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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le domicile de la militante a été pris d’assaut par les forces de sécurité, sans aucune justification selon ses défenseurs.
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Décryptage

Safiatou Lopez, figure de la révolution burkinabée, brutalement arrêtée à Ouagadougou

Le domicile de la militante a été pris d’assaut par les forces de sécurité, sans aucune justification selon ses défenseurs.

Par                                            Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-08-31T17:27:29+02:00"

        Le 31.08.2018 à 17h27






    
La militante burkinabée Safiatou Lopez, à Bobo-Dioulasso, en février 2015.
Crédits : ROMARIC HIEN / AFP


Les autorités ont voulu montrer leurs forces. Safiatou Lopez, militante des droits humains au Burkina Faso et figure de la révolution de 2014, a été arrêtée à son domicile de Ouagadougou, mercredi 29 août, après le déploiement, sous les yeux de riverains, d’un important dispositif de l’unité spéciale d’intervention de la gendarmerie.
Des pick-up et des motos de la section chargée de la lutte anti-terroriste ont encerclé la villa de la présidente de l’Association pour la promotion de la démocratie et la participation citoyenne (APDC), dans le quartier huppé de Ouaga 2000. Pendant qu’un drone survolait la maison, des militaires, gilet pare-balles sur le dos, arme à la main, ont établi un périmètre de sécurité, selon les images de caméras de surveillance, que Le Monde Afrique a pu visionner.

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L’assaut a été donné à 21 h 30. « On a entendu des bruits assourdissants, le grand portail métallique de la cour a été défoncé », rapportent des témoins. « Vu tout le dispositif militaire déployé, c’est comme s’ils étaient venus arrêter une terroriste. Ils sont entrés par la force, ils sont même passés par la fenêtre, sans autorisation, alors que Safiatou était chez elle avec ses enfants », témoigne Abraham Badolo, le président de l’Alliance pour la défense de la patrie (ADP, une organisation de la société civile), présent au moment de l’interpellation.
« J’ai échangé avec le militaire chargé des opérations, il m’a dit qu’il ne savait pas lui-même ce qu’on reprochait à Mme Lopez. Il s’agit purement et simplement d’une séquestration », dénonce son avocat, Silvère Kiemtarboum, qui n’a pas eu accès au domicile de sa cliente. Le soir même, Safiatou Lopez était conduite au camp de gendarmerie de Paspanga, dans le centre de la capitale burkinabée.
Carton rouge
Au Burkina, Safiatou Lopez Zongo est connue pour avoir participé aux différentes manifestations de 2014 ayant entraîné la chute de l’ancien président Blaise Compaoré, puis contre le coup d’Etat manqué de septembre 2015. En mai, la femme d’affaires et militante de 42 ans, proche de Roch Marc Christian Kaboré jusqu’à son élection à la présidence du pays en 2015, avait brandi un carton rouge symbolique lors d’une manifestation. « S’il y avait un carton plus grave que le rouge je l’aurais donné, parce que le pouvoir a échoué sur toute la ligne. Le peuple burkinabé est bâillonné », fustigeait-elle.

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Dans la société civile, l’annonce de son arrestation est un choc. Les messages de soutien se multiplient sur les réseaux sociaux. « Il y a des violations de la procédure judiciaire dans cette affaire. Aucune notification n’a été faite à Safiatou Lopez des charges qui sont portées contre elle et qui justifient sa détention en garde à vue. Nous dénonçons également la forme de l’arrestation, qui a été pour le moins musclée », déclare Siaka Coulibaly, porte-parole du collectif Dignité et Liberté pour Safiatou Lopez, créé jeudi pour exiger sa libération.
« Il est clair que c’est une action politique contre notre camarade, déplore Abraham Badolo. C’est sa personne même qui est visée, parce qu’elle critique la gestion du régime. On veut l’intimider car elle sait certaines choses. Ils sont en train de chercher les moyens pour la faire taire définitivement. »
« Aucun mandat d’arrêt »
Le chef de l’opposition, Zéphirin Diabré, qui s’est également rendu sur les lieux au moment de l’interpellation, s’inquiète : « Cette manière d’agir qui consiste à arrêter les leaders d’opinion sur la base de suspicions met clairement en danger nos libertés fondamentales. Si nos autorités peuvent faire encercler les domiciles et enlever des citoyens acteurs du débat démocratique sous quelque prétexte que ce soit, alors nous ne sommes plus dans un Etat de droit. L’arrestation de Safiatou Lopez s’inscrit dans une liste de détentions arbitraires, au même titre que celles de Pascal Zaïda [accusé de manifestation illégale, le militant a finalement été relaxé en 2017] et Naïm Touré. »

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Naïm Touré a été condamné à deux mois de prison ferme, le 27 juin, pour un post virulent publié sur Facebook et critiquant le pouvoir. « Je suis choqué par tout l’arsenal qui a été déployé, dit-il, tout juste sorti de prison. Les moyens utilisés pour mettre aux arrêts les opposants sont inexplicables, les motifs invoqués ne tiennent pas. Aujourd’hui, on place les opposants au même niveau que les terroristes. »
Des perquisitions se poursuivaient, vendredi, au domicile de Safiatou Lopez. « Le major qui dirige les opérations m’a confirmé qu’il agissait sans aucun mandat d’arrêt. Les ordres viennent du procureur du Faso au tribunal de Ouagadougou », précise Me Kiemtarboum. Dans un communiqué, le parquet a annoncé vendredi avoir procédé à l’arrestation de Mme Lopez sur la base « d’éléments qui faisaient état de son implication possible dans une tentative de faire évader des détenus de la Maison d’arrêt et de correction des armées. Son interpellation […] a été faite dans le strict respect de ses droits et des règles ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Condamné à vingt ans de prison, Nasser Zefzafi proteste contre ses conditions de détention à Casablanca.
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Compte rendu

Au Maroc, le leader de la contestation dans le Rif entame une grève de la faim

Condamné à vingt ans de prison, Nasser Zefzafi proteste contre ses conditions de détention à Casablanca.


LE MONDE
              datetime="2018-08-31T14:09:32+02:00"

        Le 31.08.2018 à 14h09






    
Un portrait de Nasser Zefzafi, leader du mouvement « Hirak », est brandi lors d’une manifestation à Al-Hoceïma, au Maroc, le 30 mai 2017.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


Le leader du mouvement de contestation sociale du « Hirak » au Maroc, Nasser Zefzafi, condamné à vingt ans de prison, a entamé une grève de la faim, jeudi 30 août, pour protester contre ses conditions de détention, a appris l’AFP auprès de son père. « Il est décidé à ne plus manger ni boire jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites. C’est une grève de non-retour », a déclaré Ahmed Zefzafi.

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« Il ne demande que les droits dont bénéficient les autres prisonniers : qu’on le sorte de l’isolement en cellule individuelle et le mette dans une cellule digne où il puisse voir et parler » avec les détenus, a ajouté le père de Nasser Zefzafi. Selon lui, son fils ne comprend pas pourquoi un traitement « aussi sévère » lui est réservé. La direction de la prison Oukacha de Casablanca, où il est détenu, n’a fait aucun commentaire sur le sujet.
Procès fleuve
Arrêté en mai 2017 en pleine contestation sociale dans la région du Rif (nord), Nasser Zefzafi avait été condamné fin juin à vingt ans de prison pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat », au terme de neuf mois d’un procès fleuve réunissant un total de 53 prévenus. Le roi du Maroc, Mohammed VI, a depuis amnistié près de 190 personnes qui avaient été condamnées par différents tribunaux en lien avec le mouvement qui a agité en 2016 et 2017 le nord du Maroc, dont onze des prévenus de Casablanca.

