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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Tous les candidats à l’ascension devront déposer leur projet avant de se lancer dans la course.
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La « voie classique » vers le mont Blanc bientôt soumise à des quotas

Tous les candidats à l’ascension devront déposer leur projet avant de se lancer dans la course.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 17h18
   





                        



   


Surfréquentation, accidents, dégradations…, le mont Blanc souffre de sa popularité. Pour enrayer ces difficultés, la mairie de Saint-Gervais (Haute-Savoie) a annoncé, mardi 4 septembre, que l’ascension du mont Blanc par sa voie « normale » serait réglementée dès l’été 2019 pour les alpinistes non accompagnés d’un guide
« C’est une décision difficile mais une vraie bonne décision car le mont Blanc n’est pas une course comme les autres. Elle se prépare », a commenté Jean-Marc Peillex, le maire de la commune, d’où s’étire la voie classique vers le géant alpin (4 810 mètres).

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240 par jour
Les contours de cet encadrement restent à définir, mais le principe de cette réglementation a été acté par les partenaires concernés — peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix, fédération française des clubs alpins et de montagne, préfecture de la Haute-Savoie et compagnies de guides, lors de réunions le 30 août et le 2 septembre.
Une autorisation ne pourrait être délivrée par l’office du tourisme de Saint-Gervais que si le ou les candidats à l’ascension sans guide peuvent justifier d’une réservation dans l’un des refuges situés sur l’itinéraire, de plus en plus prisé chaque année. Surtout, un quota de 214 alpinistes autorisés chaque jour à effectuer l’ascension pourrait être acté, a annoncé le maire de Saint-Gervais, confirmant une information du Dauphiné libéré.
Selon le quotidien régional, tous les candidats à l’ascension devront déposer leur projet avant de se lancer dans la course. « Ce n’est pas une sanction pour les alpinistes, mais simplement du bon sens : nous souhaitons que le nombre de personnes qui partent vers le mont Blanc corresponde au nombre de places disponibles dans les refuges », a justifié Jean-Marc Peillex.
Chamonix s’agace
L’annonce n’a pas fait que des heureux. La commune voisine, Chamonix, a tôt fait de regretter une décision « non concertée » qui va l’obliger « à prendre des mesures permettant (d’en) gérer les effets négatifs ». Eric Fournier, le maire de la ville, déplore que des « incivilités, inadmissibles et largement médiatisées » aient conduit à l’adoption d’une réglementation « sans que soient mesurées (ses) incidences et (ses) effets de bord sur les autres voies d’accès au sommet » sur lesquelles se reportent les alpinistes exclus de la voie normale.

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                Mortalité record en montagne depuis le début de la saison estivale



Le toit de l’Europe, surfréquenté et parfois peu respecté, a déjà fait l’objet de restrictions similaires provisoires au plus fort de la saison estivale cette année. La saison 2018 a été marquée par de nombreux incidents, dus notamment au nombre important d’alpinistes empruntant cette voie d’accès. La situation devrait toutefois rapidement s’améliorer, puisque des premiers refuges devraient fermer pour l’hiver à partir de la mi-septembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Les médias locaux font état de deux morts et d’une centaine de blessés sur son passage.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ ONG et politiques ont réagi, mardi, à la nomination de M. Rugy en remplacement de Nicolas Hulot au ministère de la transition écologique et solidaire.
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Remaniement : « Ministre des apparences écologiques » ou « écologiste légitime »… les réactions à la nomination de François de Rugy

ONG et politiques ont réagi, mardi, à la nomination de M. Rugy en remplacement de Nicolas Hulot au ministère de la transition écologique et solidaire.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 15h53
   





                        



   


Les députés d’oppositions n’ont pas attendu la cérémonie de passation de pouvoir entre François de Rugy et Nicolas Hulot, mardi 4 septembre, pour réagir à la nomination du député (LRM) de Loire-Atlantique au ministère de la transition écologique et solidaire.
« Le président de séance qui a planté l’amendement contre le glyphosate à deux heures du matin devient ministre des apparences écologiques », a ironisé sur Twitter le chef de file des « insoumis » Jean-Luc Mélenchon, dès l’annonce de la nomination de M. Rugy.

Le président de séance qui a planté l'amendement contre le #glyphosate à deux heures du matin devient ministre des… https://t.co/aGlU9PrEXm— JLMelenchon (@Jean-Luc Mélenchon)


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« On n’attendait pas un changement de casting, mais un nouveau pacte pour l’écologie », souligne de son côté la députée européenne écologiste Karima Delli dans un communiqué, en référence aux nombreux appels à un tournant politique sur les questions environnementales ayant suivi la démission de Nicolas Hulot, mardi 28 août. « C’est un enterrement de première classe pour l’écologie », a dénoncé à droite le président des Patriotes, Florian Philippot.
« Un écologiste légitime »
Dans l’attente des premières décisions du nouveau ministre de la transition écologique et solidaire, plusieurs élus ont souligné les dossiers, nombreux, qui attendent celui qui occupait le poste de président de l’Assemblée nationale depuis le mois de juin 2017.

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          Remaniement : jeu de chaises musicales à l’Assemblée nationale



« Son premier défi, ce sera l’application de la part de loi de transition énergétique sur la réduction de la part nucléaire, ce qu’avait dénoncé bizarrement Nicolas Hulot. François de Rugy a voté, a contribué à cette loi qui prévoit de réduire la part du nucléaire de 75 % à 50 % à l’horizon 2025 », a noté Ségolène Royal sur l’antenne de BFM-TV. Ancienne ministre de l’environnement, Corine Lepage a souligné son profil d’« écologiste légitime ».
« Mission difficile pour François de Rugy, membre éminent de la Macronie », a relevé Yannick Jadot, tête de liste Europe Ecologie-Les Verts (EELV) pour les élections européennes. « Bon courage à lui pour tenter de réussir où Nicolas Hulot, malgré sa notoriété et popularité, a échoué », a réagi la députée européenne Michèle Rivasi, sur Twitter.

