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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Le sociologue Cyril Lemieux explique dans une tribune au « Monde » que Nicolas Hulot, par sa démission et, plus encore, par la justification publique qu’il en a donnée, a d’un seul coup ringardisé le chef de l’Etat. Il a brutalement rendu visible que le progressisme macronien ne parvient pas à intégrer la question de la transition écologique.
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Emmanuel Macron, « un conservateur qui s’ignore »

Le sociologue Cyril Lemieux explique dans une tribune au « Monde » que Nicolas Hulot, par sa démission et, plus encore, par la justification publique qu’il en a donnée, a d’un seul coup ringardisé le chef de l’Etat. Il a brutalement rendu visible que le progressisme macronien ne parvient pas à intégrer la question de la transition écologique.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 16h26
    |

Cyril Lemieux (Sociologue, directeur d’études à l’EHESS)







                        



                                


                            

Tribune. Lors de la campagne qui l’a mené au pouvoir, Emmanuel Macron avait diagnostiqué l’obsolescence du clivage gauche/droite et prévu son remplacement inexorable par une nouvelle opposition, en bien meilleure prise selon lui avec la réalité de nos sociétés : celle entre les « progressistes » et la coalition des « conservateurs » de tous bords.
Un an et demi plus tard, la démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre de la transition écologique et solidaire vient mettre à mal cette esquisse de théorie de l’histoire. Pour deux raisons. La première est que les arguments qu’a avancés le ministre démissionnaire pour justifier de quitter son poste reviennent tous à accuser le pouvoir macronien ni plus ni moins de conservatisme.
Loin d’avoir fait du combat pour l’écologie un impératif majeur de son action, loin d’avoir su même y reconnaître l’un des principaux leviers qui permettrait aujourd’hui à la société française et à son économie de se moderniser, ce pouvoir s’est laissé convaincre par l’idée, susurrée à ses oreilles par une armée de lobbyistes, qu’il y avait plus important et plus urgent à faire. Tel est du moins, si on le comprend bien, le constat que Nicolas Hulot a tiré des quinze mois qu’il a passés au gouvernement.
Piégé à son propre jeu
Cela revient à dire que le président de la République s’est piégé à son propre jeu : lui, qui se prétendait le champion toutes catégories des progressistes, se voit maintenant décrit, s’agissant de la lutte pour l’environnement et contre le réchauffement climatique, comme un conservateur qui s’ignore.
Non, bien entendu, qu’il se soit déclaré un opposant ouvert à cette lutte. C’est plutôt qu’on ne l’a vu s’y engager qu’en louvoyant, sans audace autre que verbale et sans vision cohérente, et finalement sans perspective révolutionnaire – semblant avant tout préoccupé, à chaque nouveau petit pas qu’il lui fallait accomplir dans ce domaine-là, par le souci de...




                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-2">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Deux études montrent qu’à l’avenir la teneur en nutriments des végétaux cultivés risque de baisser et que les insectes ravageurs se feront plus voraces.
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<article-nb="2018/09/03/18-3">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Dans les coulisses du deuxième reportage de notre série « Contaminations ». A 400 km à l’est de Moscou, Dzerjinsk, qui fabriquait des armes chimiques, reste l’un des territoires russes les plus pollués.
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<article-nb="2018/09/03/18-4">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Les restrictions sur la vente de panneaux solaires chinois dans l’Union européenne vont prendre fin dès lundi 3 septembre. La Commission européenne favorise le développement de cette énergie en Europe mais acte la fin d’une filière industrielle.
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Solaire : l’Europe laisse entrer le soleil chinois

Les restrictions sur la vente de panneaux solaires chinois dans l’Union européenne vont prendre fin dès lundi 3 septembre. La Commission européenne favorise le développement de cette énergie en Europe mais acte la fin d’une filière industrielle.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 11h59
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            
Chronique. « Laisse entrer le soleil », chantaient les hippies de Hair en 1968, à une époque où l’on croyait encore qu’un autre monde était possible. Sans être aussi révolutionnaire, la Commission européenne entend elle aussi, cinquante ans plus tard, laisser entrer le soleil, mais celui-là est chinois. A partir de ce lundi 3 septembre, les panneaux et cellules solaires de l’empire du Milieu pourront débarquer sans restriction dans les paysages du Vieux Continent. Un revirement largement attendu mais spectaculaire si l’on se replace en 2013 lorsque, sur une plainte des industriels européens du secteur, l’Europe imposait des restrictions à l’importation des panneaux chinois.
Curieusement, alors que, depuis cette date, le climat s’est sérieusement refroidi sur le front du commerce international, les 28 membres de l’Union jouent l’apaisement. Une stratégie opposée à celle du nouveau locataire de la Maison Blanche qui n’a de cesse que de rallumer les guerres commerciales, et particulièrement celles avec la Chine. C’est pourquoi Pékin s’est félicité de cette décision qui constitue selon lui un « modèle de règlement positif d’un différend commercial ».
La Commission avait à trancher entre deux lobbys. Celui des industriels, qui plaident la fermeture des frontières, et celui des installateurs qui cherchent les produits les moins chers possible. Ces derniers ont eu gain de cause pour deux raisons. D’abord parce que les importateurs et installateurs représentent numériquement beaucoup plus de chiffre d’affaires et d’emplois : plus de 80 000 en Europe en 2016, selon la profession. Pour eux, la levée des barrières tarifaires devrait ajouter 45 000 emplois à la filière. Rien qu’en France, avec les nouveaux programmes annoncés, le nombre de jobs pourrait être multiplié par cinq.
Echec patent pour l’Europe
La deuxième raison est plus fondamentale. Pour atteindre ses objectifs ambitieux de développement du renouvelable,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-5">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ La communauté scientifique ne parvient pas à s’accorder sur l’existence, chez les animaux, de « sentiments » pour les humains.
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                Nos animaux nous aiment-ils ?


La communauté scientifique ne parvient pas à s’accorder sur l’existence, chez les animaux, de « sentiments » pour les humains.

LE MONDE
                 |                 03.09.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 10h46
                 |

