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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le ministre des comptes publics a nuancé ses propos après avoir affirmé jeudi que le prélèvement de l’impôt à la source entrerait bien en application en janvier 2019.
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Prélèvement à la source : Darmanin n’exclut pas un « arrêt » de la réforme

Le ministre des comptes publics a nuancé ses propos après avoir affirmé jeudi que le prélèvement de l’impôt à la source entrerait bien en application en janvier 2019.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 12h34
   





                        



   


Deux jours après avoir réaffirmé sa volonté de mettre en place la grande réforme sur le prélèvement de l’impôt à la source, Gérald Darmanin, ministre des comptes publics, a admis samedi 1er septembre que « l’arrêt » du prélèvement la source n’était pas exclu. Un alignement sur la position d’Emmanuel Macron, qui avait dit jeudi vouloir des « réponses précises » avant de trancher.
Interrogé sur France Inter, le ministre a évoqué des considérations sur les potentiels effets « psychologiques » de la réforme, censée entrer en vigueur au début de 2019, et qui embarrasse l’exécutif depuis plusieurs mois. « Nous choisirons ensemble politiquement l’avancée ou l’arrêt (…) de la réforme », a déclaré le ministre, qui rencontrera à ce sujet mardi le président de la République et le premier ministre afin de leur « apporter des réponses claires » avant qu’une décision ne soit prise. « C’est plutôt le calendrier du mois de septembre qui a été choisi par le président pour définitivement décider », a-t-il dit.
M. Darmanin a exclu toute crainte d’ordre technique, mais il a reconnu que les débats au sein de l’exécutif portaient sur les conséquences psychologiques de la réforme.
Ces considérations portent notamment sur le fait que les particuliers verront arriver sur leur compte en banque un salaire ou une pension réduits par rapport à leur montant actuel, s’ils sont soumis à l’impôt sur le revenu. Pour autant, M. Darmanin a réitéré son scepticisme quant à un effet dévastateur sur la psychologie des ménages. « Je suis totalement opposé à cette affirmation », a-t-il dit, soulignant que beaucoup de ménages avaient déjà opté pour la mensualisation du versement de leur impôt.

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                Prélèvement à la source : les quatre risques qui font hésiter l’exécutif



Pour Hollande, il faut « sauter le pas »
L’ancien secrétaire d’Etat chargé du budget (2014-2017) Christian Eckert a déclaré samedi dans une interview à Libération que les hésitations de l’exécutif sur le prélèvement à la source s’expliquent avant tout par des raisons « politiques ».
Pour M. Eckert « la majorité craint de payer dans les urnes aux prochaines européennes des fiches de paie et des bulletins de pension avec des montants en baisse ». Il relève aussi que le Medef a « toujours été contre » la réforme.
Interrogé vendredi par la presse, en marge d’un déplacement à Cherbourg (Manche), l’ancien président de la République François Hollande a aussi évoqué en premier lieu un choix politique. « Je ne veux pas compliquer la tâche de ceux qui hésitent encore, mais cette réforme était prête… Les fonctionnaires du ministère à Bercy ont fait tout le travail, après c’est une affaire de choix politique », a-t-il dit. A un moment « il faut sauter le pas, il faut le faire », a-t-il ajouté.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ La cofondatrice du Média s’exprime dans un entretien au « Monde » sur le conflit qui agite la Web TV proche de la gauche alternative.
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Sophia Chikirou : « J’ai les preuves, je n’ai pas peur »

La cofondatrice du Média s’exprime dans un entretien au « Monde » sur le conflit qui agite la Web TV proche de la gauche alternative.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 14h55
    |

            Ariane Chemin et 
François Bougon








                        



                                


                            

L’été fut chaud au Média. En juillet, Sophia Chikirou, l’une des figures de cette web télévision de la gauche alternative lancée en janvier, a été poussée vers la sortie à l’issue d’un séminaire mouvementé, provoquant un grand déballage sur les réseaux sociaux. Sophia Chikirou, qui a dit qu’elle rejoignait La France insoumise dans le cadre de la campagne pour les élections européennes de mai 2019, s’exprime publiquement pour la première fois et répond aux accusations.
La télévision que vous avez créée a donné cet été le spectacle d’un psychodrame et d’un déballage public. Pourquoi ?
Sophia Chikirou : J’ai deviné dès les premières heures le tour que ce séminaire allait prendre. J’avais pris soin d’envoyer le planning de ces rencontres à tous les participants, direction et rédaction. Mais, dès le premier jour, Gérard Miller [cofondateur du Média], le président de l’association [qui a démissionné depuis], a lancé : « On ne va pas faire ça du tout. » Je connais bien ce procédé politique, où l’on décide, comme dans les AG des années 1970, de tout « bordéliser »…
On vous accuse d’avoir mis en péril l’existence du Média. Vos adversaires évoquent un possible abus de bien social. Que répondez-vous ?
Ma société de communication, Mediascop, n’a réalisé aucun gain dans cette affaire : elle en a même perdu, car en raison de mon engagement, je n’ai pas pu réaliser par exemple une campagne de communication politique au Mexique ni travailler avec La France insoumise. On prétend que la facture que j’ai présentée [pour un montant de 67 146 euros TTC] met en danger Le Média ? Le chiffre d’affaires de cette télévision est de 2,6 millions d’euros, elle possède une trésorerie de 300 000 euros. Juste avant d’être révoquée, le 24 juillet, j’avais signé un contrat de prêt leasing avec la banque pour un montant de près de 200 000 euros. Il n’y a eu aucun abus de bien social....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ L’animateur de télévision, chargé d’une mission sur le patrimoine, déplore les assouplissements de la loi ÉLAN en matière d’architecture.
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Patrimoine : Stéphane Bern refuse d’être un « cache-misère » et menace de démissionner

L’animateur de télévision, chargé d’une mission sur le patrimoine, déplore les assouplissements de la loi ÉLAN en matière d’architecture.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 14h58
   





                        



   


L’animateur de télévision Stéphane Bern a menacé de quitter à la fin de l’année la mission sur le patrimoine que lui a confiée Emmanuel Macron s’il estimait n’être qu’un « cache-misère » ou un « pantin ».
Dans un entretien publié samedi 1er septembre par les journaux du groupe Ebra (Le Progrès, Le Bien public, Les DNA...), Stéphane Bern évoque « du bon et du moins bon » dans sa mission destinée à aider le patrimoine local en péril. Il se dit « satisfait d’avoir réveillé l’intérêt des Français pour cette cause » et de l’organisation du loto du patrimoine du 14 septembre et du lancement d’un jeu à gratter, qui devraient permettre de récolter 15 à 20 millions d’euros.

        La chronique :
         

          Patrimoine : « Stéphane Bern galope tel le chevalier inconscient face à une armada de problèmes »



« Si tout cela n’est qu’un effet d’annonce, je partirai »
Mais il insiste surtout sur ses frustrations. « J’entends qu’on est prêt à mobiliser 450 millions d’euros pour rénover le Grand Palais à Paris. Et pendant ce temps, on me laisse me décarcasser pour trouver 20 millions d’euros pour le patrimoine vernaculaire des petits villages. » Il attend la fin de l’année pour faire le bilan de l’opération et assure :
« Si tout cela n’est qu’un effet d’annonce, je partirai. Je ne veux pas être un cache-misère. »
L’animateur a également refusé d’« être associé » à une politique « en défaveur du patrimoine », faisant référence en particulier à la loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ÉLAN) qui, selon lui, permettra « de détruire des quartiers entiers, protégés, sous prétexte qu’ils sont vétustes et dégradés » et qui assouplit les règles de rénovation en rendant les avis des Bâtiments de France non contraignants.

        Lire un entretien publié en février 2018 :
         

          Stéphane Bern : « J’ai le rôle de poil à gratter »



L’Elysée assure que « ses propos ont été mal compris »
Quelques jours après la démission fracassante du ministre de la transition énergétique, Nicolas Hulot, lui aussi ancien animateur de télévision, l’Elysée minimise les déclarations de Stéphane Bern, selon BFM-TV : « Ses propos ont été mal compris, Il voulait alerter et sensibiliser sur le patrimoine. Il fait sur ce sujet un formidable travail et a été soutenu par un véritable engagement du président de la République. »
La veille, la ministre de la culture avait aussi assuré de son engagement pour la préservation du patrimoine : « Le ministère pilote six mille opérations de restauration chaque année, pour préserver notre patrimoine riche de quarante-quatre mille monuments historiques, ce n’est pas exactement ce qu’on peut appeler de la misère », a déclaré Françoise Nyssen, évoquant une augmentation de 5 %  du budget consacré à ce sujet, soit « 326 millions d’euros chaque année ».

