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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Selon une consultation en ligne organisée par la Commission européenne, près de 80 % des Européens n’en veulent plus. Le point sur les défauts de ce dispositif.
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Pourquoi le changement d’heure est si critiqué

Selon une consultation en ligne organisée par la Commission européenne, près de 80 % des Européens n’en veulent plus. Le point sur les défauts de ce dispositif.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h33
    |

            Alexandre Pouchard, 
Mathilde Damgé et 
                                Thibaut Faussabry








                        


Quand l’Europe veut remettre les pendules à l’heure… Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, va proposer la fin du changement d’heure obligatoire pour les pays de l’Union européenne. Jusque-là, les citoyens européens devaient ajuster leurs montres deux fois par an (en mars et en octobre). En France, comme dans d’autres pays de l’Union, cette pratique est impopulaire.
A la suite de l’adoption en février, par le Parlement européen, d’une résolution demandant de réaliser une évaluation en profondeur du changement d’heure, Bruxelles a lancé cet été une consultation en ligne qui a suscité pas moins de 4,6 millions de réponses. Selon les premiers résultats, 84 % des sondés se sont exprimés en faveur de l’abolition du changement d’heure. Pourquoi ce dispositif est-il si critiqué ? Le tour de la question en quatre points.
1. Un système non universel et peu compréhensible
C’est le premier reproche que font ses détracteurs au changement d’heure : il est peu compréhensible. Le changement d’heure n’a pas toujours existé : il date de 1923, en France, pays qui était à l’époque alignée sur le méridien de Greenwich (GMT).
Quand les troupes nazies ont envahi la France, en 1940, elles ont instauré « leur » heure – la France ayant une heure de décalage avec l’Allemagne, situé plus à l’est. Le retour au fuseau GMT ne se fait pas complètement à la Libération, laissant la France à GMT +1. Le changement d’heure bisannuel est, lui, rétabli en 1976 par Valéry Giscard d’Estaing pour des raisons d’économie après la première crise pétrolière.
Concrètement, supprimer l’heure d’hiver ou l’heure d’été (la Commission laisserait chaque Etat décider) reviendrait à choisir si l’heure française reste à l’heure d’hiver (GMT +1) ou à l’heure d’été (GMT +2).

   


Autre reproche : le changement d’heure n’est pas appliqué dans tous les pays. Au total, seuls soixante-dix pays dans le monde changent d’heure deux fois par an. En Europe, le changement d’heure est harmonisé pour l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne depuis 1998 afin de faciliter les communications et les transports.
2. Des gains énergétiques peu probants
L’argument principal en faveur du changement d’heure était jusqu’ici l’économie d’énergie qu’il permettrait de réaliser en profitant des périodes de jour plus longues l’été et en se rapprochant du rythme du soleil l’hiver. Mais plusieurs études sur le sujet montrent des économies en énergie et CO2 « modestes », selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).
Ainsi, une étude de l’Ademe publiée en 2010 montre que le passage à l’heure d’été entraînait :
une consommation d’électricité plus importante le matin, avec notamment un pic à 6 heures (équivalent à 5 heures en heure d’hiver) ;une consommation beaucoup moins importante le soir, notamment entre 20 heures et 21 heures (équivalent à la période entre 19 heures et 20 heures en hiver).

   


Autrement dit, les foyers paient, en moyenne, un peu plus en électricité le matin mais économisent finalement le soir. Pour avoir un ordre d’idée, une heure d’éclairage en moins permet d’économiser environ 10 centimes d’euros.
En 2009 (année prise en compte par l’étude), la demande moyenne en électricité à 19 heures a ainsi été diminuée de 3,5 gigawatts (GW). Au total, l’économie d’énergie cette année-là a été chiffrée à 440 gigawatts heure (GWh), principalement sur l’éclairage public (en rose dans le graphique ci-dessous), l’équivalent d’un an d’éclairage d’une ville de 800 000 habitants, comme Marseille.
Un gain non négligeable mais qui risque d’aller en diminuant : évolution des équipements avec l’introduction progressive de lampes basse consommation, éclairage public calé sur la nuit « solaire »… L’Ademe estime qu’il devrait passer à 340 GWh en tenant compte de l’augmentation des surfaces de bâtiments à l’horizon 2030.
Les économies d’énergie sur les usages thermiques, et notamment sur la climatisation, n’apparaissent pas significatives, selon l’étude de l’agence environnementale. Des gains additionnels pourraient être atteints mais à condition que des systèmes de régulation automatique soient installés… ce qui est loin d’être le cas partout actuellement.
D’après un rapport du bureau de l’évaluation technologique du Parlement allemand, publié en 2016, le changement d’heure entraîne des économies d’énergies « marginales ». Le rapport qui se base sur plusieurs études et simulations, affirme que le changement d’heure provoque une diminution de « moins de 0,8 % » de la consommation électrique des ménages allemands, ce qui correspond à une diminution de 0,2 % de la consommation nationale par rapport à la consommation électrique annuelle du pays.
3. Résultats contradictoires sur les accidents de la route
L’Association contre l’heure d’été double (Ached) milite contre le changement d’heure en évoquant, parmi d’autres raisons, « des augmentations des accidents de la circulation ». Elle base son argumentaire sur des chiffres datant de… 1976, après le rétablissement de l’heure d’été. Elle invoque pour cela des chiffres de… 1976 (après le rétablissement du changement d’heure), affirmant qu’il y a eu 661 morts sur les routes en plus, entre avril et octobre, qu’en 1975.
Dans un rapport publié en septembre 2014, la Commission européenne, qui a passé en revue plusieurs études sur le sujet, relève des « résultats souvent contradictoires », certains rapports « suggérant que le changement améliore la sécurité routière » grâce à une meilleure visibilité à certaines périodes de l’année et de la journée (comme l’indique une étude écossaise en 2010), d’autres « démontrant une augmentation potentielle des accidents de la route à cause des troubles du sommeil ».
4. Des conséquences sur la santé ?
En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment lors du passage à l’heure d’été.


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Les risques cardiaques augmentent après le changement d'heure
La probabilité d'avoir un infarctus est augmenté de 0,10 point le mardi suivant le passage à l'heure d'été, selon une étude publiée dans le New England Journal of Medecine.

Source : New England Journal of Medecine



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La dernière étude en date, publiée en septembre 2015, a été réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ».
Mais tout comme la dépression hivernale ne peut s’expliquer par un lien de causalité (plutôt ténu d’un point de vue scientifique) entre manque de lumière et baisse de moral, les perturbations induites par le changement d’heure ne s’expliquent à l’heure actuelle que par des hypothèses. La Commission conclut toutefois que « les éléments de preuve concernant les effets globaux sur la santé (c’est-à-dire la mise en balance des effets négatifs et positifs présumés) ne sont pas concluants ».
En 1997, un rapport du Sénat assurait que « le monde médical [restait] très partagé sur l’existence de troubles imputables à l’heure d’été ». Vrai ou fantasmé, le risque médical a en tout cas été intégré par les potentiels malades : « 19 % des médecins [faisaient] état d’une augmentation de la consommation de médicaments et singulièrement de tranquillisants, au moment du changement d’heure ». Dans un sondage OpinionWay pour Comprendre Choisir, publié en octobre 2015, 75 % des personnes interrogées affirmaient que le changement d’heure avait un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ « C’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre », a précisé le porte-parole du gouvernement.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Remaniement après la démission de Hulot : le gouvernement sera « au complet » mardi

« C’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre », a précisé le porte-parole du gouvernement.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h06
   





                        


Un remaniement est attendu à la suite de la démission inopinée du ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Le gouvernement sera « au complet » mardi, pour le conseil des ministres du lendemain, a annoncé vendredi 31 août le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
« Ce sera d’ici mardi et c’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre, a-t-il déclaré. Le conseil des ministres se tiendra donc mercredi au complet et sera suivi d’un séminaire gouvernemental. »
« Evidemment que le départ de Nicolas Hulot est un coup pour le gouvernement pour cette rentrée, a-t-il concédé. C’est quelque chose à quoi nous ne nous attendions pas, mais ce n’est pas le départ d’une personnalité, aussi éminente soit-elle, qui remet en cause les politiques que vous conduisez. »

