<FILE-date="2018/09/05/22">

<article-nb="2018/09/05/22-1">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ La plupart des sujets qui fâchent ont été évités, donnant à cette audition à Washington l’aspect d’une conférence sur le fonctionnement des réseaux.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Pour Twitter et Facebook, une audition très convenue devant le Sénat américain

La plupart des sujets qui fâchent ont été évités, donnant à cette audition à Washington l’aspect d’une conférence sur le fonctionnement des réseaux.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 19h33
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 20h58
    |

            Martin Untersinger et 
Damien Leloup








                        



   


Etait-ce parce que de nombreux sénateurs interrogeaient au même moment le prétendant à la Cour suprême Brett Kavanaugh ? Ou parce que les élus ont déjà fait le tour de la question lors des précédentes auditions sur le sujet ? Toujours est-il que l’audition, par la commission du renseignement du Sénat américain, des patrons de Facebook et de Twitter, ce 5 septembre, n’a donné lieu à aucun feu d’artifice.
Pourtant, en amont de cette audition théoriquement consacrée aux « campagnes d’influences électorales » étrangères, la commission avait tapé du poing sur la table, en invitant les dirigeants du plus haut niveau de Google, de Facebook et de Twitter. Les parlementaires américains ont interrogé, durant trois heures, Jack Dorsey, le PDG de Twitter, et Sheryl Sandberg, la toute-puissante numéro deux de Facebook.
Mais un invité manquait à l’appel : le cofondateur de Google, Larry Page, avait fait savoir qu’il ne serait pas présent — ce qui avait provoqué la colère de la commission.
Peu de questions qui fâchent
Même si le sénateur Mark Warner a dit sa déception de ne pouvoir poser « les questions difficiles » qu’il avait préparées pour l’entreprise, l’absence de M. Page a été à peine évoquée. Tout comme d’autres sujets qui fâchent : les républicains, qui accusent de plus en plus violemment les réseaux sociaux de « censurer » les conservateurs, ne se sont approchés du sujet qu’avec d’infinies précautions. Le contraste avec les accusations véhémentes du président Trump, qui accuse désormais ouvertement Google comme Twitter de censure, était frappant.
Même le très conservateur Marco Rubio a préféré les interroger sur les rapports qu’entretiennent ces deux entreprises avec la Chine. Du côté des démocrates, les attaques violentes sur leur inaction coupable contre les fausses informations ont également été beaucoup plus prudentes que lors de précédentes auditions.
Résultat : des questions dans leur très grande majorité très convenues, qui ont parfois donné à cette audition l’aspect d’une conférence de trois heures sur le fonctionnement des réseaux sociaux. Jack Dorsey devrait être confronté à une opposition plus virulente lors de son audition à la Chambre des représentants, ce même mercredi, où il devra répondre à des questions sur le prétendu biais de son service en défaveur des conservateurs.
« Des choses très positives »
L’ambiance était nettement plus détendue que lors de l’audition de Mark Zuckerberg, en avril, juste après le scandale Cambridge Analytica. Certains sénateurs, pourtant virulents par le passé, ont même félicité les deux entreprises pour leurs actions prises ces derniers mois.
« Il ne fait pas de doute qu’il y a eu des choses très positives », a estimé le président de la commission, Richard Burr. « Il faut du courage pour dénoncer des acteurs étatiques, et vos entreprises l’ont fait. » Mark Warner, pourtant une des voix les plus critiques sur le rôle des grandes plates-formes de la Silicon Valley lors de l’élection de 2016, s’est dit « impressionné » par les efforts déployés par Twitter.
Très calmes et pondérés, les représentants de Facebook et de Twitter n’ont jamais réellement été mis en difficulté. Quelques questions plus incisives, sur la présence de Facebook au Vietnam ou sur les revenus tirés des contenus publiés par les agents d’influence russes, ont été rapidement évacuées par Sheryl Sandberg. Jack Dorsey a de son côté détaillé ses récentes déclarations sur la nécessité d’un changement de modèle pour son réseau social. « Nous devons remettre en question les incitations fondamentales de nos produits », a-t-il dit, expliquant qu’il était par exemple nécessaire de moins mettre l’accent sur le nombre d’abonnés, l’un des principaux moteurs psychologiques qui incitent les utilisateurs à revenir sur Twitter : « Ce qui fonctionnait il y a douze ans ne fonctionne plus aujourd’hui. »
Alex Jones à deux doigts de l’esclandre

   


Le contraste entre l’audition et ce qui s’est déroulé devant les portes de la salle était d’autant plus saisissant. Avant le début de l’audition et pendant une demi-heure, Alex Jones, le très influent et populaire conspirationniste banni de Facebook cet été et temporairement suspendu par Twitter, avait improvisé une conférence de presse dans les couloirs du Sénat. Evoquant pêle-mêle un réseau pédophile protégé par le parti démocrate, ou encore le complot des réseaux sociaux, de mèche selon lui avec le Parti communiste chinois, l’Union européenne et le New York Times, pour le « réduire au silence ».
« Attendez deux semaines », a dit M. Jones, qui a ensuite assisté – en silence – à l’audition. « Le président Trump va prendre un décret », a-t-il affirmé, refusant de détailler la source de cette affirmation ou le contenu dudit décret. « La gauche a recréé le nazisme aux Etats-Unis… C’est cent fois pire que ce qu’a fait McCarthy », a-t-il lancé. Durant la pause, M. Jones a apostrophé le sénateur républicain Marco Rubio, peu susceptible d’être un allié des démocrates. Le ton est monté entre les deux hommes, qui ont même manqué de peu en venir aux mains.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-2">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Pour la première fois, des suspects de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille ont été identifiés : deux officiers du GRU, services secrets proches de Poutine.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Empoisonnement de Sergueï Skripal : Londres accuse deux membres du renseignement militaire russe

Pour la première fois, des suspects de l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille ont été identifiés : deux officiers du GRU, services secrets proches de Poutine.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 19h11
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) et 
Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Un murmure a parcouru la Chambre des communes mercredi 5 septembre, quand Theresa May a nommé l’agence de renseignement militaire russe comme étant responsable de la tentative d’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia. Pour la première fois, la première ministre britannique a nommé les deux suspects, Alexander Petrov et Ruslan Boshirov (sans doute des pseudonymes), avant d’accuser : « Le gouvernement a conclu que les deux individus […] sont des officiers du service de renseignement militaire russe, appelé GRU. »
Elle ajoute, désignant clairement le sommet de l’Etat russe : « Le GRU est une organisation très disciplinée avec une chaîne de commandement bien établie. » Il s’agit d’un des services secrets les plus proches du président Vladimir Poutine, sous la direction de son fidèle ministre de la défense, Sergueï Choïgou. L’un des plus fermés aussi.
M. Skripal, qui est un ancien du GRU, et sa fille ont été empoisonnés au Novitchok, un agent innervant, le 4 mars. Tous les deux y ont survécu, après des semaines d’hospitalisation.
Détail des mouvements
Mercredi, la police britannique a détaillé les mouvements de deux suspects. Ceux-ci sont arrivés le vendredi 2 mars après-midi à l’aéroport de Gatwick, au sud de Londres. Leurs passeports les nomment Alexander Petrov et Ruslan Boshirov, mais les autorités britanniques, qui ont diffusé leurs photos, pensent qu’il s’agit de faux noms.
Après une nuit dans un hôtel dans l’est de Londres, les deux hommes se sont rendus en reconnaissance le samedi à Salisbury, où habitait M. Skripal, puis sont rentrés le soir dans le même hôtel de la capitale britannique. Le dimanche, ils sont de nouveau allés à Salisbury, et ont aspergé de poison la poignée de porte du logement de l’ancien agent russe.
Ils transportaient le Novitchok dans une petite bouteille de parfum, dont la photo a été diffusée par la police. Il s’agissait d’un flacon de contrefaçon de Premier Jour, de Nina Ricci, dont le diffuseur avait été modifié. Les deux hommes sont ensuite rentrés à Londres, avant d’aller directement à l’aéroport d’Heathrow et de décoller pour Moscou vers 22 h 30.

        Comprendre :
         

          Qu’est-ce que le Novitchok, poison neurotoxique d’origine soviétique ?



Enquête complexe et intense
Qu’ont-ils fait de la bouteille de parfum ? La police l’ignore, mais celle-ci s’est retrouvée dans un dépôt public destiné à une association caritative de Salisbury. Trois mois et demi plus tard, Dawn Sturgess et son compagnon, Charlie Rowley, l’ont récupérée et emportée chez eux. Mme Sturgess s’est aspergé le poignet de son contenu, et en est morte le 9 juillet. M. Rowley a également été en contact avec le poison, mais il y a survécu.
Depuis mars, la police britannique a mené « une des enquêtes les plus complexes et intenses de [son] histoire », explique Neil Basu, qui dirige la branche antiterroriste de Scotland Yard. Au total, 11 000 heures de vidéosurveillance ont été passées au crible et 1 400 témoignages recueillis. Les preuves accumulées sont désormais suffisantes pour officiellement inculper les deux suspects, notamment de tentative de meurtre et d’utilisation d’une substance chimique interdite.

        Notre reportage sur les lieux du crime :
         

          Salisbury, charmante cité anglaise empoisonnée par le Novitchok



Haussement d’épaule russe
La Russie interdit dans sa Constitution l’extradition de ses ressortissants. Le Royaume-Uni n’a donc pas demandé officiellement à Moscou de lui remettre les deux hommes. « Ce serait futile », dit Mme May. En revanche, un mandat d’arrêt européen a été émis contre les deux suspects. « Si un de ces individus voyage un jour hors de Russie, nous prendrons toutes les mesures pour le détenir, l’extrader et le mettre face à la justice au Royaume-Uni », poursuit la première ministre.
Moscou a réagi par un haussement d’épaule. « Nous venons juste d’entendre deux noms, ou de les lire, mais ces noms ne me disent rien personnellement rien, comme à vous je pense, déclare Youri Ouckakov, conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, cité par l’agence d’information Ria Novosti. De plus, selon Scotland Yard ces noms sont supposés fictifs. Je ne comprends pas pourquoi cela a été fait et quel genre de signal envoie le côté britannique. C’est difficile à comprendre. »
Au-delà de ses accusations sévères et précises, Mme May n’a pas annoncé de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie. Elle rappelle avoir expulsé vingt-trois diplomates peu après le début de l’affaire. Vingt-huit autres pays, ainsi que l’OTAN, ont aussi expulsé plus de cent cinquante diplomates, « la plus grande expulsion collective jamais réalisée », selon elle. L’arsenal législatif a aussi été renforcé en mai, permettant de saisir les biens ou l’argent de personnes responsables de violation des droits humains (« clause Magnitski »). Les Etats-Unis ont récemment annoncé de nouvelles sanctions financières contre la Russie.
Mme May se contente pour l’instant de « continuer à faire pression pour que toutes les mesures sur lesquelles nous nous sommes mis d’accord soient entièrement appliquées ». Cela inclut notamment la création d’un nouveau régime européen de sanction pour utilisation d’armes chimiques. Londres a demandé une réunion du Conseil de sécurité sur cette affaire pour informer les quatorze autres membres de l’avancée de l’enquête.

Le GRU, une agence de renseignements aux méthodes brutales
En visant le GRU, la première ministre britannique met la lumière sur une agence de renseignement russe qui relève du ministère de la défense, et qui est moins connue que le FSB, l’ex-KGB. Dans le livre Aquarium, paru en Grande-Bretagne en 1985 (Hamish Hamilton, non traduit), Viktor Souvorov en fait une description terrifiante. Ancien cadre, recruté dans l’armée, Vladimir Bogdanovitch Rezun, de son vrai, nom y décrypte ainsi le surnom, « Aquarium », donné au QG du GRU par ceux qui y travaillaient. « Quelles sortes de poissons nagent ici ? » demande-t-il à son supérieur. « Une seule — des piranhas », lui répond ce dernier.
Puis Viktor Souvorov, qui deviendra lui-même un transfuge en Grande-Bretagne en 1978, raconte avoir dû visionner la vidéo d’un homme brûlé vif, un ex-colonel qui aurait trahi les siens. « La loi chez nous est simple, entrée pour 1 rouble, sortie pour 2, écrit-il. Cela signifie qu’il est encore plus difficile d’en sortir que d’y entrer. »
Fondé en 1918, le GRU, rival du service des renseignements extérieurs russe (SVR) a fait peau neuve en 1992, après la chute de l’URSS. Réputé brutal, il s’est distingué à de nombreuses reprises, en plus de sa mission de renseignement sur l’armement, par l’élimination « d’ennemis de l’Etat » à l’étranger, notamment de plusieurs indépendantistes tchétchènes. Ses forces spéciales, les Spetsnaz, ont également participé aux opérations en Afghanistan, en Tchétchénie et plus récemment dans la prise de contrôle de la Crimée, la péninsule ukrainienne annexée en 2014, ainsi que dans les combats dans l’est de l’Ukraine. Ses forces sont aussi présentes en Syrie, et ont combattu, par exemple, pour la reprise de Palmyre aux djihadistes.
Depuis deux ans, le GRU a surtout fait parler de lui dans l’affaire de l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016, qui a abouti à la victoire de Donald Trump. En juillet, à la demande du procureur spécial Robert Mueller, qui enquête aux Etats-Unis sur cette ingérence, douze agents du GRU ont ainsi été inculpés d’avoir piraté les ordinateurs du Parti démocrate américain. Sous divers noms, comme APT28, des groupes de hackeurs seraient directement pilotés par l’organisation militaire russe.


