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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Sans être hostile à la proposition des Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron concernant la simplification de la règle sur l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, Fanny Capel, présidente de Sauver les lettres, pense que celle-ci est hors sujet, car il faudrait déjà que les élèves comprennent vraiment ce qu’est un participe passé.
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« Nous n’avons pas le temps nécessaire pour enseigner la grammaire »

Sans être hostile à la proposition des Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron concernant la simplification de la règle sur l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, Fanny Capel, présidente de Sauver les lettres, pense que celle-ci est hors sujet, car il faudrait déjà que les élèves comprennent vraiment ce qu’est un participe passé.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 17h29
    |

            Luc Cédelle








                        



                                


                            

Fanny Capel, professeur de lettres et présidente de l’association Sauver les lettres constate que les élèves, entre le CP et la seconde, ont perdu de nombreuses heures d’enseignement du français et qu’en outre, la grammaire est quasiment inexistante dans la formation des enseignants.
Avez-vous été surprise par cette proposition, venue de Belgique, de réforme de la règle de l’accord du participe passé ?
Fanny Capel.- Je ne suis ni vraiment surprise, ni très concernée. Pour moi, en fait, c’est hors-sujet. Une fois de plus, c’est l’arbre qui cache la forêt, car si l’on veut parler grammaire, alors il faut aborder la question de fond, c’est-à-dire celle des conditions actuelles de son enseignement.
Mais je ne peux pas dire que je serais contre une telle réforme, car c’est une règle qui pose problème non seulement aux élèves mais aux enseignants eux-mêmes. Déjà, une simplification serait la bienvenue, car les exceptions liées aux verbes pronominaux - « ils se sont lavé les mains » ; « les rois qui se sont succédé », etc. - occupent des dizaines de pages dans les traités de grammaire et, honnêtement, personne n’enseigne cela, sauf peut-être dans les filières universitaires en littérature, et encore.

Concernant l’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir, qui varie selon que le complément d’objet direct est placé avant ou après le verbe - « j’ai cueilli les fleurs » ; « les fleurs que j’ai cueillies » -, j’estime que la règle de base fonctionne, qu’elle a sa logique et qu’elle peut être enseignée. Ou plutôt qu’elle pourrait l’être si les conditions en étaient réunies.
Mais ce n’est, hélas, pas le cas et, sur le terrain, on en est même très loin. Si les élèves, au collège et au lycée, comprenaient vraiment ce qu’est un participe passé et cessaient de l’écrire avec une terminaison en « er » (« le professeur est entrer ») ou en « ez » (« les professeurs sont entrez »), ce serait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ La règle, sur laquelle peinent des générations d’élèves, est remise en cause. Et, comme toujours dès lors que l’on touche à la langue, cela dérange.
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Faut-il brûler l’accord du participe passé ?

La règle, sur laquelle peinent des générations d’élèves, est remise en cause. Et, comme toujours dès lors que l’on touche à la langue, cela dérange.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 17h53
   





                        



                                


                            
Faut-il renvoyer aux oubliettes la fameuse règle de l’accord du participe passé avec le verbe avoir, sur laquelle peinent des générations d’élèves ? Anciens professeurs de français, les Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron, se réclamant du soutien des instances linguistiques de la fédération Wallonie-Bruxelles, ont lancé un appel en ce sens (www.participepasse.info).
Ils proposent l’invariabilité du participe avec avoir. Comme toujours dès lors que l’on touche à la langue française, la controverse s’enflamme entre adversaires et défenseurs de la grammaire traditionnelle.
Eliane Viennot : « Pour l’abandon d’une règle incompréhensible et dévastatrice ». Pour la linguiste, historienne française, professeuse émérite de littérature française de la Renaissance à l’université Jean-Monnet-Saint-Etienne, la règle du participe passé avec le verbe avoir est incompréhensible, elle ne sert qu’à distinguer celles et ceux qui la maîtrisent et le temps perdu à l’enseigner est phénoménal, pour un gain à peu près nul.
« Nous n’avons pas le temps nécessaire pour enseigner la grammaire ». Sans être hostile à la proposition des Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron concernant la simplification de la règle sur l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, Fanny Capel, présidente de Sauver les lettres, pense que celle-ci est hors sujet, car il faudrait déjà que les élèves comprennent vraiment ce qu’est un participe passé.
A lire sur le sujet :
La Belgique va-t-elle simplifier l’accord du participe passé ? En Wallonie, deux professeurs de français proposent, dans une tribune publiée par « Libération », de...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ La règle du participe passé avec le verbe avoir est incompréhensible, elle ne sert qu’à distinguer celles et ceux qui la maîtrisent et le temps perdu à l’enseigner est phénoménal, pour un gain à peu près nul, estime la linguiste Eliane Viennot, dans une tribune au « Monde ».
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Eliane Viennot : « Pour l’abandon d’une règle incompréhensible et dévastatrice »

La règle du participe passé avec le verbe avoir est incompréhensible, elle ne sert qu’à distinguer celles et ceux qui la maîtrisent et le temps perdu à l’enseigner est phénoménal, pour un gain à peu près nul, estime la linguiste Eliane Viennot, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 16h29
    |

Éliane Viennot (Linguiste, historienne française, professeuse émérite de littérature française de la Renaissance à l’université Jean-Monnet-Saint-E...







                        



                                


                            

Tribune. Partisane active de l’abandon de la règle qui veut que « le masculin l’emporte sur le féminin », inventée au XVIIe siècle, et que nombre de lettrés ont continué d’ignorer jusqu’à la fin du XIXe siècle, j’évoque immanquablement dans mes conférences et dans mes livres la règle d’accord des participes passés employés avec le verbe « avoir ». Car si les deux sujets sont différents, en ce que cette règle-là traite égalitairement les deux genres, ils ont plusieurs traits en commun.
Le premier est leur introduction récente dans la langue française. Celle de l’accord avec l’objet situé avant l’auxiliaire « avoir » est un peu plus ancienne que l’autre : elle a été théorisée par Clément Marot au XVIe siècle, à son retour d’Italie où il l’avait entendue fonctionner. En italien, en effet, ces accords s’entendent.
Une preuve de chic
En français, ils ne s’entendent plus depuis belle lurette, sauf dans les verbes du 3e groupe – et encore, pas tous (je l’ai pris/prise, il l’a teint/teinte, mais : on ne l’a pas vu/vue). D’où la fantaisie qui prévaut sous la plume des poètes et poétesses de la Renaissance, qui parfois accordent le participe avec son objet (où qu’il soit), parfois avec son sujet, parfois pas.
Ceux que l’idée a emballé (adieu « emballés » !) n’étaient alors qu’une infime minorité, perdus dans l’infime minorité des lettrés de l’époque. Ils n’ont pas cherché à convaincre leur milieu – Marot lui-même n’a écrit qu’un poème sur le sujet ! –, et ils n’imaginaient pas qu’un jour cette preuve de chic serait enseignée à 275 millions de francophones !
Le second point commun est le rôle joué dans ces affaires par l’Académie française (créée par Richelieu en 1635), qui n’a cessé de travailler à renforcer le poids des hommes de lettres. Théorisant que « le genre masculin, étant le plus noble, doit prédominer toutes les fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’accord du participe passé en français est on ne peut plus logique pour quiconque est de bonne foi et doué de raison, soutient dans une tribune au « Monde » Romain Vignest, professeur de lettres classiques, indigné que l’on s’attaque au logiciel même du français, la grammaire.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Renoncer à maîtriser la langue, c’est renoncer à penser »

