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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ EN UN GRAPHIQUE – Le paiement mensuel de l’impôt est parfois présenté comme une alternative au prélèvement à la source. Pourtant, le système ne fait pas l’unanimité.
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Impôt sur le revenu : seuls 58 % des ménages ont choisi la mensualisation, contre 70 % il y a cinq ans

EN UN GRAPHIQUE – Le paiement mensuel de l’impôt est parfois présenté comme une alternative au prélèvement à la source. Pourtant, le système ne fait pas l’unanimité.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 18h08
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 18h15
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                            Les Décodeurs








                        


Le gouvernement hésite à reporter la réforme du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, prévu pour 2019, qui suscite des critiques de toutes parts : les entreprises, qui ne veulent pas avoir à gérer l’impôt ; l’opposition qui craint une usine à gaz ; les contribuables qui ne comprennent pas les avantages du système…
Un système existe déjà pour lisser le paiement de l’impôt sur le revenu : la mensualisation. Mais contrairement au prélèvement à la source, elle ne s’effectue que sur dix mois et non pas sur douze, et reste indexée sur les revenus de l’année précédente.
Cette possibilité, qui existe aussi pour les impôts locaux, n’est pourtant pas plébiscitée par les Français. Elle est même en recul : plus de 70 % des ménages y recouraient en 2012, contre seulement 58 % en 2017.


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Impôt sur le revenu : moins de six ménages sur dix ont choisi la mensualisation
Le paiement sur Internet a triplé entre 2012 et 2017, selon la direction des finances publiques.

Source : DGFiP



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        Lire aussi :
         

                Prélèvement à la source : les quatre risques qui font hésiter l’exécutif




> Voir la rubrique « En un graphique » des Décodeurs




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Emmanuel Macron a laissé entendre jeudi que la mesure, qui doit entrer en vigueur en janvier 2019, pourrait être reportée.
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Prélèvement à la source : les quatre risques qui font hésiter l’exécutif

Emmanuel Macron a laissé entendre jeudi que la mesure, qui doit entrer en vigueur en janvier 2019, pourrait être reportée.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h37
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Le prélèvement à la source doit entrer en vigueur en janvier 2019… à moins que le président de la République, Emmanuel Macron, n’y mette son veto in extremis. « J’ai plutôt l’intention de conduire cette réforme à son terme, mais j’ai demandé aux ministres compétents de répondre à toutes les questions qui se posent encore avant de donner une directive finale », a déclaré le chef de l’Etat, jeudi 30 août, à Helsinki, en Finlande. Preuve que la mesure, déjà reportée de 2018 à 2019 par précaution, inquiète encore au sommet de l’Etat. Voici pourquoi.

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                Prélèvement à la source : Macron attend des « réponses précises » avant de trancher



1. Des doutes sur sa compatibilité avec le système français
Jusqu’à présent, les contribuables payaient à l’administration fiscale, au cours d’une année donnée, leur impôt sur les revenus perçus l’année précédente. Le prélèvement à la source change deux choses : l’impôt sera directement prélevé sur la fiche de paie des contribuables (c’est l’employeur qui collectera la somme et la reversera à l’Etat) et le décalage d’un an entre revenus et prélèvements sera supprimé. C’est-à-dire qu’en 2019, on paiera ses impôts pour l’année 2019.

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                Prélèvement à la source : comment ça fonctionne et combien vous paierez



Selon le ministère de l’économie, ce nouveau système a un intérêt fondamental : « Pour celles et ceux qui connaissent des changements de situation financière et familiale, l’impôt s’adaptera plus vite. » Il sera en effet possible à « tout moment » de signaler à l’administration certains changements de situation (comme un changement d’emploi ou de situation familiale) qui font varier l’imposition pour que le taux de prélèvement soit ajusté.
Derrière ce principe général, la situation réelle est toutefois un peu plus complexe. Le calcul de l’impôt sur le revenu ne prend pas seulement en compte les revenus du travail et la composition du foyer, mais aussi une multitude de critères (par exemple, les revenus financiers ou immobiliers). C’est pourquoi la traditionnelle déclaration d’impôts, à faire au printemps, sera maintenue. Par exemple, celle qui sera faite entre avril et juin 2019 prendra en compte les revenus de 2018 et permettra à l’administration fiscale d’ajuster le taux d’imposition des contribuables à la rentrée.
Il existera donc toujours des décalages entre la situation réelle des Français et leur imposition. Le cas des services à domicile (jardinage, aide ménagère…) et les frais de garde d’enfant, qui ouvrent droit à des avantages fiscaux, l’illustre assez bien. Ces avantages ne seront pas pris en compte en temps réel dans la formule retenue : il faudra attendre l’été suivant une année donnée pour que l’administration fiscale prenne en compte ces sommes.
Par exemple, un ménage qui fait appel à une assistante maternelle agréée pour la garde d’un enfant en 2018 devra attendre l’été 2019 pour bénéficier du crédit d’impôt correspondant. Dans certaines situations, dont celle-ci, il est prévu qu’un acompte, c’est-à-dire une avance de 30 % du crédit d’impôts, soit versé au mois de janvier par le fisc pour combler en partie l’écart de trésorerie. Mais attention : celui-ci sera calculé sur les sommes versées deux ans plus tôt. Par exemple, en janvier 2019, l’acompte sera calculé sur les dépenses engagées en 2017 et il faudra attendre la fin de l’été pour que celles de 2018 soient prises en compte. Vous suivez ?
Si le prélèvement à la source est appliqué dans de nombreux pays, comme en Belgique, certains observateurs le considèrent inadapté au modèle français du fait de la nature de notre système, où l’impôt est calculé à l’échelle du foyer et surtout en prenant en compte une multitude de situations particulières.
2. La peur d’une incompréhension des contribuables
Partant de cette situation, la crainte du gouvernement est que la réforme soit mal comprise, et donc mal acceptée par les contribuables. C’est ce qu’a laissé entendre Emmanuel Macron lorsqu’il a déclaré, jeudi 30 août, avoir besoin « d’une série de réponses très précises et d’être sûr de ce que nos concitoyens vivront » lors de l’entrée en vigueur du nouveau système, « si on le met en place ».
Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a multiplié ces derniers mois les interventions médiatiques pour tenter d’expliquer la réforme et de déminer les craintes. Son ministère a multiplié les documents et les vidéos pour tenter d’apporter des réponses aux contribuables.
Reste que si le calendrier d’entrée en vigueur du prélèvement à la source est maintenu, les contribuables français verront du changement sur leur fiche de paie fin janvier 2018. Concrètement, leur salaire sera grevé du montant mensualisé de leur impôt tel qu’il a été estimé par l’administration fiscale.
Sauf que, malgré toutes les précautions prises par l’administration, cette estimation est toute relative. Selon la multitude de cas particuliers possibles, il pourra y avoir des écarts entre le montant demandé chaque mois en début d’année et l’impôt réellement dû. Cette différence sera régularisée grâce à la déclaration de revenus du printemps, mais il y a là matière à incompréhension, voire colère, le temps que les citoyens s’habituent au nouveau système.
Ceux qui paieront « trop » en janvier, par exemple, pourront ainsi penser que leur impôt a augmenté et s’estimer lésés par le gouvernement. Dans ce contexte, la tenue des élections européennes en mai 2019, quelques mois seulement après l’entrée en vigueur de la réforme, n’est peut-être pas étrangère aux réticences du chef de l’Etat.
3. Le risque d’un effet négatif pour la croissance
L’autre grande crainte du gouvernement serait de voir le prélèvement à la source brouiller les repères des contribuables en matière de revenus, en particuliers les 40 % de ménages qui ne sont pas mensualisés aujourd’hui. C’est-à-dire que le fait de recevoir une fiche de paie amputée du montant de l’impôt perturbe leurs habitudes et les incite à moins dépenser, par précaution. Si ce comportement était largement répandu, cela pourrait avoir des conséquences négatives sur l’activité économique – de quoi inquiéter après un été où l’économie française a ralenti (notamment les prévisions de croissance qui ont été revues à la baisse).