#Remaniement #DeRugy nommé ministre de la transition écologique. Bon courage à lui pour tenter de réussir où Nicola… https://t.co/bpnV1NzEHb— MicheleRivasi (@Michèle Rivasi)


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Les ONG dans l’attente
Plus que le profil du nouveau ministre, l’importance d’une prise de conscience écologique est rappelée par les ONG environnementales. « Peu importe le nom du nouveau ministre. Nous jugerons cette nomination sur les actes. La présentation du budget la semaine prochaine permettra de savoir si l’électrochoc de la démission de Nicolas Hulot a ouvert les yeux du gouvernement sur l’urgence de la situation », a expliqué la présidente de la Fondation pour la nature et l’homme, lancée par Nicolas Hulot, Audrey Pulvar.
« La crainte est que sans changement de la part d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe, il y a très peu de chances que François de Rugy fasse mieux que Nicolas Hulot », a déclaré à l’Agence France-Presse le directeur de Greenpeace France, Jean-François Julliard. Un scepticisme partagé par Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) : « Est-ce qu’il aura le poids suffisant pour réussir là où Nicolas Hulot n’a pas réussi, c’est-à-dire à surmonter les oppositions des différents lobbys ? »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ De nouveaux documents révèlent la stratégie d’une compagnie pétrolière canadienne pour préserver ses concessions d’hydrocarbures.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Après l’annonce de la démission de Nicolas Hulot, un anonyme a lancé sur Facebook un appel à « marcher pour le climat », samedi 8 septembre. Des dizaines de milliers de personnes sont inscrites à l’événement.
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Une « marche pour le climat » rencontre un succès inattendu sur Facebook grâce à l’« effet Hulot »

Après l’annonce de la démission de Nicolas Hulot, un anonyme a lancé sur Facebook un appel à « marcher pour le climat », samedi 8 septembre. Des dizaines de milliers de personnes sont inscrites à l’événement.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 18h16
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



   


« Comme beaucoup de monde », mardi 28 août, Maxime Lelong a écouté l’interview de Nicolas Hulot, annonçant sa démission du poste de ministre de la transition écologique et solidaire. « Comme beaucoup de monde », il a été marqué par le sentiment de déréliction exprimé par M. Hulot : « Est-ce que j’ai une société structurée qui descend dans la rue pour défendre la biodiversité ?, avait fait mine d’interroger l’ancien ministre. Est-ce que j’ai une union nationale sur un enjeu qui concerne l’avenir de l’humanité ? »
Nicolas Hulot avait-il raison ? « En cherchant sur les réseaux, je n’ai trouvé aucun événement prévu pour défendre le climat, alors je me suis lancé », explique Maxime Lelong, un entrepreneur de 27 ans qui confie n’avoir jusqu’ici « jamais manifesté ».
Au lendemain de l’annonce de Nicolas Hulot, le jeune homme a lancé sur Facebook un événement au succès inattendu. Son appel à « marcher pour le climat » recueille aujourd’hui plus de 16 000 participants et 80 000 personnes se disent intéressées.

        Notre analyse du
         

          ministère de l’écologie, un « ministère de l’impossible »



« Je me suis dit que s’il y avait bien une raison pour laquelle je devais descendre dans la rue, c’était celle-là », insiste le futur père de famille, qui, à quelques mois de la naissance de son enfant, se pose avec plus d’acuité la question de savoir « quel monde je vais lui laisser ? ».
« Rare engouement »
Initialement prévu le 2 septembre, cette manifestation se déroulera finalement samedi 8 septembre, journée d’action mondiale pour le climat, mobilisant plus de quatre-vingts pays. Face à la viralité de l’événement Facebook, des associations de défense de l’environnement ont contacté le jeune homme pour lui suggérer cette date et l’épauler dans ses démarches. Une dizaine d’associations et d’organisations non gouvernementales (ONG) soutiennent désormais cet appel, dont 350.org, Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), Notre affaire à tous, et WARN ! (We Are Ready Now).
Coutumière des actions militantes, l’association altermondialiste Attac évoque « un rare engouement » – du moins pour l’instant en ligne –, alors que des rassemblements similaires s’annoncent dans plusieurs dizaines de villes, comme Lille, Strasbourg, Bordeaux, Marseille ou Nantes.

        La chronique de notre journaliste environnement :
         

          « La démission fracassante de Nicolas Hulot est venue cristalliser le grand hiatus de cet été meurtrier »



Comment expliquer un tel emballement ? Les organisateurs reviennent à l’unisson sur cet été marqué par une succession de catastrophes liées au dérèglement climatique, « canicule, sécheresse, inondations, feux de forêts ». « Ces alertes répétées ont désormais un impact sur notre vie quotidienne », résume Maxime Lelong.
« Dessaisissement du politique »
Les organisateurs voient surtout dans ce succès viral « un effet Hulot ». Pour Clémence Dubois, responsable des campagnes de l’organisation non gouvernementale 350.org, le discours du ministre démissionnaire a donné « un coup d’accélérateur à cette envie d’action citoyenne ». Une cinquantaine de mouvements consacrés à l’environnement étaient dans les tiroirs depuis plusieurs mois, notamment à l’occasion du sommet mondial sur l’action pour le climat, qui aura lieu en Californie, du 12 au 14 septembre 2018. Mais ils n’avaient pas été médiatisés.
« La démission de Nicolas Hulot est venue clarifier le fait que les politiques libérales, comme celle menée par Emmanuel Macron, sont incompatibles avec l’urgence climatique », abonde Maxime Combes, économiste chargé du dossier climat au sein d’Attac, qui dénonce un « dessaisissement du politique » sur les questions environnementales. « Cette annonce clôt aussi le débat sur l’homme providentiel qui viendrait sauver la planète », poursuit le militant, en évoquant « la nécessité d’instaurer un rapport de force issu de la population civile ».

        Le bilan de la mandature de Nicolas Hulot :
         

          une icône de l’écologie impuissante à imposer un nouveau modèle



Maxime Lelong a d’ailleurs mis un point d’honneur à ce que la mobilisation du 8 septembre reste citoyenne et ne soit pas phagocytée par les associations et les ONG. Ces dernières devraient principalement se contenter d’apporter un soutien logistique en déposant la demande d’autorisation à manifester auprès de la préfecture de police. Pour l’heure, le trajet de ce rassemblement parisien, censé partir de l’hôtel de ville jusqu’à la place de la République, n’a pas encore été validé.
« Nous sommes ravis que ce rassemblement émane de la société civile et que nous ne soyons pas dans un entre-soi associatif », confirme M. Combes, qui prévient toutefois « que les “likes”, nombreux, doivent encore se manifester par une présence dans la rue ». Et de conclure : « Le vrai enjeu est que l’engagement individuel devienne collectif pour donner lieu à des changements concrets. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Dans les coulisses du troisième reportage de notre série « Contaminations ». En novembre 2015, un tsunami de boue toxique s’est déversé dans le Rio Doce, dans l’est du Brésil. Depuis, les habitants tentent de survivre.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ L’économiste Emmanuel Combet expose, dans une tribune au « Monde », les « clés de l’acceptabilité » d’une politique qui concilierait les urgences climatiques, sociales et budgétaires.
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« Refonder un contrat social de transition énergétique »

L’économiste Emmanuel Combet expose, dans une tribune au « Monde », les « clés de l’acceptabilité » d’une politique qui concilierait les urgences climatiques, sociales et budgétaires.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 15h26
    |

