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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Une troisième journée de manifestations de l’extrême droite est attendue cette après-midi dans cette ville de Saxe, où la tension est très forte, d’autant qu’une contre-manifestation est également prévue.
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L’extrême droite s’apprête à défiler à nouveau dans les rues de Chemnitz

Une troisième journée de manifestations de l’extrême droite est attendue cette après-midi dans cette ville de Saxe, où la tension est très forte, d’autant qu’une contre-manifestation est également prévue.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 16h10
   





                        



   


Deux manifestations d’extrême droite hostiles à la politique migratoire d’Angela Merkel sont attendues dans les rues de Chemnitz, en Saxe, samedi 1er septembre, après les rassemblements agités de lundi et de jeudi, qui avaient réuni plusieurs milliers de sympathisants xénophobes dans la même ville.
Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et le groupe Pegida coorganisent une marche silencieuse, tandis que le collectif Pro Chemnitz organise un second rassemblement. Un troisième, contre l’extrême droite, devrait se tenir sous la bannière « le cœur plutôt que la provocation ».
C’est la troisième fois en une semaine que l’extrême droite défile dans les rues de cette ville de 245 000 habitants située à 80 km à l’ouest de Dresde, dans l’est de l’Allemagne, où le mouvement Pegida avait manifesté massivement en 2015 contre l’accueil de réfugiés. Lundi, un premier rassemblement avait réuni près de 2 000 personnes et provoqué des échauffourées entre sympathisants d’extrême droite, de gauche radicale et forces de l’ordre ayant fait vingt blessés. Dimanche, plusieurs centaines de ces sympathisants d’extrême droite ont lancé dans les rues de la ville une « chasse collective » aux étrangers réfugiés. Une action qui a été vivement condamnée par la classe politique et par la chancelière, Angela Merkel, dénonçant des événements qui « n’ont pas leur place dans notre Etat de droit », et qui faisait suite au meurtre d’un Allemand d’origine cubaine de 35 ans, pour lequel deux jeunes suspects — un Irakien et un Syrien — ont été arrêtés par la police.

L’endroit où Daniel H., Allemand d’origine cubaine de 35 ans, a été tué il y a une semaine, au centre de #Chemnitz.… https://t.co/r1qpfXUDRb— ThomasWieder (@Thomas Wieder)


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                A Chemnitz, soupçon de collusion entre autorités locales et extrême droite



Un important dispositif de sécurité a été prévu pour éviter les débordements. A tel point qu’un match de deuxième division allemande prévu samedi à Dresde a été reporté par manque d’effectifs policiers, qui seront occupés à sécuriser les manifestations à Chemnitz. La rencontre entre le Dynamo Dresde et Hambourg, qui devait se jouer à guichets fermés, soit 30 000 places, devra être jouée à une date ultérieure, qui n’a pas encore été décidée. « Il s’agit d’un ordre du ministère de l’intérieur selon lequel, en raison des manifestations à Chemnitz samedi, les forces de police prévues pour le match à Dresde ne peuvent pas être disponibles sur place », a expliqué la ligue de football allemande vendredi.

Pour l’instant, le centre de #Chemnitz est encore très calme. Beaucoup de policiers mobilisés : gros enjeu pour les… https://t.co/E6In6AeRA0— ThomasWieder (@Thomas Wieder)


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L’extrême droite fait depuis des mois campagne sur le thème des crimes commis par des étrangers en Allemagne, accusant la chancelière Angela Merkel d’en être responsable pour avoir ouvert les portes de son pays à plus de un million de demandeurs d’asile en 2015 et en 2016, provenant principalement de Syrie et d’Irak. Elle accuse le gouvernement de relativiser ce phénomène et se saisit de tous les faits divers impliquant des demandeurs d’asile pour marteler son message.

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                Allemagne : les menaces de l’extrême droite



Thomas Wieder, correspondant du Monde en Allemagne, est à Chemnitz pour suivre les trois manifestations du jour :

Tweets de Thomas Wieder 




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le sénateur républicain, farouche opposant à l’actuel président américain, ne souhaitait pas qu’il assiste à la cérémonie organisée à Washington.
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Funérailles nationales pour John McCain, en présence d’Obama et de Bush, mais sans Trump

Le sénateur républicain, farouche opposant à l’actuel président américain, ne souhaitait pas qu’il assiste à la cérémonie organisée à Washington.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 14h22
   





                        



Les Etats-Unis organiseront samedi 1er septembre à la cathédrale de Washington des funérailles nationales pour le sénateur John McCain. Elles constitueront le point d’orgue d’une semaine d’hommages au « héros américain », que le président Donald Trump a ostensiblement ignorés.
L’ex-président démocrate Barack Obama et son prédécesseur républicain George W. Bush se succéderont pour prononcer l’oraison funèbre de l’ancien sénateur républicain et ancien prisonnier de guerre au Vietnam, connu pour son anticonformisme et pour sa capacité à transgresser les lignes politiques.

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                Mort de John McCain, sénateur républicain devenu opposant à Donald Trump



Ni Trump ni Palin
La semaine d’hommages à John McCain suit un ordonnancement qu’il avait lui-même décidé. Mort le samedi 25 août à 81 ans dans son Etat de l’Arizona, après une année de combat contre un cancer du cerveau, il avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas que Donald Trump assistât à ses obsèques. Pas plus que Sarah Palin, sa colistière de l’élection présidentielle perdue de 2008, dont il écrit dans le dernier tome de ses Mémoire regretter le choix.
Aux yeux de ses amis, républicains comme démocrates, John McCain incarnait une tradition politique radicalement opposée à celle de Donald Trump. « Héros américain », fils et petit-fils d’amiraux, il fut prisonnier et torturé pendant la guerre du Vietnam, avant d’entamer une carrière de trente-cinq ans au Congrès.
Farouchement antirusse
« Nous partagions, malgré nos différences, une fidélité à quelque chose de plus élevé, les idéaux pour lesquels des générations entières d’Américains et d’immigrés se sont battues et se sont sacrifiées », a dit de lui Barack Obama, dont le discours devrait être le temps fort des cérémonies.
John McCain fut l’adversaire de Barack Obama en 2008. Il sauva néanmoins sa réforme du système de santé, l’Obamacare, une dizaine d’années plus tard au Sénat, en votant contre un projet de réforme voulu par Donald Trump. Mais c’est plus récemment qu’il avait décoché ses flèches les plus acérées contre l’actuel président, qualifiant à la mi-juillet sa rencontre controversée avec Vladimir Poutine à Helsinki d’« un des pires moments de l’histoire de la présidence américaine ».

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Donald Trump sera absent samedi à la cathédrale de Washington. Il y déléguera son plus proche collaborateur, le général John Kelly, ainsi que son ministre de la défense, Jim Mattis, et son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton.
L’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger, 94 ans, ainsi que des amis parlementaires de John McCain doivent également s’exprimer lors de cette cérémonie, qui débutera à 10 heures (16 heures à Paris) à la cathédrale de Washington, qui est à la fois le siège du diocèse épiscopalien et l’un des plus grands édifices religieux du pays.
Parmi les porteurs du cercueil de John McCain, grand critique du régime de Vladimir Poutine, figurera aussi l’historien et dissident russe Vladimir Kara-Murza.
L’hommage de 10 000 personnes
Vendredi, déjà, Donald Trump s’était fait représenter par le vice-président, Mike Pence, pour une cérémonie d’hommages au Capitole, cérémonie également marquée par la présence, digne et stoïque, de la mère du sénateur, Roberta McCain, 106 ans, au côté de la veuve du sénateur, Cindy McCain, et de leurs sept enfants. Selon le Capitole, plus de 10 000 personnes sont venues s’incliner devant sa dépouille.
L’ancien sénateur et ancien pilote de chasse sera inhumé dimanche lors d’une cérémonie privée à l’Académie navale d’Annapolis, non loin de Washington, dont il fut dans les années 1950 un élève turbulent et indiscipliné, se signalant déjà par son anticonformisme et son franc-parler.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Alors que le compte à rebours s’accélère, les risques de dérapage sont nombreux. Mais le scénario le plus probable reste celui d’un divorce à l’amiable.
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Brexit : plus que quatre mois pour trouver un accord

Alors que le compte à rebours s’accélère, les risques de dérapage sont nombreux. Mais le scénario le plus probable reste celui d’un divorce à l’amiable.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 10h33
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

On entre dans la dernière ligne droite du Brexit. Alors que Michel Barnier et Dominic Raab, les deux négociateurs du Brexit, se sont rencontrés une nouvelle fois à Bruxelles vendredi 31 août, il ne reste que quelques mois pour trouver un accord.
Quelle que soit l’issue des négociations, le Royaume-Uni sortira de l’Union européenne le 29 mars à minuit, une fois les deux années légales écoulées depuis la notification de son retrait par Londres. Dans cet objectif, le sommet européen du 18 octobre est officiellement la date butoir. Celle-ci a été déterminée par M. Barnier, afin de laisser le temps aux Parlements britannique et européen de ratifier le texte. En vérité, les deux chambres ont besoin d’environ trois mois pour faire leur travail. Un dérapage du calendrier jusqu’au sommet européen de la mi-décembre ne serait pas une catastrophe. Ensuite, l’urgence deviendrait réelle.

