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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’universitaire William Ossipow constate, dans une tribune au « Monde », que la gauche et ses intellectuels n’offrent pas leur aide pour que les projets individuels d’émigration se convertissent en action collective afin que soient transformées, là-bas, les conditions de la vie politique et économique.
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« La gauche ne porte pas la solidarité politique avec les migrants à la source de leur errance »

L’universitaire William Ossipow constate, dans une tribune au « Monde », que la gauche et ses intellectuels n’offrent pas leur aide pour que les projets individuels d’émigration se convertissent en action collective afin que soient transformées, là-bas, les conditions de la vie politique et économique.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 17h46
    |

William Ossipow (Professeur honoraire à l’Université de Genève)







                        



                                


                            

Tribune. L’article d’Etienne Balibar intitulé « Pour un droit international de l’hospitalité » (Le Monde du 17 août 2018) ouvre de riches perspectives de réflexion.
Le cœur de l’article est la préoccupation que l’hospitalité ne soit pas une catégorie simplement morale mais qu’elle s’ancre dans le droit international.
Droit fondamental
Le philosophe suggère de disjoindre le concept en deux approches différentes, sans doute inspirées de la distinction entre le jus ad bellum (le droit de recourir à la guerre) et le jus in bello (le droit applicable en temps de guerre).

Ainsi, suggère l’auteur, il faudrait distinguer conceptuellement un droit à l’hospitalité d’un droit international de l’hospitalité. Balibar pose une affirmation d’une grande importance philosophique : « Il n’y a pas de droit à l’hospitalité, car l’hospitalité est une disposition collective relevant de la liberté… » (souligné dans le texte).
A cet égard, relevons un flou, une contradiction dans l’article, puisque quelques paragraphes plus haut, il préconise la reconnaissance de l’hospitalité comme « droit fondamental » et le chapeau de l’article suggère que l’auteur propose de reconnaître « l’hospitalité comme un droit fondamental ».
Si j’interprète correctement sa pensée, Etienne Balibar préconise de reconnaître et de développer le droit de l’hospitalité, à savoir l’ensemble des dispositions juridiques qui devraient entourer et encadrer les migrations. Le droit de l’hospitalité devrait être une partie intégrante du droit humanitaire, sur lequel un travail sérieux s’accomplit d’ores et déjà au HCR et au CICR.
Une touche de pathétique
Il est regrettable que Balibar ne développe pas plus cette proposition qu’il pose « il n’y a pas de droit à l’hospitalité ». Quelles en sont les implications ? La première est claire et pourrait expliquer qu’un intellectuel humaniste et...




                        

                        


<article-nb="2018/08/29/18-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Pour éviter les dérives mettant en cause leurs activités dans les pays en guerre, les entreprises doivent veiller à ce que les services de gestion des risques opèrent conformément à la légalité et l’éthique, rappelle le consultant Olivier Hassid dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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« Procéder à des recherches de renseignements tous azimuts peut paradoxalement conduire à mettre l’entreprise en danger »

Pour éviter les dérives mettant en cause leurs activités dans les pays en guerre, les entreprises doivent veiller à ce que les services de gestion des risques opèrent conformément à la légalité et l’éthique, rappelle le consultant Olivier Hassid dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 16h03
    |

Olivier Hassid (Directeur des activités de conseil en sécurité chez PwC et directeur adjoint du master de management des risques de l’université Pa...







                        



                                


                            

Tribune. Les dirigeants d’entreprise ont aujourd’hui des attentes fortes en matière de sécurité. D’après un sondage international réalisé en janvier 2018 par le cabinet d’audit PwC auprès de 1 400 d’entre eux, les risques terroristes, géopolitiques ou de cybersécurité font partie de leurs principales inquiétudes.
Dans ce contexte, les dirigeants ont massivement investi : hausse des budgets, recrutement de directeurs sécurité, renforcement des équipes au niveau central pour gérer les questions de sûreté sur plan mondial. Cette préoccupation est tout à fait compréhensible étant donné l’évolution des menaces terroristes, criminelles ou para-étatiques, les Etats eux-mêmes n’étant pas toujours en mesure de les protéger. Ce choix peut être considéré comme profitable, tout autant pour les collaborateurs que pour le patrimoine matériel et informationnel de l’entreprise.

Dans cette perspective, les directions de sécurité, de sûreté ou de management des risques recourent à des analyses, s’assurent de la sécurité des voyages des collaborateurs, forment aux risques de kidnapping ou de fuites d’informations, réalisent une veille sur les menaces potentielles, procèdent à des tests d’intrusion pour vérifier la robustesse des dispositifs, voire élaborent des plans de gestion de crise.
« Mais qui gardera ces gardiens ? »
Mais reste toujours d’actualité la célèbre question que le poète romain Juvénal posait : « Quis custodiet ipsos custodes ? » – communément traduite par « mais qui gardera ces gardiens ? ». Autrement dit, les personnels chargés d’assurer la sécurité ont un pouvoir qui peut aussi représenter un danger.
Les dirigeants qui se dotent de moyens de sécurité prennent en effet le risque que ceux-ci soient utilisés à mauvais escient. Tel fut le cas récemment, semble-t-il, de certaines entreprises européennes opérant dans des zones de guerre qui ont négocié avec l’Etat islamique, ou d’entreprises américaines...




                        

                        


<article-nb="2018/08/29/18-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Benoit Assémat, inspecteur général de santé, explique dans une tribune au « Monde » que le moment est venu de renforcer la gouvernance de la gestion des risques sur la chaîne alimentaire.
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Après le scandale Lactalis, il est urgent de « créer une autorité unique de contrôle sanitaire »

Benoit Assémat, inspecteur général de santé, explique dans une tribune au « Monde » que le moment est venu de renforcer la gouvernance de la gestion des risques sur la chaîne alimentaire.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 15h18
    |

Benoît Assémat (Conseiller sécurité sanitaire à l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice)







                        



                                


                            

Tribune. Au début du mois de décembre 2017, la révélation de la mise sur le marché de laits infantiles contaminés par des salmonelles par l’entreprise Lactalis a mis en évidence des dysfonctionnements dans le dispositif de sécurisation sanitaire de la chaîne alimentaire. Des propositions visant à améliorer le fonctionnement des autorités compétentes, voire à mettre en place une autorité unique de contrôle, ont été formulées dans un rapport d’information du Sénat (n° 403 du 5 avril 2018) ainsi que par la commission d’enquête mise en place par l’Assemblée nationale (n° 1179 du 19 juillet 2018).
Ces propositions rejoignent les dispositions prévues par le règlement européen du 15 mars 2017, qui fixe le cadre des contrôles officiels sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, et dont l’entrée en application est prévue pour le 14 décembre 2019.

