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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Manipulations génétiques, transhumanisme, nanotechnologies, généralisation d’Internet…  L’innovateur doit réfléchir aux impacts des avancées technologiques sur nos modes de vie avant  de commercialiser ses produits, recommande  Xavier Pavie, philosophe et professeur à l’Essec.
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« Il est urgent  que la philosophie questionne l’innovation »

Manipulations génétiques, transhumanisme, nanotechnologies, généralisation d’Internet…  L’innovateur doit réfléchir aux impacts des avancées technologiques sur nos modes de vie avant  de commercialiser ses produits, recommande  Xavier Pavie, philosophe et professeur à l’Essec.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h43
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Professeur à l’Essec Business School, Xavier Pavie est également chercheur associé à l’Institut de recherches philosophiques (IRePH) de l’université ­Paris-Nanterre. C’est sous cette double casquette qu’il publie L’Innovation à l’épreuve de la philosophie (PUF, 400 p., 22 euros), dans lequel il préconise le recours aux exercices spirituels issus de la philosophie antique pour promouvoir une innovation « responsable ».
Pourquoi estimez-vous urgent de soumettre l’innovation à l’épreuve de la philosophie ?
Parce que les innovations récentes auront des conséquences peut-être irréversibles, il est urgent de les questionner, et il n’y a pas de discipline plus pertinente que la philosophie pour cela. Les bonnes voies de la philosophie – les voies vers la sagesse, la maîtrise des passions, la mesure et la ­tempérance – peuvent nous conduire vers un avenir humainement durable en termes d’innovation.
De quelles innovations parlez-vous ?
Aussi bien des manipulations génétiques que des promesses du transhumanisme, des nanotechnologies ou de la généralisation d’Internet. Ces avancées nous ont donné des pouvoirs nouveaux depuis un demi-siècle, car l’humanité s’est libérée de deux contraintes majeures.
La première, technique et scientifique, a été levée par la convergence de ce que l’on appelle les NBIC [pour « nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives »], qui nous donne désormais la capacité d’augmenter la condition humaine. La seconde contrainte, d’ordre moral, était jusqu’alors maintenue par les institutions, notamment religieuses : il était condamnable de chercher à modifier l’humain et la nature. Or, même si les voix des Eglises n’ont pas disparu, elles ne sont plus audibles sur ce sujet auprès des scientifiques.
Par ailleurs, l’innovation se joue désormais, pour l’essentiel, dans un monde libéral : elle est avant tout considérée comme une perspective de...




                        

                        


<article-nb="2018/08/31/18-2">
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Le chercheur en communication Charles Cuvelliez pointe la crédulité des humains face aux affirmations de l’intelligence artificielle dans une tribune au « Monde ».
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« Voici venu le temps des manipulations robotiques »

Le chercheur en communication Charles Cuvelliez pointe la crédulité des humains face aux affirmations de l’intelligence artificielle dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h27
    |

                            Charles Cuvelliez (Professeur à l’Ecole polytechnique de l'université libre de Bruxelles/ULB)








                        



                                


                            

Tribune. La propension à agir comme tout le monde est un trait de comportement analysé depuis les années 1950 et nommé « syndrome de conformité » dans les expériences du psychologue Solomon Asch (1907-1996). En présence d’une majorité favorable à une opinion, même dont il sait qu’elle est de toute évidence fausse, le cobaye d’Asch a tendance à la suivre.
Un groupe de chercheurs a eu la bonne idée de répéter cette expérience avec des robots humanoïdes conçus pour interagir avec des humains (« Children conform, adults resist : A robot group induced peer pressure on normative social conformity », Anna-Lisa Vollmer, Robin Read, Dries Trippas et Tony Belpaeme, Science Robotics, n° 3/21, août 2018). Car demain, nos interactions n’auront plus uniquement lieu avec nos semblables, mais aussi avec des robots, des enceintes connectées ou des chatbots.

Il sera facile de programmer ces robots pour émettre des opinions semblables en vue de nous influencer. Après les manipulations sur Internet, voici venu le temps des manipulations robotiques. On n’en sortira donc jamais ?
Des gadgets
Les résultats de l’expérience ont de quoi faire peur : si les adultes ne sont pas influençables par les robots, les enfants, en revanche, le sont ! L’expérience a d’abord consisté à présenter à cinquante Britanniques âgés de 18 à 69 ans, en présence des petits robots Nao, une barre d’une longueur donnée comparée à trois barres de longueurs différentes et à demander laquelle des trois a une longueur égale à la première.
Les trois robots Nao avaient été programmés pour donner une réponse fausse. Les cinquante adultes ne furent jamais influencés par cette réponse. Cependant, comme dans l’expérience d’Asch, si ces trois robots sont trois complices en chair en os, les adultes sont bel et bien influencés. La différence est logique : les cinquante adultes ne voient pas ces robots comme une source d’autorité.

La même...