Déjà, les négociateurs préparent les esprits. M. Barnier a parlé de « début novembre, mais certainement pas beaucoup plus tard ». « Il est possible que ça dépasse [le sommet d’octobre] », ajoute M. Raab.
Quelles chances ont-ils de trouver un accord ? Il n’est pas inutile de rappeler que chacun des deux camps continue d’afficher un certain optimisme. M. Barnier se dit « confiant », M. Raab estime que l’accord est « en vue ». Lundi, Emmanuel Macron disait « souhaiter un accord d’ici à la fin de l’année ».
La discussion bute sur la question irlandaise
Simple affichage ? La majorité des observateurs parient aussi sur un accord. « Nous pensons que le Royaume-Uni évitera le non-accord », estime l’agence de notation Fitch. « Notre scénario de base est que le gouvernement trouvera un compromis politique peu clair [« political fudge »] afin de sortir de l’impasse actuelle », abondent les analystes de la banque Nomura. « Un accord demeure le scénario le plus probable », ajoute...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Une note interne du Quai d’Orsay déconseille les voyages non officiels en Iran, provoquant tensions et incompréhension.
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Téhéran s’agace des recommandations de prudence de Paris aux diplomates français

Une note interne du Quai d’Orsay déconseille les voyages non officiels en Iran, provoquant tensions et incompréhension.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h06
    |

            Louis Imbert et 
Marc Semo








                        



                                


                            

La fuite d’un tel document est jugée préoccupante au sein du ministère des affaires étrangères français, au moment où Emmanuel Macron clame haut et fort sa volonté de sauver l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, malgré le retrait de Washington, en mai. Face aux sanctions américaines qui s’aggraveront en novembre, Paris s’efforce, sans grand succès, de donner les moyens aux investisseurs français de demeurer en Iran.
Mais une note interne signée par le secrétaire général du Quai d’Orsay, Maurice Gourdault-Montagne, citée par l’agence Reuters, recommande aux diplomates et aux fonctionnaires français de reporter leurs éventuels voyages dans le pays.
L’Iran a déploré, mercredi 29 août, de telles recommandations. Dans cette note de service datée du 20 août, Paris les justifie en citant des risques sécuritaires : « Les autorités iraniennes laissent supposer par leur comportement un durcissement de leur position à l’égard de notre pays ainsi que de certains partenaires », explique le document. Ce conseil ne concerne pas les diplomates en poste en Iran, mais plutôt des déplacements hors d’un cadre officiel.
Pour le ministère iranien des affaires étrangères, cette « restriction n’est pas correcte »
« La restriction imposée aux voyages des diplomates français n’est pas correcte », a répondu, mercredi, le ministère iranien des affaires étrangères, alors que l’ambassade iranienne faisait part de son incompréhension. Le Quai d’Orsay s’est refusé à tout commentaire. De telles notes internes sont diffusées à près de 300 personnes : directeurs, ambassadeurs, chefs de poste, etc. Ce ne sont pas des analyses politiques et elles ne préjugent en rien d’un changement ou d’une schizophrénie de la politique française face à l’Iran. « Elles sont pour les fonctionnaires l’équivalent des conseils aux voyageurs sur le site Internet du Quai d’Orsay », ironise un diplomate.

Téhéran a peu apprécié un argument secondaire,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Depuis que le Royaume-Uni a rejoint l’Union européenne, en 1973, les chevaux de course franchissaient les frontières sans vérifications. Sa prochaine sortie de l’UE entraînera des restrictions de mouvements.
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Le Brexit, un obstacle pour les courses hippiques

Depuis que le Royaume-Uni a rejoint l’Union européenne, en 1973, les chevaux de course franchissaient les frontières sans vérifications. Sa prochaine sortie de l’UE entraînera des restrictions de mouvements.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 10h03
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 10h32
    |

            Eric Albert (Hippodrome de Sandown (Royaume-Uni), correspondance)








                        



                                


                            

Chemisette sur son ventre rebondi, cou de taureau et cheveux gris coupés court, Mike prend l’air de celui à qui on ne la fait pas. « On a très bien vécu avant d’entrer dans l’Union européenne et on vivra très bien après en être sorti. Franchement, faire croire que le Brexit pourrait avoir un impact sur les courses de chevaux, c’est agiter le “projet de la peur”. » A 58 ans, l’homme est venu ce vendredi 31 août pour regarder les courses hippiques de l’hippodrome de Sandown, au sud de Londres, et il n’a pas l’intention de gâcher une après-midi ensoleillée à regretter son vote en faveur du Brexit.

Pourtant, le secteur offre une passionnante plongée dans les retombées imprévues de la sortie de l’Union européenne (UE). A tous les niveaux – transport des chevaux, élevage des pur-sang, recrutement de la main-d’œuvre et organisation des bookmakers ? le Brexit apporte de profonds changements. Un chamboulement inévitable puisqu’il faut détricoter quarante-quatre ans de réglementations faites dans le cadre européen, depuis que le Royaume-Uni est devenu membre en 1973.
« Le Brexit nous a singulièrement compliqué la vie, alors qu’on a un système qui marche actuellement du tonnerre », maugrée Paul-Marie Gadot, directeur opérationnel des courses à France Galop, l’organisme qui gère la filière des courses en France. Le cœur du problème concerne le déplacement des chevaux entre la France, le Royaume-Uni et l’Irlande, les trois pays où le secteur hippique est le plus développé.
25 000 mouvements de chevaux par an
Actuellement, un accord tripartite reconnaît que les règles sanitaires entre les pays sont équivalentes et que le mouvement des pur-sang peut s’opérer sans vérification aux frontières. Pour assurer la traçabilité, il faut juste enregistrer sur Internet le départ du cheval et son arrivée. Chaque année, 25 000 mouvements de chevaux sont réalisés entre les trois pays. Le premier accord tripartite a été signé avant l’accession...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le projet européen de « plate-forme régionale » de débarquement de migrants se heurte à la résistance de Tunis.
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La Tunisie face aux pressions de l’Europe sur le dossier migratoire

Le projet européen de « plate-forme régionale » de débarquement de migrants se heurte à la résistance de Tunis.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 09h59
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 12h39
    |

            Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)








                        



                                


                            

C’est pour l’instant insidieux, subtil. Une « petite musique », des messages implicites, des sous-entendus appuyés. La Tunisie va devoir s’y faire : la pression de l’Europe qui s’esquisse va aller, selon les connaisseurs du dossier à Tunis, s’intensifiant autour du fameux projet de « plates-formes régionales de débarquement » envisagé par le conseil européen consacré fin juin à Bruxelles à la crise migratoire.
A l’instar d’autres pays d’Afrique du Nord, la Tunisie est citée par des responsables européens comme un possible centre de réception, hors de l’Union européenne (UE), où serait opéré le tri entre candidats éligibles à l’asile et simples migrants économiques. Les dirigeants de Tunis ont eu beau afficher très rapidement leur hostilité à un tel projet, qui concerne par définition des ressortissants non tunisiens, l’affaire n’en est qu’à ses prémices. « Les requêtes sont de plus en plus coordonnées, confirme une source diplomatique tunisienne. Les Européens nous les transmettent par la porte ou par la fenêtre. Cela nourrit un climat de tension. »
Pour l’heure, ce sont surtout les représentants des Etats membres qui se manifestent, les Français et les Allemands en particulier. Mais l’UE s’apprête à entrer en scène. « On va devoir soulever la question sans trop tarder auprès de nos interlocuteurs tunisiens », assure un officiel de l’UE.

C’est parce qu’elle se sait dans le champ de vision d’une Europe impatiente d’externaliser la gestion des flux migratoires que la Tunisie a attendu près de deux semaines avant d’autoriser le 28 juillet l’accostage à Zarzis (sud-est) du Sarost-5. Ce navire commercial battant pavillon tunisien avait secouru 40 migrants au large de la Libye mais ni Malte, ni l’Italie, ni la France n’avaient souhaité l’accueillir. Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed avait finalement donné son feu vert « pour des raisons humanitaires ».
Sollicitations diplomatiques
Toutefois,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Au moins 1 800 personnes ont été temporairement évacuées après une explosion survenue sur un site de Bayernoil, près d’Ingolstadt, en Bavière
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Huit blessés dans l’explosion d’une raffinerie en Allemagne

Au moins 1 800 personnes ont été temporairement évacuées après une explosion survenue sur un site de Bayernoil, près d’Ingolstadt, en Bavière



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 09h25
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 13h04
   





                        



   


Un incendie s’est déclaré samedi 1er septembre au matin à la suite d’une explosion dans une raffinerie du sud de l’Allemagne, près d’Ingolstadt. Au moins huit personnes ont été blessées, dont trois hospitalisées, et 1 800 habitants évacués, selon la police locale. L’explosion s’est produite dans un secteur de production de gaz et d’essence liquides de ce site de la compagnie Bayernoil, situé le long du Danube en Bavière, peu avant 5 h 30.
Selon la chaîne de radio-télévision publique locale Bayerischer Rundfunk, « l’onde de choc a été ressentie à plusieurs kilomètres » lors de l’explosion. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent d’importantes flammes s’élever au-dessus de la raffinerie aux premières lueurs du jour.
Environ 400 pompiers ont été mobilisés, et les autorités locales ont déclenché un plan « catastrophe ». Les secours ont aussi invité la population à « garder portes et fenêtres fermées en raison de la fumée » dans un rayon de 20 kilomètres autour du foyer de l’incendie.
1 800 personnes évacuées
Environ 1 800 habitants des localités de Vohburg et d’Irsching, à une quinzaine de kilomètres à l’est d’Ingolstadt, ont été évacués par mesure de sécurité et conduits vers des gymnases aux alentours.  Toutefois, quatre heures après l’explosion environ, l’intensité du nuage de fumée au-dessus du site avait beaucoup baissé, permettant aux secours d’autoriser le retour à leur domicile des personnes évacuées.
La compagnie locale Bayernoil, propriétaire de la raffinerie de Vohburg, emploie 790 personnes sur deux sites en Bavière. Elle produit différents carburants, dont de l’essence, du diesel et du fioul domestique, ainsi que du bitume. Le dernier incendie dans une raffinerie en Allemagne, en juillet, dans un site de la compagnie Shell, n’avait pas fait de blessé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Un Afghan de 19 ans a été interpellé vendredi, selon la police, qui n’écarte pas le motif terroriste.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Attaque au couteau dans la gare d’Amsterdam : les blessés sont deux touristes américains