L’article 1er de ce règlement précise que les contrôles officiels doivent prendre en compte une approche globale des risques, associant aux enjeux de sécurité et de salubrité ceux qui visent à garantir, par des pratiques commerciales loyales, la protection et l’information des consommateurs.
En effet, pour des raisons liées à la mondialisation des échanges, à la complexification des circuits commerciaux et à une pression toujours plus forte sur les prix, ces deux enjeux sont devenus étroitement liés. Un problème sanitaire peut révéler l’existence d’une fraude (ce fut le cas des œufs contaminés au fipronil à l’été 2017), de la même façon qu’une fraude peut soulever des questions sur la sécurité de la chaîne alimentaire (comme dans le cas du scandale de la viande de cheval en 2013).
Dilution des responsabilités
Ainsi, la création d’une autorité unique de contrôle pose immédiatement la question de son périmètre : souhaite-t-on limiter son champ d’action aux enjeux de sécurité sanitaire ou l’élargir à la lutte contre les pratiques frauduleuses ou trompeuses ? En réalité,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/29/18-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Un collectif d’entrepreneurs français défend, dans une tribune au « Monde », l’inscription dans la loi Pacte d’un nouveau type de fondation, permettant à une entreprise de poursuivre à la fois une mission économique et une mission d’intérêt général.
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Suivons l’exemple danois « des fondations actionnaires »

Un collectif d’entrepreneurs français défend, dans une tribune au « Monde », l’inscription dans la loi Pacte d’un nouveau type de fondation, permettant à une entreprise de poursuivre à la fois une mission économique et une mission d’intérêt général.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 16h16
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. A l’occasion du voyage d’Etat du président de la République à Copenhague, mardi 28 et mercredi 29 août, mettons en lumière une spécificité méconnue du capitalisme danois : l’importance des fondations actionnaires.
Avec 1 360 fondations actionnaires, le Danemark est un modèle en Europe : les entreprises détenues par des fondations représentent 54 % de la capitalisation boursière, 10 % de la richesse nationale, 18 % de la création de valeur, 25 % des exportations et 60 % du budget de recherche et développement ! Des fleurons industriels (Carlsberg, Novo Nordisk, Velux, Maersk, Danfoss…), mais aussi de nombreuses PME, sont ainsi mieux protégés des effets du court-termisme grâce à un actionnariat stable, au cœur du système économique et redistributif danois. Les seuls dons des fondations actionnaires danoises dépassent le milliard d’euros par an.
Au-delà du Danemark, d’autres pays ont emboîté le pas. Elles sont près de 1 000 en Allemagne (Bosch, Bertelsmann, Playmobil), 1 000 en Suède (Electrolux, SEB…) et nombreuses aussi en Suisse (Rolex, Sandoz…), pour ne citer que ces exemples.
Les Laboratoires Pierre Fabre pionniers
Et en France ? Quelques pionniers font figure d’exception, en particulier les Laboratoires Pierre Fabre, qui appartiennent à 86 % à la fondation du même nom. Mais aucune fondation française ne peut avoir un rôle d’actionnaire aussi actif que dans les pays d’Europe du Nord ni concilier pleinement mission économique et mission d’intérêt général. Certains d’entre nous créent des fonds de dotation actionnaires, déjà plus agiles que les fondations d’utilité publique, mais ils restent dépourvus de toute mission économique explicite au-delà de l’action caritative.
Il est temps de dépasser le clivage entre économie et philanthropie pour inventer un capitalisme nouveau. Nous sommes donc nombreux à attendre la création par la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Les volumes de données atteints, leur production, leur circulation, leur stockage, leur traitement et leur exploitation sont à la source de profondes transformations et de nombreuses questions posées aux modèles sociaux, économiques et politiques préexistants. La revue « Pouvoirs » revient sur les enjeux de ce bouleversement.
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Des solutions pour reprendre le pouvoir sur les données

Les volumes de données atteints, leur production, leur circulation, leur stockage, leur traitement et leur exploitation sont à la source de profondes transformations et de nombreuses questions posées aux modèles sociaux, économiques et politiques préexistants. La revue « Pouvoirs » revient sur les enjeux de ce bouleversement.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 13h40
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Facebook est une entreprise dont 97 % du chiffre d’affaires (près de 41 milliards de dollars en 2017) est réalisé par la vente d’une publicité supposée d’autant plus efficace qu’elle repose sur des données aussi précises que nous sommes loquaces. Publications sur un réseau social, un blog, un forum, photos, avis, signatures de pétitions, pages vues sur un site, achats réalisés, recherches effectuées sont autant de données qui deviennent des cibles publicitaires.
Alors qu’auparavant une faible quantité de producteurs de contenus légitimes – presse, édition, universités, Eglises, Etats – s’adressait à un auditoire lui aussi restreint, chacun est désormais à la fois consommateur, créateur et source des données.
Ces données sont envisagées comme « l’ensemble des éléments liés à l’action – volontaire ou non – d’un utilisateur et qui est stocké sur une machine informatique », résume Antonin Guyader, directeur numérique de la revue Pouvoirs, qui consacre un numéro à la « datacratie ».
Publications sur un réseau social, un blog, un forum, photos, avis, pages vues sur un site, achats réalisés, recherches effectuées sont autant de données qui deviennent des cibles publicitaires.
Les volumes de données atteints, leur production, leur circulation, leur stockage, leur traitement et leur exploitation sont à la source de profondes transformations et de nombreuses questions posées aux modèles sociaux, économiques et politiques préexistants. La revue revient sur les enjeux de ce grand bouleversement.
Le président du think tank Renaissance numérique, Henri Isaac, se penche sur l’émergence d’acteurs privés capables de capter la valeur de données, examine les mécanismes de création de valeur et se demande si l’open data et les « communs de données » – qui consisteraient à faire des données un bien commun, en repensant autour de leurs usages un faisceau de droits – sont des alternatives crédibles aux mécanismes d’appropriation de la...




