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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ L’incendie s’est déclaré dans la nuit du dimanche 2 septembre. Si aucune victime n’a été signalée, plus de 20 millions de pièces de valeur pourraient être détruites.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Après avoir été laminée par les smartphones, la photo instantanée suscite un regain d’intérêt.
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La nouvelle jeunesse numérique de Polaroid

Après avoir été laminée par les smartphones, la photo instantanée suscite un regain d’intérêt.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 15h22
    |

            Vincent Fagot








                        



   


En quittant Oskar Smolokowski, on repart fort d’un enseignement précieux : non, il ne faut pas secouer un Polaroid quand le cliché sort de l’appareil. L’image n’apparaîtra pas plus vite et la qualité de la photo risque d’être dégradée.
A même pas trente ans, le PDG du groupe Polaroid en connaît long sur le processus de développement des photos. Formé au génie mécanique, il rejoint en 2012 The Impossible Project, une jeune entreprise sise à Berlin, qui se fixe pour mission de sauver Polaroid. La marque, qui, au faîte de sa gloire, engrangeait des milliards de dollars de chiffre d’affaires chaque année, avait déclaré faillite en 2001, puis de nouveau en 2008.
Grâce à un apport de 2 millions de dollars (1,7 million d’euros) effectué par le père d’Oskar Smolokowski, The Impossible Project acquiert une usine historique de Polaroid aux Pays-Bas et relance la production de films pour les appareils encore en circulation. « Ça a été le plus compliqué. Nombre des produits chimiques qui étaient utilisés à l’origine sont désormais interdits. Il a fallu tout réinventer », explique le jeune homme originaire de Pologne.

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                Photo : les viseurs électroniques valent-ils les viseurs optiques des reflex ?



Une nouvelle étape est franchie en mai 2017, quand The Impossible Project rachète la marque Polaroid – rebaptisée Polaroid Originals – et peut dès lors relancer la production d’appareils photo instantanés reprenant le design de leurs prédécesseurs. « Beaucoup de gens ont tenté de nous en dissuader, parce que c’est des soucis sans arrêt. Mais moi, ce qui m’intéresse le plus, c’est la production d’objets physiques », souligne Oskar Smolokowski. Après le OneStep 2 lancé l’an passé, la marque vient de présenter le OneStep + (159 euros) lors du salon de l’électronique de Berlin (IFA), qui s’est ouvert au public vendredi 31 août.
Forte croissance des ventes en Europe et aux Etats-Unis
Contrairement à leurs prédécesseurs, les nouveaux Polaroid profitent des avancées du numérique. Une application pour smartphone permet d’affiner les réglages de l’appareil photo, de superposer deux photos sur un même cliché, ou de s’amuser avec une source lumineuse pour dessiner des motifs sur la photo (procédé dit du « light painting »).
Sera-ce suffisant pour rendre à Polaroid son lustre d’antan ? La photo instantanée, après avoir été laminée par la photo numérique et les smartphones, connaît un fort regain d’intérêt depuis le début de la décennie. Une marque en particulier en a profité : Fujifilm, qui a écoulé pas moins de 7,7 millions d’unités de ses appareils « Instax » en 2017.

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                L'appareil-photo instantané de Fujifilm



Sans communiquer de chiffres précis, M. Smolokowski assure que Polaroid Originals est à présent bénéficiaire, et connaît une forte croissance de ses ventes en Europe et aux Etats-Unis. « L’engouement pour les appareils photo instantanés n’est pas près de retomber et nous avons tous les atouts pour rivaliser avec la concurrence, à commencer par la passion qui entoure la marque », veut croire le jeune patron.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le dernier des grands festivals d’été est organisé jusqu’au 9 septembre dans plusieurs salles parisiennes.
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Voix soul et swing dansant à Jazz à La Villette

Le dernier des grands festivals d’été est organisé jusqu’au 9 septembre dans plusieurs salles parisiennes.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 10h07
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Dernier des grands festivals d’été, Jazz à La ­Villette s’installe jusqu’au 9 septembre dans une dizaine de salles parisiennes (et à la Dynamo, à Pantin), avec en centre névralgique celles du parc de La Villette. Comme d’autres festivals qui portent le terme jazz et sont susceptibles d’attirer plusieurs dizaines de milliers de spectateurs, la programmation n’est pas strictement jazz.
A l’image de la soirée du samedi 1er septembre, à la Grande Halle, avec, par ordre d’apparition, ­Robin McKelle, Son Little et Selah Sue – au même moment à la Philharmonie, le pianiste Brad ­Mehldau présentait en première mondiale son Piano Concerto avec l’Orchestre national d’Ile-de-France. En point commun à ces trois voix, l’imprégnation de la soul music, celle dont la grande dame, l’Américaine Aretha Franklin, morte le 16 août, a été la représentante la plus célèbre. Clairement dans les approches de ses compatriotes Robin McKelle et Son Little, plus par touches et une manière de faire vivre le chant chez la Belge Selah Sue.
Le trio de Robin McKelle est plus qu’accompagnateur, mais profondément complice
Première à monter sur la scène, Robin McKelle aura emporté le public durant une quarantaine de minutes par la chaleur de ses ­interprétations, le coulé de ses improvisations en scat (superbes lors d’It Won’t End Up), qui traduisent un lien fondateur avec le jazz.
Son trio, de premier ordre, là aussi dans les connaissances complémentaires entre jazz et soul (le pianiste et organiste Mike King), avec des éléments de funk (le bassiste Reggie Washington, le batteur Kush Abadey), est plus qu’accompagnateur, mais profondément complice.
En apesanteur
C’est peut-être ce qui manque au chanteur et guitariste Son Little. Vocalement très prenant, il est marqué aussi par le gospel, avec des interprétations qui savent faire ressentir l’émotion (The Middle, O Mother, Your Love Will Blow me Away).
Son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La jeune artiste a donné un impressionnant récital en ouverture du festival Les Solistes à Bagatelle.
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Les jeux de rôle de la pianiste Lise de la Salle

