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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’opposant à Vladimir Poutine a été condamné pour une manifestation non autorisée en janvier, à deux semaines d’une vague de rassemblements contre un projet de réforme.
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Russie : Alexeï Navalny condamné à trente jours de prison

L’opposant à Vladimir Poutine a été condamné pour une manifestation non autorisée en janvier, à deux semaines d’une vague de rassemblements contre un projet de réforme.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 17h56
   





                        



   


Alexeï Navalny a été condamné lundi 27 août à Moscou à trente jours de détention pour une manifestation non autorisée en janvier. Les faits étaient survenus à deux semaines d’une vague de manifestations annoncée contre un projet de réforme des retraites. M. Navalny « est reconnu coupable de violation de la loi en vertu de l’article 20.2 (violations répétées des dispositions sur l’organisation de manifestations publiques) », a fait savoir le juge Alexeï Stekliev.
« Nous ferons appel », a réagi Ivan Jdanov, un avocat du Fonds de lutte contre la corruption, une organisation dirigée par M. Navalny. Me Jdanov a affirmé devant la presse que l’équipe de l’opposant poursuivrait l’organisation de manifestations contre la réforme des retraites.

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Samedi, le principal opposant au Kremlin a été arrêté en bas de son domicile moscovite et conduit à un poste de police, puis à l’hôpital, pour une fracture du doigt infligée lors de son arrestation. « C’est une procédure étrange avec un seul objectif : m’empêcher de participer aux préparatifs de la vague de protestation nationale contre la hausse de l’âge du départ à la retraite  », s’est défendu M. Navalny lors de l’audience.
D’autres manifestations
Son interpellation a eu lieu dans le cadre du dossier ouvert après la manifestation du 28 janvier, durant laquelle l’opposant avait appelé à boycotter l’élection présidentielle du 18 mars. Aucun procès n’avait eu lieu à l’époque.
« En tant que citoyen russe, j’ai bien évidemment le droit d’organiser, de participer et d’appeler à des manifestations. Je le fais et continuerai de le faire », a-t-il ajouté. Alexeï Navalny a prévu d’organiser des manifestations dans de nombreuses villes le 9 septembre contre le très impopulaire projet de réforme du système de retraites.

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Le projet de loi, actuellement en lecture au Parlement, prévoit d’augmenter progressivement l’âge de départ à la retraite à 63 ans pour les femmes et à 65 ans pour les hommes, contre 55 ans et 60 ans actuellement.
Alexeï Navalny a multiplié ces derniers mois les manifestations pour faire pression sur le Kremlin, après avoir été déclaré inéligible à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée sans surprise par Vladimir Poutine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Accusant Moscou d’être responsable de l’empoisonnement d’un ex-agent double à Londres, Washington a interdit l’exportation de certains produits technologiques et les ventes d’armes.
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Empoisonnement au Novitchok : nouvelles sanctions commerciales américaines contre la Russie

Accusant Moscou d’être responsable de l’empoisonnement d’un ex-agent double à Londres, Washington a interdit l’exportation de certains produits technologiques et les ventes d’armes.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 17h39
   





                        



   


Les sanctions américaines contre Moscou, suite à l’attaque à l’agent chimique innervant Novitchok, au printemps dernier à Londres, sont entrées en vigueur lundi 27 août.
Début août, Washington est parvenu à la conclusion, comme Londres auparavant, que l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia à l’agent Novitchok était imputable à la Russie. Selon un avis publié lundi au Journal officiel fédéral, les mesures punitives sont donc entrées en vigueur.
Elles portent notamment sur l’exportation de certains produits technologiques, comme des appareils ou de l’équipement électroniques, ou sur les ventes d’armes à la Russie. Mais Washington a exclu de la liste plusieurs types de produits, ainsi que ce qui est lien avec la coopération spatiale, au nom des « intérêts de sécurité nationale ». De la même manière, la fin de l’aide étrangère à la Russie, théoriquement prévue par les sanctions, est « suspendue ».

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Ultimatum de 90 jours
L’impact réel des mesures est donc difficile à évaluer, mais un haut responsable américain avait estimé début août qu’elles pourraient coûter « des centaines de millions de dollars » à l’économie russe. Surtout, elles pourraient être suivies d’autres plus sévères, et l’annonce de cette décision avait suffi à faire chuter les marchés financiers russes et le rouble.
Une loi américaine de 1991 sur l’élimination de l’usage des armes chimiques et biologiques oblige le président américain à imposer des sanctions contre toute personne étrangère s’il « détermine qu’elle a sciemment contribué aux efforts d’un pays pour acquérir ou faire l’usage d’armes chimiques ou biologiques ».
La Russie a désormais 90 jours pour déclarer qu’elle n’utilise plus d’armes chimiques ou biologiques, s’engager à ne plus le faire à l’avenir et permettre des inspections pour s’assurer de leur élimination.
En cas de non-respect de ces exigences, une deuxième salve de sanctions « draconiennes » sera décrétée, avait prévenu début août l’administration américaine, notant qu’elles pourraient aller jusqu’à interdire les aéroports américains aux compagnies aériennes russes ou même suspendre les relations diplomatiques entre les deux pays.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Cette annonce survient au moment où une attaque militaire du régime syrien contre la province d’Idlib, ultime fief insurgé du pays, semble imminente.
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Syrie : sommet entre Moscou, Téhéran et Ankara pour sortir de la crise

Cette annonce survient au moment où une attaque militaire du régime syrien contre la province d’Idlib, ultime fief insurgé du pays, semble imminente.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 13h26
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 14h27
   





                        



   


Les chefs de l’Etat turc, russe et iranien s’entretiendront le 7 septembre en Iran pour leur troisième sommet tripartite sur la Syrie, a annoncé lundi 27 août la TRT, télévision d’Etat turque. Cette annonce survient au moment où une attaque du régime syrien contre la province d’Idlib, ultime fief insurgé du pays, semble imminente.
Cette région était une des « zones de désescalade » mises en place en Syrie à l’issue des négociations de paix d’Astana, parrainées par la Russie et l’Iran, soutiens du régime de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles. Lors d’une visite à Moscou la semaine dernière, le ministre turc des affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a mis en garde contre une possible « catastrophe » en cas de « solution militaire » à Idlib.
Paris et Berlin absents
La dernière rencontre de ce type entre les présidents russe, turc et iranien a eu lieu à Ankara en avril, et avant cela à Sotchi, en Russie, en novembre dernier. Selon la chaîne privée NTV, le sommet aura lieu à Tabriz, dans le nord-ouest de l’Iran. Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, avait annoncé mi-août que ce sommet aurait lieu « au cours de la première semaine de septembre ».

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M. Erdogan avait toutefois indiqué fin juillet qu’il souhaitait organiser le 7 septembre un sommet sur la Syrie en Turquie avec Moscou, Paris et Berlin. Mais selon des informations parues dans la presse ces dernières semaines, il semblait de plus en plus probable qu’un tel sommet ne se tiendrait finalement pas et serait remplacé par le sommet tripartite en Iran.

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Accord de coopération militaire Iran-Syrie
Cette annonce intervient alors que l’Iran et la Syrie ont signé un accord de coopération militaire, a rapporté lundi 27 août l’agence de presse iranienne Tasnim. La visite à Damas du ministre iranien de la défense, Amir Hatami, apparaît d’ailleurs comme un pied-de-nez à l’adresse des Etats-Unis, qui ont réclamé avec insistance ces derniers temps, et encore la semaine dernière par la voix du conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, le retrait des forces iraniennes de Syrie, où elles soutiennent Assad.
De hauts responsables iraniens ont déclaré que leurs forces étaient présentes en Syrie à l’invitation du gouvernement de Damas et qu’ils n’avaient pas le projet de les retirer à court terme. Plus de 1 000 combattants iraniens, dont des officiers de haut rang de l’unité d’élite des gardiens de la révolution, sont morts en Syrie depuis le début du conflit en 2012.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le président français voudrait transformer le scrutin européen en un combat entre nationalistes et progressistes pour faire éclater la droite européenne. Un pari loin d’être gagné.
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La marche contrariée de Macron sur l’Europe

Le président français voudrait transformer le scrutin européen en un combat entre nationalistes et progressistes pour faire éclater la droite européenne. Un pari loin d’être gagné.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 11h30
    |