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Hulot a pris tout le monde de court
Nicolas Hulot, l’un des membres les plus populaires du gouvernement, où il avait été nommé en mai 2017, avait pris tout le monde de court, y compris le président Emmanuel Macron et le premier ministre, Edouard Philippe, en annonçant mardi matin sa démission du gouvernement à l’antenne d’une radio.
Faute d’obtenir des avancées suffisantes en matière d’environnement, Nicolas Hulot a jeté l’éponge. « Je ne veux plus me mentir (...) Je sais que seul je n’y arriverai pas (...) J’ai un peu d’influence, je n’ai pas de pouvoir », a-t-il notamment déclaré mardi, dénonçant « la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir ».
« Le président de la République a rappelé la sensibilité qui est la sienne et son attachement, ainsi que ceux des membres du gouvernement, aux sujets importants que porte Nicolas Hulot depuis longtemps dans l’opinion publique », a assuré de son côté vendredi M. Griveaux.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Le photographe Samuel Bollendorff a photographié les zones les plus polluées de la planète pour une série de reportages à paraître dans « Le Monde ».
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Des altercations se sont produites en mer mardi entre pêcheurs normands et britanniques. Les marins français dénoncent une concurrence déloyale des Britanniques.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/08/31/18-5">
<filnamedate="20180831"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180831"><AAMMJJHH="2018083118">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Sécheresse, guerres et barrages ont épuisé la région de Bassora, nourrissant la colère sociale.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Une grave crise de l’eau frappe l’Irak

Sécheresse, guerres et barrages ont épuisé la région de Bassora, nourrissant la colère sociale.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 18h10
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

La maison de Muhassin Sabban Ali trône, isolée, au milieu d’une vaste étendue de terre craquelée, ponctuée de canaux à l’abandon. C’est ce qu’est devenue la campagne de Siba, dans la province de Bassora, dans le sud de l’Irak. Quelques palmiers dattiers au feuillage desséché et des troncs calcinés, héritage de la guerre Iran-Irak (1980-1988), se dessinent à l’horizon. « Jadis, tout autour de la maison, il y avait des palmiers à perte de vue. Quand la salinité de l’eau a commencé à augmenter, les problèmes sont arrivés. Le fleuve est mort, la végétation est morte », raconte l’homme de 87 ans, né dans cette région alors réputée pour sa production de dattes.
Revenu après la guerre exploiter ses douze dunams (trois hectares) à quelques centaines de mètres de l’Iran, Muhassin Sabban Ali a vu sa plantation dépérir peu à peu depuis 2009, avec l’augmentation de la salinité du Chatt el-Arab, le canal à la confluence du Tigre et de l’Euphrate. Il ne lui en reste qu’un dont il tire quelques tonnes de dattes par an. Les fruits, alimentés au goutte-à-goutte depuis les canalisations, sont petits. La teneur en sel record de l’eau cette année la rend impropre à la consommation. « Je n’ai que cette eau pour mes arbres et mes moutons. Je ne peux acheter qu’une demi-tonne d’eau potable tous les vingt jours », déplore le vieil homme chétif, qui vit de sa retraite et de l’aide de ses enfants, qui ont délaissé l’agriculture.
A Bassora comme dans tout le sud de l’Irak, les exploitations agricoles et les élevages de bétail mettent un à un la clé sous la porte. La région est l’une des plus touchées par la crise hydrique qui connaît un pic cet été en Irak, alimentant une vague de protestation sociale.

La baisse du débit du Tigre et de l’Euphrate a fait entrer les eaux salées du golfe Arabo-Persique dans le Chatt el-Arab. Dans certaines zones, la salinité de l’eau atteint plus de 40 000 milligrammes de sels dissous, bien au-delà...




                        

                        


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<filnamedate="20180831"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180831"><AAMMJJHH="2018083118">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Pour parer à la menace d’Ebola, de Marburg ou encore de Lassa, l’armée ouvrira, fin 2019, un laboratoire de recherche de haute sécurité à Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Les militaires préparent leur riposte contre les virus émergents

Pour parer à la menace d’Ebola, de Marburg ou encore de Lassa, l’armée ouvrira, fin 2019, un laboratoire de recherche de haute sécurité à Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h52
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

Pour abriter les virus les plus mortels de la planète, l’armée française a son écrin : deux élégants bâtiments ocre et gris, percés de meurtrières transparentes, dont le reflet colore les eaux d’un bassin. Cet îlot contemporain, inauguré en 2016, a été aménagé au cœur de la base militaire de Brétigny-sur-Orge, où l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) a regroupé la quasi-totalité de ses activités il y a quelques années. Ses murs abritent un laboratoire de haute sécurité (P-4 dans le jargon), où les militaires pourront dès la fin de l’année 2019 manipuler les pathogènes les plus dangereux : Ebola, Marburg, ou encore Lassa.

Depuis l’envoi, en 2001 aux Etats-Unis, de lettres piégées à l’anthrax, le risque biologique est dans la ligne de mire de l’armée, tout comme le risque nucléaire, radiologique et chimique (NRBC). L’épidémie d’Ebola, qui avait fait 11 300 morts en Afrique de l’Ouest (Guinée, Sierra Leone et Liberia) entre 2014 et 2016, et celle en cours en République démocratique du Congo (RDC), ont aussi rendu plus concrète la menace. « Nos troupes peuvent être exposées à des épidémies. Et Ebola fait partie, parmi d’autres, des virus qui auraient pu être militarisés ou qui pourraient l’être », souligne le pharmacien chef des services, Frédéric Dorandeu, chef de la division défense NRBC. Pendant la guerre froide, l’ex-URSS avait ainsi développé un programme pour transformer des virus en armes biologiques. « La recherche, c’est éviter la surprise stratégique », ajoute-t-il

Dans les couloirs du bâtiment encore désert, un alignement de mannequins en tenue de protection verte, blanche, jaune et orange pose le décor. L’accès au P-4 se fait par une lourde porte orange, scellée par un joint rempli d’air comprimé. A l’intérieur, l’atmosphère n’est troublée que par le ronronnement des souffleries qui maintiennent une pression négative dans le laboratoire, pour éviter toute...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Pêcheurs français et britanniques s’insultent et se jettent des pierres au large de la baie de Seine depuis des années. Explications.
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Aux origines de la guerre de la coquille Saint-Jacques

Pêcheurs français et britanniques s’insultent et se jettent des pierres au large de la baie de Seine depuis des années. Explications.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 14h35
    |

            Faustine Vincent








                        



Insultes, jets de pierre, collisions navales… le différend qui oppose depuis des années les pêcheurs français et britanniques autour de la pêche des coquilles Saint-Jacques a pris un tour nouveau, mardi 28 août. Des altercations impliquant cinq bateaux anglais et trente-cinq français se sont produites au large de la baie de Seine (Normandie), dans les eaux communautaires, accessibles à tous les navires de l’Union européenne (UE).
Les Normands ont cherché à faire fuir les Britanniques d’un gisement de coquilles Saint-Jacques qu’ils tentent de préserver. Certains navires ont joué aux bateaux béliers en fonçant sur d’autres. Trois embarcations présenteraient des trous dans leur coque. Aucun blessé n’est à déplorer. Le maire du Tréport (Seine-Maritime), Laurent Jacques, a dit craindre, jeudi 30 août, que les incidents ne se reproduisent « très vite, car tout le monde est super remonté ».

