<FILE-date="2018/08/30/16">

<article-nb="2018/08/30/16-1">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Au-delà d’un certain seuil, l’augmentation de l’internationalisation des échanges est préjudiciable à l’économie mondiale, estime l’économiste Pierre-André Buigues dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Ne sommes-nous pas arrivés à un seuil au-delà duquel les coûts engendrés par plus de mondialisation deviennent trop élevés »

Au-delà d’un certain seuil, l’augmentation de l’internationalisation des échanges est préjudiciable à l’économie mondiale, estime l’économiste Pierre-André Buigues dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 15h34
    |

                            Pierre-André Buigues (Professeur d’économie à Toulouse Business School (Université de Toulouse) et ancien conseiller économique de la Commission Européenne)








                        



                                


                            

Tribune. Les économistes considèrent que le commerce international est favorable à la croissance, car la mondialisation permet de localiser la production là où les coûts de production sont les plus faibles et de baisser les prix au bénéfice des consommateurs des pays où produire ces biens serait plus coûteux. La mondialisation permet aussi à des centaines de millions de travailleurs de pays pauvres de sortir du sous-développement, en Chine en particulier.
C’est pourquoi la majorité des économistes sont favorables à la signature de nouveaux accords de libre-échange, comme en témoigne la récente note du Conseil d’analyse économique (Avis de tempête sur le commerce international : quelle stratégie pour l’Europe ?, par Sébastien Jean, Philippe Martin et André Sapir, CAE, 2 juillet 2018). En effet, l’augmentation de la mondialisation des échanges ne peut que renforcer les effets bénéfiques de cette « mondialisation heureuse ».
Cependant, à l’opposé, les sondages montrent qu’en Europe, les populations sont majoritairement contre la mondialisation, responsable, selon elles, d’une stagnation des salaires et d’une augmentation du chômage et des inégalités. Certes, les économistes reconnaissent que gagnants et perdants sont géographiquement inégalement répartis – les gagnants sont, essentiellement, les travailleurs localisés dans les pays à bas coût ; les perdants sont les ouvriers peu qualifiés des pays développés. Mais, disent-ils, il y a un gain net : les perdants perdent moins que les gagnants ne gagnent, et cela même dans les pays riches, car les consommateurs y bénéficient de prix plus bas.
L’Europe la grande perdante
Les entreprises multinationales sont au cœur de la mondialisation et en sont les plus fermes soutiens. Leur stratégie d’internationalisation vise à rechercher les lieux de production les plus compétitifs avant leurs concurrents.
Pourtant, comme le montrent de nombreux travaux académiques, au-delà...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-2">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Donald Trump justifie sa « guerre commerciale » par des statistiques qui ne représentent plus la réalité des échanges économiques à l’heure de la mondialisation, observe l’économiste Stéphane Madaule, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La balance courante est le seul indicateur pertinent pour nous renseigner sur la compétitivité de l’appareil productif d’un pays »

Donald Trump justifie sa « guerre commerciale » par des statistiques qui ne représentent plus la réalité des échanges économiques à l’heure de la mondialisation, observe l’économiste Stéphane Madaule, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 14h42
    |

Stéphane Madaule (Economiste)







                        



                                


                            

Tribune. Les statistiques des douanes parues le 7 août laissent apparaître pour la France un déficit du commerce extérieur record de 33,5 milliards d’euros sur les six premiers mois de 2018. L’Allemagne a enregistré sur la même période, malgré la hausse du pétrole, un excédent de 121,5 milliards d’euros. Ces chiffres sont-ils pour autant révélateurs d’un affaiblissement drastique de l’économie française ? Peut-on pour autant faire une corrélation étroite entre la performance ou la compétitivité d’une économie et les résultats de sa balance commerciale ?
Au début des années 1980, lorsque l’économie de chaque pays était peu internationalisée, le solde de la balance commerciale de marchandises avait encore un sens. En effet, on comparait les exportations de biens en volume et en valeur aux importations pour savoir si un pays était compétitif ou non. On jugeait ainsi, par l’évolution de cet indicateur, de la performance de l’outil de production d’un pays au regard de ses exportations et de ses importations de biens.
Bien entendu, ce solde n’avait déjà qu’une signification partielle sur les performances d’une économie à l’international. Il ne prenait pas en compte les échanges de capitaux et les services, soit la balance courante qui, dans certains cas, permettait à des pays de rééquilibrer leur solde financier externe. Car l’important en dernier ressort pour une économie, c’est que les flux en devises qui rentrent dans le pays soient à peu près équivalents aux flux qui en sortent, de manière à ne pas vivre au-dessus de ses moyens en se mettant à emprunter et donc s’endetter pour boucler ses fins de mois.
Le solde commercial déficitaire de la Grande-Bretagne
Le solde de la balance courante est bien plus éclairant que celui de la balance commerciale. A titre d’exemple, un pays comme la Grande-Bretagne a toujours eu tendance à connaître un solde commercial déficitaire, mais il est plus que compensé par des entrées nettes de capitaux,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-3">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Après la Révolution et l’abolition des privilèges, la sélection au mérite devait bâtir une nouvelle hiérarchie sociale. Pourtant, la société française d’aujourd’hui peine à offrir à chacun, quelles que soient ses origines sociales ou culturelles, les mêmes chances de réussite. Et l’école est en première ligne.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ 
<article-nb="2018/08/30/16-4">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Selon la sociologue, les résultats scolaires sont appréciés sans tenir compte de l’apport familial, des établissements d’origine et de la façon dont les élèves ont été préparés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Agnès van Zanten : « Le mérite, c’est le terreau d’une idéologie très libérale, centrée sur l’individu »

Selon la sociologue, les résultats scolaires sont appréciés sans tenir compte de l’apport familial, des établissements d’origine et de la façon dont les élèves ont été préparés.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 13h00
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            

