<FILE-date="2018/09/04/18">

<article-nb="2018/09/04/18-1">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Depuis dimanche 2 septembre, une nouvelle émission à la gloire de Vladimir Poutine a débarqué sur les écrans russes. Pendant une heure, elle disséquera toutes les semaines les exploits du président russe.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/09/04/18-2">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Selon l’analyste Gilles Olakounlé Yabi, il est illusoire de penser rétablir la sécurité dans des pays dévastés par la violence en réhabilitant les acteurs à l’origine des conflits.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤         

Point de vue

« Du Mali à la Côte d’Ivoire, le pari fou de l’impunité pour construire la paix »

Selon l’analyste Gilles Olakounlé Yabi, il est illusoire de penser rétablir la sécurité dans des pays dévastés par la violence en réhabilitant les acteurs à l’origine des conflits.

Par                Gilles Olakounlé Yabi



LE MONDE
              datetime="2018-09-04T18:06:47+02:00"

        Le 04.09.2018 à 18h06






    
Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta (gauche), et le vice-président du Mouvement national de libération de l’Azawad (droite), lors de la signature de l’accord d’Alger, à Bamako, le 20 juin 2015.
Crédits : HABIBOU KOUYATE / AFP


Tribune. Le rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la situation sécuritaire au Mali et les violations de l’accord de paix d’Alger, rendu public jeudi 30 août, fait grand bruit. Les personnes et les groupes armés mis en cause ont commencé à protester de leur innocence. Le gouvernement et les forces armées maliennes, également pointés du doigt, réagiront aussi pour dénoncer les passages qui les desservent.
Le principal message du rapport est que plusieurs acteurs du processus de paix sont impliqués dans des attaques terroristes et/ou d’autres crimes allant du trafic de drogue à celui des armes et des êtres humains. Bref, les experts nous apprennent que beaucoup, parmi les acteurs de la paix qui étaient auparavant les acteurs de la guerre, ne sont pas des gentils. Ce sont même peut-être de vrais méchants capables de soutenir des attaques terroristes.

        Lire aussi :
         

                Au Mali, des signataires de l’accord de paix accusés de terrorisme



Ce rapport est le résultat d’un travail de recherche sérieux et difficile dans le contexte particulier du Mali. Comme il l’est en République démocratique du Congo (RDC), où le meurtre atroce de deux experts de l’ONU reste dans toutes les têtes. Le principal apport de ces travaux est de documenter au moins une partie des violations des accords de paix et des crimes divers commis dans le cadre des conflits et de permettre parfois des avancées politiques à la suite de la menace ou de l’application effective de sanctions ciblées.
Dans de rares cas, ces travaux contribuent à la mise en accusation, par la justice locale ou internationale, de quelques-uns des principaux responsables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou d’autres crimes graves. Mais entre la mise en lumière de faits et de responsabilités personnelles et une contribution effective à la paix ou à l’amélioration durable de la sécurité, il y a le petit jeu diplomatique entre grandes et moyennes puissances au sein du Conseil de sécurité, nourri par des calculs qui n’ont parfois qu’un rapport ténu avec la volonté de créer les conditions d’une paix durable.
Marginalisation des acteurs non armés
Est-ce une grande trouvaille que d’établir que nombre de leaders des groupes armés maliens ont commis à un moment ou un autre des crimes contre les civils, crimes qu’on pourrait qualifier cyniquement de « non nécessaires » ? A-t-on oublié les différents épisodes du conflit malien depuis janvier 2012 et les responsabilités, dans les violations des droits élémentaires des populations, des indépendantistes touareg puis des groupes armés « djihadistes » ?
Les changements de nom des groupes, les fluctuations d’alliances et les déclarations de bonnes intentions ont-ils déjà, quelque part dans le monde, transformé des cyniques mus par leurs intérêts personnels et claniques en gentils agents de la paix ? La réalité au Mali, comme dans toutes les crises africaines des deux dernières décennies, est qu’on se nourrit de l’illusion qu’on peut rétablir la sécurité dans des zones dévastées par la violence en cooptant systématiquement, au sein des processus de paix, les principaux orchestrateurs des conflits.

        Lire aussi :
         

                Mali : l’ONU ouvre la voie à des sanctions contre des membres de groupes armés



Au nom de la recherche de la paix et de la réconciliation, on a trop souvent favorisé la montée en puissance politique (et financière) des acteurs les moins scrupuleux. En organisant précipitamment des élections, on a systématiquement renforcé les entrepreneurs politiques les plus véreux. On marginalise les acteurs non armés et dépourvus des ressources financières nécessaires pour mener une activité politique significative.
Au Mali, est-on bien sûr que le poids politique des grands trafiquants ne s’est pas accru depuis l’accord de paix ? Depuis que les seuls vrais méchants déclarés et poursuivis par la « communauté internationale » ne sont que les « terroristes djihadistes », les acteurs qui tuent en douceur leur pays et l’avenir des jeunes, par une immense variété de trafics criminels, sont plutôt tranquilles. A-t-on réellement pensé à une stratégie qui viserait à affaiblir subtilement mais efficacement les acteurs de l’économie de guerre plutôt que de les inviter à profiter simultanément du banquet de la paix et de ses généreux programmes ?
Les jeunes et les enfants qui voient à quel point la crise et la sortie de crise ont permis aux plus opportunistes, sans qualification professionnelle connue, de s’enrichir, dans le nord comme à Bamako, sont en train d’apprendre comment on devient riche en peu de temps dans un pays censé être en grande difficulté.
L’impératif de la réconciliation
En Côte d’Ivoire aussi, les groupes d’experts mandatés par le Conseil de sécurité des Nations unies ont produit des rapports réguliers pendant des années. Dans mes fonctions antérieures, ces rapports faisaient partie de mes lectures obligatoires pour alimenter mes analyses pour l’ONG qui m’employait. En Côte d’Ivoire aussi, ces rapports ont ponctuellement eu des effets politiques positifs et contribué à justifier des décisions fortes, y compris des sanctions individuelles.
En Côte d’Ivoire, le pouvoir sorti de la longue crise armée (2002-2011) a opté pour un traitement illisible, partiel et partial des questions de justice pour les victimes des centaines de meurtres et d’autres crimes pendant la crise postélectorale et les nombreux épisodes de violence qui la précédèrent. Le choix politique qui a été fait début août par le président Alassane Ouattara est celui de l’impunité pour tous au nom de l’impératif de la réconciliation. Et surtout du besoin pour le pouvoir de faire un grand coup politique dans un moment de fragilité.

        Lire aussi :
         

                Face aux tourments politiques, Alassane Ouattara joue l’amnistie de ses ennemis



L’ex-première dame Simone Gbagbo n’a pas été la seule bénéficiaire de la mesure d’amnistie. Ce sont 800 personnes qui ont été amnistiées. Une partie d’entre elles n’avaient sans doute rien à faire en prison, mais bien d’autres avaient de bonnes raisons d’y être. Et de nombreuses autres, surtout liées à l’ancienne rébellion qui s’est alliée au moment de la guerre postélectorale au pouvoir désormais en place, auraient mérité de faire au moins l’expérience d’une procédure judiciaire crédible. L’amnistie pour tous, ou presque, permet de mettre fin d’un coup aux accusations de justice instrumentalisée portées aux gouvernants ivoiriens.
On n’a pas entendu au cours des dernières années beaucoup de décideurs de la « communauté internationale » affirmer qu’une paix durable ne se construira pas sur la base de l’impunité et de l’absence totale de leçons tirées d’une crise politico-armée qui a duré près de vingt ans. Le redécollage économique post-crise, visible à Abidjan, a suffi à susciter l’enthousiasme et la confiance dans la paix retrouvée.
On pense apparemment consolider la paix en réhabilitant les principaux acteurs à l’origine du conflit sauf, bien sûr, les quelques malchanceux qui n’y ont pas survécu. Les tractations politiciennes entre anciens alliés, adversaires, voire ennemis, font l’actualité à Abidjan. Cela devrait continuer jusqu’en 2020, année où la bataille pour le pouvoir pourrait de nouveau déboucher sur le recours à la violence. Qui pourra alors se dire surpris que les mêmes causes produisent les mêmes effets ?
Lente désagrégation de nos pays
Je me suis retiré à deux reprises des processus de recrutement des groupes d’experts des Nations unies, pour la Côte d’Ivoire il y a quelques années et pour le Mali plus récemment. Non pas par manque d’intérêt ou parce que je n’aurais pas eu envie de gagner quelques milliers de dollars pour services rendus aux Nations unies ; mais parce que je pense que quelques-uns, parmi les Africains qui ont eu la chance d’en apprendre un peu plus que d’autres aussi bien sur les rouages des décisions des acteurs dominants de la communauté internationale que sur les combines des acteurs locaux indifférents au sort de la majorité de leurs concitoyens, devaient conserver, à tout prix, la distance qui leur permet de continuer de s’exprimer librement.