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D’où viennent les tensions ?
Ce différend entre pêcheurs français et britanniques autour des coquilles Saint-Jacques est lié à la différence de réglementation entre les deux pays. En France, la coquille Saint-Jacques ne peut être pêchée que du 1er octobre au 15 mai. Mais les Britanniques et les Irlandais, eux, n’ont pas de dates imposées.
Pour encadrer leur activité et éviter les tensions, un accord, reconductible chaque année, a été conclu en 2013 entre Français et Britanniques pour que ces derniers respectent les mêmes dates de pêche. Mais il ne s’applique pas aux bateaux britanniques de moins de 15 mètres. « Du coup, on en avait régulièrement qui venaient pêcher dans ces eaux. Cela créait déjà des tensions », explique Frédéric Gueudar-Delahaye, directeur de la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture, rattachée au ministère de l’agriculture.
Les Français demandent depuis plusieurs années à ce que l’accord soit étendu à ces navires de moins de 15 mètres, sans succès. Pour marquer leur mécontentement, ils ont refusé, cette année, de signer l’accord. Les Britanniques sont donc venus pêcher plus tôt que les années précédentes, et avec de plus gros bateaux, qui ne sont pas autorisés d’habitude.
La réglementation de la pêche des coquilles Saint-Jacques dépend-elle de l’UE ?
Non. L’interdiction de la pêche en dehors de la période s’étendant du 1er octobre au 15 mai a été décidée à l’initiative des organisations professionnelles françaises de pêcheurs, afin de protéger les ressources et laisser à la coquille le temps de grossir.
La Commission européenne réglemente toutefois la pêche d’autres espèces, notamment celles dont les stocks sont menacés. Les coquilles Saint-Jacques ne sont pas concernées parce qu’il s’agit d’une ressource côtière et sédentaire, pêchée principalement dans les eaux nationales – l’enjeu n’est donc pas communautaire. Son stock n’est, en outre, pas menacé.
La taille minimum des coquilles Saint-Jacques pêchées est, en revanche, encadrée par la législation européenne.
Les pêcheurs français ont-ils été sanctionnés ?
Non, aucune sanction n’a été prise à leur encontre, selon nos informations. M. Gueudar-Delahaye affirme toutefois qu’il « condamne » le comportement des pêcheurs français, qu’il juge « inadmissible » : « C’est une question de sécurité et d’ordre public. » Il travaille actuellement avec ses homologues britanniques pour « remettre tout le monde autour de la table afin de faire avancer les négociations, et éviter que ça se règle sur l’eau ». 
Côté britannique, Sheryll Murray, députée conservatrice de la région côtière des Cornouailles, a elle aussi dénoncé sur la BBC le comportement des pêcheurs français : « Ces pêcheurs [britanniques] étaient en train de travailler pour gagner honnêtement leur vie, et c’est absolument inacceptable que des pêcheurs issus d’autres pays membres [de l’Union européenne] puissent lancer des projectiles tels que des pierres ou des pièces en métal, puissent allumer des fumigènes et mettre en danger leur vie. »
La Commission européenne est intervenue mercredi, plaidant pour un règlement du litige « à l’amiable » entre les deux pays. Une solution que le ministère français de l’agriculture dit « soutenir ».
Le Brexit peut-il mettre un terme au blocage ?
Selon Dimitri Rogoff, président du comité des pêches de Normandie, en cas de Brexit dur les pêcheurs britanniques pourraient être exclus de ces eaux. « Normalement, après le 29 mars 2019, [les Britanniques] seront considérés comme un pays tiers et n’auront plus accès à ces zones-là », affirme-t-il.
Selon Frédéric Gueudar-Delahaye, il ne s’agit là que de « spéculations » : « On ne sait pas encore ce qu’il en sera pour la pêche, car les négociations n’ont pas encore commencé », rappelle-t-il.
En France, la pêche de la coquille Saint-Jacques mobilise environ 600 bateaux et emploie 2 400 marins, selon le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins. En 2017, la production était de 30 000 tonnes, pour un chiffre d’affaires de 87 millions d’euros.

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Réunion « la semaine prochaine » entre les pêcheurs anglais et français
Les pêcheurs français et britanniques de coquilles Saint-Jacques se réuniront « la semaine prochaine » pour tenter de trouver un accord, a annoncé vendredi 31 août le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert. L’objectif est de mettre un terme aux altercations qui se sont déroulées ces derniers jours, marquées par des jets de pierre, des insultes et des manœuvres dangereuses en haute mer.
« Ils se réuniront ensemble la semaine prochaine avec les industriels pour faire en sorte de trouver les bases d’un accord qui permette de revenir à une situation apaisée », a annoncé sur Europe 1 M. Travert, qui s’est entretenu jeudi soir avec son homologue britannique, George Eustice. « Nous avons tous les deux condamné ce qui s’est passé. (…) La semaine prochaine, nous souhaitons qu’il y ait un accord entre les pêcheurs français et les pêcheurs anglais », a-t-il poursuivi.
En attendant cette réunion et la conclusion d’un accord, il a demandé à son homologue « de faire en sorte que les pêcheurs ne viennent pas sous la ligne Barfleur-Antifer, c’est-à-dire la zone où se sont passés ces heurts ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ L’impact environnemental, social et sociétal du tourisme est au cœur des Entretiens de Vixouze, consacrés au tourisme du futur, dans le Cantal, les 6 et 7 septembre.
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L’urgence de concilier voyage et développement durable

L’impact environnemental, social et sociétal du tourisme est au cœur des Entretiens de Vixouze, consacrés au tourisme du futur, dans le Cantal, les 6 et 7 septembre.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 10h19
    |

            Annie Kahn








                        



   


Les messages incitant le voyageur à un comportement vertueux, écologiquement parlant, pullulent désormais dans les établissements touristiques. Dans les salles de bains d’hôtels, des affichettes alertent le voyageur. « Pour ne pas gaspiller l’eau, seules les serviettes déposées dans la douche seront remplacées », avertit l’hôtelier. Tel autre organisateur se vante de « mettre tout en œuvre pour réduire l’impact du client voyageur sur la planète ».
Mais que vaut cet affichage par rapport à l’impact global du tourisme sur l’environnement ? Pas grand-chose. L’opérateur continuera de proposer des vols multipliant par deux le nombre de kilomètres parcourus, et donc les émanations de dioxyde de carbone, pour arriver à destination, parce que, paradoxalement, c’est ainsi qu’il comprime souvent le prix du trajet, et donc du voyage.

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Si « 60 % des consommateurs se considèrent comme engagés dans leur mode de vie et de consommation (…), les offres proposées par les géants du tourisme en ligne ne traduisent que rarement leur quête de sens », estime Laurent Bougras, directeur de la centrale de réservation FairBooking dans Les Grandes Tendances du tourisme d’aujourd’hui et de demain, du Cahier-tendances publié par le Welcome City Lab, plate-forme d’innovation consacrée au tourisme urbain, la Direction générale des entreprises (DGE), Paris & Co et la Mairie de Paris. Les initiatives relevant du « tourisme équitable et responsable » n’ont pas fait tache d’huile. Pour l’instant du moins.
8 % des émissions de gaz à effet de serre
Or, les dégâts provoqués par le tourisme jouent non seulement contre la planète, mais aussi contre ce secteur économique même. Il est donc vital de réconcilier les deux. Raison pour laquelle les Entretiens internationaux du tourisme du futur, qui auront lieu du 5 au 7 septembre, au château de Vixouze (Cantal), et dont Le Monde est partenaire, vont porter prioritairement sur les stratégies à définir et les moyens à mobiliser pour un tourisme plus écologique à horizon 2030-2050.
Il y a urgence. L’empreinte carbone du tourisme a augmenté de 15 % entre 2009 et 2013, pour atteindre 4,5 milliards de tonnes de CO2 émises, soit 8 % des émissions globales de gaz à effet de serre, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Sydney (Australie), publiée le 23 mai dans la revue Nature Climate Change. Et les populations des pays les plus visités commencent à se rebeller contre l’afflux de touristes perturbateurs.

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Parallèlement, ce secteur pèse 10 % du PIB mondial et de l’emploi, avec 292 millions de collaborateurs en 2017, selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme. Il est donc essentiel à l’économie, et tant les responsables politiques que les entrepreneurs du secteur souhaitent le promouvoir encore davantage. Les voyages internationaux ont dégagé un chiffre d’affaires global de 1 137 milliards d’euros en 2017, selon l’Organisation mondiale du tourisme. Et la France reste le pays le plus visité au monde, avec une arrivée de 87 millions de touristes étrangers dans l’Hexagone en 2017, selon la DGE. A ce chiffre, il faudrait ajouter les 120 millions d’« excursionnistes », c’est-à-dire de personnes qui passent une journée dans le pays, souligne Christian Mantei, directeur général d’Atout France.
« Tourismophobie »
Mais, les nuisances engendrées se retournent contre l’activité elle-même. A terme, le réchauffement climatique ne pourrait-il pas porter un coup fatal aux stations de montagne, tant l’hiver, quand les canons à neige sont un pis-aller fort peu écologique, que l’été, quand le réchauffement provoque chute de séracs et de pierres ? Que deviendront les pays réputés pour leur ensoleillement quand les températures atteindront des niveaux difficiles à supporter ?
Aux atteintes dues au dérèglement climatique s’ajoutent les détériorations de sites et monuments, les déséquilibres sociaux et sociétaux. Les habitants des régions visitées supportent de plus en plus mal ces afflux de touristes pollueurs, bruyants, qui font monter les prix des loyers au point que les résidents à l’année n’arrivent plus à se loger dans la région qui les emploie.
Ce phénomène a désormais un nom : la « tourismophobie ». Un mal qui sévit sur tous les continents : à Venise, à Barcelone, en Grèce, mais aussi sur le site du Machu Picchu (Pérou) ou dans les îles thaïlandaises, rappelle le cabinet de conseil McKinsey dans une étude consacrée à la gestion de la surpopulation dans les destinations touristiques. La tourismophobie a pour l’instant épargné la France, observe M. Mantei. Mais, « d’ici à cinq ans, nous devrons la gérer », ajoute-t-il.
Certains acteurs du secteur ont compris qu’il est nécessaire, voire opportun, d’intégrer les impératifs de développement durable dans leur stratégie. Des hôteliers utilisent les caractéristiques pro-environnementales de leur établissement comme argument de vente.