            Cédric Pietralunga et 
Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Officiellement, pas question de parler de « campagne ». Mais dans les faits, cela y ressemble beaucoup. Mardi 28 août, Emmanuel Macron reprend à Copenhague son marathon diplomatique européen – il s’est déjà rendu dans 14 des 28 pays de l’Union depuis le début de son mandat – destiné à préparer les élections européennes du 26 mai 2019. Un scrutin stratégique pour le chef de l’Etat français, dont ce sera le premier véritable test électoral depuis son élection surprise il y a un peu plus d’un an.
« La rentrée européenne sera active et de combat, reconnaît l’Elysée. En un an, le monde a beaucoup changé. On assiste à une montée du nationalisme, à une crise du multilatéralisme. Il faut être encore plus réactif, encore plus actif. » Après une visite d’Etat de deux jours au Danemark – la première depuis trente-six ans –, le président français se rendra en Finlande le 30 août. Il sera aussi le 6 septembre au Luxembourg, au côté de Xavier Bettel, le premier ministre du Grand-Duché, et de Charles Michel, le premier ministre belge. Il accueillera la chancelière allemande, Angela Merkel, à Paris le lendemain, puis se rendra à Salzbourg (Autriche) le 20 septembre, pour une réunion informelle des chefs d’Etat européens.
Yves Bertoncini, Mouvement européen
Objectif de cette tournée : convaincre les partenaires de la France qu’il faut agir, car l’heure est grave. Alors que l’élection de M. Macron avait soulevé un vent d’espoir parmi les europhiles, différents scrutins ont depuis refroidi les ardeurs. En Autriche, en Italie ou en République tchèque, les partis eurosceptiques ont progressé et même accédé au pouvoir. A Rome notamment, la coalition entre La Ligue et le Mouvement 5 étoiles a fait du « bashing » anti-UE un mode de fonctionnement. En Hongrie, Viktor Orban...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Lars Lokke Rasmussen prône le pragmatisme et exprime ses divergences avec Emmanuel Macron, avant la visite du président français au Danemark mardi et mercredi.
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« Le moment n’est pas à une grande réforme de l’UE », selon le premier ministre danois

Lars Lokke Rasmussen prône le pragmatisme et exprime ses divergences avec Emmanuel Macron, avant la visite du président français au Danemark mardi et mercredi.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 10h57
    |

            Anne-Françoise Hivert (Copenhague, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Emmanuel Macron se rend, mardi 28 et mercredi 29 août, au Danemark, pour la première visite d’un chef d’Etat français dans le royaume scandinave depuis 1982. Le premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, président du Parti libéral, exprime ses divergences avec M. Macron sur les réformes européennes.
L’avenir de l’Union européenne est une des questions à l’agenda de la visite d’Emmanuel Macron au Danemark. Vous n’avez pas les mêmes vues sur le sujet ?
Tout d’abord, je tiens à souligner que nous sommes très satisfaits de l’énergie apportée par M. Macron sur la question européenne. Elle a déjà eu un impact, dans la façon, par exemple, dont nous conduisons nos réunions : l’idée du « programme des dirigeants », où nous nous rencontrons de façon informelle, en parlant sans notes, nous permettant d’avoir une vraie conversation politique. Mais il est vrai que nous avons des divergences sur la nécessité de réformer institutionnellement l’Union.
Quelles sont les positions du Danemark ?
Je crois que nous faisons preuve d’un peu plus de sang-froid. De pragmatisme, peut-être. Le moment est venu de fournir des résultats, pas de lancer une grande réforme institutionnelle. Aujourd’hui, nous pourrions faire plus, dans le cadre existant. Je suis un grand défenseur du marché commun. Nous pourrions le développer dans des domaines comme l’énergie ou le numérique. Les Danois sont attachés à la coopération européenne et au marché commun. Mais, quand on évoque des réformes institutionnelles, ils se soucient de la souveraineté nationale. Je préfère donc qu’on se concentre sur le fond, plutôt que sur la forme, même si j’ai bien conscience que la forme peut avoir un impact.
Votre ministre des finances a signé un texte, avec sept de ses homologues des pays du nord de l’Europe, qui s’opposait à une réforme de la zone euro, dont vous n’êtes pas membres. Pourquoi ?
Nous ne faisons peut-être...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le ministre de l’intérieur italien a finalement laissé descendre les passagers du « Diciotti ».
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Matteo Salvini visé par une enquête pour « séquestration » de migrants

Le ministre de l’intérieur italien a finalement laissé descendre les passagers du « Diciotti ».



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 10h37
    |

                            Margherita Nasi (Rome, correspondance)








                        



                                


                            

« Matteo, ça suffit maintenant, il faut trouver une solution. Je ne tiens plus mes troupes. » Passé le 25 août au ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, le coup de fil de Luigi Di Maio, tel que retranscrit par le Corriere della Sera, traduit, sinon un désaccord, du moins un malaise. Plusieurs cadres de son parti, le Mouvement cinq étoiles (M5S)- qui gouverne en coalition avec La Ligue (extrême droite) de M. Salvini -, réclament la libération des passagers du Diciotti, bloqués depuis près d’une semaine dans le port de Catane. A l’avant-poste de la fronde figure même le président de la Chambre des députés, Roberto Fico.
Le 26 août au matin, leur supplique est enfin entendue : les 137 migrants qui se trouvaient à bord du patrouilleur des gardes-côtes italiens ont tous pu débarquer. Une vingtaine sont accueillis par l’Albanie, une vingtaine par l’Irlande, le reste par le clergé italien. « On ne peut pas faire de la politique sur le dos des pauvres », justifie Mgr Maffeis, de la Conférence épiscopale italienne.

La miséricorde ecclésiastique a sauvé la coalition gouvernementale de l’implosion, mais pas de la justice des hommes : le 25 août, le parquet a ouvert une enquête pour « séquestration, arrestations illégales et abus de pouvoir », visant notamment Matteo Salvini.
L’occasion pour Luigi Di Maio de se livrer à un subtil exercice de casuistique. S’il salue le « travail d’équipe du gouvernement », qui a su se montrer « soudé », le vice-premier ministre absout dans le même temps la magistrature : « Ne laissons pas le pays retomber dans des affrontements entre le parquet, les magistrats et les politiques », met-il en garde sur Facebook. Un prêche de jésuite, selon l’opposition. « Nous ne demandons pas à Di Maio de faire démissionner Salvini “en cinq minutes”. Non, on dit juste à Di Maio que sa double morale est une honte civile »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le Mouvement 5 étoiles s’est juré, avec son allié au pouvoir, la Ligue, de démanteler la législation existante, alors que le pays connaît, selon l’OMS, un fort risque infectieux
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/08/2018
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En Italie, le gouvernement veut défaire la vaccination obligatoire

Le Mouvement 5 étoiles s’est juré, avec son allié au pouvoir, la Ligue, de démanteler la législation existante, alors que le pays connaît, selon l’OMS, un fort risque infectieux



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 10h47
    |

                            Margherita Nasi (Rome, correspondance)








                        



                                


                            

Le gouvernement italien prépare les esprits à une épidémie de rougeole. « Il ne faut pas s’illusionner et penser que personne ne mourra », a sereinement déclaré la ministre de la santé, Giulia Grillo, dans le Corriere della sera, le 8 août. Membre du Mouvement 5 étoiles (M5S), elle compte honorer les promesses électorales de sa coalition – le M5S et la Ligue – et reporter d’un an l’obligation vaccinale pour les écoliers.
Validé par le Sénat début juillet, un amendement en ce sens doit encore être examiné par les députés, qui ne se réuniront qu’à partir du 11 septembre, donc après la rentrée des classes, car celle-ci a lieu entre le 5 et le 11, selon les régions. D’ici là, chefs d’établissement, médecins et parents sont sur le pied de guerre.

