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Pourquoi le changement d’heure est si critiqué

Selon une consultation en ligne organisée par la Commission européenne, près de 80 % des Européens n’en veulent plus. Le point sur les défauts de ce dispositif.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h33
    |

            Alexandre Pouchard, 
Mathilde Damgé et 
                                Thibaut Faussabry








                        


Quand l’Europe veut remettre les pendules à l’heure… Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, va proposer la fin du changement d’heure obligatoire pour les pays de l’Union européenne. Jusque-là, les citoyens européens devaient ajuster leurs montres deux fois par an (en mars et en octobre). En France, comme dans d’autres pays de l’Union, cette pratique est impopulaire.
A la suite de l’adoption en février, par le Parlement européen, d’une résolution demandant de réaliser une évaluation en profondeur du changement d’heure, Bruxelles a lancé cet été une consultation en ligne qui a suscité pas moins de 4,6 millions de réponses. Selon les premiers résultats, 84 % des sondés se sont exprimés en faveur de l’abolition du changement d’heure. Pourquoi ce dispositif est-il si critiqué ? Le tour de la question en quatre points.
1. Un système non universel et peu compréhensible
C’est le premier reproche que font ses détracteurs au changement d’heure : il est peu compréhensible. Le changement d’heure n’a pas toujours existé : il date de 1923, en France, pays qui était à l’époque alignée sur le méridien de Greenwich (GMT).
Quand les troupes nazies ont envahi la France, en 1940, elles ont instauré « leur » heure – la France ayant une heure de décalage avec l’Allemagne, situé plus à l’est. Le retour au fuseau GMT ne se fait pas complètement à la Libération, laissant la France à GMT +1. Le changement d’heure bisannuel est, lui, rétabli en 1976 par Valéry Giscard d’Estaing pour des raisons d’économie après la première crise pétrolière.
Concrètement, supprimer l’heure d’hiver ou l’heure d’été (la Commission laisserait chaque Etat décider) reviendrait à choisir si l’heure française reste à l’heure d’hiver (GMT +1) ou à l’heure d’été (GMT +2).

   


Autre reproche : le changement d’heure n’est pas appliqué dans tous les pays. Au total, seuls soixante-dix pays dans le monde changent d’heure deux fois par an. En Europe, le changement d’heure est harmonisé pour l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne depuis 1998 afin de faciliter les communications et les transports.
2. Des gains énergétiques peu probants
L’argument principal en faveur du changement d’heure était jusqu’ici l’économie d’énergie qu’il permettrait de réaliser en profitant des périodes de jour plus longues l’été et en se rapprochant du rythme du soleil l’hiver. Mais plusieurs études sur le sujet montrent des économies en énergie et CO2 « modestes », selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).
Ainsi, une étude de l’Ademe publiée en 2010 montre que le passage à l’heure d’été entraînait :
une consommation d’électricité plus importante le matin, avec notamment un pic à 6 heures (équivalent à 5 heures en heure d’hiver) ;une consommation beaucoup moins importante le soir, notamment entre 20 heures et 21 heures (équivalent à la période entre 19 heures et 20 heures en hiver).

   


Autrement dit, les foyers paient, en moyenne, un peu plus en électricité le matin mais économisent finalement le soir. Pour avoir un ordre d’idée, une heure d’éclairage en moins permet d’économiser environ 10 centimes d’euros.
En 2009 (année prise en compte par l’étude), la demande moyenne en électricité à 19 heures a ainsi été diminuée de 3,5 gigawatts (GW). Au total, l’économie d’énergie cette année-là a été chiffrée à 440 gigawatts heure (GWh), principalement sur l’éclairage public (en rose dans le graphique ci-dessous), l’équivalent d’un an d’éclairage d’une ville de 800 000 habitants, comme Marseille.
Un gain non négligeable mais qui risque d’aller en diminuant : évolution des équipements avec l’introduction progressive de lampes basse consommation, éclairage public calé sur la nuit « solaire »… L’Ademe estime qu’il devrait passer à 340 GWh en tenant compte de l’augmentation des surfaces de bâtiments à l’horizon 2030.
Les économies d’énergie sur les usages thermiques, et notamment sur la climatisation, n’apparaissent pas significatives, selon l’étude de l’agence environnementale. Des gains additionnels pourraient être atteints mais à condition que des systèmes de régulation automatique soient installés… ce qui est loin d’être le cas partout actuellement.
D’après un rapport du bureau de l’évaluation technologique du Parlement allemand, publié en 2016, le changement d’heure entraîne des économies d’énergies « marginales ». Le rapport qui se base sur plusieurs études et simulations, affirme que le changement d’heure provoque une diminution de « moins de 0,8 % » de la consommation électrique des ménages allemands, ce qui correspond à une diminution de 0,2 % de la consommation nationale par rapport à la consommation électrique annuelle du pays.
3. Résultats contradictoires sur les accidents de la route
L’Association contre l’heure d’été double (Ached) milite contre le changement d’heure en évoquant, parmi d’autres raisons, « des augmentations des accidents de la circulation ». Elle base son argumentaire sur des chiffres datant de… 1976, après le rétablissement de l’heure d’été. Elle invoque pour cela des chiffres de… 1976 (après le rétablissement du changement d’heure), affirmant qu’il y a eu 661 morts sur les routes en plus, entre avril et octobre, qu’en 1975.
Dans un rapport publié en septembre 2014, la Commission européenne, qui a passé en revue plusieurs études sur le sujet, relève des « résultats souvent contradictoires », certains rapports « suggérant que le changement améliore la sécurité routière » grâce à une meilleure visibilité à certaines périodes de l’année et de la journée (comme l’indique une étude écossaise en 2010), d’autres « démontrant une augmentation potentielle des accidents de la route à cause des troubles du sommeil ».
4. Des conséquences sur la santé ?
En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment lors du passage à l’heure d’été.


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Les risques cardiaques augmentent après le changement d'heure
La probabilité d'avoir un infarctus est augmenté de 0,10 point le mardi suivant le passage à l'heure d'été, selon une étude publiée dans le New England Journal of Medecine.

Source : New England Journal of Medecine



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La dernière étude en date, publiée en septembre 2015, a été réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ».
Mais tout comme la dépression hivernale ne peut s’expliquer par un lien de causalité (plutôt ténu d’un point de vue scientifique) entre manque de lumière et baisse de moral, les perturbations induites par le changement d’heure ne s’expliquent à l’heure actuelle que par des hypothèses. La Commission conclut toutefois que « les éléments de preuve concernant les effets globaux sur la santé (c’est-à-dire la mise en balance des effets négatifs et positifs présumés) ne sont pas concluants ».
En 1997, un rapport du Sénat assurait que « le monde médical [restait] très partagé sur l’existence de troubles imputables à l’heure d’été ». Vrai ou fantasmé, le risque médical a en tout cas été intégré par les potentiels malades : « 19 % des médecins [faisaient] état d’une augmentation de la consommation de médicaments et singulièrement de tranquillisants, au moment du changement d’heure ». Dans un sondage OpinionWay pour Comprendre Choisir, publié en octobre 2015, 75 % des personnes interrogées affirmaient que le changement d’heure avait un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur ».




                            


                        

                        


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Prélèvement à la source : les quatre risques qui font hésiter l’exécutif

Emmanuel Macron a laissé entendre jeudi que la mesure, qui doit entrer en vigueur en janvier 2019, pourrait être reportée.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h37
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Le prélèvement à la source doit entrer en vigueur en janvier 2019… à moins que le président de la République, Emmanuel Macron, n’y mette son veto in extremis. « J’ai plutôt l’intention de conduire cette réforme à son terme, mais j’ai demandé aux ministres compétents de répondre à toutes les questions qui se posent encore avant de donner une directive finale », a déclaré le chef de l’Etat, jeudi 30 août, à Helsinki, en Finlande. Preuve que la mesure, déjà reportée de 2018 à 2019 par précaution, inquiète encore au sommet de l’Etat. Voici pourquoi.

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                Prélèvement à la source : Macron attend des « réponses précises » avant de trancher



1. Des doutes sur sa compatibilité avec le système français
Jusqu’à présent, les contribuables payaient à l’administration fiscale, au cours d’une année donnée, leur impôt sur les revenus perçus l’année précédente. Le prélèvement à la source change deux choses : l’impôt sera directement prélevé sur la fiche de paie des contribuables (c’est l’employeur qui collectera la somme et la reversera à l’Etat) et le décalage d’un an entre revenus et prélèvements sera supprimé. C’est-à-dire qu’en 2019, on paiera ses impôts pour l’année 2019.

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                Prélèvement à la source : comment ça fonctionne et combien vous paierez



Selon le ministère de l’économie, ce nouveau système a un intérêt fondamental : « Pour celles et ceux qui connaissent des changements de situation financière et familiale, l’impôt s’adaptera plus vite. » Il sera en effet possible à « tout moment » de signaler à l’administration certains changements de situation (comme un changement d’emploi ou de situation familiale) qui font varier l’imposition pour que le taux de prélèvement soit ajusté.
Derrière ce principe général, la situation réelle est toutefois un peu plus complexe. Le calcul de l’impôt sur le revenu ne prend pas seulement en compte les revenus du travail et la composition du foyer, mais aussi une multitude de critères (par exemple, les revenus financiers ou immobiliers). C’est pourquoi la traditionnelle déclaration d’impôts, à faire au printemps, sera maintenue. Par exemple, celle qui sera faite entre avril et juin 2019 prendra en compte les revenus de 2018 et permettra à l’administration fiscale d’ajuster le taux d’imposition des contribuables à la rentrée.
Il existera donc toujours des décalages entre la situation réelle des Français et leur imposition. Le cas des services à domicile (jardinage, aide ménagère…) et les frais de garde d’enfant, qui ouvrent droit à des avantages fiscaux, l’illustre assez bien. Ces avantages ne seront pas pris en compte en temps réel dans la formule retenue : il faudra attendre l’été suivant une année donnée pour que l’administration fiscale prenne en compte ces sommes.
Par exemple, un ménage qui fait appel à une assistante maternelle agréée pour la garde d’un enfant en 2018 devra attendre l’été 2019 pour bénéficier du crédit d’impôt correspondant. Dans certaines situations, dont celle-ci, il est prévu qu’un acompte, c’est-à-dire une avance de 30 % du crédit d’impôts, soit versé au mois de janvier par le fisc pour combler en partie l’écart de trésorerie. Mais attention : celui-ci sera calculé sur les sommes versées deux ans plus tôt. Par exemple, en janvier 2019, l’acompte sera calculé sur les dépenses engagées en 2017 et il faudra attendre la fin de l’été pour que celles de 2018 soient prises en compte. Vous suivez ?
Si le prélèvement à la source est appliqué dans de nombreux pays, comme en Belgique, certains observateurs le considèrent inadapté au modèle français du fait de la nature de notre système, où l’impôt est calculé à l’échelle du foyer et surtout en prenant en compte une multitude de situations particulières.
2. La peur d’une incompréhension des contribuables
Partant de cette situation, la crainte du gouvernement est que la réforme soit mal comprise, et donc mal acceptée par les contribuables. C’est ce qu’a laissé entendre Emmanuel Macron lorsqu’il a déclaré, jeudi 30 août, avoir besoin « d’une série de réponses très précises et d’être sûr de ce que nos concitoyens vivront » lors de l’entrée en vigueur du nouveau système, « si on le met en place ».
Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a multiplié ces derniers mois les interventions médiatiques pour tenter d’expliquer la réforme et de déminer les craintes. Son ministère a multiplié les documents et les vidéos pour tenter d’apporter des réponses aux contribuables.
Reste que si le calendrier d’entrée en vigueur du prélèvement à la source est maintenu, les contribuables français verront du changement sur leur fiche de paie fin janvier 2018. Concrètement, leur salaire sera grevé du montant mensualisé de leur impôt tel qu’il a été estimé par l’administration fiscale.
Sauf que, malgré toutes les précautions prises par l’administration, cette estimation est toute relative. Selon la multitude de cas particuliers possibles, il pourra y avoir des écarts entre le montant demandé chaque mois en début d’année et l’impôt réellement dû. Cette différence sera régularisée grâce à la déclaration de revenus du printemps, mais il y a là matière à incompréhension, voire colère, le temps que les citoyens s’habituent au nouveau système.
Ceux qui paieront « trop » en janvier, par exemple, pourront ainsi penser que leur impôt a augmenté et s’estimer lésés par le gouvernement. Dans ce contexte, la tenue des élections européennes en mai 2019, quelques mois seulement après l’entrée en vigueur de la réforme, n’est peut-être pas étrangère aux réticences du chef de l’Etat.
3. Le risque d’un effet négatif pour la croissance
L’autre grande crainte du gouvernement serait de voir le prélèvement à la source brouiller les repères des contribuables en matière de revenus, en particuliers les 40 % de ménages qui ne sont pas mensualisés aujourd’hui. C’est-à-dire que le fait de recevoir une fiche de paie amputée du montant de l’impôt perturbe leurs habitudes et les incite à moins dépenser, par précaution. Si ce comportement était largement répandu, cela pourrait avoir des conséquences négatives sur l’activité économique – de quoi inquiéter après un été où l’économie française a ralenti (notamment les prévisions de croissance qui ont été revues à la baisse).

