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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’universitaire William Ossipow constate, dans une tribune au « Monde », que la gauche et ses intellectuels n’offrent pas leur aide pour que les projets individuels d’émigration se convertissent en action collective afin que soient transformées, là-bas, les conditions de la vie politique et économique.
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« La gauche ne porte pas la solidarité politique avec les migrants à la source de leur errance »

L’universitaire William Ossipow constate, dans une tribune au « Monde », que la gauche et ses intellectuels n’offrent pas leur aide pour que les projets individuels d’émigration se convertissent en action collective afin que soient transformées, là-bas, les conditions de la vie politique et économique.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 17h46
    |

William Ossipow (Professeur honoraire à l’Université de Genève)







                        



                                


                            

Tribune. L’article d’Etienne Balibar intitulé « Pour un droit international de l’hospitalité » (Le Monde du 17 août 2018) ouvre de riches perspectives de réflexion.
Le cœur de l’article est la préoccupation que l’hospitalité ne soit pas une catégorie simplement morale mais qu’elle s’ancre dans le droit international.
Droit fondamental
Le philosophe suggère de disjoindre le concept en deux approches différentes, sans doute inspirées de la distinction entre le jus ad bellum (le droit de recourir à la guerre) et le jus in bello (le droit applicable en temps de guerre).

Ainsi, suggère l’auteur, il faudrait distinguer conceptuellement un droit à l’hospitalité d’un droit international de l’hospitalité. Balibar pose une affirmation d’une grande importance philosophique : « Il n’y a pas de droit à l’hospitalité, car l’hospitalité est une disposition collective relevant de la liberté… » (souligné dans le texte).
A cet égard, relevons un flou, une contradiction dans l’article, puisque quelques paragraphes plus haut, il préconise la reconnaissance de l’hospitalité comme « droit fondamental » et le chapeau de l’article suggère que l’auteur propose de reconnaître « l’hospitalité comme un droit fondamental ».
Si j’interprète correctement sa pensée, Etienne Balibar préconise de reconnaître et de développer le droit de l’hospitalité, à savoir l’ensemble des dispositions juridiques qui devraient entourer et encadrer les migrations. Le droit de l’hospitalité devrait être une partie intégrante du droit humanitaire, sur lequel un travail sérieux s’accomplit d’ores et déjà au HCR et au CICR.
Une touche de pathétique
Il est regrettable que Balibar ne développe pas plus cette proposition qu’il pose « il n’y a pas de droit à l’hospitalité ». Quelles en sont les implications ? La première est claire et pourrait expliquer qu’un intellectuel humaniste et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Un collectif d’entrepreneurs français défend, dans une tribune au « Monde », l’inscription dans la loi Pacte d’un nouveau type de fondation, permettant à une entreprise de poursuivre à la fois une mission économique et une mission d’intérêt général.
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Suivons l’exemple danois « des fondations actionnaires »

Un collectif d’entrepreneurs français défend, dans une tribune au « Monde », l’inscription dans la loi Pacte d’un nouveau type de fondation, permettant à une entreprise de poursuivre à la fois une mission économique et une mission d’intérêt général.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 16h16
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. A l’occasion du voyage d’Etat du président de la République à Copenhague, mardi 28 et mercredi 29 août, mettons en lumière une spécificité méconnue du capitalisme danois : l’importance des fondations actionnaires.
Avec 1 360 fondations actionnaires, le Danemark est un modèle en Europe : les entreprises détenues par des fondations représentent 54 % de la capitalisation boursière, 10 % de la richesse nationale, 18 % de la création de valeur, 25 % des exportations et 60 % du budget de recherche et développement ! Des fleurons industriels (Carlsberg, Novo Nordisk, Velux, Maersk, Danfoss…), mais aussi de nombreuses PME, sont ainsi mieux protégés des effets du court-termisme grâce à un actionnariat stable, au cœur du système économique et redistributif danois. Les seuls dons des fondations actionnaires danoises dépassent le milliard d’euros par an.
Au-delà du Danemark, d’autres pays ont emboîté le pas. Elles sont près de 1 000 en Allemagne (Bosch, Bertelsmann, Playmobil), 1 000 en Suède (Electrolux, SEB…) et nombreuses aussi en Suisse (Rolex, Sandoz…), pour ne citer que ces exemples.
Les Laboratoires Pierre Fabre pionniers
Et en France ? Quelques pionniers font figure d’exception, en particulier les Laboratoires Pierre Fabre, qui appartiennent à 86 % à la fondation du même nom. Mais aucune fondation française ne peut avoir un rôle d’actionnaire aussi actif que dans les pays d’Europe du Nord ni concilier pleinement mission économique et mission d’intérêt général. Certains d’entre nous créent des fonds de dotation actionnaires, déjà plus agiles que les fondations d’utilité publique, mais ils restent dépourvus de toute mission économique explicite au-delà de l’action caritative.
Il est temps de dépasser le clivage entre économie et philanthropie pour inventer un capitalisme nouveau. Nous sommes donc nombreux à attendre la création par la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Après les manifestations qui ont rassemblé des milliers de Russes opposés au projet de loi, le président a proposé d’augmenter l’âge de la retraite des femmes à 60 ans, au lieu de 63 ans.
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En Russie, Vladimir Poutine assouplit sa réforme contestée des retraites

Après les manifestations qui ont rassemblé des milliers de Russes opposés au projet de loi, le président a proposé d’augmenter l’âge de la retraite des femmes à 60 ans, au lieu de 63 ans.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 13h20
   





                        



   


Vladimir Poutine a, finalement, décidé de reculer. Face aux manifestations, le président russe a annoncé mercredi 29 août, au cours d’une adresse télévisée à la nation, un assouplissement de l’impopulaire réforme des retraites.
A l’issue d’un long exposé défendant le projet, actuellement examiné par le Parlement, M. Poutine a notamment proposé d’augmenter l’âge de départ pour les femmes à 60 ans (au lieu de 63 dans le texte initial), arguant qu’il serait « incorrect » de faire autrement. L’augmentation de l’âge de départ à la retraite pour les hommes reste inchangée à 65 ans. Le président russe a également accepté un départ anticipé pour les mères de famille nombreuse et la mise en place de sanctions pénales pour les entreprises licenciant des employés proches de l’âge de la retraite.
Cette réforme des retraites annoncée mi-juin, soit le jour de lancement de la Coupe du monde de football qui a eu lieu en Russsie, a provoqué de nombreuses manifestations dans tout le pays et a rassemblé des milliers de Russes.