Les prémices de cette bataille remontent à juillet 2017. Après une recrudescence de cas de rougeole et de méningite en Italie, la loi Lorenzin – du nom de la précédente ministre de la santé des gouvernements Renzi et Gentiloni – introduit dix vaccins obligatoires et gratuits pour les enfants de 0 à 16 ans (rougeole, rubéole, poliomyélite, diphtérie, tétanos, hépatite B, coqueluche, haemophilus de type B, varicelle et oreillons).
Pour être admis à la crèche ou à la maternelle, les enfants doivent présenter un certificat délivré par une unité sanitaire locale. Les parents d’élèves de primaire, collège et lycée sont passibles d’une amende de 100 euros à 500 euros en cas de manquement.
« La vaccination doit être un choix libre, pas une imposition soviétique », s’était alors plaint le chef de la Ligue, Matteo Salvini. Et d’ajouter : « Je ne souhaite pas que des multinationales ou des maisons pharmaceutiques prennent l’Italie pour un pays cobaye. » Depuis, devenu ministre de l’intérieur, il a remercié « pour leur courage » deux médecins qui lèvent actuellement des fonds en vue d’acquérir un microscope de 70 000 euros permettant de prouver, selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Nicky Verstappen, onze ans, avait disparu d’un camp de jeunesse dans la nuit du 9 au 10 août 1998 dans le sud des Pays-Bas. Une recherche ADN a trahi le suspect.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Un homme soupçonné du meurtre d’un garçon néerlandais arrêté en Espagne

Nicky Verstappen, onze ans, avait disparu d’un camp de jeunesse dans la nuit du 9 au 10 août 1998 dans le sud des Pays-Bas. Une recherche ADN a trahi le suspect.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 03h58
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 15h14
   





                        


Un suspect dans une affaire de meurtre d’un jeune garçon, commis aux Pays-Bas il y a vingt ans et qui continue d’ébranler ce pays, a été arrêté en Espagne, a déclaré la police néerlandaise, dimanche 26 août au soir. Il a été interpellé dans une zone montagneuse près de Castellterçol, à 50 kilomètres de Barcelone, « alors qu’il sortait couper du bois », a fait savoir la police espagnole dans communiqué.
Il a été présenté lundi devant la justice espagnole. Le tribunal, chargé de décider de son extradition, a indiqué lundi après-midi que le suspect « a accepté d’être remis aux Pays-Bas ».
L’homme, un Néerlendais de 55 ans, avait été vu pour la dernière fois en France. Le suspect, qui travaillait auparavant chez les scouts et qui serait un expert en survie, y possède un chalet dans les Vosges, dans le nord-est de la France.
Nicky Verstappen, onze ans, avait disparu d’un camp de jeunesse dans la nuit du 9 au 10 août 1998 dans la province de Limbourg, dans le sud des Pays-Bas. Ce camp d’été se tenait dans la réserve naturelle de Brunssummerheide, près de la frontière avec l’Allemagne.
Recherches de grande envergure
Le corps de l’enfant, agressé sexuellement avant d’être tué, avait été découvert le lendemain soir près du camp. Selon des médias néerlandais, le suspect est originaire de Simpelveld, une petite ville du sud des Pays-Bas.
Au moment des faits, la police avait effectué des recherches de grande envergure, suivies de près par les médias et le public néerlandais. Mais le tueur n’avait jamais été découvert. En février dernier, la police du Limbourg a lancé la plus grande recherche sur l’ADN jamais effectuée aux Pays-Bas. « Dans une ultime tentative pour obtenir une réponse à la question de savoir qui a laissé des traces [sur les vêtements de l’enfant] est mené un prélèvement ADN à grande échelle », a alors expliqué la police néerlandaise.
Elle a invité 21 500 hommes, âgés de 18 à 75 ans, à venir donner leur ADN dans six lieux de prélèvement.
Tracer par la famille
La police a souligné que ces hommes n’étaient pas des suspects : il s’agit, a-t-elle dit, de savoir « si celui qui donne son ADN est un membre de la famille de celui qui a laissé des traces sur le lieu de la découverte de Nicky ».
En fouillant son chalet dans les Vosges, la police a découvert des traces d’ADN sur ses affaires personnelles. Et cela correspondait avec celles mises au jour sur les affaires du jeune garçon. Porté disparu par sa famille en avril, le suspect a été arrêté « grâce à un témoin qui l’a reconnu après avoir vu sa photo dans les médias ces derniers jours », ont ajouté les enquêteurs, saluant la « bonne coopération » avec la police espagnole.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ L’ancien nonce Carlo Maria Vigano affirme avoir averti François dès 2013 sur les dérives de Theodore McCarrick, qui a démissionné au mois de juillet, à l’âge de 88 ans.
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Pédophilie dans l’Eglise : un prélat accuse le pape d’avoir couvert un cardinal américain

L’ancien nonce Carlo Maria Vigano affirme avoir averti François dès 2013 sur les dérives de Theodore McCarrick, qui a démissionné au mois de juillet, à l’âge de 88 ans.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 17h21
    |

            Cécile Chambraud (Dublin, envoyée spéciale)








                        



Les accusations concernant les scandales sexuels et leur « gestion » par l’Eglise catholique visent désormais directement les plus hauts responsables du Vatican et alimentent la bataille entre les partisans et les adversaires du pape François.
Diffusée dimanche 26 août au petit matin, une charge virulente a eu pour effet de parasiter la seconde journée de la visite du pontife argentin en Irlande, pays où des milliers d’enfants, de jeunes et de femmes ont été concernés par diverses formes de violence commises par des prêtres ou des religieux, et où l’Eglise catholique s’échine à retrouver une crédibilité morale.

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Dans un texte de onze pages publié par le site américain National Catholic Register, un ancien diplomate du Saint-Siège accuse le sommet de l’Eglise d’avoir été informé de l’inconduite sexuelle du cardinal américain, Theodore McCarrick, dès 2000 et de l’avoir malgré tout nommé archevêque de Washington en novembre de cette année-là, puis cardinal.
L’auteur de ce brûlot est l’archevêque émérite Carlo Maria Vigano, 77 ans, qui fut nonce (ambassadeur du Vatican) à Washington. Il met en cause nommément une série de très hauts responsables en poste au Vatican sous l’un des trois plus récents pontificats, parmi lesquels les secrétaires d’Etat (numéro deux du Vatican) de Jean Paul II et de Benoît XVI. Il va jusqu’à demander à François de démissionner pour montrer « le bon exemple » et permettre à l’Eglise de sortir de « la conspiration du silence ».
Sortir de « la conspiration du silence »
Il affirme que François aurait été, quant à lui, informé de la conduite du cardinal McCarrick au plus tard en juin 2013, soit trois mois après son élection, mais qu’il aurait cependant levé une sanction infligée au prélat américain par Benoît XVI. Ce n’est qu’au mois d’août 2018, après des révélations dans la presse américaine, que le pape argentin a demandé à Theodore McCarrick de rendre son titre de cardinal.
Cet ancien poids lourd de l’Eglise américaine avait, semble-t-il, pour habitude de conduire des séminaristes dans son lit, dans sa maison de bord de mer. Certains d’entre eux l’ont accusé de les y avoir forcés. Un l’accuse d’avoir abusé de lui à partir de l’âge de 11 ans, une accusation jugée crédible par une enquête de l’Eglise américaine.

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On ignore pour l’instant dans quel cadre Mgr Vigano, qui fut proche de Benoît XVI, a écrit ce texte. Quant à son intention, elle n’est évidemment pas d’aider le pape François, un pape dont il est notoirement éloigné et dont, avec d’autres, il fustige les signaux d’ouverture adressés, de loin en loin, à des publics longtemps bannis par le catholicisme, au premier rang desquels les homosexuels. Son texte est un étrange mélange de faits qui sembleraient être assez faciles à vérifier, du moins pour ceux qui ont accès aux archives de la curie romaine, de choses dont il dit avoir été le témoin ou l’acteur, et d’insinuations formulées sous formes de on-dit et de questions rhétoriques.
« Un dossier épais comme ça »
Une bonne partie du texte est une dénonciation virulente et aux forts relents homophobes de ce qu’il appelle « des réseaux homosexuels », comparés aux « tentacules d’une pieuvre », qui, dans l’ombre, tireraient les ficelles dans la haute hiérarchie catholique. Il dénonce l’existence, autour du pape, d’un « courant homosexuel désireux de subvertir la doctrine catholique sur l’homosexualité » et cite une ribambelle de noms de dignitaires censés en faire partie, notamment dans l’entourage de François. Il attribue une grande partie des abus sexuels commis dans le cadre de l’Eglise à la présence de prêtres homosexuels.

   


Mgr Vigano affirme que les autorités vaticanes auraient été informées de la conduite de Theodore McCarrick par un premier courrier en novembre 2000, qui a transité par un nonce précédent, puis par un second rapport, que lui-même aurait transmis à la secrétairerie d’Etat en décembre 2006, puis par un troisième texte en 2008. « Tous les rapports, lettres et autres documents mentionnés ici sont disponibles à la secrétairerie d’Etat du Saint-Siège ou à la nonciature apostolique à Washington », précise l’auteur dans une note en bas de page.
Le pape François a achevé sa visite en Irlande en demandant pardon pour les nombreuses sortes d’abus commis au cours de plusieurs décennies
L’ancien nonce fait une autre affirmation pour le moins insolite. Selon lui, Benoît XVI aurait finalement pris des sanctions contre Theodore McCarrick en « 2009 ou 2010 ». Le pontife allemand lui aurait imposé de ne plus vivre au séminaire, de ne plus dire la messe, de ne pas tenir de réunions en public, de ne plus voyager et l’aurait astreint à une vie de prière et de pénitence. Le problème, c’est que de telles mesures ne semblent jamais avoir été en vigueur.

