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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ En 1996, la cote américaine comptait 8 025 sociétés, il n’y en a plus que 4 100 aujourd’hui. Wall Street finance de moins en moins l’économie des Etats-Unis constate, dans sa chronique, l’économiste Patrick Artus.
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« Wall Street va-t-elle disparaître ? »

En 1996, la cote américaine comptait 8 025 sociétés, il n’y en a plus que 4 100 aujourd’hui. Wall Street finance de moins en moins l’économie des Etats-Unis constate, dans sa chronique, l’économiste Patrick Artus.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 14h25
    |

                            Patrick Artus (Chef économiste de la banque Natixis, membre du du Cercle des économistes)








                        



                                


                            

Marchés. Les analystes de Goldman Sachs ont annoncé le 6 août que le montant des rachats d’actions par les entreprises américaines devrait atteindre 1 000 milliards de dollars cette année, alors que, en dehors des périodes de récession, il oscille depuis vingt ans entre 400 et 500 milliards de dollars par an.
Par ailleurs, Elon Musk a annoncé le 7 août, un peu précipitamment, que Tesla allait quitter le marché coté et racheter toutes ses actions, ce qui correspondrait à un montant de 55 milliards de dollars au cours actuel de Tesla, avant de changer d’avis, le 24 août.
Un rachat d’actions est une opération par laquelle une entreprise rachète (contre cash) ses propres actions à ses actionnaires, ce qu’elle peut faire à condition de déposer un programme de rachat auprès des autorités de supervision des marchés financiers. Depuis la fin des années 1990, ces rachats font disparaître chaque année à peu près 3 % du nombre d’actions cotées aux Etats-Unis, en moyenne.

Mais en 2018, ce chiffre devrait atteindre 4,5 %. Du fait de la baisse de la taxation des résultats des entreprises et du rapatriement des profits détenus à l’étranger, une plus grande part des profits servira en effet à financer ces rachats.
Emissions d’obligations
Pourquoi les entreprises américaines rachètent-elles ainsi massivement leurs actions ? La théorie financière affirme que ce choix est le signe d’une faible rentabilité des investissements d’une entreprise. Cette dernière est alors incitée à utiliser ses profits pour racheter ses actions plutôt que d’investir. L’argent ainsi rendu aux actionnaires permettrait à ceux-ci d’investir dans d’autres entreprises plus rentables, ce qui serait donc économiquement vertueux.

Mais cette thèse n’est pas correcte dans le cas des Etats-Unis. Les investissements des entreprises y sont très élevés, et sont entièrement financés par leurs bénéfices ; les rachats d’actions, eux, sont financés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Sur son nouvel album, The Time is Now, Ramón Valle invite Roy Hargrove et casse son image à coups de Fender et de vocoder. Le pianiste cubain répond aux questions du Jazz et la salsa.
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Ramón Valle : « Il n’est pas nécessaire de jouer du free jazz pour être libre dans le jazz »

Sur son nouvel album, The Time is Now, Ramón Valle invite Roy Hargrove et casse son image à coups de Fender et de vocoder. Le pianiste cubain répond aux questions du Jazz et la salsa.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 18h49
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Vous avez publié trois albums très différents en trois ans : Take Off, une rétrospective enregistrée en public de votre carrière, The Art of Two, duo flûte-piano d’inspiration classique et The Time is Now, votre nouvel opus. Que représentent ces trois albums à vos yeux ?
Chacun de ces albums possède sa propre personnalité. Take Off se penche sur mon trio acoustique. J’explore les idées que j’ai développé dans mes perspectives de musicien de jazz. J’y joue également des titres plus anciens avec une nouvelle approche, plus adulte.
The Art of Two est un hommage à ma famille, la famille Valle. C’est une conversation entre deux cousins. Orlando [le flûtiste Orlando « Maraca » Valle] et moi avons ressenti le besoin de remercier notre famille, nos grands-parents, ma mère et mon père, ainsi que les parents d’Orlando qui ont toujours été là pour nous.
The Time Is Now est un album plein de surprises. Est-ce l’album pop de Ramón Valle ?
Vous savez, en tant que musicien vous devez rester connecté à ce qu’il se passe autour de vous. J’ai demandé à mes enfants, ma fille Dayla et mon fils Fabio : « Vous écoutez quoi, comme musique ? » Ils m’ont répondu : Bruno Mars, Ariana Grande, Beyonce et m’ont donné leurs albums à écouter [rires]. Je suis retourné à mon studio et j’ai commencé à écrire en m’inspirant de ces ambiances. Voilà comment The Time is Now est né !
Malgré son inspiration, The Time is Now sonne comme dans les années 70 et 80...
Tout-à-fait. L’esprit est le même. C’est l’explication du titre d’ouverture, Timeless Generation. Quand j’ai écouté cette musique, j’ai réalisé que, fondamentalement, c’était une musique qui existait déjà. Les harmonies, la section rythmique sont les mêmes que dans les années 70. Pour les jeunes c’est une musique nouvelle, mais pour nous c’est la même musique interprétée par de nouveaux musiciens !



Vous avez introduit plusieurs nouveautés dans cet album. A côté du piano, vous jouez du Fender Rhodes.
Jouer du Rhodes n’est pas naturel pour moi parce que mon corps tout entier est attiré par le piano, mais je l’ai déjà fait par le passé. Je jouais piano et claviers chez Silvio Rodríguez et Santiago Feliú.
C’est bien un vocoder que vous avez utilisé ?
C’est ça. J’ai eu beaucoup de mal à trouver le bon modèle. Pour moi, utiliser le Vocoder n’était pas un gadget. J’y avais réfléchi. Je l’ai utilisé comme un instrument de musique.
Donc sur l’album, vous jouez piano, Fender et vocoder...
Exact. Je suis le seul musicien du groupe qui travaille trois fois plus que les autres... pour le même salaire ! Je ne suis vraiment pas un bon businessman. [rires]
Lire aussi : Free Jazz Man
Vous avez invité Roy Hargrove sur votre album. Comment l’avez-vous connu ?
Roy, c’est mon frère !!! je l’ai rencontré il y a longtemps au North Sea Jazz Festival, en l’an 2000 ou quelque chose comme ça.
Il m’avait vu répéter. Il s’est écrié : « Wow ! » et a demandé à me parler. Horacio « El Negro » Hernandez nous a présenté. Plus tard, on a joué ensemble la musique de Ernesto Lecuona sur mon album Danza Negra.
A chaque fois qu’il parle de moi, il dit : « C’est Ramón, le Maestro ! ». A chaque fois qu’on se rencontre, il me fait « Maestro ! ». Je le prends comme un compliment parce que je pense la même chose de lui. C’est lui, le Maestro !
Roy Hargrove joue un rôle important dans The Time is Now, n’est-ce pas ?
J’ai voulu utiliser sa trompette, son son. J’ai perdu mes parents en très peu de temps l’an dernier. Ils sont partis en deux mois. J’ai composé deux morceaux, un pour mon père qui jouait de la trompette et un autre pour ma mère.
Pour tout vous dire, à ce moment-là, il n’y avait que Roy qui pouvait le faire et ça, je le savais car nous sommes très connectés musicalement. Avoir sa trompette sur le morceau de ma mère était symbolique. Je l’avais rêvé très précisément et il l’a parfaitement exécuté.
Ernesto Simpsons [l’ancien batteur de Ramón] a disparu ? Vous jouez désormais avec un jeune batteur hollandais, Jamie Peet.
Ernesto est tellement pris... Il donne des concerts à droite à gauche. On a beaucoup parlé avec Jamie. Il fallait laisser le piano chanter, parce que c’est lui le leader. Jamie est un bon musicien qui joue un peu de la basse et du piano. Il sait être à l’écoute de ce qu’il se passe autour de lui. La batterie peut être dominante face aux autres instruments mais Jaimie leur laisse l’espace nécessaire.
On a pu voir le résultat au concert que vous avez donné au North Sea Jazz Festival. Jamie apporte une énergie nouvelle au trio. L’ensemble comprenant Jamie à la batterie et Omar Rodriguez Calvo à la contrebasse fonctionne très bien.