        Le portrait :
         

          Stéphane Bern, un M. Patrimoine « républicain »... et « monarchiste »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ La journaliste Aude Lancelin, qui dirige désormais la rédaction, donne rendez-vous pour un « grand live » le 16 septembre.
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Le Média : la nouvelle direction veut tourner la page des guerres intestines

La journaliste Aude Lancelin, qui dirige désormais la rédaction, donne rendez-vous pour un « grand live » le 16 septembre.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 11h11
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Le Média avait pour objectif de révolutionner la façon d’informer, en proposant une structure alternative qui soit de gauche « par sa gouvernance, son modèle économique et son fonctionnement ». Telles étaient en tout cas les ambitions affichées dans son acte de naissance : un manifeste publié dans Le Monde en septembre 2017.
Un an plus tard, la plate-forme alternative, lancée officiellement à la mi-janvier, a défrayé la chronique par des départs successifs, des luttes intestines et des polémiques à répétition. Et, pour ceux qui voulaient s’affranchir de la « dictature de l’urgence », par la diffusion d’une fausse information : en avril, le site avait annoncé que l’évacuation policière de l’université de Tolbiac, à Paris, avait provoqué un blessé grave.
De plus, à l’aube d’une nouvelle saison, les trois cofondateurs – la communicante proche de Jean-Luc Mélenchon Sophia Chikirou, le psychanalyste Gérard Miller et le réalisateur Henri Poulain – se sont entre-déchirés sur la place publique durant tout l’été.
Mises en demeure
A l’issue d’un séminaire de quinze jours, la première, qui occupait la présidence des deux sociétés – celle de presse et celle de production – à titre bénévole, a été poussée vers la sortie, accusée d’autoritarisme, de gouvernance solitaire et d’avoir vidé les caisses. Elle nie toutes ces attaques et menace de saisir la justice.
Le Média, soutient-elle, doit lui régler pour plus de 130 000 euros de prestations assurées par sa société de communication, Médiascop, et encadrées, selon elle, par une « convention ». Une affirmation réfutée par ses deux anciens camarades, qui affirment n’avoir jamais signé ni vu un tel document. Une première facture a été encaissée par Mme Chikirou avant qu’elle quitte Le Média ; la deuxième a été refusée par la banque.

Aujourd’hui, les deux parties en sont au stade des mises en demeure. Mme Chikirou et ses anciens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le président de la République a prévu de plancher tout le week-end sur le remaniement ministériel. Le gouvernement sera « au complet » mardi, a promis Benjamin Griveaux, le porte-parole de l’Elysée.
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Gouvernement Philippe : le remaniement, c’est pour quand ?

Le président de la République a prévu de plancher tout le week-end sur le remaniement ministériel. Le gouvernement sera « au complet » mardi, a promis Benjamin Griveaux, le porte-parole de l’Elysée.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 11h16
    |

            Cédric Pietralunga








                        


Un « coup pour le gouvernement », mais qui ne laissera pas de traces. A l’issue d’un conseil des ministres qui s’est tenu vendredi 31 août à l’Elysée, Benjamin Griveaux l’a assuré : si la démission de Nicolas Hulot était « inattendue », elle ne change rien à la volonté de l’exécutif de « faire pour transformer le pays ». Pour preuve, le gouvernement sera « au complet » mardi 4 septembre, a promis le porte-parole, et les ministres se réuniront dès le lendemain en séminaire à l’Elysée, pour mettre sur les rails l’an II du quinquennat.
Ebranlé par le départ surprise du ministre de la transition écologique, annoncé mardi 28 août sur France Inter, Emmanuel Macron tente, depuis, d’en minimiser les conséquences. Le chef de l’Etat l’a encore répété vendredi devant ses ministres : si l’ex-animateur a claqué la porte, c’est par « choix personnel » et non à cause d’une divergence politique. D’ailleurs, son successeur reprendra la même feuille de route. « Ce n’est pas le départ d’une personnalité, aussi éminente soit-elle, qui remet en cause les politiques que vous conduisez », a insisté le porte-parole du gouvernement.

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N’empêche, la fébrilité semble bel et bien avoir gagné les rangs de l’exécutif. Interrogé sur un possible report voire un abandon du prélèvement à la source, censé entrer en vigueur le 1er janvier 2019, M. Griveaux a confirmé que les deux options étaient sur la table. « Il est évident que nous n’allons pas mettre en place une réforme dont nous pensons qu’elle peut générer des incompréhensions ou des difficultés pour nos concitoyens. Les Français ne le comprendraient pas », a indiqué le porte-parole, qui s’est dit néanmoins « optimiste » sur la capacité de l’administration à apporter des réponses « dans les quinze jours qui viennent ».
« Moment de doute »
Plus que tout, Emmanuel Macron craint d’être accusé de ne pas tenir sa promesse de revaloriser le pouvoir d’achat des Français. « Le fil rouge de l’action de l’exécutif depuis un an, c’est le travail, [il faut] que le travail paye mieux et que ceux qui n’en ont pas en trouvent un (…) Toute l’énergie du gouvernement est tournée vers cela », rappelle-t-on à l’Elysée.
C’est dans cette optique que la majorité réfléchit à une modulation du taux de revalorisation des retraites. Le premier ministre Edouard Philippe a annoncé que les pensions n’augmenteraient que de 0,3 % en 2019 et 2020. Mais certains députés trouvent le coup de rabot trop sévère pour les petites retraites et plaident pour appliquer un taux différent selon son niveau de revenu.

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« Pas de croissance, un pouvoir d’achat en berne, des résultats assez contrastés sur le front de l’emploi ou du déficit… Les Français traversent un moment de doute, où le contexte n’accrédite pas l’idée que le président est en train de tenir sa promesse de déblocage, analyse Chloé Morin, de l’institut Ipsos. Plus qu’envoyer des signaux de justice, Emmanuel Macron doit rassurer sur le fait que le redressement est amorcé, que les efforts payent, et que sa détermination à avancer est intacte. »
En attendant, le président de la République a prévu de plancher tout le week-end sur le remaniement. Selon son entourage, le chef de l’Etat devrait partager son temps entre l’Elysée et sa résidence de la Lanterne, à Versailles. Remplacement de M. Hulot poste pour poste ou revue plus large de l’effectif gouvernemental ? Les spéculations agitaient la Macronie vendredi. « Mais ce sont souvent ceux qui en savent le moins qui parlent le plus », met en garde un proche de M. Macron. Fin du suspense prévue mardi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Présents tous deux à l’inauguration de la foire agricole de Châlons-en-Champagne, vendredi, les présidents des régions Ile-de-France et Hauts-de-France bâtissent un front anti-Wauquiez.
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Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, alliés de circonstance face à Laurent Wauquiez

Présents tous deux à l’inauguration de la foire agricole de Châlons-en-Champagne, vendredi, les présidents des régions Ile-de-France et Hauts-de-France bâtissent un front anti-Wauquiez.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h50
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses, mais ce n’est pas une raison pour rater le début. En particulier quand l’enjeu consiste à préempter le pouvoir à droite en vue de la prochaine élection présidentielle, en 2022. Vendredi 31 août, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand se sont affichés côte à côte, en compagnie du président de la région Grand-Est, Jean Rottner, pour inaugurer la foire agricole de Châlons-en-Champagne. Une manière pour les patrons des régions Ile-de-France et Hauts-de-France de faire valoir leur bonne entente en tant que présidents de collectivités. L’occasion, aussi, de porter un message politique pour montrer qu’il faudra compter avec eux dans les années à venir face au président du parti Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez.
Dans cette affaire, M. Bertrand et Mme Pécresse labourent tous deux un espace qu’ils estiment laissé en jachère, « entre » Emmanuel Macron et M. Wauquiez. Celui du « gaullisme social », un libéralisme mâtiné d’accents populaires. D’une droite ferme sur les questions d’immigration ou de sécurité, sans faire de ces sujets un produit d’appel, contrairement au patron de LR. Mme Pécresse et M. Bertrand dénoncent volontiers les accents identitaires et eurosceptiques de ce dernier – l’ancienne conseillère de Jacques Chirac l’accusant en creux de vouloir incarner « une alternative populiste ».
Mme Pécresse résume sans ambages la situation auprès du Monde : « Il faut élargir la droite, jeter des ponts, pour créer une alternative à Emmanuel Macron. C’est une opération de rassemblement que je mène. Je tends la main à tous ceux qui ne sont pas d’accord avec la ligne des Républicains, j’essaye de les retenir. » Le maire de Nice, Christian Estrosi, était ainsi présent à son rendez-vous de rentrée à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), le 24 août. La présidente d’Ile-de-France dresse un constat cruel : « Le socle de la droite est rétréci depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Dans son livre « L’Angle mort », le médiologue questionne notre rapport à la mort, aux défunts et au divin.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                   
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L’invitation de Régis Debray à réinventer les communions humaines

