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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Invités à Bouar, dans le nord-ouest, par les négociateurs de l’UA, les chefs des groupes armés ont préféré se rencontrer à Khartoum sur proposition du Soudan et de la Russie.
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Décryptage

En Centrafrique, une médiation peut en cacher une autre

Invités à Bouar, dans le nord-ouest, par les négociateurs de l’UA, les chefs des groupes armés ont préféré se rencontrer à Khartoum sur proposition du Soudan et de la Russie.

Par                Gregory Leberger



LE MONDE
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        Le 29.08.2018 à 18h02

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        Mis à jour le 29.08.2018 à 18h05






    
Des drapeaux français, russe et européen flottent à l’entrée du village de Pissa, en Centrafrique, en mars 2018.
Crédits : FLORENT VERGNES / AFP


Noureddine Adam ou Mahamat Alkatim pour les groupes issus de l’ex-Séléka, Maxime Mocom pour les anti-balakas : les principaux leaders des groupes armés qui mettent la Centrafrique en coupe réglée depuis 2013 se sont finalement rencontrés, mardi 28 août, mais pas à l’endroit prévu… Selon le gouvernement centrafricain, c’est en effet à Karthoum que les chefs de guerre se sont rendus, à l’invitation de la Russie et du Soudan, alors qu’ils étaient invités du 27 au 30 août à Bouar, dans le nord-ouest de la Centrafrique, par les négociateurs de l’Union africaine (UA).

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                En Centrafrique, des ONG ouvrent une brèche dans le « zéro impunité »



« Personnellement, je ne m’intéresse qu’à ce qui me concerne directement, à savoir la réunion de Bouar, réagit Francis Che, le porte-parole du panel de négociateurs de l’UA. Mais nous ne rejetons aucune des initiatives pouvant permettre un retour à la paix. » Les négociateurs, qui depuis plusieurs mois ont recueilli l’ensemble des revendications des quatorze groupes armés, entendent proposer à Bouar la signature d’un texte synthétisant ces demandes. « C’est ce document unique que nous entendons remettre au président Touadéra et qui sera la base des négociations à venir », poursuit Francis Che. Si cette démarche aboutit, elle devrait ouvrir la voie à la reprise du dialogue politique en Centrafrique.
Pied-de-nez de Moscou
Malgré le court-circuitage de la réunion de Bouar, les porte-paroles des groupes armés contactés assurent que l’initiative africaine est toujours privilégiée. Dans un communiqué diffusé par le gouvernement mercredi, le ministre de la communication, Ange-Maxime Kazagui, a annoncé qu’à l’issue de la rencontre de Karthoum, les groupes armés ont fait une « déclaration d’entente » pour converger vers « la restauration de la paix et la libre circulation des personnes et des biens », invitant « les parties prenantes, y compris la Russie et le gouvernement centrafricain, à œuvrer ensemble pour la tenue des assises de l’Union africaine ».

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                La Russie renforce ses liens militaires avec la Centrafrique



La rencontre de Karthoum intervient une semaine à peine après la signature d’un accord de coopération militaire entre Moscou et Bangui. Et il n’est pas interdit d’y voir un pied-de-nez de la diplomatie russe envers l’UA mais aussi la France, qui soutient l’initiative de l’organisation panafricaine. Et si officiellement le président Faustin-Archange Touadéra marque toujours son attachement à celle-ci, il semble désormais vouloir montrer que d’autres solutions peuvent être explorées. La médiation commencée par l’UA en juillet 2017 n’a pour le moment avancé qu’à petits pas. Or le président Touadéra a besoin de résultats, et la médiation proposée par la Russie semble désormais vue comme une alternative crédible.
Les négociateurs espèrent que les groupes armés, désormais réunis à Bouar, s’accorderont sur une liste de revendications communes. Les ONG internationales et nationales de défense des droits humains ont déjà prévenu que l’une de ces revendications, à savoir une amnistie générale concernant tous les combattants y compris les chefs de guerre, était inacceptable et ne saurait être tolérée par la population centrafricaine.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’universitaire William Ossipow constate, dans une tribune au « Monde », que la gauche et ses intellectuels n’offrent pas leur aide pour que les projets individuels d’émigration se convertissent en action collective afin que soient transformées, là-bas, les conditions de la vie politique et économique.
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« La gauche ne porte pas la solidarité politique avec les migrants à la source de leur errance »

L’universitaire William Ossipow constate, dans une tribune au « Monde », que la gauche et ses intellectuels n’offrent pas leur aide pour que les projets individuels d’émigration se convertissent en action collective afin que soient transformées, là-bas, les conditions de la vie politique et économique.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 17h46
    |

William Ossipow (Professeur honoraire à l’Université de Genève)







                        



                                


                            

Tribune. L’article d’Etienne Balibar intitulé « Pour un droit international de l’hospitalité » (Le Monde du 17 août 2018) ouvre de riches perspectives de réflexion.
Le cœur de l’article est la préoccupation que l’hospitalité ne soit pas une catégorie simplement morale mais qu’elle s’ancre dans le droit international.
Droit fondamental
Le philosophe suggère de disjoindre le concept en deux approches différentes, sans doute inspirées de la distinction entre le jus ad bellum (le droit de recourir à la guerre) et le jus in bello (le droit applicable en temps de guerre).

Ainsi, suggère l’auteur, il faudrait distinguer conceptuellement un droit à l’hospitalité d’un droit international de l’hospitalité. Balibar pose une affirmation d’une grande importance philosophique : « Il n’y a pas de droit à l’hospitalité, car l’hospitalité est une disposition collective relevant de la liberté… » (souligné dans le texte).
A cet égard, relevons un flou, une contradiction dans l’article, puisque quelques paragraphes plus haut, il préconise la reconnaissance de l’hospitalité comme « droit fondamental » et le chapeau de l’article suggère que l’auteur propose de reconnaître « l’hospitalité comme un droit fondamental ».
Si j’interprète correctement sa pensée, Etienne Balibar préconise de reconnaître et de développer le droit de l’hospitalité, à savoir l’ensemble des dispositions juridiques qui devraient entourer et encadrer les migrations. Le droit de l’hospitalité devrait être une partie intégrante du droit humanitaire, sur lequel un travail sérieux s’accomplit d’ores et déjà au HCR et au CICR.
Une touche de pathétique
Il est regrettable que Balibar ne développe pas plus cette proposition qu’il pose « il n’y a pas de droit à l’hospitalité ». Quelles en sont les implications ? La première est claire et pourrait expliquer qu’un intellectuel humaniste et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Connu pour son agressivité verbale, partisan de la torture, homophobe, ce militaire de réserve deviendrait le favori du scrutin des 7 octobre et 28 octobre si la candidature de Lula était invalidée.
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Brésil : le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro assume sa ligne

