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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La première ministre britannique a promis un plan d’investissement de 4,4 milliards d’euros pour soutenir les économies du continent.
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Décryptage

Au Cap, Theresa May annonce le « come-back » du Royaume-Uni en Afrique

La première ministre britannique a promis un plan d’investissement de 4,4 milliards d’euros pour soutenir les économies du continent.

Par                                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-08-28T17:36:27+02:00"

        Le 28.08.2018 à 17h36






    
La première ministre britannique, Theresa May, lors d’une rencontre avec des lycéens au Cap, en Afrique du Sud, le 28 août 2018.
Crédits : POOL New / REUTERS


Cela faisait cinq ans qu’un premier ministre britannique n’avait pas mis les pieds au sud du Sahara. Pour sa première visite africaine, Theresa May a annoncé, mardi 28 août au Cap, en Afrique du Sud, un « come-back » du Royaume-Uni sur le continent, des promesses d’investissement et un nouveau partenariat motivé avant tout par le Brexit.
Devant un parterre d’hommes d’affaires, la première ministre a affiché un objectif présenté comme ambitieux : « Que le Royaume-Uni devienne le premier investisseur des pays du G7 en Afrique d’ici à 2022 ». Ambitieux, mais atteignable : avec 55 milliards de dollars investis en 2016 (soit 52 milliards d’euros à l’époque), le Royaume-Uni suit de près les Etats-Unis, qui ont investi 57 milliards de dollars la même année, d’après les chiffres de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

    
Investissements en Afrique, en milliards de dollars.
Crédits : Cnuced


Mme May a également promis un plan d’investissement de 4,4 milliards d’euros pour soutenir les économies africaines, centré sur la création d’emplois pour les jeunes. « Les défis auxquels l’Afrique est confrontée dépassent la seule Afrique. Il est dans l’intérêt du monde entier que ces emplois soient créés pour s’attaquer aux causes et aux symptômes de l’extrémisme et de l’instabilité, pour gérer les flux migratoires et pour encourager une croissance propre », a-t-elle affirmé, sans préciser quel montant serait alloué à chaque pays.
« De long terme et de haute qualité »
Plutôt mesuré, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, s’est déclaré « ravi de la contribution du Royaume-Uni à notre quête d’investissements ». Depuis son arrivée au pouvoir, en février, l’ex-homme d’affaires a lancé une campagne pour attirer 100 milliards de dollars d’investissements étrangers en cinq ans et soutenir l’économie sud-africaine, en difficulté. En quelques mois, un tiers de cette somme a déjà été engagé par la Chine, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.
Mercredi, le dirigeant sud-africain s’envole d’ailleurs pour Pékin, en amont du Forum sur la coopération sino-africaine, les 3 et 4 septembre. Le président Xi Jinping rend l’invitation, après avoir annoncé plus de 12 milliards d’euros d’investissements chinois pour la seule Afrique du Sud lors de sa visite à Johannesburg en juillet.

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En comparaison, les annonces de Mme May paraissent modestes. « On ne peut pas concurrencer la puissance économique de certains pays, a t-elle concédé. Mais nous pouvons offrir des investissements de long terme et de haute qualité. » A un journaliste britannique qui lui faisait remarquer que le président français, Emmanuel Macron, s’était rendu neuf fois en Afrique depuis le début de son mandat, elle a platement répondu : « Nous avons travaillé avec des nations et des gouvernements africains par le passé. »
Etapes au Nigeria et au Kenya
Sur le plan commercial, le Royaume-Uni post-Brexit se profile comme un nain en Afrique, avec des échanges avoisinant les 36 milliards de dollars en 2015, contre 305 milliards pour l’Union européenne (UE) et 188 milliards pour la Chine. L’ancien empire colonial arrive en retard sur un continent courtisé de toutes parts, par les grandes puissances comme par les pays émergents.
La visite de la première ministre avait justement pour objectif de montrer qu’elle est capable de nouer des accords commerciaux à l’étranger. Mardi, avant son tête-à-tête avec le président Ramaphosa, la première ministre a signé des accords économiques avec l’Union douanière d’Afrique australe (SACU) et le Mozambique, destinés à remplacer ceux en vigueur pour l’UE et qui ne s’appliqueront plus lorsque le Royaume-Uni en sortira.

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Dans l’avion l’emmenant en Afrique du Sud, Mme May a réitéré son mantra selon lequel pas d’accord sur le Brexit vaut mieux qu’un mauvais accord. « Ça ne serait pas la fin du monde », a t-elle déclaré aux reporters qui l’accompagnaient, d’après la BBC. Une saillie adressée au chancelier de l’échiquier, Philip Hammond, qui la semaine dernière alertait sur les dégâts que causerait l’absence d’accord pour l’économie britannique.
Pour la deuxième étape de sa tournée africaine, Theresa May se rendra mercredi au Nigeria, où elle doit évoquer avec le président Muhammadu Buhari des enjeux sécuritaires comme Boko Haram. Enfin, jeudi au Kenya, elle rendra visite aux troupes britanniques qui combattent les Chabab en Somalie. La dernière fois que l’ancienne colonie avait reçu un premier ministre britannique, c’était Margaret Thatcher, en 1988.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Pékin prépare un code civil ne faisant aucune référence à une limitation du nombre d’enfants, selon un journal officiel. La fin de quarante années de strict planning familial.
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La Chine va mettre fin à sa politique de contrôle des naissances

Pékin prépare un code civil ne faisant aucune référence à une limitation du nombre d’enfants, selon un journal officiel. La fin de quarante années de strict planning familial.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 18h23
   





                        



   


Après quarante décennies d’un contrôle drastique des naissances, Pékin s’apprête à renoncer à cette politique de planning familial. Selon un journal juridique officiel, un code civil en préparation en Chine ne devrait pas faire référence à la limitation du nombre d’enfants.
Affolé par le vieillissement de sa population, le pays avait officiellement abandonné fin 2015 sa politique dite de « l’enfant unique ». Depuis, tous les couples mariés sont autorisés à avoir un deuxième enfant… mais pas davantage. Le code civil actuellement en préparation doit être adopté lors d’un vote en 2020 par l’Assemblée nationale populaire, chambre d’enregistrement législative du régime.
Le Parti communiste avait commencé à imposer la politique de l’enfant unique en 1979 afin d’enrayer la forte poussée démographique du pays le plus peuplé du monde. Appliqué au prix d’avortements forcés, d’amendes et de stérilisations, ce strict contrôle des naissances est décrié en raison des déséquilibres provoqués : vieillissement de la population et baisse de la proportion de femmes, nombre de familles préférant avoir un garçon.
Vieillissement accéléré de la population
Avant le changement de politique de 2015, 50 millions de femmes bénéficiaient cependant déjà du droit d’avoir deux enfants, en raison de plusieurs exceptions accordées aux minorités ethniques, aux familles rurales dont le premier enfant était une fille, ainsi que, plus récemment, aux couples dont au moins un membre était enfant unique.
Mais la nouvelle loi peine à porter ses fruits : le nombre de naissances a ainsi stagné en 2017, avec 17,23 millions de bébés. De nombreux couples rechignent en effet à avoir un second enfant, mettant en avant l’envol des prix immobiliers et des coûts de l’éducation, ainsi que l’impact sur leurs carrières professionnelles. Les naissances devraient cependant repartir à la hausse cette année, à 20 millions, selon les prévisions officielles.
Dans ce contexte, le vieillissement accéléré de la population devient une bombe démographique à retardement pour le géant asiatique, qui compte actuellement environ 1,38 milliard d’habitants. La population en âge de travailler (de 16 à 59 ans) a chuté de près de 5,5 millions l’an dernier, déclinant pour la sixième année consécutive, tombant à 902 millions (65 % de la population totale).
Selon des estimations du gouvernement, le nombre de personnes âgées de 60 ans ou davantage devrait atteindre 487 millions en 2050, soit 35 % de la population contre 241 millions (17,3 % de la population) fin 2017.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Après six années au pouvoir, le bilan du premier ministre est mitigé mais l’opposition est quasi-inexistante.
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édition abonné