        Lire aussi :
         

                North Sea Jazz : de la fièvre de la salsa à la fièvre du samedi soir



Ce concert m’a rappelé une conversation que nous avions eu ensemble à Paris au Sunset. Vous me racontiez combien la liberté était importante pour vous en tant que musicien. Au North Sea, vous avez commencé à jouer Levitando, votre signature, et immédiatement après le thème principal, vous êtes parti ailleurs. Est-ce que c’est ça pour vous, la liberté ?
C’est intéressant que vous parliez de ça parce qu’il y a parfois une incompréhension autour de la notion de liberté dans le jazz. Vous n’avez pas besoin de jouer du free jazz pour vous sentir libre. C’est un état d’esprit. [Ramón marque une pause]
Je suis content que vous l’ayez remarqué. Vous avez vu ? Je me suis envolé. Pendant cette liberté, je suis allé dans ma galerie personnelle qui comprend Stravinsky, Bach, Peruchín et tellement d’autres...
Le public était complètement connecté...
C’est vraiment gratifiant parce que quand vous êtes sur scène, vous ouvrez votre cœur. Vous ne jouez pas la comédie.
Il faut que je vous dise. Je souffrais terriblement de la chaleur -Il faisait si chaud !- Je n’arrivais même plus à ouvrir mes yeux à cause du sel sur mes paupières. Plus tard quand j’ai vu la vidéo du concert j’ai été surpris de voir que j’avais pris du plaisir !
Ce qui s’est passé là-bas était rare parce qu’au North Sea vous avez tellement de concerts que beaucoup de gens zappent de concert en concert. Le public est resté et a profité de l’instant présent.
Alors ça veut dire qu’il faut continuer ! [Il éclate de rire]
Ramón Valle Trio : The Time is Now (2018, In+Out Records)
Entretien publié en anglais sur le site London Jazz News



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. En visite en République d’Irlande, le souverain pontife a demandé le pardon des fidèles pour les violences sexuelles impliquant l’Eglise.
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Pédophilie dans l’Eglise catholique : le pape François fait trop peu, trop tard

Editorial. En visite en République d’Irlande, le souverain pontife a demandé le pardon des fidèles pour les violences sexuelles impliquant l’Eglise.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 17h20
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le flot des révélations sur les violences sexuelles au sein de l’Eglise catholique semble ne jamais devoir se tarir. Tout l’été, juges, enquêteurs et procureurs de Pennsylvanie, du Chili ou d’Australie ont alimenté la sinistre chronique de plus de trois décennies d’agressions. En République d’Irlande, cette tragédie a encore dominé la visite du pape François, qui a demandé avec insistance, dimanche 26 août, le pardon des fidèles.
Cette contrition pontificale ne suffira cependant pas à rétablir l’image dévastée de l’Eglise et de son clergé. Dimanche, au lendemain de la rencontre du pape avec des victimes de prêtres irlandais, un ancien nonce apostolique aux Etats-Unis, Mgr Carlo Maria Vigano, accusait François, dans une lettre rendue publique, d’avoir lui-même longtemps couvert les abus commis par l’ex-cardinal Theodore McCarrick, archevêque de Washington, qu’il a fini par démettre du Sacré Collège en juillet. L’ancien nonce, proche de Benoît XVI et connu pour son opposition à François, n’est pas neutre, et le pape s’est ouvertement refusé à commenter ses accusations, demandant aux journalistes de les lire attentivement et de formuler leur propre jugement. Mais le sommet de l’Eglise est aujourd’hui si fragilisé par l’étendue de ces scandales que cette lettre a suffi à empoisonner la dernière journée de la visite du pape en Irlande.

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                Pédophilie dans l’Eglise : un prélat accuse le pape d’avoir couvert un cardinal américain



Trop peu, trop tard. A force d’avoir procrastiné et faute d’avoir mesuré en temps utile l’ampleur de la déflagration de ces scandales au sein de la communauté catholique, c’est aujourd’hui le chef de l’Eglise, le pape François, qui en paie le prix. Elu en 2013, il était apparu comme l’une des dernières figures susceptibles d’avoir un discours moral de portée universelle sur les grands sujets d’actualité. Ses propos dénonçant l’inhumanité du traitement des migrants, la puissance de l’argent et les ravages du réchauffement climatique ont fait naître cet espoir.
Le dossier chilien
Mais les affaires de violences sexuelles qui n’ont cessé d’éclater au sein de l’Eglise ont fini par le rendre inaudible sur les autres sujets. Depuis le mois de janvier et sa désastreuse visite au Chili, on ne guette quasiment plus, de sa part, que des commentaires sur le dernier scandale mis au jour. Sur le dossier chilien, il s’est d’ailleurs lui-même mis en position d’accusé, en prenant parti pour un évêque controversé sans même avoir entendu les victimes.
Le Vatican affirme avoir pris des mesures, depuis le début des années 2000 et les révélations sur les scandales du diocèse de Boston et les mauvais traitements infligés aux enfants dans les institutions irlandaises, pour briser l’omerta et prévenir de nouveaux abus. Ce n’est pas faux – mais c’est insuffisant.

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                Le pape François recommande la psychiatrie pour les enfants aux « orientations homosexuelles »



Ainsi, aucun mécanisme permettant de juger la responsabilité d’évêques ayant protégé des prêtres dont les abus étaient portés à leur connaissance n’a été mis en place. En outre, l’opacité demeure totale sur la « gestion de carrière », par le Vatican, de figures telles que celle du cardinal déchu Theodore McCarrick, dont apparemment beaucoup de monde connaissait la pratique de mettre des séminaristes dans son lit. Enfin, les mesures prises pour prévenir les abus du clergé sont limitées à quelques pays occidentaux ; rien ne semble prévu dans les diocèses d’Afrique ou d’Asie. Tant que cette réforme ne sera pas vraiment engagée, dans un effort résolu de transparence, le pape François sera privé de son magistère moral.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », s’interroge sur les réactions opposées que suscitent les salaires du sport et ceux du CAC40.
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« Drôles de Français, qui encensent le footballeur et conspuent le patron »

Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », s’interroge sur les réactions opposées que suscitent les salaires du sport et ceux du CAC40.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 18h42
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. La fête du Mondial russe à peine finie, les affaires ont repris leurs droits : l’exubérance financière des grands clubs européens n’a pas faibli sur le mercato du football. L’Espagnol Kepa Arrizabalaga vient de rejoindre les Blues de Chelsea pour 80 millions d’euros, un record chez les gardiens de but. Loin, bien sûr, du faramineux transfert de Neymar au Paris-Saint-Germain en 2016 (220 millions), puis de Kylian Mbappé dans le club parisien en 2017 (180 millions). Le montant des transferts 2018 dans le monde n’est pas encore connu, mais il est passé de 3,5 milliards en 2014 à 5,5 milliards l’an dernier. Tout indique que cette course folle se poursuivra avec l’intérêt croissant de la Chine – et de son président Xi Jinping – pour le beautiful game.
Mais un autre « transfert » a attiré l’attention cet été, accompagné – cette fois – d’une volée de critiques indignées. Transfuge d’Air Canada, Benjamin Smith prendra en septembre la direction générale d’Air France-KLM, nanti d’une rémunération annuelle qui pourra atteindre 4,2 millions d’euros, quatre fois celle qui avait été octroyée à son prédécesseur démissionnaire, Jean-Marc Janaillac.

