<FILE-date="2018/09/03/18">

<article-nb="2018/09/03/18-1">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Anders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l’Otan et ex-premier ministre danois explique, dans une tribune au « Monde », que le Japon et la France sont en mesure de renforcer le multilatéralisme face à la montée du courant antilibéral dans le monde.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


France-Japon : « De nombreuses convergences d’intérêts sur les questions géostratégiques »

Anders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l’Otan et ex-premier ministre danois explique, dans une tribune au « Monde », que le Japon et la France sont en mesure de renforcer le multilatéralisme face à la montée du courant antilibéral dans le monde.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 17h59
    |

Anders Fogh Rasmussen (Président fondateur de Rasmussen Global, ancien premier ministre danois (2001-2009), ancien secrétaire général de l'OTAN de ...







                        



                                


                            

Tribune. La signature du traité de libre-échange, le 17 juillet, entre l’Union européenne (UE) et le Japon marque une nouvelle étape dans leur relation toujours plus étroite. Couvrant près de 30 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, l’accord soutien, rien qu’en France, les plus de 87 000 emplois concernés par les exportations vers le Japon.
Alors que les Etats-Unis, le principal partenaire économique du Japon et de l’UE, est engagé dans une guerre commerciale, ce traité de libre-échange est un signal fort en faveur de l’ouverture et l’intégration entre les grandes économies, même dans des secteurs sensibles et concurrentiels.

Pour le président Macron, c’est aussi l’occasion de défendre avec l’unique puissance asiatique membre du G7 un système multilatéral mis sous pression. Bien que le premier ministre Abe ait dû annuler sa visite d’Etat en France à cause d’importantes inondations au Japon, l’invitation avait une haute valeur symbolique puisque les deux dirigeants auraient assisté ensemble à la parade militaire du 14 juillet.
Création de nouvelles normes communes
Concrètement, le but premier de ce traité de libre-échange est de supprimer la grande majorité des droits de douane entre les deux entités économiques. Mais il inaugure aussi la création de nouvelles normes communes, notamment pour l’échange des données numériques. Loin d’être une question technique, l’échange de ces données est au cœur du commerce international d’aujourd’hui et de demain, tant pour les produits à l’export que pour les services. L’Europe et le Japon créent ainsi des standards globaux sur lesquels les autres pays devront ensuite s’aligner.
Au-delà des aspects purement commerciaux, Paris et Tokyo ont de nombreuses convergences d’intérêts sur les questions géostratégiques, notamment en ce qui concerne la stabilité de la région indo-pacifique.
Deux des plus grands défis de la région, l’expansionnisme chinois en Mer de Chine...




                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-2">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le mouvement social survient au moment où les vacanciers reviennent des quelque 227 îles habitées que compte le pays.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Les îles grecques coupées du monde par une grève de marins

Le mouvement social survient au moment où les vacanciers reviennent des quelque 227 îles habitées que compte le pays.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 16h44
   





                        



   


En Grèce, le prochain bateau se fait attendre. Depuis lundi 3 septembre au matin, la puissante Fédération nationale des marins (PNO) a gelé toutes les liaisons maritimes dans le pays afin d’obtenir une hausse des salaires. La grève se prolongera mardi pour vingt-quatre heures, a annoncé la PNO, se félicitant de « la participation générale » à la grève.
Le mouvement social survient au moment où les vacanciers reviennent des quelque 227 îles habitées que compte le pays. Les compagnies de ferries avaient renforcé leur programme dimanche pour y faire face. L’union des entreprises de ferries (SEEN) a déploré « les sérieux problèmes » provoqués par cette grève, allant du blocage des touristes sur les îles et leur incapacité de rentrer chez eux par les vols programmés, à l’annulation des réservations des ferries et des hôtels et aux difficultés de ravitaillement des îles.
Selon The Independent, environ 180 000 personnes sont affectées par ce mouvement social. Les compagnies recommandent à leur passager de demander un remboursement et de prendre contact avec leur agence de voyage pour réorganiser leur voyage.

        Lire aussi :
         

                Dans les Cyclades, les revers de la manne du tourisme



Hausse de 5 % réclamée
La Fédération a lancé cette mobilisation faute d’accord patronal aux hausses de salaire qu’elle réclame, de 5 %, en mettant en avant le gel des salaires imposé au secteur pendant la crise traversée par le pays depuis neuf ans. Sur fond de boom du tourisme notamment vers les îles — un emploi sur cinq en Grèce est lié à cette industrie —, les armateurs ont pour leur part proposé une hausse de 1 % à partir de septembre, puis une autre d’autant en juin.
Cette grève est la première depuis la sortie officielle du pays, le 21 août, des programmes de prêts UE-FMI ayant assuré sa survie financière depuis 2010 en échange d’une purge d’austérité et de réformes. Dans le sillage de cette échéance, qui allège sans le lever le strict contrôle budgétaire exercé sur la Grèce par ses créanciers, le premier ministre, Alexis Tsipras, s’est engagé vendredi à augmenter le salaire mensuel minimal, tombé à 586 euros contre environ 760 avant la crise de la dette.

        Lire aussi :
         

                L’impossible leçon de la crise grecque






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-3">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Selon l’ancien président Anerood Jugnauth, la cession de l’archipel au Royaume-Uni, en 1965, s’est faite « sous la contrainte ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤         

Compte rendu

Maurice revendique les îles Chagos devant la Cour internationale de justice

Selon l’ancien président Anerood Jugnauth, la cession de l’archipel au Royaume-Uni, en 1965, s’est faite « sous la contrainte ».


LE MONDE
              datetime="2018-09-03T14:20:49+02:00"

        Le 03.09.2018 à 14h20






    
L’île de Diego Garcia, dans l’archipel des Chagos, abrite une base militaire américano-britannique.
Crédits : Stringer . / REUTERS


L’île Maurice a revendiqué devant la Cour internationale de justice (CIJ), à La Haye, sa souveraineté sur les îles Chagos, lundi 3 septembre, disant avoir été forcée de céder au Royaume-Uni, en 1965, cet archipel de l’océan Indien où Londres a ensuite installé une base commune avec les Etats-Unis.
« Plus de cinquante ans après l’indépendance, le processus de décolonisation de Maurice reste incomplet », a déclaré devant la CIJ l’ancien président mauricien Anerood Jugnauth, qui participa aux négociations de l’époque. Le découpage territorial a été effectué « sous la contrainte », dans le cadre des pourparlers sur l’indépendance de Maurice, accordée trois ans plus tard par Londres, a ajouté l’ancien dirigeant.