                        

                        


<article-nb="2018/08/31/18-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ La polysémie du mot, depuis l’abominable furoncle ­jusqu’au fameux interrupteur en passant par la petite pièce d’accrochage vestimentaire, en fait un objet moins sage qu’il n’y paraît à première vue.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
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Appuyer sur un bouton : un geste pas si banal que ça

La polysémie du mot, depuis l’abominable furoncle ­jusqu’au fameux interrupteur en passant par la petite pièce d’accrochage vestimentaire, en fait un objet moins sage qu’il n’y paraît à première vue.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 10h06
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Il est un geste que nous répétons des dizaines de fois quotidiennement sans y penser – du matin (mettre fin à la stridence du réveil) au soir (éteindre la lampe de chevet), et toute la journée (la souris de l’ordinateur, l’écran du smartphone, la télécommande du téléviseur…) : appuyer sur un bouton.
Dans un petit livre à la fois hilarant et profond, la philosophe et sociologue Anne Salmon envisage toutes les facettes de cet acte d’une affligeante banalité. Dans Imaginaire scientifique et modernité ­ordinaire. Une histoire d’électricité (ISTE éditions, 132 p., 30 euros), elle commence par explorer l’immensité polysémique du « bouton », depuis l’abominable furoncle ­jusqu’au fameux interrupteur en passant par la petite pièce d’accrochage vestimentaire.
Cet éventail de significations vaut d’ailleurs au bouton querelles d’étymologistes et histoires à rebondissements. On apprend ainsi que le bon roi Henri IV interdit à sa cour, sous peine de lourdes amendes, d’arborer des boutons d’or et d’argent, car il préférait les voir contribuer à la circulation monétaire…
Ampoule ou bombe A
Mais le bouton contemporain, si l’on ose dire, se distingue par sa capacité à mettre en marche, par le geste le plus simple, des mécanismes d’une incroyable complexité : ampoule ou bombe atomique – et cela grâce à l’électricité. Et l’objet véritable du livre ­apparaît alors : en décortiquant les discours (scientifiques, philosophiques, religieux, journalistiques, anecdotiques) qui entourent chaque étape de l’entrée de l’électricité dans la vie des hommes, de la bouteille de Leyde (1745) à la fission atomique, en passant par la galvanisation des cadavres (Galvani, avant des ­générations de potaches, réanime à distance la cuisse d’une grenouille en 1781), l’auteure montre que le progrès technique n’est en rien le résultat de la progression continue d’un savoir rationnel.

Il a bien plus à voir avec le triomphe de programmes de pensée ­sachant manier...




                        

                        


<article-nb="2018/08/31/18-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Chez ces rongeurs, les femelles non gestantes adoptent un comportement maternel sous l’effet d’une hormone présente dans les excréments de la cheffe de la colonie.
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<article-nb="2018/08/31/18-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ La Haute Autorité de santé devra évaluer le bien-fondé de la prise en charge de l’homéopathie.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
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Rembourser ou pas l’homéopathie, un débat récurrent

La Haute Autorité de santé devra évaluer le bien-fondé de la prise en charge de l’homéopathie.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 10h47
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Avant la fin de février 2019, la Haute Autorité de santé (HAS) aura rendu son verdict : saisie par le ministère de la santé, elle va évaluer l’efficacité et le bien-fondé de la prise en charge par l’Assurance-maladie de l’homéopathie. Ce débat, qui resurgit en France de façon récurrente, vient de refaire surface après qu’une tribune virulente de 124 professionnels de santé, publiée en mars par Le Figaro, a demandé, entre autres, l’arrêt du remboursement.
« Nous souhaitons recueillir l’avis de la commission de transparence [de la HAS, qui évalue les médicaments en vue de leur remboursement] quant au bien-fondé des conditions de prise en charge et du remboursement des médicaments homéopathiques », souligne le courrier de saisine adressé par le ministère et daté du 1er août, que l’AFP s’est procuré. Cet avis devra prendre en compte « leur efficacité et leurs effets indésirables, leur place dans la stratégie thérapeutique » et « l’intérêt pour la santé publique de ces produits ».
620 millions d’euros en 2017
Si la grande majorité de ces produits sont vendus sans ordonnance et sont non remboursés, tels Oscillococcinum, Cocculine (Boiron) ou encore L52 (Lehning)… une partie est prise en charge à hauteur de 30 % par l’Assurance-maladie. « Cela représente une trentaine de spécialités, sur environ 7 000 médicaments évalués par la Haute Autorité de santé », précisait en mai au Monde la docteure Anne d’Andon, chef du service évaluation du médicament de la HAS. Ce sont par exemple Arnica, Calendula, Hamamélis…
Le marché de l’homéopathie représente environ 620 millions d’euros en 2017, selon le cabinet OpenHealth, qui s’appuie sur les ventes de plus de 10 700 pharmacies d’officines françaises. Dont environ la moitié remboursée par l’Assurance-maladie, ce qui représente près de 1 % du budget médicaments. Le sujet est sensible, notamment...