Connu pour son agressivité verbale, partisan de la torture, homophobe, ce militaire de réserve deviendrait le favori du scrutin des 7 octobre et 28 octobre si la candidature de Lula était invalidée.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 15h21
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

Plusieurs fois il a semblé perdre son sang froid, fulminant les yeux rougis face aux deux journalistes stars de la Globo, chaîne la plus regardée du pays. Agacé de voir que l’on tentait de remettre en question sa posture de candidat « anti-système », énervé qu’on lui rappelle ses propos homophobes ou misogynes, il a remis en cause ce qu’on osait lui faire dire, attaquant les journalistes, et avec eux, toute cette profession qu’il déteste.
Mardi 28 août, au journal télévisé de 20 h 30, les Brésiliens qui ne connaissaient pas encore Jair Bolsonaro, 63 ans, candidat à la présidence de la République, membre du Parti social-libéral (PSL), ont eu un aperçu éloquent de la pensée de cette figure de l’extrême droite. Ceux qui le connaissaient déjà n’ont pas été surpris par l’homme. Un « patriote », a rappelé l’intéressé en direct, prompt à défendre Dieu, la famille et à parler du coup d’Etat militaire de 1964 comme d’une « révolution démocratique ».

Crédité de 19 % d’intentions de vote derrière le leader, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (39 %), selon un sondage Datafolha publié le 22 août, le militaire de réserve devient le favori de la présidentielle avec 22 % des voix dans le cas – très probable – où la candidature de Lula, emprisonné pour corruption, serait invalidée par le Tribunal supérieur électoral.
Politicien insignifiant de Brasilia
Député depuis vingt-sept ans, Jair Bolsonaro n’était, il y a quelques années encore, qu’un politicien insignifiant de Brasilia, davantage connu pour ses outrances verbales que pour son activisme parlementaire. En avril 2016, lors du vote en faveur de l’impeachment (destitution) de la présidente de gauche Dilma Rousseff, il s’était encore fait remarquer en accompagnant son vote d’un éloge au colonel Ustra, l’un des tortionnaires de la dictature militaire.

Est-ce la faillite des partis traditionnels, englués dans les affaires de corruption, l’incapacité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Au Royaume-Uni, un système informatique a été mis au point pour permettre aux travailleurs humanitaires d’anticiper les épidémies de choléra, en surveillant la pluie.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Si le « New York Times » approche des trois millions d’abonnés numériques, les journaux régionaux souffrent. Depuis 2004, près de 1 800 d’entre eux ont disparu.
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Aux Etats-Unis, la presse locale est à l’agonie

Si le « New York Times » approche des trois millions d’abonnés numériques, les journaux régionaux souffrent. Depuis 2004, près de 1 800 d’entre eux ont disparu.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 12h34
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

« Défaillant. » Dans sa frénésie de tweets, le président des Etats-Unis Donald Trump accole systématiquement cet adjectif lorsqu’il est question du New York Times : une de ses cibles favorites, accusée d’appartenir à l’univers des « Fake News Media ». Les chiffres sont là pourtant pour prouver le contraire : d’avril à juin, le journal de référence a gagné 109 000 abonnés numériques pour un total de près de trois millions (2,9 millions) uniquement sur le numérique. Près de quatre millions (3,8 millions) au total, si l’on ajoute ceux qui reçoivent uniquement le papier.

Ce ne sont pas seulement l’effet Trump et les enquêtes dérangeantes pour le président américain qui ont dynamisé les abonnements du Times, permettant ainsi de compenser partiellement la baisse des recettes publicitaires : au deuxième trimestre, quelque 41 % d’entre eux (41 000) concernent le service de mots croisés (« Crossword », 14,71 dollars par an, 12,58 euros) et celui des recettes de cuisine (« Cooking », 40 dollars par an).
Les projets ne manquent pas : en 2019, le quotidien prévoit de lancer une émission télévisée, « The Weekly » (« L’hebdomadaire »), qui sera diffusée par la chaîne FX (groupe Fox) et la plate-forme Hulu. « Tout comme notre podcast extrêmement populaire, “The Daily”, nous espérons que “The Weekly” permettra à de nouveaux publics de découvrir le journalisme du Times, générera des revenus substantiels et nourrira l’abonnement à notre offre numérique », a déclaré le PDG Mark Thompson début août lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre. Sur cette période, le chiffre d’affaires s’est élevé à 414 millions de dollars (soit 354,5 millions d’euros), en hausse de 4,2 % sur un an, avec un bénéfice net de 23 millions de dollars.
45 % de salariés en moins dans les rédactions
Si le Washington Post, son concurrent, racheté en 2013 par Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, a dépassé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Après les manifestations qui ont rassemblé des milliers de Russes opposés au projet de loi, le président a proposé d’augmenter l’âge de la retraite des femmes à 60 ans, au lieu de 63 ans.
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En Russie, Vladimir Poutine assouplit sa réforme contestée des retraites

Après les manifestations qui ont rassemblé des milliers de Russes opposés au projet de loi, le président a proposé d’augmenter l’âge de la retraite des femmes à 60 ans, au lieu de 63 ans.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 12h14
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 13h20
   





                        



   


Vladimir Poutine a, finalement, décidé de reculer. Face aux manifestations, le président russe a annoncé mercredi 29 août, au cours d’une adresse télévisée à la nation, un assouplissement de l’impopulaire réforme des retraites.
A l’issue d’un long exposé défendant le projet, actuellement examiné par le Parlement, M. Poutine a notamment proposé d’augmenter l’âge de départ pour les femmes à 60 ans (au lieu de 63 dans le texte initial), arguant qu’il serait « incorrect » de faire autrement. L’augmentation de l’âge de départ à la retraite pour les hommes reste inchangée à 65 ans. Le président russe a également accepté un départ anticipé pour les mères de famille nombreuse et la mise en place de sanctions pénales pour les entreprises licenciant des employés proches de l’âge de la retraite.
Cette réforme des retraites annoncée mi-juin, soit le jour de lancement de la Coupe du monde de football qui a eu lieu en Russsie, a provoqué de nombreuses manifestations dans tout le pays et a rassemblé des milliers de Russes.

