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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ « C’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre », a précisé le porte-parole du gouvernement.
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Remaniement après la démission de Hulot : le gouvernement sera « au complet » mardi

« C’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre », a précisé le porte-parole du gouvernement.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h06
   





                        


Un remaniement est attendu à la suite de la démission inopinée du ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Le gouvernement sera « au complet » mardi, pour le conseil des ministres du lendemain, a annoncé vendredi 31 août le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
« Ce sera d’ici mardi et c’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre, a-t-il déclaré. Le conseil des ministres se tiendra donc mercredi au complet et sera suivi d’un séminaire gouvernemental. »
« Evidemment que le départ de Nicolas Hulot est un coup pour le gouvernement pour cette rentrée, a-t-il concédé. C’est quelque chose à quoi nous ne nous attendions pas, mais ce n’est pas le départ d’une personnalité, aussi éminente soit-elle, qui remet en cause les politiques que vous conduisez. »

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Hulot a pris tout le monde de court
Nicolas Hulot, l’un des membres les plus populaires du gouvernement, où il avait été nommé en mai 2017, avait pris tout le monde de court, y compris le président Emmanuel Macron et le premier ministre, Edouard Philippe, en annonçant mardi matin sa démission du gouvernement à l’antenne d’une radio.
Faute d’obtenir des avancées suffisantes en matière d’environnement, Nicolas Hulot a jeté l’éponge. « Je ne veux plus me mentir (...) Je sais que seul je n’y arriverai pas (...) J’ai un peu d’influence, je n’ai pas de pouvoir », a-t-il notamment déclaré mardi, dénonçant « la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir ».
« Le président de la République a rappelé la sensibilité qui est la sienne et son attachement, ainsi que ceux des membres du gouvernement, aux sujets importants que porte Nicolas Hulot depuis longtemps dans l’opinion publique », a assuré de son côté vendredi M. Griveaux.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Emmanuel Macron a laissé entendre jeudi que la mesure, qui doit entrer en vigueur en janvier 2019, pourrait être reportée.
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Prélèvement à la source : les quatre risques qui font hésiter l’exécutif

Emmanuel Macron a laissé entendre jeudi que la mesure, qui doit entrer en vigueur en janvier 2019, pourrait être reportée.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h37
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Le prélèvement à la source doit entrer en vigueur en janvier 2019… à moins que le président de la République, Emmanuel Macron, n’y mette son veto in extremis. « J’ai plutôt l’intention de conduire cette réforme à son terme, mais j’ai demandé aux ministres compétents de répondre à toutes les questions qui se posent encore avant de donner une directive finale », a déclaré le chef de l’Etat, jeudi 30 août, à Helsinki, en Finlande. Preuve que la mesure, déjà reportée de 2018 à 2019 par précaution, inquiète encore au sommet de l’Etat. Voici pourquoi.

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1. Des doutes sur sa compatibilité avec le système français
Jusqu’à présent, les contribuables payaient à l’administration fiscale, au cours d’une année donnée, leur impôt sur les revenus perçus l’année précédente. Le prélèvement à la source change deux choses : l’impôt sera directement prélevé sur la fiche de paie des contribuables (c’est l’employeur qui collectera la somme et la reversera à l’Etat) et le décalage d’un an entre revenus et prélèvements sera supprimé. C’est-à-dire qu’en 2019, on paiera ses impôts pour l’année 2019.

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Selon le ministère de l’économie, ce nouveau système a un intérêt fondamental : « Pour celles et ceux qui connaissent des changements de situation financière et familiale, l’impôt s’adaptera plus vite. » Il sera en effet possible à « tout moment » de signaler à l’administration certains changements de situation (comme un changement d’emploi ou de situation familiale) qui font varier l’imposition pour que le taux de prélèvement soit ajusté.
Derrière ce principe général, la situation réelle est toutefois un peu plus complexe. Le calcul de l’impôt sur le revenu ne prend pas seulement en compte les revenus du travail et la composition du foyer, mais aussi une multitude de critères (par exemple, les revenus financiers ou immobiliers). C’est pourquoi la traditionnelle déclaration d’impôts, à faire au printemps, sera maintenue. Par exemple, celle qui sera faite entre avril et juin 2019 prendra en compte les revenus de 2018 et permettra à l’administration fiscale d’ajuster le taux d’imposition des contribuables à la rentrée.
Il existera donc toujours des décalages entre la situation réelle des Français et leur imposition. Le cas des services à domicile (jardinage, aide ménagère…) et les frais de garde d’enfant, qui ouvrent droit à des avantages fiscaux, l’illustre assez bien. Ces avantages ne seront pas pris en compte en temps réel dans la formule retenue : il faudra attendre l’été suivant une année donnée pour que l’administration fiscale prenne en compte ces sommes.
Par exemple, un ménage qui fait appel à une assistante maternelle agréée pour la garde d’un enfant en 2018 devra attendre l’été 2019 pour bénéficier du crédit d’impôt correspondant. Dans certaines situations, dont celle-ci, il est prévu qu’un acompte, c’est-à-dire une avance de 30 % du crédit d’impôts, soit versé au mois de janvier par le fisc pour combler en partie l’écart de trésorerie. Mais attention : celui-ci sera calculé sur les sommes versées deux ans plus tôt. Par exemple, en janvier 2019, l’acompte sera calculé sur les dépenses engagées en 2017 et il faudra attendre la fin de l’été pour que celles de 2018 soient prises en compte. Vous suivez ?
Si le prélèvement à la source est appliqué dans de nombreux pays, comme en Belgique, certains observateurs le considèrent inadapté au modèle français du fait de la nature de notre système, où l’impôt est calculé à l’échelle du foyer et surtout en prenant en compte une multitude de situations particulières.
2. La peur d’une incompréhension des contribuables
Partant de cette situation, la crainte du gouvernement est que la réforme soit mal comprise, et donc mal acceptée par les contribuables. C’est ce qu’a laissé entendre Emmanuel Macron lorsqu’il a déclaré, jeudi 30 août, avoir besoin « d’une série de réponses très précises et d’être sûr de ce que nos concitoyens vivront » lors de l’entrée en vigueur du nouveau système, « si on le met en place ».
Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a multiplié ces derniers mois les interventions médiatiques pour tenter d’expliquer la réforme et de déminer les craintes. Son ministère a multiplié les documents et les vidéos pour tenter d’apporter des réponses aux contribuables.
Reste que si le calendrier d’entrée en vigueur du prélèvement à la source est maintenu, les contribuables français verront du changement sur leur fiche de paie fin janvier 2018. Concrètement, leur salaire sera grevé du montant mensualisé de leur impôt tel qu’il a été estimé par l’administration fiscale.
Sauf que, malgré toutes les précautions prises par l’administration, cette estimation est toute relative. Selon la multitude de cas particuliers possibles, il pourra y avoir des écarts entre le montant demandé chaque mois en début d’année et l’impôt réellement dû. Cette différence sera régularisée grâce à la déclaration de revenus du printemps, mais il y a là matière à incompréhension, voire colère, le temps que les citoyens s’habituent au nouveau système.
Ceux qui paieront « trop » en janvier, par exemple, pourront ainsi penser que leur impôt a augmenté et s’estimer lésés par le gouvernement. Dans ce contexte, la tenue des élections européennes en mai 2019, quelques mois seulement après l’entrée en vigueur de la réforme, n’est peut-être pas étrangère aux réticences du chef de l’Etat.
3. Le risque d’un effet négatif pour la croissance
L’autre grande crainte du gouvernement serait de voir le prélèvement à la source brouiller les repères des contribuables en matière de revenus, en particuliers les 40 % de ménages qui ne sont pas mensualisés aujourd’hui. C’est-à-dire que le fait de recevoir une fiche de paie amputée du montant de l’impôt perturbe leurs habitudes et les incite à moins dépenser, par précaution. Si ce comportement était largement répandu, cela pourrait avoir des conséquences négatives sur l’activité économique – de quoi inquiéter après un été où l’économie française a ralenti (notamment les prévisions de croissance qui ont été revues à la baisse).