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                Les enjeux très politiques du prélèvement à la source



Jusqu’ici, le ministre Gérald Darmanin a balayé l’argument : « Chaque année, 3 à 4 milliards d’euros sont bloqués parce qu’une partie des 40 % de contribuables qui ne sont pas mensualisés a tendance à surépargner en prévision des impôts futurs. Cet argent va être débloqué », assurait-il au JDD en avril.
Au crédit du gouvernement, on peut aussi ajouter le fait que moins d’un foyer sur deux est redevable de l’impôt sur le revenu (44 % des ménages en 2016, selon le ministère de l’économie) et qu’au total 90 % des contribuables s’acquittent d’un impôt équivalent à 10 % de leurs revenus ou moins. Cela veut dire que les écarts entre le montant estimé au départ des impôts et la somme réelle devraient être limités à une faible fraction du revenu pour le commun des contribuables.
Il est aussi vrai qu’en théorie, le calendrier de paiement de l’impôt prélevé à la source est plus favorable à la trésorerie des ménages que la mensualisation et le paiement par tiers actuels. Prenons le cas fictif d’un foyer qui doit payer 1 000 euros d’impôts par an, en supposant que l’estimation de son impôt correspond à la réalité :
Avec la mensualisation actuelle, il doit payer 100 euros par mois, de janvier à octobre ;Avec le paiement par tiers actuel, il doit payer 333,33 euros en trois fois, au plus tard fin mars, fin juin et fin septembre ;Avec le prélèvement à la source, 83,33 euros lui seront prélevés chaque mois de janvier à décembre.
Cependant, les enjeux d’un tel phénomène sont aussi psychologiques et dépendent des conditions dans lesquelles l’entrée en vigueur du nouveau système se fera. Il est donc difficile d’en mesurer la portée aujourd’hui.
4. La crainte des bugs pour les contribuables et les entreprises
Le double défi de la réforme est qu’elle doit s’appliquer à tous les contribuables, et que ce seront de surcroît les entreprises qui géreront la collecte de l’impôt. Une responsabilité supplémentaire accueillie fraîchement par le patronat.
Dans ce contexte, de possibles bugs techniques auront vite fait de placer le gouvernement sous le feu des critiques. En témoignent les échecs de précédents projets de grande envergure comme celui du logiciel de paie des militaires (Louvois) ou la tentative avortée de créer un opérateur national de paie commun à l’ensemble des agents de l’Etat.
Là encore, Gérald Darmanin se veut rassurant. « Il n’y a aucun bug administratif ou informatique », a-t-il affirmé sur Europe 1 mercredi 29 août. « Nous avons reporté d’un an l’année dernière, nous avons travaillé à cette réforme, j’y travaille tous les jours, les entreprises se sont beaucoup préparées à ça », a-t-il ajouté.
Les propos tenus par Emmanuel Macron en Finlande laissent tout de même entendre qu’en cas de doutes, le gouvernement pourrait reporter le projet une nouvelle fois… ou l’abandonner.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ David Weill, dirigeant de l’équipementier automobile Faurecia, passe en revue, dans une tribune au « Monde », les usages possibles du temps libéré de la conduite automobile.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les véhicules autonomes vont modifier la valeur que nous attribuons au temps »

David Weill, dirigeant de l’équipementier automobile Faurecia, passe en revue, dans une tribune au « Monde », les usages possibles du temps libéré de la conduite automobile.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 15h00
    |

David Weill (Vice-président Stratégie de Faurecia Interiors)







                        



                                


                            
Tribune. L’avènement du véhicule autonome pourrait s’avérer aussi révolutionnaire que le passage du cheval à l’automobile. Les voyages à cheval s’étiraient au rythme d’itinéraires balisés, ponctués de haltes nocturnes dans des auberges et peuplés de forgerons et de palefreniers. En l’espace de quelques décennies, le transport motorisé a transformé la capacité des individus à se déplacer et favorisé l’émergence de nombreuses industries liées à la voiture – avec la mort concomitante des artisans de l’ancien monde. Nos paysages ruraux comme urbains furent transformés, nos déplacements libérés.
Libérés de l’obligation de conduire en permanence durant leurs déplacements, les usagers pourront reporter leur attention sur d’autres activités
La révolution engendrée par le véhicule autonome offre des promesses comparables : expériences de mobilité radicalement différente, temps libéré, accès à des horizons plus lointains. Ce véhicule présente en outre l’avantage de concerner plusieurs cercles de non-conducteurs – jeunes, personnes âgées ou à mobilité réduite.
Au-delà de l’industrie automobile, de nombreux fournisseurs de technologies et de services s’intéressent à la façon d’exploiter le potentiel offert en termes de nouveaux modes de vie et de consommation. Les véhicules autonomes vont en effet modifier la valeur que nous attribuons au temps. Libérés de l’obligation de conduire en permanence durant leurs déplacements, les usagers pourront reporter leur attention sur d’autres activités : travail, détente, communication, divertissement…

Ce temps libéré brouillera les frontières entre foyer, travail et loisirs. En profitera-t-on pour travailler plus, en préparant des documents sur des tables rabattables ou en passant des appels sur des écrans connectés ? Ou ce temps gagné sera-t-il mis à profit pour surfer sur Internet, faire des achats en ligne et se détendre dans un environnement plus personnalisé ? Ou les trois en même temps ?
Tirer...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Etienne X confie son appartement à une agence, qui le loue « de manière répétée, pour de courtes durées, à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile », sans avoir obtenu l’autorisation nécessaire de la ville de Paris.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Des altercations se sont produites en mer mardi entre pêcheurs normands et britanniques. Les marins français dénoncent une concurrence déloyale des Britanniques.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Dans un monde où un objet connecté peut écouter et obéir aux ordres donnés, ce mode d’interaction pourrait contaminer nos interactions humaines, observent les consultants Paul Grunelius et Lucie Marchais dans une tribune au « Monde ».
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« Notre rapport aux machines domestiques est un des enjeux majeurs des années à venir »

Dans un monde où un objet connecté peut écouter et obéir aux ordres donnés, ce mode d’interaction pourrait contaminer nos interactions humaines, observent les consultants Paul Grunelius et Lucie Marchais dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 14h00
    |

Paul Grunelius et Lucie Marchais (Consultants au cabinet de conseil Artefact)







                        



                                


                            
Tribune. Las Vegas, janvier 2018. Le Consumer Electronics Show (CES), grand-messe mondiale de l’innovation, est plongé dans son brouhaha habituel. Pourtant, nombre de voix au ton nasillard et à l’énonciation parfois heurtée se distinguent nettement. Emanant de voitures, réfrigérateurs ou même de toilettes, elles sont toutes l’incarnation d’un des phénomènes technologiques qui a le plus polarisé l’attention ces deux dernières années : la « voice technology ».
Preuve de l’engouement pour cette nouvelle façon d’interagir, un Américain sur cinq possède déjà une enceinte connectée
La voix s’intègre partout : dans les enceintes connectées bien sûr (Google Home ou Amazon Echo par exemple), mais aussi dans les smartphones et, de plus en plus, dans les objets de notre quotidien.
La maturité récente de cette technologie s’explique par les avancées majeures réalisées dans deux champs complémentaires : la reconnaissance vocale (capacité d’un ordinateur à identifier des mots et à les traduire en texte) et le traitement du langage naturel (compréhension du sens des mots et des phrases). Ce qui nous amène aujourd’hui à des taux d’erreur de reconnaissance vocale de seulement 5 %.
Son utilité ? Libérer les utilisateurs des écrans et leur permettre de naviguer au moyen de la simple parole. Preuve de l’engouement pour cette nouvelle façon d’interagir, un Américain sur cinq possède déjà une enceinte connectée et, plus impressionnant encore, la moitié des recherches en ligne devraient être faites par la voix en 2020.
Impact direct
Si l’impact économique et marketing de cette innovation est connu et bien documenté, celui, plus intime, sur la manière dont elle pourrait modifier en profondeur notre façon de nous exprimer et d’interagir avec autrui reste largement à explorer.
 Marshall McLuhan (1911-1980), pionnier canadien de l’étude des médias
 Marshall...