Agnès van Zanten est sociologue, directrice de recherche à l’Observatoire sociologique du changement (CNRS, Sciences Po). Elle est l’auteure de nombreux ouvrages, dont Choisir son école (PUF, 2009),et d’articles de recherche consacrés à l’élitisme scolaire, dont « La fabrication familiale et scolaire des élites et les voies de mobilité ascendante en France » (L’Année sociologique, 2016).
Depuis la Révolution, la hiérarchie sociale en France est censée être basée sur le mérite individuel et non plus sur la naissance. Cet attachement au mérite structure-t-il notre système éducatif et de quelle manière ?
Tous les systèmes d’enseignement actuels récompensent le mérite. Mais, en France, pour un ensemble de raisons historiques, la définition du mérite est très exigeante, les élèves étant encouragés à viser l’excellence et évalués à l’aune de cet objectif très ambitieux. Cet idéal d’excellence se combine avec un idéal d’égalité.
Pour beaucoup d’enseignants, « l’égalité » c’est de pouvoir offrir la possibilité à chaque élève d’accéder à l’excellence. Mais quid de tous les élèves qui ne seront jamais excellents ? Tout se passe alors comme si les bons élèves avaient une plus grande valeur que les moyens et les mauvais. Tous les systèmes ne récompensent pas l’excellence à un si haut degré.
Dans mes enquêtes en milieu scolaire défavorisé, j’ai constaté que, même s’il y a beaucoup d’élèves en situation d’échec, une partie des enseignants se satisfait de réussir à dégager une petite fraction de très bons élèves. On se félicite que tel élève soit allé ensuite dans un lycée coté, comme si la réussite d’un petit nombre pouvait racheter l’échec de tous les autres. Cela pourrait être complémentaire, on pourrait aussi parallèlement éprouver de grandes satisfactions à avoir amené un grand nombre d’élèves à un niveau convenable.
Mais il y a souvent une admiration sans borne de la part des enseignants...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-5">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ En tirant le bilan du mercato d’été, l’économiste Bastien Drut, dans une tribune au « Monde », éclaire les arcanes du « business model » du football qui repose de plus en plus sur l’arme stratégique du transfert des joueurs.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les « records » sonnants et trébuchants de l’économie du football

En tirant le bilan du mercato d’été, l’économiste Bastien Drut, dans une tribune au « Monde », éclaire les arcanes du « business model » du football qui repose de plus en plus sur l’arme stratégique du transfert des joueurs.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 15h00
    |

Bastien Drut (Stratégiste senior chez CPR Asset ­Management)







                        



                                


                            

Tribune. Le mercato d’été des échanges de joueurs entre clubs de football se termine vendredi 31 août, et de nouveaux records ont été battus. Recruté pour 117 millions d’euros par la Juventus, Cristiano Ronaldo est devenu le premier joueur trentenaire transféré pour plus de 100 millions d’euros : jusqu’à maintenant, les transferts à plus de 100 millions concernaient des joueurs de moins de 25 ans, car ces derniers conservent une valeur marchande pendant plusieurs saisons après leur arrivée.
Le record du gardien le plus cher de l’histoire a lui aussi été battu deux fois cet été, avec le transfert de Kepa Arrizabalaga à Chelsea et celui du gardien de la Seleção, Alisson Becker, à Liverpool pour respectivement 80 et 75 millions d’euros. Quant à Vinicius Junior, arrivé cet été au Real Madrid alors que le club madrilène l’avait recruté il y un an, à l’âge de 17 ans, pour 45 millions d’euros, il est devenu, avec ce montant, l’adolescent le plus cher de l’histoire du ballon rond.

Pourtant, le total des indemnités de transfert versé par les clubs cet été a légèrement baissé par rapport à l’été 2017. Il reste toutefois bien au-delà de celui de l’été 2016, et le montant total a progressé à un rythme de 15 % par an en moyenne depuis 2010. L’une des raisons de la légère baisse cette année est liée au raccourcissement de la période active du mercato, car la Coupe du monde a retardé la recomposition des effectifs des grands clubs européens.
La Ligue 1 a vendu ses pépites à l’étranger
De même, s’il est vrai que le record du transfert de Neymar au Paris-Saint-Germain (222 millions d’euros en 2017) n’a pas été battu cet été, ce serait une erreur de ne se concentrer que sur les « méga-transferts ». Car le nombre de transferts intermédiaires a explosé. Pour la première fois, plus de 60 transferts de 20 millions d’euros ou plus ont été réalisés en Europe, alors qu’il y en avait à peine une dizaine il y a cinq ans. En réalité, la hausse...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-6">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », estime que derrière la guerre commerciale entre Pékin et Washington s’en déroule une autre encore plus significative pour l’avenir.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’émergence de la Chine en superpuissance scientifique commence à tourmenter les Américains »

Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », estime que derrière la guerre commerciale entre Pékin et Washington s’en déroule une autre encore plus significative pour l’avenir.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h59
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. La toile de fond peut masquer l’essentiel. La « guerre » commerciale que les Etats-Unis livrent à la Chine en recouvre une autre, plus importante : la bataille du futur pour la prééminence scientifique et technologique. L’enjeu – la première place dans les domaines de la création et de l’innovation – est une affaire stratégique. Elle départagera les deux plus grandes économies du monde. Celle qui l’emportera pourra prétendre à la prépondérance ou, si l’on veut, au rang d’hyperpuissance.
Les premiers coups, qui ont occupé tout l’été, ont porté sur les taxes douanières. Aux 34, puis 50 milliards de dollars de droits de douane décrétés par Donald Trump, au nom de la « sécurité nationale », sur toute une gamme d’exportations chinoises aux Etats-Unis, Pékin a répondu en augmentant la mise : 60 milliards de droits sur une large palette de produits américains. Réponse du berger à la bergère, Washington menace maintenant de passer à la vitesse supérieure – 200 milliards de dollars de droits – et la Chine jure qu’elle surenchérira à son tour.
Pour spectaculaire qu’il soit, ce pugilat tarifaire, prélude à une négociation qui vient de s’ouvrir à Washington, n’a eu jusqu’à présent que peu d’impact économique. Il semble avoir plus ébranlé la confiance des Chinois que des Américains. L’argumentaire de Trump est connu. Tenue pour responsable du déficit des échanges commerciaux entre les deux pays, la Chine est accusée de pratiques déloyales. Elle ne joue pas franc jeu. Les exportateurs chinois bénéficient des facilités qu’un secteur bancaire contrôlé par la puissance publique leur octroie sur ordre. Ils ne payent pas de loyer. Pour les entreprises étrangères, l’accès au marché chinois est limité – qu’il s’agisse de vendre biens et services ou d’acquérir une société locale – quand il n’est pas conditionné à l’obligation de transférer leur technologie sur place. La Chine pratiquerait allègrement espionnage industriel et détournement, par voie...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-7">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. La poussée du parti AfD déstabilise les institutions démocratiques allemandes en appelant à faire triompher la force sur le droit. Une nouvelle manifestation est prévue à Chemnitz ce soir.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Allemagne : les menaces de l’extrême droite