            Adrien Naselli

















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L’anthropomorphisme, cette tendance à attribuer des caractéristiques humaines aux animaux, n’a jamais connu d’aussi beaux jours que depuis l’avènement des réseaux sociaux. Partout, des images – photos et vidéos – de chats, de chiens, mais aussi de hérissons, de pigeons, de requins-baleines, de lézards ou même d’insectes nous donnent le sentiment que les bêtes aiment, pensent et vivent comme nous. La page Facebook de Buzzfeed Animals rassemble ainsi plus de quatre millions d’abonnés.
Une étude publiée le 22 août dans la revue scientifique américaine PLOS One a relancé le débat. Elle démontre que les aras élevés en captivité « rougissent » au contact de leur soigneuse. La tentation d’imaginer des oiseaux épris de leur éleveuse est grande… « On ne peut pas aller jusque-là, freine Aline Bertin, étho­logue spécialiste du comportement des oiseaux à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) qui a mené l’expérience. Mais le fait que le perroquet cherche à attirer l’attention de sa soigneuse en se penchant sur le côté ou en tirant ses vêtements avec son bec signifie qu’il ressent une émotion positive à son égard. » Une autre étude, publiée le 29 août dans la revue Royal Society Open Science, révèle que les chèvres « préfèrent interagir avec les visages heureux » et fuiraient donc les éleveurs grincheux.
« Emotions positives »
Les scientifiques se cantonnent néanmoins à parler d’« émotions », qui peuvent se mesurer de façon physiologique et ne durent qu’un instant, plutôt que de « sentiments », qui dépassent les situations et s’apparentent à un état de fond. Mais Aline Bertin nous met en garde contre toute surinterprétation : « On peut aisément démontrer qu’un animal est anxieux ou stressé, mais pour un grand nombre d’espèces, il reste difficile de démontrer scientifiquement qu’il puisse être joyeux. C’est un champ de recherche encore balbutiant. » Les équipes de l’INRA continuent leurs recherches sur d’autres espèces (le mouton, le cheval, la caille japonaise, la vache), mais elles se contentent pour le moment de parler d’« émotions positives » ou de l’« attachement » des animaux pour les humains. Pas d’amour.
La psychologue Véronique Servais, qui enseigne l’anthropologie de la communication à l’université de Liège (Belgique), où elle étudie la façon dont on utilise les animaux à des fins thérapeutiques, trouve ces analyses trop timorées. Elle estime que les études récentes et l’intérêt grandissant pour le bien-être animal nous permettent aujourd’hui de parler de leurs ressentis : « Il y a un pas à franchir qui, pour moi, est une évidence. »

        Notre article sur
         

          le bien-être des animaux utilisés en thérapies



Anthropomorphisme vs. behaviorisme
Le différend qui oppose les chercheurs ne date pas d’hier. En vogue à la fin du XIXe siècle, l’anthropomorphisme a été réduit au silence par le behaviorisme (de l’anglais behavior, étude du comportement) au début du XXe. Les observations scientifiques qui tentaient de décrire une psychologie animale ont ainsi été rangées dans les tiroirs. A commencer par celles de Darwin qui imaginait que les singes sourient comme nous parce qu’ils sont contents, quand les recherches montrent aujourd’hui que ce « sourire » indique la soumission à un congénère mieux placé dans la hiérarchie.
Pourtant, des exemples mondialement connus ont titillé plus d’un « behavioriste », comme celui du chien Hachikô, au Japon, dans les années 1920. Il avait pris l’habitude d’attendre son maître, un scientifique de l’université de Tokyo, à la gare du quartier de Shibuya chaque soir à la même heure. En mai 1925, le chercheur meurt d’une hémorragie cérébrale en plein travail. Pendant près de dix ans, Hachikô est revenu attendre son maître tous les jours à la gare de Shibuya, attendrissant dans un premier temps les habitués, puis tout le pays par la médiatisation de son étonnante fidélité. Une statue du chien a été dressée devant la gare dès 1934 – avant sa mort, en 1935, où il a été empaillé – et une autre statue réunissant Hachikô et son maître a été inaugurée en 2015 à l’université de Tokyo.
Hormone de l’affection
Que se passait-il donc dans la tête d’Hachikô ? Si les scientifiques avaient pu mesurer son taux d’ocytocine entre les deux guerres mondiales, ils auraient peut-être pu démontrer qu’il éprouvait une affection hors du commun pour son maître.
L’expérience a depuis été menée par des chercheurs japonais à l’université Azabu en 2015, confirmée par une expérience britannique datant de 2016 : les chiens et les chats sécrètent de l’ocytocine, surnommée « hormone de l’affection et de la confiance », au même titre que les humains. Ainsi, quand un canidé est sollicité et cajolé par « son » humain, son taux d’ocytocine peut augmenter de 57 %. Contre 12 % seulement chez les félins… De quoi confirmer toutes les thèses sur le désintérêt des chats pour notre espèce.

        Notre article sur
         

          l’ocytocyne, la dose de chimie entre maître et chien



La sécrétion d’ocytocine est réciproque et passe par le regard : les chercheurs montrent dans ces mêmes études que l’hormone est plus présente dans le cerveau des humains après avoir joué avec leur compagnon qu’avant.
La chercheuse Véronique Servais dénonce un paradoxe dans notre compréhension des animaux. Dans les années 1960, le primatologue américain Harry Harlow a, par exemple, étudié l’amour maternel en observant la race des macaques rhésus. Il a prouvé que les bébés primates privés de leur mère étaient atteints de pathologies comportementales graves. « Ces études-là ont été faites pour parler de l’amour maternel chez les humains !, s’étonne Véronique Servais. Vous voyez tout le paradoxe : on observe des singes pour tirer des conclusions sur l’amour du nourrisson pour sa mère, mais on refuse de parler d’amour chez les singes. »
« Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre sur les comportements et sentiments dans le monde animal intitulée « S’aimer comme des bêtes ». Animée par Nathaniel Herzberg, journaliste au « Monde », la conférence se tiendra dimanche 7 octobre, de 14 heures à 15 h 30, au Palais Garnier.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra.
Un rendez-vous porté par les journalistes du Monde, qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles.
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Adrien Naselli
    













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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/09/2018
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« Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète

D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 18h07
    |

                            Collectif








                        


