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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ L’auteur sénégalais de « L’Aventure ambiguë », 90 ans, revient sur l’histoire contemporaine du continent, marquée par des questionnements et des tourments identitaires.
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Entretien

Cheikh Hamidou Kane : « L’Afrique n’existe plus, elle a été dépossédée de son espace »

L’auteur sénégalais de « L’Aventure ambiguë », 90 ans, revient sur l’histoire contemporaine du continent, marquée par des questionnements et des tourments identitaires.

Propos recueillis par                                            Coumba Kane




LE MONDE
              datetime="2018-08-31T17:15:32+02:00"

        Le 31.08.2018 à 17h15






    
Cheikh Hamidou Kane, écrivain sénégalais né à Matam en 1928. Son livre « L’Aventure ambiguë» est un des grands classiques de la littérature africaine.
Crédits : Antoine Tempé


C’est l’un des paradoxes de Cheikh Hamidou Kane. En cinquante-sept ans de carrière, l’écrivain sénégalais n’a publié que deux romans – L’Aventure ambiguë, en 1961, et Les Gardiens du temple, en 1995 –, devenus des classiques, traduits dans une dizaine de langues et inscrits au programme de nombreuses écoles et universités. Ils relatent le malaise des élites africaines désorientées par la colonisation française. Né en 1928 à Matam, sur les bords du fleuve Sénégal, Cheikh Hamidou Kane a traversé l’histoire contemporaine du continent, marquée par des questionnements et des tourments identitaires.
Dans L’Aventure ambiguë, Samba Diallo, fils de notables peuls élevé dans la plus pure tradition coranique du pays des Diallobé – une nation fictive qui ressemble à s’y méprendre au Fouta Toro, région du nord du Sénégal –, est envoyé à « l’école des Blancs » pour y apprendre « comment on peut vaincre sans avoir raison ». Il sortira ébranlé de cette expérience intérieure d’une grande violence.
La puissance de ce roman philosophique, en partie autobiographique, grand prix littéraire d’Afrique noire en 1962, reste d’actualité. L’Aventure ambiguë est l’ouvrage de référence pour qui continue de s’interroger sur les identités africaines et afrodescendantes percutées par la « rencontre » avec l’Occident. Peut-on lier les cultures africaines au legs colonial et en sortir indemne ? Comment tirer le meilleur de ce choc identitaire ?
Témoin et un acteur privilégié de la marche des anciennes colonies françaises vers l’indépendance, Cheikh Hamidou Kane a été ministre sous Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, puis haut fonctionnaire de l’Unicef dans différentes capitales africaines. Retiré de la vie publique depuis plusieurs décennies, l’écrivain consacre désormais ses journées à la prière, à l’écriture et à « l’éducation morale » de ses petits-enfants.
C’est dans sa villa dakaroise qu’il a reçu Le Monde Afrique. A 90 ans, il a la démarche hésitante, mais son regard sur le monde reste pétillant. Il s’est confié sur son enfance marquée par le racisme, sa fascination pour la culture française, ses rêves panafricanistes et avoue avoir adoré le dernier opus des studios Marvel, Black Panther.



Vous venez de fêter vos 90 ans. Comment vous portez-vous ?
Cheikh Hamidou Kane J’ai les handicaps de mon âge. Mon acuité auditive et visuelle s’est affaiblie. Pour le reste, Dieu merci, je vais bien.
Vous êtes né pendant la colonisation au Sénégal. Comment, enfant, ressentiez-vous la présence du colon français ?
Les colons ont tenté de nous faire admettre que nous étions des êtres inférieurs
Lorsque j’étais enfant, j’ai connu l’humiliation que peuvent ressentir tous ceux qui voulaient accéder au même niveau de connaissance que les Blancs alors même qu’ils avaient en face d’eux des gens qui les méprisaient. Les colons ont tenté de nous faire admettre que nous étions des êtres inférieurs, incapables de faire autant sinon mieux qu’eux. Ils ne s’opposaient pas au fait que des « indigènes » aillent dans leurs écoles, mais ils nourrissaient pour nous des ambitions limitées. Nous étions programmés pour devenir des auxiliaires, pas au-delà ! On pouvait ainsi devenir infirmier, mais pas docteur en médecine.
Vous avez refusé d’obtempérer. Vous vouliez devenir philosophe…
C’était mon choix depuis l’école primaire. Dans l’esprit des enseignants blancs, c’était inconcevable. J’ai dû, tout au long de ma scolarité, me battre. En 1942, j’ai voulu entrer au lycée Faidherbe de Saint-Louis, qui était en principe réservé aux fils de colons. Seuls quelques Africains fortunés pouvaient y envoyer leurs enfants. Ma famille n’était pas nantie. J’ai donc fini à l’Ecole des fils de chefs, qu’on appelait aussi l’école des otages, où étaient envoyés les fils de notables. On nous y apprenait à devenir de parfaits chefs de canton.
Vous êtes l’un des premiers fils de notables religieux à avoir été envoyé à l’école française. Pourquoi votre famille a-t-elle fait ce choix ?
C’est grâce à l’action de l’un de mes ancêtres, Alpha Ciré Diallo, un homme exceptionnel. Alors que le débat entre les pro- et anti-école française faisait rage dans son village, il fut l’un des premiers à avoir compris qu’il n’y avait pas de risque à scolariser ses enfants. A condition, disait-il, de les éduquer soigneusement d’abord dans l’islam et les valeurs peules que sont le sens de l’honneur, la pratique religieuse et la solidarité familiale : « Rewdé Allah, djokude endaam » en peul. Cette double éducation faisait, selon lui, office de protection et d’armure. Ses propres enfants ont fini dans l’armée coloniale, d’autres sont devenus interprètes. Il avait confiance en son héritage culturel. Je suis le produit du combat de cet ancêtre visionnaire.

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A l’école, vous vous faites remarquer…
Nous étions sept « fils de chefs » dans ma promotion. A la fin du cycle d’études, nous devions passer par la ferme agricole et devenir chefs de canton. J’ai refusé d’y aller. Je rêvais toujours du lycée Faidherbe. Furieux, le directeur de l’école a convoqué l’un de mes oncles qui était greffier. Il lui a expliqué sans ménagement et avec un ton méprisant que mes ambitions étaient prétentieuses. Que l’on ne m’avait pas formé pour ça ! Mais j’ai tenu bon. Mon père m’a inscrit au lycée Van Vollenhoven, à Dakar. Mes condisciples africains m’ont désigné pour être leur représentant au conseil de discipline du lycée, composé en majorité de Blancs.
Comment vous êtes-vous retrouvé à la Sorbonne ?
Je rêvais d’être professeur de philosophie, la Sorbonne était donc un objectif. Mais je n’avais pas les moyens d’aller en France. J’ai donc écrit au gouverneur du Sénégal, qui pour la première fois était un Noir antillais, pour obtenir une bourse. Et il me l’a octroyée ! J’ai intégré une classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand, puis j’ai étudié la philosophie et le droit à la Sorbonne.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans cette prestigieuse université ?
J’ai eu confirmation des qualités fondamentales de la civilisation occidentale, occultées jusque-là à mes yeux par la face sombre du colonialisme. Je subodorais ces qualités, mais le comportement brutal des colons au Sénégal m’en faisait douter. Mes condisciples et mes professeurs français étaient d’une grande ouverture d’esprit. Ma foi musulmane s’est aussi nourrie des débats philosophiques de l’époque – l’existentialisme de Jean-Paul Sartre et la pensée chrétienne de Paul Ricœur.
Paris était aussi au cœur des luttes indépendantistes et des mouvements littéraires comme la négritude. Où vous situiez-vous ?
J’adhérais aux mots d’ordre de Ki-Zerbo : indépendance de l’Afrique, Etats-Unis d’Afrique et socialisme africain
J’ai dû, comme tout étudiant africain à l’époque, militer, prendre position. Les leaders plus populaires étaient les marxistes du Parti africain de l’indépendance, de Majhemout Diop, et les nationalistes regroupés autour de Cheikh Anta Diop. Je n’étais pas partisan du marxisme, incompatible avec ma foi religieuse. J’étais plus sensible aux idées de Cheikh Anta Diop, que je connaissais personnellement, mais son parti était alors peu structuré. C’est finalement Joseph Ki-Zerbo qui m’a séduit. Ce Voltaïque [de Haute-Volta, ancienne appellation du Burkina Faso], catholique, professeur agrégé d’histoire, était très actif dans le mouvement des jeunesses chrétiennes de France. Il a créé le Mouvement de libération nationale. J’adhérais entièrement aux mots d’ordre, qui étaient indépendance de l’Afrique, Etats-Unis d’Afrique et socialisme africain.