        Lire aussi :
         

                En Russie, une réforme des retraites fait chuter la popularité de Vladimir Poutine



Espérance de vie à 66 ans
Le projet de loi approuvé en première lecture envisageait jusque-là d’augmenter progressivement l’âge de départ à la retraite – une première en Russie depuis près de quatre-vingt-dix ans – à 63 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, contre 55 et 60 actuellement. Mais les opposants de la réforme estiment que les Russes, dont l’espérance de vie est de 66 ans, ne pourront plus profiter de leur retraite.
Mais durant son intervention télévisée, mercredi, Vladimir Poutine a tenu à défendre ce projet de loi. « Sur le long terme, si nous faisons preuve d’hésitation aujourd’hui, cela peut menacer la stabilité de la société et la sécurité du pays », a-t-il expliqué. Sans réforme, « nous détruirons tôt ou tard nos finances, nous serons contraints de nous empêtrer dans les dettes ou d’imprimer de l’argent sans provision, avec les conséquences qui en découlent : hyperinflation et hausse de la pauvreté », a poursuivi le président russe.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/29/18-4">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Avec plus de 20 % des intentions de vote pour les Démocrate de Suède, les législatives du 9 septembre pourraient bouleverser le paysage politique du pays.
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<filnamedate="20180829"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180829"><AAMMJJHH="2018082918">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La Commission Juncker peine à construire une véritable Europe de l’énergie.
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A Bruxelles, une prise de conscience timide

La Commission Juncker peine à construire une véritable Europe de l’énergie.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 11h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Ces dix-huit derniers mois, les dirigeants européens ont progressivement pris conscience de l’importance des investissements chinois en Europe et de la nécessité de les refréner, du moins de les contrôler. Mais dans le secteur de l’énergie, l’Union européenne peine toujours à faire front commun, ayant jusqu’à présent échoué à se doter d’une stratégie globale et de long terme.

Certains pays ont durci leurs positions ces derniers mois, à l’image de l’Allemagne. Même Londres a changé d’optique, contrairement à sa tradition libérale. Longtemps considéré par la Chine comme « le pays le plus ouvert d’Europe », selon Cui Hongjian, expert de l’Institut des études internationales à Pékin, cité récemment par le Financial Times, le Royaume-Uni vient d’engager une réflexion pour réformer ses règles en matière d’investissements étrangers. Dès que la « sécurité nationale » est en jeu, la notification de tout investissement étranger aux autorités londoniennes deviendrait systématique.
Très en pointe sur ce sujet, le président français Emmanuel Macron a par ailleurs fait cause commune avec Angela Merkel pour obtenir que Bruxelles planche sur un système européen de surveillance des investissements étrangers. Le texte, exposé en septembre 2017 par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a survécu aux discussions du Conseil européen, malgré les réticences des pays du Nord à toutes velléités d’entraves au commerce et aux investissements.
Obligation d’échanger les informations
Ce projet de règlement oblige les capitales de l’Union européenne à échanger leurs informations en cas d’intérêt étranger pour un actif national. Le texte en est désormais au stade des « trilogues », les négociations terminales entre Parlement européen et Conseil, prélude à son adoption définitive.
« La présidence autrichienne de l’UE nous a assuré qu’elle voulait conclure ces négociations avant la fin de l’année »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le ministre-président Markus Söder se fait plus discret sur les questions d’identité et de sécurité.
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Ebranlée par l’extrême droite, la CSU recentre sa campagne en Bavière

Le ministre-président Markus Söder se fait plus discret sur les questions d’identité et de sécurité.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 11h01
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Le sondage est passé presque inaperçu, tant l’actualité allemande de ces derniers jours a été écrasée par les violentes manifestations organisées par l’extrême droite à Chemnitz après la mort d’un homme de 35 ans, dans la nuit de samedi 25 à dimanche 26 août. Publiée mardi par le quotidien Bild, cette étude de l’institut Insa est pourtant un vrai coup de tonnerre. A six semaines des élections régionales bavaroises du 14 octobre, les conservateurs de la CSU n’y sont en effet crédités que de 36 % des voix.
Voilà déjà des mois que la CSU sait qu’elle fera moins bien qu’en 2013 (47,7 %). Avant l’été, elle semblait toutefois pouvoir encore dépasser les 40 %. Depuis, tous les instituts semblent dire que ce cap n’est même plus à portée. Chez Insa, les conservateurs ont ainsi perdu 5 points entre fin juin et fin août.

Afin d’éviter un score trop humiliant dans un Land où elle n’a perdu qu’une fois en un demi-siècle la majorité absolue au parlement régional de Munich, la CSU a discrètement changé de stratégie au cœur de l’été. Candidat à sa réélection, le ministre-président Markus Söder a décidé de se faire plus discret sur les questions identitaires et sécuritaires, comme s’il avait acté que la « droitisation » du discours de la CSU, destinée à reconquérir ceux de ses électeurs tentés par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), ne faisait que renforcer ce dernier, tout en faisant fuir la partie plus modérée de son électorat vers d’autres partis, à commencer par les Verts. Dans les sondages, ceux-ci ont enregistré une sensible progression depuis le début de l’été. Crédités d’environ 15 %, ils font aujourd’hui quasiment jeu égal avec l’AfD, avec qui ils se disputeront à l’évidence la deuxième place.
Pour cette campagne engagée à droite toute et qu’il semble désormais vouloir ancrer au centre, M. Söder paraît en tout cas pour l’instant convaincu d’une chose : la nécessité de tenir Angela Merkel le plus à distance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Marine Le Pen espère bénéficier du vent italien dans la campagne pour le scrutin européen de mai 2019.
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A la peine, l’extrême droite française se verrait bien profiter d’un « effet Salvini »

Marine Le Pen espère bénéficier du vent italien dans la campagne pour le scrutin européen de mai 2019.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 17h44
    |

            Lucie Soullier








                        



                                


                            

Un accent estival plane encore sur l’extrême droite française. Alors que la plupart des chefs de parti d’opposition à Emmanuel Macron ont repris leurs éléments de langage de rentrée le dernier week-end d’août, Marine Le Pen, elle, tweetait en italien.
« Sostegno a Matteo Salvini », a-t-elle posté, dimanche 26 août, dans un message de « soutien » au ministre de l’intérieur italien (Ligue, extrême droite), sans manquer de dénoncer au passage le « gouvernement des juges » qui voudraient « retirer le pouvoir au peuple » et « pas qu’en France ». Désormais sous le coup d’une enquête judiciaire dans son propre pays pour « séquestrations, arrestations illégales et abus de pouvoir », Matteo Salvini venait d’accepter de laisser finalement débarquer à Catane les quelque 150 migrants secourus par les gardes-côtes italiens… puis bloqués une semaine au port, à bord de leur patrouilleur. Le Rassemblement national (RN), lui, devra attendre le 26 septembre pour connaître l’issue de son recours contre la saisie par la justice française de ses 2 millions d’euros d’aides publiques, dans le cadre de l’enquête sur l’utilisation des fonds européens par l’ex-Front national.