Editorial. La poussée du parti AfD déstabilise les institutions démocratiques allemandes en appelant à faire triompher la force sur le droit. Une nouvelle manifestation est prévue à Chemnitz ce soir.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 15h51
   





                        


Editorial du « Monde ». C’était il y a un an. Candidate à un quatrième mandat de chancelière, Angela Merkel s’était lancée dans une campagne minimale, confortée par des sondages lui prédisant une victoire confortable aux élections législatives du 24 septembre 2017. « Pour une Allemagne où il fait bon vivre », pouvait-on lire sur ses affiches. Aucune réforme ambitieuse au programme. Juste la promesse d’un avenir tranquille dans un pays prospère, à l’abri des tumultes du monde.
Un an plus tard, Mme Merkel est toujours au pouvoir, mais son slogan de campagne bute sur une réalité de plus en plus inquiétante, dont Chemnitz (Saxe) est aujourd’hui le symbole. Proche de la frontière tchèque, cette ville de 240 000 habitants fait la « une » de l’actualité depuis le meurtre, dimanche 26 août, d’un Allemand de 35 ans. Un crime dont sont soupçonnés deux réfugiés d’une vingtaine d’années, un Syrien et un Irakien, et à la suite duquel l’extrême droite a organisé d’importantes manifestations jalonnées de saluts hitlériens et d’agressions à l’encontre de personnes d’origine étrangère. Des manifestations dont l’ampleur a été largement sous-estimée par les autorités et que la police n’a pas su encadrer, au risque de donner le sentiment d’être dépassée par les événements.

        Lire aussi :
         

                Angela Merkel face aux violences d’extrême droite



Dans cette région de l’ex-Allemagne de l’Est, de telles démonstrations de force de la part de groupuscules d’extrême droite ne sont pas nouvelles. Plus préoccupant encore est le fait que ceux-ci aient été rejoints et soutenus par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Un parti qui, aux élections législatives de 2017, a remporté une centaine de sièges au Bundestag. Un parti alors arrivé en tête dans la Saxe. Un parti, enfin, dont l’un des députés, Markus Frohnmaier, bien loin de condamner les débordements de Chemnitz, les a, au contraire, légitimés. « Quand l’Etat ne peut plus protéger les citoyens, les gens vont dans la rue et se protègent eux-mêmes. C’est aussi simple que cela. Aujourd’hui, c’est un devoir citoyen que d’aller dans la rue pour faire barrage à cette immigration qui répand la mort à coups de couteau. »
Agir vite
L’AfD, aujourd’hui, semble loin du pouvoir. Dans les sondages, elle n’en est pas moins créditée de plus de 20 % des voix dans trois Länder de l’ex-Allemagne de l’Est où auront lieu des élections régionales d’ici tout juste un an. Or, face à la poussée de ce parti présent au Parlement mais qui n’hésite pas à déstabiliser les institutions démocratiques en appelant à descendre dans la rue et à faire triompher la force sur le droit, aucune figure ne semble aujourd’hui en mesure de s’imposer. Au pouvoir depuis treize ans, Mme Merkel n’est pas parvenue à enrayer sa poussée, au contraire. De leur côté, les sociaux-démocrates sont inaudibles, anémiés, à court d’idées et de leaders pour assurer une relève et incarner une alternative.

        Lire aussi :
         

                Libéraux anti-euro, nostalgiques de la RDA : qui sont les députés d’extrême droite allemands ?



« Nous avons vu des chasses collectives, nous avons vu de la haine dans la rue, et cela n’a rien à voir avec un Etat de droit », a commenté Mme Merkel, mardi, depuis Berlin. Le diagnostic est juste, mais la chancelière ne peut se contenter de mots. Désormais son gouvernement doit agir, et vite, s’il veut montrer qu’il a vraiment la main. Pour la chancelière, l’enjeu n’est plus de promettre une Allemagne où « il fait bon vivre » mais, plus fondamentalement, d’assurer à tous ses habitants – quelles que soient leur nationalité, leur religion ou leur couleur de peau – qu’ils se trouvent dans un pays où ils n’ont pas peur de vivre.

        Lire aussi :
         

                A Chemnitz, « Marx, c’est du passé. Les nations sont de retour »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-8">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Aussi bien du côté des recettes fiscales que des dépenses publiques, le compte n’y est pas, explique dans sa chronique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Budget : « Le message brouillé du gouvernement envers les chefs d’entreprise »

Aussi bien du côté des recettes fiscales que des dépenses publiques, le compte n’y est pas, explique dans sa chronique la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 11h50
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

Tendances France. Réunis mardi 28 et mercredi 29 août à Jouy-en-Josas (Yvelines) pour la 20e université d’été du Medef, les patrons, qui ont toujours un œil sur la conjoncture autant que sur leur propre activité, ont dû apprécier. Interrogé lundi devant l’Association des journalistes économiques et financiers (AJEF) sur la révision des objectifs de finances publiques, sur fond de croissance économique moins forte que prévu, le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a eu cette phrase improbable : « Cela fait partie des charmes de la vie économique : elle vous surprend toujours. »
La veille, dans un long entretien accordé au Journal du dimanche, le premier ministre, Edouard Philippe, avait reconnu que le déficit public allait subir un « rebond » en 2019, alors même que Bercy avait amélioré ses hypothèses mi-juillet, au moment du débat d’orientation des finances publiques devant l’Assemblée nationale.
Lundi, le locataire de Bercy a abondé en ce sens, estimant qu’« il n’y aura pas 2,3 % de déficit en 2018 [comme annoncé en juillet] ». Celui-ci devrait être supérieur à 2,6 % cette année et proche de 3 % en 2019. En cause, d’abord, le ralentissement de la croissance du PIB : une hausse de 1,7 % cette année « semble raisonnable », a annoncé M. Le Maire, alors que début août son homologue des comptes publics, Gérald Darmanin, assurait encore qu’elle ne serait « pas inférieure » à 1,8 %.
Le compte n’y est pas
Conséquence : les recettes fiscales qui en découleront devraient être moins abondantes que prévu. Enfin, la reprise dès cette année de 3,5 milliards d’euros de dettes de SNCF Réseau devrait peser à hauteur de 0,1 point de PIB sur le déficit 2018, a détaillé M. Le Maire.