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                Les restaurants peinent à prendre la vague écolo



Au Mob Hôtel de Saint-Ouen, en banlieue parisienne, le toit est ainsi devenu un jardin potager entretenu par des habitants du quartier. D’autres n’hésitent plus à mettre des dortoirs dans leur offre d’hébergement, ce qui a pour avantage de réduire l’empreinte au sol par lit proposé, tout en mettant sur le marché une offre à bas prix, longtemps l’apanage des auberges de jeunesse. Quelques restaurateurs surfent sur la vague bio, voire locavore. Mais ils restent très minoritaires.
Il ne reste plus qu’à espérer du retour de bâton citoyen une incitation à un développement durable du tourisme dont les acteurs œuvrent à faire mieux connaître la planète Terre de ses habitants, où qu’ils soient.
Ce dossier a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Les Entretiens internationaux du tourisme du futur



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Dans le milieu de la restauration, l’approvisionnement bio, local, recyclable est un nouvel argument de vente. Mais il est coûteux, et les chefs n’imaginent pas sa généralisation sans subventions.
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Les restaurants peinent à prendre la vague écolo

Dans le milieu de la restauration, l’approvisionnement bio, local, recyclable est un nouvel argument de vente. Mais il est coûteux, et les chefs n’imaginent pas sa généralisation sans subventions.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h00
    |

                            Camille Labro








                        


Voilà bientôt dix ans que la gastronomie voit venir la vague verte. Sur les étals des supermarchés et magasins spécialisés, les ventes de produits biologiques ont augmenté de 40 % en 2016. Et le vegan fait florès avec une hausse fulgurante du chiffre d’affaires de 82 %. Les restaurants n’échappent au mouvement, même si le démarrage semble plus lent avec un accroissement de 7 % de l’offre.
Portée par une sémantique enveloppante et des mots génériques comme « green », « bio », « durable » ou « free from » (produits sans gluten, lactose, sucre, etc.), la restauration va devoir intégrer le respect de l’environnement, la santé et le bien-être animal dans sa stratégie. « Les “millennials” représenteront 50 % de la population dans trente ans. Ces nouveaux consommateurs sont hyperconnectés, changent d’avis souvent, veulent du local et des produits sourcés, des propositions culinaires prenant en compte allergies, intolérances, végétarisme : la gastronomie de demain sera “green” ou ne sera pas », affirme Marie-Odile Fondeur, directrice générale du Sirha, le Salon international de la restauration, de l’hôtellerie et de l’alimentation, dont la version « écolo », le Sirha Green, s’est tenue pour la première fois en juin à Lyon.
Le géographe et chercheur spécialiste de l’alimentation Gilles Fumey, coauteur de l’Atlas de l’alimentation (CNRS éditions, 240 pages, 24 euros), corrobore : « Les jeunes générations sont de plus en plus sensibles aux problématiques de gaspillage, pesticides, additifs, transparence et traçabilité. Les professionnels de la restauration sentent qu’ils doivent changer et faire évoluer les process, les produits et les mentalités de leurs équipes. »
Un engagement qui coûte cher
Les enseignes « healthy », bio et « végé » calquées sur celles que l’on voit fleurir en Californie commencent à faire leur apparition dans l’Hexagone. Mais, dans un pays à la tradition gastronomique très carnée et souvent gaspilleuse, la conscience écologique a du mal à s’installer dans les cuisines. A Paris, l’élégant bistrot Septime, ouvert en 2011, est un rare exemple de restaurant écoresponsable, autant sur le plan de l’approvisionnement (denrées de proximité, provenant d’une agriculture naturelle), que sur la réduction des déchets, le recyclage, le compostage, le traitement du personnel, la parité, l’économie sociale, solidaire et circulaire. Des efforts récompensés en 2017 par un « Sustainable Award », ou prix du développement durable, au « 50 Best », le classement anglais des 50 meilleurs restaurants du monde.
« C’est un engagement qui nous tient à cœur, mais qui coûte cher, confie Théo Pourriat, copropriétaire de Septime. Nous payons près de 10 000 euros supplémentaires par an à un opérateur privé pour le prélèvement et la valorisation de nos bio-déchets, tout en continuant à casquer pour la collecte des ordures. Les pouvoirs publics exhortent les restaurants à se responsabiliser, mais ne proposent rien pour les y inciter. » Or si Septime, qui ne désemplit pas, peut se permettre ces dépenses, ce n’est pas forcément le cas d’un comptoir à kebabs ou d’une brasserie de province. Résultat, même si quantité de chefs ne jurent que par le bon produit, ils sont encore très peu à s’engager sur toute la ligne. « Le sujet doit être étalonné et modélisé sur différentes échelles, de la maison étoilée au stand de rue, estime Théo Pourriat, afin de devenir une composante du restaurant de demain. Le coût ne peut pas retomber sur le client : tant que c’est plus cher d’être vertueux, il faut qu’il y ait des aides et des subventions externes. »
« Eduquer la clientèle »
Pour Olivier Reneau, le rédacteur en chef du magazine Cuisines (R) évolution, il faut éviter de tomber dans l’écueil du green-washing, l’affichage écolo sans actions, à seul but marketing. « Relais & Châteaux ou le Collège culinaire de France ont commencé à établir des chartes, mais ces prescripteurs de la gastronomie doivent aller plus loin, éduquer la clientèle, montrer la voie, s’engager sur tous les fronts, la pêche durable, le bio, le local… Retirer les nappes pour réduire les lessives, trier leurs déchets et proposer des doggy bags à leurs clients. Ce devrait être ça, les nouveaux codes de la gastronomie chic. »
Locavorisme, naturalité et authenticité seront aussi de la partie, comme l’atteste le succès de l’entrepreneur hôtelier Frédéric Biousse, du Domaine de Fontenille, dans le Luberon. « L’avenir du secteur de l’hospitalité, assure ce dernier, c’est un très bon service, un lieu sincère et personnalisé, mais aussi une cuisine ancrée dans le terroir. Le vrai luxe de demain, c’est le plaisir de manger une tomate cultivée à 30 mètres et de boire du vin issu des vignes que l’on voit depuis sa fenêtre. » Un hédonisme responsable et à portée de main, en quelque sorte.
Ce dossier a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Les Entretiens internationaux du tourisme du futur



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Pour changer leur image, les chasseurs ont adopté une nouvelle stratégie : utiliser le vocabulaire des ONG qu’ils critiquaient jusqu’ici.
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Les chasseurs, « premiers écologistes de France » ? Histoire d’une communication politique

Pour changer leur image, les chasseurs ont adopté une nouvelle stratégie : utiliser le vocabulaire des ONG qu’ils critiquaient jusqu’ici.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 14h30
    |

                            Simon Auffret








                        



   


Depuis le 27 août, une question s’affiche en grand sur fond vert dans les couloirs du métro parisien, mais également à Lille, à Marseille, à Toulouse et à Lyon : « Les chasseurs, premiers écologistes de France ? » Sous le slogan de cette vaste campagne d’affichage de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), un début de réponse : « Ils participent bénévolement à la sauvegarde de la biodiversité de nos campagnes. »

https://t.co/PJhqgt0iib— ChasseursFrance (@Chasseurs de France)


