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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Les dégâts environnementaux infligés par l’homme sont irréversibles, alertent Gerald Markowitz et David Rosner, deux historiens des sciences américains, dans une tribune au « Monde ».
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Contaminations : « Les zones mortes, prélude d’une planète sans vie »

Les dégâts environnementaux infligés par l’homme sont irréversibles, alertent Gerald Markowitz et David Rosner, deux historiens des sciences américains, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 14h58
    |

Gerald Markowitz (historien des sciences) et David Rosner (historien des sciences)







                        



                                


                            

[Dans le cadre de notre opération « Contaminations », nous avons sollicité deux historiens des sciences, Gerald Markowitz (John Jay College of Criminal Justice) et David Rosner (université Columbia à New York) qui ont consacré toute leur carrière à l’étude des pollutions industrielles, notamment le plomb et les polychlorobiphényles. En janvier, les deux Américains ont mis en ligne des milliers de documents internes de firmes (« Toxic Docs ») qui dévoilent les stratégies des industriels pour dissimuler ces crimes environnementaux. Ils lancent une mise en garde sur les conséquences tragiques de notre usage de la planète.]
La planète est un endroit remarquablement résilient. Au fil des siècles, l’homme en a détruit les forêts naturelles, brûlé les sols et pollué les eaux pour finalement constater que, dans l’ensemble, la planète s’en remettait. Longtemps, les villes se débarrassaient de leurs déchets dans les rivières, tandis que les premières usines construites le long de leurs rives disposaient de ces cours d’eau comme de leurs propres égouts ; autrefois sans vie, ces rivières peuvent retrouver une vie foisonnante pour peu qu’on leur en laisse le temps.
Ceux d’entre nous qui ont atteint un certain âge et ont grandi à New York se souviennent sans doute des bancs de poissons morts qui venaient s’échouer sur les rives de notre fleuve Hudson, zone morte il y a peu encore, et aujourd’hui si belle. Les forêts, rasées pour laisser place à des champs, reviendront vite une fois l’homme parti. Il suffit de se promener dans les bois verdoyants de la Nouvelle-Angleterre et d’imaginer, comme le poète Robert Frost, être les premiers à s’émerveiller de leur beauté pour tomber aussitôt sur des ruines des murets de pierre qui clôturaient autrefois les pâturages.
Une nouvelle réalité ébranle les fondements de notre droit de polluer à volonté en croyant que la nature finira par triompher
C’est alors seulement que nous en prenons conscience : ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Dans les coulisses du premier reportage de notre série « Contaminations ». Anniston, ville américaine de 23 000 habitants, est irrémédiablement polluée par les déchets hautement toxiques de Monsanto.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ La saison estivale a été marquée par une succession de catastrophes liées au réchauffement climatique mais aussi par l’extinction de toute volonté politique de lutter contre ce phénomène, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».
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« La démission fracassante de Nicolas Hulot est venue cristalliser le grand hiatus de cet été meurtrier »

La saison estivale a été marquée par une succession de catastrophes liées au réchauffement climatique mais aussi par l’extinction de toute volonté politique de lutter contre ce phénomène, relève dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h24
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. Les « pierres de la faim » sont le nom parfois donné, dans le monde germanique, aux rochers qui apparaissent sur les berges des fleuves en cas d’étiage sévère. Le retrait des eaux offre alors aux regards ces avertissements, gravés dans la roche, rappelant que, pendant de nombreux siècles, la sécheresse fut sœur de la famine. L’agence Associated Press rapporte que le long de l’Elbe une dizaine de telles « pierres de la faim » sont réapparues ces dernières semaines, tant le niveau du fleuve est bas. L’une d’elles, datée de l’an 1616, indique, en allemand : « Pleurez si vous me voyez. »
S’il faut pleurer, ce n’est pas tant pour déplorer la sécheresse qui frappe l’Allemagne et une grande part de l’Europe, mais plutôt devant cette réalité : l’été 2018 restera comme un moment de profond paradoxe, entre la manifestation, dans toute leur ampleur et leur brutalité, des catastrophes liées au dérèglement climatique et l’extinction de facto de toute réelle volonté politique de lutter contre lui. La démission fracassante de Nicolas Hulot, fin août, est venue en quelque sorte cristalliser le grand hiatus de cet été meurtrier.

Anomalie de la température estivale
Ce fut un long train de catastrophes. Début juillet, des précipitations historiques s’abattent sur le Japon, générant des inondations et des coulées de boues inédites, conduisant le gouvernement à anticiper l’évacuation de deux millions de personnes. Bilan : près de 230 morts. A peine une semaine plus tard, la Grèce affronte les incendies les plus meurtriers et les plus destructeurs de son histoire récente. A peu près au même moment, la Norvège et la Suède font face à une canicule et une sécheresse inédites et comptent plusieurs dizaines de feux de forêt, dont plusieurs au-delà du cercle polaire. Le 20 juillet, il faisait 33 °C à l’extrême nord de la Scandinavie ; deux semaines auparavant, le mercure affichait 51,3 °C à Ouargla, en Algérie.
Incendies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ La série de reportages que publie « Le Monde » dans sa série « Contaminations » montre les conséquences à long terme de l’inaction dénoncée par Nicolas Hulot. Revenir sur les lieux souillés et détruits par l’humanité est une manière de rappeler les gouvernements à leurs devoirs.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Editorial. Les irréversibles contaminations de la planète

La série de reportages que publie « Le Monde » dans sa série « Contaminations » montre les conséquences à long terme de l’inaction dénoncée par Nicolas Hulot. Revenir sur les lieux souillés et détruits par l’humanité est une manière de rappeler les gouvernements à leurs devoirs.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 12h20
   





                        



   


Revenir sur des lieux oubliés, remettre en lumière des catastrophes qui ont quitté l’actualité, adapter notre pratique du journalisme aux défis de la crise environnementale, c’est-à-dire décrypter la complexité, donner à voir l’invisible, couvrir le long terme autant que l’événement : Le Monde s’est associé au photojournaliste Samuel Bollendorff pour publier, du 1er au 8 septembre, une série de sept reportages en territoires contaminés. Ce sont des villes, des régions entières parfois, souillées par des pollutions irréversibles à l’échelle humaine du temps. Ces sept lieux ont été choisis – aux Etats-Unis, en Russie, au Japon, au Canada, en Italie, au Brésil ou encore au milieu de l’océan Pacifique – pour leur caractère exemplaire et la diversité des situations qu’ils illustrent. Leur point commun est d’être devenus impropres au développement harmonieux de la vie en général, et de celle des humains en particulier.
Au-delà de leur cas particulier, ils illustrent surtout une perturbante réalité : silencieusement, loin des regards, une partie du monde devient progressivement de moins en moins propice à la présence de la vie. Partout sur Terre, la majorité des substrats – les sols, l’air, l’eau – portent désormais la marque indélébile des résidus de l’activité humaine, sous forme de substances chimiques de synthèse, d’hydrocarbures, de métaux lourds, de pesticides… Les chiffres dépassent parfois l’imagination : en Chine, par exemple, les autorités ont révélé en avril 2014 que 16 % des sols du pays dépassaient les normes, déjà singulièrement laxistes, en matière de pesticides et de métaux lourds. Même dans les zones reculées de l’Arctique ou de la forêt amazonienne, présumées vierges, on trouve des traces de plastique, de phtalates, de divers composés toxiques et persistants. Bien souvent, ces substances se fixent dans la chaîne alimentaire et remontent, d’une manière ou d’une autre, jusqu’à nos assiettes.
Les mêmes erreurs sont commises
Car ces territoires souillés à jamais sont les nôtres. Nous partageons les histoires qu’ils racontent. Dans la petite ville d’Anniston, en Alabama, Monsanto a fabriqué pendant près d’un demi-siècle des substances hautement toxiques – les polychlorobiphényles (PCB) – et a pollué irrémédiablement la ville et ses habitants. Mais, avec le temps, on se rend compte que cette catastrophe n’est pas seulement locale : aujourd’hui, la majorité des humains portent en eux des traces ténues de ces substances. Leur présence est généralisée ; elles ne disparaîtront pas. Inlassablement, les mêmes erreurs sont commises, portées par la croyance que tout ce qui a été fait peut être défait, que la nature finira par éponger nos excès, et que toutes les ressources naturelles sont renouvelables, à l’infini.
Il y a près d’un an, en novembre 2017, 15 000 scientifiques avaient lancé dans nos colonnes un cri d’alarme sur l’état de la planète, prévenant qu’il serait bientôt trop tard pour agir, pour tenter de garder une Terre vivable sur le long terme. Ils appelaient l’humanité à changer radicalement de mode de développement. Quel chef d’Etat s’est emparé de leur message ? Un an est passé, rien n’a changé. La démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre de la transition écologique, mardi 28 août, est à resituer dans ce contexte. « La planète est en train de devenir une étuve, nos ressources naturelles s’épuisent, la biodiversité fond comme neige au soleil, a-t-il dit. Et on s’évertue à ranimer un modèle économique qui est la cause de tous ces désordres. »