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Nasser Zefzafi, un ancien chômeur devenu le visage de la contestation avec ses talents d’orateur, avait été arrêté après avoir interrompu le prêche d’un imam ouvertement hostile au mouvement dans une mosquée d’Al-Hoceïma, l’épicentre du « Hirak » qui a secoué la région du Rif, historiquement frondeuse et marginalisée.
La contestation avait été déclenchée par la mort d’un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordures en octobre 2016 alors qu’il s’opposait à la saisie de sa marchandise. Au fil des mois, le mouvement a pris une tournure plus sociale et politique, appelant à davantage de développement et à la fin de la « marginalisation » de la région.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Des altercations se sont produites en mer mardi entre pêcheurs normands et britanniques. Les marins français dénoncent une concurrence déloyale des Britanniques.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le buteur de Tottenham compte sur une victoire de l’équipe nationale face au Japon, en finale des Jeux asiatiques, pour éviter deux ans sous les drapeaux.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Football : pour le Sud-Coréen Son Heung-min, la victoire ou le service militaire

Le buteur de Tottenham compte sur une victoire de l’équipe nationale face au Japon, en finale des Jeux asiatiques, pour éviter deux ans sous les drapeaux.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 13h44
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 14h31
    |

            Clément Guillou








                        



   


Si vous croisez, samedi 1er septembre, dans quelque pub anglais du cœur de Londres, des supporteurs de Tottenham passionnés par la finale des Jeux asiatiques de football entre la Corée du Sud et le Japon, ne vous étonnez pas : il en va de l’avenir proche de leur buteur, Son Heung-min.
Vedette du football sud-coréen, attaquant titulaire de Tottenham en Premier League anglaise, le joueur de 26 ans abat l’une de ses dernières cartes pour échapper au service militaire, obligatoire pour tous les hommes coréens avant leur 28e anniversaire. Une victoire aux Jeux asiatiques l’en délivrerait.
Pour faire face à son voisin du Nord, la Corée du Sud recourt encore à la conscription et demande à chacun de ses enfants de sexe masculin un service militaire de vingt et un à vingt-quatre mois, considéré dans la société comme un rite de passage incontournable.
En juin, la Cour constitutionnelle a prié le gouvernement de trouver une alternative au service militaire pour les objecteurs de conscience, relançant le débat sur la conscription. Selon Amnesty International, il y a plus d’objecteurs de conscience derrière les barreaux en Corée du Sud que dans le reste du monde.
Loi de 1981
Son Heung-min n’a, a priori, rien contre le principe de l’armée, les parcours dans la boue et les réveils au clairon, mais il mène une carrière à succès en Angleterre, où il gagne plusieurs millions de livres sterling par an, et vient de prolonger son contrat avec Tottenham jusqu’en 2023. Plusieurs millions de raisons, donc, de vouloir éviter d’apprendre le maniement du fusil pendant ses meilleures années de joueur.
En cas de victoire samedi, le service de Son Heung-min se limitera à un mois d’une formation militaire rudimentaire et cinq cent quarante-quatre heures de service civique, à effectuer dans les trois ans.
La question des exemptions pour les vedettes ou personnalités politiques agite régulièrement le pays du Matin calme, où la carrière de stars de la chanson, notamment, a pâti de leurs tentatives d’aménagement du service militaire. La loi autorise depuis 1981 les sportifs à échapper au service en cas de médaille d’or aux Jeux asiatiques ou de médaille, peu importe la couleur, aux Jeux olympiques.
En 2002, les héros sud-coréens demi-finalistes de la Coupe du monde avaient aussi bénéficié de la clémence gouvernementale mais, éliminés au premier tour cette année malgré une victoire mémorable contre l’Allemagne, Son Heung-min et ses coéquipiers n’étaient pas dans la même situation.
Une nouvelle occasion en Coupe d’Asie, en janvier 2019
Il reste deux occasions à Son Heung-min pour obtenir une dérogation : ces Jeux asiatiques et la Coupe d’Asie, en janvier 2019. L’attaquant peut aussi espérer une forme d’indulgence gouvernementale et tenter sa chance aux Jeux olympiques de Tokyo, en 2020. Il aura alors dépassé l’âge limite, de quelques semaines.
Contrairement aux précédents clubs de Son Heung-min, en Allemagne, qui n’avaient pas libéré le joueur pour ces compétitions mineures, Tottenham fait tout pour favoriser la suite de la carrière de son joueur et s’est engagé, selon le Times, à le laisser rejoindre son équipe nationale pour toutes ces compétitions.
Le tournoi de football des Jeux asiatiques est phagocyté par la question de l’avenir du joueur. Lors de la demi-finale face au Vietnam, un supporteur vietnamien brandissait une pancarte figurant le buteur en militaire, avec la légende : « Son Heung-min dans l’armée coréenne ». Le joueur, qui ne veut pas donner l’impression de porter son maillot national dans le seul but d’échapper à la conscription, évite soigneusement toutes les questions sur le sujet.
Arrivé au dernier moment en Indonésie – sans avoir effectué la préparation physique avec ses jeunes coéquipiers –, il est par ailleurs loin de son meilleur niveau depuis le début du tournoi. Celui-ci serait toutefois largement suffisant pour briguer un poste de titulaire dans le club de l’armée, le Sangju Sangmu FC, où évoluent, en première division sud-coréenne, les meilleurs conscrits footballeurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’assaillant a été blessé par balle par les forces de l’ordre néerlandaises. La gare a été fermée et le trafic ferroviaire interrompu. La police dit envisager « tous les scénarios ».
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La gare d’Amsterdam fermée après une attaque au couteau, qui a fait deux blessés

L’assaillant a été blessé par balle par les forces de l’ordre néerlandaises. La gare a été fermée et le trafic ferroviaire interrompu. La police dit envisager « tous les scénarios ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h44
   





                        



   


Un homme armé d’un couteau a blessé deux personnes à la gare centrale d’Amsterdam, vendredi 31 août, a annoncé la police néerlandaise. L’individu a été blessé par balle par des policiers.
« Vers 12 h 10 (heure locale), dans le tunnel ouest de la gare centrale, un homme a poignardé deux personnes et, juste après, a été blessé par balle par la police », selon le porte-parole de la police d’Amsterdam Rob van der Veen.
Les deux victimes, dont l’identité n’est pas connue, « sont très gravement blessées et ont été emmenées à l’hôpital », a-t-il précisé. Leur agresseur présumé « est également blessé mais ses jours ne sont pas en danger ».
« Nous ne connaissons pas encore les motivations du suspect », a-t-il dit, et la police « envisage tous les scénarios, y compris le pire… celui du terrorisme ».
La zone où s’est produite l’agression reste fermée, et des experts de la police scientifique y travaillent. Un service spécial de la police a aussi ouvert une enquête de routine sur les raisons pour lesquelles les policiers ont fait feu.
« Grande panique »
Un témoin a vu un jeune homme « s’écrouler » dans son échoppe de fleuriste, la main en sang. « Peu après, j’ai entendu des coups de feu et j’ai compris qu’il s’était produit quelque chose de grave », a dit Richard Snelders à l’agence de presse néerlandaise ANP.
Un peu plus tard, il a dit avoir aperçu un autre homme allongé sur le sol près de là. « La première chose qui vous vient à l’esprit, c’est que c’est un attentat terroriste. Après tout, vous êtes dans la gare centrale d’Amsterdam, a-t-il dit. Il y avait une grande panique. »
La police, arrivée rapidement sur les lieux, a ordonné en anglais à un homme de « rester à terre » après lui avoir tiré dessus, selon le témoin. « Tout s’est passé très vite. »
Le vendredi est un des jours les plus denses en nombre de voyageurs pour la gare d’Amsterdam, fréquentée quotidiennement, en moyenne, par 250 000 personnes, selon des statistiques fournies par le site Amsterdam. info.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Editorial. En se revendiquant l’« opposant principal » aux nationalistes, Emmanuel Macron veut reproduire, en vue des européennes de 2019, le positionnement qui lui a réussi à la présidentielle. Une stratégie à double tranchant.
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Macron face à l’axe Salvini-Orban

Editorial. En se revendiquant l’« opposant principal » aux nationalistes, Emmanuel Macron veut reproduire, en vue des européennes de 2019, le positionnement qui lui a réussi à la présidentielle. Une stratégie à double tranchant.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h26
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est l’un des paradoxes de cette délicate rentrée politique : Viktor Orban et Matteo Salvini, les porte-drapeaux du nationalisme en Europe, ont rendu un fier service, mercredi 29 août, à un président Macron dont la position sur la scène européenne s’est considérablement fragilisée depuis un an.
Réunis à Milan, le premier ministre hongrois et le vice-président du conseil italien, chef du parti d’extrême droite la Ligue, ont désigné Emmanuel Macron comme leur ennemi numéro un : « Il y a actuellement deux camps en Europe, a dit M. Salvini. Macron est à la tête des forces soutenant l’immigration. De l’autre côté, il y a nous, qui voulons arrêter l’immigration illégale. Nous travaillerons ensemble pour créer une future alliance afin de mettre au premier plan le droit au travail, à la santé et à la sécurité – tout ce que les élites européennes dirigées par Macron nous refusent. »

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Le cadeau était inespéré. Depuis le Danemark, où il se trouvait en visite officielle, Emmanuel Macron a aussitôt saisi la perche ainsi tendue : confirmant l’émergence du clivage entre « nationalistes et progressistes », le chef de l’Etat s’est engagé à ne « céder en rien aux nationalistes et à ceux qui prônent un discours de haine ». « Donc, a-t-il ajouté, s’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison. »
De la haute voltige
C’est exactement le cadre idéologique dans lequel M. Macron veut aborder la campagne pour les élections européennes du 26 mai. Lundi, devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, il avait déjà épinglé les incohérences européennes des gouvernements hongrois et polonais. Mercredi, son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a enfoncé le clou en brocardant « l’approche utilitariste » qu’ont les gouvernements « populistes » de l’UE, et en prônant une position franco-allemande commune face à ces « marchands d’illusions ».