                        

                        


<article-nb="2018/08/31/18-7">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Manipulations génétiques, transhumanisme, nanotechnologies, généralisation d’Internet…  L’innovateur doit réfléchir aux impacts des avancées technologiques sur nos modes de vie avant  de commercialiser ses produits, recommande  Xavier Pavie, philosophe et professeur à l’Essec.
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« Il est urgent  que la philosophie questionne l’innovation »

Manipulations génétiques, transhumanisme, nanotechnologies, généralisation d’Internet…  L’innovateur doit réfléchir aux impacts des avancées technologiques sur nos modes de vie avant  de commercialiser ses produits, recommande  Xavier Pavie, philosophe et professeur à l’Essec.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h43
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Professeur à l’Essec Business School, Xavier Pavie est également chercheur associé à l’Institut de recherches philosophiques (IRePH) de l’université ­Paris-Nanterre. C’est sous cette double casquette qu’il publie L’Innovation à l’épreuve de la philosophie (PUF, 400 p., 22 euros), dans lequel il préconise le recours aux exercices spirituels issus de la philosophie antique pour promouvoir une innovation « responsable ».
Pourquoi estimez-vous urgent de soumettre l’innovation à l’épreuve de la philosophie ?
Parce que les innovations récentes auront des conséquences peut-être irréversibles, il est urgent de les questionner, et il n’y a pas de discipline plus pertinente que la philosophie pour cela. Les bonnes voies de la philosophie – les voies vers la sagesse, la maîtrise des passions, la mesure et la ­tempérance – peuvent nous conduire vers un avenir humainement durable en termes d’innovation.
De quelles innovations parlez-vous ?
Aussi bien des manipulations génétiques que des promesses du transhumanisme, des nanotechnologies ou de la généralisation d’Internet. Ces avancées nous ont donné des pouvoirs nouveaux depuis un demi-siècle, car l’humanité s’est libérée de deux contraintes majeures.
La première, technique et scientifique, a été levée par la convergence de ce que l’on appelle les NBIC [pour « nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives »], qui nous donne désormais la capacité d’augmenter la condition humaine. La seconde contrainte, d’ordre moral, était jusqu’alors maintenue par les institutions, notamment religieuses : il était condamnable de chercher à modifier l’humain et la nature. Or, même si les voix des Eglises n’ont pas disparu, elles ne sont plus audibles sur ce sujet auprès des scientifiques.
Par ailleurs, l’innovation se joue désormais, pour l’essentiel, dans un monde libéral : elle est avant tout considérée comme une perspective de...




                        

                        


<article-nb="2018/08/31/18-8">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Désormais, les personnes ou organisations payant pour diffuser des messages sur des sujets sociétaux comme l’avortement, le climat ou les armes devront prouver qu’elles sont américaines.
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Twitter renforce l’encadrement des publicités politiques aux Etats-Unis

Désormais, les personnes ou organisations payant pour diffuser des messages sur des sujets sociétaux comme l’avortement, le climat ou les armes devront prouver qu’elles sont américaines.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 12h17
   





                        



   


Les grandes plateformes du Web continuent de multiplier les annonces pour éviter que des entités étrangères ne les utilisent afin de tenter de manipuler l’opinion publique américaine. Jeudi 30 août, Twitter a donné de nouvelles règles concernant la diffusion de publicités sur sa plateforme, à travers ses tweets sponsorisés.
Le nouveau règlement, qui ne s’appliquera qu’aux Etats-Unis à partir du 30 septembre, concerne tous les messages sponsorisés faisant référence à une élection ou un candidat, mais aussi ceux se positionnant sur des « questions législatives d’importance nationale », écrit Twitter sur son blog. Le réseau social évoque par exemple « l’avortement, les droits civiques, le changement climatique, les armes, le système de santé, l’immigration, la sécurité nationale, la sécurité sociale, les impôts et le commerce ».
Vérification d’identité
A l’exception faite des médias américains, qui pourront, sous certaines conditions, sponsoriser des tweets de cette catégorie, les personnes ou organisations souhaitant payer pour rendre visibles sur Twitter ce type de message devront passer par un « processus de certification », afin que leur identité soit vérifiée, ainsi que leur localisation – elles devront être situées aux Etats-Unis.
Ces messages sponsorisés seront accompagnés d’une courte explication mentionnant la personne ou l’organisme ayant payé pour les mettre en avant, « afin que les internautes puissent clairement voir qui en fait la promotion ». Enfin, ils seront ajoutés au Ads Transparency Center de Twitter, qui référence les tweets sponsorisés politiques et permet aux internautes de regarder qui en est à l’origine, les sommes dépensées et les publics ciblés.
Si la question des messages sponsorisés rend les réseaux sociaux fébriles, c’est qu’ils ont, selon ces derniers, été utilisés par la Russie pour diffuser des messages visant à diviser la société américaine, en instrumentalisant notamment des débats centraux aux Etats-Unis comme le port d’armes.

        Lire aussi :
         

                Election américaine : 1,4 million d’utilisateurs de Twitter confrontés à la propagande russe



Le cofondateur de Twitter, Jack Dorsey, sera d’ailleurs entendu la semaine prochaine par le Sénat américain, aux côtés de la numéro deux de Facebook, Sheryl Sandberg, à propos des tentatives d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016.

        Lire aussi :
         

                Harcèlement, incitation à la haine : Twitter promet, à nouveau, des « changements structurels »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Stimulées par la demande des jeunes consommateurs chinois, les grandes marques investissent de nouveau, notamment les groupes français, qui dominent le secteur.
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La Chine redevient l’eldorado du luxe

Stimulées par la demande des jeunes consommateurs chinois, les grandes marques investissent de nouveau, notamment les groupes français, qui dominent le secteur.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 12h03
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Hang Lung Plaza, rue de Nankin, au cœur de Shanghaï. Le centre commercial à la vaste façade de verre accueille les plus grandes marques de luxe. En cette fin août, on y croise trois jeunes, à peine vingt ans, couverts d’articles tous plus tape-à-l’œil les uns que les autres : baskets Balenciaga aux pieds, pantalon multicolore signé Prada, sweat-shirt rose barré de grandes lettres LV, et diamant à l’oreille. Ces clichés du « fu er dai », (« riche de seconde génération »), ou fils à papa, n’hésitent pas quand on leur demande pourquoi ils aiment les produits de luxe : « Parce que c’est cher ! », sourit l’un d’eux.