Salvini-Le Pen, même combat : voilà donc en substance le message envoyé par la présidente du RN, saisissant une nouvelle occasion de s’afficher aux côtés du « parti frère » transalpin, comme elle le présente si souvent à la tribune. Et ce d’autant plus depuis que le score historique de la Ligue italienne au scrutin de mars (17,4 %) a permis à son leader de jouer un rôle incontournable dans la formation du gouvernement, dont il est le vice-président, aux côtés de son allié du mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio.
Fondamentaux du Front national
Il n’y a pas si longtemps, les inspirations marinistes de Matteo Salvini étaient autrement plus soulignées que l’inverse, lui qui a collé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Berlin s’inquiète du manque de réciprocité de la Chine.
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En Allemagne, la nouvelle fermeté vis-à-vis de Pékin

Berlin s’inquiète du manque de réciprocité de la Chine.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h51
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Cette fois-ci, Berlin a opposé un veto ferme à Pékin. Fin juillet, le gouvernement allemand a pour la première fois bloqué le projet d’un investisseur chinois qui souhaitait acquérir une participation dans une entreprise allemande. La compagnie en question, 50Hertz, est une société qui exploite 10 000 km de réseau électrique dans le nord et l’est de l’Allemagne et assure l’approvisionnement de 18 millions de personnes. Le groupe d’Etat State Grid Corporation of China (SGCC), premier exploitant de réseau électrique du monde, ambitionnait de se porter acquéreur de 20 % de 50Hertz. C’est la seconde fois que SGCC tentait de mettre un pied dans le réseau électrique allemand, en vain.

Le cas en dit long sur le nouveau volontarisme de Berlin en matière d’investissements chinois sur son sol. Formellement, le droit en vigueur sur les participations étrangères ne s’opposait pas à cette opération : selon une nouvelle loi votée en juillet 2017, le gouvernement peut certes s’opposer à un investissement étranger dans une infrastructure dite « critique » (eau, électricité, infrastructures de santé, informatique), mais à condition que celui-ci dépasse 25 % de la valeur du bien. Soit au-dessus de celui visé par les Chinois dans le groupe 50Hertz.
Pour bloquer le deal, le gouvernement a donc dû effectuer une pirouette inédite : c’est la banque publique d’investissement KfW qui a fait l’acquisition des parts. Autrement dit, le contribuable allemand. « C’est une solution transitoire », s’empresse de préciser un porte-parole du ministère de l’économie. Berlin n’entend pas se mettre à nationaliser les infrastructures pour les protéger des appétits chinois, pas plus qu’il ne compte remettre en cause son attachement au libre-échange.
Un tournant
Mais le cas 50Hertz est un tournant. Plus question pour l’Allemagne de laisser les entreprises des secteurs stratégiques ou sensibles passer entre des mains chinoises sans examen préalable des conséquences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ A peine rentrée, la chancelière allemande est confrontée à la stratégie de tensions orchestrée par l’AfD.
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Angela Merkel face aux violences d’extrême droite

A peine rentrée, la chancelière allemande est confrontée à la stratégie de tensions orchestrée par l’AfD.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 15h37
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

C’était seulement ce week-end et cela paraît déjà très loin. Invitée de la chaîne ARD pour son traditionnel entretien télévisé de rentrée, Angela Merkel s’est efforcée, dimanche 26 août, de s’étendre le moins possible sur les questions sécuritaires et migratoires, sur lesquelles elle est en désaccord avec une partie de sa famille politique, préférant évoquer d’autres dossiers qui ont l’avantage d’être plus consensuels à l’intérieur de la droite conservatrice allemande, comme la réforme des retraites ou l’avenir de l’Union européenne.
L’actualité en a décidé autrement : mardi 28 août, après deux jours marqués par de violentes manifestations organisées par l’extrême droite à Chemnitz (Saxe), la chancelière allemande a été ramenée aux deux sujets sur lesquels elle aurait préféré ne pas intervenir.
Double gêne
C’est lors d’une conférence de presse au côté du premier ministre croate, qu’elle recevait à Berlin, que Mme Merkel a commenté ces événements. « Nous avons vu des chasses collectives, nous avons vu de la haine dans la rue, et cela n’a rien à voir avec un Etat de droit », a-t-elle réagi en référence aux agressions qui ont visé plusieurs personnes d’origine étrangère, à Chemnitz, après le meurtre d’un Allemand de 35 ans tué au couteau dans la nuit de samedi à dimanche. La police a arrêté deux suspects pour ce crime, lundi, un Syrien et un Irakien d’une vingtaine d’années, accusés d’avoir agi après une « altercation verbale » en marge des festivités organisées pour le 875e anniversaire de Chemnitz, la troisième ville la plus peuplée de Saxe.
Ces événements sont doublement gênants pour Mme Merkel. D’abord parce qu’ils cadrent parfaitement avec le discours de l’extrême droite, à commencer par le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui ne manque pas une occasion de mobiliser ses sympathisants dès qu’un Allemand est victime d’un crime commis par un étranger, martelant à chaque fois qu’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les dirigeants hongrois et italien esquissent un front antimigrants. « S’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant, ils ont raison », a répondu le président.
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Migrants : Viktor Orban et Matteo Salvini prennent Emmanuel Macron pour cible

Les dirigeants hongrois et italien esquissent un front antimigrants. « S’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant, ils ont raison », a répondu le président.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 15h33
    |

            Jean-Baptiste Chastand, 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
                                Margherita Nasi (à Rome)








                        



                                


                            