La jeune artiste a donné un impressionnant récital en ouverture du festival Les Solistes à Bagatelle.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 09h45
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Chaque samedi et chaque dimanche, à raison de deux concerts par jour, le festival Les Solistes à Bagatelle ­invite, jusqu’au 16 septembre, des pianistes à se ­produire dans des programmes panoramiques d’environ une heure. Les uns sont des interprètes de renom (François Chaplin, ­Jean-François Heisser, François-Frédéric Guy, respectivement les 8, 15 et 16 septembre), les autres, des jeunes à découvrir (Gaspard ­Dehaene et Anastasya Terenkova, le 9).
Bénéficiaire d’une carte blanche samedi 1er septembre, en ouverture de la manifestation, Lise de la Salle appartient en quelque sorte aux deux catégories. A 30 ans, elle n’est certes plus une inconnue, mais sa personnalité a plus ­souvent l’occasion de s’exprimer à l’étranger qu’en France, où son image d’enfant précoce (premier disque enregistré à 14 ans) semble encore prévaloir. Le récital donné dans l’Orangerie de Bagatelle aura permis de remettre les pendules à l’heure.
Lise de la Salle est une artiste accomplie, aussi respectueuse du texte à interpréter qu’investie dans un modelage très personnel du son
Lise de la Salle est aujourd’hui une artiste accomplie, aussi respectueuse du texte à interpréter qu’investie dans un modelage très personnel du son. Rigueur (de l’écriture) et fantaisie (du propos) constituent d’ailleurs les maîtres mots d’un programme qu’elle ­parut aborder comme un édifiant jeu de rôle. Avec le Concerto italien, de Jean-Sébastien Bach, la référence est dévoilée dans le titre, mais Lise de la Salle ne se contente pas d’évoquer les traits de Vivaldi perceptibles en filigrane de la malicieuse partition du Cantor de ­Leipzig. Elle ajoute, tout sourire, l’irrévérence d’une transcription au piano de la partie originale pour clavecin. Piano ? En apparence, car les notes donnent souvent l’impression de tinter comme des boules de verre, aux mille nuances, tantôt feutrées, tantôt rayonnantes.
Même sensation à l’écoute du morceau suivant, la Sicilienne en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Du centenaire de Bergman à Miro au Grand Palais, d’Ostermeier à la Comédie-Française à Christine and The Queens, quelques temps forts, essentiellement parisiens, à noter sur l’agenda, dès septembre.
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Rentrée culturelle : ce qu’il faut voir cet automne

Du centenaire de Bergman à Miro au Grand Palais, d’Ostermeier à la Comédie-Française à Christine and The Queens, quelques temps forts, essentiellement parisiens, à noter sur l’agenda, dès septembre.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 08h27
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 11h26
    |

                            Service culture








                        



                                


                            CINÉMA
« Les Frères Sisters »
Jacques Audiard fait partie des auteurs attendus, catégorie de plus en plus rare, qui s’attachent à ne pas être nécessairement là où les attend. Ainsi des Frères Sisters qu’on attendait à Cannes et qui est à Venise, qui se passe au Far West plutôt qu’en France, qu’on voudrait viril et qui n’est que tendre. Joaquin Phoenix et John C. Reilly y campent deux frères tueurs à gages sur la piste picaresque de leur proie. Le 19 septembre. J. M.
Centenaire Ingmar Bergman
Figure canonique du cinéma d’auteur à l’européenne, explorateur fiévreux des profondeurs intérieures, le Suédois Ingmar Bergman aurait eu 100 ans, le 14 juillet 2018. L’auteur de Monika, de Fanny et Alexandre et de tant d’autres chefs-d’œuvre aura en France un anniversaire à sa mesure. Sortie de documentaires inédits ainsi que d’un grand nombre de ses films en salles, intégrale à la Cinémathèque française (à partir du 19 septembre), rencontres et débats, autant d’initiatives qui devraient rappeler à quel point la sépulcrale « Statue du commandeur » de l’art et essai était pétrie de vie. J. M.
« I Feel Good »
Retour de Kervern et Delépine, les deux anars de Groland, qui poursuivent leur glorieuse mission destructrice au cinéma. La méthode est désormais connue, qui consiste à embarquer une ou plusieurs vedettes de gros calibre dans une histoire explosivement séditieuse. Ici, et pour la première fois, Jean Dujardin en chômeur mythomane adepte de l’idéologie ultra-libérale, qui entreprend de vendre des opérations de chirurgie esthétique low cost aux miséreux d’Emmaüs. Le 26 septembre. J. M.

« Un peuple et son roi »
De la réunion des états généraux à la mort de Louis XVI, qu’est-ce qui s’est accompli, qu’est-ce qui s’est défait ? Le cinéaste Pierre Schoeller a l’ambition de poser ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Jacques Mandelbaum, critique cinématographique au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.
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« Mes incontournables » : 7 livres pour comprendre le cinéma, par Jacques Mandelbaum

Jacques Mandelbaum, critique cinématographique au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 07h00
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

« MES INCONTOURNABLES », PAR JACQUES MANDELBAUM

André Bazin, la figure tutélaire
L’invention (française) de la cinéphilie s’est ancrée, non seulement dans la passion des images, mais encore dans la manière de l’exprimer et de la raisonner, dans l’analyse, la dispute, l’amour fiévreux des mots et des idées. Cette pensée du cinéma a ses classiques, parmi lesquels André Bazin (1918-1958) représente la figure tutélaire, discutée bien sûr à quelques endroits de sa réflexion, mais restant à mes yeux indépassable. Recueil de ses principaux articles parus dans les années 1940 et 1950, Qu’est-ce que le cinéma ?, ouvrage percutant et intuitif (1975), invente l’alphabet d’un nouveau langage (« ontologie de l’image photographique », « robe sans couture de la réalité », « montage interdit ») qui ouvre pour des générations de cinéphiles ce divertissement d’ilotes à la conquête de son intelligence.

« Qu’est-ce que le cinéma ? », d’André Bazin, Cerf, « 7e art », 372 p., 19 €.
François Truffaut, le passionné
Grand cinéaste, François Truffaut (1932-1984) fut aussi grand critique, cultivant ici des qualités qu’on retrouverait là. Quelque chose d’à la fois cristallin et opaque, un formidable appétit de vie doublé d’une noirceur profonde. Les Films de ma vie (1975) et Le Plaisir des yeux (1987), deux livres radieux, dispensateurs d’ivresse, sont du genre qu’on met dans sa poche pour la vie puisqu’ils montrent aussi bien que les films regardent nos vies. Tout y est. La sûreté du goût, la férocité injuste envers les vieilles badernes, la vision intime et engagée d’un art, la passion d’aimer, la noblesse de l’admiration, le sens inouï de la formule. Au programme : Chaplin, Hitchcock, Bresson, Moreau ou Adjani. Pour la route, cette magnifique introduction à son double cinématographique : « Jean-Pierre Léaud est un acteur anti-documentaire, même quand il dit bonjour, nous basculons dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/09/2018
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« Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète

D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 18h07
    |

                            Collectif








                        


