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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Dans son bulletin, Météo-France alerte sur les risques d’une « forte activité électrique » et de rafales « très fortes ».
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Orages : onze départements du Sud-Ouest en alerte orange

Dans son bulletin, Météo-France alerte sur les risques d’une « forte activité électrique » et de rafales « très fortes ».



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 17h13
   





                        



   


Onze départements du Sud-Ouest ont été placés mardi 28 août en alerte orange par Météo-France, qui a annoncé un « épisode pluvio-orageux » nécessitant une « vigilance particulière ».
Dans son bulletin de 16 heures, Météo-France a ajouté les Deux-Sèvres et la Vienne aux neuf départements déjà placés en alerte : Charente, Charente-Maritime, Dordogne, Gers, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées.
Il s’agit d’un « épisode pluvio-orageux estival, nécessitant une vigilance particulière, dans la mesure où il existe un risque fort de phénomènes violents », selon Météo-France.
Entre 20 et 40 mm de pluie en une heure
Les orages commenceront à se développer dans le golfe de Gascogne et prendront rapidement un caractère brusque et violent.
La « salve orageuse donnera de la grêle, une forte activité électrique, et des quantités de précipitations entre 20 et 40 mm voire un peu plus en moins d’une heure ». Il y aura des rafales « très fortes », « entre 100 km/h et 120 km/h localement, peut-être plus en pointe ».
Les orages se décaleront en cours de nuit vers le Massif central et la région Poitou-Charentes, où on attend une atténuation de la situation vers minuit.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Les journalistes du service Planète du « Monde » ont répondu à vos questions après l’annonce du ministre de la transition écologique et solidaire.
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Démission de Nicolas Hulot : « Le ministre a sans doute sous-estimé le poids réel des lobbys »

Les journalistes du service Planète du « Monde » ont répondu à vos questions après l’annonce du ministre de la transition écologique et solidaire.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 17h56
   





                        



Nicolas Hulot a annoncé, mardi 28 août, lors de la matinale de France Inter, son départ du ministère de la transition écologique et solidaire. Simon Roger, Pierre Le Hir et Rémi Barroux, journalistes au service Planète du Monde, ont répondu, dans un tchat, aux questions d’internautes sur les raisons et les enseignements de cette démission.
Dojat : Est-ce que la place des lobbyistes proches du gouvernement sera remise en cause ? Peut-on penser que le pouvoir en place est influencé par ces derniers ?
Pierre Le Hir : Sur la première partie de la question, on peut en douter ; sur la seconde partie, oui à l’évidence. Emmanuel Macron entretient en effet une relation décomplexée avec les différents groupes d’influence. Cela vaut par exemple dans le domaine de l’énergie, pour lequel EDF bénéficie — comme cela a toujours été le cas par le passé — de l’oreille attentive du chef de l’Etat et de son premier ministre, Edouard Philippe, ancien d’Areva. Cela vaut aussi, comme on l’a vu, avec les chasseurs.
L’un des éléments qui ont fini par décider Nicolas Hulot à démissionner, même si ce n’est sans doute pas le plus fondamental, a été la présence, lors d’une réunion organisée lundi 27 août, à l’Elysée, sur la réforme de la chasse, du lobbyiste attitré de la Fédération nationale des chasseurs, Thierry Coste. Une présence très mal vécue par M. Hulot.

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Tom : Ce gouvernement a-t-il réellement le meilleur bilan écologique de la Ve République, comme le prétend l’Elysée ?
Simon Roger : La phrase « meilleur bilan écologique de la Ve République » est sans doute flatteuse pour l’exécutif actuel, mais elle n’a pas sens. D’abord, parce qu’il est prématuré de tirer le « bilan écologique » d’un président qui entame seulement sa deuxième année d’exercice du pouvoir. Ensuite, parce que les enjeux écologiques ont traversé les différentes mandatures de la Ve République !
La conférence climat de décembre 2015 (COP21), par exemple, qu’on peut considérer comme un marqueur fort de l’action de la France contre le réchauffement climatique, est à porter au crédit de François Hollande…, alors qu’Emmanuel Macron n’a de cesse de répéter que Paris est leader de l’ambition climatique.
Dans le bilan de Nicolas Hulot, on retiendra sans doute le choix gouvernemental d’abandonner le projet aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes, un dossier vieux de plus de vingt ans.
MF : Nicolas Hulot a-t-il fait mention du projet de Bure ? Il en était un opposant avant son arrivée au gouvernement.
P. L. H. : Non, M. Hulot n’a pas évoqué le dossier du stockage de déchets radioactifs à Bure, dans la Meuse. Il avait en effet affiché, par le passé, son opposition à ce projet. Depuis qu’il est ministre, il a déclaré que l’enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux était « la moins mauvaise solution », même si elle n’est pas vraiment satisfaisante.
En tout état de cause, le gouvernement et le Parlement n’ont pas à se prononcer à court terme sur ce dossier, qui devra faire l’objet d’une demande d’autorisation de création avant le début des travaux.

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Alice : Qui sont les successeurs potentiels de Nicolas Hulot ?
Rémi Barroux : Emmanuel Macron et Edouard Philippe devront trouver une personne qui leur permette d’affirmer leurs « ambitions » environnementales. Leurs premiers propos insistent sur leur volonté de maintenir le cap. Dans cette optique, ils pourraient se tourner vers des personnalités crédibles sur le plan de l’écologie, telle Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie du gouvernement Fillon, que M. Macron vient de nommer à la tête de la Commission nationale du débat public.
Les deux actuels secrétaires d’Etat auprès du ministre démissionnaire de l’écologie, Brune Poirson et Sébastien Lecornu, sont plus récents sur ces dossiers, mais travaillent dessus depuis plus d’un an.
Oryza : Face au premier ministre, Edouard Philippe, ou au ministre de l’agriculture, Stéphane Travers, Nicolas Hulot avait-il le sens politique nécessaire ? Autrement dit, aurait-il pu mieux faire ?
R. B. : Nicolas Hulot fréquente le monde politique depuis longtemps, et a parlé à l’oreille de MM. Chirac, Sarkozy et Hollande. Il a aussi été le candidat malheureux d’une primaire écologiste lors de la présidentielle. Il avait donc un certain sens politique, sans pour autant avoir jamais endossé le costume ministériel. Mais, conseiller, avocat, militant…, Nicolas Hulot a sans doute sous-estimé le poids réel des lobbys sur les décideurs politiques.
Daniel : M. Castaner dit que le « gouvernement peut être fier d’avoir un bilan écologique à la hauteur des enjeux », mais n’est-ce pas pour cette raison que M. Hulot est parti ?
P. L. H. : La décision de M. Hulot traduit, plus qu’un désaccord particulier sur un point précis, son sentiment plus global que le gouvernement n’a pas pris conscience des enjeux qui, à ses yeux, conditionnent tout le reste, à savoir la crise climatique, la crise de la biodiversité, la crise sanitaire et environnementale…
Il a néanmoins évoqué, parmi les sujets de dissension, la question du nucléaire. Elle est brûlante puisque le gouvernement doit présenter, d’ici à la fin de l’année, une nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie. M. Hulot voulait qu’elle entérine une baisse du nucléaire, avec le calendrier, le nombre de réacteurs à fermer et leurs noms. Le chef de l’Etat et celui du gouvernement veulent au contraire repousser à plus tard les arbitrages sur la baisse du nucléaire. On peut imaginer que, sur ce dossier sensible, Nicolas Hulot a perdu et en a donc pris acte.

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A venir, un certain… : Quel est le bilan de M. Hulot sur la mise en place des actions post-COP21 ?
S. R. : Dans ce domaine, on doit faire l’addition des actions engagées par le ministère de Nicolas Hulot, mais également des initiatives de l’exécutif, car Emmanuel Macron s’est assez vite emparé de ce sujet hautement diplomatique. M. Hulot est à l’origine d’un « plan climat », dévoilé en juillet 2017, qui se voulait ambitieux, en cherchant à mettre la France sur la voie de la neutralité carbone d’ici à 2050.
L’Elysée a joué sa partition avec son opération « Make our planet great again », dont l’objectif est notamment d’héberger et de financer les travaux de chercheurs étrangers, ou encore avec l’organisation d’un sommet sur les finances climat, le One Planet Summit, le 12 décembre 2017, pour les deux ans de l’accord de Paris conclu à la COP21.
Mais en dépit de ces efforts, la France ne parvient pas à respecter ses propres engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ni à convaincre ses partenaires européens de rehausser leurs ambitions dans la lutte contre le réchauffement planétaire.