                        

                        


<article-nb="2018/08/31/18-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Partout en France, des signataires d’une tribune sont poursuivis devant l’ordre des médecins par le syndicat des homéopathes pour non-confraternité. La riposte s’organise.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/08/2018
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Homéopathie : entre les médecins, la guerre est déclarée

Partout en France, des signataires d’une tribune sont poursuivis devant l’ordre des médecins par le syndicat des homéopathes pour non-confraternité. La riposte s’organise.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 05h22
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 17h05
    |

            Laetitia Clavreul, 
                                Gilles Triolier (Rouen, correspondance), 
                            Claire Mayer (à Bordeaux) et 
Pascale Santi








                        



                                


                            

Céline Berthié, 36 ans, est médecin généraliste à Cussac-Fort-Médoc (Gironde), deux mille habitants, à une heure de Bordeaux. Dans son cabinet, tous les jours, elle voit des patients qui ont eu recours à des formes de médecine alternative, cherchant des réponses à des maux qu’ils ne parviennent pas à soigner. « L’obscurantisme monte en médecine comme dans beaucoup d’autres secteurs. Les gens ne croient plus les sources fiables, et mélangent tout, constate-t-elle. Il y a des troubles que l’on soigne mal en médecine, l’anxiété chronique, le sommeil, la ménopause. Mais, lorsqu’un patient va voir un médecin, il a le droit de savoir si ce qu’on lui prescrit est de l’ordre de la science ou de la croyance. »
Le ton est direct, comme celui de la tribune qu’elle a signée, le 19 mars, dans Le Figaro, et qui lui vaut, jeudi 30 août, d’être convoquée à une conciliation devant l’ordre des médecins. Céline Berthié est assignée pour non-confraternité et non-respect du code de déontologie par le Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF). La jeune médecin fait partie des 124 professionnels de santé (3 337 désormais) qui, jugeant les médecines alternatives, telle l’homéopathie, inefficaces, dangereuses, et coûteuses pour la « Sécu », demandaient aux pouvoirs publics et à l’ordre des médecins de « ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir ».
Appelant aussi à ce que l’homéopathie ne soit plus remboursée, ils évoquaient « des charlatans en tout genre qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l’efficacité illusoire ». Une tonalité jugée agressive et peu courtoise. La tribune a fait grand bruit, et la ministre de la santé a depuis saisi la Haute Autorité de santé pour qu’elle rende une évaluation.
A la veille de sa convocation, Céline Berthié, anxieuse,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/31/18-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Face aux désordres écologiques et climatiques qui favorisent l’émergence de maladies et face aux inégalités Nord-Sud dans l’accès aux soins, un collectif, dans une tribune au « Monde », appelle scientifiques, mécènes et philanthropes à œuvrer pour une approche internationale et équitable de la santé.
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Scientifiques, mécènes et philanthropes : tous unis pour défendre une santé globale

Face aux désordres écologiques et climatiques qui favorisent l’émergence de maladies et face aux inégalités Nord-Sud dans l’accès aux soins, un collectif, dans une tribune au « Monde », appelle scientifiques, mécènes et philanthropes à œuvrer pour une approche internationale et équitable de la santé.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 08h35
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Face aux changements globaux, la santé planétaire est un défi crucial. Les inégalités d’accès aux soins accroissent les risques ­infectieux émergents et obèrent la ­capacité des pays du Sud à faire face au fardeau croissant des maladies chroniques. Soixante-dix pour cent des maladies émergentes ou réémergentes graves sont favorisées par des déséquilibres écologiques et/ou climatiques. La clé de l’avenir sanitaire de notre planète et de ses habitants se trouve dans une approche interdisciplinaire one health de la formation, de l’expertise, de la recherche et de l’innovation, dans un partenariat international équitable et inclusif.
Pour relever ce défi, les pays de la zone intertropicale et méditerranéenne souffrent cruellement de l’absence d’un système de santé universel efficace, soutenu par un mécanisme universel d’assurance-maladie et par un nombre suffisant de personnels de santé qualifiés. De la même ­façon, ces pays manquent de chercheurs pour anticiper, prévenir, innover, atténuer et s’adapter. L’Afrique ne compte par exemple que 2,3 % des chercheurs du monde et contribue à moins de 2 % du total des publications scientifiques.
Une aide fragmentée
L’aide est aujourd’hui fragmentée, maladie par maladie, et se fond dans des mécanismes administratifs trop souvent éloignés du terrain. Depuis 2013, les investissements en santé globale stagnent. Cela menace la pérennité des progrès accomplis ces quinze dernières années et compromet la réalisation de l’objectif onusien de « bonne santé et bien-être ». Même si les fondations, des Etats-Unis notamment, consacrent des sommes importantes aux objectifs de développement durable (ODD), l’investissement consenti est encore loin d’atteindre le niveau nécessaire.
La situation est pourtant favorable : la France veille à ce que les investissements privés soient porteurs de ­développement, dans le respect de la « loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Des études ont montré qu’un effort physique permet d’améliorer les capacités cognitives, dont l’attention.
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Le sport pour aider les enfants et adolescents hyperactifs

Des études ont montré qu’un effort physique permet d’améliorer les capacités cognitives, dont l’attention.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 19h31
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