Emmanuel Combet (Economiste à l’Agence de développement et de maîtrise de l’énergie/Ademe)







                        



                                


                            
Tribune. Le départ de Nicolas Hulot a posé fortement la question d’une action collective à la hauteur des défis environnementaux : une action qui reflète un projet de société plus que des intérêts particuliers.
Michel Rocard soutenait que la hausse de la fiscalité énergétique engage une réforme d’ensemble des finances publiques et un projet de développement
Le problème soulevé n’est pas technique : on sait comment produire des énergies renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique des équipements, rénover nos bâtiments. La réalisation de ces changements profonds pose surtout des questions de cohérence et de démocratie : comment un projet de société peut-il articuler la préservation de l’environnement avec nos autres priorités – la promotion de l’économie française, la lutte contre le chômage, la pauvreté et les inégalités, le financement de la protection sociale, la maîtrise des déficits ?
Michel Rocard était conscient de la nature réelle de l’enjeu, lorsque, en 2009, il concluait son rapport sur la « contribution climat et énergie » (la taxe carbone) par la formule « les clés de l’acceptabilité ». Il soutenait que la hausse de la fiscalité énergétique – perçue à tort comme une mesure marginale – engage une réforme d’ensemble des finances publiques et un projet de développement ; et qu’en conséquence, les conditions de consensus, de diffusion des connaissances, de décision collective, doivent être prises en charge sérieusement.
Politique contre-productive
La stratégie d’évolution des finances publiques doit être étudiée au regard de l’ensemble des grands enjeux environnementaux, sociaux et économiques du XXIe siècle, en cessant de les opposer. Une délibération générale et pérenne est nécessaire pour identifier les meilleurs compromis, mais aussi pour éviter que les arbitrages principaux ne s’opèrent ailleurs, dans des jeux opaques de lobbying. Il faut poursuivre l’initiative de Nicolas Hulot en donnant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ La mise en œuvre d’une vraie politique environnementale suppose de financer l’adaptation de ceux qui en seront les victimes estime, dans une tribune au « Monde », l’ancien élu écologiste Christian Brodhag.
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« Aidons les perdants de la transition énergétique »

La mise en œuvre d’une vraie politique environnementale suppose de financer l’adaptation de ceux qui en seront les victimes estime, dans une tribune au « Monde », l’ancien élu écologiste Christian Brodhag.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 14h00
    |

Christian Brodhag (Président de « Construction 21 », média social international consacré à la construction et à la ville durables)







                        



                                


                            
Tribune. La canicule mondiale, la prolifération des incendies, les tensions sur les ressources en eau ou l’anticipation des périodes de vendange ont rendu tangible la question du changement climatique auprès de l’opinion publique. De nombreux commentaires dans les médias ont noté l’inévitable augmentation de la température et donc la nécessité de l’adaptation, tout en oubliant l’impérieuse nécessité de diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Comme le disait Nicolas Hulot en annonçant sa démission, on ne peut pas se limiter à des petits pas.
Contrairement à l’idée reçue, il n’y a pas de problème de limite des ressources fossiles. C’est la capacité de l’atmosphère à absorber le CO2 dégagé par leur combustion qui est limitée
L’inertie des phénomènes climatiques fait que, même si l’on cessait d’émettre des gaz à effet de serre aujourd’hui, la température et le niveau des mers augmenteraient. Mais réduire les émissions aujourd’hui limitera les effets et l’importance de ces phénomènes. L’accord de Paris avait pour ambition de limiter cette augmentation à un niveau acceptable de 2 °C, voire 1,5 °C. Nous sommes loin de tenir ce cap.
Dans le même temps, les mêmes médias s’inquiètent de l’impact économique de l’augmentation du prix du pétrole, relayant les plaintes des automobilistes contre les hausses des prix du carburant, mais sans établir de lien avec les changements climatiques. Or, pour rester dans la limite des 2 °C, il ne faudrait consommer qu’un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles d’ici à 2050, selon l’Agence internationale de l’énergie (World Energy Outlook, 2012). Contrairement à l’idée reçue, il n’y a pas de problème de limite des ressources fossiles. C’est la capacité de l’atmosphère à absorber le CO2 dégagé par leur combustion qui est limitée.
Economies « shootées » au pétrole
Maintenir dans le sol les deux tiers des réserves identifiées et économiquement exploitables semble...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ En plus de l’arrivée de l’ancien président de l’Assemblée, en remplacement de Nicolas Hulot, l’ex-nageuse Roxana Maracineanu remplace Laura Flessel aux sports.
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Remaniement : François de Rugy remplace Nicolas Hulot au ministère de la transition écologique

En plus de l’arrivée de l’ancien président de l’Assemblée, en remplacement de Nicolas Hulot, l’ex-nageuse Roxana Maracineanu remplace Laura Flessel aux sports.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 16h16
    |

            Rémi Barroux, 
                                Nabil Wakim et 
Alexandre Lemarié








                        



   


Retour aux sources. François de Rugy a été nommé ministre de la transition écologique, mardi 4 septembre, en remplacement de Nicolas Hulot. Le président de l’Assemblée nationale faisait partie des favoris pour occuper le poste laissé vacant après la démission inattendue de l’ex-animateur d’Ushuaïa, en raison de son engagement de longue date pour la défense de l’environnement. Après plus de vingt-cinq ans de militantisme chez les Verts puis à Europe Ecologie-Les Verts (EELV), sa connaissance de cette thématique semble avoir été un facteur décisif dans le choix de l’exécutif.
Au-delà de son expertise sur des sujets parfois techniques, le député de Loire-Atlantique et ex-coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée a disposé d’un autre atout majeur : depuis son ralliement à la macronie, début 2017, puis son élection aux législatives sous les couleurs de La République en marche (LRM), il demeure le seul écologiste de poids dans la majorité – avec sa collègue Barbara Pompili, elle aussi issue d’EELV et elle aussi convertie au macronisme.