Tribune. Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.
Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.
Pas trop tard pour éviter le pire
Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.
Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.
Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux.
Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.
C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire.
De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.
Isabelle Adjani, actrice ; Laure Adler, journaliste ; Pedro Almodovar, cinéaste ; Laurie Anderson, artiste ; Charles Aznavour, chanteur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Pierre Arditi, acteur ; Niels Arestrup, acteur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, cinéaste ; Yvan Attal, acteur, cinéaste ; Josiane Balasko, actrice ; Aurélien Barrau, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Xavier Beauvois, cinéaste ; Alain Benoit, physicien (Académie des sciences) ; Jane Birkin, chanteuse, actrice ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Gilles Boeuf, biologiste ; Mathieu Boogaerts, chanteur ; John Boorman, cinéaste ; Romane Bohringer, actrice ; Carole Bouquet, actrice ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Zabou Breitman, actrice, metteuse en scène ; Nicolas Briançon, acteur, metteur en scène ; Irina Brook, metteuse en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, cinéaste ; Florence Burgat, philosophe ; Gabriel Byrne, acteur ; Cali, chanteur ; Sophie Calle, artiste ; Jane Campion, cinéaste ; Isabelle Carré, actrice ; Emmanuel Carrère, écrivain ; Anne Carson, auteure et professeure ; Michel Cassé, astrophysicien ; Laetitia Casta, actrice ; Bernard Castaing, physicien (Académie des sciences) ; Antoine de Caunes, journaliste, cinéaste ; Alain Chamfort, chanteur ; Boris Charmatz, chorégraphe ; Christiane Chauviré, philosophe ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; François Civil, acteur ; Hélène Cixous, écrivaine ; Isabel Coixet, cinéaste ; Françoise Combes, astrophysicienne (Collège de France) ; François Cluzet, acteur ; Gregory Colbert, photographe, cinéaste ; Bradley Cooper, acteur ; Brady Corbet, acteur ; Béatrice Copper-Royer, psychologue ; Marion Cotillard, actrice ; Denis Couvet, écologue ; Camille Cottin, actrice ; Clotilde Courau, actrice ; Franck Courchamp, écologue (Académie européenne des sciences) ; Nicole Croisille, chanteuse ; David Cronenberg, cinéaste ; Alfonso Cuaro, cinéaste ; Willem Dafoe, acteur ; Philippe Decouflé, chorégraphe ; Sébastien Delage, musicien ; Vincent Delerm, chanteur ; Alain Delon, acteur ; Catherine Deneuve, actrice ; Claire Denis, cinéaste ; Philippe Descola, anthropologue (Collège de France) ; Alexandre Desplat, compositeur ; Manu Dibango, musicien ; Hervé Dole, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Valérie Dréville, actrice ; Diane Dufresne, chanteuse ; Sandrine Dumas, actrice, metteuse en scène ; Romain Duris, acteur ; Lars Eidinger, acteur ; Marianne Faithfull, chanteuse ; Pierre Fayet, physicien (Académie des sciences) ; Ralph Fiennes, acteur ; Frah (Shaka Ponk), chanteur ; Cécile de France, actrice ; Stéphane Freiss, acteur ; Thierry Frémaux, directeur de festival ; Jean-Michel Frodon, critique, professeur ; Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile ; Pierre-Henri Gouyon, biologiste ; Julien Grain, astrophysicien ; Anouk Grinberg, actrice ; Mikhaïl Gromov, mathématicien (Académie des sciences) ; Sylvie Guillem, danseuse étoile ; Arthur H, chanteur ; Ethan Hawke, acteur ; Christopher Hampton, scénariste ; Nora Hamzawi, actrice ; Ivo Van Hove, metteur en scène ; Isabelle Huppert, actrice ; Agnès Jaoui, actrice, cinéaste ; Michel Jonasz, chanteur ; Camelia Jordana, chanteuse ; Jean Jouzel, climatologue (Académie des sciences) ; Juliette, chanteuse ; Anish Kapoor, sculpteur, peintre ; Mathieu Kassovitz, acteur ; Angélique Kidjo, chanteuse ; Cédric Klapisch, cinéaste ; Thierry Klifa, cinéaste ; Panos H. Koutras, cinéaste ; Lou de Laâge, actrice ; Ludovic Lagarde, metteur en scène ; Laurent Lafitte, acteur ; Laurent Lamarca, chanteur ; Maxence Laperouse, comédien ; Camille Laurens, écrivaine ; Bernard Lavilliers, chanteur ; Sandra Lavorel, écologue (Académie des sciences) ; Jude Law, acteur; Patrice Leconte, cinéaste ; Roland Lehoucq, astrophysicien ; Gérard Lefort, journaliste ; Nolwenn Leroy, chanteuse ; Peter Lindbergh, photographe ; Louane, chanteuse ; Luce, chanteuse ; Ibrahim Maalouf, musicien ; Vincent Macaigne, metteur en scène, acteur ; Benoît Magimel, acteur ; Yvon Le Maho, écologue (Académie des sciences) ; Andreï Makine, écrivain de l’Académie Française ; Abd al Malik, rappeur ; Sophie Marceau, actrice ; Virginie Maris, philosophe ; André Markowicz, traducteur ; Nicolas Martin, journaliste ; Vincent Message, écrivain ; Wajdi Mouawad, metteur en scène ; Nana Mouskouri, chanteuse ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Arthur Nauzyciel, metteur en scène ; Safy Nebbou, cinéaste ; Pierre Niney, acteur ; Helena Noguerra, chanteuse ; Claude Nuridsany, cinéaste ; Michael Ondaatje, écrivain ; Thomas Ostermeier, metteur en scène ; Clive Owen, acteur ; Corine Pelluchon, philosophe ; Laurent Pelly, metteur en scène ; Raphaël Personnaz, acteur ; Dominique Pitoiset, metteur en scène ; Denis Podalydès, acteur ; Pomme, chanteuse ; Martin Provost, cinéaste ; Olivier Py, metteur en scène ; Susheela Raman, chanteuse ; Charlotte Rampling, actrice ; Raphaël, chanteur ; Régine, chanteuse ; Cécile Renault, astrophysicienne ; Robin Renucci, acteur ; Jean-Michel Ribes, metteur en scène ; Tim Robbins, acteur ; Muriel Robin, actrice ; Isabella Rossellini, actrice ; Brigitte Roüan, actrice, cinéaste ; Carlo Rovelli, physicien (Institut universitaire de France) ; Eric Ruf, directeur de la Comédie-Française ; Céline Sallette, actrice ; Rodrigo Santoro, acteur ; Marjane Satrapi, cinéaste ; Kristin Scott Thomas, actrice ; Albin de la Simone, musicien ; Abderrahmane Sissako, cinéaste ; Marianne Slot, productrice ; Patti Smith, chanteuse, écrivaine ; Sabrina Speich, géoscientifique ; Marion Stalens, réalisatrice ; Kristen Stewart, actrice ; Tom Stoppard, dramaturge ; Peter Suschitzky, chef opérateur ; Malgorzata Szumowska, cinéaste ; Béla Tarr, cinéaste ; Gilles Taurand, scénariste ; Alexandre Tharaud, musicien ; James Thierrée, danseur, chorégraphe ; Mélanie Thierry, actrice ; Danièle Thompson, cinéaste ; Melita Toscan du Plantier, attachée de presse ; Jean-Louis Trintignant, acteur ; John Turturro, acteur ; Hélène Tysman, pianiste ; Pierre Vanhove, physicien ; Karin Viard, actrice ; Polydoros Vogiatzis, acteur ; Rufus Wainwright, chanteur ; Régis Wargnier, cinéaste ; Jacques Weber, acteur ; Wim Wenders, cinéaste ; Sonia Wieder-Atherton, musicienne ; Bob Wilson, metteur en scène ; Lambert Wilson, acteur ; Jia Zhang-ke, cinéaste ; Elsa Zylberstein, actrice



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Canicule, incendies, algues toxiques… L’été est devenu une période d’angoisse dominée par les bouleversements climatiques. Face à ce problème bien réel, difficile, au retour de vacances, de faire semblant de croire aux « urgences » professionnelles…
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Burn-out climatique ou le blues de la rentrée


                      Canicule, incendies, algues toxiques… L’été est devenu une période d’angoisse dominée par les bouleversements climatiques. Face à ce problème bien réel, difficile, au retour de vacances, de faire semblant de croire aux « urgences » professionnelles…



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 11h02
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        

Rentrer au bureau après une période de congés prolongés a toujours quelque chose de difficile. S’il est tout à fait naturel de regretter la plage et l’ambiance d’apéro perpétuel, force est de constater que, cette année, le blues postestival a profondément changé de nature.
En effet, ce n’est pas tant la nostalgie d’un hédonisme de bord de mer qui nous chagrine (ça, on s’en remettra), que le sentiment d’avoir à embarquer de nouveau dans une machine folle qui fonce tout droit vers l’abîme. Et quand je parle de « machine folle », ce n’est pas pour qualifier la rédaction du Monde, mais la civilisation tout entière. En effet, il semble bien loin le temps où la principale info qu’on retenait de l’été, c’était les paroles de la Lambada. Désormais, les vacances sont marquées par la litanie des catastrophes écologiques qui se succèdent à un rythme aussi frénétique que les tournées de Ricard au camping des Flots Bleus.
Constats alarmants
Le 1er août, on apprenait par exemple que l’humanité avait déjà consommé plus de ressources (eau, arbres, poissons, etc.) que ce que la planète est susceptible de générer en une année. Je ne sais pas si les chipolatas sont intégrées aux calculs du Global Footprint Network qui publie cette estimation, mais ça met un coup au moral quand on a encore des projets de barbecue. Jadis synonyme d’insouciance, l’été est progressivement devenu tout l’inverse, une période d’angoisse où les problèmes climatiques se manifestent avec encore plus d’acuité.
Vous avez beau vous être enivré à grand renfort de retsina, il ne vous aura pas échappé que la côte orientale d’Athènes s’est retrouvée ravagée par les incendies. Aux Etats-Unis, c’est l’ouest du pays qui a été dévasté par les flammes, attisées par une canicule record. En Pologne, plusieurs plages ont dû être fermées, la chaleur ayant entraîné le développement d’algues toxiques. Quant à moi, alors que je me baignais dans une piscine du nord de l’Espagne,...