La droite radicale avait rendez-vous avec l’extrême droite. Mardi 28 août, Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, chef de la Ligue (extrême droite), a accueilli dans son fief lombard de Milan le premier ministre ultraconservateur hongrois, Viktor Orban. Tout sourire, les deux hommes forts du moment sur la scène politique de la droite anti-immigration européenne ont fait de cette rencontre un moment fondateur dans l’optique des élections européennes de mai 2019. Avec une cible principale : Emmanuel Macron, qualifié de « chef des partis promigrants » en Europe par M. Orban.
« Il y a actuellement deux camps en Europe. Macron est à la tête des forces politiques soutenant l’immigration. De l’autre côté, il y a nous qui voulons arrêter l’immigration illégale », a déclaré le premier ministre hongrois. « Nous sommes au bord d’un tournant historique pour l’Europe, a abondé le chef de la Ligue. Aujourd’hui commence un parcours commun qui sera suivi de nombreuses autres étapes dans les prochains mois, pour mettre au premier plan le droit au travail, à la santé et à la sécurité. Tout ce que les élites européennes financées par [le philanthrope américain d’origine hongroise] Soros et gouvernées par le Macron du moment nous refusent. »
Entre 5 000 et 15 000 personnes se sont retrouvées sur la place San Babila, en plein centre-ville, pour protester contre les positions xénophobes et souverainistes des deux politiciens. Mais dans le salon feutré de la préfecture de Milan, M. Salvini, arrivé au pouvoir en juin à la faveur d’une coalition inédite avec « l’antisystème » Mouvement 5 étoiles (M5S), et M. Orban, homme fort de la Hongrie depuis 2010, ont affiché leur convergence sur le sujet. Connu pour avoir chassé presque tous les demandeurs d’asile de son territoire, M. Orban a qualifié son alter ego, qui a fermé les ports aux navires de sauvetage en Méditerranée, de « compagnon de route » et même de « héros » :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Varsovie accélère les nominations à la Cour suprême, pour éviter l’intervention de la Cour de Luxembourg.
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En Pologne, le pouvoir accélère les nominations à la Cour suprême

Varsovie accélère les nominations à la Cour suprême, pour éviter l’intervention de la Cour de Luxembourg.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h36
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



                                


                            

Le siège du Conseil national de la magistrature polonais, dont l’entrée a toujours été libre, était, mardi 28 août, un bâtiment sous haute surveillance, encadré par plusieurs dizaines de policiers. Devant l’entrée, une quinzaine de manifestants brandissaient une banderole : « Celui qui ne respecte pas la plus haute des lois trahit sa patrie. » La veille, ces mêmes manifestants, membres du mouvement d’opposition radical Obywatele RP (les « Citoyens de la République ») avaient été évacués de l’intérieur du bâtiment manu militari, après trois heures de blocage des délibérations de l’institution.
Il s’agit d’un nouvel épisode de la reprise en main de la justice par le gouvernement ultraconservateur qui inquiète Bruxelles. Le Conseil national de la magistrature (KRS), dont la quasi-totalité des membres est désormais dépendante de la majorité du PiS (Droit et justice), a décidé, un mois avant la date initialement prévue et à un rythme accéléré, de procéder à l’audition des postes censés être vacants à la Cour suprême. Objectif : prendre la Commission européenne de court et la mettre devant le fait accompli, avant qu’elle ne porte l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

A la suite d’une réforme qui envoie d’office à la retraite 30 % de ses membres et augmente leur nombre de 80 à 120, la Cour suprême avait, début août, suspendu l’application du texte en envoyant cinq questions préjudicielles à la CJUE, pour évaluer sa conformité avec les traités européens. Les juges polonais estiment le texte inconstitutionnel. Le gouvernement conservateur, de son côté, considère que la Cour enfreint la loi en ne reconnaissant pas le texte. Pour une écrasante majorité de juristes, la Cour suprême est perçue comme le dernier bastion d’indépendance de la justice, après la mise au pas du Tribunal constitutionnel, du Conseil de la magistrature et la réforme du statut des tribunaux de droit commun.
« Parodies...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’architecte français a inventé un monolithe feuilleté de vingt-sept étages pour abriter l’Office européen des brevets.
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Jean Nouvel dessine un temple de verre et d’acier à La Haye

L’architecte français a inventé un monolithe feuilleté de vingt-sept étages pour abriter l’Office européen des brevets.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 08h44
    |

            Isabelle Regnier (Rijswijk (Pays-Bas)








                        



                                


                            

A Rijswijk, petite commune mitoyenne de La Haye, aux Pays-Bas, le nouveau site de l’Office européen des brevets (OEB) est encore en chantier. Depuis la tour de béton voisine, vestige amianté des années 1970 promis à la destruction où travaillent aujourd’hui la plupart des employés de la branche néerlandaise de l’institution, on peut admirer sa silhouette aux reflets dorés. Un fin monolithe feuilleté par une double façade de verre, que ses grandes proportions – 156 mètres de long, 100 de hauteur, et seulement 15 de profondeur – imposent en majesté dans le plat paysage alentour.
Avec 7 000 salariés et 2,3 milliards d’euros de budget annuel, l’OEB a délivré près de 170 000 brevets en 2017
Le bâtiment est achevé mais des finitions restent à faire avant le déménagement, prévu pour l’automne. Et ce n’est qu’en 2020 qu’il endossera l’enveloppe rêvée pour lui par son architecte, le Français Jean Nouvel (qui a travaillé en collaboration avec le Néerlandais Diederik Dam). Un vaste miroir d’eau installé à sa base doit encore en parfaire l’élégance et une forêt de drapeaux, plantée devant l’entrée, lui offrir un blason. Trente-huit drapeaux pour les trente-huit pays membres de cette organisation dont l’activité se développe, depuis sa création, en 1973, au rythme exponentiel du capitalisme mondialisé. Avec 7 000 salariés, répartis entre cinq antennes européennes, et 2,3 milliards d’euros de budget annuel, l’OEB a délivré près de 170 000 brevets en 2017.
C’est donc entouré de panneaux de chantier que l’immeuble a été inauguré le 27 juin par le roi Willem-Alexander. Les journalistes ont suivi les architectes jusqu’à la terrasse panoramique installée sur le toit en passant par quelques-uns des vingt-sept étages de bureaux qui les séparent. Vingt-sept plateaux quadrillés à l’identique où se décline, de la moquette au mobilier, un nuancier de gris morne comme un tableau Excel. Sur cette partie du programme qu’il qualifie élégamment de « janséniste »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ L’ambition affichée du groupe russe est de concurrencer l’Américain Tesla.
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Kalachnikov veut faire des voitures électriques

L’ambition affichée du groupe russe est de concurrencer l’Américain Tesla.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 07h56
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 08h27
   





                        



   