        Lire aussi :
         

                Experts de l’ONU tués en RDC : le procès reprend après dix mois de suspension



Nous ne pouvons pas nous contenter d’être des analystes détachés, observant et commentant la lente désagrégation de nos pays pour des organisations internationales. Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de nos enfants. Celui de notre partie du monde, déjà trop tourmentée.
C’est toute l’Afrique de l’Ouest qui paierait le prix d’un approfondissement de la crise malienne, de ses débordements dans tout le Sahel et d’un éventuel retour de la violence politique en Côte d’Ivoire. Nous avons l’obligation morale d’exprimer nos doutes sur le choix tacite de l’impunité comme chemin privilégié de sortie de nos conflits. Je ne prétends pas qu’il soit facile d’exclure ou même de marginaliser les acteurs les plus cyniques des conflits des processus de paix. Mais ce n’est pas parce que c’est la voie la plus difficile qu’il faut se satisfaire de l’option de l’irresponsabilité individuelle qui a déjà fait tant de mal au continent africain.
Gilles Olakounlé Yabi est économiste et analyste politique, président du comité directeur du think tank Wathi et ancien directeur Afrique de l’Ouest d’International Crisis Group.


<article-nb="2018/09/04/18-3">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le chef de guerre, très actif contre les Soviétiques, puis contre les Etats-Unis et leurs alliés, fut aussi ministre sous le règne taliban.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mort du moudjahidin afghan Jalaluddin Haqqani

Le chef de guerre, très actif contre les Soviétiques, puis contre les Etats-Unis et leurs alliés, fut aussi ministre sous le règne taliban.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 17h34
    |

            Rémy Ourdan








                        



                                


                            

Le vieux moudjahidin afghan Jalaluddin Haqqani, l’un des plus anciens combattants islamistes de la planète, est décédé des suites d’une longue maladie, a annoncé, mardi 4 septembre, le mouvement taliban afghan. Le lieu et la date de sa mort n’ont pas été indiqués. Avec Haqqani disparaît le dernier de cette génération de moudjahidins afghans qui n’a jamais renoncé au combat, et l’un des plus influents parrains de la mouvance djihadiste internationale.
Né à une date inconnue dans le district de Zadran de la province de Paktia, Jalaluddin Haqqani est un pachtoune de la tribu Zadran. A partir des années 1970, il a, selon les aléas des guerres, deux fiefs : Khost en Afghanistan et les montagnes du Nord-Waziristan au Pakistan. Déjà activiste contre la monarchie avant le renversement du roi Zaher Shah, Haqqani commence, depuis son lieu d’exil pakistanais, à organiser une rébellion contre le président Daoud Khan en 1975. C’est là qu’il étudie l’islam dans une madrasa et se radicalise. Et c’est de là qu’après l’invasion soviétique de l’Afghanistan en 1979, il prend une part très active à la guerre contre les Russes.
Sa détermination et son habileté au combat font d’Haqqani, dans les années 1980, l’un des commandants moudjahidines préférés des services secrets pakistanais (ISI) et américains (CIA), qui lui fournissent millions de dollars et armes pour lutter contre l’armée de Moscou. Le membre du Congrès américain Charlie Wilson, très actif aux côtés de la CIA, le décrit alors comme « la bonté personnifiée ». Les volontaires arabes arrivant du monde entier rejoignent aussi volontiers le groupe du valeureux commandant afghan, qui crée alors des liens avec la mouvance islamiste internationale.
Hôte et ami de Ben Laden
Après la défaite soviétique, Haqqani, nommé ministre de la justice, se désolidarise assez vite des autres commandants qui plongent Kaboul dans la guerre civile et se replie à Khost. Lorsque les services secrets pakistanais lancent...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-4">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Les médias locaux font état de deux morts et d’une centaine de blessés sur son passage.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/09/04/18-5">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Les fausses informations continuent d’être partagées massivement sur les réseaux sociaux, trois jours après les manifestations d’extrême droite et d’extrême gauche en Allemagne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Intox en série sur les réseaux sociaux après les manifestations en Allemagne

Les fausses informations continuent d’être partagées massivement sur les réseaux sociaux, trois jours après les manifestations d’extrême droite et d’extrême gauche en Allemagne.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 18h22
    |

            Mathilde Damgé








                        


Après les manifestations des derniers jours dans la ville de Chemnitz, organisées par l’extrême droite en réponse au meurtre d’un Allemand de 35 ans et à l’arrestation de deux suspects, demandeurs d’asile, le pays compte les blessés : une vingtaine, dont un Afghan de 20 ans roué de coups par des hommes masqués, une équipe de télévision et des militants du Parti social-démocrate (SPD).
Les fausses informations continuent de se répandre sur les réseaux sociaux. Certaines de ces intox sont des cas d’école de la « désinformation » à l’œuvre dans certains milieux militants d’extrême droite. Illustration en trois points.
1. La photo détournée
Repérée par un militant antifasciste, cette publication Facebook fait croire à une photo de la manifestation de Chemnitz… alors qu’il s’agit en réalité de Leipzig en 1989. Elle a été supprimée dimanche des différentes pages des branches régionales du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) sur lesquelles elle avait été postée, relate le journaliste Jens Schröder.

Wie die #AfD Fake-News schafft. Das Foto ist von der Wendezeit 1989. 
— texantifa (@M.Schulz)


require(["twitter/widgets"]);

Dans un article recensant les fausses informations autour de ces événements, ce spécialiste des réseaux sociaux pointe également la propagation d’un contenu sur le prétendu boycott du magazine d’investigation Spiegel par des kiosquiers mécontents… contenu dont la nature parodique n’apparaît qu’en tout petit à droite. Il a été partagé des milliers de fois sur Twitter et Facebook, notamment par des responsables de l’AfD.

   


2. L’identité faussée
Autre détournement, une vidéo reprise en France par des milieux proches de l’extrême droite montrerait une « journaliste de gauche » face à des « citoyens allemands en colère », un face-à-face destiné à illustrer le parti pris et le mépris des médias à l’encontre du « peuple ».

[IMPORTANT] Cette vidéo est un petit trésor. Des citoyens allemands en colère face à une journaliste de gauche à pr… https://t.co/qrRyOro0ig— LeLapinTaquin (@Lapin Taquin)


require(["twitter/widgets"]);

Nos confrères de CheckNews ont analysé cette séquence et contacté l’auteur de la vidéo : la dame en question n’est pas une journaliste mais une contre-manifestante. « Elle était devant le stade du FC-Chemnitz toute seule avec une pancarte “Contre la haine et le discours haineux — Chemnitz sans nazis”. Une vieille dame et une autre femme plus jeune, qui faisaient partie de la manifestation, sont venues lui parler pour lui demander ce qu’elle faisait là avec ce panneau », raconte ainsi le journaliste allemand Tobias Bosse.
La correspondante en Allemagne d’Europe 1, témoin de la scène, ajoute que la vieille dame qui répond à cette contre-manifestante, loin d’être une simple manifestante anonyme, serait une « figure des milieux identitaires présente dans des manifestations négationnistes ». Un face-à-face assez éloigné de celui que croient commenter et relayer de nombreux internautes.
3. La vidéo tronquée
L’extrême droite a accusé un groupe de musique de se prêter à des gestes nazis. Le chanteur des Feine Sahne Fischfilet (« Les filets de poisson à la crème ») aurait fait le salut nazi, une accusation qui a justifié un démenti de la police de Saxe :
« Nous recevons actuellement des informations sur une photo du chanteur de@feinesahne concernant l’infraction pénale § 86 du StGB. De notre point de vue, les premières investigations n’aboutissent qu’à une seule conclusion : la photo est un faux ! »
La totalité de la vidéo est visible ici :

Es gibt ein Foto, das @feinesahne-Sänger Jan "Monchi" Gorkow in Hitlergruß-Pose zeigt. Hier ist die Entstehung im V… https://t.co/L4LRAP9p0Z— LarsWienand (@Lars Wienand)


require(["twitter/widgets"]);

Ces exemples montrent que lors d’événements comme des manifestations réunissant des mouvements extrémistes, il est indispensable de rester prudent quant aux informations glanées sur les réseaux sociaux.