Au Japon, Shinzo Abe entend briguer un troisième mandat

Après six années au pouvoir, le bilan du premier ministre est mitigé mais l’opposition est quasi-inexistante.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 15h49
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            

Les petites manœuvres ont commencé dans la course à la présidence du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir au Japon. La campagne devrait tourner autour de la révision de la Constitution, inchangée depuis son entrée en vigueur en 1947 pendant l’occupation américaine de l’après-guerre. La modification de ce texte est le grand dessein du premier ministre conservateur Shinzo Abe, favori d’un scrutin prévu le 20 septembre et qui l’opposera à l’ancien ministre de la défense Shigeru Ishiba.
Outre la volonté de faire avancer une question qui lui tient à cœur, M. Abe veut faire oublier les scandales, ses difficultés sur la scène internationale et un bilan économique mitigé après près de six années au pouvoir.
Lundi 27 août, la faction du PLD dirigée par son vice-premier ministre Taro Aso a proposé un référendum sur la question constitutionnelle avant l’été 2019. Shinzo Abe, qui veut que le Parlement débatte de la révision dès l’automne, a dit « partager » l’idée. M. Ishiba, qui n’est pas hostile à une telle modification, appelle à la prudence et insiste sur « l’indispensable adhésion de la population ». Les Japonais restent réticents à modifier la Constitution.
Nouvelle ère
Ces premières escarmouches suivaient la déclaration de candidature du premier ministre à un troisième mandat consécutif de trois ans à la tête du PLD, annoncée dimanche 26 août depuis Tarumizu, petite ville proche de Kagoshima dans le sud-ouest du Japon. « Il est de ma responsabilité d’honorer le mandat confié par la population », a-t-il expliqué en rappelant la large victoire de son camp aux législatives anticipées d’octobre 2017. Il souhaite également diriger le Japon au moment de son entrée dans une nouvelle ère après l’abdication annoncée de l’empereur Akihito en avril 2019.
Cinq des sept factions du PLD appuient sa candidature. 70 % des 405 parlementaires PLD lui seraient favorables. Et pour convaincre les adhérents, il effectue une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ La prestigieuse institution sunnite basée au Caire appelle les autorités égyptiennes à « appliquer la loi criminalisant ces actes » et à « punir leurs auteurs ».
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Compte rendu

Le harcèlement sexuel, un « péché » selon Al-Azhar

La prestigieuse institution sunnite basée au Caire appelle les autorités égyptiennes à « appliquer la loi criminalisant ces actes » et à « punir leurs auteurs ».


LE MONDE
              datetime="2018-08-28T15:44:05+02:00"

        Le 28.08.2018 à 15h44

     •
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        Mis à jour le 28.08.2018 à 16h41






    
La mosquée Al-Azhar, au Caire, en mars 2018.
Crédits : KHALED DESOUKI / AFP


Al-Azhar, prestigieuse institution de l’islam sunnite basée en Egypte, a exprimé sa condamnation de toutes les formes de harcèlement sexuel, un fléau qu’elle qualifie de « péché ». Dans un communiqué publié lundi 27 août, Al-Azhar dénonce des « actes interdits et comportements déviants » et affirme que « l’habit ou le comportement des femmes ne doit en aucun cas justifier un tel acte », qui constitue une « atteinte à la dignité et à la liberté des femmes ».
Selon une étude de l’ONU publiée en 2017, 60 % des femmes ont été victimes de harcèlement en Egypte, où elles sont quotidiennement confrontées à des remarques obscènes voire à des attouchements. Les trois quarts des hommes attribuent ces actes à la tenue vestimentaire des femmes, selon cette étude. En juin 2014, une loi criminalisant le harcèlement sexuel a été adoptée.

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La question du harcèlement a fait irruption dans le débat public égyptien dans la foulée de la révolte, en janvier 2011, ayant conduit à la chute du président Hosni Moubarak. Des groupes de volontaires s’étaient alors organisés pour protéger les femmes des agressions collectives lors des manifestations, notamment place Tahrir, épicentre de la révolte. Des graffitis anti-harcèlement avaient fleuri sur les murs du centre-ville et, en février 2013, des femmes avaient manifesté pour dénoncer ce fléau.
Dans son communiqué, Al-Azhar déplore la multiplication « ces derniers temps » des actes de harcèlement rapportés par les médias et les réseaux sociaux. L’institution appelle dans ce contexte les autorités à « appliquer la loi criminalisant ces actes » et à « punir leurs auteurs », et demande aux médias et ONG de « se mobiliser » contre ce phénomène.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Début août, le président Salva Kiir et son rival s’étaient entendus sur un partage du pouvoir dans le cadre d’un gouvernement d’unité nationale.
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Compte rendu

Le chef rebelle Riek Machar refuse de signer l’accord de paix au Soudan du Sud

Début août, le président Salva Kiir et son rival s’étaient entendus sur un partage du pouvoir dans le cadre d’un gouvernement d’unité nationale.


LE MONDE
              datetime="2018-08-28T14:43:34+02:00"

        Le 28.08.2018 à 14h43






    
Le chef rebelle sud-soudanais Riek Machar lors de la signature d’un accord de partage du pouvoir, à Khartoum, le 5 août 2018.
Crédits : ASHRAF SHAZLY / AFP


Le chef rebelle sud-soudanais Riek Machar a refusé, mardi 28 août, de signer l’accord de paix avec le gouvernement, destiné à mettre un terme à la guerre civile qui ensanglante le plus jeune pays du monde, selon un médiateur soudanais.
« Les principaux groupes d’opposition sud-soudanais, dont le SPLM-IO [de Riek Machar], ont refusé de signer le document final, exigeant que leurs réserves y soient intégrées », a annoncé le ministre soudanais des affaires étrangères, Al-Dirdiry Ahmed, dont le pays parraine les pourparlers de paix au Soudan du Sud.