Les jeunes Chinois raffolent des marques de luxe, et c’est une bonne nouvelle pour les grands groupes français, qui dominent le secteur. Après quelques années de vache maigre, conséquence de la campagne de lutte contre la corruption menée par le président Xi Jinping, la croissance a repris de la vigueur ces deux dernières années. 2018 a même commencé très fort, avec une hausse des ventes estimée entre 15 % et 20 % au premier semestre, d’après l’entreprise d’études McKinsey.
« Une très forte classe moyenne supérieure »
A tel point que les Chinois achètent aujourd’hui 32 % des produits de luxe dans le monde, d’après une étude de Bain & Co. Kering, propriétaire de Gucci et d’Yves Saint-Laurent, LVMH (Louis Vuitton, Dior, Chaumet…) et Hermès, qui affichent tous des bons résultats cette année, dépendent de plus en plus des jeunes acheteurs de l’empire du Milieu. Si ces groupes ne détaillent pas leurs volumes de ventes par zones géographiques, pour certaines marques, les clients chinois représentent jusqu’à 50 % des ventes, d’après un acteur du secteur.
« En Chine émerge une très forte classe moyenne supérieure. [Dont les jeunes] n’hésitent absolument pas à acheter des marques de luxe », expliquait récemment Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal, lors d’une conférence téléphonique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ La direction d’Air France-KLM, qui attend l’officialisation, le 30 septembre, de la nomination de Ben Smith au poste de directeur général, demande de la patience.
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Air France : les syndicats menacent d’une reprise du conflit

La direction d’Air France-KLM, qui attend l’officialisation, le 30 septembre, de la nomination de Ben Smith au poste de directeur général, demande de la patience.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h33
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


Durcir le ton, et espérer, enfin, obtenir une augmentation des salaires. Jeudi 30 août, l’intersyndicale d’Air France a lu lors du comité central d’entreprise de la compagnie nationale une déclaration au vitriol contre la direction, mais de négociation, il n’y en a toujours pas. Et pour cause : l’arrivée effective aux manettes de l’entreprise de Ben Smith, le nouveau directeur général d’Air France-KLM, n’est prévue que le 30 septembre.
Jusqu’à présent, la direction n’a pas obtenu le feu vert du conseil d’administration pour négocier avec l’intersyndicale. Les neuf syndicats déplorent que « l’annonce faite le 16 août dernier de l’arrivée de M. Benjamin Smith au poste de directeur général d’AF-KLM n’ait absolument pas réglé la question du rattrapage de [leurs] salaires bloqués de 2012 à 2017 ».
Les syndicats soulignent que, même dans l’attente du nouveau directeur général, KLM a poursuivi les négociations avec ses pilotes.
Ils soulignent en revanche que cela n’a pas empêché KLM de poursuivre ses négociations salariales avec les pilotes de la compagnie néerlandaise. De même, le conseil d’administration n’a pas hésité à revoir à la hausse la rémunération du nouveau dirigeant d’Air France-KLM, à près de 4,25 millions d’euros, et de celui d’Anne-Marie Couderc, la présidente non exécutive du groupe. Bref, pestent les syndicats, « la question des salaires a trouvé une réponse rapide pour la direction générale d’AF-KLM, mais toujours pas pour les personnels d’Air France ».
Après la réunion, Karine Monségu, de la CGT-Air France, estimait que la direction d’Air France « se moqu[ait] » d’eux. Elle exige, comme les autres syndicats, la revalorisation de 5,1 % des salaires de l’ensemble des salariés de l’entreprise pour la seule année 2018, afin de gommer l’inflation subie sur la période 2012-2017.
Intersyndicale le 7 septembre
A défaut de l’ouverture de négociations, l’intersyndicale menace d’« un fort durcissement du conflit », sans en préciser la nature. « Ce sera détaillé dans les prochains jours », assure l’élue de la CGT. Une nouvelle réunion de l’intersyndicale est prévue le 7 septembre. 
Au sein de la compagnie, le nouveau patron canadien serait déjà à pied d’œuvre, à Paris, selon plusieurs sources, ce que réfute cependant Air France. « Il n’a toujours pas d’adresse ici, il faut encore attendre quelques semaines. » Il a en revanche obtenu pour mission « de traiter la question salariale et d’aller, peut-être, plus loin dans la redistribution des salaires », indique Laurent Le Gall (CFTC) à l’AFP.
Ben Smith va devoir surtout revoir son état-major. Franck Terner, directeur général d’Air France, et Gilles Gateau, le directeur général adjoint aux ressources humaines, sont annoncés sur le départ. « Pour l’instant, ils sont encore à leur poste », assure-t-on chez Air France. Cependant, note un proche de l’entreprise, « il faudra bien sacrifier des têtes pour repartir sur de nouvelles bases avec les syndicats, pour gagner un peu de répit ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Reçus à Matignon, le patronat comme les syndicats ont affiché des positions difficilement conciliables, notamment sur la lutte contre le recours aux contrats courts.
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Réforme de l’assurance-chômage : les lignes rouges des partenaires sociaux

Reçus à Matignon, le patronat comme les syndicats ont affiché des positions difficilement conciliables, notamment sur la lutte contre le recours aux contrats courts.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h29
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



                                


                            

Deux jours après le début des rendez-vous entre les partenaires sociaux et le premier ministre, Edouard Philippe, difficile d’y voir plus clair dans les intentions de l’exécutif. Depuis mercredi 29 août, organisations syndicales et patronales sont en effet reçues en tête à tête à Matignon pour discuter principalement de deux sujets qu’Emmanuel Macron a souhaité voir traités dans les prochains mois : l’assurance-chômage et la santé au travail.
C’est surtout l’occasion pour chacun des invités de réaffirmer ses lignes rouges. Autant de positions qui semblent, pour l’heure, difficilement conciliables. Le nouveau président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, en a pointé deux, jeudi, après sa rencontre avec le chef du gouvernement, qui était accompagné de la ministre du travail, Muriel Pénicaud, et de sa collègue des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn. A sa sortie, le successeur de Pierre Gattaz a rappelé son « opposition totale » à l’idée d’un financement des arrêts maladie de courte durée par les entreprises envisagé cet été par l’exécutif, même si, dimanche, Edouard Philippe avait écarté « l’hypothèse d’une mesure brutale de transfert vers les entreprises ».
Sur l’assurance-chômage, la méthode et le calendrier ont été confirmés : après une phase de diagnostic, une lettre de cadrage doit être élaborée par le gouvernement et envoyée aux partenaires sociaux avant fin septembre. Ces derniers auront alors jusqu’en janvier 2019 pour tenter de se mettre d’accord. Parmi les sujets qui devraient être abordés, celui de la « permittence », c’est-à-dire l’alternance de petits boulots et de périodes d’inactivité, qui serait encouragée par les règles de l’assurance-chômage. Mais aussi celui du bonus-malus qui viserait à pénaliser les entreprises qui abusent de contrats courts. M. Roux de Bézieux a redit tout le mal qu’il pensait de cette idée. Et ce « quels qu’en soient les paramètres, non pas pour des raisons dogmatiques ou idéologiques »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Le chercheur en communication Charles Cuvelliez pointe la crédulité des humains face aux affirmations de l’intelligence artificielle dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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« Voici venu le temps des manipulations robotiques »

Le chercheur en communication Charles Cuvelliez pointe la crédulité des humains face aux affirmations de l’intelligence artificielle dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h27
    |

                            Charles Cuvelliez (Professeur à l’Ecole polytechnique de l'université libre de Bruxelles/ULB)








                        



                                


                            

Tribune. La propension à agir comme tout le monde est un trait de comportement analysé depuis les années 1950 et nommé « syndrome de conformité » dans les expériences du psychologue Solomon Asch (1907-1996). En présence d’une majorité favorable à une opinion, même dont il sait qu’elle est de toute évidence fausse, le cobaye d’Asch a tendance à la suivre.
Un groupe de chercheurs a eu la bonne idée de répéter cette expérience avec des robots humanoïdes conçus pour interagir avec des humains (« Children conform, adults resist : A robot group induced peer pressure on normative social conformity », Anna-Lisa Vollmer, Robin Read, Dries Trippas et Tony Belpaeme, Science Robotics, n° 3/21, août 2018). Car demain, nos interactions n’auront plus uniquement lieu avec nos semblables, mais aussi avec des robots, des enceintes connectées ou des chatbots.