        Lire aussi :
         

                Nicolas Hulot, un ministre perdant de nombreux arbitrages



Son expérience politique a également constitué un gage de solidité aux yeux d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe, qui tranche avec l’image de fragilité de Nicolas Hulot. « Il ne fallait pas recommencer ce qu’on a connu avec Hulot avec un type incontrôlable qui peut claquer la porte au bout de trois mois », résume un député LRM, proche de l’Elysée.
Même s’il affirmait officiellement n’être « candidat à rien », François de Rugy s’était positionné pour remplacer Nicolas Hulot ces derniers jours, en se présentant comme un gage de stabilité sur le long terme. « Je sais d’expérience (…) que c’est sans doute l’un des postes ministériels les plus difficiles », a-t-il écrit sur son compte Facebook le 28 août. Avant de poursuivre : « Il faut faire preuve de détermination, d’engagement mais aussi de persévérance dans le temps. » Comme s’il avait souhaité dresser son autoportrait. Et donner des gages à l’exécutif.
Plus de souplesse, moins de popularité
Mais M. Rugy a aussi donné l’impression de poser ses conditions à l’exécutif, en soulignant sa volonté de s’inscrire dans le temps à ce ministère. Juste après la démission de M. Hulot, il a écrit : « Celui ou celle qui lui succédera à cette difficile responsabilité devra justement avoir pour lui la possibilité d’agir dans la durée. »
En nommant François de Rugy au ministère de l’écologie, l’exécutif fait le choix d’un homme qui devrait se montrer plus souple et davantage enclin à accepter la discipline gouvernementale que son prédécesseur, connu pour son intransigeance dans la défense des enjeux environnementaux. D’autant que l’actuel détenteur du perchoir à l’Assemblée se veut pragmatique et non dogmatique dans ce domaine. « L’écologie, cela ne peut pas être que des grands discours d’analyse, de dénonciation ou même de propositions mais bien de l’action, encore de l’action et toujours de l’action », a souligné le 28 août celui qui se définit comme un « écologiste réformiste ». Il avait d’ailleurs quitté EELV en août 2015, en dénonçant la « dérive gauchiste » de ses camarades.
En revanche, cet élu de 44 ans pâtit d’une principale faiblesse : il ne dispose pas de la même notoriété que Nicolas Hulot. Vu le niveau de popularité de ce dernier, il sera compliqué pour son successeur d’incarner de manière aussi visible la politique écologiste de M. Macron et l’éventuelle volonté de l’exécutif d’ériger les enjeux environnementaux comme une priorité.
Cela n’empêche pas le nouveau ministre de la transition écologique et solidaire d’avoir des convictions bien ancrées. François de Rugy étant un antinucléaire de longue date. Lors de la campagne de la primaire à gauche, début 2017, il défendait une sortie progressive du nucléaire. Depuis son arrivée à la présidence de l’Assemblée, il n’a pas ménagé ses critiques contre EDF et ses dirigeants. En novembre, lorsque Nicolas Hulot annonce que le gouvernement ne tiendra pas l’objectif de 2025 pour réduire la part du nucléaire, François de Rugy dénonce le conservatisme d’EDF.
Aversion pour le modèle actuel d’EDF
Dans les derniers mois, ses critiques se sont faites plus claires : « Ce n’est plus EDF qui fait la politique de l’énergie, répétait-il encore en juillet. Si le patron d’EDF [Jean-Bernard Lévy] veut faire la loi à la place des députés, qu’il se présente aux élections législatives et ensuite on verra ce qu’il en est. » En privé, François de Rugy ne cache pas son aversion pour le modèle actuel de l’entreprise public, dont il devient le ministre de tutelle.
Le ministre devra également gérer le dossier de la fermeture des centrales à charbon, un engagement de campagne d’Emmanuel Macron. La plus grande de France est d’ailleurs située à proximité de sa circonscription, à Cordemais (Loire-Atlantique) et est opérée par EDF.
François De Rugy a toujours revendiqué une approche pragmatique. Le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, incontournable pour un élu nantais, a démontré ses capacités d’adaptation. Historiquement opposé à ce projet, mais peu attiré (et peu apprécié) par les zadistes, il avait tempéré sa position après le résultat du scrutin local organisé à la demande de François Hollande en juin 2016. Alors que le oui au transfert de l’aéroport de Nantes l’emportait avec plus de 55 % des voix, et qu’il avait appelé à voter non, François de Rugy déclarait qu’il fallait « avoir le courage de reconnaître ce résultat : une majorité s’est prononcée ».
Plus tard, rallié alors au macronisme, alors qu’Emmanuel Macron installait une nouvelle commission du dialogue sur l’épineux dossier, François de Rugy, rappelait son opposition « depuis plus de vingt ans » et déclarait, en novembre 2017, quelques semaines avant l’abandon définitif du projet de nouvel aéroport qu’il y avait « encore plus d’arguments qu’hier pour ne pas le faire ».
En entrant au gouvernement, cet ambitieux gravit une nouvelle marche dans son parcours politique, après avoir été adjoint au maire à 27 ans, député à 33 ans, et président de l’Assemblée dix ans plus tard. Une nomination qu’il attendait de longue date.
Après avoir une première fois espéré que l’ex-premier ministre Jean-Marc Ayrault, dont il a été l’adjoint à la mairie de Nantes, ne l’appelle en 2012, il avait vu ses compagnons de route écologistes Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili rejoindre le gouvernement en 2016, sans lui. Le Nantais avait pourtant donné des gages de loyauté à François Hollande en s’affichant comme le premier à quitter EELV en 2015, pour créer le Parti écologiste. Cette fois, son ralliement à Emmanuel Macron lui aura permis de franchir un nouveau cap.

        Lire aussi :
         

                L’écologie, ministère de l’impossible ?




Roxana Maracineanu remplace Laura Flessel comme ministre des sports
La nageuse Roxana Maracineanu, ancienne championne du monde sur le 200 mètres dos et vice-championne olympiques lors des Jeux de Sidney en 2000, a été nommée ministre des Sports en remplacement de Laura Flessel. L’ancienne escrimeuse, nommée ministre en mai 2017, a annoncé son départ plus tôt dans la journée, évoquant des « raisons personnelles ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Sur un an, le panier de matières premières pour l’alimentation animale aurait augmenté de 24 %.
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Avec la sécheresse, les éleveurs anticipent une hausse des coûts de production

