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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ L’ancien nonce Carlo Maria Vigano affirme avoir averti dès 2013 le pape François sur les dérives du cardinal américain, qui a démissionné au mois de juillet, à l’âge de 88 ans.
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Pédophilie dans l’Eglise américaine : un prélat accuse le pape d’avoir couvert le cardinal McCarrick

L’ancien nonce Carlo Maria Vigano affirme avoir averti dès 2013 le pape François sur les dérives du cardinal américain, qui a démissionné au mois de juillet, à l’âge de 88 ans.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 19h09
   





                        


Un ex-ambassadeur auprès du Vatican à Washington, l’archevêque Carlo Maria Vigano, a accusé dans une lettre, samedi 25 août, le pape François d’avoir annulé des sanctions contre le cardinal américain Theodore McCarrick, malgré des accusations de « comportement gravement immoral » à son encontre.
« Le Vatican n’a aucun commentaire immédiat », a réagi dimanche matin une porte-parole du Vatican depuis Rome, contactée par des journalistes à bord de l’avion du pape François l’emmenant dans la ville sanctuaire de Knock en Irlande.

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« La corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l’Eglise », affirme Mgr Vigano, en allant jusqu’à demander la démission du pape François.
La lettre de onze pages a été publiée simultanément samedi dans plusieurs publications catholiques américaines de tendance traditionaliste ou ultra-conservatrice ainsi que dans un quotidien italien de droite.
Elle a été rendue publique au second jour d’un court voyage du pape François en Irlande, où la question des abus sexuels de l’Eglise dans le monde occupe particulièrement le terrain médiatique.

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De premières sanctions dans les années 2000
Mgr Vigano, 77 ans, qui fut nonce – terme désignant les ambassadeurs auprès du Vatican – à Washington entre 2011 et 2016, affirme que Benoît XVI avait imposé des sanctions canoniques contre le cardinal McCarrick vers la fin des années 2000. Le prélat devait quitter le séminaire où il vivait, éviter tout contact public et vivre une vie de pénitence.
Cette mise à l’écart de la vie publique avait été décidée plusieurs années après des rapports de deux anciens ambassadeurs du Vatican à Washington, aujourd’hui décédés, évoquant son « comportement gravement immoral avec des séminaristes et des prêtres ».
Alors qu’il était devenu à son tour ambassadeur à Washington, Mgr Vigano dit avoir écrit en 2006 un premier mémo sur McCarrick à son supérieur à Rome, suggérant même « un traitement médical » à son encontre.
L’archevêque Vigano raconte avoir été interrogé par le nouveau pape François peu après sa prise de fonction, en juin 2013, sur la personnalité de McCarrick. Selon lui, le pape argentin aurait préféré ignorer ses avertissements et avait annulé de fait les sanctions de son prédécesseur, prenant le prélat américain comme conseiller sur des nominations de cardinaux.
Dans sa lettre au vitriol, l’ancien nonce apostolique aujourd’hui à la retraite met également en cause nommément un grand nombre de hauts prélats de la Curie romaine, dont le numéro deux Pietro Parolin, qu’il accuse tous d’un silence complice sur les agissements de Theodore McCarrick.
Le pape François a finalement accepté en juillet la démission du collège des cardinaux de Theodore McCarrick, 88 ans, archevêque émérite de Washington. Le vieil homme devra rester reclus dans une maison pour mener une vie de prière et de repentance.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Les Soudan Célestins Music et moi. Au fil de ses concerts, le groupe de réfugiés a pu faire l’expérience de la « fraternité » française, y compris de la part de municipalités.
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« Le jour où Ahmed a traduit le discours du maire d’Aurillac »

Les Soudan Célestins Music et moi. Au fil de ses concerts, le groupe de réfugiés a pu faire l’expérience de la « fraternité » française, y compris de la part de municipalités.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 18h00
    |

Pablo Aiquel







                        


Chronique. Du 30 avril au 7 juillet, des centaines de militants ont participé à une marche de solidarité avec les migrants. Partis de Breil-sur-Roya, près de Nice, ils sont allés jusqu’à Londres, en passant par Lyon, Paris et Calais, pour montrer le visage de la France qui accueille. De même, à plusieurs reprises, les Soudan Célestins Music, ensemble musical de réfugiés soudanais résidant à Vichy et dont Le Monde suit l’intégration dans le cadre du programme Les Nouveaux Arrivants, ont fait l’expérience de cette « fraternité » au gré de leurs concerts en divers endroits du pays, de l’Allier au Tarn-et-Garonne.

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Ainsi, en mars, l’association Par d’ssus la Bouchure, du village de Theneuille (400 habitants), au cœur des terres rouges du Bourbonnais, a convié le groupe vichyssois à animer son assemblée générale. Les bénévoles voulaient partager un moment festif avec les réfugiés du centre d’accueil et d’orientation d’Ygrande, le village voisin, lieu de naissance de l’écrivain paysan Emile Guillaumin.
Quelques jours plus tard, Hassan Osmane, le jardinier musicien, et Ahmed Khamis, le chauffeur chanteur, ont participé à un colloque de psychologues interculturels et d’assistants sociaux organisé par l’Association montalbanaise d’aide aux réfugiés, qui planchaient sur l’importance de la créativité pour la santé des migrants. Tout un programme… Adel El Kordi, chercheur libyen et traducteur bientôt assermenté, avait alors permis aux réfugiés d’exprimer le fond de leur pensée. Hébergée par des bénévoles généreux, la petite délégation avait eu le temps de visiter rapidement Montauban. Impressionnés, ils avaient pris des photos de l’église du Moyen-Age, presque millénaire, et n’en croyaient pas leurs oreilles quand la guide leur expliquait que de l’autre côté du Tarn, jadis, c’était l’Angleterre.
Remercier en dansant
Mais sans doute un des souvenirs marquants de cette année aura été la participation à la Semaine interculturelle d’Aurillac (Cantal), en février. Car s’il y a partout des militants et des bénévoles qui traduisent la « fraternité » en actes, plus rares sont les municipalités, de communes grandes ou moyennes, qui engagent leur action publique dans l’accueil.
Chaque année, en février, Aurillac organise des activités ludiques, pédagogiques et festives qui mettent en valeur les différentes cultures des habitants, des étudiants étrangers aux résidents des HLM. Cette année, les organisateurs se sont demandé comment ils pouvaient attirer les demandeurs d’asile, principalement soudanais, hébergés dans le centre d’accueil de la ville. « Les familles, à travers les enfants, se rencontrent dans les écoles mais avec les demandeurs d’asile c’est moins simple, m’expliquait Stéphane Frechou, conseiller municipal et bénévole à la Cimade. Il y a surtout des hommes adultes et ils se heurtent à la barrière de la langue, c’est pourquoi nous avons voulu inviter un groupe qui joue leur musique. »