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Brioche : M. Hulot a annoncé avoir peur que sans sa présence il y ait trois projets d’EPR de plus dans les prochaines années. Cette crainte est-elle justifiée, malgré le fiasco de celui de Flamanville ?
P. L. H. : Trois EPR peut-être pas. Mais il est vrai qu’EDF souhaite que la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie prévoie la mise en chantier d’un second EPR, en sus de celui de Flamanville. Cette perspective peut sembler étonnante à certains, si l’on regarde les retards et les surcoûts accumulés par ce réacteur de troisième génération. Mais il est vital pour EDF, s’il veut exporter des EPR, de montrer que la France s’équipe elle-même de ce type de réacteurs. Comment vendre à des pays étrangers une technologie à laquelle la France elle-même renoncerait ?
EDF a toujours dit qu’il voulait construire dans l’Hexagone un nouveau parc nucléaire, une fois que les 58 réacteurs actuellement en activité seront arrivés en fin de vie. Et la France a prévu de réduire la part du nucléaire dans son mix électrique…, pas de sortir du nucléaire.
Hicolas Nulot : Macron perd une prise de guerre ; est-ce un tournant négatif qui s’annonce pour La République en marche, déjà empêtrée dans plusieurs affaires ?
R. B. : A l’évidence, la démission de M. Hulot n’est pas une bonne nouvelle ni à la tête de l’Etat ni pour la majorité présidentielle. S’agissant de politique écologique, là encore, il faut attendre de voir qui sera nommé en remplacement du ministre démissionnaire, et quelles seront les prochaines étapes législatives, notamment.
Il faudra observer aussi quel sera le périmètre du prochain ministère. Sera-t-il toujours chargé de secteurs aussi lourds que l’énergie, les transports… ? Les députés LRM, tels MM. Orphelin, Lambert ou Mme Pompili, engagés sur les questions écologistes, vont-ils se trouver dans une situation plus inconfortable ? L’avenir le dira rapidement.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Le président de la République a déclaré mardi respecter la « liberté » de Nicolas Hulot, qui a annoncé sa démission de son poste de ministre de la transition écologique.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Dans un entretien au « Monde », la tête de liste écologiste pour les élections européennes de mai 2019 revient sur les causes et les implications de la démission de Nicolas Hulot.
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Yannick Jadot : « Macron cajole les lobbys »

Dans un entretien au « Monde », la tête de liste écologiste pour les élections européennes de mai 2019 revient sur les causes et les implications de la démission de Nicolas Hulot.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 16h55
    |

            Abel Mestre








                        



   


Le député européen d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a souvent critiqué le bilan du gouvernement en matière environnementale. Il juge que le départ de Nicolas Hulot, ancien ministre de la transition écologique, est un « moment de clarification » nécessaire.
Comment expliquez-vous le départ de Nicolas Hulot du gouvernement ?
C’est l’accumulation de frustrations, de défaites, d’arbitrages qui se sont faits systématiquement au profit des lobbys, du vieux monde et au détriment de l’environnement et de la santé. L’arrivée de Nicolas Hulot était une belle promesse : qu’il y ait un changement de paradigme sur la transition énergétique, la biodiversité, l’agriculture, la santé… C’est la fin d’une illusion. Emmanuel Macron incarne un vieux monde ripoliné dont la dernière touche de vert a définitivement disparu. C’est un moment de vérité pour les Françaises et les Français. Il y a ceux qui parlent d’écologie et ceux qui la font. Nicolas Hulot a été manipulé par Emmanuel Macron qui lui a promis de grandes ruptures. Le président de la République a cajolé Nicolas Hulot dans la communication. Mais dès qu’il s’agit d’agir, il cajole les lobbys.
De quels lobbys parlez-vous ?
Ceux du vieux monde. De la chasse, du nucléaire, de l’industrie…

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La décision de Nicolas Hulot rappelle celle de Delphine Batho en 2013. Est-ce impossible de défendre l’écologie dans un gouvernement qui n’est pas issu de cette famille politique ?
Il y a une grande différence, même si tous les deux partent frustrés. Delphine Batho n’était pas écolo quand elle est rentrée au gouvernement. Hulot était numéro 3 du gouvernement, ministre le plus populaire, écologiste le plus populaire… La désillusion est d’autant plus forte.
Il y a une réalité : même avec une telle personnalité, il y a d’un côté l’écologie de l’affichage et celle du courage qu’au Parlement européen, au Sénat, dans les collectivités, EELV incarne. C’est un moment de vérité et de clarification. Il y a des gouvernements qui agissent, d’autres pas. Des ministres se battent pour prolonger des systèmes polluants et maltraitants, il y a des intérêts extrêmement puissants qui continuent d’agir pour que rien ne change.
La République en marche vient de perdre la principale figure écologiste française. Est-ce un avantage pour vous à neuf mois des élections européennes ?
Que Nicolas Hulot soit contraint de démissionner n’est pas une bonne nouvelle. Au regard de la crise que nous traversons, l’écologie ne peut pas attendre les alternances. Il n’y a qu’une liste écologiste. Le statu-quo, confier la responsabilité politique aux lobbys, confier l’Europe au marché, c’est faire monter les populistes. C’est aggraver les situations.
J’entends rassembler les écologistes pour les élections européennes, sur une ligne sans ambiguïté. Tous ceux qui soutiennent nos propositions sont les bienvenus. L’écologie est au cœur du débat public. Finalement, contre les lobbys, le vieux monde, pour la recherche, l’innovation, la nouvelle industrie et des territoires ruraux vivants, c’est le programme écologiste qu’il faut suivre.
Vous n’êtes plus seul à tenir ce discours. Génération.s et La France insoumise le tiennent aussi. Comment allez-vous vous différencier ?
C’est la question des solutions. Il ne suffit pas d’être pour la biodiversité et contre les pesticides. Il faut avoir une ligne claire, cohérente. Quand Jean-Luc Mélenchon délègue aux extrêmes droites la destruction de l’Europe en faisant des européennes un scrutin national, il ne nous donne pas les moyens de sortir des pesticides avec une réforme de la PAC [politique agricole commune ]. Qui va porter l’industrie, la recherche, avec des moyens, pour avoir la transition énergétique ? Cela doit se faire à l’échelle continentale, pas derrière nos frontières. Je crois dans les convictions de Jean-Luc Mélenchon sur l’écologie. C’est bien qu’après quarante ans de productivisme, il réalise qu’il était dans l’erreur ! Mais nos solutions divergent.
Et par rapport à Benoît Hamon ?
Vous connaissez le programme de Benoît Hamon, vous ? Au regard de la crise démocratique, sociale, écologique européenne, je ne veux pas que ce scrutin soit instrumentalisé à des fins de politique nationale, que ce soit la revanche de 2017 ou la préparation de 2022. Que ce soit la refondation de la gauche. Je ne veux pas d’accords d’appareil qui créent la confusion.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, a annoncé son départ du gouvernement sur France Inter, mardi 28 août.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Le ministre de la transition écologique a démissionné mardi. En quinze mois, il a obtenu quelques avancées, mais a aussi dû faire de nombreuses concessions.
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Démission de Nicolas Hulot : quel est son bilan écologique ?

Le ministre de la transition écologique a démissionné mardi. En quinze mois, il a obtenu quelques avancées, mais a aussi dû faire de nombreuses concessions.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 12h40
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 14h42
    |

                            Les Décodeurs








                        



« Make our planet great again », lançait Emmanuel Macron en juin 2017. En paraphrasant le slogan de Donald Trump (« Make America great again »), le jeune chef d’Etat français veut s’afficher comme le leader de la lutte contre le réchauffement climatique. Mais un an et quelques mois plus tard, lassé des « petits pas » et de se « résigner », le ministre de la transition écologique et numéro trois du gouvernement, Nicolas Hulot, claque la porte.
Entre ces deux dates, quelques avancées mais surtout beaucoup d’aménagements et de concessions.

        Démission de Nicolas Hulot en direct :
         

          « Notre bilan finira par lui faire regretter sa décision », dit l’Elysée



Les concessions
De possibles dérogations à l’interdiction du glyphosate dans trois ans
Après la décision de l’Union européenne, en novembre 2017, de renouveler la licence de l’herbicide controversé pour cinq ans, le président de la République promet que la substance, principe actif du Roundup de la firme Monsanto, sera bien interdite en France « au plus tard dans trois ans ». Nicolas Hulot, qui soutient cette position, réaffirme plusieurs fois cette échéance avant de devoir la nuancer en évoquant des « exceptions si, dans un secteur particulier ou une zone géographique, certains agriculteurs ne sont pas prêts en trois ans ». Fin janvier, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert – avec lequel le ministre de l’écologie était en conflit ouvert sur de nombreux sujets – a déclaré que la France allait « essayer de sortir » du glyphosate dans les trois ans, ajoutant que « tant qu’il n’y a pas de substitution, il n’y a pas de suppression ».
Les députés ont par ailleurs rejeté un amendement, publiquement soutenu par Nicolas Hulot, visant à inscrire dans la loi l’interdiction du pesticide.

        Notre article sur
         

          les alternatives au glyphosate selon l’INRA



Un texte jugé laxiste sur les perturbateurs endocriniens
A son arrivée au pouvoir, le gouvernement d’Edouard Philippe prend le contre-pied de la position de son prédécesseur sur le dossier des perturbateurs endocriniens. Après des mois d’opposition, notamment par la ministre de l’environnement d’alors, Ségolène Royal, la France vote finalement, le 4 juillet 2017 au niveau européen, pour une définition jugée laxiste et inefficace par la communauté scientifique de ces substances chimiques omniprésentes dans l’environnement humain. Ce premier renoncement environnemental du quinquennat sera finalement de courte durée : le Parlement européen a depuis rejeté ce texte, forçant la Commission à revoir sa copie.

        L’éclairage des Décodeurs :
         

          Les perturbateurs endocriniens, qu’est-ce que c’est ?



Le report de l’objectif de réduction du nucléaire
Emmanuel Macron avait promis de respecter la loi sur la transition écologique de 2015, qui prévoit une baisse à 50 % de la part du nucléaire dans la production d’énergie. Mais encore faut-il y parvenir : suite à un rapport insistant sur les difficultés à approvisionner la France en électricité en cas de fermeture de quatre centrales à charbon et de réacteurs nucléaires, Nicolas Hulot doit admettre lui-même, fin 2017 qu’il sera « difficile » de tenir l’objectif, et qu’une nouvelle date sera proposée.