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Outre ces affiches, une bande-son est diffusée sur 850 radios locales, ainsi qu’une vidéo sur les réseaux sociaux. Dans ce petit film musical, les verbes « découvrir », « étudier », « protéger », « aimer » défilent à l’écran, sur fond de couchers de soleil, d’opérations de comptage d’oiseaux et d’animaux sauvages gambadant à travers de grands espaces : aucune image de fusils, pas le moindre cadavre de gibier. Le verbe « chasser » a lui-même été occulté.
Cette campagne, « sans précédent dans l’histoire » de la FNC, à en croire son président, Willy Schraen, vise à corriger l’image de la chasse, écornée par des critiques récurrentes visant la chasse à courre et les rappels au respect du bien-être animal. Ce dernier peut déjà se féliciter d’avoir obtenu de l’Elysée une division par deux du prix du permis de chasse, le 27 août, un épisode évoqué par Nicolas Hulot lors de l’annonce de sa démission sur France Inter, et qui a remis le lobby des chasseurs au cœur du débat.
Depuis quelques années, les chasseurs ont adopté une nouvelle stratégie de communication : ils utilisent désormais le vocabulaire des organisations environnementales, qu’ils n’ont pourtant eu de cesse de combattre depuis les années 1980. « Nous avons laissé le champ libre à nos détracteurs, qui utilisent les réseaux sociaux et le monde médiatique pour diffuser des contre-vérités et une image erronée de la chasse française », explique Willy Schraen en introduction du plan de communication, avant de claironner : « Nous sommes les premiers écologistes de France ! »

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Une réponse à l’échec du combat politique
Ce changement de discours s’est progressivement installé à la fin des années 2000. Investir l’écologie est alors apparu comme un nouveau moyen pour les 1,1 million de chasseurs français de porter leurs revendications. Cette approche constituait une réponse à l’échec des mobilisations massives : en 1998, 150 000 chasseurs avaient défilé à Paris contre les directives européennes encadrant la chasse des oiseaux migrateurs et instaurant les zones protégées Natura 2000, en vain.
« La création de Chasse, pêche, nature et tradition est clairement une réaction à l’entrée des Verts en politique » Paul Havet
Cette nouvelle stratégie vise également à compenser l’essoufflement des mouvements politiques affiliés aux chasseurs : à la fin des années 1990, l’opposition avec les partis écologistes se jouait encore sur le terrain politique. En 1989, « la création de Chasse, pêche, nature et tradition [CPNT] est clairement une réaction à l’entrée des Verts en politique », notait en 2003 Paul Havet, ancien directeur de l’Office nationale de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), dans une conférence intitulée « Comment réconcilier chasseurs et écologistes ? ». Mais depuis ses 4,23 % de voix obtenus lors de l’élection présidentielle de 2002, CPNT est en net déclin.
De l’eau a, depuis, coulé sous les ponts. Le combat s’est déplacé de l’arène politique aux sphères de la communication. Il s’agit aujourd’hui de gagner les cœurs. « On retrouve aujourd’hui des chasseurs qui contestaient, il y a vingt ans, la création des zones protégées Natura 2000, participant désormais à l’animation de ces mêmes territoires », explique au Monde le sociologue Ludovic Ginelli, membre de l’unité de recherche environnement, territoires et infrastructures de l’université de Bordeaux.
« Mais dans toutes ces nouvelles revendications, les chasseurs lambda ont gardé une ambiguïté sur leurs motivations, ajoute le sociologue. Ce positionnement se fait-il pour protéger la biodiversité ou pour développer l’activité cynégétique ? »
Légitimer une action sur l’environnement
Un scepticisme qui fait sourire Guy Guédon, président de la Fédération des chasseurs des Deux-Sèvres et administrateur de la fédération nationale, chargé de l’éducation à l’environnement : « Si notre engagement est aussi fort pour l’aménagement du territoire, c’est qu’il ne se limite pas à la chasse. Croyez-moi, on n’y passerait pas autant de temps. » 
Au sein de sa fédération, les chasseurs consacrent chaque année soixante-dix-huit heures à des activités de « protection et de gestion de la biodiversité » : entretien des haies et des bords de chemin, remise en état de zones humides, etc. Au niveau national, la FNC revendique même un temps bénévole passé à « s’occuper de la nature » de « trente mille équivalents temps plein ».
« Nous avons tout tenté… Il ne nous reste plus que les études scientifiques » Yves Butel
Afin de rendre audible leur message auprès de l’opinion et des responsables politiques, les chasseurs s’appuient désormais sur des études. « Nous avons tout tenté, expliquait le président de la Fédération départementale des chasseurs de la Somme, Yves Butel, en 2005. Les manifestations, la politique, le droit : il ne nous reste plus que les études scientifiques. »
La fédération nationale cite ainsi, à l’appui de ses campagnes de communication, trois instituts désignés comme « [ses] organismes scientifiques » : l’Institut scientifique nord-est Atlantique (Isnea), l’Institut méditerranéen du patrimoine cynégétique et faunistique (IMPCF) et le Groupe d’investigation de la faune sauvage (GIFS). Principalement spécialisés dans l’observation et le comptage des oiseaux migrateurs, ces organismes sont amenés à produire les « faits quantifiables et vérifiables », voulus par Willy Schraen pour étayer l’argumentaire des chasseurs.

        Lire aussi le reportage, en 2011 :
         

          Le chasseur, meilleur ami des bêtes...



Une estimation difficile
La difficulté qu’il y a à définir précisément ce qu’est l’écologie et à évaluer rigoureusement les atteintes de la chasse à la biodiversité profite largement au discours des chasseurs. Ces derniers ne font d’ailleurs jamais mention, dans leur campagne, des animaux abattus chaque année, préférant le terme de « prélèvement ».
« Où sont les chiffres précis sur les prélèvements ? » Pierre Maigre
« Il faut arrêter de prendre les résultats des études uniquement quand ils leur conviennent », soupire Pierre Maigre, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de l’Hérault : « Nous avons des éléments de mesure des populations par espèces, notamment fournis par les chasseurs. Mais où sont les chiffres précis sur les prélèvements ? »
L’ONCFS possède bien des tableaux de chasse annuels pour le gros gibier (sanglier, cerf, etc.) mais la mesure est plus difficile pour les autres animaux. Lors d’une enquête nationale sur la saison 2013-2014, seules soixante espèces sur quatre-vingt-dix chassables ont pu faire l’objet d’une estimation de « prélèvements ». Avec des écarts parfois importants : pour le faisan vénéré, l’estimation se situe par exemple dans une fourchette entre 78 029 et 143 477 animaux abattus. Du simple au double.
Cette évaluation est d’autant plus difficile à chiffrer qu’un type de chasse tend à échapper aux statistiques officielles : celle organisée dans les parcs de chasse, qui désignent les domaines dans lesquels sont organisées des battues privées. « On assiste à des locations, voire à de la sous-location de terrain, pour la chasse, pendant lesquelles les prélèvements sont souvent beaucoup plus nombreux », souligne Pierre Maigre.



                            


                        

                        


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Sivens : un gendarme renvoyé devant la justice dans l’autre affaire de grenade

Le militaire est soupçonné d’avoir blessé, avec une grenade, une militante écologiste lors d’une opération d’évacuation en octobre 2014.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 03h52
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 08h06
   





                        


Accusé d’avoir blessé une manifestante écologiste sur le site du barrage de Sivens dans le Tarn, en 2014, un gendarme est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Une source judiciaire a confirmé, jeudi 30 août, les informations de Mediapart. L’ordonnance de renvoi est datée de mardi.
Le militaire soupçonné est poursuivi pour « violences volontaires ayant entraîné une ITT de quinze jours avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique », a détaillé à l’Agence France-Presse Me Claire Dujardin, l’avocate de la victime, Elsa Moulin.
La jeune femme, aujourd’hui âgée de 29 ans, avait été touchée à la main en ramassant une grenade de désencerclement jetée par un gendarme à l’intérieur d’une caravane, où elle s’était « réfugiée » avec deux autres opposants au projet.
« A trois, je vous laisse partir »
Les faits se sont déroulés en octobre 2014 lors d’une opération des forces de l’ordre pour expulser les personnes qui occupaient une parcelle du site du barrage contesté. Sur une vidéo filmée de l’intérieur de la caravane et diffusée sur YouTube par un des trois occupants, on pouvait apercevoir un des militaires faire une sommation une grenade dans la main : « A trois, je vous laisse partir. »
Selon l’enregistrement, le décompte allait jusqu’à huit, avant que ne retentissent un bruit d’explosion et des cris.
Non-lieu dans la mort de Rémi Fraisse
Le projet de Sivens avait fait l’objet d’une très forte mobilisation d’opposants et le chantier avait été le théâtre d’affrontements avec les forces de l’ordre. En marge de l’un d’eux, Rémi Fraisse, un militant écologiste de 21 ans, a été tué par une grenade. Après sa mort, qui avait provoqué une onde de choc en France, le gouvernement avait annoncé l’interdiction des grenades offensives.
Le projet de barrage avait, lui, finalement été abandonné. En janvier 2018, la justice a délivré un non-lieu en faveur du gendarme qui avait tiré la grenade ayant entraîné la mort du militant écologiste.