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La négritude d’Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas représentait aussi un courant d’idée puissant, mais vous vous en teniez à distance. Pourquoi ?
J’adhérais à la révolte qu’exprimait ce mouvement. Le Cahier d’un retour au pays natal de Césaire, que j’ai lu à 16 ans, m’a profondément marqué. Cependant j’étais moins convaincu par la position de Senghor, moins radicale dans la dénonciation du mépris de l’homme blanc pour les Noirs.
Dans L’Aventure ambiguë, les habitants du pays des Diallobé craignent que leurs enfants perdent leur identité en allant à l’école des Blancs. Ils se demandent si « ce qu’ils apprendront vaut ce qu’ils oublieront ». Avez-vous aujourd’hui une réponse à cette question fondamentale ?
Je la donne dans mon second roman, Les Gardiens du temple, paru en 1995 mais rédigé dès 1963. Le personnage principal, qui est en quelque sorte Samba Diallo ressuscité, a reçu une solide éducation religieuse musulmane et est enraciné dans les valeurs des Diallobé. Après de brillantes études à l’école française, il devient ingénieur agronome. Il a appris les techniques modernes indispensables pour construire le nouveau pays indépendant. Il a donc réussi à allier sa culture religieuse traditionnelle à ce qu’il a appris au contact de la civilisation occidentale.
Pourtant, l’aventure de Samba Diallo, tiraillé entre sa terre natale et l’Occident, finit mal. Comment interpréter, au plan symbolique, la mort du héros de votre roman ?
Je pressentais que certains pouvaient vouloir imposer leur façon de pratiquer la religion, au besoin par la force
Certains lecteurs ont cru à tort que je voulais, par cette mort, montrer l’impossible conciliation entre nos cultures africaines et la civilisation occidentale, que l’issue ne pouvait être que tragique. Il n’en est rien. J’ai fait mourir Samba Diallo des mains du Fou pour montrer à quel point l’itinéraire des Africains à la rencontre de l’Occident était risqué. Ce parcours peut être contrarié par des extrémismes religieux et culturels. Je pressentais, déjà à l’époque, que certains pouvaient vouloir imposer leur façon de croire et de pratiquer la religion, au besoin par la force. C’est ce que représente le Fou dans L’Aventure ambiguë.
Vous avez vous-même vécu cette aventure pour le moins ambiguë entre l’Afrique et la France. Qu’en avez-vous retiré ?
J’ai survécu à ce périple. J’ai appris que, contrairement à ce que voulait faire croire le colon raciste, les cultures africaines et européennes ont beaucoup de choses en commun. Ma génération et celle de Senghor ont prouvé qu’on pouvait accéder au niveau le plus élevé du savoir des Blancs. Après mes études, je suis revenu sur le continent avec l’espoir d’un monde partagé et équitable. C’est ce qu’exprime le personnage du Chevalier à la dalmatique dans le roman : « Nous les Noirs, nous les Arabes, nous les Asiatiques, c’est un monde qui est possible. Nous devons l’édifier. Il ne faut pas que ce soit un monde imaginé, dirigé par le seul Occident. »
Près de soixante ans après les indépendances, le monde de partage n’a toujours pas surgi…
L’Afrique doit redevenir elle-même en se basant sur les structures antérieures à la colonisation
Il faut poursuivre le travail entamé. Rome n’a pas été construite en un jour ! L’Afrique, comme disait Ki-Zerbo, a été victime d’une dépossession de son espace – ses empires ont été dépecés en une cinquantaine de territoires, au profit des colonisateurs. L’Afrique n’existe plus. Elle a perdu son initiative politique et son identité endogène. A l’école, ce sont les langues du colon qui sont enseignées. La législation, l’organisation sociale et familiale sont calquées sur celles de l’Occident. Il faut donc que l’Afrique redevienne elle-même en se basant sur les structures antérieures à la colonisation.

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Par exemple, la charte du Mandé, élaborée en 1236 dans l’empire du Mali, peut redéfinir notre organisation et nos institutions. Elle régit les relations familiales, prône les valeurs de respect, de solidarité et permet la diversité. Il existait une vraie citoyenneté ouest-africaine dans l’empire du Mali. Les habitants pouvaient circuler d’un endroit à un autre en changeant de patronyme. Un Mandingue qui s’appelle Diarra, une fois chez les Wolofs, prenait le nom de Ndiaye ou Diatta. Cela permettait une coexistence harmonieuse entre les communautés. Nous pouvons reprendre ce modèle, pas besoin de chercher ailleurs.
Le passé glorieux que vous décrivez a disparu. N’est-il pas utopique de vouloir y revenir ?
Je ne préconise pas un retour au passé, mais un recours au passé. Nous devons nous inspirer de l’héritage de nos ancêtres. La réappropriation de notre identité endogène passe par cette démarche.
C’est aussi de la responsabilité des dirigeants africains…
Quel poids peut avoir le continent dans l’économie mondiale s’il est divisé ?
Les jeunes doivent au plus vite s’emparer de ce sujet. Ils doivent se battre pour créer au sud du Sahara un espace géopolitique et économique autonome. Et l’imposer aux dirigeants actuels qui ne comprennent pas que leurs pouvoirs ne sont, comme le disait Senghor quand il luttait contre la balkanisation, « que des joujoux et des sucettes ». Quel poids peut avoir le continent dans l’économie mondiale s’il est divisé, morcelé ? L’Afrique est le continent le plus riche en ressources naturelles dont a besoin l’ensemble de la planète. Comment voulez-vous que nous les défendions et que nous les échangions à leur juste prix si nous le faisons en ordre dispersé ? S’il y avait une autorité commune pour gérer par exemple les ressources pétrolières, l’Afrique aurait plus de poids sur la scène internationale.
Vous avez été plusieurs fois ministre. Pourquoi votre génération n’a pas réussi à créer cette unité africaine ?
Le colonisateur a bien manœuvré. Par exemple, Félix Houphouët-Boigny, fervent opposant au travail forcé avant l’indépendance, représentait une menace pour la France. Il s’était allié aux communistes français au Parlement, où il siégeait comme représentant de la Côte d’Ivoire. Il a commencé à mener un combat qui aurait pu aboutir à une guerre aussi meurtrière qu’en Algérie ou au Vietnam. Les Français l’ont alors retourné en lui promettant la présidence d’une Côte d’Ivoire autonome. Il a reçu les premiers honneurs à Paris en acceptant un strapontin de ministre d’Etat. Puis, en octroyant l’indépendance séparément aux treize territoires membres de l’AOF [Afrique occidentale française] et de l’AEF [Afrique équatoriale française], le colonisateur a fait disparaître des ensembles qui auraient pu servir de base à l’édification des Etats-Unis d’Afrique. Les Africains se sont laissés prendre au piège.
Que vous inspire le climat politique délétère au Sénégal, marqué par une forte contestation du régime du président Macky Sall ?
Malgré les tensions actuelles, il faut savoir reconnaître les mérites de « l’exception sénégalaise ». La coexistence entre l’islam, le christianisme et les autres confessions est harmonieuse. Et c’est grâce à un islam imprégné de valeurs traditionnelles. Le Sénégal jouit d’une culture démocratique ancienne. Depuis Blaise Diagne [premier député élu à la Chambre des députés français en 1914], nous votons. Depuis plus d’un siècle, les Sénégalais savent ce qu’est un parti politique, une élection, le choix des leaders politiques.
Vous écrivez toujours ?
Je travaille à un projet qui me tient à cœur depuis un moment. Je veux retracer l’épopée de l’empire du Mali fondé par Soundjata Keïta. Elle a donné naissance à la charte du Mandé. J’aimerais rappeler cette page d’histoire à la jeunesse africaine et au monde. J’ai réuni autour du projet des artistes comme Youssou Ndour, des intellectuels, des écrivains, des griots traditionnels ressortissants de l’espace de l’ancien empire du Mali. Je veux faire un film d’animation avec des effets spéciaux pour illustrer l’univers mystique de l’empereur Soundjata Keïta. Selon la tradition, il avait des pouvoirs magiques comme le don d’ubiquité. Il pouvait être à plusieurs endroits en même temps. J’ai vu quelques films, dont récemment Black Panther, qui m’ont fait penser que cela était faisable.

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Vous avez aimé Black Panther ?
J’ai adoré l’idée d’un royaume africain puissant avec ses propres paradigmes. La voix de Baaba Maal [chanteur sénégalais] est parfaitement utilisée. Maintenant que je vais mieux, j’espère pouvoir aller au bout de mon projet.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A 46 ans, l’excentrique Canadien n’a rien abandonné de sa quête de liberté. Le troisième opus de ses « Solo Piano » sort le 7 septembre, un mois avant « Shut up And Play The Piano », documentaire consacré à son parcours.
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Chilly Gonzales, pianiste baroque pop


                      A 46 ans, l’excentrique Canadien n’a rien abandonné de sa quête de liberté. Le troisième opus de ses « Solo Piano » sort le 7 septembre, un mois avant « Shut up And Play The Piano », documentaire consacré à son parcours.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 15h02
    |

                            Clémentine Goldszal








                              

                        

L’histoire de son succès est aussi atypique que lui. Depuis la fin des années 1990, le Canadien Chilly Gonzales a produit des tubes (notamment 1 2 3 4 pour son amie, la chanteuse canadienne Feist), collaboré avec des stars (les Daft Punk, Drake, mais aussi Jane Birkin ou Philippe Katerine), sorti des albums de rap, décortiqué les mécanismes de la pop dans des master class vues des centaines de milliers de fois sur YouTube, et joué avec des orchestres symphoniques dans les plus belles salles du monde. Il a même gagné un Grammy Award, en 2014, collectivement remis aux vingt et un contributeurs de l’album Random Access Memory, de Daft Punk. Mais c’est Solo Piano (2004), une œuvre instrumentale, qui l’a fait connaître du grand public, lui valant d’être comparé à Erik Satie.
« Afin d’atteindre le détachement nécessaire pour monter sur scène, il me fallait un nom fantasque, presque trop ridicule, comme celui d’un rappeur. »
En amont de la sortie de Solo Piano III (le deuxième volume datait de 2012), Gonzales donne rendez-vous aux Studios Ferber, où il travaille depuis des années avec le producteur Renaud Letang. L’autoproclamé « génie de la musique » reçoit en tenue de ville, le menton hérissé d’une barbe de quelques jours, la mise vaguement négligée, ses sempiternelles pantoufles aux pieds. Il tient à conduire l’entretien en français, pour préserver, dit-il, les « petits bémols » qu’il chérit dans cette langue qu’il maîtrise pourtant moins bien que son anglais maternel. « Pour la promotion d’un de mes projets, j’avais fait s’allonger les journalistes sur un divan, comme chez le psychanalyste, se souvient-il. Je voulais changer le cadre. J’ai longtemps voulu tout inventer, mais c’est épuisant. Les interviews, finalement, ça n’est peut-être pas le moment d’essayer de faire le truc Gonzo… » 