Tribune. Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.
Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.
Pas trop tard pour éviter le pire
Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.
Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.
Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux.
Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.
C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire.
De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.
Isabelle Adjani, actrice ; Laure Adler, journaliste ; Pedro Almodovar, cinéaste ; Laurie Anderson, artiste ; Charles Aznavour, chanteur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Pierre Arditi, acteur ; Niels Arestrup, acteur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, cinéaste ; Yvan Attal, acteur, cinéaste ; Josiane Balasko, actrice ; Aurélien Barrau, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Xavier Beauvois, cinéaste ; Alain Benoit, physicien (Académie des sciences) ; Jane Birkin, chanteuse, actrice ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Gilles Boeuf, biologiste ; Mathieu Boogaerts, chanteur ; John Boorman, cinéaste ; Romane Bohringer, actrice ; Carole Bouquet, actrice ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Zabou Breitman, actrice, metteuse en scène ; Nicolas Briançon, acteur, metteur en scène ; Irina Brook, metteuse en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, cinéaste ; Florence Burgat, philosophe ; Gabriel Byrne, acteur ; Cali, chanteur ; Sophie Calle, artiste ; Jane Campion, cinéaste ; Isabelle Carré, actrice ; Emmanuel Carrère, écrivain ; Anne Carson, auteure et professeure ; Michel Cassé, astrophysicien ; Laetitia Casta, actrice ; Bernard Castaing, physicien (Académie des sciences) ; Antoine de Caunes, journaliste, cinéaste ; Alain Chamfort, chanteur ; Boris Charmatz, chorégraphe ; Christiane Chauviré, philosophe ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; François Civil, acteur ; Hélène Cixous, écrivaine ; Isabel Coixet, cinéaste ; Françoise Combes, astrophysicienne (Collège de France) ; François Cluzet, acteur ; Gregory Colbert, photographe, cinéaste ; Bradley Cooper, acteur ; Brady Corbet, acteur ; Béatrice Copper-Royer, psychologue ; Marion Cotillard, actrice ; Denis Couvet, écologue ; Camille Cottin, actrice ; Clotilde Courau, actrice ; Franck Courchamp, écologue (Académie européenne des sciences) ; Nicole Croisille, chanteuse ; David Cronenberg, cinéaste ; Alfonso Cuaro, cinéaste ; Willem Dafoe, acteur ; Philippe Decouflé, chorégraphe ; Sébastien Delage, musicien ; Vincent Delerm, chanteur ; Alain Delon, acteur ; Catherine Deneuve, actrice ; Claire Denis, cinéaste ; Philippe Descola, anthropologue (Collège de France) ; Alexandre Desplat, compositeur ; Manu Dibango, musicien ; Hervé Dole, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Valérie Dréville, actrice ; Diane Dufresne, chanteuse ; Sandrine Dumas, actrice, metteuse en scène ; Romain Duris, acteur ; Lars Eidinger, acteur ; Marianne Faithfull, chanteuse ; Pierre Fayet, physicien (Académie des sciences) ; Ralph Fiennes, acteur ; Frah (Shaka Ponk), chanteur ; Cécile de France, actrice ; Stéphane Freiss, acteur ; Thierry Frémaux, directeur de festival ; Jean-Michel Frodon, critique, professeur ; Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile ; Pierre-Henri Gouyon, biologiste ; Julien Grain, astrophysicien ; Anouk Grinberg, actrice ; Mikhaïl Gromov, mathématicien (Académie des sciences) ; Sylvie Guillem, danseuse étoile ; Arthur H, chanteur ; Ethan Hawke, acteur ; Christopher Hampton, scénariste ; Nora Hamzawi, actrice ; Ivo Van Hove, metteur en scène ; Isabelle Huppert, actrice ; Agnès Jaoui, actrice, cinéaste ; Michel Jonasz, chanteur ; Camelia Jordana, chanteuse ; Jean Jouzel, climatologue (Académie des sciences) ; Juliette, chanteuse ; Anish Kapoor, sculpteur, peintre ; Mathieu Kassovitz, acteur ; Angélique Kidjo, chanteuse ; Cédric Klapisch, cinéaste ; Thierry Klifa, cinéaste ; Panos H. Koutras, cinéaste ; Lou de Laâge, actrice ; Ludovic Lagarde, metteur en scène ; Laurent Lafitte, acteur ; Laurent Lamarca, chanteur ; Maxence Laperouse, comédien ; Camille Laurens, écrivaine ; Bernard Lavilliers, chanteur ; Sandra Lavorel, écologue (Académie des sciences) ; Jude Law, acteur; Patrice Leconte, cinéaste ; Roland Lehoucq, astrophysicien ; Gérard Lefort, journaliste ; Nolwenn Leroy, chanteuse ; Peter Lindbergh, photographe ; Louane, chanteuse ; Luce, chanteuse ; Ibrahim Maalouf, musicien ; Vincent Macaigne, metteur en scène, acteur ; Benoît Magimel, acteur ; Yvon Le Maho, écologue (Académie des sciences) ; Andreï Makine, écrivain de l’Académie Française ; Abd al Malik, rappeur ; Sophie Marceau, actrice ; Virginie Maris, philosophe ; André Markowicz, traducteur ; Nicolas Martin, journaliste ; Vincent Message, écrivain ; Wajdi Mouawad, metteur en scène ; Nana Mouskouri, chanteuse ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Arthur Nauzyciel, metteur en scène ; Safy Nebbou, cinéaste ; Pierre Niney, acteur ; Helena Noguerra, chanteuse ; Claude Nuridsany, cinéaste ; Michael Ondaatje, écrivain ; Thomas Ostermeier, metteur en scène ; Clive Owen, acteur ; Corine Pelluchon, philosophe ; Laurent Pelly, metteur en scène ; Raphaël Personnaz, acteur ; Dominique Pitoiset, metteur en scène ; Denis Podalydès, acteur ; Pomme, chanteuse ; Martin Provost, cinéaste ; Olivier Py, metteur en scène ; Susheela Raman, chanteuse ; Charlotte Rampling, actrice ; Raphaël, chanteur ; Régine, chanteuse ; Cécile Renault, astrophysicienne ; Robin Renucci, acteur ; Jean-Michel Ribes, metteur en scène ; Tim Robbins, acteur ; Muriel Robin, actrice ; Isabella Rossellini, actrice ; Brigitte Roüan, actrice, cinéaste ; Carlo Rovelli, physicien (Institut universitaire de France) ; Eric Ruf, directeur de la Comédie-Française ; Céline Sallette, actrice ; Rodrigo Santoro, acteur ; Marjane Satrapi, cinéaste ; Kristin Scott Thomas, actrice ; Albin de la Simone, musicien ; Abderrahmane Sissako, cinéaste ; Marianne Slot, productrice ; Patti Smith, chanteuse, écrivaine ; Sabrina Speich, géoscientifique ; Marion Stalens, réalisatrice ; Kristen Stewart, actrice ; Tom Stoppard, dramaturge ; Peter Suschitzky, chef opérateur ; Malgorzata Szumowska, cinéaste ; Béla Tarr, cinéaste ; Gilles Taurand, scénariste ; Alexandre Tharaud, musicien ; James Thierrée, danseur, chorégraphe ; Mélanie Thierry, actrice ; Danièle Thompson, cinéaste ; Melita Toscan du Plantier, attachée de presse ; Jean-Louis Trintignant, acteur ; John Turturro, acteur ; Hélène Tysman, pianiste ; Pierre Vanhove, physicien ; Karin Viard, actrice ; Polydoros Vogiatzis, acteur ; Rufus Wainwright, chanteur ; Régis Wargnier, cinéaste ; Jacques Weber, acteur ; Wim Wenders, cinéaste ; Sonia Wieder-Atherton, musicienne ; Bob Wilson, metteur en scène ; Lambert Wilson, acteur ; Jia Zhang-ke, cinéaste ; Elsa Zylberstein, actrice



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Des flammes ont détruit ce joyau culturel, l’un des plus anciens musées du Brésil avec plus de 20 millions de pièces de valeur.
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Incendie dans le Musée national de Rio : « Une partie de cette tragédie aurait pu être évitée »

Des flammes ont détruit ce joyau culturel, l’un des plus anciens musées du Brésil avec plus de 20 millions de pièces de valeur.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 03h23
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 17h46
   





                        