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Le président Salva Kiir et son opposant Riek Machar avaient signé le 5 août à Khartoum un accord prévoyant un retour de M. Machar pour occuper un des cinq postes de vice-président prévus dans un gouvernement d’unité nationale. Après leur accord sur le partage du pouvoir, les belligérants avaient convenu de poursuivre les négociations à Khartoum jusqu’à la signature d’un accord de paix définitif.
Crise humanitaire majeure
« Pour la première fois, l’opposition nous a dit qu’elle ne va pas signer », a précisé le chef de la diplomatie soudanaise. « Il n’y aura pas de paix au Soudan du Sud tant que les groupes [de l’opposition] ne signeront pas » le document, a-t-il averti, prévenant qu’il s’agissait du « dernier round des négociations à Khartoum ». Selon lui, les médiateurs vont soumettre le document aux Etats d’Afrique de l’Est qui œuvrent depuis de longs mois à réactiver le processus de paix.
Le Soudan du Sud est indépendant du Soudan depuis 2011 mais a sombré en décembre 2013 dans un conflit de pouvoir entre MM. Kiir et Machar, qui a fait des dizaines de milliers de morts, près de 4 millions de déplacés et provoqué une crise humanitaire majeure. M. Machar avait dû partir en exil après des combats meurtriers en août 2016.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Toutes les parties prenantes au conflit au Yémen ont potentiellement commis des « crimes de guerre », selon des experts mandatés par l’ONU.
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Yémen : une mission d’enquête de l’ONU évoque des « crimes de guerre »

Toutes les parties prenantes au conflit au Yémen ont potentiellement commis des « crimes de guerre », selon des experts mandatés par l’ONU.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 14h08
   





                        



   


Toutes les parties prenantes au conflit au Yémen ont potentiellement commis des « crimes de guerre », a affirmé, mardi 28 août, une mission d’experts mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
Dans son rapport allant de septembre 2014, date du début des hostilités dans ce pays, jusqu’à juin 2018, le groupe d’experts présidé par le Tunisien Kamel Jendoubi relève que les frappes de la coalition menée par l’Arabie saoudite « ont causé le plus de victimes civiles directes », touchant des « zones résidentielles », des « marchés » et « même des installations médicales ».
Cette coalition militaire est intervenue en mars 2015 au Yémen pour aider le pouvoir face aux rebelles houthistes qui s’étaient emparés de vastes pans du territoire, dont la capitale Sanaa.
Jeudi, 26 enfants ont été tués dans des frappes de cette coalition, ont annoncé des responsables de l’ONU.

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Le 9 août, un raid aérien, déjà attribué à cette coalition militaire, dans la province de Saada, fief des rebelles, avait frappé un bus qui transportait des enfants, tuant 40 d’entre eux.

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« Le groupe d’experts a des motifs raisonnables de croire que des membres du gouvernement yéménite et de la coalition ont pu mener des attaques en violation des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution pouvant constituer des crimes de guerre », souligne-t-il dans un communiqué.
Lors d’une conférence de presse à Genève, M. Jendoubi a précisé que les enquêteurs avaient identifié un certain nombre de responsables présumés. « Une liste confidentielle de ces individus va être présentée aujourd’hui au haut commissaire » aux droits de l’homme de l’ONU, a-t-il ajouté.
Enfants soldats
Dans ce « conflit oublié », comme le désigne M. Jendoubi, les enfants paient un lourd tribut, car ils sont également enrôlés par les différentes parties en présence.
Les experts disposent d’« informations substantielles » leur permettant d’affirmer que « le gouvernement du Yémen, les forces soutenues par la coalition, ainsi que les forces houthistes » utilisent des enfants « pour participer activement aux hostilités ».
« Dans la plupart des cas, ces enfants étaient âgés de 11 à 17 ans, mais il y a eu des indications régulières sur le recrutement et l’utilisation d’enfants âgés de huit ans », relèvent les experts.
« Les enfants sont les plus vulnérables. La pauvreté, associée à la violence et à l’insécurité, les rend sans défense et les expose à l’exploitation et aux abus par les parties au conflit », a souligné Charles Garraway, membre du groupe d’experts, devant les journalistes.
Les blocus imposés par la coalition dans les ports yéménites ainsi qu’à l’aéroport de Sanaa peuvent, par ailleurs, revêtir le statut de crimes au regard du droit international, soulignent les experts.
« J’exhorte toutes les parties à prendre les mesures nécessaires pour supprimer les restrictions disproportionnées à l’entrée sécurisée et rapide au Yémen de fournitures humanitaires et d’autres biens indispensables à la population civile, et à la circulation des personnes, notamment via l’aéroport international de Sanaa », a déclaré M. Jendoubi.
L’ONU a convoqué des pourparlers sur le Yémen le 6 septembre à Genève, alors que, jusque-là, toutes les tentatives de règlement politique ont échoué.
Depuis mars 2015, le conflit a fait plus de 10 000 morts et provoqué la pire crise humanitaire du monde, selon les Nations unies.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Loin des dogmes bruxellois et de la politique budgétaire française, la réussite du Portugal repose sur la relance de l’investissement et sur les baisses d’impôt, explique l’économiste Sébastien Laye dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Les raisons du « miracle portugais actuel »

Loin des dogmes bruxellois et de la politique budgétaire française, la réussite du Portugal repose sur la relance de l’investissement et sur les baisses d’impôt, explique l’économiste Sébastien Laye dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 13h54
    |

Sébastien Laye (Entrepreneur et chercheur associé à l’Institut Thomas More, groupe de réflexion basé à Bruxelles et Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Il nous faut faire fi de toute forme de vénération servile en matière de politique économique, afin de mieux cerner les linéaments de la réussite de chaque pays. « Prenons le cas de Singapour. On dirait un miracle économique. Mais le miracle est moins celui de l’inspiration que celui de la transpiration. » Ces mots de l’économiste Paul Krugman en 1996 doivent nous conduire à relativiser les différents modèles économiques : le modèle japonais, le modèle anglo-saxon, le modèle scandinave.
Or il est un pays en Europe qui, non content d’être sorti des abysses de la crise financière, présente désormais un état insolent : il s’agit du Portugal. A bien des égards, analyser les tenants du succès économique portugais actuel fourbit des armes intellectuelles qui font cruellement défaut à l’actuelle majorité pour enfin vaincre le chômage et sortir d’une croissance poussive.

Les faits en premier lieu : alors qu’en 2013 le chômage culminait à près de 17,5 %, il est désormais de 7,9 %, alors qu’en France le chômage paraît stagner aux alentours de 9 %. On peine à se rappeler une époque ou le différentiel entre les deux pays était à l’avantage du Portugal… S’agissant des finances publiques, le déficit est de 2 % du PIB en moyenne contre un peu moins de 3 % en France, même si le stock de dette publique de Lisbonne, hérité de la crise et des gabegies antérieures, culmine encore à 122 % du PIB.
Remise à plat des finances publiques
Après des taux de croissance négatifs entre 2011 et 2013, le Portugal a enregistré une croissance de 1,6 % en 2016 et de 2,7 % en 2017 : à l’inverse de la France, ce rythme ne faiblit pas, puisque au premier semestre 2018, l’acquis de croissance était de 0,9 % (0,4 % en France) avec ainsi la certitude d’avoir une croissance finale encore bien supérieure à 2 % en 2018 ; et ce alors même que l’économie portugaise n’a pas besoin du même niveau de croissance que la France pour créer des emplois.
Sans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Devant la Cour internationale de justice, Téhéran réfute la légitimité des sanctions économiques prises par Washington à son encontre.
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Sanctions contre l’Iran : les Etats-Unis ne reconnaissent pas la « compétence » de la CIJ

Devant la Cour internationale de justice, Téhéran réfute la légitimité des sanctions économiques prises par Washington à son encontre.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 12h40
   





                        


La bataille judiciaire s’annonce longue. Les Etats-Unis ont réfuté, mardi 28 août, la compétence de la Cour internationale de justice (CIJ) dans la procédure engagée par l’Iran, qui cherche à obtenir la levée des sanctions américaines réimposées par Donald Trump.
« L’Iran n’a pas établi l’existence d’une base garantissant la compétence de la Cour », a déclaré la représentante de Washington Jennifer Newstead lors du deuxième jour des audiences devant la Cour basée à La Haye.
En mai, le président américain a retiré son pays de l’accord sur le nucléaire, signé par Téhéran et les grandes puissances en 2015. Dans celui-ci, l’Iran s’engage à ne jamais chercher à se doter de l’arme atomique. Ce retrait a marqué le rétablissement de sanctions américaines sévères envers la République islamique, jusque-là suspendues en vertu de l’accord international.
Les sanctions comprennent des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale.