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Jusqu’ici, le ministre Gérald Darmanin a balayé l’argument : « Chaque année, 3 à 4 milliards d’euros sont bloqués parce qu’une partie des 40 % de contribuables qui ne sont pas mensualisés a tendance à surépargner en prévision des impôts futurs. Cet argent va être débloqué », assurait-il au JDD en avril.
Au crédit du gouvernement, on peut aussi ajouter le fait que moins d’un foyer sur deux est redevable de l’impôt sur le revenu (44 % des ménages en 2016, selon le ministère de l’économie) et qu’au total 90 % des contribuables s’acquittent d’un impôt équivalent à 10 % de leurs revenus ou moins. Cela veut dire que les écarts entre le montant estimé au départ des impôts et la somme réelle devraient être limités à une faible fraction du revenu pour le commun des contribuables.
Il est aussi vrai qu’en théorie, le calendrier de paiement de l’impôt prélevé à la source est plus favorable à la trésorerie des ménages que la mensualisation et le paiement par tiers actuels. Prenons le cas fictif d’un foyer qui doit payer 1 000 euros d’impôts par an, en supposant que l’estimation de son impôt correspond à la réalité :
Avec la mensualisation actuelle, il doit payer 100 euros par mois, de janvier à octobre ;Avec le paiement par tiers actuel, il doit payer 333,33 euros en trois fois, au plus tard fin mars, fin juin et fin septembre ;Avec le prélèvement à la source, 83,33 euros lui seront prélevés chaque mois de janvier à décembre.
Cependant, les enjeux d’un tel phénomène sont aussi psychologiques et dépendent des conditions dans lesquelles l’entrée en vigueur du nouveau système se fera. Il est donc difficile d’en mesurer la portée aujourd’hui.
4. La crainte des bugs pour les contribuables et les entreprises
Le double défi de la réforme est qu’elle doit s’appliquer à tous les contribuables, et que ce seront de surcroît les entreprises qui géreront la collecte de l’impôt. Une responsabilité supplémentaire accueillie fraîchement par le patronat.
Dans ce contexte, de possibles bugs techniques auront vite fait de placer le gouvernement sous le feu des critiques. En témoignent les échecs de précédents projets de grande envergure comme celui du logiciel de paie des militaires (Louvois) ou la tentative avortée de créer un opérateur national de paie commun à l’ensemble des agents de l’Etat.
Là encore, Gérald Darmanin se veut rassurant. « Il n’y a aucun bug administratif ou informatique », a-t-il affirmé sur Europe 1 mercredi 29 août. « Nous avons reporté d’un an l’année dernière, nous avons travaillé à cette réforme, j’y travaille tous les jours, les entreprises se sont beaucoup préparées à ça », a-t-il ajouté.
Les propos tenus par Emmanuel Macron en Finlande laissent tout de même entendre qu’en cas de doutes, le gouvernement pourrait reporter le projet une nouvelle fois… ou l’abandonner.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Après une première plainte classée, un juge d’instruction parisien a estimé mi-août qu’il n’y avait pas lieu d’ouvrir une nouvelle enquête dans cette même affaire.
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Plainte pour viol contre Darmanin : un juge ordonne un non-lieu

Après une première plainte classée, un juge d’instruction parisien a estimé mi-août qu’il n’y avait pas lieu d’ouvrir une nouvelle enquête dans cette même affaire.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 16h37
   





                        



   


Un juge d’instruction parisien, saisi par la femme qui accuse Gérald Darmanin de viol, a estimé mi-août qu’il n’y avait pas lieu de relancer l’enquête, après le classement sans suite d’une première plainte.
Peu après le classement de sa plainte initiale par le parquet de Paris, au terme d’une enquête préliminaire, Sophie Patterson-Spatz, 46 ans, avait déposé le 28 février une plainte avec constitution de partie civile pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance.
Le 16 août, le juge a rendu une ordonnance de non-lieu, conforme aux réquisitions du parquet, selon les informations fournies à l’AFP par une source judiciaire. Le magistrat saisi a estimé qu’au vu des investigations menées au début de l’année, les faits reprochés n’avaient pas été commis et qu’il n’y avait pas lieu d’ouvrir une information judiciaire.
« Aucune confrontation »
Gérald Darmanin, l’actuel ministre de l’action et des comptes publics, âgé de 35 ans, est accusé par cette femme de l’avoir violée en 2009. A l’époque, elle s’était adressée à lui, alors chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP, pour tenter de faire annuler une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon. Selon elle, M. Darmanin lui aurait fait miroiter son appui auprès de la chancellerie en échange de faveurs sexuelles. « Le défaut de consentement ne suffit pas à caractériser le viol. Encore faut-il que le mis en cause ait eu conscience d’imposer un acte sexuel par violence, menace, contrainte ou surprise », explique le juge dans sa décision.
« Cette manière d’appréhender le dossier est choquante en 2018, alors qu’on est soi-disant dans un mouvement de protection des femmes victimes, a réagi auprès de l’AFP Elodie Tuaillon-Hibon, avocate de la plaignante. Il n’y a eu aucune confrontation, on n’a même pas pris la peine de recevoir ma cliente dans un cabinet de juge d’instruction. » « J’ai l’impression très nette qu’on crache sur ma cliente depuis le début de cette affaire, c’est une parodie de justice », a dénoncé l’avocate, qui a fait appel vendredi de cette décision.
« Après avoir été victime d’un véritable acharnement qui se termine par un non-lieu définitif (…) s’ouvre pour Gérald Darmanin le temps de la procédure en dénonciation calomnieuse, a déclaré de son côté son avocat, Pierre-Olivier Sur. Car ainsi qu’il l’a toujours dit, et confiant en la justice, il ira jusqu’au bout. »

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Editorial. En se revendiquant l’« opposant principal » aux nationalistes, Emmanuel Macron veut reproduire, en vue des européennes de 2019, le positionnement qui lui a réussi à la présidentielle. Une stratégie à double tranchant.
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Macron face à l’axe Salvini-Orban

Editorial. En se revendiquant l’« opposant principal » aux nationalistes, Emmanuel Macron veut reproduire, en vue des européennes de 2019, le positionnement qui lui a réussi à la présidentielle. Une stratégie à double tranchant.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h26
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est l’un des paradoxes de cette délicate rentrée politique : Viktor Orban et Matteo Salvini, les porte-drapeaux du nationalisme en Europe, ont rendu un fier service, mercredi 29 août, à un président Macron dont la position sur la scène européenne s’est considérablement fragilisée depuis un an.
Réunis à Milan, le premier ministre hongrois et le vice-président du conseil italien, chef du parti d’extrême droite la Ligue, ont désigné Emmanuel Macron comme leur ennemi numéro un : « Il y a actuellement deux camps en Europe, a dit M. Salvini. Macron est à la tête des forces soutenant l’immigration. De l’autre côté, il y a nous, qui voulons arrêter l’immigration illégale. Nous travaillerons ensemble pour créer une future alliance afin de mettre au premier plan le droit au travail, à la santé et à la sécurité – tout ce que les élites européennes dirigées par Macron nous refusent. »

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Le cadeau était inespéré. Depuis le Danemark, où il se trouvait en visite officielle, Emmanuel Macron a aussitôt saisi la perche ainsi tendue : confirmant l’émergence du clivage entre « nationalistes et progressistes », le chef de l’Etat s’est engagé à ne « céder en rien aux nationalistes et à ceux qui prônent un discours de haine ». « Donc, a-t-il ajouté, s’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison. »
De la haute voltige
C’est exactement le cadre idéologique dans lequel M. Macron veut aborder la campagne pour les élections européennes du 26 mai. Lundi, devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, il avait déjà épinglé les incohérences européennes des gouvernements hongrois et polonais. Mercredi, son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a enfoncé le clou en brocardant « l’approche utilitariste » qu’ont les gouvernements « populistes » de l’UE, et en prônant une position franco-allemande commune face à ces « marchands d’illusions ».

