, l’extrader et le mettre face à la justice au Royaume-Uni », poursuit la première ministre.
Moscou a réagi par un haussement d’épaule. « Nous venons juste d’entendre deux noms, ou de les lire, mais ces noms ne me disent rien personnellement rien, comme à vous je pense, déclare Youri Ouckakov, conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, cité par l’agence d’information Ria Novosti. De plus, selon Scotland Yard ces noms sont supposés fictifs. Je ne comprends pas pourquoi cela a été fait et quel genre de signal envoie le côté britannique. C’est difficile à comprendre. »
Au-delà de ses accusations sévères et précises, Mme May n’a pas annoncé de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie. Elle rappelle avoir expulsé vingt-trois diplomates peu après le début de l’affaire. Vingt-huit autres pays, ainsi que l’OTAN, ont aussi expulsé plus de cent cinquante diplomates, « la plus grande expulsion collective jamais réalisée », selon elle. L’arsenal législatif a aussi été renforcé en mai, permettant de saisir les biens ou l’argent de personnes responsables de violation des droits humains (« clause Magnitski »). Les Etats-Unis ont récemment annoncé de nouvelles sanctions financières contre la Russie.
Mme May se contente pour l’instant de « continuer à faire pression pour que toutes les mesures sur lesquelles nous nous sommes mis d’accord soient entièrement appliquées ». Cela inclut notamment la création d’un nouveau régime européen de sanction pour utilisation d’armes chimiques. Londres a demandé une réunion du Conseil de sécurité sur cette affaire pour informer les quatorze autres membres de l’avancée de l’enquête.

Le GRU, une agence de renseignements aux méthodes brutales
En visant le GRU, la première ministre britannique met la lumière sur une agence de renseignement russe qui relève du ministère de la défense, et qui est moins connue que le FSB, l’ex-KGB. Dans le livre Aquarium, paru en Grande-Bretagne en 1985 (Hamish Hamilton, non traduit), Viktor Souvorov en fait une description terrifiante. Ancien cadre, recruté dans l’armée, Vladimir Bogdanovitch Rezun, de son vrai, nom y décrypte ainsi le surnom, « Aquarium », donné au QG du GRU par ceux qui y travaillaient. « Quelles sortes de poissons nagent ici ? » demande-t-il à son supérieur. « Une seule — des piranhas », lui répond ce dernier.
Puis Viktor Souvorov, qui deviendra lui-même un transfuge en Grande-Bretagne en 1978, raconte avoir dû visionner la vidéo d’un homme brûlé vif, un ex-colonel qui aurait trahi les siens. « La loi chez nous est simple, entrée pour 1 rouble, sortie pour 2, écrit-il. Cela signifie qu’il est encore plus difficile d’en sortir que d’y entrer. »
Fondé en 1918, le GRU, rival du service des renseignements extérieurs russe (SVR) a fait peau neuve en 1992, après la chute de l’URSS. Réputé brutal, il s’est distingué à de nombreuses reprises, en plus de sa mission de renseignement sur l’armement, par l’élimination « d’ennemis de l’Etat » à l’étranger, notamment de plusieurs indépendantistes tchétchènes. Ses forces spéciales, les Spetsnaz, ont également participé aux opérations en Afghanistan, en Tchétchénie et plus récemment dans la prise de contrôle de la Crimée, la péninsule ukrainienne annexée en 2014, ainsi que dans les combats dans l’est de l’Ukraine. Ses forces sont aussi présentes en Syrie, et ont combattu, par exemple, pour la reprise de Palmyre aux djihadistes.
Depuis deux ans, le GRU a surtout fait parler de lui dans l’affaire de l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016, qui a abouti à la victoire de Donald Trump. En juillet, à la demande du procureur spécial Robert Mueller, qui enquête aux Etats-Unis sur cette ingérence, douze agents du GRU ont ainsi été inculpés d’avoir piraté les ordinateurs du Parti démocrate américain. Sous divers noms, comme APT28, des groupes de hackeurs seraient directement pilotés par l’organisation militaire russe.


 

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Outre-Rhin, le secteur de la banque souffre face aux nouveaux acteurs de la finance.
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édition abonné


La « fintech » allemande Wirecard chasse Commerzbank de l’indice DAX

Outre-Rhin, le secteur de la banque souffre face aux nouveaux acteurs de la finance.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h40
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Peu d’événements promettent d’être plus amers pour le secteur bancaire traditionnel allemand que celui-là : Commerzbank, la deuxième banque privée du pays, fondée en 1870, devait quitter, mercredi 5 septembre, l’indice DAX, qui regroupe les trente premières sociétés cotées outre-Rhin. En langage boursier, ce déclassement entérine son déclin inexorable, comme celui de sa concurrente Deutsche Bank. Toutes deux n’ont jamais retrouvé leur rentabilité depuis la crise financière de 2008.
Mais le message envoyé par les marchés va bien plus loin. Par une coïncidence fortuite mais lourde de sens, c’est un autre établissement financier qui devait prendre la place de Commerzbank au sein du DAX, mercredi. Le nouvel entrant se nomme Wirecard. Fort de 4 500 salariés, le leader mondial des paiements électroniques, né en 1999, a vu sa valeur boursière dépasser, mi-août, celle de Deutsche Bank. La « fintech » devrait être la première société technologique allemande à se hisser en première ligue boursière depuis l’éditeur de logiciels SAP, créé en 1972.