L’accord du participe passé en français est on ne peut plus logique pour quiconque est de bonne foi et doué de raison, soutient dans une tribune au « Monde » Romain Vignest, professeur de lettres classiques, indigné que l’on s’attaque au logiciel même du français, la grammaire.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 16h27
    |

Romain Vignest (Professeur de lettres classiques au collège André-Citroën, à Paris. Président de l'Association des professeurs de lettres)







                        



                                


                            

Tribune. Ceux qui connaissent l’indigence des programmes de français outre-Quiévrain n’ont pas dû être étonnés que de là vienne aussi le vœu de ne plus accorder le participe passé : abandonner la grammaire après la dissertation ou la littérature, c’est dans l’ordre des choses.
Vouloir ériger la démission en modèle linguistique et intellectuel, c’est en revanche d’une outrecuidance dont on espère que les francophones, natifs, seconds ou qui le sont devenus par amour du français et de sa littérature, apprécieront à sa juste valeur. Elle ne devrait pas non plus laisser indifférents tous ceux qui essaient d’élever, d’instituer la jeunesse et qu’on invite aujourd’hui au renoncement et à la facilité.

Les pourfendeurs de l’accord du participe passé, c’est leur principal argument, lui reprochent son excessive complexité, voire son caractère illogique. On pourrait se demander pourquoi ce qui, pendant plusieurs siècles, n’a pas paru compliqué, ou dont la complexité n’a pas paru rédhibitoire, le serait aujourd’hui devenu. Nos enfants sont-ils plus sots ? Le cerveau humain en général, francophone en particulier, a-t-il dégénéré ? Si une règle est moins bien appliquée, n’est-ce pas plutôt parce qu’elle est moins bien comprise, parce qu’elle est moins bien enseignée ? Faut-il mettre la langue en conformité avec les errements d’une pédagogie qui ne l’enseigne plus ?
Complexité et vice
Qu’on prenne la mesure de cette effarante assimilation de la simplicité à une vertu et de la complexité à un vice : il n’est pas meilleure définition d’un processus de démission intellectuelle, car penser, raisonner, abstraire, analyser, synthétiser, articuler des idées est par nature compliqué. C’est avec la langue qu’on pense. Et renoncer à maîtriser la langue, ou la simplifier pour qu’elle soit plus facile à employer, c’est renoncer à penser.
Et si – ce qui reste à prouver et à quoi je ne crois nullement – la tendance des jeunes gens serait à la paresse...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-5">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, l’informaticien Gilles Dowek moque la proposition de loi, votée en juin par le Parlement, interdisant à la rentrée scolaire les téléphones portables dans les établissements.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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« Interdisons aussi les stylos dans les écoles et collèges »

Dans cette chronique, l’informaticien Gilles Dowek moque la proposition de loi, votée en juin par le Parlement, interdisant à la rentrée scolaire les téléphones portables dans les établissements.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 12h04
    |

Gilles Dowek (Chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), enseignant à l’Ecole normale supérieure de Pa...







                        



                                


                            
Transformations. Si votre métier consiste à écrire des articles, des rapports, des courriers, des ­romans, des comptes rendus de réunion, des bons de commande, des poèmes, des scénarios, des factures, des chroniques, des feuilles d’exercice, des lois… vous pouvez comparer le nombre de signes que, en une année, vous avez écrits avec un stylo et avec un logiciel de traitement de texte.
Une telle comparaison attire notre ­attention sur une transformation profonde de nos techniques d’écriture : quand nous imaginons, aujourd’hui, une personne en train d’écrire, nous devons nous la représenter assise à un ­bureau sur lequel sont posés un écran et un clavier, allongée sur un canapé, un ordinateur portable sur les genoux, au café, penchée vers l’écran d’une tablette… et non, comme le Voltaire des ­anciens billets de 10 francs, avec une plume d’oie à la main.

Il existe cependant une exception. Les écoliers, les collégiens et les lycéens écrivent toujours avec un stylo sur une feuille de papier quadrillée, et leurs trousses ­contiennent, pour cela, des objets techniques sophistiqués : cartouches d’encre, stylos correcteurs au bisulfite de sodium, flacons de correcteur liquide… dont ceux qui ne sont ni élèves, ni enseignants, ni parents, ne soupçonnent qu’ils existent encore.
Exception fâcheuse
Pourquoi cette exception est-elle fâcheuse ? Parce que les compétences nécessaires pour écrire un texte avec un logiciel de traitement de texte et avec un stylo sont différentes et parce que, en enseignant aux élèves à écrire avec un stylo plutôt qu’avec un ­logiciel de traitement de texte, nous ne leur enseignons pas les compétences dont ils auront ­besoin dans leur vie professionnelle et personnelle. Pour y remédier, les enseignants devraient encourager leurs élèves à écrire plus avec un logiciel de traitement de texte et moins avec un stylo.
Si les députés tenaient absolument à voter une loi, ils auraient pu apporter leur pierre...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-6">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Fils électriques à nu, plafonds qui suintent… Depuis plusieurs années, la culture et la science pâtissent de sévères coupes budgétaires. Des pièces très précieuses sont perdues.
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Incendie du Musée de Rio : « Le fruit d’une négligence absolue »

Fils électriques à nu, plafonds qui suintent… Depuis plusieurs années, la culture et la science pâtissent de sévères coupes budgétaires. Des pièces très précieuses sont perdues.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 18h22
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo)








                        



Il était un peu plus de 2 heures du matin, lundi 3 septembre, quand les pompiers sont parvenus à neutraliser l’incendie. Après avoir été dévoré par les flammes pendant plus de six heures, le Musée ­national de Rio de Janeiro, au bord de l’effondrement, était déjà en cendres. « 200 ans d’Histoire détruits », ­titrait lundi en « une » le quotidien O Globo. « Une tragédie annoncée », complétait ­l’Estado de Sao Paulo.

        Lire la réaction du président du Muséum national d’histoire naturelle à Paris :
         

          « Une valeur universelle »



