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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Le réseau social généralise son service, dont il vante l’« interactivité », et qui permet de regarder et commenter à plusieurs des vidéos de meilleure qualité.
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Facebook lance son service de vidéos « Watch » dans le monde entier

Le réseau social généralise son service, dont il vante l’« interactivité », et qui permet de regarder et commenter à plusieurs des vidéos de meilleure qualité.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 12h55
    |

            Alexandre Piquard








                        


Facebook rend accessible son service de vidéos Watch en France et partout dans le monde. Désormais, cet onglet ne sera plus réservé aux seuls Etats-Unis, comme c’était le cas depuis son lancement il y a un an, a annoncé mercredi 29 août Fidji Simo, la responsable de la vidéo pour le réseau social. On peut y trouver de l’info, du divertissement ou du sport, avec des vidéos publiées par la chaîne CNN ou encore Jada Pinkett Smith, la femme de l’acteur Will Smith, ainsi que certains matchs de base-ball.
Facebook poursuit ainsi son offensive dans la vidéo. Face à ses concurrents, comme YouTube, Netflix, Amazon ou encore Instagram (qui appartient à Facebook), sa stratégie est hybride : avec Watch, l’entreprise cherche à créer un espace proposant des vidéos de meilleure qualité que celles publiées par tout un chacun dans le newsfeed, le fil sur lequel chaque utilisateur consulte les contenus de ses amis et des pages qu’il suit.

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Mais, pour autant, Facebook ne se lance pas à corps perdu dans la course au financement de « contenus originaux », séries ou films, comme Netflix, Amazon, HBO ou Disney. Contrairement à ces services payants ou à la section Discover de Snapchat, Watch se veut une « plate-forme ouverte » où les « créateurs » – célébrités, éditeurs indépendants ou médias traditionnels – pourront publier des vidéos. Sans toutefois proposer le foisonnement de contenus, souvent amateurs, présent sur YouTube (filiale de Google).
Un succès relatif aux Etats-Unis
L’originalité de Watch est son « interactivité », met en avant Mme Simo, citant la possibilité de regarder et commenter des vidéos à plusieurs ou de répondre à un quiz comme dans l’émission « Confetti ».
Il est difficile d’évaluer l’audience réelle de ce service depuis son lancement, car Facebook ne publie que certaines statistiques maison. Aux Etats-Unis, 50 millions d’utilisateurs regarderaient au moins une minute de contenus de Watch par mois, avance Facebook. Mais, selon une étude publiée le 21 août par l’institut The Diffusion Group, 50 % des utilisateurs américains de Facebook interrogés (sur 1 632 personnes) n’avaient jamais entendu parler de Watch, 24 % en avaient entendu parler sans l’utiliser.
Pour faire émerger Watch, Facebook compte sur l’évolution de son modèle économique : jusqu’ici, le réseau social a financé directement des contenus vidéo – avec, selon le Wall Street Journal, un budget de 1 milliard de dollars en 2018, un montant que Facebook refuse de confirmer ou infirmer. Ces investissements vont se poursuivre hors des Etats-Unis, précise Fidji Simo. Mais les éditeurs se rappellent que Facebook les avait au départ payés pour produire des vidéos en direct pour Facebook Live, avant d’arrêter, une fois le service bien établi.
Désormais, Facebook donne la possibilité aux créateurs de plusieurs pays, dont la France, d’insérer des coupures de publicité dans leurs vidéos sur Watch. Ils garderont 55 % des recettes, Facebook 45 %. Ce schéma vise à tenter d’intéresser certains médias ou des créateurs présents sur le rival YouTube.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Désaccord avec sa direction, règlement de comptes et refus de rédiger une « newsletter de l’Elysée »…, le directeur de la rédaction a quitté son poste.
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Au « Nouveau Magazine littéraire », Glucksmann paie ses critiques envers Macron

Désaccord avec sa direction, règlement de comptes et refus de rédiger une « newsletter de l’Elysée »…, le directeur de la rédaction a quitté son poste.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 15h00
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            
C’est une crise qui fut d’abord feutrée, cantonnée aux couloirs d’une revue littéraire avant d’éclater au grand jour. L’essayiste Raphaël Glucksmann, qui était directeur de la rédaction du Nouveau Magazine littéraire depuis décembre 2017, a décidé d’en claquer la porte. Dans le numéro de septembre, en kiosques le 30 août, trois éditoriaux expliquent pourquoi la situation est bloquée. L’un est signé de Raphaël Glucksmann, l’autre de Nicolas Domenach, son successeur, le troisième a été écrit par Claude Perdriel, l’actionnaire majoritaire du titre. Tous conviennent d’un désaccord politique. Autour de la personne d’Emmanuel Macron.
« Le président de la République n’était pas au cœur de nos préoccupations. Il était même le cadet de nos soucis. Pourtant, c’est bien notre façon de l’aborder qui suscita les désaccords menant aujourd’hui au divorce avec l’actionnaire majoritaire, écrit M. Glucksmann. Le Nouveau Magazine littéraire est à ses yeux hostile au pouvoir en place. Toute critique d’Emmanuel Macron se voit taxée de “faire le jeu des populistes”. » 
Claude Perdriel lui répond ainsi :
« Je suis de gauche, mais pas comme vous. (…) Contrairement à vous, je ne crois pas que défendre la liberté nécessite une rupture (…). Il serait absurde, cher Raphaël, de croire que nous pouvons être pro ou anti-Macron. Ce n’est pas notre affaire. Oui, nous pensons que certaines réformes sont à la fois courageuses, difficiles et plutôt positives. »

Ce règlement de comptes est en fait le résultat d’un long conflit interne de basse intensité, engagé depuis les débuts de la nouvelle formule de la revue. Le matin de la présentation du numéro 1, le 14 décembre 2017, une étrange réunion a lieu entre les dirigeants du magazine, dont Raphaël Glucksmann et Claude Perdriel mais aussi Maurice Szafran, le directeur éditorial, et Nicolas Domenach, membre du comité éditorial. « Dans ce numéro, il y a Michel Onfray...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ A la tête de France Culture depuis trois ans, Sandrine Treiner présente les nouveaux programmes de la rentrée et la stratégie de la station, notamment sur le numérique.
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Sandrine Treiner : « L’élitisme n’est pas une valeur positive pour France Culture »

A la tête de France Culture depuis trois ans, Sandrine Treiner présente les nouveaux programmes de la rentrée et la stratégie de la station, notamment sur le numérique.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 19h22
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


Alors que France Culture poursuit son développement numérique et entame les synergies attendues avec les autres acteurs de l’audiovisuel public, Sandrine Treiner, sa directrice, détaille les chantiers mis en place depuis trois ans. Elle évoque également les futurs projets, évoqués lors de la conférence de presse de rentrée de Radio France mercredi 29 août.
Quel bilan dressez-vous de ces trois ans à la tête de France Culture ?
Tout d’abord nous avons réinventé de manière claire la promesse et l’identité éditoriale de France Culture. Nous avons développé une multitude de nouvelles émissions pour construire une radio culturelle de référence. Les voix qui font la grille de la station ont été renouvelées. Et nous avons engagé la mutation et le développement numériques de France Culture. Le numérique n’est plus un service à part avec une problématique technique ou technologique mais une problématique éditoriale.
Malgré tout, l’audience de France Culture pâtit de son image élitiste…
Nous avons réfléchi à cette question d’image et de l’accessibilité de nos programmes. Nous savons que des gens se disent : « France Culture n’est pas pour moi ». Beaucoup ne savent pas qu’il y a de l’information et de l’actualité sur notre antenne et en quoi son traitement est spécifique. Nous avons travaillé là-dessus en rompant avec une certaine forme d’entre-soi. La qualité et l’exigence sont au centre de notre démarche mais l’élitisme n’est pas une valeur positive pour nous. Nous ne sommes pas un club. Les nouvelles générations sont très concernées par les questions liées à la mondialisation, à la citoyenneté ou encore à la responsabilité individuelle et collective, c’est aussi à eux que France Culture s’adresse.
Avec un peu plus de 23 millions de podcasts téléchargés au mois de mars, France Culture est désormais leader sur cette façon d’écouter la radio. Quels sont les futurs chantiers dans le numérique ?
Nous développerons des formats dont certains sont sous forme de collections de vidéos, de portraits… Chaque semaine, nous allons également créer des programmes spécifiquement pour le Web (fictions, documentaires…) à partir de « La Fabrique des histoires », des « Chemins de la philosophie », de la « Méthode scientifique »…
Ou en est l’offre culturelle que vous préparez avec France Télévisions ?
Nous pourrons j’espère dévoiler la première étape courant septembre. C’est une offre 100 % vidéo, tournée vers les nouveaux publics, composée de productions réalisées pour le numérique et de programmes développés entre autres par Radio France, France Télévision et France Médias Monde. Le tout avec une identité graphique et un label commun. Tous ces contenus seront diffusés sur les réseaux sociaux et non un site dédié, à l’ancienne. Il faut aller là où le public se trouve, ce sera donc un média social de la culture. Pour que la diffusion de nos productions soit amplifiée, chaque partenaire promouvra les contenus des autres.
Ces ajustements stratégiques s’accompagnent-ils de changements dans la grille des programmes ?
Il y aura de nouvelles émissions et de nouvelles voix, ainsi que de nouvelles formules, comme ce sera le cas pour la « Fabrique de l’histoire » , mais la grille n’est pas bouleversée. Il y a une demande manifeste d’appréhension du monde par la culture, puisque cette dernière est aussi une manière exceptionnelle et pertinente de regarder et de comprendre le monde. Cela s’incarne par la nouvelle émission « Signes des temps » dont le producteur – l’écrivain, essayiste, et journaliste Marc Weitzmann – n’a jamais fait de radio. Par ailleurs, l’historien Patrick Boucheron rejoindra « Les matières à penser », du lundi au vendredi à 22 h 15. Enfin, une nouvelle émission consacrée à la nourriture et à la gastronomie, le dimanche de 12 heures à 12 h 30 – qui s’appellera, a priori, « Les Bonnes choses » –, sera produite par Caroline Broué, notre productrice des « Matins du samedi ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Si le « New York Times » approche des trois millions d’abonnés numériques, les journaux régionaux souffrent. Depuis 2004, près de 1 800 d’entre eux ont disparu.
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Aux Etats-Unis, la presse locale est à l’agonie

