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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Au-delà d’un certain seuil, l’augmentation de l’internationalisation des échanges est préjudiciable à l’économie mondiale, estime l’économiste Pierre-André Buigues dans une tribune au « Monde ».
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« Ne sommes-nous pas arrivés à un seuil au-delà duquel les coûts engendrés par plus de mondialisation deviennent trop élevés »

Au-delà d’un certain seuil, l’augmentation de l’internationalisation des échanges est préjudiciable à l’économie mondiale, estime l’économiste Pierre-André Buigues dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 15h34
    |

                            Pierre-André Buigues (Professeur d’économie à Toulouse Business School (Université de Toulouse) et ancien conseiller économique de la Commission Européenne)








                        



                                


                            

Tribune. Les économistes considèrent que le commerce international est favorable à la croissance, car la mondialisation permet de localiser la production là où les coûts de production sont les plus faibles et de baisser les prix au bénéfice des consommateurs des pays où produire ces biens serait plus coûteux. La mondialisation permet aussi à des centaines de millions de travailleurs de pays pauvres de sortir du sous-développement, en Chine en particulier.
C’est pourquoi la majorité des économistes sont favorables à la signature de nouveaux accords de libre-échange, comme en témoigne la récente note du Conseil d’analyse économique (Avis de tempête sur le commerce international : quelle stratégie pour l’Europe ?, par Sébastien Jean, Philippe Martin et André Sapir, CAE, 2 juillet 2018). En effet, l’augmentation de la mondialisation des échanges ne peut que renforcer les effets bénéfiques de cette « mondialisation heureuse ».
Cependant, à l’opposé, les sondages montrent qu’en Europe, les populations sont majoritairement contre la mondialisation, responsable, selon elles, d’une stagnation des salaires et d’une augmentation du chômage et des inégalités. Certes, les économistes reconnaissent que gagnants et perdants sont géographiquement inégalement répartis – les gagnants sont, essentiellement, les travailleurs localisés dans les pays à bas coût ; les perdants sont les ouvriers peu qualifiés des pays développés. Mais, disent-ils, il y a un gain net : les perdants perdent moins que les gagnants ne gagnent, et cela même dans les pays riches, car les consommateurs y bénéficient de prix plus bas.
L’Europe la grande perdante
Les entreprises multinationales sont au cœur de la mondialisation et en sont les plus fermes soutiens. Leur stratégie d’internationalisation vise à rechercher les lieux de production les plus compétitifs avant leurs concurrents.
Pourtant, comme le montrent de nombreux travaux académiques, au-delà...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Condamné pour détournement de fonds, Khalifa Sall voit sa candidature à l’élection présidentielle de 2019 fortement compromise.
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Compte rendu

La justice sénégalaise confirme la peine de prison du maire de Dakar

Condamné pour détournement de fonds, Khalifa Sall voit sa candidature à l’élection présidentielle de 2019 fortement compromise.


LE MONDE
              datetime="2018-08-30T14:50:47+02:00"

        Le 30.08.2018 à 14h50






    
Un pochoir représentant le maire de la capitale sénégalaise, Khalifa Sall, à Dakar, en mars 2018.
Crédits : SEYLLOU / AFP


Le maire de Dakar, Khalifa Sall, a été condamné en appel, jeudi 30 octobre, à cinq ans de prison ferme pour « escroquerie portant sur des fonds publics » et « faux en écriture », une décision qui confirme la peine infligée en première instance et pourrait l’écarter de la course à l’élection présidentielle sénégalaise.
« Le tribunal confirme le jugement pour Khalifa Sall », a indiqué lors d’une audience publique le président de la cour d’appel, en l’absence de l’accusé. La cour d’appel a également condamné Khalifa Sall et trois de ses huit coaccusés à verser « solidairement » la somme de 1,8 milliard de francs CFA (environ 2,75 millions d’euros) à l’Etat du Sénégal.

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                Khalifa Sall officialise sa candidature à la présidentielle sénégalaise de 2019 depuis sa cellule



En l’état, Khalifa Sall, 62 ans, ne peut pas se présenter pour défier dans les urnes le président sortant, Macky Sall, en février 2019. Il lui reste toutefois la possibilité d’introduire un ultime recours devant la Cour suprême, ce qu’il a l’intention de faire, selon une proche collaboratrice ayant requis l’anonymat. « S’il est condamné définitivement avant la date de clôture des candidatures », entre le 11 et le 26 décembre, il sera alors effectivement exclu de la course, a-t-elle ajouté, évoquant une « course contre la montre ».
Recours en cassation de Karim Wade
Khalifa Sall, en détention depuis mars 2017, avait été condamné en première instance pour le détournement d’environ 2,5 millions d’euros, prélevés entre 2011 et 2015 sur les caisses de la ville de Dakar. Maire de la capitale sénégalaise depuis 2009, ce dissident du Parti socialiste et de la majorité présidentielle affirme que les poursuites judiciaires à son encontre visent à l’empêcher de se présenter à la présidentielle de 2019, ce que démentent les responsables de la majorité.

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                Sénégal : Karim Wade sort de son silence pour attaquer le président Macky Sall



La Cour suprême doit par ailleurs se prononcer jeudi sur un recours en cassation introduit par un autre candidat déclaré à la présidentielle, Karim Wade, fils et ministre de l’ex-président Abdoulaye Wade, condamné en 2015 à six ans de prison pour « enrichissement illicite ». Karim Wade avait vu sa demande d’inscription sur les listes électorales rejetée le 2 juillet, ce qui devrait lui aussi l’empêcher de se présenter.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ En visite au Danemark, Emmanuel Macron s’est amusé le 29 août à comparer les Danois, « peuple luthérien » ouvert aux transformations, et les Français, « Gaulois réfractaires au changement ».
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », estime que derrière la guerre commerciale entre Pékin et Washington s’en déroule une autre encore plus significative pour l’avenir.
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« L’émergence de la Chine en superpuissance scientifique commence à tourmenter les Américains »

Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », estime que derrière la guerre commerciale entre Pékin et Washington s’en déroule une autre encore plus significative pour l’avenir.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h59
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. La toile de fond peut masquer l’essentiel. La « guerre » commerciale que les Etats-Unis livrent à la Chine en recouvre une autre, plus importante : la bataille du futur pour la prééminence scientifique et technologique. L’enjeu – la première place dans les domaines de la création et de l’innovation – est une affaire stratégique. Elle départagera les deux plus grandes économies du monde. Celle qui l’emportera pourra prétendre à la prépondérance ou, si l’on veut, au rang d’hyperpuissance.
Les premiers coups, qui ont occupé tout l’été, ont porté sur les taxes douanières. Aux 34, puis 50 milliards de dollars de droits de douane décrétés par Donald Trump, au nom de la « sécurité nationale », sur toute une gamme d’exportations chinoises aux Etats-Unis, Pékin a répondu en augmentant la mise : 60 milliards de droits sur une large palette de produits américains. Réponse du berger à la bergère, Washington menace maintenant de passer à la vitesse supérieure – 200 milliards de dollars de droits – et la Chine jure qu’elle surenchérira à son tour.
Pour spectaculaire qu’il soit, ce pugilat tarifaire, prélude à une négociation qui vient de s’ouvrir à Washington, n’a eu jusqu’à présent que peu d’impact économique. Il semble avoir plus ébranlé la confiance des Chinois que des Américains. L’argumentaire de Trump est connu. Tenue pour responsable du déficit des échanges commerciaux entre les deux pays, la Chine est accusée de pratiques déloyales. Elle ne joue pas franc jeu. Les exportateurs chinois bénéficient des facilités qu’un secteur bancaire contrôlé par la puissance publique leur octroie sur ordre. Ils ne payent pas de loyer. Pour les entreprises étrangères, l’accès au marché chinois est limité – qu’il s’agisse de vendre biens et services ou d’acquérir une société locale – quand il n’est pas conditionné à l’obligation de transférer leur technologie sur place. La Chine pratiquerait allègrement espionnage industriel et détournement, par voie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Editorial. La poussée du parti AfD déstabilise les institutions démocratiques allemandes en appelant à faire triompher la force sur le droit. Une nouvelle manifestation est prévue à Chemnitz ce soir.
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Allemagne : les menaces de l’extrême droite