L’un des plus anciens musées du Brésil ravagé par les flammes. Un énorme incendie s’est déclaré, dimanche 2 septembre, au Musée national de Rio de Janeiro. Le sinistre, d’origine encore inconnue, a débuté vers 19 h 30 heure locale (0 h 30 lundi heure de Paris) alors que le musée était fermé au public, ont indiqué les médias brésiliens. Aucune victime n’a été signalée.
Des images montrent le majestueux bâtiment, d’une superficie de 13 000 mètres carrés, ravagé par d’immenses flammes. Malgré l’envoi rapide de pompiers, le feu a gagné les centaines de salles du musée, détruisant tout sur son passage.
« Il faut que la population soit indignée »
Incontrôlable pendant de longues heures, l’incendie a fait beaucoup de dégâts parmi les plus de 20 millions de pièces de valeur qu’abrite le musée. « Nous allons procéder avec beaucoup de précaution pour voir si nous arrivons à sauver quelque chose. Je ne sais pas encore si une salle a été préservée », a expliqué un porte-parole des pompiers.
Ces ravages ont provoqué la colère de nombreux intellectuels, professeurs, chercheurs et étudiants brésiliens, prompts à dénoncer les coupes budgétaires à l’origine du manque de sécurisation. Le bâtiment, un ancien palais impérial, dont il ne reste plus que la façade jaune pastel, ne disposait même pas d’un système d’extincteurs automatiques en état de fonctionnement. Lundi matin, une centaine d’étudiants et professeurs ont manifesté dans les jardins du parc de Boa Vista, au cœur duquel se trouve le musée.
« Il ne suffit pas de pleurer, il faut que le gouvernement aide le musée à reconstruire son histoire », a déclaré Alexandre Keller, directeur de musée, devant les décombres fumants de l’ancien palais impérial du XIXe siècle. « Il faut que la population soit indignée. Une partie de cette tragédie aurait pu être évitée. À présent, il faut agir », a-t-il ajouté, dénonçant le manque de fonds alloués à l’entretien.

   


« Ce sont deux cents ans d’histoire qui ont disparu »
Le directeur adjoint du musée, Luiz Fernando Dias Duarte, a confié qu’il ressentait « un profond découragement » et « une immense colère ». « Ce sont deux cents ans d’histoire qui ont disparu », a-t-il déploré. M. Dias Duarte a accusé les autorités brésiliennes de « manque d’attention » et a souligné qu’il n’y a jamais eu de « soutien efficace et urgent » à une adaptation du palais, ancienne résidence officielle de la famille royale et impériale.
Un plan de financement de 21,6 millions de réales (4,5 millions d’euros) avait toutefois été voté en juin – sans soutien fédéral –, qui comprenait la mise en place d’un équipement anti-incendie. Mais sans date précise de mise en place.
Un manque de moyens qui s’est révélé critique à tous les niveaux. Roberto Robadey, commandant des pompiers de Rio, a rapporté que les deux bouches d’incendie situées à l’extérieur du musée étaient vides, ce qui a contraint ses hommes à compter sur les camions pour pomper de l’eau dans un lac situé à proximité.
Créé par le roi Jean VI et ouvert en 1818, le Musée national compte parmi les musées les plus anciens et les plus prestigieux du Brésil. Cette institution culturelle et scientifique d’Amérique latine possède plus de 20 millions de pièces de valeur. Le site Internet du Musée national détaille les œuvres présentes dans le bâtiment : une collection égyptienne ; une autre d’art et d’artefacts gréco-romains ; des collections de paléontologie, comprenant un squelette de dinosaure trouvé dans la région de Minas Gerais, ainsi que le plus ancien fossile humain découvert au Brésil, connu sous le nom de « Luzia ».
« Aujourd’hui est un jour tragique pour le Brésil. Deux cents ans de travail, de recherche et de connaissances ont été perdus », a déclaré le président Michel Temer dans un communiqué de presse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Baer a lancé dimanche soir sa nouvelle émission hebdomadaire, « Lumières dans la nuit ». Au programme : quelques ratés, mais surtout des pépites.
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Edouard Baer, gentleman-saltimbanque sur France Inter

Baer a lancé dimanche soir sa nouvelle émission hebdomadaire, « Lumières dans la nuit ». Au programme : quelques ratés, mais surtout des pépites.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 03h09
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 07h48
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Un hymne à la chaleur de la radio, à la liberté de « loufoquer » et à l’incandescence du direct (avec ses p’tits pépins, touchants et pas gênants) ; une ode à la verve oratoire et à l’improvisation, qu’elle parte en feu d’artifice ou tombe à plat… Dimanche 2 septembre, entre 22 heures et minuit, Edouard Baer s’est lancé dans la première de « Lumières dans la nuit », sur France Inter. Il y eut des ratés, quelques trous d’air, mais aussi des pépites, les seuls moments que l’on retienne, au bout du compte, lorsqu’une émission prend le risque de l’impro en direct et que le rire vous submerge sans prévenir.
Ceux qui écouteront l’émission en replay peuvent s’épargner les vingt premières minutes : le public présent au Belair, le café de la Maison ronde, semble chauffé à blanc dès le générique, mais Baer et sa troupe d’amis beaucoup moins.
Mise en place, présentation de ses compères et complices – dont Fred Tousch et Jack Servant, déjà à ses côtés dans la matinale qu’il animait sur Radio Nova, les deux dernières saisons –, proposition de dresser le bilan de « Lumières dans la nuit » dès son lancement, échange sans intérêt avec une auditrice au téléphone, tentative infructueuse de sketch improvisé avec Alain Chabat, « parrain de l’émission », autour de la démission de Nicolas Hulot : comme il le promet ironiquement, Edouard Baer risque alors d’« accompagner l’auditeur, s’il y en a un, vers l’endormissement ». 

        Lire aussi :
         

                Edouard Baer, un sérieux comique



La légèreté et le n’importe quoi à tout prix
C’est alors que Baer lance son coup : il appelle le plateau de la chaîne L’Equipe, en plein match Monaco-Marseille, interrompt et interpelle ses commentateurs, leur demande une prestation « à l’ancienne », grandiloquente et enflammée, performance qu’il reprendra à son tour brillamment. Un beau moment de radio et de télévision à la fois.
A partir de là, chacun, derrière son micro, commence à être suffisamment « chaud » pour répondre aux questions et tentatives d’improvisation de Baer sur tout et n’importe quoi : l’intrigue plus ou moins claire que révèle une des chansons de Serge Lama ; l’intérêt ou non de recycler les agendas des années passées ; et, surtout, l’avantage du/de la « réquerre », à la fois rapporteur et équerre, tel que présenté au téléphone par Alexandre Astier, envoyé spécial pour la rentrée scolaire du lendemain.
Nombre de questions absurdes d’Edouard Baer n’auront pas donné lieu à la qualité de délire qu’il attendait probablement de ses interlocuteurs. Reste néanmoins vibrante, tout au long de l’émission, sa volonté de tenter la légèreté et le n’importe quoi à tout prix, gage d’une vibration imaginative et créative. Il sera sans doute plus aisé d’y donner libre cours dans les prochaines émissions, qui le verront mener « Lumières dans la nuit » non plus depuis Radio France mais dans des bars et autres lieux de vie un peu partout en France. Toujours avec une bande de « camarades sociétaires » à la chasse au cafard du dimanche soir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le long-métrage de Roberto Minervini, sur une communauté noire de La Nouvelle-Orléans, a été accueilli chaleureusement à Venise.
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« What You Gonna Do When the World’s on Fire ? », premier film engagé de la Mostra