Sur un an, le panier de matières premières pour l’alimentation animale aurait augmenté de 24 %.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 11h40
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            
Le prix du lait et de la viande va alimenter les débats de la rentrée agricole. Les éleveurs s’inquiètent alors que la canicule estivale pourrait avoir comme conséquence une hausse des coûts de production. Ils souhaitent que les promesses des Etats généraux de l’alimentation soient tenues.
« Hormis la Bretagne, la majeure partie des régions françaises ont été concernées par la sécheresse cet été », constate Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), syndicat affilié à la FNSEA. L’Alsace et la Lorraine ont été particulièrement touchées. Pour autant, beaucoup d’agriculteurs ont fait face. En particulier ceux qui disposaient de stocks d’aliments pour le bétail. La bonne récolte de maïs en 2017 et la pousse d’herbe abondante à la suite d’un printemps 2018 très pluvieux ont permis d’amortir le choc. D’ailleurs, comme le souligne M. Roquefeuil : « La collecte de lait au mois d’août n’a pas beaucoup baissé, peut-être de 2 à 3 %. »
Mais la question se pose pour la suite. Si les stocks faits pour l’hiver, déjà entamés, ne suffisent pas, il faudra acheter de quoi alimenter le troupeau. Or, la sécheresse qui a touché beaucoup plus fortement les pays du nord de l’Europe, l’Allemagne mais aussi les pays de la mer Noire a réduit leur potentiel de production de céréales. Une situation qui a poussé les feux des cours du blé sur les marchés mondiaux. Mais aussi celui du maïs.
Sourire des céréaliers
La barre des 200 euros la tonne de blé a été franchie fin juillet, soit une progression de près de 20 % depuis le début de l’été. De quoi redonner le sourire aux céréaliers français, qui, eux, ont engrangé une récolte de blé correcte en volume et excellente en qualité. Mais de quoi inquiéter les éleveurs qui anticipent une répercussion de la hausse des cours des matières premières sur le prix de l’alimentation animale. De plus, la sécheresse a contraint des éleveurs à récolter plus vite le maïs, en panne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le photographe Yann Arthus-Bertrand et le président de l’association Respire, Olivier Blond, déplorent l’incapacité des citoyens et militants à peser dans le débat collectif et invitent à un renouvellement profond de l’écologie
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Yann Arthus-Bertrand et Olivier Blond : « La démission de Hulot, c’est notre échec à tous »

Dans une tribune au « Monde », le photographe Yann Arthus-Bertrand et le président de l’association Respire, Olivier Blond, déplorent l’incapacité des citoyens et militants à peser dans le débat collectif et invitent à un renouvellement profond de l’écologie



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 11h46
    |

Yann Arthus-Bertrand (Photographe) et Olivier Blond (Président de l'association Respire)







                        



                                


                            
Tribune. Le départ de Nicolas Hulot est perçu comme l’échec d’un individu face aux lobbys. Mais les histoires de personnes ou d’ego cachent un échec collectif, le nôtre. En fait, la démission est collective, et elle ne date pas d’hier.

En vingt ans, treize ministres de l’environnement se sont succédé. Le départ de Hulot, plus encore que celui de ses prédécesseurs, met en scène un schéma récurrent, celui de l’impuissance d’un individu contre une hydre aux multiples visages : l’administration, le pouvoir et les lobbys. Nicolas Hulot en a fait une affaire personnelle, mais c’est aussi pour cela qu’il devait échouer. Car l’environnement est, évidemment, une affaire commune et c’est ensemble que nous réussirons.
Pas de sauveur suprême
Nicolas Hulot a cru qu’il pouvait, à lui seul, influencer le régime. Mais cette approche personnelle est une impasse. Car pour vaincre les forces hostiles – et elles sont nombreuses et puissantes – aucun individu ne peut réussir seul, fût-il la personnalité politique préférée des Français. En écologie ainsi qu’en de nombreuses autres affaires, il n’est pas de sauveur suprême, comme le dit la chanson.

Peu importe l’éloquence et le charisme face au lobby nucléaire, face au lobby agricole, face au lobby des chasseurs, face au lobby des pollueurs. Ce qui compte, c’est le rapport de force. Or, sur quelles forces pouvait s’appuyer Hulot ? Que représentent les écolos dans les sondages ? Dans les urnes ? Combien de manifestants peuvent-ils réunir ?
Les agriculteurs en colère ou les chasseurs savent se faire craindre du gouvernement. Pas les écologistes. Tout le problème est là. Et nous ! Nous sommes des millions de Français à être plus que concernés par les horreurs qui nous guettent. Notre vie ne mérite-t-elle pas d’être défendue par autant de manifestants que pour la réforme des retraites ou pour les droits des homosexuels ?

La situation est paradoxale : les idées écologistes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Trois ans après la tragédie du fleuve Rio Doce, « rien n’est fait pour empêcher une nouvelle catastrophe environnementale », affirme Nilo Davila, de Greenpeace Brésil.
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Contaminations : au Brésil, le secteur minier au cœur de plusieurs scandales

Trois ans après la tragédie du fleuve Rio Doce, « rien n’est fait pour empêcher une nouvelle catastrophe environnementale », affirme Nilo Davila, de Greenpeace Brésil.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 17h52
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

Les responsables politiques brésiliens sont de grands émotifs. Aussi, lorsque le président, Michel Temer, a apposé, le 12 juin, sa signature sur le décret qui modifie les règles régissant l’activité minière, Vicente Lobo, secrétaire d’Etat chargé des mines, n’a pas retenu ses larmes. Présenté par le gouvernement comme un « accomplissement » et une façon d’« aligner les lois avec la réalité de l’économie contemporaine », en modifiant la distribution des royalties de l’industrie, le texte se veut aussi le moyen de rendre l’exploitation minière au Brésil plus respectueuse de l’environnement. En témoigne l’obligation désormais faite aux industriels de réparer les dommages causés et l’imposition d’une planification de la fermeture de la mine.

Un engagement écologiste étonnant de la part d’un chef d’Etat historiquement impopulaire, davantage réputé pour ses ennuis judiciaires et sa proximité avec l’industrie minière et l’agrobusiness. Mais, à en croire Nilo Davila, responsable des campagnes de l’organisation non gouvernementale Greenpeace au Brésil, le texte n’est rien d’autre qu’« une pluie qui ne mouille pas ». « L’obligation faite aux industriels de réparer les dommages existait déjà dans la loi. Ce qui aurait véritablement été contraignant aurait été d’obliger les sociétés à provisionner des sommes conséquentes en prévision d’accidents. Ce n’est pas le cas », précise-t-il.
« Aucune leçon n’a été apprise »
Près de trois ans après la tragédie du Rio Doce, où la rupture d’un barrage de déchets miniers provoqua un tsunami de boue toxique, tuant 19 personnes, engloutissant des villages et ravageant la faune et la flore sur quelque 650 kilomètres, le défenseur de l’environnement est catégorique : « Rien n’est fait pour empêcher une nouvelle catastrophe environnementale, aucune leçon n’a été apprise. »
L’actualité tend à lui donner raison. Certes moins spectaculaires que la tragédie du Rio Doce,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les économistes Claude Crampes et Stefan Ambec défendent l’existence de ces groupes de pression, qui sont, selon eux, des acteurs légitimes du débat démocratique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/09/2018
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« Les lobbys sont une force de sensibilisation et de mobilisation des citoyens »

Dans une tribune au « Monde », les économistes Claude Crampes et Stefan Ambec défendent l’existence de ces groupes de pression, qui sont, selon eux, des acteurs légitimes du débat démocratique.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 09h47
    |

                            Claude Crampes (Professeur d'économie à la Toulouse School of Economics) et 
                            Stefan Ambec (Directeur de recherche à la Toulouse School of Economics et à l’INRA)








                        



                                


                            

Tribune. La présence d’un lobbyiste des chasseurs à une réunion officielle à l’Elysée aurait été le facteur déclenchant de la décision du ministre de la transition écologique et solidaire de quitter le gouvernement le 28 août. Pour Nicolas Hulot, la présence de lobbyistes dans les cercles du pouvoir pose un problème de démocratie. L’activité des lobbys est-elle vraiment nuisible à la décision publique ?