Après s’être rendu sur les lieux, où il fut hué, le ministre de la ­culture, Sergio Sa Leitao, a annoncé le déblocage immédiat de 10 millions de reais (2 millions d’euros), tout en appelant à l’aide internationale. Lundi soir, le ­Portugal proposait sa collaboration pour la reconstruction de ce joyau du patrimoine lusophone et le chef d’Etat français, Emmanuel Macron, offrait « ses experts au ­service du peuple ­brésilien ».
Plus vieille institution académique du Brésil, référence en Amérique latine, le musée de Rio, créé en 1818 par l’empereur Dom Joao VI, était abrité depuis 1892 dans le palais de Sao Cristovao, résidence de la famille impériale portugaise, dans la zone nord de Rio. C’est dans cet édifice que fut signée l’indépendance (en 1822), là où naquit la princesse Isabelle (en 1846), là, aussi, où furent reçus après l’ouverture du musée au public, en 1900, Albert Einstein, Marie Curie ou Alberto Santos-Dumont, le pionnier de l’aviation brésilienne.
Une « tragédie incommensurable »
Le musée conservait des pièces de collection d’une valeur inestimable. Parmi elles, le squelette de Luzia, plus vieil Homo sapiens d’Amérique du Sud, daté de plus de 11 000 ans, des momies égyptiennes ou des squelettes de dinosaures… A en croire les premières estimations, seules 10 % des œuvres auraient été préservées, dont la météorite de Bendego.
« Aujourd’hui est un jour tragique. (…) Deux cents ans de travail, de recherches, de connaissances ont été perdus », a réagi le président du pays, Michel Temer. Une « tragédie incommensurable » a ajouté son ministre de la culture, Sergio Sa Leitao.
L’incendie, qui n’a fait aucune victime, a démarré aux alentours de 19 h 30 dimanche soir. Les portes du musée étaient closes et seuls quelques vigiles étaient sur les lieux. L’origine du drame reste inconnue. Mais à en croire M. ­Sa Leitao, une montgolfière ou un court-circuit serait en cause. « Il semble que le feu ait pris par le haut », a-t-il expliqué au quotidien O Estado de Sao Paulo.
Le musée n’avait ni portes coupe-feu, ni extincteur et les détecteurs de fumée ne marchaient pas
Arrivée sur le lieu au cours de la nuit, la vice-directrice de l’établissement, Cristiana Serejo, serait tombée à terre d’émotion. Interrogée par les médias brésiliens, elle a expliqué que la mise à jour du programme anti-incendie était prévue mais n’avait pas encore été finalisée. Les PPCI, plans de protection et de prévention des incendies, sont obligatoires dans les monuments publics. Mais faute de ressources, leur optimisation laisse souvent à désirer. Le musée n’avait ni portes coupe-feu, ni extincteur et les détecteurs de fumée ne ­marchaient pas. Et faute d’eau suffisante dans les réservoirs alentours, les pompiers ont dû faire venir des camions-citernes.
« Cet accident ne doit rien au ­hasard !, enrage Olivia Pedro, ­anthropologue à l’université ­fédérale de Rio, établissement en charge du musée et financé par l’Etat. Depuis des années, il y a une guerre contre le monde acadé­mique. On doit se battre pour notre survie. » Victimes de la crise et peu valorisées par les pouvoirs publics, la culture et les sciences ont fait l’objet de sévères coupes budgétaires ces dernières années. Et les sommes allouées par ­Brasilia au musée ont été divisées par deux entre 2013 et 2017, ­rapporte le quotidien Folha de Sao Paulo.
Gaudencio ­Fidelis, curateur : « Cette tragédie est le fruit d’une négligence absolue en marche depuis des années »
« Cette tragédie est le fruit d’une négligence absolue en marche depuis des années. Il n’y a aucune ­excuse », souffle Gaudencio ­Fidelis. Curateur de renom au Brésil, l’homme a eu la charge du Musée des arts de Rio Grande do Sul entre 2011 et 2014. « Quand j’ai pris mes fonctions, rien n’était au point. J’ai entamé la mise à jour du plan incendie, cela a pris deux ans pendant lesquels je ne dormais pas de la nuit ! », raconte-t-il.
Devenu l’illustration d’un pays en ruine, méprisant sa propre ­culture et son passé, le musée de Rio était depuis plusieurs années déjà laissé à l’abandon. Les ­employés racontent les fils électriques à nu, les plafonds qui ­suintaient… En mai, à un mois de son bicentenaire, événement où aucun cacique de Brasilia n’a assisté, le directeur de l’établissement, Alexander Kellner, expliquait déjà au quotidien Folha de S. Paulo n’être en mesure d’ouvrir que dix salles d’exposition sur trente. La pièce renfermant le squelette de la baleine à bosse et le dinosaure Maxakalisaurus, rongée par les termites, était notamment inaccessible au public.

   


« La plupart des autres musées du Brésil sont eux aussi dans un état de délabrement avancé », signale le curateur Gaudencio ­Fidelis. La multiplication des incendies, de centres historiques ou patrimoniaux, tels l’Institut ­Butantan en 2010 ou le Musée de la langue portugaise en 2015, ­témoigne de cette négligence coupable.
Œuvres à jamais perdues
« Les gouvernements changent mais rien ne bouge. La culture est toujours le parent pauvre de l’Etat et nous assistons à ce naufrage sans réagir. Comme si la mémoire n’avait pas d’importance ici », commente Emilio Kalil, organisateur de la Semaine des arts à Sao Paulo et ex-directeur de théâtres nationaux.
La tragédie du musée de Rio réveillera-t-elle les consciences ? En pleine campagne électorale, le ­sujet de la préservation des musées ne figurerait que sur deux des treize programmes analysés par l’agence de fact-checking Lupa. Seuls Rede, le parti écologiste de Marina Silva, et le Parti des travailleurs (PT, gauche), dont la campagne présidentielle est menée par Fernando Haddad – le remplaçant présumé de Luiz ­Inacio Lula da Silva, emprisonné et jugé inéligible –, en faisaient mention. « Ce mépris envers le patrimoine historique est lamentable », insistait sur Twitter M. ­Haddad.
Le gouvernement se mobilise désormais pour la reconstruction du musée dans les plus brefs ­délais. Mais les œuvres sont à ­jamais perdues, soulignent les chercheurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Président du Muséum national d’histoire naturelle à Paris, Bruno David estime que les établissements français sont mieux protégés des incendies.
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Incendie du Musée de Rio : impossible en France, « la sécurité de nos bâtiments est bien meilleure »

Président du Muséum national d’histoire naturelle à Paris, Bruno David estime que les établissements français sont mieux protégés des incendies.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 15h43
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

Bruno David, président du Muséum national d’histoire naturelle à Paris, ­réagit à la destruction du musée brésilien.

Comment estimer la valeur des collections détruites par l’incendie de Rio ?
Cette valeur est infinie, inestimable. Ce musée possédait plus de vingt millions de spécimens, un patrimoine qui a une valeur universelle, bien plus que nationale. Pour donner une échelle, nous possédons au muséum 70 millions de spécimens. Cet incendie, c’est comme si un album de famille brûlait.
Quelles étaient les richesses les plus remarquables ?
Aux yeux des Brésiliens, il était d’une grande valeur affective de posséder le plus ancien squelette d’Homo sapiens jamais trouvé en Amérique latine. Mais ces collections étaient aussi très riches en poissons fossiles, notamment de l’époque du crétacé. S’y trouvait également un inventaire de l’Amazonie à différentes époques.
Ces pertes sont-elles irrémédiables ?
Certains échantillons ont été prélevés au XIXe siècle. Pour les remplacer, il ne suffit pas de retrouver, par exemple, le même oiseau. Ces échantillons possédaient des informations très riches sur le moment historique de leur collecte, que révèlent les analyses biochimiques ou géochimiques. Jamais on ne pourra retrouver ces données.
Une autre perte qui semble irrémédiable, c’est tout ce que j’appellerais la littérature grise, ces ­archives qui peuvent paraître de second ordre et n’ont pas été numérisées. Par exemple, la correspondance entre un chercheur chilien et un chercheur européen au XIXe siècle.
Un tel désastre pourrait-il se produire à Paris ?
Un cataclysme peut toujours arriver. Mais la sécurité de nos bâtiments est bien meilleure. Perdre ainsi nos collections ne serait guère envisageable : si une catastrophe frappait à la fois nos locaux du Jardin des plantes et le Musée de l’homme du Trocadéro,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’exposition, qui a pour thème « L’eau », se tient à partir de mardi au Pavillon de l’Eau, à Paris.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Jean-Bernard Marlin a déniché les deux acteurs principaux de son film, Dylan Robert et Kenza Fortas, dans les rues de Marseille.
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Un casting sauvage qui a duré six mois pour « Shéhérazade »

Jean-Bernard Marlin a déniché les deux acteurs principaux de son film, Dylan Robert et Kenza Fortas, dans les rues de Marseille.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 07h47
    |

                            Thomas Sotinel (Angoulême, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Dans le jardin de l’hôtel d’Angoulême où se pressent les festivaliers, Jean-Bernard Marlin affiche la mine inquiète d’un homme obligé de courir, un flacon de nitroglycérine à la main. Assis en face du réalisateur de Shéhérazade, Kenza Fortas et Dylan Robert, les deux acteurs principaux, se prêtent avec un peu de lassitude et beaucoup d’imprévisibilité au jeu des interviews à la chaîne. Avant le Festival du film francophone d’Angoulême, fin août, où Shéhérazade remportera le Grand Prix, ils se sont livrés à l’exercice à Cannes.