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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le journaliste d’investigation Fabrice Arfi nous raconte comment de petits escrocs ont délesté l’Etat français de 1,6 milliard d’euros en quelques mois en montant des carrousels de TVA sur le marché du carbone.
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Ces aigrefins qui se jouèrent de l’environnement

Le journaliste d’investigation Fabrice Arfi nous raconte comment de petits escrocs ont délesté l’Etat français de 1,6 milliard d’euros en quelques mois en montant des carrousels de TVA sur le marché du carbone.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 10h42
    |

Simon Piel







                        



                                


                            

Le Livre. L’incroyable carambouille à la TVA sur le marché du carbone n’en finit plus de faire couler de l’encre. Après de nombreux articles publiés par le site d’information Mediapart, c’est au tour de Fabrice Arfi, le responsable des enquêtes du média fondé par Edwy Plenel, de revenir dans ce livre sur l’arnaque qui a permis, entre 2008 et 2009, à quelques aigrefins habiles et sans scrupule de délester l’Etat français de 1,6 milliard d’euros en quelques mois en montant des carrousels de TVA sur le marché du carbone.
Dans son enquête, précise et fouillée, Fabrice Arfi, qui a rencontré les principaux protagonistes de la fraude, raconte comment quelques escrocs d’habitudes, d’extraction modeste pour la plupart, ont berné tout ce que l’administration française compte de cerveaux bien faits en s’introduisant sur le marché nouvellement créé, multipliant les achats et les ventes de tonnes de CO2 sans jamais reverser la TVA.

« C’est un raz de marée, un feu d’artifice, un eldorado, une épiphanie », écrit l’auteur. Telle équipe engrange près de 280 millions d’euros, telle autre 300 millions. Malgré les premières alertes des douanes judiciaires, l’Etat tarde à réagir. Les « braqueurs » ont le temps de se volatiliser avec leur magot soigneusement mis à l’abri dans des structures bancaires opaques. Le protocole de Kyoto avait posé les bases d’une finance verte et vertueuse. Quelques escrocs l’ont pulvérisé entre deux parties de poker.
Voyages, casinos, voitures de luxe, fêtes somptueuses
Les désormais fameux Arnaud Mimran, Marco Mouly ou Cyril Astruc, tous condamnés depuis pour l’escroquerie, n’ont pas la richesse discrète. Voyages, casinos, voitures de luxe ou fêtes somptueuses sont leur quotidien. Et Israël leur base arrière. L’argent facilement gagné se dépense tout aussi facilement. Autant d’ostentation ne pouvait laisser indifférent le grand banditisme, qui ne va pas tarder à réclamer son dû.
Plusieurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Nicolas Hulot a quitté son poste en déplorant la faiblesse des moyens engagés pour l’écologie, mais la sauvegarde de l’environnement exige des avancées technologiques et politiques qui ne se décrètent pas, estime Marc Fontecave, professeur au Collège de France, dans une tribune au « Monde ».
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Ecologie : « Il n’y a aucune chance de voir une révolution se réaliser »

Nicolas Hulot a quitté son poste en déplorant la faiblesse des moyens engagés pour l’écologie, mais la sauvegarde de l’environnement exige des avancées technologiques et politiques qui ne se décrètent pas, estime Marc Fontecave, professeur au Collège de France, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 10h32
    |

Marc Fontecave (Professeur au Collège de France)







                        



                                


                            

Tribune. La preuve est faite à nouveau. Un militant « vert » ne peut pas être ministre de l’écologie. Tout simplement parce que l’idéologie environnementale sur laquelle est construit son engagement s’accommode difficilement des contraintes non seulement économiques, politiques et sociales, mais également scientifiques et technologiques dans lesquelles le monde réel peut effectivement évoluer. Cette idéologie semble en effet partir de trois principes fondamentaux, à la fois profondément faux et inopérants.

Le premier, c’est que la catastrophe, dont l’homme par essence poison pour la nature serait le seul responsable, est imminente et qu’il faut agir dans une urgence extrême pour à la fois transformer en profondeur le système économique mondial, redonner sa chance à la biodiversité et changer les modes de vie des 7 milliards d’habitants de la planète.
Le second, c’est que chacun de ces habitants serait déjà convaincu de la nécessité de ce changement, convaincu que la seule question digne d’intérêt serait celle de l’écologie, ce qui est malheureusement inexact. Le troisième, c’est que toutes les solutions technologiques appropriées, notamment pour décarboner l’énergie (remplacement des énergies fossiles et du nucléaire par les énergies renouvelables ; stockage des énergies intermittentes ; mobilité électrique ; etc..), condition supposée unique pour limiter le réchauffement climatique, seraient déjà disponibles et qu’il n’y aurait plus qu’à les exploiter.
Un bilan pas mauvais
De sorte que, si après un an ou deux en responsabilité, ce ministre « vert » ne constate que des « petits pas », comme l’a déploré Nicolas Hulot en annonçant sa démission, il ne peut en effet que désespérer, accuser son adversaire préféré, les lobbys, sans qu’on sache vraiment ce qui est lobby et ce qui ne l’est pas, et finalement démissionner. C’est dommage, mais inéluctable. Dommage parce que, contrairement à ce qu’on lit ici ou là de façon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Série « Contaminations » (2/7). A 400 kilomètres à l’est de Moscou, ce territoire qui fabriquait des armes chimiques est l’un des plus pollués de Russie.
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Dzerjinsk, ex-capitale de l’industrie chimique d’URSS devenu une bombe toxique

Série « Contaminations » (2/7). A 400 kilomètres à l’est de Moscou, ce territoire qui fabriquait des armes chimiques est l’un des plus pollués de Russie.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 03h38
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 16h21
    |

            Isabelle Mandraud (Dzerjinsk (Russie), envoyée spéciale)








                        



                                


                            


De la route en terre s’élèvent d’épaisses volutes de poussière. Au bout, c’est un décor de fin du monde qui nous attend avec, au milieu d’une forêt de bouleaux éventrée, un trou noir. De cette masse informe d’une centaine de mètres de circonférence, profonde comme un immeuble de sept étages inversé – peut-être plus, allez savoir, personne ne l’a jamais mesurée précisément – surgissent des bidons, rouillés, tordus, qui paraissent hors d’âge. Impossible de s’aventurer plus loin que les bords : le sol, mou, se dérobe. Des fils gluants comme du chewing-gum s’étirent sous la semelle. L’odeur, exacerbée par un soleil de plomb inhabituel au printemps, est suffocante.
De l’autre côté de la piste, quelques foulées dans l’herbe sèche mènent tout droit à un immense toit de tôle, sorte de hangar désaffecté sous lequel sont dissimulés des monticules de terre, de gravats et de plaques d’amiante. Une côte à gravir et l’on débouche sur une énorme cuvette de boue aux tons multiples qui exhale cette fois des remugles de dissolvants. Dans un coin, un long tuyau à bout de souffle maintenu en hauteur crache une eau couleur orange vif qui retombe en glougloutant sur le sol. D’ici, des cheminées d’usine se distinguent nettement. Certaines tombent en ruine, leurs flancs couverts de touffes d’herbe. D’autres fonctionnent encore.

