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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Interprète historique de « Salomé » et d’« Elektra », de Richard Strauss, la chanteuse suisse s’est éteinte le 26 août à l’âge de 97 ans.
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La soprano Inge Borkh est morte

Interprète historique de « Salomé » et d’« Elektra », de Richard Strauss, la chanteuse suisse s’est éteinte le 26 août à l’âge de 97 ans.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 17h11
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Inge Borkh, soprano suisse d’origine allemande, est morte le 26 août à Stuttgart à l’âge de 97 ans. Elle a marqué de son empreinte les rôles titres des opéras Salomé et Elektra, de Richard Strauss, mais son investissement de tragédienne s’est aussi exprimé dans un large éventail esthétique, du XVIIIe siècle à la création contemporaine.
Fille d’un diplomate allemand et d’une chanteuse autrichienne, Inge Borkh naît à Mannheim (Allemagne) sous le nom d’Ingeborg Simon, le 26 mai 1921. A l’année 1917, retenue pour sa naissance dans quelques notices biographiques, elle opposera toujours un vigoureux démenti afin, notamment, de souligner la précocité de ses prestations sur les planches. Inge Simon est, en effet, engagée comme actrice, à 16 ans, à Linz, en Autriche, après avoir séjourné en 1935 à Genève et s’être fixée, avec sa famille, à Vienne où son éducation artistique connaît un développement multipolaire : cours de théâtre avec Margit von Tolnai, de danse avec Grete Wiesenthal, de piano avec Gertrude Wiesenthal et de chant avec sa propre mère.
C’est toutefois l’art dramatique qui lui vaut ses premiers engagements professionnels, pour la saison 1938-39, au théâtre municipal de Bâle. Motivée par les origines juives de la mère de famille, l’installation des Simon en Suisse – peu après l’Anschluss – permet à la jeune Inge de poursuivre sa carrière dans de bonnes conditions en passant, en 1940, du théâtre à l’opéra. Forte d’une formation de quelques mois à Milan sous la férule de Vittorio Moratti, elle fait ses débuts à l’Opéra de Lucerne dans Le Baron tzigane, une opérette de Johann Strauss fils, avant d’incarner Agathe dans le Freischütz, de Weber.
Une renommée internationale
De 1940 à 1945, toujours en Suisse, elle enchaîne des rôles aussi différents que ceux de Pamina dans La Flûte enchantée, de Mozart, d’Eurydice dans Orphée et Eurydice, de Gluck, de Marta dans Tiefland,...




                        

                        


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Quelle place pour la tapisserie dans les arts plastiques ?

Une exposition du Mobilier national aux Gobelins évoque cent ans de création de chefs-d’œuvre en laine tissée, sous le regard du philosophe Yves Michaud.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 16h11
    |

            Florence Evin








                        



   


La tapisserie a-t-elle toujours sa place dans les arts plastiques ? Le philosophe et critique d’art Yves Michaud en est convaincu. Invité par le Mobilier national, aux Gobelins, à poser son regard sur l’histoire des manufactures dans le cadre de l’exposition Au fil du siècle, chefs-d’œuvre de la tapisserie 1918-2018, l’ancien directeur de l’Ecole des beaux-arts le dit sans ambages : « Ce qui m’intéresse, c’est le retour d’intérêt pour les arts mineurs. A l’heure du multimédia, pourquoi ne pas faire de la tapisserie ? Tant qu’il y a eu de grandes expositions internationales, servant une politique de prestige, les manufactures ont fonctionné. Aujourd’hui avec les vidéos et les installations lumineuses, comment réussir le tournant de la tapisserie vers l’art contemporain, avec les contraintes techniques et économiques ?, interroge-t-il. Sa réponse claque :  « Il faut prendre des risques ». Et se démarquer de la tentation du choix officiel visant les artistes consacrés, pour se tourner vers des projets originaux. 
La lecture d’un siècle de production de tapisseries et de tapis, en 80 pièces, sorties des réserves du Mobilier national aux Gobelins, est sur ce point parlante. Durant l’âge d’or de la tapisserie, les XVIIe et XVIIIe siècles, les rois convoyaient, d’un château à l’autre, leurs galeries de laine tissée, de multiples tentures, de cinq à dix tapisseries, roulées dans des chariots ; une production lente et coûteuse (une année de travail par pièce) réalisée sur des métiers de haute et basse lisse par des artisans d’élite, que s’arrachaient les cours européennes. Ces commandes à la gloire du souverain évoquaient les grands mythes de l’Antiquité.
« Une lecture du siècle »
Après la Révolution française, il en est tout autre. C’est de l’actualité nationale dont il sera question, des guerres, des colonies, des avancées techniques, puis du Front populaire en 1936 avec l’arrivée des congés payés et du corps en liberté, dans un esprit « pompier », comme le démontre l’exposition. Si le résultat est très kitch, le savoir faire ancestral des lissiers impressionne par la perfection du rendu, le dégradé des couleurs, la minutie du tissage pour être au plus près du modèle, ou « carton », fourni par l’artiste.

   


« La tapisserie comme mémoire, résume Christiane Naffah-Bayle, commissaire générale de l’exposition. C’est une lecture du siècle, dans l’atmosphère des évènements dramatiques ou positifs, au travers des commandes des régions et villes de France. Ces pièces mal aimées, rarement empruntées – par l’administration –, peu exposées, ne correspondent pas au goût contemporain. Après 1950, la tapisserie, membrane sensible qui prend toutes les pulsations du siècle, c’est fini ». Le renouveau est signé Lurçat, qui casse les codes, supprime le cadre, impose ses couleurs à la nuance près, dans ses allégories à l’homme nouveau et à la Nature. Une section de l’exposition, réservée aux commandes nazies de Goering, donne la mesure de la résistance des ouvriers qui ne finiront jamais les pièces restées sur le métier.
Vibration de la souffrance
A l’étage de la Galerie des Gobelins, la page est tournée, c’est d’un tout autre monde dont il s’agit. Les stars de l’art moderne sont là, leurs œuvres tissées en plus petit format : Matisse, Picasso, Dufy, Léger, Derain, Masson, Le Corbusier, Sonia Delaunay. Pas vraiment convaincant. Le tissage perd en dynamique sur l’œuvre peinte. A l’inverse , il n’en est rien avec les maîtres de « l’abstraction géométrique ou cinétique, plus facilement transposables et avec plus de réussite », comme le souligne Yves Michaud. Hartung et ses courbes noires griffant d’un seul geste la laine blanche, Zao Wou-Ki et ses calligraphies mouvantes sur un tapis couleur pêche, Schöffer et ses fils de plastique filtrant la lumière.

   


En point d’orgue, l’ombre d’une femme sans tête, aux courbes généreuses, criblée de flèches noires, la Sainte Sébastienne, de Louise Bourgeois, dans laquelle le tissage des Gobelins (1995-1997) rend la vibration de la souffrance. Même effet dans la vigueur des couleurs, comme juste posées au pinceau, d’Alain Séchas, pour Une carte du Japon, tissée en 2012-2018, aux Gobelins.
« Depuis la période post-moderne, qui commence dans les années 1980-1990, souligne Yves Michaud, la hiérarchie des arts s’est affaiblie avant d’être battue en brèche. Les avant-gardes se sont éteintes. Les compartiments étanches des pratiques se sont défaits (…) Ce qui ouvre de nouveaux champs d’exploration aux artistes ». Le Mobilier national est face à ces défis. 
« Au fil du siècle, chefs-d’œuvre de la tapisserie 1918-2018 », jusqu’au 23 septembre, Galerie des Gobelins, 42, avenue des Gobelins, Paris 13e. Tous les jours sauf le lundi, de 11 heures à 18 heures. De 6 € à 8 €. Accès gratuit le dimanche 2 septembre. mobiliernational.culture.gouv.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le plus célèbre magazine de mangas fête ses 50 ans au Japon. Avec une méthode bien à lui pour rester au sommet.
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De « Dragon Ball » à « One Piece » : « Weekly Shonen Jump » est devenu la machine à hits du manga

Le plus célèbre magazine de mangas fête ses 50 ans au Japon. Avec une méthode bien à lui pour rester au sommet.