Un Afghan de 19 ans a été interpellé vendredi, selon la police, qui n’écarte pas le motif terroriste.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 08h14
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 12h37
   





                        



   


La police prend « sérieusement en compte la possibilité d’un motif terroriste » dans son enquête sur l’attaque au couteau perpétrée vendredi 31 août vers 12 heures à la gare centrale d’Amsterdam, au cours de laquelle deux touristes américains ont été grièvement blessés.
L’agresseur présumé, qui a été blessé par les balles de la police, a été identifié tard vendredi soir comme étant un Afghan de 19 ans avec un permis de résidence allemand. Selon un porte-parole de la police, il a été placé « sous garde policière à l’hôpital [et est] interrogé sur son mobile ». Les enquêteurs néerlandais travaillent en étroite coopération avec leurs homologues allemands afin d’obtenir des informations sur de possibles antécédents du suspect.

   


Selon la police, « les victimes n’ont pas été choisies de manière délibérée ou pour une raison très claire ». Toutes deux « sont très gravement blessées et ont été admises à l’hôpital ». L’ambassade des Etats-Unis aux Pays-Bas a annoncé samedi dans un communiqué qu’il s’agissait de deux Américains venus visiter le pays.
Après l’attaque, la gare a été brièvement fermée mais pas évacuée, et deux quais ont été temporairement fermés. Le trafic des trams au départ de la gare a cependant été interrompu.
Contexte de menace
Les autorités ont refusé de spéculer sur les raisons de l’attaque, alors que les talibans afghans, dans un communiqué publié jeudi, ont appelé à attaquer les troupes néerlandaises en raison de la tentative de l’homme politique d’extrême droite Geert Wilders d’organiser un concours de caricatures du prophète Mahomet. M. Wilders a depuis annulé le concours, qui a fortement irrité les musulmans et suscité des protestations au-delà des Pays-Bas, « afin d’éviter tout risque de victimes de la violence islamique ».
Plusieurs attaques à l’arme blanche ont été perpétrées en Europe ces dernières années. Les Pays-Bas, limitrophes ou proches de certains pays touchés (France, Belgique, Allemagne) avaient été jusqu’ici épargnés. La gare d’Amsterdam, située dans le centre historique, est un lieu fréquenté par plus de 250 000 personnes par jour, et le vendredi est un jour particulièrement chargé en raison de l’afflux de touristes.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 31/08/2018
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Sans la candidature de Lula, la présidentielle au Brésil plonge dans l’inconnu

Le Tribunal supérieur électoral a jugé que l’ancien président, condamné et incarcéré pour corruption, ne pouvait se présenter. Il était le grand favori du scrutin



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 09h48
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

Quelques heures avant le jugement du Tribunal supérieur électoral (TSE) invalidant la candidature de Luiz Inacio Lula da Silva, vendredi 31 août, Fernando Haddad, en déplacement dans le Nordeste brésilien, était acclamé par une foule de sympathisants de gauche venus le soutenir pour l’élection présidentielle. On embrassait le candidat à la vice-présidence, on le serrait, mais ce n’est pas son nom que l’on scandait. La foule appelait Lula. L’ex-président de gauche (de 2003 à 2010), 72 ans, emprisonné pour corruption dans une cellule de Curitiba à plus de 3 000 kilomètres de là. « Lula libre », « Lula guerrier du peuple brésilien », « Lula, Lula, Lula », criaient les militants exaltés.
Fernando Haddad, 55 ans, fils de marchands libanais, ancien maire de Sao Paulo et ex-ministre de l’éducation de Lula, est encore un inconnu pour le grand public. Mais il doit désormais se faire un nom et galvaniser les foules comme son mentor. Vendredi, en rejetant la candidature de Lula, le tribunal a fait, de facto, de Fernando Haddad le candidat à la présidence pour le Parti des travailleurs (PT, gauche) pour le scrutin d’octobre.
« Mon unique préoccupation est la défense des institutions, de la Constitution et de la démocratie, pour qu’elles servent de la meilleure façon possible la nation brésilienne », a argué le juge Luis Roberto Barroso, avant de retoquer la candidature de Lula. La loi dite « Ficha Limpa » (casier propre) veut qu’un condamné en appel – c’est le cas de Lula – ne puisse être éligible. « Il n’y a pas de marge », a-t-il expliqué.
Le magistrat a été suivi par une majorité de juges (six contre un). Le TSE a aussi exigé que le nom et la figure de Lula n’apparaissent pas dans les supports publicitaires de la campagne, laissant au PT dix jours pour désigner un remplaçant. « Face à la violence du TSE contre Lula et le peuple qui veut l’élire, le PT luttera. Nous allons présenter tous les recours pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Hulot, prélèvement à la source, Chemnitz : l’actualité à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 06h17
    |

                            Les Décodeurs








                        


LE RATTRAPAGE DE L’ACTU
La semaine a été marquée par la rentrée difficile du gouvernement, entre départ de Nicolas Hulot et doutes sur le prélèvement à la source, et par les tensions autour de l’extrême droite en Allemagne.
Démission surprise de Nicolas Hulot
Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, a annoncé son départ du gouvernement sur France Inter mardi 28 août. « Je ne veux plus me mentir », a -t-il justifié. Il a assuré ne pas avoir prévenu ni le président de la République Emmanuel Macron ni le premier ministre Edouard Philippe de sa décision de quitter son poste. Cette démission est perçue comme un échec politique pour l’exécutif, qui voit partir une personnalité très populaire et symbole de l’ouverture à la société civile.

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C’est aussi un aveu d’impuissance pour l’ancien ministre, tiraillé entre les lobbys économiques et la difficulté de répondre aux enjeux écologiques majeurs (réchauffement climatique, pollution de l’air, nucléaire…). Nicolas Hulot avait en effet perdu de nombreux arbitrages dans des dossiers écologiques majeurs.

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Cacophonie sur le prélèvement à la source
La mise en place du prélèvement de l’impôt à la source le 1er janvier 2019 n’est pas encore définitivement décidée. Le chef de l’Etat Emmanuel Macron a déclaré, jeudi, attendre des « réponses précises » avant de trancher.

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Le dispositif préoccupe chefs d’entreprise et syndicats, qui s’inquiètent de possibles failles ou angles morts. Il est aussi critiqué par des responsables de l’opposition, comme Laurent Wauquiez (Les Républicains). Le prélèvement à la source est aussi une réforme risquée politiquement alors que les Français s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat.

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L’extrême droite manifeste en Allemagne
Des milliers de sympathisants d’extrême droite se sont rassemblés plusieurs soirs d’affilée à Chemnitz, dans l’est de l’Allemagne, pour protester contre le meurtre d’un Allemand de 35 ans, tué au couteau dans la nuit de samedi à dimanche, vraisemblablement par des étrangers. La manifestation de lundi – elle fut la plus importante, avec 6 000 personnes –, a donné lieu à des affrontements avec des militants d’extrême gauche qui ont fait une quinzaine de blessés.

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L’affaire a pris une tournure politique lorsqu’on a appris, jeudi, que les informations confidentielles sur l’identité des meurtriers présumés (un Syrien et un Irakien) avaient été transmises au groupe d’extrême droite par un fonctionnaire pénitentiaire. D’autres manifestations sont attendues samedi dans la Saxe.