Editorial. La poussée du parti AfD déstabilise les institutions démocratiques allemandes en appelant à faire triompher la force sur le droit. Une nouvelle manifestation est prévue à Chemnitz ce soir.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 15h51
   





                        


Editorial du « Monde ». C’était il y a un an. Candidate à un quatrième mandat de chancelière, Angela Merkel s’était lancée dans une campagne minimale, confortée par des sondages lui prédisant une victoire confortable aux élections législatives du 24 septembre 2017. « Pour une Allemagne où il fait bon vivre », pouvait-on lire sur ses affiches. Aucune réforme ambitieuse au programme. Juste la promesse d’un avenir tranquille dans un pays prospère, à l’abri des tumultes du monde.
Un an plus tard, Mme Merkel est toujours au pouvoir, mais son slogan de campagne bute sur une réalité de plus en plus inquiétante, dont Chemnitz (Saxe) est aujourd’hui le symbole. Proche de la frontière tchèque, cette ville de 240 000 habitants fait la « une » de l’actualité depuis le meurtre, dimanche 26 août, d’un Allemand de 35 ans. Un crime dont sont soupçonnés deux réfugiés d’une vingtaine d’années, un Syrien et un Irakien, et à la suite duquel l’extrême droite a organisé d’importantes manifestations jalonnées de saluts hitlériens et d’agressions à l’encontre de personnes d’origine étrangère. Des manifestations dont l’ampleur a été largement sous-estimée par les autorités et que la police n’a pas su encadrer, au risque de donner le sentiment d’être dépassée par les événements.

        Lire aussi :
         

                Angela Merkel face aux violences d’extrême droite



Dans cette région de l’ex-Allemagne de l’Est, de telles démonstrations de force de la part de groupuscules d’extrême droite ne sont pas nouvelles. Plus préoccupant encore est le fait que ceux-ci aient été rejoints et soutenus par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Un parti qui, aux élections législatives de 2017, a remporté une centaine de sièges au Bundestag. Un parti alors arrivé en tête dans la Saxe. Un parti, enfin, dont l’un des députés, Markus Frohnmaier, bien loin de condamner les débordements de Chemnitz, les a, au contraire, légitimés. « Quand l’Etat ne peut plus protéger les citoyens, les gens vont dans la rue et se protègent eux-mêmes. C’est aussi simple que cela. Aujourd’hui, c’est un devoir citoyen que d’aller dans la rue pour faire barrage à cette immigration qui répand la mort à coups de couteau. »
Agir vite
L’AfD, aujourd’hui, semble loin du pouvoir. Dans les sondages, elle n’en est pas moins créditée de plus de 20 % des voix dans trois Länder de l’ex-Allemagne de l’Est où auront lieu des élections régionales d’ici tout juste un an. Or, face à la poussée de ce parti présent au Parlement mais qui n’hésite pas à déstabiliser les institutions démocratiques en appelant à descendre dans la rue et à faire triompher la force sur le droit, aucune figure ne semble aujourd’hui en mesure de s’imposer. Au pouvoir depuis treize ans, Mme Merkel n’est pas parvenue à enrayer sa poussée, au contraire. De leur côté, les sociaux-démocrates sont inaudibles, anémiés, à court d’idées et de leaders pour assurer une relève et incarner une alternative.

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                Libéraux anti-euro, nostalgiques de la RDA : qui sont les députés d’extrême droite allemands ?



« Nous avons vu des chasses collectives, nous avons vu de la haine dans la rue, et cela n’a rien à voir avec un Etat de droit », a commenté Mme Merkel, mardi, depuis Berlin. Le diagnostic est juste, mais la chancelière ne peut se contenter de mots. Désormais son gouvernement doit agir, et vite, s’il veut montrer qu’il a vraiment la main. Pour la chancelière, l’enjeu n’est plus de promettre une Allemagne où « il fait bon vivre » mais, plus fondamentalement, d’assurer à tous ses habitants – quelles que soient leur nationalité, leur religion ou leur couleur de peau – qu’ils se trouvent dans un pays où ils n’ont pas peur de vivre.

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                A Chemnitz, « Marx, c’est du passé. Les nations sont de retour »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ En plein mouvement #metoo, l’opposition cherche à capter les voix des femmes, dont une grande partie se détournent de Donald Trump.
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Le Parti démocrate mise sur les candidatures féminines

En plein mouvement #metoo, l’opposition cherche à capter les voix des femmes, dont une grande partie se détournent de Donald Trump.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h42
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Il sera sans doute beaucoup question de « premières » au soir du 6 novembre. Certaines sont déjà en bonne voie. Au terme des primaires d’Arizona qui se sont tenues mardi 28 août, il est désormais acquis qu’une femme, la républicaine Martha McSally ou la démocrate Kyrsten Sinema, occupera au Sénat des Etats-Unis le siège laissé vacant par Jeff Flake, pour la première fois dans l’histoire de cette terre conservatrice. Vingt Etats américains n’ont jamais envoyé de représentante féminine à la Haute Assemblée à la veille des élections de mi-mandat. En Géorgie, une autre femme créera aussi un précédent si Stacey Abrams, une Afro-Américaine, l’emporte sur le républicain Brian Kemp pour le poste de gouverneur.

Un an tout juste après l’éclosion du mouvement #MeToo dénonçant le harcèlement et les violences visant les femmes, ces dernières s’apprêtent à plus que doubler le nombre des élues à la Chambre des représentants. La parité est totalement exclue, mais un nombre record de plus de 170 femmes sur 435 élus est envisagé, au lieu de 84 aujourd’hui, soit seulement 20 % de cette assemblée. Il s’agit, après le nombre de gouverneures (6 sur 50), de la plus faible proportion d’élues aux Etats-Unis. Cette proportion est en effet légèrement plus élevée au Sénat, dans les chambres d’Etats, ou dans les municipalités les plus importantes selon le Center for American Women and Politics, de la Rutgers University.
Cette poussée s’est vérifiée tout au long des primaires. Une néophyte avait frappé les esprits en mai en écartant un responsable démocrate aguerri dans le Kentucky. Amy McGrath avait bâti sa notoriété sur une vidéo de campagne visionnée plus d’un million de fois pour s’imposer. Cette ancienne pilote des marines, la première à avoir été engagée dans des missions de combat au sein de ce corps d’élite en Afghanistan, y racontait sa longue lutte pour l’égalité au sein de l’armée, longtemps contestée par les hommes et une vision conservatrice de la place...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les ONG dénoncent la dérive autoritaire du gouvernement Modi avant les élections de mai 2019.
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Arrestation en Inde de cinq militants des droits de l’homme

