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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Deux rassemblements d’extrême droite et de gauche étaient organisés samedi, après les violences qui a suivi le meurtre d’un homme par des étrangers.
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A Chemnitz, des manifestations parallèles révèlent les deux visages de l’Allemagne

Deux rassemblements d’extrême droite et de gauche étaient organisés samedi, après les violences qui a suivi le meurtre d’un homme par des étrangers.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 08h01
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 11h03
    |

            Thomas Wieder (Chemnitz (Saxe), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Hussein et Margot ont beaucoup de choses en commun. Ils ont la quarantaine, habitent à Chemnitz (Saxe), et, samedi 1er septembre, ils ont eu la même idée : aller déposer une fleur à l’endroit même où, six jours plus tôt, Daniel Hillig, un Allemand de 35 ans, s’est fait poignarder en pleine rue, en marge des festivités organisées à l’occasion du 875e anniversaire de cette ville de 240 000 habitants voisine de la frontière tchèque.
Si Hussein et Margot ont tenu à accomplir ce geste simple, c’est aussi parce qu’ils ont chacun deux enfants et qu’ils ont « de plus en plus peur pour eux ». Encore un point commun ? Oui et non, car cette « peur » qu’ils ont en partage les oppose au lieu de les rapprocher. Syrien arrivé en Allemagne il y a une quinzaine d’années, Hussein en fait le constat : « Ici, ça devient parfois compliqué de se sentir tranquille quand on est musulman. On entend des réflexions et on sent des regards qu’il n’y avait pas avant. »
Née dans le Land voisin du Brandebourg mais installée en Saxe depuis son adolescence, Margot, elle, voit les choses autrement. « Avant, il n’y avait pas de criminalité ici. Mais depuis que tous ces Syriens, ces Irakiens et ces Afghans sont arrivés, ça a complètement changé. Nos gamins se font emmerder dans la rue, moi-même j’hésite à sortir la nuit. Regardez ce qui est arrivé à ce pauvre homme le week-end dernier, je n’invente rien : c’est bien un Irakien et un Syrien qui ont été arrêtés ! », explique-t-elle en désignant la photo de Daniel Hillig, posée sur le trottoir au milieu d’un tapis de fleurs.
Importants barrages policiers
Venus se recueillir à quelques minutes d’intervalle, Hussein et Margot ne se sont pas croisés. Ils sont d’ailleurs repartis dans deux directions opposées, le premier pour rejoindre un rassemblement auquel avaient appelé plusieurs associations et partis de gauche, sous le mot d’ordre « Le cœur plutôt que la haine » ; la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La première ministre britannique répète qu’elle ne fera pas de concessions contraires à « l’intérêt national » à Bruxelles ni aux partisans d’un Brexit dur.
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Theresa May reste inflexible sur le Brexit, Barnier prêt à prolonger les négociations

La première ministre britannique répète qu’elle ne fera pas de concessions contraires à « l’intérêt national » à Bruxelles ni aux partisans d’un Brexit dur.



LE MONDE
 |    02.09.2018 à 03h49
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 11h51
   





                        



   


Theresa May maintient son cap. La première ministre britannique réitère, dans une tribune publiée dans le Sunday Telegraph daté du 2 septembre, qu’elle ne fera aucun compromis avec Bruxelles dans les négociations pour les relations post-divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE).
Ces déclarations interviennent alors que le Sunday Times a rapporté que les adversaires de la stratégie de Mme May dans les rangs du Parti conservateur publieraient en septembre leurs propres propositions pour le Brexit destinées à s’orienter vers une rupture plus nette avec l’UE. Une telle démarche viserait à mettre la pression sur Mme May, alors que le calendrier fixé par Londres et Bruxelles prévoit la conclusion d’un accord de retrait avant le Conseil européen des 18 et 19 octobre prochains.
Des discussions possibles jusqu’à « mi-novembre »
Mais cette date limite peut être aménagée : Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit, a avancé dimanche dans un entretien au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung que les négociations devaient être bouclées pour « mi-novembre », en ajoutant : « C’est possible. Ce dont nous avons besoin ce n’est pas de temps mais de décisions politiques. » Le ministre britannique chargé du Brexit, Dominic Raab, a évoqué lui aussi mercredi « une marge de manœuvre » sur le calendrier.

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                Brexit : plus que quatre mois pour trouver un accord



May s’en tient à son « livre blanc »
En juillet, Mme May a présenté un livre blanc dans lequel elle propose notamment la création d’une nouvelle « zone de libre-échange » avec l’UE, reposant sur un ensemble de règles communes concernant les biens et le secteur agroalimentaire. Il prévoit aussi d’honorer l’engagement d’éviter de rétablir une « frontière dure », avec des infrastructures douanières, à la frontière avec l’Irlande.
Ce « plan de Chequers [une des résidences du premier ministre] » a immédiatement suscité l’opposition des tenants d’un Brexit dur car ils le considèrent comme un dévoiement du référendum ayant décidé la sortie de l’UE en juin 2016. Il a d’ailleurs provoqué les démissions fracassantes des ministres des affaires étrangères, Boris Johnson, et du Brexit, David Davis. Mme May s’est aussi attiré les foudres de ceux qui souhaitent que Londres renonce à sortir de l’UE. De leur côté, les dirigeants de l’UE ont mis en doute sa viabilité.
« Je ne serai pas poussée à accepter des compromis [sur les propositions du livre blanc] qui ne sont pas dans l’intérêt national », prévient la première ministre dans le Sunday Telegraph. « Les prochains mois seront essentiels pour façonner l’avenir de notre pays et je suis claire sur ma mission », ajoute-t-elle.
Pas de second référendum
Mme May – qui avait prévenu en juillet les membres de son parti qu’il n’y aurait pas de Brexit du tout si ces derniers ne soutenaient pas son plan pour maintenir des relations commerciales aussi étroites que possible avec l’UE – réitère qu’elle préfère une absence d’accord à un mauvais accord. « Nous serons prêts pour un no deal [aucun accord] s’il le faut », écrit-elle.
Une fois encore, la chef du gouvernement exclut la tenue d’un second référendum sur l’adhésion à l’UE. « Poser la question une fois de plus serait une grave trahison de notre démocratie – et une trahison de cette confiance », affirme-t-elle.
Le Brexit est programmé pour le 30 mars 2019, et Londres et Bruxelles sont censés parvenir à un accord d’ici octobre pour organiser leur divorce et jeter les bases de leur relation future.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le président américain fait pression sur Ottawa pour obtenir une rénégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) plus favorable aux Etats-Unis.
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Donald Trump menace d’exclure le Canada de l’Alena

Le président américain fait pression sur Ottawa pour obtenir une rénégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) plus favorable aux Etats-Unis.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 19h15
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 19h20
   





                        



   


Donald Trump a encore haussé le ton d’un cran samedi 1er septembre contre le Canada, qu’il menace d’expulser du nouveau Accord de libre-échange nord-américain (Alena) s’il ne cède pas à ses revendications.
« Il n’y a pas de nécessité politique de garder le Canada dans un nouvel accord Alena. Si nous ne concluons pas un bon accord après des décennies d’abus, le Canada sera en dehors », a affirmé le président dans une série de tweets, au moment même où l’ensemble de la classe politique américaine rendait hommage au sénateur John McCain lors d’une cérémonie à laquelle il n’avait pas été convié.

Le contexte
L’Aléna est un accord de libre-échange liant les Etats-Unis, le Mexique et le Canada depuis 1994, que Donald Trump juge injuste pour son pays et promet depuis longtemps de rénégocier.
Fidèle à son penchant pour les discussions bilatérales, il a commencé par négocier avec le Mexique, avec lequel il a obtenu lundi 27 août un accord. Dans la foulée, l’administration américaine a repris les discussions avec le Canada, troisième partenaire du pacte. Les pourparlers commerciaux semblaient sur le point de déboucher sur un accord quand Donald Trump a jeté un pavé dans la mare en affichant une ligne intransigeante envers Ottawa, entraînant vendredi la suspension des négociations.