Dans son livre « L’Angle mort », le médiologue questionne notre rapport à la mort, aux défunts et au divin.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 09h00
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Le terrorisme djihadiste ensanglante notre quotidien mais questionne notre rapport à la mort, aux défunts et au divin. Car par-delà l’effroi, et sa morbide récurrence (près de 5 000 attentats-suicides commis dans le monde entre 1990 et 2015), l’énigme demeure : « Qu’est-ce qui peut pousser au XXIe siècle un homme ou une femme à se faire exploser en tuant autour d’eux un maximum de civils auxquels ils ne peuvent rien reprocher de particulier ? », se demande l’écrivain Régis Debray, qui a voulu comprendre – contre ceux qui estiment qu’expliquer, c’est déjà excuser.
Bien sûr, l’exclusion et la ségrégation, sans oublier la « fascination médiatique » ou « le ressac néocolonial » sont des facteurs aggravants. Mais, ce serait se tromper de focale que de pointer ses seules explications sociales. Et surtout faire du spirituel un « angle mort », alors qu’il préside souvent à la décision finale, comme en témoigne le testament de Mohammed Atta, l’un des kamikazes du 11 septembre 2001, qui détaille longuement le rituel de ses funérailles. En dépit de l’aversion et de l’abjection qu’ils nous inspirent, ces terroristes ne sont pas des nihilistes, explique Debray. Ils ne sont pas attirés par le « nihil » (le « rien », en latin), comme les anarchistes russes dépeints par Dostoïevski et Tourgueniev.
« La dialectique Coca-Cola/ayatollah »
Selon Debray, l’équation s’est même renversée : « Où nous mettons du vide, ils mettent du plein. A eux l’Etre, à nous le Néant. » Car l’individualisme occidental a déshabillé Paul sans habiller Jacques, et le laisse tout nu face au marché sacralisé et au règne du privé. Alors, loin des analyses de Freud, il faudrait commencer par ne pas faire de la religion une simple illusion. Car le mythe est parfois plus fort que la raison : « Que serions-nous sans le secours de ce qui n’existe pas ? », disait Valéry. Il conviendrait également de faire le deuil d’un progrès qui viendrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Alors qu’Emmanuel Macron a comparé les Danois, « peuple luthérien » ouvert aux réformes, aux Français, qualifiés de « Gaulois réfractaires au changement », le médiologue lui répond.
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Régis Debray : « M. Macron devrait savoir que les Gaulois sont indisciplinés et qu’ils ruent encore dans les brancards »

Alors qu’Emmanuel Macron a comparé les Danois, « peuple luthérien » ouvert aux réformes, aux Français, qualifiés de « Gaulois réfractaires au changement », le médiologue lui répond.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 07h30
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

A l’occasion d’un dialogue avec Edgar Morin sur la façon dont le terrorisme djihadiste interroge notre rapport à la finitude et au sacré, Régis Debray est revenu sur les récents propos d’Emmanuel Macron au Danemark.
Dans Le Nouveau Pouvoir (Cerf, 2017), vous expliquez que notre vieux pays « catho-laïque » est saisi par un « moment néoprotestant ». Les déclarations explicites d’Emmanuel Macron confirment-elles vos intuitions ?
Régis Debray : Je crains que oui. Ces déclarations confirment le fond de l’air du moment. Les réformes en œuvre vont dans le sens de la Réforme, chacun doit se débrouiller tout seul pour faire son salut, sans corps intermédiaires, en ramant dans son coin. Les partis sont donc de trop, les syndicats aussi, comme hier les clergés. L’idéal, c’est l’individu tout nu, seul avec sa foi dans la flexisécurité et les vertus du marché, comme risque à courir.
Les Français sont-ils des « Gaulois réfractaires au changement » ou bien des Astérix résistants (encore et toujours) à l’Empire ?
Notre jeune président, et c’est heureux, a de l’humour, qui est la politesse du désespoir. Mais il aurait tort de désespérer. Tout est fait par son gouvernement pour pousser Astérix dans le droit chemin, qui est censé le mener jusqu’en Californie en passant par l’Europe du Nord anglophone et luthérienne. Cela dit, Astérix est indiscipliné et il rue dans les brancards. L’idée que Rome doit faire la loi dans son village, à la SNCF ou à La Poste, et l’OTAN dans sa défense, il a du mal à s’y résigner. Ce n’est pas dans son caractère. Il renâcle.
« Vous verrez la France transformée par son peuple. Les gens changent d’état d’esprit, ils sont beaucoup plus ouverts au risque », a dit Emmanuel Macron à la reine du Danemark. Peut-on changer de peuple ou changer un peuple ?
La psychologie des peuples a mauvaise réputation, mais elle existe. Il faut relire Montesquieu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ L’économiste Bertrand Martinot, dans une tribune au « Monde », met en garde contre le procès fait au niveau élevé des allocations versées aux cadres en recherche d’emploi.
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Plafonnement des allocations chômage des cadres : « Il vaut mieux utiliser le levier du délai de carence »

L’économiste Bertrand Martinot, dans une tribune au « Monde », met en garde contre le procès fait au niveau élevé des allocations versées aux cadres en recherche d’emploi.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 11h52
    |

Bertrand Martinot (Ancien délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle (2008-2012), collaborateur à l’Institut Montaigne)







                        



                                


                            
Tribune. L’assurance-chômage, on le sait, est un sujet techniquement et politiquement redoutable. Ce dossier comporte un invariant : tout bon débat politique sur ce thème commence par la question de l’indemnisation des salariés à haut salaire. Cette rentrée ne fait pas exception à cette règle, avec les propositions portées récemment par certains députés La République en marche (LRM) de diminuer le plafond des allocations.
Plus précisément, le débat se focalise sur le niveau maximal des allocations-chômage pour les salariés à hauts revenus antérieurs, soit 6 200 euros net mensuels. Un tel montant interpelle naturellement s’agissant d’une dépense sociale et c’est, de loin, le plafond le plus élevé de toute l’Union européenne. Dès lors, les propositions visant à abaisser ce plafond semblent pleines de bon sens : faire des économies, diminuer une allocation pour les « riches » (on se rappelle que pour François Hollande, en 2011, la richesse commençait avec un revenu de 4 000 euros par mois ), diminuer les effets d’aubaine (éviter que des chômeurs richement dotés, facilement employables, « prennent des vacances » sur le dos de l’assurance-chômage). Il reste qu’elles soulèvent quelques redoutables questions de principe.
Baisser les allocations en laissant inchangé le niveau de cotisation serait assez inique, surtout s’agissant de salariés déjà largement contributeurs net au système
Premièrement, le niveau très élevé du plafonnement des allocations pour les cadres n’est que la contrepartie du niveau de plafonnement des cotisations elles-mêmes : en France, un employeur paye les plus lourdes cotisations d’assurance-chômage d’Europe (4 % du salaire brut), dans la limite du plafond de salaire le plus élevé d’Europe (12 860 euros par mois, contre 6 000 en Allemagne, 4 300 aux Pays-Bas, 3 600 en Espagne…). Quant au cadre français, il finance dorénavant l’assurance-chômage par la CSG, donc sans aucun plafond.
Par conséquent, une discussion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ En prônant la « mise au travail » des chômeurs et des exclus, le gouvernement dit suivre la voie des réformes menées ailleurs en Europe. Mais elles n’y ont pas fait leurs preuves, souligne le sociologue Jean-Claude Barbier dans une tribune au « Monde ».
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Chômage, aide sociale : «  Il faut donner toute l’attention à l’accompagnement et à la lutte contre les freins à l’emploi »

En prônant la « mise au travail » des chômeurs et des exclus, le gouvernement dit suivre la voie des réformes menées ailleurs en Europe. Mais elles n’y ont pas fait leurs preuves, souligne le sociologue Jean-Claude Barbier dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 11h53
    |