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La démarche de M. Macron est claire : il veut reproduire au niveau européen, en 2019, les lignes de fracture politiques qui lui ont permis de battre Marine Le Pen et de remporter les élections françaises de 2017. Dans un contexte où, comme il le reconnaît lui-même, les difficultés de la chancelière allemande, Angela Merkel, ont brisé la dynamique qui l’avait propulsé sur le devant de la scène européenne en 2017, une offensive coordonnée des nationalistes, de plus en plus nombreux au pouvoir dans les pays de l’UE, permettrait au président français de mobiliser les « progressistes » européens autour de lui.
Cette stratégie est à double tranchant. D’une part, elle contredit les appels à l’unité européenne sur la scène géostratégique mondiale. D’autre part, elle met en porte-à-faux Mme Merkel, dont le parti, la CDU, est le chef de file du PPE (Parti populaire européen), formation qui regroupe au Parlement européen de nombreux partis de droite, dont celui de M. Orban. M. Macron aimerait, précisément, faire voler en éclats cette alliance de plus en plus inconfortable pour les tenants d’une droite modérée. Y parvenir tout en préservant le précieux partenariat franco-allemand va tenir de la haute voltige.
La grande bataille européenne de 2019 ne fait que commencer. On voit déjà sur quelle base confuse elle s’engage. Ainsi, « L’Europe qui protège », dont les leaders européens de la droite nationaliste se sont emparés, était le slogan d’Emmanuel Macron lors de sa campagne de 2017. Chacun y met aujourd’hui des contenus diamétralement opposés.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Noura Ghazi, 36 ans, est une avocate syrienne, et la veuve de Bassel Khartabil, un militant pacifique mort en prison en Syrie, trois ans après son arrestation.
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édition abonné


Ma vie de… Avocate syrienne exilée à Beyrouth : « Je veux que la dépouille de mon mari me soit remise »

Noura Ghazi, 36 ans, est une avocate syrienne, et la veuve de Bassel Khartabil, un militant pacifique mort en prison en Syrie, trois ans après son arrestation.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 12h46
    |

                            Intérim (Beyrouth, correspondante)








                        



                                


                            
« Ma vie de… » donne la parole à des témoins de l’actualité du monde entier, qui racontent leur quotidien à la première personne.
Depuis que les registres d’état civil ont commencé à être discrètement mis à jour, en mai dernier des familles syriennes ont appris la mort de proches en détention, après des années d’incertitude et de quête désespérée d’informations. A ce jour, le Réseau syrien pour les droits de l’homme (SNHR) a déjà recensé 836 notifications officielles de morts en détention, dont certaines concernent des mineurs. Selon le SNHR, plus de 82 000 Syriens ont été arrêtés ou ont disparu de force depuis le début du soulèvement syrien, en 2011, et 13 000 d’entre eux seraient morts. 
Alors que le camp loyaliste poursuit sa reconquête du pays et que de nouvelles tractations politiques se profilent, des proches de détenus militent pour que la question des prisonniers et des disparus ne soit pas abandonnée. Noura Ghazi, 36 ans, est une avocate syrienne, engagée dans la défense des droits de l’homme. Son mari, Bassel Khartabil, un développeur informatique, pionnier de l’Internet libre, engagé dans le soulèvement populaire de 2011 contre le régime syrien, est mort en 2015, trois ans et demi après son arrestation. 
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« J’ai quitté Damas pour Beyrouth au début de l’année. Je ne m’y sentais plus en sécurité, après avoir pris la parole sans relâche pour dénoncer la disparition puis l’exécution en prison de mon mari, Bassel Khartabil. J’ai annoncé l’an dernier qu’il avait été exécuté, après avoir été condamné à mort : j’avais pu obtenir ces informations à travers mes réseaux. Mais il n’y a eu aucune réponse officielle, jusqu’au 1er juillet dernier. A ma demande, mon beau-père s’est rendu aux bureaux de l’état civil à Damas. Bassel était enregistré comme mort. Ne figurait que sa date de décès : le 5 octobre 2015, sans autre mention, ni sur les circonstances ni sur le lieu. Mais c’est une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’ONU s’inquiète du sort de ces musulmans chinois détenus en secret pour de longues durées, sans poursuites ou jugements. Ce que le régime dément.
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La Chine détiendrait un million de Ouïgours dans « des camps d’internement »

L’ONU s’inquiète du sort de ces musulmans chinois détenus en secret pour de longues durées, sans poursuites ou jugements. Ce que le régime dément.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h32
   





                        



   


Internement dans des « camps de déradicalisation », torture, lavage de cerveau… Depuis plusieurs mois, la Chine est accusée d’avoir arrêté et interné plusieurs centaines de milliers de Ouïgours, minorité musulmane située dans la région du Xinjiang, à l’extrême nord-ouest du pays.
Pour l’Organisation des Nations unies, pas moins d’un million de Ouïgours seraient détenus dans des camps en Chine, ce que nie le régime de Xi Jinping. Des témoignages de rescapés et d’ONG font état de torture et d’endoctrinement dans ces camps. Face à cette situation, des élus américains réclament des sanctions envers des responsables chinois et l’Allemagne a décidé de mettre fin aux expulsions des Ouïgours vers la Chine.

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La Chine détiendrait un million de Ouïgours
Début août, le comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale affirme disposer de nombreuses informations crédibles selon lesquelles un million de Ouïgours sont détenus dans « des camps d’internement géants placés sous le sceau du secret ». Dans ses conclusions, ce comité s’est alarmé des « nombreux cas d’internement d’un grand nombre d’Ouïgours et d’autres minorités musulmanes, détenus en secret et souvent pour de longues durées, sans être inculpés ou jugés, sous prétexte de la lutte contre le terrorisme ou l’extrémisme religieux ».
Ces centres se trouveraient dans le Xinjiang, qui compte environ 22 millions d’habitants dont près de la moitié d’Ouïgours d’origine turque, parmi lesquels beaucoup se plaignent de discriminations de la part de la majorité han. Les « élèves », selon l’expression du gouvernement désignant les personnes internées, sont regroupés par sections selon leur exposition supposée aux « idées extrémistes ». Ils sont contraints de suivre des sessions « internes » ou « externes » de quelques jours, plusieurs semaines ou plusieurs mois lors desquelles ils se font enseigner le mandarin, ainsi que les lois et l’idéologie communiste. De véritables cours de « lavage de cerveau », selon des Ouïgours en exil, contactés par Le Monde, qui en ont suivi à l’époque.
Des témoignages d’ancien rescapés de ces camps font également apparaître que la torture est fréquente dans ces camps. Dans une enquête sur le sujet publiée jeudi, Libération a recueilli le témoignage d’Omurbel Eli, qui a été interné une vingtaine de jours dans « un centre de transformation par l’éducation ». Il y « décrit sa cellule où s’entassaient une quarantaine de détenus, tous musulmans, les deux caméras de surveillance, le sommeil à tour de rôle, l’unique douche mensuelle, les heures passées alignés en rangs, les punitions corporelles et les tentatives de suicide », énumère le quotidien.
La province du Xinjiang, où vivent la majorité des Ouïgours à l’extrême ouest de la Chine, vit ainsi sous une forte présence policière. Les checkpoints des forces de l’ordre et les caméras de surveillance sont omniprésents dans la région. L’année dernière, le gouvernement chinois a interdit « les barbes anormalement longues » et le hijab dans cette région frontalière de l’Afghanistan et du Pakistan, et a ordonné à tous les conducteurs d’installer des dispositifs de localisation GPS dans leur véhicule.