   


La série de reportages que nous publions montre les conséquences à long terme de l’inaction dénoncée par M. Hulot, de l’incapacité des Etats à prendre leurs responsabilités, à jouer pleinement leur rôle face aux forces économiques, comme garants de l’intérêt général et du long terme. Ces catastrophes ne sont pas seulement industrielles, elles signalent aussi de profondes défaillances dans l’action des gouvernements, qui préfèrent ensuite recouvrir pudiquement ces désastres du voile de l’oubli. Retourner sur les lieux, raconter les conséquences de ces tragédies, est une manière de les rappeler à leurs devoirs.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, le professeur d’économie Loïc Charles revient sur le récurrent et stérile débat qui oppose depuis le XVIIIe siècle les naturalistes et la plupart des économistes à Adams Smith et à ses héritiers.
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L’éternelle « réflexion sur les rapports entre le “commerce” et la nature »

Dans cette chronique, le professeur d’économie Loïc Charles revient sur le récurrent et stérile débat qui oppose depuis le XVIIIe siècle les naturalistes et la plupart des économistes à Adams Smith et à ses héritiers.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h00
    |

Loïc Charles (Professeur d’économie à l’université Paris-VIII)







                        



                                


                            
Recherches. La démission de Nicolas Hulot souligne encore plus, s’il en était besoin, la place de l’impact environnemental des activités économiques dans le débat public. Réchauffement climatique, pollution et recyclage sont autant d’enjeux liés directement à des concepts économiques fondamentaux comme la croissance économique et la valeur. Ces questions font régulièrement l’actualité, mais elles ne sont presque jamais envisagées au regard de leur profondeur historique.
diriger ou rediriger le développement des activités économiques dans une direction compatible avec le maintien de la biomasse et de la biodiversité
Pourtant, comme l’a montré l’historien Fredrik Albritton Jonsson dès 2010, l’adoption d’une telle perspective permet de clarifier le cadre conceptuel de ces débats récurrents (« Rival Ecologies of Global Commerce : Adam Smith and the Natural Historians », The American Historical Review, décembre 2010).
Le siècle des Lumières voit naître une réflexion sur les rapports entre le « commerce » – c’est-à-dire les activités économiques dans le sens de l’époque – et la nature. La mise en exploitation intensive des espaces coloniaux, la circulation globale des savoirs, des plantes et des marchandises mettaient en danger le fragile équilibre écologique qui existait jusqu’alors. Selon F. A. Jonsson, les hommes des Lumières ont élaboré deux types de discours économique pour répondre aux anxiétés nées de ces risques liés à la modernité.
Les naturalistes et la plupart des économistes proposent d’intervenir pour diriger ou rediriger le développement des activités économiques dans une direction compatible avec le maintien de la biomasse et de la biodiversité. A l’inverse, Adam Smith, dans son ouvrage Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), affirme que les marchés accompliront cette tâche de la manière la plus efficace.
Planification environnementale
En Nouvelle-Angleterre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Comme chaque début de mois, de nouvelles mesures entrent en vigueur. Tour d’horizon des changements qui peuvent vous concerner.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Halogènes, « sécu » étudiante, gaz, normes antipollution : ce qui change au 1er septembre

Comme chaque début de mois, de nouvelles mesures entrent en vigueur. Tour d’horizon des changements qui peuvent vous concerner.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 09h04
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 13h19
   





                        


Tour d’horizon des mesures et interdictions qui entrent en vigueur samedi 1er septembre.
Les ampoules halogènes ne sont plus vendues
Interdites à la vente dans quelques jours en Europe, car trop gourmandes en électricité, les ampoules halogènes laisseront le champ libre aux LED (diodes électroluminescentes), qui ont déjà conquis une large part du marché.
Six ans après la fin des lampes à incandescence, la quasi-totalité des lampes halogènes seront interdites à la vente à partir du 1er septembre. Trop gourmandes en électricité, elles sont supplantées par les LED (diodes électroluminescentes), dont la durée de vie est de 15 000 à 40 000 heures, contre 2 000 heures pour les halogènes.
Les stocks d’halogènes présents chez les distributeurs pourront continuer d’être écoulés. Deux modèles d’halogènes (R7s et G9) bénéficieront en outre d’une exemption.
Les étudiants ne paient plus la « sécu »
A compter de samedi, les étudiants n’ont donc plus à acquitter 217 euros de cotisation à la Sécurité sociale. D’ici à la fin du régime spécifique étudiant, programmée pour le 1er septembre 2019 par la loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (ORE), « l’année universitaire 2018-2019 sera une période transitoire », explique l’Assurance-maladie. Les nouveaux étudiants continueront automatiquement d’être affiliés à leur régime de protection sociale actuel, le plus souvent celui de leurs parents (régime général, régime agricole ou autres régimes spéciaux) et n’auront aucune démarche particulière à effectuer.

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                Ce que changera la fin de la Sécurité sociale étudiante



Pour les étudiants qui avaient déjà ce statut l’an passé, l’Assurance-maladie rappelle qu’ils resteront provisoirement dans leur mutuelle étudiante pour l’année 2018-2019, sans avoir à faire aucune démarche. Dans un an, ils basculeront automatiquement au régime général et seront rattachés à la caisse de leur lieu de résidence.
Le gaz augmente de 0,9 %
Les tarifs réglementés du gaz appliqués par Engie augmentent en moyenne de 0,9 %, dans le sillage de la hausse des prix de gros.
L’augmentation sera de 0,3 % pour les utilisateurs de gaz pour la cuisson, de 0,5 % pour ceux qui en font un double usage cuisson et eau chaude, et de 0,9 % pour les utilisateurs se chauffant au gaz, détaille la Commission de régulation de l’énergie.
Depuis le 1er janvier 2015, les tarifs réglementés de vente de gaz ont en moyenne baissé de 3,6 %, mais ils sont globalement en hausse depuis l’automne 2017. Les 10,6 millions de consommateurs français abonnés au gaz ont le choix entre les tarifs réglementés de l’ancien monopole et les prix de marché, mais le gouvernement envisage une fin progressive de ces tarifs réglementés du gaz, avec leur extinction à l’horizon 2023 pour les particuliers, afin de se conformer au droit européen.
Les pesticides tueurs d’abeilles sont interdits
En application de la loi biodiversité de 2016, les néonicotinoïdes sont interdits dans les champs français. Ces insecticides neurotoxiques, disponibles depuis le milieu des années 1990 et massivement utilisés dans les cultures, affectent le système nerveux des pollinisateurs et sont jugés responsables de la surmortalité des abeilles et des bourdons.