Le réalisateur, qui signe son premier long-métrage de fiction, a peiné pour trouver ces deux-là. Il a fait procéder à un casting « sauvage », en distribuant des flyers dans les rues de Marseille. Un processus qui a occupé six mois à temps plein et consommé une bonne partie du modeste budget de la production. Une fois qu’il a eu trouvé les deux rôles principaux, il ne leur a donné que quelques fiches, leur cachant le scénario intégral « pour qu’ils soient surpris par ce qui arrive ».
Dylan Robert savait très bien ce qui allait arriver à Zach, son personnage d’adolescent délaissé, qui devient proxénète presque par hasard, vengeur par nécessité : « J’ai piqué le scénario et je l’ai lu en cachette. » Avec ses longs cheveux noirs, ses lunettes de soleil qu’il n’enlève pas pour l’entretien, malgré l’insistance du metteur en scène, Dylan Robert ne ressemble pas à l’angelot exterminateur de Shéhérazade, mais à un jeune homme prêt à profiter de toutes les occasions que peut offrir la vie. Comme sa collègue, il commence à trouver le jeu des questions « un peu lassant ». Il raconte de nouveau comment, à sa sortie de prison, alors qu’il s’apprêtait à reprendre sa formation de carreleur, son éducatrice lui a appris qu’un metteur en scène cherchait un garçon « pour un film sur la jeunesse marseillaise ».
Jeunesse mouvementée
La jeunesse marseillaise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le Musée national Picasso interroge la notion de « chef-d’œuvre » dans la carrière du maître, jusqu’au 13 janvier 2019.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le cinéaste Jean-Bernard Marlin conte la liaison passionnelle entre deux adolescents dans le milieu de la prostitution.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/09/2018
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« Shéhérazade » : l’amour en péril à Marseille

Le cinéaste Jean-Bernard Marlin conte la liaison passionnelle entre deux adolescents dans le milieu de la prostitution.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 07h51
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
On se souvient du personnage du roi de Perse, dans Les Mille et Une Nuits, qui, trompé un jour, décide d’épouser et d’exécuter une vierge quotidiennement pour éviter à l’avenir cette situation fâcheuse. Cette manière originale de couper court au débat #metoo rencontre en Shéhérazade une redoutable adversaire qui suspend la sentence du roi en l’assujettissant au récit feuilletonné nuit après nuit à son intention. Jean-Bernard Marlin a donc bien fait d’intituler son premier long-métrage du nom de la conteuse désarmante, car son film, avec des moyens et dans un décor très différents, raconte un peu la même histoire.

Situé dans le milieu de la délinquance juvénile à Marseille, Shéhérazade appartient à ce type de film qu’on nomme un peu pompeusement « fiction documentée », ce qui veut tout simplement dire qu’il tire dans le meilleur des cas de son substrat documentaire une authenticité plus vive et une puissance d’incarnation décuplée. De Toni (1935), de Jean Renoir, à La BM du Seigneur (2010), de Jean-Charles Hue, en passant par La Vie de Jésus (1997), de Bruno Dumont, le ­cinéma français, après le néo­réalisme italien, en livre quelques remarquables exemples.
Dylan Robert et Kenza Fortas ont connu, dans la vraie vie, la prison pour l’un, le foyer pour l’autre
Jean-­Bernard Marlin, 38 ans, prend brillamment la suite. Marseillais d’origine, il a mené voici quelques années un travail documentaire auprès des mineurs ­délinquants de la ville, s’est immergé pour les besoins de ce film plusieurs mois dans le milieu de la prostitution du quartier de la Rotonde, s’est inspiré par surcroît d’un fait ­divers survenu en 2013, a recruté enfin ses acteurs dans les quartiers et les foyers, aussi bien que dans les prétoires. Du réel, et du plus lourd, en un mot, que le réalisateur a eu non seulement le ­mérite de vouloir approcher, mais aussi, car il n’y suffit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/09/2018
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« Better Call Saul », « Vestiaires » et des drôles de bêtes : trois idées de séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 07h28
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Une nouvelle saison de Better Call Saul, avec Bob Odenkirk au sommet de son art, le pari gagné de Vestiaires et ses nageurs handicapés, et des animaux aux travers humains, trop humains, survivant dans une New York post-apocalyptique sont au programme de notre sélection hebdomadaire.
« Better Call Saul » : la saison 4 de cette tragi-comédie se fait plus sombre

Voilà une aventure sérielle des plus passionnantes. Lorsque Vince Gilligan crée Breaking Bad (2008-2013), il sait seulement que son personnage principal, Walter White, n’aura rien d’aimable puisque, professeur de chimie, il se convertira en fabricant de méthamphétamine sous le nom d’Heisenberg. Breaking Bad ne s’en avère pas moins une fabuleuse réussite, souvent qualifiée de chef-d’œuvre, ce qui amène son créateur à se dire que, jamais plus, il ne parviendra à une telle grâce. Aussi, plutôt que risquer de se retrouver paralysé par cette perspective, il se jette immédiatement dans un nouveau projet.
Avec son cocréateur Peter Gould – scénariste et réalisateur sur Breaking Bad –, sans schéma précis de son évolution ni de sa fin, il décide de s’attacher à l’un des personnages secondaires de Breaking Bad, Saul Goodman, l’hilarant avocat véreux qui blanchit l’argent d’Heisenberg. Pour créer ce qu’il pense être, au départ, une série comique. Pourtant, au fil de mois de réflexion se dessine un arc narratif d’une tout autre tonalité, sombre et émouvant, sur le passé de cet avocat de la pègre avant qu’il ne rencontre Walter White/Heisenberg. Ce que l’on a commencé à découvrir avec Better Call Saul, en 2015.
Saul Goodman, de Breaking Bad, y apparaît alors sous son nom d’origine, Jimmy McGill, alors qu’il n’était que garçon d’étage, distribuant le courrier dans la grande firme juridique où officiait son éminent frère aîné, Chuck. Un Jimmy McGill gaffeur, débrouillard, mais qui, loin du cynisme qui le caractérisera dans Breaking Bad, veut le plus souvent faire le bien autour de lui. Il est interprété par le formidable Bob Odenkirk, qui faisait déjà sensation dans Breaking Bad et qui parvient ici à du grand art tragicomique.
L’on peut fort bien suivre Better Call Saul sans avoir vu Breaking Bad. Car celle qui devait être une simple série dérivée (spin off) s’est tout simplement hissée au niveau des toutes meilleures séries. Excellemment réalisée, elle se montre certes moins spectaculaire que Breaking Bad, mais plus sensible, délicate et ambiguë. Au point que l’on ne ressent nulle urgence à voir Jimmy McGill devenir le Saul Goodman de Breaking Bad. Ce n’est en tout cas pas pour cette quatrième saison – qui vient de débuter sur Netflix, autour de l’ombre portée du deuil –, ses créateurs s’étant déjà attelés à la suivante. Martine Delahaye
« Better Call Saul », saison 4, série créée par Vince Gilligan et Peter Gould. Avec Bob Odenkirk, Rhea Seehorn (Etats-Unis, 2018, 10 x 45 min). Sur Netflix, un nouvel épisode chaque mardi.
« Vestiaires » : quand rire et handicap vont de pair