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Dans son discours d’ouverture, le maire d’Aurillac, Pierre Mathonier, a souligné « la volonté de la commune d’accueillir tous les nouveaux habitants de la meilleure des manières » et de faire ainsi vivre les valeurs de la République. Assis au fond de la salle, plutôt timides, les exilés ont regardé tranquillement se succéder sur scène les étudiants chinois, les jeunes Mahorais de la cité, les danseurs de bourrée auvergnate, se demandant peut-être ce qu’ils faisaient là. Puis, quand ce fut le tour des Soudan Célestins Music, Ahmed Khamis a pris le micro pour leur expliquer, en arabe, ce qu’avait dit le maire d’Aurillac, et pour souligner à quel point il était rare d’être ainsi accueillis, officiellement, comme citoyens.
Il a dû ajouter que la meilleure manière de dire merci était de danser, car, dès les premières notes, les demandeurs d’asile, jusque-là timides, se sont levés comme un seul homme, se déhanchant les bras en l’air. Ils sont allés vers toutes les tables, à la rencontre des bénévoles et du public, pour partager avec tout le monde les rythmes de leur lointain pays. Le jour où Ahmed a traduit le discours du maire d’Aurillac, nous avons compris que danser pouvait aussi être une manière de dire merci à la France qui accueille.
Pablo Aiquel est journaliste indépendant. Il travaille pour La Gazette des communes comme correspondant Auvergne et ruralités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ La Fabrique, à Paris, forme aux métiers techniques de la mode. Très appréciée par les professionnels du secteur, elle se distingue des autres écoles par un bon taux d’insertion.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande.
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Le pape implore le « pardon du Seigneur » pour les victimes d’abus sexuels en Irlande

Depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 17h52
   





                        


Le pape François a « imploré » dimanche 26 août « le pardon du Seigneur » pour les agressions sexuelles commises en Irlande par des prêtres catholiques, au deuxième jour de sa visite dans le pays. « J’implore le pardon du Seigneur pour ces péchés, pour le scandale et la trahison ressentis par tant de personnes dans la famille de Dieu », a déclaré le pape à l’occasion d’une visite du sanctuaire de Knock, site de piété mariale distant de 180 km de Dublin.

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Depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande. La hiérarchie de l’Eglise irlandaise est accusée d’avoir couvert des centaines de prêtres. Plusieurs enquêtes ont également révélé des adoptions illégales d’enfants nés de femmes non mariées pratiquées par l’Etat irlandais avec la complicité de l’Eglise catholique.
Perte d’influence de l’Eglise
L’ampleur de ces scandales explique en partie la perte d’influence de l’Eglise ces dernières années sur la société irlandaise, historiquement très catholique.
« Aucun de nous ne peut se dispenser de se sentir ému par les histoires de mineurs qui ont souffert d’abus, à qui on a volé l’innocence et qui ont été abandonnés à la blessure de douloureux souvenirs. Cette plaie ouverte nous défie d’être fermes et décidés dans la recherche de la vérité et de la justice », a également déclaré le pape.
Samedi, à Dublin, le pape avait évoqué sa « honte » et sa « souffrance » face à « l’échec des autorités ecclésiastiques » à affronter de manière adéquate les « crimes ignobles » du clergé en Irlande.
Avant François, Benoit XVI, son prédécesseur, avait écrit en 2010 une lettre à tous les catholiques irlandais, reconnaissant la responsabilité de l’Eglise dans les abus commis en Irlande.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Un passager très agité a tenté d’entrer dans le cockpit pour faire demi-tour. Il a été plaqué au sol par l’ancien champion, qui a ensuite détaillé son acte de bravoure.
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L’ex-boxeur français Tarik Sahibeddine maîtrise un déséquilibré sur un vol Munich-Paris

Un passager très agité a tenté d’entrer dans le cockpit pour faire demi-tour. Il a été plaqué au sol par l’ancien champion, qui a ensuite détaillé son acte de bravoure.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 12h01
   





                        


« Tarik Sahibeddine ce héros ! » C’est ainsi que le journaliste indépendant Arnaud Romera résume l’histoire. Dans la nuit de jeudi 23 à vendredi 24 août, à bord d’un vol Lufthansa reliant Munich à Paris, l’ancien boxeur — double champion de France des poids welters et vice-champion de France des super-plumes — a réussi à maîtriser à passager très agité qui a tenté de s’introduire dans le cockpit, raconte Franceinfo.

Tarik Sahibeddine ce héros! Sur le vol retour de Munich, l’ancien boxeur maîtrise en plein vol un forcené qui cherc… https://t.co/jac1MPwgjn— Arnaud_Romera (@Arnaud Romera)


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Le service d’information et de communication de la police nationale (Sicop) a confirmé au site d’information que l’homme avait été interpellé une fois l’avion atterri à Roissy-Charles-de-Gaulle. L’ancien sportif de haut niveau a ensuite détaillé son acte de bravoure aux policiers. Il était assis avec sa femme lorsqu’il a entendu une altercation entre un passager et le personnel navigant. « Un homme était en train de provoquer l’équipage en réclamant un deuxième verre d’alcool. Le chef de cabine commençait à hausser le ton alors que l’homme refusait de s’asseoir », rapporte Tarik Sahibeddine.
« Je ne réfléchis pas, je le plaque et je le ceinture »
Ensuite, la situation dégénère rapidement . L’individu, « très agressif  », suit le chef de cabine vers le cockpit et commence à l’insulter. C’est à ce moment-là que l’ancien boxeur décide d’intervenir. Dans un premier temps, Tarik Sahibeddine essaye de le raisonner, mais il « avait une attitude incohérente, comme un fou ». L’individu, qui dit avoir des amis à Munich, demande à faire demi-tour et menace de s’en occuper lui-même. « D’un coup, il se lève et se dirige vers le cockpit. Là, je ne réfléchis pas, je le plaque et je le ceinture. On parvient à le maîtriser », raconte le retraité des rings.
Tarik Sahibeddine et l’équipage le traînent ensuite au sol et l’attachent sur l’un des sièges. « Tout le monde était soulagé : beaucoup pensaient que c’était un terroriste. J’ai été applaudi, les gens sont venus me remercier », ajoute l’ancien boxeur, qui se souviendra sans doute longtemps de ce voyage pour le moins mouvementé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ La justice italienne a, de son côté, ouvert une enquête pour « séquestration, arrestations illégales et abus de pouvoir », visant notamment Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/08/2018
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Les migrants du « Diciotti », bateau bloqué cinq jours à Catane, enfin autorisés à débarquer