 

        Lire aussi :
         

                Tout comprendre à l’affaire Trump-Russie



 



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-3">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Contaminations (4/7). L’accident de 2011, qui n’a fait officiellement aucune victime, a contaminé les sols pour des siècles et brisé la vie des habitants.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ 
<article-nb="2018/09/05/22-4">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Après deux semaines d’insultes, jets de pierres et collisions navales, les pêcheurs des deux pays ont renouvelé leur accord sur les conditions de pêche.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Pêcheurs britanniques et français s’entendent sur la Saint-Jacques

Après deux semaines d’insultes, jets de pierres et collisions navales, les pêcheurs des deux pays ont renouvelé leur accord sur les conditions de pêche.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 20h51
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 21h15
   





                        



Faut-il y voir un armistice dans la guerre de la coquille Saint-Jacques ? Après deux semaines de vives tensions — insultes, jets de pierres, collisions navales… —, les pêcheurs français et britanniques ont annoncé, mercredi 4 septembre, avoir renouvelé leur accord sur la pêche de la précieuse noix de Saint-Jacques dans la baie de Seine.
Selon Gérard Romiti, président du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM), des discussions à Londres ont permis de « renouveler l’accord de 2017 » concernant les bateaux de plus de quinze mètres, et d’obtenir « un accord de principe pour les moins de 15 mètres ». Ces décisions se feront en échange de compensations pour les pêcheurs britanniques encore à définir, a ajouté M. Romiti, précisant que les discussions se poursuivraient à Paris dans quarante-huit heures.
Un accord « donnant-donnant »
Pour Pascal Coquet, président de la commission coquillages de pêche, l’accord de principe trouvé mercredi est « donnant-donnant ». « C’est le meilleur des cas pour les deux parties (...) dans la mesure où les Britanniques étaient bien dans leur droit », a-t-il dit à l’issue de la réunion.
Reste à savoir combien de temps cet accord sera valable. Selon Pascal Coquet, l’accord vaut pour la saison de pêche de 2018-2019, tandis que Jim Portus, représentant de l’industrie britannique de la coquille Saint-Jacques durant les négociations, a dit à la presse qu’il ne valait que pour 2018. « Jusqu’à la signature de l’accord vendredi, nous demandons (aux petits bateaux britanniques) d’éviter la zone », a poursuivi M. Portus, prévenant toutefois que l’accord serait « rejeté » si les compensations étaient jugées insuffisantes.

        Comprendre :
         

          Aux origines de la guerre de la coquille Saint-Jacques



Réglementations différentes
Ce différend entre pêcheurs français et britanniques autour des coquilles Saint-Jacques est lié à la différence de réglementation entre les deux pays. En France, la coquille Saint-Jacques ne peut être pêchée que du 1er octobre au 15 mai. Mais les Britanniques et les Irlandais, eux, n’ont pas de dates imposées.
Pour encadrer leur activité et éviter les tensions, un accord, reconductible chaque année, a été conclu en 2013 entre Français et Britanniques pour que ces derniers respectent les mêmes dates de pêche. Mais il ne s’applique pas aux bateaux britanniques de moins de quinze mètres. « Du coup, on en avait régulièrement qui venaient pêcher dans ces eaux. Cela créait déjà des tensions », explique Frédéric Gueudar-Delahaye, directeur de la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture, rattachée au ministère de l’agriculture.

   


Les Français demandent depuis plusieurs années que l’accord soit étendu à ces navires de moins de quinze mètres, sans succès. Pour marquer leur mécontentement, ils ont refusé, cette année, de le signer. Les Britanniques sont donc venus pêcher plus tôt que les années précédentes, et avec de plus gros bateaux, qui ne sont pas autorisés d’habitude.
« Tout le monde est super remonté »
Les Normands ont alors cherché, à la fin d’août, à faire fuir les Britanniques d’un gisement de coquilles Saint-Jacques qu’ils tentent de préserver. Certains navires ont joué aux bateaux béliers en fonçant sur d’autres. Trois embarcations présenteraient des trous dans leur coque. Aucun blessé n’est à déplorer. Le maire du Tréport (Seine-Maritime), Laurent Jacques, a dit craindre, jeudi, que les incidents ne se reproduisent « très vite, car tout le monde est super remonté ».
Français et Britanniques avaient affiché mercredi leur volonté de trouver une solution au conflit, et le ministre de l’agriculture français, Stéphane Travert, avait prévenu la veille que la marine française était « prête à intervenir » pour éviter de nouveaux « heurts ». Mais « les pêcheurs anglais sont plutôt des “Brexiters”, et il faut reconnaître que les tensions se ravivent à l’approche du calendrier de sortie du Royaume-Uni », prévu à la fin de mars 2019, a-t-il ajouté. Le ministre français faisait référence au fait que les pêcheurs britanniques ont majoritairement voté pour le Brexit, afin, espèrent-ils, de récupérer la mainmise sur leurs eaux.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-5">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Cette médecine alternative très populaire en France est accusée de n’avoir pas plus d’effet que du sucre.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ 
<article-nb="2018/09/05/22-6">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le sixième prix littéraire « Le Monde » a été attribué mercredi à l’écrivain pour son roman « A son image », qui retrace l’histoire d’une photoreporter corse.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

« Le Monde » remet son prix littéraire à Jérôme Ferrari pour « A son image »

Le sixième prix littéraire « Le Monde » a été attribué mercredi à l’écrivain pour son roman « A son image », qui retrace l’histoire d’une photoreporter corse.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 19h33
    |

            Raphaëlle Leyris et 
Jean Birnbaum








                        



   


Nous avons hésité à faire figurer A son image parmi les romans en lice pour le prix littéraire Le Monde. Non que nous ayons eu des doutes sur la beauté sombre et la force de ce roman retraçant l’histoire d’une photoreporter corse. Mais parce que, six ans après le Goncourt du Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud), nous nous interrogions sur le sens qu’il y aurait à attribuer une récompense à celui qui avait déjà reçu le plus convoité des prix. Des questions balayées par l’enthousiasme du jury, présidé par Jérôme Fenoglio, directeur du Monde, et composé de journalistes travaillant au « Monde des livres » (Jean Birnbaum, Florent Georgesco, Raphaëlle Leyris, Florence Noiville et Macha Séry) et aux quatre « coins » du Monde : François Bougon (Economie), Denis Cosnard (Economie), Emmanuel Davidenkoff (Développement éditorial), Clara Georges (« L’Epoque ») et Raphaëlle Rérolle (« Grands reporters »). En dépit des grandes qualités des autres textes sélectionnés, c’est donc A son image qui succède à L’Art de perdre, d’Alice Zeniter (Flammarion).

        Lire la critique d’« A son image » :
         

          Dans l’œil de Jérôme Ferrari



Quel rapport entreteniez-vous avec les prix littéraires avant le Goncourt, et ce dernier a-t-il modifié votre regard sur eux ?
Comme lecteur, je n’ai jamais choisi un livre en fonction des prix, et il ne m’a jamais semblé que ceux-ci étaient un critère de qualité littéraire infaillible. Et pourtant je me rappelle très bien à quel point, en 2012, la semaine avant l’attribution du Goncourt, j’avais du mal à penser à autre chose.
Aujourd’hui, j’entretiens un rapport moins détaché que je ne le pensais, moi qui étais convaincu d’en avoir fini avec les prix. Celui du Monde me fait très plaisir. Sans doute parce que j’ai une relation particulière avec votre journal depuis 2012. [Plus de deux mois avant de recevoir le prix Goncourt, Jérôme Ferrari avait fait la « une » du « Monde des livres » et du Monde pour Le Sermon sur la chute de Rome.]
Avez-vous un lien plus lointain, familial par exemple, avec « Le Monde » ?
Cela fait des années que je suis abonné au Monde. Dans ma famille, il n’y avait pas de quotidien à la maison, mais j’ai tout de même un lien familial avec le journal, grâce à un cousin qui travaillait à l’imprimerie du Monde, et qui a donné à mon père la plaque d’impression de cette fameuse « une » du Monde d’août 2012 !
Votre œuvre semble revenir constamment à la première phrase d’« Un dieu un animal » (Actes Sud, 2009) : « Bien sûr, les choses tournent mal. » L’expression est récurrente dans « A son image »…
Je m’en suis aperçu à la relecture ! J’ai fait un travail d’enquête en Serbie avant d’écrire, et ce qui revenait constamment dans les discussions avec les gens était leur consternation face à la rapidité avec laquelle, oui, les choses tournaient mal. Le fait qu’ils pensaient moins vite que l’événement. L’expression s’est imposée. Mais peut-être que cela m’a frappé parce que cela rencontrait, chez moi, un certain tropisme.
Plus le roman avance, plus on a l’impression que la photo est ce qui montre ce qui n’aurait pas dû être montré. Et l’on se demande si, au fond, la conclusion à en tirer ne serait pas celle d’une « supériorité » morale de la littérature…
C’est un problème qui est abordé, en effet, mais ça n’est pas du tout ce que je pense. Le piège de l’obscénité est là, dans n’importe quel type de représentation. Cette question m’intéresse, y compris d’un point de vue philosophique, depuis longtemps.
Personnellement, je pense que les photos qui montrent ce qu’on devrait cacher doivent le montrer – même si j’ai conscience que l’impact du photo-reportage de guerre est inférieur à ce qu’il a pu être, parce que l’on est noyé sous les images. Attester d’un événement reste une chose très importante. Je ne pense pas que la littérature, face à l’obscénité, puisse se placer en position de supériorité par rapport à la photographie. Il faut voir au cas par cas. Quand j’écrivais Où j’ai laissé mon âme [Actes Sud, 2010], cette question me travaillait particulièrement – et avec elle cette idée qu’on peut être obscène avec les meilleures intentions du monde.

   


Est-ce que ces interrogations sur l’obscénité et la complaisance ont un lien avec la relative sobriété de votre écriture dans « A son image » ?
Non, ça, c’est vraiment une chose entre moi et moi, à cause de laquelle j’ai recommencé le roman vingt fois. J’ai toujours eu peur du moment où l’on maîtrise une forme si bien que l’on finit, sans s’en rendre compte, par reproduire un « algorithme » inconscient d’écriture… Au risque de s’autoparodier. C’est une chose que je craignais, et c’est de cela que procède ce changement. Je voulais un peu échapper à moi-même.
La thématique religieuse est très forte ici, comme elle l’était dans « Le Sermon sur la chute de Rome », entre autres. Vous dites n’être pas croyant, mais est-ce que, de livre en livre, vous n’approfondissez pas ce que le philosophe, théologien et prêtre Michel de Certeau (1925-1986) appelait une « écriture croyante » ?
Cette expression est très belle ! Je veux bien me l’approprier. Il est sûr que je ne suis pas croyant, et tout aussi sûr qu’il y a là-dedans beaucoup de choses qui me touchent, sans quoi je ne me lancerais pas dans un exercice simplement intellectuel ou esthétique. Pour écrire un personnage de prêtre, comme il y en a un dans A son image, il faut que je me sente au moins la capacité de me faire une représentation intime de ce que peut être cette expérience. Je ne sais pas si j’aurais ressenti cette proximité si je n’avais pas connu les messes d’enterrement corses – c’est une série de gestes, de prières et de devoirs qui sont accomplis dans une solennité encore augmentée quand la messe est chantée en polyphonie. Peut-être que j’y suis d’abord venu par émotion esthétique.