Décodex : nos outils contre les fausses informations
Utilisez les outils des Décodeurs pour éviter les fausses informations :
Installez en quelques clics notre extension pour les navigateurs Chrome (à télécharger ici) et Firefox (à télécharger ici) pour savoir en un clin d’oeil si les sites que vous consultez sont fiables ;Testez les sites que vous consultez sur notre moteur de recherche (cliquez ici pour y accéder) ;Vous voulez apprendre à vérifier l’information en ligne ? Lisez nos conseils pour éviter les fausses informations ;Besoin d’aide pour vérifier une info ? Interrogez notre robot Facebook (cliquez ici pour y accéder).





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-6">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les affrontements entre milices ont repris au sud de la capitale, peu avant la tenue d’une réunion sous l’égide de l’ONU.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤         

Compte rendu

En Libye, plus de 1 800 familles déplacées par les combats près de Tripoli

Les affrontements entre milices ont repris au sud de la capitale, peu avant la tenue d’une réunion sous l’égide de l’ONU.


LE MONDE
              datetime="2018-09-04T14:57:59+02:00"

        Le 04.09.2018 à 14h57

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-09-04T17:29:08+02:00"

        Mis à jour le 04.09.2018 à 17h29






    
Une roquette frappe un camp de personnes déplacées lors de combats entre des groupes armés rivaux à Tripoli, le 2 septembre 2018.
Crédits : Stringer . / REUTERS


Plus de 1 800 familles ont été déplacées par les combats opposant depuis le 27 août des milices rivales près de Tripoli, a indiqué le gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale. Après une pause de quelques heures, les combats ont repris mardi 4 septembre en fin de matinée, au sud de la capitale libyenne, peu avant la tenue d’une réunion sous l’égide de l’ONU, à laquelle ont été invitées « toutes les parties concernées ».

        Lire aussi :
         

                En Libye, Tripoli bascule à nouveau dans les combats de milices



Une porte-parole de la mission de l’ONU en Libye (Manul), Sausan Ghosheh, a confirmé la tenue de cette réunion mardi, sans donner plus de détails sur les participants ou le lieu de ces pourparlers fermés à la presse, selon elle.
Besoin urgent de nourriture et d’eau
La tâche de la Manul s’annonce ardue compte tenu du nombre de belligérants impliqués dans des combats qui ont fait au moins 50 morts et 138 blessés, selon un dernier bilan officiel arrêté lundi soir. Les combats ont provoqué le déplacement de 1 825 familles qui se sont réfugiées dans des villes voisines ou dans d’autres quartiers plus sûrs, dans la capitale libyenne, selon le ministère des affaires des déplacés dépendant du GNA.
Un tiers des familles coincées dans les combats ont refusé de quitter leurs maisons par crainte d’actes de pillage et de vols. Une grande partie des familles restées sur place ont un besoin urgent de nourriture et d’eau, selon un rapport de ce ministère qui fait état d’attaques contre les secouristes et de « vol » d’ambulances, sans préciser les auteurs de ces agressions.

        Lire aussi :
         

                Le maréchal Haftar relance la bataille du pétrole libyen



Le rapport s’attend à une nouvelle vague de déplacés si les combats se rapprochent du centre de la capitale. Les combats opposent des groupes venus de Tarhouna et Misrata (ouest) à des groupes armés tripolitains théoriquement sous l’autorité du GNA. Mais cet exécutif est accusé de s’être livré à des milices, dont dépendent sa sécurité et celle de Tripoli, depuis son entrée en fonction en mars 2016.
Depuis la chute de régime de Mouammar Kadhafi en 2011, Tripoli est sous la coupe de milices qui se livrent à une lutte acharnée pour la domination de la capitale.


<article-nb="2018/09/04/18-7">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Depuis trois ans, les autorités françaises ont changé de posture concernant la propagande sur les réseaux sociaux. Pour Paris, Moscou est au cœur du problème.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                

                     
édition abonné
Propagande et manipulation sur les réseaux sociaux : comment la France a pris conscience du danger

Depuis trois ans, les autorités françaises ont changé de posture concernant la propagande sur les réseaux sociaux. Pour Paris, Moscou est au cœur du problème.





LE MONDE
 |    04.09.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 16h14
    |

            Martin Untersinger





                        
Les courriels de hauts fonctionnaires travaillant sur le Brexit sont piratés, leurs messages détournés, modifiés et publiés en ligne, minant ainsi la poursuite de ces délicates négociations… Un scandale sexuel impliquant un ministre français, inventé de toutes pièces pour affaiblir le gouvernement, se répand comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux et dans certains médias… Ces scénarios (fictifs) sont pris au sérieux par l’Etat français. Ils figurent dans un rapport interministériel, réalisé par les équipes de prospective des ministères des affaires étrangères et des armées, qui doit être publié mardi 4 septembre qui relève les risques des « manipulations de l’information ».
Ce document, fouillé et long de plus de 200 pages, n’est pas censé porter la parole officielle de l’Etat. Mais dans les faits, il ne se démarque pas des positions exprimées depuis un peu plus de deux ans par les plus hautes autorités françaises. Ces dernières font des opérations de déstabilisation de la société à l’aide de la propagande, les « fake news » et les messages clivants propagés sur des chaînes de télévision étrangères ou à coups de publicité sponsorisée et de faux comptes sur les réseaux sociaux – une menace de premier plan. Pour les auteurs du rapport ministériel, il s’agit d’« une menace qui vise à miner les fondements de notre démocratie et de notre sécurité nationale », en particulier lorsqu’elle est orchestrée par des Etats.
Le tournant de l’Etat islamique et de l’élection américaine
Le déclic remonte à l’émergence de l’organisation Etat islamique et aux attentats de 2015 en France. « C’est là où la prise de conscience se fait, de manière assez dure, puisqu’on est submergé par cette propagande djihadiste », explique Alix Desforges, de l’Institut français de géopolitique (université Paris-VIII). Cette propagande sur les réseaux sociaux prend de court les responsables français, qui voient pour la première fois les contenus circulant...





                     require(["lmd/core/ux/longform"], function (advertLongform) {
                        advertLongform.moveAdvert('.js-parallaxe_slot', '#articleBody');
                     });




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Propagande et manipulation sur les réseaux sociaux : comment la France a pris conscience du danger
Il vous reste 89% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5350065&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
}






document.getElementById('teaser_article').style.display = 'block';

require(["lmd/module/achat_acte/verif_achat_item"], function (verif_achat_item) {
    if (typeof lmd.context.item != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.id != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.link != 'undefined'
    ) {
        verif_achat_item.verifAchatItem(lmd.context.item);
    }
});




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Propagande et manipulation sur les réseaux sociaux : comment la France a pris conscience du danger
Il vous reste 89% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5350065&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
}








<article-nb="2018/09/04/18-8">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La médiatrice européenne des droits, Emily O’Reilly, critique les conditions de la nomination, à la fin de février, du directeur de cabinet de Jean-Claude Juncker au poste-clé de secrétaire général de l’institution.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Affaire Selmayr : « La Commission européenne n’a pas suivi correctement les règles pertinentes »