Le long-métrage de Roberto Minervini, sur une communauté noire de La Nouvelle-Orléans, a été accueilli chaleureusement à Venise.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 00h30
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 07h41
    |

            Véronique Cauhapé (Venise (Italie), envoyée spéciale)








                        



   


A son mi-parcours, la Mostra de Venise a connu sa projection la plus émouvante, dimanche 2 septembre, avec What You Gonna Do When the World’s on Fire ?, qui a été honoré par une salle debout. Les très longs applaudissements ont tiré les larmes au réalisateur Roberto Minervini, aux acteurs de son film (qui ne sont pas des comédiens) et au public lui-même. Cette manifestation lacrymale ne relevait pas seulement de l’accueil chaleureux réservé au film. Elle saluait avant tout le propos de What You Gonna Do When the World’s on Fire ? ainsi que les hommes, les femmes et les enfants qui y figurent.
Dans ce cinquième film documentaire, en noir et blanc, consacré au Sud américain (l’avant-dernier, The Other Side, suivait un couple de toxicomanes en Louisiane et des paramilitaires au Texas), le réalisateur est allé à la rencontre d’Afro-Américains de La Nouvelle-Orléans, dont l’histoire porte l’empreinte de siècles de racisme. Roberto Minervini a filmé en 2017, année tragiquement marquée par la mort de plusieurs Noirs non armés, abattus par des policiers.
Comme à son habitude, le réalisateur, formé à la photographie et au reportage, a passé beaucoup de temps auprès de cette communauté, dont il a recueilli les confidences durant de longs mois, gagnant ainsi leur confiance et une proximité sans laquelle son documentaire n’aurait pas cette intensité profonde, ce respect gagné de part et d’autre, palpable dans le film. Il a ensuite laissé sa caméra agir, en longs plans séquences, afin qu’elle enregistre le quotidien, la colère, l’engagement, les réflexions de ces hommes et de ces femmes que la peur ne quitte pas mais que le courage soutient.

   


Une œuvre qui abolit les frontières
Roberto Minervini, qui fait partie de la nouvelle vague de talents du cinéma transalpin, a le don de l’écoute, au même titre que celui du cadrage. Suivant les préparatifs du Mardi gras indien comme s’il s’agissait d’une fiction, les Black Panthers en action à la manière d’un reporter, et les individus, comme le grand documentariste qu’il est, le réalisateur crée une œuvre d’une nature singulière qui abolit les frontières entre les différentes catégories cinématographiques.
Depuis le début de la Mostra, What You Gonna Do When the World’s on Fire ? – dont le propos entre en résonance avec la politique de Donald Trump et la politique d’accueil des migrants en Europe – a été le premier film engagé et politique présenté jusqu’alors dans la sélection officielle. Celle-ci, depuis sa soirée d’ouverture mercredi 29 août, s’est en effet surtout distinguée par de grands films de genre, assumés comme un hommage au cinéma par les réalisateurs.
Le western (The Ballad of Buster Scruggs, de Joel et Ethan Cohen, Les Frères Sisters, de Jacques Audiard), le film dans l’espace (First Man, de Damien Chazelle), le film historique en costumes (The Favourite, de Yorgos Lanthimos), le film d’horreur (Luca Guadagnino offrant sa version de Suspiria quarante ans après celle de Dario Argento)… ont ainsi été magistralement célébrés. Tous ces films ont suscité de grands enthousiasmes, tant de la part du public que de la critique. What You Gonna Do When the World’s on Fire ?, avec le réel dans ses bagages, a été le premier à bouleverser.

        Lire le compte-rendu :
         

          « The Ballad of Buster Scruggs », western des frères Coen, présenté à la Mostra de Venise




        Lire aussi le reportage :
         

          A Venise, Damien Chazelle met la Mostra sur orbite




Film américain et italien en noir et blanc de Roberto Minervini. Avec Judy Hill, Michael Nelson, Ronaldo King (2 h 03). Sur le Web : www.shellac-altern.org/films/503 et www.labiennale.org/en/cinema/2018/lineup/venezia-75-competition/what-you-gonna-do-when-worlds-fire



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le réalisateur des « Frères Sisters » s’est également étonné que, sur vingt et un films en compétition pour le Lion d’Or, un seul ait été réalisé par une femme.
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A la Mostra, le cinéaste Jacques Audiard dénonce l’absence de femmes à la tête des festivals

Le réalisateur des « Frères Sisters » s’est également étonné que, sur vingt et un films en compétition pour le Lion d’Or, un seul ait été réalisé par une femme.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 19h16
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 10h25
   





                        



   


Le cinéaste français Jacques Audiard a dénoncé, dimanche 2 septembre, l’absence de femmes à la tête des festivals de cinéma. « Ça fait vingt-cinq ans que mes films sont dans les festivals, je n’ai pas vu de femmes à la tête des festivals, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Venise pour la présentation de son film Les Frères Sisters, en compétition à la Mostra. J’ai envoyé des courriers à mes confrères de la sélection et j’ai senti qu’il n’y avait pas un écho formidable. »
Le réalisateur s’est dit en outre « surpris » de la sous-représentation féminine parmi les cinéastes en lice pour le Lion d’or de Venise. Sur vingt et un films, un seul est réalisé cette année par une femme, The Nightingale, de Jennifer Kent.

        Lire le compte-rendu :
         

          « The Ballad of Buster Scruggs », western des frères Coen, présenté à la Mostra de Venise



Le directeur artistique de la Mostra, Alberto Barbera, avait déclaré, avant cette 75e édition, qu’il préférerait « changer de métier plutôt que d’être obligé de sélectionner un film parce qu’il a été réalisé par une femme et non parce qu’il est réussi ».
« L’opacité en genre et en nombre »
« Ne nous posons pas la question du sexe des films, posons-nous la question de savoir si les festivals ont un sexe, si les dirigeants des festivals ont un sexe. Ça, c’est une question simple et la réponse est oui, a déclaré Jacques Audiard. Je pense qu’il y a un problème là, et un autre problème, c’est que depuis vingt-cinq ans, j’ai souvent vu les mêmes têtes, les mêmes hommes à des postes différents, mais toujours là. »

        Lire le reportage :
         

          A Venise, Damien Chazelle met la Mostra sur orbite



Le réalisateur, récompensé en 2015 par la Palme d’or à Cannes pour Dheepan, a appelé à dissiper « l’opacité en genre et en nombre » et à changer les choses dans « les comités de sélection » et chez « les sélectionneurs » des festivals. « L’égalité, ça se compte, la justice, ça s’applique, c’est très simple. Après on commencera à être un peu sérieux et on évitera ces aberrations comme ce vingt contre un », a-t-il conclu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Pour son premier roman, « Asymétrie », l’écrivaine américaine s’est inspirée de son aventure avec Philip Roth, il y a près de vingt ans. En hommage à celui qui a encouragé sa vocation littéraire.
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Lisa Halliday : « Juste une histoire d’amour »