        Comprendre
         

          comment Nicolas Hulot monte au front sur le nucléaire



L’adoption du CETA sans véritables garde-fous
Un an avant l’adoption du CETA, Nicolas Hulot, qui n’était pas encore ministre, avait signé une tribune dans Le Monde pour exprimer ses craintes sur ce traité commercial Europe-Canada, jugé dangereux pour l’environnement par de nombreuses ONG. Malgré sa nomination, il n’a pu faire échouer son approbation et son entrée en vigueur provisoire, à l’automne 2017. Tout juste le gouvernement français a-t-il annoncé un « plan d’action » sans réelle substance, censé encadrer la mise en œuvre de l’accord. Ainsi, le « veto climatique » promis par la France pour protéger les mesures pro-environnement du mécanisme d’arbitrage privé n’a toujours pas été concrétisé.
Les promesses vagues des états généraux de l’alimentation
Ce sera l’un des « coups de blues » publics de Nicolas Hulot : au sortir de cette rencontre avec le secteur de l’alimentation, fin décembre, le ministre confie au Monde que « le compte n’y est pas ». Et pour cause : c’est le ministère de l’agriculture de Stéphane Travert qui mène débats et conclusions, soucieux avant tout de ne pas brusquer le monde agricole. Les quelques annonces issues des rencontres sont essentiellement des vœux pieux : « objectif de 15 % de surface utile agricole » d’ici 2022, « objectif de 50 % de produits bio » dans la restauration collective publique d’ici à la fin du quinquennat… Mais rien sur le climat, ni les pesticides, déplorent associations et ONG.
La fin de la subvention pour les vélos électriques
C’est un petit renoncement, mais il est exemplaire : lancé en février 2017 par Ségolène Royal, ce bonus de 200 euros maximum pour l’achat d’un vélo électrique est victime de son succès, avec 150 000 demandes d’accès au dispositif. Trop cher, estime Bercy, qui le rabote dans le cadre du projet de loi de finances 2018, le réservant aux ménages non imposables, au grand dam du secteur, ravi de cette aide qui dopait les ventes.
Le refus de généraliser l’étiquetage alimentaire
Dans la loi agriculture et alimentation, plusieurs amendements avaient été déposés pour rendre obligatoire l’étiquetage Nutri-Score sur les produits alimentaires, destiné à visualiser leur valeur nutritionnelle, qui était testé depuis novembre 2017. Mais sur ce sujet, c’est le ministère de l’agriculture qui a eu le dernier mot et le projet de généralisation a été abandonné pour éviter de « fragiliser l’expérimentation au niveau européen ».

        Notre article sur
         

          le logo nutritionnel



La baisse du coût du permis de chasse
L’annonce du 27 août 2018 a-t-elle été le coup de grâce ? Emmanuel Macron a confirmé une forte baisse (de 400 à 200 euros) du permis de chasse national pour contenter le lobby des chasseurs, alors que Nicolas Hulot y était opposé. Pour faire passer la mesure, le dossier avait été confié non pas au ministre mais à son secrétaire d’Etat, Sébastien Lecornu.

        Voir le portrait de Thierry Coste,
         

          le lobbyiste des chasseurs auprès de Macron



Les avancées
L’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes
Le 17 janvier 2018, le premier ministre Edouard Philippe a annoncé l’abandon du projet d’aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes, mettant fin à cinquante années de tergiversations. Dans un entretien au Parisien, Nicolas Hulot, opposant de longue date au projet d’aéroport, avait déclaré être « convaincu que c’est la moins mauvaise des solutions qui a été retenue ». Cependant, l’avenir des terres agricoles reste encore en suspens. Le ministre de la transition écologique et la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, ne sont pas parvenus à trouver un accord lors de la médiation organisée avec les habitants historiques de la ZAD (zone à défendre). En avril, Hulot implorait ces derniers « de ne pas rater la dernière marche » vers la régularisation de leur situation.
La fin de la vente de véhicules essence ou diesel à l’horizon 2040
Engagement du candidat Macron pendant la campagne présidentielle, la fiscalité du diesel va progressivement être alignée sur celle de l’essence jusqu’en 2021. La mesure a été votée par les députés à l’automne dernier. Nicolas Hulot a également fixé en juillet 2017 un objectif de fin de commercialisation des véhicules roulant à l’essence ou au gazole d’ici à 2040.
L’extension de la prime à la casse
C’était l’une des promesses les plus visibles du programme transport d’Emmanuel Macron : la prime à la casse étendue à l’achat d’un véhicule d’occasion plus récent et moins polluant. Depuis début 2018, tous les propriétaires d’un véhicule ancien peuvent toucher une prime de 1 000 euros, voire de 2 000 euros s’ils sont non imposables, en achetant une voiture neuve ou un véhicule d’occasion récent.
La rénovation énergétique des logements
Nicolas Hulot a annoncé au printemps 2018 un plan quinquennal de rénovation énergétique des bâtiments. Il contient une série de mesures censées permettre d’atteindre les 500 000 rénovations annuelles promises par Emmanuel Macron pendant sa campagne.
Toutefois, après avoir annoncé sa démission, le 28 août, l’ex-ministre a lui-même mis en doute la crédibilité de cet objectif, en regrettant que les aides à la rénovation aient été réduites « de moitié ». Il a également échoué à imposer son idée de bonus-malus modulé en fonction des performances énergétiques sur la vente des logements.
La fin de nouveaux permis d’hydrocarbures en France d’ici à 2040
Nicolas Hulot a fait voter fin 2017 une loi qui programme la fin de la production pétrolière et gazière sur le sol français. Cette extinction sera toutefois très progressive : certes, plus aucun permis de recherche ou d’exploitation ne peut être aujourd’hui délivré. Mais les 62 concessions déjà attribuées pourront potentiellement être renouvelées jusqu’en 2040 – voire plus tard, si leurs titulaires démontrent qu’ils ne les ont pas encore rentabilisées.
La portée de ce projet de loi était très symbolique, puisque l’extraction de pétrole du sous-sol français (800 000 tonnes en 2016) et celle de gaz (400 millions de mètres cubes) ne couvrent qu’environ 1 % de la consommation nationale.

        Notre bilan de la démission de M. Hulot :
         

          l’icône de l’écologie impuissante à imposer un nouveau modèle







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ La nomination en mai 2017 de Nicolas Hulot à la tête du ministère de la transition écologique et solidaire avait suscité beaucoup d’espoirs chez les écologistes. Mais son départ suscite des craintes sur la politique environnementale du gouvernement.
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Démission de Nicolas Hulot : « C’est la fin d’une illusion » pour les écologistes

La nomination en mai 2017 de Nicolas Hulot à la tête du ministère de la transition écologique et solidaire avait suscité beaucoup d’espoirs chez les écologistes. Mais son départ suscite des craintes sur la politique environnementale du gouvernement.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 12h38
   





                        



Les espoirs étaient grands du côté des écologistes au moment de la nomination, en mai 2017, de Nicolas Hulot à la tête du ministère de la transition écologique et solidaire. Mais le désenchantement a été rapide et la démission de M. Hulot marque la « fin d’une illusion » pour beaucoup d’écologistes, qu’ils soient dans la majorité ou l’opposition.

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Ainsi pour Matthieu Orphelin, député de La République en marche et proche de M. Hulot, la décision du ministre de la transition écologique et solidaire « doit sonner comme un électrochoc. Pour tout le monde » :
« Il faut faire plus, beaucoup plus. Pour le climat, la biodiversité, l’environnement, la solidarité. Et changer de modèle et de priorités. Car pour l’instant, on va dans le mur. »
« Il a eu du courage d’entrer dans ce gouvernement. Nicolas Hulot a essayé, c’est la fin d’une illusion », et cette démission est une « mauvaise nouvelle pour l’écologie », a déploré l’eurodéputé d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Yanick Jadot. Il rejette la faute sur le président de la République Emmanuel Macron, qui « a manipulé Nicolas Hulot comme il l’a fait avec Jean-Louis Borloo » et qui « reste le meilleur ami des lobbys ».

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« Chapeau à Nicolas Hulot d’avoir pris ses responsabilités en démissionnant d’un gouvernement libéral et anti-écologiste. Il ne pouvait plus servir de caution et avaler des couleuvres », a également salué sa collègue au Parlement européen, Michèle Rivasi. « Puisse sa démission servir de déclic », a-t-elle souhaité.
« Orphelins »
D’autres tirent également la sonnette d’alarme : « Nicolas Hulot annonce son départ du gouvernement par l’omniprésence des lobbys. L’écologie et les biens communs sont encerclés par les intérêts privés », a déploré le secrétaire national EELV, David Cormand. Le bilan de M. Hulot à la tête de son ministère est également très contesté du côté des écologistes.