Le « truc Gonzo », c’est la folie pas si douce du personnage...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Des journaux proches du premier ministre souverainiste Viktor Orban s’en prennent à une exposition consacrée à la peintre mexicaine. En cause, l’évocation de sa liaison avec le révolutionnaire bolchévique.
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En Hongrie, Frida Kahlo, Trotski et l’apologie du communisme


                      Des journaux proches du premier ministre souverainiste Viktor Orban s’en prennent à une exposition consacrée à la peintre mexicaine. En cause, l’évocation de sa liaison avec le révolutionnaire bolchévique.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 14h57
    |

            Blaise Gauquelin








   


Adriana Lantos pensait avoir offert au public une exposition des plus consensuelles. Mais depuis le 7 juillet et l’inauguration de la rétrospective Frida Kahlo, dont elle est la curatrice, on accuse la Galerie nationale hongroise de faire l’apologie du communisme. Un reproche infamant, dans cette ancienne république satellite de l’URSS ayant beaucoup souffert du joug stalinien.
Tout commence avec un papier dans Magyar Idök, un journal favorable au premier ministre souverainiste Viktor Orban. Au détour d’un article intitulé « Voilà comment on promeut le communisme avec de l’argent public », l’exposition de la peintre mexicaine est listée aux côtés d’autres événements culturels subventionnés, jugés complaisants envers l’ancien régime.
« Nous présentons un film d’archives où l’on voit Frida Kahlo en présence de Trotski. Cette rencontre a joué un rôle important dans la vie de l’artiste. » Adriana Lantos, commissaire de l’exposition
« Vous n’allez pas le croire, mais Trotski vient de réapparaître à Budapest, cette fois dans le lit de Frida Kahlo », écrit ironiquement le journal, en référence à la romance entretenue entre la peintre et l’un des leaders de la révolution bolchevique, durant l’exil tardif de ce dernier au Mexique.
A la fin de l’exposition – financée par le gouvernement hongrois avec la coopération du Museo Dolores Olmedo de Mexico – est évoquée sans détour « la forte influence sur Frida qu’eut cet orateur extraordinairement intelligent ». Il s’agit là de « faits historiques », se défend Adriana Lantos : « Nous présentons aussi, c’est vrai, un film d’archives où l’on voit Frida Kahlo en présence de Trotski. Nous avons fait le choix de le diffuser, parce que cette rencontre a joué un rôle important dans la vie de l’artiste. Il faut replacer les choses dans leur contexte. »
Pourchassé par Staline, Trotski avait obtenu la protection du Mexique grâce à Diego Rivera, le mari de Frida Kahlo. Entre janvier 1937 et avril 1939, il avait même vécu avec sa femme dans la maison du couple, à la Caza Azul. C’est à ce moment-là que le révolutionnaire et la féministe ont eu une liaison.

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Depuis l’article du Magyar Idök, pas un jour sans qu’Adriana Lantos n’ait à répondre sur sa volonté de glamouriser un régime criminel avec l’évocation de cette romance. Elle qui pensait qu’on allait l’interroger sur les liens entre Frida Kahlo et le photographe Nickolas Muray, d’origine hongroise ! Ou sur les raisons obscures poussant la Mexicaine à s’inventer des racines dans les terres lointaines de Transylvanie qui la fascinaient…
Pression sur les élites culturelles
Cette polémique autour de l’exposition est la dernière tentative de pression effectuée sur les élites culturelles du secteur public en Hongrie, héritières de l’ouverture en 1989 et orientées vers l’Occident. Considérées comme étant beaucoup trop libérales, elles seraient un frein à la volonté du premier ministre, qui entend contrôler l’ensemble des sphères d’influence à Budapest.

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Le 28 juillet, Viktor Orban, décrié pour avoir porté atteinte à l’état de droit dans son pays, membre de l’Union européenne depuis 2004, a estimé qu’il était temps de construire une « nouvelle ère culturelle ». Depuis, ses relais d’opinion dans la société civile se chargent d’expliquer à quoi pourrait ressembler ce changement radical. Cité par l’agence de presse Reuters, Tamas Fricz, un politologue acquis à la cause de l’exécutif, a par exemple jugé qu’il est désormais nécessaire de mieux refléter les aspirations esthétiques de la majorité en place, le gouvernement « ayant le droit de privilégier les idées, les artistes et les travaux conservateurs ».
Pas de quoi décourager pour autant le public qui vient en masse découvrir Frida Kahlo, exposée pour la première fois dans ce pays d’Europe orientale. En un mois, 50 000 personnes avaient déjà poussé les portes monumentales de la Galerie nationale hongroise, perchée sur les verdoyantes collines de Buda.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Introduire la notion d’appropriation culturelle dans le monde de l’art, c’est oublier qu’une œuvre digne de ce nom se doit d’être indomptable, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Tout ce que Roth a prophétisé dans “La Tache” est, vingt ans plus tard, sous nos yeux »

Introduire la notion d’appropriation culturelle dans le monde de l’art, c’est oublier qu’une œuvre digne de ce nom se doit d’être indomptable, estime, dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h42
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            
Chronique. Après sa mort, le 22 mai, l’écrivain américain Philip Roth est revenu en force dans les librairies. Prenons La Tache, publié en 2000 (traduit en 2002 chez Gallimard). Ce roman est immense pour ce qu’il est, mais aussi pour ce qu’il dénonce et annonce. A savoir « la tyrannie des convenances », le puritanisme, la « racialisation » de la culture, autant de dangers qui envahissent l’université américaine et visent à masquer une ignorance crasse. Tout ce que Roth prophétise est, vingt ans plus tard, sous nos yeux. Tout ce qui mine la démocratie, écrit-il, se cache derrière mille masques : « Les droits des femmes, la fierté du peuple noir, l’allégeance ethnique, la sensibilité éthique des juifs… »
La Tache est l’histoire d’un professeur de littérature d’une université de la Côte est, qui, après cinq semaines de cours, voyant que deux étudiants sur quatorze ne sont jamais là, lance à sa classe : « Ils existent vraiment, ou bien ce sont des zombies ? » Son problème est qu’ils existent, qu’ils sont noirs, qu’il y a une fille. Les accusations de racisme et de misogynie pleuvent, sa descente aux enfers commence.
D’autant qu’il n’arrange pas son matricule. Il fait étudier deux pièces d’Euripide que des étudiantes jugent « dégradantes pour les femmes », refuse de réécrire ses cours dans une « optique féministe », trouve stupide que « pour le mois de l’histoire des Noirs » les étudiants ne liront « qu’une biographie de Noir écrite par un Noir », règle ses comptes avec un féminisme radical pour qui Beauvoir n’est que « la pute de Sartre ». La suite est logique. Notre professeur démissionne. Avant de se requinquer, tout en aggravant son cas, en se livrant à 71 ans à de torrides séances au lit avec une femme de 34 ans qui le mène par le bout du sexe.
Une nouvelle forme de censure
Il exagère, Roth ? Non. Les campus américains pullulent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La saison culturelle, écho de la capitale européenne de 2013, affiche un bilan satisfaisant mais un avenir flou.
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1,2 million de spectateurs pour Marseille-Provence 2018

La saison culturelle, écho de la capitale européenne de 2013, affiche un bilan satisfaisant mais un avenir flou.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h59
    |

                            Gilles Rof








                        



                                


                            

Un arc-en-ciel de faisceaux laser pour illuminer une dernière fois le ciel phocéen. Samedi 1er septembre, la proposition nomade de l’artiste américaine Yvette Mattern, Global Rainbow, tirée depuis le tout nouveau gratte-ciel La Marseillaise signé Jean Nouvel, clôt symboliquement les sept mois de programme de Marseille-Provence 2018 (MP2018). Pas de feu d’artifice, ni de grand concert gratuit mais une façon douce et spectaculaire de marquer la fin de cette saison culturelle, qui, avec 1,2 million de spectateurs, 1 600 artistes programmés, pour un budget limité de 5,4 millions d’euros, affiche un bilan plutôt positif.

Les chiffres consolidés ne seront livrés que le 17 septembre mais Raymond Vidil, président de l’association organisatrice, apprécie déjà. « Nous sommes sur une fréquentation supérieure au million de spectateurs imaginé, et notre budget ne connaîtra pas de déficit », note cet entrepreneur marseillais de 66 ans, qui a piloté l’équipe d’une quinzaine de membres de MP2018. Et surtout servi de pivot entre le monde économique, qui a financé 51 % de l’opération, et le milieu artistique.
Un « engagement collectif d’acteurs culturels »
A l’origine, Marseille-Provence 2018 visait un objectif : empêcher l’élan collectif créé par la capitale culturelle européenne de 2013 de s’éteindre définitivement. Etouffé à la fois par l’indifférence des politiques locaux et la rancœur d’une partie du milieu culturel pour qui MP2013 avait beaucoup dépensé (92,7 millions d’euros) pour peu de retombées pérennes. La chambre de commerce et d’industrie (CCI), l’association Mécènes du Sud et une quinzaine de grandes structures, dont le Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, le théâtre de La Criée ou le MuCEM, ont joué les réanimateurs. Sans attendre le soutien formel des collectivités.