Les nouvelles éructations numériques de Donald Trump ne devrait pas faciliter le dialogue entre Ottawa et Washington, censé reprendre mercredi prochain. D’autant que le temps presse, puisque Trump s’est engagé vendredi auprès du Congrès à signer le nouvel Alena sous trois mois, et à le rendre public d’ici un mois.
La menace du « no deal »
Selon le quotidien canadien Toronto Star, le président républicain a confié cette semaine à ses interlocuteurs que l’administration entendait ne faire aucun compromis avec le Canada et qu’un accord potentiel se ferait « uniquement à [ses] conditions ». Ce qui n’est pas du goût de la cheffe de la diplomatie canadienne, Chrystia Freeland : « Nous cherchons un bon accord, pas n’importe quel accord ».
Pour faire monter la pression, le président américain ne cesse de suggérer que Washington est prête à se passer d’un accord. Il a par exemple affirmé que le Canada n’était qu’un « petit segment » des échanges commerciaux américains comparée au Mexique, alors même que les chiffres disent le contraire. Le Canada est le troisième partenaire commercial des Etats-Unis, derrière l’Union européenne et la Chine.
Dans ses tweets matinaux, Donald Trump a également mis en garde le Congrès américain contre toute « interférence » dans la négociation, sans quoi il mettrait « tout simplement fin à l’Alena et nous nous porterons bien mieux ». Le président américain semble donc prêt à brandir la menace du « no deal » pour convaincre les députés et les sénateurs d’approuver sa réécriture de l’Alena, avec ou sans le Canada.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Alexandre Zakhartchenko dirigeait depuis 2014 l’autoproclamée « République populaire de Donetsk ». Moscou accuse Kiev de l’avoir assassiné.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Moscou dénonce « une provocation » après l’assassinat du chef séparatiste ukrainien Alexandre Zakhartchenko

Alexandre Zakhartchenko dirigeait depuis 2014 l’autoproclamée « République populaire de Donetsk ». Moscou accuse Kiev de l’avoir assassiné.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 17h29
   





                        



   


« La mort de Zakhartchenko va certainement aggraver les tensions dans la région » et miner l’instable processus de paix engagé en 2015, a déclaré samedi 1er septembre le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « C’est sans aucun doute une provocation. »
Moscou réagissait à la mort, vendredi, du principal chef des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine, Alexandre Zakhartchenko, touché par l’explosion d’une bombe placée dans un café de Donetsk, « capitale » de l’autoproclamée « République populaire de Donetsk », dont il était le président depuis près de quatre ans. Quelques heures après cette annonce, le président russe, Vladimir Poutine, avait présenté ses condoléances aux habitants de Donetsk, qualifiant M. Zakhartchenko de « véritable leader populaire » et de « personne courageuse et déterminée ».
Les forces de sécurité des séparatistes ont rapidement dénoncé un acte « terroriste » et annoncé l’arrestation de plusieurs personnes, parmi lesquelles des « saboteurs ukrainiens ». Les autorités rebelles et Moscou soupçonnent Kiev d’être à l’origine de l’explosion, tandis que l’Ukraine attribue cet assassinat aux querelles internes au mouvement rebelle, « pantins soutenus et financés » par Moscou selon les mots du ministère des affaires étrangères.
Moscou écarte une relance des pourparlers de paix
Cet assassinat fragilise encore un peu plus le processus de paix, engagé par les accords de Minsk, signés en février 2015 par la Russie, l’Ukraine, la France et l’Allemagne, et dont Alexandre Zakhartchenko avait été partie prenante.
D’ores et déjà, alors que la France et l’Allemagne ont cherché ces derniers mois à relancer le très fragile processus de paix, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a écarté samedi de futures réunions avec Berlin, Paris et Kiev. De leur côté, les Etats-Unis ne semblent pas vraiment croire à une avancée diplomatique : le représentant spécial américain pour l’Ukraine, Kurt Volker, a affirmé que Washington pourrait fournir plus d’armes à Kiev pour renforcer les forces ukrainiennes contre les séparatistes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Des manifestants d’extrême droite d’un côté, et de gauche de l’autre, sont descendus samedi dans les rues de cette ville allemande.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

A Chemnitz, dix-huit blessés après les défilés de pro et anti-étrangers

Des manifestants d’extrême droite d’un côté, et de gauche de l’autre, sont descendus samedi dans les rues de cette ville allemande.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 15h30
   





                        



   


En Allemagne, dix-huit personnes ont été blessées samedi 1er septembre à l’issue d’une journée sous haute tension, parmi lesquelles figurent trois policiers. Plus de 11 000 manifestants sont descendus, samedi 1er septembre, dans les rues de Chemnitz, dans l’est du pays, les uns pour dénoncer la politique migratoire du gouvernement d’Angela Merkel, les autres pour manifester leur soutien.

        Le reportage :
         

          A Chemnitz, des manifestations parallèles révèlent les deux visages de l’Allemagne



Cette ville saxonne est depuis une semaine l’épicentre de la mobilisation de l’extrême droite allemande contre les étrangers, après un meurtre dont est suspecté un demandeur d’asile irakien. Une « chasse aux étrangers » a été organisée dans la ville. Des affrontements entre des manifestants d’extrême droite et d’extrême gauche avaient ensuite fait plusieurs blessés.
Samedi, un très important dispositif policier avait été déployé pour éviter une confrontation entre partisans des deux camps, et les rassemblements eux-mêmes se sont déroulés sans incidents. Mais des heurts sont survenus au moment de la dispersion des cortèges, lorsque les plus déterminés des deux côtés ont cherché à s’approcher les uns des autres pour en découdre.
La police a indiqué dans la soirée que dix-huit personnes avaient été blessées. Un groupe de militants sociaux-démocrates a été agressé et leurs drapeaux cassés en rejoignant leur bus. Une équipe de la télévision publique locale MDR a déposé plainte après avoir été agressée lors d’un tournage. En marge de ces rassemblements, dans un quartier périphérique de Chemnitz, un Afghan de 20 ans a été roué de coups dans la soirée par un groupe de quatre hommes au visage camouflé. Il a été légèrement blessé selon la police.
« Merkel dégage »
Plus tôt dans la journée, 4 500 personnes avaient défilé à l’appel de divers mouvements de droite radicale mais aussi du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et du mouvement anti-islam et anti-Merkel Pegida, selon la police. Certains scandaient « Nous sommes le peuple », reprenant le slogan des manifestants lors de la chute du régime communiste de RDA à l’automne 1989, ou encore « Merkel dégage ! » en portant des drapeaux allemands. D’autres défilaient avec de grands portraits de victimes d’attaques perpétrées, selon eux, par des demandeurs d’asile.
En parallèle, à l’appel de plusieurs associations et partis politiques de gauche, environ 3 500 personnes ont contre-manifesté, selon la police. « Chemnitz n’est ni grise ni brune », pouvait-on lire sur une immense affiche collée sous l’imposant buste de Karl Marx situé devant l’hôtel de ville. Chemnitz fut baptisée Karl-Marx-Stadt durant la période communiste en RDA.
« Nous ne laisserons pas les extrémistes de droite détruire notre pays et notre démocratie. Ni à Chemnitz, ni en Saxe, ni nulle part en Allemagne. Notre Constitution doit primer. Nous devons la défendre. Maintenant ! », a déclaré l’un des dirigeants fédéraux des Verts, Cem Ozdemir, d’origine turque.

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                A Chemnitz, soupçon de collusion entre autorités locales et extrême droite



Le gouvernement, par la voix du ministre des affaires étrangères Heiko Maas, a apporté son soutien à cette dernière manifestation. « La deuxième guerre mondiale a commencé il y a soixante-dix-neuf ans. L’Allemagne a causé des souffrances inimaginables à l’Europe. Si à nouveau des gens défilent aujourd’hui dans les rues en effectuant le salut nazi, notre histoire passée nous oblige à défendre résolument la démocratie », a-t-il écrit sur Twitter.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les visas pour les joueurs non européens sont aujourd’hui limités. Si le système était étendu aux Européens après le Brexit, la plupart des équipes anglaises ne pourraient plus recruter.
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Brexit : les visas des footballeurs en danger

Les visas pour les joueurs non européens sont aujourd’hui limités. Si le système était étendu aux Européens après le Brexit, la plupart des équipes anglaises ne pourraient plus recruter.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h29
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Les habitants de Burnley, dans le nord-ouest de l’Angleterre, n’y avaient sans doute pas pensé quand ils ont voté à 66 % pour le Brexit, mais leur équipe de football pourrait souffrir de la sortie de l’Union européenne. Mike Garlick, le président de leur club, a tiré la sonnette d’alarme mi-août.

« La voie destructrice que le gouvernement poursuit avec le Brexit risque d’avoir un effet négatif très important sur les clubs de football à travers le pays. » Peter Coates, le président du club de Stoke City (Stoke-on-Trent a voté Brexit à 69 %) s’est joint à lui : « La Premier League, qui représente un succès pour notre pays, peut être endommagée par la restriction des mouvements [des footballeurs]. Cela peut aussi toucher le Championship [deuxième division, où évolue son club]. »
Actuellement, les clubs peuvent faire venir autant d’Européens qu’ils le souhaitent. Pour les non-Européens, les visas sont en revanche relativement restreints. Ils sont réservés aux footballeurs qui évoluent au moins de temps en temps dans leur équipe nationale (par exemple, un joueur qui vient d’une nation classée par la FIFA parmi les dix premières du monde doit avoir joué au moins 30 % des matchs de son équipe nationale lors des deux années précédentes).
N’Golo Kanté n’aurait pas obtenu de visa
Au lendemain du Brexit, si les joueurs européens obéissaient soudain à ces règles, nombre d’entre eux ne pourraient plus rejoindre les équipes anglaises. Le Français N’Golo Kanté, champion du monde cet été, n’aurait ainsi pas obtenu de visa quand il est arrivé à Leicester City en 2015, n’ayant alors jamais joué pour la France.
Pour les clubs les plus riches, faire venir des stars qui évoluent déjà en compétitions internationales ne sera pas forcément trop difficile. Ceux de deuxième catégorie risquent d’être les plus touchés.