« Votre fils ne sera jamais capable de se concentrer sur quoi que ce soit », avait prédit une ­enseignante à Deborah Phelps. Pourtant son petit Michael, qui ne tenait pas en place sur les bancs de l’école, a vite réussi à patienter de longues heures au bord des bassins pour des courses de quelques minutes. Et quelles courses ! Agé aujourd’hui de 33 ans, le nageur américain est le sportif le plus titré des Jeux olympiques, avec 28 médailles, dont 23 en or.
Outre Michael Phelps, bien d’autres champions sont atteints d’un trouble du déficit de l’attention ou hyperactivité (TDAH) : les basketteurs américains Magic ­Johnson et Michael Jordan, le sprinter Carl Lewis, le plongeur Greg Louganis… Certains ont ­raconté comment le sport les a aidés à canaliser leur énergie débordante. Il est aussi connu que les personnes avec TDAH peuvent être hyperconcentrées lors d’activités qui les motivent.
5% des enfants touchés par ce trouble
Mais au-delà de ces sportifs d’exception, l’activité physique peut-elle aider les individus souffrant ­d’hyperactivité ? La question est d’autant plus pertinente que ce trouble du neurodéveloppement, qui touche 5 % des enfants, se caractérise par des ­difficultés attentionnelles, une impulsivité et une hyper­activité pouvant avoir de lourdes conséquences sur la scolarité, la vie familiale et sociale… De plus, ces jeunes présentent plus de risques d’être en surpoids ou obèses. Ces dernières années, plusieurs études – souvent sur des effectifs limités – ont ­obtenu des résultats encourageants, montrant que, comme chez tout un chacun, bouger a des effets ­bénéfiques sur le cerveau des ­hyperactifs.
Dernière en date, une étude menée par l’équipe de Valentin Benzing (université de Berne, Suisse) chez 46 enfants âgés de 8 à 12 ans souffrant de TDAH, qui conclut qu’après des séances de 15 minutes d’exercice physique d’intensité modérée à intense, les ­capacités d’inhibition (contrôle) et la flexibilité mentale augmentent....




                        

                        


<article-nb="2018/08/31/18-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Cet ancien ingénieur de SpaceX avait intégré le programme de la NASA en 2017. Il avait été l’un des douze retenus parmi 18 300 candidats.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                

Pour la première fois en 50 ans, un apprenti astronaute de la NASA démissionne

Cet ancien ingénieur de SpaceX avait intégré le programme de la NASA en 2017. Il avait été l’un des douze retenus parmi 18 300 candidats.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 03h49
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 08h00
   





                        



   


Un aspirant de la NASA au voyage dans l’espace a démissionné pour des « raisons personnelles », devenant le premier à renoncer en cinquante ans, a-t-on appris mardi 28 août. Selon une porte-parole de l’agence spatiale américaine, cette démission sera effective le 31 août.
Robb Kulin, 35 ans, suivait une formation de deux ans pour devenir astronaute depuis août 2017 au Johnson Space Center à Houston (Texas). Il avait fait partie d’environ 18 300 candidats, un record, aux douze places prévues pour cette promotion 2017. C’était la troisième fois qu’il tentait sa chance, selon le journal Anchorage Daily News, en Alaska dont il est originaire. C’est la première fois depuis 1968 qu’un élève démissionne avant de recevoir sa qualification.
Ancien de SpaceX
La biographie de Robb Kulin disponible mardi soir sur le site de l’agence américaine indique qu’avant sa sélection par la NASA, il a travaillé pendant sept ans dans l’entreprise spatiale SpaceX d’Elon Musk en tant que chef ingénieur, travaillant notamment sur la fusée Falcon 9. Il a également travaillé sur les glaces de l’Antarctique.
Lors d’un entretien en juin 2017, il avait expliqué d’où lui était venue l’envie d’aller dans l’espace :
« Peut-être qu’on pourrait dire que je ne suis pas très malin parce que ce qui m’a donné le virus de l’espace, c’est de travailler sur la catastrophe de [la navette] Columbia quand j’étais étudiant. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Des chercheurs ont découvert une enzyme capable d’ôter des cellules sanguines les antigènes responsables des incompatibilités entre groupes A et B.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/08/2018
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Le « sang universel » est-il en vue ?

Des chercheurs ont découvert une enzyme capable d’ôter des cellules sanguines les antigènes responsables des incompatibilités entre groupes A et B.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 14h13
    |

                            Intissar El Hajj Mohamed








                        



                                


                            

Bientôt du sang universel… Ou pas. La recherche, tiraillée entre scepticisme et promesses, tente une énième fois de composer la recette parfaite.
A Boston, aux Etats-Unis, le 21 août, une équipe de l’université de la Colombie-Britannique (Canada) a ainsi présenté ses derniers travaux à la 256e réunion et exposition nationale de l’American Chemical Society. Elle aurait identifié une enzyme trente fois plus efficace que les molécules précédemment testées pour convertir les groupes sanguins A et B en O, celui des donneurs universels.
La protéine appartient au microbiote intestinal. Une bactérie l’utilise pour retirer les sucres de la paroi digestive et s’en nourrir. Ces hydrates de carbone sont similaires aux antigènes affichés à la surface des globules rouges de types A et B et dont l’absence caractérise le groupe O. D’où l’intérêt potentiel de l’enzyme anonyme.
« Pour l’instant, je ne peux rien divulguer sur son identité », s’excuse Stephen Withers, directeur de l’étude : il attend la publication prochaine de ses résultats dans une revue scientifique. Après avoir isolé l’enzyme bactérienne, M. Withers dit avoir eu recours aux tests antigéniques de la Croix-Rouge canadienne pour en attester l’efficacité.
« E. coli » mis à contribution
La découverte repose sur l’emploi d’un procédé innovant : la métagénomique, une technique d’analyse génétique des milieux naturels complexes. « Tout l’ADN contenu dans l’environnement étudié est extrait et purifié, explique M. Withers. Nous le découpons en morceaux que nous introduisons dans des organismes standards, des bactéries Escherichia coli (E. coli) [communes dans l’intestin des mammifères]. »
A partir de ces nouveaux gènes, les E. coli génèrent une large gamme de produits protéiques : les bactéries qui possèdent l’activité requise sont ensuite décelées afin de resserrer le nombre des candidates. Pour remonter jusqu’aux enzymes, les...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Le grand projet européen de recherche sur le cerveau fait face à la démission de son directeur exécutif, sur fond de divergences avec l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, qui pilote le programme.
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Nouvelle crise au Human Brain Project