Un lobby est un groupe de pression qui défend les intérêts particuliers ou communs de certaines parties prenantes dans les décisions publiques : groupement d’entreprises, investisseurs, associations… L’Union européenne répertorie 11 000 lobbyistes à Bruxelles, parmi lesquels des associations d’industriels (comme l’Union des industries chimiques), des syndicats (Force ouvrière), des organisations patronales (Medef) et des ONG (WWF France).
Ce terme a une connotation antidémocratique, car il fait référence aux coulisses du pouvoir : le « hall » (« lobby », en anglais) des Parlements où se nouent des intrigues entre les lobbyistes et les politiques, à l’abri du regard des journalistes et des citoyens. Pourtant, ce n’est qu’une des multiples facettes de leur action qui, au contraire, peut favoriser des prises de décisions plus démocratiques.

Ainsi, le Comité pour l’économie verte, qui siège au sein du ministère de la transition écologique et solidaire, s’appuie sur nombre de lobbyistes pour rendre des avis sur des questions de politiques environnementales. L’intérêt est d’avoir une représentation de toutes les parties prenantes impliquées dans la décision publique.
Dans le groupe de travail sur la régulation des pesticides, les syndicats agricoles et l’union des producteurs de produits phytosanitaires se sont mis autour de la table avec des associations de défense des consommateurs et de l’environnement. Les échanges ont permis de partager des informations importantes pour les décisions à prendre....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Contaminations (3/7). Le 5 novembre 2015, le barrage de Fundao cède. Un tsunami de déchets ensevelit la région, provoquant la plus grande catastrophe écologique du Brésil.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Le 21e typhon de la saison en Asie a touché le sud-ouest de l’île, provoquant la mort d’au moins six personnes et d’importants dégats matériels.
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Le typhon Jebi, le plus puissant à atteindre le Japon « depuis 1993 »

Le 21e typhon de la saison en Asie a touché le sud-ouest de l’archipel, provoquant la mort d’au moins six personnes et d’importants dégats matériels.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 04h06
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 18h29
   





                        



   


Aéroport inondé, véhicules emportés par le vent, vagues gigantesques : le typhon Jebi, qui a balayé mardi 4 septembre l’ouest du Japon, a fait au moins six morts et 170 blessés selon un bilan encore provisoire.
De nombreux habitants ont été appelés à quitter leur logement dans des zones inondables ou susceptibles d’être touchées par des coulées de boue : au total, les autorités ont ainsi recommandé à 1,2 million d’habitants de rejoindre des refuges et 16 000 autres ont reçu l’ordre de partir, même si cette injonction n’est pas contraignante. Plus d’1,4 million de foyers et bâtiments étaient par ailleurs privés d’électricité, ont rapporté les médias.
Jebi, le 21e typhon de la saison en Asie, a touché la préfecture de Tokushima (sud-ouest), sur l’île de Shikoku, a annoncé l’agence nationale de météorologie. Cette dépression (950 hectopascals) est accompagnée de vents très violents, pouvant atteindre en rafales près de 220 km/heure par endroits, dans un très large périmètre.
Le cyclone voyage, en outre, plutôt rapidement, poursuivant sa course dans la direction nord-nord-est à 45 km/heure. Il devrait traverser ensuite la partie ouest de l’île principale, Honshu. Catégorisé comme un typhon « très puissant », il est même considéré comme « le plus puissant depuis 1993 », selon Ryuta Kurora, responsable de l’Agence de météorologie du Japon.
Pétrolier encastré et vols annulés
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Au port d’Aki, dans la préfecture de Kochi. De nombreux typhons balayent régulièrement l’archipel en été mais seuls deux d’entre eux, aussi puissants que Jebi (en 1991 et en 1993), ont déjà touché le Japon."
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            data-slide-description="L’échafaudage d’un bâtiment en cours de démolition s’effondre, à Osaka, dans l’ouest du pays, mardi 4 septembre."
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            data-slide-description="Des conteneurs se sont écroulés dans la zone portuaire d’Osaka, l’une des plus importantes du pays."
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            data-slide-description="Des piétons à Nagoya. De nombreux habitants de zones inondables ou susceptibles d’être touchées par des coulées de boue ont été appelés à quitter leur logement."
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            data-slide-description="Les autorités ont recommandé aux quelque 1,2 million d’habitants de ces zones de rejoindre des refuges et 16 000 autres ont reçu l’ordre de partir, même si cette injonction n’est pas contraignante."
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            data-slide-description="Sur le pont Seto Ohashi, à Sakade, dans la préfecture de Kagawa."
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            data-slide-description="Des panneaux de circulation et des relais de télécommunications ont été abattus par des vents violents à Osaka."
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            data-slide-description="Dans le centre d’Osaka. De nombreuses liaisons ferroviaires ont été suspendues, dont les trains à grande vitesse Shinkansen reliant la ville à Tokyo."
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            data-slide-description="A Osaka. De grands groupes industriels (Toyota, Honda ou encore Panasonic) ont mis à l’arrêt leurs usines et ont demandé à leurs salariés de rester chez eux."
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            data-slide-description="Un pétrolier de 2 591 tonnes s’est encastré sous un pont reliant l’aéroport de Kansai (construit sur une ile artificielle) au continent, à Izumisano, dans l’ouest du Japon."
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            data-slide-description="L’aéroport international de Kansai est en partie inondé. Les compagnies aériennes ont, par précaution, annulé près de 800 vols."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="A Osaka. Il y a un mois et demi, des pluies records dans le Sud-Ouest ont provoqué des inondations inédites et des éboulements qui ont tué quelque 220 personnes. Une étouffante vague de chaleur humide s’est ensuite abattue en juillet, tuant plus de 119 personnes dans le mois tandis que 49 000 autres ont dû être hospitalisées."
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Au port d’Aki, dans la préfecture de Kochi. De nombreux typhons balayent régulièrement l’archipel en été mais seuls deux d’entre eux, aussi puissants que Jebi (en 1991 et en 1993), ont déjà touché le Japon.