Wirecard ne se contente pas d’être la nouvelle coqueluche des investisseurs. Son succès est aussi un pied de nez adressé aux dirigeants de Commerzbank et Deutsche Bank, à Francfort. Son patron, Markus Braun, évite soigneusement toute exposition médiatique. Et le siège de la société est un hymne au provincialisme économique allemand : il est implanté à une vingtaine de kilomètres du centre de Munich, à Aschheim, commune aussi ennuyeuse que fonctionnelle pour les entreprises, et parfaitement reliée au réseau de transports en commun.
Qu’importe la visibilité, quand le modèle économique est la prestation de services aux entreprises. « Les hidden champions[« champions cachés »], ces entreprises leaders mondiales d’une technologie et inconnues du grand public, sont dans l’ADN du capitaliste allemand », explique Markus Eichinger, vice-président exécutif de Wirecard, qui reçoit Le Monde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le procès dont les audiences sont prévues les 5, 12 et 14 septembre ne concerne que la durée de la peine.
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Meurtre dans un sous-marin danois : procès en appel de Peter Madsen

Le procès dont les audiences sont prévues les 5, 12 et 14 septembre ne concerne que la durée de la peine.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 12h33
   





                        



   


Le procès en appel de Peter Madsen, l’inventeur autodidacte danois condamné à la prison à vie pour l’assassinat de la journaliste suédoise Kim Wall dans son sous-marin en août 2017, s’est ouvert mercredi 5 septembre devant la Haute Cour de Copenhague. Trois jours d’audience ont été prévus les 5, 12 et 14 septembre.
« Nous ne sommes pas réunis ici pour déterminer si Peter Madsen est coupable car il l’est », a rappelé le procureur Kristian Kirk à l’ouverture des débats devant le condamné. Le procès ne concerne en effet que la durée de la peine, que Peter Madsen, 47 ans, espère voir réduite.
Il a été condamné fin avril à l’issue de onze jours de procès au retentissement médiatique sans précédent. Le 10 août 2017, il avait embarqué sur son submersible artisanal Kim Wall, 30 ans, qui projetait d’écrire un reportage sur ses désirs de conquête du ciel et des fonds marins.
La perprétuité, seize ans de prison en moyenne
« Il réalise qu’il a été reconnu coupable et il doit vivre avec. Il a décidé de ne pas continuer à se battre. Il n’a pas l’énergie nécessaire pour cela », avait déclaré Betina Hald Engmark, son avocate, à la radio publique DR. Selon elle, la peine est « disproportionnée par rapport à la jurisprudence » et c’est sur cette question que les trois juges de la cour d’appel vont plancher avec trois jurés.
Au Danemark, hormis Peter Madsen, seul un criminel a été condamné à la perpétuité pour un seul meurtre. La prison à vie correspond au Danemark à seize ans de réclusion effective en moyenne, mais celle-ci peut être prolongée.
Après douze ans d’emprisonnement, un condamné à la perpétuité peut demander à être remis en liberté mais est maintenu en prison tant que la justice considère qu’il représente un risque pour la société. Seuls 25 détenus purgent une peine de ce type. Le jugement devrait être rendu le 14 septembre.

        Lire son portrait  :
         

          Peter Madsen, un savant fou danois à « tendance psychopathe »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », observe comment Pékin monte en puissance avec une précision et une rapidité qui inquiètent.
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« L’image bienveillante d’une Chine se posant en chantre du multilatéralisme a fait long feu »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », observe comment Pékin monte en puissance avec une précision et une rapidité qui inquiètent.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h32
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Chronique. Les plus grandes manœuvres militaires jamais organisées depuis près de quatre décennies, Vostok 2018, vont se dérouler du 11 au 15 septembre dans l’Extrême-Orient russe, avec la participation de quelque 300 000 soldats russes. L’un des objectifs du précédent exercice Vostok, en 2010, était de donner à la Chine une idée de la puissance militaire de la Russie, au cas où l’empire du Milieu aurait eu des velléités expansionnistes.
Pour les généraux à Moscou, observaient à l’époque les experts militaires, la Chine était « la menace dont on ne disait pas le nom ». Huit ans plus tard, Moscou voit Pékin d’un autre œil : cette fois-ci, 3 200 soldats et trente avions chinois participeront aux manœuvres russes. La Chine est passée du statut de menace à celui d’alliée potentielle.
Il n’y a pas qu’à Moscou que le regard sur la Chine a changé. A Paris, dans son discours devant les ambassadeurs, le 27 août, le président Emmanuel Macron a voulu se montrer froidement lucide sur la Chine. Non sans un brin d’admiration : les « nouvelles routes de la soie » constituent, à ses yeux, « l’un des concepts géopolitiques les plus importants des dernières décennies » ; pour autant, il ne faut « céder à aucune fascination coupable ou court-termiste : c’est une vision de la mondialisation hégémonique ».