Prix littéraire « Le Monde »: la sélection 2018
Les dix titres en lice
Arcadie, d’Emmanuelle Bayamack-Tam, P.O.L
Le Guetteur, de Christophe Boltanski, Stock
A son image, de Jérôme Ferrari, Actes Sud
Camarade Papa, de Gauz, Le Nouvel Attila
Idiotie, de Pierre Guyotat, Grasset
Un monde à portée de main, de Maylis de Kerangal, Verticales
Ma dévotion, de Julia Kerninon, Rouergue
Toutes les femmes sauf une, de Maria Pourchet, Fayard
L’Hiver du mécontentement, de Thomas B. Reverdy, Flammarion
Par les écrans du monde, de Fanny Taillandier, Seuil



        Lire aussi :
         

                Tout sur le prix littéraire « Le Monde »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-7">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Temps partiel, bas salaires... près de 8 % des Français en activité vivent sous le seuil de pauvreté. Deuxième volet de notre série.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les travailleurs pauvres, ces invisibles

Temps partiel, bas salaires... près de 8 % des Français en activité vivent sous le seuil de pauvreté. Deuxième volet de notre série.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 18h10
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

« J’ai parfois des idées noires », confie-t-il. Jean-Philippe Varet est un homme courageux, travailleur… et pauvre. A 44 ans, cet autoentrepreneur dans le bâtiment vit chaque fin de mois avec la boule au ventre. « On gratte au centime près. » Après dix ans de chômage et de RSA, il a monté sa boîte il y a quatre ans, juste avec un scooter et une remorque. Ce sont ses amis d’ATD Quart Monde qui lui ont payé cette année le permis, réussi du premier coup. « Pôle emploi m’avait promis de le financer mais ils n’avaient plus les fonds… »
Aujourd’hui sa petite entreprise de peinture, plâtre, et électricité vivote. « Depuis deux mois, c’est très calme, alors, j’accepte des petits chantiers pourris pour payer les 400 euros d’URSSAF, assurances, loyer, etc. » Dans ces conditions, le moindre pépin se transforme en galère. Une panne de voiture au mois d’août et le voilà dans l’incapacité de débourser 300 euros pour les réparations, l’obligeant à faire encore appel à ATD Quart Monde. Pour diminuer son budget alimentation, il loue un potager à l’année, et vend quelques légumes aux voisins.
Lorsque ce Roubaisien a su que la Ville proposait d’acquérir des maisons à 1 euro, il a cru pouvoir quitter son logement locatif insalubre du populaire quartier du Pile à Roubaix. « Mais mon autoentreprise n’est pas assez solvable : la banque n’a pas voulu me prêter les 15 000 euros nécessaires pour la rénovation. »
Une population oubliée des médias
Certains matins, il se demande pourquoi il se lève. « On n’encourage pas les gens qui veulent bosser. Il y a trop de charges, trop de comptes à rendre. » Surtout, Jean-Philippe et sa femme ont fait les calculs : entre la baisse des APL, la perte des bons alimentaires et de l’aide pour les factures d’électricité, ils gagnaient plus quand il était au chômage, grâce aux aides sociales et à quelques petits boulots. « Aujourd’hui, je travaille honnêtement,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-8">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le gouvernement veut interdire cette règle qui fixe le nombre de médecins à former. Les annonces officielles devraient être faites le 18 septembre.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Vers la fin du numerus clausus et une réforme en profondeur des études de santé

Le gouvernement veut interdire cette règle qui fixe le nombre de médecins à former. Les annonces officielles devraient être faites le 18 septembre.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 17h55
    |

            Soazig Le Nevé








                        


En finir avec le numerus clausus, qui limite le nombre de places disponibles, et le concours de fin de première année commune aux études de santé (Paces) : c’est ce que prévoit la réforme de la formation des professionnels de santé que s’apprête à annoncer le gouvernement, selon des informations de Franceinfo, mercredi 5 septembre.
Au ministère de la santé, on assure que les pistes de refonte du numerus clausus avancées par Franceinfo sont « réelles » mais qu’elles ne sont pas les seules sur la table. La solution retenue devrait être dévoilée lors de la présentation de la réforme de système de santé, le 18 septembre.
Une source proche du dossier, contactée par Le Monde, confirme que le président de la République fera des annonces substantielles, qui donneront « une vision plus homogène des études de santé, au sens large ». Emmanuel Macron, durant la campagne présidentielle, avait jugé le numerus clausus, « injuste et inefficace », et promis de former « davantage de praticiens » ; le premier ministre, Edouard Philippe, avait depuis annoncé une « réflexion sans tabou » sur la formation des personnels de santé, et en particulier sur le numerus clausus.
Au début de l’été, la mission de concertation conduite par le professeur Antoine Tesnière pour réformer la formation des professionnels de santé a remis des recommandations aux ministres de la santé et de l’enseignement supérieur. Parmi elles, la disparition des ECN, les épreuves classantes nationales de 6e année, que le gouvernement a d’ores et déjà reprise à son compte : il a annoncé début juillet que les ECN disparaîtront en 2019 au profit d’évaluations en fin de 5e et 6e années, qui porteront également sur les compétences cliniques et relationnelles des étudiants. Mais les préconisations de cette mission concernant le premier cycle d’études de santé n’ont pas filtré.

        Nox explications sur une modification de cette règle :
         

          Faire évoluer le numerus clausus, une solution pas si simple



Capacités de formation saturées
« Nous attendons depuis des années une réforme de la Paces car la sélection se base uniquement sur les capacités des étudiants de première année à apprendre, et non à réfléchir », rappelle Clara Bonnavion, présidente de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), qui se réjouit que le gouvernement passe aux actes. L’organisation prône une réforme « dans une optique de découverte des différentes pratiques et métiers de la santé ». 
Reste à connaître précisément les arbitrages qui seront retenus. Pour remplacer le système actuel, plusieurs options seraient à l’étude, selon la présidente de l’ANEMF : aucun seuil fixé ; la création d’un numerus apertus, qui laisserait la liberté à chaque faculté de former autant de médecins qu’elle le décide au-dessus d’une limite basse fixée par le gouvernement ; ou encore « la fixation d’une fourchette haute et d’une fourchette basse d’étudiants à former », au niveau national.
« Il faut regarder de près les capacités de formation, prévient néanmoins Clara Bonnavion. Nous sommes déjà saturés dans les facs et dans nos stages. Avant d’augmenter le nombre d’étudiants formés, il est donc nécessaire de revoir les capacités d’accueil et les modalités de stage. » 
Le concours remplacé par des partiels
Drastiquement abaissé entre les années 1970 et 1990, avec 3 500 étudiants formés par an, le numerus clausus de médecine a été progressivement remonté ensuite, atteignant aujourd’hui le nombre de 8 000. Clara Bonnavion souligne que compte tenu de la durée très longue de ces études, cette hausse ne produira ses effets qu’à partir de 2025. « Le gouvernement doit donc rester mesuré dans son idée d’augmenter encore le nombre de médecins », estime l’étudiante.
Quant à l’évaluation des étudiants, le concours de fin de Paces serait remplacé par de classiques partiels, selon Franceinfo, pour passer en 2e année de licence. Si un nombre de médecins à former était fixé, la sélection pourrait s’opérer en fin de 3e année de licence, mais « la question n’est pas encore tranchée », précise la radio publique. 
Cet aspect n’est pas crucial, selon la présidente de l’ANEMF : « La question est : “Qu’est-ce qu’on met dans ces années-là ?”, et pas : “Quand sélectionne-t-on ?” Que la nouvelle sélection s’opère en 1re, 2e ou 3e, peu importe. Il faut réfléchir à la manière de rendre ces études plus humaines, d’y instaurer des oraux, des nouveaux enseignements en sciences humaines et des modalités d’évaluation différentes », plaide-t-elle.
La priorité est de « travailler sur le projet professionnel des étudiants en santé ». « Aujourd’hui, vous arrivez en 6e année sans avoir idée de ce que vous allez faire, illustre Clara Bonnavion. Il faut que cela change. »
Cette réforme va dans le sens des expérimentations d’alternatives à la Paces menées depuis quelques années pour diversifier le profil des futurs médecins et améliorer leur projet professionnel. Il s’agit surtout d’alter-Paces, qui permettent de recruter en 2e année d’études de santé, sur dossier et après un oral, des étudiants en licence dans des disciplines scientifiques mais aussi parfois littéraires ou issus d’une école supérieure. Mais le nombre de places, et de candidats, reste faible : selon un premier état des lieux qui va être bientôt remis à la ministre de l’enseignement supérieur et dont Le Monde a eu copie, le nombre de places offertes en 2e année d’études de santé aux alter-Paces est passé de 98 (pour 10 reçus) en 2014 à 600 (pour 57 reçus) en 2017 pour toute la France.

        Lire aussi :
         

                Etudes de santé : fin des épreuves classantes nationales pour les futurs médecins






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-9">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le nouvel entraîneur a débarqué de Skopje (Macédoine) avec qui il a remporté la Ligue des champions il y a deux ans. Il débute en championnat mercredi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Raul Gonzalez, un « savoir-faire » européen pour le PSG handball

Le nouvel entraîneur a débarqué de Skopje (Macédoine) avec qui il a remporté la Ligue des champions il y a deux ans. Il débute en championnat mercredi.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 19h35
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 19h48
    |

            Clément Martel








                        



   


Parfois, le changement se voit. Au Paris-Saint-Germain handball, il s’entend. Installé depuis un mois aux manettes du triple champion de France en titre, l’entraîneur Raul Gonzalez tranche avec son prédécesseur, Zvonimir Serdarusic, par son souci de recourir à la langue de Molière. Là où l’ancienne pierre angulaire du THW Kiel (Allemagne) ne s’exprimait qu’en allemand ou en serbo-croate, l’Espagnol a asséné d’emblée, lors de sa prise de fonction au cours de l’été : « si je dois travailler ici, je sais que je dois parler en français ».
Un choix que l’ancien entraîneur du Vardar Skopje – où il s’exprimait en macédonien – met en pratique depuis, à l’instar de son homologue du PSG football, Thomas Tuchel. Et un effort salué publiquement par Thierry Anti, l’entraîneur du Handball club de Nantes, lors de la conférence de rentrée de la Ligue nationale de handball.
Après avoir confié son destin trois années durant au germano-croate Serdarusic – pour trois titres nationaux et autant d’échec au Final four de la Ligue des champions –, le club au plus important budget du handball mondial (17 millions d’euros, contre 8 à Montpellier) a franchi les Pyrénées. Et rajeuni ses troupes.
Outre Raul Gonzalez (48 ans), son homonyme Jesus Javier « Jota » Gonzalez (46 ans), qui entraînait La Rioja en première division espagnole, a débarqué pour l’assister. « Ces deux-là forment un duo de coach très compétents », souligne leur désormais adversaire Thierry Anti.
Réputation flatteuse
Pour qui ne connaît pas Raul Gonzalez, et aux fins d’éviter un réveil pénible alors que le championnat de France de handball reprend, mercredi 5 septembre, le plus simple est de l’écouter.
L’Ibère n’est pas de ces coach à voix de stentor, dont on entend la voix jusqu’au plafond des salles. Fin tacticien, il arrive à Paris auréolé d’une réputation flatteuse. Celle d’avoir porté le club macédonien de Skopje sur le toit de l’Europe en 2017, en dominant… le PSG en finale, 24-23.
Mais il débarque sans bruit, presque timidement. Se félicitant de « rejoindre le meilleur championnat du monde, où la concurrence est incroyable », le nouveau coach du PSG ne se met guère en avant. « Je suis nouveau, je ne vais pas tout chambouler, explique l’ancien demi-centre international. On va avancer petit à petit ».

        Lire aussi :
         

                Le championnat de France de handball veut faire « une entrée assumée dans le sport spectacle »



Ayant fait ses gammes d’entraîneur à Ciudad Real, comme adjoint du volcanique Talant Dujshebaev, le natif de Valladolid a quitté la péninsule ibérique en 2013, trois Ligue des champions en poche, après le dépôt de bilan de l’ancienne place forte espagnole. Dans la Mancha, a évolué sous ses ordres un certain Didier Dinart (de 2003 et 2012). Devenu sélectionneur de l’équipe de France (et sacré champion du monde en 2017), le « Roc » cite toujours le duo d’entraîneurs Dujshebaev et Gonzalez comme son modèle de techniciens.
« J’ai besoin de temps »
Parmi ses pairs, Gonzalez – et pas « Gonzales », comme l’avait par mégarde écrit la feuille de match d’une rencontre PSG - Skopje en 2014, comme le rapporte L’Equipe – est accueilli à bras ouverts. « Je suis ravi qu’il rejoigne le championnat de France, lance Patrice Canayer, l’entraîneur de Montpellier. Parce que le championnat a certes besoin de grands joueurs, mais également de grands entraîneurs. Et il en fait partie. »
Saluant « la grande humilité » du néoparisien, le récent vainqueur de la Ligue des champions avec le club de l’Hérault avoue « beaucoup de respect pour [ce] grand connaisseur du handball. »
Un connaisseur dont le pragmatisme n’est plus à démontrer. Au volant du bolide parisien et son chapelet de stars – Nikola Karabatic, Mikkel Hansen, Luc Abalo, Sander Sagosen ou encore les nouvelles recrues Henrik Toft-Hansen et Kim Ekdahl du Rietz –, Raul Gonzalez n’entend pas brusquer la machine. « Changer quelque chose au jeu du PSG ? Je ne sais pas, j’ai besoin de temps », élude-t-il. Et de réaffirmer vouloir « mettre en place [son] système petit à petit. » 
Obligation de résultats
A Paris, l’Ibère est attendu. Malgré la moisson de titres l’an passé (championnat, coupe de France et coupe de la Ligue), le PSG a buté sur la dernière marche de la Ligue des champions. Pire, le club de la capitale a été devancé aux deux premières places européennes par deux de ses adversaires en Starligue, Montpellier et Nantes.
Pour la direction du club, pas question de délaisser les compétitions domestiques pour décrocher le titre européen après lequel court le club depuis sa reprise par les investisseurs qatari.
Si Raul Gonzalez devrait avoir du temps pour ajouter sa touche à « son » PSG, il sait qu’il a une obligation de résultats. Lui qui a supervisé le recrutement du PSG à distance – alors qu’il entraînait encore Skopje – ne s’en formalise pas, « satisfait » de son groupe : « j’ai ce que je voulais ».