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                En Russie, une réforme des retraites fait chuter la popularité de Vladimir Poutine



Espérance de vie à 66 ans
Le projet de loi approuvé en première lecture envisageait jusque-là d’augmenter progressivement l’âge de départ à la retraite – une première en Russie depuis près de quatre-vingt-dix ans – à 63 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, contre 55 et 60 actuellement. Mais les opposants de la réforme estiment que les Russes, dont l’espérance de vie est de 66 ans, ne pourront plus profiter de leur retraite.
Mais durant son intervention télévisée, mercredi, Vladimir Poutine a tenu à défendre ce projet de loi. « Sur le long terme, si nous faisons preuve d’hésitation aujourd’hui, cela peut menacer la stabilité de la société et la sécurité du pays », a-t-il expliqué. Sans réforme, « nous détruirons tôt ou tard nos finances, nous serons contraints de nous empêtrer dans les dettes ou d’imprimer de l’argent sans provision, avec les conséquences qui en découlent : hyperinflation et hausse de la pauvreté », a poursuivi le président russe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Dans des dizaines de pays, des sociétés privées de sécurité chinoises sont chargées de protéger les investissements de leurs compatriotes, et leurs compatriotes eux-mêmes, explique le journaliste du « Monde » Frédéric Lemaître.
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Les « nouvelles routes de la soie » sont bien gardées

Dans des dizaines de pays, des sociétés privées de sécurité chinoises sont chargées de protéger les investissements de leurs compatriotes, et leurs compatriotes eux-mêmes, explique le journaliste du « Monde » Frédéric Lemaître.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 12h14
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

Vu d’ailleurs. Sorti il y a un an, à l’été 2017, le film d’action Wolf Warrior 2 a battu tous les records du box-office chinois, engrangeant 5,68 milliards de yuans (726 millions d’euros) de recettes. Son thème : l’héroïsme d’un ancien militaire chinois qui, devenu mercenaire en Afrique, libère des dizaines de compatriotes, otages d’un mouvement de guérilla dans un pays en pleine guerre civile, mais où l’armée chinoise ne peut intervenir faute du feu vert de l’ONU. Une fois tout le monde sauvé, une dernière image apparaît à l’écran. Un passeport chinois sur lequel s’inscrit la formule suivante : « Citoyens chinois, si vous êtes en danger à l’étranger, ne baissez jamais les bras. Souvenez-vous que la puissance de votre mère patrie se tient derrière vous. »
Vous souriez ? Erreur. Cette conclusion est plus proche de la réalité qu’il n’y paraît. Tel est le principal enseignement de l’étude que vient de publier le Mercator Institute for China Studies (Merics) sur un des secrets les mieux gardés des « nouvelles routes de la soie » : la présence, dans des dizaines de pays, de sociétés privées de sécurité chinoises chargées de protéger les investissements de leurs compatriotes, et leurs compatriotes eux-mêmes.
5 000 en 2017
Basé à Berlin, Merics, l’un des centres de recherche européens les plus productifs sur la Chine, s’intéresse aux « Gardiens de la ceinture et de la route » pour reprendre le titre de l’étude. Très étroitement contrôlées par le Parti communiste et souvent créées par d’anciens militaires, ces sociétés privées, autorisées à exercer depuis 2009, ont connu un véritable emballement. En 2013, 4 000 d’entre elles, employant plus de 4,3 millions de salariés, étaient officiellement enregistrées. En 2017, ce nombre était déjà passé à 5 000.
La Chine, contrairement à la Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, au Canada et à la Suède, n’a pas souscrit au code de bonne conduite du secteur, adopté en 2013
Merics...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le contexte économique difficile et les critiques des milieux patronaux obligent le président Moon, élu en mai 2017, à ralentir le rythme des réformes.
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En Corée du Sud, le gouvernement peine à améliorer le sort des travailleurs

Le contexte économique difficile et les critiques des milieux patronaux obligent le président Moon, élu en mai 2017, à ralentir le rythme des réformes.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 12h10
    |

            Philippe Mesmer (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Travailler moins et gagner plus. Le gouvernement progressiste sud-coréen pousse pour y parvenir, mais sa politique se heurte à de vives résistances. Fidèle à ses engagements de campagne en faveur de l’emploi, des jeunes notamment, le président Moon Jae-in élu en mai 2017 maintient son objectif d’une « croissance tirée par les revenus et la consommation ».
Un contexte économique difficile l’oblige pourtant à ralentir le rythme des réformes devant la concrétiser. Lundi 27 août, devant une commission parlementaire et à quelques jours de l’annonce des orientations budgétaires pour 2019, le ministre des finances, Kim Dong-yeon, a rappelé la détermination du gouvernement à « stimuler l’économie grâce à des mesures fiscales qui s’ajouteront à des réformes macroéconomiques ». 
En juillet, conformément aux engagements du président Moon, le temps de travail hebdomadaire a été abaissé 68 à 52 heures.
M. Kim a dans le même temps reconnu qu’il faudra du temps pour améliorer la situation du marché du travail et réduire les inégalités grandissantes de revenus, en raison d’un environnement économique guère favorable. 
De fait, d’après les dernières données gouvernementales, le nombre d’emplois en Corée du Sud n’a augmenté que de 5 000 en juillet sur un an. Il y en avait eu 106 000 de plus en juin. La modeste hausse enregistrée en juillet est la plus faible depuis janvier 2010.
Les critiques n’ont pas tardé à attribuer ce ralentissement à la baisse, le 1er juillet, du temps de travail de 68 à 52 heures par semaine et à la hausse, le 1er janvier du salaire minimum, augmenté de 16,4 % à 7 530 wons (5,8 euros) de l’heure et qui doit être porté à 10 000 wons (7,7 euros) d’ici à 2020, conformément aux engagements de M. Moon.
Car la période ne serait pas favorable malgré une croissance attendue à 2,8 % en 2018. Confrontés à la concurrence accrue de groupes chinois, notamment, et inquiets des tensions commerciales...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Avec plus de 20 % des intentions de vote pour les Démocrate de Suède, les législatives du 9 septembre pourraient bouleverser le paysage politique du pays.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Une majorité de la population des pays riches, par son travail, vit de ce qui détruit l’environnement. Là se pose le plus grand problème, que seule une véritable confrontation démocratique peut résoudre, estime le chercheur Salvador Juan.
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Salvador Juan : « Il faut cesser de négliger les obstacles sociaux que suscitent les réformes écologiques »