Du légendaire fusil d’assaut AK-47 à une incursion remarquée dans le domaine des véhicules électriques, en passant par les drones et les yachts, le fabricant d’armes russe Kalachnikov connaît une transformation sans précédents dans son histoire bicentenaire.
C’est avec stupéfaction que les visiteurs d’un forum militaire dans la région de Moscou ont pu découvrir la semaine dernière une petite voiture bleu pastel, au design vintage léché inspiré d’un rare modèle de l’époque soviétique. Avec sa nouvelle « supervoiture électrique » CV-1, Kalachnikov a réussi à faire bruisser la Toile, essuyant au passage quelques moqueries face à l’ambition affichée de concurrencer l’Américain Tesla.
Si la réaction a été vive, c’est que l’écart entre l’image du groupe et cette voiturette est grand : le fabricant est connu pour ses armes de guerre, et le nom de l’inventeur du AK-47 – Mikhaïl Kalachnikov – est devenu synonyme de fusil d’assaut dans le monde entier, et l’arme de choix d’innombrables conflits et guerres civiles.
Aujourd’hui, Kalachnikov produit 95 % des armes légères russes et exporte dans 27 pays, tandis que son célèbre fusil, que le groupe qualifie sobrement de « plus grand fusil du XXe siècle », en est bientôt à sa cinquième génération.

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Casquettes et parapluies
Fondée en 1807 à Ijevsk (1 300 kilomètres à l’est de Moscou), l’usine Ijmach a subi une série de bouleversements depuis 2013, quand Rostec – la holding publique qui la contrôle – l’a fusionnée avec une fabrique voisine, Ijmekh, et a renommé l’ensemble du nom de son plus célèbre employé, Mikhaïl Kalachnikov, mort fin 2013 à 94 ans.
L’un des derniers actes publics du créateur du fusil le plus vendu au monde avait été de dénoncer auprès du président Vladimir Poutine le déclin de l’entreprise, une mauvaise gestion et les bas salaires des ouvriers.
Après l’arrivée d’actionnaires privés en 2014, de nouveaux modèles ont été présentés (fusils d’assaut, de chasse, armes de poing…), un changement d’image opéré avec le lancement de vêtements, de couteaux et d’accessoires, et l’accent a été mis sur les exportations malgré les sanctions américaines frappant l’entreprise à cause de la crise ukrainienne. Désormais, casquettes, parapluies et fusils en plastique sont disponibles dans des boutiques de « souvenirs » Kalachnikov.
Résultat de ces changements : Kalachnikov a annoncé en janvier 2017 une hausse de 30 % de ses effectifs avec 1 700 embauches pour répondre à la hausse de ses exportations. A la suite de l’introduction des sanctions le visant, Kalachnikov a transformé sa nouvelle filiale destinée à lui ouvrir le marché américain en entreprise distincte, Kalashnikov USA, fabriquant ses propres armes.
En février 2017, l’Etat devient minoritaire : le conglomérat géant militaro-industriel Rostec cède la majorité des actions au directeur général du groupe Alexeï Krivoroutchko, déjà actionnaire. Ce développement croissant de produits civils est d’ailleurs en ligne avec celui de Rostec, qui veut faire passer la part de son activité civile à 50 % d’ici à 2025, en s’appuyant notamment sur l’export.

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Moto électrique en 2019
Avec ses nouveaux modèles de véhicules électriques, Kalachnikov se lance dans un secteur promis à un bel avenir mais qui n’en est qu’à ses balbutiements en Russie. Cet été, le groupe a fourni 30 motos et trois-roues électriques à la police pendant la Coupe du monde de football.
« L’année prochaine, nous lançons la vente de notre première moto électrique », a annoncé Vladimir Dmitriev, PDG par intérim depuis qu’Alexeï Krivoroutchko a pris un poste au ministère de la défense. « Nous parlons d’électro-mobilité, car nous comprenons que tôt ou tard le moteur va disparaître », a affirmé Olga Boïtsova, directrice commerciale pour les produits civils.
En 2018-2019, le groupe devrait également commencer à fournir des motos et voitures électriques aux Emirats arabes unis. Quand au prototype d’inspiration vintage, doté d’une autonomie de 350 km, il est susceptible d’être modifié et on ignore si et quand il serait lancé sur le marché.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le gouvernement allemand va restituer, mercredi, des restes humains à la Namibie, rappels des massacres perpétrés par le IIe Reich entre 1904 et 1908. Une nouvelle étape dans la difficile reconnaissance d’une histoire coloniale douloureuse.
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Génocide en Namibie : l’Allemagne face à son passé colonial

Le gouvernement allemand va restituer, mercredi, des restes humains à la Namibie, rappels des massacres perpétrés par le IIe Reich entre 1904 et 1908. Une nouvelle étape dans la difficile reconnaissance d’une histoire coloniale douloureuse.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 05h55
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 06h28
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            LETTRE DE BERLIN

C’est une cérémonie pour le moins inhabituelle qui doit se tenir, mercredi 29 août, au Französischer Dom de Berlin. En milieu de matinée, ce temple protestant édifié au début du XVIIe siècle au cœur de la capitale de ce qui s’appelait alors la Prusse accueillera des représentants des gouvernements allemand et namibien pour un rendez-vous singulier au centre duquel figureront dix-neuf crânes, quelques squelettes, une omoplate et une mâchoire.
But de l’opération : la restitution de ces restes humains, témoins des massacres perpétrés par les troupes du IIe Reich contre 65 000 Hereros et 10 000 Namas dans le Sud-Ouest africain allemand – l’actuelle Namibie – entre 1904 et 1908. Une série de massacres considérée comme le premier génocide du XXe siècle.
Mascarade
Ces reliques avaient été rapportées outre-Rhin à des fins de « recherche scientifique » et, pour la plupart d’entre elles, reposaient dans les collections anthropologiques de l’hôpital de la Charité, à Berlin. Leur restitution sera-t-elle de nature à apaiser les mémoires autour d’un chapitre de l’histoire coloniale largement tombé dans l’oubli en Allemagne mais encore douloureux en Namibie ? Rien n’est moins sûr car, du côté des défenseurs de la mémoire de ces massacres, la cérémonie est loin de faire l’unanimité.
Pour certains d’entre eux, en effet, l’événement organisé mercredi à Berlin n’est pas à la hauteur de la gravité des crimes qui ont été commis. A la tête de ce combat, l’association « Völkermord verjährt nicht ! » (« Pas de prescription pour le génocide ! »). Dans une tribune publiée sur le site du quotidien de gauche Tageszeitung, ses représentants expliquent qu’ils « se félicitent de cette restitution si longtemps attendue » – la troisième, en réalité, depuis 2011. Mais ils ajoutent qu’ils « déplorent » que celle-ci ait lieu « dans le cadre d’une cérémonie religieuse et non complètement ouverte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ En un an, plus de 700 000 musulmans rohingya ont fui vers le Bangladesh. Cette répression a été qualifiée par l’ONU de « nettoyage ethnique ».
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Rohingya : la Birmanie rejette les accusations de « génocide »

En un an, plus de 700 000 musulmans rohingya ont fui vers le Bangladesh. Cette répression a été qualifiée par l’ONU de « nettoyage ethnique ».