        Lire aussi :
         

          « A terme, la France va avoir le championnat de handball le plus puissant du monde »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-10">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Deux rapports, remis mercredi 5 septembre au premier ministre, Edouard Philippe, plaident pour cette option, qui devrait permettre d’améliorer le système.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Les bénéficiaires de prestations sociales pourraient être suivis par un interlocuteur unique

Deux rapports, remis mercredi 5 septembre au premier ministre, Edouard Philippe, plaident pour cette option, qui devrait permettre d’améliorer le système.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 20h32
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 22h21
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Bertrand Bissuel








                        


Comment rendre les prestations sociales plus justes et renforcer l’accompagnement des allocataires ? En permettant à chacun d’entre nous d’être suivi par un seul et même interlocuteur — à l’image du patient qui a son médecin traitant. Cette proposition est défendue par Christine Cloarec-Le Nabour, députée LRM d’Ille-et-Vilaine, et Julien Damon, professeur associé à Sciences-po, dans un rapport remis, mercredi 5 septembre, au premier ministre, Edouard Philippe.
Une préconisation similaire est faite pour les seuls allocataires du RSA dans un autre rapport, présenté concomitamment au chef du gouvernement par Claire Pitollat, députée LRM des Bouches-du-Rhône, et Mathieu Klein, président (PS) du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle. Ces deux documents s’inscrivent dans le cadre du plan pauvreté qui doit être dévoilé, le 13 septembre, par Emmanuel Macron.
Renforcer la collaboration des organismes
Au centre de la réflexion de Mme Cloarec-Le Nabour et de M. Damon, il y a l’idée d’une « juste prestation » qui « ne réduit pas les droits », mais « les erreurs autour des droits » et « s’ajuste au mieux à la situation actuelle des bénéficiaires ». Ils expliquent viser un double objectif : « mieux lutter contre la pauvreté tout en maîtrisant davantage les dépenses publiques ». Il s’agit de réduire les non-recours de bénéficiaires qui pourraient avoir droit à ces allocations, mais aussi contre les sommes indûment perçues par des allocataires et difficilement recouvrables et, enfin, de combattre la fraude.

        La série des Décodeurs :
         

          Les clichés sur les pauvres à l’épreuve des faits



Un constat est mis en avant : notre système de protection sociale, essentiellement déclaratif, est aujourd’hui défaillant, « qui fait reposer une grande partie de la gestion de leurs dossiers sur les allocataires eux-mêmes ». Ces derniers doivent souvent fournir les mêmes renseignements, nombreux et parfois complexes, pour chaque prestation demandée. Autant de démarches qui peuvent en décourager certains, sans compter les éventuelles erreurs qui peuvent se glisser involontairement. Pour y remédier, les auteurs suggèrent notamment de renforcer la collaboration des différents organismes en croisant plus systématiquement les fichiers, sous le contrôle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). « Le partage de données sécurisées, remisant le déclaratif à des moments exceptionnels, est la piste la plus prometteuse pour limiter le non-recours, indus et fraude », écrivent-ils.

        A propos du rapport de Jacques Toubon (2017)
         

          sur les « dérives » de la chasse à la fraude



Autre préconisation : gérer de façon plus réactive certaines prestations, en collant aux revenus actuels des allocataires. Ce devrait être le cas au printemps 2019 de l’aide personnalisée au logement (APL), grâce au prélèvement de l’impôt à la source. Une réforme qui devrait permettre d’économiser « 1,2 milliard d’euros ». Il est ainsi proposé d’étendre cette mesure à d’autres allocations, comme les prestations familiales sous condition de ressources.
Muscler et rénover les actions d’accompagnement
Mais cela ne sera pas suffisant, soulignent-ils, notamment concernant le non-recours. Il faudra aussi muscler et rénover les actions d’accompagnement, qui se sont étiolées au fil des années. Elles représentaient, lorsque le revenu minimal d’insertion (RMI) fut créé, à la fin des années 1980, 20 % des dépenses pour la prestation (en tenant compte du coût des politiques d’insertion). Aujourd’hui, elles ne pèsent plus que 7 %, pour le RSA-socle (ex-RMI).
Les deux signataires du rapport considèrent que « chacun devrait pouvoir savoir, voire choisir, qui peut être son travailleur social ». Ce dernier détiendrait, du même coup, « un portefeuille […] d’usagers dont il aurait la responsabilité ». Le fait de désigner ainsi un seul « intervenant généraliste » empêcherait le découragement face à la multitude de contacts possibles avec divers professionnels du social spécialisés. Un tel dispositif a été expérimenté dans quatre départements (Ariège, Bas-Rhin, Paris, Pas-de-Calais) et a produit des effets concluants. Il a vocation à concerner l’ensemble de la population, « du SDF perdu dans la jungle bureaucratique » à la mère de famille salariée, qui s’est égarée « dans le dédale des prestations et services ».
Il conviendrait enfin d’instaurer « un dossier social personnalisé » ou « dossier social unique », contenant toute une série d’informations sur leur titulaire. Un tel outil éviterait de réclamer les mêmes renseignements « à chaque contact avec un interlocuteur social » (CAF, caisse de retraite, Pôle emploi…). Forger un tel outil est à portée de main, estiment les deux auteurs : « Il est même en cours de réalisation technique » avec le répertoire national commun de la protection sociale et le portail numérique des droits sociaux.

        Notre article sur
         

          la rentrée sociale à hauts risques du gouvernement






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-11">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune, le professeur de développement durable Claude Henry propose des changements radicaux mais nécessaires à notre survie.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Trois mesures pour sortir du désastre écologique »

Dans une tribune, le professeur de développement durable Claude Henry propose des changements radicaux mais nécessaires à notre survie.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 15h19
    |

                            Claude Henry (professeur de développement durable et président du Conseil scientifique de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)








                        



                                


                            

Année après année, on espère voir s’amorcer une décroissance des émissions de gaz à effet de serre – et du CO2 en particulier ; année après année, l’espoir est déçu. A ce rythme, il y aura dans moins de vingt-cinq ans une telle accumulation de ces gaz dans la haute atmosphère que la température moyenne de la Terre sera supérieure de plus de 2 °C à ce qu’elle était avant la révolution industrielle, et l’humanité sera confrontée aux désordres majeurs attendus du franchissement de ce seuil. Comme elle n’aura entre-temps pas cessé de gaspiller le capital naturel (diversité biologique, eau douce, air, sols fertiles), dont elle devrait au contraire préserver l’héritage pour des générations à venir plus nombreuses, elle se trouvera complètement désarmée face à un chaos généralisé alimenté par trois facteurs.
Premièrement, des événements météorologiques extrêmes et à répétition, qui saperont la santé des hommes, l’activité économique et la cohésion sociale. Avec, ponctuellement, des records de température entre 45 et 55°C, hypothèse réaliste d’après des simulations réalisées à Météo France, selon Jean Jouzel. Ou sous la menace d’inondations toujours plus fréquentes à l’intérieur des terres et de niveaux de la mer toujours plus élevés sur les côtes ?
Deuxièmement, l’enracinement de maladies jusqu’à présent cantonnées aux pays tropicaux, et sans doute, aussi, de maladies inconnues aujourd’hui. Troisièmement, l’effondrement de l’agriculture, du fait de températures trop élevées, de pénuries d’eau, de la déstructuration des sols et de la destruction de la biodiversité biologique, consécutives à ses propres excès.
Enfin, et peut-être surtout, que restera-t-il de la démocratie, du droit et même de tout sentiment moral lorsqu’il aura fallu choisir entre accepter que l’Europe soit submergée par des dizaines de millions de migrants fuyant des situations encore plus désespérées en Afrique ou en Asie, ou accepter d’utiliser, pour les repousser, tous les...




                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-12">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Les premiers extraits de « Peur : Trump à la Maison Blanche », le livre du journaliste à l’origine des révélations du Watergate, décrivent une présidence dans le chaos.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 04/09/2018
Découvrir l’application


                        

« C’est un idiot. Il a déraillé » : la Maison Blanche de Trump vue par le journaliste Bob Woodward

Les premiers extraits de « Peur : Trump à la Maison Blanche », le livre du journaliste à l’origine des révélations du Watergate, décrivent une présidence dans le chaos.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 01h27
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 19h07
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


« Des histoires fabriquées, souvent par d’anciens employés mécontents, pour montrer le président sous son pire jour. » Sarah Sanders, la porte-parole de Donald Trump, a peu apprécié le livre que l’ancien journaliste vedette du Washington Post, Bob Woodward, a consacré au président.
Après n’avoir pas tari d’éloges sur lui lorsqu’il racontait dans le détail la Maison Blanche de Barack Obama, Donald Trump a également changé de ton. « Il a un gros problème de crédibilité », a-t-il assuré en milieu de journée au cours d’un entretien accordé au site conservateur The Daily Caller.
Fear : Trump in the White House (« Peur : Trump à la Maison Blanche ») ne sera en librairie que le 11 septembre, mais le Washington Post en a publié, mardi 4, quelques extraits saisissants, ainsi que l’enregistrement d’un entretien téléphonique, en août, entre l’auteur et le président, que Bob Woodward n’a pu rencontrer longuement en dépit de demandes répétées. Dans ce court entretien, Donald Trump ne se berce pas d’illusions.
« Cela va être un livre négatif », estime-t-il, assurant ensuite qu’il sera « mauvais » et « inexact », malgré les dénégations de l’auteur. Le portrait qui est dressé de lui n’est en effet pas à son avantage. Le président a déjà affronté un récit apocalyptique de la Maison Blanche sous la plume de Michael Wolff, Fire and Fury (Le Feu et la fureur, Robert Laffont), publié en janvier. Mais la notoriété et le crédit de Bob Woodward, qui n’a épargné aucun président des Etats-Unis depuis l’affaire du Watergate – révélée avec son confrère Carl Bernstein –, confèrent au nouveau livre un tout autre statut.

        Notre analyse :
         

          Trump, an II : le président qui dit oui, puis non, puis oui, puis…



Une administration en proie au chaos
Les scènes révélées par le Washington Post dépeignent une administration en proie au chaos, entretenu par un président ignorant tout des mécanismes des institutions, des dossiers dont il a à traiter, et faisant peu de cas des faits.
La conversation téléphonique le confirme sur un détail. Donald Trump y nie tout d’abord avoir été saisi de la moindre demande d’entretien du journaliste, avant d’admettre en avoir été informé par au moins deux personnes.
« Je vous avais dit qu’il était idiot. Je vous avais dit qu’il était un putain d’abruti »
Une tirade prêtée au chef de cabinet de Donald Trump, John Kelly, au cours d’une réunion en petit comité, donne un aperçu de l’atmosphère qui prévaut au 1600 Pennsylvania Avenue, selon Bob Woodward : « C’est un idiot. Il est inutile d’essayer de le convaincre de quoi que ce soit. Il a déraillé, on est chez les fous, je ne sais même pas ce que nous faisons là. C’est le pire boulot que j’aie jamais eu », se plaint l’ancien marine, qui a immédiatement démenti en dénonçant une « tentative pathétique de salir les proches du président Trump et de détourner l’attention des nombreux succès de l’administration ».

        Notre analyse :
         

          Les Etats-Unis, une puissance incomparable, en perte de leadership



« C’est ça ou la combinaison orange » des prisonniers
L’ancien avocat du président, John Dowd, a également rapidement contesté le récit d’une simulation d’interrogatoire de Donald Trump par le procureur spécial chargé de l’enquête sur les interférences prêtées à la Russie, Robert Mueller. Le locataire de la Maison Blanche dénonce une « foutue arnaque » et multiplie les hésitations et les contradictions au point que son conseil finit par tenter de le dissuader de rencontrer M. Mueller. « C’est ça ou la combinaison orange » des prisonniers, assure-t-il, selon Bob Woodward.
Le journaliste raconte que l’avocat va ensuite plaider la cause de Donald Trump devant le procureur spécial. M. Dowd lui explique : « Je ne vais pas le laisser ressembler à un idiot. Quand la transcription [de l’interrogatoire] sera publiée, car tout fuit à Washington, les gars à l’étranger vont dire : “Je vous avais dit qu’il était idiot. Je vous avais dit qu’il était un putain d’abruti.” » Et M. Mueller de répondre, selon ce récit : « John, je comprends. »
Avec les propos désobligeants sur ses conseillers, comme son ministre de la justice Jeff Sessions, ancien sénateur de l’Alabama, qualifié selon le livre de « crétin de Sudiste », ou son premier chef de cabinet, Reince Priebus, comparé à un « petit rat », les initiatives prises par ces derniers pour éviter le pire reviennent de manière récurrente.
Selon le Washington Post, l’ouvrage s’ouvre d’ailleurs par une scène dans laquelle le premier conseiller pour l’économie de Donald Trump, Gary Cohn, subtilise dans le bureau Ovale, « au nom de la sécurité nationale » comme il l’assurera après, un décret retirant les Etats-Unis de l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud. Il fera de même avec un autre mettant fin brutalement à la participation des Etats-Unis à l’accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique (Alena). Dans les deux cas, sans que le président s’en soucie, ni même semble en prendre conscience.