                        

                        


<article-nb="2018/08/29/18-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans des dizaines de pays, des sociétés privées de sécurité chinoises sont chargées de protéger les investissements de leurs compatriotes, et leurs compatriotes eux-mêmes, explique le journaliste du « Monde » Frédéric Lemaître.
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Les « nouvelles routes de la soie » sont bien gardées

Dans des dizaines de pays, des sociétés privées de sécurité chinoises sont chargées de protéger les investissements de leurs compatriotes, et leurs compatriotes eux-mêmes, explique le journaliste du « Monde » Frédéric Lemaître.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 12h14
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

Vu d’ailleurs. Sorti il y a un an, à l’été 2017, le film d’action Wolf Warrior 2 a battu tous les records du box-office chinois, engrangeant 5,68 milliards de yuans (726 millions d’euros) de recettes. Son thème : l’héroïsme d’un ancien militaire chinois qui, devenu mercenaire en Afrique, libère des dizaines de compatriotes, otages d’un mouvement de guérilla dans un pays en pleine guerre civile, mais où l’armée chinoise ne peut intervenir faute du feu vert de l’ONU. Une fois tout le monde sauvé, une dernière image apparaît à l’écran. Un passeport chinois sur lequel s’inscrit la formule suivante : « Citoyens chinois, si vous êtes en danger à l’étranger, ne baissez jamais les bras. Souvenez-vous que la puissance de votre mère patrie se tient derrière vous. »
Vous souriez ? Erreur. Cette conclusion est plus proche de la réalité qu’il n’y paraît. Tel est le principal enseignement de l’étude que vient de publier le Mercator Institute for China Studies (Merics) sur un des secrets les mieux gardés des « nouvelles routes de la soie » : la présence, dans des dizaines de pays, de sociétés privées de sécurité chinoises chargées de protéger les investissements de leurs compatriotes, et leurs compatriotes eux-mêmes.
5 000 en 2017
Basé à Berlin, Merics, l’un des centres de recherche européens les plus productifs sur la Chine, s’intéresse aux « Gardiens de la ceinture et de la route » pour reprendre le titre de l’étude. Très étroitement contrôlées par le Parti communiste et souvent créées par d’anciens militaires, ces sociétés privées, autorisées à exercer depuis 2009, ont connu un véritable emballement. En 2013, 4 000 d’entre elles, employant plus de 4,3 millions de salariés, étaient officiellement enregistrées. En 2017, ce nombre était déjà passé à 5 000.
La Chine, contrairement à la Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, au Canada et à la Suède, n’a pas souscrit au code de bonne conduite du secteur, adopté en 2013
Merics...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Une majorité de la population des pays riches, par son travail, vit de ce qui détruit l’environnement. Là se pose le plus grand problème, que seule une véritable confrontation démocratique peut résoudre, estime le chercheur Salvador Juan.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Salvador Juan : « Il faut cesser de négliger les obstacles sociaux que suscitent les réformes écologiques »

Une majorité de la population des pays riches, par son travail, vit de ce qui détruit l’environnement. Là se pose le plus grand problème, que seule une véritable confrontation démocratique peut résoudre, estime le chercheur Salvador Juan.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 11h57
    |

Salvador Juan (Professeur à l’université de Caen-Normandie, Centre de recherche risques et vulnérabilités/CERREV)







                        



                                


                            

Tribune. La décision de Nicolas Hulot de démissionner du gouvernement était inévitable. On peut même considérer qu’elle aurait pu arriver plus tôt au vu des décisions prises au plus haut niveau de l’Etat. Cependant, et comme il le souligne lui-même, c’est moins l’aveuglement de l’actuel pouvoir – illustrant parfaitement la tendance de fond à la technocratisation libérale des systèmes les plus développés – que les contradictions de l’ensemble de la société française et de chacun de ses habitants qui l’ont découragé.
De quelle nature sont ces contradictions que nous portons tous intimement et qui écartèlent notre système socio-économique, comme l’affirme l’ex-ministre à juste titre en évoquant, notamment, les lobbies, la recherche effrénée de croissance ou l’impossible rupture avec l’électronucléaire ? On peut les résumer en quelques points.
Le réchauffement climatique, avec ses conséquences sur les littoraux et sur l’agriculture, est l’une des dimensions de la crise écologique planétaire. Celle-ci se traduit également par le déclin de la biodiversité associé aux pollutions et à l’artificialisation des milieux, par l’épuisement des ressources non renouvelables et par l’accroissement des risques technoscientifiques. Or, ces quatre types de problèmes écologiques sont liés. Mais le traitement des symptômes de ces différents défis, tel que les politiques le proposent, est segmentaire et intègre rarement les effets secondaires sur les autres dimensions de la crise.
Elus locaux à l’unisson
Par ailleurs, ces tentatives de réformes alternatives ne tiennent presque jamais compte des obstacles sociaux qu’elles suscitent et qui les invalident au plan démocratique. C’est là que se pose le plus grand problème : dans les pays riches, la majorité de la population, par son travail, vit aujourd’hui de ce qui détruit sa santé et obère tant la qualité du milieu actuel et futur que son avenir à long terme et celui de sa descendance.
Alors...




                        

                        


<article-nb="2018/08/29/18-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Par sa nomination au gouvernement, Nicolas Hulot apportait la garantie que la défense de la cause écologique ne resterait plus un vain mot. Son départ quinze mois plus tard démontre que c’était un vœu pieux.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Démission de Nicolas Hulot : le réquisitoire de l’ancien ministre

Editorial. Par sa nomination au gouvernement, Nicolas Hulot apportait la garantie que la défense de la cause écologique ne resterait plus un vain mot. Son départ quinze mois plus tard démontre que c’était un vœu pieux.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 11h42
   





                        



   


Editorial. Spectaculaire dans le ton, inédite dans la forme, la démission de Nicolas Hulot du gouvernement, annoncée en direct sur les ondes de France Inter, mardi 28 août, exprime d’abord un aveu d’échec de la part du ministre de la transition écologique et solidaire. Pas plus que ses douze prédécesseurs depuis vingt ans, il n’est parvenu à modifier en profondeur l’action de l’Etat face aux défis climatiques, environnementaux ou sanitaires du monde actuel. Indépendant et exigeant – trop anxieux et capricieux, disent déjà ses détracteurs –, il en tire la conséquence : il se retire en espérant, sans trop y croire, que ce geste provoquera un électrochoc et réveillera les consciences.
Mais cette décision singulière constitue surtout un revers cuisant pour le président de la République, qui plus est à l’orée d’une rentrée délicate. Au lendemain de son élection, Emmanuel Macron avait réussi à convaincre cette personnalité atypique, symbole de l’engagement citoyen, de ne plus se contenter du pouvoir d’influence qu’il exerçait depuis longtemps, mais de mettre son talent et sa notoriété au service de l’action gouvernementale.
Par sa seule présence, son rang de ministre d’Etat et l’étendue de ses attributions, Nicolas Hulot apportait alors la garantie que la défense de la cause écologique ne resterait plus un vain mot. Comme un boomerang, son départ quinze mois plus tard démontre que, pour une large part, c’était un vœu pieux.