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                Les enjeux très politiques du prélèvement à la source



Jusqu’ici, le ministre Gérald Darmanin a balayé l’argument : « Chaque année, 3 à 4 milliards d’euros sont bloqués parce qu’une partie des 40 % de contribuables qui ne sont pas mensualisés a tendance à surépargner en prévision des impôts futurs. Cet argent va être débloqué », assurait-il au JDD en avril.
Au crédit du gouvernement, on peut aussi ajouter le fait que moins d’un foyer sur deux est redevable de l’impôt sur le revenu (44 % des ménages en 2016, selon le ministère de l’économie) et qu’au total 90 % des contribuables s’acquittent d’un impôt équivalent à 10 % de leurs revenus ou moins. Cela veut dire que les écarts entre le montant estimé au départ des impôts et la somme réelle devraient être limités à une faible fraction du revenu pour le commun des contribuables.
Il est aussi vrai qu’en théorie, le calendrier de paiement de l’impôt prélevé à la source est plus favorable à la trésorerie des ménages que la mensualisation et le paiement par tiers actuels. Prenons le cas fictif d’un foyer qui doit payer 1 000 euros d’impôts par an, en supposant que l’estimation de son impôt correspond à la réalité :
Avec la mensualisation actuelle, il doit payer 100 euros par mois, de janvier à octobre ;Avec le paiement par tiers actuel, il doit payer 333,33 euros en trois fois, au plus tard fin mars, fin juin et fin septembre ;Avec le prélèvement à la source, 83,33 euros lui seront prélevés chaque mois de janvier à décembre.
Cependant, les enjeux d’un tel phénomène sont aussi psychologiques et dépendent des conditions dans lesquelles l’entrée en vigueur du nouveau système se fera. Il est donc difficile d’en mesurer la portée aujourd’hui.
4. La crainte des bugs pour les contribuables et les entreprises
Le double défi de la réforme est qu’elle doit s’appliquer à tous les contribuables, et que ce seront de surcroît les entreprises qui géreront la collecte de l’impôt. Une responsabilité supplémentaire accueillie fraîchement par le patronat.
Dans ce contexte, de possibles bugs techniques auront vite fait de placer le gouvernement sous le feu des critiques. En témoignent les échecs de précédents projets de grande envergure comme celui du logiciel de paie des militaires (Louvois) ou la tentative avortée de créer un opérateur national de paie commun à l’ensemble des agents de l’Etat.
Là encore, Gérald Darmanin se veut rassurant. « Il n’y a aucun bug administratif ou informatique », a-t-il affirmé sur Europe 1 mercredi 29 août. « Nous avons reporté d’un an l’année dernière, nous avons travaillé à cette réforme, j’y travaille tous les jours, les entreprises se sont beaucoup préparées à ça », a-t-il ajouté.
Les propos tenus par Emmanuel Macron en Finlande laissent tout de même entendre qu’en cas de doutes, le gouvernement pourrait reporter le projet une nouvelle fois… ou l’abandonner.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Deux ans après les débats sur la « taxe tampon », la difficulté d’accès aux protections hygiéniques reste importante pour les associations, qui souhaitent plus de prévention.
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En France, la difficile reconnaissance de la précarité menstruelle

Deux ans après les débats sur la « taxe tampon », la difficulté d’accès aux protections hygiéniques reste importante pour les associations, qui souhaitent plus de prévention.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 18h43
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 18h55
    |

                            Simon Auffret








                        


L’Ecosse est devenu, vendredi 24 août, le premier pays à mettre à disposition gratuitement des tampons et des serviettes hygiéniques à ses étudiantes. Tous les mois à partir de la rentrée, 395 000 jeunes écossaises pourront se procurer, dans leur établissement scolaire, l’essentiel de leurs protections hygiéniques.
Une réponse apportée à la « précarité menstruelle », l’expression qui désigne les difficultés économiques de nombreuses femmes à se procurer ces produits de première nécessité. Au Royaume-Uni, une jeune femme sur dix ne pourrait y avoir accès, selon une des rares études disponibles sur le sujet – ce qui les oblige à confectionner elles-mêmes leur protection hygiénique.
En France, aucune enquête chiffrée ne permet de saisir l’ampleur de la précarité menstruelle. Si les débats entourant la baisse de la TVA appliquée aux protections hygiéniques – passée de 20 % à 5,5 % le 1er janvier 2016 – ont permis de poser publiquement la question du coût des règles pour les femmes françaises, « peu de choses ont changé sur l’accès aux protections des femmes les plus démunies », constate Elise Thiébaut, auteure du livre Ceci est mon sang, petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font (Editions La Découverte, 2017).
« Il n’y a aucune raison de penser que la situation française est différente qu’en Ecosse en termes de précarité menstruelle », explique-t-elle, estimant les dépenses moyennes pour ces protections à 10 euros par femme et par mois. « Les femmes sans abri sont évidemment touchées, mais nous recevons aussi de nombreux témoignages de jeunes étudiantes sur ce sujet », constate Fanny Godebarge, fondatrice de la plate-forme d’informations sur les règles Cyclique.
Peu d’effets après la baisse de la TVA
Selon plusieurs associations, l’abaissement de la TVA n’a pas eu de conséquences dans le porte-monnaie des Françaises. « Personne n’a observé une amélioration dans les supermarchés, note Elise Thiébaut, la baisse de TVA est passée dans l’augmentation de la marge, des fabricants ou des distributeurs. »
La mise en avant médiatique et politique du sujet a cependant brisé, en partie, le tabou sur les règles : quatre ouvrages sur le sujet sont parus dans l’année suivant l’adoption de la loi, une première. Une mutuelle étudiante propose désormais le remboursement des protections hygiéniques. Par ailleurs, « on trouve désormais des coupes menstruelles facilement dans les magasins, ce qui n’était pas le cas avant », souligne Fanny Godebarge.

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Les dispositifs réutilisables, comme les coupes menstruelles ou les serviettes lavables, pourraient rendre plus accessibles les protections hygiéniques ; une coupe menstruelle achetée une quinzaine d’euros peut être utilisée pendant cinq ans. « Il faut faire attention aux conditions d’hygiènes et d’accompagnement : la coupe menstruelle n’est pas du tout adaptée pour les femmes sans abri », prévient toutefois Tara Heuzé, fondatrice de l’association Règles élémentaires.
Faire de la gratuité un principe
Pour tenter de faire face à la précarité menstruelle, cette association basée à Paris aide par exemple à la mise en place de lieux de collectes de protections hygiéniques – environ 150 en France aujourd’hui – pour les distribuer aux femmes dans le besoin, et organise des ateliers d’informations sur les protections hygiéniques. En partenariat avec la plate-forme Cyclique, des journées de sensibilisation sur les menstruations ont eu lieu, tout l’été, lors de l’opération Paris Plages.
Mais la gratuité des protections, comme l’expérimente l’Ecosse, reste un espoir pour ces associations. « C’est une simple question d’équité dans l’accès à des produits dont les femmes ne peuvent se passer », affirme Elise Thiébaut. « La gratuité, pourquoi pas, mais il n’est pas question de donner des tampons pleins de glyphosate à toutes les étudiantes de France, souligne Tara Heuzé, en référence aux études montrant la présence de substances toxiques dans certains produits. Nous souhaitons d’abord un meilleur accès à toutes, et une vraie sensibilisation à l’utilisation des protections hygiéniques. »

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Médias et officiels russes ont multiplié des déclarations cherchant à avertir de possibles bombardements au chlore par des « terroristes », qui chercheraient à « piéger » Bachar Al-Assad.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Attaques chimiques en Syrie : les intox de la Russie pour brouiller les pistes

Médias et officiels russes ont multiplié des déclarations cherchant à avertir de possibles bombardements au chlore par des « terroristes », qui chercheraient à « piéger » Bachar Al-Assad.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 18h26
    |

            Madjid Zerrouky








                        


« Des terroristes prépareraient une attaque chimique en Syrie dans deux jours pour piéger Al-Assad » : cette attaque à Kafr Zita, dans la province d’Idlib, « annoncée » – au conditionnel – par des médias russes n’a finalement pas eu lieu. Mais la prochaine serait imminente, si l’on en croit Moscou. Où ? A Saraqeb ou « dans le sud », comme l’annonce l’ambassade de Russie en Israël ? Ou au contraire à l’ouest, près de Jisr al-Choughour, où des djihadistes ouïgours en auront la responsabilité avec l’aide de mercenaires britanniques, selon l’ambassade de Russie à Washington ?

Several sources in #Idlib province of #Syria say to #Russia military that #whitehelmets bandits delivered large loa… https://t.co/0AdJBvdZ2S— israel_mid_ru (@Russia🇷🇺 in Israel)


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Depuis que les bruits de bottes se font entendre autour de la province, dernier fief rebelle promis à une offensive militaire imminente, des responsables, ambassades russes, médias gouvernementaux et pro Bachar al-Assad multiplient les informations faisant état de préparatifs d’attaques chimiques dans la région. L’objectif serait de légitimer, selon eux, une intervention occidentale contre les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés.