Une solution peut cependant être trouvée relativement facilement. Un changement de règles d’immigration...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Alors que le compte à rebours s’accélère, les risques de dérapage sont nombreux. Mais le scénario le plus probable reste celui d’un divorce à l’amiable.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Brexit : plus que quatre mois pour trouver un accord

Alors que le compte à rebours s’accélère, les risques de dérapage sont nombreux. Mais le scénario le plus probable reste celui d’un divorce à l’amiable.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 06h24
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

On entre dans la dernière ligne droite du Brexit. Alors que Michel Barnier et Dominic Raab, les deux négociateurs du Brexit – le premier pour l’Union européenne (UE), le second pour Londres – se sont rencontrés une nouvelle fois à Bruxelles vendredi 31 août, il ne reste que quelques mois pour trouver un accord.
Quelle que soit l’issue des négociations, le Royaume-Uni sortira de l’UE le 29 mars 2019 à minuit, une fois les deux années légales écoulées depuis la notification de son retrait par Londres. Dans cet objectif, le sommet européen du 18 octobre est officiellement la date butoir. Celle-ci a été déterminée par M. Barnier, afin de laisser le temps aux Parlements britannique et européen de ratifier le texte. En vérité, les deux chambres ont besoin d’environ trois mois pour faire leur travail. Un dérapage du calendrier jusqu’au sommet européen de la mi-décembre ne serait pas une catastrophe. Ensuite, l’urgence deviendrait réelle.

Déjà, les négociateurs préparent les esprits. M. Barnier a parlé de « début novembre, mais certainement pas beaucoup plus tard ». « Il est possible que ça dépasse [le sommet d’octobre] », ajoute M. Raab.
Quelles chances ont-ils de trouver un accord ? Il n’est pas inutile de rappeler que chacun des deux camps continue d’afficher un certain optimisme. M. Barnier se dit « confiant », M. Raab estime que l’accord est « en vue ». Lundi, le président français Emmanuel Macron disait « souhaiter un accord d’ici à la fin de l’année ».
La discussion bute sur la question irlandaise
Simple affichage ? La majorité des observateurs parient aussi sur un accord. « Nous pensons que le Royaume-Uni évitera le non-accord », estime l’agence de notation Fitch. « Notre scénario de base est que le gouvernement trouvera un compromis politique peu clair [« political fudge »] afin de sortir de l’impasse actuelle », abondent les analystes de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Depuis que le Royaume-Uni a rejoint l’Union européenne, en 1973, les chevaux de course franchissaient les frontières sans vérifications. Sa prochaine sortie de l’UE entraînera des restrictions de mouvements.
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Le Brexit, un obstacle pour les courses hippiques

Depuis que le Royaume-Uni a rejoint l’Union européenne, en 1973, les chevaux de course franchissaient les frontières sans vérifications. Sa prochaine sortie de l’UE entraînera des restrictions de mouvements.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h03
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 10h32
    |

            Eric Albert (Hippodrome de Sandown (Royaume-Uni), correspondance)








                        



                                


                            

Chemisette sur son ventre rebondi, cou de taureau et cheveux gris coupés court, Mike prend l’air de celui à qui on ne la fait pas. « On a très bien vécu avant d’entrer dans l’Union européenne et on vivra très bien après en être sorti. Franchement, faire croire que le Brexit pourrait avoir un impact sur les courses de chevaux, c’est agiter le “projet de la peur”. » A 58 ans, l’homme est venu ce vendredi 31 août pour regarder les courses hippiques de l’hippodrome de Sandown, au sud de Londres, et il n’a pas l’intention de gâcher une après-midi ensoleillée à regretter son vote en faveur du Brexit.

Pourtant, le secteur offre une passionnante plongée dans les retombées imprévues de la sortie de l’Union européenne (UE). A tous les niveaux – transport des chevaux, élevage des pur-sang, recrutement de la main-d’œuvre et organisation des bookmakers ? le Brexit apporte de profonds changements. Un chamboulement inévitable puisqu’il faut détricoter quarante-quatre ans de réglementations faites dans le cadre européen, depuis que le Royaume-Uni est devenu membre en 1973.
« Le Brexit nous a singulièrement compliqué la vie, alors qu’on a un système qui marche actuellement du tonnerre », maugrée Paul-Marie Gadot, directeur opérationnel des courses à France Galop, l’organisme qui gère la filière des courses en France. Le cœur du problème concerne le déplacement des chevaux entre la France, le Royaume-Uni et l’Irlande, les trois pays où le secteur hippique est le plus développé.
25 000 mouvements de chevaux par an
Actuellement, un accord tripartite reconnaît que les règles sanitaires entre les pays sont équivalentes et que le mouvement des pur-sang peut s’opérer sans vérification aux frontières. Pour assurer la traçabilité, il faut juste enregistrer sur Internet le départ du cheval et son arrivée. Chaque année, 25 000 mouvements de chevaux sont réalisés entre les trois pays. Le premier accord tripartite a été signé avant l’accession...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le projet européen de « plate-forme régionale » de débarquement de migrants se heurte à la résistance de Tunis.
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La Tunisie face aux pressions de l’Europe sur le dossier migratoire

Le projet européen de « plate-forme régionale » de débarquement de migrants se heurte à la résistance de Tunis.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 09h59
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 06h25
    |

            Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)








                        



                                


                            

C’est pour l’instant insidieux, subtil. Une « petite musique », des messages implicites, des sous-entendus appuyés. La Tunisie va devoir s’y faire : la pression de l’Union européenne (UE) qui s’esquisse va aller, selon les connaisseurs du dossier à Tunis, s’intensifiant autour du fameux projet de « plates-formes régionales de débarquement » envisagé par le Conseil européen consacré, fin juin à Bruxelles, à la crise migratoire.
A l’instar d’autres pays d’Afrique du Nord, la Tunisie est citée par des responsables européens comme un possible centre de réception, hors de l’UE, où serait opéré le tri entre candidats éligibles à l’asile et simples migrants économiques.
« Climat de tension »
Les dirigeants de Tunis ont eu beau afficher rapidement leur hostilité à un tel projet, qui concerne par définition des ressortissants non tunisiens, l’affaire n’en est qu’à ses prémices. « Les requêtes sont de plus en plus coordonnées, confirme une source diplomatique tunisienne. Les Européens nous les transmettent par la porte ou par la fenêtre. Cela nourrit un climat de tension. »
Pour l’heure, ce sont surtout les représentants des Etats membres de l’UE qui se manifestent, les Français et les Allemands en particulier. Mais Bruxelles s’apprête à entrer en scène. « On va devoir soulever la question sans trop tarder auprès de nos interlocuteurs tunisiens », assure un officiel de l’UE.

C’est parce qu’elle se sait dans le champ de vision d’une Europe impatiente d’externaliser la gestion des flux migratoires que la Tunisie a attendu près de deux semaines avant d’autoriser, le 28 juillet, l’accostage à Zarzis (Sud-Est) du Sarost-5. Ce navire commercial battant pavillon tunisien avait secouru quarante migrants au large de la Libye, mais ni Malte, ni l’Italie, ni la France n’avaient souhaité l’accueillir. Le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, avait finalement donné son feu vert « pour des raisons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Au moins 1 800 personnes ont été temporairement évacuées après une explosion survenue sur un site de Bayernoil, près d’Ingolstadt, en Bavière
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Huit blessés dans l’explosion d’une raffinerie en Allemagne

Au moins 1 800 personnes ont été temporairement évacuées après une explosion survenue sur un site de Bayernoil, près d’Ingolstadt, en Bavière



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 09h25
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 13h04
   





                        



   