        Lire aussi :
         

                La démission de Nicolas Hulot, chronique d’un renoncement annoncé



C’est d’autant plus vrai que l’intéressé a justifié sa sortie dans des termes cinglants. Au-delà de l’hommage affectueux qu’il a rendu au chef de l’Etat, au premier ministre et à ses anciens collègues, exception faite de celui de l’agriculture, c’est en effet un véritable réquisitoire que M. Hulot a dressé contre la politique gouvernementale.
Avec trois griefs essentiels. D’abord, a-t-il plaidé, la politique des « petits pas » dans laquelle il a été cantonné n’est pas à la hauteur des enjeux de cette « tragédie » climatique et environnementale qui menace la planète. « Avons-nous commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? Non. Avons-nous commencé à réduire l’utilisation des pesticides ? Non. A enrayer l’érosion de la biodiversité ? Non », a-t-il martelé. A quoi s’ajoute « l’entêtement » des pouvoirs publics à préserver la filière nucléaire, « cette folie inutile ». Autant de sujets sur lesquels, à l’évidence, l’ancien ministre n’a pas réussi à convaincre et a été contraint, au contraire, à de peu glorieux renoncements.
« C’est un problème de démocratie »
S’il apparaîtra pour le moins naïf à beaucoup, le deuxième grief n’est pas moins sérieux et sévère. Il concerne le poids exercé sur les décisions publiques par les lobbys de toutes sortes, qu’il s’agisse du nucléaire, des chasseurs, de l’agro-industrie… La puissance de ces groupes d’intérêts, leur « présence dans les cercles du pouvoir » jusqu’au plus haut niveau a conduit M. Hulot à poser de rudes questions : « C’est un problème de démocratie. Qui a le pouvoir ? Qui gouverne ? »
Mais, plus encore, parce que cela touche directement le chef de l’Etat, responsable en dernier ressort, l’ancien ministre a pointé le grand écart qui existe, à ses yeux, entre les paroles et les actes, entre les déclarations flamboyantes et les arbitrages effectifs, entre une diplomatie environnementale offensive et ambitieuse et une politique nationale trop défensive et timorée. Avec ce mot terrible pour conclure : Nicolas Hulot ne voulait plus participer à « une forme de mystification ».

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Enfin, le porte-voix de l’écologie a été au bout de ses convictions : comment affronter sérieusement les désordres de la planète, a-t-il questionné, si l’« on s’évertue à réanimer un modèle économique qui [en] est la cause » et si la dictature du court terme interdit de penser et de préparer les réorientations vitales à long terme ? En clair, peut-on être un libéral probusiness et un écologiste proplanète ? Cela revient à pointer les limites du « en même temps » macronien.
Nicolas Hulot reconnaît qu’il n’a pas les réponses à ces questions. Il revient désormais au chef de l’Etat d’en trouver.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Nicolas Hulot a été confronté à un gouvernement indifférent à l’environnement, estime le philosophe Dominique Bourg dans une tribune au « Monde ». Le projet du président se limite à l’horizon économique, sans prendre en compte d’autres réalités.
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« La démission de Nicolas Hulot sanctionne l’échec du “en même temps” »

Nicolas Hulot a été confronté à un gouvernement indifférent à l’environnement, estime le philosophe Dominique Bourg dans une tribune au « Monde ». Le projet du président se limite à l’horizon économique, sans prendre en compte d’autres réalités.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 10h46
    |

                            Dominique Bourg (Président du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme, professeur à l’université de Lausanne)








                        



                                


                            
Tribune. Enfin ! Nicolas Hulot a démissionné. J’applaudis à cette décision et aurais aimé l’apprendre plus tôt. J’ai pour ma part perdu mes illusions depuis le début de cette année, depuis la feuille de route sur l’économie circulaire qui a accouché de mesures insuffisantes.
Nous avons appris récemment que les émissions carbonnées françaises ont augmenté de plus de 3 % en 2017 par rapport à l’année précédente. Que s’est-il passé depuis que l’on a appris cette contre-performance ? Rien. Une réponse adéquate serait celle défendue par le climatologue Jean Jouzel et l’économiste Pierre Larrouturou avec un véritable plan climat assorti de financements massifs.
La future loi sur la mobilité semble en l’état plus intéressée à la promotion de la voiture autonome qu’à la défense de l’environnement. Les textes en préparation sur la biodiversité ne comportent aucune interdiction alors que le vivant – populations de vertébrés et d’insectes volants – s’effondre sur Terre. Le gouvernement a retiré sous le feu des critiques son projet d’introduire le climat dans l’article 34 de la Constitution, lequel délimite les domaines d’intervention du législateur. L’environnement y figure déjà !
« Il n’y a pas eu en réalité de « en même temps », mais une politique uniment et sottement néolibérale. »
Cette proposition était révélatrice d’une politique des faux-semblants. L’idée de l’introduction à l’article 1 de la Constitution a fini par s’imposer, mais la formule retenue n’a pas été celle de Nicolas Hulot (« La République assure, garantit… »), mais celle assurant le moins de conséquences possibles sur les politiques publiques (« La République agit… »).
Le glyphosate, dira-t-on ? Il aurait probablement été remplacé par une autre molécule avec des procédures d’évaluation à leur tour défaillantes. Un changement lui-même modeste alors qu’il conviendrait d’évoluer vers une généralisation de l’agroécologie, plus à même en outre à résister...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Emmanuel Macron a finalement échoué dans son coup de com de « greenwashing » et Nicolas Hulot a fait preuve d’un grand courage, analyse l’ancien ministre de l’écologie dans une tribune au « Monde ».
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Yves Cochet : « Socrate et la nature quittent le gouvernement »

Emmanuel Macron a finalement échoué dans son coup de com de « greenwashing » et Nicolas Hulot a fait preuve d’un grand courage, analyse l’ancien ministre de l’écologie dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h10
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 10h41
    |

Yves Cochet (Ancien ministre de l’environnement  président de l’institut Momentum)







                        



                                