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Le 26 août, le major général Igor Konashenkov, porte-parole du ministère russe de la défense, avait lancé l’offensive en assurant que « des spécialistes anglophones sont arrivés dans la zone de désescalade d’Idlib pour organiser une attaque chimique à l’aide de roquettes remplies de chlore. Les gens s’habilleront comme des casques blancs [les secouristes de la défense civile] pour tourner des vidéos les montrant en train de souffrir de prétendues munitions chimiques lancées par les forces gouvernementales syriennes ». 
Une déclaration naturellement relayée par RT (anciennement Russia Today) et Sputnik News, deux des principaux relais d’influence médiatique de Moscou.
Igor Konashenkov avait précisé que l’opération devrait se dérouler dans le village de Kafr Zita « dans les deux prochains jours ». Si l’« opération » n’a pas eu lieu, son annonce a rappelé de mauvais souvenirs aux premiers intéressés, les habitants. La ville a en effet subi 17 attaques supposées au chlore depuis 2014…
« Le régime et la Russie veulent forcer la population à fuir et veulent salir la réputation de la défense civile, a réagi le conseil local de la ville (la municipalité). Cela suggère que le régime a délibérément l’intention de [nous] bombarder avec du gaz chimique. »
Quand les « casques blancs » se mettent en scène
Les médias prorusses attribuent des attaques chimiques aux rebelles ou aux services de secours depuis 2013 et une attaque au sarin dans la Ghouta près de Damas qui a fait des centaines de morts. Mais ces campagnes se sont accélérées après celle, toujours au sarin, de Khan Cheikhoun en 2017. Les enquêteurs de l’ONU en ont attribué la responsabilité au régime syrien.
Pour appuyer la démonstration de « Kafr Zita », la semaine passée, des images d’une mise en scène ont une nouvelle fois sont exposées comme « preuve » par des comptes Twitter d’ambassades russes.

   


Les auteurs de ce hoax, qui s’adresse de toute évidence à un public occidental, n’ont pas pris la peine d’effacer le nom inscrit en arabe sur le clap utilisé pendant le tournage : Najdat Anzour, réalisateur présumé, donc, de la « mise en scène » rebelle.
L’auteur comme le tournage sont bien réels. Il s’agit du film Revolution Man, une fresque sur la guerre, produite par le ministère syrien de la culture et financée par l’entreprise d’Etat de télécommunications Syriatel. L’image en question figure d’ailleurs sur le compte Facebook promotionnel du film.

   


Ironiquement, le film, sorti en mars 2018, a pour but affiché de contrer la propagande adverse : « La Syrie a été soumise à beaucoup de désinformation et de fausses allégations […] et le film vise cet aspect pour livrer son message… », expliquait le responsable média de Syriatel le 3 mars.
Difficile de ne pas déceler un fil conducteur dans la propagande russo-syrienne à la lecture du synopsis : « Le film raconte l’histoire d’un journaliste à la recherche de renommée et de prix internationaux qui entre illégalement en Syrie pour prendre des photos et des vidéos de la guerre. Après avoir échoué à atteindre son objectif, il aide les terroristes à fabriquer un incident avec des produits chimiques. » 
Une vidéo « preuve » issue d’un making-of
Le 13 février déjà : mêmes accusations, et mêmes éléments de langage. En se basant sur des « renseignements anonymes » parvenus aux militaires russes déployés en Syrie, un article publié par RT accusait les « casques blancs«  et les djihadistes du « Front al-Nusra » de planifier une attaque à l’arme chimique. Lieu de l’attaque prévue : Saraqeb. Soit le site, là encore, d’une attaque qui avait déjà eu lieu… neuf jours plus tôt, le 4 février.
L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait confirmé le 16 mai que du chlore avait été « vraisemblablement utilisé comme arme chimique ». « Du chlore a été libéré de cylindres par impact mécanique dans le quartier d’Al-Talil, à Saraqeb », affirmait un communiqué de l’institution.
En mars dans la région d’Al-Tanf (sud-est), après une brusque montée des tensions entre des forces américaines et des rebelles locaux d’un côté, et des forces syriennes et pro-iraniennes de l’autre, Washington était cette fois accusé par le ministère de la défense russe de planifier des attaques chimiques dans le sud.
« Nous disposons d’informations fiables selon lesquelles des instructeurs américains ont formé un certain nombre de groupes militants dans les environs de la ville d’At-Tanf pour organiser des provocations à l’aide d’agents chimiques dans le sud de la Syrie », déclarait alors le général Sergueï Rudskoy.
« Au début du mois de mars, les groupes de saboteurs ont été déployés dans la zone de désescalade sud vers la ville de Deraa, où sont stationnées les unités de la prétendue Armée syrienne libre ».
Des accusations là encore fantaisistes, non étayées et démenties par les faits. L’enclave de Deraa sera, elle, reprise par les forces gouvernementales quelques mois plus tard, au début de l’été.

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Le 7 avril, une attaque, bien réelle celle-là, visait la ville de Douma, dans la Ghouta orientale, et tuait une quarantaine de personnes. Le fait qu’elle ait impliqué des hélicoptères gouvernementaux n’a pas empêché le gouvernement russe d’affirmer que le gouvernement britannique avait ordonné aux « casques blancs » de simuler une attaque.
Le 9 avril, la télévision d’Etat Russia-1 avait présenté des preuves de la mise en scène : des images… elles aussi empruntées au making-of du film Revolution Man.

   


Si ces « annonces » ne sont pas toujours liées à des attaques réelles, elles anticipent souvent des opérations des forces gouvernementales. Comme si Mosocu cherchait à systématiquement brouiller les pistes de façon préventive alors que des dizaines d’attaques – majoritairement au chlore – ont été documentées dans le pays. Que Damas envisage, ou pas, d’utiliser des armes chimiques dans la province d’Idlib, le compte à rebours de l’offensive est bel et bien lancé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ L’extinction de ce temps du mode indicatif est discutée par les linguistes depuis plus d’un siècle, constate la chercheuse Emmanuelle Labeau.
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« A quoi le passé simple doit-il sa survie ? »

L’extinction de ce temps du mode indicatif est discutée par les linguistes depuis plus d’un siècle, constate la chercheuse Emmanuelle Labeau.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 16h37
    |

Emmanuelle Labeau (enseignante-chercheuse à l’université Aston de Birmingham, Royaume-Uni)







                        



                                


                            

Une rémission pour le passé simple ? Ces derniers mois, des littérateurs, comme Alain Borer, des politiques, tel le ministre de l’éducation ­nationale, Jean-Michel Blanquer, sont accourus à son chevet, inquiets de sa potentielle disparition, notamment dans l’enseignement. En réalité, l’extinction du passé simple est discutée par les linguistes depuis plus d’un siècle. Si bien que la bonne question est plutôt : comment expliquer sa survie ?
Pour comprendre sa position actuelle, il faut décrire sa fortune dans l’histoire du français par la lunette déformante de l’écrit. Si la littérature épique, destinée à la performance orale, privilégie le présent pour transmettre la vivacité du ­récit (une technique parfois rapprochée de celle des commentateurs sportifs), le passé simple, en ancien français, remplit de multiples fonctions.
Il peut indiquer un parfait (le résultat présent d’une action passée), rôle ce jour dévolu au passé composé : « Et si je ne bu puis huis matin / Ne mangeay c’une soupe en vin » [« et ainsi je n’ai pas bu depuis aujourd’hui matin et n’ai mangé… »] (Miracles de Notre-Dame par personnages, XIVe siècle). Le passé simple peut ­exprimer un antérieur comme le plus-que-parfait : Reconnut les chevaliers de pris / Et la maisnie que ses peres norri [« Il reconnut les chevaliers de valeur et la maisonnée que ses pères avaient nourris »] (Ami et Amile, XIIIe siècle). Il traduit aussi un passé non délimité, domaine actuel de l’imparfait : « Riche om fut, de grant nobilitet » [« il était un homme riche… »] (La Vie de saint Alexis, XIe siècle). Il exprime enfin une situation présentée comme achevée, sa valeur actuelle.
e siècle au début du XVIe siècle
L’avènement d’autres genres littéraires, comme les chroniques, requiert une temporalité plus rigoureuse propice au passé simple, qui connaît son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ « C’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre », a précisé le porte-parole du gouvernement.
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Remaniement après la démission de Hulot : le gouvernement sera « au complet » mardi

« C’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre », a précisé le porte-parole du gouvernement.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h06
   





                        


Un remaniement est attendu à la suite de la démission inopinée du ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Le gouvernement sera « au complet » mardi, pour le conseil des ministres du lendemain, a annoncé vendredi 31 août le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
« Ce sera d’ici mardi et c’est à la discrétion du président de la République, sur proposition du premier ministre, a-t-il déclaré. Le conseil des ministres se tiendra donc mercredi au complet et sera suivi d’un séminaire gouvernemental. »
« Evidemment que le départ de Nicolas Hulot est un coup pour le gouvernement pour cette rentrée, a-t-il concédé. C’est quelque chose à quoi nous ne nous attendions pas, mais ce n’est pas le départ d’une personnalité, aussi éminente soit-elle, qui remet en cause les politiques que vous conduisez. »

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Hulot a pris tout le monde de court
Nicolas Hulot, l’un des membres les plus populaires du gouvernement, où il avait été nommé en mai 2017, avait pris tout le monde de court, y compris le président Emmanuel Macron et le premier ministre, Edouard Philippe, en annonçant mardi matin sa démission du gouvernement à l’antenne d’une radio.
Faute d’obtenir des avancées suffisantes en matière d’environnement, Nicolas Hulot a jeté l’éponge. « Je ne veux plus me mentir (...) Je sais que seul je n’y arriverai pas (...) J’ai un peu d’influence, je n’ai pas de pouvoir », a-t-il notamment déclaré mardi, dénonçant « la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir ».
« Le président de la République a rappelé la sensibilité qui est la sienne et son attachement, ainsi que ceux des membres du gouvernement, aux sujets importants que porte Nicolas Hulot depuis longtemps dans l’opinion publique », a assuré de son côté vendredi M. Griveaux.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Alors que des élections législatives se dérouleront en Suède le 9 septembre, la ville du sud du pays est devenue le symbole de l’échec du multiculturalisme pour les populistes du monde entier.
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Malmö, épouvantail de l’extrême droite

Alors que des élections législatives se dérouleront en Suède le 9 septembre, la ville du sud du pays est devenue le symbole de l’échec du multiculturalisme pour les populistes du monde entier.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 11h45
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Quand, après avoir battu froid aux Démocrates de Suède (SD) pendant des années, le chef de file du Parti populaire danois (DF), Kristian Thulesen Dahl, a souhaité officialiser son soutien à l’extrême droite suédoise au printemps, il a fallu trouver un lieu à la hauteur de l’événement. Sans grande surprise, le choix s’est porté sur Malmö. « Si le leader de DF veut venir voir l’échec de notre intégration, nous sommes évidemment prêts à l’accommoder », a réagi Jimmie Akesson, le patron des SD, dont le parti est donné à 20 % des voix avant les élections du 9 septembre en Suède.
La rencontre a finalement eu lieu à Rosengard, dans le sud de la ville, le 16 mai. Aux yeux des deux leaders politiques, aucun autre endroit n’incarne mieux les travers du multiculturalisme et de la politique libérale de l’immigration suédoise que ce quartier de Malmö, berceau du footballeur Zlatan Ibrahimovic, où 88 % des 24 000 habitants sont d’origine étrangère. « Un exemple terrifiant pour toute l’Europe du Nord », aime à répéter Jimmie Akesson.
En décembre 2008, des jeunes y avaient affronté pendant plusieurs jours les forces de l’ordre, venues les déloger d’un local qu’ils occupaient illégalement. Les violences avaient débuté après la fermeture d’une salle de prière, dans une cave d’un immeuble de Herrgarden, une des zones les plus défavorisées de Rosengard.
« Pas pire qu’ailleurs »
Dix ans plus tard, le quartier s’est apaisé. Mais les images de voiture brûlées et de jeunes jetant des cocktails Molotov contre la police sont restées, déplore Anas Ali, 23 ans : « On ne parle que de la criminalité, on nous présente comme des assistés, des gens qui ne veulent pas travailler, qui ne comprennent pas les valeurs suédoises. Mais je parle suédois, je fais des études, je paie mes impôts. Il y a des problèmes, bien sûr, mais ce n’est pas pire qu’ailleurs. Regardez-vous même ! »
Le jeune homme montre les tentes blanches dressées entre deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Editorial. En se revendiquant l’« opposant principal » aux nationalistes, Emmanuel Macron veut reproduire, en vue des européennes de 2019, le positionnement qui lui a réussi à la présidentielle. Une stratégie à double tranchant.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Macron face à l’axe Salvini-Orban