        Lire aussi :
         

                Chagos, l’archipel du non-retour



La séparation de l’archipel de 55 îles, dont seules trois sont habitées, a été suivie de l’expulsion d’environ 2 000 Chagossiens – décrits dans un câble britannique de l’époque comme « quelques Tarzans et Vendredis » – vers l’île Maurice et les Seychelles pour faire place à la base militaire de l’île de Diego Garcia. Le Royaume-Uni s’était servi des pourparlers sur l’indépendance de ce territoire semi-autonome pour parvenir à ses fins, tout en versant une somme de 3 millions de livres en échange des Chagos.
« Enorme pression »
Lundi, l’ex-président Jugnauth a affirmé que la délégation mauricienne de l’époque n’avait eu droit « à aucune marge ni aucun choix » sur la question des Chagos. Lors de rencontres secrètes à Londres, le premier ministre britannique de l’époque, Harold Wilson, avait voulu « faire peur » aux responsables mauriciens pour les forcer à céder l’archipel convoité, a ajouté M. Jugnauth. Harold Wilson leur avait dit qu’ils pouvaient rentrer à Port-Louis « avec ou sans l’indépendance » et que « la meilleure des solutions pourrait être l’indépendance et le détachement [des Chagos] par le biais d’un accord », a-t-il poursuivi.
« C’est avec en toile de fond cette énorme pression et dans des circonstances équivalant à la contrainte que, moins de cinq heures plus tard, quatre des cinq représentants de Maurice ont cédé le détachement de l’archipel des Chagos », a déclaré M. Jugnauth.
     data-ui="carousel"
     data-module="portfolio"
     data-wrapper=".gallery"
     data-interval="false"
     data-is-atom
     tabindex="10"
>


        Port-Louis, île Maurice, décembre 2014"
            data-slide-description="Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les oubliés du miracle mauricien se retrouvent dans le quartier de Batterie-Cassée. Les inégalités montent dans l’île, l’insécurité aussi. Les quartiers aisés deviennent des forteresses, les quartiers pauvres des poudrières."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Pamela est d’origine chagossienne, mais elle n’a jamais vu l’archipel. Elle n’en connaît que ce qu’Azulé, son mari, lui raconte quand il rentre des longues périodes de pêche qui l’emmènent dans les différentes îles de l’océan Indien."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Quartier de Batterie-Cassée, rue Diego-Garcia : un nom emprunté à l’île principale des Chagos, devenue depuis une base militaire américaine."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Quand ils n’ont pas école, les enfants restent à la maison car, pour aller à la plage, il faut traverser les quartiers en tôles, enjamber les toxicomanes, franchir le boulevard en évitant les voitures, prendre un bus et contourner les grands hôtels pour touristes."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’assistance n’est pas très nombreuse pour l’enterrement d’Emilie Louise Codor, la doyenne des Chagossiens. Un simple trou creusé dans le sol, pas de stèle, pas de croix, pas de nom. Emilienne reposera ici, loin de sa terre natale."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Dans le salon de « Petit Frère », le vide laissé par le passé est comblé de manière artificielle : bondieuseries, fleurs en plastique, peluches... « Aux Chagos on n’avait rien et on avait tout pour être heureux. Ici, il n’y a rien de bon pour nous. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Au siège du Chagos Refugees Group, Olivier Bancoult montre les panneaux sur la déportation, les militaires, les tombes écrasées, les pèlerinages chaque année... Sur les murs s’étale la lutte des 40 dernières années, les rencontres, les soutiens, les victoires."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Mimose a quitté les Chagos en 1968. Sa mère, Rita Bancoult, était une grande militante du mouvement chagossien. « Ici, il y a beaucoup de problèmes de racisme avec les hindous. En Angleterre non, et il y a du travail. C’est pour ça que mes enfants sont partis. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Anaïs a 17 ans. Née à Maurice d’une mère chagossienne et d’un père mauricien, elle veut devenir hôtesse de l’air pour voir plus souvent sa grand-mère et sa tante, qui vivent en Angleterre."
            data-slide-item-lie=""

        
        Aéroport de Gatwick, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="Allen a grandi et étudié à l’île Maurice. C’est lui qui est à l’origine des premières arrivées de Chagossiens en Angleterre, il voulait que son peuple ait un avenir meilleur. « J’avais 25 ans et j’ai eu cette vision, je voulais venir en Angleterre. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="C’est dans cet hôtel qu’a été hébergé le premier groupe de seize Chagossiens venus s’installer à Crawley, en 2002, après avoir campé quatre jours dans l’aéroport de Gatwick. Ils restèrent six mois dans cet hôtel avant d’obtenir leurs papiers de résidents."
            data-slide-item-lie=""

        
        Crawley, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="Journée de football organisée par la communauté chagossienne de Crawley. Le joueur de dos appartient à l’équipe Chagos Island Association, qui a participé à la Coupe du monde des peuples sans Etat, en 2016, en Abkhazie."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La communauté chagossienne de Crawley est venue supporter les équipes de football."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Ces  jeunes filles appartiennent à la troisième génération, celle qui est née à Maurice mais a connu principalement l’Angleterre et compte y construire son avenir. « Aller aux Chagos, oui, mais en vacances », disent certains."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lucie ne souhaite pas rentrer à Maurice. « Mon pays, c’est l’Angleterre. Les Anglais ont fait beaucoup de mauvaises choses avec les Chagossiens, mais ici le gouvernement me donne une pension et m’aide pour les médicaments, les lunettes, le médecin. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Anne-Marie a été déportée à Maurice à l’âge de 7 ans. « Quand nous sommes arrivés, les Mauriciens nous traitaient de Zoulous. » Elle a arrêté l’école à 14 ans, a travaillé dans une usine de textile, s’est mariée à 18 ans et s’est installée en Angleterre en 2007."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un prédicateur prononce des louanges devant l’entrée de l’église de Langley Green. Cette paroisse est principalement fréquentée par les communautés chagossienne et mauricienne. Le pasteur Roro est lui-même mauricien."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Stéphane, 25 ans, est arrivé en Angleterre en 2006 avec son père. Il travaille dans le bâtiment et vient d’avoir un petit garçon. Il souhaite retourner sur les Chagos. « Je voudrais y construire une maison. Ici, ce n’est pas ma vie. Là-bas, il y a tout à faire. »"
            data-slide-item-lie=""

        
        Londres, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="C’est un jour important dans le combat que mène Olivier Bancoult, le président du Chagos Refugees Group. Il a fait le voyage de Port-Louis à Londres pour défendre devant la Cour suprême les intérêts de son peuple en exil."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/20

Suivant






Port-Louis, île Maurice, décembre 2014            
Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis.

MORGAN FACHE / ITEM
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);


Au début des années 1970, alors que la guerre froide s’intensifiait, le Royaume-Uni a établi une base militaire conjointe avec les Etats-Unis sur Diego Garcia, la plus grande et la plus connue des îles Chagos. Depuis, la base – dont le bail court jusqu’en 2036 – a joué un rôle clé dans des opérations militaires américaines. Elle a notamment servi aux campagnes de bombardement américaines en Afghanistan et en Irak. Elle a aussi été utilisée par la CIA comme centre d’interrogation de suspects capturés en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001.
Revers diplomatique
La session ouverte lundi devant la CIJ est la conséquence d’une résolution adoptée en juin 2017 par l’Assemblée générale de l’ONU. Dans un revers diplomatique infligé à Londres, le texte présenté par Maurice et soutenu par les pays d’Afrique demandait à la CIJ son avis dans ce litige qui dure depuis plus d’un demi-siècle. Les quinze juges de l’organe judiciaire principal des Nations unies doivent entendre les arguments sur « les conséquences légales de la séparation de l’archipel des Chagos de Maurice ».
L’Union africaine et 22 pays, dont le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Allemagne et plusieurs pays d’Asie et d’Amérique latine doivent prendre part à la procédure, prévue sur quatre jours. Ensuite, les juges de la CIJ émettront leur « avis consultatif » dans un délai qui peut se compter en mois, voire en années.

        Lire aussi :
         

                L’île Maurice en quête d’un second « miracle »



Le vote de la résolution sur la saisine de la CIJ, en 2017, était considéré comme un test de la capacité du Royaume-Uni à rallier ses voisins, un an après son référendum de sortie de l’Union européenne. Mais ce vote, par 95 voix contre 15, a surtout été marqué par l’abstention de 65 pays, dont la France, l’Italie et l’Allemagne. Londres, qui s’est à plusieurs reprises engagé à céder l’archipel des Chagos à Maurice lorsqu’il ne sera plus nécessaire à des fins de défense, a annoncé qu’il « défendrait fermement » sa position dans les débats s’ouvrant lundi.
Le Royaume-Uni a toutefois exclu en 2016 le retour des anciens habitants des Chagos et de leurs descendants. De son côté, Port-Louis reconnaît l’existence de la base de Diego Garcia et accepte son fonctionnement à l’avenir, conformément au droit international.