Rire de tout, se gausser des misères de la vie, voir son handicap comme un grain de beauté, voilà à quoi s’attachent les comédiens handicapés de « Vestiaires », le programme court que France 2 diffuse depuis 2011 et qui vient de reprendre pour une huitième saison.
Formidable gageure que de faire oublier la gêne que l’on peut ressentir à découvrir les corps presque nus, déformés ou amputés, de nageurs si particuliers : ils blaguent entre eux dans les vestiaires d’une piscine. Or le pari est gagné, leur humour, leurs saillies vachardes ou leurs réflexions peu politiquement correctes, voire bêtes et méchantes, amenant à voir en Orson Bichon, dit Abraracourcix (Alexandre Philip), ou en Rachid Benbbouzik (Adda Abdelli) des potes avant tout.
Ils sont une dizaine, ainsi, à se retrouver et à se vanner au bord d’un bassin pour du handisport. Avec, parfois, la visite d’un invité non handicapé – tel le comédien Pascal Légitimus –, ou les sportifs de haut niveau que sont Philippe Croizon et Théo Curin, ce champion de natation de 18 ans, quadri-amputé, qui participa aux Jeux paralympiques de Rio en 2016. Les rejoint par ailleurs cette année une jeune trisomique, à qui France 2 avait confié la présentation de la météo, en mars 2017. Tous dans des rôles légers et cocasses, marque de fabrique de « Vestiaires ». M. De.
« Vestiaires », saison 8, série créée par Adda Abdelli et Fabrice Chanut. Avec Adda Abdelli, Alexandre Philip, Anaïs Fabre, Luc Rodriguez (France, 2018, 19 x2 min). Sur France 2, le samedi à 20.50.
« Animals » : des bêtes humaines, trop humaines

Voici Animals, série d’animation créée par Phil Matarese et Mike Luciano, coproduite par les frères Mark et Jay Duplass, parvenue à sa troisième saison. Les héros en sont les animaux résidant dans une New York post-atomique : rats, pigeons, cafards, puces, vers de terre, chevaux, chats, chiens et oies croisent quelques humains rescapés dont ils ont hérité les traits, les usages et les névroses (à tel point qu’on croirait parfois leurs dialogues venus d’un film de Woody Allen). Ils parlent au rythme d’un tir de mitraillette, ont des peines de cœur et des envies lubriques, s’oublient dans l’alcool et la drogue, etc.
Au cours de la troisième saison, on rencontre des chiens réunis en groupe de parole pour apprendre à se passer de leurs maîtres et des chevaux de race qui ont l’accent anglais… Nouveauté : les épisodes sont mis en abyme par un court prologue, qui montre deux « geeks » devant des écrans, reclus dans une cellule gouvernementale sise dans le New Jersey, Etat voisin épargné par l’explosion new-yorkaise : ces deux « surveillants » sont en fait Matarese et Luciano, les créateurs de ces images à l’atmosphère underground, surréaliste et singulière. L’intrusion de véritables humains n’est pas nouvelle dans Animals (l’épisode 5 de la saison 2 leur était consacré et joué par des acteurs en chair et en os, dont RuPaul !), mais l’on se demande si elle ne risque pas de faire perdre une partie de son charme décalé à Animals. Renaud Machart
« Animals », saison 3, de Phil Matarese et Mike Luciano (Etats-Unis, 2016, 10 × 26 min), sur OCS City, le samedi à 22 h 20, et, à la demande, sur OCS Go.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’auteur des « Mémoires d’outre-tombe » est né le 4 septembre 1768 à Saint-Malo, il y a exactement 250 ans. Le domaine de la Vallée-aux-Loups, où il vécut de 1807 à 1817, entretient le souvenir de l’écrivain.
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A la Vallée-aux-Loups, chez François-René de Chateaubriand

L’auteur des « Mémoires d’outre-tombe » est né le 4 septembre 1768 à Saint-Malo, il y a exactement 250 ans. Le domaine de la Vallée-aux-Loups, où il vécut de 1807 à 1817, entretient le souvenir de l’écrivain.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 00h23
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 07h24
    |

            Lucien Jedwab








                        


François-René de Chateaubriand (1768-1848) a laissé une œuvre littéraire considérable, à commencer par les douze volumes de ses Mémoires d’outre-tombe. « Ecrivain voyageur » avant l’heure, ses périples ont nourri ses romans « américains », Atala et René. Quant au récit de ses voyages sur le pourtour méditerranéen, il constitue la matière même d’Itinéraire de Paris à Jérusalem. Si le futur écrivain a pris, dans la tourmente des soubresauts de la Révolution, le parti de la monarchie, puis de l’opposition à l’Empire, son soutien à Louis XVIII puis à Charles X ne le préservera pas des petitesses de l’absolutisme. Deux cent cinquante ans après sa naissance, l’on retiendra bien évidemment de sa vie son immense talent d’écrivain, de mémorialiste, peut-être ses capacités de diplomate, tout en étant indulgent sur ses choix politiques.

   


Mais il y a aussi un lieu où sa présence est encore palpable : la Vallée-aux-Loups, près de Châtenay-Malabry, à seulement quelques kilomètres de la capitale. Le parc où il a dessiné des allées, planté des arbres – dont un majestueux cèdre du Liban encore debout – et des milliers de fleurs semble encore hanté par son esprit. Son « désert », sa « thébaïde », sa modeste « maison de jardinier », selon ses propres mots, habitée avec sa femme, Céleste, de 1807 à 1817, agrandie au XIXe siècle par les propriétaires successifs, abrite aujourd’hui un musée et un riche fonds documentaire.

   


A l’origine, elle ressemblait à une de ces demeures vues pendant son exil – Chateaubriand fut un de ces « émigrés » ayant fui et combattu la Révolution – en Angleterre, dont nombre de jardins ont été dessinés au XVIIIe siècle par le paysagiste à la mode Lancelot « Capability » Brown. (Ironie de l’Histoire : un autre exilé, le futur Napoléon III, fut probablement inspiré par la vision des jardins londoniens, avant de confier au préfet Haussmann et à l’ingénieur Alphand l’assainissement et l’embellissement de Paris.)

   


Le jardin se déploie dans un vallon largement dégagé en son centre, prairie entourée d’une ceinture d’arbres parcourue par un sentier sinueux propice à la promenade, à la rêverie solitaire et à la méditation. L’actuel visiteur y chemine dans les pas mêmes de l’écrivain, qui y nourrissait son imagination et ravivait ses souvenirs de voyage grâce aux essences qu’il en avait rapporté. Bernard Degout, l’érudit directeur de la Maison de Chateaubriand – qui célèbre par de nombreuses manifestations le 250e anniversaire de la naissance de l’écrivain – raconte que ce dernier avait associé ses arbres à des dryades, ces nymphes avec lesquelles il pouvait dialoguer.

   


Son bureau et sa bibliothèque ont été reconstitués dans la tour Velleda, « fabrique » que l’on découvre au détour d’un chemin dans le sous-bois. Si l’auteur du Génie du christianisme y lisait et y écrivait au rez-de-chaussée, entre deux plantations dans le jardin, il recevait probablement ses maîtresses à l’étage, au point que sa pieuse femme y ait fait installer… une chapelle. Chateaubriand eut entre autres pour amante Natalie de Noailles, fille du propriétaire de l’extravagant domaine de Méréville, dont le dessin et l’agencement de fausses ruines étaient en partie dus au peintre et paysagiste Hubert Robert.