Un incendie s’est déclaré samedi 1er septembre au matin à la suite d’une explosion dans une raffinerie du sud de l’Allemagne, près d’Ingolstadt. Au moins huit personnes ont été blessées, dont trois hospitalisées, et 1 800 habitants évacués, selon la police locale. L’explosion s’est produite dans un secteur de production de gaz et d’essence liquides de ce site de la compagnie Bayernoil, situé le long du Danube en Bavière, peu avant 5 h 30.
Selon la chaîne de radio-télévision publique locale Bayerischer Rundfunk, « l’onde de choc a été ressentie à plusieurs kilomètres » lors de l’explosion. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent d’importantes flammes s’élever au-dessus de la raffinerie aux premières lueurs du jour.
Environ 400 pompiers ont été mobilisés, et les autorités locales ont déclenché un plan « catastrophe ». Les secours ont aussi invité la population à « garder portes et fenêtres fermées en raison de la fumée » dans un rayon de 20 kilomètres autour du foyer de l’incendie.
1 800 personnes évacuées
Environ 1 800 habitants des localités de Vohburg et d’Irsching, à une quinzaine de kilomètres à l’est d’Ingolstadt, ont été évacués par mesure de sécurité et conduits vers des gymnases aux alentours.  Toutefois, quatre heures après l’explosion environ, l’intensité du nuage de fumée au-dessus du site avait beaucoup baissé, permettant aux secours d’autoriser le retour à leur domicile des personnes évacuées.
La compagnie locale Bayernoil, propriétaire de la raffinerie de Vohburg, emploie 790 personnes sur deux sites en Bavière. Elle produit différents carburants, dont de l’essence, du diesel et du fioul domestique, ainsi que du bitume. Le dernier incendie dans une raffinerie en Allemagne, en juillet, dans un site de la compagnie Shell, n’avait pas fait de blessé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Deux personnes, des citoyens américains, ont grièvement blessées vendredi dans une attaque au couteau à la gare d’Amsterdam.
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Amsterdam : l’Afghan qui a blessé deux Américains avait des motivations « terroristes »

Deux personnes, des citoyens américains, ont grièvement blessées vendredi dans une attaque au couteau à la gare d’Amsterdam.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 08h14
 • Mis à jour le
02.09.2018 à 04h51
   





                        



   


Les deux personnes grièvement blessées vendredi dans l’attaque au couteau à la gare d’Amsterdam sont des Américains, et l’assaillant, un jeune Afghan, avait des motivations « terroristes », ont indiqué samedi 1er septembre les autorités.
« Il est apparu que l’homme avait une motivation terroriste », a déclaré la mairie de la capitale néerlandaise dans un communiqué samedi, au lendemain de l’attaque commise vers 12 h 10 vendredi à la gare centrale, quand un Afghan de 19 ans a poignardé deux personnes, les blessant grièvement, avant d’être ensuite blessé par balles par la police.
« Les deux victimes sont des citoyens américains et nous sommes en contact avec elles et leurs familles », a déclaré samedi l’ambassadeur des Etats-Unis aux Pays-Bas, Pete Hoekstra, dans un communiqué, sans plus de détails sur leur identité.
L’agresseur, dont les jours ne sont pas en danger, avait un permis de résidence allemand. Il a été interrogé par la police à l’hôpital et les autorités néerlandaises ont indiqué travailler en étroite collaboration avec leurs homologues allemands pour obtenir des informations sur ses éventuels antécédents.
« Acte lâche »
Le premier ministre néerlandais Mark Rutte a dénoncé un « acte lâche » et exhorté les citoyens à « rester vigilants en permanence ».
La police d’Amsterdam avait indiqué dès vendredi soir prendre « sérieusement en compte la possibilité d’un motif terroriste ». Un autre porte-parole de la police d’Amsterdam, Rob van der Veen, avait indiqué samedi que les forces de l’ordre étudiaient « toutes les possibilités ».
L’ambassadeur américain a fait savoir que les Etats-Unis étaient prêts « à apporter l’aide nécessaire ». « Notre principale priorité restant la sécurité et le bien-être des citoyens américains dans le pays », a-t-il ajouté.
Cette attaque est survenue au lendemain d’un appel des talibans afghans à des attaques contre les troupes néerlandaises après la tentative du député d’extrême droite Geert Wilders d’organiser un concours de caricatures du prophète Mahomet. M. Wilders a depuis annulé le concours, qui a fortement irrité les musulmans et suscité des protestations au-delà des Pays-Bas, « afin d’éviter tout risque de victimes de la violence islamique », a-t-il dit.
« Grande panique »
Les témoins ont décrit des scènes de panique vendredi, entre coups de feu et évacuation d’urgence de milliers de passagers et touristes.
Un témoin a vu un jeune homme « s’écrouler » dans une échoppe de fleuriste, la main en sang. « Peu après, j’ai entendu des coups de feu et j’ai compris qu’il s’était produit quelque chose de grave », a déclaré Richard Snelders à l’agence de presse néerlandaise ANP. Un peu plus tard, il a dit avoir aperçu un autre homme allongé au sol. « La première chose qui vous vient à l’esprit, c’est que c’est un attentat terroriste. Après tout, vous êtes dans la gare centrale d’Amsterdam », a-t-il ajouté. « Il y avait une grande panique ».

   


La police, arrivée rapidement sur les lieux, a ordonné en anglais à un homme de « rester à terre » après lui avoir tiré dessus, selon le témoin. « Tout s’est passé très vite ».
Plusieurs attaques à l’arme blanche ont été perpétrées en Europe ces dernières années, mais les Pays-Bas, limitrophes ou proches de certains pays touchés (France, Belgique, Allemagne), avaient été jusqu’ici épargnés.
En revanche, en 2004, Theo van Gogh a été tué à l’arme blanche à Amsterdam par un musulman qui voulait se venger d’un film du polémiste et cinéaste qui selon certains offensait l’islam.
La gare se trouve dans le centre historique de la ville, au cœur des canaux. Environ 250 000 personnes se rendent chaque jour dans cette gare très fréquentée de la capitale néerlandaise, selon les statistiques fournies par le guide de voyage Amsterdam.info.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les militants associatifs Louis Boillot et Quentin Sauzay considèrent, dans une tribune au « Monde », que le vote des jeunes en faveur des partis extrémistes est moins motivé par le rejet de l’immigration ou de la mondialisation que par la baisse des revenus et des opportunités.
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« Les jeunes européens expriment un attachement à la redistribution de la richesse »

Les militants associatifs Louis Boillot et Quentin Sauzay considèrent, dans une tribune au « Monde », que le vote des jeunes en faveur des partis extrémistes est moins motivé par le rejet de l’immigration ou de la mondialisation que par la baisse des revenus et des opportunités.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 05h30
    |

Louis Boillot (Economiste) et Quentin Sauzay (Avocat)







                        



                                


                            

[Minima sociaux, assurance-chômage, insertion des jeunes… Le choix des coupes budgétaires et de la « mise au travail » est contesté par les experts.]
Tribune. Une grande majorité des enquêtes électorales menées en Europe de l’Ouest depuis 2015 dressent le constat suivant : les jeunes de 18 à 30 ans votent – lorsqu’ils votent – pour des forces politiques radicales, critiques du projet européen et du libre-échange.
Il existe aujourd’hui une littérature importante sur l’attrait des populations vulnérables pour les thèses protectionnistes. En revanche, les analyses du comportement électoral des jeunes se limitent à une approche sociologique ou décrivent un « effet âge » les portant à voter très à gauche… ou très à droite. La jeunesse resterait ce corps social indéfini, aux aspirations contradictoires et sans identité politique forte. Elle se donnerait, par romantisme, au premier tribun venu.
Le traitement médiatique du vote des jeunes ne permet pas non plus de se rendre compte des tendances lourdes à l’œuvre. Au Royaume-Uni, beaucoup a été écrit sur la jeunesse « ouverte et connectée » qui a voté contre le Brexit (2016) et pour le Labour (2015). En France, c’est le désamour de la jeunesse pour les partis traditionnels qui a fait l’objet d’un traitement important (seulement 9 % des jeunes inscrits ont voté pour les candidats LR et PS), tandis que l’élection d’un président jeune a infusé l’idée d’un soutien juvénile fort. En Italie, près de 40 % des 18-24 ans ont choisi le Mouvement 5 étoiles (M5S), une audience comparable à la mobilisation des jeunes pour Podemos en Espagne en 2015 et 2016.
Si l’on s’intéresse aux motivations de ces jeunes, une préoccupation semble cependant s’exprimer majoritairement : l’attachement à la redistribution de la richesse. Il s’agit, par exemple, de la question des revenus décents pour les jeunes (Espagne, Italie) ou de l’accès à l’enseignement supérieur et à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les négociateurs des deux pays sont toutefois convenus de reprendre leurs tractations dès mercredi prochain.
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Alena : les négociations avec le Canada suspendues

Les négociateurs des deux pays sont toutefois convenus de reprendre leurs tractations dès mercredi prochain.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 23h15
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 23h31
   





                        


Les négociations entre le Canada et les Etats-Unis pour moderniser l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) ont été brutalement interrompues vendredi 31 août. Les négociateurs des deux pays sont toutefois convenus de reprendre leurs tractations dès mercredi prochain.
Les discussions semblaient sur le point de déboucher sur un accord quand Donald Trump a jeté un pavé dans la mare en affichant une ligne intransigeante envers Ottawa. « Nous reprendrons les négociations la semaine prochaine », a annoncé un haut responsable canadien, proche des discussions.