Si le « New York Times » approche des trois millions d’abonnés numériques, les journaux régionaux souffrent. Depuis 2004, près de 1 800 d’entre eux ont disparu.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 09h48
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

« Défaillant. » Dans sa frénésie de tweets, le président des Etats-Unis Donald Trump accole systématiquement cet adjectif lorsqu’il est question du New York Times : une de ses cibles favorites, accusée d’appartenir à l’univers des « Fake News Media ». Les chiffres sont là pourtant pour prouver le contraire : d’avril à juin, le journal de référence a gagné 109 000 abonnés numériques pour un total de près de trois millions (2,9 millions) uniquement sur le numérique. Près de quatre millions (3,8 millions) au total, si l’on ajoute ceux qui reçoivent uniquement le papier.

Ce ne sont pas seulement l’effet Trump et les enquêtes dérangeantes pour le président américain qui ont dynamisé les abonnements du Times, permettant ainsi de compenser partiellement la baisse des recettes publicitaires : au deuxième trimestre, quelque 41 % d’entre eux (41 000) concernent le service de mots croisés (« Crossword », 14,71 dollars par an, 12,58 euros) et celui des recettes de cuisine (« Cooking », 40 dollars par an).
Les projets ne manquent pas : en 2019, le quotidien prévoit de lancer une émission télévisée, « The Weekly » (« L’hebdomadaire »), qui sera diffusée par la chaîne FX (groupe Fox) et la plate-forme Hulu. « Tout comme notre podcast extrêmement populaire, “The Daily”, nous espérons que “The Weekly” permettra à de nouveaux publics de découvrir le journalisme du Times, générera des revenus substantiels et nourrira l’abonnement à notre offre numérique », a déclaré le PDG Mark Thompson début août lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre. Sur cette période, le chiffre d’affaires s’est élevé à 414 millions de dollars (soit 354,5 millions d’euros), en hausse de 4,2 % sur un an, avec un bénéfice net de 23 millions de dollars.
45 % de salariés en moins dans les rédactions
Si le Washington Post, son concurrent, racheté en 2013 par Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, a dépassé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Facebook entend concurrencer un peu plus les autres géants américains du secteur, en particulier YouTube et Amazon Prime.
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Watch, la plate-forme de vidéos de Facebook, accessible au monde entier

Facebook entend concurrencer un peu plus les autres géants américains du secteur, en particulier YouTube et Amazon Prime.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 09h05
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 09h29
   





                        


Facebook a annoncé, mercredi 29 août, qu’il allait désormais proposer dans le monde entier son service de contenus de vidéos Watch, déjà déployé aux Etats-Unis depuis un peu plus d’un an.
« Nous avons créé ce produit de manière à ce que les utilisateurs ne soient pas dans une logique de consommation passive des vidéos, mais qu’ils puissent y participer. Nous espérons qu’ils auront le sentiment d’avoir passé un moment enrichissant », a expliqué la vice-présidente produits chargée de la vidéo et de la publicité, Fidji Simo.
Le service doit permettre aux utilisateurs de proposer, bien entendu, de nouvelles vidéos mais également trouver les dernières vidéos classées par thème, de sauvegarder certaines vidéos, d’échanger avec les créateurs, voire d’y interagir.
Du football et des contenus originaux
Le groupe a, par ailleurs, « passé énormément de temps avec les éditeurs » de contenus, afin de « laisser à chacun la possibilité de monétiser ses créations », via une série d’outils permettant d’intégrer de la publicité aux contenus, a ajouté Fidji Simo.
Cette annonce du réseau social survient deux semaines après celles concernant la diffusion gratuite et en direct des coupes d’Europe de football – Ligue des champions, Ligue Europa – en Amérique du Sud et de la première division espagnole, La Liga, en Asie du Sud.
« Les contenus que nous achetons ne sont qu’une part très faible des contenus qui seront disponibles sur Watch. Et nous sommes confiants dans le fait que la monétisation permettra de voir beaucoup de créations », a insisté Mme Simo.
Le groupe californien vient également concurrencer un peu plus les autres géants américains du secteur, en particulier Google avec sa propre plate-forme vidéo, YouTube, mais également Amazon, qui propose désormais de la vidéo à la demande avec son offre Prime.

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                Avec Watch, Facebook veut diffuser ses propres émissions



Un nouveau relais de croissance ?
Il s’agit surtout d’une approche nouvelle de la part de Facebook, dont la croissance a ralenti sur les derniers mois et qui doit trouver de nouveaux relais, alors que le groupe tente, par ailleurs, de développer un usage plus responsable de son réseau social phare par ses utilisateurs.
Le groupe avait notamment vu son titre fortement reculer fin juillet, perdant 19,34 % sur une séance le 26 juillet, soit une perte de capitalisation de 130 milliards d’euros en quelques heures.
Les marchés avaient alors sanctionné un chiffre d’affaires inférieur aux attentes sur le deuxième trimestre avec des perspectives jugées décevantes, alors que le nombre d’utilisateurs était également inférieur aux attentes.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Dans un entretien au « Monde », la présidente d’Arte France, Véronique Cayla, juge nécessaire de ne plus se focaliser sur l’antenne.
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édition abonné


« Arte n’est plus dans le carcan du menu obligatoire »

Dans un entretien au « Monde », la présidente d’Arte France, Véronique Cayla, juge nécessaire de ne plus se focaliser sur l’antenne.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 11h46
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

La chaîne Arte a un pied en France, l’autre en Allemagne. Une position particulière qui l’a très vite mise sur les rails de l’innovation (webdocumentaires, radio, podcasts…). Ses audiences modestes, tout comme son budget (279,50 millions d’euros en 2018), l’ont poussée à chercher des publics sur d’autres supports que l’antenne. A l’heure de la réforme de l’audiovisuel public, elle apparaît comme une pionnière. Sa présidente, Véronique Cayla, qui achèvera son deuxième mandat de cinq ans en avril 2021, expose ses ambitions européennes et ses projets pour la jeunesse.
Pourquoi Arte s’est-elle intéressée si tôt au numérique ?
« Pour compenser nos petites audiences, nous disséminons nos programmes sur tous les supports de diffusion possibles »   
Nous avons été les premiers à nous intéresser à la télévision de rattrapage, car les documentaires, qui constituent plus de 50 % de notre programmation, sont de nature à être vus et revus. Puis, nous avons développé successivement la webproduction, une radio, des podcasts, la réalité virtuelle, des jeux vidéo… Nous nous intéressons à tout ce qui est en marge de la télévision classique. Pour compenser nos petites audiences, nous avons mené une politique d’« hyperdistribution » : nous disséminons nos programmes sur tous les supports de diffusion possibles. Nous n’adhérons pas au slogan du rajeunissement de l’antenne. Il faut plutôt aller chercher les jeunes sur les supports qu’ils fréquentent. C’est pourquoi nous avons développé la délinéarisation : Arte Europe – disponible en six langues (allemand, français, espagnol, anglais, polonais et italien) – est uniquement sur Internet. C’est la télévision de demain. Bref, nous sommes un média « déchaîné » qui n’est plus dans le carcan d’un menu obligatoire.
Que devient alors l’antenne ?
Près de 80 % de notre audience nous découvrent encore par ce biais. Ce rapport va s’inverser, mais l’antenne sera toujours nécessaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Le site d’information spécialisé dans les nouvelles technologies et le divertissement va fermer, en raison notamment d’un désaccord stratégique entre ses copropriétaires, le groupe américain Ziff Davis et France 24.
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Le site Mashable France va bientôt fermer