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Pékin dément et affirme qu’elle a évité « une nouvelle Syrie »

   


Face à ces accusations, la Chine a vigoureusement démenti à la mi-août la détention dans des centres de rééducation d’un million de Ouïgours. Lors d’une audition devant un comité des droits de l’homme de l’ONU, Ma Youqing, directeur du département du travail du Front uni, agence du Parti communiste chinois, a affirmé que « les citoyens du Xinjiang, y compris les Ouïgours, jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits ».
Et selon lui, « l’argument d’un million de Ouïgours détenus dans des centres de rééducation est totalement faux ». Il affirme au contraire :
« Il n’y a aucune politique visant une minorité ethnique en particulier, ni limitant les droits et la liberté de religion du peuple ouïgour. »
Le parti au pouvoir en Chine justifie la surveillance de la population par les menaces posées par l’extrémisme islamiste, le terrorisme et le séparatisme. Des attentats imputés à des « séparatistes » ou musulmans radicalisés ont ainsi fait des centaines de morts ces dernières années dans la région ainsi qu’ailleurs dans le pays.
Dans un long éditorial, le Global Times, un influent quotidien proche du Parti communiste chinois, a défendu la politique sécuritaire qui a permis « d’éviter » que le Xinjiang devienne une nouvelle Syrie.
« Des politiciens et médias des Etats-Unis et d’autres pays occidentaux ont intensément critiqué la gouvernance du Xinjiang, parlant de massives violations des droits de l’homme et qualifiant la région de prison à ciel ouvert. Leur objectif est de semer le trouble au Xinjiang, et de détruire la stabilité si péniblement accomplie dans la région. »
Grâce au durcissement sécuritaire, « le Xinjiang a été sauvé alors qu’il était au bord du chaos, évitant le sort d’une nouvelle Syrie ou d’une nouvelle Libye », insiste l’éditorial.
Des élus américains appellent à des sanctions, l’Allemagne arrête les expulsions d’Ouïgours
Face à cette situation, des membres du Congrès américains – républicains et démocrates – ont adressé une lettre au secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, et à celui du Trésor, Steve Mnuchin, leur demandant de sanctionner sept responsables chinois et deux sociétés productrices d’équipements de surveillance. Une initiative dénoncée par la Chine.
« Les Etats-Unis n’ont aucun droit de critiquer la Chine et de s’ériger en juge dans ce domaine », a déclaré devant la presse la porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, évoquant les problèmes de discrimination raciale dans ce pays.
« Ces parlementaires, payés par le contribuable américain, devraient s’occuper de leur travail (…) au lieu de mettre leur nez dans les affaires des autres pays. »
De son côté, l’Allemagne a décidé jeudi de mettre fin à toutes les expulsions de demandeurs d’asile ouïgours vers la Chine en raison des risques encourus. Cette annonce du ministère de l’intérieur survient après que le gouvernement allemand a reconnu avoir expulsé par erreur début avril un demandeur d’asile ouïgour, alors que son dossier devait encore faire l’objet d’un examen par l’Office de l’immigration.
La parlementaire écologiste à l’origine de la clarification du gouvernement, Margarete Bause, a qualifié l’expulsion de « scandaleuse », affirmant que la vie des Ouïgours était « en danger » une fois expulsés en Chine. L’avocat du jeune homme, Leo Borgmann, a d’ailleurs fait savoir qu’il n’avait plus eu de nouvelles de l’intéressé depuis : « Il n’a donné aucun signe de vie, nous craignons qu’il ait été arrêté. »

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                Comment la Chine traque les Ouïgours d’Europe






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La justice a confirmé la condamnation de Khalifa Sall et la radiation de Karim Wade des listes électorales.
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Analyse

Jeudi noir pour l’opposition sénégalaise à quelques mois de l’élection présidentielle

La justice a confirmé la condamnation de Khalifa Sall et la radiation de Karim Wade des listes électorales.

Par                                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance) et 
                            Salma Niasse




LE MONDE
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        Le 31.08.2018 à 12h23

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        Mis à jour le 31.08.2018 à 15h32






                        

Crédits : AFP


                    

Les Sénégalais se rappelleront-ils de ce jour comme de celui qui a consacré la réélection de leur président à six mois d’un scrutin attendu ? Jeudi 30 août, le libéral Macky Sall, à la tête du pays depuis 2012, avait de quoi se réjouir. A quelques heures d’intervalle, ses deux principaux adversaires à la présidentielle de février 2019 ont subi des revers judiciaires quasi éliminatoires dans la course à la plus haute fonction de l’Etat.
Devant la cour d’appel de Dakar, jeudi matin, le socialiste dissident Khalifa Sall, maire de la capitale, a vu sa condamnation à cinq ans de prison et à 5 millions de francs CFA (7 622 euros) d’amende confirmée. Jugé le 30 mars en première instance pour escroquerie portant sur des fonds publics et faux en écritures dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, l’édile n’a cessé de dénoncer un « procès politique » organisé par le pouvoir, afin de nuire à son ascension fulgurante qui lui promettait un destin présidentiable.
Immunité parlementaire bafouée
Arguant d’une procédure « menée uniquement à charge et avec empressement pour hâter son issue » et le faire condamner définitivement, Khalifa Sall et ses dix-sept avocats ont décidé, le 26 juillet, de boycotter le procès en appel. Un choix marqué par la désillusion et la colère après que le juge Demba Kandji a refusé de prendre en compte une décision rendue un mois plus tôt par la cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).
Dans son délibéré, cette instance supranationale, bien qu’elle ne remette pas en cause la condamnation de Khalifa Sall pour escroquerie, avait condamné l’Etat sénégalais à verser au maire et à ses coaccusés la somme de 35 millions de francs CFA. Une compensation justifiée par « la détention illégale » de trois mois – sur un total de dix-sept – subie par le maire. Elu député depuis sa cellule en juillet 2017, il jouissait alors d’une immunité parlementaire bafouée.

Au...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Sécheresse, guerres et barrages ont épuisé la région de Bassora, nourrissant la colère sociale.
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Une grave crise de l’eau frappe l’Irak

Sécheresse, guerres et barrages ont épuisé la région de Bassora, nourrissant la colère sociale.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 18h10
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

La maison de Muhassin Sabban Ali trône, isolée, au milieu d’une vaste étendue de terre craquelée, ponctuée de canaux à l’abandon. C’est ce qu’est devenue la campagne de Siba, dans la province de Bassora, dans le sud de l’Irak. Quelques palmiers dattiers au feuillage desséché et des troncs calcinés, héritage de la guerre Iran-Irak (1980-1988), se dessinent à l’horizon. « Jadis, tout autour de la maison, il y avait des palmiers à perte de vue. Quand la salinité de l’eau a commencé à augmenter, les problèmes sont arrivés. Le fleuve est mort, la végétation est morte », raconte l’homme de 87 ans, né dans cette région alors réputée pour sa production de dattes.
Revenu après la guerre exploiter ses douze dunams (trois hectares) à quelques centaines de mètres de l’Iran, Muhassin Sabban Ali a vu sa plantation dépérir peu à peu depuis 2009, avec l’augmentation de la salinité du Chatt el-Arab, le canal à la confluence du Tigre et de l’Euphrate. Il ne lui en reste qu’un dont il tire quelques tonnes de dattes par an. Les fruits, alimentés au goutte-à-goutte depuis les canalisations, sont petits. La teneur en sel record de l’eau cette année la rend impropre à la consommation. « Je n’ai que cette eau pour mes arbres et mes moutons. Je ne peux acheter qu’une demi-tonne d’eau potable tous les vingt jours », déplore le vieil homme chétif, qui vit de sa retraite et de l’aide de ses enfants, qui ont délaissé l’agriculture.
A Bassora comme dans tout le sud de l’Irak, les exploitations agricoles et les élevages de bétail mettent un à un la clé sous la porte. La région est l’une des plus touchées par la crise hydrique qui connaît un pic cet été en Irak, alimentant une vague de protestation sociale.

La baisse du débit du Tigre et de l’Euphrate a fait entrer les eaux salées du golfe Arabo-Persique dans le Chatt el-Arab. Dans certaines zones, la salinité de l’eau atteint plus de 40 000 milligrammes de sels dissous, bien au-delà...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le ministre de l’intérieur italien a tout simplement coupé les fonds à ce village de Calabre, célèbre pour son accueil des migrants .
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En Italie, Salvini menace l’utopie migratoire du village de Riace

Le ministre de l’intérieur italien a tout simplement coupé les fonds à ce village de Calabre, célèbre pour son accueil des migrants .



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 15h05
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

C’est une terre d’accueil et Ulysse, dit-on, y aurait trouvé refuge. A la Renaissance, le moine philosophe Tommaso Campanella s’y serait aussi caché, peu de temps avant de concevoir son grand projet de république, La Cité du soleil. Mercredi 22 août, Riace a reçu la visite d’un autre écrivain, Roberto Saviano, venu soutenir son inventive politique migratoire. Depuis 1998, les ruelles de ce bourg de Calabre qui risquait l’extinction se repeuplent au rythme des débarquements de réfugiés. En 2016, le magazine Forbes a même hissé le maire et héros de l’histoire, Domenico Lucano, parmi les 50 personnalités les plus influentes du monde.
D’où vient, alors, que Riace semble aujourd’hui si désert ? Seuls deux policiers mutiques patrouillent sous la chaleur torride. On n’entend pas même braire l’âne Bravo, compagnon des réfugiés chargés du ramassage des ordures. Quant aux ateliers de céramique, verrerie et couture où Italiens et étrangers font revivre les métiers d’antan, ils sont fermés. Et pourraient ne pas rouvrir de sitôt : l’expérience Riace, oasis rafraîchissante dans une Italie qui ferme ses ports, risque de ne pas survivre à cet été très particulier.
« Pôle de positivité »
« Riace est victime d’une terrible injustice ! On veut nous couper les financements, mettre à la rue 165 réfugiés, dont 50 enfants, et 80 travailleurs sociaux », s’emporte Domenico Lucano, avant de se laisser tomber sur sa chaise. Si les ruelles sont silencieuses, la place centrale du village gronde. En ce 9 août, une centaine de personnes s’y sont retrouvées : locaux, militants de tous âges et toutes obédiences – soixante-huitards milanais, altermondialistes bolognais, prêtres new age –, migrants venus des quatre coins du monde – Afghanistan, Somalie, Nigeria…
Coupe à la Paul Pogba et sourire désarmant, un jeune mannequin s’est joint à la cohorte. Son corps sculptural ferait pâlir jusqu’aux fameux bronzes découverts, en 1972, sur les rives de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le parti écologiste pourrait bénéficier dans les urnes des conditions climatiques extrêmes de cet été, qui ont remis la lutte contre le changement climatique à l’ordre du jour de la campagne.
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En Suède, la sécheresse et les incendies remettent les Verts en selle pour les législatives