LE MONDE
 |    27.08.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 15h59
    |

            Pauline Croquet






   


Il est le magazine de manga numéro un au Japon. Il a donné naissance aux plus grands succès de la bande dessinée nippone, comme Dragon Ball, One Piece ou encore My Hero Academia. Dans sa période la plus faste, il a été tiré à plus de 6 millions d’exemplaires, attendu chaque lundi religieusement par ses jeunes lecteurs. Cet été, ils ont pu célébrer son cinquantième anniversaire. Son nom est le Weekly Shonen Jump.
Sur l’Archipel, une grande partie des mangas sont d’abord dévoilés sous la forme de feuilletons dans des centaines de magazines de prépublication, avant d’être reliés en un volume, le tankobon.
Le Shonen Jump, souvent abrégé en « Jump », naît une décennie après ses principaux concurrents, en juillet 1968, au cœur d’une bataille que se livrent les grandes maisons d’éditions pour conquérir le lectorat des jeunes garçons (shonen en japonais). Avec pour slogan « la nouvelle voie du manga » et un pirate pour logo, il semble clamer sa liberté et narguer les rivaux.
Dénicher des novices
Même dans la force de l’âge, la parution conserve ses allures de jeunesse. Une couverture aux couleurs criardes à l’effigie de ses héros, des pages imprimées de basse qualité, l’épaisseur d’un gros bottin et un prix modeste (270 yens soit l’équivalent de 2,10 euros) accessible aux écoliers et aux collégiens, son cœur de cible.
A Jimbocho, le quartier des libraires de Tokyo, la petite rédaction du Jump composée aujourd’hui d’une trentaine de personnes continue d’appliquer la recette particulière qui lui réussit depuis des décennies. « C’est l’exemple d’une équipe éditoriale qui connaît son sujet, a un savoir-faire, et s’appuie en plus sur ses lecteurs. C’est une machine de guerre », résume Pierre Valls, directeur de la maison d’édition française Kazé, qui appartient en partie à Shueisha, la maison d’édition-mère du périodique.

   


Tandis que la concurrence incarnée par Shonen magazine (éditions Kodansha) et Shonen Sunday (éditions Shogakukan) a signé les principaux talents de l’époque, Shonen Jump organise des concours pour dénicher des novices et les faire grandir, tout en veillant bien à leur faire signer un contrat d’exclusivité.
Mélange de séries au long cours et d’histoires vite conclues, le magazine s’affranchit aussi des contenus éducatifs que les autres insèrent pour rassurer les parents. Shonen Jump se veut 100 % manga et divertissant, privilégiant ainsi les récits d’action, de sport et de comédie où bagarres et gags grivois sont monnaie courante.
Une ligne éditoriale qui lui réussit dès les premiers numéros avec une comédie très dénudée, Harenchi Gakuen (L’Ecole impudique en français) de Go Nagai, qui s’illustra plus tard avec Goldorak. « Rien de tel pour attraper les élèves des classes primaires à secondaires que cette mise en scène brindezingue de l’infamie, de la débauche, de la barbarie et de l’effronterie en milieu scolaire détraqué », décrit la journaliste Karyn Nishimura-Poupée dans son ouvrage Histoire du manga (édition Tallandier, 2016).
Deux ans après sa création, le magazine passe le million d’exemplaires vendus. En 1971, il se place en tête des magazines shonen et devient la locomotive de l’éminente maison d’édition Shueisha.
Lecteurs et juges
Mais le périodique va réellement innover en plaçant le lecteur-consommateur au cœur de son système. Dans chaque numéro, un bulletin permet au lecteur de renvoyer un classement contre lequel il recevra un petit cadeau de remerciement. Le vote du public décide de la poursuite ou de la mise à mort des séries mais influerait aussi sur l’ordre et le mode d’organisation drastique des séries à l’intérieur du magazine.
« C’est une légende », conteste Hiroyuki Nakano, le rédacteur en chef actuel du Weekly Shonen Jump, avant de nuancer au Monde : « Effectivement, les séries à succès ont tendance à être placées en tête de magazine, mais c’est en fait uniquement pour séparer nettement les séries en fonction de leur genre. Les directeurs assistants de rédaction font très attention, chaque semaine, en créant le magazine, à ce que deux types identiques ne se suivent pas. »
Les sondages entretiennent aussi l’émulation des jeunes mangakas de l’écurie qui ont un trimestre pour faire leurs preuves. « J’étais vraiment intimidé par les autres mangakas, par leur puissance. Je me rappelle avoir pensé qu’il fallait que je leur vole des votes des fans pour pouvoir rester dans le business », confie, dans une interview publiée dans les catalogues de l’exposition anniversaire du magazine, Yoshihiro Togashi qui dessine Hunter x Hunter depuis mars 1998. Les votes peuvent aussi orienter le style d’une série. Akira Toriyama, le père de Dragon Ball, en sait quelque chose :
« A l’origine, je voulais que ce soit un récit de voyage d’aventure pour trouver les boules de cristal. Cependant, mon éditeur n’arrêtait pas de me dire que les résultats des sondages étaient mauvais, donc j’ai dû essayer de mettre les personnages dans un tournoi d’arts martiaux. »
Rien, dans la conception des bandes dessinées du Jump, n’est laissé au hasard. Le processus créateur se cristallise dans la relation étroite que noue chaque mangaka novice avec son éditeur, le tantôsha, aussi garant de la réussite éditoriale que du plan marketing. Les auteurs sont façonnés pour le bon plaisir du lecteur. Les navettes entre la rédaction et les ateliers sont quasi quotidiennes. Des livraisons hebdomadaires obligent les mangakas à tenir un rythme soutenu d’une vingtaine de planches à livrer par semaine. Une charge de travail incomparable avec celle des auteurs occidentaux, et qui prive les dessinateurs de repos parfois pendant plusieurs années.
En véritable machine commerciale, Weekly Shonen Jump joue également « sur la surprise, l’attente, les retournements, les rebondissements pour attraper et fidéliser le lecteur », explique dans son livre Histoire du manga Karyn Nishimura-Poupée.
Incubateur du manga positif

   


Le magazine s’est orienté très vite sur des récits positifs célébrant une sainte trinité de valeurs : « amitié, effort, victoire ». Par opposition à ses rivaux, Jump se veut grand public et populaire en proposant « des mangas superficiels en apparence mais à même de décomplexer des enfants souvent anxieux pressurés par le milieu scolaire », détaille la journaliste.
Ce style de manga faisant l’apologie du courage, de la persévérance et de l’héroïsme porte un nom : le shonen nekketsu (« zèle, ardeur » en japonais), véritable marque de fabrique du Jump. « On peut presque dire que c’est dans ce magazine que cette forme de manga a été incubée et développée », estime Pierre Valls.
L’épine dorsale de ces intrigues : le parcours initiatique d’un adolescent avec une faiblesse ou un handicap mais beaucoup de détermination. A l’image du célèbre Naruto, dont le premier épisode paraît dans Jump en 1999 : il met en scène un orphelin qui cherche à devenir le plus grand ninja et le chef de son village, Konoha, pour gagner le respect de tous. Ces valeurs sont toutefois capables d’attirer un public plus large que sa cible, comme les jeunes filles ou les adultes, qu’il n’est pas rare de voir dévorer le magazine dans le métro de Tokyo.

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« La Shueisha [la maison d’édition de Shonen Jump] a le savoir-faire pour lancer des blockbusters. Ces séries accrochent les jeunes gens de 8-9 ans et les accompagnent jusqu’au début de l’âge adulte. Ce sont des séries évolutives, avec des prémices bon enfant, naïves et progressant vers du plus sombre, de la romance. La force de cet éditeur japonais est qu’il prend des valeurs simples, universelles », résumait au Monde, en décembre 2017, Ahmed Agne, fondateur de Ki-oon, qui édite My Hero Academia en France.
Les équipes du magazine n’hésitent pas non plus à s’écarter de leur grille habituelle pour prendre certains risques éditoriaux calculés et propulser quelques séries OVNI dans leur sommaire, tel le thriller haletant Death Note, ou plus récemment le surprenant The Promised Neverland.
Tsukasa Hojo, créateur de City Hunter (connu des Français sous le nom de Nicky Larson) et Cat’s Eye, déplore toutefois l’homogénéisation des séries. Il confie dans une interview publiée dans les catalogues de l’exposition anniversaire du magazine :
« L’ancien Jump était un grand magasin où vous pouviez trouver toutes sortes de choses au même endroit. Maintenant, c’est un regroupement d’œuvres du même style. (…) Je pense qu’autrefois le Jump essayait d’attirer toutes sortes de lecteurs ; il s’agissait de voir comment faire grandir le lectorat. Aujourd’hui il est surtout question de se consacrer aux lecteurs que nous avons déjà. »
L’âge d’or des années 1980
Cette ligne éditoriale, qui profite également d’un marché croissant du jeu vidéo et des séries animées télévisées, porte Weekly shonen Jump à son apogée entre 1980 et 1996. Des dates qui coïncident à l’explosion du succès d’Akira Toriyama, arrivé un an plus tôt dans ses pages. Avec d’abord l’extravagante série Dr Slump, qui raconte les aventures d’une mignonne petite androïde, mais aussi, dans la foulée, son œuvre culte, Dragon Ball, le mangaka va tirer les ventes du magazine vers des sommets.
En 1995, le magazine bat le record absolu avec 6,5 millions d’exemplaires face à une vingtaine de magazines shonen ; son tout premier tirage était de 105 000. Attendues aussi chaque semaine par les lecteurs, la série iconique Hokuto no Ken (Ken le survivant) puis, plus tard, celle de basket Slam Dunk, dans laquelle l’artiste Takehiko Inoue raconte les rivalités sportives et amoureuses entre lycéens un brin voyous.

