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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Sans être hostile à la proposition des Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron concernant la simplification de la règle sur l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, Fanny Capel, présidente de Sauver les lettres, pense que celle-ci est hors sujet, car il faudrait déjà que les élèves comprennent vraiment ce qu’est un participe passé.
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« Nous n’avons pas le temps nécessaire pour enseigner la grammaire »

Sans être hostile à la proposition des Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron concernant la simplification de la règle sur l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, Fanny Capel, présidente de Sauver les lettres, pense que celle-ci est hors sujet, car il faudrait déjà que les élèves comprennent vraiment ce qu’est un participe passé.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 17h29
    |

            Luc Cédelle








                        



                                


                            

Fanny Capel, professeur de lettres et présidente de l’association Sauver les lettres constate que les élèves, entre le CP et la seconde, ont perdu de nombreuses heures d’enseignement du français et qu’en outre, la grammaire est quasiment inexistante dans la formation des enseignants.
Avez-vous été surprise par cette proposition, venue de Belgique, de réforme de la règle de l’accord du participe passé ?
Fanny Capel.- Je ne suis ni vraiment surprise, ni très concernée. Pour moi, en fait, c’est hors-sujet. Une fois de plus, c’est l’arbre qui cache la forêt, car si l’on veut parler grammaire, alors il faut aborder la question de fond, c’est-à-dire celle des conditions actuelles de son enseignement.
Mais je ne peux pas dire que je serais contre une telle réforme, car c’est une règle qui pose problème non seulement aux élèves mais aux enseignants eux-mêmes. Déjà, une simplification serait la bienvenue, car les exceptions liées aux verbes pronominaux - « ils se sont lavé les mains » ; « les rois qui se sont succédé », etc. - occupent des dizaines de pages dans les traités de grammaire et, honnêtement, personne n’enseigne cela, sauf peut-être dans les filières universitaires en littérature, et encore.

Concernant l’accord du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir, qui varie selon que le complément d’objet direct est placé avant ou après le verbe - « j’ai cueilli les fleurs » ; « les fleurs que j’ai cueillies » -, j’estime que la règle de base fonctionne, qu’elle a sa logique et qu’elle peut être enseignée. Ou plutôt qu’elle pourrait l’être si les conditions en étaient réunies.
Mais ce n’est, hélas, pas le cas et, sur le terrain, on en est même très loin. Si les élèves, au collège et au lycée, comprenaient vraiment ce qu’est un participe passé et cessaient de l’écrire avec une terminaison en « er » (« le professeur est entrer ») ou en « ez » (« les professeurs sont entrez »), ce serait...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La règle, sur laquelle peinent des générations d’élèves, est remise en cause. Et, comme toujours dès lors que l’on touche à la langue, cela dérange.
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Faut-il brûler l’accord du participe passé ?

La règle, sur laquelle peinent des générations d’élèves, est remise en cause. Et, comme toujours dès lors que l’on touche à la langue, cela dérange.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 17h53
   





                        



                                


                            
Faut-il renvoyer aux oubliettes la fameuse règle de l’accord du participe passé avec le verbe avoir, sur laquelle peinent des générations d’élèves ? Anciens professeurs de français, les Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron, se réclamant du soutien des instances linguistiques de la fédération Wallonie-Bruxelles, ont lancé un appel en ce sens (www.participepasse.info).
Ils proposent l’invariabilité du participe avec avoir. Comme toujours dès lors que l’on touche à la langue française, la controverse s’enflamme entre adversaires et défenseurs de la grammaire traditionnelle.
Eliane Viennot : « Pour l’abandon d’une règle incompréhensible et dévastatrice ». Pour la linguiste, historienne française, professeuse émérite de littérature française de la Renaissance à l’université Jean-Monnet-Saint-Etienne, la règle du participe passé avec le verbe avoir est incompréhensible, elle ne sert qu’à distinguer celles et ceux qui la maîtrisent et le temps perdu à l’enseigner est phénoménal, pour un gain à peu près nul.
« Nous n’avons pas le temps nécessaire pour enseigner la grammaire ». Sans être hostile à la proposition des Belges Arnaud Hoedt et Jérôme Pitron concernant la simplification de la règle sur l’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir, Fanny Capel, présidente de Sauver les lettres, pense que celle-ci est hors sujet, car il faudrait déjà que les élèves comprennent vraiment ce qu’est un participe passé.
A lire sur le sujet :
La Belgique va-t-elle simplifier l’accord du participe passé ? En Wallonie, deux professeurs de français proposent, dans une tribune publiée par « Libération », de...



                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ La règle du participe passé avec le verbe avoir est incompréhensible, elle ne sert qu’à distinguer celles et ceux qui la maîtrisent et le temps perdu à l’enseigner est phénoménal, pour un gain à peu près nul, estime la linguiste Eliane Viennot, dans une tribune au « Monde ».
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Eliane Viennot : « Pour l’abandon d’une règle incompréhensible et dévastatrice »

La règle du participe passé avec le verbe avoir est incompréhensible, elle ne sert qu’à distinguer celles et ceux qui la maîtrisent et le temps perdu à l’enseigner est phénoménal, pour un gain à peu près nul, estime la linguiste Eliane Viennot, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 16h29
    |

Éliane Viennot (Linguiste, historienne française, professeuse émérite de littérature française de la Renaissance à l’université Jean-Monnet-Saint-E...







                        



                                


                            

Tribune. Partisane active de l’abandon de la règle qui veut que « le masculin l’emporte sur le féminin », inventée au XVIIe siècle, et que nombre de lettrés ont continué d’ignorer jusqu’à la fin du XIXe siècle, j’évoque immanquablement dans mes conférences et dans mes livres la règle d’accord des participes passés employés avec le verbe « avoir ». Car si les deux sujets sont différents, en ce que cette règle-là traite égalitairement les deux genres, ils ont plusieurs traits en commun.
Le premier est leur introduction récente dans la langue française. Celle de l’accord avec l’objet situé avant l’auxiliaire « avoir » est un peu plus ancienne que l’autre : elle a été théorisée par Clément Marot au XVIe siècle, à son retour d’Italie où il l’avait entendue fonctionner. En italien, en effet, ces accords s’entendent.
Une preuve de chic
En français, ils ne s’entendent plus depuis belle lurette, sauf dans les verbes du 3e groupe – et encore, pas tous (je l’ai pris/prise, il l’a teint/teinte, mais : on ne l’a pas vu/vue). D’où la fantaisie qui prévaut sous la plume des poètes et poétesses de la Renaissance, qui parfois accordent le participe avec son objet (où qu’il soit), parfois avec son sujet, parfois pas.
Ceux que l’idée a emballé (adieu « emballés » !) n’étaient alors qu’une infime minorité, perdus dans l’infime minorité des lettrés de l’époque. Ils n’ont pas cherché à convaincre leur milieu – Marot lui-même n’a écrit qu’un poème sur le sujet ! –, et ils n’imaginaient pas qu’un jour cette preuve de chic serait enseignée à 275 millions de francophones !
Le second point commun est le rôle joué dans ces affaires par l’Académie française (créée par Richelieu en 1635), qui n’a cessé de travailler à renforcer le poids des hommes de lettres. Théorisant que « le genre masculin, étant le plus noble, doit prédominer toutes les fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble »...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’accord du participe passé en français est on ne peut plus logique pour quiconque est de bonne foi et doué de raison, soutient dans une tribune au « Monde » Romain Vignest, professeur de lettres classiques, indigné que l’on s’attaque au logiciel même du français, la grammaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Renoncer à maîtriser la langue, c’est renoncer à penser »

L’accord du participe passé en français est on ne peut plus logique pour quiconque est de bonne foi et doué de raison, soutient dans une tribune au « Monde » Romain Vignest, professeur de lettres classiques, indigné que l’on s’attaque au logiciel même du français, la grammaire.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 16h27
    |

Romain Vignest (Professeur de lettres classiques au collège André-Citroën, à Paris. Président de l'Association des professeurs de lettres)







                        



                                


                            

Tribune. Ceux qui connaissent l’indigence des programmes de français outre-Quiévrain n’ont pas dû être étonnés que de là vienne aussi le vœu de ne plus accorder le participe passé : abandonner la grammaire après la dissertation ou la littérature, c’est dans l’ordre des choses.
Vouloir ériger la démission en modèle linguistique et intellectuel, c’est en revanche d’une outrecuidance dont on espère que les francophones, natifs, seconds ou qui le sont devenus par amour du français et de sa littérature, apprécieront à sa juste valeur. Elle ne devrait pas non plus laisser indifférents tous ceux qui essaient d’élever, d’instituer la jeunesse et qu’on invite aujourd’hui au renoncement et à la facilité.