Le parti écologiste pourrait bénéficier dans les urnes des conditions climatiques extrêmes de cet été, qui ont remis la lutte contre le changement climatique à l’ordre du jour de la campagne.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h25
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


25 000 hectares de forêts partis en fumée, 10 milliards de couronnes (1 milliard d’euros) de pertes pour les agriculteurs forcés d’abattre leurs bêtes faute de fourrage pour les nourrir, des interventions annulées dans les hôpitaux incapables de garantir la stérilité des instruments en salle d’opération, entre 300 et 400 décès dus à la canicule…
Ce ne sont là que quelques-unes des conséquences de la vague de chaleur qui a submergé le royaume scandinave cet été et qui a remis la lutte contre le changement climatique à l’ordre du jour d’une campagne législative jusque-là dominée par l’immigration et l’insécurité.
Les Verts assurent qu’ils auraient préféré « un été ordinaire » : des températures pointant à 25 degrés, les averses succédant aux belles journées. Mais le fait est que les conditions climatiques extrêmes observées ces dernières semaines pourraient bien sauver le parti écologiste d’une défaite cuisante, « comme en 1988, les phoques morts le long des côtes suédoises avaient permis au parti d’entrer au Parlement », note le quotidien Dagens Nyheter (DN).
Avant l’été, plusieurs sondages le donnaient ainsi à moins de 4 % des intentions de vote, soit en dessous du seuil nécessaire pour se maintenir au Parlement. Bien loin des 6,89 % obtenus en 2014, qui lui avaient permis d’entrer pour la première fois au gouvernement, au sein d’une coalition minoritaire avec les sociaux-démocrates.
« Les plus crédibles »
« Ils ont payé le prix de leur participation au gouvernement », note le politologue Sören Holmberg. Parmi les compromis les plus difficiles à digérer pour les électeurs : le durcissement des conditions d’accueil des réfugiés, après l’arrivée de 160 000 demandeurs d’asile en 2015, alors que le parti écologiste se présentait en porte-drapeau d’une politique généreuse de l’asile.
Peu importe que les Verts aient réalisé – en partie ou complètement – 85 % de leurs promesses électorales, selon une enquête de DN. Peu importe aussi qu’ils soient parvenus à faire adopter une loi-cadre historique, avec le soutien de sept partis au Parlement, obligeant les gouvernements futurs à mener une politique en accord avec l’objectif climatique fixé par le pays : la neutralité carbone d’ici à 2045.

        Lire aussi :
         

                Malmö, épouvantail de l’extrême droite



Le retour en force de la question climatique dans la campagne pourrait bien leur avoir sauvé la mise. « Comme les Verts sont les plus crédibles dans ce domaine, le débat leur a profité », constate M. Holmberg. La mobilisation de leurs électeurs pourrait avoir un effet secondaire, en permettant au « bloc de gauche » d’arriver en tête, devant la droite.
Sentant le vent tourner, Jimmie Akesson, le leader des Démocrates de Suède, le parti d’extrême droite donné à 20 % dans les sondages, estimait, le 11 août, qu’utiliser la météo à des fins politiques était « la pire sorte de populisme ». S’il ne nie pas l’impact des activités humaines sur le climat, M. Akesson défend le nucléaire, en cours de démantèlement en Suède.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’ancien milicien Bosco Ntaganda est poursuivi pour crimes contre l’humanité devant la Cour pénale internationale et encourt trente ans de prison.
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Synthèse

A la CPI, fin du procès du « Terminator » congolais

L’ancien milicien Bosco Ntaganda est poursuivi pour crimes contre l’humanité devant la Cour pénale internationale et encourt trente ans de prison.

Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)
    



LE MONDE
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        Le 31.08.2018 à 11h12

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        Mis à jour le 31.08.2018 à 13h23






                        

Crédits : Bas Czerwinski / AP


                    

C’est en kinyarwanda que Bosco Ntaganda a décidé de s’adresser aux juges de la Cour pénale internationale (CPI) pour conclure, jeudi 30 août, trois ans de procès, et trois jours de plaidoiries. Face à ses juges, l’homme de 45 ans réfute avoir participé à « un plan pour le contrôle politique et militaire de l’Ituri », région minière de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Il rejette les accusations de meurtres, d’attaques de civils, de viols, d’esclavage sexuel et d’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans, qui auraient été commis sous ses ordres et par ses soldats en 2002 et 2003 et qui lui valent d’être poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. L’ex-commandant en second de la branche armée de l’Union des patriotes congolais (UPC), l’une des nombreuses milices qui sillonnent alors l’est du pays, a été décrit comme un « homme violent » et un « tueur notoire » par la substitut du procureur, Diane Luping.
« Le Terminator, ce n’est pas moi », a lâché à la Cour l’ex-milicien congolais natif du Rwanda, les jambes raides dans ses souliers noirs. Affublé de ce surnom lorsqu’il courait l’est de la République du Congo, armes à la main et galons d’officiers à l’épaule – acquis très jeune, car il a « toujours fait preuve de discipline » –, Bosco Ntaganda réfute le portrait dressé pendant cinq longues heures par l’accusation deux jours plus tôt.
Bosco Ntaganda nie avoir du sang sur les mains. Même si l’accusation a affirmé que « Ntaganda a interrogé et battu [un] prêtre, avant de l’exécuter de sang-froid, à bout portant ». Et que d’autres témoins ont assuré qu’il aurait violé ses escortes, fillettes de moins de 15 ans enrôlées dans ses troupes.
« Je suis un révolutionnaire, je ne suis pas un criminel », a lancé Ntaganda, lisant aux juges sa plaidoirie écrite en cellule
Son avocat, Me Stéphane Bourgon, s’est longuement...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Un fonctionnaire a avoué avoir transmis des documents confidentiels sur le meurtre d’un Allemand à un groupe d’extrême droite, à l’origine des manifestations.
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A Chemnitz, soupçon de collusion entre autorités locales et extrême droite

Un fonctionnaire a avoué avoir transmis des documents confidentiels sur le meurtre d’un Allemand à un groupe d’extrême droite, à l’origine des manifestations.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 12h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


L’atmosphère était encore tendue, jeudi 30 août, à Chemnitz (Saxe), quatre jours après la mort d’un Allemand de 35 ans tué au couteau, dans la nuit de samedi à dimanche, en marge des festivités organisées pour le 875e anniversaire de cette ville de 240 000 habitants proche de la frontière tchèque.
Pour la troisième fois depuis dimanche, plusieurs organisations d’extrême droite avaient appelé à manifester, cette fois devant le stade municipal où le ministre-président du Land de Saxe, le conservateur Michael Kretschmer (CDU), était venu participer à un « dialogue citoyen » avec les habitants de Chemnitz.
Bien moins importante que celle de lundi soir, qui avait réuni plus de 6 000 participants et donné lieu à des affrontements avec des groupes d’extrême gauche, causant au total une quinzaine de blessés, la manifestation de jeudi n’a rassemblé qu’un millier de personnes et s’est déroulée sans incident. Il faut dire que les autorités, sévèrement mises en cause ces derniers jours pour leur incapacité à faire respecter l’ordre public, s’étaient, cette fois, beaucoup mieux préparées. Plus de 1 200 policiers avaient ainsi été mobilisés, soit deux fois plus que lundi et alors que les manifestants étaient six fois moins nombreux.
Pour l’occasion, cinq Länder voisins avaient également envoyé des renforts. Enfin, des membres de la police fédérale avaient fait le déplacement. Une façon pour le ministre de l’intérieur, le conservateur bavarois Horst Seehofer (CSU), qui avait été très critiqué pour son silence et son inaction en début de semaine, de montrer que le gouvernement fédéral a pris la mesure de la gravité des événements, au-delà des mots prononcés, mardi, par Angela Merkel. « Nous avons vu des chasses collectives, nous avons vu de la haine dans la rue, et cela n’a rien à voir avec un Etat de droit », avait alors déclaré la chancelière, à la veille d’un déplacement de trois jours au Sénégal, au Ghana et au Nigeria.