Une majorité de la population des pays riches, par son travail, vit de ce qui détruit l’environnement. Là se pose le plus grand problème, que seule une véritable confrontation démocratique peut résoudre, estime le chercheur Salvador Juan.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 11h57
    |

Salvador Juan (Professeur à l’université de Caen-Normandie, Centre de recherche risques et vulnérabilités/CERREV)







                        



                                


                            

Tribune. La décision de Nicolas Hulot de démissionner du gouvernement était inévitable. On peut même considérer qu’elle aurait pu arriver plus tôt au vu des décisions prises au plus haut niveau de l’Etat. Cependant, et comme il le souligne lui-même, c’est moins l’aveuglement de l’actuel pouvoir – illustrant parfaitement la tendance de fond à la technocratisation libérale des systèmes les plus développés – que les contradictions de l’ensemble de la société française et de chacun de ses habitants qui l’ont découragé.
De quelle nature sont ces contradictions que nous portons tous intimement et qui écartèlent notre système socio-économique, comme l’affirme l’ex-ministre à juste titre en évoquant, notamment, les lobbies, la recherche effrénée de croissance ou l’impossible rupture avec l’électronucléaire ? On peut les résumer en quelques points.
Le réchauffement climatique, avec ses conséquences sur les littoraux et sur l’agriculture, est l’une des dimensions de la crise écologique planétaire. Celle-ci se traduit également par le déclin de la biodiversité associé aux pollutions et à l’artificialisation des milieux, par l’épuisement des ressources non renouvelables et par l’accroissement des risques technoscientifiques. Or, ces quatre types de problèmes écologiques sont liés. Mais le traitement des symptômes de ces différents défis, tel que les politiques le proposent, est segmentaire et intègre rarement les effets secondaires sur les autres dimensions de la crise.
Elus locaux à l’unisson
Par ailleurs, ces tentatives de réformes alternatives ne tiennent presque jamais compte des obstacles sociaux qu’elles suscitent et qui les invalident au plan démocratique. C’est là que se pose le plus grand problème : dans les pays riches, la majorité de la population, par son travail, vit aujourd’hui de ce qui détruit sa santé et obère tant la qualité du milieu actuel et futur que son avenir à long terme et celui de sa descendance.
Alors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La coopérative espère que cette acquisition lui permettra d’accélérer son développement sur le marché du lait infantile en Chine.
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Sodiaal prête à acheter l’usine de lait du chinois Synutra en Bretagne

La coopérative espère que cette acquisition lui permettra d’accélérer son développement sur le marché du lait infantile en Chine.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 11h47
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

La coopérative Sodiaal a confirmé officiellement, mercredi 29 août, être entrée en discussion avec son partenaire chinois Synutra pour la reprise d’une partie du site de Carhaix (Finistère). Une usine de production de poudre de lait infantile qui a ouvert ses portes, il y a quasiment deux ans, en septembre 2016.
Lors de l’inauguration, l’heure était à l’optimisme. Comme d’autres, la coopérative, engagée à livrer 288 millions de litres de lait, voyait le marché chinois comme un eldorado et pensait avoir trouvé en Synutra le vecteur idéal pour profiter de l’aubaine. Sauf que le scénario ne s’est pas déroulé comme prévu.
Dès la construction de cet ensemble de deux tours de séchage de 50 mètres de haut, les difficultés ont commencé à apparaître. Et l’investissement initial chiffré à 90 millions d’euros lors de la signature du partenariat entre Sodiaal et Synutra, en 2012, s’est transformé en une ardoise de 170 millions d’euros à la fin du chantier.
La moitié des volumes prévus
Puis, lors de la mise en route, les errements dans la gestion et l’organisation de l’usine se sont fait jour. Au point que, fin 2017, le syndicat CGT a dénoncé les conditions de travail des salariés. Des tensions qui ont conduit au départ du patron du site, Patrick Bischofberger, début 2018. Depuis, selon la société chinoise, Liang Zhang, le fondateur de Synutra, est à Carhaix.
Enfin, les résultats commerciaux de Synutra n’ont pas été à la hauteur des engagements, bien que l’usine bretonne ait décroché son agrément pour l’exportation des poudres de lait infantile vers l’ex-empire du Milieu dès septembre 2016. Une situation qui s’est traduite par des factures impayées pour Sodiaal qui, finalement, ne livre plus que la moitié des volumes de lait initialement prévus. Sachant que, dans le contrat, le volume de lait était fixe mais le prix variable, indexé sur celui du marché intérieur français avec une décote de 10 à 20 euros.
C’est cette dette que Sodiaal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Après le retrait américain de l’accord nucléaire, ses alliés prennent leurs distances avec le président iranien.
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En Iran, le retour des sanctions marginalise Hassan Rohani

Après le retrait américain de l’accord nucléaire, ses alliés prennent leurs distances avec le président iranien.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 11h12
    |

            Louis Imbert








                        



                                


                            

Le président iranien, Hassan Rohani, a été passé sur le gril par le Parlement, durant deux longues heures de questions et réponses sur sa politique économique, mardi 28 août, alors que le pays peine face au retour des sanctions américaines. Une fois seulement dans l’histoire de la République islamique, un président avait ainsi été convoqué devant les parlementaires : l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad avait dû se prêter à l’exercice en fin de mandat, en 2012, au pic de la crise nucléaire et des sanctions internationales contre le pays, et alors qu’il achevait de s’isoler en luttant avec les instances non élues et le Guide suprême, Ali Khamenei.
M. Rohani est apparu lui aussi manifestement seul, mardi. C’était la raison d’être de cette séance aux allures de défouloir : les factions iraniennes ont pris leurs distances avec un président modéré affaibli. Le retrait américain de l’accord international sur le nucléaire de juillet 2015, au mois de mai, a plombé sa politique d’ouverture économique. Une première vague de sanctions américaines, adoptée début août, décourage les investissements d’entreprises occidentales. Dans une dégringolade inquiétante, la monnaie iranienne a perdu 60 % de sa valeur sur l’année.
Le Parlement a fait sauter deux fusibles en démettant les ministres du travail et de l’économie
Face au refus de M. Rohani de remanier son gouvernement, les parlementaires ont eux-mêmes fait sauter deux fusibles en août : ils ont démis les ministres du travail et de l’économie. Selon l’agence de presse Tasnim, proche des militaires, une motion de censure contre un troisième, en charge de l’industrie et des mines, a déjà recueilli l’assentiment de soixante-dix parlementaires (sur 290). Le directeur de la banque centrale a, par ailleurs, été renvoyé et un vice-gouverneur de l’institution a été arrêté pour des faits de corruption, alors que la justice poursuivait des changeurs de devises, accusés de spéculer sur la crise.
« Vous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le ministre-président Markus Söder se fait plus discret sur les questions d’identité et de sécurité.
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Ebranlée par l’extrême droite, la CSU recentre sa campagne en Bavière