Le site d’information spécialisé dans les nouvelles technologies et le divertissement va fermer, en raison notamment d’un désaccord stratégique entre ses copropriétaires, le groupe américain Ziff Davis et France 24.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 20h38
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 20h41
   





                        



   


Le site d’actualité consacré aux nouvelles technologies, aux réseaux sociaux et au divertissement Mashable France annoncera prochainement sa fermeture, selon une information des Echos publiée lundi 27 août, confirmée par Le Monde.
L’arrêt de la version française du pure player anglophone, lancée en 2016 et qui emploie sept journalistes, est une décision commune entre ses deux copropriétaires : le groupe de presse américain Ziff Davis, qui a racheté Mashable en décembre 2017, et France 24.

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                Avec la fermeture de BuzzFeed France, quel avenir pour les médias en ligne ?



Le groupe Ziff Davis est spécialisé dans les sites basés sur le modèle économique du commerce affilié, consistant à toucher une rémunération sur des liens commerciaux présents dans les articles. Il pratique également le « brand content » : des contenus produits pour promouvoir une marque. France 24 ne s’estime « pas en phase » avec cette stratégie, selon une source proche du dossier citée par Les Echos. Selon une autre source, des raisons budgétaires sont également à l’origine de cette fermeture.
Mashable France revendique 2 millions de visiteurs uniques par mois et propose des contenus propres, d’autres traduits du site américain ou produits par les journalistes du site de France 24.
Selon les Echos, les sept journalistes employés par Mashable France sont informés depuis le début du mois d’août de l’état des négociations. Les quatre employés en CDI devraient se voir offrir un autre poste au sein du groupe France Médias Monde. Cette fermeture survient après plusieurs autres annonces d’arrêt de médias, aussi bien sur papier (Ebdo, Vraiment), qu’en ligne (Buzzfeed, dont la fermeture a été suspendue par le tribunal de grande instance de Paris).

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                Accorder à la presse des « droits voisins » en ligne : une question de vie ou de mort






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Cette refonte du décor s’inscrit dans un projet éditorial global qui veut délivrer l’information sur tous les supports existants, notamment numériques.
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TF1 s’offre un nouveau plateau pour JT high-tech

Cette refonte du décor s’inscrit dans un projet éditorial global qui veut délivrer l’information sur tous les supports existants, notamment numériques.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 16h45
    |

            Alain Constant








                        



   


C’est l’heure des ultimes répétitions. Objectif : être d’attaque lundi 27 août, date des premiers journaux télévisés (JT) de TF1 présentés en direct sur un nouveau plateau à la pointe de la technologie. En attendant le jour J, il y avait du monde qui s’agitait en fin de semaine dernière dans cet espace vaste et fluide. Quatre caméras entièrement automatisées sont posées sur des rails, et un impressionnant fond visuel incurvé représentant un panorama parisien saisi en format numérique 6K, avec vue à 360 degrés, semble envelopper visuellement le plateau.
Techniciens, producteurs et Anne-Claire Coudray, visiblement ravie de ce nouvel espace de travail, règlent de nombreux détails : déplacements, axes regards et caméras, positions autour de la nouvelle et petite table qui peut accueillir quatre invités (une plus grande pouvant, selon les besoins, en rassembler huit), rien n’est laissé au hasard. Sous l’œil vigilant de Thierry Thuillier, directeur général adjoint du pôle information du groupe TF1, qui, après avoir lancé en mars un supplément magazine au JT du soir (intitulé « 20 h Le Mag »), veille à la bonne mise en place de cette deuxième étape importante de l’évolution générale du pôle information de la chaîne privée.

        L’interview de Catherine Nayl, en juin 2017 :
         

          « Une stratégie globale pour TF1 et LCI »



« Des rendez-vous forts »
« Le JT est devenu une production complexe. Le décor est un outil qui oblige à inventer de nouvelles formes d’écriture. Aujourd’hui, le JT d’une grande chaîne généraliste qui ne rapporte que les faits n’est plus suffisant. Sur TF1, on ne peut se contenter de ce que font, souvent bien, les chaînes d’information en continu. La mise en place de nouveaux formats, de pastilles, d’images en 3D, l’intégration d’infographies, de données chiffrées et leur mise en scène sont indispensables pour enrichir nos JT et conserver cette proximité avec le téléspectateur qui fait partie depuis toujours du cahier des charges de TF1. » 

        Les recettes de TF1 en 2015
         

          pour relancer son JT en perte de vitesse



La mort régulièrement évoquée des JT traditionnels, programmés en direct et à heure fixe sur les chaînes généralistes, n’est vraisemblablement pas pour demain. A l’heure de la délinéarisation et des nouvelles habitudes de visionnage sur tablette, smartphone et ordinateur, les JT de TF1, qu’il s’agisse du « 13 Heures » ou du « 20 Heures », continuent de fidéliser un nombre important de téléspectateurs. « Nos JT restent des rendez-vous forts pour diverses raisons : d’abord parce qu’il s’agit de direct ! Puis parce qu’au fil du temps, ils ont su évoluer, que ce soit dans le déroulement, l’écriture, la durée ou le décor. Il y a une dizaine d’années, une table immense occupait près de 90 % du plateau ! Aujourd’hui, on recherche l’inverse : de la fluidité, du mouvement, de la proximité entre le (la) présentateur(trice) et l’invité(e). »
Une inéluctable érosion
En attendant ce nouveau plateau, les audiences des JT de la Une se portent bien : en 2017-2018 (hors été), le « 13 Heures » rassemblait en moyenne 5,2 millions de fidèles, et le « 20 Heures », 5,7 millions. De bonnes audiences qui ne doivent pas occulter l’inéluctable érosion des JT traditionnels sur une longue période. Il y a dix ans, on comptait en moyenne 7 millions de téléspectateurs devant le « 20 Heures » de TF1, qui reste aujourd’hui le premier JT d’Europe en audience.
Ce nouveau plateau s’inscrit, selon Thierry Thuillier, dans un projet éditorial global qui doit penser à délivrer l’information sur tous les supports existants, notamment numériques. Le développement de LCI fait aussi partie des missions confiées à Thierry Thuillier, et dans un paysage audiovisuel français où quatre chaînes d’information en continu se livrent une concurrence féroce, la tâche s’avère délicate. Mais avec près de six cents collaborateurs et un budget de fonctionnement de 160 millions d’euros, le pôle information reste, plus de trente ans après la privatisation de TF1, un pilier fondamental du groupe. Et Gilles Pélisson, son PDG, entend bien rester leader de ce secteur très concurrentiel. Reste à savoir si le nouveau plateau, aussi beau et technologique soit-il, séduira de nouveaux téléspectateurs.

        Notre article lors de l’arrivée de Gilles Pélisson :
         

          Les 7 défis qui attendent le nouveau président de TF1






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Trois ans après son lancement, l’offre commune d’informations entre Radio France et France Télévisions est présentée comme un exemple à suivre pour l’audiovisuel public.
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A Franceinfo, une rentrée placée sous le signe du « média global »

Trois ans après son lancement, l’offre commune d’informations entre Radio France et France Télévisions est présentée comme un exemple à suivre pour l’audiovisuel public.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 10h43
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Laboratoire à ses débuts, il y a trois ans, Franceinfo apparaît désormais comme un modèle pour l’audiovisuel public. A l’heure des synergies, l’alliance entre Radio France, France Télévisions, France Médias Monde et l’Institut national de l’audiovisuel (INA), qui a créé un média global d’informations en continu – présent sur la radio, la télévision (canal 27 de la TNT) et le numérique avec un site unique et une application mobile – a ouvert la voie.
Les débuts n’ont pas été faciles. Encore aujourd’hui, des critiques subsistent. Dans un tract publié en juin, le Syndicat national des journalistes de Radio France raillait une « télévision qui coûte un pognon de dingue », évoquant les travaux prévus pour aménager un nouvel espace télé dans la rédaction. « Une dépense qui va s’ajouter aux 4,7 millions d’euros de charges annuelles que représente déjà la participation de Radio France à la chaîne Franceinfo. »

En cette rentrée, le patron de Franceinfo radio, Vincent Giret, est droit face à son micro : « Plus personne dans la rédaction ne ­conteste cette stratégie. Certains redoutaient que cela fragilise la radio. Au contraire, elle a profité de l’effet média global et du rapprochement avec France Télévisions. »
Franceinfo était une radio seule ; elle s’est intégrée dans un « écosystème » regroupant également France Bleu et France 24 – dont les programmes sont diffusés la nuit sur le canal 27. Au centre de ce dispositif, l’« Agence », une unité de Franceinfo créée en janvier 2016 et composée de 17 personnes chargées d’un travail de veille et de vérification de l’information. Elle produit des dépêches qui « vont jusqu’au prompteur du présentateur du canal 27 », note M. Giret.