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                Les pesticides néonicotinoïdes désormais interdits pour protéger les abeilles



Les cinq substances jusqu’alors autorisées en Europe (clothianidine, thiaméthoxame, imidaclopride, thiaclopride et acétamipride) sont désormais interdites. Des dérogations sont possibles au cas par cas jusqu’au 1er juillet 2020, uniquement pour les produits à base d’acétamipride, et dans de « faibles volumes », selon le ministère de la transition écologique. Inacceptable aux yeux d’ONG qui demandent l’interdiction de nouvelles substances.
Les tests de consommation des voitures neuves sont durcis
Des tests européens plus sévères d’homologation des automobiles neuves sont généralisés à l’ensemble de la gamme des constructeurs. Ils avaient été introduits l’an dernier dans l’Union européenne, mais seulement pour les nouveaux modèles.
Ces tests en laboratoire mesurent la consommation de carburant, mais aussi les émissions de CO2, de particules, d’oxydes d’azote (NOx) et autres produits nocifs. Ils reflètent désormais beaucoup mieux les consommations et rejets réels des véhicules.
Ces nouveaux tests ont probablement dopé l’immatriculation de voitures neuves en France, qui ont progressé de 39,97 % en août, selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). Certains constructeurs sont en effet soupçonnés d’avoir accordé de gros rabais en août sur des véhicules qui n’auraient pas pu être commercialisés à partir de septembre, ou bien de les faire immatriculer auprès de leurs propres concessionnaires afin de les écouler plus tard. Ces volumes anticipés devraient peser sur les immatriculations des mois suivants.
Les transports en commun sont gratuits à Dunkerque
Les 200 000 habitants des dix-sept villes de la communauté urbaine de Dunkerque bénéficieront des transports en commun gratuits tous les jours de l’année, après l’avoir expérimenté pour les week-ends. Une trentaine de communes françaises ont déjà fait ce choix (Niort, Compiègne, Gap, Porto-Vecchio…), mais la sous-préfecture du Nord devient la plus grande agglomération française à franchir le cap. L’offre est plus ouverte que celle de Tallinn, capitale de l’Estonie, qui réserve la gratuité à ses 420 000 habitants.

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                Dunkerque parie sur la gratuité des transports






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Bêtes noires des apiculteurs, les produits phytosanitaires contenant des néonicotinoïdes sont interdits d’utilisation en France à partir de samedi. Retour en infographie sur ces molécules tant contestées.
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Qu’est-ce que les néonicotinoïdes ?

Bêtes noires des apiculteurs, les produits phytosanitaires contenant des néonicotinoïdes sont interdits d’utilisation en France à partir de samedi. Retour en infographie sur ces molécules tant contestées.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 11h37
    |

                            Audrey Lagadec et 
Sylvie Gittus








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Disponibles depuis le milieu des années 1990, les néonicotinoïdes sont devenus les insecticides les plus utilisés dans le monde.
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Les pesticides néonicotinoïdes désormais interdits pour protéger les abeilles

Disponibles depuis le milieu des années 1990, les néonicotinoïdes sont devenus les insecticides les plus utilisés dans le monde.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 16h23
   





                        



C’en est fini des néonicotinoïdes dans les champs français. A partir du samedi 1er septembre, ces pesticides sont bannis en France, afin de protéger les colonies d’abeilles décimées par l’usage de ce produit chimique.
« Cette interdiction place notre pays en précurseur pour la protection des pollinisateurs, de l’environnement et de la santé », s’est réjouie la ministre de la santé Agnès Buzyn sur son compteTwitter.
Disponibles depuis le milieu des années 1990, les néonicotinoïdes, ensemble de sept insecticides neurotoxiques (acétamipride, clothianidine, imidaclopride, thiaclopride, thiaméthoxame, nitenpyrame et dinotéfurane), sont devenus les insecticides les plus utilisés dans le monde. Betteraves, blé, colza, arbres fruitiers, vigne… Ils sont utilisés pour débarrasser les cultures des chenilles, cochenilles, pucerons ou insectes mangeurs de bois.

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                Les experts européens confirment les risques des néonicotinoïdes pour les abeilles



Mais depuis l’arrivée de cet insecticide, les apiculteurs français constatent une hausse de la mortalité dans leurs ruches. Les néonicotinoïdes qui s’attaquent au système nerveux des insectes affectent les pollinisateurs : abeilles et bourdons désorientés, sperme des mâles altéré…
Face à cette situation, l’Union européenne (UE) a décidé en avril d’interdire pour les cultures de plein champ l’utilisation de trois substances (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride). La décision, qui permet toutefois les usages sous serres, entrera en vigueur complètement le 19 décembre.
Les agriculteurs dénoncent une impasse « dramatique »
Mais la France a décidé d’aller plus loin. La loi biodiversité de 2016 prévoit l’interdiction des néonicotinoïdes à partir de ce 1er septembre. Un récent décret d’application précise que les cinq substances jusqu’alors autorisées en Europe pour des usages phytosanitaires sont concernées (les trois visés par l’UE, plus le thiaclopride et l’acétamipride). Des dérogations sont possibles au cas par cas jusqu’au 1er juillet 2020. Mais elles ne seront délivrées que pour des produits à base d’acétamipride, et dans de « faibles volumes », assure le ministère de la transition écologique.

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                Les insecticides néonicotinoïdes, des molécules à l’utilité contestable



Des alternatives « efficaces et opérationnelles »
Des dérogations inacceptables pour les ONG, qui réclament l’interdiction d’autres pesticides. « Ne nous limitons pas à cette famille. Beaucoup d’autres devraient être interdits », plaide François Veillerette, de Générations futures. Dans son viseur, notamment, des produits parfois appelés « néonicotinoïdes de nouvelle génération » : la flupyradifurone, non autorisée en France, et le sulfoxaflor, substance active de deux produits, que l’association a fait suspendre la vente par la justice l’an dernier.
Mais pour plusieurs syndicats agricoles, dont la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), les paysans se trouvent aujourd’hui dans une impasse « dramatique », assurant ne pas avoir de solutions de remplacement. Un « très grand nombre de producteurs » se retrouvent « dans une impasse technique dramatique », ont-ils dénoncé.
« Il faut aux producteurs des solutions avant toute interdiction ! Encore une fois, ces décisions, non assorties de propositions de substitution, vont accentuer les distorsions de concurrence avec les producteurs européens et non européens. »
Les producteurs de betteraves et de maïs réclament ainsi une dérogation. Mais selon un rapport récent de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), il existe des alternatives « suffisamment efficaces, et opérationnelles », chimiques ou non chimiques, pour la grande majorité des 130 usages phytosanitaires des néonicotinoïdes.

Notre sélection d’articles sur les néonicotinoïdes
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur les pesticides néonicotinoïdes :
la synthèse pour tout comprendre aux pesticides néonicotinoïdesla dernière décision de l’Europe qui a interdit, fin avril, trois néonicotinoïdes jugés dangereux pour les abeillesla chronique du journaliste du Monde, Stéphane Foucart, selon qui « l’interdiction intervient alors que les dégâts sont immenses et en partie irréversibles »la tribune d’un collectif de chercheurs européens qui rappelle les dangers des néonicotinoïdes et souligne qu’il est tout à fait possible de s’en passerles explications du chimiste et toxicologue Jean-Marc Bonmatin sur une possible nouvelle génération de néonicotinoïdes (vidéo)comprendre pourquoi les pesticides sont bien l’une des causes du déclin des oiseaux





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Contaminations (1/7). Près d’un siècle après avoir commencé à produire des polychlorobiphényles (PCB) pour la firme Monsanto, cette ville de l’Alabama aux Etats-Unis reste contaminée et sa population rongée par un mal invisible.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Deux enquêtes ont été ouvertes pour comprendre l’origine de morts massives observées ces deux derniers mois sur les plages de Floride et du Nord-Est.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Hécatombe de dauphins et de phoques sur les côtes américaines

Deux enquêtes ont été ouvertes pour comprendre l’origine de morts massives observées ces deux derniers mois sur les plages de Floride et du Nord-Est.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 02h18
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 13h44
   





                        



   


Des dizaines de dauphins et des centaines de phoques se sont échoués ces deux derniers mois sur les plages de Floride et du nord-est des Etats-Unis, ont annoncé vendredi 31 août les autorités américaines.
Deux enquêtes ont été ouvertes pour comprendre l’origine de ces hécatombes distantes de plusieurs milliers de kilomètres, a annoncé l’administration océanique et atmosphérique nationale (NOAA).
Au total, 48 dauphins morts et un vivant ont été retrouvés sur les côtes du sud-ouest de la Floride entre le 1er juillet et le 30 août, selon la NOAA, ainsi que des centaines de tonnes de poissons morts. La cause est une « marée rouge », apparemment causée par la microalgue Karenia brevis, un organisme unicellulaire microscopique, surtout présent dans le golfe du Mexique, qui produit une neurotoxine. Habituellement, le nombre de dauphins échoués dans la région est de trois ou quatre par mois.