Il sera facile de programmer ces robots pour émettre des opinions semblables en vue de nous influencer. Après les manipulations sur Internet, voici venu le temps des manipulations robotiques. On n’en sortira donc jamais ?
Des gadgets
Les résultats de l’expérience ont de quoi faire peur : si les adultes ne sont pas influençables par les robots, les enfants, en revanche, le sont ! L’expérience a d’abord consisté à présenter à cinquante Britanniques âgés de 18 à 69 ans, en présence des petits robots Nao, une barre d’une longueur donnée comparée à trois barres de longueurs différentes et à demander laquelle des trois a une longueur égale à la première.
Les trois robots Nao avaient été programmés pour donner une réponse fausse. Les cinquante adultes ne furent jamais influencés par cette réponse. Cependant, comme dans l’expérience d’Asch, si ces trois robots sont trois complices en chair en os, les adultes sont bel et bien influencés. La différence est logique : les cinquante adultes ne voient pas ces robots comme une source d’autorité.

La même...




                        

                        


<article-nb="2018/08/31/18-13">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le licenciement de Guillaume Dubois, ex-dirigeant de BFM-TV et fidèle d’Alain Weil, est symbolique des difficultés du pôle presse du groupe de Patrick Drahi.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Le directeur de « L’Express », Guillaume Dubois, renvoyé par Altice

Le licenciement de Guillaume Dubois, ex-dirigeant de BFM-TV et fidèle d’Alain Weil, est symbolique des difficultés du pôle presse du groupe de Patrick Drahi.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 16h16
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



   


L’Express perd sa tête : son directeur, Guillaume Dubois, est débarqué par la maison mère de l’hebdomadaire, Altice-SFR, a annoncé le quotidien Les Echos, vendredi 31 août. Selon une source interne, cette annonce aurait été faite au dirigeant puis à ses adjoints dès juillet, soit moins de trois mois après une relance du titre centrée sur une formule numérique payante. Les résultats étaient jugés décevants, mais les membres de la rédaction se disent « consternés » par la situation et le timing de ce renvoi : ils dénoncent « un débarquement décidé dans la précipitation et l’impréparation puisque l’actionnaire n’a pas encore choisi son successeur », dans un communiqué de la société des journalistes.
Ce licenciement, pas encore officiel, peut surprendre car Guillaume Dubois était un proche d’Alain Weill, le fondateur du groupe NextRadioTV et PDG d’Altice Média. Le journaliste a été pendant dix ans un des dirigeants de BFM-TV, le navire amiral du groupe.
Après la vente de NextRadioTV au groupe de télécommunications de Patrick Drahi, et le rachat du groupe L’Express par ce dernier, M. Dubois a été envoyé par Altice pour redresser l’hebdomadaire, en 2016. Il succédait au patron historique, Christophe Barbier, au profil beaucoup plus éditorialiste. MM. Weill et Drahi n’hésitent pourtant pas aujourd’hui à s’en séparer.
« En juillet 2017, il affirmait aux équipes disposer de trois ans pour réussir la transformation du journal, ironise la société des journalistes. Et Alain Weill, PDG d’Altice France, lui témoignait toute sa confiance en décembre 2017. »
M. Dubois paye les difficultés de L’Express. Sa nouvelle formule numérique, alimentée par les rédactions du journal papier et du site Web, fusionnées, n’a pas pour l’heure provoqué le sursaut espéré.
Son principe est de réduire la couverture de l’actualité chaude en ligne pour se concentrer sur les contenus à valeur ajoutée, afin de générer des abonnements. Mais ces derniers n’affluent pas et l’audience du site gratuit a fortement chuté : elle est passée de 12,643 millions de visiteurs uniques mensuels en janvier à 9,176 millions en juin, selon les chiffres de Médiamétrie cités par Les Echos.
Mauvaise surprise pour la rédaction
Dans un marché difficile pour les hebdomadaires et la presse papier en général, les ventes de L’Express étaient de 243 965 exemplaires en mars (dont 21 800 en kiosques), soit 7,71 % de baisse sur un an. Seul le kiosque numérique créé par l’opérateur télécom SFR avait apporté un peu d’oxygène.

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                « L’Express », « L’Obs », « Marianne », « Valeurs Actuelles »... Les « hebdos » à la peine pour se relancer



Au sein de la rédaction, le coup est dur. Les journalistes s’étaient étonnés que Guillaume Dubois ne prenne pas la parole depuis son retour de vacances, vers le 20 août, alors que la rentrée était délicate pour le titre – et qu’il avait connaissance de son licenciement à venir. Sa mise à l’écart est vécue comme une mauvaise surprise, car la nouvelle formule a demandé beaucoup de réorganisation et de mobilisation en interne et que cette réforme est encore très récente.
« Monsieur Drahi, que voulez-vous faire de L’Express ? », interpelle la SDJ, qui regrette « des errements stratégiques », « un fonctionnement low-cost » et « un management incompréhensible ». « L’ambition annoncée de faire de L’Express le numéro 1 de son marché s’est limitée à des mots », écrivent les journalistes.
Plus largement, le limogeage de M. Dubois symbolise les difficultés du groupe de Patrick Drahi à relancer efficacement son pôle de presse écrite. Libération a aussi vu un dirigeant important, Johan Hufnagel, partir fonder un autre média, Loopsider. En juin, le quotidien racheté en 2015 vendait 66 197 exemplaires, dont 16 000 en kiosques. Pour tenter de rebondir, Libération met en place le même genre de formule numérique que L’Express. Les titres avaient subi, après leur rachat, d’importants plans de départs de salariés.
En juin, le groupe de Patrick Drahi a annoncé qu’il vendait ses titres qui ne relevaient pas de l’information politique et générale : Mieux vivre votre argent, La Lettre de L’Expansion, Côté sud, Côté est, Côté ouest, Lire, Classica, Pianiste, Studio ciné live, Job rencontres, Salon du travail. La partie presse écrite du groupe de médias constitué par Patrick Drahi connaît une évolution plus difficile que sa partie audiovisuelle : le groupe NextRadioTV (BFM-TV, RMC, etc.) a continué d’avoir des bons résultats depuis son rachat, même si l’aventure dans le sport et le football reste à convertir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ La CGT lance une mobilisation pour le 18 septembre, SUD consulte sa base, l’UNSA et la CFDT en refusent le principe. La direction, elle, veut montrer que le groupe public passe à la mise en application du « nouveau pacte ferroviaire ».
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SNCF : l’intersyndicale se fracture sur la grève

La CGT lance une mobilisation pour le 18 septembre, SUD consulte sa base, l’UNSA et la CFDT en refusent le principe. La direction, elle, veut montrer que le groupe public passe à la mise en application du « nouveau pacte ferroviaire ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h00
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

« Vous reprendrez bien un rab de conflit social ? » C’est, en substance, ce qu’a proposé la CGT aux trois autres syndicats représentatifs de la SNCF, réunis en intersyndicale jeudi 30 août pour la première fois depuis la grande grève cheminote de plus de trois mois contre la réforme voulue par le gouvernement. Un mouvement qui n’avait pu empêcher que soit promulguée, le 27 juin, la loi « pour un nouveau pacte ferroviaire ».
« La CGT a proposé une journée de mobilisation le 18 septembre, cette proposition sera soumise à la consultation de nos structures régionales en début de semaine prochaine », a indiqué à l’AFP Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD-Rail. De leur côté, l’UNSA et la CFDT, les syndicats dits réformistes, ont refusé le principe d’une nouvelle grève lors de cette réunion.