L’une des grandes satisfactions est d’avoir imposé cette marque sur le numérique : « Il faut se rappeler que le site de Franceinfo était en vingtième place, celui de France Télévisions, qui s’appelait Francetvinfo.fr,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ L’entreprise publique s’engage dans une refonte complète de son organisation, pour favoriser la production de programmes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/08/2018
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L’heure de la transformation a sonné pour France Télévisions

L’entreprise publique s’engage dans une refonte complète de son organisation, pour favoriser la production de programmes.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 09h14
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Un si grand soleil. C’est le titre du feuilleton de la rentrée sur France 2. L’entreprise publique n’a pas lésiné sur l’investissement, avec un budget global d’une trentaine de millions d’euros. Signe qu’elle y place beaucoup d’espoir, il est diffusé à 20 h 40, dès lundi 27 août, un créneau idéal pour dynamiser ses soirées.
« Nous ferons briller ce grand soleil toute l’année », s’est enthousiasmée Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, jeudi 23 août, lors de la conférence de rentrée. « Une rentrée que nous voulons optimiste, tournée vers l’avenir », a-t-elle ajouté. Il faut dire que la saison précédente n’a pas été de tout repos.
A l’automne 2017, l’Elysée n’avait pas apprécié que France Télévisions tente de revenir sur des réductions budgétaires de 50 millions d’euros en faisant du lobbying auprès des députés. En décembre 2017, les journalistes de l’entreprise publique avaient voté une motion de défiance contre Delphine Ernotte… Pour couronner le tout, Emmanuel Macron avait lancé une charge violente contre l’audiovisuel public, accusé en particulier de ne pas avoir réussi à s’adapter. Les regards s’étaient largement tournés vers France Télévisions.
Au milieu de cette tourmente, c’est Mathieu Gallet, président de Radio France, qui apparaissait comme l’homme en vue. A tel point que certains le voyaient déjà comme le futur « super-PDG » de l’audiovisuel public. Pas vraiment un grand soleil pour Delphine Ernotte…
190 millions d’euros d’économies d’ici à 2022
Depuis, la situation a considérablement évolué. M. Gallet a été révoqué après une condamnation pour favoritisme. Dans le processus lancé par le ministère de la culture pour définir les priorités de l’audiovisuel public et mettre en œuvre les synergies entre les différentes entités, Mme Ernotte, dont le mandat s’achève en 2020, a joué un rôle de premier plan. « Elle est proactive », commente-t-on au ministère.
Mais,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune publiée conjointement par des médias européens, Sammy Ketz – directeur du bureau de l’AFP à Bagdad – et 78 journalistes estiment que l’Europe doit adopter sa réforme du droit d’auteur afin de protéger la presse de la prédation des géants du Net.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/08/2018
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Accorder à la presse des « droits voisins » en ligne : une question de vie ou de mort

Dans une tribune publiée conjointement par des médias européens, Sammy Ketz – directeur du bureau de l’AFP à Bagdad – et 78 journalistes estiment que l’Europe doit adopter sa réforme du droit d’auteur afin de protéger la presse de la prédation des géants du Net.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 21h59
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 15h29
    |

Sammy Ketz (Directeur du bureau de l’AFP à Bagdad)







                        


[En juillet, le Parlement européen a rejeté la réforme européenne du droit d’auteur qui visait à l’adapter à l’ère numérique. Cette directive était défendue par les créateurs, les artistes et les éditeurs de presse. Cette réforme devait notamment créer un « droit voisin » qui aurait permis aux journaux, aux magazines et aux agences de presse, comme l’Agence France-Presse, d’être rémunérés lorsque leurs articles sont republiés en ligne. La réforme du droit d’auteur sera de nouveau débattue au Parlement européen lors de la session plénière de septembre.]
Tribune. J’effectuais en octobre 2017 un reportage à Mossoul, l’ancienne capitale de l’organisation Etat islamique (EI), sur la rentrée des classes après trois ans de fermeture par les djihadistes, et je réfléchissais à la manière dont j’allais raconter le plaisir incommensurable ressenti par les enfants de cette ville martyre de retrouver les bancs de l’école qui leur avaient été interdits.
J’étais assis avec le photographe, le vidéaste et le chauffeur de l’AFP dans un restaurant avant de repartir pour Bagdad, quand j’ai lu sur mon ordinateur un article qui m’a interloqué sans vraiment m’étonner, sur les débats européens relatifs aux « droits voisins » et au projet de leur application aux entreprises de presse.
Après cinq ans passés à sillonner la Syrie dévastée par la guerre, où j’avais manqué à plusieurs reprises de perdre la vie sous les balles de tireurs embusqués ou les obus d’artilleurs chevronnés, je venais d’arriver en Irak pour la troisième fois depuis l’invasion américaine de 2003.
Des plates-formes qui se servent sans payer
Soyons concrets, en plus de quarante ans de carrière, j’ai vu le nombre de journalistes sur le terrain diminuer de manière constante alors que les dangers n’ont cessé de croître. Nous sommes devenus des cibles et les reportages coûtent de plus en plus cher. Fini l’époque où j’allais à la guerre, en veste, ou en bras de chemise, un carnet dans ma poche, aux côtés du photographe ou du vidéaste. Aujourd’hui, il faut des gilets pare-balles, des casques, des voitures blindées, parfois des gardes du corps pour éviter d’être enlevés, des assurances. Qui paie de telles dépenses ? Les médias, et cela est onéreux.

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                Après la victoire, les désillusions de la presse de droite radicale américaine



Or, les médias qui produisent les contenus et qui envoient leurs journalistes risquer leur vie pour assurer une information fiable, pluraliste et complète, pour un coût de plus en plus élevé, ne sont pas ceux qui en tirent les bénéfices. Ce sont des plates-formes qui se servent sans payer. C’est comme si vous travailliez mais qu’une tierce personne récoltait sans vergogne et à l’œil le fruit de votre travail. Si du point de vue moral c’est injustifiable, du point de vue de la démocratie ça l’est encore plus.
Combien d’amis ont cessé de « raconter » car leur média fermait ou ne pouvait plus payer. Jusqu’à ce qu’ils rangent leur stylo, posent leur appareil photo ou leur caméra, ils avaient partagé avec moi des peurs effroyables, terrés derrière un mur qui tremblait autant que nous sous l’impact des explosions, des joies indescriptibles quand nous arrivions au but, que nous allions raconter au monde la « vérité » que nous avions vue de nos propres yeux, des rencontres inouïes avec des seigneurs de guerre et leur cour d’hommes armés jusqu’aux dents qui tripotaient leur pistolet ou leur poignard en souriant pendant que nous interrogions leur chef, la poignante tristesse qui s’emparait de nous face à des civils hébétés pris au piège, des femmes protégeant maladroitement leurs enfants alors que les balles entaillaient le mur du réduit où elles avaient trouvé refuge.
Défendre la liberté de la presse
Les médias ont subi longtemps avant de réagir, s’en prenant aux conséquences plutôt qu’aux causes. Faute d’argent, on licencie les journalistes au point d’arriver parfois à la caricature : un journal sans journalistes ou presque.
Désormais, ils veulent faire valoir leurs droits pour pouvoir continuer à informer, ils demandent que soient partagées les recettes commerciales avec les producteurs de ces contenus, qu’ils soient médias ou artistes. C’est ça, les droits voisins.