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Concernant François, il raconte que lors d’une rencontre avec le nouveau pape, il lui aurait dit qu’au département chargé des évêques, il y avait « un dossier épais comme ça » sur le cardinal McCarrick et sur son comportement avec les séminaristes et que Benoît XVI l’avait sanctionné. Mais le pontife argentin, accuse-t-il, a « continué à le couvrir » et n’a pas fait appliquer les sanctions.
Un « hiver irlandais »
Interrogé au sujet de cette note lors de la conférence de presse tenue dans l’avion qui le ramenait à Rome, dimanche soir, le pape François n’a même pas pris la peine de réfuter les assertions de l’ancien diplomate. « Lisez attentivement le document et faites-vous votre propre jugement. Je ne dirai pas un mot là-dessus. Je pense que le document parle de lui-même. (…) Quand un peu de temps aura passé et que vous aurez vos conclusions, peut-être je parlerai », a déclaré le chef de l’Eglise catholique, entre agacement et dédain.

   


François a achevé sa visite en Irlande comme il l’a commencée : en demandant pardon pour les nombreuses sortes d’abus commis en Irlande au cours de plusieurs décennies, et qui ont été mis au jour dans les années 1990 et, surtout, 2000. A l’occasion de la messe finale organisée à Phoenix Park, à Dublin, il a longuement demandé « pardon pour les abus commis » et « pour quelques membres de la hiérarchie qui ne se sont pas préoccupés de ces situations douloureuses et ont gardé le silence ».
Quelque 300 000 personnes ont assisté à cette cérémonie sous un ciel bas, giflé par la pluie et le vent. L’archevêque de Dublin, Diarmuid Martin, a rappelé, dans un bref discours, qu’il y a quarante ans, ils étaient plus d’un million lors de la messe dite, au même endroit, par Jean Paul II. C’était avant que les crimes alors en cours ne soient connus. La foule a été souvent clairsemée lors de ce voyage.

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Depuis, l’institution a connu un « hiver irlandais », a résumé l’archevêque, qui espère « un nouveau printemps pour l’Eglise d’Irlande ». Dans le centre de Dublin, environ 5 000 victimes d’abus de religieux et leurs sympathisants ont, à la même heure, participé à une manifestation intitulée « Debout pour la vérité ».
Le pape recommande la psychiatrie pour les enfants aux « orientations homosexuelles » Le pape François a recommandé, dimanche 26 août, dans l’avion qui le ramenait d’Irlande à Rome, le recours à la psychiatrie lorsque des parents constatent des penchants homosexuels dès l’enfance chez leur progéniture. Un journaliste lui a demandé ce qu’il dirait à des parents constatant les orientations homosexuelles de leur enfant. « Je leur dirais premièrement de prier, ne pas condamner, dialoguer, comprendre, donner une place au fils ou à la fille », a répondu le pontife. Il a aussi estimé qu’il fallait tenir compte de l’âge des personnes. « Quand cela se manifeste dès l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C’est autre chose quand cela se manifeste après 20 ans », a dit Jorge Bergoglio. « Je ne dirai jamais que le silence est un remède. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité », a-t-il déclaré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les Soudan Célestins Music et moi. Au fil de ses concerts, le groupe de réfugiés a pu faire l’expérience de la « fraternité » française, y compris de la part de municipalités.
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« Le jour où Ahmed a traduit le discours du maire d’Aurillac »

Les Soudan Célestins Music et moi. Au fil de ses concerts, le groupe de réfugiés a pu faire l’expérience de la « fraternité » française, y compris de la part de municipalités.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 13h53
    |

Pablo Aiquel







                        



   


Chronique. Du 30 avril au 7 juillet, des centaines de militants ont participé à une marche de solidarité avec les migrants. Partis de Breil-sur-Roya, près de Nice, ils sont allés jusqu’à Londres, en passant par Lyon, Paris et Calais, pour montrer le visage de la France qui accueille. De même, à plusieurs reprises, les Soudan Célestins Music, ensemble musical de réfugiés soudanais résidant à Vichy et dont Le Monde suit l’intégration dans le cadre du programme Les Nouveaux Arrivants, ont fait l’expérience de cette « fraternité » au gré de leurs concerts en divers endroits du pays, de l’Allier au Tarn-et-Garonne.

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Ainsi, en mars, l’association Par d’ssus la Bouchure, du village de Theneuille (400 habitants), au cœur des terres rouges du Bourbonnais, a convié le groupe vichyssois à animer son assemblée générale. Les bénévoles voulaient partager un moment festif avec les réfugiés du centre d’accueil et d’orientation d’Ygrande, le village voisin, lieu de naissance de l’écrivain paysan Emile Guillaumin.
Quelques jours plus tard, Hassan Osmane, le jardinier musicien, et Ahmed Khamis, le chauffeur chanteur, ont participé à un colloque de psychologues interculturels et d’assistants sociaux organisé par l’Association montalbanaise d’aide aux réfugiés, qui planchaient sur l’importance de la créativité pour la santé des migrants. Tout un programme… Adel El Kordi, chercheur libyen et traducteur bientôt assermenté, avait alors permis aux réfugiés d’exprimer le fond de leur pensée. Hébergée par des bénévoles généreux, la petite délégation avait eu le temps de visiter rapidement Montauban. Impressionnés, ils avaient pris des photos de l’église du Moyen-Age, presque millénaire, et n’en croyaient pas leurs oreilles quand la guide leur expliquait que de l’autre côté du Tarn, jadis, c’était l’Angleterre.
Remercier en dansant
Mais sans doute un des souvenirs marquants de cette année aura été la participation à la Semaine interculturelle d’Aurillac (Cantal), en février. Car s’il y a partout des militants et des bénévoles qui traduisent la « fraternité » en actes, plus rares sont les municipalités, de communes grandes ou moyennes, qui engagent leur action publique dans l’accueil.
Chaque année, en février, Aurillac organise des activités ludiques, pédagogiques et festives qui mettent en valeur les différentes cultures des habitants, des étudiants étrangers aux résidents des HLM. Cette année, les organisateurs se sont demandé comment ils pouvaient attirer les demandeurs d’asile, principalement soudanais, hébergés dans le centre d’accueil de la ville. « Les familles, à travers les enfants, se rencontrent dans les écoles mais avec les demandeurs d’asile c’est moins simple, m’expliquait Stéphane Frechou, conseiller municipal et bénévole à la Cimade. Il y a surtout des hommes adultes et ils se heurtent à la barrière de la langue, c’est pourquoi nous avons voulu inviter un groupe qui joue leur musique. »

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Dans son discours d’ouverture, le maire d’Aurillac, Pierre Mathonier, a souligné « la volonté de la commune d’accueillir tous les nouveaux habitants de la meilleure des manières » et de faire ainsi vivre les valeurs de la République. Assis au fond de la salle, plutôt timides, les exilés ont regardé tranquillement se succéder sur scène les étudiants chinois, les jeunes Mahorais de la cité, les danseurs de bourrée auvergnate, se demandant peut-être ce qu’ils faisaient là. Puis, quand ce fut le tour des Soudan Célestins Music, Ahmed Khamis a pris le micro pour leur expliquer, en arabe, ce qu’avait dit le maire d’Aurillac, et pour souligner à quel point il était rare d’être ainsi accueillis, officiellement, comme citoyens.
Il a dû ajouter que la meilleure manière de dire merci était de danser, car, dès les premières notes, les demandeurs d’asile, jusque-là timides, se sont levés comme un seul homme, se déhanchant les bras en l’air. Ils sont allés vers toutes les tables, à la rencontre des bénévoles et du public, pour partager avec tout le monde les rythmes de leur lointain pays. Le jour où Ahmed a traduit le discours du maire d’Aurillac, nous avons compris que danser pouvait aussi être une manière de dire merci à la France qui accueille.
Pablo Aiquel est journaliste indépendant. Il travaille pour La Gazette des communes comme correspondant Auvergne et ruralités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande.
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Le pape implore le « pardon du Seigneur » pour les victimes d’abus sexuels en Irlande

Depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 17h52
   





                        


Le pape François a « imploré » dimanche 26 août « le pardon du Seigneur » pour les agressions sexuelles commises en Irlande par des prêtres catholiques, au deuxième jour de sa visite dans le pays. « J’implore le pardon du Seigneur pour ces péchés, pour le scandale et la trahison ressentis par tant de personnes dans la famille de Dieu », a déclaré le pape à l’occasion d’une visite du sanctuaire de Knock, site de piété mariale distant de 180 km de Dublin.