Les pourfendeurs de l’accord du participe passé, c’est leur principal argument, lui reprochent son excessive complexité, voire son caractère illogique. On pourrait se demander pourquoi ce qui, pendant plusieurs siècles, n’a pas paru compliqué, ou dont la complexité n’a pas paru rédhibitoire, le serait aujourd’hui devenu. Nos enfants sont-ils plus sots ? Le cerveau humain en général, francophone en particulier, a-t-il dégénéré ? Si une règle est moins bien appliquée, n’est-ce pas plutôt parce qu’elle est moins bien comprise, parce qu’elle est moins bien enseignée ? Faut-il mettre la langue en conformité avec les errements d’une pédagogie qui ne l’enseigne plus ?
Complexité et vice
Qu’on prenne la mesure de cette effarante assimilation de la simplicité à une vertu et de la complexité à un vice : il n’est pas meilleure définition d’un processus de démission intellectuelle, car penser, raisonner, abstraire, analyser, synthétiser, articuler des idées est par nature compliqué. C’est avec la langue qu’on pense. Et renoncer à maîtriser la langue, ou la simplifier pour qu’elle soit plus facile à employer, c’est renoncer à penser.
Et si – ce qui reste à prouver et à quoi je ne crois nullement – la tendance des jeunes gens serait à la paresse...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Membre du Conseil national du numérique, Florette Eymenier déplore, dans une tribune au « Monde », l’absence de modèles féminins forts dans les métiers du numérique.
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« Il nous faut encourager la formation de “Digital Queen Bees” »

Membre du Conseil national du numérique, Florette Eymenier déplore, dans une tribune au « Monde », l’absence de modèles féminins forts dans les métiers du numérique.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 14h00
    |

Florette Eymenier (Membre du Conseil national du numérique, chargée de l’inclusion numérique, et présidente et fondatrice de l’organisme de formati...







                        



                                


                            
Tribune. On ne compterait actuellement que 33 % de femmes dans les métiers du numérique, selon les chiffres 2016 de Syntec, la fédération des syndicats professionnels spécialisés dans les professions de l’ingénierie, du numérique, des études et du conseil, de la formation professionnelle et de l’événementiel. Et qui plus est, dans ces 33 %, il existe une surreprésentation dans les fonctions de support comme la communication ou le marketing, au détriment bien évidemment des filières purement technologiques (développement, cybersécurité, intelligence artificielle…).
Ce manque de représentativité entraîne une méconnaissance des nouveaux métiers auxquels cette population peut pourtant légitimement prétendre
Les chiffres apparaissent têtus : les femmes ne sont que 27 % en écoles d’ingénieurs et seulement 9 % à diriger une start-up. La première explication à ce phénomène est l’absence presque totale de modèles féminins forts auxquels s’identifier.
Lorsque l’on regarde le secteur du numérique, quelles sont les femmes suffisamment visibles pour encourager et faire naître des vocations ? Ce manque de représentativité, outre qu’il témoigne de stéréotypes d’un autre temps, entraîne une méconnaissance des nouveaux métiers auxquels cette population peut pourtant légitimement prétendre. Dès lors que l’on constate, auprès de ce public féminin, un manque de notoriété comme d’information sur les carrières possibles, comment voulez-vous que les jeunes filles parviennent à se projeter ?
Le métier de développeur en tension
Quand il s’agit pour les jeunes femmes de choisir une orientation, force est de constater que les opportunités offertes par la transition numérique sont insuffisamment valorisées. Et je ne parle pas là uniquement des métiers de la tech, mais également des compétences numériques, qui interviennent de façon grandissante dans nombre de professions. Les besoins, en l’espèce, sont devenus totalement transversaux.
il faut créer des événements,...



                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ L’économiste Emmanuel Combet expose, dans une tribune au « Monde », les « clés de l’acceptabilité » d’une politique qui concilierait les urgences climatiques, sociales et budgétaires.
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« Refonder un contrat social de transition énergétique »

L’économiste Emmanuel Combet expose, dans une tribune au « Monde », les « clés de l’acceptabilité » d’une politique qui concilierait les urgences climatiques, sociales et budgétaires.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 15h26
    |

Emmanuel Combet (Economiste à l’Agence de développement et de maîtrise de l’énergie/Ademe)







                        



                                


                            
Tribune. Le départ de Nicolas Hulot a posé fortement la question d’une action collective à la hauteur des défis environnementaux : une action qui reflète un projet de société plus que des intérêts particuliers.
Michel Rocard soutenait que la hausse de la fiscalité énergétique engage une réforme d’ensemble des finances publiques et un projet de développement
Le problème soulevé n’est pas technique : on sait comment produire des énergies renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique des équipements, rénover nos bâtiments. La réalisation de ces changements profonds pose surtout des questions de cohérence et de démocratie : comment un projet de société peut-il articuler la préservation de l’environnement avec nos autres priorités – la promotion de l’économie française, la lutte contre le chômage, la pauvreté et les inégalités, le financement de la protection sociale, la maîtrise des déficits ?
Michel Rocard était conscient de la nature réelle de l’enjeu, lorsque, en 2009, il concluait son rapport sur la « contribution climat et énergie » (la taxe carbone) par la formule « les clés de l’acceptabilité ». Il soutenait que la hausse de la fiscalité énergétique – perçue à tort comme une mesure marginale – engage une réforme d’ensemble des finances publiques et un projet de développement ; et qu’en conséquence, les conditions de consensus, de diffusion des connaissances, de décision collective, doivent être prises en charge sérieusement.
Politique contre-productive
La stratégie d’évolution des finances publiques doit être étudiée au regard de l’ensemble des grands enjeux environnementaux, sociaux et économiques du XXIe siècle, en cessant de les opposer. Une délibération générale et pérenne est nécessaire pour identifier les meilleurs compromis, mais aussi pour éviter que les arbitrages principaux ne s’opèrent ailleurs, dans des jeux opaques de lobbying. Il faut poursuivre l’initiative de Nicolas Hulot en donnant...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-7">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ La mise en œuvre d’une vraie politique environnementale suppose de financer l’adaptation de ceux qui en seront les victimes estime, dans une tribune au « Monde », l’ancien élu écologiste Christian Brodhag.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Aidons les perdants de la transition énergétique »

La mise en œuvre d’une vraie politique environnementale suppose de financer l’adaptation de ceux qui en seront les victimes estime, dans une tribune au « Monde », l’ancien élu écologiste Christian Brodhag.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 14h00
    |

Christian Brodhag (Président de « Construction 21 », média social international consacré à la construction et à la ville durables)







                        



                                