Côté freinage des dépenses publiques, le compte n’y est pas non plus. Le gouvernement conserve son objectif de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-9">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Le professeur d’innovation à l’ESCP Europe explique dans une tribune au « Monde » que si les patrons d’entreprises ne transforment pas leur mode organisationnel pour que leurs salariés soient engagés, y compris pour faire réussir l’intelligence artificielle, en reconsidérant leur métier traditionnel, cette technologie échouera.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Isaac Getz : « Si l’entreprise n’implique pas les personnes dont l’activité est impactée par les technologies, elle court à l’échec »

Le professeur d’innovation à l’ESCP Europe explique dans une tribune au « Monde » que si les patrons d’entreprises ne transforment pas leur mode organisationnel pour que leurs salariés soient engagés, y compris pour faire réussir l’intelligence artificielle, en reconsidérant leur métier traditionnel, cette technologie échouera.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 09h10
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 10h38
    |

                            Isaac Getz (Professeur à l’ESCP Europe)








                        



                                


                            

Tribune. L’intelligence artificielle (IA) — l’ensemble des technologies qui étendent les capacités humaines de percevoir, de comprendre et d’agir — frappe à la porte des entreprises. Ce n’est pas la première fois que les technologies le font.
Certains lecteurs se rappelleront des systèmes d’aide à la décision, des systèmes experts — intégrant déjà l’IA — ou de la gestion des connaissances, qui monopolisait l’intérêt des entreprises à la fin des années 1990. Et pourtant, malgré les bénéfices qu’elle offrait, l’intérêt pour cette technologie s’est effondré. L’histoire ne se répète pas, mais présente des leçons à tirer pour l’arrivée de l’IA dans l’entreprise.
En janvier, Amazon Go, le premier supermarché équipé de dispositifs d’IA a ouvert au public, à Seattle, au pied du siège d’Amazon. Le consommateur est contrôlé à l’entrée du magasin, en scannant le code de l’application Amazon Go sur son smartphone.
En revanche, il n’est pas contrôlé à la sortie — il n’y a ni caisses ni vigiles. Mais des centaines de dispositifs fixés aux plafonds ou sur les étalages enregistrent que le consommateur prend un produit et l’ajoutent à sa liste des achats. Une fois le client sorti du magasin, la somme des produits enregistrés est débitée de son compte.

Cette technologie n’est pas encore parfaite. Par exemple, aucun produit n’est vendu au poids. Au départ, seuls les salariés d’Amazon pouvaient y faire des achats. Grâce à leurs retours d’information sur les imperfections initiales, ils ont contribué à rôder les dispositifs IA de ce magasin pendant plusieurs mois. C’était une première collaboration entre les salariés d’Amazon et les dispositifs d’intelligence artificielle, mais ce ne fut pas la seule.
Bien qu’il n’y ait pas de caissières dans ce magasin, des nouveaux métiers y sont présents. Par exemple, des salariés regardent les images des caméras pour s’assurer que le client est identifié même si une écharpe cache...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-10">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ La chronique d’Alexandre Jollien, à propos d’« Ecce homo », de Friedrich Nietzsche, lu par Dag Jeanneret.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A l’oreille. Nietzsche et l’assentiment

La chronique d’Alexandre Jollien, à propos d’« Ecce homo », de Friedrich Nietzsche, lu par Dag Jeanneret.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 10h25
   





                        



                                


                            
Ecce homo, de Friedrich Nietzsche, traducteur de l’allemand non précisé, lu par Dag Jeanneret, Thélème, 1 CD, 21 €.

A peine débarqués à Venise, nous fonçons, tourmentés par un fol espoir : apercevoir de près ou de loin l’appartement où Friedrich Nietzsche (1844-1900) a résidé dans les années 1880. Bredouille, mon fils expédie un selfie devant la première façade que nous rencontrons, histoire d’attester de notre présence en ces lieux magiques. Inlassablement, nous traquons la moindre trace du voyageur et son ombre, sans succès. Il semble qu’aucun Vénitien n’ait jamais entendu parler du prophète de l’éternel retour du même.
A deux doigts de déclarer forfait, on avise un spécialiste sur le Net, on déniche vite fait la demeure. A toute hâte, on y court, prêts à nous écrier : « Ecce Federici Nietzsche domus »… Surprise, c’est exactement la maison devant laquelle nous avions pris la pose à notre arrivée. En irait-il ainsi du bonheur, de la quête de soi, du dire oui ? Moins on cherche, plus on se laisse trouver…
Devenir soi-même, quitter la dictature du « on » sans s’étourdir dans le « moi je », exige un redoutable exercice d’équilibriste. Sur ce chemin, il est assurément des guides qui nous empêchent d’avoir « le cul de plomb », l’expression est de Nietzsche. Surtout, ne nous attardons pas en route, dans le mensonge, l’épuisante comédie sociale, dans une parodie de soi.
Hygiène du quotidien
Dans Ecce homo, qu’on écoutera avec joie dans sa version audio que publient les éditions Thélème, le philosophe aux épaisses moustaches donne à entendre, lu par le comédien Dag Jeanneret, une voix qui décape, des paroles incandescentes qui convient à l’acquiescement, à l’amor fati. « Livre-médicament », vigoureux vaccin contre la peur de vivre, la honte du corps, cette ode à la grande santé revigore.
Nous conduirait-il à revisiter ce que nous considérons...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-11">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ L’historien des idées François Dosse signe plus de 1 300 pages d’une « Saga des intellectuels français. 1944-1989 ». Au prix de choix peu clairs et d’erreurs factuelles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Histoire. Hasardeuse « Saga » de François Dosse