La médiatrice européenne des droits, Emily O’Reilly, critique les conditions de la nomination, à la fin de février, du directeur de cabinet de Jean-Claude Juncker au poste-clé de secrétaire général de l’institution.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 14h32
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Jean-Claude Juncker pensait-il s’être débarrassé de l’embarrassante polémique suscitée début 2018 par la nomination de son directeur de cabinet, Martin Selmayr, au poste stratégique de secrétaire général de la Commission européenne ? C’est raté.
Mardi 4 septembre, la médiatrice européenne des droits, la pugnace Emily O’Reilly, a replongé le couteau dans la plaie en rendant des conclusions critiquant fermement les conditions de cette nomination. L’Irlandaise, qui s’est saisie de l’affaire en mai à la suite de « deux plaintes émanant de deux délégations distinctes de députés européens [dont les socialistes français] », a conclu à « quatre cas de mauvaise administration ».
« La Commission n’a pas suivi correctement les règles pertinentes ni dans la lettre ni dans l’esprit », ajoute la médiatrice. « Pour justifier l’absence de publication d’un avis de vacance, la Commission a créé un sentiment d’urgence artificiel afin de pourvoir le poste de secrétaire général. Elle a également organisé une procédure de sélection du secrétaire général adjoint, non pour remplir ce rôle, mais plutôt pour faire en sorte que M. Selmayr soit nommé secrétaire général par le biais d’une procédure rapide en deux étapes. »

        Lire aussi :
         

                Polémique autour du parachutage du bras droit de Juncker au sommet de l’administration bruxelloise



« Nuire à la confiance du public »
« Tout ceci risquait de compromettre la réputation durement acquise par l’UE et par conséquent de nuire à la confiance du public », conclut Mme O’Reilly. La nomination de M. Selmayr avait suscité de fortes condamnations, y compris de sa famille politique et de celle de M. Juncker, les conservateurs du Parti populaire européen (PPE).
Le Parlement européen avait majoritairement critiqué les conditions de ce « parachutage », et diligenté une enquête, mais n’en a tiré aucune conclusion concrète. L’hémicycle a juste demandé à la Commission, à l’avenir, de « réévaluer la procédure de nomination du nouveau secrétaire général de la Commission, afin de donner une chance à d’autres candidats possibles ». 
Les conclusions de Mme O’Reilly ont immédiatement été exploitées par les sociaux-démocrates du Parlement de Strasbourg, mardi, alors que les grandes manœuvres commencent vraiment en vue des européennes dans l’hémicycle. « Son rapport est sans appel et confirme tous les faits que nous avions dénoncés à l’époque : M. Juncker a violé les règles européennes afin de permettre à M. Selmayr de devenir secrétaire général. Il est responsable d’une partie du discrédit qui frappe l’Europe, et qui se traduit notamment par la montée de l’extrême droite. »

        Lire aussi :
         

                Martin Selmayr, une embarrassante promotion express à Bruxelles



Mardi midi, la commission s’est défendue, considérant, selon son porte-parole Margaritis Schinas, que le rapport de la médiatrice « ne remet pas en cause la légalité » de la nomination de M. Selmayr, ni « le choix » de ce haut fonctionnaire de l’UE au poste de secrétaire général. Dénonçant la critique selon laquelle la nomination de M. Selmayr aurait fait du mal à l’image de la commission, M. Schinas a également prétendu que l’eurobaromètre mesurant la confiance dans l’Union européenne et dans la commission « a augmenté » pendant la polémique.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-9">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Pour le géologue Fary Ndao, les réserves d’hydrocarbures offshore sont une immense opportunité pour le pays mais ne vont pas révolutionner la structure de son économie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤         

Entretien

« Le Sénégal pourrait entrer dans le top 10 africain des producteurs de gaz »

Pour le géologue Fary Ndao, les réserves d’hydrocarbures offshore sont une immense opportunité pour le pays mais ne vont pas révolutionner la structure de son économie.

Propos recueillis par                                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-09-04T12:50:30+02:00"

        Le 04.09.2018 à 12h50

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-09-04T14:28:17+02:00"

        Mis à jour le 04.09.2018 à 14h28






    
Un navire pétrolier dans le port de Dakar, en mars 2018.
Crédits : SEYLLOU / AFP


Le Sénégal s’apprête à entrer dans le cercle des pays producteurs d’hydrocarbures. Depuis la première découverte de pétrole offshore, en octobre 2014, jusqu’aux gisements de gaz révélés en mai 2017, le Sénégal attire les grandes compagnies pétrolières. L’exploitation de ces ressources débutera en 2021. Que pourrait apporter cette manne inespérée au pays, classé 162e selon l’indice de développement humain ?
Pour répondre à cette question, l’ingénieur sénégalais Fary Ndao publie L’Or noir du Sénégal, comprendre l’industrie pétrolière et ses enjeux au Sénégal. Géologue de 31 ans, diplômé de l’université Claude-Bernard, à Lyon, et de l’Institut des sciences de la terre de l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, il a travaillé pour Petrosen, la compagnie pétrolière nationale. Militant engagé, il est aussi coauteur de l’ouvrage Politisez-vous !.
Le Sénégal peut-il devenir une puissance pétrolière ?
Fary Ndao Le Sénégal deviendra un pays producteur de pétrole, mais pas une puissance pétrolière en l’état actuel des découvertes. Il est probable que ces gisements sont les plus importants qu’on découvrira jamais au Sénégal. Celui de SNE est évalué à 563 millions de barils. Le champ de Ghawar, en Arabie saoudite, le plus grand du monde, atteint plusieurs dizaines de milliards de barils. C’est incomparable.
Concernant le gaz, si on n’en a pas autant que la Russie ou le Qatar, les réserves découvertes pourraient faire entrer le Sénégal dans le top 10 africain des producteurs. On ne deviendra pas un émirat, mais, dans un pays de 16 millions d’habitants, très jeune, avec des défis d’éducation et de santé, ces découvertes sont une immense opportunité.

        Lire aussi :
         

                Le pétrole congolais d’Elf, huile de la Françafrique



De nombreuses critiques s’élèvent contre la mainmise d’entreprises étrangères sur l’exploration et l’exploitation…
L’Etat a besoin des compagnies étrangères pour assumer le risque d’exploration. Huit forages sur dix sont un échec. Or un forage peut coûter plusieurs dizaines de milliards de francs CFA [soit plusieurs dizaines de millions d’euros]. Un pays pauvre comme le Sénégal ne peut pas s’aventurer dans l’exploration pétrolière. On a d’autres secteurs à financer en priorité.
On peut imaginer qu’avec le temps, le Sénégal, à travers sa compagnie pétrolière nationale, va gagner en capacité financière et investir dans l’exploration. Mais ce n’est pas pour demain. En Arabie saoudite, pendant près de quarante ans, l’exploitation pétrolière était déléguée à des compagnies étrangères. Désormais, Saudi Aramco, la société nationale saoudienne, explore elle-même son sous-sol, tout comme PDVSA au Venezuela.

        Lire aussi :
         

                Des géants du pétrole livrent de l’essence toxique à l’Afrique de l’Ouest



Comment se répartissent les différentes concessions ?
Il y a eu des découvertes dans trois blocs depuis 2014. D’abord dans le bloc Sangomar, avec le gisement FAN, puis, un mois après, SNE, qui est la plus grosse découverte à ce jour. Ensuite dans le bloc Saint-Louis offshore profond, avec le gisement Tortue, en avril 2015, partagé avec la Mauritanie. Enfin dans le bloc Cayar offshore profond, avec les gisements de Teranga et Yakaar. Les principaux opérateurs sont BP, Kosmos, Cairn, Oranto, African Petroleum et Petrosen. Total est arrivé il y a un an et a pris possession du bloc Rufisque offshore profond, mais aucune découverte n’y a été faite à ce jour.
Ces découvertes sont-elles comparables aux gisements trouvés dans des pays comme le Nigeria ou le Ghana ?
Le Sénégal produira à peu près les mêmes volumes que le Ghana, soit environ 100 000 barils par jour.
Il existe un défi environnemental. Vous dites que ces découvertes peuvent mener à une transition écologique. Comment ?
Nous ne devons pas seulement remplacer le fioul et le charbon par le gaz et les énergies renouvelables, mais aussi changer la manière dont se font les transports. Dakar est congestionnée de voitures. Il faudrait commencer à développer des lignes de tramway, avoir des bus semi-électriques… On arrivera ainsi à un environnement plus sain. L’argent du pétrole peut servir à financer la transition énergétique.