Ichiro Sakano / AP
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Dans une mer déchaînée, un pétrolier s’est retrouvé encastré dans le tablier du pont conduisant à l’aéroport international du Kansai. Cet aéroport, construit en mer, a été inondé et fermé après que le sous-sol et les pistes ont été envahis par les eaux, a précisé à l’AFP un responsable du ministère des transports.
Environ 3 000 voyageurs restaient bloqués à l’intérieur dans la soirée. Des vérifications étaient en cours sur le pont endommagé, « mais nous ne savons pas quand nous pourrons reconduire les personnes » sur la terre ferme, selon le ministère.
Des images de télévision montraient des échafaudages et grues de chantier fracassés par le vent, des devantures de magasin arrachées, des toitures envolées, des arbres à terre et poteaux tordus. Sur les routes, des camions et voitures renversés, des feux de signalisation au sol.
Réunion de crise autour de Shinzo Abe
Les compagnies aériennes ont, par précaution, renoncé à plus de 800 vols, et de nombreuses liaisons ferroviaires ont été suspendues, dont les trains à grande vitesse Shinkansen entre Tokyo et Osaka, qui transportent chaque jour des centaines de milliers de passagers.
De grands groupes (Toyota, Honda ou encore Panasonic) ont suspendu la production de leurs usines, des entreprises ont demandé à leurs salariés de rester chez eux, de même que des établissements scolaires à leurs élèves.
Les typhons sont nombreux à balayer régulièrement l’Archipel en été, mais cette année a été particulièrement difficile. Il y a un mois et demi, des pluies record dans le Sud-Ouest ont provoqué des inondations inédites et éboulements terribles qui ont tué quelque 220 personnes.
Le premier ministre, Shinzo Abe, avait convoqué une réunion de crise en prévision de l’arrivée du typhon. Il se trouvait au large, en mer du Japon, dans la soirée mais rafales et pluies intenses devaient durer jusqu’à mercredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ L’ONG Générations futures repose la question des risques chroniques potentiels pour le consommateur exposé à de faibles doses
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/09/2018
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Les deux tiers des résidus de pesticides dans l’alimentation sont des perturbateurs endocriniens potentiels

L’ONG Générations futures repose la question des risques chroniques potentiels pour le consommateur exposé à de faibles doses



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 22h57
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 10h30
    |

            Stéphane Foucart








                        



Près des deux tiers des résidus de pesticides détectés dans l’alimentation européenne sont le fait de molécules suspectées d’être des perturbateurs endocriniens. C’est le principal enseignement d’une enquête, rendue publique mardi 4 septembre par l’organisation non gouvernementale (ONG) Générations futures, menée sur la base du programme de surveillance européen coordonné par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), dont les résultats ont été publiés cet été.
Le constat de l’association est de nature à reposer la question des risques chroniques potentiels pour le consommateur liés à la présence de traces ténues de produits phytosanitaires dans l’alimentation.
Pour l’EFSA, les résidus de pesticides présents dans 96,2 % des échantillons d’aliments testés en 2016 par les Etats membres de l’UE se situent dans les limites légales, c’est-à-dire contenant une concentration de substances actives inférieure aux limites maximales de résidus (LMR). Les risques liés à ces résidus sont donc considérés comme « faibles » par l’EFSA et par la plupart des agences de sécurité sanitaire.
Cependant, Générations futures fait valoir qu’un certain nombre de ces pesticides sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens et sont ainsi susceptibles d’avoir des effets inattendus, à des niveaux d’exposition inférieurs aux valeurs réglementaires.
Effet « cocktail »
En effet, explique l’association dans son rapport, la fixation de limites réglementaires « suppose que les pesticides n’ont pas d’effet en dessous d’un certain seuil ». « Or, les pesticides perturbateurs endocriniens ne répondent pas forcément au principe généralement admis en toxicologie classique selon lequel la dose fait le poison, et que, en dessous d’un certain seuil, il n’y a aucun effet toxique », ajoute l’association.
« Avec les perturbateurs endocriniens, ce n’est pas la dose qui fait le poison mais plutôt la période d’exposition » – le fœtus, le nourrisson, les adolescents ou encore les personnes âgées étant les plus vulnérables.
De fait, le document scientifique de référence sur les perturbateurs endocriniens a été publié en 2015 par l’Endocrine Society – la principale société savante sur les questions d’hormones, qui rassemble dix-huit mille chercheurs et cliniciens internationaux. Il précise qu’il est « impossible d’identifier les seuils d’action d’un perturbateur endocrinien » en raison du fonctionnement particulier du système hormonal.
Un consensus scientifique d’ailleurs repris en France par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) qui, dans son rapport de décembre 2017 sur les perturbateurs endocriniens, précisait que « les recherches de ces dernières années confirment la dissociation entre la dose et l’effet des perturbateurs endocriniens, cumulée avec les effets dits “cocktail”, et remettent en question les raisonnements classiques de la toxicologie ».

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                Quand les consommateurs veulent concilier alimentation et santé



Or, ce sont précisément les principes de la toxicologie classique qui sont aujourd’hui utilisés par les agences réglementaires pour calculer les valeurs d’exposition présumées sûres.
Au total, le programme européen de surveillance coordonné par l’EFSA a recherché 881 molécules différentes dans 84 657 échantillons d’aliments, sur lesquels 109 843 résidus de pesticides ont été quantifiés (350 des 881 molécules ciblées ont été quantifiées au moins une fois). Générations futures a recherché, parmi ces 350 molécules, lesquelles avaient fait l’objet d’au moins une publication scientifique mettant en évidence des effets de perturbation endocrinienne. C’est le cas pour 157 d’entre elles, selon le décompte de l’association. A partir des données de l’EFSA, Générations futures indique que ces 157 molécules sont à l’origine de 69 433 résidus quantifiés, soit 63,21 % du total. Pour François Veillerette, porte-parole de l’association, la conclusion est que « les voies d’exposition par l’alimentation doivent donc absolument être considérées par les autorités ».
 « Malheureusement, nous n’avons pas accès à suffisamment de données pour estimer la proportion d’échantillons sur lesquels on retrouve des pesticides perturbateurs endocriniens. La seule chose que nous pouvons dire, c’est que près des deux tiers des résidus de pesticides quantifiés dans le cadre du programme de surveillance européen sont des perturbateurs endocriniens potentiels et que les voies d’exposition par l’alimentation doivent donc absolument être considérées par les autorités. »
La toxicologie classique bousculée
La toxicologie classique est de plus en plus bousculée par de profonds changements de paradigmes scientifiques. Dans une étude publiée en juin dans la revue Environmental Health Perspectives, une équipe de chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) montrait par exemple que des rongeurs mâles exposés à six pesticides communs, à des doses considérées comme sans effet nocif par les agences réglementaires, développaient des troubles métaboliques évocateurs du diabète : prise de poids doublée par rapport aux animaux non exposés, taux de cholestérol et glycémie à jeun élevés, accumulation de graisse hépatique.
Les perturbateurs endocriniens sont suspectés d’être l’une des causes de l’augmentation de certaines maladies non transmissibles (cancers hormono-dépendants, troubles neuro-comportementaux, infertilité, obésité et diabète, etc.) dans la population générale. La question de leur inclusion – au même titre que les cancérogènes, les mutagènes et les reprotoxiques – dans la réglementation européenne est au cœur d’un long feuilleton bruxellois qui dure depuis près de vingt ans.