L’historien des idées François Dosse signe plus de 1 300 pages d’une « Saga des intellectuels français. 1944-1989 ». Au prix de choix peu clairs et d’erreurs factuelles.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 09h32
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
La Saga des intellectuels français. 1944-1989, de François Dosse, Gallimard, « La suite des temps », 2 tomes, 640 p. et 720 p., 29 € chaque (en librairie le 6 septembre).
Il est difficile, au début, de ne pas admirer le tour de force. Quarante-cinq ans d’histoire intellectuelle (de 1944 à 1989), des centaines de personnages, autant de livres, de tribunes, de controverses : la matière que l’historien des idées François Dosse brasse dans cette Saga des intellectuels français est d’une richesse débordante. L’auteur évite d’ailleurs, le plus souvent, les simplifications idéologiques, et ouvre un peu plus encore la focale, non sans courage.
Mais le but d’un tel livre ne saurait être d’épater ou de qualifier moralement son auteur. Il ne peut s’agir que d’éclairer le lecteur, et l’on aimerait pouvoir affirmer que François Dosse y parvient. Ce serait malheureusement intenable.
Ne serait-ce que parce que l’exactitude, condition minimale d’un tel projet, fait défaut par moments, et de manière si spectaculaire que cela jette un doute sur le reste. Ainsi est-il écrit que l’écrivain Henry de Montherlant a participé au voyage d’intellectuels collaborationnistes en Allemagne, en 1941, ce qui est une contrevérité, et qu’il a écrit une « ode au maréchal Pétain » dans Le Solstice de juin (1941), ce qui en est une autre ; s’il est vrai que son attitude sous l’Occupation a été ambiguë, personne ne l’a jamais accusé de ces vilenies imaginaires.
Une erreur de quatre siècles
De même, François Dosse croit pouvoir écrire que le concile de ­Vatican II (1962-1965) a abandonné le « dogme » qui aurait défini les juifs comme « déicides », c’est-à-dire collectivement coupables de la mort du Christ, alors que cette accusation, toute prégnante qu’elle ait été parmi les chrétiens, n’a jamais fait l’objet d’un dogme, et qu’elle était déjà balayée dans le Catéchisme du concile de...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-12">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Compter sur soi », de Ralph Waldo Emerson.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Figures libres. Vive le développement impersonnel !

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Compter sur soi », de Ralph Waldo Emerson.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 10h03
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Compter sur soi (Self-Reliance), de Ralph Waldo Emerson, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Stéphane Thomas, Allia, 80 p., 7 €.

Etre admis à 14 ans à l’université Harvard n’est pas courant, surtout en 1817. Et ce n’est qu’un début, dans la vie de Ralph Waldo Emerson (1803-1882), qui s’applique à ne rien faire comme tout le monde. Devenu pasteur unitarien, il démissionne avec fracas. Citadin, il s’installe à la campagne. D’une famille riche, il aide Henry David Thoreau à vivre dans les bois. Formé en Europe à la littérature et à la philosophie, il proclame l’indépendance intellectuelle et spirituelle des Américains…
Ce n’est pas par hasard qu’il admire l’indépendance de Montaigne, rêve d’écrire comme lui et rédige finalement, au fil de nombreux essais, une des œuvres les plus originales des temps modernes. Le philosophe Stanley Cavell – professeur à Harvard, disparu en juin 2018 à 92 ans – fut le premier à mettre en lumière la profondeur, les singularités et les perspectives d’avenir de la pensée d’Emerson.

Agis toujours par toi-même, non par les autres, telle semble bien être sa maxime centrale. Refuser les conformismes, bannir les idées toutes faites, se défier des règles établies – voilà les conséquences immédiates de cette règle. Pour vivre en humain digne de ce nom, il convient donc de n’écouter que soi, son intuition, sa nature profonde. Toujours et partout : en religion, en morale, en amour comme en philosophie. Et à l’instant, sans souci de se contredire, sans obligation d’être uniforme et constant. Ce principe crucial, Emerson le formule avec la plus grande netteté dans un court essai de 1841, intitulé en anglais Self-Reliance, dont une nouvelle traduction française vient de paraître sous le titre Compter sur soi.
Trompeur premier abord
En lisant ce texte, la première chose qui saute aux yeux, c’est l’étendue des contresens qu’il peut susciter. Ils...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-13">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Deux belles études d’archives donnent à lire les récits de soi d’une « fille-mère » et d’un orphelin « déviant » en lutte pour infléchir les rigueurs de l’ordre social.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Histoire. Deux vies exhumées des « dossiers administratifs »

Deux belles études d’archives donnent à lire les récits de soi d’une « fille-mère » et d’un orphelin « déviant » en lutte pour infléchir les rigueurs de l’ordre social.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 07h45
    |

                            Jean-Louis Jeannelle (Spécialiste des études littéraires et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Une fille en correction, de Jean-François Laé, préface de Philippe Artières, CNRS Editions, 260 p., 22 €.
Un enfant à l’asile, d’Anatole Le Bras, préface de Philippe Artières, CNRS Editions, 294 p., 22 €.

En 2000, l’historien Philippe Artières avait intitulé une anthologie d’autobiographies rédigées en prison Le Livre des vies coupables (Albin Michel). La formule résume l’usage que différentes institutions (judiciaire, médicale, asilaire…) ont longtemps fait des récits de soi, conçus à la fois comme aveux, traces d’un désordre et voie possible vers une réinsertion. Le même Philippe Artières préface deux magnifiques essais, où se marque une légère inflexion dans l’étude des archives du pouvoir telle que Michel Foucault l’avait inaugurée dans les années 1970.
Certes, les deux existences dont Jean-François Laé et Anatole Le Bras reconstituent le parcours sont « coupables » aux yeux de l’institution, mais il n’est pas de dossier sans lettres de demande ou de protestation. « Le dossier dit “administratif” est le produit d’une double capture, à la fois des injonctions professionnelles et des formes d’expression venant d’en bas », souligne Jean-François Laé. Bref, les archives regorgent de matières sensibles et d’affects intimes qui font des personnes concernées moins, comme chez Foucault, des êtres condamnés que des êtres « faibles », négociant continuellement avec les rigueurs de l’ordre social pour se construire une existence.
Maillage serré de surveillance et de sanctions
Mais pourquoi s’arrêter, comme le fait Jean-François Laé dans Une fille en correction, sur le cas de ­Micheline Bonnin parmi les innombrables dossiers que le Service de protection de l’enfance d’Avignon destinait aux ordures ? C’est que, entre cette mère célibataire de 20 ans et l’assistante sociale chargée de son dossier, Mlle Odile...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-14">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Signée Florent Piton, une synthèse bienvenue sur la tragédie de 1994 paraît, à l’heure où des voix révisionnistes se font entendre.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Génocide rwandais : retour à la rigueur historienne

Signée Florent Piton, une synthèse bienvenue sur la tragédie de 1994 paraît, à l’heure où des voix révisionnistes se font entendre.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 09h28
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            
Le Génocide des Tutsi au Rwanda, de Florent Piton, La Découverte, « Grands repères », 276 p., 18 €.