                            
Tribune. La canicule mondiale, la prolifération des incendies, les tensions sur les ressources en eau ou l’anticipation des périodes de vendange ont rendu tangible la question du changement climatique auprès de l’opinion publique. De nombreux commentaires dans les médias ont noté l’inévitable augmentation de la température et donc la nécessité de l’adaptation, tout en oubliant l’impérieuse nécessité de diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Comme le disait Nicolas Hulot en annonçant sa démission, on ne peut pas se limiter à des petits pas.
Contrairement à l’idée reçue, il n’y a pas de problème de limite des ressources fossiles. C’est la capacité de l’atmosphère à absorber le CO2 dégagé par leur combustion qui est limitée
L’inertie des phénomènes climatiques fait que, même si l’on cessait d’émettre des gaz à effet de serre aujourd’hui, la température et le niveau des mers augmenteraient. Mais réduire les émissions aujourd’hui limitera les effets et l’importance de ces phénomènes. L’accord de Paris avait pour ambition de limiter cette augmentation à un niveau acceptable de 2 °C, voire 1,5 °C. Nous sommes loin de tenir ce cap.
Dans le même temps, les mêmes médias s’inquiètent de l’impact économique de l’augmentation du prix du pétrole, relayant les plaintes des automobilistes contre les hausses des prix du carburant, mais sans établir de lien avec les changements climatiques. Or, pour rester dans la limite des 2 °C, il ne faudrait consommer qu’un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles d’ici à 2050, selon l’Agence internationale de l’énergie (World Energy Outlook, 2012). Contrairement à l’idée reçue, il n’y a pas de problème de limite des ressources fossiles. C’est la capacité de l’atmosphère à absorber le CO2 dégagé par leur combustion qui est limitée.
Economies « shootées » au pétrole
Maintenir dans le sol les deux tiers des réserves identifiées et économiquement exploitables semble...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-8">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans cette chronique, l’informaticien Gilles Dowek moque la proposition de loi, votée en juin par le Parlement, interdisant à la rentrée scolaire les téléphones portables dans les établissements.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« Interdisons aussi les stylos dans les écoles et collèges »

Dans cette chronique, l’informaticien Gilles Dowek moque la proposition de loi, votée en juin par le Parlement, interdisant à la rentrée scolaire les téléphones portables dans les établissements.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 12h04
    |

Gilles Dowek (Chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), enseignant à l’Ecole normale supérieure de Pa...







                        



                                


                            
Transformations. Si votre métier consiste à écrire des articles, des rapports, des courriers, des ­romans, des comptes rendus de réunion, des bons de commande, des poèmes, des scénarios, des factures, des chroniques, des feuilles d’exercice, des lois… vous pouvez comparer le nombre de signes que, en une année, vous avez écrits avec un stylo et avec un logiciel de traitement de texte.
Une telle comparaison attire notre ­attention sur une transformation profonde de nos techniques d’écriture : quand nous imaginons, aujourd’hui, une personne en train d’écrire, nous devons nous la représenter assise à un ­bureau sur lequel sont posés un écran et un clavier, allongée sur un canapé, un ordinateur portable sur les genoux, au café, penchée vers l’écran d’une tablette… et non, comme le Voltaire des ­anciens billets de 10 francs, avec une plume d’oie à la main.

Il existe cependant une exception. Les écoliers, les collégiens et les lycéens écrivent toujours avec un stylo sur une feuille de papier quadrillée, et leurs trousses ­contiennent, pour cela, des objets techniques sophistiqués : cartouches d’encre, stylos correcteurs au bisulfite de sodium, flacons de correcteur liquide… dont ceux qui ne sont ni élèves, ni enseignants, ni parents, ne soupçonnent qu’ils existent encore.
Exception fâcheuse
Pourquoi cette exception est-elle fâcheuse ? Parce que les compétences nécessaires pour écrire un texte avec un logiciel de traitement de texte et avec un stylo sont différentes et parce que, en enseignant aux élèves à écrire avec un stylo plutôt qu’avec un ­logiciel de traitement de texte, nous ne leur enseignons pas les compétences dont ils auront ­besoin dans leur vie professionnelle et personnelle. Pour y remédier, les enseignants devraient encourager leurs élèves à écrire plus avec un logiciel de traitement de texte et moins avec un stylo.
Si les députés tenaient absolument à voter une loi, ils auraient pu apporter leur pierre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. L’offensive sur l’ultime poche de résistance au régime syrien ne symbolise pas seulement la dernière bataille d’un conflit meurtrier. Elle est aussi la première crise d’un après-guerre dominé par Moscou.
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Syrie : Moscou face à la poudrière d’Idlib

Editorial. L’offensive sur l’ultime poche de résistance au régime syrien ne symbolise pas seulement la dernière bataille d’un conflit meurtrier. Elle est aussi la première crise d’un après-guerre dominé par Moscou.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 11h58
   





                        


Editorial du « Monde ». Méthodiquement depuis deux ans, le régime syrien, avec l’appui crucial de ses alliés russes et iraniens, a repris toutes les poches de résistance du pays, les unes après les autres. Il n’en reste plus qu’une : Idlib, dans le nord-ouest du pays, où vivent trois millions de civils, dont un million de personnes déplacées. L’offensive sur Idlib, dernier acte de cette reconquête, passe aujourd’hui pour inéluctable. Les troupes se massent, les déclarations se musclent, mais l’importance de ce qui se joue dans cette enclave va au-delà d’un simple remodelage des lignes de front. Idlib ne symbolise pas seulement la dernière bataille d’un conflit terriblement meurtrier, mais déjà la première crise d’un après-guerre dominé par Moscou.

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                Syrie : en attendant l’offensive, Idlib vit dans la peur



La mise en garde lancée sur Twitter, tard lundi 3 septembre, par le président Donald Trump au président Bachar Al-Assad, ainsi qu’aux Russes et aux Iraniens, contre « la grave erreur humanitaire » que constituerait un assaut sur Idlib ne doit en effet tromper personne : les Etats-Unis, de moins en moins intéressés par la Syrie, ne bougeront pas. Les menaces occidentales se limitent aujourd’hui à celles de frappes en cas de recours à l’arme chimique.

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C’est donc le président Vladimir Poutine qui détient les cartes maîtresses. Il a le pouvoir de lancer une offensive de grande ampleur ou, au contraire, de limiter l’avancée des forces prorégime aux marges de l’enclave. De lui dépend la décision qui déclenchera un chaos de grande ampleur ou une guerre d’usure.
Car Idlib est devenue une poudrière. Les djihadistes d’Hayat Tahrir Al-Cham, une coalition issue d’Al-Qaida, y constituent la force dominante. De nombreux combattants de groupes d’opposition chassés des autres régions s’y sont retirés et se mêlent à la population civile. Une opération de grande ampleur pourrait se traduire par un exode massif que la Turquie voisine entend éviter à tout prix.
Le scénario du chaos
Les forces turques se sont révélées inaptes à isoler les éléments les plus radicaux d’Idlib, légitimant ainsi les pressions russes. Les groupes proturcs ne rassemblent qu’une minorité des combattants d’Idlib et une position plus offensive d’Ankara contre les djihadistes pourrait se traduire par des attentats sur le sol turc. Ainsi prise au piège de sa relation avec Moscou, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan n’aurait d’autre choix pour préserver le statu quo que de se soumettre aux termes dictés par son par­tenaire russe dans la définition des grands équilibres de l’après-guerre. Cette défi­nition sera au cœur du sommet qui doit réunir, le 7 septembre à Téhéran, les présidents russe, turc et iranien.

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                Syrie : les Occidentaux en sont réduits à tenter d’éviter « un bain de sang » à Idlib



L’Europe, elle, est directement concernée par le scénario du chaos à Idlib, peu onéreux pour Moscou mais aux conséquences humanitaires inévitablement tragiques. L’exode des habitants d’Idlib ne pourrait pas être contenu par une Turquie qui abrite déjà trois millions de réfugiés syriens : c’est alors la menace d’une nouvelle crise migratoire qui pèserait sur notre continent, à la veille des élections au Parlement européen.
Le constat est simple. Les Etats-Unis se retirent, la Russie est en position d’arbitre régional. M. Poutine attend des Européens qu’ils financent la reconstruction d’une Syrie exsangue à la tête de laquelle il a rétabli Bachar Al-Assad, celui-là même qui a massacré son peuple. Les Européens ont là un levier financier : il leur incombe de s’en servir pour éviter ce scénario, et pour exiger une transition politique à Damas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le photographe Yann Arthus-Bertrand et le président de l’association Respire, Olivier Blond, déplorent l’incapacité des citoyens et militants à peser dans le débat collectif et invitent à un renouvellement profond de l’écologie
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Yann Arthus-Bertrand et Olivier Blond : « La démission de Hulot, c’est notre échec à tous »

Dans une tribune au « Monde », le photographe Yann Arthus-Bertrand et le président de l’association Respire, Olivier Blond, déplorent l’incapacité des citoyens et militants à peser dans le débat collectif et invitent à un renouvellement profond de l’écologie



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 11h46
    |

Yann Arthus-Bertrand (Photographe) et Olivier Blond (Président de l'association Respire)







                        



                                


                            
Tribune. Le départ de Nicolas Hulot est perçu comme l’échec d’un individu face aux lobbys. Mais les histoires de personnes ou d’ego cachent un échec collectif, le nôtre. En fait, la démission est collective, et elle ne date pas d’hier.