   


L’âge d’or du Jump prend fin en 1996 avec l’arrêt successif de ces séries phares, mais aussi un contexte économique général plutôt en berne. L’année suivant, le magazine perd 3 millions de lecteurs. Les autres périodiques ne se portent guère mieux. Mais Jump arrive tout de même à limiter la chute des ventes avec le démarrage de One Piece, série qui, à ce jour, a pulvérisé des records de vente dans le monde, dépassant les 400 millions d’albums écoulés. Aujourd’hui, Jump se distribue chaque semaine à 2,8 millions d’exemplaires, ce qui reste très haut par rapport aux autres hebdomadaires de, mangas selon les constatations de Franceinfo.
Le recul des ventes s’explique aussi par les changements d’usages des Japonais, qui désormais passent le temps dans les transports sur leur smartphone au détriment de la lecture. Si le Shonen Jump a mis un peu de temps à épouser ces nouvelles habitudes — elle a ouvert sa rédaction numérique (Shonen Jump +) en 2014 —, elle consacre désormais un tiers de ses effectifs au numérique. Il faut dire qu’au Japon les recettes du manga numérique ne cessent d’augmenter et ont dépassé en 2017 celles des BD imprimées.

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En tête d’affiche parmi la vingtaine de séries qu’il propose en 2018, l’indéboulonnable One Piece, My Hero Academia ou encore Black Clover. D’anciennes séries comme Gintama, qui s’apprête à livrer son dernier chapitre, ou Hunter x Hunter, y côtoient les nouveaux venus comme Dr Stone ou The Promised Neverland. Des cinq titres les plus vendus en France en 2017, quatre sont nés dans Weekly Shonen Jump. « Il y a toujours une grande compétition entre les éditeurs français pour emporter les droits des séries phares de Shonen Jump », assure Pierre Valls, de la maison d’édition Kazé. Preuve, s’il en faut, que le pirate continue de braver les flots.




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Au cours de sa carrière, il a remporté un prix Pulitzer, en 1991 pour « Lost Yonkers », un Golden Globe et trois Tony, le Molière américain du théâtre.
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Mort du dramaturge américain Neil Simon à 91 ans

Au cours de sa carrière, il a remporté un prix Pulitzer, en 1991 pour « Lost Yonkers », un Golden Globe et trois Tony, le Molière américain du théâtre.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 14h47
   





                        



   


Le dramaturge et producteur américain Neil Simon est mort dimanche 26 août à 91 ans, a fait savoir Bill Evans, un de ses amis proches. Natif de New York, Neil Simon est mort dans un hôpital de la ville de complications liées à une pneumonie, a précisé M. Evans, qui fut son agent artistique jusqu’en 2006.
Légende du théâtre américain, Neil Simon a écrit des succès tant aux yeux de critiques que du public comme Drôle de couple (1965), Pieds nus dans le parc (1963), Lost in Yonkers (1990) ou encore The Sunshine Boys (1974). Il était connu pour être un roi de la comédie, saupoudrant allègrement ses pièces et scénarios de traits humoristiques percutants.
Un Pulitzer, un Golden Globe et trois Tony
Plusieurs de ses œuvres théâtrales ont été adaptées pour le cinéma ou la télévision, à l’instar d’Adieu, je reste (1977), qui valut à Richard Dreyfuss de remporter l’Oscar du meilleur acteur, ou de Drôle de couple (1968), avec Walter Matthau et Jack Lemmon. Au cours de sa carrière, Neil Simon a remporté un prix Pulitzer — en 1991, pour Lost Yonkers —, un Golden Globe et trois Tony, le Molière américain du théâtre.
« C’était un écrivain et un artiste qui ne pouvait s’empêcher d’aller dans son for intérieur pour puiser de nouvelles choses. Comme tout artiste créatif, il avait cette compulsion à explorer davantage », a raconté M. Evans. « Il écrivait chaque jour. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La matriarche de la célèbre famille circassienne avait 107 ans.
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Mort de Rosa Bouglione, « la reine incontestée du cirque »

La matriarche de la célèbre famille circassienne avait 107 ans.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 13h37
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 15h16
   





                        



   


Rosa Bouglione, matriarche de la célèbre famille du cirque qui continue à perpétuer la tradition au Cirque d’Hiver, à Paris, est morte dimanche 26 août à 107 ans, a annoncé lundi sa famille.
« Jusqu’à ce 26 août, elle est restée la reine incontestée du cirque. Pendant presque un siècle, Mme Rosa a reçu les plus grandes stars et accueilli, dans ce temple du cirque, les plus grands artistes internationaux », dit le communiqué de la famille.
« Madame Rosa » naquit dans une roulotte le 21 décembre 1910, à Ixelles, en Belgique, sous le nom de Rosalie Van Been. Dès l’âge de 14 ans, elle avait fait du cirque son métier, avec un numéro de danse serpentine… dans une cage aux lions, sous l’œil attentif de son dompteur de père. En 1928, elle a le coup de foudre pour Joseph Bouglione, descendant de Gitans italiens montreurs d’ours et l’épouse… dans une cage aux fauves. Après leur mariage, ils font l’acquisition du célèbre cirque de la capitale, en 1934.
Comédies musicales et meetings politiques
Après la seconde guerre mondiale, ils sauront se servir de la toute jeune télévision pour faire parler de leurs spectacles, au travers de l’émission « La Piste aux étoiles », de Gilles Margaritis. Toutes les célébrités de l’époque viendront les applaudir au Cirque d’Hiver, de Marlene Dietrich à Maria Callas et Joséphine Baker en passant par Vincent Auriol et Georges Pompidou. Après cet âge d’or, dans les années 1980-1990, le Cirque d’Hiver abritera surtout des comédies musicales et même des meetings politiques.
Rosa et Joseph Bouglione vécurent en tournée sur les routes de France jusqu’en 1981, avant de se sédentariser en s’installant dans un appartement aux allures de roulotte, tout proche du Cirque d’Hiver.
La doyenne du cirque avait émis le souhait d’être enterrée là où sa troupe avait coutume de s’arrêter tous les ans. « Comme tous les membres de la dynastie », Rosa Bouglione sera inhumée mercredi au cimetière de Lizy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne). Cette tradition est entrée dans la légende depuis la mort de son ancêtre par alliance Marie-Louis Baglioni (le nom sera francisé pour devenir Bouglione).
« Cinq générations, rassemblant quelque cinquante-cinq petits, arrière et arrière-arrière-petits-enfants vont dire adieu à leur emblématique aïeule qui leur a légué l’amour du cirque », écrit la famille dans son communiqué.