Jean-Claude Barbier (CNRS, professeur émérite de sociologie à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            
[Minima sociaux, assurance-chômage, insertion des jeunes… le choix des coupes budgétaires et de la « mise au travail » est contesté par quatre experts.]
Tribune. Les buts des politiques de lutte contre le chômage et l’exclusion sociale sont a priori identiques dans la plupart des pays européens, et font d’ailleurs l’unanimité chez les économistes classiques : il faut plutôt fournir du travail aux chômeurs et aux personnes pauvres que de leur donner des subsides. Ce principe de l’« activation » réunit aussi la classe politique, à droite, à gauche et le « nouveau monde », pour rompre avec ce qu’on appelle en France l’« assistanat ». C’est aussi le mot d’ordre du premier ministre le 26 août lorsqu’il répète, dans Le Journal du dimanche : « Nous faisons le choix du travail. »
Pourtant, dans tous les pays de l’Union européenne, les gouvernements maintiennent en réalité leur assistance – certes réduite, mais encore significative – aux chômeurs et aux exclus, sans laquelle l’accès à un minimum de revenus serait impossible, pour des proportions significatives de la population. Sans cette assistance, la situation serait catastrophique compte tenu des taux de pauvreté déjà importants en Europe (près de 20 % en Allemagne, 22 % au Royaume Uni, 18, 2 % en France, 17,6 % au Danemark, selon le taux standardisé d’Eurostat en 2017).
Si les pays recourent aux mêmes techniques économico-administratives, leurs systèmes sont en fait très différents, par leur générosité, par leur histoire et par la légitimité politique dont ils jouissent dans le public. Les politiques danoise et suédoise sont plus efficaces et plus généreuses depuis plus de vingt ans. Les politiques britanniques sont les plus chiches et exigeantes vis-à-vis des chômeurs et des indigents, et ce depuis le XIXe siècle. Les politiques allemandes sont censées avoir trouvé le carré magique depuis la réforme Schröder de 2004 – c’est du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Les dispositifs qui s’adressent aux jeunes doivent privilégier l’accès de tous les jeunes au droit commun, estime le haut fonctionnaire et documentariste Quentin Jagorel, dans une tribune au « Monde ».
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« Il faut favoriser la mobilité des jeunes comme moyen d’échapper aux déterminants territoriaux »

Les dispositifs qui s’adressent aux jeunes doivent privilégier l’accès de tous les jeunes au droit commun, estime le haut fonctionnaire et documentariste Quentin Jagorel, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 06h45
    |

Quentin Jagorel (Haut fonctionnaire, responsable du pôle politique de la ville et des territoires au sein du think tank Démocratie vivante)







                        



                                


                            
[Minima sociaux, assurance-chômage, insertion des jeunes… le choix des coupes budgétaires et de la « mise au travail » est contesté par quatre experts.]
Tribune. La jeunesse est souvent affichée comme une priorité politique et constitue une cible privilégiée des réformes sociales lancées ou proposées, comme l’apprentissage, la garantie jeunes, les plans de formation ou le service civique.
Le plus souvent pourtant, la question des jeunes est posée en termes généraux, sans tentative de la croiser avec les déterminants territoriaux qui façonnent la diversité d’une catégorie trop souvent présentée comme un bloc. Car le territoire est une expérience concrète que vit chaque jeune dans son parcours personnel : il est tout à la fois un catalyseur et un révélateur des inégalités sociales, tant en matière de parcours scolaire et universitaire que d’accès à l’emploi et au logement.
Tension entre centre et périphérie
Aujourd’hui en France, les activités, les savoirs et les richesses se concentrent dans quelques grandes métropoles, elles-mêmes situées dans les régions les plus dynamiques. La question territoriale s’intéresse de plus en plus à la tension entre centre et périphérie. Or, les deux tiers des jeunes vivent aujourd’hui dans un espace qui peut être qualifié de périphérique : banlieue, espace péri-urbain, villes petites ou moyennes, ruralité.
« La mobilité quotidienne des jeunes est la condition de leur insertion et de leur autonomie. »
La mobilité quotidienne des jeunes est la condition de leur insertion et de leur autonomie. Et leur mobilité résidentielle, à des fins professionnelles ou académiques, leur permet de construire un parcours de vie individuel. Or, ils ne sont pas égaux face à la mobilité : certains sont parfaitement mobiles (notamment dans les centres), d’autres sont contraints par l’insuffisance des moyens de locomotion dans leur territoire, d’autres cumulent freins matériels et psychologiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Hulot, prélèvement à la source, Chemnitz : l’actualité à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 06h17
    |

                            Les Décodeurs








                        


LE RATTRAPAGE DE L’ACTU
La semaine a été marquée par la rentrée difficile du gouvernement, entre départ de Nicolas Hulot et doutes sur le prélèvement à la source, et par les tensions autour de l’extrême droite en Allemagne.
Démission surprise de Nicolas Hulot
Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, a annoncé son départ du gouvernement sur France Inter mardi 28 août. « Je ne veux plus me mentir », a -t-il justifié. Il a assuré ne pas avoir prévenu ni le président de la République Emmanuel Macron ni le premier ministre Edouard Philippe de sa décision de quitter son poste. Cette démission est perçue comme un échec politique pour l’exécutif, qui voit partir une personnalité très populaire et symbole de l’ouverture à la société civile.

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                Nicolas Hulot, la fin d’une aventure politique



C’est aussi un aveu d’impuissance pour l’ancien ministre, tiraillé entre les lobbys économiques et la difficulté de répondre aux enjeux écologiques majeurs (réchauffement climatique, pollution de l’air, nucléaire…). Nicolas Hulot avait en effet perdu de nombreux arbitrages dans des dossiers écologiques majeurs.

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                L’écologie, ministère de l’impossible ?



Cacophonie sur le prélèvement à la source
La mise en place du prélèvement de l’impôt à la source le 1er janvier 2019 n’est pas encore définitivement décidée. Le chef de l’Etat Emmanuel Macron a déclaré, jeudi, attendre des « réponses précises » avant de trancher.

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                Prélèvement à la source : comment ça fonctionne et combien vous paierez



Le dispositif préoccupe chefs d’entreprise et syndicats, qui s’inquiètent de possibles failles ou angles morts. Il est aussi critiqué par des responsables de l’opposition, comme Laurent Wauquiez (Les Républicains). Le prélèvement à la source est aussi une réforme risquée politiquement alors que les Français s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat.

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                Les doutes du gouvernement sur le prélèvement à la source



L’extrême droite manifeste en Allemagne
Des milliers de sympathisants d’extrême droite se sont rassemblés plusieurs soirs d’affilée à Chemnitz, dans l’est de l’Allemagne, pour protester contre le meurtre d’un Allemand de 35 ans, tué au couteau dans la nuit de samedi à dimanche, vraisemblablement par des étrangers. La manifestation de lundi – elle fut la plus importante, avec 6 000 personnes –, a donné lieu à des affrontements avec des militants d’extrême gauche qui ont fait une quinzaine de blessés.

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                Angela Merkel face aux violences d’extrême droite



L’affaire a pris une tournure politique lorsqu’on a appris, jeudi, que les informations confidentielles sur l’identité des meurtriers présumés (un Syrien et un Irakien) avaient été transmises au groupe d’extrême droite par un fonctionnaire pénitentiaire. D’autres manifestations sont attendues samedi dans la Saxe.

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                A Chemnitz, l’extrême droite maintient la tension



Et aussi
Homosexualité. Le pape François a suscité la polémique en affirmant dans l’avion le ramenant d’Irlande que les enfants homosexuels pouvaient recourir à la « psychiatrie ».Etats-Unis. Une fusillade a fait trois morts et onze blessés dimanche, lors d’un tournoi de jeux vidéo à Jacksonville, en Floride.Afghanistan. Le leader de l’organisation Etat islamique (EI) en Afghanistan et dix de ses hommes ont été tués dans l’est du pays par un raid aérien.Guantanamo. Les Etats-Unis pourraient envoyer des djihadistes de l’EI dans le centre de détention, qui n’a eu aucun nouvel arrivant depuis dix ans.Tourisme. La fréquentation touristique a atteint un record absolu à Paris au premier semestre, avec 17,1 millions d’arrivées hôtelières.Climat. L’été 2018 a été le deuxième plus chaud de l’histoire en France, une hausse qui correspond aux tendances annoncées des modèles climatiques.Fait divers. La star marocaine de la pop music Saad Lamjarred a été accusée de « viol ». Il a été mis en examen après avoir été arrêté, dimanche, à Saint-Tropez (Var).Ecoles. Dédoublements de classe, interdiction du portable, retour à la semaine de quatre jours : résumé des nouveautés à quelques jours de la rentrée scolaire.Loi Schiappa. Les Décodeurs tordent le cou aux amalgames et rumeurs qui circulent sur la légalisation de la pédophilie ou l’éducation sexuelle à l’école.La Poste. L’Etat va créer un groupe financier permettant à La Poste de se diversifier et d’absorber CNP assurance.Coquilles. La « guerre » entre pêcheurs britanniques et français s’intensifie autour de la pêche à la Saint-Jacques en baie de Seine.Diplomatie. L’écrivain Philippe Besson, proche du président Emmanuel Macron, va être nommé au poste convoité de consul de France à Los Angeles.FIFAgate. Juan Angel Napout, l’ancien patron de la confédération sud-américaine de football a été condamné, mercredi, à neuf ans de prisons pour corruption.#Metoo. Gérard Depardieu a été accusé de viols et d’agressions sexuelles, jeudi, par une jeune comédienne, ce qu’il conteste.Football. Le tirage au sort de la Ligue des champions a été sévère, jeudi, pour le PSG, l’AS Monaco et l’Olympique lyonnais, qui héritent d’un groupe de poules ardu.
Disparitions
John McCain. Des funérailles nationales sont organisées, samedi, une semaine après la mort du sénateur américain des suites d’un cancer du cerveau. L’ancien militaire, candidat républicain à la Maison-Blanche, était devenu l’un des plus farouches opposants au président Donald Trump.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Les militants associatifs Louis Boillot et Quentin Sauzay considèrent, dans une tribune au « Monde », que le vote des jeunes en faveur des partis extrémistes est moins motivé par le rejet de l’immigration ou de la mondialisation que par la baisse des revenus et des opportunités.
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« Les jeunes européens expriment un attachement à la redistribution de la richesse »