« On n’a pas réussi à trouver d’accord pour une action, a confirmé Roger Dillenseger, secrétaire général de l’UNSA-Ferroviaire. Nous donnons priorité à la négociation. » La négociation en question est celle qui va démarrer mardi 18 septembre, d’où la date choisie pour cette nouvelle grève. Elle réunira le patronat du secteur et les représentants syndicaux de la branche ferroviaire (les quatre syndicats déjà cités plus Force ouvrière). Il s’agit de définir les nouvelles conditions d’embauche pour les futurs travailleurs du rail – qui ne seront plus embauchés au statut à partir de 2020 – et de préciser les critères de transfert des personnels dans le cadre de l’ouverture du transport ferroviaire à la concurrence.
« La CGT est en campagne électorale »
La désunion syndicale entérine les divergences de fond qui existent entre des syndicats réformistes qui, ayant admis que la réforme se ferait, veulent se concentrer sur le fond des sujets en négociation et les organisations plus radicales, qui souhaitent politiser le débat et n’ont pas totalement renoncé à faire abroger, au moins en partie, la loi.
Changement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Pour parer à la menace d’Ebola, de Marburg ou encore de Lassa, l’armée ouvrira, fin 2019, un laboratoire de recherche de haute sécurité à Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne.
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Les militaires préparent leur riposte contre les virus émergents

Pour parer à la menace d’Ebola, de Marburg ou encore de Lassa, l’armée ouvrira, fin 2019, un laboratoire de recherche de haute sécurité à Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h52
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

Pour abriter les virus les plus mortels de la planète, l’armée française a son écrin : deux élégants bâtiments ocre et gris, percés de meurtrières transparentes, dont le reflet colore les eaux d’un bassin. Cet îlot contemporain, inauguré en 2016, a été aménagé au cœur de la base militaire de Brétigny-sur-Orge, où l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) a regroupé la quasi-totalité de ses activités il y a quelques années. Ses murs abritent un laboratoire de haute sécurité (P-4 dans le jargon), où les militaires pourront dès la fin de l’année 2019 manipuler les pathogènes les plus dangereux : Ebola, Marburg, ou encore Lassa.

Depuis l’envoi, en 2001 aux Etats-Unis, de lettres piégées à l’anthrax, le risque biologique est dans la ligne de mire de l’armée, tout comme le risque nucléaire, radiologique et chimique (NRBC). L’épidémie d’Ebola, qui avait fait 11 300 morts en Afrique de l’Ouest (Guinée, Sierra Leone et Liberia) entre 2014 et 2016, et celle en cours en République démocratique du Congo (RDC), ont aussi rendu plus concrète la menace. « Nos troupes peuvent être exposées à des épidémies. Et Ebola fait partie, parmi d’autres, des virus qui auraient pu être militarisés ou qui pourraient l’être », souligne le pharmacien chef des services, Frédéric Dorandeu, chef de la division défense NRBC. Pendant la guerre froide, l’ex-URSS avait ainsi développé un programme pour transformer des virus en armes biologiques. « La recherche, c’est éviter la surprise stratégique », ajoute-t-il

Dans les couloirs du bâtiment encore désert, un alignement de mannequins en tenue de protection verte, blanche, jaune et orange pose le décor. L’accès au P-4 se fait par une lourde porte orange, scellée par un joint rempli d’air comprimé. A l’intérieur, l’atmosphère n’est troublée que par le ronronnement des souffleries qui maintiennent une pression négative dans le laboratoire, pour éviter toute...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ La Banque centrale a relevé en urgence son taux directeur à 60 %. Victime de la hausse du dollar, le pays a demandé l’aide du FMI. La bonne santé américaine fait plonger nombre de pays émergents dans la crise monétaire, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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Crise argentine : « Nous quittons les eaux calmes de la convergence monétaire »

La Banque centrale a relevé en urgence son taux directeur à 60 %. Victime de la hausse du dollar, le pays a demandé l’aide du FMI. La bonne santé américaine fait plonger nombre de pays émergents dans la crise monétaire, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 11h30
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chroniques « Pertes & profits ». En Argentine, on boit du maté, on aime le tango et les psychanalystes, mais l’on se méfie du peso. Cette monnaie si traîtresse qu’elle plonge régulièrement le pays dans le chaos. 1989, 2001, 2018… Le même scénario se répète : crise financière, inflation, effondrement de la devise, troubles ­sociaux et politiques… Il a suffi d’une courte intervention du président Mauricio Macri sur YouTube, mercredi 29 août, pour mettre de nouveau le feu aux poudres.
En dévoilant qu’il avait demandé au Fonds monétaire international (FMI) d’accélérer l’octroi de son prêt de 50 milliards de dollars (43 milliards d’euros), sans en préciser les raisons, il a déclenché la panique chez les investisseurs. Le peso s’est effondré, conduisant la banque centrale à relever jeudi son taux directeur à… 60 %. Quinze points de pourcentage d’un coup, alors qu’une toute petite hausse d’un quart de point des taux américains par la Réserve fédérale (Fed) est considérée comme un événement majeur.

Avec de tels taux, la machine à récession est lancée à toute vapeur. Le scénario de 2001, qui avait vu le pays faire défaut sur sa dette, refait surface. D’autant que les élections générales qui se profilent en octobre 2019 promettent d’ajouter de l’huile sur le feu. Pourtant, l’économie argentine – la troisième d’Amérique latine – ne se porte pas si mal. Elle a vu son PIB croître de 2,9 % en 2017, un score qui ferait rougir de plaisir n’importe quel président français. Le déficit budgétaire est relativement contenu et la dette ­représente la moitié du PIB, bien moins que la France.
Perte de confiance des investisseurs
Mais c’est compter sans ce maudit peso. Les investisseurs internationaux, qui financent la dette argentine, ne lui font plus confiance. Ils prêtent donc en dollars. Or, depuis le début de l’année, deux événements majeurs se sont produits aux Etats-Unis. La réforme fiscale extrêmement généreuse mise en place par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Une douzaine d’entreprises voulaient se lancer sur le marché. Seules deux ont obtenu un permis.
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San Francisco fait le ménage dans les trottinettes et scooters électriques en libre-service

Une douzaine d’entreprises voulaient se lancer sur le marché. Seules deux ont obtenu un permis.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 10h47
   





                        



   