   


Aujourd’hui, la Vallée-aux-Loups est administrée par le département des Hauts-de-Seine. Celui-ci y a associé, à la suite d’acquisitions successives, L’Ile verte, l’ancienne propriété du peintre Jean Fautrier – auteur de la série des Otages –, et l’arboretum voisin, aménagé sur les terrains particulièrement fertiles des anciennes pépinières Croux. Cet arboretum abrite plusieurs collections végétales, dont celle de bonsaïs de Rémy Samson, et de nombreux arbres remarquables, dont un fameux cèdre bleu pleureur de l’Atlas.

   


Le jardinier, historien des jardins et écrivain Marco Martella a eu pendant des années la responsabilité de la valorisation du patrimoine vert du département. La fréquentation assidue de la Vallée-aux-Loups n’a pas manqué d’insinuer dans son esprit le rêve et l’incitation à la méditation. Ainsi de son recueil Un petit monde, un monde parfait, d’où sont tirées ces lignes : « Car le commun des jardiniers n’est pas différent de l’auteur des Mémoires d’outre-tombe lorsqu’il s’assied pour regarder ses arbres, en se demandant comment ils seront un jour (…) lorsque lui ne sera plus là pour les admirer. »

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’incendie s’est déclaré dans la nuit du dimanche 2 septembre. Si aucune victime n’a été signalée, plus de 20 millions de pièces de valeur pourraient être détruites.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Après avoir été laminée par les smartphones, la photo instantanée suscite un regain d’intérêt.
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La nouvelle jeunesse numérique de Polaroid

Après avoir été laminée par les smartphones, la photo instantanée suscite un regain d’intérêt.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 15h22
    |

            Vincent Fagot








                        



   


En quittant Oskar Smolokowski, on repart fort d’un enseignement précieux : non, il ne faut pas secouer un Polaroid quand le cliché sort de l’appareil. L’image n’apparaîtra pas plus vite et la qualité de la photo risque d’être dégradée.
A même pas trente ans, le PDG du groupe Polaroid en connaît long sur le processus de développement des photos. Formé au génie mécanique, il rejoint en 2012 The Impossible Project, une jeune entreprise sise à Berlin, qui se fixe pour mission de sauver Polaroid. La marque, qui, au faîte de sa gloire, engrangeait des milliards de dollars de chiffre d’affaires chaque année, avait déclaré faillite en 2001, puis de nouveau en 2008.
Grâce à un apport de 2 millions de dollars (1,7 million d’euros) effectué par le père d’Oskar Smolokowski, The Impossible Project acquiert une usine historique de Polaroid aux Pays-Bas et relance la production de films pour les appareils encore en circulation. « Ça a été le plus compliqué. Nombre des produits chimiques qui étaient utilisés à l’origine sont désormais interdits. Il a fallu tout réinventer », explique le jeune homme originaire de Pologne.

        Lire aussi :
         

                Photo : les viseurs électroniques valent-ils les viseurs optiques des reflex ?



Une nouvelle étape est franchie en mai 2017, quand The Impossible Project rachète la marque Polaroid – rebaptisée Polaroid Originals – et peut dès lors relancer la production d’appareils photo instantanés reprenant le design de leurs prédécesseurs. « Beaucoup de gens ont tenté de nous en dissuader, parce que c’est des soucis sans arrêt. Mais moi, ce qui m’intéresse le plus, c’est la production d’objets physiques », souligne Oskar Smolokowski. Après le OneStep 2 lancé l’an passé, la marque vient de présenter le OneStep + (159 euros) lors du salon de l’électronique de Berlin (IFA), qui s’est ouvert au public vendredi 31 août.
Forte croissance des ventes en Europe et aux Etats-Unis
Contrairement à leurs prédécesseurs, les nouveaux Polaroid profitent des avancées du numérique. Une application pour smartphone permet d’affiner les réglages de l’appareil photo, de superposer deux photos sur un même cliché, ou de s’amuser avec une source lumineuse pour dessiner des motifs sur la photo (procédé dit du « light painting »).
Sera-ce suffisant pour rendre à Polaroid son lustre d’antan ? La photo instantanée, après avoir été laminée par la photo numérique et les smartphones, connaît un fort regain d’intérêt depuis le début de la décennie. Une marque en particulier en a profité : Fujifilm, qui a écoulé pas moins de 7,7 millions d’unités de ses appareils « Instax » en 2017.

        Lire aussi :
         

                L'appareil-photo instantané de Fujifilm



Sans communiquer de chiffres précis, M. Smolokowski assure que Polaroid Originals est à présent bénéficiaire, et connaît une forte croissance de ses ventes en Europe et aux Etats-Unis. « L’engouement pour les appareils photo instantanés n’est pas près de retomber et nous avons tous les atouts pour rivaliser avec la concurrence, à commencer par la passion qui entoure la marque », veut croire le jeune patron.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le dernier des grands festivals d’été est organisé jusqu’au 9 septembre dans plusieurs salles parisiennes.
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Voix soul et swing dansant à Jazz à La Villette

Le dernier des grands festivals d’été est organisé jusqu’au 9 septembre dans plusieurs salles parisiennes.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 10h07
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Dernier des grands festivals d’été, Jazz à La ­Villette s’installe jusqu’au 9 septembre dans une dizaine de salles parisiennes (et à la Dynamo, à Pantin), avec en centre névralgique celles du parc de La Villette. Comme d’autres festivals qui portent le terme jazz et sont susceptibles d’attirer plusieurs dizaines de milliers de spectateurs, la programmation n’est pas strictement jazz.
A l’image de la soirée du samedi 1er septembre, à la Grande Halle, avec, par ordre d’apparition, ­Robin McKelle, Son Little et Selah Sue – au même moment à la Philharmonie, le pianiste Brad ­Mehldau présentait en première mondiale son Piano Concerto avec l’Orchestre national d’Ile-de-France. En point commun à ces trois voix, l’imprégnation de la soul music, celle dont la grande dame, l’Américaine Aretha Franklin, morte le 16 août, a été la représentante la plus célèbre. Clairement dans les approches de ses compatriotes Robin McKelle et Son Little, plus par touches et une manière de faire vivre le chant chez la Belge Selah Sue.
Le trio de Robin McKelle est plus qu’accompagnateur, mais profondément complice
Première à monter sur la scène, Robin McKelle aura emporté le public durant une quarantaine de minutes par la chaleur de ses ­interprétations, le coulé de ses improvisations en scat (superbes lors d’It Won’t End Up), qui traduisent un lien fondateur avec le jazz.
Son trio, de premier ordre, là aussi dans les connaissances complémentaires entre jazz et soul (le pianiste et organiste Mike King), avec des éléments de funk (le bassiste Reggie Washington, le batteur Kush Abadey), est plus qu’accompagnateur, mais profondément complice.
En apesanteur
C’est peut-être ce qui manque au chanteur et guitariste Son Little. Vocalement très prenant, il est marqué aussi par le gospel, avec des interprétations qui savent faire ressentir l’émotion (The Middle, O Mother, Your Love Will Blow me Away).
Son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ La jeune artiste a donné un impressionnant récital en ouverture du festival Les Solistes à Bagatelle, le 1er septembre.
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Les jeux de rôle de la pianiste Lise de la Salle