                            
Tribune. Nicolas Hulot a l’habitude de dire que son niveau académique est bac moins cinq. Il entend ainsi exprimer que son écologie est moins constituée d’une somme de connaissances apprises à l’école que d’une expérience vécue au contact de la nature. Au point que l’on peut considérer l’homme Hulot comme un hybride humain/non-humain, un représentant totémique de l’écosphère.
C’est cette chimère émerveillée qui a su entraîner des millions de personnes à suivre ses émissions Ushuaïa Nature pendant quinze ans, à devenir l’animateur préféré des téléspectateurs, puis l’homme politique le plus populaire du gouvernement. Bien sûr, nous avons des raisons de critiquer ses arrangements avec les puissances médiatiques et financières qui lui permirent de réaliser spectaculairement ses aventures naturalistes. Cependant, contrairement à la plupart des stars, c’est en vieillissant qu’il devient plus radical et moins sujet aux compromis sur le fond, comme le montre sa démission.
« C’est en vieillissant que Nicolas Hulot devient plus radical et moins sujet aux compromis sur le fond, comme le montre sa démission. »
En découvrant l’écosystème politique sur le tard, Nicolas Hulot a sans doute sous-estimé les règles particulières à ce milieu. Les dangers ne sont pas du même ordre que ceux de la nature plus ou moins sauvage. L’une des différences entre les écosystèmes naturels et les écosystèmes sociaux (ce n’est pas spécifique au domaine politicien) est que, dans le second cas, vos proches et amis sont aussi vos adversaires, selon les circonstances.
S’il est vrai qu’un loup attaque toujours un chevreuil, un humain peut au contraire combattre ou s’allier avec un autre en des occasions souvent imprévisibles. Cette oscillation fascinante – ami ou ennemi ? – est éloquemment mise en scène dans la série Game of Thrones. Mais Nicolas Hulot n’est pas Tyrion Lannister. Mi-homme mi-animal, Nicolas Hulot est d’une espèce inadaptée au milieu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Plutôt que de protéger la planète, la politique engagée par Nicolas Hulot servait de paravent pour faire oublier la politique néolibérale d’Emmanuel Macron, affirme le député Les Républicains Julien Aubert dans une tribune au « Monde ».
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« Le départ de Nicolas Hulot est une chance pour revenir à un développement raisonnable »

Plutôt que de protéger la planète, la politique engagée par Nicolas Hulot servait de paravent pour faire oublier la politique néolibérale d’Emmanuel Macron, affirme le député Les Républicains Julien Aubert dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 10h33
    |

Julien Aubert (Député (LR) du Vaucluse)







                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron, en maître funambule, avait choisi l’écologie pour faire contrepoids à ses penchants néolibéraux. L’opération était doublement bénéfique : premièrement, elle permettait de rallier à son panache Nicolas Hulot, un homme engagé et respecté pour son parcours loin des sirènes politiciennes ; deuxièmement, Emmanuel Macron endossait le rôle de leader de la communauté internationale sur le sujet du réchauffement, imitant le style de Barack Obama.
Sur le fond, en prônant des taxes sur les émissions de CO2, Macron ne faisait pas violence à ses convictions profondes. Il ne faisait que défendre une politique écologique fondée sur un raisonnement néolibéral d’incitation à la modification des comportements individuels pour sauver la planète. Les mêmes recettes vantées depuis vingt ans par le G7 et qui n’ont, au passage, strictement rien enrayé dans la progression des émissions.
Filière nucléaire dénigrée
Une fois sur la route, l’attelage Macron-Hulot a cependant abouti à des zigzags permanents. Le gouvernement était à la fois confiant et critique sur le nucléaire ; pour et contre le glyphosate ; tantôt aux côtés des écolo-gauchistes à Notre-Dame-des-Landes, tantôt plus pragmatique et de bon sens en défendant les chasseurs. Un an et demi plus tard, la coupe était à moitié pleine pour Macron, à moitié vide pour Hulot : il a choisi de démissionner. Le side-car a connu une embardée fatale. Pourtant, faute de ligne claire, bien des erreurs ont été commises.

Loin de se voir offrir une visibilité industrielle, la filière nucléaire a été dénigrée avec la complicité de certains membres du gouvernement, en laissant entendre que la réduction du nombre de centrales se poursuivrait, comme cela avait été voté sous le mandat Hollande, ou en publiant au Parlement des rapports alarmistes sur la sûreté et la sécurité nucléaires. Le gouvernement a tordu le bras d’EDF pour que l’entreprise annonce des investissements massifs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le député européen accuse la technostructure et les lobbys qui imprègnent les cabinets ministériels d’empêcher la transition écologique.
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José Bové : « La démission de Nicolas Hulot est un appel à la mobilisation »

Dans un entretien au « Monde », le député européen accuse la technostructure et les lobbys qui imprègnent les cabinets ministériels d’empêcher la transition écologique.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 10h30
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Entretien. Ancien militant du Larzac, membre ­fonda­teur du syndicat agricole Confédération paysanne, candidat à l’élection présidentielle de 2007, José Bové est, depuis 2009, député européen (Groupe des Verts/Alliance libre européenne). Auteur de Hold-up à Bruxelles. Les lobbies au cœur de l’Europe (La Découverte, 2014), il analyse les raisons de la démission de Nicolas Hulot.
Comment expliquez-vous la décision du ministre ?
Nicolas Hulot a tout d’abord réalisé brutalement que le logiciel politique français n’a pas pris en compte la crise écologique et le nouveau désordre climatique. Il a préjugé de sa capacité d’adaptation à cette urgence. En France, l’écologie est soit un supplément d’âme, soit une variable d’ajustement. Mais ce n’est pas la question centrale autour de laquelle la politique s’articule.
Ensuite, les lobbys qui cherchent à gagner des parts de marché, sans aucune conscience du désastre écologique, l’ont empêché de mener pleinement son action : on l’a vu avec le glyphosate, les OGM, les pesticides et, tout dernièrement, le lobby de la chasse, qui n’est pas uniquement celui des chasseurs, mais aussi celui des armes à feu. Sans parler du nucléaire, qui est un corps d’Etat à lui tout seul, un « complexe gaullo-communiste », comme on disait dans les années 1960, c’est-à-dire qui intègre l’ensemble des forces politiques.
Thierry Coste, représentant de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), n’avait-il « rien à faire » à l’Elysée, comme l’a dit Nicolas Hulot ?
Que Thierry Coste soit reçu par les services du ministère de l’écologie au sujet d’un texte qui concerne ceux qu’il représente, cela fait partie du débat. Mais qu’il vienne à une réunion interministérielle, surtout sans y être invité, comme l’affirme Nicolas Hulot, est un problème démocratique.
Cela me rappelle le moment où il était question de changer les élections aux chambres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Le ministre de l’écologie doit davantage s’appuyer sur  des bonus-malus pour rendre  sa politique plus désirable, estime l’universitaire Christian de Perthuis dans une tribune au « Monde ».
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Démission de Hulot : « Pour une écologie fondée sur des incitations économiques »

Le ministre de l’écologie doit davantage s’appuyer sur  des bonus-malus pour rendre  sa politique plus désirable, estime l’universitaire Christian de Perthuis dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 09h21
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 10h29
    |

                            Christian de Perthuis (Professeur à l’université Paris-Dauphine, fondateur de la chaire Economie du climat)








                        



                                


                            
Tribune. Quinze mois et onze jours : une belle capacité de résistance pour un ministre de l’environnement ! Au démarrage des deux derniers quinquennats, des prédécesseurs de Nicolas Hulot – Alain Juppé et Nicole Bricq – avaient tenu quatre semaines. Après quinze mois à Matignon, Jean-Marc Ayrault en était à son troisième ministre. Bravo à Nicolas Hulot d’avoir tenu si longtemps et longue vie au prochain arrivant.