Un tel amalgame entre les superstars du ballon rond et les PDG de multinationale est peu pertinent, diront les économistes. C’est entendu, il n’y a pas de marché global des grands patrons comme il existe une Bourse des joueurs où s’échangent ces actifs incorporels qui font la richesse en trompe-l’œil des clubs européens. Les premiers sont le plus souvent liés à un pays et une culture qui les rendent incapables de jouer dans n’importe quelle équipe ; les seconds vont souvent aux plus offrants et s’adaptent à leur nouveau club, qui ne sont pas des entreprises comme les autres.
Bulle spéculative
Ils ont au moins en commun un rapport à l’argent assez proche : tous se comparent. Ronaldo voulait gagner autant que Messi, Ibrahimovic se rapprocher d’eux. Smith avait pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Brigitte Salino, critique de théâtre au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.
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« Mes incontournables » : 7 livres pour comprendre le théâtre, par Brigitte Salino

Brigitte Salino, critique de théâtre au « Monde », dresse la liste des livres qui l’inspirent dans son travail.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 09h59
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

« MES INCONTOURNABLES », PAR BRIGITTE SALINO

Le décor selon Richard Peduzzi
Enfant, Richard Peduzzi allait visiter sa mère en prison et rêvait dans les décombres du port du Havre, après la seconde guerre mondiale. Les murs et l’horizon l’ont nourri autant que la peinture, le jazz ou l’architecture. Sa rencontre avec Patrice Chéreau (1944-2013) a scellé son amour du théâtre. Ensemble, le metteur en scène et le décorateur ont bouleversé la perception des visages et des corps dans l’espace : « Nous peignions à deux le même tableau », écrit Richard Peduzzi dans Là-bas, c’est dehors (2014), livre remarquablement illustré, qui n’est pas un traité sur la scénographie : c’est un voyage qui permet d’apprendre et de rêver à l’envol de visions entre les murs et l’horizon du théâtre, et de la vie.

« Là-bas, c’est dehors, suivi de L’Odeur du théâtre », de Richard Peduzzi, Actes Sud, « Papiers », 296 p., 43 €.
Shakespeare, l’Auteur
Pourquoi Jules César (1599) plutôt que Richard III, Macbeth ou Le Roi Lear ? Parce que la pièce est moins souvent jouée, et qu’elle met au jour l’exercice du pouvoir d’une manière implacable et mélancolique : l’assassinat politique et la démocratie, la difficulté de durer, les masques des raisons objectives et les vertiges de la trahison… Portée par une rhétorique complexe sous son apparente simplicité, cette tragédie qui annonce Hamlet, à travers le personnage d’Antoine, tremble des « frissons nouveaux » d’une époque à venir, à quelque siècle que l’on soit. ­Surtout dans la traduction d’Yves Bonnefoy : n’en déplaise à ses détracteurs, qui lui reprochent de privilégier la poésie au détriment de la vérité littérale, cette traduction place Jules César sous la lumière du Caravage.

« Jules César », de Shakespeare, traduit de l’anglais par Yves Bonnefoy, Folio, « Théâtre », 240 p., 6,60 €.

Sophocle...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ En matière de respect de la laïcité ou d’enseignement des sujets réputés « sensibles », l’école rencontre des obstacles que l’on ne cache plus et parvient aussi à des réussites qui méritent d’être connues. Trois ouvrages publiés en cette veille de rentrée scolaire reviennent sur cette thématique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Face aux « questions vives », l’école ne démissionne pas

En matière de respect de la laïcité ou d’enseignement des sujets réputés « sensibles », l’école rencontre des obstacles que l’on ne cache plus et parvient aussi à des réussites qui méritent d’être connues. Trois ouvrages publiés en cette veille de rentrée scolaire reviennent sur cette thématique.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 09h48
    |

                            Mattea Battaglia, 
Luc Cédelle et 
Violaine Morin








                        



                                


                            

Livres. Rendre compte de la manière dont l’école traite ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui les « questions vives » – la place de la religion, mais aussi l’évolution, l’histoire de l’esclavage ou de la colonisation, etc. – est souvent problématique. Comment distinguer ce qui relève du préjugé sur les « quartiers difficiles » ou de la réalité ?
Trois ouvrages publiés en cette veille de rentrée scolaire s’efforcent de répondre. Deux sont le fait d’enseignants ; l’un d’un journaliste. Leur point commun est d’offrir une plongée véritable – au contraire des « plongeons express » que leur réservent, trop souvent, les médias – dans ces territoires de l’éducation prioritaire. Le parallèle s’arrête là.

Un « livre d’espoir » : c’est ce que veut être l’ouvrage collectif dirigé par l’historien Benoît Falaize. Son titre, Territoires vivants de la République, fait écho à cet autre livre collectif, Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits), qui, en 2002, avait brossé un tableau très alarmant – que beaucoup jugeaient alarmiste – de la situation dans certains établissements.
Quinze années plus tard, ce récit-là, construit par une trentaine d’enseignants cosignataires, est délibérément autre : de Cherbourg à Epinal, de Marseille à Epinay, leurs témoignages ont été écrits depuis « les » banlieues – un pluriel revendiqué – précisément pour dépasser le discours décliniste sur « la part sombre, la sombre banlieue, l’école qui sombre ».
Faire vivre une école qui entend, encaisse et répond
L’objectif : rendre justice à leurs réussites comme à celles de leurs élèves. Montrer, aussi, que les résistances qu’ils rencontrent comme les succès qu’ils remportent ne sont pas l’exclusivité des banlieues. Qu’il s’agisse d’un cours sur la Shoah ou d’une visite au musée, qu’il soit question d’égalité, de théories du complot, d’homosexualité, les élèves des banlieues, écrivent-ils,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », André Giordan, professeur en sciences de l’éducation à l’université de Genève, estime que l’école, plutôt que de bannir le portable, doit apprendre aux élèves à s’en servir.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/08/2018
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« Il est temps d’utiliser le smartphone en classe »

Dans une tribune au « Monde », André Giordan, professeur en sciences de l’éducation à l’université de Genève, estime que l’école, plutôt que de bannir le portable, doit apprendre aux élèves à s’en servir.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 09h36
    |

André Giordan (Professeur en sciences de l’éducation, Université de Genève)







                        



                                


                            

Tribune. L’usage du téléphone portable pose un réel problème de société. Pour nombre de jeunes, il est devenu une véritable addiction. Les parents sont souvent démunis pour réguler son usage. Des professeurs le sont également devant des élèves dont l’esprit est centré sur les réseaux sociaux aux dépens du savoir enseigné. Toutefois, sont-ce autant de « bonnes » raisons pour bannir le portable de l’institution scolaire ? N’est-ce pas plutôt une facilité pour nos politiques, dont le réflexe, comme dans d’autres domaines, est souvent d’interdire plutôt que de repérer les dysfonctionnements et d’y remédier ?