Editorial. En se revendiquant l’« opposant principal » aux nationalistes, Emmanuel Macron veut reproduire, en vue des européennes de 2019, le positionnement qui lui a réussi à la présidentielle. Une stratégie à double tranchant.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h26
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est l’un des paradoxes de cette délicate rentrée politique : Viktor Orban et Matteo Salvini, les porte-drapeaux du nationalisme en Europe, ont rendu un fier service, mercredi 29 août, à un président Macron dont la position sur la scène européenne s’est considérablement fragilisée depuis un an.
Réunis à Milan, le premier ministre hongrois et le vice-président du conseil italien, chef du parti d’extrême droite la Ligue, ont désigné Emmanuel Macron comme leur ennemi numéro un : « Il y a actuellement deux camps en Europe, a dit M. Salvini. Macron est à la tête des forces soutenant l’immigration. De l’autre côté, il y a nous, qui voulons arrêter l’immigration illégale. Nous travaillerons ensemble pour créer une future alliance afin de mettre au premier plan le droit au travail, à la santé et à la sécurité – tout ce que les élites européennes dirigées par Macron nous refusent. »

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Le cadeau était inespéré. Depuis le Danemark, où il se trouvait en visite officielle, Emmanuel Macron a aussitôt saisi la perche ainsi tendue : confirmant l’émergence du clivage entre « nationalistes et progressistes », le chef de l’Etat s’est engagé à ne « céder en rien aux nationalistes et à ceux qui prônent un discours de haine ». « Donc, a-t-il ajouté, s’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison. »
De la haute voltige
C’est exactement le cadre idéologique dans lequel M. Macron veut aborder la campagne pour les élections européennes du 26 mai. Lundi, devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, il avait déjà épinglé les incohérences européennes des gouvernements hongrois et polonais. Mercredi, son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a enfoncé le clou en brocardant « l’approche utilitariste » qu’ont les gouvernements « populistes » de l’UE, et en prônant une position franco-allemande commune face à ces « marchands d’illusions ».

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La démarche de M. Macron est claire : il veut reproduire au niveau européen, en 2019, les lignes de fracture politiques qui lui ont permis de battre Marine Le Pen et de remporter les élections françaises de 2017. Dans un contexte où, comme il le reconnaît lui-même, les difficultés de la chancelière allemande, Angela Merkel, ont brisé la dynamique qui l’avait propulsé sur le devant de la scène européenne en 2017, une offensive coordonnée des nationalistes, de plus en plus nombreux au pouvoir dans les pays de l’UE, permettrait au président français de mobiliser les « progressistes » européens autour de lui.
Cette stratégie est à double tranchant. D’une part, elle contredit les appels à l’unité européenne sur la scène géostratégique mondiale. D’autre part, elle met en porte-à-faux Mme Merkel, dont le parti, la CDU, est le chef de file du PPE (Parti populaire européen), formation qui regroupe au Parlement européen de nombreux partis de droite, dont celui de M. Orban. M. Macron aimerait, précisément, faire voler en éclats cette alliance de plus en plus inconfortable pour les tenants d’une droite modérée. Y parvenir tout en préservant le précieux partenariat franco-allemand va tenir de la haute voltige.
La grande bataille européenne de 2019 ne fait que commencer. On voit déjà sur quelle base confuse elle s’engage. Ainsi, « L’Europe qui protège », dont les leaders européens de la droite nationaliste se sont emparés, était le slogan d’Emmanuel Macron lors de sa campagne de 2017. Chacun y met aujourd’hui des contenus diamétralement opposés.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Une étude révèle que l’obligation vaccinale est peu respectée au sein de certains groupes religieux et de certaines communautés spirituelles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/08/2018
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Certaines écoles hors contrat sont des foyers de refus de vaccination

Une étude révèle que l’obligation vaccinale est peu respectée au sein de certains groupes religieux et de certaines communautés spirituelles.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 06h07
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 12h20
   





                        



   


Depuis neuf mois, les autorités sanitaires observent une résurgence de la rougeole en France (3 morts et plus de 2 500 cas détectés depuis novembre 2017). Le retour de cette maladie très contagieuse est lié à un déficit de couverture vaccinale, elle-même en partie due à une défiance des parents à l’endroit des vaccins.

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La docteure en géopolitique Lucie Guimier a travaillé sur la dernière grande épidémie de rougeole, entre 2008 et 2012. Publié dans le cadre du rapport annuel de 2017 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), son travail montre que l’obligation vaccinale est peu respectée au sein de certains groupes religieux et de certaines communautés spirituelles.
Ce refus serait particulièrement fort au sein de la Fraternité Saint-Pie-X (catholique) ; le site de cette dernière comptabilise une soixantaine d’écoles « catholiques de tradition » en France. En cartographiant les données épidémiques de la rougeole à partir des données de Santé publique France, la chercheuse note une propagation de la maladie à partir des établissements de la Fraternité Saint-Pie-X.
Selon Lucie Guimier, « la dispersion rapide de la rougeole à l’échelle intrafamiliale dans le réseau d’obédience lefebvriste résulte de toute évidence d’une couverture vaccinale insuffisante des enfants de la communauté, des carences possiblement liées aux aspirations spirituelles de leur famille ».

   


Dans les faits, plusieurs écoles et centres de vacances de la Fraternité ont été des foyers de propagation de l’épidémie de 2008. La suite de l’enquête épidémiologique a permis d’identifier le patient zéro de l’infection, ajoute Lucie Guimier. Il s’agissait d’une élève d’origine suisse, qui n’avait pas reçu les deux doses du vaccin et qui, lors d’une visite familiale en Autriche, est entrée en contact avec un cousin infecté par la rougeole, lui aussi scolarisé dans un établissement affilié à la même communauté religieuse.
Pour les enfants nés avant le 1er janvier 2018, seuls trois vaccins – contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite – sont obligatoires pour qu’ils puissent être admis en crèche, à l’école, en garderie, en colonie de vacances ou dans toute autre collectivité d’enfants. Onze vaccins obligatoires sont en revanche désormais nécessaires pour les enfants nés après le 1er janvier 2018. Contactée, la Fraternité Saint-Pie-X ne nous a pas répondu.

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L’anthroposophie et les vaccins
Autre type d’établissements visé par la chercheuse : les écoles Steiner-Waldorf et leur doctrine fondatrice, l’anthroposophie, une mouvance créée au début du XXe siècle dans un esprit de retour à la nature (le mouvement possède notamment la majorité des droits de vote des laboratoires Weleda).
En 2015, l’Alsace avait dû faire face à une recrudescence de cas, dont une centaine dans l’école hors contrat Steiner-Waldorf Mathias-Grünewald, où plus de la moitié des élèves n’étaient pas vaccinés. Le virus avait été ramené d’Allemagne au mois de mars au cours d’un voyage scolaire.
« Sous l’effet de l’expansion du mouvement anthroposophique ces dernières années, de nombreuses études (…) menées après l’apparition d’épidémies de maladies prévisibles par la vaccination ont mis en évidence que les parents adeptes de ce courant de pensée sont moins enclins que les autres à vacciner leurs enfants », affirme Lucie Guimier. Une observation constatée en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Suède, en Suisse, en Autriche, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
Cependant, aujourd’hui, la Fédération rappelle sa position « très claire » en faveur du respect des règles vaccinales en vigueur. De fait, en France, on compte une trentaine d’établissements qui se revendiquent de cette pédagogie, et leur répartition dans l’Hexagone (plutôt dans le nord-est) ne correspond pas aux actuels foyers épidémiques (plutôt au sud-ouest).
La pédagogie Steiner n’est pas seule en cause, et d’autres écoles alternatives ont vu des cas de rougeole, affirme Lucie Guimier. Parmi les témoignages qu’elle a recueillis, certains parents d’élèves manifestaient une forte défiance envers la vaccination : « A l’école, les parents vont voir un médecin dans la Drôme (…). Ils ne vont pas là-bas pour obtenir l’avis de quelqu’un. Le médecin en question leur fournit des attestations de contre-indication pour ne pas faire vacciner les enfants au cas où la préfecture les contrôle », racontait ainsi l’un d’eux cité dans le rapport de Lucie Guimier.

        Notre enquête :
         

          comment comprendre le succès des écoles alternatives ?




Les Décodeurs répondent à vos questions sur les vaccins
Le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires en 2018 a relancé le débat sur la vaccination. Pour vous aider à y voir plus clair entre questions légitimes et fausses informations, Les Décodeurs proposent plusieurs analyses sur le sujet :
Question n°1 : la justice européenne a-t-elle reconnu le lien entre sclérose en plaques et vaccination contre l’hépatite B ?Question n°2 : l’obligation vaccinale est-elle contraire aux droits du patient ?Question n°3 : si presque tout le monde est vacciné, pourquoi rendre les vaccins obligatoires ?Question n°4 : pourquoi s’inquiéter de l’aluminium dans les déodorants et pas dans les vaccins ?Question n°5 : la Suède a-t-elle rejeté l’obligation vaccinale à cause « de graves problèmes de santé » ?Question n°6 : les vaccins sont-ils « contaminés par des nanoparticules toxiques » ?Question n°7 : est-il vraiment dangereux de briser un flacon de vaccin ? Question n°8 : le vaccin contre le papillomavirus va-t-il aussi devenir obligatoire ?Question n°9 : les vaccins contiennent-ils « du porc, du chien et du fœtus humain » ?Question n°10 : y a-t-il des agents anti-fertilité dans les vaccins envoyés en Afrique ?Question n°11 : l’allaitement peut-il remplacer les vaccins chez les nouveau-nés ?Question n°12 : multiplier les vaccins nuit-il à l’immunité des enfants ?Question n°13 : Bill Gates a-t-il déclaré que les vaccins sont la meilleure solution pour faire baisser la population ?Antivaccins : des mensonges dans un débat légitimeVrai du faux : les vaccins sont-ils vraiment dangereux pour la santé ?L’efficacité des 11 vaccins obligatoires, maladie par maladie 





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ L’arbitre Mohamed Lahyani, qui était descendu de sa chaise en plein match pour s’adresser en tête-à-tête au joueur australien, va toutefois continuer à arbitrer dans le tournoi.
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US Open : l’arbitre du match Kyrgios-Herbert « a outrepassé le protocole »

L’arbitre Mohamed Lahyani, qui était descendu de sa chaise en plein match pour s’adresser en tête-à-tête au joueur australien, va toutefois continuer à arbitrer dans le tournoi.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 18h35
   





                        


La démarche était inhabituelle. Jeudi dernier, lors du tournoi de tennis de l’US Open, l’arbitre Mohamed Lahyani était descendu de sa chaise en plein match pour s’adresser en tête-à-tête au joueur australien, Nick Kyrgios, lors de son deuxième tour face à son adversaire, Pierre-Hugues Herbert. A l’issue d’une « enquête minutieuse », les organisateurs de l’US Open ont tranché, vendredi 31 août : l’arbitre a « outrepassé le protocole », mais « va continuer à officier pendant l’US Open 2018 ».