<article-nb="2018/09/03/18-4">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le meurtre de cette adolescente avait choqué en Allemagne. L’extrême droite s’en est saisie pour faire campagne contre les étrangers.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Allemagne : un demandeur d’asile condamné pour le meurtre de son ex-petite amie

Le meurtre de cette adolescente avait choqué en Allemagne. L’extrême droite s’en est saisie pour faire campagne contre les étrangers.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 12h16
   





                        



   


La justice allemande a condamné à huit ans et demi de prison ferme un migrant reconnu coupable d’avoir tué à la fin de 2017 son ex-petite amie, une adolescente de 15 ans. Ce meurtre a choqué en Allemagne, et l’extrême droite s’en est saisie pour faire campagne contre les étrangers.
Le jeune demandeur d’asile débouté, qui affirme être afghan mais dont la nationalité n’a pu être établie avec certitude, risquait jusqu’à quinze ans de prison dans ce procès qui s’est déroulé devant le tribunal de Landau, dans le sud du Land de Rhénanie-Palatinat. Il a reconnu les faits et exprimé des remords durant l’audience. L’accusation estime que le jeune homme arrivé seul en Allemagne a agi par « jalousie » après que l’adolescente l’eut quitté.
Identifié comme Abdul D., le jeune demandeur d’asile a comparu devant une juridiction pour mineurs et, du coup, à huis clos, car il a affirmé avoir eu 15 ans au moment des faits. Un expert a évalué, lui, son âge à entre 17 et 20 ans et les juges ont renoncé dans le doute à une juridiction pour adultes.

        Lire aussi :
         

                Les migrants, au centre des négociations de coalition gouvernementale en Allemagne



Affaire exploitée par l’AfD
Les faits remontent au 27 décembre 2017. Selon plusieurs témoins, l’accusé a suivi son ancienne petite amie, Mia, dans une droguerie de Kandel. Il l’a poignardée sur place à sept reprises, avant d’être stoppé par des passants dans la rue.
Ce meurtre fait partie d’une série d’agressions très médiatisées en Allemagne impliquant des demandeurs d’asile, qui ont alimenté la colère d’une partie de la population contre les migrants et la chancelière allemande, Angela Merkel. Cette dernière est devenue la cible privilégiée de l’extrême droite en particulier, qui l’accuse d’être à l’origine d’une hausse de l’insécurité après avoir ouvert les portes du pays à plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016.
Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui a fait une entrée spectaculaire à la chambre des députés il y a un an, s’est saisi très tôt du fait divers de Kandel pour répéter son message contre les migrants, avec affiches et rassemblements. Il organise régulièrement à Kandel des manifestations depuis le début de l’année – la dernière en date samedi – dont certaines ont été émaillées de violences. La cheffe du gouvernement de cette région, la Rhénanie-Palatinat, la sociale-démocrate Malu Dreyer, a qualifié d’« insupportable » ce qu’elle considère comme une récupération politique.

        Lire aussi :
         

                A Chemnitz, des manifestations parallèles révèlent les deux visages de l’Allemagne






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-5">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Si le nombre de personnes arrivant en Europe est en diminution, le taux de mortalité, surtout parmi ceux qui rejoignent le continent par la mer, a augmenté.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

La traversée de la Méditerranée toujours plus meurtrière pour les migrants

Si le nombre de personnes arrivant en Europe est en diminution, le taux de mortalité, surtout parmi ceux qui rejoignent le continent par la mer, a augmenté.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 12h55
   





                        



   


Alors que l’Europe se déchire autour de la question de migrants traversant la Méditerranée, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) publie un rapport qui rappelle que la traversée de la mer Méditerranée est un itinéraire encore plus meurtrier qu’auparavant.
Selon ce nouveau rapport, intitulé « Voyage du désespoir » (« Desperate Journeys », en PDF), plus de 1 600 personnes ont déjà perdu la vie ou ont disparu dans le courant de l’année 2018 au cours d’une traversée pour rejoindre les rivages de l’Europe.

        Lire aussi :
         

                Un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?



L’Espagne, première porte d’entrée des migrants en Europe
Le HCR relève que si le nombre de personnes arrivant en Europe est en diminution, le taux de mortalité, surtout parmi ceux qui rejoignent le continent par la Méditerranée, a considérablement augmenté. Ainsi, en Méditerranée centrale, « pour chaque groupe de 18 personnes ayant entrepris la traversée entre janvier et juillet 2018, une personne est décédée ou a disparu, contre une sur 42 au cours de la même période en 2017 », note le HCR.
« Ce rapport confirme une fois de plus que la traversée de la Méditerranée est l’une des voies les plus meurtrières au monde », déclare Pascale Moreau, la directrice du bureau du HCR pour l’Europe.
Au début du mois d’août, l’agence onusienne signalait qu’environ 60 000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis janvier, soit 50 % du nombre enregistré durant la même période l’an dernier. L’Espagne est devenue cette année la première porte d’entrée des migrants dans l’Union européenne, dépassant l’Italie, qui leur ferme ses ports. Plus de 23 500 migrants sont arrivés depuis janvier par la mer en Espagne, plus que sur l’ensemble de l’année dernière, selon le HCR.

        Lire aussi :
         

                L’Espagne devient la première porte d’accès des migrants en Europe






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-6">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les restrictions sur la vente de panneaux solaires chinois dans l’Union européenne vont prendre fin dès lundi 3 septembre. La Commission européenne favorise le développement de cette énergie en Europe mais acte la fin d’une filière industrielle.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Solaire : l’Europe laisse entrer le soleil chinois

Les restrictions sur la vente de panneaux solaires chinois dans l’Union européenne vont prendre fin dès lundi 3 septembre. La Commission européenne favorise le développement de cette énergie en Europe mais acte la fin d’une filière industrielle.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 11h59
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            
Chronique. « Laisse entrer le soleil », chantaient les hippies de Hair en 1968, à une époque où l’on croyait encore qu’un autre monde était possible. Sans être aussi révolutionnaire, la Commission européenne entend elle aussi, cinquante ans plus tard, laisser entrer le soleil, mais celui-là est chinois. A partir de ce lundi 3 septembre, les panneaux et cellules solaires de l’empire du Milieu pourront débarquer sans restriction dans les paysages du Vieux Continent. Un revirement largement attendu mais spectaculaire si l’on se replace en 2013 lorsque, sur une plainte des industriels européens du secteur, l’Europe imposait des restrictions à l’importation des panneaux chinois.
Curieusement, alors que, depuis cette date, le climat s’est sérieusement refroidi sur le front du commerce international, les 28 membres de l’Union jouent l’apaisement. Une stratégie opposée à celle du nouveau locataire de la Maison Blanche qui n’a de cesse que de rallumer les guerres commerciales, et particulièrement celles avec la Chine. C’est pourquoi Pékin s’est félicité de cette décision qui constitue selon lui un « modèle de règlement positif d’un différend commercial ».
La Commission avait à trancher entre deux lobbys. Celui des industriels, qui plaident la fermeture des frontières, et celui des installateurs qui cherchent les produits les moins chers possible. Ces derniers ont eu gain de cause pour deux raisons. D’abord parce que les importateurs et installateurs représentent numériquement beaucoup plus de chiffre d’affaires et d’emplois : plus de 80 000 en Europe en 2016, selon la profession. Pour eux, la levée des barrières tarifaires devrait ajouter 45 000 emplois à la filière. Rien qu’en France, avec les nouveaux programmes annoncés, le nombre de jobs pourrait être multiplié par cinq.
Echec patent pour l’Europe
La deuxième raison est plus fondamentale. Pour atteindre ses objectifs ambitieux de développement du renouvelable,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-7">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Les sociaux-démocrates tentent d’enrayer la progression de l’extrême droite, qui pourrait réaliser une percée spectaculaire aux législatives du 9 septembre.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La coalition au pouvoir en Suède serre la vis sur l’asile