Si le poste est éminemment éjectable, c’est que son titulaire est régulièrement en porte à faux avec la plupart de ses collègues, qui traitent les dossiers les yeux rivés sur les chiffres du chômage, de l’inflation et du pouvoir d’achat, ou encore ceux du rythme de la production industrielle ou du PIB. Or, la plupart du temps, lorsque ces indicateurs virent au vert, l’activité redémarre et avec elle nos atteintes à l’environnement. Comme ce sont ces chiffres qui priment dans la décision publique, le dernier recours du ministre de l’environnement est de démissionner (ou de piquer un coup de gueule suffisamment fort pour « être démissionné »).
Performances économique et climatique
Pour sortir de ce dilemme permanent, il faut rapprocher la performance économique de la performance environnementale. Pour y parvenir, le ministre dispose de trois familles d’outils : la réglementation, les instruments économiques et financiers, l’information des citoyens. Balayons rapidement les principaux enjeux pour le nouvel arrivant.
« Les incitations économiques et financières sont devenues l’un des enjeux les plus cruciaux de la fonction. »
Le contexte général est très défavorable à la multiplication des normes et réglementations. Or il faut des normes en matière environnementale, notamment pour réduire les risques sanitaires liés aux matières dangereuses et orienter les investissements vers le vert. Il faut donc relégitimer la norme. La bonne stratégie consiste à élaborer moins de normes en les rendant plus prévisibles à long terme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le cofondateur du parti Génération écologie estime, dans une tribune au « Monde », que la sauvegarde de la planète ne fait toujours pas l’objet d’une vision générale et ambitieuse, quarante ans après la création du ministère.
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Dominique Simonnet : « Le mal-être de Nicolas Hulot est un symbole »

Le cofondateur du parti Génération écologie estime, dans une tribune au « Monde », que la sauvegarde de la planète ne fait toujours pas l’objet d’une vision générale et ambitieuse, quarante ans après la création du ministère.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 09h12
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 10h22
    |

Dominique Simonnet (Ecrivain et journaliste)







                        



                                


                            

Tribune. Comme une impression de déjà-vu : ce ministre amer, visage fermé, regard affligé, mâchonnant ses regrets, qui classe soudain ses dossiers en avouant son impuissance : « Je me surprenais tous les jours à me résigner. » C’est donc cela, l’écologie en politique ? La même scène, la même lassitude, ces démissions et ces limogeages que l’actualité égrène au fil des gouvernements, cette désillusion récurrente, cette sensation de gâchis ?
Les uns louent la persévérance et la sincérité de Nicolas Hulot – au fil des années, il a titillé bien des pouvoirs et contribué à d’incontestables avancées. Les autres critiquent sa versatilité et parfois sa naïveté – plus d’une fois, il s’est laissé berner par des Verts opportunistes dont il ne partageait pourtant pas la vision de la société.

L’essentiel est ailleurs : ce n’est pas sa personnalité qui interroge aujourd’hui. Mais sa fonction. A quoi sert un ministère de l’écologie, portefeuille que le premier détenteur, Robert Poujade (1971-1974), qualifiait déjà de « ministère de l’impossible » ? N’est-il qu’une caution pour des gouvernements qui, quelle que soit leur couleur politique, ne parviennent pas à se hausser à la hauteur des enjeux ?
Macron, l’occasion manquée
Dans son mal-être, Nicolas Hulot est un symbole. C’est d’abord celui d’un Etat qui, malgré l’ostentation volontariste d’Emmanuel Macron, a conservé en la matière les œillères d’autrefois et dont certains hauts fonctionnaires formés à l’ENA ou aux Ponts obéissent à des réflexes désuets (l’obstination pour la filière nucléaire et l’EPR en est un exemple), méprisent les urgences planétaires, qu’ils considèrent irréalistes, et étouffent, par conformisme ou arrogance, toute tentative de faire un pas de côté.
C’est aussi le symbole de l’écologie elle-même, c’est-à-dire d’une culture, d’une prise de conscience, d’un sentiment d’urgence, d’un rêve peut-être, qui, depuis quarante ans, peine à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Des études ont montré qu’un effort physique permet d’améliorer les capacités cognitives, dont l’attention, mais aussi le comportement des enfants et adolescents souffrant de TDAH.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Hyperactivité et sport, le duo gagnant