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« Il a été demandé à Lahyani de respecter les protocoles établis dans tous les matches dans lesquels il va officier à l’avenir », écrivent-ils dans un communiqué, en précisant que « sa performance va continuer à être évaluée, comme celles de tous les arbitres de chaise tout au long de l’US Open ».
Vendredi, Lahyani arbitrera un match du deuxième tour du double messieurs, opposant les Allemands Philipp Petzschner et Tim Puetz aux Néerlandais Robin Haase et Matwe Middelkoop, sur le court N.13.
« Ils nous prennent tous pour des imbéciles »
Sur le court N.17, jeudi, Kyrgios (30ejoueur mondial) était mené d’un set et d’un break (6-4, 3-0) par le Français Herbert (75e) quand l’arbitre a profité d’un changement de côté pour descendre de sa chaise et se poster devant l’Australien de 23 ans. « Je veux t’aider. (...) Tu es quelqu’un de formidable pour ce sport. Ce n’est pas toi, je le sais », l’entend-on lui dire.
Quelques jeux plus tard, Kyrgios débreakait et finissait par remporter le second set au jeu décisif (8 points à 6). Puis il empochait les deux manches suivantes pour s’imposer en quatre sets (4-6, 7-6 (8/6), 6-3, 6-0).
Si Kyrgios a affirmé que l’attitude de Lahyani n’avait « pas eu d’effet du tout », Herbert l’a lui déplorée. « Ce n’était pas son rôle, ce n’est pas un entraîneur, c’est un arbitre et il n’a pas à descendre de sa chaise », a considéré le joueur français. « Tout ce que je peux dire, c’est qu’à partir de ce moment-là, il est devenu un autre joueur », a-t-il souligné.
Les organisateurs du tournoi, eux, avaient justifié jeudi l’attitude de l’arbitre par son « inquiétude » que l’Australien ait besoin « d’aide médicale » et par le « bruit » régnant sur le court. Des explications qui n’avaient pas convaincu Herbert : ils « nous prennent tous pour des imbéciles en nous faisant croire que l’arbitre n’a absolument pas outrepassé ses fonctions », avait-il écrit dans la soirée sur Twitter.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le photographe Samuel Bollendorff a photographié les zones les plus polluées de la planète pour une série de reportages à paraître dans « Le Monde ».
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Pour parer à la menace d’Ebola, de Marburg ou encore de Lassa, l’armée ouvrira, fin 2019, un laboratoire de recherche de haute sécurité à Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne.
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Les militaires préparent leur riposte contre les virus émergents

Pour parer à la menace d’Ebola, de Marburg ou encore de Lassa, l’armée ouvrira, fin 2019, un laboratoire de recherche de haute sécurité à Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h52
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

Pour abriter les virus les plus mortels de la planète, l’armée française a son écrin : deux élégants bâtiments ocre et gris, percés de meurtrières transparentes, dont le reflet colore les eaux d’un bassin. Cet îlot contemporain, inauguré en 2016, a été aménagé au cœur de la base militaire de Brétigny-sur-Orge, où l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) a regroupé la quasi-totalité de ses activités il y a quelques années. Ses murs abritent un laboratoire de haute sécurité (P-4 dans le jargon), où les militaires pourront dès la fin de l’année 2019 manipuler les pathogènes les plus dangereux : Ebola, Marburg, ou encore Lassa.

Depuis l’envoi, en 2001 aux Etats-Unis, de lettres piégées à l’anthrax, le risque biologique est dans la ligne de mire de l’armée, tout comme le risque nucléaire, radiologique et chimique (NRBC). L’épidémie d’Ebola, qui avait fait 11 300 morts en Afrique de l’Ouest (Guinée, Sierra Leone et Liberia) entre 2014 et 2016, et celle en cours en République démocratique du Congo (RDC), ont aussi rendu plus concrète la menace. « Nos troupes peuvent être exposées à des épidémies. Et Ebola fait partie, parmi d’autres, des virus qui auraient pu être militarisés ou qui pourraient l’être », souligne le pharmacien chef des services, Frédéric Dorandeu, chef de la division défense NRBC. Pendant la guerre froide, l’ex-URSS avait ainsi développé un programme pour transformer des virus en armes biologiques. « La recherche, c’est éviter la surprise stratégique », ajoute-t-il

Dans les couloirs du bâtiment encore désert, un alignement de mannequins en tenue de protection verte, blanche, jaune et orange pose le décor. L’accès au P-4 se fait par une lourde porte orange, scellée par un joint rempli d’air comprimé. A l’intérieur, l’atmosphère n’est troublée que par le ronronnement des souffleries qui maintiennent une pression négative dans le laboratoire, pour éviter toute...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ L’ONU s’inquiète du sort de ces musulmans chinois détenus en secret pour de longues durées, sans poursuites ou jugements. Ce que le régime dément.
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La Chine détiendrait un million de Ouïgours dans « des camps d’internement »

L’ONU s’inquiète du sort de ces musulmans chinois détenus en secret pour de longues durées, sans poursuites ou jugements. Ce que le régime dément.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 13h32
   





                        



   


Internement dans des « camps de déradicalisation », torture, lavage de cerveau… Depuis plusieurs mois, la Chine est accusée d’avoir arrêté et interné plusieurs centaines de milliers de Ouïgours, minorité musulmane située dans la région du Xinjiang, à l’extrême nord-ouest du pays.
Pour l’Organisation des Nations unies, pas moins d’un million de Ouïgours seraient détenus dans des camps en Chine, ce que nie le régime de Xi Jinping. Des témoignages de rescapés et d’ONG font état de torture et d’endoctrinement dans ces camps. Face à cette situation, des élus américains réclament des sanctions envers des responsables chinois et l’Allemagne a décidé de mettre fin aux expulsions des Ouïgours vers la Chine.

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La Chine détiendrait un million de Ouïgours
Début août, le comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale affirme disposer de nombreuses informations crédibles selon lesquelles un million de Ouïgours sont détenus dans « des camps d’internement géants placés sous le sceau du secret ». Dans ses conclusions, ce comité s’est alarmé des « nombreux cas d’internement d’un grand nombre d’Ouïgours et d’autres minorités musulmanes, détenus en secret et souvent pour de longues durées, sans être inculpés ou jugés, sous prétexte de la lutte contre le terrorisme ou l’extrémisme religieux ».
Ces centres se trouveraient dans le Xinjiang, qui compte environ 22 millions d’habitants dont près de la moitié d’Ouïgours d’origine turque, parmi lesquels beaucoup se plaignent de discriminations de la part de la majorité han. Les « élèves », selon l’expression du gouvernement désignant les personnes internées, sont regroupés par sections selon leur exposition supposée aux « idées extrémistes ». Ils sont contraints de suivre des sessions « internes » ou « externes » de quelques jours, plusieurs semaines ou plusieurs mois lors desquelles ils se font enseigner le mandarin, ainsi que les lois et l’idéologie communiste. De véritables cours de « lavage de cerveau », selon des Ouïgours en exil, contactés par Le Monde, qui en ont suivi à l’époque.
Des témoignages d’ancien rescapés de ces camps font également apparaître que la torture est fréquente dans ces camps. Dans une enquête sur le sujet publiée jeudi, Libération a recueilli le témoignage d’Omurbel Eli, qui a été interné une vingtaine de jours dans « un centre de transformation par l’éducation ». Il y « décrit sa cellule où s’entassaient une quarantaine de détenus, tous musulmans, les deux caméras de surveillance, le sommeil à tour de rôle, l’unique douche mensuelle, les heures passées alignés en rangs, les punitions corporelles et les tentatives de suicide », énumère le quotidien.
La province du Xinjiang, où vivent la majorité des Ouïgours à l’extrême ouest de la Chine, vit ainsi sous une forte présence policière. Les checkpoints des forces de l’ordre et les caméras de surveillance sont omniprésents dans la région. L’année dernière, le gouvernement chinois a interdit « les barbes anormalement longues » et le hijab dans cette région frontalière de l’Afghanistan et du Pakistan, et a ordonné à tous les conducteurs d’installer des dispositifs de localisation GPS dans leur véhicule.

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Pékin dément et affirme qu’elle a évité « une nouvelle Syrie »

   


Face à ces accusations, la Chine a vigoureusement démenti à la mi-août la détention dans des centres de rééducation d’un million de Ouïgours. Lors d’une audition devant un comité des droits de l’homme de l’ONU, Ma Youqing, directeur du département du travail du Front uni, agence du Parti communiste chinois, a affirmé que « les citoyens du Xinjiang, y compris les Ouïgours, jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits ».
Et selon lui, « l’argument d’un million de Ouïgours détenus dans des centres de rééducation est totalement faux ». Il affirme au contraire :
« Il n’y a aucune politique visant une minorité ethnique en particulier, ni limitant les droits et la liberté de religion du peuple ouïgour. »
Le parti au pouvoir en Chine justifie la surveillance de la population par les menaces posées par l’extrémisme islamiste, le terrorisme et le séparatisme. Des attentats imputés à des « séparatistes » ou musulmans radicalisés ont ainsi fait des centaines de morts ces dernières années dans la région ainsi qu’ailleurs dans le pays.
Dans un long éditorial, le Global Times, un influent quotidien proche du Parti communiste chinois, a défendu la politique sécuritaire qui a permis « d’éviter » que le Xinjiang devienne une nouvelle Syrie.
« Des politiciens et médias des Etats-Unis et d’autres pays occidentaux ont intensément critiqué la gouvernance du Xinjiang, parlant de massives violations des droits de l’homme et qualifiant la région de prison à ciel ouvert. Leur objectif est de semer le trouble au Xinjiang, et de détruire la stabilité si péniblement accomplie dans la région. »
Grâce au durcissement sécuritaire, « le Xinjiang a été sauvé alors qu’il était au bord du chaos, évitant le sort d’une nouvelle Syrie ou d’une nouvelle Libye », insiste l’éditorial.
Des élus américains appellent à des sanctions, l’Allemagne arrête les expulsions d’Ouïgours
Face à cette situation, des membres du Congrès américains – républicains et démocrates – ont adressé une lettre au secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, et à celui du Trésor, Steve Mnuchin, leur demandant de sanctionner sept responsables chinois et deux sociétés productrices d’équipements de surveillance. Une initiative dénoncée par la Chine.
« Les Etats-Unis n’ont aucun droit de critiquer la Chine et de s’ériger en juge dans ce domaine », a déclaré devant la presse la porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying, évoquant les problèmes de discrimination raciale dans ce pays.
« Ces parlementaires, payés par le contribuable américain, devraient s’occuper de leur travail (…) au lieu de mettre leur nez dans les affaires des autres pays. »
De son côté, l’Allemagne a décidé jeudi de mettre fin à toutes les expulsions de demandeurs d’asile ouïgours vers la Chine en raison des risques encourus. Cette annonce du ministère de l’intérieur survient après que le gouvernement allemand a reconnu avoir expulsé par erreur début avril un demandeur d’asile ouïgour, alors que son dossier devait encore faire l’objet d’un examen par l’Office de l’immigration.
La parlementaire écologiste à l’origine de la clarification du gouvernement, Margarete Bause, a qualifié l’expulsion de « scandaleuse », affirmant que la vie des Ouïgours était « en danger » une fois expulsés en Chine. L’avocat du jeune homme, Leo Borgmann, a d’ailleurs fait savoir qu’il n’avait plus eu de nouvelles de l’intéressé depuis : « Il n’a donné aucun signe de vie, nous craignons qu’il ait été arrêté. »