La justice italienne a, de son côté, ouvert une enquête pour « séquestration, arrestations illégales et abus de pouvoir », visant notamment Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 21h29
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 16h24
   





                        



   


Les 150 migrants qui se trouvaient à bord du Diciotti, un bateau des garde-côtes italiens bloqué depuis cinq jours dans le port sicilien de Catane, avaient tous quitté le navire dimanche 26 août au matin, une solution ayant été trouvée la veille pour leur prise en charge.
Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, avait annoncé, samedi 25 août, que les migrants qui étaient encore bloqués à bord du navire Diciotti depuis son arrivée lundi à Catane, en Sicile, seraient autorisés à débarquer « dans les prochaines heures ». « Une grande partie sera hébergée par l’Eglise italienne, par les évêques qui ont ouvert leurs portes, leur cœur et leur portefeuille », a-t-il déclaré au cours d’une réunion politique dans le nord de l’Italie.
Le Diciotti, un navire des gardes-côtes italiens, avait procédé à une opération de sauvetage il y a une dizaine de jours. Dans un premier temps, les autorités sanitaires du port de Catane avaient autorisé le débarquement pour raison de santé de seize personnes – onze femmes et cinq hommes – auxquelles s’était ajouté un sixième homme, malade lui aussi, portant le total à dix-sept personnes. Plusieurs médecins et inspecteurs du ministère de la santé étaient montés à bord dans la matinée pour contrôler l’état de santé des rescapés.
« Ils ne nous arrêteront pas »
De son côté, la cour de justice de Palerme s’est saisie d’une enquête visant notamment M. Salvini pour « séquestration de personnes, arrestations illégales et abus de pouvoir » dans cette affaire, ont annoncé, samedi soir, les médias italiens. Le chef de cabinet du ministre, Matteo Piantedosi, est également visé.
Comme la Constitution italienne interdit aux tribunaux habituels de se charger de ce type d’affaire, l’enquête a été transmise à un « tribunal des ministres », chargé depuis la cour de Palerme de traiter de potentiels délits commis par des membres du gouvernement sur la juridiction sicilienne.

   


« Ils ne nous arrêteront pas. C’est une honte », a immédiatement réagi M. Salvini, par ailleurs chef de file du parti d’extrême droite La Ligue, depuis la ville de Pinzolo, où il tenait une réunion politique. « Ils peuvent m’arrêter moi, mais pas la volonté de 60 millions d’Italiens », a ajouté le ministre.
Nombreuses critiques
Luigi Patronaggio, le procureur du parquet d’Agrigente, avait d’abord ouvert, vendredi, une enquête de justice, cherchant à comprendre la chaîne de commandement ayant mené à l’interdiction du débarquement des 150 migrants secourus par les gardes-côtes.
M. Salvini, tenant d’une ligne dure envers les migrants, avait réagi le jour même à l’annonce de cette première enquête, demandant au magistrat de l’interroger directement. « Il devrait m’interroger moi et non pas demander des éclaircissements à des fonctionnaires qui exécutent les directives données par le responsable, c’est-à-dire moi », avait déclaré le ministre.
De nombreuses critiques, venant de tous bords, pleuvent depuis des jours sur M. Salvini. L’une des plus dures a été formulée par l’archevêque d’Agrigente, le cardinal Francesco Montenegro : « Parfois, il m’arrive de penser que s’il s’était agi d’animaux, on les aurait mieux traités », a-t-il déclaré samedi au quotidien La Stampa.
« La solidarité européenne est importante »
Depuis Genève, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a lancé, samedi, « un appel aux Etats membres de l’Union européenne [UE] pour qu’ils offrent d’urgence des places de réinstallation » aux migrants du Diciotti, exhortant Rome « à autoriser [leur] débarquement immédiat ».
Le seul soutien de l’UE est venu samedi soir de l’Irlande, qui, par la voix de son ministre des affaires étrangères Simon Coveney, a offert de prendre en charge 20 à 25 migrants. « La solidarité européenne est importante », a souligné le chef de la diplomatie irlandaise.
L’Albanie, un pays qui n’appartient pas à l’UE, a donné son accord pour en accueillir vingt. En début de soirée, le ministère des affaires étrangères italien, Enzo Moavero Milanesi, a remercié sur Twitter « l’Albanie pour sa décision d’accueillir vingt réfugiés du Diciotti, un signal de grande solidarité et de grande amitié ».

Il Ministro degli Affari Esteri Enzo Moavero Milanesi ringrazia l’Albania per la decisione di accogliere 20 profugh… https://t.co/ohJNvUC982— ItalyMFA (@Farnesina 🇮🇹)


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Après avoir menacé, vendredi, l’UE « de payer moins » pour le budget communautaire en raison de l’absence de solidarité, ce dernier est revenu à la charge samedi en promettant que « l’Italie ne votera pas lorsqu’il faudra l’unanimité pour adopter le budget ».

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Le comité des droits de l’homme des Nations unies estime qu’il s’agit d’une « atteinte à la liberté de religion » et invite Paris à indemniser la salariée.
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Crèche Baby-Loup : l’ONU critique la France pour le licenciement d’une salariée voilée

Le comité des droits de l’homme des Nations unies estime qu’il s’agit d’une « atteinte à la liberté de religion » et invite Paris à indemniser la salariée.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 18h26
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 06h48
   





                        



   


Le comité des droits de l’homme des Nations unies (ONU) a rendu, vendredi 10 août, un avis – sans pouvoir de contrainte – sur la confirmation du licenciement, par la justice française, d’une salariée de la crèche Baby-Loup qui souhaitait porter un voile à l’intérieur de l’établissement.
Licenciée en 2008, la Française Fatima Afif avait été déboutée à deux reprises par les tribunaux. Mais dans un arrêt de mars 2013, vivement critiqué, la chambre sociale de la Cour de cassation lui avait donné raison, estimant que « s’agissant d’une crèche privée », le licenciement constituait « une discrimination en raison des convictions religieuses ». Mais son licenciement avait été confirmé par la Cour de cassation en 2014.