Pour son premier roman, « Asymétrie », l’écrivaine américaine s’est inspirée de son aventure avec Philip Roth, il y a près de vingt ans. En hommage à celui qui a encouragé sa vocation littéraire.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 16h58
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Bien sûr que c’est lui, Ezra Blazer. Bien sûr que le « grantécrivain » américain décrit par Lisa Halliday dans son premier roman – cet homme au répertoire de blagues juives intarissable, ce séducteur impénitent appelant toujours en numéro masqué, cet inconditionnel de Bach et des Red Sox avec un dos en capilotade… – n’est autre que Philip Roth himself. « Toute la première partie du livre est inspirée par la relation amoureuse que nous avons eue il y a dix-huit ans », confirme Lisa Halliday, de passage à Paris, en juin, pour la sortie de son livre. Mais alors, pourquoi l’avoir fait naître à Pittsburgh et non à Newark ? Pourquoi l’avoir rebaptisé Blazer ? « Oh… parce qu’il faut toujours une dose de fiction pour rendre la réalité plus réelle. Si l’on y regarde de près, mon personnage est un amalgame. De vérité et d’imagination. Mais il en va toujours ainsi dans l’écriture, n’est-ce pas ? Autobiographie et invention intriquées. Philip savait ça mieux que personne. »
Rencontre du père de Portnoy
« Philip… » Elle a dit ça d’une voix douce, tout en tortillant une mèche de cheveux autour de son index. Blonde, frêle, timide presque. On comprend qu’un incurable womanizer comme Roth n’ait pas résisté. Elle a grandi dans la petite ville de Medfield (Massachusetts). Son père était mécanicien et sa mère couturière. Ils ont divorcé quand elle avait 5 ans. « Ma mère s’est remariée et a monté une société d’extermination de nuisibles qu’elle dirige toujours », explique Halliday qui, bonne élève et grande lectrice, fut « la première de [sa] famille immédiate à fréquenter l’université ». Tout juste sortie d’Harvard, elle entre chez Wylie, l’agent littéraire des stars de la plume. C’est là qu’elle commence à écrire. « Le matin, le soir, le week-end… Il était rare que j’arrive au bout d’un texte qui me satisfasse. Sauf “Stump Louie”, une nouvelle sur un joueur de piano timide qu’a publiée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ « Le Monde » interroge une personnalité sur un moment décisif de son existence. Cette semaine, le comédien Jacques Weber évoque ses rencontres avec sa femme et avec Pierre Brasseur.
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Jacques Weber : « Je suis marqué au fer rouge par l’éducation nationale »

« Le Monde » interroge une personnalité sur un moment décisif de son existence. Cette semaine, le comédien Jacques Weber évoque ses rencontres avec sa femme et avec Pierre Brasseur.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 17h46
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            JE NE SERAIS PAS ARRIVÉ LÀ SI…
Comédien et metteur en scène, Jacques Weber interprétera, à partir du 14 septembre, Orgon dans Le Tartuffe de Molière, mis en scène par Peter Stein au Théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris. En cette rentrée, il signe également la mise en scène de La Musica Deuxième, une pièce de Marguerite Duras, qui réunira Grégory Gadebois et Stéphane Caillard au Théâtre du Petit Saint-Martin à partir du 25 septembre.
Je ne serais pas arrivé là si…
Si je ne devais pas tant à mes parents, aussi bien dans le silence assez méprisant de mon père que dans la suraffection de ma mère. C’étaient des gens extrêmement cultivés, qui avaient un sens de la famille très important. Mon grand frère, philosophe de nature puis de profession, a aussi considérablement compté. Il m’a sans doute complexé, inhibé, mais en même temps fasciné.
Votre père était un scientifique…
C’était un homme extrêmement puissant intellectuellement, grand physicien, puis chimiste. Je me souviendrai toute ma vie des discussions qu’il avait avec mon frère, sur, par exemple, la mécanique quantique. J’étais abasourdi. Même si je ne comprenais pas tout, cela ravigotait mon esprit. Quant à ma mère, elle était une ménagère au sens génial du terme, la mère de famille comme la voit Marguerite Duras dans La Vie matérielle : celle qui crée, qui tient la famille, qui en est la reine.
Comment le théâtre arrive-t-il dans votre vie ?
En classe de sixième, j’étais fou amoureux d’une vieille professeure de français, Mme Pierre, et de sa manière de parler des fables de La Fontaine. Puis j’ai eu mon premier coup de foudre au théâtre : j’avais une dizaine d’années, ma grand-mère m’a emmené à une représentation de L’Avare à la Comédie-Française. J’ai été électrocuté, bouleversé par l’arrivée en majesté, à la fin du spectacle, du deus ex machina. Quand je suis rentré chez...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le rappeur a publié dans la nuit du 31 août un dixième album, « Kamikaze », aussi bon et méchant que ses premiers classiques.
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Eminem de retour aux affaires

Le rappeur a publié dans la nuit du 31 août un dixième album, « Kamikaze », aussi bon et méchant que ses premiers classiques.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 17h03
    |

                            Stéphanie Binet








                        



   


Enfin, revoilà Eminem, au mieux de sa forme, en tout cas comme on l’aime : corrosif, abrasif, technique, drôle et méchant.
Dans la nuit du 31 août, le rappeur de Detroit (Michigan) a publié son dixième album, Kamikaze, sur les plateformes d’écoute en ligne sans prévenir, pratique courante pour la majorité des artistes de hip-hop américain. Son précédent album, Revival, publié plus traditionnellement le 15 décembre 2017, avait été une énorme déception : des featurings prestigieux sur le papier (Beyonce, Alicia Keys, Ed Sheeran…) à ses côtés mais sans grand intérêt, des productions pop-rock délavées et des samples grossiers.

        Lire la critique :
         

          Eminem revient avec un pop-rock délavé



Pour ces treize nouveaux morceaux, Eminem a corrigé sa copie et n’a pas fait appel aux réalisateurs du précédent – pas de Rick Rubin ou d’Alex Da Kid –, mais il a sollicité des producteurs comme Mike Will Made-it, compositeur du Humble, de Kendrick Lamar, Illadaproducer (Chief Kief, Fat Joe) ou bien encore deux jeunes beat-makers qui ont travaillé sur le dernier album de Drake, Scorpion.
Une ode à l’art de rimer
Même ses invités ne sont plus du même acabit. A part son fidèle ami, Royce Da 5’9”, qui avait travaillé avec lui sur le film 8 mile (2002), de Curtis Hanson, Eminem a fait appel à la jeune génération et à des artistes moins connus : le remarquable Lucas Joyner, sur le décapant Lucky You, et la chanteuse canadienne Jessie Reyez, sur le diptyque Nice Guy/Good Guy. Pour donner le ton de son disque, le rappeur détourne la pochette du classique des Beastie Boys, groupe punk-rap new-yorkais, Licensed to Ill.