Les ONG dénoncent la dérive autoritaire du gouvernement Modi avant les élections de mai 2019.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h17
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

Sudha Bharadwaj est syndicaliste, professeure à la National Law University de Delhi et avocate des sans-terres et des populations tribales marginalisées du Chhattisgarh, dans le centre de l’Inde. Elle fait partie des cinq journalistes, avocats et défenseurs des droits de l’homme arrêtés mardi 28 août pour leurs liens supposés avec des rebelles maoïstes. Les domiciles de neuf autres militants réputés de gauche ont été fouillés dans plusieurs villes du pays.
« Pourquoi possédez-vous des livres sur Marx et Mao ? Pourquoi avez-vous des photos de Phule et d’Ambedkar [des figures historiques du combat pour l’émancipation des basses castes] et aucune représentation de divinités ? », ont demandé les policiers à la belle-fille de Varavara Rao, l’un des universitaires arrêtés mardi, lors d’une perquisition à son domicile, selon des propos rapportés par le quotidien The Indian Express.

La police a invoqué la loi UAPA (Unlawful Activities Prevention Act), aux contours très flous, qui permet d’emprisonner jusqu’à six mois, sans autorisation judiciaire, les suspects de terrorisme. « Absolument terrifiant », a titré mercredi 29 août le quotidien Telegraph India en référence à cette vague d’arrestations. « Personne ne peut se sentir en sécurité dans un environnement pareil. Nous ne sommes pas un Etat policier. Ceux qui ont été arrêtés ne menacent personne, ils n’ont aucun antécédent criminel », a plaidé l’un de leurs avocats, Dushyant Dave.
En résidence surveillée
La Cour suprême a ordonné mercredi à la police de les sortir de prison et de les assigner en résidence surveillée jusqu’à la prochaine audience, prévue le 6 septembre. « En démocratie, la dissidence est une soupape de sécurité. Si vous la supprimez, la Cocotte-Minute explosera », a mis en garde l’un des juges à l’origine de cette décision, Dhananjaya Y. Chandrachud.
« La vague de répressions qui s’abat sur les militants, avocats...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le gouvernement chinois demande aux 46 plus grandes villes de mettre en place des collectes sélectives de leurs déchets.
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A Shanghaï, des volontaires aident au tri des ordures à la source

Le gouvernement chinois demande aux 46 plus grandes villes de mettre en place des collectes sélectives de leurs déchets.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h05
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Il est 17 h 30 à Shanghaï et le soleil tape. Les volontaires de la vieille résidence de Qishancun, dans le centre-ville, portent tous une casquette. L’après-midi jusqu’à 19 h 30 et le matin entre 7 heures et 9 heures, ils sont quatre à se tenir à côté des conteneurs. Quand un habitant se présente, sacs-poubelle à la main, ils les ouvrent et mettent chaque déchet dans la poubelle adéquate : recyclables, ordures sèches (papiers sales, sacs en plastique…) et restes organiques.
Une fois ce tri effectué, le résident tend une petite carte en plastique sur laquelle est imprimé un code-barres. Un éboueur, seul employé municipal parmi les volontaires, scanne le code avec un smartphone, le résident reçoit alors 10 points sur un compte lié à la Banque de Chine. Avec 100 points, il pourra dépenser trois yuans, soit 0,37 euro, en produits ménagers !
Depuis mi-juin, la ville de Shanghaï, submergée par les ordures, tente d’améliorer le tri à la source. Une tâche difficile dans un pays où la consommation augmente, mais où la conscience environnementale des citoyens fait souvent défaut. Alors que les livraisons de repas à domicile, en plein boom, produisent 60 millions d’emballages par jour, 71,6 % des personnes interrogées n’ont pas idée des conséquences environnementales de ce mode de consommation, selon un sondage du quotidien d’Etat Global Times.
Les 24 millions d’habitants produisent chaque jour 25 280 tonnes d’ordures
Le système actuel n’encourage pas les bonnes âmes : « Les résidents se plaignent que, même s’ils trient bien, les services municipaux mettent tous les déchets dans le même camion. De leur côté, les employés disent qu’ils trouvent des ordures trop mélangées. C’est une chaîne brisée », décrit Lin Youzhi, chargée de campagne sur le recyclage pour l’ONG environnementale chinoise Les Amis de la nature. Un cercle vicieux que Shanghaï espère enrayer avec cette initiative lancée dans quelques résidences de la ville.
Ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’écrivaine Véronique Tadjo déplore le bras de fer qui s’annonce entre le Canada et le Rwanda pour le secrétariat général de l’OIF.
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Point de vue

« La francophonie doit en finir avec la géopolitique et se recentrer sur la langue française »

L’écrivaine Véronique Tadjo déplore le bras de fer qui s’annonce entre le Canada et le Rwanda pour le secrétariat général de l’OIF.

Par                Véronique Tadjo



LE MONDE
              datetime="2018-08-30T11:03:58+02:00"

        Le 30.08.2018 à 11h03






    
L’actuelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, la Canadienne Michaëlle Jean (gauche), et sa challengeuse Louise Mushikiwabo, ministre rwandaise des affaires étrangères.
Crédits : FRANCOIS GUILLOT,LUDOVIC MARIN / AFP


Tribune. Après le « grand plan » pour la francophonie que le président Emmanuel Macron a énoncé à l’Académie française le 20 mars, on s’attendait à un renouvellement total du paysage. Réformes en profondeur, projets de grande envergure et vision mondiale de la langue française. Hélas, la réalité est tout autre. Sur le territoire français, les coupures budgétaires sont nombreuses dans le monde de la culture francophone. Nous avons encore en tête l’annonce, en févier, de la fermeture du Tarmac, véritable vivier de la création théâtrale francophone en France. Où en est le dossier ?
Dans les pays hors Hexagone, la situation n’est pas meilleure, comme l’atteste une lettre ouverte à Leïla Slimani, écrivaine d’origine marocaine, Prix Goncourt 2016 et représentante personnelle d’Emmanuel Macron pour la francophonie, après la suppression du portefeuille ministériel de la francophonie. Dans cette lettre, des professeurs tirent la sonnette d’alarme face à l’annulation de 60 millions d’euros du programme « Diplomatie culturelle et d’influence » et une baisse de 11 % des subventions des Alliances françaises, tout en réduisant la voilure budgétaire des établissements d’enseignement du français à l’étranger. Pour les signataires, dans de nombreux pays, ces décisions annoncent une dégradation de la qualité des enseignements proposés aux enfants scolarisés dans les écoles françaises, qu’ils soient français ou d’autres nationalités, et certainement une augmentation des frais de scolarité.
Une crise interne profonde
On imagine aisément la situation encore plus désastreuse qui prévaut dans les pays francophones du Sud qui ne bénéficient d’aucune faveur. Et pourtant, ils ont pour la plupart fait le choix de la langue française dans l’administration, l’enseignement, les médias, la culture et le monde des affaires. Leur réussite dans ces domaines repose entièrement sur une bonne maîtrise de la langue française. Or ils connaissent à l’heure actuelle une défaillance si sévère de leur système éducatif que cela devient une entrave à leur développement économique et social, ainsi qu’à la bonne marche du processus démocratique.