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« Les mesures qu’il a eues à prendre étaient des mesures dans le meilleur des cas faibles, et dans le plus mauvais contre-productives », a jugé l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage sur BFM-TV.
« Je le dis avec d’autant plus de tristesse que j’étais un soutien d’Emmanuel Macron pendant la campagne, parce que j’étais convaincu que son intelligence lui permettait de percevoir l’urgence des enjeux, et je constate que je me suis trompée. »
Du côté des ONG, le sentiment est le même. « Quel gâchis ! Il aura essayé mais n’a jamais pu s’imposer dans un gouvernement pour lequel l’écologie n’est qu’un vernis, a réagi Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. Alors que l’été a montré l’ampleur des dérèglements du climat, le gouvernement n’a pas le choix : avec ou sans Hulot, il doit faire de l’écologie une priorité. » 
« Ce matin on a le sentiment d’être un peu orphelins », regrette de son côté Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) :
« Soit le président entend le message de Nicolas Hulot, soit il persiste, et c’est très inquiétant. Rien n’a changé depuis quarante ans et le livre écrit par Robert Poujade [premier ministre de l’environnement en France] qui s’appelait “Le Ministère de l’impossible”. La boucle est bouclée… »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a annoncé lundi qu’il quittait le gouvernement, pour ne plus avoir à se résigner à une politique des « petits pas » insuffisante à ses yeux.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le ministre de l’écologie a confié, mardi, qu’il se sentait « tout seul à la manœuvre » sur les enjeux environnementaux au sein de l’exécutif.
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Nicolas Hulot démissionne

Le ministre de l’écologie a confié, mardi, qu’il se sentait « tout seul à la manœuvre » sur les enjeux environnementaux au sein de l’exécutif.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 11h38
    |

            Patrick Roger et 
Bastien Bonnefous








                        



                                


                            
Et Nicolas Hulot est redevenu Nicolas Hulot. En annonçant sa démission du gouvernement, mardi 28 août sur la Matinale de France Inter, le ministre de la transition écologique et solidaire a renoué avec les coups d’éclat de sa vie d’antan, en prenant tout le monde par surprise, y compris le président de la République et le premier ministre, qu’il n’avait pas informés au préalable de sa décision.
Sans cesse au bord de la rupture depuis quinze mois, Nicolas Hulot a donc fini par claquer la porte du conseil des ministres. « Je prends la décision de quitter le gouvernement », a-t-il déclaré, évoquant « une décision de sincérité, d’honnêteté et de responsabilité ». « Je n’y crois plus », a-t-il expliqué, assurant dans le même temps ne pas regretter « une seconde » d’avoir accepté le poste.

Le ministre d’Etat Hulot s’était donné « un an » pour juger de son utilité au sein du gouvernement. Quinze mois après sa nomination, le bilan est tiré et le compte n’y est pas, selon lui. « J’aime ce gouvernement, j’ai noué des relations particulières avec Emmanuel Macron, on a fini par se comprendre avec Edouard Philippe, mais ça ne suffit pas », a-t-il confié, disant refuser de continuer de participer à « une forme de mystification ».
Lobby de la gâchette
Plus question pour l’ancien animateur d’« Ushuaïa », âgé de 62 ans, aux avant-postes de la défense de l’environnement depuis près de trois décennies, de continuer à apparaître comme la simple caution écologique d’un pouvoir qu’il n’estime pas à la hauteur des enjeux. « Je ne veux pas tricher », a expliqué mardi Nicolas Hulot, qui estime être « tout seul à la manœuvre » pour défendre l’environnement au sein du gouvernement. « Nous faisons des petits pas (…) mais est-ce que les petits pas suffisent ? La réponse est non », affirme-t-il.
Au début du mois d’août, alors que l’ensemble de l’Europe était frappé par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Verbatim. Le ministre, invité de France Inter, a pris tout le monde de court en annonçant sa démission du gouvernement. Voici les principaux ­extraits de son interview.
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Démission de Nicolas Hulot : ce que l’ex-ministre a dit en direct

Verbatim. Le ministre, invité de France Inter, a pris tout le monde de court en annonçant sa démission du gouvernement. Voici les principaux ­extraits de son interview.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 12h55
   





                        



« Je ne comprends pas que nous assistions à la gestation d’une tragédie bien annoncée dans une forme d’indifférence. La planète est en train de devenir une étuve, nos ressources naturelles s’épuisent, la biodiversité fond comme neige au soleil. Et on s’évertue à réanimer un modèle économique qui est la cause de tous ces désordres. Je ne comprends pas, comment, après la conférence de Paris, après un diagnostic imparable, ce sujet est toujours relégué dans les dernières priorités. Contrairement à ce que l’on dit, la France fait beaucoup plus que beaucoup de pays. Mais, la pression du court terme sur le premier ministre est si forte qu’elle préempte les enjeux de moyen et long termes. Je demeure dans ce gouvernement tout seul à la manœuvre.

        Démission de Nicolas Hulot en direct :
         

          « C’est une décision entre moi et moi »



Le premier ministre, le président, ont été pendant ces quatorze mois à mon égard d’une affection, d’une loyauté et d’une fidélité absolues. Mais au quotidien, qui ai-je pour me défendre ? Ai-je une société structurée qui descend dans la rue pour défendre la biodiversité ? Ai-je une formation politique ? Est-ce que les grandes formations politiques et l’opposition sont capables de se hisser au-dessus de la mêlée pour s’entendre sur l’essentiel ? Alors nous faisons des petits pas.
Avons-nous commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? Non. Avons-nous commencé à réduire l’utilisation des pesticides ? Non. Ou à enrayer l’érosion de la biodiversité ? Non.

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« Peut-être n’ai-je pas su convaincre »
Je vais prendre la décision la plus difficile de ma vie. Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur sur ces enjeux. Et donc, je prends la décision de quitter le gouvernement. Aujourd’hui.
C’est la décision la plus douloureuse. Que personne n’en tire profit ! Car la responsabilité est collégiale, collective, sociétale. J’espère que cette décision qui me bouleverse, qui est mûrie depuis de longs mois, ne profitera pas à des joutes ou à des récupérations politiciennes. J’ai une immense amitié pour ce gouvernement auquel je m’excuse de faire une mauvaise manière, mais sur un enjeu aussi important, je me surprends tous les jours à me résigner, à m’accommoder des petits pas alors que la situation mérite qu’on change d’échelle.
C’était un véritable dilemme en sachant que si je m’en vais, je crains que ce soit pire, soit je reste, mais en donnant le sentiment par ma seule présence que nous sommes en situation d’être à la hauteur de l’enjeu. C’est une décision d’honnêteté et de responsabilité. Je souhaite que personne ne fustige ce gouvernement, car c’est l’ensemble de la société et moi qui portons nos contradictions.
Peut-être n’ai-je pas su convaincre. Peut-être n’ai-je pas les codes. Mais, si je repars pour un an, cela ne changera pas l’issue. J’ai pris cette décision hier soir. Elle a mûri cet été. J’espérais qu’à la rentrée, fort des discussions que j’ai eues avec le premier ministre, avec le président, il y aurait un affichage clair.

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« Accumulation de déceptions »
Cela va paraître anecdotique, mais c’est un élément qui a achevé de me convaincre que cela ne fonctionne pas comme ça devrait. On avait une réunion hier à l’Elysée sur la chasse, et j’ai découvert la présence d’un lobbyiste qui n’était pas invité. C’est symptomatique de la présence des lobbyistes dans les cercles du pouvoir. C’est un problème de démocratie. Qui a le pouvoir ? Qui gouverne ? J’ai dit à Thierry Coste qu’il n’avait rien à faire là. Mais ma décision ne vient pas simplement d’une divergence sur la réforme de la chasse. C’est une accumulation de déceptions. C’est surtout que je n’y crois plus.
Je n’ai pas forcément de solution. Je n’y suis pas parvenu. J’ai obtenu certaines avancées. Mais je n’ai pas réussi, par exemple, à créer une complicité de vision avec le ministre de l’agriculture alors que nous avons une opportunité exceptionnelle de transformer le modèle agricole. Je n’ai pas prévenu Emmanuel Macron et Edouard Philippe de ma décision. Je sais que ce n’est pas forcément très protocolaire. Je sais que si je les avais prévenus avant, peut-être ils m’en auraient, une fois encore, dissuadé. J’ai une profonde admiration pour eux, mais sur les sujets que je porte, on n’a pas la même grille de lecture.
J’espère que mon départ provoquera une profonde introspection de notre société sur la réalité du monde. Sur le fait que l’Europe ne gagnera que si l’Afrique gagne. Où est passée la taxe sur les transactions financières, qui était le minimum pour tenter d’aider l’Afrique ? Le nucléaire, cette folie inutile économiquement et techniquement, dans lequel on s’entête… C’est autant de sujets sur lesquels je n’ai pas réussi à convaincre. J’en prends ma part de responsabilité. »

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le ministre de la transition écologique a démissionné du gouvernement avec un bilan décevant sur beaucoup des grands dossiers environnementaux et climatiques.
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Démission de Nicolas Hulot : une icône de l’écologie impuissante à imposer un nouveau modèle

Le ministre de la transition écologique a démissionné du gouvernement avec un bilan décevant sur beaucoup des grands dossiers environnementaux et climatiques.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 13h23
    |

            Rémi Barroux, 
Sophie Landrin, 
Simon Roger et 
Pierre Le Hir








                        



C’est Nicolas Hulot lui-même qui en fait l’aveu : la politique écologique et climatique du gouvernement n’est pas à la hauteur des enjeux. « Est-ce que les petits pas suffisent à endiguer, inverser et même à s’adapter, parce que nous avons basculé dans la tragédie climatique, et bien la réponse est non », a déclaré le désormais ex-ministre de la transition écologique et solidaire, sur France Inter, mardi 28 août.
Sur les principaux dossiers de son ministère, Nicolas Hulot dit sa déception, voire son impuissance : « Est-ce que nous avons commencé à réduire les émissions de gaz à effet de serre ? La réponse est non », a-t-il reconnu avant d’égrener la liste de ses échecs : la réduction de l’utilisation des pesticides, l’enrayement de l’érosion de la biodiversité, l’artificialisation des sols… Alors que tous les signaux du réchauffement sont au rouge et appellent des solutions urgentes, Emmanuel Macron n’a pas fait de l’environnement la priorité de son quinquennat. Le chef de l’Etat s’est contenté de paroles fortes et de gestes symboliques, mais n’a jamais fait la démonstration qu’il souhaitait changer de modèle économique.