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Et aussi
Homosexualité. Le pape François a suscité la polémique en affirmant dans l’avion le ramenant d’Irlande que les enfants homosexuels pouvaient recourir à la « psychiatrie ».Etats-Unis. Une fusillade a fait trois morts et onze blessés dimanche, lors d’un tournoi de jeux vidéo à Jacksonville, en Floride.Afghanistan. Le leader de l’organisation Etat islamique (EI) en Afghanistan et dix de ses hommes ont été tués dans l’est du pays par un raid aérien.Guantanamo. Les Etats-Unis pourraient envoyer des djihadistes de l’EI dans le centre de détention, qui n’a eu aucun nouvel arrivant depuis dix ans.Tourisme. La fréquentation touristique a atteint un record absolu à Paris au premier semestre, avec 17,1 millions d’arrivées hôtelières.Climat. L’été 2018 a été le deuxième plus chaud de l’histoire en France, une hausse qui correspond aux tendances annoncées des modèles climatiques.Fait divers. La star marocaine de la pop music Saad Lamjarred a été accusée de « viol ». Il a été mis en examen après avoir été arrêté, dimanche, à Saint-Tropez (Var).Ecoles. Dédoublements de classe, interdiction du portable, retour à la semaine de quatre jours : résumé des nouveautés à quelques jours de la rentrée scolaire.Loi Schiappa. Les Décodeurs tordent le cou aux amalgames et rumeurs qui circulent sur la légalisation de la pédophilie ou l’éducation sexuelle à l’école.La Poste. L’Etat va créer un groupe financier permettant à La Poste de se diversifier et d’absorber CNP assurance.Coquilles. La « guerre » entre pêcheurs britanniques et français s’intensifie autour de la pêche à la Saint-Jacques en baie de Seine.Diplomatie. L’écrivain Philippe Besson, proche du président Emmanuel Macron, va être nommé au poste convoité de consul de France à Los Angeles.FIFAgate. Juan Angel Napout, l’ancien patron de la confédération sud-américaine de football a été condamné, mercredi, à neuf ans de prisons pour corruption.#Metoo. Gérard Depardieu a été accusé de viols et d’agressions sexuelles, jeudi, par une jeune comédienne, ce qu’il conteste.Football. Le tirage au sort de la Ligue des champions a été sévère, jeudi, pour le PSG, l’AS Monaco et l’Olympique lyonnais, qui héritent d’un groupe de poules ardu.
Disparitions
John McCain. Des funérailles nationales sont organisées, samedi, une semaine après la mort du sénateur américain des suites d’un cancer du cerveau. L’ancien militaire, candidat républicain à la Maison-Blanche, était devenu l’un des plus farouches opposants au président Donald Trump.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La justice électorale a estimé que la condamnation et l’incarcération de l’ex-chef de l’Etat pour corruption ne lui permettaient pas de se présenter.
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Brésil : la candidature de Lula à la présidentielle est invalidée

La justice électorale a estimé que la condamnation et l’incarcération de l’ex-chef de l’Etat pour corruption ne lui permettaient pas de se présenter.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 06h01
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 13h29
   





                        



   


Le Parti des travailleurs (PT) brésilien entend « lutter par tous les moyens pour garantir la candidature » de l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva à la présidentielle du 7 octobre. C’est ce qu’a annoncé vendredi 31 août la formation de gauche après la disqualification de son champion, qui purge depuis avril en prison une peine de plus de douze ans pour corruption passive et blanchiment d’argent. « Nous allons défendre Lula dans les rues, avec le peuple, parce que Lula est le candidat de l’espoir », a écrit la direction du PT dans un communiqué. 
Le Tribunal supérieur électoral (TSE) a invalidé dans la soirée la candidature de l’ex-chef de l’Etat (2003-2010). Sans même attendre le vote du dernier des sept juges, le PT a dénoncé « la violence commise » par la juridiction contre l’égérie de la gauche brésilienne et a annoncé qu’il allait « présenter tous les recours devant les tribunaux pour que soient reconnus les droits de Lula prévus dans la loi et les traités internationaux ratifiés par le Brésil ».

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                Qui sont les principaux candidats à la présidence brésilienne ?



« Un mensonge »
Grand favori des sondages, Luiz Inacio Lula da Silva a été déclaré inéligible en vertu d’une loi — appelée ficha limpa — qui interdit à toute personne condamnée en appel de se présenter à une élection. Des recours sont encore possibles, notamment auprès de la Cour suprême. « C’est un mensonge de dire que la loi ficha limpa empêche la candidature de toute personne ayant été condamnée en seconde instance », a fait valoir de son côté le Parti des travailleurs, invoquant le cas de 145 candidats aux municipales de 2016, dont plus de la moitié ont été élus.
Ce résultat du TSE était attendu, mais le vote du magistrat Edson Fachin, qui était le deuxième à s’exprimer, avait relancé momentanément le suspense. Celui-ci s’est appuyé sur une recommandation récente du comité des droits de l’homme de l’ONU pour préconiser de « respecter le droit de Lula à présenter sa candidature » le temps que tous les recours soient épuisés. Mais les espoirs de l’icône de la gauche ont pris fin, un peu plus tard, quand le résultat a été porté à 4-1 avant le vote des deux derniers magistrats, à l’issue de quelque six heures de débats. Au terme de la soirée, six des sept membres du tribunal se sont prononcés en faveur de l’inéligibilité.
Victime d’un complot politique
L’ex-ouvrier métallurgiste est accusé d’avoir reçu un appartement en bord de mer de la part d’une entreprise du bâtiment en échange de faveurs dans l’attribution de marchés publics.
Egalement visé par cinq autres procédures, Luiz Inacio Lula da Silva rejette farouchement toutes les accusations et se dit victime d’un complot politique visant à l’empêcher de reprendre la tête du pays. Sa défense considère que Lula ne peut être empêché de se présenter dans la mesure où des recours contre sa condamnation n’ont toujours pas été examinés par des instances judiciaires supérieures.
Le dernier sondage de l’institut Datafolha le créditait de 39 % des intentions de vote au premier tour, 20 points de plus que le deuxième, le député d’extrême droite Jair Bolsonaro. Le PT va désormais devoir choisir pour candidat l’ex-maire de Sao Paulo Fernando Haddad, qui brigue actuellement la vice-présidence.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les militants associatifs Louis Boillot et Quentin Sauzay considèrent, dans une tribune au « Monde », que le vote des jeunes en faveur des partis extrémistes est moins motivé par le rejet de l’immigration ou de la mondialisation que par la baisse des revenus et des opportunités.
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« Les jeunes européens expriment un attachement à la redistribution de la richesse »

Les militants associatifs Louis Boillot et Quentin Sauzay considèrent, dans une tribune au « Monde », que le vote des jeunes en faveur des partis extrémistes est moins motivé par le rejet de l’immigration ou de la mondialisation que par la baisse des revenus et des opportunités.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 05h30
    |

Louis Boillot (Economiste) et Quentin Sauzay (Avocat)







                        



                                


                            

[Minima sociaux, assurance-chômage, insertion des jeunes… Le choix des coupes budgétaires et de la « mise au travail » est contesté par les experts.]
Tribune. Une grande majorité des enquêtes électorales menées en Europe de l’Ouest depuis 2015 dressent le constat suivant : les jeunes de 18 à 30 ans votent – lorsqu’ils votent – pour des forces politiques radicales, critiques du projet européen et du libre-échange.
Il existe aujourd’hui une littérature importante sur l’attrait des populations vulnérables pour les thèses protectionnistes. En revanche, les analyses du comportement électoral des jeunes se limitent à une approche sociologique ou décrivent un « effet âge » les portant à voter très à gauche… ou très à droite. La jeunesse resterait ce corps social indéfini, aux aspirations contradictoires et sans identité politique forte. Elle se donnerait, par romantisme, au premier tribun venu.
Le traitement médiatique du vote des jeunes ne permet pas non plus de se rendre compte des tendances lourdes à l’œuvre. Au Royaume-Uni, beaucoup a été écrit sur la jeunesse « ouverte et connectée » qui a voté contre le Brexit (2016) et pour le Labour (2015). En France, c’est le désamour de la jeunesse pour les partis traditionnels qui a fait l’objet d’un traitement important (seulement 9 % des jeunes inscrits ont voté pour les candidats LR et PS), tandis que l’élection d’un président jeune a infusé l’idée d’un soutien juvénile fort. En Italie, près de 40 % des 18-24 ans ont choisi le Mouvement 5 étoiles (M5S), une audience comparable à la mobilisation des jeunes pour Podemos en Espagne en 2015 et 2016.
Si l’on s’intéresse aux motivations de ces jeunes, une préoccupation semble cependant s’exprimer majoritairement : l’attachement à la redistribution de la richesse. Il s’agit, par exemple, de la question des revenus décents pour les jeunes (Espagne, Italie) ou de l’accès à l’enseignement supérieur et à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La décision des Etats-Unis de suspendre sa participation financière à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens a provoqué de vives réactions.
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UNRWA : « Nous rejetons et condamnons cette décision américaine dans son intégralité »

La décision des Etats-Unis de suspendre sa participation financière à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens a provoqué de vives réactions.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 03h37
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 11h58
   





                        



   