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Traité d’amitié mais absence de relations diplomatiques
Lundi, lors du premier jour des audiences qui doivent se poursuivre jusqu’à jeudi devant la CIJ, la République islamique a demandé à la Cour d’obtenir la suspension de l’application des sanctions, dénonçant un « étranglement » par Washington de son économie. L’Iran affirme que les actions des Etats-Unis sont des « violations flagrantes » des dispositions du traité américano-iranien de 1955, qui prévoit des « relations amicales » entre les deux nations et encourage les échanges commerciaux. Pourtant, l’Iran et les Etats-Unis n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980.
« Le traité d’amitié préserve le droit des Etats-Unis de prendre de telles décisions et de telles mesures », comme l’imposition de sanctions, afin de garantir sa « sécurité nationale », a ajouté Mme Newstead.
La CIJ devrait statuer sur la fin provisoire des sanctions, exigée par l’Iran dans les deux mois suivant le début des audiences, mais parvenir à une décision finale pourrait prendre des années.

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                Avec le retour des sanctions américaines, un vent d’amertume souffle en Iran






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’achat par l’Inde, en 2016, de 36 Rafale de Dassault suscite la colère de l’opposition. Le Parti du Congrès dénonce le rôle joué dans ce contrat par un proche de Modi.
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En Inde, le contrat Rafale tourne au scandale politique

L’achat par l’Inde, en 2016, de 36 Rafale de Dassault suscite la colère de l’opposition. Le Parti du Congrès dénonce le rôle joué dans ce contrat par un proche de Modi.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 17h57
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

Deux ans après l’achat par New Delhi de 36 avions de combat Rafale, en septembre 2016, le contrat signé avec le français Dassault Aviation se retrouve au cœur d’une tempête politique en Inde. Pas un jour ne passe sans que le Parti du Congrès, dans l’opposition, n’attaque le gouvernement de Narendra Modi sur son manque de transparence et sa connivence avec Anil Ambani, le partenaire indien de Dassault. Rahul Gandhi, le président du Parti du Congrès, a qualifié le contrat d’« escroquerie ». Une polémique qui pourrait ternir l’image de l’avionneur français alors qu’il est en concurrence pour fournir à l’Inde 110 avions de combat supplémentaires. Six avionneurs avaient répondu, vendredi 6 juillet, à la demande d’informations (« Request for Information ») déposée par New Delhi pour ce nouveau contrat.
L’« affaire Rafale », comme on la surnomme désormais dans les médias indiens, est née de l’annonce surprise faite par M. Modi d’acheter 36 avions de combat lors de sa visite à Paris en avril 2015. L’appel d’offres remporté en 2012 par Dassault prévoyait la livraison de 126 appareils, dont 108 assemblés sur le sol indien. Mais en ce mois d’avril 2015, les négociations piétinent depuis trois ans. Elles butent sur le prix final et le partage des responsabilités pour les avions assemblés en Inde. Or les escadrons de l’armée de l’air indienne se rapprochent dangereusement de l’obsolescence, au risque de compromettre la sécurité du pays. M. Modi, pourtant si attaché au « Make in India », enterre le « contrat du siècle » qui prévoyait la construction d’une chaîne d’assemblage Rafale en Inde. Les 36 avions, dont les premières livraisons sont prévues en 2019, seront produits en France.
Le nouveau contrat, signé quelques mois plus tard dans le cadre d’un accord intergouvernemental, est assorti d’une clause d’« offset », c’est-à-dire qu’une partie du montant de l’acquisition doit être réinvesti sous forme de compensations industrielles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Avec plus de 20 % d’intentions de vote dans les sondages pour les Démocrates de Suède, le scrutin du 9 septembre en Scanie pourrait chambouler le paysage politique suédois.
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En Suède, l’extrême droite en ordre de marche

Avec plus de 20 % d’intentions de vote dans les sondages pour les Démocrates de Suède, le scrutin du 9 septembre en Scanie pourrait chambouler le paysage politique suédois.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 15h42
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

En ce début d’après-midi, Marita Westerström s’affaire devant un petit chalet blanc installé dans le centre de Hörby, une paisible commune rurale de 15 000 habitants au cœur de la Scanie, dans le sud de la Suède. Ancienne consultante en management, la retraitée assure la permanence du local de campagne de son parti, dont elle porte les initiales brodées sur sa casquette bleu marine : SD, pour Sverigedemokraterna (Démocrates de Suède).
Avec 20 % au moins d’intentions de vote aux législatives du 9 septembre, et plus encore dans certains scrutins municipaux et régionaux organisés le même jour, la formation d’extrême droite, créée en 1988, est déjà annoncée comme le grand vainqueur de ces élections dominées par le thème de l’immigration et de l’intégration.
En 2014, les SD avaient remporté 12,9 % des voix aux législatives. Entre-temps, il y a eu la crise des réfugiés et l’arrivée de 250 000 demandeurs d’asile en Suède, en 2014 et 2015. La fermeture des frontières et le durcissement de la politique d’asile, décidés fin 2015 par le gouvernement composé des Verts et des sociaux-démocrates, n’ont rien changé. Malgré une économie florissante, les SD ont su capitaliser.
« C’est un parti comme les autres »
Dans les terres agricoles de Scanie, berceau historique de l’extrême droite suédoise, où vit 13 % de la population du royaume, la formation pourrait même arriver en tête des régionales. « C’est ici, rappelle le politologue Anders Sannerstedt, basé à Lund, que la modernisation du parti a commencé à la fin des années 1990. » A l’époque, le patron des SD, Jimmie Akesson, et ses trois lieutenants sont encore étudiants à l’université de Lund, quand ils ébauchent la stratégie visant à dédiaboliser le parti.
A en juger par l’affluence autour de la cabane du parti à Hörby, vingt ans plus tard, ils ont réussi. Marita a à peine eu le temps de préparer le café qu’une femme l’interpelle déjà, passant sans s’arrêter devant les chalets...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le Royaume saoudien a transformé le droit d’exploitation perpétuel de son sous-sol par la compagnie pétrolière nationale en une concession de 40 ans. Pourtant, « la privatisation du siècle » ne semble plus à l’ordre du jour, selon Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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Saudi Aramco : « L’éternité ou 40 ans, quelle différence ? »