Dzerjinsk, érigée le long de la rivière Oka, s’étiole à l’ombre de Nijni Novgorod, la métropole de plus d’1,3 million d’habitants, ancienne cité impériale, distante d’à peine 35 kilomètres, sur les bords de la Volga. A côté, Dzerjinsk, ainsi nommée en l’honneur de Feliks Dzerjinski, fondateur de la terrible Tcheka, la première police politique soviétique, fait pâle figure avec sa population qui décroît : 232 000 habitants aujourd’hui, 287 000 en 1993. Dzerjinsk, son industrie à l’agonie, sa grand-place sans charme dominée par la statue de l’auguste bolchevique, et ses plaies béantes laissées par la main de l’homme.
A l’origine,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ L’écologiste, soutien d’Emmanuel Macron, a décidé d’un commun accord avec le président de ne pas entrer au gouvernement.
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Cohn-Bendit ne remplacera pas Hulot comme ministre de l’écologie

L’écologiste, soutien d’Emmanuel Macron, a décidé d’un commun accord avec le président de ne pas entrer au gouvernement.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 19h32
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 06h43
   





                        


Pressenti depuis quelques jours pour remplacer Nicolas Hulot à la tête du ministère de la transition écologique, Daniel Cohn-Bendit a annoncé, dimanche 2 septembre sur LCI, qu’il avait décliné l’offre.
L’ancienne figure de mai 1968 a reconnu avoir pensé « au début » que c’était « une idée séduisante ». Il a expliqué avoir eu une longue discussion avec le président : « Il m’appelle et me demande comment je vois la situation (…) J’étais divisé, je me suis dit : “c’est le bon moment”. (…) Pour la première fois de ma vie je me suis dit “pourquoi pas ?” »

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« [Le président] m’a dit : “Si tu es ministre, tu perds ta personnalité, tu n’as plus cette liberté, est-ce que tu veux cela ?” On est d’accord que c’est une fausse bonne idée. » « On a décidé d’un commun accord que je ne serai pas ministre », a-t-il poursuivi.
Les noms de Canfin et Tubiana suggérés
« D’un côté, j’avais envie. Puis, il y a une rationalité, quand on commence à déconstruire “le mythe Cohn-Bendit qui va tout chambouler” (…) je crois et je maintiens que c’était une fausse bonne idée », a-t-il enchaîné, en soulignant qu’il n’était « pas mieux que Nicolas Hulot ».
Tour à tour militant libertaire, élu écologiste et soutien d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle de 2018, Daniel Cohn-Bendit avait plusieurs fois exprimé ses réticences à l’idée d’entrer au gouvernement. « Tout le monde n’est pas fait pour la dureté de ce poste. Moi j’aurais tenu trois minutes à sa place. Il y a trop de compromis à faire », confiait-il au Parisien au lendemain de la démission de Nicolas Hulot. « Je n’ai pas vraiment envie de devenir ministre, mais j’ai envie de soutenir Macron », nuançait-il samedi dans les mêmes colonnes.

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Interrogé sur les personnalités ayant les compétences pour succéder à Nicolas Hulot, Daniel Cohn-Bendit a cité les noms de l’ancien ministre Pascal Canfin, aujourd’hui directeur général de WWF France, et de Laurence Tubiana, ancienne chef négociatrice de la France à la COP21.
Dans une tribune cosignée dimanche dans le Journal du dimanche, M. Cohn-Bendit écrivait : « Il appartient à Emmanuel Macron, à son gouvernement, à sa majorité, si les mots et les engagements souscrits ont un sens, de comprendre le message qui leur est adressé par ce départ, de transformer celui-ci en sursaut, de s’en servir comme d’un tremplin pour porter la transformation résolue et bienveillante que le ministre de l’écologie incarnait. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ C’est la loi sur la biodiversité de 2016, votée sous le quinquennat Hollande, qui a permis d’interdire les néonicotinoïdes « tueurs d’abeilles ».
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Le gouvernement s’attribue l’interdiction des néonicotinoïdes votée en… 2016

C’est la loi sur la biodiversité de 2016, votée sous le quinquennat Hollande, qui a permis d’interdire les néonicotinoïdes « tueurs d’abeilles ».



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 11h50
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


Dans une semaine marquée par la démission de Nicolas Hulot et les critiques acerbes contre le manque d’ambition écologique de l’exécutif, la tentation était trop forte de ne pas profiter d’une décision majeure pour la protection de l’environnement pour se faire un peu mousser. Emmanuel Macron et ses ministres ont donc salué en chœur l’entrée en vigueur, samedi 1er septembre, de l’interdiction des néonicotinoïdes « tueurs d’abeilles » en France.

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                Qu’est-ce que les néonicotinoïdes ?



« Notre engagement pour la biodiversité en action : l’interdiction des pesticides tueurs d’abeilles en vigueur aujourd’hui », s’est réjoui le président. « Il y a ceux qui parlent et ceux qui font. Nous faisons », s’est targué le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. « ll s’agit d’une décision historique que nous avons le courage de mettre en œuvre », a applaudi la secrétaire d’Etat à la transition écologique Brune Poirson.
Amnésie
Les 280 signes que comptent un tweet n’étaient peut-être pas suffisants pour préciser un détail : cette interdiction a en fait été votée en 2016, sous la précédente majorité, dans le cadre de la loi sur la biodiversité. Tout ce que le gouvernement d’Edouard Philippe a fait, c’est de prendre, le 1er août 2018, le décret qui précise les conditions d’application de la loi, et lui a permis d’entrer en vigueur le 1er septembre, comme le prévoyait la loi de 2016.
L’ancienne ministre de l’environnement Ségolène Royal ne s’est pas privée de rafraîchir la mémoire aux macroniens, en rappelant sur Twitter le rôle qu’elle avait joué dans le vote de cette loi.