Les sociaux-démocrates tentent d’enrayer la progression de l’extrême droite, qui pourrait réaliser une percée spectaculaire aux législatives du 9 septembre.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 11h19
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Officiellement, il s’agit d’un « retour à une politique sociale-démocrate plus traditionnelle », selon le premier ministre suédois, Stefan Löfven. Officieusement, on reconnaît, dans les rangs de son parti, qu’il s’agit d’une tentative pour enrayer la chute dans les sondages et la fuite des électeurs vers l’extrême droite. En dépit des réserves de son allié écologiste, le chef du gouvernement social-démocrate a tiré un trait sur la doctrine de son parti en matière d’asile, pour espérer rester au pouvoir après les législatives du 9 septembre.
« Très tôt dans la campagne, il a été décidé que la priorité était de regagner le vote des électeurs partis à l’extrême droite, en faisant des annonces qui montreraient qu’on était crédibles sur les questions d’immigration, avant de lancer une campagne plus traditionnelle sur la défense de l’Etat-providence », explique le politologue Ulf Bjereld, proche de la formation.
Dès le mois de mai, Stefan Löfven, flanqué de sa ministre de l’immigration, Heléne Fritzon, a annoncé une série de mesures destinées à limiter les arrivées de réfugiés. Il a souhaité que leur nombre n’excède pas le niveau européen « proportionnellement à la population » du pays. Cela signifie qu’en 2017, par exemple, le royaume n’aurait pas dû recevoir plus de 14 000 demandeurs d’asile, contre les 26 000 enregistrés.

Depuis, le chef de file des sociaux-démocrates martèle son intention de pérenniser les restrictions au droit d’asile, adoptées en 2016 dans l’urgence et pour trois ans. Parmi elles : la quasi-suspension du regroupement familial et la généralisation des permis de séjour temporaires à la place des permanents. Il y ajoute des mesures destinées à compliquer la vie des sans-papiers. M. Löfven avait ainsi affirmé en mai que leurs enfants ne pourront plus aller à l’école – assertion que son cabinet avait démentie aussitôt.
Oublié donc le discours du 6 septembre 2015, sur Medborgarplatsen...




                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-8">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les « insoumis » défendent une tradition de l’accueil, mais adoptent aussi des positions eurosceptiques et sont attachés aux frontières.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Immigration : La France insoumise, embarrassée, envoie des signaux ambigus

Les « insoumis » défendent une tradition de l’accueil, mais adoptent aussi des positions eurosceptiques et sont attachés aux frontières.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 11h13
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            

C’est un sujet très sensible. La question des « vagues d’immigration » est potentiellement inflammable pour La France insoumise (LFI) à neuf mois des élections européennes tant la ligne de crête que veut tenir LFI − à la fois un discours de gauche, la défense des frontières et l’euroscepticisme − peut être périlleuse.
Les « insoumis » en ont conscience et avancent prudemment sur le sujet. Surtout depuis les déclarations de Sahra Wagenknecht de Die Linke, mouvement allemand proche de La France insoumise. Celle qui doit lancer le 4 septembre son mouvement Aufstehen (« Debout ») multiplie les déclarations hostiles à l’immigration, ce qui embarrasse LFI. Beaucoup se retranchent derrière des « problèmes de traduction » pour éviter de se prononcer et bottent en touche, rappelant l’opposition du groupe LFI à l’Assemblée nationale au projet de loi asile-immigration.

« Quand les réfugiés sont là, il faut les accueillir, estime Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne. Mais il faut faire en sorte qu’ils vivent dignement chez eux. » Charlotte Girard, qui doit faire partie du binôme de tête avec Manuel Bompard pour les élections européennes, précise : « Dire que [les vagues d’immigration] peuvent peser à la baisse sur les salaires et profiter au patronat n’est pas un raisonnement complètement absurde. Ce n’est pas une vue de l’esprit. D’ailleurs, le Medef soutient l’accueil des migrants. » A quoi certains cadres de LFI, comme Clémentine Autain ou Eric Coquerel, ajoutent : « C’est d’ailleurs pour éviter cela que l’on doit régulariser les sans-papiers. » 
Pour éclaircir sa position et rassurer ses troupes, Jean-Luc Mélenchon s’est senti obligé de revenir sur le sujet de l’immigration lors de son discours de rentrée, le 25 août à Marseille, pendant l’université d’été de son mouvement. « C’est un sujet qui, paraît-il, est délicat pour nous. Il ne l’est nullement, a ainsi lancé...




                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-9">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Figure du parti de gauche Die Linke, Sahra Wagenknecht lance un mouvement pour reprendre le terrain laissé à l’extrême droite.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Allemagne, l’émergence d’une gauche antimigrants

Figure du parti de gauche Die Linke, Sahra Wagenknecht lance un mouvement pour reprendre le terrain laissé à l’extrême droite.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 14h49
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Le projet divise les observateurs de la scène politique allemande. Les uns veulent croire à une initiative sans lendemain, avant tout motivée par le désir d’émancipation d’une députée à l’ambition dévorante, trop à l’étroit dans son propre parti ; les autres voient au contraire le début d’une aventure prometteuse, qui pourrait bousculer en profondeur la vie politique du pays.
Tous, cependant, sont d’accord pour dire que le mouvement « Aufstehen » (« Debout ») lancé, mardi 4 septembre, par Sahra Wagenknecht, qui entend pour l’heure rester coprésidente du groupe Die Linke au Bundestag, est un symptôme : celui d’une gauche allemande en pleine crise existentielle. Celle-ci est confrontée à une érosion inédite de son socle électoral, concurrencée par une extrême droite plus conquérante que jamais et sommée d’apporter des réponses à des questions jugées longtemps secondaires mais aujourd’hui centrales dans le débat public, celle de l’immigration au premier chef.

Sahra Wagenknecht, 49 ans, occupe une place à part dans la vie politique allemande. Débatteuse redoutée, invitée régulière des talk-shows télévisés, où sa beauté sévère et son verbe mordant font merveille, elle jouit d’une exposition médiatique inversement proportionnelle à son poids politique. Membre du Bundestag depuis 2009, elle a toujours défendu des positions intransigeantes au sein de sa famille politique, au risque de se mettre à dos la majorité de ses camarades.
« Naïveté »
Soucieuse de défendre la mémoire de la RDA à une époque, celle des lendemains de la réunification, où il était de bon ton de la condamner en bloc ; continuant à se dire « marxiste » quand presque plus personne, dans son parti, n’ose célébrer l’auteur du Capital ; en porte-à-faux avec la ligne officielle de Die Linke en raison de son soutien affiché au gouvernement russe, de ses griefs répétés contre l’Union européenne et de sa critique acharnée de l’OTAN, elle s’est surtout fait remarquer...