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 05h46
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 10h16
   





                        


La Birmanie rejette les conclusions d’enquêteurs de l’ONU qui ont accusé son armée de « génocide » à l’encontre des musulmans rohingya, a déclaré un porte-parole du gouvernement birman mercredi 29 août.
En 2017, plus de 700 000 Rohingya ont fui vers le Bangladesh après une offensive de l’armée birmane, lancée en représailles d’attaques de postes-frontières par des rebelles de cette minorité. Cette répression a été qualifiée par l’ONU de « nettoyage ethnique ».
La Mission d’établissement des faits (MEF) de l’ONU sur la Birmanie, créée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU en mars 2017, a estimé lundi que « les principaux généraux de Birmanie, y compris le commandant en chef Min Aung Hlaing, doivent faire l’objet d’enquêtes et de poursuites pour génocide dans le nord de l’Etat Rakhine, ainsi que pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans les Etats Rakhine, Kachin et Shan ».

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                A Kutupalong, capitale de la douleur des Rohingya



« Fausses allégations » pour le gouvernement
« Nous n’avons pas autorisé la MEF à entrer en Birmanie, c’est pourquoi nous n’acceptons aucune résolution du Conseil des droits de l’Homme », a déclaré Zaw Htay, porte-parole du gouvernement birman, dans des propos publiés mercredi par le Global New Light of Myanmar, journal officiel. Il a mis en avant la création d’une « commission d’enquête indépendante » par la Birmanie pour répondre aux « fausses allégations des agences de l’ONU ».
M. Htay s’est également insurgé contre la décision de Facebook – critiqué par les enquêteurs de l’ONU pour avoir permis que des discours haineux se propagent – de fermer la page du général Min Aung Hlaing, pour « violations des droits de l’homme ». Zaw Htay a estimé que cette décision du géant américain nuisait aux efforts du gouvernement birman pour promouvoir la « réconciliation nationale ».

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                Journée de la « colère » dans les camps rohingya pour commémorer le « génocide »



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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="« A » est une jeune musulmane rohingya de 13 ans, qui a accepté d’être identifiée par sa première initiale. Elle pose dans le camp de réfugiés de Jamtoli au Bangladesh le 26 juin. Elle a été violée par des soldats qui avaient fait irruption chez elle, en Birmanie."
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            data-slide-description="« M » a été violée par six soldats des forces de sécurité du Myanmar, nom officiel de la Birmanie. Auparavant, ils avaient étranglé son fils de deux ans. Elle a ensuite découvert qu’elle était enceinte et a donné naissance à un petit garçon. Après avoir raconté à son mari ce qu’il s’était passé, il ne veut plus rien avoir à faire avec elle ou avec le bébé."
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            data-slide-description="« M » est assise avec son enfant dans les bras à l’intérieur de son abri au camp de réfugiés de Kutupalong, au Bangladesh."
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            data-slide-description="« M » se repose sur le sol de son abri, avec son petit garçon au-dessus d’elle."
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            data-slide-description="L’enfant de « M » se réveille de sa sieste."
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            data-slide-description="« M » montre des marques de dents sur son sein droit. Elle a été mordue par les soldats alors qu’ils la violaient."
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            data-slide-description="« S » est veuve. Elle était tellement inquiète que ses voisins découvrent sa grossesse qu’elle a accouché silencieusement dans son abri, mettant une écharpe dans sa bouche pour atténuer ses cris."
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            data-slide-description="« A » ajuste son foulard dans son abri familial, au camp de réfugiés de Jamtoli au Bangladesh."
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            data-slide-description="« S » tient la main de son petit garçon, dans leur abri du camp de réfugiés de Kutupalong, au Bangladesh."
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            data-slide-description="Chakmarkul, un des camps de réfugiés rohingya au Bangladesh."
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« A » est une jeune musulmane rohingya de 13 ans, qui a accepté d’être identifiée par sa première initiale. Elle pose dans le camp de réfugiés de Jamtoli au Bangladesh le 26 juin. Elle a été violée par des soldats qui avaient fait irruption chez elle, en Birmanie.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les autorités épiscopales américaines avaient partagé leurs archives secrètes avec des responsables à Rome, selon le procureur chargé de l’enquête.
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Pédophilie en Pennsylvanie : des documents accablent le Vatican

Les autorités épiscopales américaines avaient partagé leurs archives secrètes avec des responsables à Rome, selon le procureur chargé de l’enquête.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 05h28
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 17h33
   





                        



   


Le Vatican était au courant que des prêtres catholiques de l’Etat de Pennsylvanie dissimulaient les abus sexuels qu’ils commettaient sur des enfants, les autorités épiscopales partageant des archives secrètes avec des responsables à Rome, a déclaré, mardi 28 août, le procureur général de l’Etat de Pennsylvanie.
Si les diocèses de Pennsylvanie ont systématiquement nié les accusations d’abus sexuels sur des milliers d’enfants, ils ont secrètement documenté les cas d’abus et ont souvent envoyé les informations au Vatican, a déclaré Josh Shapiro lors d’entretiens donnés à deux émissions télévisées nationales.
Dans un rapport de 884 pages, découlant de deux années d’enquête et instruit le 14 août par le ministère public, Josh Shapiro a décrit dans le détail les sévices commis par près de 300 hommes d’église sur une période de soixante-dix ans.