        Notre analyse :
         

          L’impréparation, péché originel de l’administration Trump



« Tuons-le, putain ! », aurait dit Trump à propos d’Assad
A la veille d’un bombardement de représailles contre le régime syrien, accusé d’avoir employé des armes chimiques, Donald Trump s’emporte contre Bachar Al-Assad dans une conversation téléphonique avec son secrétaire à la défense, James Mattis. « Tuons-le, putain ! Allons-y ! On leur rentre dedans et on les bute », suggère-t-il, selon Bob Woodward. L’ancien général opine, avant d’ajouter à l’attention de ses proches, après avoir raccroché : « On ne va rien faire de tout ça, on va être beaucoup plus mesurés. » Sans contester cet épisode en particulier, le général Mattis s’est lui aussi fendu d’un démenti, expliquant dans un communiqué n’avoir jamais prononcé les « mots méprisants » qui lui sont attribués.
Dans un autre passage du livre, M. Trump se demande pourquoi les Etats-Unis dépensent de l’argent pour maintenir des troupes sur la péninsule coréenne pour surveiller les activités de missiles nord-coréennes. « Nous faisons cela pour empêcher la troisième guerre mondiale », aurait déclaré le général Mattis, avant de raconter à ses proches collaborateurs que le président avait agi comme « un élève de CM2 ou de sixième ».
Comme l’a indiqué la réaction de la porte-parole de Donald Trump, qui a estimé que ce portrait à charge témoignerait du dépit des « démocrates et [de] leurs alliés des médias » qui « comprennent que les politiques du président fonctionnent et que, avec un tel succès, personne ne peut le battre en 2020 », la Maison Blanche compte politiser le livre pour limiter son effet dans l’opinion américaine. Elle peut se rassurer en se souvenant que celui de Michael Wolff, devenu immédiatement un succès de librairie, n’a entraîné aucun dommage au sein de l’électorat républicain.
Donald Trump, qui aime vanter ses anciens succès d’édition, s’agacera certainement de voir un ouvrage critique sur lui devenir immédiatement la meilleure commande du géant du commerce en ligne Amazon, le jour même où la capitalisation du groupe de Jeff Bezos – par ailleurs propriétaire du Washington Post –, qu’il attaque régulièrement, a dépassé pour la première fois les 1 000 milliards de dollars (863 milliards d’euros).

   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-13">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Un tweet a fait chuter l’action du groupe français de plus de 10 % vendredi. L’Autorité des marchés financiers pointe le danger de la diffusion « d’indications trompeuses ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Des « attaques spéculatives » font chuter en Bourse l’action de Casino

Un tweet a fait chuter l’action du groupe français de plus de 10 % vendredi. L’Autorité des marchés financiers pointe le danger de la diffusion « d’indications trompeuses ».



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 20h03
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 20h45
   





                        


En matière d’agitation boursière, le groupe Casino a été au cœur de l’actualité ces derniers jours. Vendredi 31 août, son action a chuté de plus de 10 % en Bourse à la suite de la publication sur Twitter d’un message du fonds spéculatif Muddy Waters affirmant que le groupe n’avait pas déposé les comptes 2017 de l’une de ses filiales. Depuis, l’agence S&P a abaissé sa note, et le titre n’a toujours pas retrouvé son niveau initial.
Un porte-parole de Casino avait alors déclaré qu’il s’agissait d’un « simple retard technique » et que ces comptes, « déjà intégrés » dans les comptes consolidés du groupe, seraient « déposés » dès le lendemain, soit le samedi 1er septembre. Ce qui a bien été fait.
Deux jours plus tard, Casino a dit « regretter » que le cours de son action fasse l’objet « d’attaques spéculatives répétées », le titre ayant perdu environ 46 % depuis le début de l’année.
En difficulté face à la gestion de son volume de dette, le groupe Casino est en effet devenu l’une des cibles favorites de tradeurs spécialisés dans la vente à découvert, une pratique boursière très risquée, qui consiste à parier sur la baisse d’une action, là ou d’habitude les investisseurs tablent généralement sur la réussite d’une entreprise — et donc sur la hausse de son cours en Bourse. De source proche de l’entreprise, citée par l’Agence France-Presse, l’action Casino est la plus vendue à découvert sur le marché de Paris.

        Lire aussi :
         

                « Chez Casino, la dette se moque bien des réalités commerciales, elle s’invite comme un fantôme du passé »



« Indications fausses ou trompeuses »
Dans ce contexte, la moindre information sur la santé financière de l’entreprise peut avoir d’importantes conséquences sur son évolution en Bourse. Un enjeu rappelé par l’Autorité des marchés financiers, qui a publié mardi 4 septembre une note d’information à ce sujet, dans une référence à peine voilée à la chute de l’action du groupe français.
« Il est interdit de diffuser des informations, que ce soit par l’intermédiaire des médias, dont Internet, ou par tout autre moyen, qui donnent ou sont susceptibles de donner des indications fausses ou trompeuses », rappelle l’Autorité des marchés financiers, qui d’ajoute : « Dans des contextes de spéculation baissière, il appartient [aux groupes] d’apporter au marché les informations nécessaires, éventuellement correctives, en temps utile. »
« Les recommandations d’investissement doivent aussi respecter un cadre réglementaire strict visant à garantir que les sources soient citées et que l’information soit présentée de manière objective », insiste le gendarme des marchés.
« Ces dispositions s’appliquent également aux recommandations diffusées de l’étranger, y compris par des personnes n’ayant pas la qualité de prestataire de services d’investissement, notamment lorsque ces personnes sont des experts », a-t-il complété, dans une description fidèle de l’information qui a provoqué la chute en Bourse du groupe Casino.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-14">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ La marque omniprésente est moquée, admirée, utilisée, détournée… mais jamais sans son accord.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Au cinéma ou à la télé, Google est devenu incontournable

La marque omniprésente est moquée, admirée, utilisée, détournée… mais jamais sans son accord.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 18h23
   





                        



   


Qu’on le regrette ou qu’on s’en félicite, les services proposés par Google ont transformé le quotidien de bien des gens… et devraient donc, naturellement, avoir aussi singulièrement facilité celui des héros de fiction. Quel agent secret, quelle amoureuse transie, quelle flic lancée sur l’enquête de sa vie pourraient se passer des services de Google, de Street View, de Gmail ?
Pourtant, la plupart y arrivent très bien, comme s’ils vivaient dans une curieuse réalité alternative où l’entreprise américaine n’aurait pas envahi chaque aspect de notre vie quotidienne. C’est que Google ne transige pas avec son image, et n’est pas prêt à laisser son logo, son moteur de recherche ou ses différents produits faire des apparitions dans le premier nanar venu.
Dossier préalable
En théorie, pour avoir le droit de faire figurer Google au casting de son œuvre de fiction, il faut ainsi fournir à l’entreprise américaine un résumé du projet, une description de l’utilisation qui sera faite du produit, pages de scripts à l’appui, ainsi qu’une « maquette visuelle », histoire de prouver que le produit Google ne ressemblera pas à une page Lycos circa 1998.
L’entreprise formule aussi d’autres demandes étrangement spécifiques, comme le fait que le personnage qui utilise un produit Google doit, de préférence, se servir du navigateur Internet Chrome et être connecté à son compte Google. Mais ces critères, assure Google, sont facultatifs.
Pour ceux qui n’auraient pas envie de s’embêter, pas de panique : des alternatives existent. Bing, de Microsoft, a par exemple été très content de payer pour apparaître dans The Amazing Spider-Man (Marc Webb, 2012). D’autres préfèrent utiliser des moteurs de recherche factices : certaines entreprises en proposent d’ailleurs des prêts à l’emploi.
Scènes tournées dans les locaux
L’autorisation n’a pas dû être trop difficile à obtenir pour le film Lion, de Garth Davis (2016), avec Dev Patel et Nicole Kidman. M. Patel y joue un jeune Indien, Saroo, exilé en Australie, qui retrouve le village de son enfance en se fiant uniquement à quelques bribes de souvenirs et à… Google Earth. Une bien belle histoire (vraie) et une jolie pub pour l’entreprise.

Encore mieux : Les Stagiaires (The Internship, Shawn Levy, 2013), dont le scénario même (deux quadragénaires, joués par Vince Vaughn et Owen Wilson, qui cherchent à se faire embaucher chez Google) semble être une publicité pour le programme de recrutement de l’entreprise.
D’après Google, officiellement simple consultant technique, il n’y a eu aucun échange financier avec le studio. Cela n’empêche pas la marque d’être citée à répétition, et certaines scènes sont même tournées dans ses locaux, avec présence, à l’écran, de ses employés. Tous les produits Google y sont montrés sous un jour positif, et, selon CNN, une scène où l’on voyait une voiture sans conducteur Google faire une sortie de route a été supprimée du script à la demande de la marque. Sergey Brin, cofondateur de Google, fait même une apparition.
Larry Page, l’autre cofondateur, l’a lui-même déclaré quelques semaines avant la sortie du film : « Je pense que la raison pour laquelle nous nous sommes impliqués [dans ce film], c’est parce que les sciences informatiques souffrent d’un déficit d’image. »

Ressort comique
Plutôt qu’un sujet d’émerveillement, Google peut aussi, dans la fiction, n’être qu’un simple ressort comique. On se souvient notamment du clin d’œil de la série The IT Crowd : « Si vous tapez Google dans Google, vous pouvez casser Internet. » (Graham Linehan, 2006-2010).
La série Arrested Development (Mitchell Hurwitz, depuis 2003) en a même fait un gag récurrent. Celle-ci met régulièrement en scène l’un de ses personnages principaux, Michael Bluth, au volant de ce qui ressemble beaucoup à une des voitures qu’utilise Google pour sa technologie Street View.
Est-ce faute d’autorisation ? En tout cas, le logo Google, que ce soit sur la portière de la voiture ou sur la façade du bâtiment où Michael Bluth prend ses cours d’autodéfense, est systématiquement (et très grossièrement) flouté. Arrested Development, qui, n’a pas peur de la mise en abîme, s’amuse de l’impossibilité d’utiliser la marque Google en interdisant même à ses personnages d’en prononcer le nom. Ceux-ci, au lieu de parler de « googler » quelque chose, terme pourtant passé dans le langage courant, conseillent ainsi de faire un « something search ».

Enceintes connectées
Dernièrement, ce sont les enceintes connectées de Google, une marque dont l’image n’est pas automatiquement associée aux concepts de « fun » et de rigolade, qui ont prêté à rire. Dans les récentes fausses publicités du jeu télé « Burger Quiz » par exemple, qui voient Jean-Paul Rouve discuter avec son enceinte connectée (ici appelée, par prudence, « Moogle ») des cas de conscience de cette dernière.
Maligne, la série d’animation South Park (Trey Parker et Matt Stone, depuis 1997) ne fait pas qu’en parler : dans un épisode de la saison 21, ses personnages s’adressent carrément et directement aux enceintes connectées. Quand ils s’exclament « OK Google » ou « Alexa », les enceintes Google et Amazon des salons des spectateurs dressent l’oreille et prennent docilement note qu’il leur faudra acheter « des gros seins », « des grosses boules velues » et autres « chips aux nichons ».
Dans Les Simpson (Matt Groening, depuis 1989) enfin, on apprend au détour de l’épisode de Noël 2011 qu’en 2041, Google aura asservi la moitié de la planète, mais restera malgré tout, d’après Lisa Simpson, « un supermoteur de recherche ».

Source d’inquiétude
Car Google est aussi, pour les créateurs et les inventeurs de futur, une source d’inquiétude. En témoigne la série Mr Robot (Sam Esmail, depuis 2015), qui fait d’E Corp, sorte de vision d’un Google dégénéré ayant englobé tout l’univers du numérique et de la finance, le grand méchant loup contre lequel lutte une petite bande d’« hacktivistes » prêt à mettre à bas son joug dictatorial.
Plus près de nous, The Good Wife (Robert et Michelle King, 2009-2016) décrit les travers d’une société baptisée Chumhum. A l’évidence une critique de Google et des GAFA, des conditions de travail et salariales de leurs employés, des voitures sans conducteur ou encore du biais raciste de certaines de ces technologies.