L’image bienveillante du président Xi Jinping, profitant, en janvier 2017, du choc de l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche pour se poser en chantre du multilatéralisme, a fait long feu. Le monde, depuis, a ouvert les yeux : multilatéralisme, sans doute, mais avec des caractéristiques chinoises, selon l’expression consacrée au parti.
Les affaires sont les affaires
L’une de ces caractéristiques est la générosité que permet un carnet de chèques abondamment approvisionnés. Les Etats africains, dont les dirigeants viennent d’être reçus pour un sommet sino-africain à Pékin, en savent quelque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Avant les européennes, la Commission veut aider les Etats membres à éviter la désinformation et à renforcer la cybersécurité.
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Bruxelles s’inquiète des risques de manipulation des élections

Avant les européennes, la Commission veut aider les Etats membres à éviter la désinformation et à renforcer la cybersécurité.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 11h50
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La Commission européenne s’inquiète des menaces de manipulation qui planent sur les processus électoraux dans divers pays membres de l’Union, singulièrement pour le scrutin européen du 26 mai 2019. Elle présentera donc le 12 septembre, à Strasbourg, une série de documents assortis de recommandations pour tenter d’éviter la désinformation, les cyberattaques ou des intrusions étrangères susceptibles de perturber le bon déroulement des consultations électorales.
Dans ces divers documents, consultés par Le Monde, la Commission souligne la nécessité d’un renforcement de la « résilience démocratique » dans les différents Etats en vue de protéger leurs valeurs et leurs institutions. Elle dit vouloir tirer les leçons de scandales comme celui de Cambridge Analytica, qui, indique-t-elle, « avait mis en lumière le risque que font courir à la démocratie et au pluralisme certaines activités en ligne ». Le cabinet londonien, spécialisé dans les études de consommation et d’opinion, avait collecté des dizaines de millions de profils Facebook sans le consentement des utilisateurs du réseau social, afin notamment d’influer sur diverses élections et de propager sur le Web des théories complotistes.

La Commission ne peut avoir qu’un rôle de conseil dans le domaine. C’est à chaque pays membre qu’il appartient d’organiser souverainement des « élections libres, honnêtes et sûres ». La commissaire tchèque à la justice, Vera Jourova, leur adressera des recommandations et leur proposera une aide éventuelle à la préparation et la surveillance des votes.
Les services de Mme Jourova auraient fait quelques constats accablants : des législations souvent désuètes face au développement des réseaux sociaux, une absence de concertation entre les différentes autorités nationales chargées de l’organisation des élections, un manque total d’échange entre des pays qui auraient déjà eu affaire à des cyberattaques et leurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Marie Charrel revient sur l’annonce du large excédent budgétaire allemand, véritable serpent de mer en Europe, qui sonne comme une provocation pour le président américain.
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« Les excédents allemands, source de déséquilibre pour l’Europe »

Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Marie Charrel revient sur l’annonce du large excédent budgétaire allemand, véritable serpent de mer en Europe, qui sonne comme une provocation pour le président américain.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 13h20
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Vu d’ailleurs. Du côté des Etats-Unis, l’annonce sonne comme une provocation. Cette année, l’Allemagne devrait enregistrer, une fois encore, le plus large excédent courant de la planète, si l’on en croit les chiffres publiés le 20 août par l’institut de recherche économique IFO. Selon l’influent indicateur munichois, le surplus devrait frôler les 300 milliards d’euros cette année, soit 7,8 % du produit intérieur brut (PIB). Ce sera un peu moins que le record de 2017, mais le pays restera néanmoins sur la première place du podium, devant le Japon et la Chine.
Le sujet fait partie des obsessions de Donald Trump. « Nous avons un énorme déficit commercial avec l’Allemagne. En plus, elle paie bien moins qu’elle ne le devrait pour l’OTAN. Très mauvais pour les Etats-Unis », tweetait-il ainsi déjà, en mai 2017. Pour le président américain, les pays excédentaires sont forcément des tricheurs. Mais les surplus allemands sont aussi un serpent de mer en Europe. En particulier en France, où l’on se complaît régulièrement à accabler nos trop vertueux voisins. Ces derniers temps, même le Fonds monétaire international (FMI) s’est joint à la critique. Mais, en fait, quel est le problème ?
La compétitivité de l’industrie outre-Rhin a en partie été dopée par la modération salariale intervenue dans le pays au début des années 2000
L’excédent allemand a plusieurs sources. Il est d’abord le résultat du dynamisme de l’industrie outre-Rhin. Sa compétitivité a en partie été dopée par la modération salariale intervenue dans le pays au début des années 2000. Le tassement des rémunérations a limité les importations tout en stimulant les exports. Selon une récente note du Trésor français, le phénomène explique au moins un tiers de l’excédent courant actuel.
Mais celui-ci est aussi le fruit de l’énorme excès d’épargne publique et privée du pays d’Angela Merkel, supérieure aux besoins d’investissements internes, si bien que nos voisins placent...




                        

                        