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Dans ses conclusions, publiées le 10 août et que l’AFP a pu consulter, le comité de l’ONU a noté que « l’interdiction qui lui a été faite de porter son foulard sur son lieu de travail constitue une ingérence dans l’exercice de son droit à la liberté de manifester sa religion ».
Le comité, qui surveille l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, a observé par ailleurs que la France « n’explique pas en quelles mesures le port du foulard serait incompatible avec la stabilité sociale et l’accueil promus au sein de la crèche ».
Il considère aussi que la France « n’a pas apporté de justification suffisante qui permette de conclure que le port d’un foulard par une éducatrice de la crèche porte atteinte aux libertés et droits fondamentaux des enfants et des parents la fréquentant ».
Le licenciement « ne reposait pas sur un critère raisonnable »
Le comité, composé d’experts, a donc conclu que l’obligation imposée à Mme Afif de retirer son foulard lors de sa présence à la crèche constitue « une restriction portant atteinte à la liberté de religion » de la salariée, « en violation » du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Il a également considéré que la France « n’a pas suffisamment étayé la façon dont le licenciement » de Mme Afif, « sans indemnité de rupture », « en raison du port du voile avait un but légitime ou était proportionné à ce but », concluant que le licenciement « ne reposait pas sur un critère raisonnable ».
Le comité indique que la France « est tenue, entre autres d’indemniser » Mme Afif « de manière adéquate et de prendre des mesures de satisfaction appropriées, incluant une compensation pour la perte d’emploi sans indemnités et le remboursement de tout coût légal ».

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Le comité a souhaité que les autorités françaises lui transmettent, dans un délai de 180 jours, des renseignements sur les mesures prises.
Fondée en 1991 dans un quartier pauvre et multiculturel, la crèche accueille 24 heures sur 24, sept jours sur sept, des enfants de familles monoparentales et souvent défavorisées. Elle a quitté Chanteloup-les-Vignes fin décembre 2013, invoquant « des pressions », pour rouvrir trois mois plus tard à Conflans-Sainte-Honorine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ La onzième édition du festival du film francophone, dirigé par Dominique Besnehard, est marquée par la récurrence du thème de l’engagement social ou politique, traité sur le mode comique.
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A Angoulême, comédies sociales à la française

La onzième édition du festival du film francophone, dirigé par Dominique Besnehard, est marquée par la récurrence du thème de l’engagement social ou politique, traité sur le mode comique.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 17h47
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 06h48
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Pour le dixième anniversaire et la onzième édition du Festival du film francophone d’Angoulême, du 21 au 26 août, ses aînés, les festivals de Venise et de Toronto, lui ont rendu l’hommage de leur jalousie. Organisées respectivement une et deux semaines plus tard, les manifestations italienne et canadienne ont exigé des sociétés de vente internationales, des distributeurs et des producteurs français qu’ils choisissent de dévoiler leurs films sur les bords de la Charente, sur ceux de la lagune de Venise ou du lac Ontario. C’est ainsi que Mademoiselle de Joncquières, marivaudage cruel d’Emmanuel Mouret avec Cécile de France, ne sera pas projeté à Angoulême, comme initialement prévu, puisqu’il a été retenu dans la section « Platform » à Toronto.

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Le choix n’opère pas toujours en défaveur du festival fondé, en 2008, par Dominique Besnehard et Marie-France Brière : plutôt que de répondre à la sollicitation d’une section parallèle vénitienne, l’équipe de Tout ce qu’il me reste de la révolution, premier long-métrage de Judith Davis, est venue accompagner son film, présenté en compétition.
Du rire pour atténuer les larmes
Celle-ci, qui rassemble dix films francophones, dont cinq français, forme la face audacieuse de ce festival-Janus. Le visage fédérateur est celui que présente un solide menu de quatorze avant-premières, de Voyez comme on danse, de Michel Blanc, avec Jean-Paul Rouve (qui présentait, en tant que réalisateur, Lola et ses frères), à I Feel Good, de Benoît Delépine et Gustave Kervern, avec Jean Dujardin et Yolande Moreau. C’est le public, qui, à presque toutes les séances, remplit les salles jusqu’au dernier fauteuil et se charge de faire la jonction, passant sans heurt (mais pas toujours avec le même enthousiasme) du boulevard contemporain aux premiers films d’auteur.
En se faisant festivalier boulimique (il n’y en a pas d’autre à Angoulême), il était impossible de ne pas remarquer une coïncidence si insistante qu’elle pouvait être qualifiée de tendance. Au fil des avant-premières, on a vu dans trois comédies trois actrices, Yolande Moreau dans I Feel Good, Noémie Lvovsky dans Les Invisibles, de Louis-Julien Petit, et Agnès Jaoui dans Les Bonnes Intentions, de Gilles Legrand, prendre des rôles de femmes qui traversaient une crise personnelle en empruntant la voie du bénévolat. Ces figures occupent des places très différentes de film en film, et les cinéastes ne les utilisent pas sur le même registre. Reste que les trois longs-métrages avaient en commun de recourir au comique pour atténuer la douleur lancinante et incurable de la question « Que faire » ?

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On passera rapidement sur la réponse qu’apportent Delépine et Kervern. I Feel Good sort en salle dès le 26 septembre, et l’on découvrira l’affrontement (symboliquement) fratricide entre un garçon (Jean Dujardin) qui importe brutalement ses rêves de réussite entrepreneuriale dans une communauté Emmaüs animée par sa sœur (Yolande Moreau). Il suffit d’avoir vu un seul des films réalisés par le duo (Le Grand Soir, avec Poelvoorde et Dupontel, apocalypse dans la grande distribution, par exemple) pour savoir de quel côté leur cœur penche. L’innovation pour Kervern et Delépine réside ici dans l’exploration semi-documentaire de la communauté, dont les membres sont filmés avec attention, sans jamais empiéter sur le domaine des comédiens professionnels, la fiction.
Ancrage dans la réalité
Louis-Julien Petit a, lui, tenté d’effacer cette frontière. Il a demandé à des femmes sans domicile de jouer dans Les Invisibles, inspiré du travail documentaire de la photographe et réalisatrice Claire Lajeunie. La fiction n’a rien de documentaire – l’équipe d’un centre d’accueil de jour (Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky, Déborah Lukumuena) passe dans la clandestinité après la destruction d’un campement de femmes SDF –, mais les corps et les visages des utilisatrices du centre rappellent sans relâche à la réalité sur laquelle repose cette comédie. Ce sont elles qui font oublier les facilités du récit, qui convainquent de la justesse du propos. Les Invisibles sortira en salle le 9 janvier 2019.
C’est peut-être cet ancrage qui manque aux Bonnes Intentions, de Gilles Legrand, portrait d’Isabelle (Agnès Jaoui), professeure d’alphabétisation, défenseuse de la veuve, de l’orphelin et du réfugié, mais épouse insatisfaite et insatisfaisante, mère absente. Elle est trop longtemps tournée en ridicule pour que l’on croie à la justesse de ses intentions, même si, in extremis, scénariste (la dramaturge Léonore Confino) et réalisateur œuvrent frénétiquement à sa rédemption (sortie le 21 novembre).
On retrouve cette obsession de l’échec politique et social dans Tout ce qu’il me reste de la révolution. Mais Angèle (Judith Davis, qui s’est confié le rôle principal), l’héroïne de cette comédie romantique post-marxiste, n’a vécu que par procuration les échecs de ses aînés. Angèle traverse la vie et la ville avec la mine d’une jeune femme en colère. Elle a ses raisons : architecte, elle n’arrive pas à être rémunérée pour son travail ; fille d’un couple militant défait par l’histoire, elle a pris le parti de Papa (Simon Bakhouche), qui vit dans le ressassement des grandes heures de la révolution qui a failli venir, contre maman (Mireille Perrier), qui a déserté pour la campagne.
Le film est une promenade gaie et sensuelle dans un paysage dévasté, à l’image de cette entrée de ville (la porte de Montreuil, à Paris), à laquelle Angèle rêve de redonner un aspect compatible avec la vie en société. Au fil des séquences, on croise un cadre en burn-out, un instituteur amoureux, une sculptrice au bord de la compromission… Ces incidents, ces rencontres pourraient n’être qu’une collection de choses vues, Judith Davis les assemble en une mosaïque d’une étonnante profondeur de champ. A l’applaudimètre angoumois, Tout ce qu’il me reste de la révolution a fait jeu égal avec les comédies les plus attendues.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ La visite de François, qui a rencontré, samedi à Dublin, huit victimes de prêtres, intervient au moment où de nouvelles révélations frappent l’institution.
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Scandales de pédophilie : en Irlande, le pape évoque sa « honte » face à « l’échec » de l’Eglise