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                Liberté de la presse : le mauvais coup du Sénat



Et bien sûr, il faut cesser de gober le mensonge colporté par Google et Facebook selon lequel la directive sur les droits voisins menace la gratuité d’Internet. Non. La gratuité existera sur Internet car les géants du Net, qui captent actuellement les contenus éditoriaux gratuitement et engrangent des recettes publicitaires de ce fait, peuvent rétribuer les médias sans faire payer les consommateurs.
Difficile ? Impossible ? Pas du tout. Facebook a réalisé un bénéfice en 2017 de 16 milliards de dollars (13,8 milliards d’euros) et Google de 12,7 milliards de dollars (10,9 milliards d’euros). Il faut tout simplement qu’ils paient leur écot. Ainsi les médias continueront à vivre et eux participeront au pluralisme et à liberté de la presse auxquels ils se déclarent attachés.
Je suis convaincu que les députés abusés par un lobbying mensonger ont désormais compris que la gratuité d’Internet n’est pas en cause. Il s’agit de la défense de la liberté de la presse, car si les journaux n’ont plus de journalistes, il n’y aura plus cette liberté à laquelle les députés, quelles que soient leurs étiquettes politiques, sont attachés.
Facebook et Google n’emploient aucun journaliste
De nombreuses fois, j’ai rencontré des gens assiégés, isolés, sans défense, qui demandaient seulement une chose : « Racontez ce que vous avez vu, ainsi nous aurons une chance d’être sauvés. » Dois-je leur dire : « Non, perdez vos illusions, nous sommes les derniers journalistes, bientôt vous n’en verrez plus car ils vont disparaître faute de moyens » ?
Il faut savoir que Facebook et Google n’emploient aucun journaliste et ne produisent aucun contenu éditorial, mais ils se rémunèrent par la publicité associée au contenu que les journalistes produisent.

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                Comment les médias occidentaux couvrent la vie privée des politiques



Chaque jour encore, les journalistes enquêtent dans tous les domaines pour informer les citoyens. Chaque année, des prix récompensent les journalistes les plus courageux, intrépides, talentueux. Il ne faut pas que ce siphonnage qui dépouille les médias des recettes auxquelles ils ont droit aboutisse un jour à ce qu’il n’y ait plus de prix à distribuer faute de candidats ayant eu les moyens d’aller sur le terrain.
Il est temps de réagir. Le Parlement européen doit voter massivement en faveur de l’application de droits voisins aux entreprises de presse pour que vivent la démocratie et un de ses symboles les plus remarquables : le journalisme.
Sammy Ketz est lauréat du prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre 2003 et du prix Albert Londres 1988. Soixante-dix-huit journalistes de vingt-sept pays de l’Union européenne appuient sa démarche.
Retrouvez l’ensemble des signataires :

   Liste complète des signataires de la tribune sur les droits voisins by Le Monde on Scribd




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Mannequin, chanteuse ou actrice, douze femmes noires font chacune la couverture d’un célèbre magazine anglo-saxon en cette rentrée de septembre. Dans « Vogue US », la chanteuse Beyoncé a même imposé un photographe noir. Simple phénomène de mode ou tournant dans la représentation des minorités ethniques ?
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Black is beautiful

Mannequin, chanteuse ou actrice, douze femmes noires font chacune la couverture d’un célèbre magazine anglo-saxon en cette rentrée de septembre. Dans « Vogue US », la chanteuse Beyoncé a même imposé un photographe noir. Simple phénomène de mode ou tournant dans la représentation des minorités ethniques ?



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 11h35
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Dans leur numéro daté du mois de septembre, douze journaux de mode anglo-saxons, parmi lesquels Elle, Glamour, Marie Claire, Porter, Vogue, ont choisi de mettre douze stars noires en couverture. Les actrices Laverne Cox, Tiffany Haddish, Aja Naomi King, Lupita Nyong’o, Issa Rae, Tracee Ellis Ross, Yara Shahidi et Zendaya, les chanteuses Beyoncé et Rihanna, les mannequins Naomi Campbell et Slick Woods. Une présence aussi massive, le même mois, est sans précédent. Le 14 août, le quotidien USA Today, le plus diffusé aux Etats-Unis, prenait la mesure de l’événement : « C’est une puissante déclaration sur la beauté des Noirs et la reconnaissance qu’ils peuvent être des artisans de la culture. »
Bouger les lignes éditoriales
Cette série de couvertures a fait bouger les lignes éditoriales et esthétiques courantes de la mode. A Vogue US, Beyoncé a imposé qu’un photographe noir, Tyler Mitchell, réalise la photo de « une ». C’est la première fois dans l’histoire de ce magazine qui existe depuis 1892 ! Et dans l’article qui lui est consacré le 6 août, la chanteuse avertit : « Si les gens haut placés continuent d’engager uniquement des personnes qui leur ressemblent, ils ne comprendront jamais ceux qui ont des expériences différentes des leurs. Nous y perdrons tous. »
L’actrice kényane Lupita Nyong’o (Twelve Years a Slave, de Steve McQueen ; Black Panther, de Ryan Coogler) tient des propos similaires dans le magazine Porter du 6 août. Rappelant qu’elle a été la première femme noire à représenter les parfums Lancôme en 2014, elle estime qu’un tel changement s’explique par l’idée tant dans la mode qu’au cinéma que « la beauté ne devrait pas être dictée, mais être l’expression de la liberté d’une femme à être elle-même ».

Yves Saint Laurent sera le premier à faire défiler un mannequin noir en 1962, puis Paco Rabanne en 1964. Depuis, à quelques exceptions près – Iman, Naomi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ La revue « Foreign Affairs » analyse comment la République populaire, qui conteste le monopole des géants américains de la Silicon Valley et revendique un autre modèle de gouvernance, pourrait bientôt imposer sa loi.
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La Chine, cyberpuissance du futur  sur le Net ?

La revue « Foreign Affairs » analyse comment la République populaire, qui conteste le monopole des géants américains de la Silicon Valley et revendique un autre modèle de gouvernance, pourrait bientôt imposer sa loi.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 16h19
    |

            François Bougon








                        


Nous sommes en train de vivre la fin de la domination américaine sur le Net, annonce le magazine Foreign Affairs dans son numéro daté septembre-octobre. La revue de référence consacrée aux relations internationales et publiée par le think tank américain Council on Foreign Relations (CFR) analyse en détail la lutte qui se mène actuellement pour l’Internet du futur. C’est en Asie, « que [son] avenir est le plus susceptible d’être écrit », souligne-t-il. Les deux premiers marchés se trouvent en effet sur ce continent : la Chine avec près de 780 millions d’internautes et l’Inde avec plus de 480 millions.
Bien évidemment, c’est aujourd’hui la Chine qui apparaît comme la cyberpuissance capable d’imposer sa loi. Non seulement la deuxième puissance économique mondiale conteste le monopole des géants américains de la Silicon Valley, en favorisant des champions nationaux – comme Baidu, Alibaba et Tencent –, mais elle revendique un autre modèle de gouvernance, moins décentralisé, plus autoritaire, plus impérieux dans sa volonté de contrôler le Net.
Biens communs
Pourtant hors les Etats-Unis et la Chine, d’autres voies sont explorées. En Inde, par exemple, les réseaux sont considérés comme des biens communs, explique l’entrepreneur indien Nandan Nilekani, et la mise en place d’un immense fichier biométrique a permis de lutter contre la corruption. En Europe, la protection des données individuelles a été érigée en priorité politique face à la toute-puissance des Facebook et Google, souligne Helen Dixon, commissaire chargée de la protection des données en Irlande.
Avec une Chine plus puissante cependant, tout laisse penser que « l’Internet sera moins global et moins ouvert. Une grande partie proposera des applications chinoises sur du matériel fabriqué en Chine. Et Pékin récoltera les bénéfices dans les domaines de l’économie, de la diplomatie, de la sécurité nationale et des renseignements, qui autrefois profitaient à Washington », s’inquiète l’expert américain en cybersécurité Adam Segal. L’utopie des pionniers, celle du World Wide Web, a laissé la place au « World War Web ».
« Foreign Affairs », septembre/octobre 2018.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Sophia Chikirou, ancienne directrice du pure player, doit jouer un rôle dans la campagne européenne du mouvement populiste de gauche.
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La crise au « Média » inquiète La France insoumise

Sophia Chikirou, ancienne directrice du pure player, doit jouer un rôle dans la campagne européenne du mouvement populiste de gauche.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 10h22
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            Abel Mestre (Marseille, envoyé spécial)








                        


Un spectre hante l’université d’été de La France insoumise (LFI) : la crise au Média. Depuis que les principaux dirigeants de ce pure player (Sophia Chikirou, ex-conseillère de communication de Jean-Luc Mélenchon ; le psychanalyste Gérard Miller et l’entrepreneur Henri Poulain) s’écharpent sur les réseaux sociaux, les dirigeants insoumis se tiennent prudemment à l’écart. Pas question pour eux d’intervenir dans une crise « qui ne les concerne pas ». Pas sûr, pour autant, que cette position soit tenable très longtemps. En effet, en annonçant son départ de la direction de la télé en ligne au début de l’été, Mme Chikirou a indiqué qu’elle rejoignait La France insoumise dans le cadre de la campagne pour les élections européennes en mai 2019.