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                Alena : sous pression, le Canada retourne à la table des négociations



Le représentant américain au commerce (USTR), Robert Lighthizer, a fait savoir par un communiqué que les discussions reprendraient mercredi 5 septembre, évoquant « des discussions constructives » et « des progrès » accomplis au cours des réunions qui se sont tenues cette semaine à Washington.
Propos très durs
Le président états-unien avait confirmé plus tôt dans un tweet des propos très durs tenus à l’égard de son principal partenaire commercial ayant fuité, malgré lui, dans la presse. Le locataire de la Maison Blanche s’est indigné que ses propos tenus en toute confidence devant des journalistes aient été publiés, mais « au moins, le Canada sait à quoi s’en tenir ! », a-t-il dit.
Selon le quotidien canadien Toronto Star, le président républicain a confié à ses interlocuteurs que l’administration entendait ne faire aucun compromis avec le Canada et qu’un accord potentiel se ferait « uniquement à [ses] conditions ». Donald Trump souligne qu’il s’abstient de le dire publiquement, car « ce serait si insultant qu’ils ne pourr[aient] pas trouver d’accord ». « Le Canada est un pays habile pour trouver des compromis gagnant-gagnant. Cela étant dit, dans une négociation, nous nous battons toujours dans l’intérêt national », avait déclaré dans la matinée Chrystia Freeland, la ministre des affaires étrangères canadienne. « C’est ce que nous continuerons à faire. Nous cherchons un bon accord, pas n’importe quel accord », avait-elle dit en forme de mise au point.
Pas de concession
« Nous n’accepterons qu’un accord qui est un bon accord pour le Canada. Nous n’y sommes pas encore », avait-elle également fait savoir. Son ton tranchait déjà très nettement avec celui de la veille, quand elle parlait d’« optimisme » et soulignait la bonne volonté des deux parties d’arriver à un accord.
Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a estimé qu’il était toujours « très possible d’avoir un accord qui fonctionne pour tout le monde ». Il a toutefois immédiatement réaffirmé que « pas d’accord est mieux qu’un mauvais accord ».
Alors qu’Ottawa et Washington semblaient proches d’un accord jeudi, les propos de Donald Trump ont fait dérailler les tractations. « Il faut qu’ils se débarrassent de ces barrières et de ces tarifs », avait-il déjà dit jeudi soir lors d’un meeting électoral, jetant un premier froid sur les discussions en cours.
Pour la première fois depuis le début des pourparlers intenses que tiennent les deux pays depuis mardi dans la capitale américaine, les services de Robert Lighthizer ont communiqué sur les négociations, soulignant que le Canada n’avait fait « aucune concession sur l’agriculture », à savoir le mécanisme de protection du secteur laitier.
Ce secteur est actuellement en grande partie exclu de l’Alena, et Ottawa se montre inflexible sur sa volonté de défendre « la gestion de l’offre », un système contrôlant la production et le prix du lait, des œufs et de la volaille produits par les éleveurs canadiens.
Mis en place dans les années 1970, il assure des revenus stables et prévisibles aux fermiers canadiens. Mais les Etats-Unis, dont la production de lait est excédentaire, souhaitent un plus grand accès au marché canadien.
Echéance politique
Le président américain avait imposé comme date butoir vendredi pour trouver un compromis.
C’est lui aussi qui avait imposé de manière unilatérale au Canada et au Mexique la renégociation de l’Alena il y a un peu plus d’un an, jugeant cet accord « désastreux » pour l’économie américaine et dénonçant un traité qui s’est traduit par un important déficit commercial avec Mexico (63,6 milliards de dollars en 2017).

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                Alena : discussions « de la dernière heure » sur l’accord de libre-échange



Vendredi est une échéance butoir à double titre : d’une part, un nouveau texte doit être soumis au Congrès américain pour respecter un délai de quatre-vingt-dix jours donnant la possibilité d’une approbation d’un nouveau texte par la majorité actuelle. Et, d’autre part, au Mexique, pour permettre au gouvernement sortant de donner son aval avant de laisser la place au président nouvellement élu, Andrés Manuel Lopez Obrador, qui doit prendre ses fonctions le 1er décembre.
Washington et Mexico s’étaient entendus dès lundi sur toute une série d’aménagements du traité. Les grandes lignes d’un nouvel Alena comprennent de nouvelles dispositions sur le commerce de l’automobile, avec un pourcentage plus élevé de composants produits localement, des protections plus strictes pour les travailleurs et une disposition permettant de revoir l’accord tous les six ans.
Chrystia Freeland avait révélé que le Canada et les Etats-Unis étaient déjà arrivés « à un accord de haut niveau » concernant l’automobile au printemps. C’était l’un des points essentiels de l’accord commercial entre le Mexique et les Etats-Unis annoncés lundi par Donald Trump. Outre le secteur laitier, Ottawa entend maintenir un dispositif de règlement des différends qui lui a été favorable par le passé pour défendre son bois de construction.
Sur le front politique, l’équation est à haut risque pour le chef du gouvernement canadien, Justin Trudeau. Des élections doivent avoir lieu dans un an, et il lui faut éviter d’apparaître comme capitulant devant le président américain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Les enquêtes ouvertes sur des agressions sexuelles commises par des membres du clergé catholique sont passées de 38 à 119 à la fin d’août.
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Au Chili, le scandale de la pédophilie au sein de l’Eglise prend de l’ampleur

Les enquêtes ouvertes sur des agressions sexuelles commises par des membres du clergé catholique sont passées de 38 à 119 à la fin d’août.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 22h34
   





                        


Le scandale lié à la pédophilie au sein de l’Eglise catholique chilienne prend de l’ampleur. Le parquet a annoncé vendredi 31 août par un communiqué que « le nombre actualisé des enquêtes ouvertes pour des agressions sexuelles commises par des membres de l’Eglise catholique au 31 août est de cent dix-neuf », visant notamment sept évêques. Il était précédemment de trente-huit.
Les autorités chiliennes ont procédé ces dernières semaines à des perquisitions dans des institutions de l’Eglise, dont les sièges de la Conférence épiscopale et de la Congrégation des frères maristes, toutes deux à Santiago. Ce sont les preuves réunies qui ont permis d’ouvrir ces nouvelles enquêtes, d’après des sources judiciaires.
Selon les derniers chiffres, ces enquêtes visent cent soixante-sept personnes, dont sept évêques et quatre-vingt-seize prêtres. Figurent aussi sur les registres du ministère public quatre diacres, trente religieux qui ne « sont pas des prêtres », dix laïcs et vingt personnes dont on ne précise pas le statut. Au total, le nombre de victimes de ces affaires en cours s’élève à cent soixante-dix-huit, dont soixante-dix-neuf mineurs.

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                Agressions sexuelles : la pression s’accentue sur le Saint-Siège



Parmi les personnes mises en cause par la justice, on trouve l’archevêque de Santiago, Ricardo Ezzati. Son audition par la justice, initialement prévue en août, avait été reportée sine die à la demande de ses avocats. Né en Italie, Ricardo Ezzati avait été convoqué le 21 août par le procureur régional de Rancagua (Centre), Emiliano Arias, afin de répondre aux accusations de dissimulation de sévices sexuels, en plein scandale de pédophilie et d’omerta qui ébranle le clergé chilien.
La plupart des preuves qui ont permis d’accuser Mgr Ezzati ont été saisies au cours d’une perquisition à l’archidiocèse de Santiago, l’Eglise catholique ayant refusé jusqu’alors de remettre à la justice des documents demandés, invoquant le respect des victimes. Par ailleurs, le Parlement chilien envisage de retirer sa nationalité au cardinal Ezzati, italien, naturalisé en 2006.
Tourmente et excuses
Au début d’août, les évêques chiliens se sont excusés d’avoir « manqué à leurs devoirs de pasteurs » et de ne pas avoir « écouté, cru, reçu ou accompagné les victimes des graves péchés et des injustices commises par les prêtres et par les membres de l’Eglise », au terme d’une assemblée extraordinaire de la Conférence épiscopale.
L’Eglise catholique chilienne est en pleine tourmente depuis la visite du pape en début d’année et la multiplication d’enquêtes par la justice dans les mois qui ont suivi sur des agressions sexuelles présumées de mineurs et d’adultes depuis les années 1960.