C’était hier. D’avril à juillet 1994, entre 800 000 et 1 million de Tutsi ont été exterminés par leurs voisins hutu au Rwanda. En vingt-cinq ans, études et témoignages se sont additionnés. Des procès se sont tenus. Des historiens sont allés sur place, ont consulté des archives et des rapports d’enquête. De ces travaux et de ceux qu’il a lui-même menés, Florent Piton, chercheur à l’université Paris-Diderot et au Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (CESSMA), offre une synthèse impeccable dans Le Génocide des Tutsi au Rwanda.

La rigueur historienne démonte ici les jugements à l’emporte-pièce. Ce serait persister dans l’erreur, rappelle notamment Florent Piton, de considérer l’ultime génocide du XXe siècle comme résultant d’un antagonisme ethnique séculaire. S’il faut chercher des causes à cette tuerie de masse, que caractérise, outre son extrême intensité, une multitude de transgressions (tuer dans les églises, tuer au sein de sa propre famille, laisser des enfants tuer…), elles seraient plutôt à trouver, montre-t-il, du côté d’une racialisation, à l’ère coloniale, des rapports sociaux, et de son instrumentalisation politique à partir de l’indépendance du pays, en 1959.
Le déclencheur des massacres
Des querelles mémorielles se sont cristallisées sur l’identité des commanditaires de l’attentat ayant servi de déclencheur aux massacres. Qui, quel clan a abattu, le 6 avril 1994, l’avion à bord duquel voyageait le président Juvénal Habyarimana ? Les Tutsi, à travers le Front patriotique rwandais (FPR), comme l’ont affirmé les Hutu ? Pour l’heure, « aucune conclusion définitive ne saurait être formulée », résume Florent Piton. Mais les éléments les plus solides, écrit-il, figurent dans l’expertise déposée par les juges...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-15">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ « Notre histoire intellectuelle et politique. 1968-2018 », le nouvel essai de Pierre Rosanvallon est une ambitieuse interprétation générale de la modernité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le troisième âge de la modernité et l’enlisement de la gauche selon Pierre Rosanvallon

« Notre histoire intellectuelle et politique. 1968-2018 », le nouvel essai de Pierre Rosanvallon est une ambitieuse interprétation générale de la modernité.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 07h00
    |

                            Serge Audier (Philosophe et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Notre histoire intellectuelle et politique. 1968-2018, de Pierre Rosanvallon, Seuil, « Les livres du nouveau monde », 448 p., 22,50 €.
Avec Notre histoire intellectuelle et politique, Pierre ­Rosanvallon signe un de ses ­livres les plus singuliers. Combinant des éléments autobiographiques, une analyse des mutations politiques et intellectuelles depuis 1968 et une théorie de l’histoire de l’émancipation, il tresse les fils d’une interprétation générale de la modernité. En ce 50e anniversaire de Mai 68, il soutient que ce qui s’est joué ­durant la rébellion des années 1960-1970 fut essentiel non seulement dans l’histoire du XXe siècle, mais encore dans celle du projet moderne d’autonomie depuis les Lumières. Certes, les idéaux soixante-huitards ont peiné à se concrétiser, au-delà des mœurs. Mais cet inachèvement, ajoute-t-il, était prévisible dans un contexte politique et économique défavorable.

Reste que le chantier d’une réinvention de la démocratie a été ouvert et que nous serions aujourd’hui en train de vivre la maturation de ce « troisième âge de la modernité » révélé en 1968. Le premier âge était celui de l’idéal universel d’indépendance, formulé dans le libéralisme et dans le républicanisme des ­Lumières. Face à la révolution ­industrielle, le deuxième temps a cherché à donner aux individus les conditions concrètes de leur émancipation, avec la construction de l’Etat social et la social-démocratie.
Un idéal de « singularité »
Quant au troisième moment, il serait celui du mûrissement et de la démocratisation d’un idéal de « singularité » reconnue et respectée – le désir d’inventer sa vie et de participer à la société sur ces ­bases. Pour Rosanvallon, emblématique de la brèche prémonitoire de Mai 68 fut ainsi, entre autres, la ­réception des visions du Karl Marx des Fondements de la critique de l’économie politique (1857-1858),...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-16">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ L’historien et théoricien signe « Notre histoire intellectuelle et politique. 1968-2018 », bilan d’un demi-siècle d’évolution de la gauche française et ouverture vers l’avenir.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 29/08/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Pierre Rosanvallon : « Une société d’égalité est celle dans laquelle on a la possibilité de vivre des libertés ensemble »

L’historien et théoricien signe « Notre histoire intellectuelle et politique. 1968-2018 », bilan d’un demi-siècle d’évolution de la gauche française et ouverture vers l’avenir.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 09h14
    |

                            Serge Audier (Philosophe et collaborateur du « Monde des livres ») et 
                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Professeur au Collège de France, responsable des collections « La république des idées » et « Les livres du nouveau monde » au Seuil, directeur du site Laviedes­idées.fr, auteur de vingt-cinq livres d’histoire sociale et politique (Le Capitalisme utopique, Seuil, 1979, La Démocratie inachevée, Gallimard, 2000) ou de théorie politique (La Contre-Démocratie, Le Bon Gouvernement, Seuil, 2006, 2015), Pierre Rosanvallon est un témoin et acteur central de la gauche française.