« L’un des points positifs de MP2018 reste la réussite de cet engagement collectif d’acteurs culturels d’envergure qui ont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Son film « Roma », produit par Netflix, sera disponible en avant-première sur la plate-forme. Ce choix, qui lui avait valu d’être écarté de Cannes, est revendiqué par le cinéaste.
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Alfonso Cuaron, à la Mostra de Venise et sur Netflix

Son film « Roma », produit par Netflix, sera disponible en avant-première sur la plate-forme. Ce choix, qui lui avait valu d’être écarté de Cannes, est revendiqué par le cinéaste.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 15h15
    |

            Véronique Cauhapé (Venise (Italie), envoyée spéciale)








                        



   


Le Mexicain Alfonso Cuaron est venu cette année à Venise avec le film le plus personnel qu’il ait réalisé, loin de l’aventure américaine qu’a été Gravity (2013). Présenté jeudi 30 août à la Mostra dans la sélection officielle du festival, Roma restitue les souvenirs d’enfance du cinéaste, durant l’année 1971 (celle de la répression des étudiants et du divorce de ses parents), dans le quartier Borghèse de Roma, au Mexique. Portrait de famille en noir et blanc autant qu’évocation sans nostalgie, mais sensible, du temps qui passe, des défaillances et des arrangements de la mémoire, Roma est un film magnifique.
Digne d’un Ettore Scola, Alfonso Cuaron redonne vie à ceux qu’il a tant aimés, mère, père, domestiques, nourrice (Cléo, personnage central), frères et sœurs qui, passés au filtre de la mémoire, gagnent une profondeur dont le cinéaste, enfant, n’avait pas eu conscience. « Quand on aime quelqu’un à cet âge-là, on ne met pas en cause la définition qu’il donne de lui-même à travers ses gestes. L’élaboration du film a créé un autre point de vue sur ces personnes, notamment sur Cléo, qui s’est progressivement complexifiée », a souligné Alfonso Cuaron, lors de la conférence qui a suivi la projection du film.

   


Les mères de sa mémoire
Dans Roma, les hommes sont absents. Les femmes font tourner la maison, se relèvent de tout et portent les enfants comme on porte un monde susceptible de disparaître d’un instant à l’autre. Cette vision qu’Alfonso Cuaron avait déjà mise en perspective dans ses précédents films ne relève pas seulement d’une perception enfantine. Soumise à l’introspection, elle se corrige, cette fois, dans la tentative à laquelle s’essaie le cinéaste : redonner leur statut de femme aux mères de sa mémoire.
Roma est le premier des trois films Netflix qui, avec The Ballad of Buster Scruggs, des frères Cohen et Un 22 juillet, de Paul Greengrass, concourra pour le Lion d’or. Même s’il est destiné à être projeté dans des salles de plusieurs pays, il sera avant tout disponible sur la plate-forme de streaming. Ce choix, qui a valu au film d’être écarté de la sélection cannoise, mais ni de Venise ni de Toronto (du 6 au 16 septembre) est revendiqué par Alfonso Cuaron.

   


Il s’en est expliqué, avec fermeté, lors de la conférence. « Bien sûr que les conditions idéales pour un film demeurent le grand écran, a-t-il souligné. Mais je remercie Netflix pour ce cadeau qu’elle nous a fait. Parce qu’il ne faut pas être naïf. Dans un contexte de distribution complexe pour les films exigeants, combien de chances et de possibilités un film comme celui-ci, mexicain, en noir et blanc, a-t-il pour se faire connaître et durer ? Or, il est nécessaire de penser au film à long terme, pour qu’il ait un impact et ne se perde pas. Il s’agit de faire le meilleur film possible et faire en sorte qu’il atteigne le public. » A ceux qui doutaient encore, le cinéaste a enfin eu recours à une question : « Qui, aujourd’hui, dans cette assemblée peut dire qu’il a dernièrement vu un Ozu, un Antonioni ou un Bresson sur grand écran ? » Et la séance fut levée.

Sur le Web : www.labiennale.org/en/cinema/2018/lineup/venezia-75-competition/roma et www.netflix.com/fr/title/80240715



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ L’extinction de ce temps du mode indicatif est discutée par les linguistes depuis plus d’un siècle, constate la chercheuse Emmanuelle Labeau.
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« A quoi le passé simple doit-il sa survie ? »

L’extinction de ce temps du mode indicatif est discutée par les linguistes depuis plus d’un siècle, constate la chercheuse Emmanuelle Labeau.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 16h37
    |

Emmanuelle Labeau (enseignante-chercheuse à l’université Aston de Birmingham, Royaume-Uni)







                        



                                


                            

Une rémission pour le passé simple ? Ces derniers mois, des littérateurs, comme Alain Borer, des politiques, tel le ministre de l’éducation ­nationale, Jean-Michel Blanquer, sont accourus à son chevet, inquiets de sa potentielle disparition, notamment dans l’enseignement. En réalité, l’extinction du passé simple est discutée par les linguistes depuis plus d’un siècle. Si bien que la bonne question est plutôt : comment expliquer sa survie ?
Pour comprendre sa position actuelle, il faut décrire sa fortune dans l’histoire du français par la lunette déformante de l’écrit. Si la littérature épique, destinée à la performance orale, privilégie le présent pour transmettre la vivacité du ­récit (une technique parfois rapprochée de celle des commentateurs sportifs), le passé simple, en ancien français, remplit de multiples fonctions.
Il peut indiquer un parfait (le résultat présent d’une action passée), rôle ce jour dévolu au passé composé : « Et si je ne bu puis huis matin / Ne mangeay c’une soupe en vin » [« et ainsi je n’ai pas bu depuis aujourd’hui matin et n’ai mangé… »] (Miracles de Notre-Dame par personnages, XIVe siècle). Le passé simple peut ­exprimer un antérieur comme le plus-que-parfait : Reconnut les chevaliers de pris / Et la maisnie que ses peres norri [« Il reconnut les chevaliers de valeur et la maisonnée que ses pères avaient nourris »] (Ami et Amile, XIIIe siècle). Il traduit aussi un passé non délimité, domaine actuel de l’imparfait : « Riche om fut, de grant nobilitet » [« il était un homme riche… »] (La Vie de saint Alexis, XIe siècle). Il exprime enfin une situation présentée comme achevée, sa valeur actuelle.
e siècle au début du XVIe siècle
L’avènement d’autres genres littéraires, comme les chroniques, requiert une temporalité plus rigoureuse propice au passé simple, qui connaît son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Quatre pièces de la chorégraphe américaine sont présentées au Palais Garnier par sa compagnie.
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Danse : sur les pas de l’inoxydable Martha Graham

Quatre pièces de la chorégraphe américaine sont présentées au Palais Garnier par sa compagnie.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 08h45
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 10h44
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

La rentrée démarre pied au plancher. La Martha Graham Dance Company, absente des scènes françaises depuis 2009, ouvre la course, le 3 septembre, au Palais Garnier, à Paris. Six représentations seulement pour une troupe mythique et une œuvre magistralement inoxydable. Rien de tel pour marquer le territoire d’un art chorégraphique fragile mais cuirassé, dont la peau dure résiste aux avanies du temps, de la mode et des difficultés économiques.

La compagnie est l’exemple même de cet esprit de lutte qui arme la danse. Créée en 1926, à New York, un an après la fondation de son école, par Martha Graham (1894-1991), figure de la ­modern dance américaine qui mourut à 96 ans, la troupe a bien failli disparaître entre 2000 et 2004 à la suite de querelles d’héritage. Elle est aujourd’hui remise à flot. Les tournées augmentent et donnent aux quinze danseurs permanents près de trente-deux semaines de travail annuel. Un second groupe composé d’interprètes nouvelle génération est aussi sur le terrain. Les apprentis se ­précipitent dans les cours pour pénétrer l’imparable style Graham. « Je crois que ce succès s’explique par le fait que nous avons pris de la distance avec les spectacles de Graham et pouvons mieux les apprécier aujourd’hui, affirme Janet ­Eilber, directrice artistique depuis 2005. Il y a aussi un nouvel enthousiasme pour les œuvres du milieu du XXe siècle et ses pièces comptent parmi les plus représentatives de cette époque. »
Sur les cent quatre-vingt-un ballets créés par Graham, une soixantaine peuvent être reconstitués
Sur les cent quatre-vingt-un ballets créés par Graham, une soixantaine peuvent être reconstitués. « Les autres sont considérés comme perdus, explique Oliver Tobin, directeur des archives. Il n’y a plus aucune trace d’eux. Chaque saison, nous en répétons une quinzaine. Huit partent en tournée : ceux qui ont un casting trop lourd ne prennent pas la route. Nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Chorégraphe depuis 2001, il signe un nouveau chapitre d’un programme spécial intitulé « La­mentation Variations » en hommage à Martha Graham.
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Le danseur Nicolas Paul pris dans le tourment grahamien

Chorégraphe depuis 2001, il signe un nouveau chapitre d’un programme spécial intitulé « La­mentation Variations » en hommage à Martha Graham.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 08h43
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 08h48
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Top chrono : quatre minutes. Lamentation, solo historique créé en 1930 par Martha Graham qui savait faire court et fort, met en scène une femme assise, serrée dans une ­robe-tube en tissu extensible. Concept solide, modernité intemporelle du costume, impact plastique direct. Depuis 2007, cette pièce fait l’objet d’un programme spécial intitulé La­mentation Variations. Pour commémorer le 11-Septembre, une commande de ballets courts, ripostes inspirées par le film de Martha ­Graham dansant Lamentation, avait été passée à trois chorégraphes. Le cahier des charges : pas plus de dix heures de répétition, pas d’accessoires, pas de décor ni de costumes, nombre de danseurs extensible, durée maximale de quatre minutes.