        Lire aussi :
         

                L’émergence africaine existe-t-elle vraiment ?



On estime les gains financiers de l’Etat jusqu’à 30 milliards d’euros [environ 26 milliards d’euros] sur trente ans pour SNE et Tortue. Les hydrocarbures deviendront-ils les premiers leviers de l’émergence sénégalaise ?
Le budget du Sénégal, c’est environ 6 milliards de dollars par an. Cet apport d’un milliard de dollars par an correspondrait à un peu moins de 20 % du budget. Rien que la douane ou la direction des impôts apportent plus. Donc ça ne va pas révolutionner la structure de l’économie sénégalaise. Sauf que le pétrole et le gaz sont les ressources qui font le socle de toute économie moderne. Le gaz permet de produire environ 25 % de l’électricité dans le monde. Il rejette moins de CO2 et de particules fines que le charbon et le fioul que nous importons. Cela pourra réduire le prix de l’électricité, ce qui aura un effet positif sur la productivité de l’économie sénégalaise.
Vous parlez d’un risque économique en évoquant la « maladie hollandaise ». De quoi s’agit-il ?
C’est l’installation d’un pays dans une économie de rente, notamment quand il s’adosse à une ressource naturelle en délaissant d’autres secteurs. L’industrie au Sénégal est faible, le risque que l’on court est une déstructuration du secteur primaire, en particulier de l’agriculture. Des pays comme l’Angola ou le Gabon sont dans une situation où presque tout est importé, jusqu’à la nourriture. Il faut donc investir dans d’autres secteurs que le pétrole afin que le pays soit résilient. La durée de vie de nos gisements est estimée à trente ans. Il faudra ensuite embrayer sur un autre type d’économie.

        Lire aussi :
         

                Le scandale des carburants pour l’Afrique



Autre défi évoqué dans votre livre, celui de la corruption…
Il est impératif de soumettre les entreprises qui interviennent dans le pétrole à la menace de sanctions plus lourdes, afin de créer un effet de dissuasion. Aujourd’hui, il existe un arsenal pénal pour lutter contre la corruption. Mais ce qui manque, c’est une spécification à un contexte de production pétrolière, notamment en ce qui concerne l’octroi de certains contrats de service. Le monde pétrolier est très corruptogène.
Les conflits liés à la parenté sont un problème fort en Afrique, à l’exemple de l’Angola, où la fille de l’ancien président [Isabel Dos Santos] était responsable de la compagnie pétrolière nationale. Même problème en Guinée équatoriale avec la famille Obiang. Au Sénégal, la nomination du frère du président à la tête d’une société à qui l’Etat a octroyé un bloc pétrolier avait suscité un tollé [entré en fonctions en 2012, Aliou Sall a finalement quitté la direction de Petro-Tim Sénégal en 2016].
L’Or noir du Sénégal, comprendre l’industrie pétrolière et ses enjeux au Sénégal, de Fary Ndao, 276 pages, 18 euros.


<article-nb="2018/09/04/18-10">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Notre chroniqueur explique en quoi les 60 milliards de dollars promis par Pékin au continent sont stratégiques pour le géant asiatique.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤         

Chronique

« La Chine s’appuie sur l’Afrique pour construire une muraille face aux pays occidentaux »

Notre chroniqueur explique en quoi les 60 milliards de dollars promis par Pékin au continent sont stratégiques pour le géant asiatique.

Par                                            Sébastien Le Belzic (chroniqueur Le Monde Afrique, Pékin)




LE MONDE
              datetime="2018-09-04T12:36:16+02:00"

        Le 04.09.2018 à 12h36

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-09-04T14:52:33+02:00"

        Mis à jour le 04.09.2018 à 14h52






    
Les présidents chinois, Xi Jinping, et sud-africain, Cyril Ramaphosa, au Forum Chine-Afrique, à Pékin, le 4 septembre 2018.
Crédits : LINTAO ZHANG / AFP


Chronique. Chefs d’Etat et de gouvernement africains, ministres et conseillers, tous ont fait le déplacement à Pékin, lundi 3 et mardi 4 septembre, pour le Forum Chine-Afrique. Cinquante-trois pays africains sont représentés. Il ne manque que le Swaziland, seul Etat à ne pas avoir prêté allégeance à la République populaire. « Si on compare avec les sommets France-Afrique et Royaume-Uni-Afrique, cela donne une idée de la force de frappe chinoise », commente David Bénazéraf, spécialiste des relations sino-africaines à l’Agence internationale de l’énergie.
Créé en 2000, le Forum sur la coopération sino-africaine (Focac) est devenu un immense guichet pour le continent africain. Les slogans « Destin commun » et « Amitié entre les peuples » se déploient le long des sept périphériques de la capitale chinoise, mais le rendez-vous est avant tout voué à la distribution de bons sentiments et, surtout, de beaucoup d’argent.

        Lire aussi :
         

                Sommet Chine-Afrique : « Pékin n’est pas néocolonialiste mais hégémonique »



Pour résumer : 60 milliards de dollars (près de 52 milliards d’euros) promis par la Chine, soit autant qu’il y a trois ans lors du sommet de Johannesburg. Différence majeure : cette fois, il n’est plus seulement question de distribuer des prêts concessionnels, mais de faire des affaires. Quelque 15 milliards de dollars (soit trois fois plus qu’en 2015) sont des prêts sans intérêts, 20 milliards sont des lignes de crédit, 10 milliards iront à un fonds de financement des projets de développement et 5 milliards devront soutenir les exportations africaines.
Le président chinois, Xi Jinping, a aussi promis d’effacer la dette des pays les plus pauvres. Chose rare, il semble avoir répondu aux inquiétudes des pays occidentaux, notamment en ce qui concerne le poids de la dette.
Base militaire à Djibouti
L’industrialisation du continent est en tête des huit axes de coopération, devant les infrastructures. « Le continent reste plus que jamais une zone de délocalisation des entreprises chinoises pour les industries à forte demande en main-d’œuvre », explique David Bénazéraf, qui voit là un bon moyen de contourner la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.
Car dans ce jeu de go qui oppose la Chine aux pays occidentaux, l’Afrique occupe une part de plus en plus importante. Alors que les « nouvelles routes de la soie » sont critiquées en Asie (notamment en Malaisie, en Birmanie et au Sri Lanka), elles ont désormais leur « extension » africaine, selon les mots de Xi Jinping. Sur le continent, elles déroulent sans trop de heurts leur lot d’investissements dans les infrastructures et rallient de plus en plus de pays : Egypte, Kenya, Afrique du Sud, Sénégal, Maroc… La base militaire chinoise de Djibouti marque de son empreinte cette Chinafrique dessinée par Xi Jinping.

        Lire aussi :
         

                Au Forum Chine-Afrique, Pékin célèbre ses « nouvelles routes de la soie »



« Ces cinq dernières années, le président chinois a visité le continent africain quatre fois. Ce n’était jamais arrivé dans l’histoire de la diplomatie chinoise et c’est le signe d’une relation très forte entre la Chine et l’Afrique », estime Zeng Aiping, de l’Institut chinois des études internationales. Pékin s’appuie sur l’Afrique pour construire une muraille face aux pays occidentaux. Un mur de « Brics » (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) se dresse devant les Etats-Unis, éternel ennemi de la puissance chinoise.
C’est du « gagnant-gagnant »
Alors, mariage de raison ou de circonstance ? Pour les deux parties, c’est du « gagnant-gagnant », selon la terminologie officielle. « Pour l’Afrique, la Chine est une opportunité phénoménale qui lui permet de ne plus être dans un face-à-face avec les puissances occidentales », explique le sinologue Thierry Pairault, directeur de recherche au CNRS. Et pour la Chine, cet élan africain sert de soupape à une économie longtemps portée par les exportations et qui a besoin d’un relais face aux accents protectionnistes de Donald Trump et aux barrières européennes.