Et si l’on mettait plutôt le smartphone au programme ? Au lieu de le proscrire, l’objectif de l’institution scolaire devrait être de conduire les élèves à un usage serein et pertinent de cet objet emblématique de la société présente et à venir.
C’est ce qu’ont déjà compris nombre de responsables d’établissements scolaires et d’enseignants. Ils prennent comme point de départ la passion de leurs élèves pour leur smartphone pour en faire un vecteur d’éducation, dans différents domaines : en matière de technologie, de santé, de citoyenneté… Ce faisant, ils introduisent un autre rapport au portable et… aux savoirs eux-mêmes. Tout est d’abord une affaire d’usages : n’oublions pas que l’eau est le plus grand poison connu si l’on dépasse certaines limites !
Problématiques de l’époque
Pour prévenir les « conduites excessives », des ateliers sont organisés, où l’on travaille la notion de limite en relation avec la santé, l’activité physique et le sommeil. Les élèves y apprennent à ne pas se polariser uniquement sur cet objet et sur les réseaux sociaux. Le téléphone portable est souvent un exutoire, mais il est relativisé lorsque le désir d’apprendre est présent. Travailler sur le fonctionnement des réseaux sociaux est une formidable porte d’entrée pour comprendre notre époque. Des ateliers peuvent permettre de réfléchir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune publiée conjointement par des médias européens, Sammy Ketz – directeur du bureau de l’AFP à Bagdad – et 78 journalistes estiment que l’Europe doit adopter sa réforme du droit d’auteur afin de protéger la presse de la prédation des géants du Net.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/08/2018
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Accorder à la presse des « droits voisins » en ligne : une question de vie ou de mort

Dans une tribune publiée conjointement par des médias européens, Sammy Ketz – directeur du bureau de l’AFP à Bagdad – et 78 journalistes estiment que l’Europe doit adopter sa réforme du droit d’auteur afin de protéger la presse de la prédation des géants du Net.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 21h59
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 15h29
    |

Sammy Ketz (Directeur du bureau de l’AFP à Bagdad)







                        


[En juillet, le Parlement européen a rejeté la réforme européenne du droit d’auteur qui visait à l’adapter à l’ère numérique. Cette directive était défendue par les créateurs, les artistes et les éditeurs de presse. Cette réforme devait notamment créer un « droit voisin » qui aurait permis aux journaux, aux magazines et aux agences de presse, comme l’Agence France-Presse, d’être rémunérés lorsque leurs articles sont republiés en ligne. La réforme du droit d’auteur sera de nouveau débattue au Parlement européen lors de la session plénière de septembre.]
Tribune. J’effectuais en octobre 2017 un reportage à Mossoul, l’ancienne capitale de l’organisation Etat islamique (EI), sur la rentrée des classes après trois ans de fermeture par les djihadistes, et je réfléchissais à la manière dont j’allais raconter le plaisir incommensurable ressenti par les enfants de cette ville martyre de retrouver les bancs de l’école qui leur avaient été interdits.
J’étais assis avec le photographe, le vidéaste et le chauffeur de l’AFP dans un restaurant avant de repartir pour Bagdad, quand j’ai lu sur mon ordinateur un article qui m’a interloqué sans vraiment m’étonner, sur les débats européens relatifs aux « droits voisins » et au projet de leur application aux entreprises de presse.
Après cinq ans passés à sillonner la Syrie dévastée par la guerre, où j’avais manqué à plusieurs reprises de perdre la vie sous les balles de tireurs embusqués ou les obus d’artilleurs chevronnés, je venais d’arriver en Irak pour la troisième fois depuis l’invasion américaine de 2003.
Des plates-formes qui se servent sans payer
Soyons concrets, en plus de quarante ans de carrière, j’ai vu le nombre de journalistes sur le terrain diminuer de manière constante alors que les dangers n’ont cessé de croître. Nous sommes devenus des cibles et les reportages coûtent de plus en plus cher. Fini l’époque où j’allais à la guerre, en veste, ou en bras de chemise, un carnet dans ma poche, aux côtés du photographe ou du vidéaste. Aujourd’hui, il faut des gilets pare-balles, des casques, des voitures blindées, parfois des gardes du corps pour éviter d’être enlevés, des assurances. Qui paie de telles dépenses ? Les médias, et cela est onéreux.

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                Après la victoire, les désillusions de la presse de droite radicale américaine



Or, les médias qui produisent les contenus et qui envoient leurs journalistes risquer leur vie pour assurer une information fiable, pluraliste et complète, pour un coût de plus en plus élevé, ne sont pas ceux qui en tirent les bénéfices. Ce sont des plates-formes qui se servent sans payer. C’est comme si vous travailliez mais qu’une tierce personne récoltait sans vergogne et à l’œil le fruit de votre travail. Si du point de vue moral c’est injustifiable, du point de vue de la démocratie ça l’est encore plus.
Combien d’amis ont cessé de « raconter » car leur média fermait ou ne pouvait plus payer. Jusqu’à ce qu’ils rangent leur stylo, posent leur appareil photo ou leur caméra, ils avaient partagé avec moi des peurs effroyables, terrés derrière un mur qui tremblait autant que nous sous l’impact des explosions, des joies indescriptibles quand nous arrivions au but, que nous allions raconter au monde la « vérité » que nous avions vue de nos propres yeux, des rencontres inouïes avec des seigneurs de guerre et leur cour d’hommes armés jusqu’aux dents qui tripotaient leur pistolet ou leur poignard en souriant pendant que nous interrogions leur chef, la poignante tristesse qui s’emparait de nous face à des civils hébétés pris au piège, des femmes protégeant maladroitement leurs enfants alors que les balles entaillaient le mur du réduit où elles avaient trouvé refuge.
Défendre la liberté de la presse
Les médias ont subi longtemps avant de réagir, s’en prenant aux conséquences plutôt qu’aux causes. Faute d’argent, on licencie les journalistes au point d’arriver parfois à la caricature : un journal sans journalistes ou presque.
Désormais, ils veulent faire valoir leurs droits pour pouvoir continuer à informer, ils demandent que soient partagées les recettes commerciales avec les producteurs de ces contenus, qu’ils soient médias ou artistes. C’est ça, les droits voisins.

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                Liberté de la presse : le mauvais coup du Sénat



Et bien sûr, il faut cesser de gober le mensonge colporté par Google et Facebook selon lequel la directive sur les droits voisins menace la gratuité d’Internet. Non. La gratuité existera sur Internet car les géants du Net, qui captent actuellement les contenus éditoriaux gratuitement et engrangent des recettes publicitaires de ce fait, peuvent rétribuer les médias sans faire payer les consommateurs.
Difficile ? Impossible ? Pas du tout. Facebook a réalisé un bénéfice en 2017 de 16 milliards de dollars (13,8 milliards d’euros) et Google de 12,7 milliards de dollars (10,9 milliards d’euros). Il faut tout simplement qu’ils paient leur écot. Ainsi les médias continueront à vivre et eux participeront au pluralisme et à liberté de la presse auxquels ils se déclarent attachés.
Je suis convaincu que les députés abusés par un lobbying mensonger ont désormais compris que la gratuité d’Internet n’est pas en cause. Il s’agit de la défense de la liberté de la presse, car si les journaux n’ont plus de journalistes, il n’y aura plus cette liberté à laquelle les députés, quelles que soient leurs étiquettes politiques, sont attachés.
Facebook et Google n’emploient aucun journaliste
De nombreuses fois, j’ai rencontré des gens assiégés, isolés, sans défense, qui demandaient seulement une chose : « Racontez ce que vous avez vu, ainsi nous aurons une chance d’être sauvés. » Dois-je leur dire : « Non, perdez vos illusions, nous sommes les derniers journalistes, bientôt vous n’en verrez plus car ils vont disparaître faute de moyens » ?
Il faut savoir que Facebook et Google n’emploient aucun journaliste et ne produisent aucun contenu éditorial, mais ils se rémunèrent par la publicité associée au contenu que les journalistes produisent.