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                Les cirques avec animaux sauvages bannis des villes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Sur son nouvel album, The Time is Now, Ramón Valle invite Roy Hargrove et casse son image à coups de Fender et de vocoder. Le pianiste cubain répond aux questions du Jazz et la salsa.
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Ramón Valle : « Il n’est pas nécessaire de jouer du free jazz pour être libre dans le jazz »

Sur son nouvel album, The Time is Now, Ramón Valle invite Roy Hargrove et casse son image à coups de Fender et de vocoder. Le pianiste cubain répond aux questions du Jazz et la salsa.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 18h49
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Vous avez publié trois albums très différents en trois ans : Take Off, une rétrospective enregistrée en public de votre carrière, The Art of Two, duo flûte-piano d’inspiration classique et The Time is Now, votre nouvel opus. Que représentent ces trois albums à vos yeux ?
Chacun de ces albums possède sa propre personnalité. Take Off se penche sur mon trio acoustique. J’explore les idées que j’ai développé dans mes perspectives de musicien de jazz. J’y joue également des titres plus anciens avec une nouvelle approche, plus adulte.
The Art of Two est un hommage à ma famille, la famille Valle. C’est une conversation entre deux cousins. Orlando [le flûtiste Orlando « Maraca » Valle] et moi avons ressenti le besoin de remercier notre famille, nos grands-parents, ma mère et mon père, ainsi que les parents d’Orlando qui ont toujours été là pour nous.
The Time Is Now est un album plein de surprises. Est-ce l’album pop de Ramón Valle ?
Vous savez, en tant que musicien vous devez rester connecté à ce qu’il se passe autour de vous. J’ai demandé à mes enfants, ma fille Dayla et mon fils Fabio : « Vous écoutez quoi, comme musique ? » Ils m’ont répondu : Bruno Mars, Ariana Grande, Beyonce et m’ont donné leurs albums à écouter [rires]. Je suis retourné à mon studio et j’ai commencé à écrire en m’inspirant de ces ambiances. Voilà comment The Time is Now est né !
Malgré son inspiration, The Time is Now sonne comme dans les années 70 et 80...
Tout-à-fait. L’esprit est le même. C’est l’explication du titre d’ouverture, Timeless Generation. Quand j’ai écouté cette musique, j’ai réalisé que, fondamentalement, c’était une musique qui existait déjà. Les harmonies, la section rythmique sont les mêmes que dans les années 70. Pour les jeunes c’est une musique nouvelle, mais pour nous c’est la même musique interprétée par de nouveaux musiciens !



Vous avez introduit plusieurs nouveautés dans cet album. A côté du piano, vous jouez du Fender Rhodes.
Jouer du Rhodes n’est pas naturel pour moi parce que mon corps tout entier est attiré par le piano, mais je l’ai déjà fait par le passé. Je jouais piano et claviers chez Silvio Rodríguez et Santiago Feliú.
C’est bien un vocoder que vous avez utilisé ?
C’est ça. J’ai eu beaucoup de mal à trouver le bon modèle. Pour moi, utiliser le Vocoder n’était pas un gadget. J’y avais réfléchi. Je l’ai utilisé comme un instrument de musique.
Donc sur l’album, vous jouez piano, Fender et vocoder...
Exact. Je suis le seul musicien du groupe qui travaille trois fois plus que les autres... pour le même salaire ! Je ne suis vraiment pas un bon businessman. [rires]
Lire aussi : Free Jazz Man
Vous avez invité Roy Hargrove sur votre album. Comment l’avez-vous connu ?
Roy, c’est mon frère !!! je l’ai rencontré il y a longtemps au North Sea Jazz Festival, en l’an 2000 ou quelque chose comme ça.
Il m’avait vu répéter. Il s’est écrié : « Wow ! » et a demandé à me parler. Horacio « El Negro » Hernandez nous a présenté. Plus tard, on a joué ensemble la musique de Ernesto Lecuona sur mon album Danza Negra.
A chaque fois qu’il parle de moi, il dit : « C’est Ramón, le Maestro ! ». A chaque fois qu’on se rencontre, il me fait « Maestro ! ». Je le prends comme un compliment parce que je pense la même chose de lui. C’est lui, le Maestro !
Roy Hargrove joue un rôle important dans The Time is Now, n’est-ce pas ?
J’ai voulu utiliser sa trompette, son son. J’ai perdu mes parents en très peu de temps l’an dernier. Ils sont partis en deux mois. J’ai composé deux morceaux, un pour mon père qui jouait de la trompette et un autre pour ma mère.
Pour tout vous dire, à ce moment-là, il n’y avait que Roy qui pouvait le faire et ça, je le savais car nous sommes très connectés musicalement. Avoir sa trompette sur le morceau de ma mère était symbolique. Je l’avais rêvé très précisément et il l’a parfaitement exécuté.
Ernesto Simpsons [l’ancien batteur de Ramón] a disparu ? Vous jouez désormais avec un jeune batteur hollandais, Jamie Peet.
Ernesto est tellement pris... Il donne des concerts à droite à gauche. On a beaucoup parlé avec Jamie. Il fallait laisser le piano chanter, parce que c’est lui le leader. Jamie est un bon musicien qui joue un peu de la basse et du piano. Il sait être à l’écoute de ce qu’il se passe autour de lui. La batterie peut être dominante face aux autres instruments mais Jaimie leur laisse l’espace nécessaire.
On a pu voir le résultat au concert que vous avez donné au North Sea Jazz Festival. Jamie apporte une énergie nouvelle au trio. L’ensemble comprenant Jamie à la batterie et Omar Rodriguez Calvo à la contrebasse fonctionne très bien.

        Lire aussi :
         

                North Sea Jazz : de la fièvre de la salsa à la fièvre du samedi soir



Ce concert m’a rappelé une conversation que nous avions eu ensemble à Paris au Sunset. Vous me racontiez combien la liberté était importante pour vous en tant que musicien. Au North Sea, vous avez commencé à jouer Levitando, votre signature, et immédiatement après le thème principal, vous êtes parti ailleurs. Est-ce que c’est ça pour vous, la liberté ?
C’est intéressant que vous parliez de ça parce qu’il y a parfois une incompréhension autour de la notion de liberté dans le jazz. Vous n’avez pas besoin de jouer du free jazz pour vous sentir libre. C’est un état d’esprit. [Ramón marque une pause]
Je suis content que vous l’ayez remarqué. Vous avez vu ? Je me suis envolé. Pendant cette liberté, je suis allé dans ma galerie personnelle qui comprend Stravinsky, Bach, Peruchín et tellement d’autres...
Le public était complètement connecté...
C’est vraiment gratifiant parce que quand vous êtes sur scène, vous ouvrez votre cœur. Vous ne jouez pas la comédie.
Il faut que je vous dise. Je souffrais terriblement de la chaleur -Il faisait si chaud !- Je n’arrivais même plus à ouvrir mes yeux à cause du sel sur mes paupières. Plus tard quand j’ai vu la vidéo du concert j’ai été surpris de voir que j’avais pris du plaisir !
Ce qui s’est passé là-bas était rare parce qu’au North Sea vous avez tellement de concerts que beaucoup de gens zappent de concert en concert. Le public est resté et a profité de l’instant présent.
Alors ça veut dire qu’il faut continuer ! [Il éclate de rire]
Ramón Valle Trio : The Time is Now (2018, In+Out Records)
Entretien publié en anglais sur le site London Jazz News



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Trois ans après son lancement, l’offre commune d’informations entre Radio France et France Télévisions est présentée comme un exemple à suivre pour l’audiovisuel public.
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A Franceinfo, une rentrée placée sous le signe du « média global »

Trois ans après son lancement, l’offre commune d’informations entre Radio France et France Télévisions est présentée comme un exemple à suivre pour l’audiovisuel public.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 10h43
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Laboratoire à ses débuts, il y a trois ans, Franceinfo apparaît désormais comme un modèle pour l’audiovisuel public. A l’heure des synergies, l’alliance entre Radio France, France Télévisions, France Médias Monde et l’Institut national de l’audiovisuel (INA), qui a créé un média global d’informations en continu – présent sur la radio, la télévision (canal 27 de la TNT) et le numérique avec un site unique et une application mobile – a ouvert la voie.
Les débuts n’ont pas été faciles. Encore aujourd’hui, des critiques subsistent. Dans un tract publié en juin, le Syndicat national des journalistes de Radio France raillait une « télévision qui coûte un pognon de dingue », évoquant les travaux prévus pour aménager un nouvel espace télé dans la rédaction. « Une dépense qui va s’ajouter aux 4,7 millions d’euros de charges annuelles que représente déjà la participation de Radio France à la chaîne Franceinfo. »

En cette rentrée, le patron de Franceinfo radio, Vincent Giret, est droit face à son micro : « Plus personne dans la rédaction ne ­conteste cette stratégie. Certains redoutaient que cela fragilise la radio. Au contraire, elle a profité de l’effet média global et du rapprochement avec France Télévisions. »
Franceinfo était une radio seule ; elle s’est intégrée dans un « écosystème » regroupant également France Bleu et France 24 – dont les programmes sont diffusés la nuit sur le canal 27. Au centre de ce dispositif, l’« Agence », une unité de Franceinfo créée en janvier 2016 et composée de 17 personnes chargées d’un travail de veille et de vérification de l’information. Elle produit des dépêches qui « vont jusqu’au prompteur du présentateur du canal 27 », note M. Giret.