Rejet, indignation, condamnation… La décision des Etats-Unis annoncée vendredi 31 août de suspendre sa participation à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a provoqué de vives réactions.
Sur fond de crise de plus en plus profonde avec Washington, l’Autorité palestinienne (AP) a dénoncé ce choix. « Nous rejetons et condamnons cette décision dans son intégralité », écrit ainsi dans un communiqué le négociateur en chef palestinien et secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, qui appelle les autres pays contributeurs « à rejeter cette décision et à fournir tout l’appui possible » à l’UNRWA.
L’agence de l’ONU n’a pas non plus tardé à réagir par l’intermédiaire de son porte-parole, Chris Gunness. Sur Twitter, il a fait part de « profonds regrets » et de « déception ».
« Nous rejetons dans les termes les plus forts la critique [disant] que les écoles, les centres de santé et les programmes d’assistance d’urgencede l’UNRWA sont “irrémédiablement imparfaits”. » 
Appel des Nations unies aux autres pays
Dans un communiqué, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, dit « regretter » la décision américaine, alors que l’UNRWA « fournit des services essentiels aux réfugiés palestiniens et contribue à la stabilité de la région ».
M. Dujarric souligne que l’agence « bénéficie de la pleine confiance du secrétaire général » et il salue les efforts d’adaptation de l’organisation à la suite de la réduction au début de l’année des financements américains. Antonio Guterres « appelle les autres pays à aider à combler le déficit financier » de l’UNRWA afin qu’elle « puisse continuer à fournir son assistance vitale » aux Palestiniens, écrit M. Dujarric.
Quelques initiatives ont déjà émergé pour tenter de pallier le retrait des Etats-Unis. Berlin a annoncé vendredi une hausse « substantielle » de sa contribution et a appelé ses partenaires européens à en faire autant. La Jordanie a de son côté annoncé la tenue d’une conférence le 27 septembre à New York afin de la soutenir.
Israël « soutient la décision américaine, a déclaré un responsable du bureau du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, sous couvert de l’anonymat. Renforcer le statut de réfugié des Palestiniens est l’un des problèmes qui font que le conflit [israélo-palestinien] s’éternise. »
Les Etats-Unis et Israël accusent l’Unrwa de maintenir l’idée — à laquelle ils s’opposent — que de nombreux Palestiniens sont des réfugiés dotés du droit au retour sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils furent chassés lors de la création d’Israël, en 1948.
« Les Etats-Unis renient leurs engagements »
Avant l’officialisation de la décision américaine et alors que la rumeur de la suspension de l’aide se faisait de plus en plus audible, Hossam Zomlot, qui représente officiellement à Washington l’OLP, avait mis en garde : « Couper l’aide à l’UNRWA signifie que les Etats-Unis renient leurs engagements internationaux et leur responsabilité. »
« En faisant siennes les positions israéliennes les plus extrêmes sur tous les sujets, y compris sur les droits de plus de cinq millions de réfugiés palestiniens, l’administration américaine a perdu son statut de médiateur et nuit non seulement à une situation déjà instable mais aussi aux chances d’une paix future au Moyen-Orient », a-t-il ajouté.
La United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East (Unrwa), mise en place par une résolution de l’ONU de 1949, aide plus de trois millions de Palestiniens sur les cinq millions enregistrés comme réfugiés, notamment à travers ses écoles et ses centres de santé. D’ici à la fin de septembre, l’agence « n’aura plus un sou », avait averti mercredi son porte-parole, Chris Gunness.



                            


                        

                        


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Alena : les négociations avec le Canada suspendues

Les négociateurs des deux pays sont toutefois convenus de reprendre leurs tractations dès mercredi prochain.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 23h15
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 23h31
   





                        


Les négociations entre le Canada et les Etats-Unis pour moderniser l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) ont été brutalement interrompues vendredi 31 août. Les négociateurs des deux pays sont toutefois convenus de reprendre leurs tractations dès mercredi prochain.
Les discussions semblaient sur le point de déboucher sur un accord quand Donald Trump a jeté un pavé dans la mare en affichant une ligne intransigeante envers Ottawa. « Nous reprendrons les négociations la semaine prochaine », a annoncé un haut responsable canadien, proche des discussions.

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                Alena : sous pression, le Canada retourne à la table des négociations



Le représentant américain au commerce (USTR), Robert Lighthizer, a fait savoir par un communiqué que les discussions reprendraient mercredi 5 septembre, évoquant « des discussions constructives » et « des progrès » accomplis au cours des réunions qui se sont tenues cette semaine à Washington.
Propos très durs
Le président états-unien avait confirmé plus tôt dans un tweet des propos très durs tenus à l’égard de son principal partenaire commercial ayant fuité, malgré lui, dans la presse. Le locataire de la Maison Blanche s’est indigné que ses propos tenus en toute confidence devant des journalistes aient été publiés, mais « au moins, le Canada sait à quoi s’en tenir ! », a-t-il dit.
Selon le quotidien canadien Toronto Star, le président républicain a confié à ses interlocuteurs que l’administration entendait ne faire aucun compromis avec le Canada et qu’un accord potentiel se ferait « uniquement à [ses] conditions ». Donald Trump souligne qu’il s’abstient de le dire publiquement, car « ce serait si insultant qu’ils ne pourr[aient] pas trouver d’accord ». « Le Canada est un pays habile pour trouver des compromis gagnant-gagnant. Cela étant dit, dans une négociation, nous nous battons toujours dans l’intérêt national », avait déclaré dans la matinée Chrystia Freeland, la ministre des affaires étrangères canadienne. « C’est ce que nous continuerons à faire. Nous cherchons un bon accord, pas n’importe quel accord », avait-elle dit en forme de mise au point.
Pas de concession
« Nous n’accepterons qu’un accord qui est un bon accord pour le Canada. Nous n’y sommes pas encore », avait-elle également fait savoir. Son ton tranchait déjà très nettement avec celui de la veille, quand elle parlait d’« optimisme » et soulignait la bonne volonté des deux parties d’arriver à un accord.
Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a estimé qu’il était toujours « très possible d’avoir un accord qui fonctionne pour tout le monde ». Il a toutefois immédiatement réaffirmé que « pas d’accord est mieux qu’un mauvais accord ».
Alors qu’Ottawa et Washington semblaient proches d’un accord jeudi, les propos de Donald Trump ont fait dérailler les tractations. « Il faut qu’ils se débarrassent de ces barrières et de ces tarifs », avait-il déjà dit jeudi soir lors d’un meeting électoral, jetant un premier froid sur les discussions en cours.
Pour la première fois depuis le début des pourparlers intenses que tiennent les deux pays depuis mardi dans la capitale américaine, les services de Robert Lighthizer ont communiqué sur les négociations, soulignant que le Canada n’avait fait « aucune concession sur l’agriculture », à savoir le mécanisme de protection du secteur laitier.
Ce secteur est actuellement en grande partie exclu de l’Alena, et Ottawa se montre inflexible sur sa volonté de défendre « la gestion de l’offre », un système contrôlant la production et le prix du lait, des œufs et de la volaille produits par les éleveurs canadiens.
Mis en place dans les années 1970, il assure des revenus stables et prévisibles aux fermiers canadiens. Mais les Etats-Unis, dont la production de lait est excédentaire, souhaitent un plus grand accès au marché canadien.
Echéance politique
Le président américain avait imposé comme date butoir vendredi pour trouver un compromis.
C’est lui aussi qui avait imposé de manière unilatérale au Canada et au Mexique la renégociation de l’Alena il y a un peu plus d’un an, jugeant cet accord « désastreux » pour l’économie américaine et dénonçant un traité qui s’est traduit par un important déficit commercial avec Mexico (63,6 milliards de dollars en 2017).

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Vendredi est une échéance butoir à double titre : d’une part, un nouveau texte doit être soumis au Congrès américain pour respecter un délai de quatre-vingt-dix jours donnant la possibilité d’une approbation d’un nouveau texte par la majorité actuelle. Et, d’autre part, au Mexique, pour permettre au gouvernement sortant de donner son aval avant de laisser la place au président nouvellement élu, Andrés Manuel Lopez Obrador, qui doit prendre ses fonctions le 1er décembre.
Washington et Mexico s’étaient entendus dès lundi sur toute une série d’aménagements du traité. Les grandes lignes d’un nouvel Alena comprennent de nouvelles dispositions sur le commerce de l’automobile, avec un pourcentage plus élevé de composants produits localement, des protections plus strictes pour les travailleurs et une disposition permettant de revoir l’accord tous les six ans.
Chrystia Freeland avait révélé que le Canada et les Etats-Unis étaient déjà arrivés « à un accord de haut niveau » concernant l’automobile au printemps. C’était l’un des points essentiels de l’accord commercial entre le Mexique et les Etats-Unis annoncés lundi par Donald Trump. Outre le secteur laitier, Ottawa entend maintenir un dispositif de règlement des différends qui lui a été favorable par le passé pour défendre son bois de construction.
Sur le front politique, l’équation est à haut risque pour le chef du gouvernement canadien, Justin Trudeau. Des élections doivent avoir lieu dans un an, et il lui faut éviter d’apparaître comme capitulant devant le président américain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Au moins 39 personnes ont été tuées en cinq jours d’affrontements entre milices rivales près de la capitale libyenne.
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Libye : suspension des vols dans le seul aéroport en service à Tripoli

Au moins 39 personnes ont été tuées en cinq jours d’affrontements entre milices rivales près de la capitale libyenne.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 23h02
   





                        


Le seul aéroport en service à Tripoli a annoncé vendredi 31 août au soir la suspension de tous les vols en raison des combats près de la capitale libyenne.
Au moins 39 personnes ont été tuées, et une centaine d’autres blessées, pour la plupart des civils, en cinq jours d’affrontements entre milices rivales dans les quartiers sud de Tripoli, d’après un nouveau bilan du ministère de la santé publié vendredi soir.