Les militants associatifs Louis Boillot et Quentin Sauzay considèrent, dans une tribune au « Monde », que le vote des jeunes en faveur des partis extrémistes est moins motivé par le rejet de l’immigration ou de la mondialisation que par la baisse des revenus et des opportunités.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 05h30
    |

Louis Boillot (Economiste) et Quentin Sauzay (Avocat)







                        



                                


                            

[Minima sociaux, assurance-chômage, insertion des jeunes… Le choix des coupes budgétaires et de la « mise au travail » est contesté par les experts.]
Tribune. Une grande majorité des enquêtes électorales menées en Europe de l’Ouest depuis 2015 dressent le constat suivant : les jeunes de 18 à 30 ans votent – lorsqu’ils votent – pour des forces politiques radicales, critiques du projet européen et du libre-échange.
Il existe aujourd’hui une littérature importante sur l’attrait des populations vulnérables pour les thèses protectionnistes. En revanche, les analyses du comportement électoral des jeunes se limitent à une approche sociologique ou décrivent un « effet âge » les portant à voter très à gauche… ou très à droite. La jeunesse resterait ce corps social indéfini, aux aspirations contradictoires et sans identité politique forte. Elle se donnerait, par romantisme, au premier tribun venu.
Le traitement médiatique du vote des jeunes ne permet pas non plus de se rendre compte des tendances lourdes à l’œuvre. Au Royaume-Uni, beaucoup a été écrit sur la jeunesse « ouverte et connectée » qui a voté contre le Brexit (2016) et pour le Labour (2015). En France, c’est le désamour de la jeunesse pour les partis traditionnels qui a fait l’objet d’un traitement important (seulement 9 % des jeunes inscrits ont voté pour les candidats LR et PS), tandis que l’élection d’un président jeune a infusé l’idée d’un soutien juvénile fort. En Italie, près de 40 % des 18-24 ans ont choisi le Mouvement 5 étoiles (M5S), une audience comparable à la mobilisation des jeunes pour Podemos en Espagne en 2015 et 2016.
Si l’on s’intéresse aux motivations de ces jeunes, une préoccupation semble cependant s’exprimer majoritairement : l’attachement à la redistribution de la richesse. Il s’agit, par exemple, de la question des revenus décents pour les jeunes (Espagne, Italie) ou de l’accès à l’enseignement supérieur et à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ L’ex-chef de l’Etat, qui effectuait sa rentrée politique en présence de l’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve dans la Manche, a multiplié les piques contre son successeur.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/08/2018
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A Cherbourg, Hollande critique Macron sans le nommer

L’ex-chef de l’Etat, qui effectuait sa rentrée politique en présence de l’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve dans la Manche, a multiplié les piques contre son successeur.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 20h33
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 10h51
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                            Astrid de Villaines (Cherbourg, envoyée spéciale)








                        



   


Comme un goût d’ancien monde. Jusqu’à présent habitué à la tournée des librairies pour dédicacer son livre Les Leçons du pouvoir (Stock, 288 p., 22 euros), François Hollande a fait, vendredi 31 août à Cherbourg (Manche), sa véritable rentrée politique, en compagnie du dernier premier ministre de son quinquennat, l’ancien maire de la ville et ex-député de la Manche, Bernard Cazeneuve. 
Dans un discours plus offensif qu’à l’accoutumée, l’ancien chef de l’Etat a vanté son bilan, pendant près d’une heure, devant quelque deux cents militants et sympathisants socialistes réunis dans la salle des fêtes. Mais il a surtout défendu la place « du socialisme et de la social-démocratie » face au « libéralisme et [au] populisme ». Une manière pour lui de critiquer le président de la République, Emmanuel Macron, et le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, en les renvoyant dos à dos, sans jamais les nommer.
Les dangers du « narcissisme »
A propos de la réforme du prélèvement de l’impôt à la source, votée sous son quinquennat, mais que l’actuel gouvernement semble hésiter à mettre en œuvre le 1er janvier 2019, François Hollande a déclaré : « Cette réforme était prête. Elle peut être annulée. Mais ce dont je suis sûr, c’est que les fonctionnaires ont fait leur travail. » Un hommage rendu aux agents de l’Etat, comme une première pique en creux adressée à son successeur, qui prévoit d’en réduire le nombre dans le prochain budget.
Plus rare, l’ancien président s’en est pris directement à Jean-Luc Mélenchon
Mais l’ancien président « normal » a aussi mis en garde M. Macron, de manière à peine voilée, contre les dangers du « narcissisme, une terrible maladie dont tout le monde peut être victime ». « On vient me voir lors des séances de dédicaces pour me dire “vous, vous êtes humain” », a-t-il glissé, ajoutant dans un sourire que « ceux qui gagnent le plus et qui seraient venus me remercier pour la suppression de l’ISF [impôt de solidarité sur la fortune], ils ne se sont pas trompés d’adresse ! » 
Et François Hollande de citer le palmarès de ses réformes les plus appréciées de ses (é) lecteurs : le mariage pour tous, la loi sur la fin de vie, la retraite à 60 ans pour les carrières longues… « Défendez-le, ce bilan, portez-le ! », a-t-il poursuivi, sur un ton de campagne électorale et sous les applaudissements, prévenant que « rien ne se conquiert dans la prétention, dans l’oubli et encore moins dans la contrition ».
Plus rare, l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste s’en est pris directement à son ancien camarade de la Rue de Solférino, Jean-Luc Mélenchon. « Ceux qui disent qu’ils viennent de nulle part ne trouvent pas en général de point de destination », a-t-il dit, le ton grave, en référence au député LFI des Bouches-du-Rhône, qui n’emploie plus le mot « gauche » pour se qualifier.
Importance de la « transmission »
Un peu plus tôt, Bernard Cazeneuve avait insisté lui aussi sur l’importance de « la tradition de la gauche de gouvernement : regarder le réel et ne pas confondre l’espérance et la colère, comme l’ont fait tous nos prédécesseurs, de Jean Jaurès à vous-même [François Hollande], en passant par Léon Blum ».
A Cherbourg, l’ancien premier ministre est exceptionnellement sorti de sa réserve adoptée depuis la victoire d’Emmanuel Macron, quand plusieurs au PS le verraient bien conduire la liste aux élections européennes de mai 2019.
« Le PS a en son sein de très bons candidats, il faut laisser Olivier Faure et la nouvelle génération s’en occuper », a répondu au Monde le nouvel avocat d’affaires, citant notamment le commissaire européen Pierre Moscovici et l’ancien secrétaire d’Etat au budget Christian Eckert. « Il faut regarder toutes les possibilités et les faire travailler ensemble », a conseillé M. Cazeneuve, assurant qu’il n’était pas « de retour », mais toujours « en réserve ».
En réponse, François Hollande a insisté sur l’importance de la « transmission ». Saluant son ancien chef du gouvernement – « un ami », « un homme d’Etat » – et, comme s’il voulait lui passer le flambeau, l’ancien président a conclu : « La République doit savoir qu’elle a Bernard Cazeneuve en réserve, qui, même s’il est en retrait, est un talent qui n’a pas encore dit toute sa vérité. » L’ancien monde tient décidément à sa revanche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ La CFDT et la CFTC du Quai d’Orsay vont déposer des recours contre le décret qui pourrait permettre à l’écrivain proche d’Emmanuel Macron de devenir consul général
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Des syndicats veulent bloquer la nomination de Philippe Besson comme consul général à Los Angeles

La CFDT et la CFTC du Quai d’Orsay vont déposer des recours contre le décret qui pourrait permettre à l’écrivain proche d’Emmanuel Macron de devenir consul général



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 19h47
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 09h10
    |

            Marc Semo








                        



   


La nomination de l’écrivain Philippe Besson, proche d’Emmanuel Macron, comme consul général à Los Angeles continue de faire des vagues au Quai d’Orsay, où nombre de diplomates s’irritent de « ce fait du prince ». La CFDT-MAE, le plus important syndicat du ministère des affaires étrangères (40 % des voix aux élections professionnelles), va déposer un recours devant le Conseil d’Etat pour annuler le décret du 3 août modifiant les règles concernant la nomination d’un certain nombre d’« emplois supérieurs », dont vingt-deux postes de consul général.
Le chef de l’Etat pouvait déjà nommer à sa discrétion des ambassadeurs, qu’ils soient ou non fonctionnaires. Il en sera de même désormais pour les responsables de ces postes. La CFTC va aussi déposer un recours contre un texte jugé « bricolé et arbitraire ».