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                Au « Média », le grand déballage se poursuit



Cette arrivée inquiète plusieurs dirigeants de La France insoumise qui craignent que la crise au Média parasite la campagne. Surtout, la façon dont a été décidé le retour de Mme Chikirou laisse perplexe Charlotte Girard, qui fera partie du binôme en tête de la liste insoumise avec Manuel Bompard. « J’ai une crainte de parasitage de la campagne, c’est vrai. Son arrivée n’a jamais été discutée, son poste n’est pas encore fixé », explique la responsable du programme de LFI. « Cela n’a pas été discuté, je ne sais pas où cette décision a été prise », confirme une figure de LFI. Un fin connaisseur du mouvement avance : « On est nombreux à dire à Jean-Luc Mélenchon qu’il faut trancher et vite. Il y a une pression pour lui dire de faire attention. »
« Sophia Chikirou garde toute notre confiance »
M. Bompard, ne partage pas cette version, indiquant que Mme Chikirou « supervisera la communication du volet européen de la campagne » : « On en a parlé tous ensemble. La discussion a eu lieu quand on a commencé à réfléchir sur la campagne. On a décidé qu’il y ait un volet européen et un volet national. La nommer à ce poste est la meilleure décision, insiste-t-il. Sophia a fait les campagnes de Jean-Luc Mélenchon mais aussi celles de Bernie Sanders aux Etats-Unis et d’Andres Manuel Lopez Obrador au Mexique. Ce qu’il se passe au Média ce n’est pas notre problème. Les bisbilles internes ne sont pas des motifs suffisants pour ne pas lui confier une telle mission. » 
Le député du Nord Adrien Quatennens a, de son côté, assuré que Mme Chikirou « gardait toute [leur] confiance » et qu’elle était « la meilleure candidate pour la tâche qui lui a été confiée ». Contactée, Sophia Chikirou n’a pas répondu à nos sollicitations. Elle doit venir samedi aux amFis (nom officiel de l’université d’été de La France insoumise) qui se réunissent à Marseille jusqu’au dimanche 26 août.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ L’animateur, qui prend les commandes de la matinale, veut renouer avec une « radio conviviale, mais aussi impertinente ».
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Europe 1, en perte de vitesse, abat la carte Nikos Aliagas

L’animateur, qui prend les commandes de la matinale, veut renouer avec une « radio conviviale, mais aussi impertinente ».



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 08h42
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

La dernière fois qu’on avait croisé Nikos Aliagas, c’était au début des années 1990, dans un petit bureau de Radio France internationale (RFI). Entouré d’une dizaine de téléscripteurs, dans un vacarme constant, l’enfant d’immigré grec découpait les dépêches d’agence pour les différentes rédactions en langues étrangères – « huit pages avec du papier carbone », se remémore-t-il. Il se précipitait à l’occasion dans les studios pour donner au journaliste les derniers « urgents ». Il était « télexman », métier aujourd’hui disparu, et distribuait aussi les cafés, tâche moins reluisante.
Etudiant sans argent à la Sorbonne, mais en costard-cravate – son père était tailleur –, et éditeur sans le sou : il avait lancé la Revue franco-hellénique, bilingue, avec des entretiens de personnalités grecques comme Melina Mercouri (1920-1994) ou Costa-Gavras. « Je faisais le tour des restaurateurs grecs pour trouver des financements. » 
Plus de trente ans plus tard, le voici animateur célèbre donnant des interviews dans un palace parisien devant un thé. « Noir plutôt fumé. » C’est la roue de la fortune, non pas celle de TF1 – la chaîne de télévision qui lui a permis de devenir célèbre en animant l’émission « Star Academy » –, mais celle des Grecs, bien sûr : Tyché, la déesse qui décide du destin des hommes.

Un parcours atypique
Entre-temps, Nikos Aliagas a abandonné ses rêves d’écriture – il se passionne plutôt pour la photographie et s’apprête à publier, mi-octobre, un livre de photos aux éditions de La Martinière. Et, surprise, il revient à la radio. C’est à lui qu’Europe 1, station en perte de vitesse et en quête d’auditeurs, a fait appel pour relancer des matins en souffrance. Un an après avoir confié les clés à des figures de Radio France – Frédéric Schlesinger pour la grille et Patrick Cohen pour la matinale –, l’actionnaire Arnaud Lagardère change de nouveau.

Place donc à Laurent Guimier, un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ « Chaque remise en cause d’Emmanuel Macron se voit vite accusée de “faire le jeu des populistes” », déplore-t-il, visant son ex-actionnaire, Claude Perdriel.
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Raphaël Glucksmann quitte le « Nouveau Magazine littéraire » : « On m’a fait comprendre que c’est ma personne qui posait problème »

« Chaque remise en cause d’Emmanuel Macron se voit vite accusée de “faire le jeu des populistes” », déplore-t-il, visant son ex-actionnaire, Claude Perdriel.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 20h00
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 20h37
   





                        



   


Clap de fin pour l’intellectuel Raphaël Glucksmann à la tête du Nouveau Magazine littéraire. Dans un message publié vendredi 24 août sur ses comptes Facebook et Twitter, il annonce son départ du titre, qu’il dirigeait depuis moins d’un an. Il y est remplacé par le journaliste Nicolas Domenach.
Dans son message, M. Glucksmann écrit que ses critiques publiques envers la politique menée par Emmanuel Macron sont à l’origine de son départ. Dans ce texte, qui sera publié la semaine prochaine dans le mensuel détenu par Claude Perdriel, l’intellectuel explique :
« Aujourd’hui, chaque remise en cause d’Emmanuel Macron se voit vite accusée de “faire le jeu des populistes”. […] Et un numéro puis un passage télé en juin dans lesquels je mettais fortement en doute le “progressisme” du président déclenchèrent une crise qui s’avéra vite insurmontable […] Plus encore que le journal, on m’a fait comprendre que ce sont ma personne, mes tweets, mes passages télés, mes posts Facebook qui posaient problème. »

        Notre article au moment de la sortie
         

          du premier numéro du « Nouveau Magazine littéraire »



« Je suis de gauche, mais pas comme vous »
« Cher Raphaël Glucksmann, je suis de gauche, mais pas comme vous », lui réplique Claude Perdriel, 91 ans, dans une « explication » qui doit être publiée simultanément.
« Nous revendiquons pour ce magazine une indépendance totale vis-à-vis de tous les pouvoirs — financiers, politiques ou médiatiques. […] Il serait absurde, cher Raphaël, de croire que nous pouvons être pro ou anti-Macron. Ce n’est pas notre affaire », souligne le président et fondateur du groupe qui édite les magazines Challenges et Sciences & Avenir, et ancien propriétaire du Nouvel Observateur. « Oui, nous pensons que certaines réformes sont à la fois courageuses, difficiles et plutôt positives », poursuit M. Perdriel.
Refondé à la fin de 2017 pour « regrouper les différentes sensibilités du camp progressiste », Le Nouveau Magazine littéraire a suscité la curiosité des lecteurs avec un premier numéro vendu à plus de 31 000 exemplaires, mais les ventes sont vite retombées.
Avec un investissement de 761 000 euros en marketing, le magazine a recruté 6 000 nouveaux abonnés (pour un total de 14 000 souscriptions), mais ses ventes en kiosques sont retombées au niveau de l’ancienne formule, avec 7 646 exemplaires pour le 5e numéro, selon la direction du journal.