                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-10">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste Rafaële Rivais, revenant sur l’annonce de la compagnie irlandaise de ne pas indemniser sa clientèle après la grève de ses pilotes, rappelle que les passagers ne sont plus seuls dans leurs démarches de remboursement.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


RyanAir : « Les passagers sont invités à se rebiffer »

Dans sa chronique bimensuelle, la journaliste Rafaële Rivais, revenant sur l’annonce de la compagnie irlandaise de ne pas indemniser sa clientèle après la grève de ses pilotes, rappelle que les passagers ne sont plus seuls dans leurs démarches de remboursement.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 09h26
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 09h59
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

SOS CONSO. Peu soucieuse de malmener ses passagers, Ryanair, la compagnie irlandaise à bas coût, a annoncé le 26 juillet qu’elle ne verserait pas, à ceux dont les vols ont été ­annulés ou retardés cet été, les indemnisations auxquelles ils ont en principe droit – de 250 à 600 euros, selon leur trajet. Son PDG, Michael O’Leary, espérait sans doute ainsi les décourager de faire toute demande.
de nombreuses sociétés spécialisées se chargent des démarches nécessaires, y compris, si nécessaire, auprès des tribunaux, et se rémunèrent en prélevant une commission sur les sommes versées aux voyageurs
C’était toutefois oublier que les passagers ne sont plus seuls : il existe, depuis quelques années, de nombreuses sociétés spécialisées dans l’assistance au recouvrement de leurs indemnisations – AirHelp, plate-forme américaine créée en 2013, qui se présente comme le leader mondial du marché, Flightright, qui revendique le titre de leader européen, Air-indemnité, RefundMyTicket, Skymediator… Elles se chargent des démarches nécessaires, y compris, si nécessaire, auprès des tribunaux, et se rémunèrent en prélevant une commission sur les sommes versées aux voyageurs. Elles ont donc tout ­intérêt à ce que ces derniers fassent valoir leurs droits.
AirHelp invite donc les passagers – « 270 000 », estime-t-elle – affectés par les douze jours de grève de juillet et août, à réclamer les « 78 millions d’euros » qui leur seraient dus. La société allemande Flightright fait de même. Elle indique avoir engagé une action en justice contre Ryanair auprès du tribunal de Francfort, le 14 août. Elle accuse, en effet, Ryanair d’avoir violé le règlement européen 261/2004, qui prévoit ces indemnisations.
M. O’Leary le conteste. Il rappelle qu’aux termes de ce règlement (article 5), le versement de la compensation n’est pas obligatoire, lorsque « l’annulation est due à des circonstances extraordinaires, qui n’auraient pas pu être...




                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-11">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Les deux camps, géants d’Internet, d’un côté, éditeurs de presse et créateurs, de l’autre, sont chauffés à blanc, à quelques jours du vote décisif du 12 septembre au Parlement européen.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 02/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


A Bruxelles, l’intense guerre des lobbys autour de la directive « copyright »

Les deux camps, géants d’Internet, d’un côté, éditeurs de presse et créateurs, de l’autre, sont chauffés à blanc, à quelques jours du vote décisif du 12 septembre au Parlement européen.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 14h49
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Bruxelles, qui s’y connaît en la matière, a rarement connu bataille de lobbys aussi intense. Pour ou contre la directive « copyright » ? Les deux camps, GAFA (acronyme utilisé en Europe pour désigner Google, Apple, Facebook et Amazon) et partisans autoproclamés d’un Internet sans entrave, d’un côté, éditeurs de presse et monde de la création, de l’autre, ont sorti l’artillerie lourde.
Campagne d’e-mailing géante, multiplication des tribunes dans les médias, des collectifs dans l’édition musicale, déclaration depuis Venise côté cinéma, les esprits sont chauffés à blanc à quelques jours d’un vote décisif au Parlement européen, programmé le 12 septembre, et à quelques jours de la clôture pour le dépôt des amendements, le 5 septembre.
Fossoyeurs des médias, d’un côté, censeurs en puissance de l’Internet, de l’autre : l’affrontement est brutal, les arguments sans nuance. Et pour cause. Le projet de directive aborde un sujet existentiel pour les contenus : la presse, l’audiovisuel, le cinéma, la musique. Pour Google ou Facebook, c’est une question de gros sous, forcément délicate : ils risquent d’engranger – un peu – moins de profits dans l’Union européenne.
Le projet de directive a été proposé par la Commission il y a juste deux ans. « Son objectif est simple : rééquilibrer un rapport de force entre auteurs et grandes plates-formes en ligne qui, trop longtemps, a été à l’avantage des seconds », précise la commissaire au numérique, Mariya Gabriel.

Les parlementaires français ont fait bloc
Le texte instaure un droit voisin (du droit d’auteur qui protège les œuvres) pour les éditeurs de presse (article 11) et réclame des plates-formes accueillant les téléchargements des internautes un filtrage de ces contenus de manière à faire respecter les droits qui peuvent y être attachés (article 13). Grâce à ces dispositions, les créateurs et éditeurs de presse pourront mieux faire valoir leurs droits, alors que leurs contenus contribuent...




                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-12">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les tories font face à un afflux de nouvelles adhésions. Certains soupçonnent des partisans du « Brexit dur » de vouloir infiltrer le parti pour influencer sa ligne politique.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Les conservateurs britanniques craignent d’être infiltrés par la base par des « extrêmistes »

Les tories font face à un afflux de nouvelles adhésions. Certains soupçonnent des partisans du « Brexit dur » de vouloir infiltrer le parti pour influencer sa ligne politique.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 22h31
   





                        



   


Le parti conservateur britannique est-il victime d’une tentative d’entrisme massif ? Depuis le début de l’été, des milliers de personnes ont demandé à rejoindre les rangs du parti de la première ministre Theresa May. Un phénomène que les europhiles en particulier voient d’un mauvais oeil, redoutant que ces nouveaux membres tentent de faire bouger les lignes au sein d’une formation divisée entre ceux qui veulent une rupture nette avec l’Union européenne et les partisans du maintien de liens étroits.
« Il y a clairement un afflux de gens qui rejoignent le Parti conservateur, mais dans quel but c’est impossible à dire », s’interroge Dominic Grieve, un député pro-européen. Dans sa circonscription de Beaconsfield, une centaine de personnes viennent de s’inscrire, et le député se dit « sûr » que certaines d’entre elles ont pour objectif de le renverser.
Grossir les rangs en vue d’une éventuelle élection
L’appel lancé par l’homme d’affaires Arron Banks, cofondateur et argentier du mouvement pro-Brexit Leave.EU, le conforte lui et d’autres députés europhiles dans cette crainte. M. Banks a en effet exhorté les quelque 90 000 membres de son mouvement et 1,4 million d’abonnés sur les réseaux sociaux à rejoindre les conservateurs pour favoriser l’élection d’un chef de parti favorable à un Brexit « dur » au cas où Mme May, dont la position est très fragile, viendrait à démissionner. Le règlement des tories autorise en effet tout membre depuis au moins trois mois à participer à l’élection de son chef parmi deux candidats choisis par les députés conservateurs.
« Une rébellion de la base du Parti conservateur est possible. Un nouveau dirigeant peut être porté au pouvoir et le bon sens peut l’emporter. Notre objectif est d’unir la droite », a écrit Arron Banks la semaine dernière dans le Sunday Times.
Un engougement « presque inévitable »
Sa propre adhésion vient cependant d’être retoquée par les instances dirigeantes des tories, tandis que la députée conservatrice europhile Anna Soubry a réclamé aux responsables du parti de « faire preuve de courage et de détermination pour mettre fin à l’infiltration extrémiste ».
Interrogé par l’AFP, un porte-parole des tories a refusé de commenter les déclarations d’Arron Banks et de donner les chiffres d’adhésion. Selon une source au sein du parti, elles ont progressé « de manière régulière grâce à une campagne de recrutement ». Un nouveau système d’adhésion centralisé et la nomination de nouveaux directeurs de campagne avec pour mission d’attirer de nouveaux membres, auraient aussi joué.
Pour Tim Bale, professeur de politique à l’Université Queen Mary de Londres, l’engouement des « brexiters » à rejoindre les Conservateurs était « presque inévitable ». Il estime qu’avec ces nouvelles recrues, les tories, qui revendiquent aujourd’hui environ 124 000 membres, pourrait atteindre 140 000 personnes.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-13">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Giovanni Tria tente tant bien que mal de rassurer les marchés et l’Europe sur les intentions de son gouvernement, encore floues.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Le ministre des finances italien promet la stabilité budgétaire