Le ministre-président Markus Söder se fait plus discret sur les questions d’identité et de sécurité.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 11h01
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Le sondage est passé presque inaperçu, tant l’actualité allemande de ces derniers jours a été écrasée par les violentes manifestations organisées par l’extrême droite à Chemnitz après la mort d’un homme de 35 ans, dans la nuit de samedi 25 à dimanche 26 août. Publiée mardi par le quotidien Bild, cette étude de l’institut Insa est pourtant un vrai coup de tonnerre. A six semaines des élections régionales bavaroises du 14 octobre, les conservateurs de la CSU n’y sont en effet crédités que de 36 % des voix.
Voilà déjà des mois que la CSU sait qu’elle fera moins bien qu’en 2013 (47,7 %). Avant l’été, elle semblait toutefois pouvoir encore dépasser les 40 %. Depuis, tous les instituts semblent dire que ce cap n’est même plus à portée. Chez Insa, les conservateurs ont ainsi perdu 5 points entre fin juin et fin août.

Afin d’éviter un score trop humiliant dans un Land où elle n’a perdu qu’une fois en un demi-siècle la majorité absolue au parlement régional de Munich, la CSU a discrètement changé de stratégie au cœur de l’été. Candidat à sa réélection, le ministre-président Markus Söder a décidé de se faire plus discret sur les questions identitaires et sécuritaires, comme s’il avait acté que la « droitisation » du discours de la CSU, destinée à reconquérir ceux de ses électeurs tentés par le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), ne faisait que renforcer ce dernier, tout en faisant fuir la partie plus modérée de son électorat vers d’autres partis, à commencer par les Verts. Dans les sondages, ceux-ci ont enregistré une sensible progression depuis le début de l’été. Crédités d’environ 15 %, ils font aujourd’hui quasiment jeu égal avec l’AfD, avec qui ils se disputeront à l’évidence la deuxième place.
Pour cette campagne engagée à droite toute et qu’il semble désormais vouloir ancrer au centre, M. Söder paraît en tout cas pour l’instant convaincu d’une chose : la nécessité de tenir Angela Merkel le plus à distance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Marine Le Pen espère bénéficier du vent italien dans la campagne pour le scrutin européen de mai 2019.
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A la peine, l’extrême droite française se verrait bien profiter d’un « effet Salvini »

Marine Le Pen espère bénéficier du vent italien dans la campagne pour le scrutin européen de mai 2019.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 17h44
    |

            Lucie Soullier








                        



                                


                            

Un accent estival plane encore sur l’extrême droite française. Alors que la plupart des chefs de parti d’opposition à Emmanuel Macron ont repris leurs éléments de langage de rentrée le dernier week-end d’août, Marine Le Pen, elle, tweetait en italien.
« Sostegno a Matteo Salvini », a-t-elle posté, dimanche 26 août, dans un message de « soutien » au ministre de l’intérieur italien (Ligue, extrême droite), sans manquer de dénoncer au passage le « gouvernement des juges » qui voudraient « retirer le pouvoir au peuple » et « pas qu’en France ». Désormais sous le coup d’une enquête judiciaire dans son propre pays pour « séquestrations, arrestations illégales et abus de pouvoir », Matteo Salvini venait d’accepter de laisser finalement débarquer à Catane les quelque 150 migrants secourus par les gardes-côtes italiens… puis bloqués une semaine au port, à bord de leur patrouilleur. Le Rassemblement national (RN), lui, devra attendre le 26 septembre pour connaître l’issue de son recours contre la saisie par la justice française de ses 2 millions d’euros d’aides publiques, dans le cadre de l’enquête sur l’utilisation des fonds européens par l’ex-Front national.

Salvini-Le Pen, même combat : voilà donc en substance le message envoyé par la présidente du RN, saisissant une nouvelle occasion de s’afficher aux côtés du « parti frère » transalpin, comme elle le présente si souvent à la tribune. Et ce d’autant plus depuis que le score historique de la Ligue italienne au scrutin de mars (17,4 %) a permis à son leader de jouer un rôle incontournable dans la formation du gouvernement, dont il est le vice-président, aux côtés de son allié du mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio.
Fondamentaux du Front national
Il n’y a pas si longtemps, les inspirations marinistes de Matteo Salvini étaient autrement plus soulignées que l’inverse, lui qui a collé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Dans son réquisitoire, le procureur a égrené les meurtres, les viols, l’esclavage sexuel et l’enrôlement d’enfants commis en RDC.
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Synthèse

A la CPI, la « violence notoire » du milicien Bosco Ntaganda

Dans son réquisitoire, le procureur a égrené les meurtres, les viols, l’esclavage sexuel et l’enrôlement d’enfants commis en RDC.

Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)
    



LE MONDE
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        Le 29.08.2018 à 10h54

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        Mis à jour le 29.08.2018 à 14h42






    
Le Congolais Bosco Ntaganda, le 28 août 2018, à la Cour pénale internationale, où il est poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre.
Crédits : Bas Czerwinski / AP


A en croire l’accusation, Bosco Ntaganda « connaît le nombre exact de balles tirées par ses soldats ». Ancien commandant en second de la branche militaire d’une milice congolaise, jugé depuis trois ans par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’homme ne quitte pas son masque glacial, ce mardi 28 août, lors des cinq heures de réquisitoire du procureur. Cinq heures d’une longue litanie de crimes commis en 2002 et 2003 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Si le costume noir et la cravate nouée à son cou ont pu donner une allure respectable au détenu, elles ne font pas oublier le seigneur de guerre, surnommé « Terminator » « pour sa violence notoire de tueur », rappelle Nicole Samson, la substitut du procureur. Bosco Ntaganda aurait planifié, ordonné, supervisé les crimes et même participé.