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Dans le même temps, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) est dans une crise interne profonde qui menace de la faire imploser. La candidature de Louise Mushikiwabo, actuelle ministre rwandaise des affaires étrangères, au poste de secrétaire général de l’OIF, officialisée en mai à Paris à l’occasion d’une visite du président rwandais Paul Kagame à son homologue français, a été approuvée officiellement par le conseil exécutif de l’Union africaine (UA) lors de son 31e sommet, ceci avec l’appui de Paul Kagame, président en exercice de l’UA depuis janvier 2018 et pour une durée d’un an. Cette institution, nous apprend-t-on officiellement, « appuie toujours les candidats africains pour les postes de dirigeants dans les organisations internationales s’il n’y a pas de concurrence entre Etats africains ». Il n’y avait pas d’autre candidat africain.
Rejoindre le Commonwealth
Tout ceci laisse perplexe. D’abord à cause des relations très tendues entre la France et le Rwanda depuis le génocide de 1994, les autorités de Kigali accusant le gouvernement de François Mitterrand d’avoir été proche des génocidaires hutu alors au pouvoir – ce que la France a toujours démenti. Ensuite parce qu’au Rwanda, en 2008, le français a été remplacé par l’anglais comme langue d’enseignement. L’année suivante, tout en restant membre de l’OIF, le pays a rejoint le Commonwealth, devenant ainsi la toute première nation de tradition francophone à rejoindre les Etats issus de l’ancien empire colonial britannique.

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Enfin, si le Rwanda donne l’image d’un pays efficace, anti-corruption et porté sur l’innovation, des observateurs s’inquiètent du fait que le président Paul Kagame a été réélu à la tête de son pays avec 98 % des voix en 2017, après une révision de la Constitution qui lui permet potentiellement de rester au pouvoir jusqu’en 2034. Cet état de choses est préoccupant, car les présidents africains semblent de plus en plus nombreux à vouloir suivre cet exemple. Au sein de la sphère francophone, c’est le cas en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo (RDC), au Burundi, au Burkina Faso, au Congo-Brazzaville, au Cameroun et au Tchad, entre autres.
Pour une troisième candidature
La candidature de Louise Mushikiwabo ne se justifie pas dans le cadre d’une francophonie rassembleuse. Michaëlle Jean, l’actuelle secrétaire générale de l’OIF, est candidate à sa propre succession. Née en Haïti, elle est canadienne de nationalité. Des voix critiques avancent que son mandat à la tête de l’institution est entaché de controverse. Il n’en demeure pas moins qu’elle est la représentante du Canada, un pays clé pour la francophonie. Un bras de fer entre le Canada et le Rwanda ne serait bon pour personne. La francophonie ne doit pas devenir l’affaire du continent uniquement. Une troisième candidature est donc nécessaire.
Que reste-il donc à penser à quelques mois du sommet de la Francophonie, qui se tiendra les 11 et 12 octobre en Arménie ? Difficile de ne pas prédire que nous assisterons à la démonstration du caractère intrinsèquement géopolitique de la francophonie. Cela ne manquera pas de renforcer la désillusion de plus en plus profonde qui étreint de nombreux francophones.

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Mais pour ceux qui ne sont pas encore prêts à baisser les bras, il reste peut-être encore une chance : celle d’une francophonie recentrée sur les véritables enjeux de la langue française. Si l’on veut garder l’espoir d’un meilleur avenir pour tous, le secrétariat général de l’OIF devrait être une fonction moins politique, plus technique, moins onéreuse et ciblée sur les défis de l’enseignement du français. Dans l’idéal, ce serait un poste tournant qui donnerait une chance à chaque Etat membre d’apporter sa contribution. Financièrement, l’OIF doit montrer son désir d’autonomie en étant indépendante de la France.
Ce que les francophones du monde entier veulent, c’est une langue qui sait épouser les spécificités de chaque pays tout en gardant son homogénéité. Une langue qui exige que l’on s’engage avec conviction. Une langue en synergie avec les autres. Une langue qui tient ses promesses.
Véronique Tadjo, née d’un père ivoirien et d’une mère française, est écrivaine, universitaire et peintre. Son dernier livre, En compagnie des hommes, sur l’épidémie d’Ebola de 2014, est paru aux éditions Don Quichotte en 2017.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Parmi les annonces « managériales » du gouvernement : la baisse de 10 % du budget des agents à l’étranger et un triplement des aides au développement.
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Le Quai d’Orsay réduit sa masse salariale et redéploie ses aides

Parmi les annonces « managériales » du gouvernement : la baisse de 10 % du budget des agents à l’étranger et un triplement des aides au développement.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 13h34
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

L’objectif est celui d’une « diplomatie agile », formule qu’affectionnent aussi bien Emmanuel Macron que son ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Cette vision très managériale signifie des moyens plus limités mais théoriquement mieux ciblés, et surtout plus efficaces, ce qui ne suffit pas à dissiper les inquiétudes de nombre de diplomates. Si la « conférence des ambassadeurs et des ambassadrices », selon son nouvel intitulé, est l’occasion pour le chef de l’Etat de rappeler les grandes orientations de la politique extérieure du pays, il s’agit aussi d’en fixer les modalités.
Avant la conclusion des travaux le 29 août par le patron du Quai d’Orsay, le premier ministre, Edouard Philippe, avait présenté la veille un vaste projet de réorganisation des réseaux de l’Etat à l’étranger, en redonnant de l’autonomie de gestion aux ambassadeurs, mais aussi en appelant à une économie de 10 % de la masse salariale des agents à l’étranger d’ici à 2022, ce qui représente 110 millions d’euros.
Devant les ambassadeurs, le premier ministre a justifié ce sérieux coup de rabot et fustigé la « complexité » de l’administration du réseau, constituée d’une « addition de strates », et a plaidé pour « revenir aux fondamentaux » en gérant de « de façon plus harmonieuse, transversale, cohérente et peut-être plus managériale » les quelque 20 000 agents déployés à l’étranger, dont la moitié dépendent directement du Quai d’Orsay.
« Paupérisation »
Evoquées depuis juin, ces coupes claires suscitent l’inquiétude d’une grande majorité des fonctionnaires d’un ministère qui pèse pour à peine 1 % du budget de l’Etat. Le Quai d’Orsay a perdu en trente ans 53 % de ses effectifs, dont un tiers ces dix dernières années. Avec 13 791 emplois à temps plein pour l’ensemble du réseau diplomatique, il compte moins de fonctionnaires qu’une ville comme Toulouse. Une note interne à diffusion restreinte, intitulée « Augmenter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Cette pratique marginale n’est plus remboursée depuis novembre 2017 par le National Health Service.
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En Angleterre, les services de santé ne financent plus l’homéopathie

Cette pratique marginale n’est plus remboursée depuis novembre 2017 par le National Health Service.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 11h02
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
L’homéopathie est en Angleterre une pratique marginale, qui n’est plus financée par les services de santé publics (National Health Service, NHS) depuis novembre 2017. A la suite de cette décision, l’Association homéopathique britannique (BHA) a porté le dossier devant les tribunaux. En mai, la Haute Cour de justice a rejeté sa demande. Le directeur du NHS pour l’Angleterre, Simon Stevens, regrettait à l’époque ce procès « coûteux et fallacieux ». L’Irlande du Nord et le Pays de Galles ont également arrêté de financer l’homéopathie. L’Ecosse demeure la seule exception du Royaume-Uni.
Si la décision anglaise est symbolique, elle n’aura guère d’impact. L’homéopathie a de longue date mauvaise presse au Royaume-Uni et sa pratique est rare. Jusqu’au procès, le BHA ne revendiquait que 400 médecins du NHS la pratiquant, sur un total de 33 000. Seuls trois hôpitaux en dispensaient, à Londres, Bristol et Glasgow. En 2016-2017, les médicaments homéopathiques n’ont coûté aux services publics que 92 412 livres (102 000 euros), une goutte d’eau dans un budget total de plus de 17 milliards de livres de médicaments. Si l’homéopathie reste autorisée, elle est désormais cantonnée à la médecine privée, très minoritaire outre-Manche.