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Les combats ont marqué une pause dans la journée de jeudi à la suite d’un accord de cessez-le-feu, avant de reprendre dans la soirée. Les affrontements à l’arme lourde se sont poursuivis vendredi de façon intermittente.
Vols déroutés vers Misrata
Selon des témoins et les services de secours, plusieurs roquettes et obus se sont abattus dans plusieurs régions dans la capitale libyenne et ses alentours, faisant davantage de victimes civiles. Au moins trois roquettes sont ainsi tombées à proximité de l’aéroport de Mitiga, contraignant les services aéroportuaires à suspendre les vols pendant au moins quarante-huit heures, par mesure de sécurité, a rapporté un responsable de l’aéroport.
Les vols ont été provisoirement déroutés vers l’aéroport de Misrata, à 200 km à l’est de Tripoli, selon cette même source.
Ancien aéroport militaire, Mitiga est situé dans l’est de la capitale. Il a été ouvert au trafic civil après la destruction de l’aéroport international de Tripoli, au sud de la ville, au cours de violences en 2014.
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, la capitale libyenne est au cœur d’une lutte d’influence entre milices en quête d’argent et de pouvoir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Les enquêtes ouvertes sur des agressions sexuelles commises par des membres du clergé catholique sont passées de 38 à 119 à la fin d’août.
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Au Chili, le scandale de la pédophilie au sein de l’Eglise prend de l’ampleur

Les enquêtes ouvertes sur des agressions sexuelles commises par des membres du clergé catholique sont passées de 38 à 119 à la fin d’août.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 22h34
   





                        


Le scandale lié à la pédophilie au sein de l’Eglise catholique chilienne prend de l’ampleur. Le parquet a annoncé vendredi 31 août par un communiqué que « le nombre actualisé des enquêtes ouvertes pour des agressions sexuelles commises par des membres de l’Eglise catholique au 31 août est de cent dix-neuf », visant notamment sept évêques. Il était précédemment de trente-huit.
Les autorités chiliennes ont procédé ces dernières semaines à des perquisitions dans des institutions de l’Eglise, dont les sièges de la Conférence épiscopale et de la Congrégation des frères maristes, toutes deux à Santiago. Ce sont les preuves réunies qui ont permis d’ouvrir ces nouvelles enquêtes, d’après des sources judiciaires.
Selon les derniers chiffres, ces enquêtes visent cent soixante-sept personnes, dont sept évêques et quatre-vingt-seize prêtres. Figurent aussi sur les registres du ministère public quatre diacres, trente religieux qui ne « sont pas des prêtres », dix laïcs et vingt personnes dont on ne précise pas le statut. Au total, le nombre de victimes de ces affaires en cours s’élève à cent soixante-dix-huit, dont soixante-dix-neuf mineurs.

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Parmi les personnes mises en cause par la justice, on trouve l’archevêque de Santiago, Ricardo Ezzati. Son audition par la justice, initialement prévue en août, avait été reportée sine die à la demande de ses avocats. Né en Italie, Ricardo Ezzati avait été convoqué le 21 août par le procureur régional de Rancagua (Centre), Emiliano Arias, afin de répondre aux accusations de dissimulation de sévices sexuels, en plein scandale de pédophilie et d’omerta qui ébranle le clergé chilien.
La plupart des preuves qui ont permis d’accuser Mgr Ezzati ont été saisies au cours d’une perquisition à l’archidiocèse de Santiago, l’Eglise catholique ayant refusé jusqu’alors de remettre à la justice des documents demandés, invoquant le respect des victimes. Par ailleurs, le Parlement chilien envisage de retirer sa nationalité au cardinal Ezzati, italien, naturalisé en 2006.
Tourmente et excuses
Au début d’août, les évêques chiliens se sont excusés d’avoir « manqué à leurs devoirs de pasteurs » et de ne pas avoir « écouté, cru, reçu ou accompagné les victimes des graves péchés et des injustices commises par les prêtres et par les membres de l’Eglise », au terme d’une assemblée extraordinaire de la Conférence épiscopale.
L’Eglise catholique chilienne est en pleine tourmente depuis la visite du pape en début d’année et la multiplication d’enquêtes par la justice dans les mois qui ont suivi sur des agressions sexuelles présumées de mineurs et d’adultes depuis les années 1960.

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Au cours d’un voyage au Chili, en janvier, le pape François avait défendu avec force l’évêque chilien Juan Barros, soupçonné d’avoir tu les crimes d’un vieux prêtre pédophile, se disant persuadé de son innocence et demandant aux victimes présumées des preuves de culpabilité. Il avait ensuite présenté des excuses, puis avait dépêché au Chili Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte, chargé d’enquêter sur les cas de pédophilie parmi les prêtres, afin de s’entretenir avec les victimes. En mai, il avait invité à Rome certaines des victimes et avait convoqué l’ensemble des évêques chiliens. Ces derniers avaient présenté leur démission en bloc à l’issue de la rencontre, une première.
Pour l’heure, la démission de cinq évêques a été acceptée par le souverain pontife dans le cadre de ce scandale. Le prêtre Oscar Muñoz, ancien bras droit de l’archevêque Ezzati, est en détention préventive pour agression sexuelle d’au moins sept mineurs. Les autorités de l’Eglise catholique chilienne « auraient pu et auraient dû » éviter de nombreuses agressions sexuelles d’enfants, a déploré le président chilien, Sebastian Piñera. Selon un sondage de la société Cadem, 96 % des Chiliens considèrent que l’institution protège les prêtres accusés de sévices sexuels et 83 % d’entre eux estiment que le clergé n’est ni honnête ni transparent.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Initialement réservées à la famille et aux proches, les funérailles accueillent finalement mille admirateurs. La « Reine de la soul » est morte à 76 ans, le 16 août.
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Funérailles grandioses pour Aretha Franklin à Detroit

Initialement réservées à la famille et aux proches, les funérailles accueillent finalement mille admirateurs. La « Reine de la soul » est morte à 76 ans, le 16 août.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 19h48
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 21h48
   





                        



   



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Stars de la musique, fans et responsables politiques ont rendu hommage vendredi 31 août à la légendaire chanteuse américaine Aretha Franklin, se joignant à sa famille pour des funérailles grandioses dans sa ville de Detroit. La cérémonie au Greater Grace Temple a été l’occasion de célébrer, six heures durant, la vie et l’héritage de la « Reine de la Soul », morte à 76 ans, le 16 août, des suites d’un cancer du pancréas.
L’ancien président Bill Clinton a prononcé un éloge funèbre, et des lettres de ses successeurs George W. Bush et Barack Obama ont été lues, dans lesquelles ils ont salué sa contribution pour son pays et son importance culturelle. Le chanteur Smokey Robinson a parlé avec émotion de sa copine d’enfance, qui va lui manquer pour le restant de ses jours. Il a offert quelques instants d’un chant a cappella, dans une église décorée d’imposants bouquets de lavande et de roses blanches et roses. « Tu me manques, ma pote, tu me manques, mon amie, je sais que mon amour pour toi ne s’éteindra jamais », a-t-il entonné. « Je vais t’aimer pour toujours », a-t-il terminé, soufflant un baiser vers le cercueil doré.
L’office a été ponctué d’hommages musicaux, comme celui de la jeune Ariana Grande, qui a interprété le tube de 1968 Natural Woman, accompagnée d’une chorale gospel. Stevie Wonder et Jennifer Hudson, qui doit incarner la diva sur grand écran, étaient également attendus.
Funérailles ouvertes à un millier de fans
« Je suis tellement fier de toi, je sais que tu me regarderas par les fenêtres du paradis et je promets de porter l’héritage de notre famille avec fierté », a déclaré son petit-fils Jordan, en fondant en larmes. « Vive la Reine. »
Réservées initialement à la famille et aux proches, les funérailles ont finalement étaient ouvertes à un millier de fans, qui ont formé une longue file d’attente dès jeudi. De nombreux fans s’étaient rassemblés vendredi sous un soleil de plomb, portant des T-shirts à l’effigie d’Aretha Franklin ou des tenues extravagantes et colorées. « C’est mon idole, je l’aime, j’aime sa musique », dit Ugochi Queen, 46 ans, venue de l’Indiana. « C’est la reine de notre ville, renchérit Pat Bills, une infirmière. Je suis tellement reconnaissante qu’ils aient ouvert [l’événement] au public pour que nous puissions en faire partie. »
De nombreuses Cadillac roses — allusion au tube d’Aretha Franklin Freeway of Love, une chanson sur Detroit dans laquelle elle parlait de cette voiture —, garées devant l’église, devaient suivre le corbillard jusqu’au cimetière où la diva sera enterrée auprès de son père et de ses frères et sœurs.
L’événement était placé sous haute sécurité, plusieurs rues fermées à la circulation. Un hélicoptère survolait la zone et des policiers à cheval faisaient des rondes. Un écran géant retransmettant les funérailles a été installé dans une station-service proche.
Reine incontestée
Plus de quarante artistes étaient montés jeudi soir sur scène à Detroit pour interpréter les plus grands morceaux de la légendaire chanteuse américaine. The Four Tops, Dee Dee Bridgewater ou encore Angie Stone ont fait vibrer les fans aux sons de Freeway of Love et des incontournables Say a Little Prayer et Respect, interprété en chœur par tous les artistes.
Une chorale de gospel, rappelant les débuts musicaux de la Reine de la soul dans la paroisse de son pasteur de père, a également célébré son immense carrière de six décennies, qui a fait d’elle l’une des artistes les plus respectées des Etats-Unis. Ce concert concluait trois jours pendant lesquels des milliers de fans ont défilé devant son cercueil.
Aretha Franklin était l’une des plus grandes voix américaines et une figure emblématique de la communauté noire, qui a marqué des générations entières d’artistes. Née dans le Sud ségrégationniste, à Memphis, dans le Tennessee, elle fut aussi intimement liée au mouvement des droits civiques.