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Des témoins ont attesté de sa présence lors d’une séance de torture. L’accusation a rappelé que « Ntaganda a interrogé et battu un prêtre, avant de l’exécuter de sang-froid, à bout portant ». D’autres témoins ont assuré qu’il aurait violé des fillettes de moins de 15 ans enrôlées dans ses troupes. « Va enculer ta mère », aurait-il dit, en kinyarwanda, sa langue natale, à un civil descendu par l’un de ses soldats.
« Donne-moi un couteau et une cuvette »
M. Ntaganda est jugé à La Haye (Pays-Bas) pour son « rôle central » dans « le plan pour le contrôle militaire et politique de l’Ituri », a fait savoir l’accusation. Un plan dont le volet criminel n’est pas nécessairement écrit, mais dont les grandes lignes figurent dans les documents de l’Union des patriotes congolais (UPC), un mouvement rebelle constitué de l’ethnie des Hema.
Bosco Ntaganda a « admis que l’idéologie de l’UPC était d’évincer le mal et d’avoir le pouvoir au Congo ». Selon les documents fondateurs de la rébellion, devenus pièces à conviction du procureur, « le mal en Ituri, c’était les Lendu et les Nande », deux communautés rivales. Ces tensions ethniques ont été alimentées par les pouvoirs ougandais et rwandais, qui convoitent les richesses minières de l’Est congolais.

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Le rôle des deux pays dans les conflits de leur voisin, qui depuis plus de deux décennies ont causé des morts par millions, n’est qu’effleuré dans les procès de miliciens congolais devant la CPI. L’accusation a circonscrit ses affaires à leur seule dimension ethnique. Dans l’affaire Ntaganda, il est simplement admis que le Rwanda a fourni des armes.
Bosco Ntaganda se veut un officier aguerri, formé dans les rangs de l’ex-rébellion rwandaise. Il a assuré tout au long de son procès respecter les lois de la guerre. Mais pour l’accusation, les formations militaires des jeunes recrues de l’UPC comprenaient des chansons « aux paroles extrêmement violentes à l’égard du groupe lendu ». Mme Samson en rappelle les paroles : « Donne-moi un couteau et une cuvette, que je puisse égorger un Lendu. »
Esclavage sexuel et enrôlement d’enfants
S’appuyant sur les récits de ses 80 témoins appelés au cours du procès, Mme Samson égrène les meurtres, les attaques de civils, les viols, l’esclavage sexuel, l’enrôlement d’enfants. Au banc des accusés, Bosco Ntaganda reste figé. L’immense salle d’audience résonne des récits du massacre de l’église de Sayo, où la fosse commune était recouverte d’une plaque d’acier. Lors de son interrogatoire, qui avait duré six semaines, Bosco Ntaganda avait assuré que la population de Sayo avait fui son village et qu’il n’y avait pas eu de massacre. « Une population de 25 000 personnes ne disparaît pas immédiatement au son d’un tir », a asséné Mme Samson.
L’accusation diffuse des photos du massacre de Kobu sur les écrans de la salle d’audience. Ici, une femme éventrée, là, des corps empilés entre des feuilles rabougries de bananiers, des gorges tranchées. Les substituts du procureur évoquent des massacres, notamment à Mongbwalu, la ville des chercheurs d’or. Dix-neuf anciens membres de l’UPC – de simples enfants soldats ou des cadres du mouvement – avaient déposé au procès contre leur ancien chef. A la barre, 39 victimes avaient aussi raconté les viols, « parfois avec des bâtons », et l’esclavage sexuel. L’accusation a rappelé le viol d’une fillette de 9 ans, « morte des suites de ses blessures ».

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Après le procureur, les avocats des 2 123 victimes participant au procès concluront à leur tour, avant de donner la parole à la défense et à Bosco Ntaganda. Les juges devraient entamer leur délibéré jeudi 30 août. Le bureau du procureur n’a, à ce stade, requis aucune peine contre l’accusé, mais simplement demandé aux juges de le déclarer coupable. Alors que les crimes reprochés au milicien remontent à seize ans et qu’il est incarcéré depuis cinq ans, les juges n’ont pas accéléré la cadence. S’il devait être reconnu coupable, de nouvelles audiences seront organisées pour fixer la sentence.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ La sous-estimation initiale du nombre de décès résultait de la façon dont les services d’état civil enregistraient les morts, la cause inscrite ayant rarement été liée à l’ouragan.
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Ouragan Maria à Porto Rico : le bilan officiel passe de 64 à 2 975 morts

La sous-estimation initiale du nombre de décès résultait de la façon dont les services d’état civil enregistraient les morts, la cause inscrite ayant rarement été liée à l’ouragan.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 12h08
   





                        



   


L’ouragan Maria a officiellement tué 2 975 personnes sur l’île de Porto Rico dans les six mois qui ont suivi la catastrophe naturelle, selon une étude indépendante entérinée, mardi 28 août, par le gouvernement de ce territoire américain.
Le bilan tragiquement sous-estimé de 64 morts, qui fut un temps celui avancé par les autorités locales, est désormais officiellement abandonné, un an après le passage de l’ouragan Maria le 20 septembre 2017, tandis que la méthode pour comptabiliser les décès causés directement et indirectement par les catastrophes naturelles est appelée à évoluer.
Mea culpa
« J’ai donné comme instruction d’actualiser le bilan officiel à 2 975 morts », a déclaré Ricardo Rossello, gouverneur de Porto Rico. « Toute future discussion devra se fonder sur ce rapport », a-t-il déclaré. C’est le gouverneur qui avait lui-même demandé, il y a plusieurs mois, à des chercheurs de l’université George-Washington de parvenir à un bilan réaliste, face à la controverse. Il a fait son mea culpa mardi. « Je reconnais que nous avons fait des erreurs », a dit Ricardo Rossello.
Les chercheurs, qui ont conduit leurs travaux de façon indépendante, sont parvenus à leur estimation en comparant la mortalité pendant cette période à la mortalité normale, à partir des actes de décès et en prenant en compte les migrations d’habitants. Ils estiment que la mortalité a augmenté sur l’île de 22 % de septembre 2017 à février 2018, par rapport à la même période de l’année précédente.
Une autre étude indépendante de chercheurs d’Harvard, non commandée par le gouvernement portoricain et publiée en mai, avait conclu à environ 4 600 morts en trois mois, selon une méthode proche. La sous-estimation du nombre de décès résultait de la façon dont les services d’état civil enregistraient les morts, la cause inscrite ayant rarement été liée à l’ouragan, a fortiori quand les décès intervenaient longtemps après le passage de l’ouragan.