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Depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande. La hiérarchie de l’Eglise irlandaise est accusée d’avoir couvert des centaines de prêtres. Plusieurs enquêtes ont également révélé des adoptions illégales d’enfants nés de femmes non mariées pratiquées par l’Etat irlandais avec la complicité de l’Eglise catholique.
Perte d’influence de l’Eglise
L’ampleur de ces scandales explique en partie la perte d’influence de l’Eglise ces dernières années sur la société irlandaise, historiquement très catholique.
« Aucun de nous ne peut se dispenser de se sentir ému par les histoires de mineurs qui ont souffert d’abus, à qui on a volé l’innocence et qui ont été abandonnés à la blessure de douloureux souvenirs. Cette plaie ouverte nous défie d’être fermes et décidés dans la recherche de la vérité et de la justice », a également déclaré le pape.
Samedi, à Dublin, le pape avait évoqué sa « honte » et sa « souffrance » face à « l’échec des autorités ecclésiastiques » à affronter de manière adéquate les « crimes ignobles » du clergé en Irlande.
Avant François, Benoit XVI, son prédécesseur, avait écrit en 2010 une lettre à tous les catholiques irlandais, reconnaissant la responsabilité de l’Eglise dans les abus commis en Irlande.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le gouvernement espagnol souhaite retirer le Caudillo du mausolée où il se trouve et créer un mémorial aux victimes de la guerre civile sur le site.
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Espagne : la famille Franco s’occupera du corps du dictateur espagnol s’il est exhumé

Le gouvernement espagnol souhaite retirer le Caudillo du mausolée où il se trouve et créer un mémorial aux victimes de la guerre civile sur le site.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 23h53
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 13h11
   





                        



   


La famille de Francisco Franco utilisera « tous les recours légaux » contre la décision du gouvernement espagnol d’exhumer le corps du dictateur et le prendra en charge si tel est le cas.
Dénonçant un « acte de revanchisme rétrospectif », la famille du Caudillo réitère dans un communiqué publié samedi 25 août son « opposition la plus ferme et unanime » à l’initiative du gouvernement, qui souhaite exhumer Franco d’ici à la fin de l’année du mausolée où il se trouve.
Cependant, si l’exhumation a lieu, la famille dit qu’elle exigera de pouvoir prendre en charge sa dépouille afin de lui donner « une sépulture chrétienne ». « Bien sûr que nous allons nous occuper de la dépouille de mon grand-père. Nous n’allons pas la laisser entre les mains du gouvernement », a déclaré au quotidien conservateur La Razón Francis Franco, un des sept petits-enfants du général qui dirigea l’Espagne entre 1939 et 1975.

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                En Espagne, un décret pour exhumer la dépouille de Franco avant la fin de l’année



Problème de sécurité ?
Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a approuvé vendredi un décret visant à exhumer Francisco Franco du Valle de los Caidos, complexe monumental à 50 km de Madrid, surplombé par une croix de 150 mètres de haut, où sa dépouille repose depuis sa mort, en 1975.
La famille refuse d’exhumer le corps et l’a fait savoir dans une lettre recommandée enregistrée auprès d’un notaire et envoyée à l’abbé responsable de la basilique adjacente à la tombe de Franco.
Mais le cabinet de M. Sanchez avait prévu cette éventualité. Si la famille continue de refuser l’exhumation et n’indique pas de lieu où réenterrer la dépouille, le gouvernement se chargera de le faire « dans un lieu digne et respectueux », selon la vice-présidente, Carmen Calvo.
Francis Franco a rejeté l’idée d’inhumer la dépouille de son grand-père au côté de son épouse, Carmen Polo, morte en 1988, enterrée dans le cimetière d’El Pardo, près de Madrid. « Il n’y a pas de sécurité, mon grand-père ne peut pas être enterré là. Aujourd’hui, ce n’est pas envisagé. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ La justice italienne a, de son côté, ouvert une enquête pour « séquestration, arrestations illégales et abus de pouvoir », visant notamment Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/08/2018
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Les migrants du « Diciotti », bateau bloqué cinq jours à Catane, enfin autorisés à débarquer

La justice italienne a, de son côté, ouvert une enquête pour « séquestration, arrestations illégales et abus de pouvoir », visant notamment Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 21h29
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 16h24
   





                        



   


Les 150 migrants qui se trouvaient à bord du Diciotti, un bateau des garde-côtes italiens bloqué depuis cinq jours dans le port sicilien de Catane, avaient tous quitté le navire dimanche 26 août au matin, une solution ayant été trouvée la veille pour leur prise en charge.
Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, avait annoncé, samedi 25 août, que les migrants qui étaient encore bloqués à bord du navire Diciotti depuis son arrivée lundi à Catane, en Sicile, seraient autorisés à débarquer « dans les prochaines heures ». « Une grande partie sera hébergée par l’Eglise italienne, par les évêques qui ont ouvert leurs portes, leur cœur et leur portefeuille », a-t-il déclaré au cours d’une réunion politique dans le nord de l’Italie.
Le Diciotti, un navire des gardes-côtes italiens, avait procédé à une opération de sauvetage il y a une dizaine de jours. Dans un premier temps, les autorités sanitaires du port de Catane avaient autorisé le débarquement pour raison de santé de seize personnes – onze femmes et cinq hommes – auxquelles s’était ajouté un sixième homme, malade lui aussi, portant le total à dix-sept personnes. Plusieurs médecins et inspecteurs du ministère de la santé étaient montés à bord dans la matinée pour contrôler l’état de santé des rescapés.
« Ils ne nous arrêteront pas »
De son côté, la cour de justice de Palerme s’est saisie d’une enquête visant notamment M. Salvini pour « séquestration de personnes, arrestations illégales et abus de pouvoir » dans cette affaire, ont annoncé, samedi soir, les médias italiens. Le chef de cabinet du ministre, Matteo Piantedosi, est également visé.
Comme la Constitution italienne interdit aux tribunaux habituels de se charger de ce type d’affaire, l’enquête a été transmise à un « tribunal des ministres », chargé depuis la cour de Palerme de traiter de potentiels délits commis par des membres du gouvernement sur la juridiction sicilienne.

   


« Ils ne nous arrêteront pas. C’est une honte », a immédiatement réagi M. Salvini, par ailleurs chef de file du parti d’extrême droite La Ligue, depuis la ville de Pinzolo, où il tenait une réunion politique. « Ils peuvent m’arrêter moi, mais pas la volonté de 60 millions d’Italiens », a ajouté le ministre.
Nombreuses critiques
Luigi Patronaggio, le procureur du parquet d’Agrigente, avait d’abord ouvert, vendredi, une enquête de justice, cherchant à comprendre la chaîne de commandement ayant mené à l’interdiction du débarquement des 150 migrants secourus par les gardes-côtes.
M. Salvini, tenant d’une ligne dure envers les migrants, avait réagi le jour même à l’annonce de cette première enquête, demandant au magistrat de l’interroger directement. « Il devrait m’interroger moi et non pas demander des éclaircissements à des fonctionnaires qui exécutent les directives données par le responsable, c’est-à-dire moi », avait déclaré le ministre.
De nombreuses critiques, venant de tous bords, pleuvent depuis des jours sur M. Salvini. L’une des plus dures a été formulée par l’archevêque d’Agrigente, le cardinal Francesco Montenegro : « Parfois, il m’arrive de penser que s’il s’était agi d’animaux, on les aurait mieux traités », a-t-il déclaré samedi au quotidien La Stampa.
« La solidarité européenne est importante »
Depuis Genève, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a lancé, samedi, « un appel aux Etats membres de l’Union européenne [UE] pour qu’ils offrent d’urgence des places de réinstallation » aux migrants du Diciotti, exhortant Rome « à autoriser [leur] débarquement immédiat ».
Le seul soutien de l’UE est venu samedi soir de l’Irlande, qui, par la voix de son ministre des affaires étrangères Simon Coveney, a offert de prendre en charge 20 à 25 migrants. « La solidarité européenne est importante », a souligné le chef de la diplomatie irlandaise.
L’Albanie, un pays qui n’appartient pas à l’UE, a donné son accord pour en accueillir vingt. En début de soirée, le ministère des affaires étrangères italien, Enzo Moavero Milanesi, a remercié sur Twitter « l’Albanie pour sa décision d’accueillir vingt réfugiés du Diciotti, un signal de grande solidarité et de grande amitié ».