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Parmi les postes concernés figure le consulat de Los Angeles, convoité par l’écrivain, auteur notamment d’Un personnage de roman (Julliard, 2017), récit largement hagiographique de la victorieuse campagne du chef des « marcheurs ». Le décret de sa nomination n’a pas encore été publié, mais celle-ci a été confirmée par l’Elysée.
Emmanuel Macron, en marge de son voyage au Danemark et en Finlande, a récusé toute accusation de « copinage », affirmant « vouloir ouvrir l’ensemble des postes de responsabilité de l’administration, en particulier de la haute fonction publique, à des gens de talent et de mérite venant d’autres horizons, encore davantage qu’on ne l’a fait jusqu’ici ».
Les vingt-deux postes de consul général mentionnés sont pour le moins hétéroclites, même s’ils sont tous prestigieux. Certains, comme Québec et Jérusalem, auprès de l’Autorité palestinienne, sont une quasi-ambassade et totalement politiques. D’autres sont très sensibles en raison de l’actualité, tels Istanbul, Dubaï, Erbil ou Barcelone. En revanche, Boston, Edimbourg et Kyoto sont des consulats « d’influence », surtout honorifiques. Ce qui n’est pas le cas de Los Angeles, chargé de la gestion des activités économiques, culturelles et scientifiques avec la Californie.
Cette affaire a encore accru le malaise
Publié en plein été, le décret, qui a reçu l’aval du Conseil d’Etat – de justesse, selon certaines sources internes au ministère des affaires étrangères –, paraît surtout rédigé sur mesure pour permettre d’installer Philippe Besson dans ce poste de prestige jadis occupé par Romain Gary, écrivain mais diplomate de carrière.
« Une réforme au service d’intérêts particuliers ? », s’interroge indignée la CFDT-MAE, qui ne souhaite pas, pour le moment, évoquer sur quels points se fonde sa mise en cause du texte. En 2012, à la fin de la présidence de Nicolas Sarkozy, ce syndicat avait obtenu du Conseil d’Etat l’annulation de la nomination de deux ambassadeurs bien en cour, mais jugés finalement encore trop inexpérimentés pour occuper de telles fonctions.
« Il y a dans ce décret une part évidente de mépris vis-à-vis des personnels et de leurs compétences », dénonce Carl Poirier, un des représentants de la CFTC. La « brutalité » — selon les mots de plusieurs diplomates — de l’Elysée dans cette affaire a encore accru le malaise, alors même que la diplomatie française doit se serrer la ceinture avec la réduction de 10 % de la masse salariale pour les agents à l’étranger. En poste depuis 2015 à Los Angeles, Christophe Lemoine, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius, a appris au dernier moment qu’il était remplacé. On peut faire plus élégant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Edouard Philippe, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, entre autres, sont attendus les 10 et 11 septembre à Tours pour le séminaire de la majorité.
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Les poids lourds du gouvernement présents à la rentrée des députés LRM

Edouard Philippe, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, entre autres, sont attendus les 10 et 11 septembre à Tours pour le séminaire de la majorité.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 19h13
    |

            Alexandre Lemarié








                        


Affaire Benalla, démission de Nicolas Hulot, polémique sur les « Gaulois »… Alors qu’Emmanuel Macron affronte une rentrée compliquée, l’exécutif tente de resserrer les liens avec la majorité, afin de s’assurer de l’adoption des principaux textes à venir au Parlement.
En témoigne le casting retenu par la Macronie pour le séminaire de rentrée des parlementaires de La République en marche (LRM), qui se tiendront les lundi 10 et mardi 11 septembre à Tours. Alors que seuls les 312 députés macronistes devaient initialement s’y réunir, le premier ministre Edouard Philippe sera également présent, selon un document que Le Monde s’est procuré, confirmant des informations de LCP.
Le chef du gouvernement participera à un apéritif puis à un dîner avec l’ensemble des élus macronistes le lundi 10 septembre, de 19 h 15 à 23 heures, au centre international des congrès de la ville. Avant d’assister à une « réunion de groupe extraordinaire » des députés LRM, le lendemain, de 10 h 45 à 13 heures, en présence de la presse. Une première depuis le début du quinquennat. Jusque-là, toutes les réunions de groupe des députés LRM s’étant déroulées à huis clos.
Nouvelles économies à trouver
Edouard Philippe ne viendra pas seul. Quatre poids lourds du gouvernement seront également du voyage pour participer à trois « ateliers législatifs », le lundi après-midi. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et celui de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, présenteront le projet de loi de finances pour 2019 aux parlementaires LRM. L’occasion de défendre les arbitrages budgétaires du gouvernement, qui seront examinés à l’Assemblée à partir d’octobre. En particulier les hausses de prestations sociales moins fortes que l’inflation, annoncées par Edouard Philippe, qui toucheront à la fois les allocations familiales et les pensions de retraite.
Le gouvernement doit trouver de nouvelles économies pour maintenir le déficit en dessous des 3 %, barre symbolique exigée par les traités européens, dans un contexte plus difficile qu’il ne l’avait prévu. Peut-être une occasion, également, pour le duo de Bercy de clarifier la position de l’exécutif sur le prélèvement à la source, dont l’application dès le 1er janvier 2019 n’est plus certaine.

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La ministre de la santé, Agnès Buzyn, détaillera, elle, le contenu du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, qui sera examiné au Parlement à l’automne, et le projet de loi sur les questions de bioéthique. Attendu pour la fin de l’année ou début 2019, ce texte doit notamment aborder le thème de la PMA, qui divise la majorité. En revanche, il n’est pas prévu que la ministre de la santé aborde le plan pauvreté – qui doit pourtant être mis en œuvre au 1er janvier 2019 – ni le plan hôpital, très attendu par un secteur à bout de souffle. Deux textes initialement attendus en septembre.
« Aucune place à l’improvisation »
Enfin, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, animera un troisième atelier législatif. Celle-ci doit présenter le projet de loi de programmation 2018-2022 et la réforme de la justice, qui doit être débattue devant le Parlement en octobre et votée en février 2019.
« Ce sont des réformes clés, donc il est essentiel que le groupe et le gouvernement soient soudés pour assurer leur bonne mise en œuvre », souligne un pilier de la majorité, qui se réjouit du programme retenu pour le séminaire de rentrée des parlementaires LRM. « Cela va nous permettre de bien nous caler et de ne laisser aucune place à l’improvisation. » Autre intérêt : se coordonner pour défendre ces réformes dans les médias, sans commettre de couac. « Il est essentiel que le gouvernement fasse bien passer les messages au groupe pour que chacun puisse ensuite aller soutenir le bien-fondé de chaque texte », souligne un député LRM.
Ce séminaire de rentrée sera le quatrième auquel participent les députés LRM depuis le début du quinquennat. Après s’être retrouvés une première fois en juin, puis en septembre pour des séances de team building, afin de renforcer les liens entre les 312 membres du groupe, ceux-ci s’étaient rassemblés en janvier dans les murs de l’Assemblée. Avec un double objectif : préparer le travail législatif, mais aussi tenter d’améliorer le fonctionnement et l’animation du groupe. Cette fois, il s’agira surtout de renforcer le lien entre le groupe majoritaire et un exécutif à la peine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ « C’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre », a précisé le porte-parole du gouvernement.
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Remaniement après la démission de Hulot : le gouvernement sera « au complet » mardi

« C’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre », a précisé le porte-parole du gouvernement.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h06
   





                        


Un remaniement est attendu à la suite de la démission inopinée du ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Le gouvernement sera « au complet » mardi, pour le conseil des ministres du lendemain, a annoncé vendredi 31 août le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
« Ce sera d’ici mardi et c’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre, a-t-il déclaré. Le conseil des ministres se tiendra donc mercredi au complet et sera suivi d’un séminaire gouvernemental. »
« Evidemment que le départ de Nicolas Hulot est un coup pour le gouvernement pour cette rentrée, a-t-il concédé. C’est quelque chose à quoi nous ne nous attendions pas, mais ce n’est pas le départ d’une personnalité, aussi éminente soit-elle, qui remet en cause les politiques que vous conduisez. »