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La démarche de M. Macron est claire : il veut reproduire au niveau européen, en 2019, les lignes de fracture politiques qui lui ont permis de battre Marine Le Pen et de remporter les élections françaises de 2017. Dans un contexte où, comme il le reconnaît lui-même, les difficultés de la chancelière allemande, Angela Merkel, ont brisé la dynamique qui l’avait propulsé sur le devant de la scène européenne en 2017, une offensive coordonnée des nationalistes, de plus en plus nombreux au pouvoir dans les pays de l’UE, permettrait au président français de mobiliser les « progressistes » européens autour de lui.
Cette stratégie est à double tranchant. D’une part, elle contredit les appels à l’unité européenne sur la scène géostratégique mondiale. D’autre part, elle met en porte-à-faux Mme Merkel, dont le parti, la CDU, est le chef de file du PPE (Parti populaire européen), formation qui regroupe au Parlement européen de nombreux partis de droite, dont celui de M. Orban. M. Macron aimerait, précisément, faire voler en éclats cette alliance de plus en plus inconfortable pour les tenants d’une droite modérée. Y parvenir tout en préservant le précieux partenariat franco-allemand va tenir de la haute voltige.
La grande bataille européenne de 2019 ne fait que commencer. On voit déjà sur quelle base confuse elle s’engage. Ainsi, « L’Europe qui protège », dont les leaders européens de la droite nationaliste se sont emparés, était le slogan d’Emmanuel Macron lors de sa campagne de 2017. Chacun y met aujourd’hui des contenus diamétralement opposés.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Emmanuel Macron n’exclut pas de stopper la mise en œuvre de cette réforme fiscale, prévue pour le 1er janvier.
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Emmanuel Macron crée de la confusion sur le prélèvement à la source

Emmanuel Macron n’exclut pas de stopper la mise en œuvre de cette réforme fiscale, prévue pour le 1er janvier.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 16h03
    |

            Benoît Floc'h (avec Cédric Pietralunga)








                        



                                


                            

« Finances publiques, bonjour ! » Il ne sera pas dit que Gérald Darmanin n’aura pas mouillé sa chemise pour défendre le prélèvement à la source. A quatre mois du lancement de la réforme, le ministre de l’action et des comptes publics a répondu en personne, jeudi 30 août, à des contribuables qui téléphonaient à la trésorerie de Pau.
Depuis des semaines, le ministre saisit tous les micros qu’on lui tend pour répéter inlassablement que l’administration est prête et que la réforme entrera bien en vigueur en janvier. Mais il semble ne pas s’être aperçu qu’une partie de son camp ne suit plus. A commencer par le chef en personne. En visite en Finlande, Emmanuel Macron a confirmé jeudi qu’un nouveau report de cette réforme lancée par François Hollande n’était pas exclu.

« J’ai plutôt l’intention de conduire cette réforme à son terme, mais j’ai demandé aux ministres compétents de répondre à toutes les questions qui se posent encore, avant de donner une directive finale », dans les prochaines semaines, a déclaré le chef de l’Etat au cours d’une conférence de presse à Helsinki. « J’ai besoin d’une série de réponses très précises et d’être sûr de ce que nos concitoyens vivront le jour où on le mettra en place, si on le met en place », a-t-il ajouté.
Pressé de réagir aux propos présidentiels, Gérald Darmanin, en pleine discussion à Pau avec des syndicalistes inquiets des suppressions de postes de fonctionnaire, répond au débotté : « Il y a un an, on a choisi de reporter la réforme parce qu’il fallait être certain que les choses marchent. Les entreprises et parfois des syndicats de la fonction publique nous disaient “On n’est pas tout à fait certains, les expérimentations ne sont pas terminées”. Aujourd’hui, je suis certain que les choses fonctionneront très bien et j’aurais l’occasion de le dire au président de la République et au premier ministre. »
Comme en écho, la direction générale des finances...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Reçus à Matignon, le patronat comme les syndicats ont affiché des positions difficilement conciliables, notamment sur la lutte contre le recours aux contrats courts.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
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Réforme de l’assurance-chômage : les lignes rouges des partenaires sociaux

Reçus à Matignon, le patronat comme les syndicats ont affiché des positions difficilement conciliables, notamment sur la lutte contre le recours aux contrats courts.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h29
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



                                


                            

Deux jours après le début des rendez-vous entre les partenaires sociaux et le premier ministre, Edouard Philippe, difficile d’y voir plus clair dans les intentions de l’exécutif. Depuis mercredi 29 août, organisations syndicales et patronales sont en effet reçues en tête à tête à Matignon pour discuter principalement de deux sujets qu’Emmanuel Macron a souhaité voir traités dans les prochains mois : l’assurance-chômage et la santé au travail.
C’est surtout l’occasion pour chacun des invités de réaffirmer ses lignes rouges. Autant de positions qui semblent, pour l’heure, difficilement conciliables. Le nouveau président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, en a pointé deux, jeudi, après sa rencontre avec le chef du gouvernement, qui était accompagné de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et de sa collègue des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn. A sa sortie, le successeur de Pierre Gattaz a rappelé son « opposition totale » à l’idée d’un financement des arrêts maladie de courte durée par les entreprises envisagé cet été par l’exécutif, même si, dimanche, Edouard Philippe avait écarté « l’hypothèse d’une mesure brutale de transfert vers les entreprises ».
Sur l’assurance-chômage, la méthode et le calendrier ont été confirmés : après une phase de diagnostic, une lettre de cadrage doit être élaborée par le gouvernement et envoyée aux partenaires sociaux avant fin septembre. Ces derniers auront alors jusqu’en janvier 2019 pour tenter de se mettre d’accord. Parmi les sujets qui devraient être abordés, celui de la « permittence », c’est-à-dire l’alternance de petits boulots et de périodes d’inactivité, qui serait encouragée par les règles de l’assurance-chômage. Mais aussi celui du bonus-malus qui viserait à pénaliser les entreprises qui abusent de contrats courts. M. Roux de Bézieux a redit tout le mal qu’il pensait de cette idée. Et ce « quels qu’en soient les paramètres, non pas pour des raisons dogmatiques ou idéologiques »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le ministre de l’éducation expose les nouveautés de la rentrée comme l’instauration de nouvelles évaluations et « une autre façon de penser l’éducation prioritaire ».
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Jean-Michel Blanquer : « L’ensemble des mesures prises sont des mesures sociales »

Dans un entretien au « Monde », le ministre de l’éducation expose les nouveautés de la rentrée comme l’instauration de nouvelles évaluations et « une autre façon de penser l’éducation prioritaire ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h33
    |

            Violaine Morin, 
Nathalie Brafman et 
                                Mattea Battaglia








                        



                                


                            

Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, revient, dans un entretien accordé au Monde, sur les nouveautés de la rentrée, notamment l’instauration de nouvelles évaluations en CE1 et en 2de, défendant les mesures prises depuis son arrivée au gouvernement, notamment les classes de CP dédoublées.
De l’affaire Benalla à la démission de Nicolas Hulot, les crises se multiplient pour le gouvernement, sans parler de la situation économique moins bonne que prévue en cette rentrée. Au bout d’un an, le macronisme a-t-il mangé son pain blanc ?
Non, c’est même un peu le contraire. L’équation politique qui est celle d’Emmanuel Macron est de savoir prendre à bras-le-corps les problèmes pour mener des réformes qui s’inscrivent dans la durée. Ce sont des graines semées, qui vont germer ensuite. Le pain blanc ne peut se manger avant la moisson. Le tonnerre, les sauterelles durant les semailles… cela fait partie de la vie d’un agriculteur. Si vous me permettez de poursuivre la métaphore agricole, le gouvernement a tracé son sillon et avance avec patience, quoi qu’en disent les commentateurs politiques qui ont tendance à scénariser la situation.
Comme Hulot, avez-vous déjà eu l’impression de vous mentir à vous-même depuis que vous êtes ministre ?
Pas du tout. On doit toujours, évidemment, tracer une ligne reliant son idéal et le réel. Face à des enjeux de long terme, complexes, cela peut sembler frustrant de ne pas aller plus vite, plus droit, mais il ne sert à rien de s’impatienter : la direction donnée est la bonne. Nicolas Hulot est un homme que je respecte beaucoup ; les décisions qu’il a prises relèvent de sa conscience, et il a demandé que l’on n’instrumentalise pas son départ.
La politique d’Emmanuel Macron est jugée de plus en plus à droite par une majorité de Français. Le dédoublement d’une partie des classes de CP – et de certains CE1 en cette rentrée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le référendum se tiendra le 4 novembre. Deux cent cinquante fonctionnaires et une quinzaine d’observateurs de l’ONU seront présents.
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Nouvelle-Calédonie : 175 000 électeurs inscrits pour le référendum

Le référendum se tiendra le 4 novembre. Deux cent cinquante fonctionnaires et une quinzaine d’observateurs de l’ONU seront présents.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h07
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 10h52
   





                        



   