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Le club phocéen jouera notamment la Lazio Rome et l’Eintracht Francfort. Le tirage a été plus clément pour les Girondins de Bordeaux et le Stade rennais.
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LE MONDE
 |    31.08.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 15h07
   





                        


Du lourd pour l’Olympique de Marseille. Le club phocéen, finaliste de la dernière édition de la Ligue Europa, a hérité de la Lazio Rome et de l’Eintracht Francfort à l’occasion du tirage au sort effectué vendredi 31 août.
Ces deux clubs ont fini respectivement 5e de la Série A et 8e de la Bundesliga l’année dernière. Ils affronteront également les Chypriotes de Limassol, adversaire le plus abordable de cette poule.
« C’est un groupe relevé et je vais retrouver Rome avec plaisir pour y affronter la Lazio avec une autre équipe, sous d’autres couleurs, a réagi l’entraîneur de Marseille, Rudi Garcia, qui a dirigé l’AS Rome de 2013 à 2016. Quand on doit affronter un adversaire italien et allemand, on ne peut pas parler de cadeau. Mais nous n’en ferons pas un non plus. Notre groupe est plus relevé que la saison dernière. »
Le Zénith pour Bordeaux
Le tirage a en revanche été plus clément pour les Girondins de Bordeaux et le Stade rennais. Le club aquitain, qui n’a pas trouvé d’entraîneur après le départ de Gustavo Poyet et le refus de Thierry Henry, affrontera le Zénith Saint-Pétersbourg, le FC Copenhague et le Slavia Prague. De son côté, le Stade rennais est dans la poule du Dynamo Kiev, d’Astana et des Tchèques de Jablonec.
A noter également dans ce tirage au sort, la confrontation dans le groupe B de deux clubs détenus par Red Bull, les Autrichiens de Salzbourg et les Allemands de Leipzig. Chelsea, un des favoris de la compétition, s’en sort bien en héritant des Grecs du PAOK Salonique, des Biélorusses du BATE Borisov et des Hongrois de Vidi.

The official result of the #UELdraw! 🤩

— EuropaLeague (@UEFA Europa League)


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Arte accuse, un peu vite, YouTube de « censure »

La chaîne franco-allemande accuse, à tort, la plate-forme d’avoir bloqué une bande-annonce pour un documentaire sur les modérateurs du Web.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 18h10
    |

            Morgane Tual et 
Damien Leloup








                        



   


« La censure et encore la censure » : dans un article publié sur son site mercredi 29 août, la chaîne de télévision Arte s’est émue du blocage d’une de ses vidéos sur YouTube. Une bande-annonce présentant un documentaire sur… les modérateurs qui travaillent, notamment aux Philippines, pour les grandes plates-formes du Web, diffusé la veille et intitulé Les Nettoyeurs du Web (The Cleaners).
« Est-ce un message automatique, le résultat d’un des 25 000 clics quotidiens des “petites mains” philippines ? Ou les GAFA sont-ils particulièrement chatouilleux lorsqu’on regarde sous leurs jupes ? », fait mine de s’interroger la chaîne franco-allemande. « Conscients de la délicatesse du sujet, nous avions déjà expurgé le trailer des images les plus choquantes », détaille Arte.
Un documentaire sur des censeurs censuré par ces mêmes censeurs ? Twitter et Facebook, sur lesquels la bande-annonce a également été publiée, n’ont, eux, pas supprimé la vidéo. De quoi, en théorie, accréditer la thèse largement sous-entendue par le communiqué d’Arte d’une « vengeance », politiquement motivée, de YouTube contre un documentaire (par ailleurs encensé par la critique) « qui dérange ».
Photographies de propagande de l’EI
Mais l’histoire est en réalité beaucoup plus complexe. D’abord, si Arte assure avoir déjà « pratiqué l’autocensure » en enlevant de la bande-annonce les images les plus choquantes, le visionnage de la vidéo sur Facebook ou Twitter relativise largement cette affirmation. Les deux minutes de vidéo contiennent en effet des photographies de propagande de l’organisation Etat islamique (EI), une photo d’une exécution sommaire particulièrement explicite, des images de torture, une caricature à caractère sexuel… Autant d’images, pour certaines très choquantes, dont la publication est interdite par les règles d’utilisation de YouTube.
La problématique n’est pas nouvelle. Ces règles posent de nombreux problèmes aux documentaristes, aux journalistes et aux témoins qui tentent, notamment, de faire état de la situation en Syrie et dans d’autres pays en guerre. Une partie de ces règles n’émane pas uniquement de YouTube : plusieurs gouvernements ont demandé depuis plusieurs années aux grandes plates-formes de supprimer de manière automatique les images de propagande d’EI. Le commissaire européen à la sécurité exigeait encore, il y a quelques jours, que cette suppression se fasse, au maximum, une heure après la mise en ligne des images. Il n’est donc pas totalement étonnant que la vidéo ait pu être modérée.

        Lire aussi :
         

                YouTube supprime par erreur des vidéos d’exactions en Syrie



Une vidéo « sponsorisée »
Mais surtout, Arte omet d’apporter, dans son article, une précision importante. La chaîne explique bien avoir réalisé cette bande-annonce comme un « petit film promotionnel – un trailer – à destination des réseaux sociaux », mais ne spécifie pas que cette vidéo était aussi destinée à être « sponsorisée ». C’est-à-dire que la chaîne paye les réseaux sociaux pour afficher cette bande-annonce auprès d’internautes qui pourraient être intéressés par le sujet.
Le courriel annonçant la suppression de la vidéo YouTube n’a pas été envoyé par les équipes de modération de la plate-forme mais par celles de la régie publicitaire. Sollicitée par Le Monde, Arte reconnaît qu’il s’agissait bien d’une publicité, à destination du public allemand, et non d’une bande-annonce publiée sur sa chaîne YouTube. La filiale de Google a donc refusé une publicité, et non dépublié une vidéo.
Les règles en matière de publicité sur YouTube sont encore bien plus draconiennes que celles qui s’appliquent aux contenus classiques. « Les contenus pouvant choquer les utilisateurs ne sont autorisés dans aucun type d’annonce. Il peut s’agir, par exemple, d’un langage obscène, d’images choquantes ou sanglantes », précisent les règles de YouTube pour les annonceurs.
« La chaîne s’étonne considérablement du traitement réservé à ce clip. Le trailer est certes un peu brutal, mais il a été volontairement monté de manière à ce qu’on reconnaisse à peine les scènes, de façon rapide afin qu’on ne puisse pas s’appesantir sur les images », explique Claude Savin, la responsable du service presse d’Arte.
Le documentaire est en tout cas loin d’avoir été « banni » de YouTube. On peut en voir une bande-annonce officielle sur le compte YouTube de la société allemande productrice du documentaire. S’il est donc fort exagéré d’évoquer une « censure » politique comme le fait Arte, l’anecdote illustre malgré tout l’une des questions centrales du documentaire : est-il raisonnable de confier la modération de contenus à des entreprises privées ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Après une première plainte classée, un juge d’instruction parisien a estimé mi-août qu’il n’y avait pas lieu d’ouvrir une nouvelle enquête dans cette même affaire.
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Plainte pour viol contre Darmanin : un juge ordonne un non-lieu

Après une première plainte classée, un juge d’instruction parisien a estimé mi-août qu’il n’y avait pas lieu d’ouvrir une nouvelle enquête dans cette même affaire.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 16h37
   





                        



   


Un juge d’instruction parisien, saisi par la femme qui accuse Gérald Darmanin de viol, a estimé mi-août qu’il n’y avait pas lieu de relancer l’enquête, après le classement sans suite d’une première plainte.
Peu après le classement de sa plainte initiale par le parquet de Paris, au terme d’une enquête préliminaire, Sophie Patterson-Spatz, 46 ans, avait déposé le 28 février une plainte avec constitution de partie civile pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance.
Le 16 août, le juge a rendu une ordonnance de non-lieu, conforme aux réquisitions du parquet, selon les informations fournies à l’AFP par une source judiciaire. Le magistrat saisi a estimé qu’au vu des investigations menées au début de l’année, les faits reprochés n’avaient pas été commis et qu’il n’y avait pas lieu d’ouvrir une information judiciaire.
« Aucune confrontation »
Gérald Darmanin, l’actuel ministre de l’action et des comptes publics, âgé de 35 ans, est accusé par cette femme de l’avoir violée en 2009. A l’époque, elle s’était adressée à lui, alors chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP, pour tenter de faire annuler une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon. Selon elle, M. Darmanin lui aurait fait miroiter son appui auprès de la chancellerie en échange de faveurs sexuelles. « Le défaut de consentement ne suffit pas à caractériser le viol. Encore faut-il que le mis en cause ait eu conscience d’imposer un acte sexuel par violence, menace, contrainte ou surprise », explique le juge dans sa décision.
« Cette manière d’appréhender le dossier est choquante en 2018, alors qu’on est soi-disant dans un mouvement de protection des femmes victimes, a réagi auprès de l’AFP Elodie Tuaillon-Hibon, avocate de la plaignante. Il n’y a eu aucune confrontation, on n’a même pas pris la peine de recevoir ma cliente dans un cabinet de juge d’instruction. » « J’ai l’impression très nette qu’on crache sur ma cliente depuis le début de cette affaire, c’est une parodie de justice », a dénoncé l’avocate, qui a fait appel vendredi de cette décision.
« Après avoir été victime d’un véritable acharnement qui se termine par un non-lieu définitif (…) s’ouvre pour Gérald Darmanin le temps de la procédure en dénonciation calomnieuse, a déclaré de son côté son avocat, Pierre-Olivier Sur. Car ainsi qu’il l’a toujours dit, et confiant en la justice, il ira jusqu’au bout. »

        Lire aussi :
         

                Accusation de viol  : la version de Gérald Darmanin






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ L’assaillant a été blessé par balle par les forces de l’ordre néerlandaises. La gare a été fermée et le trafic ferroviaire interrompu. La police dit envisager « tous les scénarios ».
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La gare d’Amsterdam fermée après une attaque au couteau, qui a fait deux blessés

L’assaillant a été blessé par balle par les forces de l’ordre néerlandaises. La gare a été fermée et le trafic ferroviaire interrompu. La police dit envisager « tous les scénarios ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 17h44
   





                        



   


Un homme armé d’un couteau a blessé deux personnes à la gare centrale d’Amsterdam, vendredi 31 août, a annoncé la police néerlandaise. L’individu a été blessé par balle par des policiers.
« Vers 12 h 10 (heure locale), dans le tunnel ouest de la gare centrale, un homme a poignardé deux personnes et, juste après, a été blessé par balle par la police », selon le porte-parole de la police d’Amsterdam Rob van der Veen.
Les deux victimes, dont l’identité n’est pas connue, « sont très gravement blessées et ont été emmenées à l’hôpital », a-t-il précisé. Leur agresseur présumé « est également blessé mais ses jours ne sont pas en danger ».
« Nous ne connaissons pas encore les motivations du suspect », a-t-il dit, et la police « envisage tous les scénarios, y compris le pire… celui du terrorisme ».
La zone où s’est produite l’agression reste fermée, et des experts de la police scientifique y travaillent. Un service spécial de la police a aussi ouvert une enquête de routine sur les raisons pour lesquelles les policiers ont fait feu.
« Grande panique »
Un témoin a vu un jeune homme « s’écrouler » dans son échoppe de fleuriste, la main en sang. « Peu après, j’ai entendu des coups de feu et j’ai compris qu’il s’était produit quelque chose de grave », a dit Richard Snelders à l’agence de presse néerlandaise ANP.
Un peu plus tard, il a dit avoir aperçu un autre homme allongé sur le sol près de là. « La première chose qui vous vient à l’esprit, c’est que c’est un attentat terroriste. Après tout, vous êtes dans la gare centrale d’Amsterdam, a-t-il dit. Il y avait une grande panique. »
La police, arrivée rapidement sur les lieux, a ordonné en anglais à un homme de « rester à terre » après lui avoir tiré dessus, selon le témoin. « Tout s’est passé très vite. »
Le vendredi est un des jours les plus denses en nombre de voyageurs pour la gare d’Amsterdam, fréquentée quotidiennement, en moyenne, par 250 000 personnes, selon des statistiques fournies par le site Amsterdam. info.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La CGT lance une mobilisation pour le 18 septembre, SUD consulte sa base, l’UNSA et la CFDT en refusent le principe. La direction, elle, veut montrer que le groupe public passe à la mise en application du « nouveau pacte ferroviaire ».
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SNCF : l’intersyndicale se fracture sur la grève

La CGT lance une mobilisation pour le 18 septembre, SUD consulte sa base, l’UNSA et la CFDT en refusent le principe. La direction, elle, veut montrer que le groupe public passe à la mise en application du « nouveau pacte ferroviaire ».