En vingt ans, treize ministres de l’environnement se sont succédé. Le départ de Hulot, plus encore que celui de ses prédécesseurs, met en scène un schéma récurrent, celui de l’impuissance d’un individu contre une hydre aux multiples visages : l’administration, le pouvoir et les lobbys. Nicolas Hulot en a fait une affaire personnelle, mais c’est aussi pour cela qu’il devait échouer. Car l’environnement est, évidemment, une affaire commune et c’est ensemble que nous réussirons.
Pas de sauveur suprême
Nicolas Hulot a cru qu’il pouvait, à lui seul, influencer le régime. Mais cette approche personnelle est une impasse. Car pour vaincre les forces hostiles – et elles sont nombreuses et puissantes – aucun individu ne peut réussir seul, fût-il la personnalité politique préférée des Français. En écologie ainsi qu’en de nombreuses autres affaires, il n’est pas de sauveur suprême, comme le dit la chanson.

Peu importe l’éloquence et le charisme face au lobby nucléaire, face au lobby agricole, face au lobby des chasseurs, face au lobby des pollueurs. Ce qui compte, c’est le rapport de force. Or, sur quelles forces pouvait s’appuyer Hulot ? Que représentent les écolos dans les sondages ? Dans les urnes ? Combien de manifestants peuvent-ils réunir ?
Les agriculteurs en colère ou les chasseurs savent se faire craindre du gouvernement. Pas les écologistes. Tout le problème est là. Et nous ! Nous sommes des millions de Français à être plus que concernés par les horreurs qui nous guettent. Notre vie ne mérite-t-elle pas d’être défendue par autant de manifestants que pour la réforme des retraites ou pour les droits des homosexuels ?

La situation est paradoxale : les idées écologistes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les économistes Claude Crampes et Stefan Ambec défendent l’existence de ces groupes de pression, qui sont, selon eux, des acteurs légitimes du débat démocratique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/09/2018
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« Les lobbys sont une force de sensibilisation et de mobilisation des citoyens »

Dans une tribune au « Monde », les économistes Claude Crampes et Stefan Ambec défendent l’existence de ces groupes de pression, qui sont, selon eux, des acteurs légitimes du débat démocratique.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 09h47
    |

                            Claude Crampes (Professeur d'économie à la Toulouse School of Economics) et 
                            Stefan Ambec (Directeur de recherche à la Toulouse School of Economics et à l’INRA)








                        



                                


                            

Tribune. La présence d’un lobbyiste des chasseurs à une réunion officielle à l’Elysée aurait été le facteur déclenchant de la décision du ministre de la transition écologique et solidaire de quitter le gouvernement le 28 août. Pour Nicolas Hulot, la présence de lobbyistes dans les cercles du pouvoir pose un problème de démocratie. L’activité des lobbys est-elle vraiment nuisible à la décision publique ?

Un lobby est un groupe de pression qui défend les intérêts particuliers ou communs de certaines parties prenantes dans les décisions publiques : groupement d’entreprises, investisseurs, associations… L’Union européenne répertorie 11 000 lobbyistes à Bruxelles, parmi lesquels des associations d’industriels (comme l’Union des industries chimiques), des syndicats (Force ouvrière), des organisations patronales (Medef) et des ONG (WWF France).
Ce terme a une connotation antidémocratique, car il fait référence aux coulisses du pouvoir : le « hall » (« lobby », en anglais) des Parlements où se nouent des intrigues entre les lobbyistes et les politiques, à l’abri du regard des journalistes et des citoyens. Pourtant, ce n’est qu’une des multiples facettes de leur action qui, au contraire, peut favoriser des prises de décisions plus démocratiques.

Ainsi, le Comité pour l’économie verte, qui siège au sein du ministère de la transition écologique et solidaire, s’appuie sur nombre de lobbyistes pour rendre des avis sur des questions de politiques environnementales. L’intérêt est d’avoir une représentation de toutes les parties prenantes impliquées dans la décision publique.
Dans le groupe de travail sur la régulation des pesticides, les syndicats agricoles et l’union des producteurs de produits phytosanitaires se sont mis autour de la table avec des associations de défense des consommateurs et de l’environnement. Les échanges ont permis de partager des informations importantes pour les décisions à prendre....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », observe que l’ancien président savoure, à l’évidence, sa revanche sur celui qui l’avait poussé vers la sortie et qui connaît aujourd’hui une rentrée bien difficile.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/09/2018
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« On ne sait si Hollande nourrit l’espoir de revenir au premier plan, mais il sera, pour Macron, un impitoyable censeur »

Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », observe que l’ancien président savoure, à l’évidence, sa revanche sur celui qui l’avait poussé vers la sortie et qui connaît aujourd’hui une rentrée bien difficile.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 12h13
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Après un été pourri par l’affaire Benalla, c’est une rentrée empoisonnée que subit le président de la République Emmanuel Macron. En son temps, Jacques Chirac avait, pour définir ce genre de situation, une formule dont la trivialité n’enlève rien à la sagacité : « Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille. »
Il y a deux semaines à peine, de retour de vacances, le chef de l’Etat avait fixé au gouvernement un ordre du jour vigoureux : « Rien ne doit nous faire dévier de la stratégie qui a été décidée par les Français », « la transformation » du pays doit être poursuivie avec « cohérence et intensité ». Or, en quelques jours, tout semble s’être conjugué pour le placer sur la défensive, à contretemps et à contre-emploi.
Le coup de tonnerre Hulot
Tout a été dit de la démission fracassante, mardi 28 août, de Nicolas Hulot. L’ancien ministre de la transition écologique et solidaire ne s’est pas contenté d’infliger un camouflet à celui qui l’avait convaincu, quinze mois plus tôt, de mettre sa notoriété et son talent au service de l’action gouvernementale. Il y a ajouté un réquisitoire navré mais cinglant contre la pusillanimité de l’Etat face aux défis climatiques et environnementaux, allant jusqu’à évoquer l’hypothèse que le volontarisme présidentiel affiché en la matière relève de la « mystification ».
Ce coup de tonnerre n’a pas éclaté dans un ciel serein. Au fil de l’été, en effet, les nuages se sont accumulés à l’horizon économique – sans même parler de l’horizon européen et international.
Le rebond de l’économie française en 2017 – soit + 2,3 % de progression du produit intérieur brut (PIB) – dessinait des perspectives stimulantes : activité soutenue, décrue du chômage, réduction du déficit public, budget confortable. Il n’en est rien. La croissance devrait retomber à + 1,7 % cette année et ne devrait pas faire mieux en 2019.
Dissonances
Le gouvernement avait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Tout-puissant à Pékin, le dirigeant chinois fait profil bas sur la scène internationale pour tenter d’apaiser les craintes sur son projet de « nouvelles routes de la soie ».
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Xi Jinping, leader intraitable en interne, souple à l’international

Tout-puissant à Pékin, le dirigeant chinois fait profil bas sur la scène internationale pour tenter d’apaiser les craintes sur son projet de « nouvelles routes de la soie ».



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 05h15
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 11h17
    |

            Frédéric Lemaître (Hongkong, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Analyse. Réception grandiose de 53 dirigeants africains les lundi et mardi 3 et 4 septembre à Pékin, possible présence à Pyongyang, dimanche 9 septembre, à l’occasion des 70 ans de la Corée du Nord : le président chinois Xi Jinping multiplie les initiatives. Mais sa rentrée internationale a lieu dans un contexte délicat. Moins présent cet été à la « une » du Quotidien du peuple, pris de court par la guerre commerciale avec les Etats-Unis, « extrêmement fatigué », selon plusieurs interlocuteurs occidentaux…
En raison de l’opacité qui entoure le pouvoir chinois, il n’en fallait pas davantage pour que certains spéculent cet été sur les « difficultés » que rencontrerait M. Xi, également tout-puissant secrétaire général du Parti communiste.
A tort, apparemment. Contrairement à ce qu’affirmaient certaines rumeurs, rien ne permet d’affirmer que le séminaire de rentrée auquel participent chaque année à la mi-août les dirigeants chinois, à Beidaihe, et qui donne lieu à d’intenses spéculations parmi les observateurs, se soit mal passé pour Xi Jinping. Moins de deux semaines plus tard, celui-ci a fait passer un message on ne peut plus clair aux 88 millions de membres du parti : silence dans les rangs.