Auj s’applique l’interdiction des #neonicotinoides que j’ai fait voter dans la loi Biodiversité du 8 Août 2016. Vot… https://t.co/wev4eKfQOO— RoyalSegolene (@Ségolène Royal)


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Mais elle a elle-même oublié un peu vite que c’est sa secrétaire d’Etat à la biodiversité, Barbara Pompili, qui avait porté le texte, adopté définitivement quelques semaines avant que le ministre de l’économie Emmanuel Macron ne quitte son poste.
Dans l’empressement de leur enthousiasme, les macroniens se sont également abstenus de rappeler que le gouvernement a été tenté, un temps de revenir sur la loi de 2016. En juin 2017, Edouard Philippe a finalement tranché en faveur de Nicolas Hulot, et contre le ministre de l’agriculture Stéphane Travert, qui plaidait pour un encadrement moins rigoureux des néonicotinoïdes.
Mise à jour, le 3 septembre : ajout du dernier paragraphe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Vingt-sept personnalités suggèrent dans le « JDD » d’attribuer 164 millions d’euros par an pour les écoles et 330 millions pour l’hôpital afin de changer les pratiques.
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Audrey Pulvar, Nagui et Sophie Marceau réclament « un bonus pour des cantines bio et locales »

Vingt-sept personnalités suggèrent dans le « JDD » d’attribuer 164 millions d’euros par an pour les écoles et 330 millions pour l’hôpital afin de changer les pratiques.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 12h26
   





                        


Former les cuisiniers et les acteurs publics, installer une légumerie, soutenir les dépenses d’approvisionnement : le bio dans les cantines a un coût, que l’Etat devrait en partie financer, estiment vingt-sept personnalités dans une tribune parue dans Le Journal du dimanche (JDD).
Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la nature et l’homme, le photographe Yann Arthus-Bertrand, l’animateur Nagui, l’actrice Sophie Marceau et des représentants de plusieurs structures (Secours catholique, Agence bio, Génération future, Restau’Co…) demandent le versement par les pouvoirs publics d’un « bonus » pour les « structures souhaitant changer de pratiques ».
164 millions d’euros pour les cantines
Ce bonus, estimé à 164 millions d’euros par an pour le secteur scolaire, 330 millions d’euros en incluant le secteur médico-social, permettrait à ces structures « de développer et d’inscrire leur projet alimentaire dans la durée ». Il pourrait être instauré sur trois ans.

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                Cantines publiques : 50 % au moins de produits bio ou écologiques en 2022



La loi agriculture et alimentation prévoit l’introduction de 20 % de produits bio en restauration collective publique d’ici à 2022. Les initiatives se multiplient déjà dans des écoles ou d’autres établissements, mais « la généralisation de leurs actions est limitée par le manque de moyens ». La création d’un bonus cantine bio et locale permettrait de réussir « la transition vers une alimentation saine », sans pour autant en faire peser le coût sur les familles.

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                Des légumes bio du potager à la cantine




Carrefour instaure un « comité d’orientation alimentaire »
Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a précisé samedi les contours de la nouvelle stratégie du groupe. Après avoir annoncé en janvier un vaste plan d’économies, qui s’est concrétisé par la fermeture de centaines de magasins et la suppression de milliers d’emplois, l’enseigne se positionne en faveur d’une « transformation de [son] modèle alimentaire » en faveur de la protection de la planète. Dans une tribune publiée sur LinkedIn, Alexandre Bompard appelle à gâcher moins de nourriture, à améliorer le bien-être animal et à mieux rémunérer les producteurs. Pour y parvenir, il a annoncé dimanche l’instauration d’un comité d’orientation alimentaire, composé de sept « experts indépendants (…) à la croisée de tous ces enjeux ». La liste a été précisée dimanche dans Le Journal du dimanche. Il s’agit de Lucie Basch, créatrice d’une start-up contre le gaspillage alimentaire, Myriam Bouré, fondatrice d’Open Food France, Emmanuel Faber, président de Danone, Jean Imbert, cuisinier et animateur, Maxime de Rostolan, fondateur de Fermes d’avenir, François Mandin, agriculteur, et Caroline Robert, cancérologue.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Les dégâts environnementaux infligés par l’homme sont irréversibles, alertent Gerald Markowitz et David Rosner, deux historiens des sciences américains, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Contaminations : « Les zones mortes, prélude d’une planète sans vie »

Les dégâts environnementaux infligés par l’homme sont irréversibles, alertent Gerald Markowitz et David Rosner, deux historiens des sciences américains, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 17h28
    |

Gerald Markowitz (historien des sciences) et David Rosner (historien des sciences)







                        



                                


                            

[Dans le cadre de notre opération « Contaminations », nous avons sollicité deux historiens des sciences, Gerald Markowitz (John Jay College of Criminal Justice) et David Rosner (université Columbia à New York) qui ont consacré toute leur carrière à l’étude des pollutions industrielles, notamment le plomb et les polychlorobiphényles. En janvier, les deux Américains ont mis en ligne des milliers de documents internes de firmes (« Toxic Docs ») qui dévoilent les stratégies des industriels pour dissimuler ces crimes environnementaux. Ils lancent une mise en garde sur les conséquences tragiques de notre usage de la planète.]
La planète est un endroit remarquablement résilient. Au fil des siècles, l’homme en a détruit les forêts naturelles, brûlé les sols et pollué les eaux pour finalement constater que, dans l’ensemble, la planète s’en remettait. Longtemps, les villes se débarrassaient de leurs déchets dans les rivières, tandis que les premières usines construites le long de leurs rives disposaient de ces cours d’eau comme de leurs propres égouts ; autrefois sans vie, ces rivières peuvent retrouver une vie foisonnante pour peu qu’on leur en laisse le temps.
Ceux d’entre nous qui ont atteint un certain âge et ont grandi à New York se souviennent sans doute des bancs de poissons morts qui venaient s’échouer sur les rives de notre fleuve Hudson, zone morte il y a peu encore, et aujourd’hui si belle. Les forêts, rasées pour laisser place à des champs, reviendront vite une fois l’homme parti. Il suffit de se promener dans les bois verdoyants de la Nouvelle-Angleterre et d’imaginer, comme le poète Robert Frost, être les premiers à s’émerveiller de leur beauté pour tomber aussitôt sur des ruines des murets de pierre qui clôturaient autrefois les pâturages.
Une nouvelle réalité ébranle les fondements de notre droit de polluer à volonté en croyant que la nature finira par triompher
C’est alors seulement que nous en prenons conscience : ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Dans les coulisses du premier reportage de notre série « Contaminations ». Anniston, ville américaine de 23 000 habitants, est irrémédiablement polluée par les déchets hautement toxiques de Monsanto.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », relève que l’été a été marqué par une succession de catastrophes liées au dérèglement climatique mais aussi par l’extinction de toute volonté politique de lutter contre ce phénomène.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/09/2018
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« La démission fracassante de Nicolas Hulot est venue cristalliser le grand hiatus de cet été meurtrier »

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », relève que l’été a été marqué par une succession de catastrophes liées au dérèglement climatique mais aussi par l’extinction de toute volonté politique de lutter contre ce phénomène.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 06h59
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. Les « pierres de la faim » sont le nom parfois donné, dans le monde germanique, aux rochers qui apparaissent sur les berges des fleuves en cas d’étiage sévère. Le retrait des eaux offre alors aux regards ces avertissements, gravés dans la roche, rappelant que, pendant de nombreux siècles, la sécheresse fut sœur de la famine.
L’agence Associated Press rapporte que le long de l’Elbe une dizaine de telles « pierres de la faim » sont réapparues ces dernières semaines, tant le niveau du fleuve est bas. L’une d’elles, datée de l’an 1616, indique, en allemand : « Pleurez si vous me voyez. »
S’il faut pleurer, ce n’est pas tant pour déplorer la sécheresse qui frappe l’Allemagne et une grande partie de l’Europe, mais plutôt devant cette réalité : l’été 2018 restera comme un moment de profond paradoxe, entre la manifestation, dans toute leur ampleur et leur brutalité, des catastrophes liées au dérèglement climatique et l’extinction de facto de toute réelle volonté politique de lutter contre lui. En France, la démission fracassante de Nicolas Hulot, fin août, est venue en quelque sorte cristalliser le grand hiatus de cet été meurtrier.