        Lire aussi :
         

                Une « marée rouge » décime la population aquatique de la côte ouest de la Floride



Les autopsies de dix dauphins ont confirmé la présence de Karenia brevis, ce qui montre que les morts « sont probablement liées à la marée rouge », a expliqué Teri Rowles, responsable d’un programme de la NOAA sur la santé des mammifères marins, lors d’une conférence téléphonique avec la presse.
Eviter toute contamination
Beaucoup plus au nord, sur les côtes du Maine, du New Hampshire et du nord du Massachusetts, une épizootie d’une maladie infectieuse frappe les phoques. Depuis juillet, 599 cas de phoques échoués, dont 462 morts, ont été dénombrés, auxquels s’ajoutent probablement des centaines de cas non confirmés, selon Teri Rowles.
Certains étaient contaminés par un virus de la grippe aviaire ou un autre virus similaire à la maladie de Carré canine, également appelée « peste des phoques », qui avait décimé les phoques de la mer du Nord en 2002, notamment. Les autorités ne veulent pas encore conclure sur les raisons de ces morts en si grand nombre. C’est l’une des raisons pour lesquelles elles ont engagé des investigations.
Il est conseillé aux touristes, avant un week-end de trois jours qui marque aux Etats-Unis la fin traditionnelle de l’été, de ne pas s’approcher des animaux morts sur les plages, afin d’éviter toute contamination d’eux-mêmes ou de leurs animaux de compagnie.
Bien que les souches de virus ne soient pas identifiées, « nous partons du principe que tout virus de la grippe a le potentiel de (passer des animaux aux hommes), jusqu’à preuve du contraire », a dit Michele Walsh, vétérinaire du département de l’agriculture de l’Etat du Maine.



                            


                        

                        


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Pourquoi le changement d’heure est si critiqué

Selon une consultation en ligne organisée par la Commission européenne, près de 80 % des Européens n’en veulent plus. Le point sur les défauts de ce dispositif.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h33
    |

            Alexandre Pouchard, 
Mathilde Damgé et 
                                Thibaut Faussabry








                        


Quand l’Europe veut remettre les pendules à l’heure… Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, va proposer la fin du changement d’heure obligatoire pour les pays de l’Union européenne. Jusque-là, les citoyens européens devaient ajuster leurs montres deux fois par an (en mars et en octobre). En France, comme dans d’autres pays de l’Union, cette pratique est impopulaire.
A la suite de l’adoption en février, par le Parlement européen, d’une résolution demandant de réaliser une évaluation en profondeur du changement d’heure, Bruxelles a lancé cet été une consultation en ligne qui a suscité pas moins de 4,6 millions de réponses. Selon les premiers résultats, 84 % des sondés se sont exprimés en faveur de l’abolition du changement d’heure. Pourquoi ce dispositif est-il si critiqué ? Le tour de la question en quatre points.
1. Un système non universel et peu compréhensible
C’est le premier reproche que font ses détracteurs au changement d’heure : il est peu compréhensible. Le changement d’heure n’a pas toujours existé : il date de 1923, en France, pays qui était à l’époque alignée sur le méridien de Greenwich (GMT).
Quand les troupes nazies ont envahi la France, en 1940, elles ont instauré « leur » heure – la France ayant une heure de décalage avec l’Allemagne, situé plus à l’est. Le retour au fuseau GMT ne se fait pas complètement à la Libération, laissant la France à GMT +1. Le changement d’heure bisannuel est, lui, rétabli en 1976 par Valéry Giscard d’Estaing pour des raisons d’économie après la première crise pétrolière.
Concrètement, supprimer l’heure d’hiver ou l’heure d’été (la Commission laisserait chaque Etat décider) reviendrait à choisir si l’heure française reste à l’heure d’hiver (GMT +1) ou à l’heure d’été (GMT +2).

   


Autre reproche : le changement d’heure n’est pas appliqué dans tous les pays. Au total, seuls soixante-dix pays dans le monde changent d’heure deux fois par an. En Europe, le changement d’heure est harmonisé pour l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne depuis 1998 afin de faciliter les communications et les transports.
2. Des gains énergétiques peu probants
L’argument principal en faveur du changement d’heure était jusqu’ici l’économie d’énergie qu’il permettrait de réaliser en profitant des périodes de jour plus longues l’été et en se rapprochant du rythme du soleil l’hiver. Mais plusieurs études sur le sujet montrent des économies en énergie et CO2 « modestes », selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).
Ainsi, une étude de l’Ademe publiée en 2010 montre que le passage à l’heure d’été entraînait :
une consommation d’électricité plus importante le matin, avec notamment un pic à 6 heures (équivalent à 5 heures en heure d’hiver) ;une consommation beaucoup moins importante le soir, notamment entre 20 heures et 21 heures (équivalent à la période entre 19 heures et 20 heures en hiver).

   


Autrement dit, les foyers paient, en moyenne, un peu plus en électricité le matin mais économisent finalement le soir. Pour avoir un ordre d’idée, une heure d’éclairage en moins permet d’économiser environ 10 centimes d’euros.
En 2009 (année prise en compte par l’étude), la demande moyenne en électricité à 19 heures a ainsi été diminuée de 3,5 gigawatts (GW). Au total, l’économie d’énergie cette année-là a été chiffrée à 440 gigawatts heure (GWh), principalement sur l’éclairage public (en rose dans le graphique ci-dessous), l’équivalent d’un an d’éclairage d’une ville de 800 000 habitants, comme Marseille.
Un gain non négligeable mais qui risque d’aller en diminuant : évolution des équipements avec l’introduction progressive de lampes basse consommation, éclairage public calé sur la nuit « solaire »… L’Ademe estime qu’il devrait passer à 340 GWh en tenant compte de l’augmentation des surfaces de bâtiments à l’horizon 2030.
Les économies d’énergie sur les usages thermiques, et notamment sur la climatisation, n’apparaissent pas significatives, selon l’étude de l’agence environnementale. Des gains additionnels pourraient être atteints mais à condition que des systèmes de régulation automatique soient installés… ce qui est loin d’être le cas partout actuellement.
D’après un rapport du bureau de l’évaluation technologique du Parlement allemand, publié en 2016, le changement d’heure entraîne des économies d’énergies « marginales ». Le rapport qui se base sur plusieurs études et simulations, affirme que le changement d’heure provoque une diminution de « moins de 0,8 % » de la consommation électrique des ménages allemands, ce qui correspond à une diminution de 0,2 % de la consommation nationale par rapport à la consommation électrique annuelle du pays.
3. Résultats contradictoires sur les accidents de la route
L’Association contre l’heure d’été double (Ached) milite contre le changement d’heure en évoquant, parmi d’autres raisons, « des augmentations des accidents de la circulation ». Elle base son argumentaire sur des chiffres datant de… 1976, après le rétablissement de l’heure d’été. Elle invoque pour cela des chiffres de… 1976 (après le rétablissement du changement d’heure), affirmant qu’il y a eu 661 morts sur les routes en plus, entre avril et octobre, qu’en 1975.
Dans un rapport publié en septembre 2014, la Commission européenne, qui a passé en revue plusieurs études sur le sujet, relève des « résultats souvent contradictoires », certains rapports « suggérant que le changement améliore la sécurité routière » grâce à une meilleure visibilité à certaines périodes de l’année et de la journée (comme l’indique une étude écossaise en 2010), d’autres « démontrant une augmentation potentielle des accidents de la route à cause des troubles du sommeil ».
4. Des conséquences sur la santé ?
En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment lors du passage à l’heure d’été.


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Les risques cardiaques augmentent après le changement d'heure
La probabilité d'avoir un infarctus est augmenté de 0,10 point le mardi suivant le passage à l'heure d'été, selon une étude publiée dans le New England Journal of Medecine.