   


Sur les trois premiers morceaux, The Ringer, Greatest et Lucky You, ses raps d’une technicité et d’une intensité rares sont non seulement une ode à l’art de rimer, mais aussi une réponse cinglante à tous ceux qui ont pu critiquer son Revival (critiques musicaux, fans ou concurrents…).
Sur The Ringer, il explique ne pas comprendre ces critiques en pleine gloire du mumble rap, un genre dont les représentants Lil Yatchy, Lil Pump ou Lil Xan marmonnent souvent des textes incompréhensibles. Ces derniers se font d’ailleurs tailler en pièce dans ce morceau où à l’inverse, il encense Kendrick Lamar, J.Cole et Big Sean. Seuls ces rappeurs ont grâce à ses yeux, les autres « MCs » sont irrécupérables.
Jargon homophobe
Et il y va de sa petite remarque au vitriol sur le groupe sud-africain Die Antwoord, sur le Californien Tyler The Creator, ou il ne peut encore s’empêcher d’utiliser un jargon homophobe. Tout le monde quasiment y passe, sauf Kendrick Lamar, dont il pique avec déférence une ou deux punchlines.
Quand dans un interlude, la voix de son manager, Paul Rosenberg, lui fait remarquer que ce n’est pas forcément une bonne idée d’écrire un album entier pour répondre aux critiques du précédent, Eminem revient sur un autre sujet qui le hante depuis des années : les femmes de sa vie. Sa mère et son ex, Kim, étant passées de mode, alors ce sont les nouvelles petites amies qui prennent : « Mais pourquoi vous ne pouvez pas être normales ? », demande-t-il sur un sample de Little Dragon, Seconds, avant de souhaiter plus loin dans la chanson Nice Guy que « son cœur soit percuté par un semi-remorque. » Pas de doute, Eminem est de retour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’animateur de télévision, chargé d’une mission sur le patrimoine, déplore les assouplissements de la loi ÉLAN en matière d’architecture.
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Patrimoine : Stéphane Bern refuse d’être un « cache-misère » et menace de démissionner

L’animateur de télévision, chargé d’une mission sur le patrimoine, déplore les assouplissements de la loi ÉLAN en matière d’architecture.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 14h58
   





                        



   


L’animateur de télévision Stéphane Bern a menacé de quitter à la fin de l’année la mission sur le patrimoine que lui a confiée Emmanuel Macron s’il estimait n’être qu’un « cache-misère » ou un « pantin ».
Dans un entretien publié samedi 1er septembre par les journaux du groupe Ebra (Le Progrès, Le Bien public, Les DNA...), Stéphane Bern évoque « du bon et du moins bon » dans sa mission destinée à aider le patrimoine local en péril. Il se dit « satisfait d’avoir réveillé l’intérêt des Français pour cette cause » et de l’organisation du loto du patrimoine du 14 septembre et du lancement d’un jeu à gratter, qui devraient permettre de récolter 15 à 20 millions d’euros.

        La chronique :
         

          Patrimoine : « Stéphane Bern galope tel le chevalier inconscient face à une armada de problèmes »



« Si tout cela n’est qu’un effet d’annonce, je partirai »
Mais il insiste surtout sur ses frustrations. « J’entends qu’on est prêt à mobiliser 450 millions d’euros pour rénover le Grand Palais à Paris. Et pendant ce temps, on me laisse me décarcasser pour trouver 20 millions d’euros pour le patrimoine vernaculaire des petits villages. » Il attend la fin de l’année pour faire le bilan de l’opération et assure :
« Si tout cela n’est qu’un effet d’annonce, je partirai. Je ne veux pas être un cache-misère. »
L’animateur a également refusé d’« être associé » à une politique « en défaveur du patrimoine », faisant référence en particulier à la loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ÉLAN) qui, selon lui, permettra « de détruire des quartiers entiers, protégés, sous prétexte qu’ils sont vétustes et dégradés » et qui assouplit les règles de rénovation en rendant les avis des Bâtiments de France non contraignants.

        Lire un entretien publié en février 2018 :
         

          Stéphane Bern : « J’ai le rôle de poil à gratter »



L’Elysée assure que « ses propos ont été mal compris »
Quelques jours après la démission fracassante du ministre de la transition énergétique, Nicolas Hulot, lui aussi ancien animateur de télévision, l’Elysée minimise les déclarations de Stéphane Bern, selon BFM-TV : « Ses propos ont été mal compris, Il voulait alerter et sensibiliser sur le patrimoine. Il fait sur ce sujet un formidable travail et a été soutenu par un véritable engagement du président de la République. »
La veille, la ministre de la culture avait aussi assuré de son engagement pour la préservation du patrimoine : « Le ministère pilote six mille opérations de restauration chaque année, pour préserver notre patrimoine riche de quarante-quatre mille monuments historiques, ce n’est pas exactement ce qu’on peut appeler de la misère », a déclaré Françoise Nyssen, évoquant une augmentation de 5 %  du budget consacré à ce sujet, soit « 326 millions d’euros chaque année ».

        Le portrait :
         

          Stéphane Bern, un M. Patrimoine « républicain »... et « monarchiste »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’actrice et humoriste joue dans « Doubles vies », d’Olivier Assayas, présenté en sélection officielle.
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Mostra de Venise : les premières de Nora Hamzawi

L’actrice et humoriste joue dans « Doubles vies », d’Olivier Assayas, présenté en sélection officielle.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 09h39
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 06h23
    |

            Véronique Cauhapé (Venise, Italie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

La crainte, même légère, qui l’agitait jeudi 30 août – veille de la présentation à la Mostra de Venise, en sélection officielle, du film d’Olivier Assayas, Doubles vies –, était de ne pas parvenir à fouler le tapis rouge du Palais du cinéma en talons hauts sans avoir l’air ridicule.
Nora Hamzawi est une inquiète, qui doute un peu de tout et surtout d’elle-même. Elle aime aussi en rire. Dès lors, en dehors de ces petits soucis, elle s’employait à goûter, avec une concentration un peu éberluée, au plaisir de se retrouver à Venise : « Je n’arrive pas tout à fait à réaliser, tout est une première pour moi : être à la Mostra, tenir un vrai rôle et, qui plus est, dans le film d’un cinéaste tel qu’Assayas, avec Juliette Binoche, Guillaume Canet et Vincent Macaigne. Je profite à fond mais n’en reviens pas. »
Dans Doubles vies, elle tient le rôle d’une attachée parlementaire en couple avec un écrivain (Vincent Macaigne) qui ne sait pas très bien où il en est dans son travail, dans sa vie sentimentale et, plus généralement, dans cette société où l’on prédit la mort du livre. Des angoisses auxquelles sa compagne répond avec les moyens du bord, à savoir ceux que son caractère agité et bien trempé lui dicte spontanément.
« Authenticité commune »
Dans ce registre de femme qui ne s’en laisse pas trop conter, Nora Hamzawi est impressionnante. Capable de contenir suffisamment l’autorité pour laisser croire à la tendresse qu’elle dissimule. Habile jusque dans sa diction, rapide et rythmée. Comique et troublante, comme par inadvertance. Selon ses dires, elle n’y est pas pour grand-chose. Pas plus qu’Olivier Assayas qui, dit-elle, ne lui a donné ni indication sur son personnage ni directive de jeu.
Nora Hamzawi, actrice : « Olivier [Assayas] est venu me voir sur scène. Il m’a dit : “J’aime bien comment tu parles.” »
Au risque de contredire Nora Hamzawi, il faut saluer le talent dont ces deux-là ont fait preuve pour parvenir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Dans son livre « L’Angle mort », le médiologue questionne notre rapport à la mort, aux défunts et au divin.
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L’invitation de Régis Debray à réinventer les communions humaines