Anomalie de la température estivale
Ce fut un long train de catastrophes. Début juillet, des précipitations historiques s’abattent sur le Japon, générant des inondations et des coulées de boues inédites, conduisant Tokyo à anticiper l’évacuation de deux millions de personnes. Bilan : près de 230 morts.
A peine une semaine plus tard, la Grèce affronte les incendies les plus meurtriers et les plus destructeurs de son histoire récente. A peu près au même moment, la Norvège et la Suède font face à une canicule et à une sécheresse inédites et comptent plusieurs dizaines de feux de forêt, dont plusieurs au-delà du cercle polaire. Le 20 juillet, il faisait 33 °C à l’extrême nord de la Scandinavie ; deux semaines auparavant, le mercure affichait 51,3 °C à Ouargla, dans le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ La série de reportages que publie « Le Monde » dans sa série « Contaminations » montre les conséquences à long terme de l’inaction dénoncée par Nicolas Hulot.
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Editorial. Les irréversibles contaminations de la planète

La série de reportages que publie « Le Monde » dans sa série « Contaminations » montre les conséquences à long terme de l’inaction dénoncée par Nicolas Hulot.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 09h04
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Revenir sur des lieux oubliés, remettre en lumière des catastrophes qui ont quitté l’actualité, adapter notre pratique du journalisme aux défis de la crise environnementale, c’est-à-dire décrypter la complexité, donner à voir l’invisible, couvrir le long terme autant que l’événement : Le Monde s’est associé au photojournaliste Samuel Bollendorff pour publier, du 1er au 8 septembre, une série de sept reportages en territoires contaminés. Ce sont des villes, des régions entières parfois, souillées par des pollutions irréversibles à l’échelle humaine du temps. Ces sept lieux ont été choisis – aux Etats-Unis, en Russie, au Japon, au Canada, en Italie, au Brésil ou encore au milieu de l’océan Pacifique – pour leur caractère exemplaire et la diversité des situations qu’ils illustrent. Leur point commun est d’être devenus impropres au développement harmonieux de la vie en général, et de celle des humains en particulier.
Au-delà de leur cas particulier, ils illustrent surtout une perturbante réalité : silencieusement, loin des regards, une partie du monde devient progressivement de moins en moins propice à la présence de la vie. Partout sur Terre, la majorité des substrats – les sols, l’air, l’eau – portent désormais la marque indélébile des résidus de l’activité humaine, sous forme de substances chimiques de synthèse, d’hydrocarbures, de métaux lourds, de pesticides… Les chiffres dépassent parfois l’imagination : en Chine, par exemple, les autorités ont révélé en avril 2014 que 16 % des sols du pays dépassaient les normes, déjà singulièrement laxistes, en matière de pesticides et de métaux lourds. Même dans les zones reculées de l’Arctique ou de la forêt amazonienne, présumées vierges, on trouve des traces de plastique, de phtalates, de divers composés toxiques et persistants. Bien souvent, ces substances se fixent dans la chaîne alimentaire et remontent, d’une manière ou d’une autre, jusqu’à nos assiettes.
Les mêmes erreurs sont commises
Car ces territoires souillés à jamais sont les nôtres. Nous partageons les histoires qu’ils racontent. Dans la petite ville d’Anniston, en Alabama, Monsanto a fabriqué pendant près d’un demi-siècle des substances hautement toxiques – les polychlorobiphényles (PCB) – et a pollué irrémédiablement la ville et ses habitants. Mais, avec le temps, on se rend compte que cette catastrophe n’est pas seulement locale : aujourd’hui, la majorité des humains portent en eux des traces ténues de ces substances. Leur présence est généralisée ; elles ne disparaîtront pas. Inlassablement, les mêmes erreurs sont commises, portées par la croyance que tout ce qui a été fait peut être défait, que la nature finira par éponger nos excès, et que toutes les ressources naturelles sont renouvelables, à l’infini.
Il y a près d’un an, en novembre 2017, 15 000 scientifiques avaient lancé dans nos colonnes un cri d’alarme sur l’état de la planète, prévenant qu’il serait bientôt trop tard pour agir, pour tenter de garder une Terre vivable sur le long terme. Ils appelaient l’humanité à changer radicalement de mode de développement. Quel chef d’Etat s’est emparé de leur message ? Un an est passé, rien n’a changé. La démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre de la transition écologique, mardi 28 août, est à resituer dans ce contexte. « La planète est en train de devenir une étuve, nos ressources naturelles s’épuisent, la biodiversité fond comme neige au soleil, a-t-il dit. Et on s’évertue à ranimer un modèle économique qui est la cause de tous ces désordres. »

   


La série de reportages que nous publions montre les conséquences à long terme de l’inaction dénoncée par M. Hulot, de l’incapacité des Etats à prendre leurs responsabilités, à jouer pleinement leur rôle face aux forces économiques, comme garants de l’intérêt général et du long terme. Ces catastrophes ne sont pas seulement industrielles, elles signalent aussi de profondes défaillances dans l’action des gouvernements, qui préfèrent ensuite recouvrir pudiquement ces désastres du voile de l’oubli. Retourner sur les lieux, raconter les conséquences de ces tragédies, est une manière de les rappeler à leurs devoirs.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Dans cette chronique, le professeur d’économie Loïc Charles revient sur le récurrent et stérile débat qui oppose depuis le XVIIIe siècle les naturalistes et la plupart des économistes à Adams Smith et à ses héritiers.
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L’éternelle « réflexion sur les rapports entre le “commerce” et la nature »

Dans cette chronique, le professeur d’économie Loïc Charles revient sur le récurrent et stérile débat qui oppose depuis le XVIIIe siècle les naturalistes et la plupart des économistes à Adams Smith et à ses héritiers.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h00
    |

Loïc Charles (Professeur d’économie à l’université Paris-VIII)







                        



                                