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Hulot a pris tout le monde de court
Nicolas Hulot, l’un des membres les plus populaires du gouvernement, où il avait été nommé en mai 2017, avait pris tout le monde de court, y compris le président Emmanuel Macron et le premier ministre, Edouard Philippe, en annonçant mardi matin sa démission du gouvernement à l’antenne d’une radio.
Faute d’obtenir des avancées suffisantes en matière d’environnement, Nicolas Hulot a jeté l’éponge. « Je ne veux plus me mentir (...) Je sais que seul je n’y arriverai pas (...) J’ai un peu d’influence, je n’ai pas de pouvoir », a-t-il notamment déclaré mardi, dénonçant « la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir ».
« Le président de la République a rappelé la sensibilité qui est la sienne et son attachement, ainsi que ceux des membres du gouvernement, aux sujets importants que porte Nicolas Hulot depuis longtemps dans l’opinion publique », a assuré de son côté vendredi M. Griveaux.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Emmanuel Macron a laissé entendre jeudi que la mesure, qui doit entrer en vigueur en janvier 2019, pourrait être reportée.
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Prélèvement à la source : les quatre risques qui font hésiter l’exécutif

Emmanuel Macron a laissé entendre jeudi que la mesure, qui doit entrer en vigueur en janvier 2019, pourrait être reportée.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 06h23
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu doit entrer en vigueur en janvier 2019… à moins que le président de la République, Emmanuel Macron, n’y mette son veto in extremis. « J’ai plutôt l’intention de conduire cette réforme à son terme, mais j’ai demandé aux ministres compétents de répondre à toutes les questions qui se posent encore avant de donner une directive finale », a-t-il déclaré, jeudi 30 août, à Helsinki, en Finlande.
Preuve que la mesure, déjà reportée de 2018 à 2019 par précaution, inquiète encore au sommet de l’Etat. Voici pourquoi.

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1. Doutes sur sa compatibilité avec le système français
Jusqu’à présent, les contribuables payaient à l’administration fiscale, au cours d’une année donnée, leur impôt sur les revenus perçus l’année précédente.
Le prélèvement à la source change deux choses : l’impôt sera directement prélevé sur la fiche de paie des contribuables (c’est l’employeur qui collectera la somme et la reversera à l’Etat) et le décalage d’un an entre revenus et prélèvements sera supprimé. C’est-à-dire qu’en 2019, on paiera ses impôts pour l’année 2019.

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Selon le ministère de l’économie, ce nouveau système a un intérêt fondamental : « Pour celles et ceux qui connaissent des changements de situation financière et familiale, l’impôt s’adaptera plus vite. » Il sera en effet possible à « tout moment » de signaler à l’administration, par exemple, un changement d’emploi ou de situation familiale, susceptible de faire varier l’imposition, pour que le taux de prélèvement soit ajusté.
Derrière ce principe général, la situation réelle est toutefois un peu plus complexe. Le calcul de l’impôt sur le revenu ne prend pas seulement en compte les revenus du travail et la composition du foyer, mais une multitude de critères (par exemple, les revenus financiers ou immobiliers). C’est pourquoi la traditionnelle déclaration d’impôts, à faire au printemps, sera maintenue. Par exemple, celle qui sera faite entre avril et juin 2019 prendra en compte les revenus de 2018 et permettra à l’administration fiscale d’ajuster le taux d’imposition des contribuables à la rentrée.
Il existera donc toujours des décalages entre la situation réelle des Français et leur imposition. Le cas des services à domicile (jardinage, aide ménagère…) et les frais de garde d’enfant, qui ouvrent droit à des avantages fiscaux, l’illustre assez bien. Ces avantages ne seront pas pris en compte en temps réel dans la formule retenue : il faudra attendre l’été suivant une année donnée pour que l’administration fiscale prenne en compte ces sommes.
Par exemple, un ménage qui fait appel à une assistante maternelle agréée pour la garde d’un enfant en 2018 devra attendre l’été 2019 pour bénéficier du crédit d’impôt correspondant. Dans certaines situations, dont celle-ci, il est prévu qu’un acompte, c’est-à-dire une avance de 30 % du crédit d’impôts, soit versé en janvier par le fisc pour combler en partie l’écart de trésorerie. Mais attention : celui-ci sera calculé sur les sommes versées deux ans plus tôt. Par exemple, en janvier 2019, l’acompte sera calculé sur les dépenses engagées en 2017 et il faudra attendre la fin de l’été pour que celles de 2018 soient prises en compte. Vous suivez ?
Si le prélèvement à la source est appliqué dans de nombreux pays, comme en Belgique, certains observateurs le considèrent inadapté au modèle français du fait de la nature de notre système, où l’impôt est calculé à l’échelle du foyer et surtout en prenant en compte une multitude de situations particulières.
2. La peur d’une incompréhension des contribuables
Partant de cette situation, la crainte du gouvernement est que la réforme soit mal comprise, et donc mal acceptée par les contribuables. C’est ce qu’a laissé entendre M. Macron lorsqu’il a déclaré, jeudi, avoir besoin « d’une série de réponses très précises et d’être sûr de ce que nos concitoyens vivront » lors de l’entrée en vigueur du nouveau système, « si on le met en place ».
Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a multiplié ces derniers mois les interventions médiatiques pour tenter d’expliquer la réforme et de déminer les craintes. Son ministère a multiplié les documents et les vidéos pour tenter d’apporter des réponses aux contribuables.
Reste que si le calendrier d’entrée en vigueur du prélèvement à la source est maintenu, les contribuables verront du changement sur leur fiche de paie fin janvier 2019. Concrètement, leur salaire sera grevé du montant mensualisé de leur impôt tel qu’il a été estimé par l’administration fiscale.
Sauf que, malgré toutes les précautions prises par l’administration, cette estimation est toute relative. Selon la multitude de cas particuliers possibles, il pourra y avoir des écarts entre le montant demandé chaque mois en début d’année et l’impôt réellement dû. Cette différence sera régularisée grâce à la déclaration de revenus du printemps, mais il y a là matière à incompréhension, voire colère, le temps que les citoyens s’habituent au nouveau système.
Ceux qui paieront « trop » en janvier, par exemple, pourront ainsi penser que leur impôt a augmenté et s’estimer lésés par le gouvernement. Dans ce contexte, la tenue des élections européennes en mai 2019, quelques mois seulement après l’entrée en vigueur de la réforme, n’est peut-être pas étrangère aux réticences du chef de l’Etat.
3. Le risque d’un effet négatif pour la croissance
L’autre grande crainte du gouvernement serait de voir le prélèvement à la source brouiller les repères des contribuables en matière de revenus, en particuliers les 40 % de ménages qui ne sont pas mensualisés. C’est-à-dire que le fait de recevoir une fiche de paie amputée du montant de l’impôt perturbe leurs habitudes et les incite à moins dépenser, par précaution. Si ce comportement était largement répandu, cela pourrait avoir des conséquences négatives sur l’activité économique – de quoi inquiéter après un été où l’économie française a ralenti (notamment les prévisions de croissance qui ont été revues à la baisse).