Dimanche 26 août, la très redoutée Commission centrale de l’inspection disciplinaire du Parti communiste chinois (PCC) a en effet publié une directive, rappelant ou actualisant pas moins de 142 dispositions que les membres du PCC sont tenus de respecter. Interdiction leur est notamment faite de « propager des rumeurs ou de nuire à l’unité du parti ». Les membres du parti n’ont donc pas non plus le droit d’exprimer leur désaccord sur les décisions prises.
Reprise en main générale
La liberté religieuse, officiellement reconnue en Chine, s’arrête aux portes du PCC. La directive insiste sur la laïcité que doivent respecter ses membres : « Il faut renforcer l’éducation idéologique pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ L’attaquant de Marseille, souvent moqué, a été l’un des grands artisans de la victoire obtenue à Monaco. Le Grec mérite mieux que la caricature qu’on en fait, estime notre journaliste Maxime Goldbaum.
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Ligue 1 : Ne tirez plus sur Kostas Mitroglou

L’attaquant de Marseille, souvent moqué, a été l’un des grands artisans de la victoire obtenue à Monaco. Le Grec mérite mieux que la caricature qu’on en fait, estime notre journaliste Maxime Goldbaum.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 18h21
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 19h09
    |

            Maxime Goldbaum








                        



   


Chronique. Ne postulez plus pour le poste de « grantatakan » à l’Olympique de Marseille, Kostas Mitroglou a accepté le job et ajouté quelques alinéas dans son contrat. Souvent critiqué, voire moqué, depuis son arrivée la saison passée, lors des dernières minutes du mercato, l’attaquant grec a prouvé pendant le match victorieux de l’OM à Monaco (3-2) qu’il pouvait être l’avant-centre requis pour permettre à son équipe de décrocher le Graal, à savoir la deuxième place du championnat de Ligue 1 derrière le Paris-Saint-Germain.
Dimanche, il a été, pour sa première titularisation de la saison, l’un des grands artisans de la victoire olympienne à Monaco, lors de l’affiche de la quatrième journée. Un double événement : les Marseillais ne s’étaient pas imposés sur le Rocher depuis 2010 et n’avaient battu aucun des trois cadors de L1 (PSG, Monaco et Lyon) depuis trois saisons.
Omniprésent en première période, précis et utile dans le jeu dos au but, affûté physiquement, se procurant plusieurs occasions, Mitroglou a logiquement ouvert le score de la tête, son point fort, juste avant la pause. L’ancien de Benfica a battu par la même occasion un record personnel sous le maillot de l’OM, en terminant la rencontre avec 40 ballons touchés, 1 but marqué pour 5 tirs, dont 3 cadrés. Le Grec a sans doute effectué sa meilleure prestation depuis son arrivée à l’OM, dans la continuité d’une fin de saison plutôt réussie.
« Brandao en moins bon »
Lors de sa première année sur la Canebière, Mitroglou a inscrit 13 buts, dont 9 en championnat pour 19 matchs disputés. Un ratio qui n’a rien d’affolant, mais loin d’être infamant. S’il ne sera jamais l’attaquant fuoriclasse rêvé par les supporteurs phocéens, il peut largement être celui qui inscrira une quinzaine de buts en championnat de France, au sein d’une équipe qui compte plusieurs joueurs capables de se muer en buteurs.
Oui, mais voilà, Mitroglou traîne comme un boulet son arrivée « sur le gong » lors du mercato 2017. Le transfuge de Benfica est alors présenté comme un « achat panique », pour une somme (estimée à 27 millions d’euros avec bonus) sans doute supérieure aux prix du marché. Ses premières prestations insipides font le bonheur des réseaux sociaux, chauffés à blanc par certains consultants qui moquent très vite son inefficacité devant le but, mais aussi sa gestuelle, peu académique, faisant fi de ses deux précédentes bonnes saisons au Benfica Lisbonne (36 buts marqués dans le championnat portugais).
« Mitroglou ? C’est juste pas possible, c’est Brandao en moins bon. C’est un joueur de quatrième division de district […]. Il a signé pour quatre ans Mitroglou ? Ils ont payé 15 millions d’euros pour 50 % du joueur ? C’est pour ça, ils ont eu 50 % du joueur. Il fallait le dire dès le départ, ils ont pris le pied droit alors qu’il est gaucher », avait lancé la saison dernière Christophe Dugarry, consultant pour RMC.
Une analyse à l’emporte-pièce quand on sait que le Grec avait tout juste débarqué et que certains joueurs, attaquants de surcroît, peuvent mettre un certain temps à s’adapter au contexte marseillais. Jean-Pierre Papin, en provenance de Bruges, avait bien été surnommé « J’en peux plus » lors de ses débuts à l’été 1986, avant de devenir l’idole du Vélodrome. André-Pierre Gignac peut aussi en témoigner, moqué pendant deux saisons pour son léger embonpoint et son goût prononcé pour les fast-foods. Aujourd’hui, les supporteurs évoquent son souvenir avec des trémolos dans la voix.
Aile de pigeon
Bien campé dans ses certitudes, Stéphane Guy, commentateur sur Canal+, spécialiste es ricanements, pourfendeur en chef de Mitroglou, a ainsi qualifié, lors du match face à Monaco, de « remise peu académique » l’aile de pigeon réussie par le Grec à la réception d’une passe de 80 mètres. Un geste technique assez complexe à réaliser (n’essayez pas ça chez vous) et qui aurait sans nul doute déclenché un orgasme verbal du commentateur si Mitroglou avait été Brésilien.
Après avoir tenté jusqu’aux ultimes moments du mercato de rapatrier Mario Balotelli de Nice, les dirigeants phocéens ont finalement investi le pactole amassé par la vente de Zambo Anguissa à Fulham (30 millions d’euros) sur un autre milieu de terrain, le Néerlandais Strootman. « On a Mitroglou et Germain en pointe, ce qui nous a permis de mettre 122 buts toutes compétitions confondues. Si on reproduit ça, on sera sur le podium. On a besoin d’un milieu et pas d’un attaquant », avait assuré aux journalistes l’entraîneur de l’OM, Rudi Garcia, à la fin du mois d’août.
Avec ces deux seuls attaquants de pointe dans son effectif, le technicien aura sans doute du mal à rendre son équipe compétitive sur la durée, et dans toutes les compétitions qui figurent au programme de l’OM cette saison. Le propriétaire du club, Franck McCourt, devra sans doute sortir à nouveau son chéquier si son équipe venait à se qualifier pour la prochaine Ligue des champions. Mais en attendant, Kostas Mitroglou a toutes les compétences requises pour permettre à l’OM de franchir ce palier.



                            


                        

                        


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<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Anders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l’OTAN et ex-premier ministre danois explique, dans une tribune au « Monde », que le Japon et la France sont en mesure de renforcer le multilatéralisme face à la montée du courant antilibéral dans le monde.
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France-Japon : « De nombreuses convergences d’intérêts sur les questions géostratégiques »

Anders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l’OTAN et ex-premier ministre danois explique, dans une tribune au « Monde », que le Japon et la France sont en mesure de renforcer le multilatéralisme face à la montée du courant antilibéral dans le monde.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 17h59
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03.09.2018 à 19h33
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Anders Fogh Rasmussen (Président fondateur de Rasmussen Global, ancien premier ministre danois (2001-2009), secrétaire général de l'OTAN de 2009 à ...