Il Ministro degli Affari Esteri Enzo Moavero Milanesi ringrazia l’Albania per la decisione di accogliere 20 profugh… https://t.co/ohJNvUC982— ItalyMFA (@Farnesina 🇮🇹)


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Après avoir menacé, vendredi, l’UE « de payer moins » pour le budget communautaire en raison de l’absence de solidarité, ce dernier est revenu à la charge samedi en promettant que « l’Italie ne votera pas lorsqu’il faudra l’unanimité pour adopter le budget ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Cette arrestation « est probablement liée » à son intention d’organiser des manifestations le 9 septembre contre le projet de réforme du système de retraites, a déclaré sa porte-parole.
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Russie : l’opposant Alexeï Navalny interpellé devant son domicile

Cette arrestation « est probablement liée » à son intention d’organiser des manifestations le 9 septembre contre le projet de réforme du système de retraites, a déclaré sa porte-parole.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 18h28
   





                        



   


L’opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, a été interpellé, samedi 25 août, devant son domicile pour des motifs inconnus, a annoncé sa porte-parole Kira Iarmych sur Twitter.
« Navalny a été interpellé il y a deux heures devant sa maison. Il est à présent au poste de police de Danilovsky [à Moscou]. Ils n’ont pas dit pourquoi il a été arrêté. Ils ont pris son téléphone », a-t-elle écrit en début d’après-midi. « Ils l’ont laissé passer un appel, il m’a appelée et m’a prévenue. Après cet appel, on lui a pris son téléphone », a-t-elle ajouté dans une interview accordée à la radio Echo de Moscou, précisant qu’il serait assisté par ses avocats.
Trente jours de détention en juin
Cette arrestation « est probablement liée » à l’intention d’Alexeï Navalny d’organiser des manifestations le 9 septembre contre le très impopulaire projet de réforme du système de retraites, a ajouté Kira Iarmych.
Quelques heures avant son arrestation, Alexeï Navalny avait annoncé sur son compte Twitter qu’il ferait des « annonces intéressantes » dans son émission retransmise en direct sur les réseaux sociaux et prévue à 13 heures (heure de Moscou), heure qui coïncide avec celle de son interpellation.
L’opposition inhabituelle à une mesure soutenue par le président Vladimir Poutine s’est aussi exprimée à travers une pétition en ligne demandant l’annulation de la réforme, qui a recueilli 2,9 millions de signatures.

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Alexeï Navalny a multiplié ces derniers mois les manifestations pour faire pression sur le Kremlin, après avoir été déclaré inéligible à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée sans surprise par Vladimir Poutine.
Le 15 juin, l’opposant de 42 ans avait été arrêté pour avoir organisé une manifestation deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine à un quatrième mandat présidentiel, et pour avoir désobéi aux forces de l’ordre. Il avait purgé trente jours de détention et avait été libéré le jour du début de la Coupe du monde de football en Russie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La visite de François, qui a rencontré, samedi à Dublin, huit victimes de prêtres, intervient au moment où de nouvelles révélations frappent l’institution.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/08/2018
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Scandales de pédophilie : en Irlande, le pape évoque sa « honte » face à « l’échec » de l’Eglise

La visite de François, qui a rencontré, samedi à Dublin, huit victimes de prêtres, intervient au moment où de nouvelles révélations frappent l’institution.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
27.08.2018 à 17h21
    |

            Cécile Chambraud (Dublin, envoyée spéciale)








                        



Dublin ne s’est pas parée des couleurs – jaune et blanc – du Vatican, et les Dublinois n’ont pas attendu en masse le pape à son passage.
L’arrivée de François en Irlande, samedi 25 août, pour une visite de trente-deux heures, n’a pas suscité de ferveur au-delà des lieux qui en marquaient les étapes : à la cathédrale Sainte-Marie, dans un centre d’accueil des sans-logis et, dans la soirée, au Croke Park Stadium, où plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient présentes pour une « fête des familles », dans le cadre de la Rencontre mondiale des familles, organisées tous les trois ans par l’Eglise catholique, et qui a lieu cette année à Dublin.
Vingt-cinq ans de révélations sur les multiples turpitudes (mauvais traitements, violences sexuelles, confiscations d’enfants de filles-mères) perpétrées pendant des décennies contre des enfants, des jeunes et des femmes dans des institutions gérées par l’Eglise, ou bien dans les paroisses par des prêtres et des religieux, ont fait leur œuvre et détrôné celle-ci de son rang d’autorité morale dans le pays.

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Entre les Irlandais et les institutions catholiques, tout est à reconstruire. C’est bien ce qu’exprimait le prêtre chargé de préparer les quelque quatre cents jeunes couples réunis dans la cathédrale pour entendre le pontife parler des vertus du mariage chrétien. « Nous savons tous que ce week-end est très important pour l’Eglise en Irlande. Vous avez été choisis pour être l’avenir de l’Eglise d’Irlande dans votre famille. Ouvrez le chemin ! », leur a-t-il lancé.

   


Tirer les leçons du passé
Le premier ministre irlandais, Leo Varadkar, n’a pas dit autre chose en accueillant François, samedi matin. « Le temps est venu de construire une nouvelle relation entre l’Eglise et l’Etat en Irlande » fondée sur la reconnaissance que « la religion n’est plus au centre de notre société, mais dans laquelle elle a encore une place importante », a dit le Taoiseach (l’appellation gaélique pour le chef du gouvernement).
Une société, a-t-il insisté, qui ces dernières années a pris acte dans ses lois « que les mariages ne marchent pas toujours, que les femmes ont le droit de décider par elles-mêmes et que les familles revêtent des formes différentes, y compris celles qui ont à leur tête un grand-parent, un parent seul, des parents de même sexe ou des parents divorcés ».

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Mais Leo Varadkar a laissé entendre que cette « nouvelle relation » ne pourrait voir le jour qu’à une condition : que des leçons claires soient tirées du passé. Car dans l’histoire de l’Eglise catholique en Irlande, a-t-il dit, « il y a des aspects sombres », « une histoire de chagrin et de honte », à savoir les violences et injustices commises contre des jeunes et des femmes.

   


« Les blessures sont toujours ouvertes et il reste beaucoup à faire pour amener la justice et la vérité et guérir les victimes et les survivants », a déclaré le premier ministre à son hôte. « Saint-Père, je vous demande d’utiliser votre office et votre influence pour faire en sorte que cela soit fait, ici en Irlande et dans le monde (…) Il ne peut y avoir qu’une tolérance zéro pour ceux qui abusent d’innocents enfants ou qui permettent cet abus. Nous devons maintenant faire en sorte que les mots soient suivis d’actions. »
Le mauvais vouloir de la curie romaine
En lui répondant, pour son premier discours dans le pays, le pape François est revenu sur la responsabilité de l’institution qu’il dirige dans ces tragédies. « L’échec des autorités ecclésiastiques – évêques, supérieurs religieux, prêtres et autres – pour affronter de manière adéquate ces crimes ignobles a justement suscité l’indignation et reste une cause de souffrance et de honte pour la communauté catholique. Moi-même, je partage ces sentiments », a-t-il dit.
Comme l’avait annoncé le Vatican, le pape a rencontré, à l’abri des caméras, des victimes de ces violences sexuelles et autres. Parmi elles figurait Marie Collins, qui venait de juger « décevant » le discours du pape devant les autorités. Cette Irlandaise, agressée par un prêtre lorsqu’elle avait 13 ans, a démissionné de la commission pontificale pour la protection des mineurs en 2017 pour protester contre ce qu’elle considérait comme le mauvais vouloir de la curie romaine pour mettre en œuvre les réformes proposées par la commission. Depuis, elle ne cesse de presser François d’agir, notamment en mettant en place de nouveaux mécanismes pour juger les évêques et tous ceux qui auraient couvert des prêtres pédophiles.

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La veille de cette rencontre, lors d’une conférence sur les abus organisée dans le cadre de la Rencontre mondiale des familles, Marie Collins avait demandé que non seulement les évêques, mais aussi les responsables du Vatican, soient tenus de rendre des comptes sur la manière dont ils ont pu traiter les affaires de violences sexuelles venues à leur connaissance. Elle s’était interrogée à nouveau sur les raisons qui ont conduit le pape à ne pas créer le tribunal spécial destiné à juger les évêques, proposé par la commission dont elle était membre.
Initialement attendu à Dublin, le président de cette commission, le cardinal Sean O’Malley, a annulé sa participation à cette réunion en raison d’une « urgence pastorale » qui le retenait aux Etats-Unis dans son diocèse de Boston. Il a en effet lancé une enquête dans son séminaire diocésain après des accusations d’inconduites sexuelles. « Tous les efforts d’évangélisation et autres grandes missions dépendront de notre capacité à reconnaître nos crimes et manquements et à faire de la protection des enfants et des personnes vulnérables notre priorité numéro un », a-t-il déclaré dans un message lu vendredi.