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Au cours d’un voyage au Chili, en janvier, le pape François avait défendu avec force l’évêque chilien Juan Barros, soupçonné d’avoir tu les crimes d’un vieux prêtre pédophile, se disant persuadé de son innocence et demandant aux victimes présumées des preuves de culpabilité. Il avait ensuite présenté des excuses, puis avait dépêché au Chili Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte, chargé d’enquêter sur les cas de pédophilie parmi les prêtres, afin de s’entretenir avec les victimes. En mai, il avait invité à Rome certaines des victimes et avait convoqué l’ensemble des évêques chiliens. Ces derniers avaient présenté leur démission en bloc à l’issue de la rencontre, une première.
Pour l’heure, la démission de cinq évêques a été acceptée par le souverain pontife dans le cadre de ce scandale. Le prêtre Oscar Muñoz, ancien bras droit de l’archevêque Ezzati, est en détention préventive pour agression sexuelle d’au moins sept mineurs. Les autorités de l’Eglise catholique chilienne « auraient pu et auraient dû » éviter de nombreuses agressions sexuelles d’enfants, a déploré le président chilien, Sebastian Piñera. Selon un sondage de la société Cadem, 96 % des Chiliens considèrent que l’institution protège les prêtres accusés de sévices sexuels et 83 % d’entre eux estiment que le clergé n’est ni honnête ni transparent.

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Alexandre Zakhartchenko, le principal chef séparatiste ukrainien, tué à Donetsk

Le chef rebelle est mort dans l’explosion d’une bombe dans un café. Les forces de sécurité des séparatistes dénoncent un acte « terroriste »



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 19h23
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 09h44
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


Le principal chef des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine, Alexandre Zakhartchenko, a été tué, vendredi 31 août, dans son fief de Donetsk. La mort du chef rebelle, annoncée par les agences de presse russes, a été confirmée par la hiérarchie de la « République populaire de Donetsk » (RPD), l’entité autoproclamée dont il était le dirigeant depuis novembre 2014.
Selon ces sources, M. Zakhartchenko est mort à l’hôpital après avoir été touché par l’explosion d’une bombe placée dans le café Separ, dans le centre de la « capitale » séparatiste. Cet établissement de la rue Pouchkine, nommé ironiquement en référence aux « séparatistes », est situé à proximité de la résidence du dirigeant prorusse. Un autre responsable séparatiste, Alexandre Timofeev, « ministre des finances » de cette entité, a également été blessé dans l’explosion.
Les forces de sécurité des séparatistes ont dénoncé un acte « terroriste » et ont rapidement annoncé l’arrestation de plusieurs personnes, parmi lesquelles des « saboteurs ukrainiens ». Ceux-ci se seraient trouvés dans une voiture stationnant à proximité des lieux de l’explosion. L’un des gardes du corps du chef de guerre, subitement introuvable, est également suspecté, et les « frontières » de la RPD avec l’Ukraine et la Russie ont été fermées. Le ministère russe des affaires étrangères a lui aussi accusé le « régime de Kiev » d’être derrière cette action.
Etoile pâlissante du chef rebelle
Alexandre Zakhartchenko, 42 ans, n’est pas le premier chef rebelle tué dans des circonstances similaires. Depuis le passage de la région sous la coupe des séparatistes, au printemps 2014, près d’une quinzaine de responsables et de chefs militaires de Donetsk et de Louhansk ont été assassinés dans des attentats ou des embuscades. Les autorités locales ont systématiquement attribué ces actions à l’action des services secrets ukrainiens, mais sans convaincre.
Ces attentats ont été le plus souvent attribués – y compris par d’anciens responsables de la rébellion – à des règlements de comptes internes aux séparatistes, sur fond de luttes pour le contrôle des ressources, ou à la volonté de Moscou de se débarrasser d’acteurs turbulents ou désobéissants. M. Zakhartchenko avait lui-même contribué à écarter du pouvoir son homologue de la République populaire autoproclamée de Louhansk, en novembre 2017.
A Kiev, l’un des dirigeants du SBU, les services ukrainiens de sécurité, Igor Gouskov, a démenti l’implication de ses troupes, évoquant un conflit « entre les terroristes et leurs sponsors russes ». En juin, la presse ukrainienne évoquait l’étoile pâlissante du chef rebelle, dans le sillage de celle son principal soutien au Kremlin, Vladislav Sourkov.

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Alexandre Zakhartchenko devait son ascension et sa longévité au pouvoir à une combinaison rare : fils de mineur natif de Donetsk, il jouissait d’une autorité réelle au sein de la mouvance séparatiste, tout en étant perçu comme loyal et obéissant par la Russie, qui contrôle et finance les territoires séparatistes prorusses du Donbass.
Après avoir placé la région sous le contrôle de représentants directement envoyés de Moscou, dans les débuts de la rébellion, le Kremlin avait fait de Zakhartchenko son homme lige à Donetsk. Le 2 novembre 2014, il avait été confirmé dans ses fonctions de « président » de la RPD en obtenant 81 % des suffrages lors d’élections organisées par les séparatistes.

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Réputé pour sa poigne
Ancien mécanicien, puis homme d’affaires lié au Parti des régions de l’ex-président Viktor Ianoukovitch, Alexandre Zakhartchenko était devenu chef de guerre dès le début du conflit, transformant un groupuscule prorusse confidentiel, Oplot, en un bataillon puissant. Selon son dossier au ministère ukrainien de l’intérieur, que Le Monde avait pu consulter en 2015, M. Zakhartchenko a pris part dans sa jeunesse à des activités de contrebande avec la Russie.
Echappant à plusieurs tentatives d’assassinat, cet homme peu expansif mais réputé pour sa poigne, qui continuait à apparaître en toute occasion en uniforme militaire, avait su s’imposer à ses rivaux, écartés les uns après les autres des cercles dirigeants.
Lui et sa garde rapprochée avaient également mis la main sur une grande partie des actifs économiques de la région, soit en en prenant le contrôle direct soit en recevant des paiements d’entrepreneurs locaux. Il figurait sur la liste des personnes sanctionnées par les Etats-Unis et l’Union européenne.
Alexandre Zakhartchenko avait signé les accords de paix de Minsk, en février 2015, sous l’égide de Paris et de Berlin, mais il avait aussitôt refusé de respecter le cessez-le-feu dans la région de Debaltseve, où il avait été blessé au combat.

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Son décès ouvre une période d’incertitude dans le Donbass, où le conflit a déjà fait plus de 10 000 morts, et où les négociations de paix sont dans une impasse. A Donetsk, l’état d’urgence a été décrété, et la disparition de l’homme fort des séparatistes pourrait être un prélude à un nouvel embrasement. Denis Pouchiline, perçu comme un successeur potentiel, a promis « vengeance » pour son son chef. Le président du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, a quant à lui estimé que cette mort « réduisait à néant l’idée des accords de paix ».



                            


                        

                        


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Washington ne financera plus l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens

Les Etats-Unis envisagent par ailleurs d’exiger de l’UNRWA une réduction drastique du nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 19h10
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 13h47
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        


La menace s’est concrétisée vendredi 31 août pour l’Autorité palestinienne. Après des mois de tensions, Washington a annoncé, par la voix du département d’Etat, qu’il allait réduire à néant sa participation financière au fonctionnement de l’agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens (UNRWA).
Cette suppression s’ajoute à celle de 200 millions de dollars (172 millions d’euros) d’aide bilatérale décidée le 25 août. L’aide globale des Etats-Unis aux Palestiniens s’élevait en 2017 à plus de 350 millions de dollars. Une somme liée au rôle longtemps prépondérant de Washington dans le conflit israélo-palestinien.


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Les Etats-Unis financent plus du tiers du budget de l'UNRWA
Vingt plus importantes contributions gouvernementales au budget 2017 de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.