        L’éditorial :
         

          Angela Merkel face aux violences d’extrême droite



Un « scandale »

   


Même si la manifestation de jeudi a permis aux autorités de montrer qu’elles gardaient la maîtrise de l’ordre public, la situation n’en reste pas moins très tendue sur le plan politique, en particulier à cause des soupçons, réveillés par cette affaire, d’une collusion entre l’extrême droite et les administrations régionales. Le problème n’est pas nouveau dans ce Land de l’ex-Allemagne de l’Est où la CDU, qui dirige l’exécutif régional depuis la réunification du pays, en 1990, est régulièrement accusée de faiblesse, voire d’indulgence à l’égard de l’extrême  droite.
Les événements de Chemnitz ont remis le sujet au cœur de l’actualité. Jeudi après-midi, un fonctionnaire de l’administration pénitentiaire, dépendant du ministère saxon de la justice, a ainsi révélé avoir transmis à un groupe local d’extrême droite des documents judiciaires confidentiels – en l’occurrence deux mandats d’arrêt – concernant l’enquête ouverte après le meurtre de ce week-end. Ces documents, où figurent les noms des deux accusés, un Syrien et un Irakien d’une vingtaine d’années qui ont été arrêtés lundi par la police, avaient été largement relayés par l’extrême droite sur les réseaux sociaux.
Jeudi, le fonctionnaire à l’origine de la fuite, a dit avoir agi « au nom de la vérité », accusant « les médias d’avoir beaucoup spéculé sur cette affaire ». Il a été suspendu, mais l’affaire est d’autant plus embarrassante pour les autorités régionales qu’elle survient après une autre mise à pied, celle d’un fonctionnaire de police qui avait violemment pris à partie une équipe de la chaîne de télévision ZDF, le 16 août, lors d’une manifestation organisée par le mouvement islamophobe Pegida, à l’occasion d’un déplacement de Mme Merkel à Dresde. L’homme était certes en congés, mais la révélation de son identité avait réveillé les accusations de noyautage des administrations régionales par l’extrême-droite.
D’autres manifestations sont annoncées samedi dans la Saxe, en particulier à Plauen, près de la frontière bavaroise, ainsi qu’à nouveau à Chemnitz, à l’appel de Pegida et du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD). Cette fois, les organisateurs espèrent mobiliser plusieurs milliers de personnes, en misant notamment sur les avancées de l’enquête, qui a révélé que l’un des deux accusés se trouvait illégalement en Allemagne depuis 2016, date à laquelle il aurait dû être expulsé en Bulgarie, où il avait été enregistré comme demandeur d’asile. Un « scandale » que l’AfD a largement commenté, jeudi, tout en réclamant « l’expulsion immédiate de tous les criminels étrangers ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La Banque centrale a relevé en urgence son taux directeur à 60 %. Victime de la hausse du dollar, le pays a demandé l’aide du FMI. La bonne santé américaine fait plonger nombre de pays émergents dans la crise monétaire, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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Crise argentine : « Nous quittons les eaux calmes de la convergence monétaire »

La Banque centrale a relevé en urgence son taux directeur à 60 %. Victime de la hausse du dollar, le pays a demandé l’aide du FMI. La bonne santé américaine fait plonger nombre de pays émergents dans la crise monétaire, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 11h30
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chroniques « Pertes & profits ». En Argentine, on boit du maté, on aime le tango et les psychanalystes, mais l’on se méfie du peso. Cette monnaie si traîtresse qu’elle plonge régulièrement le pays dans le chaos. 1989, 2001, 2018… Le même scénario se répète : crise financière, inflation, effondrement de la devise, troubles ­sociaux et politiques… Il a suffi d’une courte intervention du président Mauricio Macri sur YouTube, mercredi 29 août, pour mettre de nouveau le feu aux poudres.
En dévoilant qu’il avait demandé au Fonds monétaire international (FMI) d’accélérer l’octroi de son prêt de 50 milliards de dollars (43 milliards d’euros), sans en préciser les raisons, il a déclenché la panique chez les investisseurs. Le peso s’est effondré, conduisant la banque centrale à relever jeudi son taux directeur à… 60 %. Quinze points de pourcentage d’un coup, alors qu’une toute petite hausse d’un quart de point des taux américains par la Réserve fédérale (Fed) est considérée comme un événement majeur.

Avec de tels taux, la machine à récession est lancée à toute vapeur. Le scénario de 2001, qui avait vu le pays faire défaut sur sa dette, refait surface. D’autant que les élections générales qui se profilent en octobre 2019 promettent d’ajouter de l’huile sur le feu. Pourtant, l’économie argentine – la troisième d’Amérique latine – ne se porte pas si mal. Elle a vu son PIB croître de 2,9 % en 2017, un score qui ferait rougir de plaisir n’importe quel président français. Le déficit budgétaire est relativement contenu et la dette ­représente la moitié du PIB, bien moins que la France.
Perte de confiance des investisseurs
Mais c’est compter sans ce maudit peso. Les investisseurs internationaux, qui financent la dette argentine, ne lui font plus confiance. Ils prêtent donc en dollars. Or, depuis le début de l’année, deux événements majeurs se sont produits aux Etats-Unis. La réforme fiscale extrêmement généreuse mise en place par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Alors que des élections législatives se dérouleront en Suède le 9 septembre, la ville du sud du pays est devenue le symbole de l’échec du multiculturalisme pour les populistes du monde entier.
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Malmö, épouvantail de l’extrême droite

Alors que des élections législatives se dérouleront en Suède le 9 septembre, la ville du sud du pays est devenue le symbole de l’échec du multiculturalisme pour les populistes du monde entier.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 11h45
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Quand, après avoir battu froid aux Démocrates de Suède (SD) pendant des années, le chef de file du Parti populaire danois (DF), Kristian Thulesen Dahl, a souhaité officialiser son soutien à l’extrême droite suédoise au printemps, il a fallu trouver un lieu à la hauteur de l’événement. Sans grande surprise, le choix s’est porté sur Malmö. « Si le leader de DF veut venir voir l’échec de notre intégration, nous sommes évidemment prêts à l’accommoder », a réagi Jimmie Akesson, le patron des SD, dont le parti est donné à 20 % des voix avant les élections du 9 septembre en Suède.
La rencontre a finalement eu lieu à Rosengard, dans le sud de la ville, le 16 mai. Aux yeux des deux leaders politiques, aucun autre endroit n’incarne mieux les travers du multiculturalisme et de la politique libérale de l’immigration suédoise que ce quartier de Malmö, berceau du footballeur Zlatan Ibrahimovic, où 88 % des 24 000 habitants sont d’origine étrangère. « Un exemple terrifiant pour toute l’Europe du Nord », aime à répéter Jimmie Akesson.
En décembre 2008, des jeunes y avaient affronté pendant plusieurs jours les forces de l’ordre, venues les déloger d’un local qu’ils occupaient illégalement. Les violences avaient débuté après la fermeture d’une salle de prière, dans une cave d’un immeuble de Herrgarden, une des zones les plus défavorisées de Rosengard.
« Pas pire qu’ailleurs »
Dix ans plus tard, le quartier s’est apaisé. Mais les images de voiture brûlées et de jeunes jetant des cocktails Molotov contre la police sont restées, déplore Anas Ali, 23 ans : « On ne parle que de la criminalité, on nous présente comme des assistés, des gens qui ne veulent pas travailler, qui ne comprennent pas les valeurs suédoises. Mais je parle suédois, je fais des études, je paie mes impôts. Il y a des problèmes, bien sûr, mais ce n’est pas pire qu’ailleurs. Regardez-vous même ! »
Le jeune homme montre les tentes blanches dressées entre deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Pêcheurs français et britanniques s’insultent et se jettent des pierres au large de la baie de Seine depuis des années. Explications.
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Aux origines de la guerre de la coquille Saint-Jacques

Pêcheurs français et britanniques s’insultent et se jettent des pierres au large de la baie de Seine depuis des années. Explications.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 14h35
    |

            Faustine Vincent








                        



Insultes, jets de pierre, collisions navales… le différend qui oppose depuis des années les pêcheurs français et britanniques autour de la pêche des coquilles Saint-Jacques a pris un tour nouveau, mardi 28 août. Des altercations impliquant cinq bateaux anglais et trente-cinq français se sont produites au large de la baie de Seine (Normandie), dans les eaux communautaires, accessibles à tous les navires de l’Union européenne (UE).
Les Normands ont cherché à faire fuir les Britanniques d’un gisement de coquilles Saint-Jacques qu’ils tentent de préserver. Certains navires ont joué aux bateaux béliers en fonçant sur d’autres. Trois embarcations présenteraient des trous dans leur coque. Aucun blessé n’est à déplorer. Le maire du Tréport (Seine-Maritime), Laurent Jacques, a dit craindre, jeudi 30 août, que les incidents ne se reproduisent « très vite, car tout le monde est super remonté ».