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Nicolas Hulot l’a sans doute compris dès les premiers instants de son arrivée à l’hôtel de Roquelaure, avalant au fil des mois des couleuvres de plus en plus grosses. « Je ne veux plus me mentir », a-t-il confié au micro de France Inter. L’affaire de la chasse est peut-être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Lundi 27 août, Emmanuel Macron, qui recevait le président de la puissante Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, en présence de Nicolas Hulot et de son secrétaire d’Etat, Sébastien Lecornu, aurait arbitré en faveur d’une division par deux du prix du permis de chasse (qui est actuellement de 400 euros pour la validation nationale incluant petit et grand gibier).
Défaite du nucléaire
La réforme de la chasse, promise par M. Macron aux porteurs de fusil, avait déjà donné lieu, avant l’été, à une passe d’armes entre M. Hulot et M. Lecornu. Elle ne se limite pas à la baisse du prix du permis, puisqu’elle prévoit aussi la mise en place d’une gestion adaptative des espèces, ainsi qu’un renforcement de la police de l’environnement, dans le cadre d’un regroupement, au sein d’une nouvelle structure, de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage et de l’Agence française pour la biodiversité. Mais la baisse du coût du permis, dont les chasseurs espèrent qu’elle permettra de « démocratiser » leur « loisir », était sans doute inacceptable pour M. Hulot, qui s’est toujours présenté comme un défenseur de la cause animale.
Depuis un an, le ministre de la transition écologique et solidaire a perdu la plupart des arbitrages, notamment contre Bercy et contre le ministère de l’agriculture. Dans la liste de ses défaites figure, bien sûr, le nucléaire. Nicolas Hulot était apparu à contre-emploi quand, en novembre 2017, à l’issue d’un conseil des ministres, il avait dû par lui-même annoncer l’abandon de l’échéance de 2025 pour la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans le « mix » électrique national. Un objectif pourtant gravé dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015, qui constituait le legs principal que lui avait laissé Ségolène Royal et qu’Emmanuel Macron s’était engagé à respecter. M. Hulot avait alors expliqué vouloir faire preuve de « pragmatisme », rien n’ayant été fait par le gouvernement précédent pour préparer la baisse du nucléaire.
Depuis un an, Nicolas Hulot a perdu la plupart des arbitrages, notamment contre Bercy et le ministère de l’agriculture
Les discussions sur la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui doit fixer la trajectoire des renouvelables et du nucléaire pour les dix prochaines années, montraient combien le ministre de la transition écologique était isolé au sein de l’exécutif, face à un chef de l’Etat et un premier ministre ouvertement pronucléaires. Alors que M. Hulot souhaitait que cette PPE comporte un échéancier précis, avec le calendrier et le nombre des arrêts de réacteurs nécessaires pour descendre à 50 % du « mix » électrique, les arbitrages en cours laissaient prévoir un texte beaucoup plus flou, repoussant une nouvelle fois à plus tard la baisse du nucléaire. Le comble est que M. Hulot risquait, dans ce domaine, de ne pouvoir afficher comme seul bilan que la fermeture de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim, déjà promise par François Hollande avant la fin de son quinquennat, mais qui, liée à la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche), n’a cessé d’être différée et n’est plus attendue avant 2020.
L’un des échecs les plus humiliants de Nicolas Hulot fut son éviction de la tenue et du suivi des Etats généraux de l’alimentation, à l’automne 2017. Alors qu’il en avait fait un marqueur de son action, voulant « redéfinir un modèle agricole et alimentaire », plus sain et respectueux de l’environnement, la tenue de ce rendez-vous comme la loi qui en a découlé ont été entièrement maîtrisées par le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Stéphane Travert. Avec lequel les rapports étaient plus que tendus. Sur le dossier emblématique du glyphosate, Nicolas Hulot avait affirmé son regret de n’avoir pas imposé son interdiction dans la loi sur l’alimentation, votée fin mai, justifiant de ne pouvoir tout réussir en un an.

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Petite victoire
Bien sûr, le ministre de la transition écologique peut se targuer de quelques succès, ou à tout le moins, d’avoir pu limiter les dégâts. La décision d’abandonner la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à proximité de Nantes, alors que, depuis plusieurs décennies, tous les gouvernements en avaient défendu la nécessité, sans pour autant en démarrer le chantier, fut considérée comme une preuve évidente de son poids auprès d’Emmanuel Macron.
Au début de l’été, l’ex-président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme savourait une autre petite victoire. Dans le vaste chantier, désormais reporté, de la réforme des institutions, il obtient de l’exécutif que les mots « environnement, climat et biodiversité » figurent dans l’article premier de la Constitution, et non dans l’article 34, comme l’avait pourtant annoncé le premier ministre, Edouard Philippe, en avril.
Sur le dossier de la biodiversité, il laisse un plan mais le ministre ne nourrit aucune illusion. « Je vous présenterai un plan pour la biodiversité, mais tout le monde s’en fiche, à part quelques-uns », avait lancé M. Hulot aux parlementaires, en rappelant le rythme catastrophique de l’érosion du vivant. Un plan en faveur de la biodiversité a bien été présenté début juillet, porté par un comité interministériel. Mais, donnant l’impression d’un vaste catalogue de mesures, il a été critiqué par les associations environnementales, qui jugent qu’il n’est pas à la hauteur des enjeux et qu’il ne bénéficie pas de moyens financiers suffisants pour lutter efficacement contre la disparition des espèces et la dégradation des milieux naturels.
Le 6 juillet, à l’occasion du premier anniversaire de son ambitieux « plan climat », destiné à mettre la France sur la voie de la neutralité carbone au mitan du siècle, Nicolas Hulot dressait déjà un constat d’échec : « Malgré la mobilisation de tous les acteurs, le découplage entre les activités économiques et les émissions de gaz à effet de serre n’est toujours pas là », convenait publiquement le ministre.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Le ministère de la santé dénombre 18 guérisons et autant de patients hospitalisés dans l’est du pays.
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En RDC, le bilan de l’épidémie Ebola monte à 75 morts

Le ministère de la santé dénombre 18 guérisons et autant de patients hospitalisés dans l’est du pays.


LE MONDE
              datetime="2018-08-28T09:58:01+02:00"

        Le 28.08.2018 à 09h58






    
A Beni, dans l’est de la RDC, un panneau explique les symptômes d’Ebola, le 19 août 2018.
Crédits : JOHN WESSELS / AFP


Le bilan de l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est monté à 75 morts, a indiqué lundi 27 août le ministère de la santé. « Au total, 111 cas de fièvre hémorragique ont été signalés dans la région », indique le dernier bulletin du ministère sur la situation épidémiologique, arrêté au dimanche 26 août. Le bilan était de 55 morts il y a une semaine.

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Le ministère de la santé compte 47 décès parmi les 83 cas confirmés par des tests en laboratoire, plus 28 décès probablement dus au virus Ebola, la plupart enregistrés avant la déclaration de l’épidémie, le 1er août. « Depuis le 8 août 2018, 4 130 personnes ont été vaccinées », poursuit le ministère, qui fait aussi état de 2 445 « contacts » à suivre (des personnes ayant pu être en contact avec le virus).
Il y a aussi 18 guérisons, 18 patients hospitalisés et dix cas suspects en cours d’investigation, d’après la direction générale de lutte contre la maladie. Aucun nouveau cas n’a été enregistré en date du 26 août, selon le bulletin. Des représentants de la société civile ont demandé le report de la rentrée scolaire prévue le 3 septembre dans le territoire de Beni, à titre préventif.

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La dixième épidémie sur le sol congolais depuis 1976 touche la région de Beni, dans le Nord-Kivu, zone d’activité de groupes armés qui menacent les civils. Dans Beni et ses environs, les exactions sont principalement attribuées aux Allied Defense Force (ADF) ougandais. Le principal foyer de l’épidémie, la bourgade rurale de Mangina, à 30 km au sud-ouest de Beni, est épargnée par les ADF, qui menacent surtout l’axe nord Beni-Oicha.
L’actuelle épidémie a été déclarée une semaine après la fin d’une précédente à l’autre bout du pays, dans la province de l’Equateur (nord-ouest), qui avait fait 33 morts.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Le ministre de la transition écologique et solidaire a annoncé son départ mardi, regrettant n’avoir obtenu que des « petits pas » de la part du gouvernement.
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Démission de Hulot : Macron souhaite « pouvoir compter sur son engagement libre et convaincu »

Le ministre de la transition écologique et solidaire a annoncé son départ mardi, regrettant n’avoir obtenu que des « petits pas » de la part du gouvernement.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 09h25
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 17h35
   





                        



Il avait plusieurs fois menacé de démissionner, c’est désormais chose faite. Sans en avoir averti le président de la République, Emmanuel Macron, ni le premier ministre, Edouard Philippe, le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a annoncé qu’il quittait le gouvernement mardi 28 août sur France Inter.
En déplacement à Copenhague, le chef de l’Etat a réagi à cette démission surprise en milieu d’après-midi, mardi. « C’est une décision personnelle qu’il a prise, a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse. Si j’ai choisi Nicolas Hulot il y a quinze mois, c’est parce qu’il est un homme libre. » 
« Je souhaite pouvoir toujours compter sur son engagement d’homme libre et convaincu. Ce que nous avons à bâtir, c’est une société du XXIe siècle pour vivre avec une alimentation saine dans un environnement sain. C’est un combat qui ne se fait pas du jour au lendemain. Il implique de se confronter au réel. Il vaut mieux que les petites phrases. »
En déplacement à Paris accompagné du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, Edouard Philippe a souhaité « remercier » M. Hulot « pour son travail qui est important ». Il a ensuite rappelé « la détermination totale du gouvernement de prendre en compte cette transition écologique, cette transition climatique qui s’impose (...) avec l’attention de l’urgence et la crédibilité des engagements ».
M. Philippe a affirmé vouloir « prendre son temps » avant de soumettre au président de la République dans les prochains jours, une liste de potentiels remplaçant à M. Hulot.
Invité sur BFM-TV, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a regretté la « manière de faire [de Nicolas Hulot]. Je pense que la plus élémentaire des courtoisies aurait été effectivement de prévenir le président de la République et le premier ministre. » « Je veux rendre hommage au travail qui a été accompli depuis plus d’une année par Nicolas Hulot », a-t-il toutefois ajouté. Mais M. Hulot, de son côté, a regretté n’avoir pu obtenir que des « petits pas » durant ces quatorze mois passés au ministère de la transition écologique et solidaire.