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                Comment les médias occidentaux couvrent la vie privée des politiques



Chaque jour encore, les journalistes enquêtent dans tous les domaines pour informer les citoyens. Chaque année, des prix récompensent les journalistes les plus courageux, intrépides, talentueux. Il ne faut pas que ce siphonnage qui dépouille les médias des recettes auxquelles ils ont droit aboutisse un jour à ce qu’il n’y ait plus de prix à distribuer faute de candidats ayant eu les moyens d’aller sur le terrain.
Il est temps de réagir. Le Parlement européen doit voter massivement en faveur de l’application de droits voisins aux entreprises de presse pour que vivent la démocratie et un de ses symboles les plus remarquables : le journalisme.
Sammy Ketz est lauréat du prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre 2003 et du prix Albert Londres 1988. Soixante-dix-huit journalistes de vingt-sept pays de l’Union européenne appuient sa démarche.
Retrouvez l’ensemble des signataires :

   Liste complète des signataires de la tribune sur les droits voisins by Le Monde on Scribd




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Mannequin, chanteuse ou actrice, douze femmes noires font chacune la couverture d’un célèbre magazine anglo-saxon en cette rentrée de septembre. Dans « Vogue US », la chanteuse Beyoncé a même imposé un photographe noir. Simple phénomène de mode ou tournant dans la représentation des minorités ethniques ?
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Black is beautiful

Mannequin, chanteuse ou actrice, douze femmes noires font chacune la couverture d’un célèbre magazine anglo-saxon en cette rentrée de septembre. Dans « Vogue US », la chanteuse Beyoncé a même imposé un photographe noir. Simple phénomène de mode ou tournant dans la représentation des minorités ethniques ?



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 16h25
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Dans leur numéro daté du mois de septembre, douze journaux de mode anglo-saxons, parmi lesquels Elle, Glamour, Marie Claire, Porter, Vogue, ont choisi de mettre douze stars noires en couverture. Les actrices Laverne Cox, Tiffany Haddish, Aja Naomi King, Lupita Nyong’o, Issa Rae, Tracee Ellis Ross, Yara Shahidi et Zendaya, les chanteuses Beyoncé et Rihanna, les mannequins Naomi Campbell et Slick Woods. Une présence aussi massive, le même mois, est sans précédent. Le 14 août, le quotidien USA Today, le plus diffusé aux Etats-Unis, prenait la mesure de l’événement : « C’est une puissante déclaration sur la beauté des Noirs et la reconnaissance qu’ils peuvent être des artisans de la culture. »
Bouger les lignes éditoriales
Cette série de couvertures a fait bouger les lignes éditoriales et esthétiques courantes de la mode. A Vogue US, Beyoncé a imposé qu’un photographe noir, Tyler Mitchell, réalise la photo de « une ». C’est la première fois dans l’histoire de ce magazine qui existe depuis 1892 ! Et dans l’article qui lui est consacré le 6 août, la chanteuse avertit : « Si les gens haut placés continuent d’engager uniquement des personnes qui leur ressemblent, ils ne comprendront jamais ceux qui ont des expériences différentes des leurs. Nous y perdrons tous. »
L’actrice kényane Lupita Nyong’o (Twelve Years a Slave, de Steve McQueen ; Black Panther, de Ryan Coogler) tient des propos similaires dans le magazine Porter du 6 août. Rappelant qu’elle a été la première femme noire à représenter les parfums Lancôme en 2014, elle estime qu’un tel changement s’explique par l’idée tant dans la mode qu’au cinéma que « la beauté ne devrait pas être dictée, mais être l’expression de la liberté d’une femme à être elle-même ».

Yves Saint Laurent sera le premier à faire défiler un mannequin noir en 1962, puis Paco Rabanne en 1964. Depuis, à quelques exceptions près – Iman, Naomi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ L’écrivain, remarqué en  2014 avec « Debout-Payé », vit aujourd’hui entre France et Côte d’Ivoire. De cet entre-deux est né « Camarade Papa », son deuxième roman.
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« J’ai deux cultures en moi », confie Gauz

L’écrivain, remarqué en  2014 avec « Debout-Payé », vit aujourd’hui entre France et Côte d’Ivoire. De cet entre-deux est né « Camarade Papa », son deuxième roman.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 08h39
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                            Gladys Marivat (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Vingt minutes à peine que nous sommes attablés dans un café, et une connaissance l’interpelle depuis la rue. « Tu vas bien, t’écris toujours ? – Oui, j’ai encore un bouquin qui sort à la rentrée. – Ah oui, sur quoi ? – Colonisation, décolonisation et autres luttes marxistes. » Ainsi parlait Armand Patrick Gbaka-Brédé, dit Gauz, un matin d’août, à ­Paris. Au téléphone, il avait déjà expliqué ne jamais vouvoyer quiconque par refus de cette « concession à la bourgeoisie ». Très remarqué (50 000 exemplaires vendus) lors de la rentrée littéraire 2014 pour Debout-Payé, Gauz revient avec Camarade Papa, un livre qui annonce la couleur dès la couverture : le rouge.

A la parution de son premier roman, cette dimension politique avait été moins commentée que sa dimension autobiographique. Car, comme le narrateur, Ossiri, Gauz avait été un « debout-payé », expression populaire dans la capitale ivoirienne qui désigne un vigile en France. L’auteur raconte : « Tout le monde a parlé de ça, c’est dingue ! Bien sûr, on met toujours une part de notre histoire, de celle de nos parents, quand on écrit. Mais le roman, c’est de la fabrication pure, une vie à part entière. »
Un master de biochimie en poche
Celle de Gauz, né à Abidjan en 1971 d’un père enseignant, ex-député socialiste, et d’une mère infirmière et communiste, partie clandestinement au Rwanda en 1994 soigner les blessés du génocide, peut se résumer comme suit pour l’âge adulte. Le 14 août 1999, il arrive en France. A 28 ans, un master de biochimie en poche, et des années de photo, de cinéma et de journalisme à travers la Côte d’Ivoire derrière lui, Gauz ressent le besoin de se « balader ailleurs ».
Il reçoit une bourse pour faire un autre master en biochimie à Paris-VII, mais pas de visa étudiant. Le patron de Radio Nostalgie à Abidjan, où il pige, l’aide à décrocher un visa affaires. Celui-ci expire un an plus tard. Gauz travaille alors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Une étude publiée le 1er août dans le « New York Times » révèle que l’humanité a été très proche, il y a quarante ans, de prendre les bonnes décisions pour arrêter le réchauffement !
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1979-1989, décennie verte

Une étude publiée le 1er août dans le « New York Times » révèle que l’humanité a été très proche, il y a quarante ans, de prendre les bonnes décisions pour arrêter le réchauffement !