        Lire aussi :
         

                La guerre de la coquille Saint-Jacques au large de la Normandie



D’où viennent les tensions ?
Ce différend entre pêcheurs français et britanniques autour des coquilles Saint-Jacques est lié à la différence de réglementation entre les deux pays. En France, la coquille Saint-Jacques ne peut être pêchée que du 1er octobre au 15 mai. Mais les Britanniques et les Irlandais, eux, n’ont pas de dates imposées.
Pour encadrer leur activité et éviter les tensions, un accord, reconductible chaque année, a été conclu en 2013 entre Français et Britanniques pour que ces derniers respectent les mêmes dates de pêche. Mais il ne s’applique pas aux bateaux britanniques de moins de 15 mètres. « Du coup, on en avait régulièrement qui venaient pêcher dans ces eaux. Cela créait déjà des tensions », explique Frédéric Gueudar-Delahaye, directeur de la direction des pêches maritimes et de l’aquaculture, rattachée au ministère de l’agriculture.
Les Français demandent depuis plusieurs années à ce que l’accord soit étendu à ces navires de moins de 15 mètres, sans succès. Pour marquer leur mécontentement, ils ont refusé, cette année, de signer l’accord. Les Britanniques sont donc venus pêcher plus tôt que les années précédentes, et avec de plus gros bateaux, qui ne sont pas autorisés d’habitude.
La réglementation de la pêche des coquilles Saint-Jacques dépend-elle de l’UE ?
Non. L’interdiction de la pêche en dehors de la période s’étendant du 1er octobre au 15 mai a été décidée à l’initiative des organisations professionnelles françaises de pêcheurs, afin de protéger les ressources et laisser à la coquille le temps de grossir.
La Commission européenne réglemente toutefois la pêche d’autres espèces, notamment celles dont les stocks sont menacés. Les coquilles Saint-Jacques ne sont pas concernées parce qu’il s’agit d’une ressource côtière et sédentaire, pêchée principalement dans les eaux nationales – l’enjeu n’est donc pas communautaire. Son stock n’est, en outre, pas menacé.
La taille minimum des coquilles Saint-Jacques pêchées est, en revanche, encadrée par la législation européenne.
Les pêcheurs français ont-ils été sanctionnés ?
Non, aucune sanction n’a été prise à leur encontre, selon nos informations. M. Gueudar-Delahaye affirme toutefois qu’il « condamne » le comportement des pêcheurs français, qu’il juge « inadmissible » : « C’est une question de sécurité et d’ordre public. » Il travaille actuellement avec ses homologues britanniques pour « remettre tout le monde autour de la table afin de faire avancer les négociations, et éviter que ça se règle sur l’eau ». 
Côté britannique, Sheryll Murray, députée conservatrice de la région côtière des Cornouailles, a elle aussi dénoncé sur la BBC le comportement des pêcheurs français : « Ces pêcheurs [britanniques] étaient en train de travailler pour gagner honnêtement leur vie, et c’est absolument inacceptable que des pêcheurs issus d’autres pays membres [de l’Union européenne] puissent lancer des projectiles tels que des pierres ou des pièces en métal, puissent allumer des fumigènes et mettre en danger leur vie. »
La Commission européenne est intervenue mercredi, plaidant pour un règlement du litige « à l’amiable » entre les deux pays. Une solution que le ministère français de l’agriculture dit « soutenir ».
Le Brexit peut-il mettre un terme au blocage ?
Selon Dimitri Rogoff, président du comité des pêches de Normandie, en cas de Brexit dur les pêcheurs britanniques pourraient être exclus de ces eaux. « Normalement, après le 29 mars 2019, [les Britanniques] seront considérés comme un pays tiers et n’auront plus accès à ces zones-là », affirme-t-il.
Selon Frédéric Gueudar-Delahaye, il ne s’agit là que de « spéculations » : « On ne sait pas encore ce qu’il en sera pour la pêche, car les négociations n’ont pas encore commencé », rappelle-t-il.
En France, la pêche de la coquille Saint-Jacques mobilise environ 600 bateaux et emploie 2 400 marins, selon le comité régional des pêches maritimes et des élevages marins. En 2017, la production était de 30 000 tonnes, pour un chiffre d’affaires de 87 millions d’euros.

        Lire aussi :
         

                Le Brexit laisse les pêcheurs britanniques à quai




Réunion « la semaine prochaine » entre les pêcheurs anglais et français
Les pêcheurs français et britanniques de coquilles Saint-Jacques se réuniront « la semaine prochaine » pour tenter de trouver un accord, a annoncé vendredi 31 août le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert. L’objectif est de mettre un terme aux altercations qui se sont déroulées ces derniers jours, marquées par des jets de pierre, des insultes et des manœuvres dangereuses en haute mer.
« Ils se réuniront ensemble la semaine prochaine avec les industriels pour faire en sorte de trouver les bases d’un accord qui permette de revenir à une situation apaisée », a annoncé sur Europe 1 M. Travert, qui s’est entretenu jeudi soir avec son homologue britannique, George Eustice. « Nous avons tous les deux condamné ce qui s’est passé. (…) La semaine prochaine, nous souhaitons qu’il y ait un accord entre les pêcheurs français et les pêcheurs anglais », a-t-il poursuivi.
En attendant cette réunion et la conclusion d’un accord, il a demandé à son homologue « de faire en sorte que les pêcheurs ne viennent pas sous la ligne Barfleur-Antifer, c’est-à-dire la zone où se sont passés ces heurts ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Selon une consultation en ligne, près de 80 % des Européens n’en veulent plus. Assez pour convaincre la Commission de lancer sa rentrée sur ce sujet.
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Changement d’heure : la Commission européenne veut « abolir » le passage à l’heure d’hiver

Selon une consultation en ligne, près de 80 % des Européens n’en veulent plus. Assez pour convaincre la Commission de lancer sa rentrée sur ce sujet.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h04
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Elargissement de l’Union aux Balkans, budget européen pluriannuel, réforme de la politique agricole commune… La Commission de Bruxelles, à neuf mois d’élections européennes cruciales pour l’avenir de l’Union, a conscience que ces enjeux mobilisent bien peu le grand public. C’est sans doute la raison pour laquelle l’institution communautaire a choisi de lancer sa rentrée, vendredi 31 août, sur un sujet bien plus trivial, en confirmant qu’elle souhaitait abolir le passage à l’heure d’hiver, un sujet qui manifestement mobilise bien davantage les citoyens de l’Union.
« Le changement d’heure sera aboli », a affirmé le président Jean-Claude Juncker à la chaîne allemande ZDF vendredi matin, au lendemain d’un séminaire du collège de la Commission, en partie consacré à cette question. « Les gens n’ont pas envie de continuer à changer leurs montres », a ajouté l’ex-premier ministre luxembourgeois.
Cette décision intervient alors que Bruxelles s’apprête à rendre public le résultat d’une consultation citoyenne organisée au cœur de l’été – entre le 4 juillet et le 16 août –, et qui a suscité un nombre de réponses totalement inédit pour un exercice de ce type, d’habitude confidentiel : 4,6 millions d’internautes ont rempli son questionnaire en ligne. Parmi les questions : souffrez-vous du passage à l’heure d’été-d’hiver ? Estimez-vous qu’il faut en finir avec ces changements ?
Abandonnée à la Libération
Or, à en croire le journal allemand Westfalenpost, jeudi 30 août, l’écrasante majorité des participants – 80 % ! – se sont dits favorables à l’abolition du changement d’heure. « Des millions de personnes ont répondu et sont d’avis qu’à l’avenir c’est l’heure d’été qui devrait être tout le temps la règle, et nous allons réaliser cela », a ainsi estimé le président de la Commission.
Depuis des décennies, dans la plupart des pays européens, les horloges avancent d’une heure l’un des derniers dimanches de mars et reculent d’une heure l’un des derniers dimanches d’octobre. De sorte que la clarté se prolonge en soirée durant l’été et que la nuit « tombe » plus vite à l’automne.
C’est l’Allemagne qui, la première, au tout début du XXe siècle, a instauré pour la première fois une heure d’été en Europe. La France suit, en 1916. L’heure d’été est abandonnée dans l’Hexagone à la Libération puis rétablie en 1976 à la suite du choc pétrolier de 1973. A l’époque, l’argument principal des autorités concerne les économies d’énergie censées être générées par cette disposition. L’ensemble des pays de l’Union suit le mouvement dans les années 1980 et une directive, datant de 2001, achève d’harmoniser les choix nationaux.
Ce texte dispose que les pays choisissant le changement d’horaire doivent tous le faire avec la même périodicité et à la même heure, le même jour. C’est cette directive que la Commission va proposer d’amender dans les semaines qui viennent. Eu égard au processus législatif européen, le projet de directive devra ensuite être approuvé au Conseil (les pays membres) et au Parlement européen, ce qui peut prendre plusieurs mois.
Mesure populaire
Cela devrait se faire sans trop de difficultés tant la mesure semble populaire. Côté Conseil, des pays membres militent depuis des années pour l’abandon du changement d’heure. Plusieurs gouvernements mènent déjà un lobbying actif à Bruxelles, ainsi qu’en Finlande, en Lituanie, en Suède ou en Pologne.
C’est le Parlement européen qui a le premier interpellé la Commission sur la question, réclamant lors d’une résolution votée à une forte majorité, en février dernier, qu’elle procède à la consultation publique, motivée par la montée des préoccupations citoyennes concernant d’éventuels dérèglements des rythmes chronobiologiques.
« Au total, 80 % des Européens ne veulent plus du changement d’heure : à nous responsables politiques de les entendre et d’en finir avec ce dispositif ! » estime Karima Delli, eurodéputée écologiste dans un Tweet, jeudi 30 août. L’élue a beaucoup fait ces derniers mois pour mettre le sujet à l’agenda de l’hémicycle.
Le paradoxe, c’est qu’à ce jour aucune étude scientifique n’a prouvé que le changement d’heure est réellement néfaste, ou au contraire vraiment utile, pour la santé, les économies d’énergie ou la sécurité routière… La commission le souligne d’ailleurs dans les propos liminaires à son questionnaire estival.
Les économies d’énergie ? « Des études montrent que l’effet global des économies d’énergie liées à l’heure d’été est marginal », souligne Bruxelles. La recrudescence des accidents de la route en raison du manque de sommeil ? « Les éléments de preuve ne sont pas concluants en ce qui concerne le rapport entre les dispositions relatives à l’heure d’été et les accidents de la route. » La santé ? « Les éléments de preuve concernant les effets globaux sur la santé (c’est-à-dire la mise en balance des effets négatifs et positifs présumés) ne sont pas concluants… »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le Conseil de sécurité a prorogé d’un an le régime général de sanctions, après la remise d’un rapport accusant des responsables de contrevenir à l’accord de paix.
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Compte rendu