Le Royaume saoudien a transformé le droit d’exploitation perpétuel de son sous-sol par la compagnie pétrolière nationale en une concession de 40 ans. Pourtant, « la privatisation du siècle » ne semble plus à l’ordre du jour, selon Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 11h41
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. « L’éternité c’est long, surtout vers la fin. » Est-ce en pensant à Woody Allen que le Royaume saoudien a décidé de transformer le droit d’exploitation perpétuel de son sous-sol, octroyé à sa société pétrolière Aramco, en une concession de 40 ans ? Bien sûr, 40 ans, à l’échelle de beaucoup d’entreprises, c’est déjà une éternité, surtout si ce droit est renouvelable. Mais ce n’est tout de même pas pareil. C’est évidemment plus que la moyenne de 20 ans des concessions des grandes majors pétrolières occidentales comme Exxon, Shell ou Total, mais c’est moins que celles accordées pour les autoroutes françaises et qui dépassent les 60 ans.
Le ministère saoudien de l’énergie explique qu’il ne s’agit en aucune manière d’une marque de défiance vis-à-vis de la société d’Etat, mais d’une étape nécessaire à sa future mise en Bourse. Une forme d’alignement sur les standards de la profession. Mais c’est aussi une manière de reconnaître que le futur est de moins en moins prévisible, que nous entrons dans une période d’accélération. Que sera le marché du pétrole dans un demi-siècle ? A dix ans, les prévisions sont déjà un art bien difficile…
Le gouvernement saoudien fait ainsi semblant de rester ferme sur son projet de cotation de son joyau public, qui assure à lui seul plus de 80 % des recettes de l’Etat, mais cette option lui pose aujourd’hui plus de problèmes qu’elle n’en résout. L’introduction sur les marchés d’un tel monstre, la première compagnie pétrolière au monde, est extraordinairement complexe. L’Etat voulait en retirer 100 milliards de dollars (plus de 85 milliards d’euros) d’argent frais en ouvrant 5 % du capital de la société.
Il est urgent d’attendre
Cela valoriserait donc l’entreprise à 2 000 milliards de dollars, soit deux fois plus qu’Apple, la société cotée la plus riche du monde. On imagine l’infrastructure financière à mettre en place, avec une cotation sur plusieurs places internationales. D’autant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le sort du fief rebelle syrien, et de 3 millions de civils, dépend de tractations entre Ankara et Moscou, qui soutient le régime de Bachar Al-Assad.
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Syrie : derniers préparatifs avant la bataille d’Idlib

Le sort du fief rebelle syrien, et de 3 millions de civils, dépend de tractations entre Ankara et Moscou, qui soutient le régime de Bachar Al-Assad.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 15h43
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance) et 
Madjid Zerrouky








                        



                                


                            

« Une nouvelle tragédie humanitaire se profile en Syrie », s’est alarmé Emmanuel Macron, lundi 27 août lors de son discours annuel aux ambassadeurs, à Paris, alors que la menace d’une offensive plane sur la province d’Idlib. La reprise de ce vaste bastion insurgé du Nord-Ouest syrien figure désormais parmi les priorités du régime de Damas. En s’en emparant, le régime signerait, sans doute, la défaite définitive de la rébellion syrienne.
Des groupes djihadistes et des formations rebelles sous influence turque se partagent le contrôle de cette région. Mais des contacts se sont intensifiés ces dernières semaines entre Ankara et Moscou, qui soutient le régime de Bachar Al-Assad. Ces tractations pourraient sceller le sort de la région d’Idlib, limitrophe de la Turquie, et la plonger dans la guerre.
Une enclave anti-Assad sous influence turque
Près de 3 millions de Syriens vivent à Idlib, dont une moitié de déplacés. Des civils et des combattants anti-Assad y ont été acheminés à mesure que d’autres zones rebelles étaient reprises, ailleurs dans le pays, par les forces progouvernementales. Une bonne partie des habitants dépend entièrement de l’aide humanitaire.
Ankara y a envoyé de premiers observateurs militaires en octobre 2017 et n’a cessé depuis d’accroître son influence. En vertu des accords d’Astana, qui lient lie la Turquie aux deux parrains étrangers du régime, la Russie et l’Iran, Ankara est le garant de la « désescalade » censée être observée dans la province, et de la mise au pas des groupes djihadistes.
Vulnérables en cas de reprise des combats à grande échelle, une dizaine de postes d’observation de l’armée turque ont été renforcés tout au long de l’été, sur la ligne qui sépare rebelles et forces gouvernementales.
Une offensive totale risquerait de provoquer un désastre humanitaire et ferait figure de camouflet pour Ankara. En effaçant les groupes armés que la Turquie est censée protéger, elle menacerait ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les points d’achoppement sont nombreux entre Ottawa et Washington, alors que les Etats-Unis et le Mexique viennent de conclure un accord.
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Alena : sous pression, le Canada retourne à la table des négociations

Les points d’achoppement sont nombreux entre Ottawa et Washington, alors que les Etats-Unis et le Mexique viennent de conclure un accord.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 12h14
    |

                            Agnès Chapsal (Montréal, correspondance)








                        



                                


                            

La pression s’accroît sur le Canada après l’annonce, lundi 27 août, d’un accord bilatéral entre les Etats-Unis et le Mexique. Immédiatement après la déclaration de Donald Trump, la ministre canadienne des affaires étrangères, Chrystia Freeland, en visite en Allemagne, a annulé son déplacement en Ukraine pour repartir aux Etats-Unis. Elle devait se rendre dès mardi à Washington pour relancer la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena). Le Canada, signataire de l’Alena en 1994, n’a pas participé depuis près de deux mois aux négociations, mais Ottawa était censé rejoindre les discussions une fois réglés les différends entre le Mexique et les Etats-Unis.
Au Canada, les observateurs peinent à s’accorder sur l’issue des négociations qui s’amorcent avec Washington, alors que les deux pays traversent une crise commerciale sans précédent depuis l’augmentation des tarifs douaniers américains sur l’acier et l’aluminium, en mai. L’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, juge que l’accord bilatéral conclu entre les Etats-Unis et le Mexique « soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponse au Canada ». Le Canada se retrouve dans une situation où « c’est à prendre ou à laisser ».
« La bonne nouvelle, c’est que le président Trump veut un deal », a réagi Raymond Bachand, négociateur en chef pour le Québec dans le dossier de l’Alena et ancien ministre des finances de la province. Optimiste, il s’attend à ce qu’un accord soit conclu avec Ottawa d’ici à la fin de la semaine, tout en reconnaissant que la pression sur le Canada sera « énorme ».

Une promesse de campagne de Donald Trump
Directeur de l’Observatoire sur les Etats-Unis de la chaire Raoul-Dandurand à l’université du Québec à Montréal (UQAM), Frédérick Gagnon estime que les agendas politiques des dirigeants américain et mexicain les pressent à trouver un nouvel accord. « M. Trump aimerait soumettre un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Aucun détail n’a été donné sur la durée du séjour d’Abdelaziz Bouteflika, ni sur l’hôpital où auront lieu les examens.
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Compte rendu

Le président algérien Bouteflika en Suisse pour des « contrôles médicaux périodiques »

Aucun détail n’a été donné sur la durée du séjour d’Abdelaziz Bouteflika, ni sur l’hôpital où auront lieu les examens.


LE MONDE
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        Le 28.08.2018 à 10h58

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        Mis à jour le 28.08.2018 à 14h27






    
Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, à Alger, le 9 avril 2018.
Crédits : RAMZI BOUDINA / REUTERS


Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, affaibli par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013, a quitté Alger, lundi 27 août, pour des « contrôles médicaux périodiques » à Genève, a annoncé la présidence, citée par l’agence d’Etat APS. Aucun détail n’a été communiqué, notamment sur la durée du séjour présidentiel en Suisse ou sur l’hôpital où auront lieu ces contrôles médicaux.
Hospitalisé quatre-vingts jours à Paris en 2013 après son AVC, M. Bouteflika s’est depuis rendu plusieurs fois à l’étranger pour des « contrôles médicaux périodiques », à Paris, Grenoble ou Genève.