La visite de François, qui a rencontré, samedi à Dublin, huit victimes de prêtres, intervient au moment où de nouvelles révélations frappent l’institution.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 06h45
    |

            Cécile Chambraud (Dublin, envoyée spéciale)








                        



   


Dublin ne s’est pas parée des couleurs – jaune et blanc – du Vatican, et les Dublinois n’ont pas attendu en masse le pape à son passage.
L’arrivée de François en Irlande, samedi 25 août, pour une visite de trente-deux heures, n’a pas suscité de ferveur au-delà des lieux qui en marquaient les étapes : à la cathédrale Sainte-Marie, dans un centre d’accueil des sans-logis et, dans la soirée, au Croke Park Stadium, où plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient présentes pour une « fête des familles », dans le cadre de la Rencontre mondiale des familles, organisées tous les trois ans par l’Eglise catholique, et qui a lieu cette année à Dublin.
Vingt-cinq ans de révélations sur les multiples turpitudes (mauvais traitements, violences sexuelles, confiscations d’enfants de filles-mères) perpétrées pendant des décennies contre des enfants, des jeunes et des femmes dans des institutions gérées par l’Eglise, ou bien dans les paroisses par des prêtres et des religieux, ont fait leur œuvre et détrôné celle-ci de son rang d’autorité morale dans le pays.

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Entre les Irlandais et les institutions catholiques, tout est à reconstruire. C’est bien ce qu’exprimait le prêtre chargé de préparer les quelque quatre cents jeunes couples réunis dans la cathédrale pour entendre le pontife parler des vertus du mariage chrétien. « Nous savons tous que ce week-end est très important pour l’Eglise en Irlande. Vous avez été choisis pour être l’avenir de l’Eglise d’Irlande dans votre famille. Ouvrez le chemin ! », leur a-t-il lancé.
Tirer les leçons du passé
Le premier ministre irlandais, Leo Varadkar, n’a pas dit autre chose en accueillant François, samedi matin. « Le temps est venu de construire une nouvelle relation entre l’Eglise et l’Etat en Irlande » fondée sur la reconnaissance que « la religion n’est plus au centre de notre société, mais dans laquelle elle a encore une place importante », a dit le Taoiseach (l’appellation gaélique pour le chef du gouvernement).
Une société, a-t-il insisté, qui ces dernières années a pris acte dans ses lois « que les mariages ne marchent pas toujours, que les femmes ont le droit de décider par elles-mêmes et que les familles revêtent des formes différentes, y compris celles qui ont à leur tête un grand-parent, un parent seul, des parents de même sexe ou des parents divorcés ».

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Mais Leo Varadkar a laissé entendre que cette « nouvelle relation » ne pourrait voir le jour qu’à une condition : que des leçons claires soient tirées du passé. Car dans l’histoire de l’Eglise catholique en Irlande, a-t-il dit, « il y a des aspects sombres », « une histoire de chagrin et de honte », à savoir les violences et injustices commises contre des jeunes et des femmes.

   


« Les blessures sont toujours ouvertes et il reste beaucoup à faire pour amener la justice et la vérité et guérir les victimes et les survivants », a déclaré le premier ministre à son hôte. « Saint-Père, je vous demande d’utiliser votre office et votre influence pour faire en sorte que cela soit fait, ici en Irlande et dans le monde (…) Il ne peut y avoir qu’une tolérance zéro pour ceux qui abusent d’innocents enfants ou qui permettent cet abus. Nous devons maintenant faire en sorte que les mots soient suivis d’actions. »
Le mauvais vouloir de la curie romaine
En lui répondant, pour son premier discours dans le pays, le pape François est revenu sur la responsabilité de l’institution qu’il dirige dans ces tragédies. « L’échec des autorités ecclésiastiques – évêques, supérieurs religieux, prêtres et autres – pour affronter de manière adéquate ces crimes ignobles a justement suscité l’indignation et reste une cause de souffrance et de honte pour la communauté catholique. Moi-même, je partage ces sentiments », a-t-il dit.
Comme l’avait annoncé le Vatican, le pape a rencontré, à l’abri des caméras, des victimes de ces violences sexuelles et autres. Parmi elles figurait Marie Collins, qui venait de juger « décevant » le discours du pape devant les autorités. Cette Irlandaise, agressée par un prêtre lorsqu’elle avait 13 ans, a démissionné de la commission pontificale pour la protection des mineurs en 2017 pour protester contre ce qu’elle considérait comme le mauvais vouloir de la curie romaine pour mettre en œuvre les réformes proposées par la commission. Depuis, elle ne cesse de presser François d’agir, notamment en mettant en place de nouveaux mécanismes pour juger les évêques et tous ceux qui auraient couvert des prêtres pédophiles.