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 16h22
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Cet été, toute l’Europe cuisait sous la canicule. Le 1er août, la National Oceanic and Atmospheric Administration expliquait que l’année 2017 a été la troisième année la plus chaude de l’histoire moderne après 2016 et 2015. Le 6 août, une équipe scientifique internationale publiait une inquiétante étude dans la revue PNAS prévenant que l’actuelle combinaison de la fonte de l’Antarctique de l’ouest – une perte de 2 720 milliards de tonnes de glace depuis 1992 d’après Nature du 13 juin –, de la déforestation et des émissions de gaz à effet de serre aggrave le risque de l’« effet domino » à partir d’un réchauffement à 2° Celsius – qui pourrait être atteint avant 2100. Ces « rétroactions auto-renforçantes », estime l’étude, pourraient pousser « le système terrestre vers un seuil planétaire » et « provoquer un réchauffement continu ».
La Terre deviendrait alors, « dans quelques décennies », une étuve avec « des températures de 4° à 5° supérieures à la période préindustrielle », tandis que le niveau des mers s’élèverait « de 10 à 60 mètres ». Des régions côtières, des villes entières seraient submergées, des îles disparaîtraient, le Sahara s’étendrait vers le sud, la pénurie d’eau deviendrait fatale, le régime de la mousson serait gravement perturbé, des milliers d’espèces disparaîtraient, les phénomènes climatiques extrêmes se multiplieraient. Quant à la civilisation humaine, je vous laisse imaginer…
« Enjeu  “non partisan” »
Le plus dramatique peut-être dans notre impuissance actuelle face à cette catastrophe annoncée est que l’humanité a été très proche, il y a quarante ans, de prendre les bonnes décisions pour arrêter le réchauffement ! C’est ce que révèle une investigation de l’essayiste américain Nathaniel Rich, « Perdre la Terre », publiée le 1er août dans le New York Times, appuyée sur dix-huit mois d’enquêtes et plus de cent interviews de scientifiques, de politiciens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Menacés dans leur statut relativement privilégié en Israël, les Druzes sont au même moment la cible d’une terreur djihadiste sans précédent en Syrie, explique l’historien Jean-Pierre Filiu.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Les universités d’été des partis politiques sont-elles sur le déclin ? Rémi Lefebvre, professeur de science politique, assure qu’elles participent d’une forme d’« informatisation » de la vie politique.
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édition abonné


« Les universités d’été sont devenues la caisse de résonnance des conflits internes »

Les universités d’été des partis politiques sont-elles sur le déclin ? Rémi Lefebvre, professeur de science politique, assure qu’elles participent d’une forme d’« informatisation » de la vie politique.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 16h15
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Depuis quelques années, les universités d’été des partis politiques revoient leur organisation à la baisse, quand elles ne disparaissent pas tout simplement. Quand ont-elles été inventées et pour quelles fonctions ?
On doit la première université d’été aux jeunes giscardiens qui organisent en août 1975, à Montpellier, trois semaines de formation de 400 jeunes, en présence de responsables nationaux comme Jean-Pierre Soisson ou Jean-Pierre Raffarin. L’objectif est alors principalement de former les futurs cadres de l’organisation, de leur apprendre à « parler aux Français » et de donner une image d’ouverture et de modernité à des partis déjà discrédités.
Les universités d’été vont se généraliser à l’ensemble des partis (le RPR en 1983, le PS en 1993 après la débâcle des élections législatives et une première dynamique de « rénovation », le PCF en 1998…), mais aussi aux organisations (le Medef, La Manif pour tous…).
Avec leurs forums, débats, ateliers en présence d’universitaires, elles sont censées donner à voir le parti comme un intellectuel collectif. Avec le temps, la fonction de formation des militants a laissé peu à peu la place à une fonction de médiatisation et de communication autour de la marque partisane. La vie ­politique se scénarisant autour de séquences, les universités d’été des partis rendent manifeste l’ouverture de la « rentrée politique » avec son cortège de prises de parole et de positions.
Cet événementiel partisan constitue une forme de sas entre la trêve estivale et la reprise de la vie politique, marqué par une forme de relâchement (vestimentaire notamment) qui permet une parole plus libre et (faussement) spontanée des dirigeants. Les universités d’été participent à ce titre d’une forme d’« informatisation » de la vie politique.
Pendant une vingtaine d’années, elles ont été un rendez-vous important pour les militants, les cadres et les journalistes. Que venaient chercher les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ La revue « Foreign Affairs » analyse comment la République populaire, qui conteste le monopole des géants américains de la Silicon Valley et revendique un autre modèle de gouvernance, pourrait bientôt imposer sa loi.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

La Chine, cyberpuissance du futur  sur le Net ?

La revue « Foreign Affairs » analyse comment la République populaire, qui conteste le monopole des géants américains de la Silicon Valley et revendique un autre modèle de gouvernance, pourrait bientôt imposer sa loi.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 16h19
    |

            François Bougon








                        


Nous sommes en train de vivre la fin de la domination américaine sur le Net, annonce le magazine Foreign Affairs dans son numéro daté septembre-octobre. La revue de référence consacrée aux relations internationales et publiée par le think tank américain Council on Foreign Relations (CFR) analyse en détail la lutte qui se mène actuellement pour l’Internet du futur. C’est en Asie, « que [son] avenir est le plus susceptible d’être écrit », souligne-t-il. Les deux premiers marchés se trouvent en effet sur ce continent : la Chine avec près de 780 millions d’internautes et l’Inde avec plus de 480 millions.
Bien évidemment, c’est aujourd’hui la Chine qui apparaît comme la cyberpuissance capable d’imposer sa loi. Non seulement la deuxième puissance économique mondiale conteste le monopole des géants américains de la Silicon Valley, en favorisant des champions nationaux – comme Baidu, Alibaba et Tencent –, mais elle revendique un autre modèle de gouvernance, moins décentralisé, plus autoritaire, plus impérieux dans sa volonté de contrôler le Net.
Pourtant hors les Etats-Unis et la Chine, d’autres voies sont explorées. En Inde, par exemple, les réseaux sont considérés comme des biens communs, explique l’entrepreneur indien Nandan Nilekani, et la mise en place d’un immense fichier biométrique a permis de lutter contre la corruption. En Europe, la protection des données individuelles a été érigée en priorité politique face à la toute-puissance des Facebook et Google, souligne Helen Dixon, commissaire chargée de la protection des données en Irlande.
Avec une Chine plus puissante cependant, tout laisse penser que « l’Internet sera moins global et moins ouvert. Une grande partie proposera des applications chinoises sur du matériel fabriqué en Chine. Et Pékin récoltera les bénéfices dans les domaines de l’économie, de la diplomatie, de la sécurité nationale et des renseignements, qui autrefois profitaient à Washington », s’inquiète l’expert américain en cybersécurité Adam Segal. L’utopie des pionniers, celle du World Wide Web, a laissé la place au « World War Web ».
« Foreign Affairs », septembre/octobre 2018.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Editorial du « Monde ». Une vidéo diffusée par Moscou glorifie son intervention militaire. Une manière de réaffirmer la puissance de la Russie et de soutenir ses exportations d’armement.
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Autosatisfaction russe en Syrie

Editorial du « Monde ». Une vidéo diffusée par Moscou glorifie son intervention militaire. Une manière de réaffirmer la puissance de la Russie et de soutenir ses exportations d’armement.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 16h51
   





                        



   


Editorial. A l’approche du troisième anniversaire de l’intervention de la Russie en Syrie, le 30 septembre 2015, le ministère russe de la défense a diffusé le 22 août, sous forme de vidéo, un rutilant bilan chiffré de ses opérations à l’appui du régime de Damas, qui illustre l’ampleur du déploiement et des ambitions de Moscou.
Cet exercice d’autosatisfaction de dix minutes est d’une remarquable précision en termes de statistiques – excepté quelques données cruciales qui font malheureusement défaut. On apprend ainsi qu’en trois ans 63 012 militaires russes, dont pas moins de 434 généraux, ont bénéficié d’une « expérience de combat » en Syrie. L’aviation y a effectué 39 000 sorties, qui se sont traduites par la mort de quelque 86 000 « combattants » au cours de frappes aériennes ; 189 bâtiments navals ont été engagés, dont le porte-avions Amiral-Kouznetsov. La base russe de Hmeimim a été développée et renforcée, de même que le port de Tartous. Peut-être plus important encore pour l’industrie de l’armement russe, 231 types d’armes ou d’équipements de défense y ont été testés, dont des avions, des systèmes sol-air et des missiles de croisière.