La mairie de San Francisco a mis un coup d’arrêt, jeudi 30 août, au développement anarchique de ce qu’un nombre croissant d’habitants de la ville considéraient comme un fléau : les services de trottinettes et de scooters électriques en libre-service. En moins d’un mois, le régulateur des transports de la zone urbaine de San Francisco a reçu près de 2 000 plaintes. Trottinettes abandonnées n’importe où, utilisateurs sans casque, « trottineurs » envahissant les trottoirs… Seules deux entreprises pourront désormais proposer ces véhicules en libre-service.
Mais plus que les trottinettes elles-mêmes, c’est la manière dont plusieurs start-up avaient choisi de « disrupter » les transports dans la ville-phare des nouvelles technologies qui posait problème. Plusieurs entreprises s’étaient en effet lancées sur ce créneau sans demander d’autorisation, en disposant simplement des trottinettes un peu partout en ville. A quelques semaines d’intervalle, trois entreprises, Bird, LimeBike et Spin se sont ainsi lancées, déclenchant instantanément un conflit majeur avec la municipalité.
« Bande d’enfants gâtés »
Au cours des premiers jours de mise en service, en avril, la mairie a ainsi envoyé 66 véhicules en stationnement gênant à la fourrière. L’élu Aaron Peskin, très remonté contre ces entreprises, avait qualifié leurs dirigeants de « bande d’enfants gâtés ». « Ils ont déversé des milliers de ces véhicules dans les rues, avec la vieille habitude de demander le pardon plutôt que l’autorisation, avait-il déclaré. San Francisco a appris des expériences d’Airbnb et d’Uber qu’il faut que nous soyons dans les discussions dès le début, pas une fois le fait accompli. »
Ces lancements chaotiques n’avaient pas empêché une foule d’autres start-up de se lancer. En mai, lorsque la ville avait annoncé qu’un permis serait désormais obligatoire pour proposer ce type de services, pas moins de douze entreprises ont postulé, dont des filiales de Lyft et d’Uber. Mais ni les filiales des plus grandes entreprises, ni les premières à s’être lancées n’ont obtenu le précieux sésame : seules Skip, une entreprise qui s’est lancée dans plusieurs grandes villes mais a systématiquement demandé l’autorisation des municipalités avant de le faire, et Scoot, une entreprise de location plus classique, ont obtenu un permis.
Bird et Lime se sont également lancés cet été à Paris. L’accueil de la mairie de la capitale a été plus enthousiaste qu’à San Francisco. « Nous accueillons positivement ce nouveau service, c’est dans l’air du temps », a déclaré Christophe Najdovski, l’adjoint à la maire chargé des transports.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Une nouvelle étape dans la stratégie de diversification engagée par le groupe d’Atlanta, confronté à la décrue de la consommation de soda.
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Coca-Cola s’empare des cafés Costa

Une nouvelle étape dans la stratégie de diversification engagée par le groupe d’Atlanta, confronté à la décrue de la consommation de soda.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 10h26
    |

            Laurence Girard








                        



   


Coca-Cola souffle maintenant le chaud et le froid. Après avoir garni son frigo de sodas, eaux, thés glacés, jus de fruits et autres déclinaisons de boissons fraîches, il s’installe derrière la machine à café. Le géant d’Atlanta a, en effet, annoncé vendredi 31 août l’acquisition de la chaîne de cafés Costa, pour la somme rondelette de 3,9 milliards de livres sterling (4,3 milliards d’euros). En s’emparant de cette entreprise créée à Londres en 1971, Coca-Cola s’offre une marque de café à vocation mondiale.

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                Le duel entre Coca et Pepsi passe du soda à l’eau



Cette opération marque une nouvelle étape dans la stratégie de diversification engagée par le leader mondial des colas. Une stratégie qui s’accélère depuis l’arrivée aux manettes, il y a quasiment un an, de James Quincey.
Deux jours plus tôt, Coca-Cola avait d’ailleurs dévoilé l’achat d’une marque de boissons tendance aux Etats-Unis, le soda Moxie. Et mi-août, il a pris une participation minoritaire dans le spécialiste des boissons énergisantes, BodyArmor.
Le soda, symbole de la malbouffe
Confrontée à la décrue de la consommation des colas, symbole de la malbouffe, l’entreprise d’Atlanta tente de répondre aux attentes de ses clients soucieux de boire plus sain ou différent. D’où ses prises de position fortes sur le marché des eaux, des thés glacés, voire même du lait.
Par ses acquisitions, Coca-Cola tente de répondre aux attentes de clients soucieux de boire plus sain ou différent.
Une stratégie qui commence à porter ses fruits. Sur l’exercice 2017, Coca-Cola a affiché un chiffre d’affaires de 35,4 milliards de dollars (30 milliards d’euros). En recul de 15 %, du fait de la cession d’activités d’embouteillage, mais en progression de 3 % à taux de change et périmètre constants.
Mais la concurrence, elle aussi, accélère le pas. Et de nouveaux acteurs bousculent le jeu. A l’exemple du fonds d’investissement JAB de la famille allemande Reimann. Fondatrice du groupe Benckiser, devenu Reckitt Benckiser, actionnaire du groupe de cosmétiques Coty, elle a débuté une guerre-éclair dans l’agroalimentaire en 2012. Avec son bras armé, JAB, elle s’est bâti très vite un empire du café. En achetant des chaînes comme Peet’s Coffee & Tea, Caribou Coffee ou Panera et en créant Jacobs Douwe Egberts (JDE), numéro un mondial du café en volume. Le numéro un en valeur restant Nestlé.
JAB a augmenté encore la pression sur le numéro un mondial de l’agroalimentaire en jetant son dévolu sur Keurig Green Mountain, le spécialiste américain du café en dosettes, concurrent direct de Nespresso. Nestlé a répliqué en nouant une alliance avec la chaîne américaine Starbucks pour commercialiser le café sous cette marque dans le monde.
Sur le terrain de son nouveau rival
Poursuivant l’offensive, JAB s’est aussi invité dans le duel entre Coca-Cola et PepsiCo. En janvier il s’est emparé de l’entreprise américaine Dr Pepper Snapple Group, numéro trois des sodas outre-atlantique, derrière les deux grands rivaux. Une attaque qui ne pouvait laisser Coca-Cola indifférent. Avec l’acquisition de Costa, il s’invite sur le terrain de son nouveau rival. « Les boissons chaudes étaient l’un des rares segments du paysage des boissons où Coca-Cola ne possédait pas de marque globale », a déclaré M. Quincey, cité dans un communiqué.
La firme d’Atlanta a profité de la volonté du groupe d’hôtellerie et de restauration Whitbread de céder Costa. Une chaîne qui possède 2 400 points de vente en Grande-Bretagne et 1 400 autres répartis dans le monde, sans oublier un parc de 8 000 machines à café installé dans des supermarchés ou des stations-service. Par le biais de cette acquisition, Coca-Cola s’offre également une expertise dans l’approvisionnement du café. Et s’apprête à croiser le fer avec JAB, Starbucks ou Nestlé sur un marché en croissance, mais en pleine ébullition.

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                PepsiCo s’offre Sodastream, le fabricant de machines à gazéifier l’eau



A noter que son grand rival PepsiCo, tout autant soucieux de se diversifier, a, lui, dévoilé son nouveau pari, il y a à peine dix jours. Il a misé 3,2 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) pour prendre le contrôle de la société israélienne SodaStream, fabricant de machines à gazéifier l’eau à domicile.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Dans sa chronique mensuelle, le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel revient sur un rapport de l’agence de notation Fitch qui alerte sur l’existence d’une lacune dans l’évaluation financière des entreprises.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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« De nombreuses entreprises ont accumulé une masse de dettes “invisibles” »

Dans sa chronique mensuelle, le professeur en sciences de gestion Armand Hatchuel revient sur un rapport de l’agence de notation Fitch qui alerte sur l’existence d’une lacune dans l’évaluation financière des entreprises.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h11
    |

Armand Hatchuel (Professeur à Mines ParisTech/université PSL)







                        



                                