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Autorités dépassées
Maria a laissé des stigmates pendant des mois sur l’île, en coupant l’eau, l’électricité, le téléphone et les routes, isolant de nombreux villages. Nombre d’habitants vulnérables n’ont plus eu accès à des médecins ou des pharmacies pendant des mois. Faute d’électricité, les respirateurs artificiels ne pouvaient plus fonctionner.
Le chaos s’était installé jusque dans les villes et le gouvernement fédéral avait été critiqué pour la lenteur de sa réaction, qui tranchait avec la haute priorité assignée par le président Donald Trump au Texas et à la Louisiane, frappés par un autre ouragan à la même période, Harvey.
Le gouverneur Rossello, membre du « nouveau parti progressiste », a d’ailleurs implicitement critiqué le gouvernement Trump, notant mardi que le « processus bureaucratique » avait été plus long qu’au Texas et en Floride. « C’est un facteur qui a vraiment ralenti notre reconstruction », a-t-il dit. « Certains groupes, les plus modestes et les plus âgés, ont couru le plus de risques », a, par ailleurs, détaillé l’un des auteurs de l’étude, Carlos Santos-Burgoa, professeur de santé publique à l’université George-Washington.
Les enquêteurs appellent les autorités insulaires à réformer leurs services d’état civil et de médecine légale, afin qu’ils communiquent mieux entre eux et recensent de façon exacte la cause des décès. Porto Rico, située juste à l’est de l’île de Saint-Domingue en mer des Caraïbes, ne fait pas partie des 50 Etats américains, mais est l’un des cinq territoires appartenant aux Etats-Unis. Ses trois millions d’habitants ont la citoyenneté américaine.
« Cette nouvelle étude confirme une nouvelle fois que la réponse de l’administration Trump aux ouragans Maria et Irma n’était absolument pas adaptée », a tancé l’élu démocrate Steny Hoyer, appelant le Congrès, à majorité républicaine, à faire rendre des comptes au gouvernement de M. Trump.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ A peine rentrée, la chancelière allemande est confrontée à la stratégie de tensions orchestrée par l’AfD.
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Angela Merkel face aux violences d’extrême droite

A peine rentrée, la chancelière allemande est confrontée à la stratégie de tensions orchestrée par l’AfD.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 15h37
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

C’était seulement ce week-end et cela paraît déjà très loin. Invitée de la chaîne ARD pour son traditionnel entretien télévisé de rentrée, Angela Merkel s’est efforcée, dimanche 26 août, de s’étendre le moins possible sur les questions sécuritaires et migratoires, sur lesquelles elle est en désaccord avec une partie de sa famille politique, préférant évoquer d’autres dossiers qui ont l’avantage d’être plus consensuels à l’intérieur de la droite conservatrice allemande, comme la réforme des retraites ou l’avenir de l’Union européenne.
L’actualité en a décidé autrement : mardi 28 août, après deux jours marqués par de violentes manifestations organisées par l’extrême droite à Chemnitz (Saxe), la chancelière allemande a été ramenée aux deux sujets sur lesquels elle aurait préféré ne pas intervenir.
Double gêne
C’est lors d’une conférence de presse au côté du premier ministre croate, qu’elle recevait à Berlin, que Mme Merkel a commenté ces événements. « Nous avons vu des chasses collectives, nous avons vu de la haine dans la rue, et cela n’a rien à voir avec un Etat de droit », a-t-elle réagi en référence aux agressions qui ont visé plusieurs personnes d’origine étrangère, à Chemnitz, après le meurtre d’un Allemand de 35 ans tué au couteau dans la nuit de samedi à dimanche. La police a arrêté deux suspects pour ce crime, lundi, un Syrien et un Irakien d’une vingtaine d’années, accusés d’avoir agi après une « altercation verbale » en marge des festivités organisées pour le 875e anniversaire de Chemnitz, la troisième ville la plus peuplée de Saxe.
Ces événements sont doublement gênants pour Mme Merkel. D’abord parce qu’ils cadrent parfaitement avec le discours de l’extrême droite, à commencer par le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui ne manque pas une occasion de mobiliser ses sympathisants dès qu’un Allemand est victime d’un crime commis par un étranger, martelant à chaque fois qu’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Les dirigeants hongrois et italien esquissent un front antimigrants. « S’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant, ils ont raison », a répondu le président.
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Migrants : Viktor Orban et Matteo Salvini prennent Emmanuel Macron pour cible

Les dirigeants hongrois et italien esquissent un front antimigrants. « S’ils ont voulu voir en ma personne leur opposant, ils ont raison », a répondu le président.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 15h33
    |

            Jean-Baptiste Chastand, 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
                                Margherita Nasi (à Rome)








                        



                                


                            

La droite radicale avait rendez-vous avec l’extrême droite. Mardi 28 août, Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, chef de la Ligue (extrême droite), a accueilli dans son fief lombard de Milan le premier ministre ultraconservateur hongrois, Viktor Orban. Tout sourire, les deux hommes forts du moment sur la scène politique de la droite anti-immigration européenne ont fait de cette rencontre un moment fondateur dans l’optique des élections européennes de mai 2019. Avec une cible principale : Emmanuel Macron, qualifié de « chef des partis promigrants » en Europe par M. Orban.
« Il y a actuellement deux camps en Europe. Macron est à la tête des forces politiques soutenant l’immigration. De l’autre côté, il y a nous qui voulons arrêter l’immigration illégale », a déclaré le premier ministre hongrois. « Nous sommes au bord d’un tournant historique pour l’Europe, a abondé le chef de la Ligue. Aujourd’hui commence un parcours commun qui sera suivi de nombreuses autres étapes dans les prochains mois, pour mettre au premier plan le droit au travail, à la santé et à la sécurité. Tout ce que les élites européennes financées par [le philanthrope américain d’origine hongroise] Soros et gouvernées par le Macron du moment nous refusent. »
Entre 5 000 et 15 000 personnes se sont retrouvées sur la place San Babila, en plein centre-ville, pour protester contre les positions xénophobes et souverainistes des deux politiciens. Mais dans le salon feutré de la préfecture de Milan, M. Salvini, arrivé au pouvoir en juin à la faveur d’une coalition inédite avec « l’antisystème » Mouvement 5 étoiles (M5S), et M. Orban, homme fort de la Hongrie depuis 2010, ont affiché leur convergence sur le sujet. Connu pour avoir chassé presque tous les demandeurs d’asile de son territoire, M. Orban a qualifié son alter ego, qui a fermé les ports aux navires de sauvetage en Méditerranée, de « compagnon de route » et même de « héros » :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Varsovie accélère les nominations à la Cour suprême, pour éviter l’intervention de la Cour de Luxembourg.
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En Pologne, le pouvoir accélère les nominations à la Cour suprême