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La veille de cette rencontre, lors d’une conférence sur les abus organisée dans le cadre de la Rencontre mondiale des familles, Marie Collins avait demandé que non seulement les évêques, mais aussi les responsables du Vatican, soient tenus de rendre des comptes sur la manière dont ils ont pu traiter les affaires de violences sexuelles venues à leur connaissance. Elle s’était interrogée à nouveau sur les raisons qui ont conduit le pape à ne pas créer le tribunal spécial destiné à juger les évêques, proposé par la commission dont elle était membre.
Initialement attendu à Dublin, le président de cette commission, le cardinal Sean O’Malley, a annulé sa participation à cette réunion en raison d’une « urgence pastorale » qui le retenait aux Etats-Unis dans son diocèse de Boston. Il a en effet lancé une enquête dans son séminaire diocésain après des accusations d’inconduites sexuelles. « Tous les efforts d’évangélisation et autres grandes missions dépendront de notre capacité à reconnaître nos crimes et manquements et à faire de la protection des enfants et des personnes vulnérables notre priorité numéro un », a-t-il déclaré dans un message lu vendredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Elle succèdera le 1er septembre à Etienne Petitmengin, qui prend sa retraite après avoir occupé la fonction depuis octobre 2015.
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L’exécutif nomme Céline Poulet coordinatrice pour ses politiques du handicap

Elle succèdera le 1er septembre à Etienne Petitmengin, qui prend sa retraite après avoir occupé la fonction depuis octobre 2015.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 18h09
   





                        


Le gouvernement a nommé Céline Poulet au poste de secrétaire générale du comité interministériel du handicap (CIH), selon un arrêté publié vendredi 24 août au Journal officiel.
Mme Poulet, actuellement déléguée nationale aux personnes en situation de handicap à la Croix-Rouge française, succèdera le 1er septembre à Etienne Petitmengin, qui prend sa retraite après avoir occupé la fonction depuis octobre 2015.
Elle « sera chargée de coordonner l’ensemble des actions gouvernementales menées en faveur des personnes handicapées et de suivre la mise en œuvre des décisions prises par le comité interministériel du handicap », a écrit Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, dans un communiqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Les organisateurs redoutent des débordements après des menaces émanant « des chasseurs et des éleveurs ».
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La mairie de Calais annule un festival végan en raison de menaces

Les organisateurs redoutent des débordements après des menaces émanant « des chasseurs et des éleveurs ».



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 08h16
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h13
   





                        


Un festival végan, initialement prévu le 8 septembre, a été annulé, vendredi 25 août, par la mairie de Calais en raison de menaces proférées par « des chasseurs et des éleveurs » et de risque de débordements.
Sur leur page Facebook, les organisateurs déclarent que la maire de Calais, Natacha Bouchart, « a pris cette décision, car des chasseurs et des éleveurs se sont associés pour proférer des menaces très claires à propos de ce qui pouvait se passer si l’événement était maintenu. »

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Crainte de perturbations de l’ordre public
Selon la mairie, « cette décision est consécutive à des informations annonçant une série d’opérations visant à semer le trouble et à perturber l’ordre public, en marge de l’organisation de ce festival ». « La multiplication de ces informations parvenues ces derniers jours en mairie a fait peser des incertitudes sur les conditions dans lesquelles le festival pourrait se tenir », ajoute-t-elle dans son communiqué.
« Afin de garantir la sécurité publique et de ne pas exposer les visiteurs, partenaires et organisateurs du salon à un risque de débordement, le choix a été fait d’annuler cet événement », explique la mairie, précisant que cette décision n’est pas liée à la nature ni au thème du festival.

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Tensions entre bouchers et végans
Cette décision intervient dans un contexte plus global de tensions avec la filière viande. Les végans ont suscité des crispations auprès des bouchers après une série d’attaques de boucheries en France ces derniers mois. Le président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT), Jean-François Guihard, avait été reçu, le 2 juillet, au ministère de l’intérieur, réclamant « la vigilance, l’arrêt de l’impunité pour que les artisans puissent faire leur métier ». Il s’inquiétait « des conséquences de la surmédiatisation du mode de vie végan », selon une lettre adressée à Beauvau peu avant, et déplorait les « intimidations », dont ont fait l’objet des boucheries-charcuteries.
De leur côté, les militants végans rejettent la violence, dont ils sont accusés. Pour Claire Schweitzer, porte-parole des associations Liberté égalité animale 49 et L214, la violence est d’abord du côté des éleveurs « quand ils cassent du matériel ou déversent du fumier devant la préfecture, comme elle l’affirmait au Monde en juillet. Nous, ce n’est pas le genre d’actions qu’on mène. Nos méthodes sont systématiquement non violentes. » 
Le véganisme est un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation. L’adoption de ce mode de vie découle généralement d’une idéologie qui propose une redéfinition normative de ce que devraient être les relations des humains aux animaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Un migrant de 29 ans est décédé lors d’une rixe, le 1er août, entre des habitants du quartier de Perseigne et des Afghans.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/08/2018
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A Alençon, des tensions communautaires inexpliquées dans un quartier

Un migrant de 29 ans est décédé lors d’une rixe, le 1er août, entre des habitants du quartier de Perseigne et des Afghans.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 07h30
    |

            Yann Bouchez (Alençon, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Des Français, des Turcs, des Portugais, mais aussi des Espagnols, des Marocains, des Vietnamiens… « Il y a peut-être bien 50 nationalités ici », tente Yannick Bouchard pour résumer le brassage du quartier de Perseigne, dans le sud de la ville d’Alençon. Voilà huit ans que l’homme dirige le restaurant d’insertion Aux goûts d’ici et d’ailleurs situé juste à côté de la place de la paix, centre névralgique de cette cité populaire de quelque 5 000 habitants. La quarantaine avenante, il sait de quoi il parle : en cuisine, une Géorgienne, une Mongole et une Vietnamienne s’activent. Au service, un jeune Sénégalo-Algérien apporte les plats aux clients.
Mais dans cette tour de Babel que forme Perseigne, un pays manque désormais à l’appel : l’Afghanistan. La cause ? Une rixe mortelle survenue le 1er août, qui a déclenché l’exode de la soixantaine d’Afghans qui vivaient ici depuis quelques mois. Certains sont partis précipitamment, sans demander d’aide. D’autres ont été relogés ailleurs en Normandie. Vingt-huit ont quitté la région, indique la préfecture de l’Orne, à l’image de ces parents et de leurs cinq enfants, déplacés en Moselle. Sur les quelque 130 Afghans – réfugiés ou demandeurs d’asile – présents dans la communauté urbaine d’Alençon au milieu de l’été, il n’en reste plus qu’une quinzaine.
Barres de fer, couteaux et armes à feu
Un « coup de folie », selon les mots d’un retraité de Perseigne, est à l’origine de cette migration. Le 1er août en fin d’après-midi, une rixe d’une rare violence oppose deux groupes – soit une quarantaine de personnes. Alors que les commerçants de la place de la paix baissent leur rideau de fer en vitesse, Afghans d’un côté et riverains de l’autre s’affrontent. Tous, ou presque, sont équipés de barres de fer, de tournevis, de battes de baseball, de couteaux ou même d’armes à feu. La bataille rangée dure plusieurs dizaines de minutes, jusqu’à l’arrivée des pompiers.
Massoud, un Afghan...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Professeur de français en lycée et rétif à l’envahissement de l’école par le numérique, Loys Bonod estime que le smartphone est tout sauf un outil pédagogique et qu’il convient s’interroger sur la place grandissante qu’il occupe dans la vie des enfants.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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« Préservons les élèves des smartphones qui nous possèdent plus que nous les possédons »