La jeune artiste a donné un impressionnant récital en ouverture du festival Les Solistes à Bagatelle, le 1er septembre.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 10h30
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Chaque samedi et chaque dimanche, à raison de deux concerts par jour, le festival Les Solistes à Bagatelle ­invite, jusqu’au 16 septembre, des pianistes à se ­produire dans des programmes panoramiques d’environ une heure. Les uns sont des interprètes de renom (François Chaplin, ­Jean-François Heisser, François-Frédéric Guy, respectivement les 8, 15 et 16 septembre), les autres, des jeunes à découvrir (Gaspard ­Dehaene et Anastasya Terenkova, le 9).
Bénéficiaire d’une carte blanche samedi 1er septembre, en ouverture de la manifestation, Lise de la Salle appartient en quelque sorte aux deux catégories. A 30 ans, elle n’est certes plus une inconnue, mais sa personnalité a plus ­souvent l’occasion de s’exprimer à l’étranger qu’en France, où son image d’enfant précoce (premier disque enregistré à 14 ans) semble encore prévaloir. Le récital donné dans l’Orangerie de Bagatelle aura permis de remettre les pendules à l’heure.
Lise de la Salle est une artiste accomplie, aussi respectueuse du texte à interpréter qu’investie dans un modelage très personnel du son
Lise de la Salle est aujourd’hui une artiste accomplie, aussi respectueuse du texte à interpréter qu’investie dans un modelage très personnel du son. Rigueur (de l’écriture) et fantaisie (du propos) constituent d’ailleurs les maîtres mots d’un programme qu’elle ­parut aborder comme un édifiant jeu de rôle. Avec le Concerto italien, de Jean-Sébastien Bach, la référence est dévoilée dans le titre, mais Lise de la Salle ne se contente pas d’évoquer les traits de Vivaldi perceptibles en filigrane de la malicieuse partition du Cantor de ­Leipzig. Elle ajoute, tout sourire, l’irrévérence d’une transcription au piano de la partie originale pour clavecin. Piano ? En apparence, car les notes donnent souvent l’impression de tinter comme des boules de verre, aux mille nuances, tantôt feutrées, tantôt rayonnantes.
Même sensation à l’écoute du morceau suivant, la Sicilienne en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Du centenaire de Bergman à Miro au Grand Palais, d’Ostermeier à la Comédie-Française à Christine and The Queens, quelques temps forts, essentiellement parisiens, à noter sur l’agenda, dès septembre.
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Rentrée culturelle : ce qu’il faut voir cet automne

Du centenaire de Bergman à Miro au Grand Palais, d’Ostermeier à la Comédie-Française à Christine and The Queens, quelques temps forts, essentiellement parisiens, à noter sur l’agenda, dès septembre.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 08h27
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 11h26
    |

                            Service culture








                        



                                


                            CINÉMA
« Les Frères Sisters »
Jacques Audiard fait partie des auteurs attendus, catégorie de plus en plus rare, qui s’attachent à ne pas être nécessairement là où les attend. Ainsi des Frères Sisters qu’on attendait à Cannes et qui est à Venise, qui se passe au Far West plutôt qu’en France, qu’on voudrait viril et qui n’est que tendre. Joaquin Phoenix et John C. Reilly y campent deux frères tueurs à gages sur la piste picaresque de leur proie. Le 19 septembre. J. M.
Centenaire Ingmar Bergman
Figure canonique du cinéma d’auteur à l’européenne, explorateur fiévreux des profondeurs intérieures, le Suédois Ingmar Bergman aurait eu 100 ans, le 14 juillet 2018. L’auteur de Monika, de Fanny et Alexandre et de tant d’autres chefs-d’œuvre aura en France un anniversaire à sa mesure. Sortie de documentaires inédits ainsi que d’un grand nombre de ses films en salles, intégrale à la Cinémathèque française (à partir du 19 septembre), rencontres et débats, autant d’initiatives qui devraient rappeler à quel point la sépulcrale « Statue du commandeur » de l’art et essai était pétrie de vie. J. M.
« I Feel Good »
Retour de Kervern et Delépine, les deux anars de Groland, qui poursuivent leur glorieuse mission destructrice au cinéma. La méthode est désormais connue, qui consiste à embarquer une ou plusieurs vedettes de gros calibre dans une histoire explosivement séditieuse. Ici, et pour la première fois, Jean Dujardin en chômeur mythomane adepte de l’idéologie ultra-libérale, qui entreprend de vendre des opérations de chirurgie esthétique low cost aux miséreux d’Emmaüs. Le 26 septembre. J. M.

« Un peuple et son roi »
De la réunion des états généraux à la mort de Louis XVI, qu’est-ce qui s’est accompli, qu’est-ce qui s’est défait ? Le cinéaste Pierre Schoeller a l’ambition de poser ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Jacques Mandelbaum, critique cinématographique au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.
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« Mes incontournables » : 7 livres pour comprendre le cinéma, par Jacques Mandelbaum

Jacques Mandelbaum, critique cinématographique au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 07h00
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

« MES INCONTOURNABLES », PAR JACQUES MANDELBAUM

André Bazin, la figure tutélaire
L’invention (française) de la cinéphilie s’est ancrée, non seulement dans la passion des images, mais encore dans la manière de l’exprimer et de la raisonner, dans l’analyse, la dispute, l’amour fiévreux des mots et des idées. Cette pensée du cinéma a ses classiques, parmi lesquels André Bazin (1918-1958) représente la figure tutélaire, discutée bien sûr à quelques endroits de sa réflexion, mais restant à mes yeux indépassable. Recueil de ses principaux articles parus dans les années 1940 et 1950, Qu’est-ce que le cinéma ?, ouvrage percutant et intuitif (1975), invente l’alphabet d’un nouveau langage (« ontologie de l’image photographique », « robe sans couture de la réalité », « montage interdit ») qui ouvre pour des générations de cinéphiles ce divertissement d’ilotes à la conquête de son intelligence.

« Qu’est-ce que le cinéma ? », d’André Bazin, Cerf, « 7e art », 372 p., 19 €.
François Truffaut, le passionné
Grand cinéaste, François Truffaut (1932-1984) fut aussi grand critique, cultivant ici des qualités qu’on retrouverait là. Quelque chose d’à la fois cristallin et opaque, un formidable appétit de vie doublé d’une noirceur profonde. Les Films de ma vie (1975) et Le Plaisir des yeux (1987), deux livres radieux, dispensateurs d’ivresse, sont du genre qu’on met dans sa poche pour la vie puisqu’ils montrent aussi bien que les films regardent nos vies. Tout y est. La sûreté du goût, la férocité injuste envers les vieilles badernes, la vision intime et engagée d’un art, la passion d’aimer, la noblesse de l’admiration, le sens inouï de la formule. Au programme : Chaplin, Hitchcock, Bresson, Moreau ou Adjani. Pour la route, cette magnifique introduction à son double cinématographique : « Jean-Pierre Léaud est un acteur anti-documentaire, même quand il dit bonjour, nous basculons dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/09/2018
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« Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète

D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 18h07
    |

                            Collectif








                        