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                En Algérie, le président Bouteflika limoge le chef de la police sur fond de lutte des clans



En prévision de l’élection présidentielle, en avril 2019, son camp multiplie les appels à un cinquième mandat de M. Bouteflika, qui dirige l’Algérie depuis 1999. Si le chef de l’Etat n’a pas fait part de ses intentions, de nombreux observateurs estiment sa candidature hautement probable.
La santé du président algérien fait l’objet de multiples spéculations dans son pays. L’AVC dont il a été victime a affecté sa mobilité et son élocution. Ses apparitions – en fauteuil roulant – sont rares et il ne s’exprime plus en public.

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                Choléra en Algérie : à l’hôpital de Boufarik, « on a déclenché le plan Orsec »



M. Bouteflika a participé à deux événements publics, en avril et en mai. Il est également apparu à la télévision nationale, le 5 juillet, jour de la fête nationale algérienne, à l’occasion d’un dépôt de gerbe à la mémoire des « martyrs » de la guerre d’indépendance.
Par ailleurs, il a rencontré en avril l’ancien président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, en visite à Alger, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, le mois précédent.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La Suédo-Chilienne Zaida Catalan et l’Américain Michael Sharp, qui enquêtaient sur des fosses communes, ont été tués en 2017 dans la province du Kasaï central.
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Compte rendu

Experts de l’ONU tués en RDC : le procès reprend après dix mois de suspension

La Suédo-Chilienne Zaida Catalan et l’Américain Michael Sharp, qui enquêtaient sur des fosses communes, ont été tués en 2017 dans la province du Kasaï central.


LE MONDE
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        Le 28.08.2018 à 10h58

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        Mis à jour le 28.08.2018 à 11h10





Le procès des assassins présumés de deux experts des Nations unies et de leurs accompagnateurs, en mars 2017, a repris lundi 27 août en République démocratique du Congo (RDC), après dix mois de suspension. Treize des 26 prévenus ont comparu devant une juridiction militaire à Kananga, dans la province du Kasaï central (centre), ont indiqué les greffiers et les avocats de la défense à un correspondant de l’AFP.
Parmi eux figurent deux nouveaux prévenus, dont le chef du village de Moyo Musuila, où les deux jeunes experts ont été tués le 12 mars 2017, selon ces mêmes sources. Les deux hommes sont poursuivis pour « crimes de guerre par mutilation », rapporte la radio onusienne Okapi. « Le chef de village nie toute participation à ce crime. Il met en cause l’autre prévenu, qu’il a présenté comme le chef milicien qui a installé le mouvement Kamuina Nsapu dans son village en 2017 », selon la radio onusienne.

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L’audience a été renvoyée à jeudi. Il s’agissait de la première audience depuis la suspension du procès, fin octobre.
Plus de 3 000 morts
La région du Kasaï a basculé dans la violence en septembre 2016, un mois après la mort du chef coutumier mystico-religieux Kamuina Nsapu, tué par les forces de sécurité. Les violences des forces de sécurité et des milices Kamuina Nsapu ont fait plus de 3 000 morts, d’après l’Eglise catholique, et un million de déplacés, selon les Nations unies.
Les deux experts, la Suédo-Chilienne Zaida Catalan, 36 ans, et l’Américain Michael Sharp, 34 ans, enquêtaient sur des fosses communes. Ils ont été tués par des miliciens Kamuina Nsapu, selon le gouvernement congolais, qui affirme tout ignorer de leur déplacement. En décembre 2017, une enquête de deux journalistes présents dans le Kasaï au moment des faits pour Radio France internationale (RFI) et l’agence Reuters indiquait que des agents de l’Etat congolais avaient participé à l’organisation de leur mission.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Un rapport de l’ONU, que « Le Monde » s’est procuré, rapporte que des membres des groupes armés contribuent à des attaques et à des trafics de migrants et de drogues.
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Enquête

Au Mali, des signataires de l’accord de paix accusés de terrorisme

Un rapport de l’ONU, que « Le Monde » s’est procuré, rapporte que des membres des groupes armés contribuent à des attaques et à des trafics de migrants et de drogues.

Par                                            Morgane Le Cam (Bamako, correspondance)




LE MONDE
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        Le 28.08.2018 à 10h46

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        Mis à jour le 28.08.2018 à 15h09






    
Des combattants de la Coordination des mouvements de l’Azawad, près de Kidal, au Mali, en septembre 2016.
Crédits : STRINGER / AFP


Le rapport est accablant et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Pour la première fois, l’ONU, via son groupe d’experts indépendants sur le Mali, dénonce, noms à l’appui, l’implication de membres de groupes armés signataires de l’accord de paix d’Alger ou désignés comme « coopératifs » dans des attaques terroristes, mais aussi dans le trafic de migrants et de drogues. L’accord de paix d’Alger avait été signé en 2015 par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), la Plateforme (groupes armés progouvernementaux) et l’Etat malien dans le but de mettre fin au conflit dans le nord du Mali.
En exclusivité, Le Monde Afrique a obtenu ce rapport qui devrait être rendu public prochainement. Ce document de 71 pages, daté du mercredi 8 août, révèle la participation d’Alkassoum Ag Abdoulaye, le chef d’état-major de la Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA), dans la double attaque terroriste qui a visé le camp militaire de Soumpi, dans la région de Tombouctou, les 24 octobre 2017 et 27 janvier 2018. Près de 19 militaires ont été tués lors de ces deux attaques revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Or la CPA fait partie des groupes dits « coopératifs », qui gravitent autour de l’accord de paix d’Alger.

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Selon nos informations, le cas de Soumpi n’est pas isolé. Au moins trois autres attaques terroristes auraient été perpétrées avec l’aide de membres de groupes armés dits « coopératifs ». Pour le panel d’experts indépendants mis en place en février, le rôle d’Alkassoum Ag Abdoulaye ne s’arrête pas là : il aurait aussi « contribué à coordonner les katibas dans la région de Mopti ».
« Alkassoum Ag Abdoulaye n’est pas un terroriste en tant que tel, il a profité d’occasions pour récupérer des armes et des munitions. C’est tout l’objectif de ce rapport : montrer qu’il y a des stratégies opportunistes individuelles qui ne mettent pas en cause les groupes mais bien des individus. Des acteurs invisibles qui ont des intérêts particuliers et qui ralentissent la mise en œuvre de l’accord de paix pour les défendre », explique une source diplomatique.
Entraves au processus de paix
Le rapport devrait être transmis sous peu au Conseil de sécurité des Nations unies. « Le but étant de prendre appui sur ce document afin de proposer que des sanctions soient prises contre ces acteurs », poursuit notre source. Agacée par la lenteur de la mise en œuvre de l’accord, l’ONU avait fait monter la pression en septembre 2017. Le Conseil de sécurité avait alors adopté un régime de sanctions contre les individus entravant son application. Mais en un an, aucune sanction n’a été prise. Ce rapport pourrait changer la donne et transformer la menace en décision concrète.
Les auteurs s’attardent aussi sur le rôle joué par un certain Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, un autre leader de la CPA, dans les entraves au processus de paix dans les régions de Tombouctou et Gao. Ag Mohamedoune aurait eu pour rôle « d’imposer la Coordination des mouvements de l’entente [CME, une coalition formée de dissidents des groupes signataires] dans les différents mécanismes établis », afin notamment de voir ses soldats intégrés dans l’armée.
Pour les auteurs, l’objectif de certains membres de la CME est clair : user de la violence pour montrer leur capacité de nuisance au processus de paix, dans le but de s’imposer comme la quatrième partie de l’accord d’Alger. Selon le document, certains de ses membres auraient même menacé de « boycotter l’élection présidentielle [qui a vu la réélection d’Ibrahim Boubacar Keïta, mi-août] en vue d’être inclus dans l’accord et ses mécanismes ».