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                Notre-Dame-des-Landes, Sivens... comment mieux faire participer les citoyens en amont ?






                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 30/08/2018
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Le réchauffement favorise le ravage des récoltes par les insectes nuisibles

L’appétit de ces animaux augmente en fonction de la température. Une étude dans « Science » s’inquiète de leur impact sur le riz, le maïs et le blé.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 20h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 08h12
    |

                            Clémentine Thiberge








                        



   


Les scientifiques ne cessent d’alerter : le climat a un impact sur les aliments que nous cultivons. Une étude publiée dans la revue Science le 30 août révèle que le changement climatique devrait diminuer le rendement des récoltes de céréales. Une équipe dirigée par des scientifiques des universités de Washington, du Colorado et du Vermont y rapporte que l’activité des insectes ravageurs de cultures va croître avec la hausse des températures. L’étude se base sur trente-huit espèces, dont le puceron, le perce-tige et la tordeuse du riz.
« Les pertes de récoltes pour trois céréales de base – riz, maïs et blé – vont augmenter considérablement à mesure que le climat va se réchauffer, explique Scott Merrill, chercheur à l’université du Vermont et coauteur de l’étude. La chaleur augmentant le taux métabolique et la croissance des populations d’insectes nuisibles, les cultures vont subir une pression accrue de ces ravageurs. »
Les régions tropicales moins touchées
Pour arriver à ces conclusions, l’équipe a analysé des données collectées depuis les années 1980 à partir d’expériences en laboratoire sur les taux de métabolisme et de reproduction des insectes. Contrairement aux mammifères, les insectes sont ectothermes, ce qui signifie que leur température corporelle varie en fonction de celle de leur environnement. Ainsi, la température de l’air affecte leur consommation d’oxygène, leurs besoins caloriques et donc leur taux métabolique. « Plus la température est élevée, plus leur appétit augmente, constate Scott Merrill, ce qui est dévastateur pour les cultures. »
Le lien avec la croissance de cette population animale est cependant plus complexe. Il existe en effet une température optimale à laquelle les insectes se développent le mieux. S’il fait trop chaud ou trop froid, la population augmentera plus lentement. C’est pourquoi les pertes de culture seront plus sévères dans les pays tempérés que sous les tropiques. « Les régions tempérées n’ont pas atteint cet optimum, donc si la température augmente à ces endroits, les populations vont croître plus rapidement, précise Scott Merrill. Dans les tropiques, les insectes sont déjà proches de leur température optimale, les populations vont donc diminuer ; il fera, en effet, trop chaud pour ces animaux. »

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Les chercheurs ont examiné comment les insectes nuisibles réagiraient dans le cadre de divers scénarios climatiques. Selon eux, les pertes de cultures pourraient augmenter de 10 % à 25 % par degré de réchauffement. Une hausse de la température moyenne mondiale de deux degrés entraînerait des pertes de 31 % pour le maïs, 19 % pour le riz et 46 % pour le blé. Dans ces conditions, les pertes annuelles totales de cultures atteindraient respectivement 62, 92 et 59 millions de tonnes. Cette projection constitue « le scénario le moins alarmiste, précise Curtis Deutsch, chercheur à l’université de Washington et auteur principal de l’étude. Les températures pourraient augmenter de 2 à 5 0C d’ici à la fin du siècle ».
« Les chercheurs américains ont utilisé des données fiables et très simples, estime Simon Fellous, chercheur à l’INRA. Leurs résultats participent au corpus général qui nous rappelle que les modifications induites par les humains risquent de bouleverser drastiquement notre alimentation. »
« Double coup dur » pour la France
La Chine, les Etats-Unis et la France, qui produisent la majeure partie du maïs, du blé et du riz, figurent parmi les pays qui devraient connaître les plus fortes pertes, selon Scott Merrill, mais « la France aura un double coup dur car elle est grande productrice de maïs et de blé ». La réduction des rendements de ces trois cultures est particulièrement préoccupante car, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, elles sont des cultures de base pour 4 milliards de personnes et représentent environ les deux tiers de leur apport énergétique.
Les agriculteurs et les gouvernements pourraient essayer de réduire l’impact de la prolifération des insectes en utilisant la rotation des cultures ou en essayant de produire des céréales résistantes aux nuisibles, estiment les auteurs de l’étude. Mais ces modifications risquent de prendre du temps et ne sont pas accessibles à tous les pays.
« Il y a beaucoup de choses que les pays les plus riches peuvent faire pour réduire les effets négatifs en développant des stratégies de lutte intégrée contre les ravageurs, explique Scott Merrill. Mais les pays les plus pauvres, qui dépendent de ces cultures comme céréales de base, vont avoir plus de difficultés. » La lutte contre ce fléau risque donc d’accroître encore un peu plus les inégalités entre les pays face au changement climatique.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Le promoteur du mégacomplexe de commerces et de loisirs devra améliorer des aspects liés à l’environnement, au social et aux boutiques.
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L’Etat demande à EuropaCity de corriger son projet

Le promoteur du mégacomplexe de commerces et de loisirs devra améliorer des aspects liés à l’environnement, au social et aux boutiques.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 19h26
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 08h54
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Il y aura un DJ pour la musique, un barbecue pour les grillades et un microphone pour les discours. Samedi 1er septembre, les opposants au projet de mégacomplexe de commerces et de loisirs EuropaCity sont invités à un « pique-nique de rentrée » dans les champs de Gonesse (Val-d’Oise), à 15 km au nord de Paris. C’est là qu’une zone d’aménagement concerté (ZAC) promet d’urbaniser près de 300 hectares de cultures céréalières.
Au menu : une gare du Grand Paris Express, 800 000 m2 de centre d’affaires et le très polémique EuropaCity, donc, un investissement de 3,1 milliards d’euros pour aménager, sur 80 hectares, un parc à thème, un espace aquatique, une piste de ski indoor, des hôtels, un cirque, des salles de spectacle, un palais des congrès, une ferme urbaine et 230 000 m2 de boutiques.
Du moins, c’est ce qu’avait imaginé le promoteur d’EuropaCity, la société Alliages et Territoires, qui réunit à parts égales le groupe d’immobilier commercial Ceetrus (ex-Immochan) et le géant chinois des loisirs Wanda. Selon les informations du Monde, l’Etat exige que la société corrige sensiblement le projet.

Maîtriser l’empreinte carbone du projet
Le protocole, signé en 2015 entre l’aménageur et le promoteur, arrivait à expiration à la fin de 2018. « Le renouvellement de cet accord est l’occasion de renforcer nos exigences : nous souhaitons revoir certaines composantes du projet », dit-on au cabinet du ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard.
Soumis à l’approbation du premier ministre, Edouard Philippe, compte tenu de l’ampleur et de la sensibilité du projet, le nouveau protocole, conclu pour une durée de trois ans, prévoit qu’Alliages et Territoires s’engage d’ici à la fin de 2018, par une convention, à améliorer une série d’aspects. « Ce projet, nous sommes disposés à le réaliser, mais seulement si ses qualités sont démontrées. Or on n’y est pas encore »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ La malaïgue, absence d’oxygène dans le milieu marin favorisée par les fortes chaleurs, a fait perdre aux conchyliculteurs de l’étang « 100 % de leur récolte ».
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A l’étang de Thau, « 1 218 tonnes de moules mortes  » à cause de la chaleur

La malaïgue, absence d’oxygène dans le milieu marin favorisée par les fortes chaleurs, a fait perdre aux conchyliculteurs de l’étang « 100 % de leur récolte ».