L’une des grandes satisfactions est d’avoir imposé cette marque sur le numérique : « Il faut se rappeler que le site de Franceinfo était en vingtième place, celui de France Télévisions, qui s’appelait Francetvinfo.fr,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A Avignon, la Collection Lambert expose dessins, peintures et lithographies du peintre et sculpteur américain.
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Exposition : Ellsworth Kelly, géomètre de la couleur

A Avignon, la Collection Lambert expose dessins, peintures et lithographies du peintre et sculpteur américain.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 10h24
    |

                            Philippe Dagen (Avignon)








                        



                                


                            

Ce n’est pas une rétrospective Ellsworth Kelly (1923-2015), laquelle n’a pas encore eu lieu depuis sa mort, mais la réunion d’œuvres de l’artiste conservées dans des collections françaises. La plupart sont publiques, mais pas toutes. L’une d’elles est de constitution très récente : l’ensemble des 54 estampes donné à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) par Jack Shear, dernier compagnon de l’artiste, don qui doit beaucoup à l’actuel directeur de l’INHA, Eric de Chassey, historien de l’abstraction aux Etats-Unis et commissaire de l’exposition.

Celle-ci, avec ses huit peintures, ses six dessins et, donc, ses 54 lithographies, surprend pour plusieurs raisons. La première tient au lieu. Les salles de la Collection Lambert sont de dimensions et de plans très variables et plusieurs des toiles de Kelly d’un format tel qu’il aurait été impossible de les accrocher sur d’autres murs que ceux qu’elles occupent. Obéir à un ordre chronologique était donc impossible, et des œuvres séparées d’une ou deux décennies se trouvent à proximité les unes des autres.
Etant donné que la plupart expérimentent les possibilités de la couleur pure sur des surfaces définies par une géométrie absolument ou partiellement régulière, cette question de date est de peu d’importance. Les juxtapositions ainsi obtenues démontrent la ­cohérence du travail.
Jusqu’à la fin de sa vie, par variations et modifications imperceptibles ou plus amples, Kelly formule des hypothèses. Que se passe-t-il quand l’expansion du rouge est bloquée par le jaune et le bleu ? Que perçoit l’œil quand les quatre côtés du monochrome ne sont pas droits, mais légèrement concaves ? Autre expérimentation sensible : qu’advient-il quand une composition change de format, quand elle est transférée de la toile au papier et cesse de s’imposer par sa monumentalité ? L’œuvre de Kelly étant construite au rythme de ces interrogations visuelles, le principe d’un accrochage par rebondissements est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Au Domaine national de Saint-Cloud, le festival a réuni 90 000 spectateurs du 24 au 26 août, moins qu’en 2017.
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Liam Gallagher célèbre Oasis à Rock en Seine

Au Domaine national de Saint-Cloud, le festival a réuni 90 000 spectateurs du 24 au 26 août, moins qu’en 2017.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 10h37
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

« Mon petit doigt m’a dit que c’est là qu’Oasis a tout foutu en l’air. A ce festival, hein ? Je savais bien que les coulisses me disaient quelque chose. » Même celles et ceux qui n’étaient pas, le 28 août 2009, au Domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), devant la Grande Scène de Rock en Seine – festival détenu depuis 2017 par l’homme d’affaires Matthieu Pigasse (actionnaire du Monde à titre personnel) au travers de sa structure Les Nouvelles Editions indépendantes et par l’entreprise américaine de spectacles sportifs et culturels AEG –, savent de quoi parle le chanteur Liam Gallagher, ce samedi 25 août.
Après une altercation dans les coulisses avec son frère Noel, quelques minutes avant d’entrer en scène, le concert d’Oasis avait été annulé. Quelques heures plus tard, c’était l’annonce officielle de la fin du groupe des deux frères. Alors, aujourd’hui, pour le public de Rock en Seine, dont des déçus d’il y a neuf ans, les mots de Liam Gallagher et surtout son concert, constitué en majorité de chansons des deux premiers albums d’Oasis – Definitely Maybe, 1994 et (What’s the Story) Morning Glory ?, 1995 – et d’une poignée de celles de son récent album sous son nom (As You Were, octobre 2017) auront eu valeur de rattrapage.

Même si dans la tournée actuelle de Liam Gallagher les chansons d’Oasis dominent partout et que le répertoire joué à Rock en Seine n’a pas été spécialement conçu pour ce concert. Même si Noel Gallagher était venu au festival en 2012 avec son groupe High Flying Birds, avec certes quelques chansons d’Oasis mais moins nombreuses. Celui qui continue d’incarner le plus le groupe britannique qui a dominé la scène rock dans les années 1990, c’est bien lui, Liam Gallagher. Avec son air renfrogné, sa parka, ses bras dans le dos ou ballants le long du corps, sa voix traînante, rauque.
Au-delà de ce qu’il pouvait représenter par rapport à l’histoire de Rock en Seine,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Brigitte Salino, critique de théâtre au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.
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« Mes incontournables » : 7 livres pour comprendre le théâtre, par Brigitte Salino

Brigitte Salino, critique de théâtre au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 09h59
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

« MES INCONTOURNABLES », PAR BRIGITTE SALINO

Le décor selon Richard Peduzzi
Enfant, Richard Peduzzi allait visiter sa mère en prison et rêvait dans les décombres du port du Havre, après la seconde guerre mondiale. Les murs et l’horizon l’ont nourri autant que la peinture, le jazz ou l’architecture. Sa rencontre avec Patrice Chéreau (1944-2013) a scellé son amour du théâtre. Ensemble, le metteur en scène et le décorateur ont bouleversé la perception des visages et des corps dans l’espace : « Nous peignions à deux le même tableau », écrit Richard Peduzzi dans Là-bas, c’est dehors (2014), livre remarquablement illustré, qui n’est pas un traité sur la scénographie : c’est un voyage qui permet d’apprendre et de rêver à l’envol de visions entre les murs et l’horizon du théâtre, et de la vie.

« Là-bas, c’est dehors, suivi de L’Odeur du théâtre », de Richard Peduzzi, Actes Sud, « Papiers », 296 p., 43 €.
Shakespeare, l’Auteur
Pourquoi Jules César (1599) plutôt que Richard III, Macbeth ou Le Roi Lear ? Parce que la pièce est moins souvent jouée, et qu’elle met au jour l’exercice du pouvoir d’une manière implacable et mélancolique : l’assassinat politique et la démocratie, la difficulté de durer, les masques des raisons objectives et les vertiges de la trahison… Portée par une rhétorique complexe sous son apparente simplicité, cette tragédie qui annonce Hamlet, à travers le personnage d’Antoine, tremble des « frissons nouveaux » d’une époque à venir, à quelque siècle que l’on soit. ­Surtout dans la traduction d’Yves Bonnefoy : n’en déplaise à ses détracteurs, qui lui reprochent de privilégier la poésie au détriment de la vérité littérale, cette traduction place Jules César sous la lumière du Caravage.

« Jules César », de Shakespeare, traduit de l’anglais par Yves Bonnefoy, Folio, « Théâtre », 240 p., 6,60 €.

Sophocle...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ De Kali Uchi à Jorja Smith, SZA ou Teyana Taylor, une nouvelle génération de chanteuses font entendre leurs voix, moins corsetées que leurs aînées.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/08/2018
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Les divas sont mortes, vive les divas !

De Kali Uchi à Jorja Smith, SZA ou Teyana Taylor, une nouvelle génération de chanteuses font entendre leurs voix, moins corsetées que leurs aînées.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 10h57
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

L’été fut radieux pour les reines de la pop – du moins si l’on en croit la météo des pages Web. Le 16 juin, le clip d’Apeshit, de Beyoncé et Jay-Z, a ouvert la saison en grande pompe. Cumulant 105 millions de vues à ce jour, la vidéo montre une célèbre allégorie, peinte en 1851 par Eugène Delacroix sur un plafond du Louvre. S’y distingue, dans un flamboiement grandiloquent, la victoire d’Apollon terrassant le serpent Python. De quoi mettre sur orbite les concerts du couple star au Stade de France, les 14 et 15 juillet : les billets sont partis avec plus de prestesse qu’il n’en faut à l’astre solaire pour courir après lui-même.