Professeur de français en lycée et rétif à l’envahissement de l’école par le numérique, Loys Bonod estime que le smartphone est tout sauf un outil pédagogique et qu’il convient s’interroger sur la place grandissante qu’il occupe dans la vie des enfants.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 17h23
    |

Loys Bonod (Professeur de lycée)







                        



                                


                            
Tribune. Ce sont les parents d’élèves qui risquent d’être surpris à la rentrée par ce nouvel exemple du « en même temps » présidentiel. Pour la galerie, le téléphone est désormais interdit à l’école : quel coup de menton face à la modernité ! Mais, dans les faits, le changement risque d’être peu sensible.
D’abord parce que c’est l’utilisation qui est interdite, bien sûr, pas la détention. Ensuite, parce que rien n’est prévu pour appliquer une telle interdiction dans les espaces communs de l’école.
Enfin, et surtout, parce que la nouvelle loi, adoptée le 30 juillet, comme la précédente [datant de juillet 2010], se défausse entièrement sur les établissements. Les collèges interdisaient localement les téléphones portables dans les cours de récréation ? Ils les autoriseront localement, dans la cour de récréation ou ailleurs.
Tout ça pour ça ? Pour qui compare attentivement la nouvelle loi avec l’ancienne, il y a bien un changement majeur. La loi précédente interdisait formellement les téléphones en classe : la nouvelle loi les y autorise, dans le cadre des « usages pédagogiques », et ce même en primaire et en maternelle. Il est vrai que des écoliers viennent de plus en plus nombreux à l’école avec des téléphones portables et que, dans les programmes de 2015, l’utilisation des objets numériques est devenu un attendu en fin de maternelle.
Cette interdiction s’apparente donc plutôt à une autorisation, voire à un encouragement pour les parents à équiper leur adolescent ou leur enfant. Curieux, non ? C’est tout l’art du « en même temps » : une loi en apparence conservatrice, pour ceux qui ne connaissent plus l’école que de loin (faire semblant d’interdire), moderne et innovante en réalité pour les disrupteurs de l’école de demain (autoriser). Seul petit progrès de cette loi : les professeurs ne seront en but à des accusations de « recel » quand ils oseront confisquer le téléphone...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Vanesa Campos, 36 ans, a été tuée alors qu’elle tentait d’empêcher des malfrats de dépouiller un client.
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Prostituée trans tuée au bois de Boulogne : « On a l’impression que nos vies ne comptent pas »

Vanesa Campos, 36 ans, a été tuée alors qu’elle tentait d’empêcher des malfrats de dépouiller un client.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 22h34
   





                        



   


Roses blanches à la main, plusieurs centaines de travailleurs et travailleuses du sexe et de militants et militantes LGBT ont défilé vendredi 24 août depuis la porte Dauphine, dans l’ouest de Paris, jusqu’à l’endroit du bois de Boulogne où Vanesa Campos, une travailleuse du sexe de 36 ans d’origine péruvienne, a été tuée par plusieurs hommes dans la nuit du 16 au 17 août.
Les agresseurs de Vanesa Campos, toujours en fuite, l’ont blessée mortellement alors qu’elle tentait de les empêcher de dépouiller un client. Il s’agit d’« un groupe de “roulottiers” qui écume le bois, haut lieu de la prostitution nocturne, et détrousse les clients et prostituées », selon une source policière.
Ce meurtre résulte d’une « responsabilité politique » liée à l’adoption de la loi sur la prostitution, ont dénoncé des associations lors du rassemblement en hommage à Vanesa Campos.

   


« Arrêtez nos agresseurs, pas nos clients »
« Trans assassinée, Etat complice! », a scandé le cortège, qui a défilé derrière des pancartes « Justice pour Vanesa » ou « Arrêtez nos agresseurs, pas nos clients ».
« Vanesa était une meneuse dans le combat » contre ces bandes qui sévissent « depuis trois ans » dans le Bois, a dit son « amie et collègue » Romina, une femme trans originaire d’Equateur.
Les organisations présentes, dont l’association de défense des personnes trans Acceptess-T, ont répété leur demande d’abrogation de la loi sur la prostitution adoptée en avril 2016, qui a notamment introduit la pénalisation des clients, désormais passibles d’une amende de 1 500 euros, voire de 3 750 euros en cas de récidive.
Cette mesure a, selon elles, fait baisser les revenus des prostituées et les a obligées à exercer dans des endroits plus isolés, à l’écart de la police, où elles sont davantage exposées aux agressions.

   


« La loi est à cent pour cent responsable de la mort de Vanesa », a déclaré Giovanna Rincon, directrice d’Acceptess-T et organisatrice du rassemblement, qui demande « de vraies mesures contre la transphobie ».
L’absence de réaction au sein du gouvernement, notamment de la part de Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a également été dénoncée.
« On a l’impression que nos vies ne comptent pas, a déploré Thierry Schaffauser, porte-parole du Strass (Syndicat du travail sexuel). Si un gay du Marais avait été agressé, il y aurait eu une réaction. »
« La prostitution est du viol et de l’esclavage, a écrit dans un communiqué le Mouvement du nid, qui soutient la loi. Le nier, c’est faciliter le passage à l’acte, c’est banaliser le meurtre de Vanesa et de toutes les autres. »

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.
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Eric Fassin : « L’appropriation culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de domination »

Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 22h52
    |

            Laura Motet








                        



   