Giovanni Tria tente tant bien que mal de rassurer les marchés et l’Europe sur les intentions de son gouvernement, encore floues.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 21h58
   





                        



   


Le ministre italien des finances Giovanni Tria a promis dimanche 2 septembre que les choix politiques de son gouvernement ne fragiliseraient pas la « stabilité budgétaire » du pays. Cet économiste modéré, qui n’a de cesse de rassurer le monde économique sur la politique du gouvernement populiste Ligue-Mouvement 5 étoiles, se dit confiant dans la réaction des marchés à la loi de finances qu’il présentera dans quelques semaines.
« Le gouvernement a déjà annoncé à plusieurs reprises que la stabilité budgétaire sera respectée, et dans les prochaines semaines, avec la loi de finances, ces intentions se traduiront en actions. Alors, le spread baissera », affirme le ministre dans un entretien à La Repubblica.
Le « spread », un indicateur très surveillé qui mesure l’écart entre les taux d’emprunt allemand et italien, a atteint les 290 points de base vendredi – son niveau le plus élevé depuis un an. « Avant la fin du mois, les perturbations disparaîtront », rassure M. Tria.
Luigi di Maio souffle le chaud
Les agences de notation restent toutefois méfiantes. L’une d’entre elles, Fitch, a finalement maintenu vendredi soir la note de la dette italienne à BBB tout en se montrant pessimiste sur son évolution puisqu’elle a abaissé sa perspective de « stable » à « négative ». « Après la formation d’un gouvernement de coalition, Fitch anticipe un certain relâchement budgétaire qui exposerait davantage le niveau très élevé de la dette italienne à des chocs potentiels », a-t-elle affirmé pour justifier cette décision.
Mises bout à bout, les promesses électorales de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles (création d’un revenu citoyen, remise à plat des retraites, réformes du droit du travail, introduction d’une « flat tax »...) pourraient coûter environ 100 milliards d’euros. Après l’effondrement du viaduc autoroutier de Gênes, le gouvernement populiste a en outre promis « un programme de grands travaux comme celui engagé par le président Trump ».

        Lire aussi :
         

                Les inquiétudes montent autour du budget italien



Le vice-Premier ministre et ministre du développment économique Luigi Di Maio, également patron du Mouvement 5 étoiles (anti-système) a affirmé dimanche que son gouvernement choisirait toujours de défendre les Italiens avant de suivre l’avis des agences de notation. « Nous ne pouvons pas penser suivre les avis des agences de notation pour ensuite poignarder les Italiens dans le dos », a affirmé M. Di Maio.
Vendredi, le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, a demandé à Rome de réaliser un « effort important » pour son budget 2019, attendu dans les prochaines semaines, soulignant qu’il était « dans l’intérêt de l’Italie de contrôler la dette publique », qui s’élève à 132 % du PIB – le ratio le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce.

        Lire aussi :
         

                L’Italie prépare l’affrontement avec l’Europe






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-14">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Cet expert en cyber sécurité associé à Julian Assange a disparu en Norvège le 20 août.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

La police norvégienne enquête sur la disparition d’Arjen Kamphuis, un co-fondateur de WikiLeaks

Cet expert en cyber sécurité associé à Julian Assange a disparu en Norvège le 20 août.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 21h39
   





                        



   


WikiLeaks s’est inquiété samedi 1er septembre de l’« étrange disparition » d’Arjen Kamphuis, un expert en cyber sécurité associé du fondateur de WikiLeaks Julian Assange.
Ce citoyen néerlandais âgé de 47 ans, coauteur du livre Information Security for Journalists, a été vu pour la dernière fois le 20 août quittant son hôtel de Bodo, dans le nord de la Norvège, avec un billet de train pour Trondheim. Il était en Norvège pour un séjour de deux semaines consacré à la randonnée, et devait rentrer aux Pays-Bas le 22 août.
Dimanche, la police norvégienne a indiqué avoir ouvert une enquête sur cette disparition, mais « se refuse à spéculer sur ce qui aurait pu lui arriver », précisant n’avoir aucune idée du lieu où pouvait se trouver.

My best friend has gone missing in Bodø, Norway. Friends, colleagues and family are very, very worried. Please shar… https://t.co/SPCEEntSNL— ncilla (@Ancilla)


require(["twitter/widgets"]);




                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-15">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ L’ancien bras droit de Marine Le Pen espère récolter 5 % des voix lors du prochain scrutin européen, avec son mouvement souverainiste Les Patriotes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Forbach, Florian Philippot prône le « Frexit » et tente de relancer ses Patriotes

L’ancien bras droit de Marine Le Pen espère récolter 5 % des voix lors du prochain scrutin européen, avec son mouvement souverainiste Les Patriotes.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 19h02
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 10h45
    |

            Lucie Soullier (Forbach (Moselle) - envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Maintenant, on va rêver un peu. Si Marine n’avait pas raté son débat, elle serait présidente de la République et Florian, premier ministre. » Bernard Janvier n’a pas fini de digérer la soirée télévisée qui a vu sombrer ses espoirs d’installer le Front national à l’Elysée. L’ancien cadre mosellan du parti d’extrême droite a depuis quitté les rangs de la formation lepéniste mais il l’évoque encore à la tribune de Forbach un an et demi après cette présidentielle ratée, dimanche 2 septembre, pour faire patienter la petite centaine de personnes venue écouter le discours de rentrée d’un autre ex-frontiste : Florian Philippot.
L’ancien bras droit de Marine Le Pen a pris un peu de retard, alors Bernard Janvier meuble en « rêvant » d’un entre-deux-tours différent ; en énumérant les augmentations de prix de l’essence, des timbres, des PV de stationnement… « Et la CSG ! » ; ou en se lançant dans la promotion des pin’s de la boutique installée à l’entrée du bar : « A accrocher sur vos vestes. Qu’on n’ait pas honte de dire qu’on est patriotes ! » Quelques euros bienvenus dans la cagnotte du parti lancé par Florian Philippot, qui compte bien monter une liste au scrutin européen de mai 2019.
Une année à la peine
« Y a du beau monde à Forbach » pour la première rentrée des Patriotes, se réjouit Bernard Janvier, toujours campé derrière le pupitre. Les fidèles des temps FN se reconnaissent : Mireille d’Ornano, députée européenne, Philippe Murer, ex-conseiller économique de Marine Le Pen, Alain Avello, l’ancien président du collectif Racine… Croisé un drapeau bleu-blanc-rouge à la main, l’acteur Franck de Lapersonne est quant à lui devenu le « référent à la société civile et à la culture » du parti dissident. Et la petite assemblée finit même par acclamer une autre prise frontiste : le maire de Brachay,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-16">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les Soudan Célestins Music et moi. A l’occasion d’un concert au festival des Passeurs d’humanité, le groupe de réfugiés a fait un détour chez le paysan solidaire.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

« Le jour où Bakry est revenu chez Cédric Herrou »

Les Soudan Célestins Music et moi. A l’occasion d’un concert au festival des Passeurs d’humanité, le groupe de réfugiés a fait un détour chez le paysan solidaire.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 18h45
    |

Pablo Aiquel







                        



   


Chronique. Attablés à la terrasse d’un hôtel en périphérie de Montélimar (Drôme), cinq Soudanais, un Erythréen et un Libyen terminent de dîner. Un kebab chacun, seul repas halal qu’ils ont trouvé en ville après 21 heures. Nous sommes arrivés de Vichy un peu plus tôt, pour une nuit d’étape, avant de poursuivre la route jusqu’à Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes). Les Soudan Célestins Music, le groupe de réfugiés que Le Monde suit dans le cadre du programme Les Nouveaux Arrivants, y sont attendus pour l’ouverture du festival des Passeurs d’humanité, organisé par l’association Les Amis de La Roya du 12 au 15 juillet.