                        



                                


                            

Tribune. La signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Japon, le 17 juillet, marque une nouvelle étape dans leur relation toujours plus étroite. Couvrant près de 30 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, l’accord soutient, rien qu’en France, plus de 87 000 emplois concernés par les exportations vers le Japon.
Alors que les Etats-Unis, le principal partenaire économique du Japon et de l’UE, est engagé dans une guerre commerciale, ce traité de libre-échange est un signal fort en faveur de l’ouverture et de l’intégration entre les grandes économies, même dans des secteurs sensibles et concurrentiels.

Pour le président Macron, c’est aussi l’occasion de défendre avec l’unique puissance asiatique membre du G7 un système multilatéral mis sous pression. Bien que le premier ministre Abe ait dû annuler sa visite d’Etat en France à cause d’importantes inondations au Japon, l’invitation avait une haute valeur symbolique puisque les deux dirigeants auraient assisté ensemble à la parade militaire du 14 Juillet.
Création de nouvelles normes communes
Concrètement, le but premier de ce traité de libre-échange est de supprimer la grande majorité des droits de douane entre les deux entités économiques. Mais il inaugure aussi la création de nouvelles normes communes, notamment pour l’échange des données numériques. Loin d’être une question technique, l’échange de ces données est au cœur du commerce international d’aujourd’hui et de demain, tant pour les produits à l’export que pour les services. L’Europe et le Japon créent ainsi des standards globaux sur lesquels les autres pays devront ensuite s’aligner.
Au-delà des aspects purement commerciaux, Paris et Tokyo ont de nombreuses convergences d’intérêts sur les questions géostratégiques, notamment en ce qui concerne la stabilité de la région indo-pacifique.
Deux des plus grands défis de la région, l’expansionnisme chinois en mer de Chine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le cas Heineken, raconté par le journaliste néerlandais Olivier van Beemen, illustre ce dilemme auxquels sont confrontés de grands groupes dans des pays où ils doivent doser leur niveau de compromission avec les présidences pour bénéficier de retours sur investissement parmi les plus élevés de la planète.
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Enquête sur le marché de la bière en Afrique

Le cas Heineken, raconté par le journaliste néerlandais Olivier van Beemen, illustre ce dilemme auxquels sont confrontés de grands groupes dans des pays où ils doivent doser leur niveau de compromission avec les présidences pour bénéficier de retours sur investissement parmi les plus élevés de la planète.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 16h31
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04.09.2018 à 12h09
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            Joan Tilouine








                        



                                


                            

Livre. C’est la version non autorisée de la saga africaine d’un géant de la bière. Une histoire industrielle extraordinaire qui a accompagné les soubresauts politiques et la folie meurtrière ou corruptive qui enivre toujours certains régimes africains. Pour prospérer dans des environnements complexes mais rentables et prometteurs, il arrive aux multinationales occidentales de composer ou de pactiser avec ces pouvoirs, par pragmatisme ou par cynisme.
Le cas Heineken, raconté par le journaliste néerlandais Olivier van Beemen, illustre à merveille ce dilemme auxquels sont confrontés de grands groupes souvent créateurs d’emplois et d’infrastructures dans des pays où ils doivent doser leur niveau de compromission avec les présidences. En échange, les retours sur investissement sont parmi les plus élevés de la planète.
La moitié de son chiffre d’affaires
« En Afrique, la bière rapporte près de 50 % de plus qu’ailleurs, et certains marchés, comme le Nigeria, sont parmi les plus lucratifs au monde », rappelle l’auteur qui a enquêté durant cinq ans sur les pratiques du deuxième brasseur mondial. Au Nigeria, pays le plus peuplé du continent africain, Heineken est devenu le leader incontesté et y réalise la moitié de son chiffre d’affaires. En ce début de XXIe siècle, Heineken s’y est retrouvé impliqué dans une affaire de corruption d’ampleur et le journaliste révèle des pratiques telles que le recours aux services de milliers de femmes de petite vertu pour une campagne promotionnelle dans les bars populaires.
« Dans les années 1980 et 1990, l’Afrique était une région où on ne devait pas respecter trop strictement les règles. Tout pouvait se faire à l’africaine », assure un ancien cadre à l’auteur. En Afrique centrale, le groupe néerlandais a résisté à la nationalisation de Mobutu Sese Seko dont elle s’est réjouie de la longévité au pouvoir. Au Rwanda voisin, Heineken a « brassé de la bière pour les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Le sociologue Cyril Lemieux explique dans une tribune au « Monde » que Nicolas Hulot, par sa démission et, plus encore, par la justification publique qu’il en a donnée, a d’un seul coup ringardisé le chef de l’Etat. Il a brutalement rendu visible que le progressisme macronien ne parvient pas à intégrer la question de la transition écologique.
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Emmanuel Macron, « un conservateur qui s’ignore »

Le sociologue Cyril Lemieux explique dans une tribune au « Monde » que Nicolas Hulot, par sa démission et, plus encore, par la justification publique qu’il en a donnée, a d’un seul coup ringardisé le chef de l’Etat. Il a brutalement rendu visible que le progressisme macronien ne parvient pas à intégrer la question de la transition écologique.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 16h26
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Cyril Lemieux (Sociologue, directeur d’études à l’EHESS)







                        



                                


                            

Tribune. Lors de la campagne qui l’a mené au pouvoir, Emmanuel Macron avait diagnostiqué l’obsolescence du clivage gauche/droite et prévu son remplacement inexorable par une nouvelle opposition, en bien meilleure prise selon lui avec la réalité de nos sociétés : celle entre les « progressistes » et la coalition des « conservateurs » de tous bords.
Un an et demi plus tard, la démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre de la transition écologique et solidaire vient mettre à mal cette esquisse de théorie de l’histoire. Pour deux raisons. La première est que les arguments qu’a avancés le ministre démissionnaire pour justifier de quitter son poste reviennent tous à accuser le pouvoir macronien ni plus ni moins de conservatisme.
Loin d’avoir fait du combat pour l’écologie un impératif majeur de son action, loin d’avoir su même y reconnaître l’un des principaux leviers qui permettrait aujourd’hui à la société française et à son économie de se moderniser, ce pouvoir s’est laissé convaincre par l’idée, susurrée à ses oreilles par une armée de lobbyistes, qu’il y avait plus important et plus urgent à faire. Tel est du moins, si on le comprend bien, le constat que Nicolas Hulot a tiré des quinze mois qu’il a passés au gouvernement.
Piégé à son propre jeu
Cela revient à dire que le président de la République s’est piégé à son propre jeu : lui, qui se prétendait le champion toutes catégories des progressistes, se voit maintenant décrit, s’agissant de la lutte pour l’environnement et contre le réchauffement climatique, comme un conservateur qui s’ignore.
Non, bien entendu, qu’il se soit déclaré un opposant ouvert à cette lutte. C’est plutôt qu’on ne l’a vu s’y engager qu’en louvoyant, sans audace autre que verbale et sans vision cohérente, et finalement sans perspective révolutionnaire – semblant avant tout préoccupé, à chaque nouveau petit pas qu’il lui fallait accomplir dans ce domaine-là, par le souci de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Here is the translation of the text published by « Le Monde », in which artists and scientists, starting with Juliette Binoche and the astrophysicist Aurélien Barrau, join to claim for political action to face climate change.
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« The greatest challenge in the history of humanity » : a call to save the earth by 200 personalities

Here is the translation of the text published by « Le Monde », in which artists and scientists, starting with Juliette Binoche and the astrophysicist Aurélien Barrau, join to claim for political action to face climate change.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 15h14
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 12h23
    |

                            Collectif








                        



   


A few days after the resignation of Nicolas Hulot [the french minister of ecological transition who resigned on august 28th], we launch this appeal :
As we confront the greatest challenge in the history of humanity, political authorities must act firmly and immediately. It is time to be serious.
We are experiencing a global cataclysm. Climate change, drastic reduction of natural habitats, collapse of biodiversity, extensive pollution of soil, water and air, rapid deforestation : all of the indicators are alarming. At the current rate, almost nothing will be left in a few short decades. Humans and most living species are in a critical state.
It is not too late to avoid the worst
It is too late to hope that nothing bad will happen : the collapse is underway. The sixth massive extinction is taking place at unprecedented speed. But it is not too late to avoid the worst.
We therefore consider that any political action that does not make the fight against this cataclysm its concrete, declared, and affirmed priority is no longer credible. We consider that any government that does not make rescuing what can still be rescued its main objective cannot be taken seriously.
Policies must be decided upon without the influence of lobbies and with the potentially unpopular measures that result.
It is a question of survival. A question that cannot, in its essence, be considered secondary. Many other struggles are legitimate. But if this one is lost, none of the others can be pursued.