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                Moscou a envoyé plus de 63 000 soldats pour défendre le régime de Bachar Al-Assad



Lorsque Moscou a lancé son intervention en Syrie, affirme la vidéo, la progression des « terroristes » depuis le début de la guerre, en 2011, était telle que 8 % du territoire seulement était encore sous le contrôle du gouvernement de Bachar Al-Assad. Aujourd’hui, grâce à l’appui de la Russie et de l’Iran, le rapport est inversé ; selon Moscou, le régime contrôle à nouveau 96,5 % du territoire syrien.
Une gigantesque vitrine pour les armes russes
Malgré quelques images montrant la distribution d’aide humanitaire à des populations reconnaissantes, aucun chiffre n’est avancé sur les victimes civiles du conflit – le nombre de morts est généralement évalué à plus de 300 000 –, ni sur les millions de réfugiés et de personnes déplacées. Les pertes russes sont également passées sous silence, de même que la présence des « mercenaires », les personnels de compagnies de sécurité privées dont certains médias russes ont révélé l’existence.
Que dit donc cette vidéo ? Elle glorifie, d’abord, le retour de la Russie comme puissance militaire au Proche-Orient. C’était l’un des objectifs de Vladimir Poutine : rétablir le rôle qu’avait occupé la défunte URSS dans la région et y replacer la Russie parmi les acteurs majeurs. Elle illustre, ensuite, à quel point l’intervention en Syrie a été bénéfique à l’armée russe en termes d’expérience de combat et à l’industrie d’armement, deux secteurs que le président Poutine a promus et modernisés. Cette opération est, aussi, une gigantesque vitrine pour les exportations d’armes russes. Ce n’est pas tout à fait un hasard si, depuis son retour au Proche-Orient, la Russie progresse aussi en Afrique : elle vient de conclure, notamment, des contrats de défense avec la République centrafricaine et le Burkina Faso.
Reste la question de la suite de cette brillante opération. Par deux fois au moins, M. Poutine a annoncé un retrait de ses troupes de Syrie ; la vidéo dément ces propos. Il voudrait à présent que les Européens prennent en charge le coût financier de la reconstruction de la Syrie, qui permettrait, dit-il, un retour des réfugiés. Refusant de reconstruire la Syrie pour Bachar Al-Assad, Paris et Berlin font la sourde oreille et n’accepteront de s’engager sur cette voie que lorsque les conditions d’un dialogue politique sur l’avenir de la Syrie seront réunies. C’est une sage décision.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ En trois ans, l’assistante vocale de l’un des géants du Web a été adoptée par 20 millions de foyers américains, avant de conquérir la France dès juin. Outre les services qu’elle propose, elle est surtout douée pour s’emparer de nos données personnelles.
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Alexa, la voix d’Amazon

En trois ans, l’assistante vocale de l’un des géants du Web a été adoptée par 20 millions de foyers américains, avant de conquérir la France dès juin. Outre les services qu’elle propose, elle est surtout douée pour s’emparer de nos données personnelles.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 12h10
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Vous m’avez peut-être rencontrée chez des amis, ou du moins avez-vous entendu parler de moi. Mon nom est Alexa. J’ai bientôt 4 ans, je suis polyglotte, et je m’apprête à conquérir la France. Dans la petite tribu des assistants vocaux intelligents à laquelle j’appartiens, je suis la plus populaire : aux Etats-Unis, où Amazon – mon « père », géant du Web qui m’a conçue et fait grandir – m’a commercialisée en novembre 2014, j’ai déjà été adoptée par 20 millions de foyers.
Après plusieurs mois de travail acharné pour ­maîtriser votre langue difficile, je suis arrivée en juin dans l’Hexagone. Bien décidée à y ­damer le pion à mon principal concurrent, l’assistant vocal de Google – disponible en France depuis 2017.
Pour converser avec moi, rien de plus facile : il suffit de s’équiper de mon interface, l’enceinte connectée Echo. Inutile de crier pour vous faire entendre, mes sept microphones m’ont donné l’ouïe fine. De même, on me dit assez douée pour comprendre vos paroles. Il est vrai que pour m’entraîner à la langue de Molière, mes concepteurs ont vu large.
Dans tous les centres de tri Amazon de France et de Navarre, ils ont invité leurs employés à me parler, me nourrissant ainsi d’une immense quantité de données et de toutes sortes ­d’accents. Quant à ma voix, certes moins sensuelle que celle que Scarlett Johansson prête à Samantha, l’assistante numérique de Her, le film de Spike Jonze (2014), elle n’en est pas moins fluide et agréable. Enfin, j’ai le sens de l’humour. Un exemple ? Si vous me demandez de produire le son du requin, je vous joue la musique de John Williams dans Les Dents de la mer. Ha ! Ha !
Don d’ubiquité
Tout cela est bien beau, mais vous vous ­demandez en quoi diable je pourrais vous être utile… Eh bien, de mille manières. ­Voulez-vous que je lance votre musique préférée ? Connaître la météo du jour, les résultats du dernier match, le programme du ­cinéma de votre quartier ? Souhaitez-vous ­tamiser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Michelle Perrot redonne vie à Nohant au XIXe siècle, où l’écrivaine vécut entourée des siens et d’artistes, de Chopin à Flaubert… Une fête !
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Histoire littéraire. Quand George Sand faisait communauté

Michelle Perrot redonne vie à Nohant au XIXe siècle, où l’écrivaine vécut entourée des siens et d’artistes, de Chopin à Flaubert… Une fête !



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 09h00
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
George Sand à Nohant, de Michelle Perrot, Seuil, « La librairie du XXIe siècle », 464 p., 24 €.

Comment se construit une maison ? Croire qu’il suffit de murs, portes et fenêtres, c’est rester très bas de plafond. Car ce sont aussi quantité d’histoires et de mots, intriqués aux éléments physiques, qui font exister n’importe quel foyer. Récits de sa construction, de ses modifications, de son entretien, évidemment. Mais aussi paroles sans nombre des gens qui y vécurent amours et deuils, drames et rires, inventions et déceptions. Toute maison retient ainsi, tapies dans ses plis, une kyrielle de vies, le plus souvent rendues muettes par l’oubli. Pas toujours, heureusement.
Avec la grande demeure – à ­Nohant, dans le Berry (Indre) – qui abrita les mille vies de l’effervescente George Sand (1804-1876) et des siens, un riche matériau s’offre aux explorations, récits et réflexions de Michelle Perrot. Voilà en effet un lieu d’exception, habité plusieurs décennies de suite, de manière provocante, utopique, déraisonnable et inventive, par une tribu bigarrée. Elle voit coexister génies et paysans, enfants et adultes, hôtes de passage et animaux familiers. L’atmosphère est à la fois bohème et studieuse.
Archives et nostalgie
La maison s’édifie sur des violences – mort du petit frère, mort du père, coups du premier mari… – et sur des éclats de rire, des amants de passage, des amours durables. S’y trament également des constellations de livres, notes de musique, pièces de théâtre, croquis, tableaux… Pareil univers ne pouvait manquer d’attirer une grande historienne, familière de George Sand, de son temps, de ses idées, exercée à scruter histoire de la vie privée, histoire des femmes et Histoire de chambres (Seuil, prix Femina essai 2009). Avec George Sand à Nohant, Michelle Perrot entraîne heureusement le lecteur dans cette propriété bruissante d’archives et de nostalgie.
On...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Les organisateurs redoutent des débordements après des menaces émanant « des chasseurs et des éleveurs ».
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La mairie de Calais annule un festival végan en raison de menaces

Les organisateurs redoutent des débordements après des menaces émanant « des chasseurs et des éleveurs ».