Autre soleil, autre salle, même scénario : l’été parisien s’achève avec le passage, les 28 et 29 août, de Britney Spears à l’AccorHotels Arena. Pour faire monter la température, l’une de ses performances les plus mémorables est ressortie des frigos numériques : en 2001, lors des MTV Video Music Awards, la déité blonde s’était déhanchée avec un python sur les épaules – ne manquait que Delacroix pour immortaliser la scène.
Durant les beaux jours, d’autres charmeuses de serpents ont fait chauffer les serveurs de données. Il y eut les 60 ans de Madonna, le 16 août, qui firent de l’ombre à l’Assomption sur les réseaux sociaux. La mort de la « reine de la soul », Aretha Franklin, le même jour, qui lui vola aussitôt la vedette. La sortie des nouveaux albums de Nicki Minaj et Ariana Grande, les 10 et 17 août, qui prirent d’assaut les plates-formes de streaming avec férocité et vélocité. Ou encore le marketing agressif de Christine & The Queens, en amont de la publication de son deuxième album, le 21 septembre.


Tout semble luire, donc, pour les stars féminines de la pop. Et s’il s’agissait d’un triomphe en trompe-l’œil ? Le clip d’Apeshit a crevé le plafond du Louvre, en même temps que les yeux des internautes : malgré les millions de vues, on n’a rien vu. Car un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/08/2018
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Du jazz, les Death Valley Girls et David Byrne : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 09h37
    |

            Sylvain Siclier








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, on écoute du jazz, à La Villette et le long de l’Erdre, on découvre Iggy Pop en réincarnation d’Andy Warhol grâce aux Death Valley Girls et on réserve vite le spectacle de David Byrne au Zénith.
DEUX FESTIVALS :
Jazz à La Villette, à Paris, du 30 août au 9 septembre

   


La saison d’été des grands festivals de jazz (Jazz à Vienne, Jazz in Marciac, Jazz à Juan…) se termine avec Jazz à La Villette, organisé du 30 août au 9 septembre, dans les différentes salles du parc de La Villette, à Paris.
A la Grande Halle : la soirée d’ouverture du festival, jeudi 30 août, est consacrée aux musiques africaines avec BCUC, qui invite Femi Kuti puis Salif Keita ; ensuite, viendront les chanteuses Robin McKelle et Selah Sue, samedi 1er septembre ; Sons of Kemet puis le groupe du trompettiste Christian Scott, mardi 4 ; la chanteuse Janelle Monae, vendredi 5, pour son seul concert en France en cette fin d’été, mercredi 5 ; le Ladies All Star de l’organiste Rhoda Scott, vendredi 7 ; un hommage à Bill Withers par le chanteur José James, dimanche 9. A La Philharmonie : le contrebassiste Avishai Cohen, vendredi 31 août ; Brad Mehldau avec une formation orchestrale pour la présentation de son concerto pour piano, le 1er septembre ; l’Umlaut Big Band, dimanche 2 septembre. A à la Cité de la musique : le saxophoniste Kenny Garrett, jeudi 6 septembre ; le pianiste Andy Emler avec son MegaOctet, le 8 ; le contrebassiste Henri Texier, le 9. Au Cabaret sauvage, le trompettiste Erik Truffaz, vendredi 7 septembre ; le groupe Bokanté mené par le leader de Snarky Puppy, Michael League, le 9…
Jazz à La Villette, Philharmonie, Grande Halle, Cité de la musique et Cabaret sauvage, au Parc de La Villette, 221, avenue Jean-Jaurès, Paris 19e. Mo Porte-de-Pantin. De 20 € à 45 €.
Les Rendez-vous de l’Erdre, jusqu’au 2 septembre

   


Réunion de bateaux de plaisance, Les Rendez-vous de l’Erdre, organisé cette année du 27 août au 2 septembre, qui tire son nom de la rivière qui part d’Erdre-en-Anjou (Maine-et-Loire) pour rejoindre Nantes (Loire-Atlantique), sont aussi un festival de jazz doté de quinze scènes tout au long du parcours. Cent cinquante concerts sont annoncés avec notamment Le Peuple étincelle, mené par le saxophoniste François Corneloup, qui vient aussi avec d’autres formations dont Ursus Minor ou jouera en solo, le trompettiste Geoffroy Tamisier, de nombreuses fanfares jazz et funk, le saxophoniste Pierrick Pédron, les guitaristes Angelo Debarre, Jimmy Burns et Biréli Lagrène (en big band pour un hommage à Jaco Pastorius), le duo Musica Nuda, le trio Nox.3, le batteur Edward Perraud, la chanteuse Lisa Hurt, le Foenix Big Band, le contrebassiste Michel Benita, le chanteur et harmoniciste Benoit Blue Boy… Tous les jazz, du plus classique au plus expérimental, avec des virées vers le blues, la soul, le rock.
Les Rendez-vous de l’Erdre, cent cinquante concerts dans diverses villes et villages le long de l’Erdre. Jusqu’au 2 septembre. Accès libre à l’ensemble des scènes.
UN VIDÉO-CLIP : « Disaster (Is What We’re After) », par Death Valley Girls avec Iggy Pop

En 1981, le cinéaste danois Jorgen Leth, filme, en plan fixe et en une seule prise, Andy Warhol (1928-1987) en train de se préparer un hamburger puis le manger. Une scène de quelques minutes qui fera partie du film expérimental de Leth, 66 Scenes from America, qui rassemble images fugitives et courtes séquences mêlant paysages, objets et êtres humains (un barman, des chauffeurs de taxi…). Pour le vidéo-clip de la chanson Disaster (Is What We’re After) le groupe Death Valley Girls, mené par la chanteuse Bonnie Bloomgarden et par Larry Schemel, a recréé la scène warholienne, cette fois avec Iggy Pop. Lequel en veste bleue, chemise blanche et cravate rouge, comme dans le film original, prépare son hamburger, l’arrose de sauce ketchup avant dégustation. Un clin d’œil conceptuelo-arty amusant pour une musique qui ressemble à celle des Stooges d’Iggy Pop (y compris avec le solo de saxophone final).
À RÉSERVER : David Byrne, au Zénith de Paris, le 5 novembre

   


Présenté, le 3 juillet, à La Philharmonie de Paris, lors du festival Days Off, le spectacle de David Byrne est de retour à quelques mètres, cette fois au Zénith, le 5 novembre. L’ancien chanteur et guitariste du groupe Talking Heads est accompagné par une troupe de musiciens qui jouent et évoluent sur un plateau nu, en chorégraphies qui empruntent aux mouvements des parades (lignes frontales, files indiennes, tournoiements, marches d’avant en arrière…) avec un travail soigné sur les lumières. Au répertoire, des compositions des Talking Heads (I Zimbra, Once in a ­Lifetime, Born Under Punches, Blind…), auxquelles s’ajoutent plusieurs chansons du récent album de Byrne, American ­Utopia. La chanteuse et claviériste danoise Agnes Obel est annoncée en première partie.
David Byrne au Zénith de Paris, lundi 5 novembre, à 19 h 30. De 38,50 € à 66 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Passionné de science-fiction, illustrateur d’une centaine de livres du genre, il a mis en image les planètes extrasolaires qui échappent aux télescopes.
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Manchu, le peintre d’exoplanètes que personne n’a jamais vues