Source : New England Journal of Medecine



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La dernière étude en date, publiée en septembre 2015, a été réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ».
Mais tout comme la dépression hivernale ne peut s’expliquer par un lien de causalité (plutôt ténu d’un point de vue scientifique) entre manque de lumière et baisse de moral, les perturbations induites par le changement d’heure ne s’expliquent à l’heure actuelle que par des hypothèses. La Commission conclut toutefois que « les éléments de preuve concernant les effets globaux sur la santé (c’est-à-dire la mise en balance des effets négatifs et positifs présumés) ne sont pas concluants ».
En 1997, un rapport du Sénat assurait que « le monde médical [restait] très partagé sur l’existence de troubles imputables à l’heure d’été ». Vrai ou fantasmé, le risque médical a en tout cas été intégré par les potentiels malades : « 19 % des médecins [faisaient] état d’une augmentation de la consommation de médicaments et singulièrement de tranquillisants, au moment du changement d’heure ». Dans un sondage OpinionWay pour Comprendre Choisir, publié en octobre 2015, 75 % des personnes interrogées affirmaient que le changement d’heure avait un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ « C’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre », a précisé le porte-parole du gouvernement.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Remaniement après la démission de Hulot : le gouvernement sera « au complet » mardi

« C’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre », a précisé le porte-parole du gouvernement.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h06
   





                        


Un remaniement est attendu à la suite de la démission inopinée du ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Le gouvernement sera « au complet » mardi, pour le conseil des ministres du lendemain, a annoncé vendredi 31 août le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
« Ce sera d’ici mardi et c’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre, a-t-il déclaré. Le conseil des ministres se tiendra donc mercredi au complet et sera suivi d’un séminaire gouvernemental. »
« Evidemment que le départ de Nicolas Hulot est un coup pour le gouvernement pour cette rentrée, a-t-il concédé. C’est quelque chose à quoi nous ne nous attendions pas, mais ce n’est pas le départ d’une personnalité, aussi éminente soit-elle, qui remet en cause les politiques que vous conduisez. »

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Hulot a pris tout le monde de court
Nicolas Hulot, l’un des membres les plus populaires du gouvernement, où il avait été nommé en mai 2017, avait pris tout le monde de court, y compris le président Emmanuel Macron et le premier ministre, Edouard Philippe, en annonçant mardi matin sa démission du gouvernement à l’antenne d’une radio.
Faute d’obtenir des avancées suffisantes en matière d’environnement, Nicolas Hulot a jeté l’éponge. « Je ne veux plus me mentir (...) Je sais que seul je n’y arriverai pas (...) J’ai un peu d’influence, je n’ai pas de pouvoir », a-t-il notamment déclaré mardi, dénonçant « la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir ».
« Le président de la République a rappelé la sensibilité qui est la sienne et son attachement, ainsi que ceux des membres du gouvernement, aux sujets importants que porte Nicolas Hulot depuis longtemps dans l’opinion publique », a assuré de son côté vendredi M. Griveaux.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Le photographe Samuel Bollendorff a photographié les zones les plus polluées de la planète pour une série de reportages à paraître dans « Le Monde ».
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Des altercations se sont produites en mer mardi entre pêcheurs normands et britanniques. Les marins français dénoncent une concurrence déloyale des Britanniques.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Sécheresse, guerres et barrages ont épuisé la région de Bassora, nourrissant la colère sociale.
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Une grave crise de l’eau frappe l’Irak

Sécheresse, guerres et barrages ont épuisé la région de Bassora, nourrissant la colère sociale.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 18h10
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

La maison de Muhassin Sabban Ali trône, isolée, au milieu d’une vaste étendue de terre craquelée, ponctuée de canaux à l’abandon. C’est ce qu’est devenue la campagne de Siba, dans la province de Bassora, dans le sud de l’Irak. Quelques palmiers dattiers au feuillage desséché et des troncs calcinés, héritage de la guerre Iran-Irak (1980-1988), se dessinent à l’horizon. « Jadis, tout autour de la maison, il y avait des palmiers à perte de vue. Quand la salinité de l’eau a commencé à augmenter, les problèmes sont arrivés. Le fleuve est mort, la végétation est morte », raconte l’homme de 87 ans, né dans cette région alors réputée pour sa production de dattes.
Revenu après la guerre exploiter ses douze dunams (trois hectares) à quelques centaines de mètres de l’Iran, Muhassin Sabban Ali a vu sa plantation dépérir peu à peu depuis 2009, avec l’augmentation de la salinité du Chatt el-Arab, le canal à la confluence du Tigre et de l’Euphrate. Il ne lui en reste qu’un dont il tire quelques tonnes de dattes par an. Les fruits, alimentés au goutte-à-goutte depuis les canalisations, sont petits. La teneur en sel record de l’eau cette année la rend impropre à la consommation. « Je n’ai que cette eau pour mes arbres et mes moutons. Je ne peux acheter qu’une demi-tonne d’eau potable tous les vingt jours », déplore le vieil homme chétif, qui vit de sa retraite et de l’aide de ses enfants, qui ont délaissé l’agriculture.
A Bassora comme dans tout le sud de l’Irak, les exploitations agricoles et les élevages de bétail mettent un à un la clé sous la porte. La région est l’une des plus touchées par la crise hydrique qui connaît un pic cet été en Irak, alimentant une vague de protestation sociale.

La baisse du débit du Tigre et de l’Euphrate a fait entrer les eaux salées du golfe Arabo-Persique dans le Chatt el-Arab. Dans certaines zones, la salinité de l’eau atteint plus de 40 000 milligrammes de sels dissous, bien au-delà...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Pour parer à la menace d’Ebola, de Marburg ou encore de Lassa, l’armée ouvrira, fin 2019, un laboratoire de recherche de haute sécurité à Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne.
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Les militaires préparent leur riposte contre les virus émergents

Pour parer à la menace d’Ebola, de Marburg ou encore de Lassa, l’armée ouvrira, fin 2019, un laboratoire de recherche de haute sécurité à Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h52
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

Pour abriter les virus les plus mortels de la planète, l’armée française a son écrin : deux élégants bâtiments ocre et gris, percés de meurtrières transparentes, dont le reflet colore les eaux d’un bassin. Cet îlot contemporain, inauguré en 2016, a été aménagé au cœur de la base militaire de Brétigny-sur-Orge, où l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) a regroupé la quasi-totalité de ses activités il y a quelques années. Ses murs abritent un laboratoire de haute sécurité (P-4 dans le jargon), où les militaires pourront dès la fin de l’année 2019 manipuler les pathogènes les plus dangereux : Ebola, Marburg, ou encore Lassa.

Depuis l’envoi, en 2001 aux Etats-Unis, de lettres piégées à l’anthrax, le risque biologique est dans la ligne de mire de l’armée, tout comme le risque nucléaire, radiologique et chimique (NRBC). L’épidémie d’Ebola, qui avait fait 11 300 morts en Afrique de l’Ouest (Guinée, Sierra Leone et Liberia) entre 2014 et 2016, et celle en cours en République démocratique du Congo (RDC), ont aussi rendu plus concrète la menace. « Nos troupes peuvent être exposées à des épidémies. Et Ebola fait partie, parmi d’autres, des virus qui auraient pu être militarisés ou qui pourraient l’être », souligne le pharmacien chef des services, Frédéric Dorandeu, chef de la division défense NRBC. Pendant la guerre froide, l’ex-URSS avait ainsi développé un programme pour transformer des virus en armes biologiques. « La recherche, c’est éviter la surprise stratégique », ajoute-t-il

Dans les couloirs du bâtiment encore désert, un alignement de mannequins en tenue de protection verte, blanche, jaune et orange pose le décor. L’accès au P-4 se fait par une lourde porte orange, scellée par un joint rempli d’air comprimé. A l’intérieur, l’atmosphère n’est troublée que par le ronronnement des souffleries qui maintiennent une pression négative dans le laboratoire, pour éviter toute...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Pêcheurs français et britanniques s’insultent et se jettent des pierres au large de la baie de Seine depuis des années. Explications.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/08/2018
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Aux origines de la guerre de la coquille Saint-Jacques

Pêcheurs français et britanniques s’insultent et se jettent des pierres au large de la baie de Seine depuis des années. Explications.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 06h19
    |

            Faustine Vincent








                        



   


Insultes, jets de pierre, collisions navales… le différend qui oppose depuis des années les Français et les Britanniques autour de la pêche des coquilles Saint-Jacques a pris un tour nouveau, mardi 28 août. Des altercations impliquant cinq bateaux anglais et trente-cinq français se sont produites au large de la baie de Seine (Normandie), dans les eaux communautaires, accessibles à tous les navires de l’Union européenne (UE).
Les Normands ont cherché à faire fuir les Britanniques d’un gisement de coquilles Saint-Jacques qu’ils tentent de préserver. Certains navires ont joué aux bateaux béliers en fonçant sur d’autres. Trois embarcations présenteraient des trous dans leur coque. Aucun blessé n’est à déplorer. Le maire du Tréport (Seine-Maritime), Laurent Jacques, a dit craindre, jeudi, que les incidents ne se reproduisent « très vite, car tout le monde est super remonté ».