Source : UNRWA



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Un peu plus tôt, Berlin avait annoncé une augmentation « substantielle » de sa contribution à l’UNRWA et appelait ses partenaires européens à faire de même. L’agence aide plus de 3 millions de Palestiniens, parmi les 5 millions enregistrés comme réfugiés, notamment à travers ses écoles et ses centres de santé. Sa capacité de travail est en « jeu », a écrit le ministre des affaires étrangères allemand, Heiko Maas, dans une lettre à ses homologues européens, réunis à Vienne.
Ces ressources, poursuit-il dans cette lettre, ne suffiront pas à compenser le retrait américain et, par conséquent, l’Union européenne (UE) doit « faire de nouveaux efforts ». La présence de cette agence est « un facteur-clé pour la stabilité, en particulier dans la bande de Gaza ». Sa paralysie pourrait « déclencher une réaction en chaîne incontrôlable », met en garde Heiko Maas.
« Expansion sans fin et exponentielle »
Au début de 2018, l’administration de Donald Trump avait déjà réduit de moitié sa participation à l’UNRWA, à environ 60 millions de dollars. Le 25 août, le département d’Etat avait annoncé son intention de réorienter vers « des programmes hautement prioritaires ailleurs » la somme de 200 millions de dollars prévue pour des programmes en Cisjordanie et à Gaza. Cinq jours plus tard, le Washington Post assurait, sans être démenti, que la dernière tranche d’aide à l’UNRWA serait également supprimée prochainement.
S’exprimant le 30 août devant la Foundation for Defense of Democracies, un think tank pro-israélien de Washington, l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU, Nikki Haley, avait laissé entendre que son pays interromprait cette aide jusqu’à ce que l’agence des Nations unies se réforme, citant le contenu des enseignements qu’elle dispense dans ses très nombreux établissements scolaires, jugés agressifs envers Israël.
Tout en invitant les pays arabes du Golfe à s’impliquer davantage financièrement auprès de l’agence, elle avait également ajouté comme condition la définition par l’UNRWA d’un « nombre juste » de réfugiés palestiniens. Vendredi, la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert, a déclaré que « l’expansion sans fin et exponentielle de la communauté de bénéficiaires n’[était] pas viable ».
Modifier les paramètres de la négociation
Cette mention renvoie aux courriers internes à l’administration de Donald Trump publiés le 3 août par le magazine Foreign Policy. Chargé depuis l’arrivée de son beau-père à la Maison Blanche de la préparation d’un plan de paix israélo-palestinien, le gendre et conseiller de M. Trump, Jared Kushner, y fait état de son intention de liquider « une agence qui perpétue le statu quo, qui est corrompue, inefficace et qui n’aide pas à la paix ».
Selon le Washington Post, les Etats-Unis envisagent d’exiger de l’UNRWA une réduction drastique du nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés, qui s’élève aujourd’hui à 5 millions de personnes. L’administration Trump souhaiterait que ce statut soit limité aux personnes en vie au moment de la création de l’agence, il y aura bientôt soixante-dix ans, soit environ un dixième du total. « Il ne revient pas à l’administration américaine de définir le statut des réfugiés palestiniens », a réagi le représentant de l’Autorité palestinienne à Washington, Husam Zomlot.
Il ne s’agit pas de la première tentative des Etats-Unis de modifier les paramètres de la négociation entre Israël et les Palestiniens en violation des résolutions de l’ONU. En décembre 2017, le locataire de la Maison Blanche avait ainsi reconnu unilatéralement Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu, alors que les Palestiniens souhaitent établir la leur dans la partie annexée par la force en 1967.
Donald Trump a estimé, le 28 janvier, au côté du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à Davos, en Suisse, que cette décision avait retiré la question du partage de Jérusalem, particulièrement délicate, de la table d’éventuelles négociations. « Nous n’avons plus à en parler », a-t-il dit.
La mesure « la plus anti-israélienne » de Trump
La réduction du nombre de réfugiés palestiniens s’inscrit dans la même logique qui épouse fidèlement les positions israéliennes. Elle est accompagnée par l’accord tacite donné par Washington à l’expansion de colonies israéliennes dans les territoires palestiniens, une autre rupture de taille avec les administrations précédentes, démocrates comme républicaines.
Le coup de force américain sur Jérusalem a cependant entraîné une crise sans précédent avec l’Autorité palestinienne. La préparation du plan de paix de Jared Kushner, annoncé de longue date, mais qui tarde à se concrétiser, se limite pour l’instant au dialogue du gendre du président des Etats-Unis avec les autorités israéliennes, élargi ponctuellement aux capitales arabes alliées de Washington.
Redoutant une déstabilisation des territoires palestiniens, l’ancien négociateur américain Aaron David Miller écrivait jeudi sur son compte Twitter que l’assèchement des fonds de l’UNRWA serait la mesure « la plus anti-israélienne » prise par Donald Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Médias et officiels russes ont multiplié des déclarations cherchant à avertir de possibles bombardements au chlore par des « terroristes » qui chercheraient à « piéger » Bachar Al-Assad.
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Attaques chimiques en Syrie : les intox de la Russie

Médias et officiels russes ont multiplié des déclarations cherchant à avertir de possibles bombardements au chlore par des « terroristes » qui chercheraient à « piéger » Bachar Al-Assad.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 18h26
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 19h12
    |

            Madjid Zerrouky








                        


« Des terroristes prépareraient une attaque chimique en Syrie dans deux jours pour piéger Al-Assad. » Cette attaque à Kafr Zita, dans la province d’Idlib, « annoncée » — au conditionnel — par des médias russes n’a finalement pas eu lieu. Mais la prochaine serait imminente, si l’on en croit Moscou. Où ? A Saraqeb ou « dans le sud », comme l’annonce l’ambassade de Russie en Israël ? Ou au contraire dans l’Ouest, près de Jisr al-Choughour, où des djihadistes ouïgours en auront la responsabilité avec l’aide de mercenaires britanniques, selon l’ambassade de Russie à Washington ?

Several sources in #Idlib province of #Syria say to #Russia military that #whitehelmets bandits delivered large loa… https://t.co/0AdJBvdZ2S— israel_mid_ru (@Russia🇷🇺 in Israel)


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Depuis que les bruits de bottes se font entendre autour de la province, dernier fief rebelle promis à une offensive militaire imminente, des responsables, ambassades russes, médias gouvernementaux et pro-Bachar Al-Assad multiplient les informations faisant état de préparatifs d’attaques chimiques dans la région. L’objectif serait de légitimer, selon eux, une intervention occidentale contre les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés.

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Le 26 août, le major général Igor Konashenkov, porte-parole du ministère de la défense russe, avait lancé l’offensive en assurant que « des spécialistes anglophones sont arrivés dans la zone de désescalade d’Idlib pour organiser une attaque chimique à l’aide de roquettes remplies de chlore. Les gens s’habilleront comme des casques blancs [les secouristes de la défense civile] pour tourner des vidéos les montrant en train de souffrir de prétendues munitions chimiques lancées par les forces gouvernementales syriennes ». 
Une déclaration naturellement relayée par RT (anciennement Russia Today) et Sputnik News, deux des principaux relais médiatiques d’influence de Moscou.
Igor Konashenkov avait précisé que l’opération devrait se dérouler dans le village de Kafr Zita « dans les deux prochains jours ». Si l’« opération » n’a pas eu lieu, son annonce a rappelé de mauvais souvenirs aux premiers intéressés, les habitants. La ville a en effet subi dix-sept attaques supposées au chlore depuis 2014…
« Le régime et la Russie veulent forcer la population à fuir et veulent salir la réputation de la défense civile, a réagi le conseil local de la ville (la municipalité). Cela suggère que le régime a délibérément l’intention de [nous] bombarder avec du gaz chimique. »
Des casques blancs se mettent en scène, selon le Kremlin
Les médias prorusses attribuent des attaques chimiques aux rebelles ou aux services de secours depuis 2013 et une attaque au sarin dans la Ghouta, près de Damas, qui a fait des centaines de morts. Mais ces campagnes se sont accélérées après celle, toujours au sarin, de Khan Cheikhoun en 2017. Les enquêteurs de l’ONU en ont attribué la responsabilité au régime syrien.
Pour appuyer la démonstration de « Kafr Zita », la semaine passée, des images d’une mise en scène ont une nouvelle fois été exposées comme « preuve » par des comptes Twitter d’ambassades russes.

   


Les auteurs de ce hoax, qui s’adresse de toute évidence à un public occidental, n’ont pas pris la peine d’effacer le nom inscrit en arabe sur le clap utilisé pendant le tournage : Najdat Anzour, réalisateur présumé, donc, de la « mise en scène » rebelle.
L’auteur comme le tournage sont bien réels. Il s’agit du film Revolution Man, une fresque sur la guerre, produite par le ministère de la culture syrien et financée par l’entreprise d’Etat de télécommunications Syriatel. L’image en question figure d’ailleurs sur le compte Facebook promotionnel du film.