                            


                        

                        


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Compte rendu

L’« Aquarius » bloqué durant une semaine au large de la Tunisie

Le navire humanitaire a repris la mer, samedi, vers Marseille à l’issue d’une semaine de blocage au large de Bizerte, où il avait été immobilisé après le sauvetage de cinq migrants tunisiens en détresse.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 25.08.2018 à 13h28

     •
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        Mis à jour le 26.08.2018 à 13h29






    
A bord de l’« Aquarius », le 15 août à La Valette.
Crédits : GUGLIELMO MANGIAPANE / REUTERS


C’est une grande première qui vient de se produire au large du littoral tunisien. Le navire humanitaire Aquarius s’est trouvé bloqué sept jours durant à 45 miles nautiques au nord-est de Bizerte, cité portuaire de la côte septentrionale de la Tunisie, après avoir récupéré à son bord cinq migrants tunisiens qui prétendaient fuir leur pays pour des raisons politiques. L’impasse a finalement été surmontée, samedi 25 août, avec la restitution des cinq Tunisiens aux autorités de leur pays.
L’Aquarius, navire affrété par SOS Méditerranée en partenariat avec Médecins sans frontières (MSF), a quitté au petit matin sa position dans les eaux internationales où il était immobilisé depuis le 17 août pour se rapprocher de Bizerte où un bâtiment de la marine tunisienne est venu à sa rencontre. Selon une source de MSF, l’Aquarius n’a accepté ce transfert qu’avec l’accord des cinq Tunisiens qui, après avoir refusé tout retour au pays, ont fini par s’y résigner. Selon une source officielle tunisienne, ils feront l’objet d’une amende, mais ils ne seront pas inquiétés au plan judiciaire.
Ce type de situation est inédit pour l’Aquarius, dont les activités de secours se focalisaient jusqu’alors exclusivement au large des côtes libyennes. Le sauvetage du 17 août d’un canot pneumatique à bord duquel avaient embarqué les cinq Tunisiens relevait d’un concours de circonstances plutôt exceptionnel.
« Nous ne pouvons les ramener en Tunisie contre leur gré. Cela représenterait une violation du droit international », explique une source de MSF
L’Aquarius avait quitté le même jour Malte, où il avait débarqué 141 migrants en provenance de Libye, et se dirigeait vers Marseille pour une escale technique. Alors que le navire de secours se trouvait au large de Bizerte, l’équipage a pris connaissance d’une communication radio faisant état d’un canot pneumatique en situation de détresse. L’Aquarius a, dès lors, fait mouvement vers l’esquif en perdition, pourvu de seules rames en plastique et dont les cinq occupants étaient démunis de gilet de sauvetage.
Une fois transférés à bord de l’Aquarius, ces derniers ont fait état de leur volonté de demander l’asile politique et menacé de se « blesser eux-mêmes » – selon le journal de bord de l’Aquarius publié en ligne –, s’ils devaient être restitués aux autorités de leur pays. Dans ces conditions, les équipes de SOS Méditerranée et de MSF ont décidé de les garder à bord en attendant de clarifier leur situation et de trouver un éventuel port de débarquement hors de Tunisie.
L’impasse s’est prolongée, car ni la France ni l’Italie, pays sollicités par l’Aquarius, n’ont accepté de les accueillir. L’avis du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies qui, après s’être entretenu par Skype avec les Tunisiens, a établi que leur profil ne correspondait pas à celui de demandeurs d’asile, n’a fait que conforter un tel refus.
Difficultés économiques et sociales en Tunisie
L’équipage de l’Aquarius était toutefois hostile à toute idée de les restituer aux autorités de Tunis en raison de l’opposition des intéressés. « Nous ne pouvons les ramener en Tunisie contre leur gré, expliquait une source de MSF. Cela représenterait une violation du droit international sur les réfugiés. Ce serait un refoulement. » Il a fallu attendre le changement d’attitude des cinq rescapés, qui ont, finalement, accepté de retourner à terre, pour dénouer l’imbroglio.
Ce type d’incident est révélateur du nouveau contexte migratoire autour de la Tunisie. Le petit pays d’Afrique du Nord, confronté à d’épineuses difficultés économiques et sociales, est le théâtre d’une reprise spectaculaire des départs illégaux vers l’Italie. Selon les chiffres officiels italiens, le nombre de Tunisiens arrivés illégalement en 2017 dans la péninsule a atteint 6 150 personnes, soit 7,5 fois plus qu’en 2016. La tendance s’est maintenue en 2018 avec le chiffre de 3 221 au 31 juillet.
Les Tunisiens sont aujourd’hui la première nationalité à débarquer en Italie – devant les Erythréens et les Soudanais –, alors qu’ils étaient au huitième rang en 2017. Des Africains subsahariens, en nombre certes moindre, prennent également la mer à partir des côtes tunisiennes.
Cette nouvelle vague migratoire s’accompagne de nombreux drames. Le 17 août, huit migrants ont péri au large de Sfax. Les occupants de l’embarcation clandestine avaient mis le feu à celle-ci avant de se jeter à l’eau, afin d’échapper à leur interpellation par les gardes-côtes tunisiens. Le 2 juin, au moins une cinquantaine de migrants avaient également perdu la vie lors du naufrage de leur chalutier au large des îles Kerkennah dans la région de Sfax, la principale base de départs vers l’île italienne de Lampedusa.

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                « L’“Aquarius” est le symbole du naufrage de l’Europe politique »





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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Editorial du « Monde ». Une vidéo diffusée par Moscou glorifie son intervention militaire. Une manière de réaffirmer la puissance de la Russie et de soutenir ses exportations d’armement.
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Autosatisfaction russe en Syrie

Editorial du « Monde ». Une vidéo diffusée par Moscou glorifie son intervention militaire. Une manière de réaffirmer la puissance de la Russie et de soutenir ses exportations d’armement.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 16h51
   





                        



   


Editorial. A l’approche du troisième anniversaire de l’intervention de la Russie en Syrie, le 30 septembre 2015, le ministère russe de la défense a diffusé le 22 août, sous forme de vidéo, un rutilant bilan chiffré de ses opérations à l’appui du régime de Damas, qui illustre l’ampleur du déploiement et des ambitions de Moscou.
Cet exercice d’autosatisfaction de dix minutes est d’une remarquable précision en termes de statistiques – excepté quelques données cruciales qui font malheureusement défaut. On apprend ainsi qu’en trois ans 63 012 militaires russes, dont pas moins de 434 généraux, ont bénéficié d’une « expérience de combat » en Syrie. L’aviation y a effectué 39 000 sorties, qui se sont traduites par la mort de quelque 86 000 « combattants » au cours de frappes aériennes ; 189 bâtiments navals ont été engagés, dont le porte-avions Amiral-Kouznetsov. La base russe de Hmeimim a été développée et renforcée, de même que le port de Tartous. Peut-être plus important encore pour l’industrie de l’armement russe, 231 types d’armes ou d’équipements de défense y ont été testés, dont des avions, des systèmes sol-air et des missiles de croisière.