Enfin, le film The Circle (James Ponsoldt, 2017), adapté du roman de Dave Eggers, est une critique virulente des réseaux sociaux et des GAFA en général. Difficile de ne pas voir l’ombre de Google ou Facebook derrière le fameux « cercle » qui menace la vie privée des Américains, même si les entreprises ne sont, évidemment, jamais citées.
Le mantra de Google a beau être « Don’t be evil » (« Ne faites pas le mal », qui figurait en introduction du code de conduite de l’entreprise jusqu’en avril 2018), les scénaristes et les romanciers ne peuvent pas s’empêcher d’y deviner une potentielle menace.

Retrouvez tous nos contenus sur les 20 ans de Google
Récit - Avant Google, comment faisait-on ?Analyse - Google a-t-il réussi la mission qu’il s’était fixée ?Focus - Les Doodles de Google : vingt ans de logos illustrésPortfolio - Que sont devenus les projets futuristes de Google X ?Zoom - Sur Google+, des communautés toujours bien vivantesInteractif - Google Memorial, les projets abandonnés par Google depuis vingt ansFocus - Dans la fiction aussi, Google est devenu incontournable





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-15">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Des entreprises américaines testent de nouvelles règles pour que leurs salariés, même accros à leur smartphone, restent concentrés.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Du bon usage du téléphone portable en milieu professionnel

Des entreprises américaines testent de nouvelles règles pour que leurs salariés, même accros à leur smartphone, restent concentrés.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 18h47
    |

                            Caroline Talbot (New York, correspondance)








                        



                                


                            

Jason Brown était furieux. Le directeur général de Brown Parker and DeMarinis Advertising (BPDA), une agence de publicité de Floride, avait invité quarante-cinq personnes pour leur parler stratégie. L’idée était d’examiner la marche à suivre pour l’année à venir. « C’était une réunion importante, se souvient-il. Et j’avais en face de moi quarante employés le regard rivé sur leur portable. » Son sang n’a fait qu’un tour. « La prochaine fois que je vois quelqu’un regarder son téléphone, ce sera sa dernière réunion », a-t-il menacé, persuadé que les smartphones sont des distractions dangereuses.
L’Américain moyen vérifie son écran 80 fois dans la journée, ce qui équivaut à un coup d’œil toutes les douze minutes
Le portable a envahi le sol de l’Oncle Sam. Une étude du groupe Flurry montre que l’Américain moyen passe cinq heures par jour sur son téléphone. Il vérifie son écran quatre-vingts fois dans la journée, ce qui équivaut à un coup d’œil toutes les douze minutes.
Au bureau, bien sûr, le pli est pris. « Le téléphone est comme un autre membre attaché au squelette, constate Mark Gilmore, le fondateur de Wired Integrations, expert en sécurité informatique. Les salariés ne se comportent plus en adultes. » Et la qualité des réunions en pâtit.
Le consultant Christopher Lee, de Purpose Redeemed, est conseiller en carrière. « Que vous soyez juste deux ou plus dans une plus grande réunion, vous êtes censés construire une relation de confiance, dit-il. Si vous regardez votre téléphone, vous n’êtes plus à l’écoute de l’autre. » Pire : « Vous lui faites comprendre que cette réunion n’est pas importante pour vous. Vous ne le respectez pas. »
Perte de productivité extrêment importante
Certains employés, surtout les millennials, croient qu’ils sont capables d’accomplir plusieurs tâches en même temps. Ecouter l’orateur, répondre en urgence à un courriel d’un client… ou chercher...




                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-16">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ En contact « de façon récurrente » avec les terrroristes, Ali El Haddad Asufi est actuellement incarcéré en Belgique.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Attentats du 13 novembre : la justice française réclame à la Belgique un logisticien présumé

En contact « de façon récurrente » avec les terrroristes, Ali El Haddad Asufi est actuellement incarcéré en Belgique.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 19h54
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 20h44
   





                        


Près de trois ans après les attentats du 13 novembre, la justice continue de chercher inlassablement les responsables des attaques qui avaient meurtri Paris et la France entière. Le juge d’instruction Christophe Teissier, qui dirige en France cette enquête tentaculaire, a émis en mai dernier un mandat d’arrêt contre un nouveau suspect belge, Ali El Haddad Asufi, considéré comme l’un des logisticiens de la cellule djihadiste franco-belge. Paris réclame désormais à Bruxelles que l’homme soit remis à la France en vue de sa mise en examen.
Né le 23 septembre 1984, cet homme actuellement inculpé et incarcéré en Belgique était « de façon récurrente » en contact avec les membres de la cellule franco-belge responsable des attentats de Paris (130 morts), et de Bruxelles, perpétrés le 22 mars 2016 (32 morts), selon le mandat d’arrêt. Les investigations montrent notamment qu’il a fréquenté des planques utilisées par les djihadistes pour préparer les attaques.

        Lire aussi :
         

                Bataclan : victimes et familles réclament des comptes à l’Etat



Conversations codées
Le suspect a plus particulièrement été en contact, à plusieurs reprises, avec Ibrahim El Bakraoui, qui s’est fait exploser à l’aéroport de Zaventem, près de Bruxelles. Selon les enquêteurs, les deux hommes se sont rendus ensemble en juillet 2015 en Grèce, où sont passés plusieurs des membres de la cellule, de retour de Syrie – dont le coordinateur présumé des attentats parisiens, Abdelhamid Abaaoud –, puis aux Pays-Bas le 7 novembre 2015.
Par ailleurs, alors qu’il « évoquait en termes codés » sur la messagerie sécurisée WhatsApp « l’achat de plusieurs Clios », Ali El Haddad Asufi s’est rendu à Rotterdam en octobre 2015 et y a été « en contact avec des individus soupçonnés de trafic d’armes », écrit le magistrat français dans son mandat d’arrêt. D’après l’enquête, une inscription faisant allusion à des références de pistolets semi-automatiques a été retrouvée dans son véhicule.
Ali El Haddad Asufi a été arrêté par la police belge dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Bruxelles. L’homme avait en effet été locataire de l’appartement d’Etterbeek qu’a occupé une partie du commando terroriste du 22 mars.
Au total, plus d’une quinzaine de suspects sont désormais visés par la justice en France dans le dossier des attentats les plus meurtriers sur le territoire ces dernières décennies, perpétrés par trois commandos venus de Belgique.

Le point sur les arrestations
En détention provisoire en France
Salah Abdeslam : seul rescapé du commando parisien.Farid Kharkhach : intermédiaire avec le réseau de faussaires qui a fourni les faux-papiers.Hamza Attou, Mohamed Amri et Ali Oulkadi : chauffeurs de la cavale de Salah Abdeslam.Adel Haddadi et Usman Muhammad : un Algérien et un Pakistanais qui devaient commettre une quatrième attaque à Paris le 13 novembre 2015 et ont été arrêtés en Autriche.
En détention provisoire en Belgique
Yassine Atar : petit frère du « cerveau » présumé des attentats, il avait la clé d’une planque.Osama Krayem et Sofien Ayari : soupçonnés d’avoir été « candidats au martyre » pour une attaque le 13 novembre 2015 à l’aéroport de Schiphol aux Pays-Bas, finalement avortée.Mohamed Bakkali : le logisticien-chauffeur-loueur, proche des frères El-BakraouiMohamed Abrini : impliqué dans les repérages en France et dans l’attentat de Bruxelles, c’est « l’homme au chapeau » (il est aussi mis en examen dans la procédure française).
Sous mandat d’arrêt international
Ahmed Dahmani : soupçonné d’avoir participé à l’achat des explosifs, il a fui vers la Turquie au lendemain du 13 novembre. Condamné et détenu en Turquie. Il doit être extradé vers la France.Oussama Atar : « cerveau » présumé des attaques, possiblement toujours dans la zone irako-syrienne.Ahmed Alkhald : soupçonné d’être l’artificier en chef de la cellule, il a fui vers la Turquie avant les attentats.
Les kamikazes morts
Abdelhamid Abaaoud, Samy Amimour, Brahim Abdeslam, Chakib Akrouh, Bilal Hadfi, Foued Mohamed-Aggad, Ismaël Omar Mostefaï, Ammar Al-Sabaawi et un autre Irakien non identifié à ce jour. Najim Laachraoui et les frères El-Bakraoui se feront exploser à Bruxelles le 22 mars 2016.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-17">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ La grande ville pétrolière du sud de l’Irak est le théâtre d’un mouvement social d’ampleur, dénonçant l’impunité des corrompus dont l’avidité les prive des services de base, notamment de la distribution de l’eau.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

En Irak, les manifestations anticorruption à Bassora réprimées à balles réelles

La grande ville pétrolière du sud de l’Irak est le théâtre d’un mouvement social d’ampleur, dénonçant l’impunité des corrompus dont l’avidité les prive des services de base, notamment de la distribution de l’eau.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 18h07
   





                        



   


Dans la ville irakienne de Bassora, le ressentiment de la population envers le pouvoir n’en finit plus de s’intensifier. Pour le deuxième jour d’affilée, mercredi 5 septembre, les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur les participants d’une manifestation contre la corruption du pouvoir central de Bagdad. Mardi, six manifestants avaient été tués par la répression policière.
Depuis le 8 juillet, cette grande ville pétrolière du sud de l’Irak est le théâtre d’un mouvement social d’ampleur, qui s’est rapidement propagé dans la région, épargnée par la guerre contre le groupe Etat islamique (EI) mais délaissée sur le plan des infrastructures. En cause, notamment, l’exaspération des habitants devant l’impunité des corrompus — l’Irak figure à la douzième place dans le classement mondial de la corruption —, dont l’avidité les prive des services de base, notamment de la distribution de l’eau.

        Lire aussi :
         

                Une grave crise de l’eau frappe l’Irak



20 000 personnes empoisonnées par l’eau
Pour apaiser la colère populaire, le gouvernement avait alors promis plans d’urgence, investissements et milliards de dollars. Le premier ministre, Haider Al-Abadi, battu lors des dernières législatives et qui cherche encore une majorité solide, avait même fait le déplacement.
Mais sur le terrain, le changement ne semble pas venir assez vite. Pis, l’eau distribuée est maintenant tellement polluée qu’elle a déjà conduit plus de vingt mille personnes à l’hôpital. Plusieurs associations de défense des citoyens souhaitent ainsi que Bassora soit déclarée province « sinistrée ». Mais, avec un tiers du pays repris récemment au groupe Etat islamique (EI), Bagdad dit peiner à trouver des fonds. Pourtant, le montant des revenus pétroliers bat chaque mois des records et a presque doublé en un an.
« La province de Bassora est devenue invivable et les habitants estiment que la réponse des autorités n’est pas à la hauteur de la crise », résume Fayçal Abdallah, président du Conseil gouvernemental des droits humains.

        Lire aussi :
         

                En Irak, la grande colère de Bassora, en proie à de nombreuses manifestations



Tirs à balles réelles
Dès lors, les manifestations ont repris quotidiennement depuis le début de septembre, autour du siège du gouvernorat. Et les forces de l’ordre répliquent par des tirs à balles réelles et des grenades lacrymogènes. Les manifestants répondent quant à eux par des jets de cocktails Molotov et de bâtons de feux d’artifice.
Au moins un manifestant a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène, mercredi, puis évacué à bord d’une ambulance. Mardi, « six manifestants ont été tués et plus de vingt blessés », selon Mehdi Al-Tamimi, chef du Conseil provincial des droits humains. M. Tamimi a accusé les forces de l’ordre d’avoir « ouvert le feu directement sur les manifestants » — ce que le premier ministre en personne a nié.