   


Ironiquement, le film, sorti en mars 2018, a pour but affiché de contrer la propagande adverse : « La Syrie a été soumise à beaucoup de désinformation et de fausses allégations […] et le film vise cet aspect pour livrer son message… », expliquait le responsable média de Syriatel le 3 mars.
Difficile de ne pas déceler un fil conducteur dans la propagande russo-syrienne à la lecture du synopsis : « Le film raconte l’histoire d’un journaliste à la recherche de renommée et de prix internationaux qui entre illégalement en Syrie pour prendre des photos et des vidéos de la guerre. Après avoir échoué à atteindre son objectif, il aide les terroristes à fabriquer un incident avec des produits chimiques. » 
Une vidéo « preuve » issue d’un making-of
Le 13 février déjà : mêmes accusations, et mêmes éléments de langage. En se basant sur des « renseignements anonymes » parvenus aux militaires russes déployés en Syrie, un article publié par RT accusait les casques blancs et les djihadistes du Front al-Nosra de planifier une attaque à l’arme chimique. Lieu de l’attaque prévue : Saraqeb. Soit le site, là encore, d’une attaque qui avait déjà eu lieu… neuf jours plus tôt, le 4 février.
L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait confirmé le 16 mai que du chlore avait été « vraisemblablement utilisé comme arme chimique ». « Du chlore a été libéré de cylindres par impact mécanique dans le quartier d’Al-Talil, à Saraqeb », affirmait un communiqué de l’institution.
En mars, dans la région d’Al-Tanf (Sud-Est), après une brusque montée des tensions entre des forces américaines et des rebelles locaux d’un côté, et des forces syriennes et pro-iraniennes de l’autre, Washington était cette fois accusé par le ministère de la défense russe de planifier des attaques chimiques dans le Sud.
« Nous disposons d’informations fiables selon lesquelles des instructeurs américains ont formé un certain nombre de groupes militants dans les environs de la ville d’At-Tanf pour organiser des provocations à l’aide d’agents chimiques dans le sud de la Syrie », déclarait alors le général Sergueï Rudskoy.
« Au début du mois de mars, les groupes de saboteurs ont été déployés dans la zone de désescalade sud vers la ville de Deraa, où sont stationnées les unités de la prétendue Armée syrienne libre. »
Des accusations là encore fantaisistes, non étayées et démenties par les faits. L’enclave de Deraa sera, elle, reprise par les forces gouvernementales quelques mois plus tard, au début de l’été.

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Le 7 avril, une attaque, bien réelle celle-là, visait la ville de Douma, dans la Ghouta orientale, et tuait une quarantaine de personnes. Le fait qu’elle ait impliqué des hélicoptères gouvernementaux n’a pas empêché le gouvernement russe d’affirmer que le gouvernement britannique avait ordonné aux casques blancs de simuler une attaque.
Le 9 avril, la télévision d’Etat Russia-1 avait présenté des preuves de la mise en scène : des images… elles aussi empruntées au making-of du film Revolution Man.

   


Si ces « annonces » ne sont pas toujours liées à des attaques réelles, elles anticipent souvent des opérations des forces gouvernementales. Comme si Mosocu cherchait à systématiquement brouiller les pistes de façon préventive alors que des dizaines d’attaques — majoritairement au chlore — ont été documentées dans le pays. Que Damas envisage, ou pas, d’utiliser des armes chimiques dans la province d’Idlib, le compte à rebours de l’offensive est bel et bien lancé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Des altercations se sont produites en mer mardi entre pêcheurs normands et britanniques. Les marins français dénoncent une concurrence déloyale des Britanniques.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’assaillant a été blessé par balle par les forces de l’ordre néerlandaises. La gare a été fermée et le trafic ferroviaire interrompu. La police dit envisager « tous les scénarios ».
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La gare d’Amsterdam fermée après une attaque au couteau, qui a fait deux blessés

L’assaillant a été blessé par balle par les forces de l’ordre néerlandaises. La gare a été fermée et le trafic ferroviaire interrompu. La police dit envisager « tous les scénarios ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h44
   





                        



   


Un homme armé d’un couteau a blessé deux personnes à la gare centrale d’Amsterdam, vendredi 31 août, a annoncé la police néerlandaise. L’individu a été blessé par balle par des policiers.
« Vers 12 h 10 (heure locale), dans le tunnel ouest de la gare centrale, un homme a poignardé deux personnes et, juste après, a été blessé par balle par la police », selon le porte-parole de la police d’Amsterdam Rob van der Veen.
Les deux victimes, dont l’identité n’est pas connue, « sont très gravement blessées et ont été emmenées à l’hôpital », a-t-il précisé. Leur agresseur présumé « est également blessé mais ses jours ne sont pas en danger ».
« Nous ne connaissons pas encore les motivations du suspect », a-t-il dit, et la police « envisage tous les scénarios, y compris le pire… celui du terrorisme ».
La zone où s’est produite l’agression reste fermée, et des experts de la police scientifique y travaillent. Un service spécial de la police a aussi ouvert une enquête de routine sur les raisons pour lesquelles les policiers ont fait feu.
« Grande panique »
Un témoin a vu un jeune homme « s’écrouler » dans son échoppe de fleuriste, la main en sang. « Peu après, j’ai entendu des coups de feu et j’ai compris qu’il s’était produit quelque chose de grave », a dit Richard Snelders à l’agence de presse néerlandaise ANP.
Un peu plus tard, il a dit avoir aperçu un autre homme allongé sur le sol près de là. « La première chose qui vous vient à l’esprit, c’est que c’est un attentat terroriste. Après tout, vous êtes dans la gare centrale d’Amsterdam, a-t-il dit. Il y avait une grande panique. »
La police, arrivée rapidement sur les lieux, a ordonné en anglais à un homme de « rester à terre » après lui avoir tiré dessus, selon le témoin. « Tout s’est passé très vite. »
Le vendredi est un des jours les plus denses en nombre de voyageurs pour la gare d’Amsterdam, fréquentée quotidiennement, en moyenne, par 250 000 personnes, selon des statistiques fournies par le site Amsterdam. info.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Editorial. En se revendiquant l’« opposant principal » aux nationalistes, Emmanuel Macron veut reproduire, en vue des européennes de 2019, le positionnement qui lui a réussi à la présidentielle. Une stratégie à double tranchant.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Macron face à l’axe Salvini-Orban

Editorial. En se revendiquant l’« opposant principal » aux nationalistes, Emmanuel Macron veut reproduire, en vue des européennes de 2019, le positionnement qui lui a réussi à la présidentielle. Une stratégie à double tranchant.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h26
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est l’un des paradoxes de cette délicate rentrée politique : Viktor Orban et Matteo Salvini, les porte-drapeaux du nationalisme en Europe, ont rendu un fier service, mercredi 29 août, à un président Macron dont la position sur la scène européenne s’est considérablement fragilisée depuis un an.
Réunis à Milan, le premier ministre hongrois et le vice-président du conseil italien, chef du parti d’extrême droite la Ligue, ont désigné Emmanuel Macron comme leur ennemi numéro un : « Il y a actuellement deux camps en Europe, a dit M. Salvini. Macron est à la tête des forces soutenant l’immigration. De l’autre côté, il y a nous, qui voulons arrêter l’immigration illégale. Nous travaillerons ensemble pour créer une future alliance afin de mettre au premier plan le droit au travail, à la santé et à la sécurité – tout ce que les élites européennes dirigées par Macron nous refusent. »

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Le cadeau était inespéré. Depuis le Danemark, où il se trouvait en visite officielle, Emmanuel Macron a aussitôt saisi la perche ainsi tendue : confirmant l’émergence du clivage entre « nationalistes et progressistes », le chef de l’Etat s’est engagé à ne « céder en rien aux nationalistes et à ceux qui prônent un discours de haine ». « Donc, a-t-il ajouté, s’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison. »
De la haute voltige
C’est exactement le cadre idéologique dans lequel M. Macron veut aborder la campagne pour les élections européennes du 26 mai. Lundi, devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, il avait déjà épinglé les incohérences européennes des gouvernements hongrois et polonais. Mercredi, son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a enfoncé le clou en brocardant « l’approche utilitariste » qu’ont les gouvernements « populistes » de l’UE, et en prônant une position franco-allemande commune face à ces « marchands d’illusions ».

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La démarche de M. Macron est claire : il veut reproduire au niveau européen, en 2019, les lignes de fracture politiques qui lui ont permis de battre Marine Le Pen et de remporter les élections françaises de 2017. Dans un contexte où, comme il le reconnaît lui-même, les difficultés de la chancelière allemande, Angela Merkel, ont brisé la dynamique qui l’avait propulsé sur le devant de la scène européenne en 2017, une offensive coordonnée des nationalistes, de plus en plus nombreux au pouvoir dans les pays de l’UE, permettrait au président français de mobiliser les « progressistes » européens autour de lui.
Cette stratégie est à double tranchant. D’une part, elle contredit les appels à l’unité européenne sur la scène géostratégique mondiale. D’autre part, elle met en porte-à-faux Mme Merkel, dont le parti, la CDU, est le chef de file du PPE (Parti populaire européen), formation qui regroupe au Parlement européen de nombreux partis de droite, dont celui de M. Orban. M. Macron aimerait, précisément, faire voler en éclats cette alliance de plus en plus inconfortable pour les tenants d’une droite modérée. Y parvenir tout en préservant le précieux partenariat franco-allemand va tenir de la haute voltige.
La grande bataille européenne de 2019 ne fait que commencer. On voit déjà sur quelle base confuse elle s’engage. Ainsi, « L’Europe qui protège », dont les leaders européens de la droite nationaliste se sont emparés, était le slogan d’Emmanuel Macron lors de sa campagne de 2017. Chacun y met aujourd’hui des contenus diamétralement opposés.

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