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          les réactions à la démission de Nicolas Hulot



Le chef de file des députés de La République en marche (LRM), Richard Ferrand, a déclaré au Monde, qu’il « respect[ait] profondément sa personnalité comme sa décision personnelle ».
« Nous avons beaucoup fait avec Nicolas Hulot. Nous continuerons à agir pour la transition écologique et solidaire avec énergie et détermination. »
Pour Matthieu Orphelin, député LRM et proche de M. Hulot, cette démission « doit sonner comme un électrochoc. Pour tout le monde » :
« Il faut faire plus, beaucoup plus. Pour le climat, la biodiversité, l’environnement, la solidarité. Et changer de modèle et de priorités. Car pour l’instant, on va dans le mur. »
« Appel au réveil des consciences »
L’écologiste Yannick Jadot s’est également exprimé dans un entretien au « Monde » :
« Il y a ceux qui parlent d’écologie et ceux qui la font. Nicolas Hulot a été manipulé par Emmanuel Macron qui lui a promis de grandes ruptures. Le président de la République a cajolé Nicolas Hulot dans la communication. Mais dès qu’il s’agit d’agir, il cajole les lobbys. »
Sur Twitter, Benoît Hamon, chef de file de Generation.s, estime que « la démission de Nicolas Hulot est un appel au réveil des consciences global pour engager la transformation de notre modèle de développement. Changer nos modes de production et de consommation, notre rapport au travail et notre relation au vivant, c’est cela la transition écologique ».

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La députée socialiste Valérie Rabault dit au Monde que « le gouvernement perd son plus grand pourvoyeur de taxes » avec la démission de Nicolas Hulot. « Hulot n’a pas été en mesure d’obtenir que le produit de ces taxes soit orienté vers la transition écologique (ces taxes tombent dans le budget de l’Etat pour compenser le manque à gagner lié à la suppression de l’ISF entre autres) », regrette-t-elle.
L’ancien ministre de la transition écologique et solidaire revenant sur ses échecs sur France Inter a évoqué « cette équation impossible des critères de Maastricht sur un plan budgétaire ». Mais pour Mme Rabault, « cette incapacité à obtenir cela n’a rien à voir avec Maastricht, elle découle uniquement de la faiblesse de son poids politique au sein du gouvernement ». 
Le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a réagi sur Twitter :

La démission de Nicolas #Hulot fonctionne comme un vote de censure contre Macron. Il confirme le diagnostic de mon… https://t.co/Lay2vqxMVU— JLMelenchon (@Jean-Luc Mélenchon)


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Pour le député de LFI Eric Coquerel, s’exprimant au Monde, « c’est d’abord une démission sanction ».
« Ses mots sont une critique implacable de la politique du gouvernement, qui ne cherche pas d’issue à la crise écologique, cède aux lobbys… et n’est pas à la hauteur de la situation environnementale et climatique. Cela confirme les critiques que nous faisons depuis longtemps. C’est salutaire pour la cause écologiste : c’est un signal d’alarme. »
« Est-ce la fin des ambitions écologiques du gouvernement ? »
Le président du parti Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez, « peut comprendre » que Nicolas Hulot « se sente trahi » par Emmanuel Macron. « Nicolas Hulot, je ne partage pas nécessairement ses opinions, mais je peux comprendre qu’il se sente trahi comme aujourd’hui pas mal de Français par des promesses fortes qui avaient été faites, et le sentiment à l’arrivée que ce n’est pas très tenu », a-t-il réagi au micro de RTL.
Et la présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, s’est déclarée « triste » de ce départ :
« L’écologie doit être notre grande cause à tous. Nicolas Hulot refusait le sectarisme et cherchait des solutions, à la hauteur de ses convictions. Est-ce la fin des ambitions écologiques du gouvernement ? »
La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a de son côté estimé que les ONG avaient « poussé à bout » l’ancien ministre de la transition écologique et solidaire. « Les ONG l’ont poussé à bout, sur beaucoup de sujets et aussi sur ce sujet des produits phytosanitaires, en lui reprochant de ne pas aller assez vite (...). [Ces critiques] très violentes, très fortes, en direction de Nicolas Hulot (...) ont fini d’achever ses espoirs de changer les choses », a-t-elle déclaré.
« Nous sommes pour une écologie pragmatique, et c’est historique de changer de cette façon-là et de dire “oui, nous sommes au travail sur le sujet des produits phytosanitaires, mais une transition se fait sur un temps long” », a-t-elle par ailleurs estimé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Analyse. Le soutien affiché par Donald Trump au charbon n’empêchera pas son déclin aux Etats-Unis. Mais dans le reste du monde, cette industrie prospère, constate le journaliste du « Monde » Nabil Wakim.
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Les paradoxes du charbon

Analyse. Le soutien affiché par Donald Trump au charbon n’empêchera pas son déclin aux Etats-Unis. Mais dans le reste du monde, cette industrie prospère, constate le journaliste du « Monde » Nabil Wakim.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 11h45
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Analyse. Il est souvent difficile de traduire avec exactitude les propos de Donald Trump. Dans son discours de soutien à l’industrie du charbon, mardi 21 août, en Virginie-Occidentale, le président américain a expliqué pourquoi cette énergie fossile lui semblait essentielle pour l’indépendance des Etats-Unis.
« Nous aimons le magnifique charbon. Vous savez, c’est un truc indestructible. En temps de guerre, en temps de conflit, on peut faire exploser des éoliennes, elles tomberont rapidement. Vous pouvez faire exploser des oléoducs. Vous pouvez faire beaucoup de choses à ces panneaux solaires. Mais vous savez ce que vous ne pouvez pas abîmer ? Le charbon. » 
Cette défense inédite du « King Coal » a valu bien des railleries au président américain. En annonçant un improbable plan de relance du charbon, il a une nouvelle fois montré sa volonté de fouler aux pieds l’accord de Paris sur le climat – avec le soutien d’une grande partie des élus républicains, de plus en plus climatosceptiques.
Ces annonces comportent une forte dimension politique : en se plaçant du côté des mineurs et de la sauvegarde de leurs emplois, Donald Trump a fait basculer une partie des Etats charbonniers lors de l’élection présidentielle de 2016. Aujourd’hui, il espère retrouver ce soutien, alors que les élections de mi-mandat approchent, en novembre, et qu’elles pourraient conduire les républicains à perdre le contrôle de la Chambre des représentants.
La consommation repart à la hausse
La dimension économique de ce pari suscite, elle, plus de doutes. L’administration Trump accuse les réglementations de l’ère Obama d’avoir mis à genoux l’industrie charbonnière. Rien n’est plus faux : le Clean Power Act a été bloqué dès 2015 par une procédure en justice et il n’a jamais été appliqué.
C’est plutôt la concurrence du gaz de schiste qui a nui aux ambitions charbonnières américaines. En quelques années, les Etats-Unis sont devenus le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Selon le président de la Fédération nationale des chasseurs, Emmanuel Macron a donné son accord sur cette revendication, poussant Nicolas Hulot à la démission.
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Coût du permis de chasse : le cadeau de Macron aux chasseurs

Selon le président de la Fédération nationale des chasseurs, Emmanuel Macron a donné son accord sur cette revendication, poussant Nicolas Hulot à la démission.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 21h37
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 15h25
   





                        


Emmanuel Macron a donné son accord pour que le prix du permis national de chasse soit divisé par deux, revenant à 200 euros par an, a déclaré, lundi 28 août, le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen, après avoir été reçu à l’Elysée.
Cette décision a été prise au cours d’une réunion qui s’est tenue lundi après-midi en présence de M. Schraen, du ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et de son secrétaire d’Etat, Sébastien Lecornu, qui pilote la réforme. Mais une présence va rendre furieux M. Hulot, celle du lobbyiste de la chasse, Thierry Coste. Pour l’écologiste, qui a annoncé mardi matin sa démission sur France Inter, M. Coste « n’était pas invité à cette réunion » : « [Je lui] ai dit frontalement qu’il n’avait rien à faire là. »

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                Thierry Coste, le lobbyiste des chasseurs auprès de Macron



« Cela va paraître anecdotique, mais pour moi, c’était symptomatique et c’est probablement un élément qui a achevé de me convaincre que ça ne fonctionne pas comme ça devrait fonctionner », a-t-il ajouté.
« C’est symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir. Il faut à un moment ou à un autre poser ce problème sur la table parce que c’est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne ? »
Le gouvernement avait annoncé en mai qu’il préparait une réforme de la chasse comprenant une baisse du prix du permis, actuellement de 400 euros par an. Il compte aussi mener une « gestion adaptative des espèces » chassables pour adapter les pratiques et les prélèvements autorisés à l’état réel de conservation des espèces. M. Schraen a cité la tourterelle des bois, le courlis cendré ou le grand tétras parmi les espèces concernées. « Nous allons respecter parfaitement les demandes de quotas », a-t-il assuré.