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 19h02
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 09h49
   





                        



   


Dans l’étang de Thau, près de Sète (Hérault), les chaleurs caniculaires et l’absence de vent ont entraîné la malaïgue (« mauvaise eau », en occitan) et tué la totalité des moules et un tiers des huîtres.
Le comité d’expertise départemental, qui s’est tenu jeudi matin à Montpellier avec des représentants des conchyliculteurs de Thau, a confirmé les chiffres présentés dans le rapport d’une mission de terrain effectuée du 14 au 20 août.
« Concernant les huîtres, on a des taux de mortalité importants avec 52 % dans la zone de Marseillan et 63,5 % dans celle de Mèze, a indiqué Cédric Indjirdjian, directeur départemental adjoint des territoires et de la mer. En volume cela représente 2 703 tonnes d’huîtres, en valeur, 4,7 millions d’euros, soit un tiers de la production annuelle sur le bassin qui a été détruit en quelques jours. Concernant les moules, les pertes sont de 100 %, soit 1 218 tonnes de moules mortes, ce qui représente une valeur de 1,22 million d’euros. »
Ecosystème d’exception
La malaïgue se caractérise par une coloration blanche des eaux, et elle ne s’était pas manifestée sur l’étang depuis 2006. Ce phénomène consiste en une chute de la teneur en oxygène de l’eau qui décime les huîtres. Les moules succombent pour leur part aux fortes températures de l’eau (plus de 29 °C enregistrés durant huit jours cet été dans l’étang selon les scientifiques).
Véritable mer intérieure, la lagune de Thau s’étend à proximité de Sète sur quelque 7 000 hectares. Elle constitue à la fois un écosystème d’exception et la plus grosse zone conchylicole de la Méditerranée (10 % de la production nationale d’huîtres et environ 3 000 emplois).
Le préfet de l’Hérault « va donc saisir, sans délai, la commission nationale de gestion des risques agricoles, en vue de la reconnaissance du sinistre par arrêté ministériel », précise la préfecture dans un communiqué. Le préfet a également transmis au ministère de l’agriculture la demande d’exonération totale des charges sociales ENIM, des redevances domaniales et des taxes sur le foncier non bâti. Les organismes sociaux (MSA et ENIM) « sont mobilisés pour accompagner au mieux les professionnels », assure la préfecture.

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                Biodiversité : « Le gouvernement doit agir avec détermination »






                            


                        

                        


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Négociations à l’ONU pour protéger la haute mer

Les enjeux sont immenses : il s’agit de doter d’un cadre juridique la conservation de la biodiversité marine.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h34
    |

            Martine Valo








                        



                                


                            

Elle n’appartient – encore – à personne, mais suscite bien des convoitises. La haute mer recouvre près de la moitié de la planète, constitue près des deux tiers de l’océan mondial, qui lui-même produit une bonne partie de notre oxygène et l’essentiel des protéines de populations entières, et recèle des ressources biologiques ignorées. Et pourtant, la haute mer ne bénéficie jusqu’à présent d’aucune protection ou presque.
Voilà dix ans qu’est débattue l’idée de doter d’un cadre juridique les eaux internationales – c’est-à-dire l’immensité située au-delà des zones économiques exclusives (ZEE) régies par les pays côtiers. Ce dossier, très sensible, aurait pu se perdre dans les méandres de l’actualité diplomatique mondiale ; il a pourtant fini par aboutir à l’ouverture officielle de négociations sous l’égide des Nations unies.
Une première session de discussion est programmée du 4 au 17 septembre. L’objectif est de parvenir d’ici à 2020 à établir « un instrument juridiquement contraignant sur la conservation et l’utilisation durables de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales ». Au ministère des affaires étrangères, on fait remarquer que le seul grand accord international actuellement en gestation à l’ONU a donc trait à l’océan.
Brevets à foison
Une autre façon de présenter la haute mer consiste à rappeler qu’elle représente 95 % de l’espace habité par des formes de vie sur cette planète. Et il serait étonnant que l’homme n’y trouve pas quelques ressources à puiser en plus des richesses halieutiques qu’il y prélève déjà sans ménagement.

Des chercheurs du Centre universitaire de résilience et de l’Académie royale des sciences de Stockholm ainsi que de l’université de Colombie britannique, au Canada, ont créé une base de données avec 13 000 séquences génétiques provenant de 862 espèces marines (plancton, mollusques, poissons) associées à un brevet, parmi les 38 millions collectées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Le pays, qui vise la neutralité carbone en 2050, mise sur l’énergie de l’eau, du vent et du soleil.
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Le Portugal, la pays où l’électricité est plus verte

Le pays, qui vise la neutralité carbone en 2050, mise sur l’énergie de l’eau, du vent et du soleil.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 18h03
    |

            Pierre Le Hir (Barrages d’Alto Rabagão et de Venda Nova, parc éolien d’Alto Minho (Portugal), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Gorgés de soleil, les panneaux photovoltaïques étincellent au milieu d’un immense bassin bleu azur, entouré de vallons verdoyants. Eau et feu, ombre et lumière. Ici, tout au nord du Portugal, avec le réservoir d’Alto Rabagão, le groupe Energias de Portugal (EDP) teste une technologie unique en Europe : l’association d’un barrage hydroélectrique et d’une centrale solaire flottante. Une innovation qui symbolise les ambitions de ce petit pays de 10 millions d’habitants, devenu l’un des champions européens des énergies renouvelables. En mars 2018, sa production d’électricité verte a même dépassé la consommation nationale, le surplus étant exporté vers l’Espagne.

Le démonstrateur d’Alto Rabagão est de petite taille : 840 modules photovoltaïques qui, bout à bout, occupent la surface d’un demi-terrain de football, noyé dans une cuvette huit mille fois plus vaste. D’une puissance de 220 kilowatts, ils ne peuvent guère alimenter en courant qu’une centaine de foyers. Mais l’expérimentation, lancée à l’automne 2016, pour un coût de 450 000 euros, se révèle prometteuse.
« Le milieu aquatique refroidit les cellules photovoltaïques, ce qui accroît leur rendement de 4 à 10 %, indique Rui Teixeira, vice-président exécutif d’EDP. En outre, le système n’a pas d’impact sur l’environnement, puisqu’il est intégré au barrage : il n’accapare pas de terres et ne nécessite pas de lignes électriques supplémentaires. » Un atout d’autant plus précieux qu’Alto Rabagão se trouve à l’intérieur du parc national de Peneda-Gerês. Mieux, la centrale flottante réduit l’évaporation du réservoir et limite la prolifération d’algues, tout en servant de refuge aux alevins.

Le site n’a pas été choisi au hasard. Aménagé à 800 mètres d’altitude et battu par les vents qui y soulèvent des vagues d’un mètre de hauteur, il subit aussi, du fait du fonctionnement du barrage, des variations de 30 mètres du niveau d’eau. Ce qui permet d’éprouver la robustesse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Le gouvernement chinois demande aux 46 plus grandes villes de mettre en place des collectes sélectives de leurs déchets.
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A Shanghaï, des volontaires aident au tri des ordures à la source