Mali : l’ONU ouvre la voie à des sanctions contre des membres de groupes armés

Le Conseil de sécurité a prorogé d’un an le régime général de sanctions, après la remise d’un rapport accusant des responsables de contrevenir à l’accord de paix.


LE MONDE
              datetime="2018-08-31T09:53:19+02:00"

        Le 31.08.2018 à 09h53






    
Des combattants de la Coordination des mouvements de l’Azawad, près de Kidal, au Mali, en septembre 2016.
Crédits : STRINGER / AFP


Le Conseil de sécurité de l’ONU a prorogé d’un an le régime général de sanctions visant le Mali, jeudi 30 août, ouvrant la voie à l’imposition de sanctions individuelles contre des responsables de groupes armés accusés de contrevenir à l’accord de paix de 2015. Cette décision a été adoptée à l’unanimité des quinze membres du Conseil de sécurité.
Au Mali, « les progrès obtenus demeurent insuffisants » et « le temps des avertissements est terminé », a affirmé l’ambassadrice adjointe de la France à l’ONU, Anne Gueguen. « Nous avons besoin de voir des progrès de toutes les parties », a souligné devant la presse son homologue britannique, Jonathan Allen.
Evoquant sans les nommer des « responsables intermédiaires de groupes armés qui, sur le terrain, nuisent volontairement à la mise en œuvre de l’accord par leurs liens avérés avec des activités criminelles ou terroristes », Anne Gueguen a ajouté que la France proposait « sans attendre leur désignation au titre du régime de sanctions ».

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Au-delà des premiers noms qui pourraient figurer prochainement sur une liste, Paris n’exclut pas une extension ultérieure à d’autres « niveaux ». « L’absence de respect des engagements librement consentis par chacune des parties maliennes dans le cadre de la feuille de route ne saurait rester sans conséquence. Chacun doit en être conscient, à tous les niveaux », a averti Anne Gueguen. La feuille de route adoptée au printemps par les parties maliennes prévoit une application des engagements au plus tard en mars 2019.
La position de la Russie ou de la Chine sur des sanctions individuelles, y compris pour des chefs de groupes armés, reste toutefois incertaine. Ces pays avaient exprimé il y a un an des réserves lors de la création, à l’initiative de Paris, d’un régime général de sanctions pour le Mali. Le comité de sanctions, où siègent les quinze membres du Conseil de sécurité, doit être unanime pour punir des personnes ou des entités.
Interdiction de voyages et gels d’avoirs
Dans un rapport datant du 8 août, des experts de l’ONU chargés du Mali ciblent des membres de parties signataires de l’accord de paix, notamment Alkassoum Ag Abdoulaye, chef d’état-major de la Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA), accusé d’avoir participé à deux attaques contre les forces armées maliennes en 2017 et 2018. Le document cite aussi un autre dirigeant de la CPA, Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, soupçonné aussi de contrevenir à l’accord de paix.
Dans son rapport, le groupe d’experts recommande que le comité de sanctions de l’ONU créé pour le Mali « envisage sans tarder, aux fins de l’application de mesures ciblées, la désignation de personnes et d’entités se livrant ou apportant leur appui à des activités ou politiques qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité ». Des sanctions individuelles prendraient la forme d’interdiction de voyages et de gels d’avoirs.

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Les experts pointent aussi dans leur rapport « une répétition inquiétante de violations des droits de l’homme des civils par des forces de sécurité lors d’opérations contre des terroristes ». Bamako a reconnu des dérives.
Au Mali, des zones entières continuent d’échapper au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières malgré l’accord de paix avec l’ex-rébellion à dominante touareg censé isoler définitivement les djihadistes. Ces dernières années, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali, ainsi qu’au Burkina Faso et Niger voisins.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ L’opposant au président Salva Kiir, en exil depuis 2016, devrait faire son retour au sein d’un gouvernement d’unité nationale.
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Compte rendu

Le chef rebelle Riek Machar approuve l’accord de paix au Soudan du Sud

L’opposant au président Salva Kiir, en exil depuis 2016, devrait faire son retour au sein d’un gouvernement d’unité nationale.


LE MONDE
              datetime="2018-08-31T09:15:55+02:00"

        Le 31.08.2018 à 09h15






    
L’opposant sud-soudanais Riek Machar, à Khartoum, au Soudan, le 30 août 2018.
Crédits : ASHRAF SHAZLY / AFP


Le chef rebelle sud-soudanais Riek Machar a approuvé l’accord de paix final avec le gouvernement destiné à mettre un terme à la guerre civile qui ensanglante le plus jeune pays du monde, a annoncé, jeudi 30 août à Khartoum, le médiateur soudanais. L’accord a déjà été approuvé par Juba, et jeudi le groupe de Riek Machar et des représentants d’autres factions rebelles l’ont paraphé, a constaté un correspondant de l’AFP.
« La signature finale de l’accord de paix aura lieu lors d’un sommet de l’IGAD », l’Autorité intergouvernementale sur le développement en Afrique de l’Est, qui œuvre depuis de longs mois à réactiver le processus de paix au Soudan du Sud, a annoncé le chef de la diplomatie soudanaise, Al-Dirdiry Ahmed. La date de ce sommet sera annoncée « bientôt », a dit le ministre.

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Riek Machar avait refusé mardi de signer l’accord, exigeant que les réserves de l’opposition « y soient intégrées », selon M. Ahmed. Mais il a finalement changé d’avis « après d’intenses négociations », selon la même source.
Partage du pouvoir
Après des semaines de pourparlers à Khartoum, au Soudan voisin, le président sud-soudanais Salva Kiir et son opposant Riek Machar étaient parvenus à signer, en juillet et début août, une série d’accords prévoyant notamment un cessez-le-feu permanent et un partage du pouvoir. Ces accords prévoyaient entre autres le retour de M. Machar, exilé depuis août 2016, pour occuper un des cinq postes de vice-président prévus dans un gouvernement d’unité nationale.
Selon des responsables soudanais, les groupes rebelles émettent des réserves sur le gouvernement de transition proposé, le nombre d’Etats (provinces) qui composeraient le pays et la formulation de la nouvelle Constitution.

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Le Soudan du Sud est indépendant du Soudan depuis 2011 mais a sombré en décembre 2013 dans un conflit de pouvoir entre MM. Kiir et Machar qui a fait des dizaines de milliers de morts, près de 4 millions de déplacés et provoqué une crise humanitaire majeure. Un accord de paix avait réuni les deux hommes dans le même gouvernement en 2016, mais, quelques mois seulement après le retour de M. Machar, les combats avaient repris à Juba et il avait dû fuir avec ses partisans en République démocratique du Congo (RDC) voisine.