Dans son livre « L’Angle mort », le médiologue questionne notre rapport à la mort, aux défunts et au divin.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 09h00
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Le terrorisme djihadiste ensanglante notre quotidien mais questionne notre rapport à la mort, aux défunts et au divin. Car par-delà l’effroi, et sa morbide récurrence (près de 5 000 attentats-suicides commis dans le monde entre 1990 et 2015), l’énigme demeure : « Qu’est-ce qui peut pousser au XXIe siècle un homme ou une femme à se faire exploser en tuant autour d’eux un maximum de civils auxquels ils ne peuvent rien reprocher de particulier ? », se demande l’écrivain Régis Debray, qui a voulu comprendre – contre ceux qui estiment qu’expliquer, c’est déjà excuser.
Bien sûr, l’exclusion et la ségrégation, sans oublier la « fascination médiatique » ou « le ressac néocolonial » sont des facteurs aggravants. Mais, ce serait se tromper de focale que de pointer ses seules explications sociales. Et surtout faire du spirituel un « angle mort », alors qu’il préside souvent à la décision finale, comme en témoigne le testament de Mohammed Atta, l’un des kamikazes du 11 septembre 2001, qui détaille longuement le rituel de ses funérailles. En dépit de l’aversion et de l’abjection qu’ils nous inspirent, ces terroristes ne sont pas des nihilistes, explique Debray. Ils ne sont pas attirés par le « nihil » (le « rien », en latin), comme les anarchistes russes dépeints par Dostoïevski et Tourgueniev.
« La dialectique Coca-Cola/ayatollah »
Selon Debray, l’équation s’est même renversée : « Où nous mettons du vide, ils mettent du plein. A eux l’Etre, à nous le Néant. » Car l’individualisme occidental a déshabillé Paul sans habiller Jacques, et le laisse tout nu face au marché sacralisé et au règne du privé. Alors, loin des analyses de Freud, il faudrait commencer par ne pas faire de la religion une simple illusion. Car le mythe est parfois plus fort que la raison : « Que serions-nous sans le secours de ce qui n’existe pas ? », disait Valéry. Il conviendrait également de faire le deuil d’un progrès qui viendrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ « London’s Burning », chantaient The Clash. Pour « L’Hiver du mécontentement », Thomas B. Reverdy a beaucoup écouté le son de la fin des années 1970 afin de recréer l’avant-Thatcher.
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Histoire d’un livre. Thomas B. Reverdy remet le feu à Londres

« London’s Burning », chantaient The Clash. Pour « L’Hiver du mécontentement », Thomas B. Reverdy a beaucoup écouté le son de la fin des années 1970 afin de recréer l’avant-Thatcher.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 09h00
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
L’Hiver du mécontentement, de Thomas B. Reverdy, Flammarion, 220 p., 18 €.


Il y a eu New York (L’Envers du monde, Seuil, 2010). Le Japon (Les Evaporés, Flammarion, 2013). Detroit (Il était une ville, Flammarion, 2015)… Après avoir exploré ces lieux dans ses trois précédents romans, Thomas B. Reverdy avait un peu peur qu’on finisse par le « prendre pour le Guide bleu ». La nécessité d’emmener ses romans ailleurs, l’écrivain parisien, féru de littérature étrangère, ne la remettait pas en question. Mais, pour le roman auquel il a commencé à penser au début de 2016, il s’est dit que ce voyage pourrait avoir lieu « dans le temps » plutôt que dans l’espace.
L’Hiver du mécontentement se déroule à la fin des années 1970. L’auteur s’est intéressé à cette période après avoir lu Gentleman, roman du Suédois Klas Ostergren (Flammarion, 2009), écrit et situé en 1979, découvert grâce aux élèves du lycée français de Stockholm qu’il était allé rencontrer pour leur présenter Il était une ville. « J’ai trouvé géniale cette chronique d’une année, ce roman à tiroirs comme on n’en fait pas en France. » Mis sur la piste de 1979, l’écrivain né en 1974 « commence à tirer les fils », à faire le compte des événements alors survenus dans le monde.
Entre la fin de l’été 1978 et le printemps 1979
Parmi eux : l’accession au pouvoir de Margaret Thatcher (1925-2013). Or, Thomas B. Reverdy découvre bientôt que les Discours de celle-ci viennent d’être réunis et publiés (Les Belles Lettres, 2016). « Cette femme, associée pour ma génération à la chanson de ­Renaud [Miss Maggie, 1985] et à Bobby Sands [militant de l’Armée républicaine irlandaise, mort en prison d’une grève de la faim en 1981], se retrouvait réhabilitée, propulsée en référence que l’on pouvait citer… » Voilà...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La Fondation Martell, à Cognac, accueille une installation du couple d’artistes, « L’Ombre de la vapeur ».
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Adrien M & Claire B font danser les pixels

La Fondation Martell, à Cognac, accueille une installation du couple d’artistes, « L’Ombre de la vapeur ».



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 08h51
    |

                            Rosita Boisseau (Cognac (Charente)








                        



                                


                            

On y resterait la journée entière. On s’y allongerait les yeux grands ouverts, paré à avaler d’un trait les myriades d’étoiles, les traînées de confettis blancs, les volutes de bâtonnets qui tourbillonnent dans l’espace. On en sortirait délicieusement abruti par ce ruissellement lumineux auprès duquel La Guerre des étoiles n’a qu’à bien se tenir.
Cette séance d’émerveillement, hypnose qui ne dit pas son nom, porte un titre énigmatique : ­L’Ombre de la vapeur. Ses auteurs, le couple d’artistes numériques Claire Bardainne et Adrien Mondot, repérés pour leur formidable création visuelle dans le spectacle Pixel (2014), de Mourad Merzouki, ont occupé avec grâce les neuf cents mètres carrés du rez-de-chaussée de la nouvelle Fondation d’entreprise Martell à Cognac.
La fabrication de cette installation, qui est aussi une expérience interactive, a exigé six mois de travail
Numéro deux du cognac, Martell a conservé ses stocks dans le bâtiment historique construit en 1929 qui abrite aujourd’hui la fondation. Tour large et massive, brute de béton, dans l’esprit du Bauhaus, cette sublime sentinelle ­planant au-dessus de Cognac empile trois parallélépipèdes et ­culmine à vingt-quatre mètres de haut. Fermée en 2005, elle est en rénovation depuis 2016. Son premier lieu d’exposition consacré aux installations immersives a été inauguré en juin avec L’Ombre de la vapeur. « A la manière d’un écrivain, j’ai l’histoire en tête et ses ­chapitres vont s’écrire au fur et à mesure des artistes avec lesquels j’ai envie de travailler, explique ­Nathalie Viot, directrice de la fondation. Adrien M & Claire B pro­posent un voyage intime et onirique entre terre et ciel. Leur œuvre est l’exemple parfait de ce que je souhaite donner au public, de la joie, du mouvement, de la quiétude, de l’esprit, du rêve… »
La fabrication de cette installation, qui est aussi une expérience interactive, a exigé six mois de travail. En octobre 2017,...




                        

                        