La liste électorale définitive pour le référendum sur l’indépendance en Nouvelle-Calédonie, le 4 novembre, a été publiée vendredi 31 août dans les mairies et compte quelque 175 000 électeurs, a fait savoir le Haut-Commissariat de la République.
Le chiffre officiel exact du nombre d’électeurs n’est pas encore disponible, toutes les mairies n’ayant pas terminé de rentrer leurs données dans le logiciel prévu à cet effet, mais l’ordre de grandeur ne bougera plus, a confié le haut-commissaire Thierry Lataste.
Il s’agit d’une liste électorale spéciale pour la consultation (LESC) du 4 novembre, qui exige le respect d’une série de critères pour pouvoir y figurer et qui a fait l’objet de longs et parfois conflictuels débats entre non-indépendantistes et indépendantistes.
« Le souhait des partenaires politiques était que toutes les personnes qui réunissent les conditions pour être électeur (…) puissent voter. On est au bout de ce chemin et le but a été de faciliter la vie aux gens pour qu’ils soient effectivement inscrits », a-t-il également déclaré.
Aboutissement d’un accord signé en 1998
Sujet hautement sensible, le corps électoral pour ce référendum est notamment restreint, pour les non-Kanak, aux personnes résidant dans l’archipel sans discontinuer depuis au moins le 31 décembre 1993.
Une procédure exceptionnelle d’inscription d’office sur la liste électorale générale avait été, en revanche, mise en place pour tous les natifs, qui étaient ensuite autorisés, sous certaines conditions, à rejoindre la LESC.
A l’exception du Parti travailliste (indépendantistes radicaux), qui a appelé à « ne pas participer » au référendum, cette liste électorale spéciale ne suscite pas de contestation au sein des partis politiques locaux.
La liste générale (présidentielle, législatives, municipales) compte 210 105 électeurs, de sorte qu’environ 35 000 d’entre eux ne pourront pas voter lors du référendum sur l’indépendance, qui intervient au terme du processus de décolonisation progressif de l’accord de Nouméa (1998).

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                En Nouvelle-Calédonie, le long chemin du pardon



Présidée par le conseiller d’Etat Francis Lamy, la commission de contrôle du référendum, chargée de veiller à la régularité et à la sincérité du scrutin, est par ailleurs actuellement en mission sur le Caillou.
Vendredi, M. Lamy a déclaré que « 250 délégués – magistrats, fonctionnaires des préfectures ou universitaires » seront déployés dans les bureaux de vote le 4 novembre pour surveiller le scrutin.
Une quinzaine d’observateurs de l’ONU seront aussi présents.
Francis Lamy a également précisé que « la répartition du temps d’antenne entre les partis habilités pour la campagne officielle » avait été arrêtée et que la commission irait à la rencontre des 33 maires de l’archipel en octobre pour préparer le vote.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Pour changer leur image, les chasseurs ont adopté une nouvelle stratégie : utiliser le vocabulaire des ONG qu’ils critiquaient jusqu’ici.
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Les chasseurs, « premiers écologistes de France » ? Histoire d’une communication politique

Pour changer leur image, les chasseurs ont adopté une nouvelle stratégie : utiliser le vocabulaire des ONG qu’ils critiquaient jusqu’ici.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 14h30
    |

                            Simon Auffret








                        



   


Depuis le 27 août, une question s’affiche en grand sur fond vert dans les couloirs du métro parisien, mais également à Lille, à Marseille, à Toulouse et à Lyon : « Les chasseurs, premiers écologistes de France ? » Sous le slogan de cette vaste campagne d’affichage de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), un début de réponse : « Ils participent bénévolement à la sauvegarde de la biodiversité de nos campagnes. »

https://t.co/PJhqgt0iib— ChasseursFrance (@Chasseurs de France)


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Outre ces affiches, une bande-son est diffusée sur 850 radios locales, ainsi qu’une vidéo sur les réseaux sociaux. Dans ce petit film musical, les verbes « découvrir », « étudier », « protéger », « aimer » défilent à l’écran, sur fond de couchers de soleil, d’opérations de comptage d’oiseaux et d’animaux sauvages gambadant à travers de grands espaces : aucune image de fusils, pas le moindre cadavre de gibier. Le verbe « chasser » a lui-même été occulté.
Cette campagne, « sans précédent dans l’histoire » de la FNC, à en croire son président, Willy Schraen, vise à corriger l’image de la chasse, écornée par des critiques récurrentes visant la chasse à courre et les rappels au respect du bien-être animal. Ce dernier peut déjà se féliciter d’avoir obtenu de l’Elysée une division par deux du prix du permis de chasse, le 27 août, un épisode évoqué par Nicolas Hulot lors de l’annonce de sa démission sur France Inter, et qui a remis le lobby des chasseurs au cœur du débat.
Depuis quelques années, les chasseurs ont adopté une nouvelle stratégie de communication : ils utilisent désormais le vocabulaire des organisations environnementales, qu’ils n’ont pourtant eu de cesse de combattre depuis les années 1980. « Nous avons laissé le champ libre à nos détracteurs, qui utilisent les réseaux sociaux et le monde médiatique pour diffuser des contre-vérités et une image erronée de la chasse française », explique Willy Schraen en introduction du plan de communication, avant de claironner : « Nous sommes les premiers écologistes de France ! »

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          Le portrait-robot des titulaires du permis de chasse



Une réponse à l’échec du combat politique
Ce changement de discours s’est progressivement installé à la fin des années 2000. Investir l’écologie est alors apparu comme un nouveau moyen pour les 1,1 million de chasseurs français de porter leurs revendications. Cette approche constituait une réponse à l’échec des mobilisations massives : en 1998, 150 000 chasseurs avaient défilé à Paris contre les directives européennes encadrant la chasse des oiseaux migrateurs et instaurant les zones protégées Natura 2000, en vain.
« La création de Chasse, pêche, nature et tradition est clairement une réaction à l’entrée des Verts en politique » Paul Havet
Cette nouvelle stratégie vise également à compenser l’essoufflement des mouvements politiques affiliés aux chasseurs : à la fin des années 1990, l’opposition avec les partis écologistes se jouait encore sur le terrain politique. En 1989, « la création de Chasse, pêche, nature et tradition [CPNT] est clairement une réaction à l’entrée des Verts en politique », notait en 2003 Paul Havet, ancien directeur de l’Office nationale de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), dans une conférence intitulée « Comment réconcilier chasseurs et écologistes ? ». Mais depuis ses 4,23 % de voix obtenus lors de l’élection présidentielle de 2002, CPNT est en net déclin.
De l’eau a, depuis, coulé sous les ponts. Le combat s’est déplacé de l’arène politique aux sphères de la communication. Il s’agit aujourd’hui de gagner les cœurs. « On retrouve aujourd’hui des chasseurs qui contestaient, il y a vingt ans, la création des zones protégées Natura 2000, participant désormais à l’animation de ces mêmes territoires », explique au Monde le sociologue Ludovic Ginelli, membre de l’unité de recherche environnement, territoires et infrastructures de l’université de Bordeaux.
« Mais dans toutes ces nouvelles revendications, les chasseurs lambda ont gardé une ambiguïté sur leurs motivations, ajoute le sociologue. Ce positionnement se fait-il pour protéger la biodiversité ou pour développer l’activité cynégétique ? »
Légitimer une action sur l’environnement
Un scepticisme qui fait sourire Guy Guédon, président de la Fédération des chasseurs des Deux-Sèvres et administrateur de la fédération nationale, chargé de l’éducation à l’environnement : « Si notre engagement est aussi fort pour l’aménagement du territoire, c’est qu’il ne se limite pas à la chasse. Croyez-moi, on n’y passerait pas autant de temps. » 
Au sein de sa fédération, les chasseurs consacrent chaque année soixante-dix-huit heures à des activités de « protection et de gestion de la biodiversité » : entretien des haies et des bords de chemin, remise en état de zones humides, etc. Au niveau national, la FNC revendique même un temps bénévole passé à « s’occuper de la nature » de « trente mille équivalents temps plein ».
« Nous avons tout tenté… Il ne nous reste plus que les études scientifiques » Yves Butel
Afin de rendre audible leur message auprès de l’opinion et des responsables politiques, les chasseurs s’appuient désormais sur des études. « Nous avons tout tenté, expliquait le président de la Fédération départementale des chasseurs de la Somme, Yves Butel, en 2005. Les manifestations, la politique, le droit : il ne nous reste plus que les études scientifiques. »
La fédération nationale cite ainsi, à l’appui de ses campagnes de communication, trois instituts désignés comme « [ses] organismes scientifiques » : l’Institut scientifique nord-est Atlantique (Isnea), l’Institut méditerranéen du patrimoine cynégétique et faunistique (IMPCF) et le Groupe d’investigation de la faune sauvage (GIFS). Principalement spécialisés dans l’observation et le comptage des oiseaux migrateurs, ces organismes sont amenés à produire les « faits quantifiables et vérifiables », voulus par Willy Schraen pour étayer l’argumentaire des chasseurs.