        Lire aussi :
         

                Les nouveaux arrivants, acte III



« Pablo, tu peux venir s’il te plaît ? », me lance Adel El-Kordi, le traducteur libyen. « Bakry n’est pas encore réfugié en fait. Il est demandeur d’asile et attend une réponse de la CNDA », me dit Adel après avoir discuté (en arabe) du programme du lendemain avec les six Soudanais. Et en attendant la réponse de la Cour nationale du droit d’asile, Bakry ne peut pas quitter le territoire français.
Or nous avions prévu de passer quelques heures à Vintimille, à quelques dizaines de minutes de Breil-sur-Roya, côté italien. Pour ces réfugiés, revenir fouler les rues et les places de Vintimille une carte de séjour européenne dans la poche, c’était symbolique. La plupart étaient passés par là, par les routes, la montagne ou la voie ferrée. Mais pour Bakry le demandeur d’asile, le risque de se faire contrôler à la frontière est trop grand, et nous changeons donc nos plans.
Havre de fraternité
Nous irons finalement faire un tour chez Cédric Herrou, le paysan qui héberge des migrants dans la vallée de la Roya.
Sur la route de Vichy à Montélimar, j’ai expliqué aux réfugiés, avec l’aide d’Adel, l’enjeu du festival des Passeurs d’humanité sur cette frontière où des militants d’extrême droite tentent de refouler des migrants ; je leur ai parlé de la marche des solidarités qui a eu lieu entre Breil-sur-Roya et Calais ; de la victoire que représente la décision du Conseil constitutionnel, quelques jours plus tôt, de consacrer la valeur constitutionnelle du « principe de fraternité » ; et de Cédric Herrou. « Je le connais, c’est lui qui m’a amené à Nice », est intervenu Bakry. Nous ne le savions pas. Ce soir-là, à Montélimar, nous décidons donc de le retrouver, sans prévenir.

        Lire aussi :
         

                Aide aux migrants : assouplissement du contrôle judiciaire de Cédric Herrou



Le lendemain, après quelques heures de route, l’entrée du chemin conduisant chez Cédric Herrou, son poulailler et ses ruches est plus facile à trouver que ce que nous pensions : il suffit de s’arrêter au gendarme qui monte la garde – et de lui présenter nos papiers – avant de parcourir à pied les 500 derniers mètres. L’agriculteur militant accueille Bakry par une chaleureuse accolade. Devant la cuisine, sous le toit en bois du porche, Cédric a accroché les dizaines de dessins réalisés par ses hôtes de passage. En quelques secondes, Bakry retrouve le sien. Des journalistes italiens immortalisent l’instant pour une télévision alternative. Nous resterons quelques minutes dans ce havre de fraternité, avant de repartir pour préparer le concert du soir.
Pablo Aiquel est journaliste indépendant. Il travaille pour La Gazette des communes comme correspondant Auvergne et ruralités.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-17">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’Allemagne est touchée par une montée de l’hostilité envers les migrants et réfugiés.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Deux policiers allemands suspendus pour avoir fait le salut hitlérien

L’Allemagne est touchée par une montée de l’hostilité envers les migrants et réfugiés.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 18h30
   





                        


La police du Land de Bavière a annoncé dimanche 2 septembre avoir suspendu deux de ses agents soupçonnés d’avoir fait le salut hitlérien et tenu des propos hostiles aux migrants dans une brasserie de la ville de Rosenheim, jeudi.
Une troisième personne, décrite comme un agent de sécurité dans le communiqué de la police, était également présente et a fait elle aussi le salut hitlérien – ce qui est un délit en Allemagne.
La classe politique allemande réclame des mesures face à la montée de l’hostilité envers les migrants et réfugiés, et les récents événements de Chemnitz, où des extrémistes de droite manifestent depuis la mort voici une semaine d’un Allemand poignardé par des migrants, illustre le climat de tension actuel.
« Nous ne permettrons pas que l’extrême droite infiltre notre société », déclare dimanche la ministre de la Justice allemande, Katarina Barley, dans les colonnes de Bild am Sonntag. La ministre demande aux autorités de Saxe d’enquêter sur les organisations d’extrême droite.

        Lire aussi :
         

                A Chemnitz, des manifestations parallèles révèlent les deux visages de l’Allemagne






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-18">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Vous n’avez pas suivi l’actualité pendant le week-end ? Voici les principaux titres à retenir de samedi 1er et dimanche 2 septembre.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

McCain, abeilles, Chemnitz : les informations à retenir du week-end

Vous n’avez pas suivi l’actualité pendant le week-end ? Voici les principaux titres à retenir de samedi 1er et dimanche 2 septembre.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 18h21
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 21h14
   





                        


L’Amérique rend hommage à John McCain, sans Trump

   


Les Etats-Unis ont rendu hommage, samedi, au défunt sénateur John McCain, lors de funérailles nationales à la cathédrale de Washington. Ce « héros américain », connu pour son anticonformisme et pour sa capacité à transgresser les lignes politiques, a été salué par ses anciens adversaires politiques George W. Bush et Barack Obama.
Conformément au souhait du défunt, Donald Trump, qu’il méprisait royalement, n’était pas convié à la cérémonie. Le président américain en a profité pour jouer au golf et vociférer contre le Canada, qu’il a menacé d’exclure de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) s’il ne se pliait pas à ses conditions.

        Lire le récit de notre correspondant :
         

          Trump sabote le deuil national



Les néonicotinoïdes « tueurs d’abeilles » interdits en France

   


C’en est fini des néonicotinoïdes dans les champs français. Depuis samedi, ces pesticides sont bannis en France, afin de protéger les colonies d’abeilles décimées par l’usage de ce produit chimique.
« Cette interdiction place notre pays en précurseur pour la protection des pollinisateurs, de l’environnement et de la santé », s’est réjouie la ministre de la santé Agnès Buzyn.
Plusieurs de ses collègues ministres, ainsi qu’Emmanuel Macron, se sont attribués les mérites de cette décision... qui a en fait été prise dans le cadre de la loi sur la biodiversité, votée sous le quinquennat Hollande, en 2016.

        Lire aussi :
         

                Qu’est-ce que les néonicotinoïdes ?



Le gouvernement hésite toujours sur le prélèvement à la source
La semaine de cacophonie du gouvernement sur l’entrée en vigueur du prélèvement à la source en janvier 2019 s’est poursuivie ce week-end. Pour la première fois, le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, a avancé samedi l’hypothèse d’un arrêt de la réforme, invoquant les potentiels effets « psychologiques » de la réforme.
Dimanche, Le Parisien a révélé une inquiétante note confidentielle du fisc, qui tire un bilan « calamiteux » de la première phase de test de la réforme. Bercy assure toutefois que les nombreux « bugs » constatés au début de l’été (une même personne prélevée deux fois, un homonyme prélevé par erreur...) concernent un nombre « epsilonesque » de contribuables et devraient pouvoir être corrigés d’ici janvier.
Lula exclu par la justice de la course à la présidentielle brésilienne

   


Après des mois de bataille judiciaire, l’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a subi vendredi un coup qui pourrait lui être fatal. Le favori de l’élection présidentielle du 7 octobre a vu sa candidature invalidée par le tribunal supérieur électoral. Les juges ont estimé que sa condamnation à douze ans pour corruption passive et blanchiment d’argent (il purge sa peine de prison depuis avril) l’empêchait de briguer un nouveau mandat.
Le Parti des travailleurs n’est toutefois pas résolue à le remplacer par un nouveau candidat. Il entend « lutter par tous les moyens pour garantir la candidature » de son champion, qui se dit victime d’un complot politique visant à l’empêcher de reprendre la tête du pays.