Des études ont montré qu’un effort physique permet d’améliorer les capacités cognitives, dont l’attention, mais aussi le comportement des enfants et adolescents souffrant de TDAH.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 17h48
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Votre fils ne sera jamais capable de se concentrer sur quoi que ce soit », avait prédit une ­enseignante à Deborah Phelps. Pourtant son petit Michael, qui ne tenait pas en place sur les bancs de l’école, a vite réussi à patienter de longues heures au bord des bassins pour des courses de quelques minutes. Et quelles courses ! Agé aujourd’hui de 33 ans, le nageur américain est le sportif le plus titré des Jeux olympiques, avec 28 médailles, dont 23 en or.
Outre Michael Phelps, bien d’autres champions sont atteints d’un trouble du déficit de l’attention ou hyperactivité (TDAH) : les basketteurs américains Magic ­Johnson et Michael Jordan, le sprinter Carl Lewis, le plongeur Greg Louganis… Certains ont ­raconté comment le sport les a aidés à canaliser leur énergie débordante. Il est aussi connu que les personnes avec TDAH peuvent être hyperconcentrées lors d’activités qui les motivent.
5% des enfants touchés par ce trouble
Mais au-delà de ces sportifs d’exception, l’activité physique peut-elle aider les individus souffrant ­d’hyperactivité ? La question est d’autant plus pertinente que ce trouble du neurodéveloppement, qui touche 5 % des enfants, se caractérise par des ­difficultés attentionnelles, une impulsivité et une hyper­activité pouvant avoir de lourdes conséquences sur la scolarité, la vie familiale et sociale… De plus, ces jeunes présentent plus de risques d’être en surpoids ou obèses. Ces dernières années, plusieurs études – souvent sur des effectifs limités – ont ­obtenu des résultats encourageants, montrant que, comme chez tout un chacun, bouger a des effets ­bénéfiques sur le cerveau des ­hyperactifs.
Dernière en date, une étude menée par l’équipe de Valentin Bednzing (université de Berne, Suisse) chez 46 enfants âgés de 8 à 12 ans souffrant de TDAH, qui conclut qu’après des séances de 15 minutes d’exercice physique d’intensité modérée à intense, les ­capacités d’inhibition (contrôle) et la flexibilité mentale augmentent....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », note qu’après avoir été humiliés par le retrait forcé de leurs entreprises d’Iran, Berlin et Paris débattent d’un système financier indépendant des Etats-Unis.
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« Sur le nucléaire iranien, Trump a contraint les Européens à épouser sa politique de “pression maximale” »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », note qu’après avoir été humiliés par le retrait forcé de leurs entreprises d’Iran, Berlin et Paris débattent d’un système financier indépendant des Etats-Unis.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 06h31
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Lorsque, il y a trois ans, la banque française BNP Paribas a été condamnée à payer au Trésor américain une amende faramineuse de 8,9 milliards de dollars (7,6 milliards d’euros), pour violation d’embargos sur des transactions financières avec des ressortissants soudanais, cubains et iraniens, on s’est étranglé à Paris sur le montant record de la somme, ou sur la rigueur draconienne de la justice des Etats-Unis – s’agissant des banques des autres.
Certains ont trouvé l’amende injuste. Mais aucune voix gouvernementale européenne, à l’époque, ne s’est élevée pour se rebeller, ouvertement, contre les effets extraterritoriaux de la législation américaine.
Cette indulgence est révolue. Ce que les Européens étaient prêts à tolérer hier, même en rechignant, de l’administration Obama n’est plus supportable aujourd’hui avec son successeur. La décision de l’administration Trump de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, co-signé en juillet 2015 par son propre pays, l’Iran et, notamment, les Européens, a tout changé.
Pascal Lamy, l’ancien président de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avait prédit que ce retrait constituerait « la fracture la plus importante entre les Etats-Unis et l’Europe » depuis la crise de Suez, en 1956. Sur ce point-là, les événements lui ont donné raison.
Le risque d’être exclu du marché américain
Car Donald Trump ne s’est pas contenté de dénoncer l’accord iranien. Il a contraint les Européens à épouser, malgré eux, sa politique de « pression maximale » sur Téhéran : en asphyxiant économiquement la République islamique, les Etats-Unis espèrent y provoquer un changement de régime.
Comment asphyxie-t-on un pays ? En empêchant les entreprises d’y investir. De fait, trois mois après la décision américaine, c’est l’exode : Total, Daimler, Siemens, PSA, Renault… les fleurons de l’industrie européenne qui avaient investi en Iran depuis 2015 à la faveur de la brèche ouverte par l’accord...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le réalisateur, cofondateur du mouvement Colibris, estime que seule la rupture avec un modèle de croissance qui ravage la planète pourra transformer le monde.
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Cyril Dion : « Les ministres n’ont pas de pouvoirs magiques »

Dans une tribune au « Monde », le réalisateur, cofondateur du mouvement Colibris, estime que seule la rupture avec un modèle de croissance qui ravage la planète pourra transformer le monde.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 10h25
    |

Cyril Dion (Réalisateur et cofondateur du mouvement Colibris)







                        



                                


                            
Tribune. Au moment de la nomination de Nicolas Hulot au gouvernement, Hélène Médigue, réalisatrice du documentaire On a 20 ans pour changer le monde, filmait une petite séquence où l’agroécologiste Maxime de Rostolan m’interrogeait : bonne ou mauvaise nouvelle ?
Je ne fais pas mystère de mon scepticisme sur la capacité des gouvernements à engager des changements radicaux ; je lui ai donc répondu que c’était l’occasion idéale de voir si la paralysie de l’Etat était une question de personne ou de système. Il semble que la démission de Nicolas Hulot, mardi 28 août, nous apporte une réponse.

On ne peut pas douter du fait que Nicolas Hulot, mieux que personne dans le monde politique, ait eu, à l’heure de sa nomination, connaissance des enjeux, les idées claires sur le changement de cap à adopter et sur un certain nombre de mesures radicales à mettre en œuvre. On peut aussi arguer qu’il avait une place idéale : numéro trois du gouvernement, avec un portefeuille large. Mais ce n’était pas suffisant.
Il ne suffit pas de parler
En réalité je crois que nous pourrions mettre n’importe qui à sa place, cela n’y ferait rien, pour une raison simple : la mutation qu’il est indispensable d’opérer pour stopper le réchauffement planétaire, le ravage des forêts, l’extinction des espèces, l’exploitation d’êtres humains à travers le monde, l’accroissement indécent des inégalités, est incompatible avec le modèle néolibéral, consumériste, fondé sur une croissance matérielle infinie.
Pour se donner une chance d’inverser le cours du changement climatique, il faudrait en finir avec le capitalisme, avançait Naomi Klein dans son passionnant essai : Tout peut changer (Actes Sud, 2015).
C’est de cela dont il est question. Arrêter de proclamer que nous allons, dans le même temps, réduire nos émissions de gaz à effet de serre et continuer à vendre des Airbus à tour de bras. Faire de grands discours sur les insectes qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chanteur irlandais, qui commence une tournée continentale, estime qu’il est urgent de défendre l’Union européenne.
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Bono : « L’Europe ne doit pas seulement avoir une tête, mais aussi un cœur qui bat »

Dans une tribune au « Monde », le chanteur irlandais, qui commence une tournée continentale, estime qu’il est urgent de défendre l’Union européenne.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 19h24
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 08h41
    |

Bono (Chanteur)







                        



                                