Le gouvernement chinois demande aux 46 plus grandes villes de mettre en place des collectes sélectives de leurs déchets.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h05
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Il est 17 h 30 à Shanghaï et le soleil tape. Les volontaires de la vieille résidence de Qishancun, dans le centre-ville, portent tous une casquette. L’après-midi jusqu’à 19 h 30 et le matin entre 7 heures et 9 heures, ils sont quatre à se tenir à côté des conteneurs. Quand un habitant se présente, sacs-poubelle à la main, ils les ouvrent et mettent chaque déchet dans la poubelle adéquate : recyclables, ordures sèches (papiers sales, sacs en plastique…) et restes organiques.
Une fois ce tri effectué, le résident tend une petite carte en plastique sur laquelle est imprimé un code-barres. Un éboueur, seul employé municipal parmi les volontaires, scanne le code avec un smartphone, le résident reçoit alors 10 points sur un compte lié à la Banque de Chine. Avec 100 points, il pourra dépenser trois yuans, soit 0,37 euro, en produits ménagers !
Depuis mi-juin, la ville de Shanghaï, submergée par les ordures, tente d’améliorer le tri à la source. Une tâche difficile dans un pays où la consommation augmente, mais où la conscience environnementale des citoyens fait souvent défaut. Alors que les livraisons de repas à domicile, en plein boom, produisent 60 millions d’emballages par jour, 71,6 % des personnes interrogées n’ont pas idée des conséquences environnementales de ce mode de consommation, selon un sondage du quotidien d’Etat Global Times.
Les 24 millions d’habitants produisent chaque jour 25 280 tonnes d’ordures
Le système actuel n’encourage pas les bonnes âmes : « Les résidents se plaignent que, même s’ils trient bien, les services municipaux mettent tous les déchets dans le même camion. De leur côté, les employés disent qu’ils trouvent des ordures trop mélangées. C’est une chaîne brisée », décrit Lin Youzhi, chargée de campagne sur le recyclage pour l’ONG environnementale chinoise Les Amis de la nature. Un cercle vicieux que Shanghaï espère enrayer avec cette initiative lancée dans quelques résidences de la ville.
Ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Ce document recommande la relance de la construction de centrales. « Si je m’en vais, il va y avoir trois EPR de plus », avait confié début août Nicolas Hulot.
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Nucléaire : un rapport préconise la construction de six nouveaux EPR

Ce document recommande la relance de la construction de centrales. « Si je m’en vais, il va y avoir trois EPR de plus », avait confié début août Nicolas Hulot.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 11h23
    |

            Jean-Michel Bezat








                        


Le départ de Nicolas Hulot aurait-il libéré les esprits et les initiatives ? Au lendemain de la démission du ministre de la transition écologique, qui dénonçait notamment le nucléaire comme « une folie inutile où l’on s’entête », Les Echos révèlent un rapport dans lequel deux industriels pronucléaires recommandent au gouvernement la relance d’un programme de construction de centrales. Une conclusion d’autant plus surprenante que ce document avait été commandé au printemps par le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et par… Nicolas Hulot.
« Si je m’en vais, il va y avoir trois EPR de plus dans les prochaines années », confiait ce dernier début août à Libération, qui a publié ses propos après sa démission. En réalité, il faudrait construire six de ces réacteurs à partir de 2025 pour un premier démarrage dix ans plus tard, selon le rapport. Ses auteurs sont Yannick d’Escatha, conseiller du PDG d’EDF et ex-administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique, et Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement jusqu’en juin 2017.

        Lire aussi :
         

                L’écologie, ministère de l’impossible ?



« Ce n’est pas un rapport qui décide de la politique du gouvernement »
Il faut maintenir les compétences dans ce secteur, plaident les rapporteurs. Sans la vente de nouveaux réacteurs de troisième génération (seulement six ont été vendus depuis 2003), c’est l’avenir de la troisième filière industrielle française (plus de 200 000 salariés) qui serait menacé. « Ce n’est pas un rapport qui décide de la politique du gouvernement », a réagi M. Le Maire jeudi matin, sur Radio Classique. Le ministre a renvoyé au plan de programmation pluriannuelle de l’énergie, qui fixera à l’automne la feuille de route du gouvernement pour les cinq prochaines années.
Le choix d’une relance – ou non – du nucléaire est au cœur des arbitrages. Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, s’est toujours prononcé en faveur de cette énergie. Tout comme le premier ministre, Edouard Philippe, directeur des affaires publiques d’Areva entre 2007 et 2010. M. Le Maire y voit, de son côté, « un atout pour la France ». Il faudra néanmoins, prévient-il, attendre la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche) avant d’envisager de nouveaux chantiers. Celui-ci ne sera pas raccordé au réseau avant début 2020, pour un coût qui a déjà plus que triplé (11 milliards) et un chantier qui a près de huit ans de retard.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Avant Nicolas Hulot, nombreux sont les ministres de l’environnement à avoir été confrontés aux limites de la fonction.
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L’écologie, ministère de l’impossible ?

Avant Nicolas Hulot, nombreux sont les ministres de l’environnement à avoir été confrontés aux limites de la fonction.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 10h15
    |

            Rémi Barroux, 
Pierre Le Hir et 
Martine Valo








                        



                                


                            
Au ministère de la transition écologique et solidaire, l’effervescence règne ce mercredi 29 août. Nicolas Hulot, démissionnaire, n’a pas encore quitté l’Hôtel de Roquelaure. Le futur ex-ministre de la transition écologique est plongé dans le parapheur pour signer d’ultimes textes et s’emploie à trouver des points de chute aux membres de son cabinet. Les nombreuses directions centrales rattachées à ce ministère – l’énergie et le climat, la prévention des risques, le commissariat général au développement durable, l’aménagement, le logement et la nature, etc. – s’activent, car elles doivent rendre dans les prochaines heures le « dossier du ministre », un document complet présentant leurs actions et, surtout, un échéancier des mesures inscrites dans l’agenda, leur degré d’urgence. C’est ce dossier qui permettra au successeur, ou à la successeure, de prendre la mesure du travail qui l’attend.
La tâche du futur ministre en charge de l’écologie sera ardue après l’aveu d’échec formulé par Nicolas Hulot, mardi 28 août sur les ondes de France Inter. Mais le démissionnaire n’est pas le seul à avoir éprouvé la dureté de ce ministère. Ses prédécesseurs, pas moins d’une quinzaine en vingt ans, témoignent de la difficulté à imposer l’environnement dans l’agenda de leur gouvernement respectif.
Dans son ultime témoignage médiatique, M. Hulot dénonce « la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir ». L’accusation rappelle les propos de Delphine Batho, évincée du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, le 2 juillet 2013, un an après avoir pris la tête du ministère de l’écologie. Officiellement limogée pour avoir critiqué le budget en préparation, la ministre socialiste avait mis en cause la puissance tenace des lobbys. Et quand Nicolas Hulot s’interroge – « c’est un problème de démocratie, qui a le pouvoir ? qui gouverne ? » –, la présidente de Génération Ecologie appuie : « On est bien sur un problème démocratique structurel qui s’est posé sous tous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ La démission de Nicolas Hulot a été diversement commentée du côté de LR, qui peine à se positionner sur les sujets environnementaux.
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Entre écologie et électoralisme, le cœur de la droite balance

La démission de Nicolas Hulot a été diversement commentée du côté de LR, qui peine à se positionner sur les sujets environnementaux.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 09h13
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
Il y a eu deux manières, à droite, de réagir à l’annonce de la démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre de la transition écologique : l’empathie et la défiance. L’empathie, tout d’abord, dans le cas de Valérie Pécresse, qui s’est dite « triste » de ce choix. « Nicolas Hulot refusait le sectarisme et cherchait des solutions, à la hauteur de ses convictions. Est-ce la fin des ambitions écologiques du gouvernement ? » s’est interrogée la présidente de la région Ile-de-France. Alain Juppé, qu’elle soutenait lors de la primaire de la droite, en 2016, s’est montré tout aussi généreux dans la louange envers l’ancien animateur de télévision : « Je suis impressionné par sa hauteur de vue et la noblesse de sa démarche. J’espère qu’au-delà du buzz politique inévitable, cette décision nous incitera tous à réfléchir et à changer. »
Schizophrénie
La défiance, ensuite. Qui s’est exprimée, notamment, dans la bouche de Laurent Wauquiez. « Moi, c’est quelqu’un dont je ne partage pas les idées », a d’emblée prévenu sur RTL le président du parti Les Républicains (LR), avant d’attaquer bille en tête l’exécutif : « Ce que je constate, surtout, c’est qu’au fond cette démission est le reflet des conséquences des ambiguïtés des politiques de Macron. » L’ancien mentor du patron de LR, Nicolas Sarkozy, ne s’est pas montré plus tendre. « Qu’il y ait M. Hulot ou pas, la question de l’immigration est centrale. Qu’il y ait M. Hulot ou pas, la question du montant des impôts qu’on paie est centrale », a estimé l’ancien président de la République, sur France Culture, où il était invité à raconter la crise financière de 2008. Comme il disait, en 2011 : l’environnement, « ça commence à bien faire ».
La situation résume toute la schizophrénie de la droite sur le sujet. Conscients de l’ampleur du problème, Les Républicains n’entendent pas non plus se couper d’un électorat – chasseurs, agriculteurs, etc. –...




                        

                        