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D’où viennent les tensions ?
Ce différend entre pêcheurs français et britanniques autour des coquilles Saint-Jacques est lié à la différence de réglementation entre les deux pays. En France, la coquille Saint-Jacques ne peut être pêchée que du 1er octobre au 15 mai. Mais les Britanniques et les Irlandais, eux, n’ont pas de dates imposées.
Pour encadrer leur activité et éviter les tensions, un accord, reconductible chaque année, a été conclu en 2013 entre Français et Britanniques pour que ces derniers respectent les mêmes dates de pêche. Mais il ne s’applique pas aux bateaux britanniques de moins de quinze mètres. « Du coup, on en avait régulièrement qui venaient pêcher dans ces eaux. Cela créait déjà des tensions », explique Frédéric Gueudar-Delahaye, directeur de la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture, rattachée au ministère de l’agriculture.
Les Français demandent depuis plusieurs années à ce que l’accord soit étendu à ces navires de moins de quinze mètres, sans succès. Pour marquer leur mécontentement, ils ont refusé, cette année, de signer l’accord. Les Britanniques sont donc venus pêcher plus tôt que les années précédentes, et avec de plus gros bateaux, qui ne sont pas autorisés d’habitude.

La réglementation dépend-elle de l’UE ?
Non. L’interdiction de la pêche en dehors de la période s’étendant du 1er octobre au 15 mai a été décidée à l’initiative des organisations professionnelles françaises de pêcheurs, afin de protéger les ressources et de laisser à la coquille le temps de grossir.
La Commission européenne réglemente toutefois la pêche d’autres espèces, notamment celles dont les stocks sont menacés. Les coquilles Saint-Jacques ne sont pas concernées parce qu’il s’agit d’une ressource côtière et sédentaire, pêchée principalement dans les eaux nationales – l’enjeu n’est donc pas communautaire. Son stock n’est, en outre, pas menacé.
La taille minimum des coquilles Saint-Jacques pêchées est, en revanche, encadrée par la législation européenne.
Les pêcheurs français ont-ils été sanctionnés ?
Non, aucune sanction n’a été prise à leur encontre, selon nos informations. M. Gueudar-Delahaye affirme toutefois qu’il « condamne » le comportement des pêcheurs français, qu’il juge « inadmissible » : « C’est une question de sécurité et d’ordre public. » Il travaille actuellement avec ses homologues britanniques pour « remettre tout le monde autour de la table afin de faire avancer les négociations, et éviter que ça se règle sur l’eau ». 
Côté britannique, Sheryll Murray, députée conservatrice de la région côtière des Cornouailles, a elle aussi dénoncé sur la BBC le comportement des pêcheurs français : « Ces pêcheurs [britanniques] étaient en train de travailler pour gagner honnêtement leur vie, et c’est absolument inacceptable que des pêcheurs issus d’autres pays membres [de l’UE] puissent lancer des projectiles tels que des pierres ou des pièces en métal, puissent allumer des fumigènes et mettre en danger leur vie. »
La Commission européenne est intervenue, mercredi, plaidant pour un règlement du litige « à l’amiable » entre les deux pays. Une solution que le ministère français de l’agriculture dit « soutenir ».

Réunion « la semaine prochaine » entre les pêcheurs anglais et français
Les pêcheurs français et britanniques de coquilles Saint-Jacques se réuniront « la semaine prochaine » pour tenter de trouver un accord, a annoncé vendredi 31 août le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert. L’objectif est de mettre un terme aux altercations qui se sont déroulées ces derniers jours, marquées par des jets de pierre, des insultes et des manœuvres dangereuses en haute mer.
« Ils se réuniront ensemble la semaine prochaine avec les industriels pour faire en sorte de trouver les bases d’un accord qui permette de revenir à une situation apaisée », a annoncé sur Europe 1 M. Travert, qui s’est entretenu jeudi soir avec son homologue britannique, George Eustice. « Nous avons tous les deux condamné ce qui s’est passé. (…) La semaine prochaine, nous souhaitons qu’il y ait un accord entre les pêcheurs français et les pêcheurs anglais », a-t-il poursuivi.
En attendant cette réunion et la conclusion d’un accord, il a demandé à son homologue « de faire en sorte que les pêcheurs ne viennent pas sous la ligne Barfleur-Antifer, c’est-à-dire la zone où se sont passés ces heurts ».


Le Brexit peut-il mettre un terme au blocage ?
Selon Dimitri Rogoff, président du comité des pêches de Normandie, en cas de « Brexit dur » les pêcheurs britanniques pourraient être exclus de ces eaux. « Normalement, après le 29 mars 2019, [les Britanniques] seront considérés comme un pays tiers et n’auront plus accès à ces zones-là », affirme-t-il.
Selon Frédéric Gueudar-Delahaye, il ne s’agit là que de « spéculations » : « On ne sait pas encore ce qu’il en sera pour la pêche, car les négociations n’ont pas encore commencé », rappelle-t-il.
En France, la pêche de la coquille Saint-Jacques mobilise environ 600 bateaux et emploie 2 400 marins, selon le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins. En 2017, la production était de 30 000 tonnes, pour un chiffre d’affaires de 87 millions d’euros.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ L’impact environnemental, social et sociétal du tourisme est au cœur des Entretiens de Vixouze, consacrés au tourisme du futur, dans le Cantal, les 6 et 7 septembre.
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L’urgence de concilier voyage et développement durable

L’impact environnemental, social et sociétal du tourisme est au cœur des Entretiens de Vixouze, consacrés au tourisme du futur, dans le Cantal, les 6 et 7 septembre.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 10h19
    |

            Annie Kahn








                        



   


Les messages incitant le voyageur à un comportement vertueux, écologiquement parlant, pullulent désormais dans les établissements touristiques. Dans les salles de bains d’hôtels, des affichettes alertent le voyageur. « Pour ne pas gaspiller l’eau, seules les serviettes déposées dans la douche seront remplacées », avertit l’hôtelier. Tel autre organisateur se vante de « mettre tout en œuvre pour réduire l’impact du client voyageur sur la planète ».
Mais que vaut cet affichage par rapport à l’impact global du tourisme sur l’environnement ? Pas grand-chose. L’opérateur continuera de proposer des vols multipliant par deux le nombre de kilomètres parcourus, et donc les émanations de dioxyde de carbone, pour arriver à destination, parce que, paradoxalement, c’est ainsi qu’il comprime souvent le prix du trajet, et donc du voyage.

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Si « 60 % des consommateurs se considèrent comme engagés dans leur mode de vie et de consommation (…), les offres proposées par les géants du tourisme en ligne ne traduisent que rarement leur quête de sens », estime Laurent Bougras, directeur de la centrale de réservation FairBooking dans Les Grandes Tendances du tourisme d’aujourd’hui et de demain, du Cahier-tendances publié par le Welcome City Lab, plate-forme d’innovation consacrée au tourisme urbain, la Direction générale des entreprises (DGE), Paris & Co et la Mairie de Paris. Les initiatives relevant du « tourisme équitable et responsable » n’ont pas fait tache d’huile. Pour l’instant du moins.
8 % des émissions de gaz à effet de serre
Or, les dégâts provoqués par le tourisme jouent non seulement contre la planète, mais aussi contre ce secteur économique même. Il est donc vital de réconcilier les deux. Raison pour laquelle les Entretiens internationaux du tourisme du futur, qui auront lieu du 5 au 7 septembre, au château de Vixouze (Cantal), et dont Le Monde est partenaire, vont porter prioritairement sur les stratégies à définir et les moyens à mobiliser pour un tourisme plus écologique à horizon 2030-2050.
Il y a urgence. L’empreinte carbone du tourisme a augmenté de 15 % entre 2009 et 2013, pour atteindre 4,5 milliards de tonnes de CO2 émises, soit 8 % des émissions globales de gaz à effet de serre, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Sydney (Australie), publiée le 23 mai dans la revue Nature Climate Change. Et les populations des pays les plus visités commencent à se rebeller contre l’afflux de touristes perturbateurs.