        Lire nos explications :
         

          les chasseurs caressés dans le sens du poil par le gouvernement



Un « piégeage cruel »
En février, le chef de l’Etat avait pris l’engagement d’étendre les dates de chasse de l’oie cendrée en 2019 et Nicolas Hulot avait lancé en août une concertation sur les quotas de chasse de plusieurs espèces.
La Ligue pour la protection des oiseaux s’est inquiétée de ces projets et a dénoncé le « piégeage cruel de centaines de milliers d’oiseaux en France ». Son président, Allain Bougrain-Dubourg, a regretté lundi sur BFM-TV qu’« en France, on chasse soixante-quatre espèces différentes d’oiseaux » alors que dans « le reste de l’Europe, c’est quatorze espèces. (…) Et sur les soixante-quatre espèces, il y en a vingt qui sont sur la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature », a-t-il ajouté, en citant l’alouette des bois.
Emmanuel Macron s’est par ailleurs dit favorable à la réouverture des chasses présidentielles, remplacées en 2010 par des « battues de régulation », et était allé saluer des chasseurs mi-décembre près du château de Chambord (Loir-et-Cher). Plus d’un million de personnes pratiquent la chasse en France chaque année, avec un permis de chasse national ou départemental.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ L’augmentation de la concentration atmosphérique de gaz carbonique risque d’entraîner des carences en protéines et en minéraux pour des centaines de millions de personnes supplémentaires.
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Les émissions de CO2 menacent notre alimentation

L’augmentation de la concentration atmosphérique de gaz carbonique risque d’entraîner des carences en protéines et en minéraux pour des centaines de millions de personnes supplémentaires.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 12h57
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


Le CO2 ou la double peine. On savait déjà que la hausse de la teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre – et singulièrement en dioxyde de carbone – menaçait la sécurité alimentaire de la planète en induisant des sécheresses plus fréquentes, plus sévères et plus durables, des précipitations torrentielles plus intenses, une submersion des zones littorales par des eaux salines, et une recrudescence des attaques de ravageurs et de pathogènes. Or, cette hausse risque aussi de réduire la qualité nutritionnelle de l’alimentation de plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde.
C’est l’alerte que lance une étude menée par deux chercheurs américains de l’université Harvard, publiée lundi 27 août dans la revue Nature Climate Change. Ses auteurs concluent que, dans les prochaines décennies, l’augmentation de la concentration atmosphérique de CO2 pourrait entraîner l’appauvrissement d’un grand nombre de cultures de base en protéines, en fer et en zinc, avec des effets délétères sur la santé humaine.
« L’impact d’un niveau élevé de CO2 atmosphérique sur la qualité nutritionnelle des cultures a été mis en évidence depuis plus de vingt ans, d’abord dans le cadre de tests en laboratoire ou sous serre, puis par de très nombreux essais en plein champ, indique Alain Gojon, directeur du laboratoire de biochimie et physiologie moléculaire des plantes (CNRS-INRA-SupAgro-université de Montpellier), qui n’a pas contribué à cette étude. Il existe aujourd’hui un très large consensus scientifique, étayé par des dizaines de publications et des milliers de données, sur le fait que cet impact est massif et global : il touche la majorité des espèces végétales, partout dans le monde. »
Ces essais, consistant à injecter du CO2 sur des plantations à l’air libre pour les maintenir dans une sorte de bulle enrichie en gaz carbonique, ont montré, précise le chercheur, « une réduction de 10 % à 20 % de la teneur en protéines, une baisse de moindre importance des taux de minéraux comme le fer, le zinc, le magnésium ou le calcium, mais aussi, plus récemment, une diminution de 20 % à 40 % pour les vitamines ».
Risque de carences en nutriments
Les auteurs de la nouvelle publication ont pris comme point de départ une concentration de CO2 de 550 parties par million (ppm), unité de mesure indiquant le nombre de molécules de gaz carbonique pour un million de molécules de l’atmosphère.
Le chiffre n’a rien de virtuel. La concentration atmosphérique de CO2, qui a atteint en 2016 le niveau record de 405 ppm, devrait en effet grimper à 550 ppm entre 2050 et 2100, en fonction des scénarios d’émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Seule une baisse drastique des émissions anthropiques (produites par l’homme) permettrait de rester en dessous de ce seuil. De précédents travaux ont montré que, à ce niveau de concentration de CO2, la quantité de protéines, de fer et de zinc est globalement réduite de 3 % à 17 %, pour beaucoup de végétaux.
Les chercheurs ont alors fait tourner un modèle pour calculer, à partir des ressources alimentaires disponibles par habitant, ainsi que des projections de croissance démographique (soit une population mondiale de 9,7 milliards d’individus en 2050), le nombre de personnes supplémentaires exposées, au milieu du siècle, à un risque de carences en nutriments. Cela, pour 151 pays et 225 espèces végétales, ce qui donne à leur travail une portée beaucoup plus vaste que celles des études antérieures.
Il apparaît qu’aux quelque 660 millions de personnes qui souffrent actuellement d’une insuffisance de protéines s’en ajouteraient 122 millions. Le 1,5 milliard d’individus déjà en manque de zinc s’accroîtrait de 175 millions. Et pour le 1,4 milliard d’enfants de moins de 5 ans et de femmes en âge de procréer vivant dans des régions où le taux d’anémie est déjà supérieur à 20 %, la perte d’apport en fer serait de plus de 4 %.

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Les plus pauvres sont les plus vulnérables
Comme toujours, la peine se répartira inégalement. Les pays les plus affectés seraient ceux d’Asie du Sud et du Sud-Est – à commencer par l’Inde –, d’Afrique et du Moyen-Orient.
Rien d’étonnant à ce que les aires géographiques parmi les plus pauvres soient également les plus vulnérables, dans la mesure où l’essentiel de leur apport en protéines est d’origine végétale. L’Amérique du Nord ou l’Europe, aux régimes plus carnés, se trouvent, de ce fait, moins exposées.
Le risque est à grande échelle, puisqu’un très grand nombre d’aliments auront une moindre valeur nutritive, qu’il s’agisse de céréales comme le riz – base de l’alimentation de la moitié de l’humanité –, le blé ou l’orge, ou de légumineuses telles que lentilles, pois ou haricots. En revanche, d’autres plantes qui font appel à un type de photosynthèse différent, dont le maïs, le millet et le sorgho, ne réagissent pas, ou peu, à l’accroissement de la concentration de CO2.

   


Les végétaux fournissant aujourd’hui 63 % des protéines consommées sur la planète, ainsi que 81 % des rations de fer et 68 % de celles de zinc, le danger est celui d’une extension de la malnutrition, entraînant troubles de la croissance, du métabolisme, du système immunitaire ou du développement cognitif. Cela, alors que plus de 2 milliards d’humains présentent déjà une carence en nutriments.
Sans doute ces résultats ne sont-ils qu’une modélisation. Les auteurs précisent qu’ils font l’hypothèse de régimes alimentaires inchangés, sans prendre en compte les mutations socio-économiques qui se produiront dans les pays concernés, ni les conséquences plus globales du réchauffement sur les ressources alimentaires. Leur étude n’en appelle pas moins, soulignent-ils, une « surveillance active des besoins nutritionnels des populations » dans les pays les plus à risque.
« Les pays développés aussi concernés »
« Le grand intérêt de ce travail est d’alarmer sur un phénomène dont l’ampleur n’avait pas été anticipée, juge Alain Gojon. Les pays développés sont eux aussi concernés. D’une part parce que la diminution de la teneur en protéines et minéraux des végétaux s’accompagne d’une augmentation de leur teneur en sucres, ce qui peut provoquer des déséquilibres alimentaires. D’autre part parce que des régions déjà déficitaires en protéines végétales pour l’alimentation animale, comme l’Europe, vont le devenir encore plus. »
Reste que les mécanismes par lesquels un haut niveau de CO2 atmosphérique dégrade la qualité nutritive des plantes demeurent mystérieux. « Il existe deux familles d’hypothèses, indique l’agronome français. Soit le taux élevé de CO2 altère la physiologie générale des végétaux, qui sont moins aptes à prélever dans le sol l’azote nécessaire à la fabrication des protéines et les différents minéraux ; soit il réduit la disponibilité de ces éléments dans les sols, peut-être en raison d’une compétition accrue entre les plantes et les micro-organismes. »
Le laboratoire qu’il dirige va lancer, cet automne, un programme collaboratif de recherche, financé par le projet Montpellier université d’excellence, pour tenter de comprendre comment le CO2, cause du dérèglement climatique, peut aussi être fauteur de carences alimentaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Le Mouvement 5 étoiles s’est juré, avec son allié au pouvoir, la Ligue, de démanteler la législation existante, alors que le pays connaît, selon l’OMS, un fort risque infectieux
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En Italie, le gouvernement veut défaire la vaccination obligatoire

Le Mouvement 5 étoiles s’est juré, avec son allié au pouvoir, la Ligue, de démanteler la législation existante, alors que le pays connaît, selon l’OMS, un fort risque infectieux



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 10h47
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                            Margherita Nasi (Rome, correspondance)








                        



                                


                            

Le gouvernement italien prépare les esprits à une épidémie de rougeole. « Il ne faut pas s’illusionner et penser que personne ne mourra », a sereinement déclaré la ministre de la santé, Giulia Grillo, dans le Corriere della sera, le 8 août. Membre du Mouvement 5 étoiles (M5S), elle compte honorer les promesses électorales de sa coalition – le M5S et la Ligue – et reporter d’un an l’obligation vaccinale pour les écoliers.
Validé par le Sénat début juillet, un amendement en ce sens doit encore être examiné par les députés, qui ne se réuniront qu’à partir du 11 septembre, donc après la rentrée des classes, car celle-ci a lieu entre le 5 et le 11, selon les régions. D’ici là, chefs d’établissement, médecins et parents sont sur le pied de guerre.