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Selon le groupe d’experts, le gouvernement pourrait aussi avoir utilisé la CME. « Le gouvernement lui a aussi cédé officieusement la présidence d’autorités intérimaires », explique le rapport. « Pour certains, c’est la preuve absolue que la CME est un proxy [intermédiaire] gouvernemental », précise notre source, avant d’alerter sur les conséquences d’une telle stratégie : « Si le gouvernement perpétue cette tradition malienne d’utilisation des proxy, le risque est que les problèmes fondamentaux que l’accord de paix tente de régler ne soient jamais traités. »
D’autant que des membres de groupes qui ont directement signé l’accord d’Alger sont également mis en cause. Le maire de Talataye, dans la région de Gao, est l’un d’eux : « Salah Ag Ahmed a été présenté au panel par plusieurs sources indépendantes comme membre proéminent du HCUA [Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad], proche d’Iyad Ag Ghali […] et comme agent de liaison entre les groupes djihadistes Ansar Eddine et l’EIGS [Etat islamique dans le Grand Sahara]. » Le HCUA, en tant que membre de la CMA, est partie intégrante de l’accord d’Alger.
Exploitation sexuelle de migrants
Le rapport ne se limite pas à révéler les connexions avec les groupes terroristes. « Le cas de Mahamadou Ag Rhissa […] illustre le mieux les liens entre les passeurs de migrants et les activités des groupes armés », poursuivent les auteurs. Comme Salah Ag Ahmed, Ag Rhissa est membre du HCUA. « Il contrôle le passage des migrants à Talhandak, a détenu des femmes et facilité leur exploitation sexuelle, les libérant seulement après le paiement d’une somme allant de 150 000 à 175 000 francs CFA [de 228 à 267 euros] », souligne le rapport.
Un homme associé au Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia, loyal à Bamako) est aussi pointé du doigt. Baye Coulibaly est cité comme étant l’un des principaux passeurs de Gao : « Il dirige un business de transport opérant entre Gao et Tamanrasset, en Algérie, et fournit des faux documents de transport maliens pour faciliter la traversée vers l’Algérie aux migrants non maliens. Il est aussi soupçonné de détenir des migrants rejetés d’Algérie, qui sont ensuite recrutés par le Gatia dans le but d’être intégrés au processus DDR [désarmement, démobilisation, réinsertion] de Gao. » Selon les auteurs, Baye Coulibaly bénéficierait de la protection de membres des forces de défense et de sécurité maliennes à travers des connexions familiales. 

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Des membres du Gatia sont aussi dénoncés comme étant impliqués dans la sécurisation de convois de plusieurs tonnes de cannabis dans le nord du Mali. Pour les trafiquants, le deal est avantageux : « La légitimité de la Plateforme et de la CMA en tant que groupes armés signataires a motivé les trafiquants de drogue à chercher la protection de leurs membres plutôt que celle des groupes armés terroristes en vue d’être moins exposés. »
« Tout ça, ce ne sont que quelques exemples concrets parmi tant d’autres, alerte notre source diplomatique. En réalité, il y a des dizaines de membres de groupes armés qui prennent part à des actions terroristes, au trafic de migrants et de drogues. » Autant d’individus censés officiellement œuvrer pour la paix mais qui, en sous-main, contribueraient à développer le terrorisme et les trafics, contre les intérêts de leur pays.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Editorial. Le chef de l’Etat a appelé à « revisiter les tabous ». Mais, pour concrétiser cette vision, il lui faut commencer par trouver des partenaires.
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La priorité européenne d’Emmanuel Macron

Editorial. Le chef de l’Etat a appelé à « revisiter les tabous ». Mais, pour concrétiser cette vision, il lui faut commencer par trouver des partenaires.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 12h32
   





                        



   


Editorial. Dans les derniers mots de son discours d’une heure et demie prononcé le 27 août devant les ambassadeurs français, Emmanuel Macron a cité Soljenitsyne qui, il y a quarante ans, dans une conférence à Harvard, évoquait le « déclin du courage » et la fragilité de l’Occident.
Cette gravité de ton contrastait avec le volontarisme enthousiaste d’août 2017, pour ce même rendez-vous annuel de la diplomatie française, où le président à peine élu, incarnant l’espoir d’un grand retour de la France sur la scène internationale, semblait destiné à devenir figure de référence naturelle d’un monde euro-atlantique déboussolé par l’imprévisibilité de Donald Trump, l’affaiblissement d’Angela Merkel et celui de Theresa May, engluée dans le Brexit. Ce qui était son atout est devenu son handicap. Emmanuel Macron semble toujours plus seul pour porter le « renforcement de l’ordre mondial » qu’il appelle de ses vœux et sa priorité européenne avec une « refondation de l’Union ».

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La crise du multilatéralisme, le choix de Donald Trump de se détourner du système des relations internationales construit après 1945 et la montée des nationalismes créent des défis inédits. Ebranlée par les doutes des peuples sur le projet communautaire, menacée par la montée des tensions au Moyen-Orient comme au Sahel, l’Europe est au cœur de cette crise, même si elle en incarne aussi la possible solution. C’est le pari d’Emmanuel Macron.
Les « forces progressistes et celles du repli »
« Ce combat européen ne fait que commencer, il sera long et difficile et il sera au cœur de l’action de la France tout au long de mon mandat », a martelé le président devant les ambassadeurs. Ce combat est celui qui, en Europe, peut-être encore plus qu’ailleurs dans le monde, oppose les « forces progressistes et celles du repli ».
A neuf mois des élections européennes, Emmanuel Macron espère cristalliser les suffrages de tous ceux qui, en France, refusent la vision d’un Viktor Orban ou d’un Matteo Salvini. Il les épingle dans son discours, même s’il reconnaît que de tels mouvements sont nés de l’affadissement du rêve européen et de la sous-estimation « de l’identité profonde des peuples et de leur imaginaire collectif ». Le chef de l’Etat espère recomposer les alliances politiques à l’échelle européenne, comme il l’avait fait dans le champ politique national.
Il faut reconnaître à M. Macron une véritable vision de l’Europe qu’il a longuement réaffirmée lundi, notamment dans la dernière partie de son discours, où le ton s’est fait vibrant et plus personnel, rompant avec ce que cet exercice du discours annuel aux ambassadeurs peut avoir de convenu dans la longue énumération des grands dossiers et des prochains rendez-vous de la diplomatie tricolore.

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Son projet, déjà évoqué il y a un an lors de son discours à la Sorbonne, est une « vision humaniste de la mondialisation », portée par une Europe capable d’assumer pleinement sa souveraineté et son autonomie stratégique, qui doit compter toujours plus sur elle-même pour sa sécurité. La force d’Emmanuel Macron est le refus du renoncement. Il appelle ainsi à « revisiter les tabous européens », y compris par une révision des traités. Il veut affirmer la France comme « puissance médiatrice » – ce qui ne signifie pas pour autant moyenne. Au-delà des effets de tribune, le véritable défi est celui de concrétiser cette vision ambitieuse. Pour cela, il faut commencer par trouver des partenaires et, surtout, parvenir à les convaincre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le ministère de la santé dénombre 18 guérisons et autant de patients hospitalisés dans l’est du pays.
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Compte rendu

En RDC, le bilan de l’épidémie Ebola monte à 75 morts

Le ministère de la santé dénombre 18 guérisons et autant de patients hospitalisés dans l’est du pays.