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h00
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

« Vous reprendrez bien un rab de conflit social ? » C’est, en substance, ce qu’a proposé la CGT aux trois autres syndicats représentatifs de la SNCF, réunis en intersyndicale jeudi 30 août pour la première fois depuis la grande grève cheminote de plus de trois mois contre la réforme voulue par le gouvernement. Un mouvement qui n’avait pu empêcher que soit promulguée, le 27 juin, la loi « pour un nouveau pacte ferroviaire ».
« La CGT a proposé une journée de mobilisation le 18 septembre, cette proposition sera soumise à la consultation de nos structures régionales en début de semaine prochaine », a indiqué à l’AFP Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD-Rail. De leur côté, l’UNSA et la CFDT, les syndicats dits réformistes, ont refusé le principe d’une nouvelle grève lors de cette réunion.

« On n’a pas réussi à trouver d’accord pour une action, a confirmé Roger Dillenseger, secrétaire général de l’UNSA-Ferroviaire. Nous donnons priorité à la négociation. » La négociation en question est celle qui va démarrer mardi 18 septembre, d’où la date choisie pour cette nouvelle grève. Elle réunira le patronat du secteur et les représentants syndicaux de la branche ferroviaire (les quatre syndicats déjà cités plus Force ouvrière). Il s’agit de définir les nouvelles conditions d’embauche pour les futurs travailleurs du rail – qui ne seront plus embauchés au statut à partir de 2020 – et de préciser les critères de transfert des personnels dans le cadre de l’ouverture du transport ferroviaire à la concurrence.
« La CGT est en campagne électorale »
La désunion syndicale entérine les divergences de fond qui existent entre des syndicats réformistes qui, ayant admis que la réforme se ferait, veulent se concentrer sur le fond des sujets en négociation et les organisations plus radicales, qui souhaitent politiser le débat et n’ont pas totalement renoncé à faire abroger, au moins en partie, la loi.
Changement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Pour changer leur image, les chasseurs ont adopté une nouvelle stratégie : utiliser le vocabulaire des ONG qu’ils critiquaient jusqu’ici.
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Les chasseurs, « premiers écologistes de France » ? Histoire d’une communication politique

Pour changer leur image, les chasseurs ont adopté une nouvelle stratégie : utiliser le vocabulaire des ONG qu’ils critiquaient jusqu’ici.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 14h30
    |

                            Simon Auffret








                        



   


Depuis le 27 août, une question s’affiche en grand sur fond vert dans les couloirs du métro parisien, mais également à Lille, à Marseille, à Toulouse et à Lyon : « Les chasseurs, premiers écologistes de France ? » Sous le slogan de cette vaste campagne d’affichage de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), un début de réponse : « Ils participent bénévolement à la sauvegarde de la biodiversité de nos campagnes. »

https://t.co/PJhqgt0iib— ChasseursFrance (@Chasseurs de France)


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Outre ces affiches, une bande-son est diffusée sur 850 radios locales, ainsi qu’une vidéo sur les réseaux sociaux. Dans ce petit film musical, les verbes « découvrir », « étudier », « protéger », « aimer » défilent à l’écran, sur fond de couchers de soleil, d’opérations de comptage d’oiseaux et d’animaux sauvages gambadant à travers de grands espaces : aucune image de fusils, pas le moindre cadavre de gibier. Le verbe « chasser » a lui-même été occulté.
Cette campagne, « sans précédent dans l’histoire » de la FNC, à en croire son président, Willy Schraen, vise à corriger l’image de la chasse, écornée par des critiques récurrentes visant la chasse à courre et les rappels au respect du bien-être animal. Ce dernier peut déjà se féliciter d’avoir obtenu de l’Elysée une division par deux du prix du permis de chasse, le 27 août, un épisode évoqué par Nicolas Hulot lors de l’annonce de sa démission sur France Inter, et qui a remis le lobby des chasseurs au cœur du débat.
Depuis quelques années, les chasseurs ont adopté une nouvelle stratégie de communication : ils utilisent désormais le vocabulaire des organisations environnementales, qu’ils n’ont pourtant eu de cesse de combattre depuis les années 1980. « Nous avons laissé le champ libre à nos détracteurs, qui utilisent les réseaux sociaux et le monde médiatique pour diffuser des contre-vérités et une image erronée de la chasse française », explique Willy Schraen en introduction du plan de communication, avant de claironner : « Nous sommes les premiers écologistes de France ! »

        Lire aussi
         

          Le portrait-robot des titulaires du permis de chasse



Une réponse à l’échec du combat politique
Ce changement de discours s’est progressivement installé à la fin des années 2000. Investir l’écologie est alors apparu comme un nouveau moyen pour les 1,1 million de chasseurs français de porter leurs revendications. Cette approche constituait une réponse à l’échec des mobilisations massives : en 1998, 150 000 chasseurs avaient défilé à Paris contre les directives européennes encadrant la chasse des oiseaux migrateurs et instaurant les zones protégées Natura 2000, en vain.
« La création de Chasse, pêche, nature et tradition est clairement une réaction à l’entrée des Verts en politique » Paul Havet
Cette nouvelle stratégie vise également à compenser l’essoufflement des mouvements politiques affiliés aux chasseurs : à la fin des années 1990, l’opposition avec les partis écologistes se jouait encore sur le terrain politique. En 1989, « la création de Chasse, pêche, nature et tradition [CPNT] est clairement une réaction à l’entrée des Verts en politique », notait en 2003 Paul Havet, ancien directeur de l’Office nationale de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), dans une conférence intitulée « Comment réconcilier chasseurs et écologistes ? ». Mais depuis ses 4,23 % de voix obtenus lors de l’élection présidentielle de 2002, CPNT est en net déclin.
De l’eau a, depuis, coulé sous les ponts. Le combat s’est déplacé de l’arène politique aux sphères de la communication. Il s’agit aujourd’hui de gagner les cœurs. « On retrouve aujourd’hui des chasseurs qui contestaient, il y a vingt ans, la création des zones protégées Natura 2000, participant désormais à l’animation de ces mêmes territoires », explique au Monde le sociologue Ludovic Ginelli, membre de l’unité de recherche environnement, territoires et infrastructures de l’université de Bordeaux.
« Mais dans toutes ces nouvelles revendications, les chasseurs lambda ont gardé une ambiguïté sur leurs motivations, ajoute le sociologue. Ce positionnement se fait-il pour protéger la biodiversité ou pour développer l’activité cynégétique ? »
Légitimer une action sur l’environnement
Un scepticisme qui fait sourire Guy Guédon, président de la Fédération des chasseurs des Deux-Sèvres et administrateur de la fédération nationale, chargé de l’éducation à l’environnement : « Si notre engagement est aussi fort pour l’aménagement du territoire, c’est qu’il ne se limite pas à la chasse. Croyez-moi, on n’y passerait pas autant de temps. » 
Au sein de sa fédération, les chasseurs consacrent chaque année soixante-dix-huit heures à des activités de « protection et de gestion de la biodiversité » : entretien des haies et des bords de chemin, remise en état de zones humides, etc. Au niveau national, la FNC revendique même un temps bénévole passé à « s’occuper de la nature » de « trente mille équivalents temps plein ».
« Nous avons tout tenté… Il ne nous reste plus que les études scientifiques » Yves Butel
Afin de rendre audible leur message auprès de l’opinion et des responsables politiques, les chasseurs s’appuient désormais sur des études. « Nous avons tout tenté, expliquait le président de la Fédération départementale des chasseurs de la Somme, Yves Butel, en 2005. Les manifestations, la politique, le droit : il ne nous reste plus que les études scientifiques. »
La fédération nationale cite ainsi, à l’appui de ses campagnes de communication, trois instituts désignés comme « [ses] organismes scientifiques » : l’Institut scientifique nord-est Atlantique (Isnea), l’Institut méditerranéen du patrimoine cynégétique et faunistique (IMPCF) et le Groupe d’investigation de la faune sauvage (GIFS). Principalement spécialisés dans l’observation et le comptage des oiseaux migrateurs, ces organismes sont amenés à produire les « faits quantifiables et vérifiables », voulus par Willy Schraen pour étayer l’argumentaire des chasseurs.

        Lire aussi le reportage, en 2011 :
         

          Le chasseur, meilleur ami des bêtes...



Une estimation difficile
La difficulté qu’il y a à définir précisément ce qu’est l’écologie et à évaluer rigoureusement les atteintes de la chasse à la biodiversité profite largement au discours des chasseurs. Ces derniers ne font d’ailleurs jamais mention, dans leur campagne, des animaux abattus chaque année, préférant le terme de « prélèvement ».
« Où sont les chiffres précis sur les prélèvements ? » Pierre Maigre
« Il faut arrêter de prendre les résultats des études uniquement quand ils leur conviennent », soupire Pierre Maigre, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de l’Hérault : « Nous avons des éléments de mesure des populations par espèces, notamment fournis par les chasseurs. Mais où sont les chiffres précis sur les prélèvements ? »
L’ONCFS possède bien des tableaux de chasse annuels pour le gros gibier (sanglier, cerf, etc.) mais la mesure est plus difficile pour les autres animaux. Lors d’une enquête nationale sur la saison 2013-2014, seules soixante espèces sur quatre-vingt-dix chassables ont pu faire l’objet d’une estimation de « prélèvements ». Avec des écarts parfois importants : pour le faisan vénéré, l’estimation se situe par exemple dans une fourchette entre 78 029 et 143 477 animaux abattus. Du simple au double.
Cette évaluation est d’autant plus difficile à chiffrer qu’un type de chasse tend à échapper aux statistiques officielles : celle organisée dans les parcs de chasse, qui désignent les domaines dans lesquels sont organisées des battues privées. « On assiste à des locations, voire à de la sous-location de terrain, pour la chasse, pendant lesquelles les prélèvements sont souvent beaucoup plus nombreux », souligne Pierre Maigre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le licenciement de Guillaume Dubois, ex-dirigeant de BFM-TV et fidèle d’Alain Weil, est symbolique des difficultés du pôle presse du groupe de Patrick Drahi.
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Le directeur de « L’Express », Guillaume Dubois, renvoyé par Altice