Les prémices de cette bataille remontent à juillet 2017. Après une recrudescence de cas de rougeole et de méningite en Italie, la loi Lorenzin – du nom de la précédente ministre de la santé des gouvernements Renzi et Gentiloni – introduit dix vaccins obligatoires et gratuits pour les enfants de 0 à 16 ans (rougeole, rubéole, poliomyélite, diphtérie, tétanos, hépatite B, coqueluche, haemophilus de type B, varicelle et oreillons).
Pour être admis à la crèche ou à la maternelle, les enfants doivent présenter un certificat délivré par une unité sanitaire locale. Les parents d’élèves de primaire, collège et lycée sont passibles d’une amende de 100 euros à 500 euros en cas de manquement.
« La vaccination doit être un choix libre, pas une imposition soviétique », s’était alors plaint le chef de la Ligue, Matteo Salvini. Et d’ajouter : « Je ne souhaite pas que des multinationales ou des maisons pharmaceutiques prennent l’Italie pour un pays cobaye. » Depuis, devenu ministre de l’intérieur, il a remercié « pour leur courage » deux médecins qui lèvent actuellement des fonds en vue d’acquérir un microscope de 70 000 euros permettant de prouver, selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Une étude publiée le 1er août dans le « New York Times » révèle que l’humanité a été très proche, il y a quarante ans, de prendre les bonnes décisions pour arrêter le réchauffement !
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édition abonné


1979-1989, décennie verte

Une étude publiée le 1er août dans le « New York Times » révèle que l’humanité a été très proche, il y a quarante ans, de prendre les bonnes décisions pour arrêter le réchauffement !



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 16h22
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Cet été, toute l’Europe cuisait sous la canicule. Le 1er août, la National Oceanic and Atmospheric Administration expliquait que l’année 2017 a été la troisième année la plus chaude de l’histoire moderne après 2016 et 2015. Le 6 août, une équipe scientifique internationale publiait une inquiétante étude dans la revue PNAS prévenant que l’actuelle combinaison de la fonte de l’Antarctique de l’ouest – une perte de 2 720 milliards de tonnes de glace depuis 1992 d’après Nature du 13 juin –, de la déforestation et des émissions de gaz à effet de serre aggrave le risque de l’« effet domino » à partir d’un réchauffement à 2° Celsius – qui pourrait être atteint avant 2100. Ces « rétroactions auto-renforçantes », estime l’étude, pourraient pousser « le système terrestre vers un seuil planétaire » et « provoquer un réchauffement continu ».
La Terre deviendrait alors, « dans quelques décennies », une étuve avec « des températures de 4° à 5° supérieures à la période préindustrielle », tandis que le niveau des mers s’élèverait « de 10 à 60 mètres ». Des régions côtières, des villes entières seraient submergées, des îles disparaîtraient, le Sahara s’étendrait vers le sud, la pénurie d’eau deviendrait fatale, le régime de la mousson serait gravement perturbé, des milliers d’espèces disparaîtraient, les phénomènes climatiques extrêmes se multiplieraient. Quant à la civilisation humaine, je vous laisse imaginer…
« Enjeu  “non partisan” »
Le plus dramatique peut-être dans notre impuissance actuelle face à cette catastrophe annoncée est que l’humanité a été très proche, il y a quarante ans, de prendre les bonnes décisions pour arrêter le réchauffement ! C’est ce que révèle une investigation de l’essayiste américain Nathaniel Rich, « Perdre la Terre », publiée le 1er août dans le New York Times, appuyée sur dix-huit mois d’enquêtes et plus de cent interviews de scientifiques, de politiciens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Un séisme de magnitude 6,0 a secoué dimanche les environs de Kermanshah, dans l’ouest du pays.
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Deux morts et plus de 200 blessés dans un fort séisme en Iran

Un séisme de magnitude 6,0 a secoué dimanche les environs de Kermanshah, dans l’ouest du pays.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 03h47
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 15h00
   





                        


Un séisme de magnitude 6,0, selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (USGS), a frappé dimanche 26 août l’ouest de l’Iran. Le gouverneur de la province, Houshang Bazvand, a annoncé à la télévision que deux personnes avaient été tuées et 255 blessées.
Selon le chef du département des urgences auprès de l’université des sciences médicales du Kermanshah, les deux personnes mortes sont une femme enceinte et un homme de 70 ans, qui a été victime d’une crise cardiaque au moment du séisme.
Le tremblement de terre, survenu à une faible profondeur, s’est produit à 26 kilomètres au sud-ouest de la ville de Javanroud, dans la province de Kermanshah, a indiqué l’USGS.
Gestion de crise
Un centre de gestion de crise, chargé de coordonner les secours, a été mis en place à Javanroud. Les hôpitaux et les organisations caritatives ont été mis en état d’alerte, a déclaré le gouverneur Bazvand àl’ IRNA. Mais le directeur du service des situations d’urgence, Reza Mahmoudian, a assuré que la situation était « sous contrôle » et qu’il n’avait pas été nécessaire de demander de l’aide dans les provinces voisines de celle de Kermanshah.
Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des personnes transportées en urgence vers les hôpitaux. Sur un plan matériel, les infrastructures semblent n’avoir subi que des dommages légers.
Des informations de presse indiquent que le séisme a été ressenti au-delà de la frontière, en territoire irakien. L’IRNA a rapporté que de nombreuses répliques avaient été ressenties.
L’Iran se trouve sur deux importantes plaques tectoniques, et d’importantes activités sismiques y sont fréquentes. En novembre 2017, un séisme de magnitude 7,3 avait fait 620 morts dans la province de Kermanshah, et huit morts en Irak.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Les météorologues craignent une aggravation ce week-end d’inondations déjà « catastrophiques » par endroits dans l’archipel américain.
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Hawaï sous les eaux alors que l’ouragan Lane faiblit

Les météorologues craignent une aggravation ce week-end d’inondations déjà « catastrophiques » par endroits dans l’archipel américain.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 11h52
   





                        



   


Des pluies torrentielles s’abattaient, vendredi 24 août, sur Hawaï, contraignant plusieurs milliers de personnes à évacuer l’archipel américain et faisant craindre un risque important d’inondations et de glissements de terrain.
Depuis vendredi soir, Lane n’est plus officiellement un ouragan : ses vents, qui atteignaient encore 140 km/h plus tôt dans l’après-midi ont suffisamment diminué (de 100 à 110 km/h) pour être rétrogradé en tempête tropicale, selon le dernier bulletin du Centre national des ouragans du Pacifique. La tempête, qui se déplace à la très faible vitesse de 4 km/h, vers le nord, devrait toutefois, selon les prévisions, bifurquer vers l’ouest à partir de samedi.
« Des précipitations excessives (…) continueront d’affecter les îles hawaïennes au cours du week-end, provoquant des inondations catastrophiques et potentiellement mortelles et des glissements de terrain », ont prévenu les météorologues du National Weather Service (NWS).
Près de 60 centimètres d’eau
Plusieurs parties de l’archipel, dont les deux îles les plus peuplées, Oahu et Maui, restaient en « alerte ouragan » et les autorités multipliaient les appels à la prudence. « Il est très dangereux de rester dehors, particulièrement dans les zones où nous savons qu’il y a des inondations », a averti, vendredi, le chef de l’Agence fédérale des situations d’urgence (FEMA) Brock Long, promettant de la « casse ». « Il faut que les gens s’attendent à être privés d’électricité pendant un certain temps et à ce que les infrastructures soient durement touchées », a-t-il ajouté.
Les effets de Lane ont déjà commencé à se faire sentir. Près de 60 centimètres d’eau sont tombés au cours des dernières trente-six heures sur la célèbre plage de Waikiki, provoquant sa fermeture alors que commerçants et hôteliers tentaient de protéger leurs bâtiments à l’aide de sacs de sable. L’île principale d’Hawaï a été la plus touchée jusqu’ici, avec plus de 75 centimètres d’eau en l’espace de vingt-quatre heures. Et le niveau de la mer devrait atteindre jusqu’à 1,20 mètre de plus que son niveau habituel de marée haute, avec des vagues potentiellement destructrices.
Etat d’urgence décrété
La Croix-Rouge américaine a fait savoir que plus de 2 000 résidents de l’archipel avaient été accueillis dans des centres d’évacuation temporaires mis en place par les comtés.
Face au risque potentiellement dévastateur de l’ouragan, les autorités se tiennent prêtes. Nos équipes coopèrent étroitement avec l’Etat [de Hawaï] et avec les autorités locales », avait tweeté jeudi Donald Trump. Mercredi, le président américain avait décrété l’état d’urgence, ouvrant le déblocage de fonds fédéraux et permettant à la FEMA d’apporter une aide adéquate pour soutenir les mesures d’urgence nécessaires.



                            


                        

                        