        Lire aussi le reportage, en 2011 :
         

          Le chasseur, meilleur ami des bêtes...



Une estimation difficile
La difficulté qu’il y a à définir précisément ce qu’est l’écologie et à évaluer rigoureusement les atteintes de la chasse à la biodiversité profite largement au discours des chasseurs. Ces derniers ne font d’ailleurs jamais mention, dans leur campagne, des animaux abattus chaque année, préférant le terme de « prélèvement ».
« Où sont les chiffres précis sur les prélèvements ? » Pierre Maigre
« Il faut arrêter de prendre les résultats des études uniquement quand ils leur conviennent », soupire Pierre Maigre, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de l’Hérault : « Nous avons des éléments de mesure des populations par espèces, notamment fournis par les chasseurs. Mais où sont les chiffres précis sur les prélèvements ? »
L’ONCFS possède bien des tableaux de chasse annuels pour le gros gibier (sanglier, cerf, etc.) mais la mesure est plus difficile pour les autres animaux. Lors d’une enquête nationale sur la saison 2013-2014, seules soixante espèces sur quatre-vingt-dix chassables ont pu faire l’objet d’une estimation de « prélèvements ». Avec des écarts parfois importants : pour le faisan vénéré, l’estimation se situe par exemple dans une fourchette entre 78 029 et 143 477 animaux abattus. Du simple au double.
Cette évaluation est d’autant plus difficile à chiffrer qu’un type de chasse tend à échapper aux statistiques officielles : celle organisée dans les parcs de chasse, qui désignent les domaines dans lesquels sont organisées des battues privées. « On assiste à des locations, voire à de la sous-location de terrain, pour la chasse, pendant lesquelles les prélèvements sont souvent beaucoup plus nombreux », souligne Pierre Maigre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Démission de Nicolas Hulot, polémique sur le « Gaulois » et nomination d’un proche à Los Angeles : le président de la République est contraint de se justifier sur tous les fronts.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/08/2018
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Englué dans une rentrée difficile, Emmanuel Macron sur la défensive

Démission de Nicolas Hulot, polémique sur le « Gaulois » et nomination d’un proche à Los Angeles : le président de la République est contraint de se justifier sur tous les fronts.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h19
    |

            Cédric Pietralunga (Copenhague, Helsinki, envoyé spécial) et 
Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

En s’envolant pour Copenhague, mardi 28 août, puis pour Helsinki le lendemain, Emmanuel Macron pensait prendre de la hauteur. S’évader lors d’un dîner façon Sceptre d’Ottokar avec la reine du Danemark, Margrethe II, quarante-six ans de règne. S’aérer lors d’une escapade à vélo improvisée avec le premier ministre danois, Lars Rasmussen. Surtout, il comptait parler avenir du Vieux Continent et faire la réclame de son « alliance des progressistes » contre « l’axe des nationalistes », à sept mois d’un scrutin européen décisif pour l’avenir de l’Union européenne.
Las ! Trois jours durant, le chef de l’Etat est apparu en difficulté, comme semblant subir les événements. Sonné par la démission surprise mardi de Nicolas Hulot, intervenue le matin même de son départ en Scandinavie ; pris de court par la polémique sur le « Gaulois réfractaire », un « trait d’humour » dont il n’a pas mesuré les conséquences ; mis sur le reculoir par la révélation, mercredi, par Le Monde, de la nomination de l’écrivain Philippe Besson, un de ses proches, comme consul à Los Angeles, le chef de l’Etat a donné le sentiment de ne plus maîtriser grand-chose, une attitude inédite chez lui.
Symptôme de cet exécutif sur la défensive, M. Macron a consacré plus de trois minutes d’une conférence de presse avec le président finlandais, Sauli Niinistö, jeudi, à Helsinki, à expliquer sa sortie sur le « Gaulois ». Alors qu’il refusait jusqu’ici de répondre à l’étranger aux questions d’enjeu national, il a tenu cette fois à se justifier. « J’aime la France et les Français », a-t-il lancé, comme si ce n’était plus évident.
« On apprend de ses erreurs », plaide l’Elysée, où l’on se souvient de l’épisode d’Athènes, en septembre 2017. Lors d’un discours devant la communauté française, Emmanuel Macron avait fustigé « les fainéants » mais refusé ensuite de justifier son propos, ce qui avait permis à la polémique de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ S’il est bien mis en œuvre le 1er janvier, le prélèvement aura un impact sur la fiche de paie dès 2019. Cela ne signifie pas pour autant qu’il y aura une « année blanche » pour le contribuable.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                

Prélèvement à la source : comment ça fonctionne et combien vous paierez

S’il est bien mis en œuvre le 1er janvier, le prélèvement aura un impact sur la fiche de paie dès 2019. Cela ne signifie pas pour autant qu’il y aura une « année blanche » pour le contribuable.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 19h10
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 12h47
    |

            Alexandre Pouchard, 
Samuel Laurent et 
Mathilde Damgé








                        


L’application du prélèvement à la source a été repoussée au 1er janvier 2019, mais le sujet sème la zizanie au sein du gouvernement et de l’administration fiscale. Emmanuel Macron a déclaré, jeudi 30 août, qu’il attendait des « réponses précises à toutes les questions qui se posent encore avant de donner une directive finale ». Un peu plus tôt, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, avait confirmé l’application de la réforme au 1er janvier 2019, suivi par une communication des finances publiques.
Si elle est bien appliquée en janvier 2019, la réforme aura un impact dès cette année en termes de déclaration. Quant aux revenus 2018, redevables en 2019 en théorie et « annulés » avec la mise en place de cette disposition, il s’agira d’une « année blanche »… mais pas pour le contribuable. Explications.
Comment fonctionne le prélèvement de l’impôt à la source ?
Serpent de mer de la fiscalité, promesse de campagne de François Hollande en 2012, le prélèvement à la source consiste à retenir l’impôt directement sur le salaire du contribuable, plutôt que de le laisser percevoir son salaire, déclarer ses revenus et ensuite payer l’impôt.

   


Pour le contribuable, le salaire est ainsi moins élevé chaque mois, mais il n’y a plus d’argent à sortir spécifiquement pour les impôts une à trois fois par an – ou de mensualisation sur dix mois, comme le font déjà 60 % des contribuables.
Pour ceux qui ne souhaitent pas que leur employeur connaisse l’ensemble de leurs revenus ou pour ceux qui ne veulent pas tenir compte des revenus du conjoint (ou du partenaire de pacs), il va falloir opter pour un taux « non personnalisé » dans le premier cas ou pour un taux « individualisé » dans le deuxième. Ces options doivent être exercées avant la fin de l’année 2018.
Pourquoi vous payerez tout de même
Tous les assujettis à l’impôt sur le revenu s’acquitteront, en 2018 de leur impôt… 2017. Et l’année suivante, en 2019, si le principe du prélèvement à la source est en place, nous paierons l’impôt sur le revenu de… 2019.
Pour le contribuable, le fait de ne pas être imposé sur ses revenus 2018 ne changera donc pas grand-chose : il paiera, cette année-là, ses impôts sur ses revenus 2017. Et l’année suivante, si le prélèvement à la source démarre, il paiera également, mais pour ses revenus de l’année en cours.
En pratique, la mise en place du nouveau système se fera en deux temps :
le taux du prélèvement appliqué entre janvier et août 2019 sera calculé à partir de la déclaration de revenus 2017 (à remplir en mai-juin 2018) ;il sera ensuite « rafraîchi » au vu de la déclaration de revenus de 2018 (au printemps 2019) pour s’appliquer aux prélèvements opérés entre septembre 2019 et août 2020.
Dès l’été 2019, en fonction des revenus déclarés au printemps 2019, les contribuables devraient récupérer le trop-perçu des sommes versées les sept premiers mois de l’année ; ils devront en revanche s’acquitter d’un reliquat si elles ne sont pas suffisantes.
Attention, jusqu’ici, les crédits et réductions d’impôt (emploi à domicile, aide à la personne, etc.) étaient intégrés aux tiers ou aux mensualités, les faisant baisser d’autant. A partir de 2019, ce ne sera plus possible de les étaler : l’avantage fiscal sera remboursé en une seule fois au contribuable, en septembre de l’année suivante (sauf pour les ménages les plus modestes qui auront un acompte plus tôt).