LE MONDE
              datetime="2018-08-28T09:58:01+02:00"

        Le 28.08.2018 à 09h58






    
A Beni, dans l’est de la RDC, un panneau explique les symptômes d’Ebola, le 19 août 2018.
Crédits : JOHN WESSELS / AFP


Le bilan de l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est monté à 75 morts, a indiqué lundi 27 août le ministère de la santé. « Au total, 111 cas de fièvre hémorragique ont été signalés dans la région », indique le dernier bulletin du ministère sur la situation épidémiologique, arrêté au dimanche 26 août. Le bilan était de 55 morts il y a une semaine.

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Le ministère de la santé compte 47 décès parmi les 83 cas confirmés par des tests en laboratoire, plus 28 décès probablement dus au virus Ebola, la plupart enregistrés avant la déclaration de l’épidémie, le 1er août. « Depuis le 8 août 2018, 4 130 personnes ont été vaccinées », poursuit le ministère, qui fait aussi état de 2 445 « contacts » à suivre (des personnes ayant pu être en contact avec le virus).
Il y a aussi 18 guérisons, 18 patients hospitalisés et dix cas suspects en cours d’investigation, d’après la direction générale de lutte contre la maladie. Aucun nouveau cas n’a été enregistré en date du 26 août, selon le bulletin. Des représentants de la société civile ont demandé le report de la rentrée scolaire prévue le 3 septembre dans le territoire de Beni, à titre préventif.

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La dixième épidémie sur le sol congolais depuis 1976 touche la région de Beni, dans le Nord-Kivu, zone d’activité de groupes armés qui menacent les civils. Dans Beni et ses environs, les exactions sont principalement attribuées aux Allied Defense Force (ADF) ougandais. Le principal foyer de l’épidémie, la bourgade rurale de Mangina, à 30 km au sud-ouest de Beni, est épargnée par les ADF, qui menacent surtout l’axe nord Beni-Oicha.
L’actuelle épidémie a été déclarée une semaine après la fin d’une précédente à l’autre bout du pays, dans la province de l’Equateur (nord-ouest), qui avait fait 33 morts.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Selon les statistiques officielles, au moins 4 400 personnes ont été tuées depuis l’arrivée au pouvoir de Duterte il y a deux ans. Un bilan qu’il faut multiplier par trois pour obtenir le nombre réel de morts, selon les défenseurs des droits de l’homme.
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Philippines : nouvelle plainte contre Duterte pour crimes contre l’humanité

Selon les statistiques officielles, au moins 4 400 personnes ont été tuées depuis l’arrivée au pouvoir de Duterte il y a deux ans. Un bilan qu’il faut multiplier par trois pour obtenir le nombre réel de morts, selon les défenseurs des droits de l’homme.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 08h10
   





                        



   


Des activistes et les familles de huit victimes de la lutte contre le trafic de drogue menée depuis deux ans aux Philippines ont porté plainte mardi 28 août devant la Cour pénale internationale (CPI) contre le président philippin Rodrigo Duterte, l’accusant de crimes contre l’humanité.
Il s’agit de la deuxième plainte de ce type contre Duterte transmise à la CPI après celle d’un avocat philippin en avril 2017, pour laquelle la cour a ouvert une enquête préliminaire en février dernier. Cet examen doit déterminer si la CPI est compétente ou non pour juger les faits reprochés à M. Duterte. Au terme de cette étape, elle devra dire si elle ouvre une enquête ou si elle referme le dossier. Et elle devra notamment déterminer s’il s’agit de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre.
Au moins 4 400 tués en deux ans
Elu facilement en 2016, le président Duterte avait promis d’éradiquer le trafic de drogue en faisant littéralement abattre des dizaines de milliers de délinquants.

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Il assure aujourd’hui ordonner aux policiers d’utiliser leurs armes à feu pour tuer uniquement si leur vie est en danger. La police suit la même ligne de justification. Elle nie les accusations selon lesquelles elle exécute des consommateurs de drogue, affirmant que les personnes tuées sont toutes des narcotrafiquants qui ont résisté à leur arrestation.
D’après les statistiques officielles, qui ont varié au cours du temps, plus de 4 400 personnes ont été tuées par la police depuis l’arrivée au pouvoir de Duterte en juin 2016. Les défenseurs des droits de l’homme affirment qu’il faut en fait multiplier par trois ces chiffres pour obtenir le bilan réel des morts.
Affirmant être la victime d’attaques de la part de l’Organisation des Nations unies et d’infractions à la présomption d’innocence, Rodrigo Duterte avait annoncé en mars qu’il retirait son pays des Etats reconnaissant la CPI. La Cour suprême examinera mardi 28 août ce recours.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Commissaire européen à la sécurité, Sir Julian King annonce, dans une tribune au « Monde », la publication prochaine d’une proposition législative européenne imposant aux plates-formes une série de normes pour entraver la propagande de l’organisation  Etat islamique sur Internet.
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édition abonné


Union européenne : « S’attaquer à la diffusion des contenus à caractère terroriste en ligne constitue une priorité absolue »

Commissaire européen à la sécurité, Sir Julian King annonce, dans une tribune au « Monde », la publication prochaine d’une proposition législative européenne imposant aux plates-formes une série de normes pour entraver la propagande de l’organisation  Etat islamique sur Internet.



LE MONDE
 |    28.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 09h59
    |

Sir Julian King (Commissaire européen à la sécurité)







                        



                                


                            
Tribune. La menace que le terrorisme représente pour l’Europe est incontestable — le souvenir de ce dont j’ai été témoin lorsque je me suis rendu sur les lieux de l’attentat de Nice, il y a deux ans, est intact. Malheureusement, ce tragique événement est loin d’être isolé. Ces dernières années, l’Europe a été la cible de nombreux attentats terroristes – et la France fait partie des Etats membres qui ont payé un très lourd tribut avec un total de 245 victimes décédées entre 2015 et 2018 (Paris mais aussi, Marseille, Trèbes, etc.).
Dans presque tous les cas, les auteurs de ces attentats avaient utilisé Internet pour diffuser leur message de haine, fournir des informations sur la manière de commettre des atrocités et se vanter de leurs résultats mortels.
Les Etats membres restent en première ligne s’agissant de la lutte contre le terrorisme, mais l’Union européenne (UE) aussi a un rôle à jouer pour soutenir et compléter l’action au niveau national, en particulier quand il s’agit de s’attaquer aux contenus terroristes en ligne, un problème qui, par nature, transcende les frontières.
Le lien entre Internet et le terrorisme est manifeste, l’organisation Etat islamique (EI) ayant fait d’Internet un outil de propagande majeur. Malgré son récent recul sur le terrain, ses activités de propagande en ligne ne semblent guère faiblir – près de 700 nouveaux messages officiels de l’EI ont été produits durant le seul mois de janvier.
Priorité absolue
Selon Europol, plus de 150 plates-formes en ligne – établies pour la plupart hors de l’UE – sont exploitées afin d’héberger des contenus à caractère terroriste et d’en faciliter la diffusion. Parmi elles se trouvent des entreprises de toute taille allant de simples services d’hébergement et de partage de fichiers aux médias sociaux traditionnels.
Autre point important : les contenus terroristes se propagent avec une extrême rapidité sur la Toile : trois quarts des liens vers la propagande...




                        

                        