Ce qui est devenu aujourd’hui une collection d’une dizaine de pièces, où l’on retrouve les noms de Richard Move, Lar Lubovitch et d’autres, va accueillir un nouveau chapitre signé par Nicolas Paul, danseur de l’Opéra national de Paris et chorégraphe depuis 2001. « J’ai vu pour la première fois Lamentation lorsque je n’étais pas encore à l’école de danse, se souvient-il. Je devais avoir 7 ans ou 8 ans. L’impression et l’émotion que j’ai eues me confortèrent dans mon envie de devenir danseur. Malheureusement, je n’ai jamais interprété une pièce de Graham. »
« Une sorte de contrepoint »
Passé l’effet « intimidant » d’une telle commande, Nicolas Paul s’est fixé un plan de conduite précis. « J’ai vite écarté la possibilité d’un processus de type variation au sens musical du terme, explique-t-il. Pas de citation de mouvements du solo original donc. Je ne voulais pas envisager la chorégraphie existante comme une ligne mélodique à modifier et encore moins à enrichir de quoi que ce soit. »
Autour du sens du mot « lamentation », Nicolas Paul a construit une pièce sur « les raisons, qui nous échappent le plus souvent, de nos...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Il n’y aura pas de prix Nobel de littérature en octobre. Depuis le scandale d’agressions sexuelles révélé en 2017, les Suédois se délectent des déboires de la célèbre Académie. Dernier épisode le 30 août, avec le vrai faux retour de plusieurs démissionnaires.
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Prix Nobel : l’Académie suédoise en plein soap opera


                      Il n’y aura pas de prix Nobel de littérature en octobre. Depuis le scandale d’agressions sexuelles révélé en 2017, les Suédois se délectent des déboires de la célèbre Académie. Dernier épisode le 30 août, avec le vrai faux retour de plusieurs démissionnaires.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 16h16
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                              

                        

« Si quelqu’un m’avait dit qu’on en serait là un jour, je ne l’aurais pas cru. » Assis dans un fauteuil vert, dans son bureau de la rue ­Sturegatan, au cœur de Stockholm, Lars Heikensten s’éponge le front. Teint hâlé, mise élégante, cet économiste de 67 ans a été nommé en 2010 à la tête de la Fondation Nobel, chargée de gérer l’héritage de l’inventeur de la dynamite, philanthrope et créateur des prix du même nom. Après deux années agitées à la direction de la banque de Suède, puis cinq à la Cour des comptes européenne, il tablait sur un répit bien mérité. Raté.
Le Suédois passe son temps à gérer les crises. Il y a d’abord eu le scandale « Macchiarini ». Fin 2016, le secrétaire du comité chargé de décerner le prix Nobel de médecine a dû démissionner après avoir couvert les pratiques frauduleuses du chirurgien Paolo Macchiarini, dont sept patients au moins sont décédés. Il y a aussi cet épineux dossier de la construction du Nobel Centre, un centre d’exposition de 3 000 m2, paralysé depuis des mois dans un imbroglio judiciaire.
Démissions en cascade
Mais tout cela est peu de chose à côté du scandale qui désormais le tourmente. En cette chaude matinée de juin, comme à peu près chaque jour depuis que l’affaire a éclaté, c’est le sort de l’Académie suédoise qui lui donne des sueurs froides.
Les membres éminents de cette instance, conçue sur le modèle de l’Académie française et datant du XVIIIe siècle, sont chargés de délivrer le prix Nobel de littérature depuis 1901. Ils se sont toujours acquittés sans faillir de cette mission, sauf en 1935 et ­pendant les deux guerres mondiales. Mais une cascade de démissions vaut aujourd’hui à l’Académie le surnom d’« académie résiduelle ».

Le 4 mai, face à la crise, il a donc fallu se résoudre à l’impensable : le report d’un an du prix 2018. Un fiasco, alors que la question n’est plus de savoir qui succédera au Britannique Kazuo Ishiguro, lauréat en 2017. Mais...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Dans une exposition au MuCEM, l’artiste chinois fait dialoguer ses œuvres avec les collections du musée.
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La route du soi d’Ai Weiwei, de Pékin à Marseille

Dans une exposition au MuCEM, l’artiste chinois fait dialoguer ses œuvres avec les collections du musée.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 10h52
    |

            Emmanuelle Jardonnet (Marseille)








                        



                                


                            

Le Chinois Ai Weiwei au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) ? Il fallait y penser. « Ai Weiwei Fan-Tan » est la troisième exposition française à lui être consacrée, après celle de 2012 au Jeu de paume, sur son travail photographique, et celle du Bon Marché en 2016, qui déployait dans les airs un ensemble de sculptures réalisées selon la technique des cerfs-volants. Première à explorer l’ensemble de son œuvre, « Fan-Tan » n’est pourtant pas une rétrospective, car elle est construite autour du prisme (kaléidoscopique) des relations entre la Chine et la France.

L’idée de cette drôle d’exposition est venue à Judith Benhamou-Huet, sa commissaire, en 2014 alors qu’elle rentrait de Pékin, où elle avait rencontré l’artiste, à l’époque assigné à résidence. Alors qu’elle fait un crochet par Marseille, Jean-François Chougnet, tout juste nommé à la présidence du MuCEM, lui fait part de son souhait de trouver des manières de revisiter les collections du musée, qui restaient trop dans l’ombre de son spectaculaire bâtiment. Si Ai Weiwei s’est laissé convaincre par sa proposition, c’est que la critique d’art a touché la corde sensible : le lien entre Marseille, qui fut longtemps la porte d’entrée de l’Orient en France, et la trajectoire de son père, Ai Qing, figure de la poésie moderne chinoise.

Ce dernier a 19 ans, en 1929, lorsqu’il débarque à Marseille. Etudiant en art, il vient se frotter au Paris des avant-gardes. Son retour en Chine, trois ans plus tard, signera le début d’années de persécutions politiques. Pendant la Révolution culturelle, notamment, il est exilé et déporté dans un camp de rééducation. Né en 1957, Ai Weiwei reste marqué par une enfance où il a vu son père chargé de tâches des plus humiliantes. Connue, l’histoire familiale, qui porte en germe l’attitude frondeuse d’Ai Weiwei, est le point de départ de l’exposition, et a donné lieu à une recherche inédite du fils sur les traces de son père à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     


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Photos de vacances et tableaux coquins : nos idées de sorties

Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 06h34
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31.08.2018 à 07h16
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Alors qu’un parfum de rentrée flotte dans l’air en ce premier week-end de septembre, pourquoi ne pas prolonger encore un peu les vacances avec une exposition coquine du Musée Fragonard à Grasse ? Nous vous proposons également un festival de théâtre à Villerville (Calvados), des photos de familles et un festival de rock psychédélique à Paris, le week-end de clôture de la saison culturelle MP2018 Quel Amour ! à Marseille, ou encore un show graphique et musical à Avignon.
EXPOSITION. Parfums coquins, à Grasse

   


Ça sent le soufre au pays du parfum. Le petit musée privé des entreprises Fragonard, à Grasse, propose une exposition délicieusement polissonne et joyeusement rafraîchissante. Une trentaine de tableaux, pour l’essentiel peints juste avant la révolution française, à un moment où une petite partie du pays vivait ses derniers instants de légèreté. On s’y embrasse, on s’y caresse, on s’y contemple, on s’y pâme parfois. Ici règnent l’allégorie coquine, le sous-entendu grivois, le détail ambigu. Les poitrines sont opulentes et largement découvertes, les femmes entre elles plus que complices, les jeunes hommes empressés et les vieillards cocus. Certes, aux habitués de la gaudriole sur Internet, elles paraîtront bien anodines, ces peintures pourtant signées Jean-Honoré Fragonard, Jean-Frédéric Schall, Louis-Léopold Boilly, ou Marguerite Gérard. Harry Bellet
« Parfums d’interdit ». Musée Fragonard, 14, rue Jean-Ossola, Grasse (Alpes-Maritimes). Tous les jours de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 18 heures. Entrée libre. Jusqu’au 23 septembre.
FESTIVAL. Du théâtre à découvrir, à Villerville

   