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De combien serait votre salaire si votre impôt était retenu à la source ?
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Votre salaire mensuel net :  euros
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Salaire mensuel estimé après prélèvement :


euros



Dans ce scénario, il n’y aurait plus de règlement massif d’impôt à l’automne (ou de mensualisation sur dix mois comme c’est le cas actuellement).


Le « cadeau » sera… à votre mort
Même si tout le monde ne s’en rendra pas compte, on aura quand même une « année blanche » puisque les revenus 2018 ne seront pas imposés. Ceux qui le verront concrètement sont les retraités qui vont d’emblée être imposés sur leur retraite, et non pas sur leur dernière année de salaire, généralement plus haute.
Et les héritiers. Jusqu’ici, le fisc réclamait les impôts sur le revenu d’une personne décédée dans l’année, puisqu’il s’agissait de ses revenus de l’année précédente. Avec le système de prélèvement à la source, plus d’impôt sur le revenu des morts. Un beau cadeau aux héritiers de milieux favorisés.
Pas d’année blanche, en revanche, pour les revenus « exceptionnels » touchés en 2018 : les plus-values sur des ventes immobilières, les revenus et plus-values sur des produits financiers (actions, obligations, etc.) seront bien soumis à l’impôt correspondant en septembre 2019.
Combien cela coûtera-t-il à l’Etat ?
Si, pour les contribuables, l’année « blanche » ne change pas grand-chose, pour l’Etat, en revanche, il s’agira bien d’une année sans recettes fiscales issues de l’impôt sur le revenu. Mais le manque à gagner serait, lui, étalé dans le temps.
En 2017, le produit de l’impôt sur le revenu était supérieur à 73 milliards d’euros. Certes (deux fois) moins que la TVA, mais (deux fois) plus que l’impôt sur les sociétés. Cette somme « manquera » donc – comptablement – en 2019, même si l’Etat pourra alors compter sur les rentrées fiscales de l’année en cours. A plus long terme, l’Inspection générale des finances a estimé que le bilan entre les bénéfices attendus de la réforme pour les contribuables et les charges anticipées dans sa mise en œuvre pour l’administration fiscale et les « collecteurs à la source » serait positif.



                            


                        

                        


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Prélèvement à la source : Macron attend des « réponses précises » avant de trancher

Le président de la République n’a pas encore définitivement décidé si la réforme du prélèvement de l’impôt entrerait bien en vigueur au 1er janvier.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 08h51
   





                        



   


La mise en place du prélèvement de l’impôt à la source le 1er janvier 2019 n’est pas encore définitivement décidée. Emmanuel Macron a déclaré, jeudi 30 août, attendre des « réponses précises » avant de trancher.
« J’ai plutôt l’intention de conduire cette réforme à son terme, mais j’ai demandé aux ministres compétents de répondre à toutes les questions qui se posent encore, avant de donner une directive finale », dans les prochaines semaines, a-t-il dit au cours d’une conférence de presse à Helsinki, en Finlande.
« J’ai besoin d’une série de réponses très précises et d’être sûr de ce que nos concitoyens vivront le jour où on le mettra en place si on le met en place », a-t-il ajouté. « Il est normal que nous nous assurions que les détails soient bien clairs », a-t-il déclaré au côté du premier ministre finlandais, Juha Sipilä, qui a vanté le prélèvement de l’impôt à la source, en vigueur dans son pays depuis des décennies.

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                Prélèvement à la source : comment ça fonctionne et combien vous paierez



Confirmation de Gérald Darmanin
Jeudi matin sur France Bleu, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a, lui, confirmé l’application de cette réforme le 1er janvier 2019.
Le ministre a également appelé les entreprises à se mobiliser pour participer à la mise en place du prélèvement de l’impôt à la source. « Après les baisses d’impôt très importantes que nous faisons pour les sociétés, et parfois ça nous est reproché par l’aile gauche du pays, nous demandons que tous les employeurs fassent quelque chose pour les salariés. C’est une mesure pour les salariés », a-t-il dit.
La mise en œuvre du dispositif préoccupe chefs d’entreprise et syndicats, qui s’inquiètent de possibles failles ou angles morts. Elle est aussi critiquée par des responsables de l’opposition, comme Laurent Wauquiez (LR), qui a demandé mercredi à l’exécutif d’y renoncer, jugeant qu’il était « encore temps » d’arrêter une réforme « qui va dans le mur ». La veille, le premier ministre, Edouard Philippe, avait promis de faire « le point » sur ce dossier d’ici à quelques semaines.
Le compte officiel des finances publiques a publié jeudi après-midi un message (désormais supprimé) sur Twitter, répondant, sur un ton qui paraît ironique, à la demande d’informations supplémentaires du président. « Nous sommes confiants sur le fait que toutes les réponses à toutes ses questions lui seront apportées et que le calendrier sera tenu », a écrit la direction générale des finances publiques en réponse à un tweet d’un journaliste. Un message conclu par le hashtag #gauloispasréfractaire, en référence aux propos tenus mercredi par le président lors de sa visite au Danemark.

   



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                Le prélèvement à la source est-il vraiment une menace pour la « vie privée » ? Valérie Pécresse exagère






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ En visite au Danemark, Emmanuel Macron s’est amusé le 29 août à qualifier les Français de « Gaulois réfractaires au changement ». Ce n’est pas la première fois que le président évoque à l’étranger les difficultés à réformer en France.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ 
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ L’affaire porte sur le bien immobilier acquis à Brest par sa compagne, l’avocate Sandrine Doucen, puis loué aux Mutuelles de Bretagne, dont M. Ferrand était alors le directeur général (1998-2012).
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                

L’enquête sur l’opération immobilière de Richard Ferrand délocalisée à Lille

L’affaire porte sur le bien immobilier acquis à Brest par sa compagne, l’avocate Sandrine Doucen, puis loué aux Mutuelles de Bretagne, dont M. Ferrand était alors le directeur général (1998-2012).



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 13h34
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 14h15
    |

            Yann Bouchez








                        



   


Brest, Paris et, désormais, Lille. L’affaire des Mutuelles de Bretagne, ou affaire Ferrand, du nom de l’éphémère ministre et actuel député (LRM) du Finistère, poursuit son tour de France. La Cour de cassation a ordonné, le 25 juillet, le dépaysement de l’enquête ouverte à Paris pour « prise illégale d’intérêts », « recel et complicité » de ce délit, a révélé France Inter, jeudi 30 août.
Le parcours judiciaire de ce dossier suit une trajectoire sinueuse, depuis le premier article du Canard enchaîné, le 24 mai 2017. L’hebdomadaire dévoilait alors comment Richard Ferrand avait, en 2011, permis à sa compagne, Sandrine Doucen, de réaliser une juteuse opération immobilière. Celui qui dirigeait à l’époque les Mutuelles de Bretagne avait organisé l’achat de locaux d’une valeur finale de plus de 580 000 euros, qu’elle avait ensuite loué à l’organisme.

        Lire aussi :
         

                L’affaire Richard Ferrand résumée en cinq points



A la suite de ces révélations, enrichies par d’autres enquêtes publiées dans la presse, les rebondissements judiciaires se sont succédé. Dès le 26 mai 2017, le procureur de Brest, Eric Mathais, estime qu’il n’y a pas lieu d’ouvrir une enquête. Avant de se raviser quelques jours plus tard, le 1er juin. Entre-temps, Anticor a porté plainte auprès du parquet, le 31 mai. L’association de lutte contre la corruption fait depuis preuve d’une persévérance certaine.
Après le classement sans suite annoncé par le nouveau procureur de Brest, le 13 octobre 2017, estimant que « les infractions d’abus de confiance et d’escroquerie n’[étaient] pas constituées » et les faits éventuels de prise illégale d’intérêts prescrits, l’avocat d’Anticor, Jérôme Karsenti, dépose une nouvelle plainte à Paris avec constitution de partie civile, en novembre. Désigné par le Parquet national financier, le juge Renaud Van Ruymbeke décide d’ouvrir, le 12 janvier, une information judiciaire pour prise illégale d’intérêts.
Course à la lenteur
Fin février, le vice-président d’Anticor, Eric Alt, est brièvement auditionné en tant que représentant de la partie civile. Le processus judiciaire semble enclenché. Le président du groupe LRM à l’Assemblée nationale et sa compagne, Sandrine Doucen, doivent être entendus fin mars par le juge Van Ruymbeke. Leur audition est finalement reportée sine die. Car dès la mi-mars, leurs avocats, Mes Philippe Bazire, Georges Holleaux et Frédéric Thiriez, dénoncent un « conflit d’intérêts » et une « atteinte au principe d’impartialité objective » : le vice-président d’Anticor, M. Alt, est aussi magistrat au tribunal de grande instance de Paris, et pourrait ainsi profiter de sa « position professionnelle » pour peser sur la procédure. La procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, transmet la demande de dépaysement à la Cour de cassation, qui l’a donc accordé, le 25 juillet, « afin de garantir l’impartialité objective de la juridiction saisie ».