                            
Recherches. La démission de Nicolas Hulot souligne encore plus, s’il en était besoin, la place de l’impact environnemental des activités économiques dans le débat public. Réchauffement climatique, pollution et recyclage sont autant d’enjeux liés directement à des concepts économiques fondamentaux comme la croissance économique et la valeur. Ces questions font régulièrement l’actualité, mais elles ne sont presque jamais envisagées au regard de leur profondeur historique.
diriger ou rediriger le développement des activités économiques dans une direction compatible avec le maintien de la biomasse et de la biodiversité
Pourtant, comme l’a montré l’historien Fredrik Albritton Jonsson dès 2010, l’adoption d’une telle perspective permet de clarifier le cadre conceptuel de ces débats récurrents (« Rival Ecologies of Global Commerce : Adam Smith and the Natural Historians », The American Historical Review, décembre 2010).
Le siècle des Lumières voit naître une réflexion sur les rapports entre le « commerce » – c’est-à-dire les activités économiques dans le sens de l’époque – et la nature. La mise en exploitation intensive des espaces coloniaux, la circulation globale des savoirs, des plantes et des marchandises mettaient en danger le fragile équilibre écologique qui existait jusqu’alors. Selon F. A. Jonsson, les hommes des Lumières ont élaboré deux types de discours économique pour répondre aux anxiétés nées de ces risques liés à la modernité.
Les naturalistes et la plupart des économistes proposent d’intervenir pour diriger ou rediriger le développement des activités économiques dans une direction compatible avec le maintien de la biomasse et de la biodiversité. A l’inverse, Adam Smith, dans son ouvrage Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), affirme que les marchés accompliront cette tâche de la manière la plus efficace.
Planification environnementale
En Nouvelle-Angleterre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Comme chaque début de mois, de nouvelles mesures entrent en vigueur. Tour d’horizon des changements qui peuvent vous concerner.
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Halogènes, « sécu » étudiante, gaz, normes antipollution : ce qui change au 1er septembre

Comme chaque début de mois, de nouvelles mesures entrent en vigueur. Tour d’horizon des changements qui peuvent vous concerner.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 09h04
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 13h19
   





                        


Tour d’horizon des mesures et interdictions qui entrent en vigueur samedi 1er septembre.
Les ampoules halogènes ne sont plus vendues
Interdites à la vente dans quelques jours en Europe, car trop gourmandes en électricité, les ampoules halogènes laisseront le champ libre aux LED (diodes électroluminescentes), qui ont déjà conquis une large part du marché.
Six ans après la fin des lampes à incandescence, la quasi-totalité des lampes halogènes seront interdites à la vente à partir du 1er septembre. Trop gourmandes en électricité, elles sont supplantées par les LED (diodes électroluminescentes), dont la durée de vie est de 15 000 à 40 000 heures, contre 2 000 heures pour les halogènes.
Les stocks d’halogènes présents chez les distributeurs pourront continuer d’être écoulés. Deux modèles d’halogènes (R7s et G9) bénéficieront en outre d’une exemption.
Les étudiants ne paient plus la « sécu »
A compter de samedi, les étudiants n’ont donc plus à acquitter 217 euros de cotisation à la Sécurité sociale. D’ici à la fin du régime spécifique étudiant, programmée pour le 1er septembre 2019 par la loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (ORE), « l’année universitaire 2018-2019 sera une période transitoire », explique l’Assurance-maladie. Les nouveaux étudiants continueront automatiquement d’être affiliés à leur régime de protection sociale actuel, le plus souvent celui de leurs parents (régime général, régime agricole ou autres régimes spéciaux) et n’auront aucune démarche particulière à effectuer.

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                Ce que changera la fin de la Sécurité sociale étudiante



Pour les étudiants qui avaient déjà ce statut l’an passé, l’Assurance-maladie rappelle qu’ils resteront provisoirement dans leur mutuelle étudiante pour l’année 2018-2019, sans avoir à faire aucune démarche. Dans un an, ils basculeront automatiquement au régime général et seront rattachés à la caisse de leur lieu de résidence.
Le gaz augmente de 0,9 %
Les tarifs réglementés du gaz appliqués par Engie augmentent en moyenne de 0,9 %, dans le sillage de la hausse des prix de gros.
L’augmentation sera de 0,3 % pour les utilisateurs de gaz pour la cuisson, de 0,5 % pour ceux qui en font un double usage cuisson et eau chaude, et de 0,9 % pour les utilisateurs se chauffant au gaz, détaille la Commission de régulation de l’énergie.
Depuis le 1er janvier 2015, les tarifs réglementés de vente de gaz ont en moyenne baissé de 3,6 %, mais ils sont globalement en hausse depuis l’automne 2017. Les 10,6 millions de consommateurs français abonnés au gaz ont le choix entre les tarifs réglementés de l’ancien monopole et les prix de marché, mais le gouvernement envisage une fin progressive de ces tarifs réglementés du gaz, avec leur extinction à l’horizon 2023 pour les particuliers, afin de se conformer au droit européen.
Les pesticides tueurs d’abeilles sont interdits
En application de la loi biodiversité de 2016, les néonicotinoïdes sont interdits dans les champs français. Ces insecticides neurotoxiques, disponibles depuis le milieu des années 1990 et massivement utilisés dans les cultures, affectent le système nerveux des pollinisateurs et sont jugés responsables de la surmortalité des abeilles et des bourdons.

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                Les pesticides néonicotinoïdes désormais interdits pour protéger les abeilles



Les cinq substances jusqu’alors autorisées en Europe (clothianidine, thiaméthoxame, imidaclopride, thiaclopride et acétamipride) sont désormais interdites. Des dérogations sont possibles au cas par cas jusqu’au 1er juillet 2020, uniquement pour les produits à base d’acétamipride, et dans de « faibles volumes », selon le ministère de la transition écologique. Inacceptable aux yeux d’ONG qui demandent l’interdiction de nouvelles substances.
Les tests de consommation des voitures neuves sont durcis
Des tests européens plus sévères d’homologation des automobiles neuves sont généralisés à l’ensemble de la gamme des constructeurs. Ils avaient été introduits l’an dernier dans l’Union européenne, mais seulement pour les nouveaux modèles.
Ces tests en laboratoire mesurent la consommation de carburant, mais aussi les émissions de CO2, de particules, d’oxydes d’azote (NOx) et autres produits nocifs. Ils reflètent désormais beaucoup mieux les consommations et rejets réels des véhicules.
Ces nouveaux tests ont probablement dopé l’immatriculation de voitures neuves en France, qui ont progressé de 39,97 % en août, selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). Certains constructeurs sont en effet soupçonnés d’avoir accordé de gros rabais en août sur des véhicules qui n’auraient pas pu être commercialisés à partir de septembre, ou bien de les faire immatriculer auprès de leurs propres concessionnaires afin de les écouler plus tard. Ces volumes anticipés devraient peser sur les immatriculations des mois suivants.
Les transports en commun sont gratuits à Dunkerque
Les 200 000 habitants des dix-sept villes de la communauté urbaine de Dunkerque bénéficieront des transports en commun gratuits tous les jours de l’année, après l’avoir expérimenté pour les week-ends. Une trentaine de communes françaises ont déjà fait ce choix (Niort, Compiègne, Gap, Porto-Vecchio…), mais la sous-préfecture du Nord devient la plus grande agglomération française à franchir le cap. L’offre est plus ouverte que celle de Tallinn, capitale de l’Estonie, qui réserve la gratuité à ses 420 000 habitants.

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                Dunkerque parie sur la gratuité des transports






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Bêtes noires des apiculteurs, les produits phytosanitaires contenant des néonicotinoïdes sont interdits d’utilisation en France à partir de samedi. Retour en infographie sur ces molécules tant contestées.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Qu’est-ce que les néonicotinoïdes ?

Bêtes noires des apiculteurs, les produits phytosanitaires contenant des néonicotinoïdes sont interdits d’utilisation en France à partir de samedi. Retour en infographie sur ces molécules tant contestées.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 11h37
    |

                            Audrey Lagadec et 
Sylvie Gittus








                        



   





                            


                        

                        