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Le Vatican impliqué
Le dossier se fonde sur des archives conservées par les diocèses, des confessions manuscrites notamment, a expliqué le procureur général. « Il y a des exemples spécifiques pour lesquels, lorsque les abus ont eu lieu, les prêtres mentaient aux paroissiens, mentaient aux forces de l’ordre, au public, mais ils documentaient tous les abus dans des archives secrètes qu’ils partageaient souvent avec le Vatican », a-t-il déclaré à l’émission « The Morning Show », sur la chaîne CBS.
Dans certains cas, « le Vatican était au courant des abus et était impliqué dans leur dissimulation », a ajouté Shapiro, sans préciser si le pape François ou ses prédécesseurs étaient personnellement au courant.
Aucun commentaire n’a été fait par le porte-parole du Vatican, Greg Burke, après les déclarations de Josh Shapiro. Le Vatican, dans sa première réaction face au nouveau scandale de pédophilie frappant l’Eglise catholique aux Etats-Unis, a exprimé, le 16 août, « sa honte et son chagrin ».

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Article sélectionné dans La Matinale du 28/08/2018
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Bono : « L’Europe ne doit pas seulement avoir une tête, mais aussi un cœur qui bat »

Dans une tribune au « Monde », le chanteur irlandais, qui commence une tournée continentale, estime qu’il est urgent de défendre l’Union européenne.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 19h24
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 08h41
    |

Bono (Chanteur)







                        



                                


                            
Tribune. Un groupe de rock est au meilleur de son art lorsqu’il transgresse les limites de ce que l’on considère être le bon goût, lorsqu’il choque et qu’il crée la surprise. C’est dans cet élan que U2 entame sa tournée européenne cette semaine à Berlin, avant de retrouver Paris, début septembre. Nous avons décidé de réveiller les consciences et de réaffirmer une idée ambitieuse à laquelle nous croyons : notre Europe. Pendant le concert, nous déploierons un grand drapeau bleu vif, celui de l’Union européenne (UE).
Je me mets à la place du public qui vient assister à un concert de rock : voir un drapeau européen s’agiter devant ses yeux doit sembler perturbant ou même ennuyeux, au mieux s’apparenter à une référence un peu kitsch au concours de l’Eurovision.
L’Europe est un théâtre où se jouent de puissantes émotions
Pour certains d’entre nous, c’est devenu un acte de revendication. Pendant longtemps, l’Europe nous a profondément ennuyés. Aujourd’hui, elle cristallise des tensions et des débats passionnés.
L’Europe est un théâtre où se jouent de puissantes émotions, une arène où s’affrontent des forces opposées souhaitant forger une certaine vision de notre avenir. Je dis « notre » avenir, car nous ne pouvons pas le nier : nous sommes tous sur le même bateau, naviguant sur des mers agitées, dans des conditions climatiques houleuses, et tout cela du fait de la montée du populisme et des extrêmes à travers le continent.
Il n’a jamais existé de meilleur endroit où naître
Par les temps qui courent, il est devenu difficile de susciter un désir d’Europe chez les Européens eux-mêmes. Pourtant, il n’a jamais existé de meilleur endroit où naître que dans l’Europe de ces cinquante dernières années.
Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour accéder à une meilleure répartition des richesses et des fruits de notre prospérité. Cela étant, les Européens jouissent d’un meilleur accès à l’éducation, d’une meilleure protection...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ La première ministre britannique a promis un plan d’investissement de 4,4 milliards d’euros pour soutenir les économies du continent.
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Décryptage

Au Cap, Theresa May annonce le « come-back » du Royaume-Uni en Afrique

La première ministre britannique a promis un plan d’investissement de 4,4 milliards d’euros pour soutenir les économies du continent.

Par                                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-08-28T17:36:27+02:00"

        Le 28.08.2018 à 17h36






    
La première ministre britannique, Theresa May, lors d’une rencontre avec des lycéens au Cap, en Afrique du Sud, le 28 août 2018.
Crédits : POOL New / REUTERS


Cela faisait cinq ans qu’un premier ministre britannique n’avait pas mis les pieds au sud du Sahara. Pour sa première visite africaine, Theresa May a annoncé, mardi 28 août au Cap, en Afrique du Sud, un « come-back » du Royaume-Uni sur le continent, des promesses d’investissement et un nouveau partenariat motivé avant tout par le Brexit.
Devant un parterre d’hommes d’affaires, la première ministre a affiché un objectif présenté comme ambitieux : « Que le Royaume-Uni devienne le premier investisseur des pays du G7 en Afrique d’ici à 2022 ». Ambitieux, mais atteignable : avec 55 milliards de dollars investis en 2016 (soit 52 milliards d’euros à l’époque), le Royaume-Uni suit de près les Etats-Unis, qui ont investi 57 milliards de dollars la même année, d’après les chiffres de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

    
Investissements en Afrique, en milliards de dollars.
Crédits : Cnuced


Mme May a également promis un plan d’investissement de 4,4 milliards d’euros pour soutenir les économies africaines, centré sur la création d’emplois pour les jeunes. « Les défis auxquels l’Afrique est confrontée dépassent la seule Afrique. Il est dans l’intérêt du monde entier que ces emplois soient créés pour s’attaquer aux causes et aux symptômes de l’extrémisme et de l’instabilité, pour gérer les flux migratoires et pour encourager une croissance propre », a-t-elle affirmé, sans préciser quel montant serait alloué à chaque pays.
« De long terme et de haute qualité »
Plutôt mesuré, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, s’est déclaré « ravi de la contribution du Royaume-Uni à notre quête d’investissements ». Depuis son arrivée au pouvoir, en février, l’ex-homme d’affaires a lancé une campagne pour attirer 100 milliards de dollars d’investissements étrangers en cinq ans et soutenir l’économie sud-africaine, en difficulté. En quelques mois, un tiers de cette somme a déjà été engagé par la Chine, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.
Mercredi, le dirigeant sud-africain s’envole d’ailleurs pour Pékin, en amont du Forum sur la coopération sino-africaine, les 3 et 4 septembre. Le président Xi Jinping rend l’invitation, après avoir annoncé plus de 12 milliards d’euros d’investissements chinois pour la seule Afrique du Sud lors de sa visite à Johannesburg en juillet.

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En comparaison, les annonces de Mme May paraissent modestes. « On ne peut pas concurrencer la puissance économique de certains pays, a t-elle concédé. Mais nous pouvons offrir des investissements de long terme et de haute qualité. » A un journaliste britannique qui lui faisait remarquer que le président français, Emmanuel Macron, s’était rendu neuf fois en Afrique depuis le début de son mandat, elle a platement répondu : « Nous avons travaillé avec des nations et des gouvernements africains par le passé. »
Etapes au Nigeria et au Kenya
Sur le plan commercial, le Royaume-Uni post-Brexit se profile comme un nain en Afrique, avec des échanges avoisinant les 36 milliards de dollars en 2015, contre 305 milliards pour l’Union européenne (UE) et 188 milliards pour la Chine. L’ancien empire colonial arrive en retard sur un continent courtisé de toutes parts, par les grandes puissances comme par les pays émergents.
La visite de la première ministre avait justement pour objectif de montrer qu’elle est capable de nouer des accords commerciaux à l’étranger. Mardi, avant son tête-à-tête avec le président Ramaphosa, la première ministre a signé des accords économiques avec l’Union douanière d’Afrique australe (SACU) et le Mozambique, destinés à remplacer ceux en vigueur pour l’UE et qui ne s’appliqueront plus lorsque le Royaume-Uni en sortira.