        Lire aussi :
         

                Anticor, l’association qui veut vacciner les politiques contre la corruption



Faut-il voir dans cette succession d’étapes une course à la lenteur ? Contacté par Le Monde, Jérôme Karsenti, semble être de cet avis et regrette des « manœuvres dilatoires ». « Depuis le début, M. Ferrand multiplie les embûches à l’ouverture d’une information judiciaire, estime l’avocat d’Anticor. On a perdu presque un an dans ce dossier depuis la plainte avec constitution de partie civile. » Il déplore que l’association soit « privée du pôle financier, qui a une compétence nationale, sur un prétexte totalement ahurissant ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Le premier ministre poursuit jeudi ses entretiens avec syndicats et patronat pour discuter des chantiers potentiellement explosifs de l’automne.
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Rencontres avec Edouard Philippe : les syndicats dans l’expectative

Le premier ministre poursuit jeudi ses entretiens avec syndicats et patronat pour discuter des chantiers potentiellement explosifs de l’automne.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 13h10
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 14h18
   





                        



   


Le gouvernement fait sa rentrée. L’occasion de retisser les liens avec des partenaires sociaux qui ont eu le sentiment, ces derniers mois, de n’être pas considérés par l’exécutif.
Après avoir été reçus à l’Elysée à la mi-juillet par le président de la République, Emmanuel Macron, syndicats et patronat s’apprêtent donc à rencontrer, chacun à son tour, du 29 août au 4 septembre, le premier ministre, Edouard Philippe, qui sera accompagné de la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, et de sa collègue du travail, Muriel Pénicaud.
Au menu de cette rentrée sociale à haut risque : assurance-chômage, plan pauvreté, retraites…

        Synthèse :
         

          Notre point sur les dossiers abordés dans cette rentrée sociale



Inquiétudes quant à l’assurance-chômage
Le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Pascal Pavageau, a été reçu dès 8 heures par le premier ministre et la ministre du travail. Au sortir de la réunion, il a dit qu’il refuserait de se « faire hara-kiri » si la nouvelle réforme de l’assurance-chômage consistait à supprimer le principe assurantiel du régime :
Si la lettre de cadrage [préalable à une négociation officielle] devait être de nous demander de supprimer [...] le principe assurantiel, le tout dans un cadre contraint budgétaire, j’ai dit au premier ministre : « On n’est pas la secte du temple du Soleil, on ne va pas tous se réunir dans un coin pour se faire hara-kiri sur demande du gouvernement ! »
 
Le tabou de la dégressivité des allocations chômage
Autre pierre d’achoppement concernant le chômage, la dégressivité des allocations des cadres, avancée la semaine dernière par le député proche de l’exécutif Aurélien Taché (La République en marche), au sujet de laquelle Edouard Philippe avait dit dimanche 26 août qu’il n’avait « ni tabou ni présupposé ».
François Hommeril, président de la CFE-CGC, reçu à 11 h 30 par le premier ministre, s’est insurgé à la sortie de la réunion contre cette idée, évoquant « du populisme » :
Nous considérons que ceux qui se sont exprimés sur le sujet ont fait du populisme au sens propre du terme : ils désignent à la vindicte des autres catégories une catégorie particulière pour éviter que chacun regarde les vrais problèmes. [...] Pour nous, c’est un tabou. Sur tous les autres sujets, nous n’avons pas de tabou.
« Rien d’arrêté » sur la santé au travail
Sur la santé au travail, M. Pavageau a dit « que pour l’instant il n’y avait rien d’arrêté, y compris jour(s) de carence » ou transfert aux entreprises de la prise en charge des premiers jours d’arrêt pour maladie après le délai de carence.
Un sujet qui inquiète fortement le dirigeant du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, reçu à 9 h 30 par le premier ministre :
[Je lui] ai rappelé très fortement notre opposition au déremboursement éventuel des indemnités journalières. [...] Il faut essayer de réfléchir à des solutions en prenant le temps du diagnostic.
Si le premier ministre a assuré dimanche écarter l’idée d’un « transfert brutal » du financement des arrêts de courte durée de la Sécurité sociale vers les entreprises, il souhaite que les partenaires sociaux trouvent des solutions pour que l’absentéisme cesse d’augmenter.
La réforme des CDD préoccupe le patronat
Geoffroy Roux de Bézieux souhaite également que soit rejeté le projet du gouvernement visant à instaurer un bonus-malus pour pénaliser les entreprises abusant de contrats courts.
« On a rappelé notre opposition au système du bonus-malus, quels qu’en soient les paramètres, non pas pour des raisons dogmatiques ou idéologiques (mais) parce que c’est la nature de l’activité qui amène à avoir des contrats courts ou un turn-over important », a-t-il déclaré, citant par exemple « les extras dans la restauration ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ En autorisant le rachat par La Poste de CNP Assurances, le gouvernement confirme l’évolution massive de l’opérateur postal vers les activités de banque et assurance.
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« Pour la première fois de son existence, le premier métier de La Poste ne sera plus le courrier mais la finance »

En autorisant le rachat par La Poste de CNP Assurances, le gouvernement confirme l’évolution massive de l’opérateur postal vers les activités de banque et assurance.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 12h49
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            
Chronique. Le premier timbre-poste français figurait Cérès, déesse des moissons et de la fécondité. C’était en 1849 le début d’une aventure, celle du service universel de la poste, partout en France au même prix. Cent soixante-dix ans plus tard, Cérès change de métier. Du moins moissonnera-t-elle désormais en priorité des contrats d’assurance et des comptes-chèques plutôt que des lettres. Non pas qu’elle arrête de recueillir et distribuer les précieux mots doux et les irritantes factures, mais, pour la première fois de son existence, son premier métier ne sera plus le courrier mais la finance. Avec l’acquisition de CNP, l’un des premiers assureurs français, son activité dans la banque et l’assurance devrait représenter plus de la moitié de ses ventes et la grande majorité de ses bénéfices. Le seul résultat net de CNP Assurances représente deux fois celui de la totalité du groupe La Poste.

C’est le destin des grandes postes mondiales, presque toutes issues d’administrations publiques. Trois siècles après les premiers postillons et relais de poste, elles doivent se trouver d’urgence de nouvelles occupations pour pallier la disparition progressive des lettres tombées au champ d’honneur du numérique. Les particuliers échangent par mail ou SMS et même les impôts s’affranchissent du passage par la boîte aux lettres. Or la disparition progressive du courrier s’accélère. De 4 à 5 % de baisse annuelle au début des années 2000, le rythme est passé à 7 % en France en 2017. Le casse-tête est double. Pour continuer à assurer sa mission de service publique, il faut à la fois maintenir un nombre conséquent de facteurs et trouver de nouvelles sources de revenus pour les financer.
Les colis ou la finance
Trois pistes ont été testées en Europe : les colis, les services et la finance. Livrer des paquets est l’extension naturelle du métier de facteur et l’expansion du commerce électronique lui offre un avenir prometteur. Mais l’exigence de rapidité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le président du groupe Les Républicains au Sénat entend incarner une « droite des valeurs ».
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Bruno Retailleau : « La verticalité d’Emmanuel Macron est un narcissisme »

Le président du groupe Les Républicains au Sénat entend incarner une « droite des valeurs ».