Soutien du prince Charles
La décision des services de santé britanniques s’appuie sur les nombreuses études scientifiques concluant à l’inefficacité de cette pratique. « Il n’y a pas de preuves de qualité que l’homéopathie est efficace pour aucun traitement de problème de santé », affirme le NHS. En 2010, le comité parlementaire sur la science et la technologie arrivait à la même conclusion. « Selon nous, les méta-analyses démontrent de façon concluante que les produits homéopathiques n’ont pas de meilleur effet que les placebos. » Bien sûr, le comité « ne doute pas que l’homéopathie permette à certains patients de se sentir mieux, mais la satisfaction des patients peut se produire par l’effet placebo »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Alors que son parti a remporté tous les sièges au Parlement, le dirigeant, accusé de dérive autoritaire, doit donner quelques gages à l’Occident malgré le soutien de la Chine.
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Au Cambodge, le premier ministre Hun Sen relâche certains opposants

Alors que son parti a remporté tous les sièges au Parlement, le dirigeant, accusé de dérive autoritaire, doit donner quelques gages à l’Occident malgré le soutien de la Chine.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 10h55
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



                                


                            

Après avoir rétabli au Cambodge un système de facto à parti unique, le premier ministre Hun Sen a décidé de se montrer quelque peu magnanime : 14 militants de l’opposition qui étaient emprisonnés depuis quatre ans ont été libérés, mardi 28 août, après que le chef du gouvernement eut demandé un « pardon royal » à Sa Majesté Sihamoni, le fils du prince Sihanouk. Ce dernier a remplacé son père sur le trône de cette monarchie constitutionnelle en 2004. Mais la demande n’était qu’une pure formalité : les prisonniers avaient d’abord envoyé des lettres d’excuses à Hun Sen, l’indéboulonnable premier ministre depuis trente-trois ans…
L’élargissement de ces opposants inculpés pour « insurrection » en raison de leur participation à de violentes manifestations de rues en 2014, survient après la libération d’autres prisonniers de conscience, la semaine dernière : la célèbre activiste Tep Vanny, qui en était à sa quatrième incarcération après avoir défendu – en vain – des habitants de Phnom Penh chassés de chez eux pour laisser la place à des projets immobiliers, a été « pardonnée », lundi 20 août, alors qu’elle devait encore purger six mois d’une peine d’un an et demi.
Deux journalistes du service en langue khmère de la radio américaine Radio Free Asia (RFA), Oun Chhin et Yeang Sothearin, sont sortis de prison mardi matin : emprisonnés depuis novembre 2017, ils étaient poursuivis en justice pour « utilisation illégale » d’un studio d’enregistrement.
En position de force
Après l’écrasante victoire de sa formation, le Parti du peuple cambodgien (PPP) aux élections du 29 juillet, Hun Sen est, plus que jamais, en position de force. Il s’offre ainsi le luxe, comme l’avaient anticipé un certain nombre d’analystes, de montrer à la communauté internationale qu’il n’est pas le tyran qu’on l’accuse d’être devenu.
Avant le scrutin, il avait pris toutes les précautions pour que son parti remporte l’élection. Le PPP ayant montré des signes de faiblesse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Des élections législatives, régionales et locales ont lieu samedi alors qu’opposants et ONG dénoncent des atteintes aux droits humains.
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Compte rendu

Les Mauritaniens appelés aux urnes dans un contexte de défiance

Des élections législatives, régionales et locales ont lieu samedi alors qu’opposants et ONG dénoncent des atteintes aux droits humains.


LE MONDE
              datetime="2018-08-30T10:32:58+02:00"

        Le 30.08.2018 à 10h32






    
Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, lors du sommet de l’Union africaine à Nouakchott, le 2 juillet 2018.
Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP


Les Mauritaniens se rendent aux urnes, samedi 1er septembre, pour des élections législatives, régionales et locales qui constituent un test pour le régime du président Mohamed Ould Abdelaziz à moins d’un an de la présidentielle de la mi-2019. Un nombre record de 98 partis politiques participent à ces élections auxquelles sont appelés plus de 1,4 million d’inscrits. En cas de second tour, celui-ci se tiendra le 15 septembre.
Malgré les appels de l’opposition et alors qu’opposants et ONG dénoncent régulièrement des atteintes aux droits humains, dont, récemment, l’arrestation d’un ancien sénateur et le maintien au secret d’un blogueur accusé de blasphème, le scrutin se déroulera en l’absence d’observateurs internationaux.

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Amnesty International a fustigé récemment les « arrestations et détentions » de deux opposants et militants antiesclavagistes, estimant qu’il s’agissait des « pires signaux d’intimidation, de harcèlement et de répression par les autorités mauritaniennes des voix dissidentes » à l’approche de ces élections.
« Lutte contre la gabegie »
La campagne électorale, qui s’achève jeudi soir, n’a pas déchaîné les passions, et les meetings électoraux ont attiré peu de monde dans ce vaste pays aride d’Afrique de l’Ouest, malgré le caractère crucial du scrutin tant pour le pouvoir que pour l’opposition, qui, cette fois, a décidé d’y participer, y compris dans ses composantes dites « radicales ».
A 61 ans, Mohamed Ould Abdelaziz, un ancien général arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2008, puis élu en 2009 et réélu en 2014, a appelé à un « vote massif » pour sa formation, l’Union pour la République (UPR), « afin de continuer sur la voie des réalisations grandioses et de la lutte contre la gabegie », qualifiant au passage les dirigeants de l’opposition de « malfaiteurs » et de « fauteurs de troubles ».

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L’opposant historique Ahmed Ould Daddah, chef du Rassemblement pour la démocratie (RFD), a demandé aux Mauritaniens d’effectuer « le sursaut nécessaire pour balayer le régime de la dictature et de la faillite généralisée ». Le RFD fait partie de la coalition de l’opposition radicale, dont les membres se présentent sur des listes communes en certains endroits et qui se sont engagés à se soutenir au second tour.
Baisse du pouvoir d’achat
Pour convaincre, l’UPR, large vainqueur des précédentes législatives en 2013, boycottées par la quasi-totalité de l’opposition radicale, met en avant la révision de la Constitution de 2017, qui a aboli le Sénat et donné au pays un nouvel hymne et un nouveau drapeau évoquant le « sacrifice des martyrs » de la résistance à la colonisation française, qui s’est achevée en 1960.
Sur le plan économique, le pouvoir insiste sur une croissance retrouvée, « de 3 % en 2017 », et sur « un indice de pauvreté à 31 %, contre plus de 40 % en 2008 », dans un pays d’un peu moins de 4 millions d’habitants dont le taux d’alphabétisation reste faible.