Son nouvel essai, Notre histoire intellectuelle et politique. 1968-2018 (Seuil, « Les livres du nouveau monde », 448 p., 22,50 €), tire les leçons d’un demi-siècle d’engagement, de débats et d’affrontements, pour tenter d’ouvrir, en un moment d’atonie, le chemin d’une refondation.
On peut commencer par définir ce livre touffu à travers ce que, malgré tout, il ne contient pas. En particulier : une analyse de la présidence d’Emmanuel Macron…
Ce livre essaie de retracer une histoire collective en l’éclairant à partir d’un itinéraire singulier. Ce ne sont pas des ­Mémoires, qui ont toujours quelque chose de funèbre. L’enjeu est de réarmer l’avenir : j’ai senti le besoin de repartir d’un bon pied, de retrouver la voie d’une réflexion positive, et pas seulement réactive, ballottée par les événements.
C’est pour cela que je n’ai pas voulu que le livre soit parasité par une analyse du macronisme qui braquerait l’attention sur l’immédiat et qui, en outre, me semble encore prématurée. La seule chose qu’on peut dire de sûr à son sujet, c’est que, après un an de pouvoir, il n’est plus ce qu’il paraissait être au moment de l’élection où, pour le dire rapidement, on pouvait le rattacher à la notion de social-libéralisme.
C’est le mot « social » qui fait défaut ?
Oui, mais aussi, en partie, le mot « libéralisme ». On peut en effet considérer Emmanuel Macron comme un être hybride : européen...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-17">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans un texte paru sur le blog « Lawfare » dont « Le Monde » publie une traduction, l’ancien patron de la sécurité chez Facebook tire la sonnette d’alarme : les élections de mi-mandat du 6 novembre ont toutes les chances d’être entachées par de nouvelles cyberattaques venues de l’étranger, comme ce fut le cas en 2016 lors de la présidentielle. Il n’est cependant pas trop tard pour assurer que le scrutin de 2020 sera mieux protégé.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Alex Stamos : « Les élections américaines risquent de devenir une Coupe du monde de la propagande »

Dans un texte paru sur le blog « Lawfare » dont « Le Monde » publie une traduction, l’ancien patron de la sécurité chez Facebook tire la sonnette d’alarme : les élections de mi-mandat du 6 novembre ont toutes les chances d’être entachées par de nouvelles cyberattaques venues de l’étranger, comme ce fut le cas en 2016 lors de la présidentielle. Il n’est cependant pas trop tard pour assurer que le scrutin de 2020 sera mieux protégé.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 10h40
    |

Alex Stamos (Informaticien et professeur à l’université de Stanford, Californie)







                        



                                


                            
Dans le tourbillon de nouvelles de ces derniers jours, le risque est grand de passer à côté des déclarations de deux géants américains du secteur des technologies, Microsoft et Facebook. Des déclarations qui ont des conséquences pour notre démocratie.
D’abord, le mardi 21 août, dans la matinée, Microsoft a révélé avoir détecté des attaques continues de harponnage ciblé, menées par APT28/Fancy Bear, le groupe de hackeurs lié à la direction générale des renseignements russes (GRU) [le harponnage ou spear phishing vise à soutirer des informations personnelles. Les fraudeurs envoient un courriel personnalisé en se faisant passer pour une personne de confiance pour ensuite obtenir les renseignements recherchés ou inciter le destinataire à ouvrir un document ou un hyperlien piégé]. Puis, plus tard dans la journée, mes amis et anciens collègues de Facebook ont dévoilé l’existence de plus de 600 comptes utilisés par des groupes russes et iraniens pour faire de la désinformation à l’échelle mondiale.
Ces révélations apportent la preuve que la Russie continue de s’en prendre aux Etats-Unis et que l’Iran lui emboîte le pas. Et elles mettent en lumière cette sombre réalité : les adversaires de l’Amérique pensent qu’ils peuvent, sans risque, attaquer notre démocratie en se servant de nos technologies et des libertés que nous chérissons.
Et pourquoi ne le penseraient-ils pas ? D’une certaine façon, les Etats-Unis ont dit au monde entier qu’ils ne prenaient pas au sérieux ces questions et que ceux qui se lançaient dans une guerre de l’information contre l’Occident se feraient, tout au plus, mollement taper sur les doigts. Si les Etats-Unis ne seront pas en mesure de protéger les élections de 2018, ils ont encore la possibilité de se préparer et de défendre la démocratie américaine en 2020.
Des erreurs fondamentales en 2016
Depuis 2014 et jusque très récemment, j’étais responsable de la cybersécurité chez Yahoo !, puis chez Facebook,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-18">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Analyse. Après huit ans de tutelle financière, le pays a retrouvé son autonomie. Mais il n’y a pas grand monde pour croire que la Grèce pourra tenir des objectifs qui la condamnent, de fait, à une austérité prolongée
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’impossible leçon de la crise grecque

Analyse. Après huit ans de tutelle financière, le pays a retrouvé son autonomie. Mais il n’y a pas grand monde pour croire que la Grèce pourra tenir des objectifs qui la condamnent, de fait, à une austérité prolongée



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 05h15
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 10h52
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Analyse. Dans cinquante ans, lorsqu’ils se pencheront sur la fin du troisième plan d’aide à la Grèce, les historiens le liront peut-être comme l’ultime chapitre clôturant, enfin, une crise sans précédent. Ou à l’inverse, comme une farce tragique de plus, illustrant l’aveuglement d’une zone euro trop malade pour prendre la juste mesure de ses propres plaies.
Lundi 20 août, les dirigeants européens ont salué l’autonomie retrouvée d’Athènes, à nouveau libre de se financer seule sur les marchés après huit ans de tutelle financière. Le lendemain, le premier ministre, Alexis Tsipras, annonçait le début d’une « nouvelle ère ».