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Jusqu’ici, le ministre Gérald Darmanin a balayé l’argument : « Chaque année, 3 à 4 milliards d’euros sont bloqués parce qu’une partie des 40 % de contribuables qui ne sont pas mensualisés a tendance à surépargner en prévision des impôts futurs. Cet argent va être débloqué », assurait-il au Journal du dimanche en avril.
Au crédit du gouvernement, on peut aussi ajouter le fait que moins d’un foyer sur deux est redevable de l’impôt sur le revenu (44 % des ménages en 2016, selon le ministère de l’économie) et qu’au total 90 % des contribuables s’acquittent d’un impôt équivalent à 10 % de leurs revenus ou moins. Cela veut dire que les écarts entre le montant estimé au départ des impôts et la somme réelle devraient être limités à une faible fraction du revenu pour le commun des contribuables.
Il est aussi vrai qu’en théorie, le calendrier de paiement de l’impôt prélevé à la source est plus favorable à la trésorerie des ménages que la mensualisation et le paiement par tiers actuels. Prenons le cas fictif d’un foyer qui doit payer 1 000 euros d’impôts par an, en supposant que l’estimation de son impôt correspond à la réalité :
Avec la mensualisation actuelle, il doit payer 100 euros par mois, de janvier à octobre ;Avec le paiement par tiers actuel, il doit payer 333,33 euros en trois fois, au plus tard fin mars, fin juin et fin septembre ;Avec le prélèvement à la source, 83,33 euros lui seront prélevés chaque mois de janvier à décembre.
Cependant, les enjeux d’un tel phénomène sont aussi psychologiques et dépendent des conditions dans lesquelles l’entrée en vigueur du nouveau système se fera. Il est donc difficile d’en mesurer la portée aujourd’hui.
4. Crainte des bugs pour les contribuables et les entreprises
Le double défi de la réforme est qu’elle doit s’appliquer à tous les contribuables, et que ce seront de surcroît les entreprises qui géreront la collecte de l’impôt. Une responsabilité supplémentaire accueillie fraîchement par le patronat.
Dans ce contexte, de possibles bugs techniques auront vite fait de placer le gouvernement sous le feu des critiques. En témoignent les échecs de précédents projets de grande envergure comme celui du logiciel de paie des militaires (Louvois) ou la tentative avortée de créer un opérateur national de paie commun à l’ensemble des agents de l’Etat.
Là encore, M. Darmanin se veut rassurant. « Il n’y a aucun bug administratif ou informatique », a-t-il affirmé sur Europe 1 mercredi. « Nous avons reporté d’un an l’année dernière, nous avons travaillé à cette réforme, j’y travaille tous les jours, les entreprises se sont beaucoup préparées à ça », a-t-il ajouté.
Les propos tenus par Emmanuel Macron en Finlande laissent tout de même entendre qu’en cas de doutes, le gouvernement pourrait reporter le projet une nouvelle fois… ou l’abandonner.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Après une première plainte classée, un juge d’instruction parisien a estimé mi-août qu’il n’y avait pas lieu d’ouvrir une nouvelle enquête dans cette même affaire.
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Plainte pour viol contre Darmanin : un juge ordonne un non-lieu

Après une première plainte classée, un juge d’instruction parisien a estimé mi-août qu’il n’y avait pas lieu d’ouvrir une nouvelle enquête dans cette même affaire.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 10h10
   





                        



   


Mi-août, la justice, saisie par une femme qui accuse Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, de viol et de harcèlement sexuel, a estimé qu’il n’y avait pas lieu de relancer l’enquête, selon des informations du quotidien La Voix du Nord publiées vendredi 31 août. Une première plainte déposée début 2018 par Sophie Patterson-Spatz avait été classée sans suite, le 16 février, par le procureur de la République de Paris, au terme d’une enquête préliminaire.
Dans la foulée, cette femme avait déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile. Celle-ci avait conduit à la désignation d’un juge d’instruction. De son côté, Gérald ­Darmanin avait porté plainte contre Mme Patterson-Spatz pour dénonciation calomnieuse. Le 16 août, le juge a rendu une ordonnance de non-lieu, conforme aux réquisitions du parquet. Le magistrat saisi a estimé qu’au vu des investigations menées au début de l’année les faits reprochés n’avaient pas été commis et qu’il n’y avait pas lieu d’ouvrir une information judiciaire.
« Aucune confrontation »
L’actuel ministre de l’action et des comptes publics, âgé de 35 ans, est accusé par cette femme de l’avoir violée en 2009. A l’époque, elle s’était adressée à lui, alors qu’il était chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP, pour tenter de faire annuler une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon. Selon elle, M. Darmanin lui aurait fait miroiter son appui auprès de la chancellerie en échange de faveurs sexuelles.
« Le défaut de consentement ne suffit pas à caractériser le viol. Encore faut-il que le mis en cause ait eu conscience d’imposer un acte sexuel par violence, menace, contrainte ou surprise », rappelle le juge dans sa décision.
« Cette manière d’appréhender le dossier est choquante en 2018, alors qu’on est soi-disant dans un mouvement de protection des femmes victimes, a réagi auprès de l’AFP Elodie Tuaillon-Hibon, avocate de la plaignante. Il n’y a eu aucune confrontation, on n’a même pas pris la peine de recevoir ma cliente dans un cabinet de juge d’instruction. » « J’ai l’impression très nette qu’on crache sur ma cliente depuis le début de cette affaire, c’est une parodie de justice », a dénoncé l’avocate, qui a fait appel vendredi 31 août de cette décision.
« Après avoir été victime d’un véritable acharnement qui se termine par un non-lieu définitif (…) s’ouvre pour Gérald Darmanin le temps de la procédure en dénonciation calomnieuse, a déclaré de son côté son avocat, Pierre-Olivier Sur. Car ainsi qu’il l’a toujours dit, et confiant en la justice, il ira jusqu’au bout. » M. Darmanin a également porté plainte pour dénonciation calomnieuse dans une autre affaire. Une femme qui vit à Tourcoing (Nord), ville dont le ministre a été maire de 2014 à 2017, l’accuse, elle, d’abus de faiblesse, affirmant qu’il lui avait demandé des faveurs sexuelles en échange d’un logement. Cette procédure a été classée sans suite en mai.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Editorial. En se revendiquant l’« opposant principal » aux nationalistes, Emmanuel Macron veut reproduire, en vue des européennes de 2019, le positionnement qui lui a réussi à la présidentielle. Une stratégie à double tranchant.
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Macron face à l’axe Salvini-Orban

Editorial. En se revendiquant l’« opposant principal » aux nationalistes, Emmanuel Macron veut reproduire, en vue des européennes de 2019, le positionnement qui lui a réussi à la présidentielle. Une stratégie à double tranchant.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h26
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est l’un des paradoxes de cette délicate rentrée politique : Viktor Orban et Matteo Salvini, les porte-drapeaux du nationalisme en Europe, ont rendu un fier service, mercredi 29 août, à un président Macron dont la position sur la scène européenne s’est considérablement fragilisée depuis un an.
Réunis à Milan, le premier ministre hongrois et le vice-président du conseil italien, chef du parti d’extrême droite la Ligue, ont désigné Emmanuel Macron comme leur ennemi numéro un : « Il y a actuellement deux camps en Europe, a dit M. Salvini. Macron est à la tête des forces soutenant l’immigration. De l’autre côté, il y a nous, qui voulons arrêter l’immigration illégale. Nous travaillerons ensemble pour créer une future alliance afin de mettre au premier plan le droit au travail, à la santé et à la sécurité – tout ce que les élites européennes dirigées par Macron nous refusent. »

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Le cadeau était inespéré. Depuis le Danemark, où il se trouvait en visite officielle, Emmanuel Macron a aussitôt saisi la perche ainsi tendue : confirmant l’émergence du clivage entre « nationalistes et progressistes », le chef de l’Etat s’est engagé à ne « céder en rien aux nationalistes et à ceux qui prônent un discours de haine ». « Donc, a-t-il ajouté, s’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison. »
De la haute voltige
C’est exactement le cadre idéologique dans lequel M. Macron veut aborder la campagne pour les élections européennes du 26 mai. Lundi, devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, il avait déjà épinglé les incohérences européennes des gouvernements hongrois et polonais. Mercredi, son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a enfoncé le clou en brocardant « l’approche utilitariste » qu’ont les gouvernements « populistes » de l’UE, et en prônant une position franco-allemande commune face à ces « marchands d’illusions ».

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La démarche de M. Macron est claire : il veut reproduire au niveau européen, en 2019, les lignes de fracture politiques qui lui ont permis de battre Marine Le Pen et de remporter les élections françaises de 2017. Dans un contexte où, comme il le reconnaît lui-même, les difficultés de la chancelière allemande, Angela Merkel, ont brisé la dynamique qui l’avait propulsé sur le devant de la scène européenne en 2017, une offensive coordonnée des nationalistes, de plus en plus nombreux au pouvoir dans les pays de l’UE, permettrait au président français de mobiliser les « progressistes » européens autour de lui.
Cette stratégie est à double tranchant. D’une part, elle contredit les appels à l’unité européenne sur la scène géostratégique mondiale. D’autre part, elle met en porte-à-faux Mme Merkel, dont le parti, la CDU, est le chef de file du PPE (Parti populaire européen), formation qui regroupe au Parlement européen de nombreux partis de droite, dont celui de M. Orban. M. Macron aimerait, précisément, faire voler en éclats cette alliance de plus en plus inconfortable pour les tenants d’une droite modérée. Y parvenir tout en préservant le précieux partenariat franco-allemand va tenir de la haute voltige.
La grande bataille européenne de 2019 ne fait que commencer. On voit déjà sur quelle base confuse elle s’engage. Ainsi, « L’Europe qui protège », dont les leaders européens de la droite nationaliste se sont emparés, était le slogan d’Emmanuel Macron lors de sa campagne de 2017. Chacun y met aujourd’hui des contenus diamétralement opposés.

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