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L’opposition, quant à elle, dénonce une forte baisse du pouvoir d’achat, notamment depuis l’introduction, le 1er janvier, de nouveaux billets de la monnaie nationale, l’ouguiya, à la valeur faciale divisée par dix, ainsi qu’un « endettement excessif » de près de 100 % du PIB ou des indices de développement classant la Mauritanie « au bas de l’échelle à tous les niveaux ».
Force anti-djihadiste
Sur le plan international, Nouakchott, qui a accueilli en juillet un sommet de l’Union africaine en présence du président français, Emmanuel Macron, a récemment réchauffé ses relations diplomatiques avec le Maroc, longtemps mises à mal par la question du Sahara occidental, et signé avec le Sénégal des accords sur la pêche et sur l’exploitation d’un important champ gazier transfrontalier. Enfin, c’est un général mauritanien qui a repris en juillet le commandement de la force anti-djihadiste du G5 Sahel, une organisation régionale regroupant, outre la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.

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Le doute plane toujours sur les intentions de M. Ould Abdelaziz pour la présidentielle de 2019. Bien qu’il se soit engagé à maintes reprises à ne pas tenter de modifier la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels, le chef de l’Etat n’est pas parvenu à apaiser les soupçons de l’opposition, alimentés par les déclarations publiques de ses ministres et de ses partisans.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ La chancelière allemande, qui mise sur le développement du continent pour endiguer les flux migratoires, se rend au Sénégal, au Ghana et au Nigeria.
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Compte rendu

En visite en Afrique, Angela Merkel veut « combattre l’émigration illégale »

La chancelière allemande, qui mise sur le développement du continent pour endiguer les flux migratoires, se rend au Sénégal, au Ghana et au Nigeria.


LE MONDE
              datetime="2018-08-30T10:02:11+02:00"

        Le 30.08.2018 à 10h02






    
Le président sénégalais, Macky Sall, et la chancelière allemande, Angela Merkel, à l’aéroport Blaise-Diagne, près de Dakar, le 29 août 2018.
Crédits : SEYLLOU / AFP


Alors que la première ministre britannique, Theresa May, se rend au Kenya, jeudi 30 août, après avoir fait étape en Afrique du Sud et au Nigeria, Angela Merkel a elle aussi commencé, mercredi, une mini-tournée africaine. La chancelière allemande était au Sénégal, avant le Ghana et le Nigeria, au moment où Berlin mise sur le développement du continent pour endiguer les flux migratoires et renforcer la lutte contre la menace djihadiste.
Mme Merkel, accompagnée d’une dizaine de capitaines d’industrie allemands, a été accueillie sur le tarmac de l’aéroport Blaise-Diagne, à une cinquantaine de kilomètres de Dakar, par le président sénégalais, Macky Sall. Ils se sont ensuite réunis au palais présidentiel de Dakar pour un entretien suivi d’un dîner. Au cours d’une conférence de presse conjointe, Macky Sall a annoncé l’électrification par le solaire de 300 villages sénégalais grâce à un financement de l’Allemagne dont le montant n’a pas été précisé.

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Interrogé par la presse, le dirigeant sénégalais a déploré le « lot de morts » de migrants africains « à travers le Sahara et la Méditerranée » et appelé à « trouver des solutions et des opportunités » pour la jeunesse africaine en Afrique. « La vocation de la jeunesse africaine n’est pas d’échouer dans la Méditerranée ou sur les rives de l’Europe ou de vivre dans la clandestinité », a-t-il dit, dénonçant les « réseaux de trafiquants et criminels ».
« Nous ne devons pas être les complices des trafiquants d’êtres humains et nous ne devons pas juste regarder » sans rien faire, a de son côté déclaré Mme Merkel. « Nous devons combattre l’émigration illégale d’une part et créer des opportunités légales d’autre part », a-t-elle estimé. La chancelière a renforcé ces dernières années le volet africain de sa diplomatie, comptant sur les pays du continent pour ralentir le flux de migrants vers l’Europe, un sujet extrêmement sensible en Allemagne.
Tirer profit du dynamisme africain
Le Sénégal, le Ghana et le Nigeria « sont confrontés à de grands défis en termes de développement économique et social », avait indiqué à Berlin un responsable gouvernemental, avant le départ de Mme Merkel, ajoutant que ces trois pays devaient faire en sorte que le renforcement de leurs économies profite à tous les citoyens, « ce qui n’est pas encore le cas partout ».
Il est important que « les gens arrêtent d’entreprendre le voyage illégal et extrêmement dangereux vers l’Europe », a estimé le responsable allemand, prônant à l’inverse une attention accrue à l’immigration légale, notamment celles des jeunes Africains désireux d’étudier en Europe avant de rentrer au pays pour mettre en œuvre leurs acquis.

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Pays d’exportation comme la Chine et le Royaume-Uni, qui se prépare au Brexit, l’Allemagne veut également tirer profit du dynamisme croissant de l’Afrique, dont les pays disposent souvent d’importantes ressources en matières premières et d’une population jeune.
Le Sénégal connaît une croissance économique de 6 % ou 7 % depuis plusieurs années, tandis que le Ghana, dont l’économie est également en expansion, est considéré comme un havre de stabilité dans la région. Bien que confronté aux actions terroristes du groupe djihadiste Boko Haram et à la volatilité des prix du pétrole, le Nigeria reste le second partenaire économique de l’Allemagne en Afrique subsaharienne.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Un recours va être déposé devant l’administration américaine, qui leur a imposé des droits de douane de 34,75 %.
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Les producteurs d’olives espagnols en guerre contre Donald Trump

Un recours va être déposé devant l’administration américaine, qui leur a imposé des droits de douane de 34,75 %.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 08h35
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Les producteurs d’olives espagnols sont sur le pied de guerre, après la décision des Etats-Unis d’imposer des droits de douane de 34,75 % sur un produit qui fait vivre une bonne partie de l’Andalousie. Ils accusent le gouvernement américain de cibler le système de la politique agricole commune (PAC), et ont déjà demandé à la Commission européenne d’intervenir auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
« En nous attaquant, c’est à la PAC que les Etats-Unis s’attaquent, car nous recevons les mêmes aides que le reste des agriculteurs de l’Union européenne [UE] », affirme Antonio de Mora, président de l’Association espagnole des exportateurs d’olives de table, qui a annoncé son intention de présenter un recours devant les autorités américaines avant vendredi 31 août.
Commencé voici un an, l’affrontement s’est aggravé cet été. Fin juillet, la Commission américaine du commerce international a confirmé la décision prise en juin par le département de commerce américain d’imposer des droits antidumping de 20 % sur les olives espagnoles et des droits compensateurs de 14,75 %.
« Un risque systémique »
En novembre 2017, le DoC avait lancé une enquête pour déterminer si les producteurs et exportateurs espagnols recevaient des subventions passibles de mesures compensatoires. L’administration américaine répondait à une pétition présentée, en juin 2017, par la Coalition américaine pour le commerce équitable des olives noires, qui regroupe en fait deux producteurs californiens, Bell-Carter Foods et la Musco Family Olive Company, les plus importants des Etats-Unis. Ceux-ci se plaignaient d’être victimes d’une concurrence déloyale de la part de l’Espagne et demandaient l’imposition de mesures antidumping.
« Les agriculteurs californiens ont toujours essayé de limiter les importations espagnoles, cela n’a pas toujours fonctionné, mais ils ont trouvé un interlocuteur idéal dans le gouvernement actuel »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Si le Parti démocrate espère récupérer le contrôle de la Chambre des représentants, le Sénat paraît plus difficile à conquérir.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/08/2018
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Les élections de mi-mandat, « référendum » à risques pour Trump