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                Le tourisme fait s’envoler le réchauffement planétaire



Parallèlement, ce secteur pèse 10 % du PIB mondial et de l’emploi, avec 292 millions de collaborateurs en 2017, selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme. Il est donc essentiel à l’économie, et tant les responsables politiques que les entrepreneurs du secteur souhaitent le promouvoir encore davantage. Les voyages internationaux ont dégagé un chiffre d’affaires global de 1 137 milliards d’euros en 2017, selon l’Organisation mondiale du tourisme. Et la France reste le pays le plus visité au monde, avec une arrivée de 87 millions de touristes étrangers dans l’Hexagone en 2017, selon la DGE. A ce chiffre, il faudrait ajouter les 120 millions d’« excursionnistes », c’est-à-dire de personnes qui passent une journée dans le pays, souligne Christian Mantei, directeur général d’Atout France.
« Tourismophobie »
Mais, les nuisances engendrées se retournent contre l’activité elle-même. A terme, le réchauffement climatique ne pourrait-il pas porter un coup fatal aux stations de montagne, tant l’hiver, quand les canons à neige sont un pis-aller fort peu écologique, que l’été, quand le réchauffement provoque chute de séracs et de pierres ? Que deviendront les pays réputés pour leur ensoleillement quand les températures atteindront des niveaux difficiles à supporter ?
Aux atteintes dues au dérèglement climatique s’ajoutent les détériorations de sites et monuments, les déséquilibres sociaux et sociétaux. Les habitants des régions visitées supportent de plus en plus mal ces afflux de touristes pollueurs, bruyants, qui font monter les prix des loyers au point que les résidents à l’année n’arrivent plus à se loger dans la région qui les emploie.
Ce phénomène a désormais un nom : la « tourismophobie ». Un mal qui sévit sur tous les continents : à Venise, à Barcelone, en Grèce, mais aussi sur le site du Machu Picchu (Pérou) ou dans les îles thaïlandaises, rappelle le cabinet de conseil McKinsey dans une étude consacrée à la gestion de la surpopulation dans les destinations touristiques. La tourismophobie a pour l’instant épargné la France, observe M. Mantei. Mais, « d’ici à cinq ans, nous devrons la gérer », ajoute-t-il.
Certains acteurs du secteur ont compris qu’il est nécessaire, voire opportun, d’intégrer les impératifs de développement durable dans leur stratégie. Des hôteliers utilisent les caractéristiques pro-environnementales de leur établissement comme argument de vente.

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Au Mob Hôtel de Saint-Ouen, en banlieue parisienne, le toit est ainsi devenu un jardin potager entretenu par des habitants du quartier. D’autres n’hésitent plus à mettre des dortoirs dans leur offre d’hébergement, ce qui a pour avantage de réduire l’empreinte au sol par lit proposé, tout en mettant sur le marché une offre à bas prix, longtemps l’apanage des auberges de jeunesse. Quelques restaurateurs surfent sur la vague bio, voire locavore. Mais ils restent très minoritaires.
Il ne reste plus qu’à espérer du retour de bâton citoyen une incitation à un développement durable du tourisme dont les acteurs œuvrent à faire mieux connaître la planète Terre de ses habitants, où qu’ils soient.
Ce dossier a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Les Entretiens internationaux du tourisme du futur



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Dans le milieu de la restauration, l’approvisionnement bio, local, recyclable est un nouvel argument de vente. Mais il est coûteux, et les chefs n’imaginent pas sa généralisation sans subventions.
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Les restaurants peinent à prendre la vague écolo

Dans le milieu de la restauration, l’approvisionnement bio, local, recyclable est un nouvel argument de vente. Mais il est coûteux, et les chefs n’imaginent pas sa généralisation sans subventions.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h00
    |

                            Camille Labro








                        


Voilà bientôt dix ans que la gastronomie voit venir la vague verte. Sur les étals des supermarchés et magasins spécialisés, les ventes de produits biologiques ont augmenté de 40 % en 2016. Et le vegan fait florès avec une hausse fulgurante du chiffre d’affaires de 82 %. Les restaurants n’échappent au mouvement, même si le démarrage semble plus lent avec un accroissement de 7 % de l’offre.
Portée par une sémantique enveloppante et des mots génériques comme « green », « bio », « durable » ou « free from » (produits sans gluten, lactose, sucre, etc.), la restauration va devoir intégrer le respect de l’environnement, la santé et le bien-être animal dans sa stratégie. « Les “millennials” représenteront 50 % de la population dans trente ans. Ces nouveaux consommateurs sont hyperconnectés, changent d’avis souvent, veulent du local et des produits sourcés, des propositions culinaires prenant en compte allergies, intolérances, végétarisme : la gastronomie de demain sera “green” ou ne sera pas », affirme Marie-Odile Fondeur, directrice générale du Sirha, le Salon international de la restauration, de l’hôtellerie et de l’alimentation, dont la version « écolo », le Sirha Green, s’est tenue pour la première fois en juin à Lyon.
Le géographe et chercheur spécialiste de l’alimentation Gilles Fumey, coauteur de l’Atlas de l’alimentation (CNRS éditions, 240 pages, 24 euros), corrobore : « Les jeunes générations sont de plus en plus sensibles aux problématiques de gaspillage, pesticides, additifs, transparence et traçabilité. Les professionnels de la restauration sentent qu’ils doivent changer et faire évoluer les process, les produits et les mentalités de leurs équipes. »
Un engagement qui coûte cher
Les enseignes « healthy », bio et « végé » calquées sur celles que l’on voit fleurir en Californie commencent à faire leur apparition dans l’Hexagone. Mais, dans un pays à la tradition gastronomique très carnée et souvent gaspilleuse, la conscience écologique a du mal à s’installer dans les cuisines. A Paris, l’élégant bistrot Septime, ouvert en 2011, est un rare exemple de restaurant écoresponsable, autant sur le plan de l’approvisionnement (denrées de proximité, provenant d’une agriculture naturelle), que sur la réduction des déchets, le recyclage, le compostage, le traitement du personnel, la parité, l’économie sociale, solidaire et circulaire. Des efforts récompensés en 2017 par un « Sustainable Award », ou prix du développement durable, au « 50 Best », le classement anglais des 50 meilleurs restaurants du monde.
« C’est un engagement qui nous tient à cœur, mais qui coûte cher, confie Théo Pourriat, copropriétaire de Septime. Nous payons près de 10 000 euros supplémentaires par an à un opérateur privé pour le prélèvement et la valorisation de nos bio-déchets, tout en continuant à casquer pour la collecte des ordures. Les pouvoirs publics exhortent les restaurants à se responsabiliser, mais ne proposent rien pour les y inciter. » Or si Septime, qui ne désemplit pas, peut se permettre ces dépenses, ce n’est pas forcément le cas d’un comptoir à kebabs ou d’une brasserie de province. Résultat, même si quantité de chefs ne jurent que par le bon produit, ils sont encore très peu à s’engager sur toute la ligne. « Le sujet doit être étalonné et modélisé sur différentes échelles, de la maison étoilée au stand de rue, estime Théo Pourriat, afin de devenir une composante du restaurant de demain. Le coût ne peut pas retomber sur le client : tant que c’est plus cher d’être vertueux, il faut qu’il y ait des aides et des subventions externes. »
« Eduquer la clientèle »
Pour Olivier Reneau, le rédacteur en chef du magazine Cuisines (R) évolution, il faut éviter de tomber dans l’écueil du green-washing, l’affichage écolo sans actions, à seul but marketing. « Relais & Châteaux ou le Collège culinaire de France ont commencé à établir des chartes, mais ces prescripteurs de la gastronomie doivent aller plus loin, éduquer la clientèle, montrer la voie, s’engager sur tous les fronts, la pêche durable, le bio, le local… Retirer les nappes pour réduire les lessives, trier leurs déchets et proposer des doggy bags à leurs clients. Ce devrait être ça, les nouveaux codes de la gastronomie chic. »
Locavorisme, naturalité et authenticité seront aussi de la partie, comme l’atteste le succès de l’entrepreneur hôtelier Frédéric Biousse, du Domaine de Fontenille, dans le Luberon. « L’avenir du secteur de l’hospitalité, assure ce dernier, c’est un très bon service, un lieu sincère et personnalisé, mais aussi une cuisine ancrée dans le terroir. Le vrai luxe de demain, c’est le plaisir de manger une tomate cultivée à 30 mètres et de boire du vin issu des vignes que l’on voit depuis sa fenêtre. » Un hédonisme responsable et à portée de main, en quelque sorte.
Ce dossier a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Les Entretiens internationaux du tourisme du futur