Ils sont jeunes, ils écrivent, jouent, mettent en scène, et c’est au festival de Villerville qu’on peut voir leurs spectacles. Depuis qu’il a été créé, il y a cinq ans, ce festival s’est imposé comme un rendez-vous pour ceux qui aiment aller à la découverte, se retrouver sur la plage ou au café pour en parler, croiser les artistes dans les rues du village où fut tourné Un singe en hiver.  Cette simplicité chaleureuse et attentive s’accorde avec une exigence dans les choix d’Alain Desnot, le directeur du festival. On pourra ainsi découvrir, par ordre d’entrée en scène : Les Etouffements, une adaptation du roman Chanson douce, de Leïla Slimani, mise en scène par Camille Dagen ; Allone, un spectacle sur l’anonymat de la foule, par Lili Févre ; Les Miraux, une création collective sur la solitude d’un couple ; deux pièces de Koltès : Le Jour des meurtres dans l’histoire d’Hamlet, mise en scène par Morgane Fourcault, et La Nuit juste avant les forêts, mise en scène par Aurélie Droesch-Du Cerveau ; un Conseil de classe revu par Geoffrey Rouge-Carrassat… et d’autres encore, qui promettent un beau week-end sur la Côte fleurie. Brigitte Salino
Un Festival à Villerville (Calvados). Tél. : 02-31-87-77-76. contact@unfestivalavillerville. Jusqu’au 2 septembre.
PHOTOGRAPHIE. Les familles en vacances vues par Julien Chapsal, à Paris

   


Pourquoi ne pas prolonger un peu les vacances en allant voir, juste avant qu’elle ne ferme, l’exposition de Julien Chapsal à la galerie Folia à Paris ? Depuis 2007, avec sa série « L’Eté », le photographe se penche sur les vacances en famille en France, à la mer, à la montagne ou à la campagne : on y croise des camping-cars et des châteaux de sable, des randonnées et des parties de pêche. Moins documentaire que formelle, sa série lumineuse prise à la chambre moyen format arrête le regard par ses couleurs douces, ses personnages disposés dans le cadre comme dans un tableau, sa capacité à transformer la banalité en un moment de grâce qui fait affluer les souvenirs en chacun. Ses personnages, souvent pris de dos, semblent, comme nous, regarder le décor ou le spectacle : un paysage qui se déroule dans le fond, à la fois imposant et pourtant distant, quasi inaccessible. Claire Guillot
« L’Eté », de Julien Chapsal. Galerie Folia, 13, rue de l’Abbaye, Paris 6e. Jusqu’au 1er septembre.
MUSIQUE. Paris International Festival of Psychedelic Music

   


Considéré, durant des décennies, comme dépassé et ridicule, le rock psychédélique est revenu en grâce ces dernières années. Quitte à qualifier de psychédélique tout ce qui sort un petit peu du tout-venant rock et pop. La plupart des groupes actuels mis sous cette étiquette ont ainsi oublié l’importance de l’improvisation et des dérives instrumentales fondatrices du courant psyché, en particulier celui venu des Etats-Unis du milieu des années 1960 au milieu des années 1970. Reste que l’initiative, depuis 2014, du Paris International Festival of Psychedelic Music, de rendre compte de l’actualité du rock psyché contemporain mérite d’être suivie. Pour la présente édition sont notamment attendus, ce week-end, Cut Worms et Ariel Pink (l’un et l’autre entendus à La Route du rock), Vox Low et Petit Fantôme avec un débord en début de semaine, mardi 4 septembre, pour les concerts de The Oh Sees et Prettiest Eyes. Sylvain Siclier
Paris International Festival of Psychedelic Music, à La Machine du Moulin rouge, La Station/Gare des mines et La Cigale. Tarifs : de 16 € à 32 €. Les 1er, 2 et 4 septembre.
ARTS. Week-end de clôture de MP2018 Quel Amour !, à Marseille

   


« Il est temps de conclure » : c’est le nom donné par les organisateurs de MP2018 Quel Amour !, saison culturelle riche de plusieurs centaines d’événements en sept mois à travers le territoire Marseille-Provence, à la programmation d’un week-end de clôture très dense. Au programme de ces deux jours de festivités : beaucoup d’art contemporain, mais aussi du cinéma, de la musique et de la cuisine. Parmi les temps forts du vendredi 31 août : les ouvertures du salon d’art contemporain Art-O-Rama (au J1) et d’un nouveau rendez-vous marseillais, le salon Polyptyque, dédié à la photographie contemporaine (aux Docks Village), mais aussi des soirées guinguette-karaoké (à La Machine Pneumatique) et cabaret marocain transgenre (à la Friche de la Belle-de-Mai). Le samedi, ce sera au tour de Paréidolie, le salon international du dessin contemporain de Marseille, d’ouvrir ses portes (au J1 cette année), et la soirée de clôture accueillera le public dès 18 h 30 dans le jardin du Palais du Pharo, d’où surgira à la nuit tombée un monumental arc-en-ciel, installation lumineuse de l’artiste portoricaine Yvette Mattern dont le faisceau portera jusqu’à 60 km. Avec des concerts et performances à la clé, notamment le duo Birds on a Wire et un DJ set d’Helena Noguerra. Emmanuelle Jardonnet
« Il est temps de conclure », les vendredi 31 août et samedi 1er septembre à Marseille. Tout le programme consultable sur le site de MP2018.
SONS ET LUMIÈRES. Des « Vibrations » au cœur du Palais des papes, à Avignon

   


Après avoir servi de décor aux principaux spectacles du Festival « in » d’Avignon en juillet, la Cour d’honneur du Palais des papes ouvre ses portes (et ses façades), depuis la mi-août, à un show graphique et musical à 360°, intitulé Vibrations, qui remplace les traditionnelles Luminessences d’Avignon. Chaque soir, à la tombée de la nuit, deux représentations (d’une durée de 25 à 30 minutes chacune) sont proposées pour plonger le public dans une réalité virtuelle projetée de façon simultanée sur les quatre murs de l’édifice. Cette nouvelle création a été conçue par la société Spectaculaires-Allumeurs d’images ‒ spécialisée dans la conception de sons et lumières, notamment pour les cathédrales de Nantes, Bayeux et Chartres, ou certains bâtiments lyonnais à l’occasion de la célèbre Fête des lumières ‒, et réalisée par Blachère Events, une entreprise de production de spectacles. Reliés par un papillon servant de fil rouge, neuf tableaux différents se succèdent, avec, entre autres, une évocation des peintres de Provence et de leur palette de couleurs, du mont Ventoux, du Rhône, de l’univers du vin. Histoire de donner une touche locale à cette fresque monumentale et féerique, à découvrir en famille. Cristina Marino
« Vibrations ». Show monumental à 360°, Cour d’honneur du Palais des papes, Avignon (Vaucluse). Tous les soirs à 21 h 15 et 22 h 15. Tarifs : 12 € et 10 € (gratuit pour les enfants de moins de 8 ans). Diffusion du son en 16.1. Jusqu’au 30 septembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Jugé le 6 septembre avec son rival Kaaris pour leur bagarre à l’aéroport d’Orly, le « patron » du rap français risque dix ans de prison. A 41 ans, entrepreneur accompli et père de famille, il n’en reste pas moins hanté par la violence.
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Booba : « Faut pas oublier que je suis un gamin, je m’amuse »


                      Jugé le 6 septembre avec son rival Kaaris pour leur bagarre à l’aéroport d’Orly, le « patron » du rap français risque dix ans de prison. A 41 ans, entrepreneur accompli et père de famille, il n’en reste pas moins hanté par la violence.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 05h46
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 14h17
    |

            Jean Birnbaum








                              

                        

Soudain ça rigole moins. La voix baisse d’un ton et adopte un sombre phrasé qui, laissant percevoir la faille encore vive, donne à entendre comme une vulnérabilité. On en oublierait presque la présence intimidante du corps-massue, qui trahit le goût pour la musculation et les sports de combat.
Avec ses avant-bras tatoués, Booba mime le geste de fermer une porte et dit : « Quand ils verrouillent ta cellule, tu te sens vraiment comme une merde. Ce sentiment d’impuissance, c’est très fort. Tu te rends compte de ce qu’est le pouvoir, que tu es au-dessous, que tu n’es rien. Les mecs sont venus te chercher à 6 heures du mat’ et maintenant tu es dans une cage. Et puis au bout d’un moment, tu es réglé comme un animal. Tu entends la clef du maton et tu remues la queue comme un petit chien. Tu entends la clef et tu te dis “y a parloir”. Tu l’entends et tu te dis “y a promenade”. C’est l’échec, tu comprends ? Un jour, j’en parlerai à mes enfants. »
Retour par la case prison
Ces paroles, le boss du rap français ne les a pas prononcées en sortant de Fleury-Mérogis (Essonne), la maison d’arrêt où il avait été placé en détention provisoire, le 3 août, au surlendemain d’une violente bagarre avec l’« équipe » d’un autre rappeur, Kaaris, en plein aéroport d’Orly. Nous les avons recueillies à la fin du mois de juin, à Miami. Deux fois deux heures d’entretien dans un restaurant italien situé près de l’immeuble où il vit avec sa fille de 4 ans, Luna, et son fils de 3 ans, Omar – leur mère, Patricia Vinces, avec laquelle il partage leur garde, habite à cinq minutes.
Baskets, tee-shirt et short noirs, le MC était venu avec des membres de son entourage, deux jeunes hommes travaillant pour son média en ligne, OKLM, et sa fidèle manageuse, Anne Cibron, une ancienne juriste qui veille également sur la carrière d’un autre artiste bien connu, Orelsan.
La prison que Booba évoquait, au cours de cet échange, est celle qu’il avait connue,...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le danseur et chorégraphe avait jeté un pont entre danse classique et danse contemporaine et a créé de nombreux spectacles devenus des références.
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Mort de Paul Taylor, figure de la danse moderne américaine

Le danseur et chorégraphe avait jeté un pont entre danse classique et danse contemporaine et a créé de nombreux spectacles devenus des références.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 19h04
   