        The original text :
         

          « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète



Isabelle Adjani, actress ; Laure Adler, journalist ; Pedro Almodovar, director ; Laurie Anderson, artist ; Charles Aznavour, singer ; Santiago Amigorena, writer ; Pierre Arditi, actor ; Niels Arestrup, actor ; Ariane Ascaride, actress ; Olivier Assayas, director ; Yvan Attal, actor, director ; Josiane Balasko, actress ; Aurélien Barrau, astrophysicist (Institut universitaire de France) ; Nathalie Baye, actress ; Emmanuelle Béart, actress ; Xavier Beauvois, director ; Alain Benoit, physicist (Académie des sciences) ; Jane Birkin, singer, actress ; Juliette Binoche, actress ; Benjamin Biolay, singer ; Dominique Blanc, actress ; Gilles Boeuf, biologist ; Mathieu Boogaerts, singer ; John Boorman, director ; Romane Bohringer, actress ; Carole Bouquet, actress ; Stéphane Braunschweig, director ; Zabou Breitman, actress, director ; Nicolas Briançon, actor, director ; Irina Brook, director ; Valeria Bruni Tedeschi, actress, director ; Florence Burgat, philosopher ; Gabriel Byrne, actor ; Cali, singer ; Sophie Calle, artist ; Jane Campion, director ; Isabelle Carré, actress ; Emmanuel Carrère, writer ; Anne Carson, writer, professor ; Michel Cassé, astrophysicist ; Laetitia Casta, actress ; Bernard Castaing, physicist (Académie des sciences) ; Antoine de Caunes, journalist, director ; Alain Chamfort, singer ; Boris Charmatz, choreographer ; Christiane Chauviré, philosopher ; Jeanne Cherhal, singer ; François Civil, actor ; Hélène Cixous, writer ; Isabel Coixet, director ; Françoise Combes, astrophysicist (Collège de France) ; François Cluzet, actor ; Gregory Colbert, photographer, director ; Bradley Cooper, actor ; Brady Corbet, actor ; Béatrice Copper-Royer, psychologist ; Marion Cotillard, actress ; Denis Couvet, ecologist ; Camille Cottin, actress ; Clotilde Courau, actress ; Franck Courchamp, ecologist (Académie européenne des sciences) ; Nicole Croisille, singer ; David Cronenberg, director ; Alfonso Cuaro, director ;
Willem Dafoe, actor ; Philippe Decouflé, choreographer ; Sébastien Delage, musician ; Vincent Delerm, singer ; Alain Delon, actor ; Catherine Deneuve, actress ; Claire Denis, director ; Philippe Descola, anthropologist (Collège de France) ; Alexandre Desplat, composer ; Manu Dibango, musician ; Hervé Dole, astrophysicist (Institut universitaire de France) ; Valérie Dréville, actress ; Diane Dufresne, singer ; Sandrine Dumas, actress, director ; Romain Duris, actor ; Lars Eidinger, actor ; Marianne Faithfull, singer ; Pierre Fayet, physicist (Académie des sciences) ; Ralph Fiennes, actor ; Frah (Shaka Ponk), singer ; Cécile de France, actress ; Stéphane Freiss, actor ; Thierry Frémaux, festival director ; Jean-Michel Frodon, critic, professor ; Marie-Agnès Gillot, prima ballerina ; Pierre-Henri Gouyon, biologist ; Julien Grain, astrophysicist ; Anouk Grinberg, actress ; Mikhaïl Gromov, mathematician (Académie des sciences) ; Sylvie Guillem, prima ballerina ; Arthur H, singer ; Ethan Hawke, actor ; Christopher Hampton, scriptwriter ; Nora Hamzawi, actress ; Ivo Van Hove, director ; Isabelle Huppert, actress ; Agnès Jaoui, actress, director ; Michel Jonasz, singer ; Camelia Jordana, singer ; Jean Jouzel, climatologist (Académie des sciences) ; Juliette, singer ; Anish Kapoor, sculptor, painter ; Mathieu Kassovitz, actor ; Angélique Kidjo, singer ; Cédric Klapisch, director ; Thierry Klifa, director ; Panos H. Koutras, director ; Lou de Laâge, actress ; Ludovic Lagarde, director ; Laurent Lafitte, actor ; Laurent Lamarca, singer ; Maxence Laperouse, actor ; Camille Laurens, writer ; Bernard Lavilliers, singer ; Sandra Lavorel, ecologist (Académie des sciences) ; Jude Law, actor ; Patrice Leconte, director ; Roland Lehoucq, astrophysicist ; Gérard Lefort, journalist ; Nolwenn Leroy, singer ; Peter Lindbergh, photographer ; Louane, singer ; Luce, singer ; Ibrahim Maalouf, musician ; Vincent Macaigne, director, actor ; Benoît Magimel, actor ; Yvon Le Maho, ecologist (Académie des sciences) ; Andreï Makine, writer (Académie française) ; Abd al Malik, rapper ; Sophie Marceau, actress ; Virginie Maris, philosopher ; André Markowicz, translator ; Nicolas Martin, journalist ; Vincent Message, writer ; Wajdi Mouawad, director ; Nana Mouskouri, singer ;
Jean-Luc Nancy, philosopher ; Arthur Nauzyciel, director ; Safy Nebbou, director ; Pierre Niney, actor ; Helena Noguerra, singer ; Claude Nuridsany, director ; Michael Ondaatje, writer ; Thomas Ostermeier, director ; Clive Owen, actor ; Corine Pelluchon, philosopher ; Laurent Pelly, director ; Raphaël Personnaz, actor ; Dominique Pitoiset, director ; Denis Podalydès, actor ; Pomme, singer ; Martin Provost, director ; Olivier Py, director ; Susheela Raman, singer ; Charlotte Rampling, actress ; Raphaël, singer ; Régine, singer ; Cécile Renault, astrophysicist ; Robin Renucci, actor ; Jean-Michel Ribes, director ; Tim Robbins, actor ; Muriel Robin, actress ; Isabella Rossellini, actress ; Brigitte Roüan, actress, director ; Carlo Rovelli, physicist (Institut universitaire de France) ; Eric Ruf, director of the Comédie-Française ; Céline Sallette, actress ; Rodrigo Santoro, actor ; Marjane Satrapi, director ; Kristin Scott Thomas, actress ; Albin de la Simone, musician ; Abderrahmane Sissako, director ; Marianne Slot, producer ; Patti Smith, singer, writer ; Sabrina Speich, geoscientist ; Marion Stalens, réalisatrice ; Kristen Stewart, actress ; Tom Stoppard, playwright ; Peter Suschitzky, head operator ; Malgorzata Szumowska, director ; Béla Tarr, director ; Gilles Taurand, scriptwriter ; Alexandre Tharaud, musician ; James Thierrée, danseur, choreographer ; Mélanie Thierry, actress ; Danièle Thompson, director ; Melita Toscan du Plantier, Press Officer ; Jean-Louis Trintignant, actor ; John Turturro, actor ; Hélène Tysman, pianist ; Pierre Vanhove, physicist ; Karin Viard, actress ; Polydoros Vogiatzis, actor ; Rufus Wainwright, singer ; Régis Wargnier, director ; Jacques Weber, actor ; Wim Wenders, director ; Sonia Wieder-Atherton, musician ; Bob Wilson, director ; Lambert Wilson, actor ; Jia Zhang-ke, director ; Elsa Zylberstein, actress



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Le spécialiste de l’œuvre de Jules Michelet est mort le 3 août à l’âge de 93 ans.
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La mort de l’historien Paul Viallaneix