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 16h51
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

Le président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, qui a repris la direction du microparti de François Fillon, Force républicaine, fait sa rentrée politique à La Baule, samedi 1er septembre.
La démission de Nicolas Hulot sonne-t-elle le glas de l’engagement des ministres issus de la société civile ?
Bruno Retailleau : Elle est révélatrice, tout comme l’a été l’affaire Benalla, de la fin du nouveau monde. Emmanuel Macron a voulu imposer l’idée d’une République de l’exemple, de la vertu publique. L’affaire Benalla a montré au contraire que nous nous trouvons dans le règne du bon plaisir — cela nous ramène à l’Ancien Régime — et, pour ce qui concerne Nicolas Hulot, dans celui du double langage. Malgré son rang de ministre d’Etat, il a été choisi comme faire-valoir. C’est terrible qu’un ministre vienne devant un micro pour dire qu’il s’était menti à lui-même.
Les Français sont passés d’un espoir, il y a un an, à un doute, et désormais à la désillusion. La verticalité d’Emmanuel Macron n’est souvent que l’exaltation de sa propre personnalité, un narcissisme plutôt qu’une autorité de l’Etat rétablie. Elle devrait profiter à tous, mais elle n’est qu’à son seul service.

Vous retrouvez-vous néanmoins dans les réformes économiques du gouvernement ?
La désillusion des Français vient du fait qu’Emmanuel Macron avait dit pendant sa campagne que tous les politiques avaient échoué depuis trente ans. Or, sa propre politique ne produit pas de résultats. Sur le plan économique, nous sommes à la traîne en Europe, avec une croissance en baisse et un déficit public qui ne cesse d’augmenter. Nous avons le record mondial de la dépense publique et des impôts. Le chômage ne décroît pas. Emmanuel Macron se rêvait en grand transformateur, il fait la politique du petit raboteur.
Il est tenté par le modèle anglo-saxon, individualiste, qui allie une vision multiculturaliste...




                        

                        


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<filnamedate="20180831"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180831"><AAMMJJHH="2018083118">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Aussi bien du côté des recettes fiscales que des dépenses publiques, le compte n’y est pas, explique dans sa chronique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤                     
                                                   
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Budget : « Le message brouillé du gouvernement envers les chefs d’entreprise »

Aussi bien du côté des recettes fiscales que des dépenses publiques, le compte n’y est pas, explique dans sa chronique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 11h50
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

Tendances France. Réunis mardi 28 et mercredi 29 août à Jouy-en-Josas (Yvelines) pour la 20e université d’été du Medef, les patrons, qui ont toujours un œil sur la conjoncture autant que sur leur propre activité, ont dû apprécier. Interrogé lundi devant l’Association des journalistes économiques et financiers (AJEF) sur la révision des objectifs de finances publiques, sur fond de croissance économique moins forte que prévu, le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a eu cette phrase improbable : « Cela fait partie des charmes de la vie économique : elle vous surprend toujours. »
La veille, dans un long entretien accordé au Journal du dimanche, le premier ministre, Edouard Philippe, avait reconnu que le déficit public allait subir un « rebond » en 2019, alors même que Bercy avait amélioré ses hypothèses mi-juillet, au moment du débat d’orientation des finances publiques devant l’Assemblée nationale.
Lundi, le locataire de Bercy a abondé en ce sens, estimant qu’« il n’y aura pas 2,3 % de déficit en 2018 [comme annoncé en juillet] ». Celui-ci devrait être supérieur à 2,6 % cette année et proche de 3 % en 2019. En cause, d’abord, le ralentissement de la croissance du PIB : une hausse de 1,7 % cette année « semble raisonnable », a annoncé M. Le Maire, alors que début août son homologue des comptes publics, Gérald Darmanin, assurait encore qu’elle ne serait « pas inférieure » à 1,8 %.
Le compte n’y est pas
Conséquence : les recettes fiscales qui en découleront devraient être moins abondantes que prévu. Enfin, la reprise dès cette année de 3,5 milliards d’euros de dettes de SNCF Réseau devrait peser à hauteur de 0,1 point de PIB sur le déficit 2018, a détaillé M. Le Maire.

Côté freinage des dépenses publiques, le compte n’y est pas non plus. Le gouvernement conserve son objectif de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Parmi les annonces « managériales » du gouvernement : la baisse de 10 % du budget des agents à l’étranger et un triplement des aides au développement.
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Le Quai d’Orsay réduit sa masse salariale et redéploie ses aides

Parmi les annonces « managériales » du gouvernement : la baisse de 10 % du budget des agents à l’étranger et un triplement des aides au développement.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 13h34
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

L’objectif est celui d’une « diplomatie agile », formule qu’affectionnent aussi bien Emmanuel Macron que son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Cette vision très managériale signifie des moyens plus limités mais théoriquement mieux ciblés, et surtout plus efficaces, ce qui ne suffit pas à dissiper les inquiétudes de nombre de diplomates. Si la « conférence des ambassadeurs et des ambassadrices », selon son nouvel intitulé, est l’occasion pour le chef de l’Etat de rappeler les grandes orientations de la politique extérieure du pays, il s’agit aussi d’en fixer les modalités.
Avant la conclusion des travaux le 29 août par le patron du Quai d’Orsay, le premier ministre, Edouard Philippe, avait présenté la veille un vaste projet de réorganisation des réseaux de l’Etat à l’étranger, en redonnant de l’autonomie de gestion aux ambassadeurs, mais aussi en appelant à une économie de 10 % de la masse salariale des agents à l’étranger d’ici à 2022, ce qui représente 110 millions d’euros.
Devant les ambassadeurs, le premier ministre a justifié ce sérieux coup de rabot et fustigé la « complexité » de l’administration du réseau, constituée d’une « addition de strates », et a plaidé pour « revenir aux fondamentaux » en gérant de « de façon plus harmonieuse, transversale, cohérente et peut-être plus managériale » les quelque 20 000 agents déployés à l’étranger, dont la moitié dépendent directement du Quai d’Orsay.
« Paupérisation »
Evoquées depuis juin, ces coupes claires suscitent l’inquiétude d’une grande majorité des fonctionnaires d’un ministère qui pèse pour à peine 1 % du budget de l’Etat. Le Quai d’Orsay a perdu en trente ans 53 % de ses effectifs, dont un tiers ces dix dernières années. Avec 13 791 emplois à temps plein pour l’ensemble du réseau diplomatique, il compte moins de fonctionnaires qu’une ville comme Toulouse. Une note interne à diffusion restreinte, intitulée « Augmenter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Désaccord avec sa direction, règlement de comptes et refus de rédiger une « newsletter de l’Elysée »…, le directeur de la rédaction a quitté son poste.
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Au « Nouveau Magazine littéraire », Glucksmann paie ses critiques envers Macron

Désaccord avec sa direction, règlement de comptes et refus de rédiger une « newsletter de l’Elysée »…, le directeur de la rédaction a quitté son poste.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 16h21
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            
C’est une crise qui fut d’abord feutrée, cantonnée aux couloirs d’une revue littéraire avant d’éclater au grand jour. L’essayiste Raphaël Glucksmann, qui était directeur de la rédaction du Nouveau Magazine littéraire depuis décembre 2017, a décidé d’en claquer la porte. Dans le numéro de septembre, en kiosques le 30 août, trois éditoriaux expliquent pourquoi la situation est bloquée. L’un est signé de Raphaël Glucksmann, l’autre de Nicolas Domenach, son successeur, le troisième a été écrit par Claude Perdriel, l’actionnaire majoritaire du titre. Tous conviennent d’un désaccord politique. Autour de la personne d’Emmanuel Macron.
« Le président de la République n’était pas au cœur de nos préoccupations. Il était même le cadet de nos soucis. Pourtant, c’est bien notre façon de l’aborder qui suscita les désaccords menant aujourd’hui au divorce avec l’actionnaire majoritaire, écrit M. Glucksmann. Le Nouveau Magazine littéraire est à ses yeux hostile au pouvoir en place. Toute critique d’Emmanuel Macron se voit taxée de “faire le jeu des populistes”. » 
Claude Perdriel lui répond ainsi :
« Je suis de gauche, mais pas comme vous. (…) Contrairement à vous, je ne crois pas que défendre la liberté nécessite une rupture (…). Il serait absurde, cher Raphaël, de croire que nous pouvons être pro ou anti-Macron. Ce n’est pas notre affaire. Oui, nous pensons que certaines réformes sont à la fois courageuses, difficiles et plutôt positives. »

Ce règlement de comptes est en fait le résultat d’un long conflit interne de basse intensité, engagé depuis les débuts de la nouvelle formule de la revue. Le matin de la présentation du numéro 1, le 14 décembre 2017, une étrange réunion a lieu entre les dirigeants du magazine, dont Raphaël Glucksmann et Claude Perdriel mais aussi Maurice Szafran, le directeur éditorial, et Nicolas Domenach, membre du comité éditorial. « Dans ce numéro, il y a Michel Onfray...




                        

                        