                        



   


Paul Taylor, un des pères de la danse moderne, est mort mercredi 29 août à Manhattan à l’âge de 88 ans, a annoncé jeudi une porte-parole de sa compagnie, la Paul Taylor Dance Company.
« Paul Taylor était l’un des plus grands chorégraphes au monde, et sa mort nous attriste profondément, non seulement nous qui avons travaillé avec lui, mais toutes les personnes dans le monde qui avaient été touchées par son art incomparable », a déclaré le directeur artistique de la compagnie, Michael Novak.
Le danseur et chorégraphe américain était, avec Merce Cunningham, l’une des figures dominantes et rayonnantes de la modern dance américaine, et avait jeté un pont entre danse classique et danse contemporaine.
Né en Pennsylvanie le 29 juillet 1930, fils d’une cuisinière, Paul Taylor décida de devenir danseur après avoir découvert un livre sur Vaslav Nijinsky, le virtuose des Ballets russes. D’abord danseur surdoué, pour lequel Merce Cunningham, Martha Graham ou George Balanchine créent des rôles, il fonde sa propre compagnie en 1954, qui connaît son premier succès, Aureole en 1962.
La compagnie, devenue la Paul Taylor Dance Company, crée au total 147 spectacles, dont beaucoup sont devenus des références dans le monde de la danse.
Un style athlétique
Le chorégraphe britannique Matthew Bourne — célèbre pour son Lac des cygnes dansé par des hommes — a rendu hommage au chorégraphe sur Twitter jeudi. Il était « l’un des véritables maîtres de la danse moderne, y écrit-il. Son influence continue d’être une inspiration pour les danseurs du monde entier. »
« Il a élargi le champ de la danse moderne et l’a rendue surtout plus populaire, moins prétentieuse, en y ajoutant une pincée d’humour malicieux », a dit Marina Harss, critique de danse new-yorkaise, apprenant la mort de Paul Taylor.
Son style, tout en restant lyrique, était très athlétique : profonde flexion des jambes, grande variété de sauts, diagonales foudroyantes, selon la description de Gérard Mannoni, auteur du livre Les Grands Chorégraphes du XXe siècle. Une patte probablement inspirée de son propre physique, lui qui était un ancien nageur.
Paul Taylor a travaillé jusqu’à sa mort. En 2014, il avait créé la Paul Taylor American Modern Dance, aidant à former et à promouvoir une nouvelle génération de danseurs.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 30/08/2018
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Gérard Depardieu accusé de viols et agressions sexuelles

L’acteur « conteste absolument toute agression, tout viol », a réagi son avocat, Me Hervé Temime qui a regretté « le caractère public de la procédure ».



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 18h29
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 10h31
   





                        



   


L’acteur Gérard Depardieu est visé par une enquête préliminaire pour « viols et agressions sexuelles », après la plainte d’une jeune femme. Des accusations que le comédien de 69 ans a vigoureusement contestées, par le biais de son avocat, dès leur révélation dans plusieurs médias, jeudi 30 août.
Une plainte a été déposée, lundi 27 août, à la gendarmerie de Lambesc (Bouches-du-Rhône). Le parquet d’Aix-en-Provence n’étant pas compétent géographiquement – les faits se seraient déroulés à Paris –, il s’est dessaisi au ­profit de celui de Paris, lequel a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire. Les investigations ont été confiées à la troisième division de la police judiciaire.
L’affaire remonterait au début du mois d’août. Les faits se seraient produits à deux reprises : les 7 et 13 août, la plaignante aurait eu rendez-vous avec l’acteur dans son hôtel particulier du 6e arrondissement de la capitale. Selon Le Parisien, il s’agirait d’une « jeune comédienne et danseuse d’une vingtaine d’années ». Elle aurait été « abusée en marge d’une répétition informelle pour une pièce ». Une source proche du dossier ­citée par l’AFP indique que « la jeune femme était chez sa mère lorsqu’elle s’est sentie mal ». C’est cette dernière qui l’aurait ­incité à déposer plainte.
Démenti de l’acteur
De son côté, l’acteur dément les accusations portées contre lui. Son avocat, Me Hervé Témime, assure : « Gérard Depardieu conteste toute agression, tout viol. » « Il n’a rien à se reprocher et j’attends des médias qu’ils respectent les droits et la dignité de chacun », a-t-il ajouté, regrettant au passage la publicité donnée à cette plainte dont il a, dit-il, été informé par des journalistes « dès le 28 août ».
« J’appelle à la plus grande ­prudence et à la plus grande réserve », insiste-t-il, affirmant être « convaincu que cette plainte ne prospérera pas sur le plan judiciaire ». Selon le magazine Le Film français, Gérard Depardieu, qui dispose de la nationalité russe ­depuis 2013, était en tournage en France, en ce mois d’août, pour le film Fahim de Pierre-François Martin-Laval, retraçant l’histoire d’un jeune champion d’échecs.
L’acteur, monument du cinéma français, devrait incarner à partir de lundi 3 septembre, sur Arte, une série-documentaire sur le Japon, intitulée Gérard de par le monde, dans laquelle il part à la rencontre de geishas à Kyoto et visite des temples à Fukui.
Moins d’un an après les premières révélations de l’affaire Harvey Weinstein, en octobre 2017, du nom de ce producteur américain visé par de nombreuses accusations de violences sexuelles, plusieurs figures du cinéma français ont été visés par des plaintes. En avril, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour viol visant l’acteur et metteur en scène Philippe Caubère après le dépôt d’une plainte, le 27 mars, par une ancienne militante Femen qui l’accuse de l’avoir violée en 2010. M. Caubère a alors dénoncé des accusations « surréalistes » et porté plainte à son tour pour diffamation. La police parisienne enquête également, depuis mai, sur une autre plainte pour viol déposée par une actrice et visant le ­réalisateur Luc Besson, qui nie ces accusations.
Dérapages
Ces affaires, portées sur les réseaux sociaux par le mouvement #metoo et, en France, #balancetonporc, se sont étendues bien au-delà du monde du cinéma. Dès le mois d’octobre 2017, dans la foulée du scandale Weinstein, l’intellectuel musulman Tariq Ramadan avait été accusé en France de viols par trois femmes. Il a été mis en examen et est incarcéré depuis le 2 février.
Révélé en 1974 dans Les Valseuses de Bertrand Blier, Gérard Depardieu a interprété de multiples personnages, dont la plupart des grands héros de la littérature nationale, de Cyrano de Bergerac au Jean Valjean des Misérables.
Père de quatre enfants, dont l’acteur Guillaume Depardieu décédé en 2008, il a acquis une immense notoriété internationale au fil de sa carrière, en dépit de ses sorties et de dérapages qui ont parfois défrayé la chronique. Devenu vigneron et entrepreneur dans la gastronomie, également chanteur, il s’est vu accorder la citoyenneté russe en 2013 par le président Vladimir Poutine.

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                La démesure Depardieu






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ De 1980 à 1996, la revue de prépublication japonaise a doublé son tirage et lancé plus de deux cents séries, dont plusieurs ont bercé les Français dans les années 1980 et 1990.
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Manga : l’âge d’or de « Weekly Shonen Jump », en sept chiffres (et autant de couvertures)

De 1980 à 1996, la revue de prépublication japonaise a doublé son tirage et lancé plus de deux cents séries, dont plusieurs ont bercé les Français dans les années 1980 et 1990.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 15h50
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 17h10
    |

            William Audureau








                        


Il a lancé Dragon Ball, Naruto, One Piece, ou plus récemment, My Hero Academia et The Promised Neverland. L’hebdomadaire japonais Weekly Shonen Jump a fêté ses 50 ans cet été. A cette occasion, Pixels a analysé les 848 couvertures publiées lors de son âge d’or, de 1980 à 1996, quand la revue est passée de trois millions à six millions de lecteurs par semaine.
220
Le nombre de séries différentes à la « une » durant ces seize années. Revue de prépublication, Shonen Jump suit un modèle très industrialisé : presque chaque nouvelle bande dessinée est mise en avant à son lancement avant d’être interrompue, si elle ne prouve pas sa popularité dans les classements envoyés par les lecteurs. Cent vingt-quatre d’entre elles n’auront ainsi jamais le droit à une seconde couverture.

   


42
Le nombre de « unes » consacrées à Dragon Ball. Les aventures de Goku, l’enfant-singe d’origine extraterrestre, est de loin la franchise qui a le plus tiré les ventes de l’hebdomadaire. L’épopée de Captain Tsubasa (Olive & Tom dans sa première traduction) et sa suite, Captain Tsubasa : World Youth, arrivent derrière avec trente-trois apparitions.

   


30
Le total de franchises de Weekly Shonen Jump exportées en France, que ce soit sous forme de mangas ou de dessins animés dérivés, depuis le space opera Cobra. On y trouve également des classiques comme Bastard !!, Video Girl Ai, DNA², JoJo’s Bizarre Adventures, Kenshin le Vagabond, Slam Dunk ou encore Yu-Gi Oh.

   


27
C’est, en années, le temps qu’il aura fallu pour que Stop !! Hibari-kun, comédie romantique de Hishashi Eguchi, soit traduite en français. Lancée en 1981, elle sortira en librairie à l’automne. D’autres comme Racailles blues, une des plus populaires de l’époque, ont attendu les années 2000 pour une version française. Quant à Ring ni kakero, manga de boxe culte de l’auteur de Saint Seiya, publié entre 1977 et 1981, il a dû patienter jusqu’à 2006 pour une simple édition sous-titrée du dessin animé qui en a été tiré.