        Lire aussi :
         

                Chine-Afrique : le continent au défi d’un emballement de la dette



Face aux critiques, Xi Jinping a déclaré : « Seuls les peuples de Chine et d’Afrique ont le droit de dire si la coopération Chine-Afrique se porte bien. Personne ne devrait nier les réalisations significatives de la coopération sino-africaine sur la base d’hypothèses et de spéculations. » La remise en cause par Pékin de la gouvernance mondiale et du poids historique de l’Occident n’a pas encore livré tous ses secrets. Mais une chose est sûre : l’Afrique est une carte majeure dans le jeu stratégique de Xi Jinping.
Sébastien Le Belzic est installé en Chine depuis 2007. Il dirige le site Chinafrica.info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.


<article-nb="2018/09/04/18-11">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Depuis la victoire israélienne lors la guerre des Six-Jours en 1967, une grande partie des évangéliques américains soutiennent activement l’Etat hébreu.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ 
<article-nb="2018/09/04/18-12">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’appui à l’étranger de chrétiens conservateurs messianiques prend le pas sur celui de la diaspora juive.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’indéfectible soutien des évangéliques à Israël

L’appui à l’étranger de chrétiens conservateurs messianiques prend le pas sur celui de la diaspora juive.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 12h19
    |

                            Claire Bastier








                        



                                


                            

La récolte a commencé de bon matin. Sur la petite parcelle de vignes plantées dans la colonie israélienne d’Ofra, en Cisjordanie, les volontaires déposent les grappes noires dans des caisses au sol. Dans ce paysage de collines pelées, ils s’acquittent joyeusement de leur mission. « Nous contribuons à la prophétie ! », lance l’un d’entre eux.
Dans le cadre de l’association évangélique HaYovel, ces volontaires, majoritairement venus des Etats-Unis, participent bénévolement aux vendanges dans des colonies israéliennes en Cisjordanie. Fondée en 2007 par un couple de chrétiens américains, Tommy et Sherri Waller, HaYovel (« le jubilé » en hébreu) entend contribuer à « la restauration prophétique de la terre d’Israël » en la faisant fructifier. Pour le justifier, Sherri Waller cite un passage de la Bible : « Tu [Israël] seras planté de vignes sur la montagne de Samarie » (Jérémie 31,5).
« Toutes les nations seront bénies si Israël l’est par Dieu. Même les Arabes auront une meilleure vie », Sherri Waller
Depuis ses débuts, HaYovel a mobilisé plus de 1 800 « ouvriers » pour les vendanges en Cisjordanie. Un clair soutien à la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés, que ces chrétiens considèrent comme le « cœur historique et spirituel d’Israël » et qu’ils désignent par le nom biblique de « Judée-Samarie », comme les colons israéliens. Dans une perspective messianique, ils considèrent que le retour de tous les juifs en terre d’Israël – confirmé selon eux par la fondation de l’Etat d’Israël en 1948 – préfigure le retour du Messie, Jésus-Christ, et l’établissement du royaume de Dieu sur la terre pendant mille ans.
Prophétie biblique
En « prenant soin du peuple élu », les fondateurs de HaYovel entendent ainsi faire advenir la prophétie biblique. « Toutes les nations seront bénies si Israël l’est par Dieu, avance Sherri Waller. Même les Arabes auront une meilleure...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-13">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Pour le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, « le statu quo ne peut pas durer indéfiniment ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Idlib : la Russie prépare son opinion à une nouvelle bataille

Pour le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, « le statu quo ne peut pas durer indéfiniment ».



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 11h16
    |

                            Intérim (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Les déclarations ministérielles et les reportages diffusés à la télévision russe ne laissent aucun doute : le Kremlin prépare l’opinion publique avant l’offensive que le régime de Damas veut lancer à Idlib, dernière région syrienne échappant au contrôle des forces gouvernementales. Une offensive qui sera appuyée par les forces russes.
Le président syrien, Bachar Al-Assad, a le droit de « liquider les terroristes », a prévenu, lundi 3 septembre, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Qui a lancé un énième avertissement : « Le statu quo ne peut pas durer indéfiniment. » Vendredi 31 août, il avait déjà déclaré qu’il fallait « chasser les terroristes ». Deux jours avant, il avait comparé Idlib à un « abcès purulent » devant disparaître.
Ces propos s’accompagnent d’images diffusées fréquemment sur les télévisions russes : Idlib est présenté comme un nid à djihadistes où, selon Moscou, les rebelles prépareraient une « provocation » avec des armes chimiques. Autorités et médias dénoncent ainsi une « mise en scène » à venir – un faux bombardement – soutenue par les Occidentaux, avec « la participation active » des services secrets britanniques, pour accuser le régime de Damas.

« Toute cette présentation permet à Moscou de justifier à l’avance l’offensive sur Idlib », explique Andreï Kortounov, directeur du Russian Council, think tank russe à Moscou sur les questions internationales. « On voit bien la logique qu’il y a derrière : terminer la guerre et achever la prise de contrôle par Damas des territoires rebelles qui lui échappaient. Mais cela ne résoudra pas le problème. J’espère qu’au sommet, au Kremlin, ils prennent aussi en compte les risques de catastrophe humanitaire et tous les dégâts politiques qui en découleraient. »
« Vous devez coopérer »
Pour le moment, l’armée russe redouble au contraire d’activité alors que...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-14">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Un nouveau programme de la TV russe dissèque chaque semaine les activités de Poutine, un président « en pleine forme » et qui « aime les enfants ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

« Télé-Poutine » débarque sur les écrans russes

Un nouveau programme de la TV russe dissèque chaque semaine les activités de Poutine, un président « en pleine forme » et qui « aime les enfants ».



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 18h21
    |

            Benoît Vitkine








                        



Les téléspectateurs russes ont pu découvrir, dimanche 2 septembre, un nouveau programme hebdomadaire au nom évocateur, « Moscou. Kremlin. Poutine », entièrement dédié aux activités – forcément remarquables – de leur président. Le dirigeant russe, déjà omniprésent dans les journaux télévisés des différentes chaînes, voit ainsi ses occupations de la semaine écoulée passées au crible en prime time, sur la chaîne publique Rossia-1.
Fin de l’été oblige, la première édition de ce programme d’une heure, présenté par l’animateur vedette Vladimir Soloviev, a été largement consacrée aux vacances sibériennes de M. Poutine, « images exclusives » à l’appui. La traditionnelle mise en scène d’un président plein de santé face à la nature sauvage prend une autre ampleur grâce à des témoignages eux aussi exclusifs.

        Entretien avec Tania Rakhmanova, journaliste et réalisatrice russe :
         

          « En Russie, la télé est en guerre avec le frigo »



Pendant que Poutine évoque un simple « exercice », l’un de ceux qui l’ont accompagné dans sa randonnée de 8 km en montagne se plaint que ses jambes « sont encore douloureuses plusieurs jours après ». « Mais qu’en est-il de sa sécurité ? » s’interroge l’animateur après s’être extasié sur « l’excellente forme » du président. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin présent en plateau, assure le service après-vente. « Les gardes du corps sont armés de manière adéquate, juste au cas où. Mais si des ours voient Poutine, ils ne sont pas idiots, ils savent se tenir. »
Popularité en berne
L’apparition de ce programme dans un paysage audiovisuel déjà saturé par la figure présidentielle survient à un moment délicat pour le Kremlin. Une impopulaire réforme des retraites, annoncée en catimini le jour de l’ouverture du Mondial de football, a fait plonger la popularité du président à son niveau le plus bas depuis quatre ans (67 % d’opinions favorables). « Moscou. Kremlin. Poutine » réussit le tour de force d’évoquer le sujet, ainsi que « le sens de la responsabilité » du président, mais sans mentionner les manifestations régulièrement organisées contre la réforme.