                            
Tribune. Un groupe de rock est au meilleur de son art lorsqu’il transgresse les limites de ce que l’on considère être le bon goût, lorsqu’il choque et qu’il crée la surprise. C’est dans cet élan que U2 entame sa tournée européenne cette semaine à Berlin, avant de retrouver Paris, début septembre. Nous avons décidé de réveiller les consciences et de réaffirmer une idée ambitieuse à laquelle nous croyons : notre Europe. Pendant le concert, nous déploierons un grand drapeau bleu vif, celui de l’Union européenne (UE).
Je me mets à la place du public qui vient assister à un concert de rock : voir un drapeau européen s’agiter devant ses yeux doit sembler perturbant ou même ennuyeux, au mieux s’apparenter à une référence un peu kitsch au concours de l’Eurovision.
L’Europe est un théâtre où se jouent de puissantes émotions
Pour certains d’entre nous, c’est devenu un acte de revendication. Pendant longtemps, l’Europe nous a profondément ennuyés. Aujourd’hui, elle cristallise des tensions et des débats passionnés.
L’Europe est un théâtre où se jouent de puissantes émotions, une arène où s’affrontent des forces opposées souhaitant forger une certaine vision de notre avenir. Je dis « notre » avenir, car nous ne pouvons pas le nier : nous sommes tous sur le même bateau, naviguant sur des mers agitées, dans des conditions climatiques houleuses, et tout cela du fait de la montée du populisme et des extrêmes à travers le continent.
Il n’a jamais existé de meilleur endroit où naître
Par les temps qui courent, il est devenu difficile de susciter un désir d’Europe chez les Européens eux-mêmes. Pourtant, il n’a jamais existé de meilleur endroit où naître que dans l’Europe de ces cinquante dernières années.
Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour accéder à une meilleure répartition des richesses et des fruits de notre prospérité. Cela étant, les Européens jouissent d’un meilleur accès à l’éducation, d’une meilleure protection...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Il y a cinquante ans commençait l’expansion internationale d’une mesure fiscale conçue en France : la taxe à la valeur ajoutée, rappelle Antoine Pavamani dans une tribune au « Monde ».
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Les vertus de « la TVA, une invention française qu’ont imitée la quasi-totalité des autres nations »

Il y a cinquante ans commençait l’expansion internationale d’une mesure fiscale conçue en France : la taxe à la valeur ajoutée, rappelle Antoine Pavamani dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 14h51
    |

Antoine Pavamani (Entrepreneur dans le secteur du numérique)







                        



                                


                            

Le cinquantième anniversaire de Mai 68 a été une manifestation discrète, à l’image de ses héros fatigués et de son bilan contrasté. Le vingtième anniversaire de la victoire française à la Coupe du monde de football 1998 a été célébré de la plus belle des manières par les hommes de Didier Deschamps. Il nous reste à célébrer le centenaire de l’armistice de la première guerre mondiale, en novembre.
Il est pourtant une commémoration oubliée cette année. Le 1er janvier 1968, l’Allemagne est le premier pays des six membres fondateurs de la Communauté européenne, après la France, à introduire dans sa législation fiscale la taxe à la valeur ajoutée (TVA), qui n’a cessé depuis de se propager de manière quasi universelle, dans 153 pays aujourd’hui, de l’Afghanistan au Vietnam. Les Etats-Unis y résistent encore, mais l’Inde et l’Arabie saoudite figurent parmi les derniers grands pays à l’avoir adoptée.
Imaginée en 1952, expérimentée en 1954 avant d’y être généralisée en 1966, adoptée par la Commission européenne en avril 1967 comme principal outil de son financement pour être étendue à tous ses membres à partir de 1968, la TVA a pourtant mauvaise presse dans son propre berceau. Principale ressource publique en France (206,4 milliards d’euros en 2018, soit près de trois fois plus que les recettes de l’impôt sur le revenu), la TVA est un outil fiscal dénigré, sinon haï, dans le débat public français.
Une taxe discrète
Son inventeur, Maurice Lauré, disparu en 2001 et qui appartient à ces grands commis de l’Etat qui alliaient sens de l’intérêt général et passion de l’innovation, n’a pas donné son nom à la moindre rue. Il mériterait pourtant d’être célébré tout autant que son invention.
Les vertus originelles de la TVA sont pourtant colossales. D’abord, elle ne ponctionne chaque opérateur que sur la richesse qu’il ajoute à un bien ou à un service et non sur l’intégralité de sa valeur. C’est une taxe qui encourage donc...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Valérie Guillard, chercheuse en management, a enquêté sur notre réticence à participer à l’économie du recyclage, constatant que le risque de pénurie est resté gravé dans les mémoires.
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« Pourquoi les gens sont-ils si nombreux à vivre avec un bric-à-brac au-dessus de leur tête ? »

Valérie Guillard, chercheuse en management, a enquêté sur notre réticence à participer à l’économie du recyclage, constatant que le risque de pénurie est resté gravé dans les mémoires.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 14h25
    |

Valérie Guillard (Professeur des universités, chercheuse à Dauphine Recherches en Management)







                        



                                


                            

Tribune. La rentrée scolaire est une période de tri dans nombre de familles. Les cartables, les trousses, les classeurs : on garde, ou bien on jette ? Quant aux vêtements trop petits, aux vieux jouets, aux vieux livres, on les élimine le plus souvent sans pitié. Quand on y arrive… Car de nombreuses personnes ont tendance à tout garder, bourrant caves, placards et greniers. En moyenne, chaque Français possède aujourd’hui pas moins de 100 objets qu’il n’utilise pas, conservés pieusement sans jamais servir…
Pourtant, l’économie circulaire est à la mode. Les sites de vente en ligne d’objets de seconde main rencontrent un vrai succès. Des applications mettent en relation localement ceux qui ont des besoins et ceux qui cherchent à se débarrasser de leurs surplus. Des associations comme Emmaüs prospèrent sur ce créneau. Mais des richesses potentielles considérables continuent, malgré ce mouvement de fond, à sédimenter dans des millions de « mines domestiques », bien cachées à l’abri des regards.
Comment mettre en circulation davantage de ces ressources ? Comment inciter les « écureuils » à accepter de se séparer d’une partie de leurs stocks ? C’est aujourd’hui un enjeu économique et écologique majeur, qui nécessite une compréhension fine des ressorts psychologiques menant tant d’esprits sensés à l’accumulation.

Pourquoi les gens sont-ils si nombreux à vivre avec un bric-à-brac au-dessus de leur tête ou sous leurs pieds ? Quelle logique y a-t-il à conserver quinze ans ce nécessaire à raclette reçu en cadeau ou ce vélo presque neuf, ce mini-mixeur, ce canapé, ces trois matelas récupérés lors d’un déménagement ? Pourquoi ? C’est la question que nous avons posée à tous ceux qui ont accepté de nous ouvrir leurs placards, dans le cadre de notre recherche (« Anti-Consumption Consciousness in Pursuit of Sustainability », Journal of Public Policy and Marketing, 2018, à paraître).
On garde, au cas où…
Stocker, ce...




                        

                        