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 08h16
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h13
   





                        


Un festival végan, initialement prévu le 8 septembre, a été annulé, vendredi 25 août, par la mairie de Calais en raison de menaces proférées par « des chasseurs et des éleveurs » et de risque de débordements.
Sur leur page Facebook, les organisateurs déclarent que la maire de Calais, Natacha Bouchart, « a pris cette décision, car des chasseurs et des éleveurs se sont associés pour proférer des menaces très claires à propos de ce qui pouvait se passer si l’événement était maintenu. »

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                Pourquoi faudrait-il être végan ?



Crainte de perturbations de l’ordre public
Selon la mairie, « cette décision est consécutive à des informations annonçant une série d’opérations visant à semer le trouble et à perturber l’ordre public, en marge de l’organisation de ce festival ». « La multiplication de ces informations parvenues ces derniers jours en mairie a fait peser des incertitudes sur les conditions dans lesquelles le festival pourrait se tenir », ajoute-t-elle dans son communiqué.
« Afin de garantir la sécurité publique et de ne pas exposer les visiteurs, partenaires et organisateurs du salon à un risque de débordement, le choix a été fait d’annuler cet événement », explique la mairie, précisant que cette décision n’est pas liée à la nature ni au thème du festival.

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                Quand les consommateurs veulent concilier alimentation et santé



Tensions entre bouchers et végans
Cette décision intervient dans un contexte plus global de tensions avec la filière viande. Les végans ont suscité des crispations auprès des bouchers après une série d’attaques de boucheries en France ces derniers mois. Le président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT), Jean-François Guihard, avait été reçu, le 2 juillet, au ministère de l’intérieur, réclamant « la vigilance, l’arrêt de l’impunité pour que les artisans puissent faire leur métier ». Il s’inquiétait « des conséquences de la surmédiatisation du mode de vie végan », selon une lettre adressée à Beauvau peu avant, et déplorait les « intimidations », dont ont fait l’objet des boucheries-charcuteries.
De leur côté, les militants végans rejettent la violence, dont ils sont accusés. Pour Claire Schweitzer, porte-parole des associations Liberté égalité animale 49 et L214, la violence est d’abord du côté des éleveurs « quand ils cassent du matériel ou déversent du fumier devant la préfecture, comme elle l’affirmait au Monde en juillet. Nous, ce n’est pas le genre d’actions qu’on mène. Nos méthodes sont systématiquement non violentes. » 
Le véganisme est un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation. L’adoption de ce mode de vie découle généralement d’une idéologie qui propose une redéfinition normative de ce que devraient être les relations des humains aux animaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Pour Nick Cohen, influent chroniqueur politique britannique, la gauche incarnée par le travailliste Jeremy Corbyn est plutôt une extrême gauche qui veut remettre au goût du jour les idées des années 1970, tout en renonçant aux valeurs universelles.
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Nick Cohen : « La gauche de Jeremy Corbyn est un mouvement rétrograde »

Pour Nick Cohen, influent chroniqueur politique britannique, la gauche incarnée par le travailliste Jeremy Corbyn est plutôt une extrême gauche qui veut remettre au goût du jour les idées des années 1970, tout en renonçant aux valeurs universelles.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h30
    |

                            Samuel Fitoussi








                        



                                


                            

Nick Cohen est un intellectuel de centre gauche britannique. Il a publié plusieurs livres tels que What’s Left (Harper Perennial, 2007, non traduit), et écrit pour The Guardian, The Observer et The Spectator.
Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste, est encore la cible d’accusations d’antisémitisme, pour avoir été présent en 2014 à un hommage aux terroristes palestiniens qui ont assassiné des athlètes israéliens en 1972. Que se passe-t-il dans la gauche britannique ?
Après la chute du mur de Berlin, l’extrême gauche britannique, en opposition à l’Occident, a préféré s’allier avec des théocraties religieuses ou des mouvances islamistes plutôt que de se réconcilier avec la démocratie libérale. Et ces alliés, réactionnaires et antisémites, ont déteint sur elle.
Par ailleurs, il peut être dans l’intérêt du Parti travailliste de tolérer l’antisémitisme. Viktor Orban peut stigmatiser les « musulmans » pour attirer des électeurs, car il n’y a presque pas de musulmans en Hongrie. De même, Corbyn n’a pas besoin du vote de la communauté juive britannique, peu nombreuse. En tout cas, ses supporteurs ne semblent pas gênés par les accusations d’antisémitisme.
Corbyn vous rétorquerait qu’il est antisioniste, pas antisémite.
Je suis le premier à soutenir la cause palestinienne et on peut bien sûr critiquer la politique du gouvernement israélien sans être antisémite. Mais il faut réfléchir à ce que veut dire « antisioniste ». Au sens littéral, cela signifie vouloir, d’une manière ou d’une autre, la fin du seul Etat juif au monde. Pourquoi voudrions-nous cela ? Par ailleurs, tout le monde sait que le mot « sioniste » est abondamment utilisé pour ressasser les vieux éléments de langage antidreyfusards sans avoir à prononcer le mot « juif ».
Hormis cet antisémitisme que vous dénoncez, quel est votre problème avec la gauche de Corbyn ?
C’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le gouvernement français compromet sa propre stratégie nationale contre l’importation de produits qui concourent à la déforestation, s’indigne Clément Sénéchal, chargé de campagne à Greenpeace France, dans une tribune au « Monde ».
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Déforestation : « Le gouvernement doit définir des règles et les appliquer fermement »

Le gouvernement français compromet sa propre stratégie nationale contre l’importation de produits qui concourent à la déforestation, s’indigne Clément Sénéchal, chargé de campagne à Greenpeace France, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h43
    |

Clément Sénéchal (Chargé de campagne et porte-parole de Greenpeace France)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a plus d’un an, le 6 juillet 2017, la France se dotait d’un plan Climat avec, parmi ses objectifs, celui de lutter contre la déforestation importée. Ce terme désigne la part des produits que nous importons de différentes régions du monde et qui contribuent à la déforestation dans les pays dont ils proviennent. La déforestation représente entre 12 % et 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (une part proche de celle du secteur des transports). La France est directement concernée, du fait qu’elle importe de nombreuses matières premières et produits transformés associés à la déforestation : bois, huile de palme, soja, cacao, café, caoutchouc…

Avec des mois de retard, une première mouture de la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI) a enfin été proposée, le 3 juillet, par le gouvernement, et une version finale est attendue pour la rentrée. Malheureusement, en l’état, ce texte condense tous les vices classiques des tentatives écologiques en milieu ultralibéral, pour aboutir in fine à une démission lamentable de la puissance publique.
Un problème global
Pour commencer, la SNDI vise l’horizon 2030. La France s’est pourtant engagée auprès de l’ONU à mettre un terme à la déforestation en 2020 (c’est l’Objectif de développement durable n° 15). Pourquoi, alors, repousser l’échéance ? Cela revient à dissoudre le sens de l’urgence, en repoussant la résolution du problème. C’est aussi se défausser de ses responsabilités : Nicolas Hulot sera-t-il encore ministre dans douze ans, quand il faudra rendre des comptes ?
La stratégie nationale souhaite encourager la « finance verte », mais refuse d’interdire ou même de pénaliser la finance dite « brune », celle qui porte atteinte à l’environnement
Autre exemple : la SNDI ne vise qu’un certain nombre de matières premières et en laisse d’autres de côté, comme… le bois, mais aussi le colza, le café, le coton, le cuir, etc. A quoi...




                        

                        