Le grand projet européen de recherche sur le cerveau fait face à la démission de son directeur exécutif, sur fond de divergences avec l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, qui pilote le programme.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 14h00
    |

                            Fabien Goubet (« Le Temps »)








                        



                                


                            
Décidément, le Human Brain Project (HBP) est un navire bien difficile à gouverner. Christoph Ebell, le directeur exécutif de cet ambitieux consortium de recherche sur le cerveau humain, a démissionné jeudi 16 août. « Les parties se séparent d’un commun accord suite à un changement de leadership universitaire et à des différends sur la gouvernance et la stratégie du HBP », indique un communiqué émanant du principal intéressé et du pilote du projet, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
Dans le Landerneau des neurosciences, la nouvelle n’a pas surpris – même si personne, y compris l’EPFL, ne souhaite officiellement s’exprimer sur ce sujet sensible. « Chris Ebell n’avait pas assisté à plusieurs réunions stratégiques depuis juin, officiellement pour cause de burn-out, glisse une source contactée par Le Temps. Il se dit qu’il était surtout lassé des problèmes d’organisation inhérents au HBP. »« Nous avons appris sa démission lors de discussions internes, sans justification de la part de l’EPFL. C’est d’une opacité totale », s’étonne un autre spécialiste. Chris Ebell se contente de dire qu’il « se consacre désormais à des projets professionnels liés au calcul à haute performance, ainsi qu’à la création d’une entreprise de ­consulting et de capital-risque ».

Choisi par l’Union européenne en 2013 comme l’une des deux initiatives phares européennes (FET Flagships), ces projets « jackpot » à 1,2 milliard d’euros de budget ­répartis sur dix ans, le HBP visait à reproduire sur ordinateur le fonctionnement du cerveau humain. Cent seize partenaires, 800 chercheurs répartis dans 19 pays…
Des débuts houleux
Ce n’est rien de dire que les débuts ont été houleux. En juillet 2014, près de 800 neuroscientifiques cosignaient une lettre ouverte adressée à la Commission européenne, émettant de vives critiques quant à l’organisation de ce projet pharaonique. Ils s’inquiétaient de la vision « étroite »...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Aux Invalides, le Musée de l’ordre de la Libération retrace l’épopée du couple d’archéologues à Begram, en Afghanistan.
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Exposition : Ria et Joseph Hackin, découvreurs de l’Alexandrie du Caucase

Aux Invalides, le Musée de l’ordre de la Libération retrace l’épopée du couple d’archéologues à Begram, en Afghanistan.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 12h27
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 16h20
    |

            Florence Evin








                        



   


Aux Invalides, à Paris, une exposition passionnante du Musée de l’ordre de la Libération met en scène les travaux de Joseph Hackin et Marie, dite Ria, son épouse, découvreurs, en Afghanistan, de Begram, l’Alexandrie du Caucase. Située à cent kilomètres au nord-est de Kaboul, c’est l’une des dizaines de villes fondées par Alexandre Le Grand en route vers l’Inde, au IVe siècle avant notre ère.
Fils de cocher, Joseph Hackin (1886-1941) est l’une des grandes figures de l’archéologie orientale. Il met au jour les trésors enfouis aux pieds des sommets vertigineux de l’Hindu Kuch. Luxembourgeois naturalisé français, diplômé de sciences politiques à 20 ans, Hackin se passionne pour l’Asie, devient le secrétaire d’Emile Guimet, travaille dans le musée de l’industriel lyonnaiset étudie la philologie, le sanscrit et le tibétain à l’Ecole pratique des hautes études. Il rejoint l’Afghanistan à l’appel d’Alfred Foucher, auquel il succédera à la direction de la nouvelle Délégation archéologique française en Afghanistan (DAFA), créée en 1922 à la demande du roi Amanullah.