Le licenciement de Guillaume Dubois, ex-dirigeant de BFM-TV et fidèle d’Alain Weil, est symbolique des difficultés du pôle presse du groupe de Patrick Drahi.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 16h16
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



   


L’Express perd sa tête : son directeur, Guillaume Dubois, est débarqué par la maison mère de l’hebdomadaire, Altice-SFR, a annoncé le quotidien Les Echos, vendredi 31 août. Selon une source interne, cette annonce aurait été faite au dirigeant puis à ses adjoints dès juillet, soit moins de trois mois après une relance du titre centrée sur une formule numérique payante. Les résultats étaient jugés décevants, mais les membres de la rédaction se disent « consternés » par la situation et le timing de ce renvoi : ils dénoncent « un débarquement décidé dans la précipitation et l’impréparation puisque l’actionnaire n’a pas encore choisi son successeur », dans un communiqué de la société des journalistes.
Ce licenciement, pas encore officiel, peut surprendre car Guillaume Dubois était un proche d’Alain Weill, le fondateur du groupe NextRadioTV et PDG d’Altice Média. Le journaliste a été pendant dix ans un des dirigeants de BFM-TV, le navire amiral du groupe.
Après la vente de NextRadioTV au groupe de télécommunications de Patrick Drahi, et le rachat du groupe L’Express par ce dernier, M. Dubois a été envoyé par Altice pour redresser l’hebdomadaire, en 2016. Il succédait au patron historique, Christophe Barbier, au profil beaucoup plus éditorialiste. MM. Weill et Drahi n’hésitent pourtant pas aujourd’hui à s’en séparer.
« En juillet 2017, il affirmait aux équipes disposer de trois ans pour réussir la transformation du journal, ironise la société des journalistes. Et Alain Weill, PDG d’Altice France, lui témoignait toute sa confiance en décembre 2017. »
M. Dubois paye les difficultés de L’Express. Sa nouvelle formule numérique, alimentée par les rédactions du journal papier et du site Web, fusionnées, n’a pas pour l’heure provoqué le sursaut espéré.
Son principe est de réduire la couverture de l’actualité chaude en ligne pour se concentrer sur les contenus à valeur ajoutée, afin de générer des abonnements. Mais ces derniers n’affluent pas et l’audience du site gratuit a fortement chuté : elle est passée de 12,643 millions de visiteurs uniques mensuels en janvier à 9,176 millions en juin, selon les chiffres de Médiamétrie cités par Les Echos.
Mauvaise surprise pour la rédaction
Dans un marché difficile pour les hebdomadaires et la presse papier en général, les ventes de L’Express étaient de 243 965 exemplaires en mars (dont 21 800 en kiosques), soit 7,71 % de baisse sur un an. Seul le kiosque numérique créé par l’opérateur télécom SFR avait apporté un peu d’oxygène.

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Au sein de la rédaction, le coup est dur. Les journalistes s’étaient étonnés que Guillaume Dubois ne prenne pas la parole depuis son retour de vacances, vers le 20 août, alors que la rentrée était délicate pour le titre – et qu’il avait connaissance de son licenciement à venir. Sa mise à l’écart est vécue comme une mauvaise surprise, car la nouvelle formule a demandé beaucoup de réorganisation et de mobilisation en interne et que cette réforme est encore très récente.
« Monsieur Drahi, que voulez-vous faire de L’Express ? », interpelle la SDJ, qui regrette « des errements stratégiques », « un fonctionnement low-cost » et « un management incompréhensible ». « L’ambition annoncée de faire de L’Express le numéro 1 de son marché s’est limitée à des mots », écrivent les journalistes.
Plus largement, le limogeage de M. Dubois symbolise les difficultés du groupe de Patrick Drahi à relancer efficacement son pôle de presse écrite. Libération a aussi vu un dirigeant important, Johan Hufnagel, partir fonder un autre média, Loopsider. En juin, le quotidien racheté en 2015 vendait 66 197 exemplaires, dont 16 000 en kiosques. Pour tenter de rebondir, Libération met en place le même genre de formule numérique que L’Express. Les titres avaient subi, après leur rachat, d’importants plans de départs de salariés.
En juin, le groupe de Patrick Drahi a annoncé qu’il vendait ses titres qui ne relevaient pas de l’information politique et générale : Mieux vivre votre argent, La Lettre de L’Expansion, Côté sud, Côté est, Côté ouest, Lire, Classica, Pianiste, Studio ciné live, Job rencontres, Salon du travail. La partie presse écrite du groupe de médias constitué par Patrick Drahi connaît une évolution plus difficile que sa partie audiovisuelle : le groupe NextRadioTV (BFM-TV, RMC, etc.) a continué d’avoir des bons résultats depuis son rachat, même si l’aventure dans le sport et le football reste à convertir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Le 16e Ultra-Trail du mont Blanc se court ce week-end. Théoriquement, tout un chacun est capable de courir ainsi 100 km ou plus.
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L’ultra-trail, un sport extrême, mais qui peut être accessible à tous

Le 16e Ultra-Trail du mont Blanc se court ce week-end. Théoriquement, tout un chacun est capable de courir ainsi 100 km ou plus.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 10h02
    |

            Catherine Pacary








                        



   


En quinze ans, l’Ultra-Trail du mont Blanc (UTMB), qui se court du 27 août au 2 septembre, s’est imposé comme l’épreuve emblématique de la discipline. Et en a suivi l’évolution : confidentiel à sa création, en 2003, alors que la « course sur sentier » débarquait de ce côté de l’Atlantique, il connaît un succès exponentiel depuis, avec dix mille participants pour huit cent mille pratiquants estimés en France, séduits par la liberté, le rapport à la nature et la convivialité qu’il induit. 
Cet engouement populaire peut surprendre lorsque l’on découvre les caractéristiques techniques de la course : 171,6 km courus en trois jours, 10 340 m de dénivelé positif… Des chiffres qui ont de quoi effrayer le sportif du dimanche.
A tort. Le trail et sa version ultra séduisent justement par leur côté « l’exploit humain à portée de tous et de toutes ». A condition de savoir exploiter au mieux ses ressources physiologiques, comme l’explique au Monde le docteur Jean-Charles Vauthier, traileur et médecin sur L’Infernale des Vosges, autre grand rendez-vous des amateurs, dont la 10e édition se tiendra du 7 au 9 septembre.
Un effort pas si intense, mais très long
L’ultra-trail ne demande pas forcément de puiser profondément dans ses réserves. Contrairement à des épreuves comme le sprint, ou comme les épreuves de demi-fond et de fond, voire les marathons.
« Notre corps utilise plusieurs carburants différents, en fonction de la nature de l’effort », détaille Jean-Charles Vauthier. Ils sont au nombre de trois, pour faire simple.
Lors d’un effort très bref et très intense, comme un 100-mètres, « l’athlète est en anaérobie [il court sans respirer]. C’est épuisant mais efficace, sur un temps maximal de trente secondes, pour les meilleurs. » 
Ensuite, sur des distances comprises entre 300 m et un marathon (42,195 km), « on parle d’un effort d’intensité moyenne sur une durée moyenne. Le corps utilise alors comme combustible le glycogène [un glucide complexe] qu’il a en stock, soit deux mille calories, qui lui permet de tenir trois heures environ. » 
Sur cette distance peut se manifester le fameux « second souffle », phénomène qui survient entre la 10e et la 30e minute d’effort. Il est dû à la sécrétion, en réaction à la douleur induite, d’une endorphine (morphine générée par l’organisme), qui envoie un message bienveillant à notre cerveau. Ainsi, douleur et stress s’atténuent-ils ; le coureur contrôle mieux sa respiration et ressent même un certain plaisir.
L’ultra-trail, quant à lui, « se classe parmi les efforts moins intenses, mais très longs, poursuit le docteur Vauthier. L’athlète puise alors dans son “gras”, une ressource quasi infinie de cent quarante mille calories que chacun possède, même les plus minces ! » 
Lors de l’épreuve, « le corps lipolyse, c’est-à-dire brûle du gras, poursuit le médecin. Sur cette phase de basse intensité, on peut tenir longtemps. François D’Haene [meilleur ultra-traileur français] a par exemple la capacité de passer rapidement, au bout de quatre ou cinq heures, en mode lipolyse. » 
D’où l’aisance souriante constatée chez cet athlète après cinq ou six heures de course. « C’est pour cela qu’il gagne ! »

   


Pas de prédisposition respiratoire particulière
Au niveau ventilation, l’ultra-trail ne nécessite pas, non plus, de prédisposition respiratoire particulière. « On est sur des durées d’effort qui ramènent à la vie normale. Le coureur est environ à 60 % de ventilation et suit une respiration classique, ventrale diaphragmatique, souple et détendue. »
Théoriquement, tout un chacun est ainsi capable de courir un ultra-trail au bout de trois ou cinq ans d’entraînement — tout de même.
L’ultra-trail s’apparente donc à une activité quasi normale. Les dernières recherches d’un groupe de médecins vosgiens, parmi lesquels le docteur Vauthier, vont dans ce sens. Ils ont étudié l’incidence de la course à pied sur les reins et ont démontré que, si ces organes souffrent lors de « runs » ou de marathons, ils ont une activité « normale » lors d’ultra-trails.
Ce qui fait dire à Jean-Charles Vauthier que courir un ultra-trail, « c’est juste un boulot », un travail physique, comme ouvrier sur un chantier, paysan ou artisan maçon. « Ce n’est pas si délirant que ça ! Il faut juste trouver un rythme compatible avec la durée. »
Encore faut-il préciser le mot « course ». En ultra-trail, on ne « court » pas, on « trotte ». « Plus c’est long, plus on trotte, s’amuse le docteur Vauthier. Sur 269 km [son dernier trail], en réalité, on marche dans les descentes, on marche dans les montées et on trottine sur le faux plat. [Beaucoup courent en réalité en descente] On fait des pauses toutes les trois ou quatre heures. On mange. On s’arrête même pour dormir — on a le droit ! — des minisiestes de sept minutes dans l’idéal, de trente minutes au maximum. Il nous arrive aussi de sortir l’appareil photo, devant un panorama fabuleux. »

   


Pas plus de risque d’addiction que dans d’autres sports
L’ultra-trail ne donne pourtant pas l’image du sport « pépère », décrit par Jean-Charles Vauthier. Les scènes d’épuisement y sont légion. « Mais là encore l’ultra-trail est ambivalent, précise le docteur, c’est une douleur qui fait du bien, une sensation que l’on a envie de retrouver », grâce à la fameuse endorphine.
N’y a-t-il pas en ce cas risque d’addiction ? Le docteur Vauthier réfute cette rumeur persistante. « Surtout pas ! Seuls 4 % des traileurs sont addicts, ce qui est la même proportion que dans tous les autres sports. »
Reste l’inexplicable. Lors de l’UTMB 2017, le vainqueur, François D’Haene, a couvert les 167 km et 9 618 m de dénivelé à la vitesse moyenne de 8,8 km/h ; à la mi-juin, l’Américain Jim Walmsley bouclait les 166 km de la Western State en 14 h 30 min, soit à 11,4 km/h de moyenne.
« L’être humain est naturellement endurant, commente M. Vauthier. Mais pour atteindre cette vitesse, il faut une prédisposition génétique. D’Haene ou Walmsley sont des ovnis ! »



                            


                        

                        