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Article sélectionné dans La Matinale du 31/08/2018
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Alexandre Zakhartchenko, le principal chef séparatiste ukrainien, tué à Donetsk

Le chef rebelle est mort dans l’explosion d’une bombe dans un café. Les forces de sécurité des séparatistes dénoncent un acte « terroriste »



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 19h23
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 09h44
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


Le principal chef des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine, Alexandre Zakhartchenko, a été tué, vendredi 31 août, dans son fief de Donetsk. La mort du chef rebelle, annoncée par les agences de presse russes, a été confirmée par la hiérarchie de la « République populaire de Donetsk » (RPD), l’entité autoproclamée dont il était le dirigeant depuis novembre 2014.
Selon ces sources, M. Zakhartchenko est mort à l’hôpital après avoir été touché par l’explosion d’une bombe placée dans le café Separ, dans le centre de la « capitale » séparatiste. Cet établissement de la rue Pouchkine, nommé ironiquement en référence aux « séparatistes », est situé à proximité de la résidence du dirigeant prorusse. Un autre responsable séparatiste, Alexandre Timofeev, « ministre des finances » de cette entité, a également été blessé dans l’explosion.
Les forces de sécurité des séparatistes ont dénoncé un acte « terroriste » et ont rapidement annoncé l’arrestation de plusieurs personnes, parmi lesquelles des « saboteurs ukrainiens ». Ceux-ci se seraient trouvés dans une voiture stationnant à proximité des lieux de l’explosion. L’un des gardes du corps du chef de guerre, subitement introuvable, est également suspecté, et les « frontières » de la RPD avec l’Ukraine et la Russie ont été fermées. Le ministère russe des affaires étrangères a lui aussi accusé le « régime de Kiev » d’être derrière cette action.
Etoile pâlissante du chef rebelle
Alexandre Zakhartchenko, 42 ans, n’est pas le premier chef rebelle tué dans des circonstances similaires. Depuis le passage de la région sous la coupe des séparatistes, au printemps 2014, près d’une quinzaine de responsables et de chefs militaires de Donetsk et de Louhansk ont été assassinés dans des attentats ou des embuscades. Les autorités locales ont systématiquement attribué ces actions à l’action des services secrets ukrainiens, mais sans convaincre.
Ces attentats ont été le plus souvent attribués – y compris par d’anciens responsables de la rébellion – à des règlements de comptes internes aux séparatistes, sur fond de luttes pour le contrôle des ressources, ou à la volonté de Moscou de se débarrasser d’acteurs turbulents ou désobéissants. M. Zakhartchenko avait lui-même contribué à écarter du pouvoir son homologue de la République populaire autoproclamée de Louhansk, en novembre 2017.
A Kiev, l’un des dirigeants du SBU, les services ukrainiens de sécurité, Igor Gouskov, a démenti l’implication de ses troupes, évoquant un conflit « entre les terroristes et leurs sponsors russes ». En juin, la presse ukrainienne évoquait l’étoile pâlissante du chef rebelle, dans le sillage de celle son principal soutien au Kremlin, Vladislav Sourkov.

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Alexandre Zakhartchenko devait son ascension et sa longévité au pouvoir à une combinaison rare : fils de mineur natif de Donetsk, il jouissait d’une autorité réelle au sein de la mouvance séparatiste, tout en étant perçu comme loyal et obéissant par la Russie, qui contrôle et finance les territoires séparatistes prorusses du Donbass.
Après avoir placé la région sous le contrôle de représentants directement envoyés de Moscou, dans les débuts de la rébellion, le Kremlin avait fait de Zakhartchenko son homme lige à Donetsk. Le 2 novembre 2014, il avait été confirmé dans ses fonctions de « président » de la RPD en obtenant 81 % des suffrages lors d’élections organisées par les séparatistes.

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Réputé pour sa poigne
Ancien mécanicien, puis homme d’affaires lié au Parti des régions de l’ex-président Viktor Ianoukovitch, Alexandre Zakhartchenko était devenu chef de guerre dès le début du conflit, transformant un groupuscule prorusse confidentiel, Oplot, en un bataillon puissant. Selon son dossier au ministère ukrainien de l’intérieur, que Le Monde avait pu consulter en 2015, M. Zakhartchenko a pris part dans sa jeunesse à des activités de contrebande avec la Russie.
Echappant à plusieurs tentatives d’assassinat, cet homme peu expansif mais réputé pour sa poigne, qui continuait à apparaître en toute occasion en uniforme militaire, avait su s’imposer à ses rivaux, écartés les uns après les autres des cercles dirigeants.
Lui et sa garde rapprochée avaient également mis la main sur une grande partie des actifs économiques de la région, soit en en prenant le contrôle direct soit en recevant des paiements d’entrepreneurs locaux. Il figurait sur la liste des personnes sanctionnées par les Etats-Unis et l’Union européenne.
Alexandre Zakhartchenko avait signé les accords de paix de Minsk, en février 2015, sous l’égide de Paris et de Berlin, mais il avait aussitôt refusé de respecter le cessez-le-feu dans la région de Debaltseve, où il avait été blessé au combat.

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Son décès ouvre une période d’incertitude dans le Donbass, où le conflit a déjà fait plus de 10 000 morts, et où les négociations de paix sont dans une impasse. A Donetsk, l’état d’urgence a été décrété, et la disparition de l’homme fort des séparatistes pourrait être un prélude à un nouvel embrasement. Denis Pouchiline, perçu comme un successeur potentiel, a promis « vengeance » pour son son chef. Le président du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, a quant à lui estimé que cette mort « réduisait à néant l’idée des accords de paix ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Les Etats-Unis envisagent par ailleurs d’exiger de l’UNRWA une réduction drastique du nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés
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Washington ne financera plus l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens

Les Etats-Unis envisagent par ailleurs d’exiger de l’UNRWA une réduction drastique du nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 19h10
 • Mis à jour le
01.09.2018 à 13h47
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        


La menace s’est concrétisée vendredi 31 août pour l’Autorité palestinienne. Après des mois de tensions, Washington a annoncé, par la voix du département d’Etat, qu’il allait réduire à néant sa participation financière au fonctionnement de l’agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens (UNRWA).
Cette suppression s’ajoute à celle de 200 millions de dollars (172 millions d’euros) d’aide bilatérale décidée le 25 août. L’aide globale des Etats-Unis aux Palestiniens s’élevait en 2017 à plus de 350 millions de dollars. Une somme liée au rôle longtemps prépondérant de Washington dans le conflit israélo-palestinien.


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Les Etats-Unis financent plus du tiers du budget de l'UNRWA
Vingt plus importantes contributions gouvernementales au budget 2017 de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.

Source : UNRWA



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Un peu plus tôt, Berlin avait annoncé une augmentation « substantielle » de sa contribution à l’UNRWA et appelait ses partenaires européens à faire de même. L’agence aide plus de 3 millions de Palestiniens, parmi les 5 millions enregistrés comme réfugiés, notamment à travers ses écoles et ses centres de santé. Sa capacité de travail est en « jeu », a écrit le ministre des affaires étrangères allemand, Heiko Maas, dans une lettre à ses homologues européens, réunis à Vienne.
Ces ressources, poursuit-il dans cette lettre, ne suffiront pas à compenser le retrait américain et, par conséquent, l’Union européenne (UE) doit « faire de nouveaux efforts ». La présence de cette agence est « un facteur-clé pour la stabilité, en particulier dans la bande de Gaza ». Sa paralysie pourrait « déclencher une réaction en chaîne incontrôlable », met en garde Heiko Maas.
« Expansion sans fin et exponentielle »
Au début de 2018, l’administration de Donald Trump avait déjà réduit de moitié sa participation à l’UNRWA, à environ 60 millions de dollars. Le 25 août, le département d’Etat avait annoncé son intention de réorienter vers « des programmes hautement prioritaires ailleurs » la somme de 200 millions de dollars prévue pour des programmes en Cisjordanie et à Gaza. Cinq jours plus tard, le Washington Post assurait, sans être démenti, que la dernière tranche d’aide à l’UNRWA serait également supprimée prochainement.
S’exprimant le 30 août devant la Foundation for Defense of Democracies, un think tank pro-israélien de Washington, l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU, Nikki Haley, avait laissé entendre que son pays interromprait cette aide jusqu’à ce que l’agence des Nations unies se réforme, citant le contenu des enseignements qu’elle dispense dans ses très nombreux établissements scolaires, jugés agressifs envers Israël.
Tout en invitant les pays arabes du Golfe à s’impliquer davantage financièrement auprès de l’agence, elle avait également ajouté comme condition la définition par l’UNRWA d’un « nombre juste » de réfugiés palestiniens. Vendredi, la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert, a déclaré que « l’expansion sans fin et exponentielle de la communauté de bénéficiaires n’[était] pas viable ».
Modifier les paramètres de la négociation
Cette mention renvoie aux courriers internes à l’administration de Donald Trump publiés le 3 août par le magazine Foreign Policy. Chargé depuis l’arrivée de son beau-père à la Maison Blanche de la préparation d’un plan de paix israélo-palestinien, le gendre et conseiller de M. Trump, Jared Kushner, y fait état de son intention de liquider « une agence qui perpétue le statu quo, qui est corrompue, inefficace et qui n’aide pas à la paix ».
Selon le Washington Post, les Etats-Unis envisagent d’exiger de l’UNRWA une réduction drastique du nombre de Palestiniens considérés comme des réfugiés, qui s’élève aujourd’hui à 5 millions de personnes. L’administration Trump souhaiterait que ce statut soit limité aux personnes en vie au moment de la création de l’agence, il y aura bientôt soixante-dix ans, soit environ un dixième du total. « Il ne revient pas à l’administration américaine de définir le statut des réfugiés palestiniens », a réagi le représentant de l’Autorité palestinienne à Washington, Husam Zomlot.
Il ne s’agit pas de la première tentative des Etats-Unis de modifier les paramètres de la négociation entre Israël et les Palestiniens en violation des résolutions de l’ONU. En décembre 2017, le locataire de la Maison Blanche avait ainsi reconnu unilatéralement Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu, alors que les Palestiniens souhaitent établir la leur dans la partie annexée par la force en 1967.
Donald Trump a estimé, le 28 janvier, au côté du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à Davos, en Suisse, que cette décision avait retiré la question du partage de Jérusalem, particulièrement délicate, de la table d’éventuelles négociations. « Nous n’avons plus à en parler », a-t-il dit.
La mesure « la plus anti-israélienne » de Trump
La réduction du nombre de réfugiés palestiniens s’inscrit dans la même logique qui épouse fidèlement les positions israéliennes. Elle est accompagnée par l’accord tacite donné par Washington à l’expansion de colonies israéliennes dans les territoires palestiniens, une autre rupture de taille avec les administrations précédentes, démocrates comme républicaines.
Le coup de force américain sur Jérusalem a cependant entraîné une crise sans précédent avec l’Autorité palestinienne. La préparation du plan de paix de Jared Kushner, annoncé de longue date, mais qui tarde à se concrétiser, se limite pour l’instant au dialogue du gendre du président des Etats-Unis avec les autorités israéliennes, élargi ponctuellement aux capitales arabes alliées de Washington.
Redoutant une déstabilisation des territoires palestiniens, l’ancien négociateur américain Aaron David Miller écrivait jeudi sur son compte Twitter que l’assèchement des fonds de l’UNRWA serait la mesure « la plus anti-israélienne » prise par Donald Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche.