   


Lors de campagnes de fouilles (1924-1940), il explore le site bouddhique de Bamiyan, ses monastères et grottes creusés par centaines dans la falaise sur une longueur d’un kilomètre, avec l’aide de l’architecte Jean Carl et de Ria. Les dessins et aquarelles d’Alexandre Iacovleff, qui est à leurs côtés, demeurent les rares preuves des décors disparus, notamment les relevés des grands bouddhas détruits à l’explosif en 2001 par les talibans. Sur les peintures murales se lit le subtil et sensuel mélange des codes et palettes des arts indien, sassanide et romain d’Orient.
Un énigmatique trésor
Ouvrant l’exposition, la carte de l’Afghanistan dessine le chaos de montagnes sillonnées de voies d’eau ; une contrée que les grandes puissances n’ont cessé de convoiter pour ses richesses minières – lapis-lazuli, or, émeraude, terres rares, cuivre… Les lettres, manuscrits et carnets de fouilles, de la petite écriture régulière de Joseph Hackin, complètent les films et photos pris par Ria et projetés dans l’exposition. Equipée d’un appareil Rolleiflex et d’une caméra, elle s’intéresse à la vie locale, aux populations dont elle est proche, relevant les légendes et contes dont elle fait un recueil.

        Voir le grand format :
         

          Vus d’un drone, les trésors de Mes Aynak, en Afghanistan




   


C’est à Ria qu’est confiée la gestion du chantier de fouilles de Begram (1937-1939), dont elle exhume un énigmatique trésor. « Deux pièces étaient remplies de plusieurs centaines d’objets en verrerie provenant d’Alexandrie ou de Syrie, dont une représentation du phare d’Alexandrie – le meilleur document existant –, et un poisson en verre (Ier-IIe siècles), raconte Philippe Marquis, actuel directeur de la DAFA. Mais aussi, par milliers, des petits portraits de divinités ou donateurs, d’une facture délicate en argile polychrome, d’influence indienne, recouverts de feuilles d’or pour les bouddhas. Et des milliers de petites pièces d’ivoire, des placages de meubles finement ciselés, une production indienne du Ier siècle dont on n’a aucune trace en Inde aujourd’hui. »  Des objets prêtés pour la plupart par le Musée Guimet.
En 1940, Ria et Joseph Hackin rejoignent la France libre. Chargé d’une mission diplomatique en Inde, en Asie et au Moyen-Orient, Joseph embarque avec Ria en février 1941 à Liverpool. Ce sera leur dernière traversée, le Jonathan-Holt est torpillé par les Allemands au large des îles Féroé.
« De l’Asie à la France libre. Joseph et Marie Hackin, archéologues et compagnons de la Libération ». Musée de l’ordre de la Libération, hôtel des Invalides, place Vauban, Paris 7e. Tous les jours de 10 heures à 18 heures. Entrée de 10 € à 12 €. Jusqu’au 16 septembre. www.ordredelaliberation.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Lionel Naccache, neurologue, chercheur en neurosciences cognitives à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) et parrain de la collection Les défis de la science nous dévoile les secrets du cerveau.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Plus de 1 % de la population visualiserait les paroles entendues, les pensées, voire les mélodies, sous forme écrite et en temps réel.
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Les « ticker tapers » voient la vie en sous-titres

Plus de 1 % de la population visualiserait les paroles entendues, les pensées, voire les mélodies, sous forme écrite et en temps réel.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 16h44
    |

                            Intissar El Hajj Mohamed








                        



                                


                            

Elle voit défiler en sous-titres les paroles entendues, ses pensées aussi. Tout s’imprime en lettres devant ses yeux. Elle possède une faculté rare, appelée « tickertaping » ou « ticker tape » en anglais, un terme qui fait référence aux bandes des anciens téléscripteurs.
Informaticienne âgée de 23 ans, Mathilde (son prénom a été changé) affirme que, depuis qu’elle a appris à lire, ses perceptions auditives et ses réflexions s’imposent à elle sous forme écrite : « Quand j’entends ou pense à des mots, je les vois disposés en sous-titres, que je lis en lecture rapide. Ils apparaissent toujours en clair sur un fond plus foncé, dans la même police sans empattement, et se déplacent de gauche à droite sur une faible portion du champ visuel. » Sans majuscules ni ponctuations, « à part le point d’interrogation qui s’ajoute à la fin des questions ambiguës », ­indique-t-elle. Adepte du solfège, elle visualise aussi les notes des partitions musicales qui lui sont connues, sans rien voir dans le cas contraire. Plus étrange : « Quand quelqu’un parle, je convertis directement son discours en mots écrits. Je lis ce que disent les gens pour les comprendre, autrement je n’entends que du bruit incompréhensible. » Pour la jeune femme, le tickertaping est un « déchiffrage naturel ».
Des causes inconnues
Les premiers textes mentionnant cette caractéristique méconnue, sans pour autant la baptiser, remontent à 1883, notamment dans un livre de l’anthropologue Francis Galton, cousin de Charles Darwin. C’est l’an dernier que Mathilde s’est résolue à trouver un nom à cette étrangeté : « Je lisais des témoignages quand je suis tombée sur “ticker tape synesthesia”. » La synesthésie est un phénomène physiologique qui consiste en l’association de deux ou plusieurs sens : un synesthète peut sentir ou entendre une couleur, par exemple.