        Notre article sur
         

          l’assouplissement de la réforme contestée des retraites en Russie



Place, plutôt, à diverses rencontres avec des travailleurs ou des jeunes gens lors desquelles Vladimir Poutine fait montre de son amour du pays et de sa sagesse bienveillante. L’une d’elle, à Sotchi, inspire au présentateur Soloviev ce commentaire : « Quand Poutine parle à un enfant ou regarde un enfant, on voit à quel point il aime les enfants. Il a une attitude humaine et sincère envers eux. » Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, le reprend : « Poutine n’aime pas seulement les enfants, il aime les gens en général. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-15">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Après avoir donné son feu vert à des pourparlers directs avec les talibans, Washington change de commandant militaire à Kaboul.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Afghanistan : un nouveau général des forces de l’OTAN pour parvenir à la paix

Après avoir donné son feu vert à des pourparlers directs avec les talibans, Washington change de commandant militaire à Kaboul.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 11h06
    |

            Rémy Ourdan








                        



                                


                            

Un an après que le président américain, Donald Trump, a annoncé une stratégie afghane à laquelle il ne semblait pas vraiment croire lui-même, Washington a changé de commandant militaire dans la plus longue guerre de l’histoire des Etats-Unis. Le général Austin « Scott » Miller, un spécialiste des opérations spéciales, remplace au poste de commandant des forces de l’OTAN à Kaboul le général John Nicholson, un « officier-diplomate » qui fut l’un des meilleurs spécialistes de l’Afghanistan au sein de l’armée américaine.
Le changement de commandement intervient à un moment particulier, alors que le général Nicholson a obtenu en juin le premier cessez-le-feu – certes très temporaire : trois jours – de cette interminable guerre, et surtout que l’administration Trump a donné son feu vert à des négociations de paix directes et sans conditions préalables avec les talibans. Des diplomates américains ont rencontré des émissaires talibans en juillet à Doha, au Qatar. Le changement intervient aussi à un moment où les talibans ont, en dépit de ce bref cessez-le-feu, relancé leurs offensives sur divers fronts à travers le pays, et où l’organisation djihadiste Etat islamique, ennemie tant des talibans que des Etats-Unis, étend son influence et multiplie les attentats.
Le 21 août 2017, dans un discours très confus, Donald Trump avait annoncé qu’il renforçait de nouveau, à la demande des généraux, le contingent américain en Afghanistan, qui est passé de 8 400 à environ 14 000 hommes. Il avouait que, dans cette guerre qu’il avait auparavant qualifiée de « désastre total », son « instinct initial avait été de retirer » les forces américaines. Depuis que la guerre a commencé à la suite des attaques d’Al-Qaida le 11 septembre 2001, M. Trump est le deuxième président, après Barack Obama, élu notamment sur une promesse de retirer l’armée d’Afghanistan. Promesse non tenue dès l’élection passée.
M. Trump avait par ailleurs envisagé de rappeler...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-16">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le président américain reproche à Jeff Sessions de fragiliser le parti avec des procédures menées contre deux élus républicains.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Midterms, J – 63 : Trump met à nouveau en cause son ministre de la justice

Le président américain reproche à Jeff Sessions de fragiliser le parti avec des procédures menées contre deux élus républicains.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 11h26
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre une sorte de plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. A partir du 3 septembre, le correspondant du « Monde » à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a reproché à son ministre de la justice, Jeff Sessions, de fragiliser le Parti républicain à deux mois des élections de mi-mandat. En cause, les procédures judiciaires engagées contre deux élus républicains de la Chambre des représentants, Duncan Hunter (Californie) et Chris Collins (Etat de New York) au cours des dernières semaines.
« Deux enquêtes au long cours, datant de l’ère Obama, visant deux parlementaires républicains très populaires ont débouché sur des inculpations, avant les Midterms, par le ministère de la justice de Jeff Sessions. Deux victoires faciles qui se compliquent par manque de temps. Bien joué Jeff… », a ainsi tonné le président sur son compte Twitter. « Les démocrates, dont aucun n’a voté pour lui » lors de la confirmation de sa candidature par le Sénat, « doivent l’adorer maintenant ».

Les deux élus avaient été les premiers de la Chambre des représentants à apporter leur soutien à Donald Trump dans la course à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2016. Jeff Sessions avait été, pour sa part, le premier sénateur à faire de même.
Duncan Hunter est accusé d’avoir détourné 250 000 dollars de fonds destinés à sa campagne électorale à des fins personnelles. Il continue, pour l’instant, d’être candidat ; contrairement à Chris Collins, inculpé de délit d’initié, qui a fini par renoncer à se représenter en août.
Leurs deux circonscriptions sont désormais classées parmi celles susceptibles d’être disputées...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-17">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Editorial. L’offensive sur l’ultime poche de résistance au régime syrien ne symbolise pas seulement la dernière bataille d’un conflit meurtrier. Elle est aussi la première crise d’un après-guerre dominé par Moscou.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Syrie : Moscou face à la poudrière d’Idlib

Editorial. L’offensive sur l’ultime poche de résistance au régime syrien ne symbolise pas seulement la dernière bataille d’un conflit meurtrier. Elle est aussi la première crise d’un après-guerre dominé par Moscou.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 11h58
   





                        


Editorial du « Monde ». Méthodiquement depuis deux ans, le régime syrien, avec l’appui crucial de ses alliés russes et iraniens, a repris toutes les poches de résistance du pays, les unes après les autres. Il n’en reste plus qu’une : Idlib, dans le nord-ouest du pays, où vivent trois millions de civils, dont un million de personnes déplacées. L’offensive sur Idlib, dernier acte de cette reconquête, passe aujourd’hui pour inéluctable. Les troupes se massent, les déclarations se musclent, mais l’importance de ce qui se joue dans cette enclave va au-delà d’un simple remodelage des lignes de front. Idlib ne symbolise pas seulement la dernière bataille d’un conflit terriblement meurtrier, mais déjà la première crise d’un après-guerre dominé par Moscou.

        Lire aussi :
         

                Syrie : en attendant l’offensive, Idlib vit dans la peur



La mise en garde lancée sur Twitter, tard lundi 3 septembre, par le président Donald Trump au président Bachar Al-Assad, ainsi qu’aux Russes et aux Iraniens, contre « la grave erreur humanitaire » que constituerait un assaut sur Idlib ne doit en effet tromper personne : les Etats-Unis, de moins en moins intéressés par la Syrie, ne bougeront pas. Les menaces occidentales se limitent aujourd’hui à celles de frappes en cas de recours à l’arme chimique.

        Lire aussi :
         

                Trump appelle la Syrie et ses alliés à ne pas mener d’offensive contre Idlib



C’est donc le président Vladimir Poutine qui détient les cartes maîtresses. Il a le pouvoir de lancer une offensive de grande ampleur ou, au contraire, de limiter l’avancée des forces prorégime aux marges de l’enclave. De lui dépend la décision qui déclenchera un chaos de grande ampleur ou une guerre d’usure.
Car Idlib est devenue une poudrière. Les djihadistes d’Hayat Tahrir Al-Cham, une coalition issue d’Al-Qaida, y constituent la force dominante. De nombreux combattants de groupes d’opposition chassés des autres régions s’y sont retirés et se mêlent à la population civile. Une opération de grande ampleur pourrait se traduire par un exode massif que la Turquie voisine entend éviter à tout prix.
Le scénario du chaos
Les forces turques se sont révélées inaptes à isoler les éléments les plus radicaux d’Idlib, légitimant ainsi les pressions russes. Les groupes proturcs ne rassemblent qu’une minorité des combattants d’Idlib et une position plus offensive d’Ankara contre les djihadistes pourrait se traduire par des attentats sur le sol turc. Ainsi prise au piège de sa relation avec Moscou, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan n’aurait d’autre choix pour préserver le statu quo que de se soumettre aux termes dictés par son par­tenaire russe dans la définition des grands équilibres de l’après-guerre. Cette défi­nition sera au cœur du sommet qui doit réunir, le 7 septembre à Téhéran, les présidents russe, turc et iranien.