Le spécialiste de l’œuvre de Jules Michelet est mort le 3 août à l’âge de 93 ans.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 14h18
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                            Philippe-Jean Catinchi








                        


Historien de la littérature tenu pour le meilleur spécialiste de l’œuvre de Jules Michelet, Paul Viallaneix est mort à Tulle, le 3 août à l’âge de 93 ans.
Ses attaches corréziennes sont essentielles. Instituteurs, ses parents sont originaires du département : son père, Baptiste Viallaneix, est fils de paysan, sa mère, Yvonne, d’artisans. Né à Gumont le 4 juillet 1925, le petit Paul grandit à Pérols-sur-Vézère, dont il fréquente l’école communale, où ses parents exercent, puis à Chanac-les-Mines, près de Tulle. Entré au lycée Edmond-Perrier de Tulle dès la 6e, il en sort bac en poche en 1942 pour gagner à l’automne Paris et le lycée Louis-le-Grand, où il suit les cours de Jean Guéhénno avant de quitter la khâgne et d’entrer en résistance sur ses terres de Corrèze, membre des corps francs de Tulle.
A la Libération, il reprend ses études et intègre l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm (1946). Reçu troisième à l’agrégation de lettres classiques (1949), puis pensionnaire de la Fondation Thiers, réservée aux étudiants les plus prometteurs, il obtient un poste d’assistant en Sorbonne (1950-1952). Déjà fasciné par l’œuvre et l’aura de Michelet, il lui consacre son mémoire de maîtrise sous la direction de Maurice Levaillant (1883-1961) : « L’idée de peuple dans la pensée de Jules Michelet ».
Fidèle à ses hautes terres du Massif central
Un sujet qu’il reprend et approfondit pour sa thèse, désormais sous la conduite d’un autre historien du romantisme, René Jasinski (1898-1985). Sans attendre la soutenance (1959) et la publication de son ouvrage La Voie royale (Delagrave), Paul Viallaneix intègre la faculté des lettres de Clermont-Ferrand comme assistant (1952). Il y fera toute sa carrière, profitant à plein de l’exceptionnel bouillon de culture pluridisciplinaire qui saisit alors le lieu. C’est là qu’il côtoie Michel Foucault et Michel Serres, Roger Quilliot, Robert Mandrou et Jean-Jacques Becker. Il y laisse un vif souvenir à ses étudiants, lui qui refuse la Sorbonne pour rester fidèle à ses hautes terres du Massif central.
Tout en donnant plus de vingt ans durant des cours d’agrégation à l’Ecole normale, traitant pareillement des auteurs du XVIe siècle, qu’il affectionne, de Marguerite de Navarre aux poètes de la Pléiade, et du XIXe, il crée à Clermont, avec le concours d’historiens comme de dix-neuviémistes, le Centre de recherches révolutionnaires et romantiques – dont il prend la direction en 1967 –, centre qui organise dès 1975 des colloques mémorables, avec Jean Ehrard notamment.
Reconnu au niveau international, où il exerça aussi son magistère, Viallaneix fut membre du Churchill College de Cambridge et du St Antony’s College d’Oxford. Il faut dire que ses publications nombreuses, au style sobre et original sans affectation ni effet, avaient un impact clair. Ainsi examina-t-il Pascal, Vigny, Lamartine ou Quinet, Supervielle aussi, et surtout Albert Camus, dont la pensée droite et intraitable comme l’honnêteté profonde le séduisit dès la Libération, à l’heure de Combat. Deux ans seulement après l’exhumation du premier roman, inédit, de celui-ci, La Mort heureuse, Viallaneix édita des textes de jeunesse du Prix Nobel 1957 (Le Premier Camus, Gallimard, 1973).
La grande affaire de sa vie
Il fit une place à part pour Jean Calvin aussi, ce qui ne surprend pas : le jeune homme qui n’avait pas été baptisé dans l’enfance s’est converti au protestantisme, comme son épouse Nelly, philosophe et spécialiste de Kierkegaard. Il dirigea du reste, de 1985 à 1992, l’hebdomadaire Réforme, où ses éditoriaux dévoilent l’acuité de son regard et la liberté de son esprit, et a souvent parlé au culte à Madranges, sur le plateau de Millevaches.
Mais la grande affaire de sa vie reste Michelet, dont il a édité à partir de 1971 les Œuvres complètes (Flammarion), les Ecrits de jeunesse, fruit de sa thèse complémentaire (1959), le Journal de 1828 à 1860 (Gallimard, 1959 et 1962), les Cours au Collège de France aussi, avec Irène Tieder et Oscar A.Haac (Gallimard, 1995) avant d’en proposer une biographie, Michelet, les travaux et les jours (Gallimard, 1998). Avec une rigueur et une clarté qui n’altèrent pas un enthousiasme contagieux.

        Lire aussi :
         

                Le pouvoir, à vous de voir. Michelet, si loin, si proche



Lors de la parution du cours de Lucien Fevbre au Collège de France dans l’hiver 1942, auquel le jeune khâgneux avait assisté (Michelet et la Renaissance, Flammarion, 1992), Jean-Pierre Rioux saluait dans Le Monde Paul Viallaneix comme l’« infatigable éditeur et savant marguillier » du père de La Sorcière. On ne saurait mieux dire.

Paul Viallaneix en six dates
4 juillet 1925 Naissance à Gumont (Corrèze)
1959 La Voie royale (Delagrave, rééd. Flammarion, 1971)
1971 Début de l’édition des Œuvres complètes de Michelet (Flammarion)
1995 Edition du Cours au Collège de France de Michelet (Gallimard)
1998 Michelet, les travaux et les jours (1798-1874) (Gallimard)
3 août 2018 Mort à Tulle (Corrèze)





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Ecoutons les marchés qui investissent leur vrai argent et sont plus raisonnables que les experts trop vite effrayés par les outrances verbales de Donald Trump, explique le correspondant du « Monde » à New York.
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« La planète dit détester Trump, mais vote pour lui économiquement »

Ecoutons les marchés qui investissent leur vrai argent et sont plus raisonnables que les experts trop vite effrayés par les outrances verbales de Donald Trump, explique le correspondant du « Monde » à New York.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 15h44
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Marchés. Heureusement, les marchés financiers sont là, qui nous préservent des emballements des économistes. On se souvient du Prix Nobel d’économie 2008, le très à gauche Paul Krugman, qui avait affirmé dans la nuit de l’élection de Donald Trump que les marchés financiers ne s’en relèveraient « jamais ».
Depuis, la Bourse triomphe tandis que M. Trump décernait dès janvier au chroniqueur du New York Times le premier prix des « fake news ». On se rappelle aussi les inquiétudes sur la guerre commerciale généralisée, déclenchée par le président américain, prélude à une crise protectionniste digne des années 1930. Les marchés n’y ont jamais vraiment cru, à part quelques petits hoquets, effacés par une série de records boursiers en cette fin d’été. A raison, sans doute, puisque la guerre de M. Trump était « fake », une partie de catch : elle s’est conclue sur un armistice pendant l’été avec les Européens.
Un droit de douane de… 2,5 %
Surtout, elle s’arrange avec les Mexicains : en cas de non-respect des nouvelles règles automobiles – payer 16 dollars [13, 60 euros] de l’heure les travailleurs et avoir des composants nord-américains représentant 75 % d’une automobile –, un droit de douane de… 2,5 % pourrait s’appliquer.
Franchement, le niveau est dérisoire. Ne reste qu’une guerre « traditionnelle » de l’acier et un conflit avec les Chinois, dont l’expérience a montré que ces derniers étaient les plus vulnérables aux sanctions américaines et qui posent un vrai problème dans leur comportement commercial mondial.

Ainsi, tout serait radieux aux Etats-Unis avec un indice de confiance des consommateurs au plus haut depuis l’an 2000, un chômage de 3,9 % au plus bas depuis le tournant du siècle, des profits des entreprises en hausse de 16 % et une croissance révisée à la hausse à 4,2 % au deuxième trimestre. Conclusion, écoutons plutôt les marchés qui investissent leur vrai argent et sont plus raisonnables...




                        

                        