Peu de Grecs ont à cœur de célébrer celle-ci. Faut-il réciter la litanie de chiffres illustrant leur désespoir ? En dépit de trois plans d’assistance et de 289 milliards d’euros de prêts, le produit intérieur brut (PIB) hellène a reculé de 25 %, le chômage frôle toujours les 20 %, et plus de 400 000 personnes ont quitté le pays depuis 2009. Las, malgré les restructurations, la dette publique culmine toujours à 180 % du PIB.
D’autres chiffres interpelleront peut-être plus encore les historiens de demain. Athènes, qui restera sous surveillance étroite, est convenue avec ses créanciers de dégager un excédent primaire de 3,5 % du PIB jusqu’en 2022, puis de 2,2 % du PIB au-delà. A condition qu’elle continue d’appliquer les réformes demandées, on ne lui demandera de rembourser le gros de sa dette qu’au-delà de 2032.
Aide européenne mal calibrée
Seulement voilà : pas un économiste sérieux n’ose croire que la Grèce sera en mesure de tenir ces objectifs la condamnant, de fait, à une austérité prolongée. Le Fonds monétaire international lui-même doute de la soutenabilité de sa dette. A quel jeu jouent donc les Européens ? Imaginent-ils vraiment qu’un sursaut miraculeux de croissance inondera Athènes de recettes fiscales nouvelles ces dix prochaines années ? Ou bien se sont-ils contentés de...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-19">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Face aux désordres écologiques et climatiques qui favorisent l’émergence de maladies et face aux inégalités Nord-Sud dans l’accès aux soins, un collectif, dans une tribune au « Monde », appelle scientifiques, mécènes et philanthropes à œuvrer pour une approche internationale et équitable de la santé.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Scientifiques, mécènes et philanthropes : tous unis pour défendre une santé globale

Face aux désordres écologiques et climatiques qui favorisent l’émergence de maladies et face aux inégalités Nord-Sud dans l’accès aux soins, un collectif, dans une tribune au « Monde », appelle scientifiques, mécènes et philanthropes à œuvrer pour une approche internationale et équitable de la santé.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 08h35
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Face aux changements globaux, la santé planétaire est un défi crucial. Les inégalités d’accès aux soins accroissent les risques ­infectieux émergents et obèrent la ­capacité des pays du Sud à faire face au fardeau croissant des maladies chroniques. Soixante-dix pour cent des maladies émergentes ou réémergentes graves sont favorisées par des déséquilibres écologiques et/ou climatiques. La clé de l’avenir sanitaire de notre planète et de ses habitants se trouve dans une approche interdisciplinaire one health de la formation, de l’expertise, de la recherche et de l’innovation, dans un partenariat international équitable et inclusif.
Pour relever ce défi, les pays de la zone intertropicale et méditerranéenne souffrent cruellement de l’absence d’un système de santé universel efficace, soutenu par un mécanisme universel d’assurance-maladie et par un nombre suffisant de personnels de santé qualifiés. De la même ­façon, ces pays manquent de chercheurs pour anticiper, prévenir, innover, atténuer et s’adapter. L’Afrique ne compte par exemple que 2,3 % des chercheurs du monde et contribue à moins de 2 % du total des publications scientifiques.
Une aide fragmentée
L’aide est aujourd’hui fragmentée, maladie par maladie, et se fond dans des mécanismes administratifs trop souvent éloignés du terrain. Depuis 2013, les investissements en santé globale stagnent. Cela menace la pérennité des progrès accomplis ces quinze dernières années et compromet la réalisation de l’objectif onusien de « bonne santé et bien-être ». Même si les fondations, des Etats-Unis notamment, consacrent des sommes importantes aux objectifs de développement durable (ODD), l’investissement consenti est encore loin d’atteindre le niveau nécessaire.
La situation est pourtant favorable : la France veille à ce que les investissements privés soient porteurs de ­développement, dans le respect de la « loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des...




                        

                        


<article-nb="2018/08/30/16-20">
<filnamedate="20180830"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180830"><AAMMJJHH="2018083016">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’universitaire William Ossipow constate, dans une tribune au « Monde », que la gauche et ses intellectuels n’offrent pas leur aide pour que les projets individuels d’émigration se convertissent en action collective afin que soient transformées, là-bas, les conditions de la vie politique et économique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La gauche ne porte pas la solidarité politique avec les migrants à la source de leur errance »

L’universitaire William Ossipow constate, dans une tribune au « Monde », que la gauche et ses intellectuels n’offrent pas leur aide pour que les projets individuels d’émigration se convertissent en action collective afin que soient transformées, là-bas, les conditions de la vie politique et économique.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 17h46
    |

William Ossipow (Professeur honoraire à l’Université de Genève)







                        



                                


                            

Tribune. L’article d’Etienne Balibar intitulé « Pour un droit international de l’hospitalité » (Le Monde du 17 août 2018) ouvre de riches perspectives de réflexion.
Le cœur de l’article est la préoccupation que l’hospitalité ne soit pas une catégorie simplement morale mais qu’elle s’ancre dans le droit international.
Droit fondamental
Le philosophe suggère de disjoindre le concept en deux approches différentes, sans doute inspirées de la distinction entre le jus ad bellum (le droit de recourir à la guerre) et le jus in bello (le droit applicable en temps de guerre).

Ainsi, suggère l’auteur, il faudrait distinguer conceptuellement un droit à l’hospitalité d’un droit international de l’hospitalité. Balibar pose une affirmation d’une grande importance philosophique : « Il n’y a pas de droit à l’hospitalité, car l’hospitalité est une disposition collective relevant de la liberté… » (souligné dans le texte).
A cet égard, relevons un flou, une contradiction dans l’article, puisque quelques paragraphes plus haut, il préconise la reconnaissance de l’hospitalité comme « droit fondamental » et le chapeau de l’article suggère que l’auteur propose de reconnaître « l’hospitalité comme un droit fondamental ».
Si j’interprète correctement sa pensée, Etienne Balibar préconise de reconnaître et de développer le droit de l’hospitalité, à savoir l’ensemble des dispositions juridiques qui devraient entourer et encadrer les migrations. Le droit de l’hospitalité devrait être une partie intégrante du droit humanitaire, sur lequel un travail sérieux s’accomplit d’ores et déjà au HCR et au CICR.
Une touche de pathétique
Il est regrettable que Balibar ne développe pas plus cette proposition qu’il pose « il n’y a pas de droit à l’hospitalité ». Quelles en sont les implications ? La première est claire et pourrait expliquer qu’un intellectuel humaniste et...




                        

                        