                            


                        

                        


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Sur les réseaux sociaux, les jeunes trouvent des informations « que l’on ne voit pas ailleurs »

Peu adeptes de la télévision et de la radio, les 15-34 ans n’en sont pas moins férus d’actualité, d’après une étude de Médiamétrie.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h14
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 06h48
    |

                            Yassine El Azzaz








                        



   


« Cela fait plusieurs années que je n’ai plus la télévision. » Depuis qu’il a quitté le domicile familial, en 2009, Quentin Duval, un ingénieur trentenaire, ne s’informe plus que par l’entremise de Facebook et des médias auxquels il est abonné. La démocratisation des smartphones – près de 95 % des 15-34 ans en sont équipés, contre 65 % dans le reste de la population – a sonné le glas du petit écran chez les jeunes. Si Adrien, lycéen de 15 ans, sacrifie encore au rite du « 20 heures », cela tient à une raison simple :
« C’est le journal que mes parents regardent. Ils suivent très peu les chaînes d’information en continu. C’est mon seul lien avec la télévision. »
La génération Netflix s’impose, du nom du service de vidéo à la demande payant permettant de regarder des séries et des films n’importe où, n’importe quand. Une enquête commandée par le ministère de la culture à Médiamétrie, et publiée vendredi 27 juillet, détaille les habitudes en matière d’accès à l’information des personnes âgées de 15 à 34 ans. En 2017, la durée consacrée quotidiennement à regarder la télévision a diminué de 14 minutes, tandis qu’elle a progressé de 4 minutes sur les trois écrans Internet (ordinateur, tablette et téléphone portable), pour une durée d’écoute totale individuelle de 2 heures 20. La radio ne s’en tire pas mieux : la part des jeunes qui affirment l’écouter au moins une fois par jour est tombée à 40,5 % en 2016 (– 11,6 % par rapport à 2008).
L’actualité internationale arrive en tête
Cette classe d’âge n’en demeure pas moins friande d’actualité. Ainsi, 93 % des sondés affirment s’intéresser à l’information à des degrés divers. Près d’un jeune sur six déclare même y être accro. Parmi les thématiques consultées, l’actualité internationale arrive en tête, devant les faits divers et l’actualité locale.
Pour s’informer, ils privilégient les réseaux sociaux à 71 %, d’après la même étude. Si les usages changent, les sites des médias traditionnels restent prédominants : « En 2017, parmi le top 10 des plates-formes les plus consultées quotidiennement par les 15-34 ans, on retrouve des titres de presse (Le Monde, 20 Minutes, Le Figaro, etc.) et des chaînes de télévision (BFM-TV, Franceinfo) », souligne l’étude. « Concernant les questions liées à l’actualité, je m’informe auprès des médias traditionnels, à savoir les sites des quotidiens nationaux, qui jouissent d’une certaine légitimité et auxquels je suis abonnée sur Twitter », confirme Marie, étudiante en deuxième année de master en communication.
Le risque de se laisser duper par les fausses informations
Les forums sont aussi utilisés pour partager et commenter les informations. « Je fréquente beaucoup le 18-25 de Jeuxvideo.com [l’un des forums les plus actifs et les plus sulfureux en France]. J’y trouve des informations que l’on ne voit pas ailleurs », explique Raphaël, jeune bachelier de 17 ans. Au risque de se laisser duper par les fausses informations qui prolifèrent sur les forums et les réseaux sociaux ? Plus d’un tiers des enfants âgés de 10 à 18 ans ont relayé une « fake news » au cours des six derniers mois, selon une étude menée par l’organisme californien Common Sense Media auprès de 900 enfants aux Etats-Unis. « Les “fake news” sont plus présentes qu’on ne le croit. J’essaie de les éviter en regardant la source et/ou l’auteur », souligne Quentin Duval.
En France, au-delà de la question de la confiance placée dans l’information, c’est la reconquête des jeunes qui préoccupe Radio France, France Télévisions et France Médias Monde, mis sous pression par le président de la République Emmanuel Macron, qui s’était inquiété, en décembre 2017, de la désaffection de ce public. Cette étude apporte donc de l’eau au moulin du ministère de la culture, qui travaille à une réforme de l’audiovisuel public. Le 4 juin, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, regrettait que ces entreprises publiques n’investissent « que 3 % de leur budget dans le numérique. Nous sommes en train de passer à côté des jeunes. Notre média universel doit s’adresser aussi bien aux fidèles qu’aux “digital natives”, nés avec le numérique. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ En 1995, l’empire Lagardère est numéro un mondial de la presse magazine. Retour sur cette époque de tous les possibles, au moment où Arnaud Lagardère s’apprête, lui, à vendre « Elle », fleuron du groupe.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/08/2018
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Quand Lagardère s’offrait John-John Kennedy, l’enfant chéri de l’Amérique


                      En 1995, l’empire Lagardère est numéro un mondial de la presse magazine. Retour sur cette époque de tous les possibles, au moment où Arnaud Lagardère s’apprête, lui, à vendre « Elle », fleuron du groupe.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 08h24
    |

                            Pascale Nivelle








                              

                        

Pour son premier shooting à 100 000 dollars, Matt Berman avait loué une Buick gigantesque et couché au Château Marmont, l’hôtel des stars à Hollywood. Il devait rejoindre en studio Cindy Crawford déguisée en George Washington, nue ou presque sous la redingote du premier président des Etats-Unis. Derrière l’objectif, Herb Ritts, le photographe de célébrités parmi les plus chers du monde, plaisantait : « Cindy, John Kennedy ne viendra pas aujourd’hui. Mais je te présente Matt. » Ce printemps 1995, Matt Berman, timide directeur artistique inconnu, avait 30 ans. Les magazines étaient flamboyants. C’était il y a un siècle.
À New York, dans les années 1990, les Français sont rois. Hachette Filipacchi, l’employeur de Matt Berman, est le plus grand groupe de presse magazine mondial, avec des dizaines de titres sur les cinq continents et un chiffre d’affaires à faire enrager Hearst et Murdoch. Devant le 1633 Broadway, dans le quartier des journaux, à deux pas de Times Square et des sièges de Life et du New York Times, d’immenses bannières aux couleurs du groupe claquent au vent.
« On buvait du vin à midi, on s’habillait comme on voulait, l’ambiance était très cool. Les Français osaient tout. » Matt Berman, directeur artistique de « George »
« On les avait installées de sorte à faire croire que tout le gratte-ciel de 45 étages nous appartenait », se souvient le porte-parole du groupe Thierry Funck-Brentano, entré chez Matra il y a cinquante ans et toujours en poste dans le groupe Lagardère. Au 1633 Broadway, on parle français aux cinq derniers étages, jusque sur la terrasse avec vue sur la skyline, réservée aux chefs. Dans l’entrée en marbre est gravée la liste des titres du groupe aux États-Unis : une quinzaine de magazines spécialisés rachetés à CBS (Car and Driver, Boating, American Photo…) et, surtout, le fleuron, Elle, quintessence du chic à la française.
Avant de déguiser...




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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Le cofondateur du Média et psychanalyste a été critiqué sur les réseaux sociaux pour cette nouvelle collaboration.
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Gérard Miller et le directeur de « Valeurs actuelles » rejoignent LCI

Le cofondateur du Média et psychanalyste a été critiqué sur les réseaux sociaux pour cette nouvelle collaboration.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 21h53
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 22h28
   





                        


Le cofondateur du site Le Média Gérard Miller a été recruté par LCI pour débattre avec le directeur de la rédaction de Valeurs actuelles, Geoffroy Lejeune, a annoncé jeudi 23 août la chaîne du groupe TF1, confirmant des informations du site PureMédias. Le psychanalyste avait écrit mercredi sur Twitter qu’il allait « ferrailler le lundi à 17 heures ».

        Lire aussi :
         

                De Michel Drucker à Jean-Luc Mélenchon, le complexe Gérard Miller



Critiqué sur les réseaux sociaux pour cette nouvelle collaboration, Gérard Miller, 70 ans, compagnon de longue date de Jean-Luc Mélenchon, a répondu qu’il avait « été chroniqueur à France 2, à Europe 1, à Inter, à Paris Première, à RTL, etc. ». « J’y ai toujours dit ce que je voulais. Faut que je demande la permission à qui pour parler dans le poste ? », a-t-il fait mine de demander.