Si le Parti démocrate espère récupérer le contrôle de la Chambre des représentants, le Sénat paraît plus difficile à conquérir.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 12h01
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Donald Trump ne figurera pas sur les bulletins de vote, mais les élections de mi-mandat, le 6 novembre, n’en seront pas moins un référendum sur son nom. « C’est toujours le cas pour l’administration en place, mais ce le sera encore plus cette année, compte tenu des passions que suscite Donald Trump », confirme Henry Olsen, spécialiste du Parti républicain au sein de l’Ethics and Public Policy Center, un think tank de Washington.
Le président des Etats-Unis a d’ailleurs prévu de parcourir sans relâche le pays jusqu’au scrutin pour tenter de faire obstacle à une potentielle vague démocrate dont la hauteur sera déterminante pour la suite de son mandat.
Les élections à mi-course sont traditionnellement défavorables au parti au pouvoir. Pour l’instant, celles de 2018 ne semblent pas devoir déroger à la règle, du moins pour ce qui concerne la Chambre des représentants. Le Parti démocrate peut espérer remporter les 23 sièges qui lui manquent pour en reprendre le contrôle. Le renouvellement partiel du Sénat contrarie en revanche l’ambition d’un contrôle total du Congrès, puisqu’il implique un nombre important de sortants démocrates (26 contre 9 seulement pour les républicains), y compris dans une dizaine d’Etats remportés très largement par Donald Trump en 2016.
Le président des Etats-Unis a pourtant des arguments à faire valoir, à commencer par la santé éclatante de l’économie américaine. Donald Trump peut aussi mettre en avant la perspective d’un Parti républicain rassemblé autour de sa personne. A de très rares exceptions, les quelques voix critiques se sont tues, comme celle de John McCain, décédé le 25 août, ou sont en passe de quitter le Congrès, renonçant à affronter la base du président dans les urnes.

Parmi les sympathisants conservateurs, la cote de popularité du magnat de l’immobilier est en effet l’une des plus fortes jamais enregistrées à ce point d’un premier mandat. Cet électorat reste majoritairement indifférent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Dans un texte paru sur le blog « Lawfare » dont « Le Monde » publie une traduction, l’ancien patron de la sécurité chez Facebook tire la sonnette d’alarme : les élections de mi-mandat du 6 novembre ont toutes les chances d’être entachées par de nouvelles cyberattaques venues de l’étranger, comme ce fut le cas en 2016 lors de la présidentielle. Il n’est cependant pas trop tard pour assurer que le scrutin de 2020 sera mieux protégé.
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Alex Stamos : « Les élections américaines risquent de devenir une Coupe du monde de la propagande »

Dans un texte paru sur le blog « Lawfare » dont « Le Monde » publie une traduction, l’ancien patron de la sécurité chez Facebook tire la sonnette d’alarme : les élections de mi-mandat du 6 novembre ont toutes les chances d’être entachées par de nouvelles cyberattaques venues de l’étranger, comme ce fut le cas en 2016 lors de la présidentielle. Il n’est cependant pas trop tard pour assurer que le scrutin de 2020 sera mieux protégé.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 10h40
    |

Alex Stamos (Informaticien et professeur à l’université de Stanford, Californie)







                        



                                


                            
Dans le tourbillon de nouvelles de ces derniers jours, le risque est grand de passer à côté des déclarations de deux géants américains du secteur des technologies, Microsoft et Facebook. Des déclarations qui ont des conséquences pour notre démocratie.
D’abord, le mardi 21 août, dans la matinée, Microsoft a révélé avoir détecté des attaques continues de harponnage ciblé, menées par APT28/Fancy Bear, le groupe de hackeurs lié à la direction générale des renseignements russes (GRU) [le harponnage ou spear phishing vise à soutirer des informations personnelles. Les fraudeurs envoient un courriel personnalisé en se faisant passer pour une personne de confiance pour ensuite obtenir les renseignements recherchés ou inciter le destinataire à ouvrir un document ou un hyperlien piégé]. Puis, plus tard dans la journée, mes amis et anciens collègues de Facebook ont dévoilé l’existence de plus de 600 comptes utilisés par des groupes russes et iraniens pour faire de la désinformation à l’échelle mondiale.
Ces révélations apportent la preuve que la Russie continue de s’en prendre aux Etats-Unis et que l’Iran lui emboîte le pas. Et elles mettent en lumière cette sombre réalité : les adversaires de l’Amérique pensent qu’ils peuvent, sans risque, attaquer notre démocratie en se servant de nos technologies et des libertés que nous chérissons.
Et pourquoi ne le penseraient-ils pas ? D’une certaine façon, les Etats-Unis ont dit au monde entier qu’ils ne prenaient pas au sérieux ces questions et que ceux qui se lançaient dans une guerre de l’information contre l’Occident se feraient, tout au plus, mollement taper sur les doigts. Si les Etats-Unis ne seront pas en mesure de protéger les élections de 2018, ils ont encore la possibilité de se préparer et de défendre la démocratie américaine en 2020.
Des erreurs fondamentales en 2016
Depuis 2014 et jusque très récemment, j’étais responsable de la cybersécurité chez Yahoo !, puis chez Facebook,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le président réagissait à la publication d’un rapport sur les violations des droits de l’homme dans le pays.
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Nicaragua : Daniel Ortega dénonce l’ONU, « un instrument de politiques de terreur »

Le président réagissait à la publication d’un rapport sur les violations des droits de l’homme dans le pays.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 05h58
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 07h59
   





                        



   


Le président nicaraguayen Daniel Ortega a violemment attaqué mercredi 29 août le Haut Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies, après la publication d’un rapport sur la situation dans son pays. Cette agence « n’est qu’un instrument de politiques de terreur, de mensonge et d’infamie », a déclaré M. Ortega lors d’un rassemblement de membres de son parti à Managua, la capitale.
Le dirigeant est confronté depuis quatre mois à des manifestations de l’opposition réclamant sa démission. La répression de ces rassemblements – au cours desquels plus de 300 personnes ont été tuées selon des associations de défense des droits de l’homme – a suscité de nombreuses critiques internationales.
M. Ortega réagissait à la publication plus tôt dans la journée à Genève et à Managua d’un rapport de l’instance onusienne sur les violations des droits de l’homme survenues au cours de ces manifestations entre le 18 avril et le 18 août.
Parmi les violations citées dans le document figurent « l’usage disproportionné de la force, qui se traduit parfois par des exécutions extrajudiciaires ; des disparitions forcées ; des détentions arbitraires généralisées ; la torture et les mauvais traitements ».