                            


                        

                        


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Les chasseurs, « premiers écologistes de France » ? Histoire d’une communication politique

Pour changer leur image, les chasseurs ont adopté une nouvelle stratégie : utiliser le vocabulaire des ONG qu’ils critiquaient jusqu’ici.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 14h30
    |

                            Simon Auffret








                        



   


Depuis le 27 août, une question s’affiche en grand sur fond vert dans les couloirs du métro parisien, mais également à Lille, à Marseille, à Toulouse et à Lyon : « Les chasseurs, premiers écologistes de France ? » Sous le slogan de cette vaste campagne d’affichage de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), un début de réponse : « Ils participent bénévolement à la sauvegarde de la biodiversité de nos campagnes. »

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Outre ces affiches, une bande-son est diffusée sur 850 radios locales, ainsi qu’une vidéo sur les réseaux sociaux. Dans ce petit film musical, les verbes « découvrir », « étudier », « protéger », « aimer » défilent à l’écran, sur fond de couchers de soleil, d’opérations de comptage d’oiseaux et d’animaux sauvages gambadant à travers de grands espaces : aucune image de fusils, pas le moindre cadavre de gibier. Le verbe « chasser » a lui-même été occulté.
Cette campagne, « sans précédent dans l’histoire » de la FNC, à en croire son président, Willy Schraen, vise à corriger l’image de la chasse, écornée par des critiques récurrentes visant la chasse à courre et les rappels au respect du bien-être animal. Ce dernier peut déjà se féliciter d’avoir obtenu de l’Elysée une division par deux du prix du permis de chasse, le 27 août, un épisode évoqué par Nicolas Hulot lors de l’annonce de sa démission sur France Inter, et qui a remis le lobby des chasseurs au cœur du débat.
Depuis quelques années, les chasseurs ont adopté une nouvelle stratégie de communication : ils utilisent désormais le vocabulaire des organisations environnementales, qu’ils n’ont pourtant eu de cesse de combattre depuis les années 1980. « Nous avons laissé le champ libre à nos détracteurs, qui utilisent les réseaux sociaux et le monde médiatique pour diffuser des contre-vérités et une image erronée de la chasse française », explique Willy Schraen en introduction du plan de communication, avant de claironner : « Nous sommes les premiers écologistes de France ! »

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Une réponse à l’échec du combat politique
Ce changement de discours s’est progressivement installé à la fin des années 2000. Investir l’écologie est alors apparu comme un nouveau moyen pour les 1,1 million de chasseurs français de porter leurs revendications. Cette approche constituait une réponse à l’échec des mobilisations massives : en 1998, 150 000 chasseurs avaient défilé à Paris contre les directives européennes encadrant la chasse des oiseaux migrateurs et instaurant les zones protégées Natura 2000, en vain.
« La création de Chasse, pêche, nature et tradition est clairement une réaction à l’entrée des Verts en politique » Paul Havet
Cette nouvelle stratégie vise également à compenser l’essoufflement des mouvements politiques affiliés aux chasseurs : à la fin des années 1990, l’opposition avec les partis écologistes se jouait encore sur le terrain politique. En 1989, « la création de Chasse, pêche, nature et tradition [CPNT] est clairement une réaction à l’entrée des Verts en politique », notait en 2003 Paul Havet, ancien directeur de l’Office nationale de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), dans une conférence intitulée « Comment réconcilier chasseurs et écologistes ? ». Mais depuis ses 4,23 % de voix obtenus lors de l’élection présidentielle de 2002, CPNT est en net déclin.
De l’eau a, depuis, coulé sous les ponts. Le combat s’est déplacé de l’arène politique aux sphères de la communication. Il s’agit aujourd’hui de gagner les cœurs. « On retrouve aujourd’hui des chasseurs qui contestaient, il y a vingt ans, la création des zones protégées Natura 2000, participant désormais à l’animation de ces mêmes territoires », explique au Monde le sociologue Ludovic Ginelli, membre de l’unité de recherche environnement, territoires et infrastructures de l’université de Bordeaux.
« Mais dans toutes ces nouvelles revendications, les chasseurs lambda ont gardé une ambiguïté sur leurs motivations, ajoute le sociologue. Ce positionnement se fait-il pour protéger la biodiversité ou pour développer l’activité cynégétique ? »
Légitimer une action sur l’environnement
Un scepticisme qui fait sourire Guy Guédon, président de la Fédération des chasseurs des Deux-Sèvres et administrateur de la fédération nationale, chargé de l’éducation à l’environnement : « Si notre engagement est aussi fort pour l’aménagement du territoire, c’est qu’il ne se limite pas à la chasse. Croyez-moi, on n’y passerait pas autant de temps. » 
Au sein de sa fédération, les chasseurs consacrent chaque année soixante-dix-huit heures à des activités de « protection et de gestion de la biodiversité » : entretien des haies et des bords de chemin, remise en état de zones humides, etc. Au niveau national, la FNC revendique même un temps bénévole passé à « s’occuper de la nature » de « trente mille équivalents temps plein ».
« Nous avons tout tenté… Il ne nous reste plus que les études scientifiques » Yves Butel
Afin de rendre audible leur message auprès de l’opinion et des responsables politiques, les chasseurs s’appuient désormais sur des études. « Nous avons tout tenté, expliquait le président de la Fédération départementale des chasseurs de la Somme, Yves Butel, en 2005. Les manifestations, la politique, le droit : il ne nous reste plus que les études scientifiques. »
La fédération nationale cite ainsi, à l’appui de ses campagnes de communication, trois instituts désignés comme « [ses] organismes scientifiques » : l’Institut scientifique nord-est Atlantique (Isnea), l’Institut méditerranéen du patrimoine cynégétique et faunistique (IMPCF) et le Groupe d’investigation de la faune sauvage (GIFS). Principalement spécialisés dans l’observation et le comptage des oiseaux migrateurs, ces organismes sont amenés à produire les « faits quantifiables et vérifiables », voulus par Willy Schraen pour étayer l’argumentaire des chasseurs.

        Lire aussi le reportage, en 2011 :
         

          Le chasseur, meilleur ami des bêtes...



Une estimation difficile
La difficulté qu’il y a à définir précisément ce qu’est l’écologie et à évaluer rigoureusement les atteintes de la chasse à la biodiversité profite largement au discours des chasseurs. Ces derniers ne font d’ailleurs jamais mention, dans leur campagne, des animaux abattus chaque année, préférant le terme de « prélèvement ».
« Où sont les chiffres précis sur les prélèvements ? » Pierre Maigre
« Il faut arrêter de prendre les résultats des études uniquement quand ils leur conviennent », soupire Pierre Maigre, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de l’Hérault : « Nous avons des éléments de mesure des populations par espèces, notamment fournis par les chasseurs. Mais où sont les chiffres précis sur les prélèvements ? »
L’ONCFS possède bien des tableaux de chasse annuels pour le gros gibier (sanglier, cerf, etc.) mais la mesure est plus difficile pour les autres animaux. Lors d’une enquête nationale sur la saison 2013-2014, seules soixante espèces sur quatre-vingt-dix chassables ont pu faire l’objet d’une estimation de « prélèvements ». Avec des écarts parfois importants : pour le faisan vénéré, l’estimation se situe par exemple dans une fourchette entre 78 029 et 143 477 animaux abattus. Du simple au double.
Cette évaluation est d’autant plus difficile à chiffrer qu’un type de chasse tend à échapper aux statistiques officielles : celle organisée dans les parcs de chasse, qui désignent les domaines dans lesquels sont organisées des battues privées. « On assiste à des locations, voire à de la sous-location de terrain, pour la chasse, pendant lesquelles les prélèvements sont souvent beaucoup plus nombreux », souligne Pierre Maigre.



                            


                        

                        