La question de savoir si le tickertaping est une...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Le modèle de l’« individu générique » serait de plus en plus remplacé par celui de l’individu unique qui s’attache à être lui-même dans tous les aspects de sa vie, aussi bien privée que professionnelle.
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Des individus tous singuliers

Le modèle de l’« individu générique » serait de plus en plus remplacé par celui de l’individu unique qui s’attache à être lui-même dans tous les aspects de sa vie, aussi bien privée que professionnelle.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 19h30
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 15h14
    |

                            Baptiste Coulmont (Contributeur Sciences) et sociologue, maître de conférences à l’université Paris-VIII)








                        



                                


                            
Carte blanche. Dans une scène de La Vie de Brian (Monty Python, 1979), Brian – qui, on le rappelle, est né dans l’étable voisine de celle du Christ – est pris par ­erreur pour le Messie. Une foule le suit. Cherchant à se débarrasser de ces fidèles, il implore leur libre arbitre : « Ne me suivez pas, pensez par vous-mêmes ! Vous êtes tous des individus ! Vous êtes tous différents ! » Et la foule de répondre en chœur : « Oui ! Nous sommes tous des individus, nous sommes tous différents ! » Seul un fidèle ose dire : « Pas moi », mais il est vertement réprimandé par la foule. Tout le monde ne peut pas être individu-individu. C’est trop tôt : dans la Judée des Monty Python, l’individu moderne n’est pas encore né.
Sans l’humour britannique, dont ils manquent cruellement, une partie des sociologues décrivent un phénomène similaire. Ils opposent des sociétés dans lesquelles l’individu est secondaire à des sociétés dans lesquelles l’individu a pris de la valeur, et peut s’affirmer.
Cette affirmation est vue comme le résultat d’un processus de très longue durée. Processus qui implique le droit (la reconnaissance des droits subjectifs), mais aussi des pratiques aussi diverses que la signature individuelle ou la confession qui oblige à l’introspection, et des ­dispositifs pratiques comme l’isoloir, qui détache physiquement le citoyen de ses groupes d’appartenance au moment de choisir pour qui voter.
Processus qui implique aussi des institutions qui travaillent à créer des individus autonomes en les détachant d’affiliations vues comme traditionnelles. Le modèle : l’école, qui visait à produire des citoyens, égaux. Cet « individu générique », plutôt conformiste, a intériorisé les normes qui sont associées au personnage social qu’il doit être (travailleur, citoyenne, élève…).
Injonction à être soi
Mais, aujourd’hui, il semble bien que ce ­modèle soit entré en crise. Les institutions sont confrontées,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Vanté pour ses propriétés thérapeutiques, dérivé du cannabis, le cannabidiol (CBD) demeure dans un flou juridique, qui fait de lui un produit ni autorisé ni interdit. Des boutiques ont fleuri en 2018, avant de fermer brutalement. Explications.
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Depuis une décennie, chercheurs, étudiants et bénévoles fouillent un des plus grands gisements de dinosaures d’Europe à Angeac-Charente.
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Plusieurs milliers de fragments osseux ont été découverts sur le site, indiquant la présence de 49 ornithomimosaures. Plusieurs questions se posent : que faisaient-il tous en ce lieu ? Comment sont-ils décédés et pourquoi leurs squelettes sont-ils autant dispersés ?
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L’énigme d’une mort en masse à Angeac-Charente

Plusieurs milliers de fragments osseux ont été découverts sur le site, indiquant la présence de 49 ornithomimosaures. Plusieurs questions se posent : que faisaient-il tous en ce lieu ? Comment sont-ils décédés et pourquoi leurs squelettes sont-ils autant dispersés ?



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 15h18
    |

                            Vahé Ter Minassian








                        



                                


                            

L’animal fétiche d’Angeac-Charente est l’ornithomimosaure. Ce petit dinosaure de cinq ­mètres de long au maximum a laissé quantité de traces de son passage dans le gisement. Des milliers de fragments ­osseux parmi lesquels des morceaux de tibias droits qui, une fois dénombrés, ont mis en évidence la présence de 49 individus sur le site.

Que font tous ces animaux réunis en ce lieu ? Comment sont-ils décédés et pourquoi retrouve-t-on les éléments de leurs squelettes cassés, mélangés et dispersés sur une surface de 150 m2 ? Lee Rozada tente de le déterminer dans le cadre de la thèse qu’il soutiendra au printemps 2019. Ce doctorant en paléoécologie et en taphonomie au Muséum national d’histoire naturelle a voulu tester l’hypothèse d’une mort en masse. On sait, par la découverte d’autres gisements dans le monde, que les ornithomimosaures formaient, à l’image des autruches actuelles, de grands troupeaux de juvéniles. On connaît même un cas, à Suhongtu, en Chine, où il a pu être établi qu’un de ces groupes s’était fait piéger dans de la boue, entraînant la mort de 26 de ces théropodes.
Ce sinistre drame s’est-il répété en Charente ? C’est ce qu’a cherché à savoir Lee Rozada. Il a d’abord constaté que les tibias d’ornithomimosaures charentais se répartissaient en quatre catégories de taille, correspondant chacune à des individus d’âges différents, allant du juvénile au subadulte. Puis, après analyse de la position et des dimensions de l’ensemble des débris osseux récupérés, il a écarté la possibilité qu’un cours d’eau ait, sous l’effet du courant, rassemblé à cet endroit des ossements issus de squelettes isolés. Enfin, Lee Rozada a étudié les traces de morsures visibles sur plusieurs spécimens.
Piétinés par des plus gros
Sa conclusion ? Un événement ayant entraîné la mort simultanée d’un groupe d’ornithomimosaures juvéniles, dont les cadavres auraient été, par la suite, dévorés par des crocodiles nécrophages, constitue une bonne...