Passionné de science-fiction, illustrateur d’une centaine de livres du genre, il a mis en image les planètes extrasolaires qui échappent aux télescopes.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 19h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Lorsque l’illustrateur Manchu vient vous chercher en gare de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), c’est dans une grande Ford blanche de 1973 sur laquelle tout le monde se retourne. On croirait que le Scotty de Star Trek nous a téléportés dans une vieille série américaine, Mannix ou Les rues de San Francisco… « Quand j’ai retrouvé mes dessins de môme, confie Manchu en actionnant le levier de la boîte automatique, mes voitures, c’étaient déjà des américaines. J’ai une culture plus américaine que française… » Encore n’a-t-il pas pris son coupé Chrysler Imperial 1973 ou sa Ford Fairlane bicolore de 1958 – pneus à flancs blancs, aussi voyante que son propriétaire est humble et discret – dont le manuel d’atelier trône dans son salon.
Et quel salon ! Plutôt l’annexe d’un musée de la science-fiction. Entre autres : le haut de la combinaison spatiale de Kane, le malheureux personnage d’Alien interprété par John Hurt ; le casque de Bowman dans 2001 : l’Odyssée de l’espace ; l’arme du Rick Deckard de Blade Runner, immortalisé par Harrison Ford ; une peluche d’Alf, le comique extraterrestre velu de la sitcom du même nom ; des figurines des personnages d’On a marché sur la Lune de Hergé ; des maquettes de fusées et de vaisseaux spatiaux en tout genre. Et une invraisemblable collection de représentations de Darth Maul, le maléfique personnage de Star Wars, épisode I : La menace fantôme. « Seul méchant vraiment méchant de la saga », selon le maître des lieux, le redoutable seigneur Sith au ­visage rouge et noir prend toutes sortes de formes, y compris celle de nain de jardin… Bienvenue dans la quatrième dimension, au douzième et dernier étage d’un immeuble de Tours, antre d’un adolescent sexagénaire qui vient de donner corps, dans le livre Exoplanètes (Belin, 160 p. 26 euros) signé par le journaliste David Fossé, à ces planètes extrasolaires que les astronomes découvrent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La très exhaustive exposition « Les Sénons, archéologie et histoire d’un peuple gaulois », qui se déploie à Troyes et à Sens, fait revivre l’une des nations les plus puissantes de Gaule, aujourd’hui largement méconnue.
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Les Sénons doublement ressuscités

La très exhaustive exposition « Les Sénons, archéologie et histoire d’un peuple gaulois », qui se déploie à Troyes et à Sens, fait revivre l’une des nations les plus puissantes de Gaule, aujourd’hui largement méconnue.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 18h00
    |

                            Francis Gouge (Créteil, correspondant)








                        



                                


                            

En juillet de l’an 390 av. J.-C., les Sénons, dont le territoire s’étendait de Melun à Auxerre et de Troyes à Etampes, avec Sens pour capitale, surgissaient brusquement dans l’Histoire en participant au pillage de Rome et à la conquête de l’Italie du Nord, où certains s’étaient établis. Ils avaient pour chef le fameux Brennus, probablement sénon, célèbre pour son « Malheur aux vaincus ! ».
Ceux que César considérait comme « un des peuples gaulois les plus puissants et qui jouit, parmi les autres, d’une grande autorité » se rallièrent en – 52 à Vercingétorix, en dépêchant 12 000 guerriers à Alésia. Vaincus, les hommes furent massacrés, les femmes et les enfants réduits en esclavage. L’assimilation des élites et l’acculturation des jeunes qui s’ensuivirent provoquèrent la dilution de la société des Sénons dans le monde gallo-romain. Ils ne sortirent de l’oubli qu’au XIXe siècle. Mais c’est surtout à partir des années 1960, puis lors des fouilles préventives sur les chantiers de l’autoroute A5 et du TGV Paris-Marseille, qu’ils resurgissent.
Idées reçues battues en brèche
Pour la première fois, les musées de Sens et de Troyes se sont associés afin de leur consacrer une exposition qui se veut exhaustive. Elle nous plonge dans leur vie quotidienne du IVe au Ier siècle avant notre ère. Une trentaine de thèmes sont abordés. A Sens, la vie des guerriers, la place de la femme, les rituels funéraires, la splendeur des tombes… A Troyes, l’habitat, l’agriculture, l’artisanat… Pour l’occasion, les deux musées présentent leurs plus belles pièces, enrichies de prêts d’une cinquantaine de partenaires de l’antique territoire sénon (Nemours, Pithiviers, Auxerre, Tonnerre…). L’Institut national de recherches archéologiques préventives et d’autres organismes ont aussi confié des objets qui n’avaient encore jamais été exposés. Aux pièces archéologiques diverses (on y voit même une prothèse dentaire en fer) s’ajoutent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Dernière journée du festival au domaine national de Saint-Cloud, envoûtée par la voix précieuse du chanteur britannique de 25 ans.
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Ady Suleiman, précieuse voix soul à Rock en Seine

Dernière journée du festival au domaine national de Saint-Cloud, envoûtée par la voix précieuse du chanteur britannique de 25 ans.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 16h51
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 09h22
    |

            Sylvain Siclier








                        



Régulièrement, au milieu d’une programmation majoritairement rock, pop, électro et hip-hop, le festival Rock en Seine, détenu depuis 2017 par l’homme d’affaires Matthieu Pigasse [actionnaire du Monde à titre personnel] au travers de sa structure Les Nouvelles Editions indépendantes et par l’entreprise américaine de spectacles sportifs et culturels AEG, propose un voyage vers la soul music. Dans sa manière la plus classique des années 1960, comme en 2016 avec Gregory Porter et en 2017 avec Lee Fields, ou dans une approche plus contemporaine, en croisements avec d’autres styles.
C’est le cas, ce dimanche 26 août, avec le chanteur britannique Ady Suleiman, 25 ans, dont un premier album, Memories, a été publié en mars. Au creuset soul, Ady Suleiman ajoute des éléments stylistiques du reggae, par touches pas trop appuyées, témoignage de son attachement à Bob Marley. « Je ne suis pas habitué à des scènes comme celle-là », déclare Ady Suleiman en arrivant sur la grande scène du festival. Avec lui une formation réduite, composée d’un guitariste acoustique, ce qui donne une couleur originale à la référence soul, un bassiste et un batteur. Le tout dans un son clair.
Vocalement, la voix de caresse d’Ady Suleiman peut rappeler celles de Nat King Cole, Marvin Gaye ou Bill Withers, des monuments d’expressivité émotionnelle. Physiquement, il donne corps et âme à ses interprétations. La plupart de ses chansons sont sur un tempo lent ou moyen. Ainsi So Lost, dans laquelle il évoque un mal dont il souffre depuis quelques années, des crises d’anxiété et d’angoisse. Sans en faire un récit autobiographique, mais en ouvrant plus largement à toutes celles et ceux qui doivent vivre avec. Ou bien Need Somebody To Love, belle ballade amoureuse, à laquelle il donne en version de concert ampleur et densité et qu’il emmène vers une partie vocale improvisée. En une petite quarantaine de minutes, la voix précieuse d’Ady Suleiman aura fait de ce début de la dernière journée du festival un subtil moment d’envoûtement et de ravissement.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le premier ministre, Edouard Philippe, assure que « rien ne sera bloqué » dans l’enquête sur des travaux supposés illégaux menés lorsque Françoise Nyssen dirigeait les éditions Actes Sud.
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Affaire Nyssen : la ministre de la culture n’a « pas songé à démissionner »

Le premier ministre, Edouard Philippe, assure que « rien ne sera bloqué » dans l’enquête sur des travaux supposés illégaux menés lorsque Françoise Nyssen dirigeait les éditions Actes Sud.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 11h02
   





                        


Visée par une enquête sur des travaux supposés illégaux effectués lorsqu’elle dirigeait les éditions Actes Sud, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, assure au Journal du dimanche, dimanche 26 août, qu’elle n’a « pas songé à démissionner ». Elle souligne « le soutien immédiat » du président de la République, du premier ministre et du gouvernement. « L’enquête ne vise pas Françoise Nyssen ministre de la culture, elle vise une société, Actes Sud », insiste-t-elle.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour déterminer si les travaux d’agrandissement des bureaux parisiens d’Actes Sud en 1997 et à partir de 2012 respectaient le code de l’urbanisme.
« Rien ne sera bloqué »
« Rien ne sera bloqué » dans le cadre de l’enquête, assure de son côté le premier ministre, Edouard Philippe, dans une interview au même JDD. « Vouloir l’exemplarité, c’est garantir que la justice puisse être saisie s’il y a lieu. »
M. Philippe dit avoir téléphoné jeudi à Françoise Nyssen, après l’ouverture de l’enquête. « Je lui ai redit mon soutien et les règles s’agissant de l’appartenance au gouvernement. »

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Ce sont 567 nouveautés qui sortiront entre fin août et début novembre en librairies. Panorama de ce phénomène littéraire et commercial très français.
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La rentrée littéraire 2018 : les chiffres des lettres

Ce sont 567 nouveautés qui sortiront entre fin août et début novembre en librairies. Panorama de ce phénomène littéraire et commercial très français.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 09h02
    |

            Eugénie Dumas et 
Marianne Boyer








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’écrivain, remarqué en  2014 avec « Debout-Payé », vit aujourd’hui entre France et Côte d’Ivoire. De cet entre-deux est né « Camarade Papa », son deuxième roman.
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« J’ai deux cultures en moi », confie Gauz

L’écrivain, remarqué en  2014 avec « Debout-Payé », vit aujourd’hui entre France et Côte d’Ivoire. De cet entre-deux est né « Camarade Papa », son deuxième roman.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 08h39
    |

                            Gladys Marivat (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Vingt minutes à peine que nous sommes attablés dans un café, et une connaissance l’interpelle depuis la rue. « Tu vas bien, t’écris toujours ? – Oui, j’ai encore un bouquin qui sort à la rentrée. – Ah oui, sur quoi ? – Colonisation, décolonisation et autres luttes marxistes. » Ainsi parlait Armand Patrick Gbaka-Brédé, dit Gauz, un matin d’août, à ­Paris. Au téléphone, il avait déjà expliqué ne jamais vouvoyer quiconque par refus de cette « concession à la bourgeoisie ». Très remarqué (50 000 exemplaires vendus) lors de la rentrée littéraire 2014 pour Debout-Payé, Gauz revient avec Camarade Papa, un livre qui annonce la couleur dès la couverture : le rouge.