        Lire aussi l’éditorial du Monde :
         

          Le vrai visage de Daniel Ortega



Prérogatives « outrepassées »
Pour M. Ortega, le document est partial et donne une image orientée des événements : dans son rapport, le Haut Commissariat « ne dit pas un mot et ignore totalement les morts provoquées par les putschistes, les assassins, qui sont venus détruire le calme d’un peuple ».
Les autorités nicaraguayennes qualifient régulièrement de « putschistes » les participants aux manifestations antigouvernementales. Elles font état d’un bilan de 198 morts pendant ces rassemblements et en imputent la responsabilité à l’opposition.
Au-delà du rapport de mercredi, le président Ortega, un ancien guérillero sandiniste âgé de 71 ans, a étendu sa critique aux Nations unies dans son ensemble. « Personne ne croit plus les organisations internationales », l’ONU est « un instrument des puissants et de leurs politiques de mort », a-t-il fustigé.
Peu avant la diatribe de M. Ortega, le gouvernement nicaraguayen avait estimé que le Haut Commissariat aux droits de l’homme avait « outrepassé ses prérogatives » et qu’il avait montré de l’« irrespect » envers la souveraineté du pays.

        Lire aussi :
         

          A Managua, peur sur une ville déchirée



Appel de Zeid Ra’ad Al Hussein
Dans un communiqué diffusé à l’occasion de la publication du rapport, le Haut Commissaire Zeid Ra’ad Al Hussein a appelé la communauté internationale à agir pour enrayer la crise au Nicaragua.
« La répression et les représailles contre les manifestants se poursuivent au Nicaragua, alors que le monde regarde ailleurs. »
Les manifestations de l’opposition dans ce pays, le plus pauvre d’Amérique centrale, ont commencé en avril contre une réforme de la sécurité sociale – abandonnée depuis – pour se durcir ensuite et s’étendre à tout le pays en réaction à la répression.

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                La crise politique au Nicaragua en 9 dates







                            


                        

                        


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Le FMI « va réexaminer le calendrier du programme financier » de l’Argentine

Les versements au pays seront avancés pour soutenir le programme économique du gouvernement, au moment le peso est en chute libre.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 05h24
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 08h03
   





                        



   


Le Fonds monétaire international (FMI) va avancer ses versements à l’Argentine afin de soutenir le programme économique du gouvernement, a annoncé mercredi 29 août le président argentin de centre droit, Mauricio Macri, qui tente de rassurer les marchés. Le chef de l’Etat a fait cette annonce juste avant l’ouverture de la Bourse.
Dans un communiqué publié quelques heures plus tard à Washington, la directrice du Fonds, Christine Lagarde, a fait savoir que l’institution allait examiner un renforcement de son aide à Buenos Aires et une accélération des versements d’un prêt accordé en juin.
« J’ai donné instruction au personnel du FMI de travailler de concert avec les autorités argentines pour renforcer le plan soutenu par le Fonds et de réexaminer le calendrier du programme financier », a-t-elle déclaré, précisant s’être entretenue avec le président Macri. Elle a assuré que l’institution allait essayer de faire les choses le plus rapidement possible.

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                L’Argentine, aux abois, fait face à la crise



Prêt de 50 milliards de dollars
Ces annonces interviennent après des journées de grande volatilité et de chute du peso. Une nouvelle dépréciation de la monnaie est intervenue mercredi, plongeant de 6,99 % pour s’échanger à 34,48 pesos pour un dollar à la fermeture. Mi-août, la Banque centrale de la République argentine (BCRA) a relevé son taux directeur de 40 à 45 %, qui est un des plus élevés au monde, pour tenter de freiner cette chute.
Depuis le début de l’année, le manque de confiance dans le peso argentin s’est accentué et la chasse au dollar a fait perdre plus de 40 % de sa valeur au peso. La première poussée de fièvre du peso était intervenue après la hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis. En juin, le FMI a accordé un prêt de 50 milliards de dollars à l’Argentine. Un premier versement de 15 milliards de dollars a été déjà effectué.
« La semaine dernière, nous avons eu de nouvelles marques de méfiance des marchés, particulièrement concernant notre capacité à consolider un financement pour 2019 », a admis M. Macri en expliquant les raisons de cette demande au Fonds. « Garantir le financement pour 2019 va nous permettre de renforcer la confiance et reprendre le chemin de la croissance au plus vite. »

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                La crise turque pousse la banque centrale d’Argentine à relever son taux directeur



Plan d’austérité
Le gouvernement a mis en place un plan d’austérité à la demande du FMI, qui prévoit notamment des suppressions de postes de fonctionnaire et une réduction des baisses d’impôts pour les exportations d’huiles et farines de soja.
Historiquement, le déficit budgétaire de l’Argentine est élevé, ce qui alimente l’inflation. Les gouvernements de Nestor Kirchner puis de son épouse Cristina (2003-2015) finançaient ce déficit par l’émission monétaire, alors que le gouvernement Macri comble le déficit, qu’il a ramené de 6 à 4 %, par la prise de dette et une limitation des dépenses publiques.
Dans son plan initial de relance de l’économie, Mauricio Macri tablait sur un afflux d’investissements étrangers dans les infrastructures, l’énergie, mais la prudence reste de mise. Les sociétés étrangères hésitent à investir dans un pays où la valeur d’un investissement peut être amputée de 20 % en quelques semaines.

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                En Argentine, le fléau de la pauvreté ne semble pas près de se résorber






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Un chercheur diplômé en 1945 a-t-il utilisé des cobayes humains pour ses travaux ? La question réveille une histoire longtemps taboue.
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Le passé trouble des liens entre scientifiques et militaires japonais ressurgit

Un chercheur diplômé en 1945 a-t-il utilisé des cobayes humains pour ses travaux ? La question réveille une histoire longtemps taboue.



LE MONDE
 |    30.08.2018 à 05h20
 • Mis à jour le
30.08.2018 à 07h51
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            LETTRE DE TOKYO
L’université japonaise de Kyoto va devoir répondre en septembre à une question délicate. Outre qu’elle ravive un douloureux passé, elle touche au sujet toujours sensible des relations entre science et défense. Le 31 janvier 1945, quand elle était encore l’université impériale de Tokyo, l’institution a accordé un doctorat à un chercheur pour une thèse titrée Sur la capacité de la puce du chien à agir comme vecteur de la peste.
Or le chercheur en question était un médecin militaire appartenant à l’unité 731, de sinistre mémoire pour avoir mené dans les années 1930 et 1940 des expériences létales sur des milliers de civils – dont des femmes et des enfants – chinois, coréens ou encore mongols ainsi que sur des prisonniers de guerre, avec pour but de développer des armes chimiques et bactériologiques.
Cobayes humains
La question est de savoir si l’auteur de la thèse a utilisé des cobayes humains dans ses travaux. Pour Katsuo Nishiyama, professeur émérite de médecine préventive à l’Université de Shiga (Ouest), auteur de Senso to Igaku (Guerre et médecine, Bunrikaku, non traduit, 2014) et créateur en janvier de l’association ayant déposé la demande de révision, c’est une évidence.
La thèse signale que, dans une expérience, des singes « ayant développé des symptômes se plaignent de maux de tête, de forte fièvre et d’une perte d’appétit 6 à 8 jours après la mise en place » de puces infectées. Le texte ajoute qu’un singe « présentait plus de 39 degrés de fièvre pendant cinq jours consécutifs. Il est mort six jours après l’apparition de la maladie ».
Pour M. Nishiyama et son association, outre que les singes se plaignent rarement de maux de tête, il est avéré que, dans leurs publications scientifiques, les chercheurs de l’unité 731 dissimulaient le recours à des cobayes humains en parlant de « singes de Mandchourie ».
L’unité, officiellement nommé le « Département de prévention des épidémies...




                        

                        