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                Moscou a envoyé plus de 63 000 soldats pour défendre le régime de Bachar Al-Assad



Lorsque Moscou a lancé son intervention en Syrie, affirme la vidéo, la progression des « terroristes » depuis le début de la guerre, en 2011, était telle que 8 % du territoire seulement était encore sous le contrôle du gouvernement de Bachar Al-Assad. Aujourd’hui, grâce à l’appui de la Russie et de l’Iran, le rapport est inversé ; selon Moscou, le régime contrôle à nouveau 96,5 % du territoire syrien.
Une gigantesque vitrine pour les armes russes
Malgré quelques images montrant la distribution d’aide humanitaire à des populations reconnaissantes, aucun chiffre n’est avancé sur les victimes civiles du conflit – le nombre de morts est généralement évalué à plus de 300 000 –, ni sur les millions de réfugiés et de personnes déplacées. Les pertes russes sont également passées sous silence, de même que la présence des « mercenaires », les personnels de compagnies de sécurité privées dont certains médias russes ont révélé l’existence.
Que dit donc cette vidéo ? Elle glorifie, d’abord, le retour de la Russie comme puissance militaire au Proche-Orient. C’était l’un des objectifs de Vladimir Poutine : rétablir le rôle qu’avait occupé la défunte URSS dans la région et y replacer la Russie parmi les acteurs majeurs. Elle illustre, ensuite, à quel point l’intervention en Syrie a été bénéfique à l’armée russe en termes d’expérience de combat et à l’industrie d’armement, deux secteurs que le président Poutine a promus et modernisés. Cette opération est, aussi, une gigantesque vitrine pour les exportations d’armes russes. Ce n’est pas tout à fait un hasard si, depuis son retour au Proche-Orient, la Russie progresse aussi en Afrique : elle vient de conclure, notamment, des contrats de défense avec la République centrafricaine et le Burkina Faso.
Reste la question de la suite de cette brillante opération. Par deux fois au moins, M. Poutine a annoncé un retrait de ses troupes de Syrie ; la vidéo dément ces propos. Il voudrait à présent que les Européens prennent en charge le coût financier de la reconstruction de la Syrie, qui permettrait, dit-il, un retour des réfugiés. Refusant de reconstruire la Syrie pour Bachar Al-Assad, Paris et Berlin font la sourde oreille et n’accepteront de s’engager sur cette voie que lorsque les conditions d’un dialogue politique sur l’avenir de la Syrie seront réunies. C’est une sage décision.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’armée russe a révélé les chiffres de son engagement en Syrie, mais reste discrète sur le détail de son déploiement.
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édition abonné


Moscou a envoyé plus de 63 000 soldats pour défendre le régime de Bachar Al-Assad

L’armée russe a révélé les chiffres de son engagement en Syrie, mais reste discrète sur le détail de son déploiement.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 06h46
    |

                            Intérim (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Près de trois ans après le début de son intervention militaire en Syrie, le Kremlin intensifie son opération de propagande. Alors qu’avec le soutien de l’armée russe, le régime de Bachar Al-Assad prépare une offensive dans la région d’Idlib (nord-ouest), refuge de civils et de rebelles chassés du reste du pays, Damas et Moscou s’activent ces derniers jours pour au contraire mettre en scène le retour de la stabilité – et celui, pourtant encore très incertain, des réfugiés.
Réconciliation civile et aide humanitaire ont ainsi été au cœur du récent voyage de presse organisé pour des journalistes occidentaux à travers les deux tiers du territoire désormais contrôlé par l’armée syrienne grâce à l’aide russe.

Pour mieux convaincre de ses bons offices en vue de la transition politique, le ministère de la défense russe vient aussi de faire preuve de transparence. Dans une vidéo inédite rendue publique mercredi 22 août, il a révélé le nombre de ses militaires ayant combattu en Syrie depuis le début de son intervention en septembre 2015 : plus de 63 000. Une révélation accompagnée d’images de Syriens en liesse au milieu de distribution d’aides diverses.
Officiellement, 92 soldats russes ont péri en Syrie depuis le début de l’intervention, mais le bilan serait plus élevé
La vidéo de l’état-major russe, diffusée sur YouTube, n’est pas avare de chiffres. Le bilan surprend même par ses précisions. « En Syrie, 63 012 militaires, dont 434 généraux et 25 738 officiers ont connu une expérience de combat », explique le ministère. Le principal bras armé de la Russie a été son aviation. Au cours de 39 000 vols, elle a éliminé « plus de 86 000 rebelles » et détruit 121 466 « cibles terroristes ».
Depuis trois ans, le dispositif aérien a été impressionnant, avec des bombardiers Su-24 et Su-34, des hélicoptères de combat, des bombardiers stratégiques Tu-22 et Tu-160, des avions multirôle Su-30 et des chasseurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Pour Nick Cohen, influent chroniqueur politique britannique, la gauche incarnée par le travailliste Jeremy Corbyn est plutôt une extrême gauche qui veut remettre au goût du jour les idées des années 1970, tout en renonçant aux valeurs universelles.
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Nick Cohen : « La gauche de Jeremy Corbyn est un mouvement rétrograde »

Pour Nick Cohen, influent chroniqueur politique britannique, la gauche incarnée par le travailliste Jeremy Corbyn est plutôt une extrême gauche qui veut remettre au goût du jour les idées des années 1970, tout en renonçant aux valeurs universelles.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h30
    |

                            Samuel Fitoussi








                        



                                


                            

Nick Cohen est un intellectuel de centre gauche britannique. Il a publié plusieurs livres tels que What’s Left (Harper Perennial, 2007, non traduit), et écrit pour The Guardian, The Observer et The Spectator.
Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste, est encore la cible d’accusations d’antisémitisme, pour avoir été présent en 2014 à un hommage aux terroristes palestiniens qui ont assassiné des athlètes israéliens en 1972. Que se passe-t-il dans la gauche britannique ?
Après la chute du mur de Berlin, l’extrême gauche britannique, en opposition à l’Occident, a préféré s’allier avec des théocraties religieuses ou des mouvances islamistes plutôt que de se réconcilier avec la démocratie libérale. Et ces alliés, réactionnaires et antisémites, ont déteint sur elle.
Par ailleurs, il peut être dans l’intérêt du Parti travailliste de tolérer l’antisémitisme. Viktor Orban peut stigmatiser les « musulmans » pour attirer des électeurs, car il n’y a presque pas de musulmans en Hongrie. De même, Corbyn n’a pas besoin du vote de la communauté juive britannique, peu nombreuse. En tout cas, ses supporteurs ne semblent pas gênés par les accusations d’antisémitisme.
Corbyn vous rétorquerait qu’il est antisioniste, pas antisémite.
Je suis le premier à soutenir la cause palestinienne et on peut bien sûr critiquer la politique du gouvernement israélien sans être antisémite. Mais il faut réfléchir à ce que veut dire « antisioniste ». Au sens littéral, cela signifie vouloir, d’une manière ou d’une autre, la fin du seul Etat juif au monde. Pourquoi voudrions-nous cela ? Par ailleurs, tout le monde sait que le mot « sioniste » est abondamment utilisé pour ressasser les vieux éléments de langage antidreyfusards sans avoir à prononcer le mot « juif ».
Hormis cet antisémitisme que vous dénoncez, quel est votre problème avec la gauche de Corbyn ?
C’est...




                        

                        


<article-nb="2018/08/27/18-20">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La population de ce félin est passée de 94 individus à près de 600 ans en dix-sept ans, grâce à un plan de préservation.
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Le lynx d’Espagne n’est plus menacé de disparition

La population de ce félin est passée de 94 individus à près de 600 ans en dix-sept ans, grâce à un plan de préservation.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 09h51
    |

            Isabelle Piquer (envoyée speciale, Andujar (Andalousie)








                        



                                


                            

Miguel Angel Simon vient d’apprendre la nouvelle : un lynx s’est fait écraser, tôt ce matin d’août, près de la petite municipalité de Vilches, à l’est de Cordoue. C’est le vingt et unième lynx d’Espagne (ou lynx pardelle) qui meurt cette année sur les routes d’Andalousie. « C’était une femelle, souligne, contrarié, M. Simon, responsable du programme de conservation Iberlince. Ces incidents sont toujours graves mais ils ne sont plus aussi dramatiques qu’il y a quelques années, lorsque l’on frôlait la mort de l’espèce. » 
En 2002, le lynx d’Espagne était considéré comme le félin le plus menacé au monde. Il n’en restait que 94 dans toute la péninsule ibérique, vivant dans les parcs naturels de Doñana, dans l’estuaire du Guadalquivir, et de la Sierra d’Andujar, dans le nord de l’Andalousie.
Il figure toujours sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, mais le lynx ibérique n’est plus menacé de disparition grâce à Iberlince, un vaste programme de reproduction et de relocalisation. Son dernier comptage recensait, fin 2017, 589 félins, dont 448 en Andalousie. Fin juillet, le ministère de la transition écologique annonçait que 39 petits lynx nés en captivité avaient passé le cap du sevrage, soit un taux de survie de 84 %. Un record.
Qu’est-ce qui a fait le succès d’Iberlince ? « Une approche très pragmatique qui a fait évoluer nos objectifs en fonction des résultats, et une petite équipe très motivée qui a su convaincre les partenaires locaux de s’engager », résume M. Simon, qui s’occupe du programme depuis sa création en 2002. Si dans un premier temps il a fallu « éviter la catastrophe », il s’agit aujourd’hui de réintroduire progressivement le lynx dans d’autres régions, notamment en Estrémadure, Castille-La Manche et en Algarve, au Portugal.
Beaucoup de lapins
Iberlince est financé à 60 % par le programme Life, l’instrument financier de la Commission européenne...




                        

                        