Tribune. Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.
Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.
Pas trop tard pour éviter le pire
Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.
Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.
Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux.
Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.
C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire.
De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.
Isabelle Adjani, actrice ; Laure Adler, journaliste ; Pedro Almodovar, cinéaste ; Laurie Anderson, artiste ; Charles Aznavour, chanteur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Pierre Arditi, acteur ; Niels Arestrup, acteur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, cinéaste ; Yvan Attal, acteur, cinéaste ; Josiane Balasko, actrice ; Aurélien Barrau, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Xavier Beauvois, cinéaste ; Alain Benoit, physicien (Académie des sciences) ; Jane Birkin, chanteuse, actrice ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Gilles Boeuf, biologiste ; Mathieu Boogaerts, chanteur ; John Boorman, cinéaste ; Romane Bohringer, actrice ; Carole Bouquet, actrice ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Zabou Breitman, actrice, metteuse en scène ; Nicolas Briançon, acteur, metteur en scène ; Irina Brook, metteuse en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, cinéaste ; Florence Burgat, philosophe ; Gabriel Byrne, acteur ; Cali, chanteur ; Sophie Calle, artiste ; Jane Campion, cinéaste ; Isabelle Carré, actrice ; Emmanuel Carrère, écrivain ; Anne Carson, auteure et professeure ; Michel Cassé, astrophysicien ; Laetitia Casta, actrice ; Bernard Castaing, physicien (Académie des sciences) ; Antoine de Caunes, journaliste, cinéaste ; Alain Chamfort, chanteur ; Boris Charmatz, chorégraphe ; Christiane Chauviré, philosophe ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; François Civil, acteur ; Hélène Cixous, écrivaine ; Isabel Coixet, cinéaste ; Françoise Combes, astrophysicienne (Collège de France) ; François Cluzet, acteur ; Gregory Colbert, photographe, cinéaste ; Bradley Cooper, acteur ; Brady Corbet, acteur ; Béatrice Copper-Royer, psychologue ; Marion Cotillard, actrice ; Denis Couvet, écologue ; Camille Cottin, actrice ; Clotilde Courau, actrice ; Franck Courchamp, écologue (Académie européenne des sciences) ; Nicole Croisille, chanteuse ; David Cronenberg, cinéaste ; Alfonso Cuaro, cinéaste ; Willem Dafoe, acteur ; Philippe Decouflé, chorégraphe ; Sébastien Delage, musicien ; Vincent Delerm, chanteur ; Alain Delon, acteur ; Catherine Deneuve, actrice ; Claire Denis, cinéaste ; Philippe Descola, anthropologue (Collège de France) ; Alexandre Desplat, compositeur ; Manu Dibango, musicien ; Hervé Dole, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Valérie Dréville, actrice ; Diane Dufresne, chanteuse ; Sandrine Dumas, actrice, metteuse en scène ; Romain Duris, acteur ; Lars Eidinger, acteur ; Marianne Faithfull, chanteuse ; Pierre Fayet, physicien (Académie des sciences) ; Ralph Fiennes, acteur ; Frah (Shaka Ponk), chanteur ; Cécile de France, actrice ; Stéphane Freiss, acteur ; Thierry Frémaux, directeur de festival ; Jean-Michel Frodon, critique, professeur ; Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile ; Pierre-Henri Gouyon, biologiste ; Julien Grain, astrophysicien ; Anouk Grinberg, actrice ; Mikhaïl Gromov, mathématicien (Académie des sciences) ; Sylvie Guillem, danseuse étoile ; Arthur H, chanteur ; Ethan Hawke, acteur ; Christopher Hampton, scénariste ; Nora Hamzawi, actrice ; Ivo Van Hove, metteur en scène ; Isabelle Huppert, actrice ; Agnès Jaoui, actrice, cinéaste ; Michel Jonasz, chanteur ; Camelia Jordana, chanteuse ; Jean Jouzel, climatologue (Académie des sciences) ; Juliette, chanteuse ; Anish Kapoor, sculpteur, peintre ; Mathieu Kassovitz, acteur ; Angélique Kidjo, chanteuse ; Cédric Klapisch, cinéaste ; Thierry Klifa, cinéaste ; Panos H. Koutras, cinéaste ; Lou de Laâge, actrice ; Ludovic Lagarde, metteur en scène ; Laurent Lafitte, acteur ; Laurent Lamarca, chanteur ; Maxence Laperouse, comédien ; Camille Laurens, écrivaine ; Bernard Lavilliers, chanteur ; Sandra Lavorel, écologue (Académie des sciences) ; Jude Law, acteur; Patrice Leconte, cinéaste ; Roland Lehoucq, astrophysicien ; Gérard Lefort, journaliste ; Nolwenn Leroy, chanteuse ; Peter Lindbergh, photographe ; Louane, chanteuse ; Luce, chanteuse ; Ibrahim Maalouf, musicien ; Vincent Macaigne, metteur en scène, acteur ; Benoît Magimel, acteur ; Yvon Le Maho, écologue (Académie des sciences) ; Andreï Makine, écrivain de l’Académie Française ; Abd al Malik, rappeur ; Sophie Marceau, actrice ; Virginie Maris, philosophe ; André Markowicz, traducteur ; Nicolas Martin, journaliste ; Vincent Message, écrivain ; Wajdi Mouawad, metteur en scène ; Nana Mouskouri, chanteuse ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Arthur Nauzyciel, metteur en scène ; Safy Nebbou, cinéaste ; Pierre Niney, acteur ; Helena Noguerra, chanteuse ; Claude Nuridsany, cinéaste ; Michael Ondaatje, écrivain ; Thomas Ostermeier, metteur en scène ; Clive Owen, acteur ; Corine Pelluchon, philosophe ; Laurent Pelly, metteur en scène ; Raphaël Personnaz, acteur ; Dominique Pitoiset, metteur en scène ; Denis Podalydès, acteur ; Pomme, chanteuse ; Martin Provost, cinéaste ; Olivier Py, metteur en scène ; Susheela Raman, chanteuse ; Charlotte Rampling, actrice ; Raphaël, chanteur ; Régine, chanteuse ; Cécile Renault, astrophysicienne ; Robin Renucci, acteur ; Jean-Michel Ribes, metteur en scène ; Tim Robbins, acteur ; Muriel Robin, actrice ; Isabella Rossellini, actrice ; Brigitte Roüan, actrice, cinéaste ; Carlo Rovelli, physicien (Institut universitaire de France) ; Eric Ruf, directeur de la Comédie-Française ; Céline Sallette, actrice ; Rodrigo Santoro, acteur ; Marjane Satrapi, cinéaste ; Kristin Scott Thomas, actrice ; Albin de la Simone, musicien ; Abderrahmane Sissako, cinéaste ; Marianne Slot, productrice ; Patti Smith, chanteuse, écrivaine ; Sabrina Speich, géoscientifique ; Marion Stalens, réalisatrice ; Kristen Stewart, actrice ; Tom Stoppard, dramaturge ; Peter Suschitzky, chef opérateur ; Malgorzata Szumowska, cinéaste ; Béla Tarr, cinéaste ; Gilles Taurand, scénariste ; Alexandre Tharaud, musicien ; James Thierrée, danseur, chorégraphe ; Mélanie Thierry, actrice ; Danièle Thompson, cinéaste ; Melita Toscan du Plantier, attachée de presse ; Jean-Louis Trintignant, acteur ; John Turturro, acteur ; Hélène Tysman, pianiste ; Pierre Vanhove, physicien ; Karin Viard, actrice ; Polydoros Vogiatzis, acteur ; Rufus Wainwright, chanteur ; Régis Wargnier, cinéaste ; Jacques Weber, acteur ; Wim Wenders, cinéaste ; Sonia Wieder-Atherton, musicienne ; Bob Wilson, metteur en scène ; Lambert Wilson, acteur ; Jia Zhang-ke, cinéaste ; Elsa Zylberstein, actrice



                            


                        

                        