A la parution de son premier roman, cette dimension politique avait été moins commentée que sa dimension autobiographique. Car, comme le narrateur, Ossiri, Gauz avait été un « debout-payé », expression populaire dans la capitale ivoirienne qui désigne un vigile en France. L’auteur raconte : « Tout le monde a parlé de ça, c’est dingue ! Bien sûr, on met toujours une part de notre histoire, de celle de nos parents, quand on écrit. Mais le roman, c’est de la fabrication pure, une vie à part entière. »
Un master de biochimie en poche
Celle de Gauz, né à Abidjan en 1971 d’un père enseignant, ex-député socialiste, et d’une mère infirmière et communiste, partie clandestinement au Rwanda en 1994 soigner les blessés du génocide, peut se résumer comme suit pour l’âge adulte. Le 14 août 1999, il arrive en France. A 28 ans, un master de biochimie en poche, et des années de photo, de cinéma et de journalisme à travers la Côte d’Ivoire derrière lui, Gauz ressent le besoin de se « balader ailleurs ».
Il reçoit une bourse pour faire un autre master en biochimie à Paris-VII, mais pas de visa étudiant. Le patron de Radio Nostalgie à Abidjan, où il pige, l’aide à décrocher un visa affaires. Celui-ci expire un an plus tard. Gauz travaille alors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Les deux groupes étaient en ouverture de la deuxième journée du festival qui se tient au domaine national de Saint-Cloud jusqu’à dimanche.
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A Rock en Seine, The Psychotic Monks enthousiasme et Onyx Collective déçoit

Les deux groupes étaient en ouverture de la deuxième journée du festival qui se tient au domaine national de Saint-Cloud jusqu’à dimanche.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 09h20
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


En ouverture de la deuxième journée, samedi 25 août, de Rock en Seine, détenu par Matthieu Pigasse [actionnaire du Monde à titre personnel] au travers de sa structure Les Nouvelles Editions indépendantes et par l’entreprise américaine de spectacles sportifs et culturels AEG, deux groupes avaient attiré l’attention sur le programme, susceptibles de mener le festival vers des ailleurs musicaux. The Psychotic Monks, d’abord, de retour à Rock en Seine, où le quartette parisien avait été programmé en 2016 sur la scène des Découvertes Ile-de-France. Récent Prix Chorus, en avril, le groupe est cette fois scène de l’Industrie.
Formé en 2015, The Psychotic Monks, déploie un jeu à quatre (Martin Bejuy et Arthur Dussaux, guitares, Paul Dussaux, claviers, basse et Clément Caillierez, batterie) où l’attention à l’autre, la réactivité sont primordiales. De la déflagration sonore, par l’entrelacs des deux guitares, avec effets de saturation, Larsen, à une presque suspension instrumentale, dans des passages dont l’atmosphère douce fait contraste. On est saisi par l’intensité qui émane dès les premières minutes du concert, qui débute par It’s Gone. Suivent des mouvements qui s’enchaînent, sans qu’il soit toujours possible de discerner ce qui relève du prévu, du travaillé durant de longues heures et de l’improvisé.

Si des influences, des références sont à discerner elles pourraient venir de la période expérimentale de Pink Floyd, dans sa part la plus étrange, des Allemands de Faust, dans les années 1970, mais aussi des Stooges avec Iggy Pop en 1969 produits par John Cale (les sombres évolutions de We Will Fall). Sans que pour autant le groupe semble coincé dans une faille temporelle du passé. Il y a là un travail sur la forme, sur la matière sonore, que l’on entend aussi dans les voix, mots en anglais, qui viennent plus comme un instrument supplémentaire que comme des phrases mélodiques.
Chansons mollassonnes
Juste après, c’est à la scène du Bosquet, un peu à l’écart des principales allées de la partie basse du domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), où est organisé le festival jusqu’au dimanche 26 août qu’il fallait se rendre. Sur la promesse, annoncée par des articles dithyrambiques dans le New York Times et des magazines musicaux américains de découvrir le dessus du panier du jazz expérimental new-yorkais d’aujourd’hui, Onyx Collective, fondé en 2014. Ce que quelques vidéos sur Internet et des morceaux écoutés pouvaient laisser supposer. Las, Onyx Collective, qui peut compter jusqu’à une douzaine de musiciens et dont le propos entendu tend effectivement vers une forme de jazz assez chercheur, s’est révélé, pour cette première venue à Paris, loin de ce propos.

Ils sont quatre, dont les deux fondateurs, le saxophoniste Isaiah Barr et le batteur Austin Williamson. Leur répertoire, lors de ce concert décevant, des chansons mollassonnes, un peu soul, un peu pop, un peu reggae, de temps à autre un vague phrasé ternaire du batteur, quelques interventions au saxophone, juste pour souligner des lignes mélodiques. Que le groupe soit dans l’envie d’aller vers d’autres territoires, pourquoi pas, mais que cela soit dans une manière aussi banale est dommage.
Festival Rock en Seine, au domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Jusqu’au dimanche 26 août. 59 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Au Festival du film francophone d’Angoulême, le réalisateur d’« Un sac de billes » et de « La Drôlesse » et le jeune directeur de casting de ces films devenu directeur de la manifestation ont présenté les films de Doillon consacrés à l’enfance.
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Dominique Besnehard et Jacques Doillon retombent en enfance

Au Festival du film francophone d’Angoulême, le réalisateur d’« Un sac de billes » et de « La Drôlesse » et le jeune directeur de casting de ces films devenu directeur de la manifestation ont présenté les films de Doillon consacrés à l’enfance.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 09h27
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                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Dans le programme du Festival d’Angoulême, il y a toujours une trace d’autoportrait, celui de son cofondateur, Dominique Besnehard. Cette année, elle a pris la forme d’une rétrospective que le Festival du film francophone a consacrée à Jacques Doillon, en sa présence. C’est aux côtés du réalisateur de La Fille prodigue et de Rodin que le futur agent et producteur a fait ses premiers pas, en tant que stagiaire, sur un plateau de cinéma, celui d’Un sac de billes, en 1975, première adaptation du roman de Joseph Joffo qui suit la fuite de deux enfants juifs à travers la France occupée.
« Dominique a trouvé l’aîné des deux frères, j’ai trouvé le cadet », se souvient Doillon. Quelques décennies plus tard, les deux hommes ont décidé de programmer à Angoulême les films de Doillon dans lesquels jouent des enfants ou des adolescents : Un sac de billes, La Drôlesse, La Vie de famille, Le Petit Criminel, Ponette et Raja. Les deux premiers ont bénéficié des talents naissants de directeur de casting de Dominique Besnehard.

Ecouter le cinéaste, désormais septuagénaire, et le directeur de festival se remémorer ces deux tournages ramène à une façon de faire du cinéma aujourd’hui disparue. François Truffaut avait imposé Jacques Doillon à Claude Berri, producteur d’Un sac de billes, et le jeune metteur en scène, qui n’avait à son actif que L’An 01 et Les Doigts dans la tête, avait imposé « un, la liberté d’adaptation, ce qui [lui] a valu quelques conflits avec Joffo ; deux, le choix des deux enfants ». Il avait aussi engagé comme stagiaire ce jeune élève du conservatoire de la rue Blanche tombé en admiration devant Les Doigts dans la tête.
Force vitale
Dominique Besnehard ayant dépassé, pendant le tournage d’Un sac de billes, le domaine de compétence habituellement dévolu aux stagiaires, il a été...




                        

                        