Chroniqueur sur RTL depuis plusieurs années (« On refait le monde »), je serai également à la rentrée sur LCI, où j… https://t.co/IlSMLjqiUf— millerofficiel (@Gérard Miller)


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Luc Ferry et Rokhaya Diallo recrutés aussi
Geoffroy Lejeune, âgé de 29 ans, directeur de la rédaction du magazine de droite depuis 2016, présentera également deux « billets d’humeur » chaque matin sur la chaîne du groupe Bouygues, remplaçant la journaliste Natacha Polony, a fait savoir LCI.
La chaîne d’information a confirmé le recrutement d’autres voix pour intervenir dans ses émissions : l’ex-ministre de l’éducation Luc Ferry ferraillera avec Daniel Cohn-Bendit (ex-Europe 1) le dimanche soir ; la militante antiraciste Rokhaya Diallo interviendra tous les lundis dans l’émission de David Pujadas ; le polémiste André Bercoff sera opposé à Soazig Quéméner, la rédactrice en chef politique du magazine Marianne, tous les vendredis dans l’émission d’Arlette Chabot.
L’ex-directeur du Point Franz-Olivier Giesbert interviendra également à l’antenne, et l’humoriste Yassine Belattar participera à l’émission d’Audrey Crespo-Mara, entre 10 heures et midi.
Dans le cadre de ses recrutements de rentrée, LCI avait déjà annoncé mardi que l’économiste Pascal Perri, qui intervenait depuis 2006 dans « Les Grandes Gueules », sur RMC, animerait une émission quotidienne de débat sur l’actualité économique et sociale de 16 heures à 17 heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ Avec l’augmentation de la propagation de « fake news » ces dernières années, la vérification des informations est devenue encore plus indispensable pour les journalistes.
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Comment fonctionne le service de « fact-checking » de l’AFP

Avec l’augmentation de la propagation de « fake news » ces dernières années, la vérification des informations est devenue encore plus indispensable pour les journalistes.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 20h59
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 14h35
    |

                            Aurore Gayte








                        


C’est une vidéo très partagée sur Internet depuis la fin de juillet. On y voit plusieurs personnes s’avancer dans la mer, des femmes voilées portant de gros sacs, et plusieurs hommes, immobiles, dont seules les têtes dépassent de l’eau. Quelques secondes plus tard, la vidéo change d’angle et nous montre trois personnes sur la plage, assistant à la scène autour d’un appareil photo. Elles filment le groupe de personnes dans l’eau.
Il n’en fallait pas plus au témoin de la scène et auteur de la vidéo, un touriste tchèque en vacances en Crète, pour y voir la preuve que les vidéos de migrants traversant la mer Méditerranée au péril de leur vie ne sont qu’une mise en scène, véhiculée par des médias du monde entier. En un mot comme en cent : une « fake news », ou fausse information.

Tout part d'une vidéo, dans laquelle un homme s'exprime en tchèque. On y voit un groupe d'une dizaine de personnes - dont des femmes voilées - avancer dans l'eau. Cinq d'entre elles semblent simuler une noyade #AFP pic.twitter.com/1nK1j2G2dk— Agence France-Presse (@afpfr) 22 août 2018



Toujours dans cette même vidéo, on aperçoit trois personnes se tenir sur la plage autour d'un appareil photo posé sur un trépied et orienté en direction du groupe présent dans l'eau #AFP pic.twitter.com/a8YZzRGsn5— Agence France-Presse (@afpfr) 22 août 2018


La vidéo a été publiée pour la première fois à la fin du mois de juillet, puis elle a été partagée en République tchèque, en Pologne, en France, au Royaume-Uni et en Espagne, avant d’être réutilisée par des sites conspirationnistes. Selon les calculs de l’Agence France-Presse (AFP), « la vidéo totalise, en trois semaines, plus de 1,2 million de vues sur YouTube, Facebook et Twitter », des chiffres assez impressionnants pour que les journalistes décident de la « fact-checker » (« la vérifier »).
Canulars et théories du complot bancales
L’AFP n’est pas spécialement connue du grand public. Et pour cause, elle n’est pas un journal, mais une agence de presse, c’est-à-dire que c’est elle qui produit les dépêches envoyées aux journaux, aux chaînes de télévision et aux autres professionnels de l’information. En 2017, un service spécialisé dans le fact-checking a été créé, et, depuis, les journalistes « débunkent » (« démystifient ») les fausses histoires, hoax (« canulars ») et théories du complot bancales, racontant avec force détails leur manière de procéder dans leur blog.
Dans le cas de cette vidéo, les choses n’ont pas été simples. Rémi Banet, le journaliste chargé du fact-checking, a d’abord dû chercher l’endroit où la scène avait été tournée. Il s’est appuyé pour cela sur le paysage.

Nous avons retrouvé le lieu du tournage, l'auteur de la vidéo accusatrice, et surtout, deux membres de l'équipe de tournage incriminée #AFP via @AfpFactuel pic.twitter.com/ESNRl0y0Ov— Agence France-Presse (@afpfr) 22 août 2018


Comme on peut le voir sur la première image, les flèches rouges indiquent sur quels éléments du paysage Rémi Banet s’est fondé. Il a alors cherché sur Google Maps les endroits en Crète pouvant correspondre à celui où la vidéo a été tournée. Il finit par trouver sa réponse : il s’agit de la ville d’Ierapetra, située dans une baie du sud de la Crète. Un travail minutieux, qui a dû prendre des heures.

   


Après avoir retrouvé le lieu, Rémi Banet a cherché l’auteur de la vidéo. Pour cela, il a utilisé le logiciel InVid, mis au point par l’AFP pour faciliter le fact-checking de vidéos. Le logiciel fonctionne comme une recherche inversée Google, et a permis de remonter jusqu’à l’origine de la vidéo. L’une des premières pages Facebook l’ayant partagée indiquait que l’auteur de la vidéo était une personne portant le nom de Marek Chrastina.
Cependant, pas de traces de ce Marek Chrastina sur Facebook : en effet, les utilisateurs peuvent choisir de ne pas apparaître dans les recherches sur le réseau social. Rémi Banet choisit alors de passer par Vkontakte, un réseau social russe très populaire en République tchèque, où il arrive à retrouver l’identifiant Facebook de Marek Chrastina. L’AFP l’a contacté pour savoir s’il était bien l’auteur de la vidéo, mais elle n’avait toujours pas « obtenu de réponse au moment de la publication de cet article ».
Retrouver les personnes filmées
Reste la dernière étape : retrouver les personnes filmées dans la vidéo, soit l’équipe de tournage et les personnes dans la mer. Pour cela, pas de solution sur Internet : il faut demander et enquêter sur place. Rémi Banet passe alors par les « fixeurs » de l’AFP en Crète — des relais des journalistes les aidant à faire leurs reportages à l’étranger — en leur envoyant des captures d’écran de la vidéo où les visages sont reconnaissables. Le monde du journalisme et de la production audiovisuelle étant assez petit, il n’est pas du tout surprenant que l’un de ces fixeurs, Manolis Kritsotakis, ait retransmis une heure plus tard le nom de plusieurs membres de l’équipe de tournage.
L’homme debout sur la plage est un cameraman, et la dame assise à côté de l’appareil photo est une réalisatrice de documentaire, Eleni Vlassi. Elle est aussi la directrice artistique d’un festival de documentaires se déroulant à… Ierapetra.
Contactée par l’AFP, Eleni Vlassi explique ne pas du tout être au courant de l’existence de la vidéo de Marek Chrastina, et précise qu’elle était à ce moment-là sur le « tournage d’un documentaire intitulé La Terre de Notre-Dame-des-Douleurs. La scène est censée se passer en Turquie, en 1922, quand les Grecs ont fui l’incendie d’Izmir. Ils s’échappaient par la mer, et certains se noyaient. » Les personnes aperçues dans l’eau étaient justement en train de filmer cette scène. « Ce sont des volontaires d’associations culturelles de Crète », précise la réalisatrice à l’AFP.
On peut d’ailleurs voir un extrait de cette scène dans la bande-annonce du documentaire :

🔍 Surprise : ils tournaient en réalité un documentaire sur l'exode des Grecs d'Asie mineure de 1922 (et l'on retrouve le groupe dans l'eau aux 4e/5e secondes de la bande-annonce du docu) ➡️ https://t.co/EAvRWcVCnm #AFP pic.twitter.com/IW15kR37Y9— Agence France-Presse (@afpfr) 22 août 2018


L’AFP est l’un des leadeurs mondiaux de l’information. Pourtant, même en étant une référence mondiale, et même après avoir expliqué point par point le raisonnement derrière un fact-checking, ils sont nombreux à ne toujours pas vouloir croire ce que dit l’AFP.

#JDRpoursuivez et CONDAMNEZ les responsables de l'#AFP qui DISSIMULENT aux Français depuis le #16décembre2010 les activités CRIMINELLES #dépuisLElyséesoutien et mission aux #TERRORISTES#FAFN #Soro #MNLA #BilalAgAchérif #Ansardine #AhmadaAgBibi #HCUA #CMAhttps://t.co/mE63UdT3ax— Yanick Toutain (@YanickToutain) 22 août 2018



Bien sur un journaliste ne ferait jamais cela AFP FAKE NEWS— JohnDo (@590Do) 22 août 2018


Les théories du complot ont en effet ceci de particulier qu’elles résistent à toute tentative de démolition : toute preuve censée infirmer la théorie va être retournée et se transformer en preuve supplémentaire de ladite théorie. Et de par leur aspect viral, les théories conspirationnistes seront toujours plus lues que leur « débunkage ».



                            


                        

                        