                        

                        


<article-nb="2018/08/31/18-19">
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Avec ses 46 familles de vertébrés répertoriées, le gisement livre un aperçu unique de la faune qui occupait l’Europe, voici 140 millions d’années.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤                     
                                                   
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Angeac-Charente : un site riche en indices

Avec ses 46 familles de vertébrés répertoriées, le gisement livre un aperçu unique de la faune qui occupait l’Europe, voici 140 millions d’années.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 15h16
    |

                            Vahé Ter Minassian








                        



                                


                            

La France ne manque pas de dinosaures dans son sous-sol. Loin s’en faut ! Œufs ­fossilisés et Rhabdodon dans la réserve géologique de la Sainte-Victoire, près d’Aix-en-Provence. Ampelosaurus à Campagne-sur-Aude. Titanosaure et ankylosaure à Cruzy, près de Béziers. Et piste de sauropodes de 155 mètres de long à Plagne, dans le Jura. Près d’une demi-douzaine de chantiers de fouilles, couvrant la période ­allant de la fin du jurassique à la fin du crétacé, sont actifs dans l’Hexagone. Tous ont livré d’intéressantes découvertes. Même si, par leur nombre et par leur diversité, celles d’Angeac-Charente demeurent exceptionnelles.

En effet, avec ses 46 familles de vertébrés répertoriées, le gisement livre un aperçu unique de la faune qui occupait l’Europe, voici 140 millions d’années, au début du crétacé inférieur. Bizarrement, celle-ci se révèle proche de celle qui prospère alors à d’autres ­endroits du globe, l’Asie exceptée. Diplodicidés, allosaures, stégosaures, sauropodes, mégalosaures, brachiosaures… les familles de dinosaures sont les mêmes, quoiqu’on les trouve sous la forme d’espèces différentes. Le matériel mis au jour à Angeac-Charente ne fait pas exception.
Echanges entre continents
« On sait que des formations géologiques, un peu plus anciennes, datant de la fin du jurassique, comme celles de Morrison, aux Etats-Unis, et de Tendaguru, en Tanzanie, sont très similaires en termes de contenu en fossiles, explique Ronan Allain, paléontologue au Muséum national d’histoire naturelle. L’idée a été avancée qu’il existait, à cette époque, une continuité faunique dans la zone séparant l’Amérique du Nord de l’Afrique. Le gisement d’Angeac-Charente, qui est géographiquement situé au milieu de ces deux ­sites, confirme cette hypothèse, à la suite d’autres découvertes réalisées en Espagne et au Portugal. »
Voici 140 millions d’années, l’océan Atlantique est déjà formé. L’Afrique et l’Amérique du Sud ne se sont...




                        

                        


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Bombarder l’hydrogène le rend métallique

Une équipe franco-américaine a réussi à modifier en laboratoire les propriétés de cet élément en le soumettant à de très fortes pressions.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 10h19
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            David Larousserie








                        



                                


                            

Quelle est la mystérieuse source de jouvence à laquelle la planète géante gazeuse Saturne s’abreuve et qui la fait paraître près de deux milliards d’années plus jeune que sa cousine Jupiter, si l’on se fie à son éclat actuel ?
Depuis les années 1970, une hypothèse aussi thermodynamique que poétique a été formulée : des pluies d’hélium tombant dru au cœur de la planète apporteraient un flux d’énergie gravitationnelle suffisant pour maintenir le chauffage et la brillance de la planète. Ces averses expliqueraient aussi la carence en hélium de Saturne par rapport à Jupiter.
Problème, l’hélium et l’hydrogène, les deux éléments dominants de la planète, sont miscibles, comme l’eau et l’alcool. Le premier n’a aucune raison de se séparer du second. Sauf si ce dernier subit une métamorphose originale, qu’une équipe américano-française vient d’apercevoir, comme elle l’explique dans Science du 17 août. L’hydrogène liquide, à très fortes pression et température, se transformerait, comme le rustique et sale carbone devient diamant, passant d’un liquide isolant et transparent à un liquide conducteur et réfléchissant. Ce brusque changement d’état de l’hydrogène perturberait le mélange avec l’hélium, qui formerait, telle de l’huile dans l’eau, des gouttelettes tombant ensuite en pluie. Incidemment, le mélange deviendrait conducteur, alimentant la dynamo saturnienne et donc son champ magnétique, lui aussi encore mystérieux.
Les alchimistes ont frappé fort sur les atomes (qui sont en fait de l’hydrogène lourd) pour les transformer. Jusqu’à 5 millions de fois la pression atmosphérique terrestre ; ce qui est cependant deux fois moins que la pression gigantesque au cœur de Saturne. Pour ce faire ils ont eu recours aux 168 puissants faisceaux lasers du NIF (National Ignition Facility) du laboratoire national Lawrence Livermore (LLNL), en Californie, qui sert à reproduire les conditions thermodynamiques du cœur des bombes nucléaires à fusion. La cible...




                        

                        