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Dans l’avion l’emmenant en Afrique du Sud, Mme May a réitéré son mantra selon lequel pas d’accord sur le Brexit vaut mieux qu’un mauvais accord. « Ça ne serait pas la fin du monde », a t-elle déclaré aux reporters qui l’accompagnaient, d’après la BBC. Une saillie adressée au chancelier de l’échiquier, Philip Hammond, qui la semaine dernière alertait sur les dégâts que causerait l’absence d’accord pour l’économie britannique.
Pour la deuxième étape de sa tournée africaine, Theresa May se rendra mercredi au Nigeria, où elle doit évoquer avec le président Muhammadu Buhari des enjeux sécuritaires comme Boko Haram. Enfin, jeudi au Kenya, elle rendra visite aux troupes britanniques qui combattent les Chabab en Somalie. La dernière fois que l’ancienne colonie avait reçu un premier ministre britannique, c’était Margaret Thatcher, en 1988.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Loin des dogmes bruxellois et de la politique budgétaire française, la réussite du Portugal repose sur la relance de l’investissement et sur les baisses d’impôt, explique l’économiste Sébastien Laye dans une tribune au « Monde ».
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Les raisons du « miracle portugais actuel »

Loin des dogmes bruxellois et de la politique budgétaire française, la réussite du Portugal repose sur la relance de l’investissement et sur les baisses d’impôt, explique l’économiste Sébastien Laye dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 13h54
    |

Sébastien Laye (Entrepreneur et chercheur associé à l’Institut Thomas More, groupe de réflexion basé à Bruxelles et Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Il nous faut faire fi de toute forme de vénération servile en matière de politique économique, afin de mieux cerner les linéaments de la réussite de chaque pays. « Prenons le cas de Singapour. On dirait un miracle économique. Mais le miracle est moins celui de l’inspiration que celui de la transpiration. » Ces mots de l’économiste Paul Krugman en 1996 doivent nous conduire à relativiser les différents modèles économiques : le modèle japonais, le modèle anglo-saxon, le modèle scandinave.
Or il est un pays en Europe qui, non content d’être sorti des abysses de la crise financière, présente désormais un état insolent : il s’agit du Portugal. A bien des égards, analyser les tenants du succès économique portugais actuel fourbit des armes intellectuelles qui font cruellement défaut à l’actuelle majorité pour enfin vaincre le chômage et sortir d’une croissance poussive.

Les faits en premier lieu : alors qu’en 2013 le chômage culminait à près de 17,5 %, il est désormais de 7,9 %, alors qu’en France le chômage paraît stagner aux alentours de 9 %. On peine à se rappeler une époque ou le différentiel entre les deux pays était à l’avantage du Portugal… S’agissant des finances publiques, le déficit est de 2 % du PIB en moyenne contre un peu moins de 3 % en France, même si le stock de dette publique de Lisbonne, hérité de la crise et des gabegies antérieures, culmine encore à 122 % du PIB.
Remise à plat des finances publiques
Après des taux de croissance négatifs entre 2011 et 2013, le Portugal a enregistré une croissance de 1,6 % en 2016 et de 2,7 % en 2017 : à l’inverse de la France, ce rythme ne faiblit pas, puisque au premier semestre 2018, l’acquis de croissance était de 0,9 % (0,4 % en France) avec ainsi la certitude d’avoir une croissance finale encore bien supérieure à 2 % en 2018 ; et ce alors même que l’économie portugaise n’a pas besoin du même niveau de croissance que la France pour créer des emplois.
Sans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Avec plus de 20 % d’intentions de vote dans les sondages pour les Démocrates de Suède, le scrutin du 9 septembre en Scanie pourrait chambouler le paysage politique suédois.
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En Suède, l’extrême droite en ordre de marche

Avec plus de 20 % d’intentions de vote dans les sondages pour les Démocrates de Suède, le scrutin du 9 septembre en Scanie pourrait chambouler le paysage politique suédois.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 15h42
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

En ce début d’après-midi, Marita Westerström s’affaire devant un petit chalet blanc installé dans le centre de Hörby, une paisible commune rurale de 15 000 habitants au cœur de la Scanie, dans le sud de la Suède. Ancienne consultante en management, la retraitée assure la permanence du local de campagne de son parti, dont elle porte les initiales brodées sur sa casquette bleu marine : SD, pour Sverigedemokraterna (Démocrates de Suède).
Avec 20 % au moins d’intentions de vote aux législatives du 9 septembre, et plus encore dans certains scrutins municipaux et régionaux organisés le même jour, la formation d’extrême droite, créée en 1988, est déjà annoncée comme le grand vainqueur de ces élections dominées par le thème de l’immigration et de l’intégration.
En 2014, les SD avaient remporté 12,9 % des voix aux législatives. Entre-temps, il y a eu la crise des réfugiés et l’arrivée de 250 000 demandeurs d’asile en Suède, en 2014 et 2015. La fermeture des frontières et le durcissement de la politique d’asile, décidés fin 2015 par le gouvernement composé des Verts et des sociaux-démocrates, n’ont rien changé. Malgré une économie florissante, les SD ont su capitaliser.
« C’est un parti comme les autres »
Dans les terres agricoles de Scanie, berceau historique de l’extrême droite suédoise, où vit 13 % de la population du royaume, la formation pourrait même arriver en tête des régionales. « C’est ici, rappelle le politologue Anders Sannerstedt, basé à Lund, que la modernisation du parti a commencé à la fin des années 1990. » A l’époque, le patron des SD, Jimmie Akesson, et ses trois lieutenants sont encore étudiants à l’université de Lund, quand ils ébauchent la stratégie visant à dédiaboliser le parti.
A en juger par l’affluence autour de la cabane du parti à Hörby, vingt ans plus tard, ils ont réussi. Marita a à peine eu le temps de préparer le café qu’une femme l’interpelle déjà, passant sans s’arrêter devant les chalets...




                        

                        