                            


                        

                        


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Attaques chimiques en Syrie : les intox de la Russie

Médias et officiels russes ont multiplié des déclarations cherchant à avertir de possibles bombardements au chlore par des « terroristes » qui chercheraient à « piéger » Bachar Al-Assad.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 18h26
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 19h12
    |

            Madjid Zerrouky








                        


« Des terroristes prépareraient une attaque chimique en Syrie dans deux jours pour piéger Al-Assad. » Cette attaque à Kafr Zita, dans la province d’Idlib, « annoncée » — au conditionnel — par des médias russes n’a finalement pas eu lieu. Mais la prochaine serait imminente, si l’on en croit Moscou. Où ? A Saraqeb ou « dans le sud », comme l’annonce l’ambassade de Russie en Israël ? Ou au contraire dans l’Ouest, près de Jisr al-Choughour, où des djihadistes ouïgours en auront la responsabilité avec l’aide de mercenaires britanniques, selon l’ambassade de Russie à Washington ?

Several sources in #Idlib province of #Syria say to #Russia military that #whitehelmets bandits delivered large loa… https://t.co/0AdJBvdZ2S— israel_mid_ru (@Russia🇷🇺 in Israel)


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Depuis que les bruits de bottes se font entendre autour de la province, dernier fief rebelle promis à une offensive militaire imminente, des responsables, ambassades russes, médias gouvernementaux et pro-Bachar Al-Assad multiplient les informations faisant état de préparatifs d’attaques chimiques dans la région. L’objectif serait de légitimer, selon eux, une intervention occidentale contre les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés.

        Lire aussi :
         

                Syrie : derniers préparatifs avant la bataille d’Idlib



Le 26 août, le major général Igor Konashenkov, porte-parole du ministère de la défense russe, avait lancé l’offensive en assurant que « des spécialistes anglophones sont arrivés dans la zone de désescalade d’Idlib pour organiser une attaque chimique à l’aide de roquettes remplies de chlore. Les gens s’habilleront comme des casques blancs [les secouristes de la défense civile] pour tourner des vidéos les montrant en train de souffrir de prétendues munitions chimiques lancées par les forces gouvernementales syriennes ». 
Une déclaration naturellement relayée par RT (anciennement Russia Today) et Sputnik News, deux des principaux relais médiatiques d’influence de Moscou.
Igor Konashenkov avait précisé que l’opération devrait se dérouler dans le village de Kafr Zita « dans les deux prochains jours ». Si l’« opération » n’a pas eu lieu, son annonce a rappelé de mauvais souvenirs aux premiers intéressés, les habitants. La ville a en effet subi dix-sept attaques supposées au chlore depuis 2014…
« Le régime et la Russie veulent forcer la population à fuir et veulent salir la réputation de la défense civile, a réagi le conseil local de la ville (la municipalité). Cela suggère que le régime a délibérément l’intention de [nous] bombarder avec du gaz chimique. »
Des casques blancs se mettent en scène, selon le Kremlin
Les médias prorusses attribuent des attaques chimiques aux rebelles ou aux services de secours depuis 2013 et une attaque au sarin dans la Ghouta, près de Damas, qui a fait des centaines de morts. Mais ces campagnes se sont accélérées après celle, toujours au sarin, de Khan Cheikhoun en 2017. Les enquêteurs de l’ONU en ont attribué la responsabilité au régime syrien.
Pour appuyer la démonstration de « Kafr Zita », la semaine passée, des images d’une mise en scène ont une nouvelle fois été exposées comme « preuve » par des comptes Twitter d’ambassades russes.

   


Les auteurs de ce hoax, qui s’adresse de toute évidence à un public occidental, n’ont pas pris la peine d’effacer le nom inscrit en arabe sur le clap utilisé pendant le tournage : Najdat Anzour, réalisateur présumé, donc, de la « mise en scène » rebelle.
L’auteur comme le tournage sont bien réels. Il s’agit du film Revolution Man, une fresque sur la guerre, produite par le ministère de la culture syrien et financée par l’entreprise d’Etat de télécommunications Syriatel. L’image en question figure d’ailleurs sur le compte Facebook promotionnel du film.

   


Ironiquement, le film, sorti en mars 2018, a pour but affiché de contrer la propagande adverse : « La Syrie a été soumise à beaucoup de désinformation et de fausses allégations […] et le film vise cet aspect pour livrer son message… », expliquait le responsable média de Syriatel le 3 mars.
Difficile de ne pas déceler un fil conducteur dans la propagande russo-syrienne à la lecture du synopsis : « Le film raconte l’histoire d’un journaliste à la recherche de renommée et de prix internationaux qui entre illégalement en Syrie pour prendre des photos et des vidéos de la guerre. Après avoir échoué à atteindre son objectif, il aide les terroristes à fabriquer un incident avec des produits chimiques. » 
Une vidéo « preuve » issue d’un making-of
Le 13 février déjà : mêmes accusations, et mêmes éléments de langage. En se basant sur des « renseignements anonymes » parvenus aux militaires russes déployés en Syrie, un article publié par RT accusait les casques blancs et les djihadistes du Front al-Nosra de planifier une attaque à l’arme chimique. Lieu de l’attaque prévue : Saraqeb. Soit le site, là encore, d’une attaque qui avait déjà eu lieu… neuf jours plus tôt, le 4 février.
L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait confirmé le 16 mai que du chlore avait été « vraisemblablement utilisé comme arme chimique ». « Du chlore a été libéré de cylindres par impact mécanique dans le quartier d’Al-Talil, à Saraqeb », affirmait un communiqué de l’institution.
En mars, dans la région d’Al-Tanf (Sud-Est), après une brusque montée des tensions entre des forces américaines et des rebelles locaux d’un côté, et des forces syriennes et pro-iraniennes de l’autre, Washington était cette fois accusé par le ministère de la défense russe de planifier des attaques chimiques dans le Sud.
« Nous disposons d’informations fiables selon lesquelles des instructeurs américains ont formé un certain nombre de groupes militants dans les environs de la ville d’At-Tanf pour organiser des provocations à l’aide d’agents chimiques dans le sud de la Syrie », déclarait alors le général Sergueï Rudskoy.
« Au début du mois de mars, les groupes de saboteurs ont été déployés dans la zone de désescalade sud vers la ville de Deraa, où sont stationnées les unités de la prétendue Armée syrienne libre. »
Des accusations là encore fantaisistes, non étayées et démenties par les faits. L’enclave de Deraa sera, elle, reprise par les forces gouvernementales quelques mois plus tard, au début de l’été.

        Lire aussi :
         

                Attaque chimique à Douma : le « faisceau de preuves » qui accusent le régime syrien



Le 7 avril, une attaque, bien réelle celle-là, visait la ville de Douma, dans la Ghouta orientale, et tuait une quarantaine de personnes. Le fait qu’elle ait impliqué des hélicoptères gouvernementaux n’a pas empêché le gouvernement russe d’affirmer que le gouvernement britannique avait ordonné aux casques blancs de simuler une attaque.
Le 9 avril, la télévision d’Etat Russia-1 avait présenté des preuves de la mise en scène : des images… elles aussi empruntées au making-of du film Revolution Man.

   


Si ces « annonces » ne sont pas toujours liées à des attaques réelles, elles anticipent souvent des opérations des forces gouvernementales. Comme si Mosocu cherchait à systématiquement brouiller les pistes de façon préventive alors que des dizaines d’attaques — majoritairement au chlore — ont été documentées dans le pays. Que Damas envisage, ou pas, d’utiliser des armes chimiques dans la province d’Idlib, le compte à rebours de l’offensive est bel et bien lancé.



                            


                        

                        