   


12
Douze adaptations de franchises de Weekly Shonen Jump en dessin animé ont directement alimenté la programmation de l’emblématique Club Dorothée, l’émission jeunesse phare de TF1, de 1987 à 1997. C’est une petite proportion des cent seize animés diffusés au moins une fois, mais il s’agissait souvent des plus populaires : Cat’s Eyes, Cobra, Dr. Slump, Dragon Ball, Fly, Ken le Survivant, Les Chevaliers du Zodiaque, Muscle Man, Nicky Larson, Olive & Tom, Un collège fou, fou, fou et Wingman. En revanche, Ranma 1/2, Sailor Moon ou encore Les Samouraïs de l’éternel venaient de magazines japonais concurrents.

   


9,33
C’est le pourcentage de couvertures signées par Akira Toriyama, l’illustrateur le plus prolixe et le plus mis en avant. La plupart sont consacrées à ses deux séries phares, Dr. Slump et Dragon Ball, mais il réalise également des « unes » sur l’écurie de formule 1 McLaren, dont Shonen Jump est partenaire au Japon. Derrière lui, Yôichi Takahashi, spécialiste des séries sportives (Captain Tsubasa, Chibi, 100M Jumping, Ace !) et Masami Kurumada, roi des bandes dessinées de bagarre (Ring ni kakero, Otokojinka, Saint Seiya) arrivent second et troisième avec 6,13 % et 5,01 % des couvertures.

   


1
Une seule série a été diffusée de manière ininterrompue durant tout l’âge d’or de Shonen Jump. Il s’agit du manga comique Kochikame, sorte de Gendarme de Saint-Tropez japonais, iconique de la revue. Née en 1976, cette série s’est prolongée pendant quarante ans et sur près de deux mille chapitres, en faisant, selon le Guinness des records, la plus longue bande dessinée du monde. Elle demeure inédite en France — sa longueur ayant dissuadé plus d’un éditeur.

   



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ En images, quelques pièces présentées dans l’exposition « Contes de fées », au Centre national du costume de scène à Moulins.
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<filnamedate="20180831"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180831"><AAMMJJHH="2018083118">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Une anthologie repêche quelques perles rares du riche catalogue du producteur guadeloupéen, mort en 2013.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Henri Debs, l’Eddie Barclay des Antilles

Une anthologie repêche quelques perles rares du riche catalogue du producteur guadeloupéen, mort en 2013.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 08h37
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 09h02
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            Bruno Lesprit








                        



                                


                            

Méconnues en métropole (du moins des non-Antillais), les musiques de la Guadeloupe et de la Martinique ne sauraient se résumer aux groupes Kassav et Malavoi, pas plus qu’aux secousses du zouk, le style qui s’est imposé à partir des ­années 1980 dans les fêtes et discothèques. Curieux que ce soit un label londonien, Strut, spécialisé dans l’exhumation de vestiges dansants, qui doive le rappeler en publiant le premier volume d’une anthologie consacrée aux Disques Debs, principal producteur et ­exportateur des sons de ces îles pendant un demi-siècle, avec plus de 300 singles et de 200 albums.
Dur au labeur, Debs ne passait pas pour un fêtard ou un jouisseur, ni pour un pitre à Pointe-à-Pitre
L’enseigne tire son nom du fondateur, Henri Debs (1932-2013), souvent présenté sous les traits d’un Eddie Barclay créole avec, en commun, la fière moustache, l’amour du jazz et le sens des affaires. Si son aîné lui prodigua des conseils, la comparaison s’arrête là : imprégné d’un christianisme ostentatoire, dur au labeur, Debs ne passait pas pour un fêtard ou un jouisseur, ni pour un pitre à Pointe-à-Pitre. A en croire ses ­Mémoires et vérités sur la musique aux Antilles (Histoires vécues, 2011), son arrière-grand-père, ­Jacob, colporteur de chapelets et d’eau de Lourdes, serait le premier Libanais à s’être installé en Guadeloupe. Lui-même vend des canifs et de l’après-rasage au marché avant d’ouvrir, en 1958, un magasin de vêtements. On y trouve ­rapidement des disques, puis un petit studio d’enregistrement.
« Ce commerçant est aussi un musicien qui restera toujours aux commandes de la console, rappelle Emile Omar, déjà responsable, en 2016, de la compilation ­Antilles chéries (Fanon Records), qui s’est associé pour ce projet avec le Londonien de Paris Hugo Mendez, pêcheur de perles pour le label Sofrito. C’est son propre sextette qui joue sur les premiers enregistrements. » Douce Kombass est ainsi une savoureuse...




                        

                        


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Exposition : le grand art de l’île de Pâques

Le Musée Fenaille, à Rodez, a rassemblé des figures de bois expressives et peu connues venues de Rapa Nui.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 08h01
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                            Philippe Dagen (Rodez (Aveyron)








                        



                                


                            

C’est une petite exposition précieuse sur une petite île très précieuse que celle que le Musée Fenaille consacre à Rapa Nui, l’île de Pâques. Elle se divise en deux parties, la première traitant des éléments de la culture matérielle, la seconde des arts, qui sont principalement religieux. Mêmes qualités dans chacune : une présentation précise et clairement rédigée de ce qu’il est nécessaire de savoir pour comprendre – données historiques, climatiques et anthropologiques – et, ce qui est plus remarquable encore, la réunion d’objets et d’œuvres qui, issus pour beaucoup de collections privées, n’ont été que rarement vus.
S’y ajoutent les dessins exécutés en 1872 par l’aspirant de marine Jules Viaud, mieux connu par son pseudonyme d’écrivain, Pierre Loti. La frégate la Flore touche l’île le 3 janvier et la quitte le 7, ce qui donne le temps à Viaud de fixer quelques vues de l’île, publiées à l’été dans l’hebdomadaire L’Illustration. On y voit les têtes de pierre monumentales devenues depuis légendaires, les moaï.
De ces statues de pierre, il n’y en a pas ici, bien que plusieurs aient été prises et transportées en Europe par les Britanniques pour le British Museum et les Français pour le Musée d’histoire naturelle : Viaud a assisté à l’extraction de l’une d’elles, opération qui était la raison du passage de la Flore à Rapa Nui. Mais il y a nombre de ces instruments tranchants admirablement taillés dans l’obsidienne noire dont se servaient les Pascuans pour découper les formes humaines dans le tuf volcanique et deux têtes de pierre de petite taille, dont une rapportée par Viaud.
Une vingtaine d’œuvres
Il avait aussi rapporté une statue de bois, avec des inclusions d’os et d’obsidienne pour figurer les yeux, qui a appartenu plus tard au poète Tristan Tzara. Et il en acquit d’autres ensuite, dont la trajectoire est aussi remarquable : après sa mort, elles ont séjourné chez Tzara ou chez André Breton avant d’être acquises...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ A Saint-Louis (Haut-Rhin), la Fondation Fernet-Branca présente les œuvres amassées par David Brolliet.
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Exposition : portrait d’un Suisse en collectionneur

A Saint-Louis (Haut-Rhin), la Fondation Fernet-Branca présente les œuvres amassées par David Brolliet.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 07h46
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            Harry Bellet (Saint-Louis (Haut-Rhin)








                        



                                


                            

Le Suisse David Brolliet, 58 ans, est une figure bien connue du monde de l’art : ces dernières années, on le croisait sur toutes les foires, toutes les biennales, de Bâle à Miami, de Moscou à Dakar. Grand, exubérant, expansif, extraverti même, et il faut l’avouer, très sympathique, il en amuse beaucoup et en agace d’autres. Les Français le connaissent pour son engagement auprès de l’Adiaf, cette association de collectionneurs qui décerne annuellement le prix Marcel-Duchamp.
Mais peu sont ceux qui pouvaient juger de la valeur (à tous les sens du terme) de sa collection, sauf quelques-uns ayant eu l’occasion de l’entrevoir dans le capharnaüm de son petit appartement parisien. Parmi eux, la journaliste Judith Benhamou-Huet, qui, dans Les Echos, l’avait défini comme « un collectionneur qui achète avec son cœur ». Tout le monde peut désormais se faire son opinion sur la question, grâce à une exposition de ses choix à la Fondation Fernet-Branca (à Saint-Louis, Haut-Rhin).
Regard contemporain
On y voit une bonne part – les ­vidéos en ont été exclues pour des raisons techniques – de ses quarante ans de passion. Avec, en ­majesté, une petite sculpture de l’artiste lyonnais Jean-Philippe Aubanel. Celle-là fut son premier achat, à la galerie de Pierre Huber, à Genève. Brolliet avait alors 18 ans, et ce fut son père, dirigeant d’une société immobilière fondée par un aïeul (prénommé David, déjà) en 1903 et fort connue en Suisse, qui régla la facture.
Non sans maugréer : Brolliet père n’aimait pas l’art contemporain et s’inquiétait sévèrement des goûts de son fiston. Il s’y opposa même, presque toute sa vie. Quand le fils évoque aujourd’hui l’épisode, on sent une blessure, pas complètement refermée. A se demander si l’exposition n’est pas aussi une sorte de justification envers son père, post mortem.
L’exposition a été organisée par le duo de Creativ TV, pionnière des télévisions sur l’art diffusées sur Internet
Où qu’il soit,...




                        

                        