        Lire aussi :
         

                La contestation sociale s’étend dans le sud de l’Irak



Lors d’une conférence de presse, le général Jamil Al-Chommari, chargé des opérations à Bassora, a fait état de « trente membres des forces de l’ordre blessés par des jets de grenades et d’objets incendiaires » durant la nuit. Un couvre-feu nocturne a été imposé et des renforts déployés. Mercredi matin, le représentant de l’ONU en Irak, Jan Kubis, a exhorté pour sa part « les autorités à éviter de recourir à une force létale disproportionnée ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-18">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Le patron des députés de la majorité, Richard Ferrand, fait figure de favori alors que les députées Yaël Braun-Pivet et Cendra Motin sont candidates.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Rivalités à LRM pour la présidence de l’Assemblée nationale

Le patron des députés de la majorité, Richard Ferrand, fait figure de favori alors que les députées Yaël Braun-Pivet et Cendra Motin sont candidates.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 16h23
    |

            Alexandre Lemarié








                        



   


Un vrai jeu de chaises musicales. La nomination de François de Rugy au ministère de la transition écologique et solidaire, mardi 4 septembre, en remplacement de Nicolas Hulot, entraîne mécaniquement des changements dans les postes à responsabilité au sein du Parlement. Première conséquence : le départ de M. de Rugy de la présidence de l’Assemblée nationale ouvre une guerre de succession au sein de la majorité.
L’actuel chef de file des députés La République en marche (LRM), Richard Ferrand, fait figure de favori pour le remplacer au perchoir. Le député du Finistère, macroniste de la première heure, a annoncé sa candidature, mercredi 5 septembre, dans le Télégramme. Tout sauf une surprise au sein du Palais-Bourbon, l’ex-député socialiste de 56 ans n’ayant jamais caché son souhait de briguer le poste de quatrième personnage de l’Etat. Depuis le début de la législature, M. Ferrand lorgnait le poste de M. de Rugy, au point qu’une guerre froide s’était peu à peu installée entre eux. D’où l’intérêt, pour l’exécutif, de les changer de poste pour mettre un terme à cette lutte d’influence.
Après des débuts compliqués à la tête du groupe, les actions politiques de M. Ferrand sont remontées à la hausse ces dernières semaines grâce à sa gestion, jugée réussie, de l’affaire Benalla fin juillet. Beaucoup, au sein de la Macronie, l’ont jugé « solide » au moment où le bateau macroniste tanguait de toutes parts.
« Richard Ferrand est le plus légitime »
Mais M. Ferrand n’est pas le seul prétendant au sein de la majorité. La députée des Yvelines, Yaël Braun-Pivet, est également candidate à la présidence de l’Assemblée. Celle qui s’est fait remarquer à la tête de la commission des lois lors des auditions pendant l’affaire Benalla l’a indiqué mardi dans un mail envoyé à ses collègues, en promettant de « poursuivre les réformes » pour « moderniser et ouvrir » l’Assemblée. 
Autre prétendante : la députée LRM de l’Isère Cendra Motin. Nouvelle venue en politique, cette ex-dirigeante d’une entreprise de ressources humaines, aujourd’hui membre de la commission des finances, porte donc à trois le nombre de candidats pour remplacer M. de Rugy. Mais la liste pourrait s’allonger.
Les candidats ont jusqu’à mercredi 5 septembre à minuit pour se faire connaître, avant un vote interne lundi 10 septembre lors du séminaire de rentrée des élus LRM, à Tours, pour les départager. Puis deux jours plus tard, les 577 députés du Palais-Bourbon voteront pour élire leur président lors de l’ouverture de la session. Des candidatures de plusieurs bords seront possibles, mais le prochain détenteur du perchoir sera à coup sûr issu de LRM, le groupe macroniste disposant à lui seul de la majorité absolue.
En attendant, la guerre de succession a déjà démarré au sein de la majorité. Et chacun est appelé à se positionner pour son candidat. Le questeur Florian Bachelier, proche de M. Ferrand, a lancé la campagne interne en indiquant son « souhait » de voir ce dernier accéder à la présidence de l’Assemblée. Si M. Ferrand fait figure de favori, une surprise n’est pas à exclure car le vote interne au sein du groupe LRM aura lieu à bulletin secret et plusieurs députés militent pour qu’une femme prenne le perchoir. « Richard Ferrand est le plus légitime et capé pour la fonction. Mais il y a toujours une campagne… », résume un pilier du groupe. D’autant que l’affaire judiciaire des Mutuelles de Bretagne le concernant est toujours à l’instruction, et l’éventualité d’une mise en examen toujours possible.

   


« Nouveaux visages, nouveaux usages »
Face à lui, Yaël Braun-Pivet se pose comme la représentante du « nouveau monde » face à l’ancien. « Nouveaux visages, nouveaux usages, telle est la dynamique qui nous a portés jusqu’ici et qui doit continuer à nous animer », a souligné l’ex-avocate, novice en politique jusqu’en 2017, dans le message qu’elle a envoyé à ses collègues.
Réaction en chaîne : le probable départ de M. Ferrand de la tête du groupe macroniste à l’Assemblée donnera lieu à une élection interne pour désigner son remplaçant. Celle-ci est programmée le 18 septembre. Le vice-président du groupe, Gilles Le Gendre, est présenté comme le favori pour lui succéder. Spécialiste des questions économiques, cet ex-journaliste a déjà présidé plusieurs réunions de groupe ces derniers mois lorsque M. Ferrand a pu être absent. Des poids lourds de la majorité font état d’un accord entre Matignon et M. Ferrand pour introniser le député de Paris à la tête du groupe.
Mais M. Le Gendre ne devrait pas être le seul candidat en lice. Plusieurs députés ne manquant pas d’ambition – en particulier dans la jeune génération – sont également tentés de postuler. Parmi les candidats potentiels figurent notamment le député des Hauts-de-Seine Gabriel Attal, ou la porte-parole du groupe LRM élue des Yvelines, Aurore Bergé. Au risque de réveiller les rivalités internes existantes chez les députés de la majorité.

        Lire aussi :
         

                François de Rugy, le choix de la tranquillité






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-19">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le nouveau film de Kiyoshi Kurosawa frappe par son épure.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

« Invasion » : les martiens attaquent une société qui court à sa perte

Le nouveau film de Kiyoshi Kurosawa frappe par son épure.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 07h22
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 18h29
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
L’œuvre du Japonais Kiyoshi Kurosawa, né en 1955, maître d’un fantastique cérébral sondant les gouffres d’une quotidienneté atone, traverse en ce moment une phase d’effervescence passionnante, qui consiste non seulement en un regain d’activité (cinq films en trois ans), mais aussi en des expériences narratives et plastiques toujours plus surprenantes. Invasion, son dernier long-métrage en date, présenté à la ­Berlinale 2018, s’inscrit dans une séquence de création assez complexe. Réalisé dans la foulée d’Avant que nous disparaissions (sorti en France en mars), ce nouveau film apparaît comme son remake, mais sur une tonalité complètement différente.

        Lire la critique d’« Avant que nous disparaissions » :
         

          Face aux aliens, l’humanité perd ses derniers moyens



Les deux œuvres sont, en effet, issues d’un même matériau : la pièce de théâtre Sanpo suru shinryakusha, du dramaturge Tomohiro Maekawa, relecture caustique des films de science-fiction des années 1950 carburant à la menace extraterrestre. Sur la base de la première adaptation, la chaîne japonaise Wowow a ensuite commandé à Kurosawa une version télévisée, sous la forme d’une minisérie en cinq épisodes de trente minutes, dont Invasion est le remontage en cent quarante  minutes à destination du grand écran.

        Lire la rencontre :
         

          Kiyoshi Kurosawa, le cinéaste de la destruction et de la renaissance



Invasion reprend donc, à peu de chose près, le même argument qu’Avant que nous disparaissions (qu’il n’est pas besoin d’avoir vu pour autant). Des émissaires extraterrestres ayant pris possession de corps humains s’infiltrent incognito dans la population pour lui voler des concepts et préparer ainsi l’invasion à venir. Une légère application du doigt sur le front d’un interlocuteur suffit à lui retirer, pour se les accaparer, de grandes notions fondamentales, telles que celles de « famille », de « fierté », de « vie » ou de « travail ». Mais alors qu’Avant que nous disparaissions relatait le périple des émissaires sous un jour ouvertement fantaisiste et rocambolesque, Invasion s’attache à la perspective des humains. Resserrant son champ d’action autour d’un couple ordinaire, il emprunte une voie plus sombre et plus inquiétante.

        Lire la critique (parue lors du Festival de Cannes 2017) :
         

          « Avant que nous disparaissions », les aliens ramènent l’humanité à l’état de brouillon



Etsuko (l’actrice et mannequin Kaho), ouvrière textile, voit son quotidien lentement dérailler en raison de la nervosité de son mari Tetsuo (Shota Sometani) et de l’égarement d’une collègue, qui ne reconnaît plus ses proches. Tout remonte à l’arrivée d’un nouveau chirurgien dans l’hôpital où Tetsuo travaille comme infirmier, le docteur Shiro Makabe (Masahiro Higashide). Ce dernier, un extraterrestre infiltré, a jeté son dévolu sur le pauvre aide-soignant pour en faire son « guide », un subordonné chargé de lui fournir de nouvelles victimes à lobotomiser. Pour cela, le faux médecin l’invite à puiser parmi ses inimitiés – telle collègue arrogante, tel ancien professeur malveillant –, aiguillonnant son ressentiment pour mieux se l’attacher. Etsuko se rend compte de la manipulation et fait tout son possible pour soustraire son mari à l’emprise de Makabe, quand bien même l’invasion finale serait imminente.
Tension et étrangeté
Invasion frappe d’abord par son épure, doublée d’une maîtrise impressionnante. Dès les premières scènes dans l’appartement du couple, Kurosawa semble revenir aux fondamentaux de son cinéma : l’inquiétante familiarité de l’univers domestique, la désaffection qui menace le foyer, les espaces habités par une angoisse sourde, une caméra suspendue qui se faufile entre pièces et couloirs à pas feutrés… Le cinéaste parvient à distiller tension et étrangeté, puis à susciter un sentiment eschatologique, sans recourir aux effets spéciaux, sinon pour faire trembler un miroir ou donner à des rideaux secoués par un courant d’air une apparence spectrale. L’essentiel se joue ici entre une poignée d’acteurs et un sens aigu de la mise en espace, les personnages arpentant des lieux ordinaires et strictement anonymes, devenus oppressants à l’aune d’une menace diffuse. Et quoi de plus naturel, puisque la grande question de Kurosawa sur l’être humain est de savoir ce qui le limite et le caractérise en même temps.
L’autre histoire d’« Invasion » est celle d’un couple amené à lutter contre sa propre désunion et les démons qui le rongent
Bénéficiant de la souplesse et de la sinuosité de l’écriture sérielle, le film captive par sa capacité à ­entremêler la scène collective et la scène intime, se situant toujours sur deux niveaux. La conquête extraterrestre, habilement suggérée, consiste surtout à figurer une perte de sens générale, à l’échelle de toute une société qui, dépossédée de ses concepts (ou de ses valeurs), s’effondre dans l’apathie et l’insensibilité. A ce titre, les scènes les plus marquantes sont celles où l’on voit les émissaires marcher dans des lieux publics (hôpital, usine) et tous les humains s’écrouler autour d’eux, comme une traînée de poudre.
Face à cela, l’autre histoire d’Invasion est celle d’un couple amené à lutter contre sa propre désunion et les démons qui le rongent (fas­cination, emprise, frustration ­sociale, faiblesse de caractère, addiction), cherchant à se reconstruire dans la tourmente. L’étrangeté inaugurale apparue dans le quotidien d’Etsuko peut ainsi se voir comme le retour d’un refoulé collectif, celui d’une société qui court à sa perte, destin catastrophique auquel le jeune couple n’avait, jusqu’alors, pas vraiment conscience d’appartenir.

Film japonais de Kiyoshi Kurosawa. Avec Kaho, Shota Sometani, Masahiro Higashide (2 h 20). Sur le Web : www.club-vo.fr/films/invasion



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-20">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ L’audition du juge conservateur Brett Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la plus haute instance juridique du pays, a débuté mardi. Réduite, la frange libérale de la Cour dépend désormais en partie de la bonne santé de Ruth Bader Ginsburg, juge de 85 ans.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A la Cour suprême des Etats-Unis, Ruth Bader Ginsburg, « diva » et rempart libéral

L’audition du juge conservateur Brett Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la plus haute instance juridique du pays, a débuté mardi. Réduite, la frange libérale de la Cour dépend désormais en partie de la bonne santé de Ruth Bader Ginsburg, juge de 85 ans.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 04h31
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 19h52
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            

LETTRE DE WASHINGTON
La scène d’ouverture du documentaire qui lui est consacré en dit long sur les espoirs que les libéraux américains mettent en ce petit bout de femme de 85 ans. Dans le film RBG, entendez Ruth Bader Ginsburg, sorti sur les écrans début mai aux Etats-Unis mais toujours à l’affiche dans plusieurs salles à travers le pays (une performance pour un tel format), les premières images montrent l’octogénaire, juge à la Cour suprême, dans une salle de gym, coachée par un professeur attentif.
Enchaînant les exercices d’assouplissement et de musculation, concentrée, elle semble répondre aux consignes sans trop d’efforts. Sur son tee-shirt, enfilé sur un corps frêle, on peut lire, en toute modestie, « Super Diva ». Le message de ce film empathique est clair : RBG va bien et la retraite de la « diva » n’est pas pour demain.
Diva, Ruth Bader Ginsburg l’est devenue sans l’avoir tout à fait programmé. Modèle pour des milliers de jeunes étudiant(e)s en droit, admiratifs de la qualité de ses écrits juridiques, de ses plaidoiries puissantes, des sujets décisifs pour la cause des femmes qu’elle a embrassés tout au long de sa carrière, RBG est désormais aussi considérée comme un rempart par des Américains inquiets de la tournure conservatrice prise par la Cour suprême sous l’administration Trump.
L’institution, supposée apolitique, est dans les faits de plus en plus polarisée
Pour les libéraux, sa présence sur l’un des neuf hauts sièges en cuir de la Cour est devenue d’autant plus nécessaire que le président des Etats-Unis – qu’elle avait traité d’« imposteur » durant la campagne présidentielle – a désigné, en remplacement d’Anthony Kennedy, 82 ans – un « centriste » parti à la retraite cet été –, le juge conservateur et fringant quinquagénaire, Brett Kavanaugh.
Son audition, débutée mardi 4 septembre, devrait déboucher dans les prochaines semaines sur sa confirmation par le Sénat et son arrivée à la Cour. Elle surviendra...