        Explications :
         

          Les perturbateurs endocriniens, qu’est-ce que c’est ?







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Causant la mort d’une quinzaine de personnes dans les Antilles françaises, le cyclone avait endommagé, à divers degrés, 95 % du bâti dans les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy.
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L’ouragan Irma, catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire de l’assurance outre-mer

Causant la mort d’une quinzaine de personnes dans les Antilles françaises, le cyclone avait endommagé, à divers degrés, 95 % du bâti dans les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 18h49
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 18h58
   





                        



   


C’est la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire de l’assurance outre-mer. Un an après le passage de l’ouragan Irma dans les Caraïbes, le secteur français de l’assurance a annoncé, lundi 3 septembre, avoir indemnisé pour 1,26 milliard d’euros de dégâts dans les Antilles françaises.
A l’heure actuelle, « 95 % des dommages ont été indemnisés en tout ou partie et 1 260 millions d’euros ont été versés à ce jour par les assureurs, soit 67 % du coût total estimé », a fait savoir la Fédération française de l’assurance (FFA) dans un communiqué.
91 % d’indemnisations pour les hôtels
Le taux d’indemnisations « est de 91 % pour les hôtels, ce qui va soutenir le redémarrage touristique. L’ouverture des marchés de la reconstruction à des artisans extérieurs aux îles a permis d’en accélérer le rythme. Les dommages automobiles sont indemnisés à hauteur de 83 % du coût total estimé », explique encore la fédération.

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En revanche, l’indemnisation des dommages aux habitations reste complexe. « Certains copropriétaires ont abandonné leurs biens, compliquant ainsi la tâche des syndics dans la coordination des travaux de reconstruction », fait savoir la FFA, qui précise que « hors sinistres de copropriétés, le niveau d’indemnisation de l’ensemble des dommages engendrés par Irma est de 73 % du coût total estimé. »
Le 6 septembre 2017, l’ouragan Irma avait dévasté les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Causant la mort d’une quinzaine de personnes — 2 975 morts à Porto Rico —, le cyclone y avait endommagé à divers degrés 95 % du bâti, occasionnant 25 600 sinistres pour un coût total estimé à 1,9 milliard d’euros.

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                Une nouvelle façon de prédire les événements météo extrêmes



Retard des assureurs
A Saint-Martin, les stigmates de l’ouragan Irma sont encore nombreux. Dans ce territoire qui concentre une population aux ressources financières limitées — avec seulement 40 % de propriétaires assurés — et une immigration massive, la reconstruction a été en partie freinée par le retard des assureurs. Un délai notamment lié aux difficultés pour les experts à se rendre dans l’île après Irma, et aux nombreuses contre-expertises déposées par les particuliers.
L’île doit aussi faire face à une gestion problématique des déblais et épaves de voitures. Malgré une campagne de nettoyage, les vestiges d’Irma sont encore présents, liés à la saturation de la décharge et à un manque de civisme. Autre pollution visuelle, la forte proportion de copropriétés à l’abandon, dont les propriétaires, qui avaient investi dans des programmes de défiscalisation, ne se manifestent pas ou se refusent à reconstruire. Ces « dents creuses » constituent aussi un risque en cas de nouvel ouragan, soulignent les autorités.

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                Eleanor : comment les noms des tempêtes et ouragans sont-ils choisis ?







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Le sociologue Cyril Lemieux explique dans une tribune au « Monde » que Nicolas Hulot, par sa démission et, plus encore, par la justification publique qu’il en a donnée, a d’un seul coup ringardisé le chef de l’Etat. Il a brutalement rendu visible que le progressisme macronien ne parvient pas à intégrer la question de la transition écologique.
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Emmanuel Macron, « un conservateur qui s’ignore »

Le sociologue Cyril Lemieux explique dans une tribune au « Monde » que Nicolas Hulot, par sa démission et, plus encore, par la justification publique qu’il en a donnée, a d’un seul coup ringardisé le chef de l’Etat. Il a brutalement rendu visible que le progressisme macronien ne parvient pas à intégrer la question de la transition écologique.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 16h26
    |

Cyril Lemieux (Sociologue, directeur d’études à l’EHESS)







                        



                                


                            

Tribune. Lors de la campagne qui l’a mené au pouvoir, Emmanuel Macron avait diagnostiqué l’obsolescence du clivage gauche/droite et prévu son remplacement inexorable par une nouvelle opposition, en bien meilleure prise selon lui avec la réalité de nos sociétés : celle entre les « progressistes » et la coalition des « conservateurs » de tous bords.
Un an et demi plus tard, la démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre de la transition écologique et solidaire vient mettre à mal cette esquisse de théorie de l’histoire. Pour deux raisons. La première est que les arguments qu’a avancés le ministre démissionnaire pour justifier de quitter son poste reviennent tous à accuser le pouvoir macronien ni plus ni moins de conservatisme.
Loin d’avoir fait du combat pour l’écologie un impératif majeur de son action, loin d’avoir su même y reconnaître l’un des principaux leviers qui permettrait aujourd’hui à la société française et à son économie de se moderniser, ce pouvoir s’est laissé convaincre par l’idée, susurrée à ses oreilles par une armée de lobbyistes, qu’il y avait plus important et plus urgent à faire. Tel est du moins, si on le comprend bien, le constat que Nicolas Hulot a tiré des quinze mois qu’il a passés au gouvernement.
Piégé à son propre jeu
Cela revient à dire que le président de la République s’est piégé à son propre jeu : lui, qui se prétendait le champion toutes catégories des progressistes, se voit maintenant décrit, s’agissant de la lutte pour l’environnement et contre le réchauffement climatique, comme un conservateur qui s’ignore.
Non, bien entendu, qu’il se soit déclaré un opposant ouvert à cette lutte. C’est plutôt qu’on ne l’a vu s’y engager qu’en louvoyant, sans audace autre que verbale et sans vision cohérente, et finalement sans perspective révolutionnaire – semblant avant tout préoccupé, à chaque nouveau petit pas qu’il lui fallait accomplir dans ce domaine-là, par le souci de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Deux études montrent qu’à l’avenir la teneur en nutriments des végétaux cultivés risque de baisser et que les insectes ravageurs se feront plus voraces.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Dans les coulisses du deuxième reportage de notre série « Contaminations » dans ce territoire russe qui fabriquait des armes chimiques de l’URSS.
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