                            
Entreprises. L’agence de notation Fitch a récemment alerté sur l’existence d’une lacune dans l’évaluation financière des entreprises (« What Investors Want to Know : Supply Chain Finance », 27 juillet). Cette lacune s’aggraverait avec l’usage croissant du reverse factoring (« affacturage inversé ») : cette technique financière de paiement des fournisseurs engendrerait des dettes masquées par les règles comptables en usage.
Contrairement aux particuliers, les entreprises payent leurs fournisseurs bien après avoir été livrées
Le rapport de Fitch n’a pas tardé à être contesté. Mais les controverses en matière de comptabilité ne sont jamais anodines : elles traduisent des différences de conception de l’entreprise et du rôle des comptes. Contrairement aux particuliers, les entreprises payent leurs fournisseurs bien après avoir été livrées. La loi fixe un délai maximum, mais celui-ci peut être long. Les fournisseurs ont alors recours à un « affactureur », souvent filiale d’une banque, qui procède à un paiement plus rapide des factures et prélève une rémunération qui dépend du risque de ces dernières.
Dans l’affacturage « inversé », c’est l’entreprise qui s’adresse à une banque et lui présente les factures des fournisseurs à financer. Ces derniers obtiennent ainsi un règlement rapide et à meilleur prix, si le donneur d’ordre est une grande entreprise qui suscite la confiance.
Une masse de dettes « invisibles »
Celle-ci y trouve aussi d’importants avantages. Elle peut rembourser la banque avec des délais plus longs que le délai légal et améliorer ainsi sa trésorerie. Et comme la comptabilisation de ces créances ne fait pas l’objet de normes précises, elles peuvent apparaître au bilan non comme des dettes financières, mais comme des dettes commerciales (other payables), qui ne pénalisent pas les analyses destinées aux investisseurs…
Selon Fitch, beaucoup d’entreprises auraient ainsi accumulé une masse de dettes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ L’impact environnemental, social et sociétal du tourisme est au cœur des Entretiens de Vixouze, consacrés au tourisme du futur, dans le Cantal, les 6 et 7 septembre.
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L’urgence de concilier voyage et développement durable

L’impact environnemental, social et sociétal du tourisme est au cœur des Entretiens de Vixouze, consacrés au tourisme du futur, dans le Cantal, les 6 et 7 septembre.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 10h19
    |

            Annie Kahn








                        



   


Les messages incitant le voyageur à un comportement vertueux, écologiquement parlant, pullulent désormais dans les établissements touristiques. Dans les salles de bains d’hôtels, des affichettes alertent le voyageur. « Pour ne pas gaspiller l’eau, seules les serviettes déposées dans la douche seront remplacées », avertit l’hôtelier. Tel autre organisateur se vante de « mettre tout en œuvre pour réduire l’impact du client voyageur sur la planète ».
Mais que vaut cet affichage par rapport à l’impact global du tourisme sur l’environnement ? Pas grand-chose. L’opérateur continuera de proposer des vols multipliant par deux le nombre de kilomètres parcourus, et donc les émanations de dioxyde de carbone, pour arriver à destination, parce que, paradoxalement, c’est ainsi qu’il comprime souvent le prix du trajet, et donc du voyage.

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Si « 60 % des consommateurs se considèrent comme engagés dans leur mode de vie et de consommation (…), les offres proposées par les géants du tourisme en ligne ne traduisent que rarement leur quête de sens », estime Laurent Bougras, directeur de la centrale de réservation FairBooking dans Les Grandes Tendances du tourisme d’aujourd’hui et de demain, du Cahier-tendances publié par le Welcome City Lab, plate-forme d’innovation consacrée au tourisme urbain, la Direction générale des entreprises (DGE), Paris & Co et la Mairie de Paris. Les initiatives relevant du « tourisme équitable et responsable » n’ont pas fait tache d’huile. Pour l’instant du moins.
8 % des émissions de gaz à effet de serre
Or, les dégâts provoqués par le tourisme jouent non seulement contre la planète, mais aussi contre ce secteur économique même. Il est donc vital de réconcilier les deux. Raison pour laquelle les Entretiens internationaux du tourisme du futur, qui auront lieu du 5 au 7 septembre, au château de Vixouze (Cantal), et dont Le Monde est partenaire, vont porter prioritairement sur les stratégies à définir et les moyens à mobiliser pour un tourisme plus écologique à horizon 2030-2050.
Il y a urgence. L’empreinte carbone du tourisme a augmenté de 15 % entre 2009 et 2013, pour atteindre 4,5 milliards de tonnes de CO2 émises, soit 8 % des émissions globales de gaz à effet de serre, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Sydney (Australie), publiée le 23 mai dans la revue Nature Climate Change. Et les populations des pays les plus visités commencent à se rebeller contre l’afflux de touristes perturbateurs.

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Parallèlement, ce secteur pèse 10 % du PIB mondial et de l’emploi, avec 292 millions de collaborateurs en 2017, selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme. Il est donc essentiel à l’économie, et tant les responsables politiques que les entrepreneurs du secteur souhaitent le promouvoir encore davantage. Les voyages internationaux ont dégagé un chiffre d’affaires global de 1 137 milliards d’euros en 2017, selon l’Organisation mondiale du tourisme. Et la France reste le pays le plus visité au monde, avec une arrivée de 87 millions de touristes étrangers dans l’Hexagone en 2017, selon la DGE. A ce chiffre, il faudrait ajouter les 120 millions d’« excursionnistes », c’est-à-dire de personnes qui passent une journée dans le pays, souligne Christian Mantei, directeur général d’Atout France.
« Tourismophobie »
Mais, les nuisances engendrées se retournent contre l’activité elle-même. A terme, le réchauffement climatique ne pourrait-il pas porter un coup fatal aux stations de montagne, tant l’hiver, quand les canons à neige sont un pis-aller fort peu écologique, que l’été, quand le réchauffement provoque chute de séracs et de pierres ? Que deviendront les pays réputés pour leur ensoleillement quand les températures atteindront des niveaux difficiles à supporter ?
Aux atteintes dues au dérèglement climatique s’ajoutent les détériorations de sites et monuments, les déséquilibres sociaux et sociétaux. Les habitants des régions visitées supportent de plus en plus mal ces afflux de touristes pollueurs, bruyants, qui font monter les prix des loyers au point que les résidents à l’année n’arrivent plus à se loger dans la région qui les emploie.
Ce phénomène a désormais un nom : la « tourismophobie ». Un mal qui sévit sur tous les continents : à Venise, à Barcelone, en Grèce, mais aussi sur le site du Machu Picchu (Pérou) ou dans les îles thaïlandaises, rappelle le cabinet de conseil McKinsey dans une étude consacrée à la gestion de la surpopulation dans les destinations touristiques. La tourismophobie a pour l’instant épargné la France, observe M. Mantei. Mais, « d’ici à cinq ans, nous devrons la gérer », ajoute-t-il.
Certains acteurs du secteur ont compris qu’il est nécessaire, voire opportun, d’intégrer les impératifs de développement durable dans leur stratégie. Des hôteliers utilisent les caractéristiques pro-environnementales de leur établissement comme argument de vente.

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Au Mob Hôtel de Saint-Ouen, en banlieue parisienne, le toit est ainsi devenu un jardin potager entretenu par des habitants du quartier. D’autres n’hésitent plus à mettre des dortoirs dans leur offre d’hébergement, ce qui a pour avantage de réduire l’empreinte au sol par lit proposé, tout en mettant sur le marché une offre à bas prix, longtemps l’apanage des auberges de jeunesse. Quelques restaurateurs surfent sur la vague bio, voire locavore. Mais ils restent très minoritaires.
Il ne reste plus qu’à espérer du retour de bâton citoyen une incitation à un développement durable du tourisme dont les acteurs œuvrent à faire mieux connaître la planète Terre de ses habitants, où qu’ils soient.
Ce dossier a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Les Entretiens internationaux du tourisme du futur



                            


                        

                        