Varsovie accélère les nominations à la Cour suprême, pour éviter l’intervention de la Cour de Luxembourg.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h36
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



                                


                            

Le siège du Conseil national de la magistrature polonais, dont l’entrée a toujours été libre, était, mardi 28 août, un bâtiment sous haute surveillance, encadré par plusieurs dizaines de policiers. Devant l’entrée, une quinzaine de manifestants brandissaient une banderole : « Celui qui ne respecte pas la plus haute des lois trahit sa patrie. » La veille, ces mêmes manifestants, membres du mouvement d’opposition radical Obywatele RP (les « Citoyens de la République ») avaient été évacués de l’intérieur du bâtiment manu militari, après trois heures de blocage des délibérations de l’institution.
Il s’agit d’un nouvel épisode de la reprise en main de la justice par le gouvernement ultraconservateur qui inquiète Bruxelles. Le Conseil national de la magistrature (KRS), dont la quasi-totalité des membres est désormais dépendante de la majorité du PiS (Droit et justice), a décidé, un mois avant la date initialement prévue et à un rythme accéléré, de procéder à l’audition des postes censés être vacants à la Cour suprême. Objectif : prendre la Commission européenne de court et la mettre devant le fait accompli, avant qu’elle ne porte l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

A la suite d’une réforme qui envoie d’office à la retraite 30 % de ses membres et augmente leur nombre de 80 à 120, la Cour suprême avait, début août, suspendu l’application du texte en envoyant cinq questions préjudicielles à la CJUE, pour évaluer sa conformité avec les traités européens. Les juges polonais estiment le texte inconstitutionnel. Le gouvernement conservateur, de son côté, considère que la Cour enfreint la loi en ne reconnaissant pas le texte. Pour une écrasante majorité de juristes, la Cour suprême est perçue comme le dernier bastion d’indépendance de la justice, après la mise au pas du Tribunal constitutionnel, du Conseil de la magistrature et la réforme du statut des tribunaux de droit commun.
« Parodies...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ L’attaque a eu lieu à Al-Qaïm, ville frontalière de la Syrie, reprise à l’organisation Etat islamique par les forces gouvernementales en novembre 2017.
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Irak : au moins onze morts dans un attentat à la voiture piégée revendiqué par l’EI

L’attaque a eu lieu à Al-Qaïm, ville frontalière de la Syrie, reprise à l’organisation Etat islamique par les forces gouvernementales en novembre 2017.



LE MONDE
 |    29.08.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
29.08.2018 à 15h27
   





                        



   


Au moins onze personnes ont été tuées, dont cinq membres des forces de sécurité, dans un attentat-suicide à la voiture piégée contre un poste de contrôle à l’entrée d’Al-Qaïm, ville irakienne située à la frontière syrienne, selon la police. Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué cette attaque dans un communiqué.
La déflagration, qui s’est produite à 9 heures, heure locale (8 heures, heure de Paris), a également blessé cinq autres membres des services de sécurité et onze civils, a précisé à l’AFP le capitaine de police Mahmoud Jassem.
Parmi les morts figurent deux soldats des forces régulières et trois membres du Hachd Al-Chaabi, les supplétifs paramilitaires qui ont aidé l’armée à chasser l’EI.
Selon un rapport des services de sécurité irakiens, le véhicule a été piégé dans une zone désertique à la lisière de la Syrie, où les djihadistes possèdent encore les moyens de fabriquer ce type d’engin.
Le véhicule a passé deux barrages, mais au troisième les soldats et le Hachd Al-Chaabi ont ouvert le feu en sa direction. Cependant, lancé à grande vitesse, il a explosé devant le barrage, faisant des victimes.
Site stratégique
Pour l’expert des mouvements djihadistes Hicham Al-Hachemi, l’EI a choisi cette ville car c’est un site stratégique entre la Syrie et l’Irak et une région où se trouvent non seulement l’armée irakienne et les supplétifs du Hachd, mais également les forces américaines et françaises, membres de la coalition internationale anti-djihadistes. Cette attaque, « c’est pour dire à tous : “nous avons toujours le bras assez long et nous pouvons agir rapidement et frapper où bon nous semble” », a-t-il expliqué à l’AFP.
Un responsable du Hachd a pour sa part affirmé qu’il s’agissait « d’une réaction des terroristes aux opérations militaires visant Daech (acronyme arabe de l’EI) dans la zone désertique près de la frontière avec la Syrie ».
Les forces gouvernementales ont repris Al-Qaïm en novembre 2017, une des dernières villes encore aux mains des djihadistes.
Un mois plus tard, le premier ministre irakien, Haïder Al-Abadi, annonçait la fin de la guerre, mais, selon les experts, des combattants se cachent toujours le long de cette frontière poreuse et dans l’immense désert irakien.
Selon Hicham Al-Hachemi, il reste environ 2 000 djihadistes de l’EI en activité, quasi exclusivement irakiens, avec seulement une centaine d’étrangers, répartis dans quatre régions et dont l’objectif « est de se venger de ceux qui les ont chassés ».
Malgré ses importants revers en Irak et en Syrie, l’EI a commis en juillet des attaques meurtrières coordonnées dans le sud de la Syrie, qui ont fait plus de 250 morts.

        Lire aussi :
         

                Selon l’ONU, entre 20 000 et 30 000 combattants de l’EI sont encore actifs en Irak et en Syrie






                            


                        

                        