        Lire aussi :
         

                Syrie : les Occidentaux en sont réduits à tenter d’éviter « un bain de sang » à Idlib



L’Europe, elle, est directement concernée par le scénario du chaos à Idlib, peu onéreux pour Moscou mais aux conséquences humanitaires inévitablement tragiques. L’exode des habitants d’Idlib ne pourrait pas être contenu par une Turquie qui abrite déjà trois millions de réfugiés syriens : c’est alors la menace d’une nouvelle crise migratoire qui pèserait sur notre continent, à la veille des élections au Parlement européen.
Le constat est simple. Les Etats-Unis se retirent, la Russie est en position d’arbitre régional. M. Poutine attend des Européens qu’ils financent la reconstruction d’une Syrie exsangue à la tête de laquelle il a rétabli Bachar Al-Assad, celui-là même qui a massacré son peuple. Les Européens ont là un levier financier : il leur incombe de s’en servir pour éviter ce scénario, et pour exiger une transition politique à Damas.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-18">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Les habitants de l’enclave sont pris en étau entre la crainte de l’assaut du régime et une opposition armée dominée par des djihadistes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Syrie : en attendant l’offensive, Idlib vit dans la peur

Les habitants de l’enclave sont pris en étau entre la crainte de l’assaut du régime et une opposition armée dominée par des djihadistes.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 14h24
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



                                


                            

Tout au long de l’été, Mariam Shirout, institutrice de la province d’Idlib, n’a pas chômé, dispensant, malgré les bruits de bottes, des cours de rattrapage à ses élèves dans la ville de Maarat Al-Nouman. L’école où elle enseigne a rouvert ses portes il y a quelques jours. Dans l’enclave tenue par des djihadistes et des rebelles du Nord-Ouest syrien, « les gens vivent dans la peur d’une attaque du régime, en continuant d’espérer qu’un accord politique soit trouvé pour l’éviter », dit la jeune femme, jointe par WhatsApp.
Le sort d’Idlib se discute en bonne partie entre puissances étrangères. L’enclave abrite près de trois millions de civils, et un affrontement militaire, sur un territoire aussi densément peuplé, risque de tourner au bain de sang. « Il n’y a pas de lieu sûr où se réfugier », s’alarme Hossam, un militant civil installé à Idlib. En cas d’offensive, l’ONU redoute aussi un déplacement massif de population. Ankara, soutien des rebelles, et Moscou, principal soutien militaire du régime, désireux de dessiner à sa façon l’après-guerre en Syrie, poursuivent les négociations. Leurs représentants doivent être reçus, vendredi 7 septembre à Téhéran, par ceux de l’Iran, autre acteur-clé du conflit syrien.

Depuis la reconquête du sud de la Syrie par les forces loyalistes en juillet, l’étau se resserre sur Idlib, une région agricole marginale avant la guerre, très tôt entrée en rébellion contre le pouvoir de Bachar Al-Assad. On s’attend à ce que l’accalmie relative des derniers mois vole en éclats à tout moment. Dans la vaste poche, frontalière de la Turquie, l’angoisse monte au fur et à mesure des mises en garde formulées par le camp prorégime, Moscou en tête. Mariam Shirout n’hésite pas à parler de « guerre médiatique », qui pousse les habitants vers un « épuisement » psychologique.
Violentes frappes et sièges implacables
D’importants renforts de l’armée et de ses milices supplétives...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-19">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Alors que les habitants de l’enclave craignent l’offensive du régime, les Etats-Unis et la France mettent en garde la Syrie et la Russie mais manquent de leviers.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Syrie : les Occidentaux en sont réduits à tenter d’éviter « un bain de sang » à Idlib

Alors que les habitants de l’enclave craignent l’offensive du régime, les Etats-Unis et la France mettent en garde la Syrie et la Russie mais manquent de leviers.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 12h18
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Face à la tragédie annoncée à Idlib, la diplomatie montre une fois de plus toute son impuissance. Alors qu’une offensive majeure des forces du régime syrien, aidé de ses alliés russe et iranien, pour reprendre le contrôle de cette enclave rebelle au nord-ouest du pays semble inéluctable, Paris comme Londres ou Washington et les Nations unies en sont réduits à lancer des cris d’alarme.
Mais les leviers d’action dont disposent les capitales occidentales sont pour le moins limités. « Le pire est devant nous ; au mieux nous pourrons éviter un bain de sang mais, désormais, nul ne se fait plus la moindre illusion sur le sort de l’enclave », constate, amer, un haut diplomate occidental.
« Le président de la Syrie, Bachar Al-Assad, ne doit pas impunément attaquer la province d’Idlib ; les Russes et les Iraniens commettraient une grave erreur humanitaire en participant à cette potentielle tragédie », a tweeté Donald Trump, mais la mise en garde semble surtout pour la forme.
10 000 djihadistes retranchés
« Les Américains font clairement comprendre qu’ils veulent à tout prix se dégager du théâtre syrien, et cela a été très difficile de les convaincre de garder des hommes au moins jusqu’à l’écrasement de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] », note-t-on à Paris, où l’on craint aussi « une catastrophe humanitaire et migratoire majeure ».
Plus de 3 millions de civils, dont 800 000 déplacés ayant fui d’autres régions reconquises, vivent dans cette poche adossée à la Turquie. « S’il y a bataille d’Idlib, Alep, en termes de souffrance, de catastrophe, ce n’était rien par rapport à ce qui risque de se passer », a déclaré la veille, sur France Inter, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en référence à l’offensive meurtrière des forces gouvernementales syriennes, appuyées notamment par l’armée russe, en septembre 2016, contre la partie orientale...




                        

                        


<article-nb="2018/09/04/18-20">
<filnamedate="20180904"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180904"><AAMMJJHH="2018090418">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Deux cents accords entre des écoles des deux pays ont déjà été signés.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Enseignement supérieur : les partenariats entre la France et l’Inde se multiplient

Deux cents accords entre des écoles des deux pays ont déjà été signés.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 12h47
    |

                            Guillaume Delacroix








                        



                                


                            

Comme la France des années 1970, l’Inde est aujourd’hui confrontée à la saturation de son enseignement supérieur. « Une classe d’âge, c’est 22 millions de personnes : il y a forcément un problème de place à l’université et les campus poussent comme des champignons », observe Sinnou David, professeur à la Sorbonne à Paris et chercheur au CNRS à Madras (Inde).
Et si les échanges sont en train de s’intensifier entre les deux pays – la France est parmi les premiers investisseurs étrangers en Inde, où plus de 1 000 entreprises françaises emploient quelque 300 000 personnes –, côté universitaire, c’est pour une raison bien précise. « La France et l’Inde sont les seules puissances économiques du top 10 mondial à être influencées par le classement annuel de Shanghai, constate Sinnou David. Il y a donc un intérêt commun, même si chacune a sa façon de réagir. »
« Je veux que les étudiants français aillent à la découverte de l’Inde », a déclaré Emmanuel Macron
Lors de son passage à Delhi, en mars, Emmanuel Macron a formé un double vœu. « Nous accueillons aujourd’hui 5 000 étudiants indiens en France. L’excellence et l’attractivité de notre enseignement supérieur doivent nous permettre de doubler ce chiffre d’ici à 2020 », a déclaré le président de la République, avant d’ajouter : « Je veux que les étudiants français aillent aussi à la découverte de l’Inde. »
De son côté, le premier ministre indien, Narendra Modi, a lancé en juillet un label, « Institute of Eminence », dans l’espoir d’obtenir enfin une reconnaissance internationale pour les meilleures écoles du pays, comme l’Indian Institute of Science de Bangalore ou les Indian Institutes of Technology de Bombay et Delhi. En parallèle, son gouvernement favorise de plus en plus l’installation d’établissements étrangers en Inde, en essayant de simplifier les questions de partage des risques, de convergence des diplômes et de respect des droits de...




                        

                        