                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-21">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Chaque année, le magazine « L’Etudiant » évalue 44 villes étudiantes françaises selon quinze critères. Lyon, déjà distinguée l’an dernier, est cette fois ex aequo avec Toulouse.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

Classement 2018-2019 des meilleures villes étudiantes de France : Lyon et Toulouse en tête

Chaque année, le magazine « L’Etudiant » évalue 44 villes étudiantes françaises selon quinze critères. Lyon, déjà distinguée l’an dernier, est cette fois ex aequo avec Toulouse.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 17h55
   





                        



   


Lyon et Toulouse : les deux métropoles se placent ex aequo en tête du classement 2018 des villes où il fait bon étudier, publié mardi 4 septembre par le magazine L’Etudiant, devant Montpellier, Rennes et Grenoble (voir le classement en bas de l’article). L’an dernier, Lyon était déjà la destination favorite, suivie de Grenoble, Toulouse et Montpellier.
Pour établir ce palmarès, L’Etudiant a pris en compte quinze critères (parmi lesquels le logement, les études, les sports, les sorties, la culture, les transports), renseignés selon des données publiques, qui ont permis de classer 44 villes comptant plus de 8 000 étudiants. Ces villes ont ensuite été réparties en trois catégories : les métropoles (plus de 40 000 étudiants), les grandes villes (de 20 000 à 40 000 étudiants) et les villes moyennes (de 8 000 à 20 000 étudiants).
Cinq thèmes
Le classement porte sur cinq thèmes : la vie étudiante, le cadre de vie, l’emploi, l’attractivité et la formation. Lyon se distingue pour la vie étudiante et l’emploi, grâce à son offre culturelle et à un taux de chômage relativement bas (7,9 %). Quant à Toulouse, c’est sa densité d’offre de formation qui fait la différence.
Si les métropoles dominent le classement, Angers et La Rochelle conservent respectivement leur prééminence dans le classement des grandes et des moyennes villes.
Par ailleurs, L’Etudiant a mené via son site Internet un sondage auprès de ses lecteurs pour évaluer la ville où ils étudiaient sur huit critères : le dynamisme, le budget, l’ambiance, la qualité de vie, le logement, la culture, les transports et la santé. Toulouse, Angers et Strasbourg sont particulièrement recommandées par les 9 000 internautes qui ont répondu. L’Etudiant propose à chacun d’effectuer son propre classement, en fonction des critères qui comptent le plus pour lui.
Voici les treize villes les mieux classées cette année :


.tg  {border-collapse:collapse;border-spacing:0;}
.tg td{font-family:Arial, sans-serif;font-size:14px;padding:10px 5px;border-style:solid;border-width:1px;overflow:hidden;word-break:normal;border-color:black;}
.tg th{font-family:Arial, sans-serif;font-size:14px;font-weight:normal;padding:10px 5px;border-style:solid;border-width:1px;overflow:hidden;word-break:normal;border-color:black;}
.tg .tg-baqh{text-align:center;vertical-align:top}
.tg .tg-hgcj{font-weight:bold;text-align:center}



Ville
Rang 2018
Nombre de points
Evolution par rapport à 2017


Lyon
1
112
0


Toulouse
1
112
1


Montpellier
3
111
1


Rennes
4
110
0


Grenoble
5
108
-3


Bordeaux
6
104
0


Nantes
6
104
0


Paris
8
101
0


Strasbourg
9
100
0


Lille
10
95
3


Angers
11
94
-1


Aix-Marseille
12
93
-1


Poitiers
12
93
0



Consulter le classement général des villes étudiantes 2018-2019 



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/05/22-22">
<filnamedate="20180905"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180905"><AAMMJJHH="2018090522">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤ Lancé par l’Office chérifien des phosphates en partenariat avec Xavier Niel, l’établissement s’apprête à accueillir sa première promotion.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤         

Reportage

1337, l’école marocaine qui veut former des génies du numérique

Lancé par l’Office chérifien des phosphates en partenariat avec Xavier Niel, l’établissement s’apprête à accueillir sa première promotion.

Par                                            Ghalia Kadiri (Khouribga, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-09-05T18:30:27+02:00"

        Le 05.09.2018 à 18h30

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-09-05T18:40:52+02:00"

        Mis à jour le 05.09.2018 à 18h40






    
L’école 1337, à Khourigba, au Maroc.
Crédits : DR


C’est peut-être la chance de sa vie. Mehdi, 22 ans, n’a pas l’intention de la laisser passer. « Au Maroc, ceux qui ont des parents pauvres ont très peu de chances de réussir. Si je suis admis dans cette école, je pourrai développer une idée aussi révolutionnaire que Facebook ou WhatsApp. Et je deviendrai milliardaire ! » En attendant cette fortune rêvée, le jeune homme a vendu les biens qu’il possède – un téléphone portable et quelques gadgets informatiques – pour faire le chemin de Nador, dans le nord-est du royaume, jusqu’à la cité minière de Khouribga, à 600 km de là.

        Lire aussi :
         

                A Casablanca, les grandes écoles ont du mal à retenir les jeunes talents



Au milieu des mines de phosphate et des anciens fours de séchage, à 1 h 30 de Casablanca, un bâtiment flambant neuf abrite son rêve : 1337 – prononcer « treize trente-sept » – un nom qui fait référence à un système d’écriture, le « leet speak », utilisant des caractères alphanumériques. C’est la première école de code entièrement gratuite et sans prérequis de diplôme au Maroc. Fruit d’un partenariat pédagogique avec l’école 42, un établissement de formation en informatique co-fondé en 2013 à Paris par Xavier Niel, le patron du groupe de télécoms Free (et actionnaire à titre personnel du Monde), elle est financée par l’Office chérifien des phosphates (OCP), la première entreprise du pays.
L’épreuve de la « piscine »
Comme les 599 autres candidats venus tenter leur chance pour intégrer la première promotion de ces futurs développeurs, Mehdi doit affronter l’éprouvante et atypique épreuve de la « piscine ». Pendant quatre semaines de compétition intense, les postulants effectuent une véritable plongée dans l’établissement, planté au cœur de la plus grande mine de phosphate à ciel ouvert du monde. Sept jours sur sept, 24 heures sur 24, ils enchaînent des travaux de programmation informatique.
« Nous avons organisé deux piscines avec 300 candidats pour chacune, et il y en aura encore d’autres au cours de l’année. Le processus de sélection, la formation, les méthodes pédagogiques… C’est la même chose qu’à Paris », précise Hind Bernoussi, responsable de la communication de 1337 et collaboratrice de l’OCP. A une différence près : ici, tous les repas sont offerts. « Nous ne voulons pas décourager certains élèves qui n’auraient pas les moyens. Nous cherchons des talents, où qu’ils se trouvent. »

        Lire aussi :
         

                Les grandes écoles investissent le Maghreb



Depuis lundi 27 août, les 300 candidats (dont 32 filles) venus des quatre coins du pays pour participer à la deuxième « piscine » passent la plus grande partie de leur temps dans les « clusters », deux immenses salles aux murs tagués où sont disposés 300 iMac 27 pouces, et codent jusqu’à quinze heures par jour. Lorsque les cerveaux chauffent, filles et garçons font une partie de baby-foot ou de billard dans les salles de repos à l’ambiance « geek » et colorée. Au dernier étage, un « squat » temporaire permet aux candidats de dormir quelques heures avant de reprendre le travail acharné.
Gare à ceux qui ne respectent pas les règles de l’établissement. Ils sont passibles de travaux d’intérêt général (TIG). Etre « tigé », c’est nettoyer les ordinateurs, aider les femmes de ménage ou servir les repas. « Qu’ils soient admis ou non, cette formation leur apportera énormément. Par exemple, en sortant d’ici, les candidats de la première piscine ont commencé à aider leurs mères et leurs sœurs aux taches ménagères », se félicite Mme Bernoussi.
En octobre, les 150 à 200 étudiants retenus entameront une formation étalée sur trois ans, inspirée du principe de « peer to peer education », une pédagogie basée sur le partage des connaissances : ni professeurs, ni manuels, ni horaires fixes – l’école ne ferme jamais. « Si un élève ne parvient pas à résoudre un exercice, il doit demander à son camarade, explique Mme Bernoussi. Si les 150 ne trouvent pas, alors le staff technique intervient. »

    
Pendant les quatres semaines que dure l’épreuve de la « piscine », les candidats enchaînent des enchaînent des travaux de programmation informatique.
Crédits : DR


« Pas besoin de piston »
A Khouribga, le seul critère de sélection est l’âge : il faut avoir entre 18 et 30 ans. Quelque 15 000 candidats ont passé un test de logique et de mémoire en ligne pour prétendre à la « piscine ». « Ensuite, c’est venez comme vous êtes ! En djellaba, voilée, en jupe, avec des dreadlocks, une casquette ou en claquettes, on s’en fiche », lance la responsable de la communication.
Au moment où le système éducatif marocain est décrié et alors que le chômage explose – 26,5 % chez les jeunes de 15 à 24 ans –, les passionnés d’informatique pensent avoir trouvé leur eldorado. Ici, il n’y a pas de « hogra », ce « mépris » auquel sont confrontés nombre d’élèves peu argentés dans le système classique. L’éternelle problématique de l’enseignement en arabe dans les lycées publics puis en français dans les universités est gommée : à 1337, on parle C, Python ou Ruby – des langages informatiques.

        Lire aussi :
         

                La jeunesse, grande oubliée de la croissance marocaine



« Pour une fois, on n’a pas besoin de piston pour étudier. Et ce n’est pas parce qu’on ne maîtrise pas le français qu’on n’aura pas de travail, dit fièrement Soumiya, tout juste 20 ans, originaire de Meknès. Ce qu’on apprend ici en quelques jours, je ne l’ai pas appris en deux ans à la fac. » Le débat sur l’échec de l’éducation dans le royaume revient sans arrêt. « J’en ai marre des profs absents, des examens retardés. J’étudie la topographie à la fac d’Agadir et il n’y a même pas de matériel. Comment étudier sans matériel ? », s’offusque Tarik.
Pour ces jeunes Marocains, intégrer 1337, c’est la promesse d’une ascension sociale. « L’occasion de réaliser nos rêves », espère Marwane, qui a démissionné de son poste d’employé de péage pour participer à l’aventure. « Aujourd’hui au Maroc, avoir le bac définit toute la vie d’un enfant. A moins que ses parents aient assez d’argent pour l’envoyer étudier à l’étranger. S’il n’a ni l’un ni l’autre, il est fini », déplore Larbi El Hilali, directeur de 1337 et ombudsman (médiateur) à l’OCP.
Une grande partie des candidats sont en marge de la société, déscolarisés, ou travaillent dans le secteur informel. « Ils s’autoforment dans le domaine de l’informatique et, souvent, ils sont talentueux mais ils n’ont pas de perspectives, poursuit M. El Hilali. Nous sommes allés chercher les jeunes talents dans les patelins à travers le pays pour en faire les génies de demain. »

    
Billard, baby-foot... Entre deux séances de travail, des candidats se détendent dans une salle de repos.
Crédits : 


Un incubateur de start-up
Approchée par l’OCP en novembre 2017, l’école 42, qui cherche à s’exporter et a ouvert un deuxième campus en Californie, a donné son aval pour se joindre au projet en janvier. « Il n’y a aucune différence entre un élève assis à Khouribga ou dans la Silicon Valley », assure le directeur. Pour le géant des phosphates, qui se dit investi « d’une responsabilité sociétale », l’objectif est clair : le Maroc forme des ingénieurs mais manque de codeurs et « ça freine l’implantation de certaines entreprises », affirme M. El Hilali. Les « petits génies » qui sortiront du lot – « environ 30 % des diplômés » – seront soutenus par l’OCP pour créer leur entreprise.

        Lire aussi :
         

                Le Maroc mise sur les grandes écoles françaises pour former ses élites



Autour de l’école, déjà, des grues s’activent pour la construction d’un espace d’un hectare et demi, le « mail central », qui servira d’incubateur de start-up. « C’est comparable à une résidence d’artistes. Nous donnerons à ces talents numériques le soutien et le temps pour développer leurs idées. Nous prenons le risque », soutient M. El Hilali. L’OCP, dont le chiffre d’affaires dépasse 4,4 milliards d’euros, refuse de communiquer le montant de l’investissement engagé pour l’ensemble du projet. « Le chiffre n’importe pas, nous investissons sur les générations futures », avance le directeur de 1337.