        L’analyse de notre correspondante :
         

          Sans la candidature de Lula, la présidentielle au Brésil plonge dans l’inconnu



A Chemnitz, pro et anti-étrangers manifestent dans une Allemagne sous tension

   


La ville de Chemnitz, dans la Saxe, a été une nouvelle fois le théâtre de manifestations sous tension, samedi, six jours après un meurtre dont est suspecté un demandeur d’asile irakien. L’extrême-droite a défilé pour protester contre la politique d’accueil des immigrés d’Angela Merkel, tandis que, quelques mètres plus loin, des militants de gauche marchaient sous le mot d’ordre « le cœur plutôt que la haine ». Au total, plus de 11 000 manifestants étaient présents, encadrés par un énorme dispositif policier. Dix-huit personnes, dont trois policiers, ont été blessés.

        Le reportage de notre correspondant :
         

          A Chemnitz, des manifestations parallèles révèlent les deux visages de l’Allemagne



Plus de financement américain pour les réfugiés palestiniens
Les Etats-Unis ont suscité des réactions d’indignation en annonçant qu’ils ne financeraient plus l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, dont il assurait le tiers du budget. Le secrétaire général de l’ONU a dit « regretter » la décision américaine, alors que l’UNRWA « fournit des services essentiels aux réfugiés palestiniens et contribue à la stabilité de la région ».
Sport : Mbappé inspiré, mais Mbappé expulsé

   


En Ligue 1 de football, le Paris Saint-Germain s’est offert une quatrième victoire en quatre matchs à Nîmes (4-2), au terme d’un match difficile. L’entraîneur allemand Thomas Tuchel a pu compter sur les exploits individuels de Neymar, Di Maria et Mbappé, auteur d’un but exceptionnel avant d’être expulsé pour avoir voulu se faire justice lui-même après une faute.
Le Français Xavier Thévenard a remporté pour la troisième fois l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, et les Jeux asiatiques ont désigné pour la première fois une femme comme meilleur athlète.
Les articles qu’il ne fallait pas manquer
Le premier épisode de « Contaminations », la série de reportages du Monde dans les zones les plus polluées de la planète, part sur les traces des fantômes de Monsanto, à Anniston ;La rencontre avec le rappeur Booba, qui parle de prison, de sa famille et de son jet privé ;Pourquoi les ados passent leur temps au lit avec leur téléphone et un bol de céréales ;Les Décodeurs vous résument les mesures importantes adoptées par le gouvernement pendant que vous étiez en vacances.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-19">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La réforme, dans laquelle Vladimir Poutine s’est personnellement investi, prévoit de repousser de cinq ans l’âge de départ en retraite, en contrepartie de pensions revalorisées.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Les Russes manifestent contre le report de l’âge de la retraite

La réforme, dans laquelle Vladimir Poutine s’est personnellement investi, prévoit de repousser de cinq ans l’âge de départ en retraite, en contrepartie de pensions revalorisées.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 16h37
   





                        



   


Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche 2 septembre dans plusieurs villes de Russie contre un projet de réforme qui prévoit de repousser de cinq ans l’âge légal de départ à la retraite. Dans la seule ville de Moscou, ils étaient entre 6 000 et 9 000 à s’être rassemblés à quelques kilomètres du Kremlin à l’appel notamment du Parti communiste, qui dénonce une « réforme cannibale ».
« Nous organisons aujourd’hui une manifestation dans toute la Russie contre cette réforme cannibale », a déclaré à la tribune le dirigeant communiste Guennadi Ziouganov, qui a proposé, plutôt que de repousser l’âge légal de départ à la retraite, de taxer les oligarques pour financer le système.
Une hausse des pensions en contrepartie
Dans un discours retransmis mercredi dernier à la télévision, le président Vladimir Poutine s’est personnellement investi dans la réforme des retraites, qu’il a présentée comme une nécessité financière.
Mais il a aussi assoupli le projet présenté en juin par le gouvernement, proposant notamment de fixer à 60 ans l’âge légal de départ à la retraite des femmes, contre 63 ans dans la version gouvernementale, et 55 ans dans le système actuel. M. Poutine a confirmé en revanche la proposition gouvernementale pour les hommes, avec un relèvement de 60 à 65 ans de l’âge légal.
Le gouvernement s’est engagé à ce que ces mesures permettent de revaloriser les pensions de retraite de 8 % par mois d’ici la fin de l’année, pour s’établir en moyenne à 14 414 roubles (environ 185 euros).
Le projet du gouvernement suscite malgré tout un large rejet : d’après les instituts de sondage, 90 % des Russes y sont hostiles.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/03/18-20">
<filnamedate="20180903"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180903"><AAMMJJHH="2018090318">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Deux rassemblements d’extrême droite et de gauche étaient organisés samedi, après les violences qui ont suivi le meurtre d’un homme par des étrangers.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Chemnitz, des manifestations parallèles révèlent les deux visages de l’Allemagne

Deux rassemblements d’extrême droite et de gauche étaient organisés samedi, après les violences qui ont suivi le meurtre d’un homme par des étrangers.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 08h01
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 06h40
    |

            Thomas Wieder (Chemnitz (Saxe), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Hussein et Margot ont beaucoup de choses en commun. Ils ont la quarantaine, habitent à Chemnitz (Saxe), et, samedi 1er septembre, ils ont eu la même idée : aller déposer une fleur à l’endroit même où, six jours plus tôt, Daniel Hillig, un Allemand de 35 ans, s’est fait poignarder en pleine rue, en marge des festivités organisées à l’occasion du 875e anniversaire de cette ville de 240 000 habitants, voisine de la frontière tchèque.
Si Hussein et Margot ont tenu à accomplir ce geste simple, c’est aussi parce qu’ils ont chacun deux enfants et qu’ils ont « de plus en plus peur pour eux ». Encore un point commun ? Oui et non, car cette « peur » qu’ils ont en partage les oppose au lieu de les rapprocher. Syrien arrivé en Allemagne il y a une quinzaine d’années, Hussein en fait le constat :
« Ici, ça devient parfois compliqué de se sentir tranquille quand on est musulman. On entend des réflexions et on sent des regards qu’il n’y avait pas avant. »
Née dans le Land voisin du Brandebourg, mais installée en Saxe depuis son adolescence, Margot, elle, voit les choses autrement. « Avant, il n’y avait pas de criminalité ici. Mais depuis que tous ces Syriens, ces Irakiens et ces Afghans sont arrivés, ça a complètement changé. Nos gamins se font emmerder dans la rue, moi-même j’hésite à sortir la nuit. Regardez ce qui est arrivé à ce pauvre homme le week-end dernier, je n’invente rien : c’est bien un Irakien et un Syrien qui ont été arrêtés ! », explique-t-elle en désignant la photo de Daniel Hillig, posée sur le trottoir au milieu d’un tapis de fleurs.
Importants barrages policiers
Venus se recueillir à quelques minutes d’intervalle, Hussein et Margot ne se sont pas croisés. Ils sont d’ailleurs repartis dans deux directions opposées, le premier pour rejoindre un rassemblement auquel avaient appelé plusieurs associations et partis de gauche, sous le mot d’ordre « Le cœur plutôt que la haine » ;...




                        

                        