Des internautes se sont empoignés sur ces deux mots tout l’été : « appropriation culturelle ». Le concept, né bien avant Twitter, connaît un regain de popularité. Dernièrement, il a été utilisé pour décrire aussi bien le look berbère de Madonna lors des MTV Video Music Awards, la dernière recette de riz jamaïcain du très médiatique chef anglais Jamie Oliver, ou l’absence de comédien autochtone dans la dernière pièce du dramaturge québécois Robert Lepage, Kanata, portant justement sur « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones ».
Qu’ont en commun ces trois exemples ? Retour sur la définition et sur l’histoire de l’« appropriation culturelle » avec Eric Fassin, sociologue au laboratoire d’études de genre et de sexualité de l’université Paris-VIII et coauteur de l’ouvrage De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte).
D’où vient le concept d’« appropriation culturelle » ?
Eric Fassin : L’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « colonialisme culturel ». Au début des années 1990, la critique bell hooks, figure importante du Black feminism, développe par exemple ce concept, qu’elle résume d’une métaphore : « manger l’Autre. » C’est une approche intersectionnelle, qui articule les dimensions raciale et sexuelle interprétées dans le cadre d’une exploitation capitaliste.
Un regard « exotisant »
Cette notion est aussi au cœur de la controverse autour de Paris Is Burning, un film documentaire de 1990 sur la culture des bals travestis à New York. Une autre critique noire, Coco Fusco, reprochait à la réalisatrice Jennie Livingston, une lesbienne blanche, son regard « exotisant » sur ces minorités sexuelles et raciales. Pour elle, il s’agissait d’une forme d’appropriation symbolique mais aussi matérielle, puisque les sujets du film se sont sentis floués, dépossédés de leur image.

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                Au Canada, la notion d’« appropriation culturelle » déchire le monde littéraire



Comment définir ce concept ?
E. F. : Ce qui définit l’appropriation culturelle, comme le montre cet exemple, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de récupération quand la circulation s’inscrit dans un contexte de domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le primitivisme artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.
Ce concept a-t-il été intégré dans le corpus intellectuel de certaines sphères militantes ?
E. F. : Ces références théoriques ne doivent pas le faire oublier : si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles. Beaucoup se transforment en critiques culturels en reprenant à leur compte l’expression « appropriation culturelle ».
En quoi les polémiques nées ces derniers jours relèvent-elles de l’appropriation culturelle ?
E. F. : Ce n’est pas la première fois que Madonna est au cœur d’une telle polémique. En 1990, avec sa chanson Vogue, elle était déjà taxée de récupération : le voguing, musique et danse, participe en effet d’une subculture noire et hispanique de femmes trans et de gays. Non seulement l’artiste en retirait les bénéfices, mais les paroles prétendaient s’abstraire de tout contexte (« peu importe que tu sois blanc ou noir, fille ou garçon »). Aujourd’hui, son look de « reine berbère » est d’autant plus mal passé qu’elle est accusée d’avoir « récupéré » l’hommage à la « reine » noire Aretha Franklin pour parler… de Madonna : il s’agit bien d’appropriation.
La controverse autour de la pièce Kanata, de Robert Lepage, n’est pas la première non plus — et ces répétitions éclairent l’intensité des réactions : son spectacle sur les chants d’esclaves avait également été accusé d’appropriation culturelle, car il faisait la part belle aux interprètes blancs. Aujourd’hui, c’est le même enjeu : alors qu’il propose une « relecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », la distribution oublie les « autochtones » — même quand ils se rappellent au bon souvenir du metteur en scène. C’est encore un choix revendiqué : la culture artistique transcenderait les cultures « ethniques ».

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                Robert Lepage annule « Kanata »



Par comparaison, l’affaire du « riz jamaïcain » commercialisé par Jamie Oliver, chef britannique médiatique, peut paraître mineure ; elle rappelle toutefois comment l’ethnicité peut être utilisée pour « épicer » la consommation. Bien sûr, la nourriture aussi voyage. Reste qu’aujourd’hui cette mondialisation marchande du symbolique devient un enjeu.
Pourquoi ce concept fait-il autant polémique ?
E. F. : En France, on dénonce volontiers le communautarisme… des « autres » : le terme est curieusement réservé aux minorités, comme si le repli sur soi ne pouvait pas concerner la majorité ! C’est nier l’importance des rapports de domination qui sont à l’origine de ce clivage : on parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir. Et c’est particulièrement vrai, justement, dans le domaine culturel.
Songeons aux polémiques sur l’incarnation des minorités au théâtre : faut-il être arabe ou noir pour jouer les Noirs et les Arabes, comme l’exigeait déjà Bernard-Marie Koltès, en opposition à Patrice Chéreau ? Un artiste blanc peut-il donner en spectacle les corps noirs victimes de racisme, comme dans l’affaire « Exhibit B » ? La réponse même est un enjeu de pouvoir.
On parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir
En tout cas, l’esthétique n’est pas extérieure à la politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté ; mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les rapports de pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des femmes et des minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de).
Le monde universitaire n’est pas épargné par ces dilemmes : comment parler des questions minoritaires, quand on occupe (comme moi) une position « majoritaire », sans parler à la place des minorités ? Avec Marta Segarra, nous avons essayé d’y faire face dans un numéro de la revue Sociétés & Représentations sur la (non-)représentation des Roms : comment ne pas redoubler l’exclusion qu’on dénonce ? Dans notre dossier, la juriste rom Anina Ciuciu l’affirme avec force : être parlé, représenté par d’autres ne suffit pas ; il est temps, proclame cette militante, de « nous représenter ». Ce n’est d’ailleurs pas si difficile à comprendre : que dirait-on si les seules représentations de la société française nous venaient d’Hollywood ?

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                Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Thierry D., professeur de mathématiques à Paris, n’en finit pas de payer les conséquences d’une erreur que commet en 2015 le rectorat, en lui versant trois mois de salaire alors qu’il se trouve en congé sans solde.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ On le cultive, on le théorise, on en fait un business, des livres, des cours… Il est même le nouveau carburant de la productivité. En société et au travail, le bonheur est devenu une injonction.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/08/2018
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L’« happycratie » ou la dictature du bonheur


                      On le cultive, on le théorise, on en fait un business, des livres, des cours… Il est même le nouveau carburant de la productivité. En société et au travail, le bonheur est devenu une injonction.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 11h12
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                            Nicolas Santolaria








                              

                        

La présence de plus en plus fréquente de crocodiles Haribo sur votre lieu de travail ne doit pas être prise à la légère. Loin de se réduire à un simple élément de décor, ces sauriens multicolores sont la manifestation tangible d’une nouvelle forme de gouvernement des conduites centrée sur les émotions positives. Dans Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies (Premier Parallèle, 260 p., 21 €), le docteur en psychologie Edgar Cabanas et la sociologue Eva Illouz décryptent cette nouvelle obsession venue d’outre-Atlantique qui, selon eux, balafrerait nos existences d’un sourire de plus en plus obligé. « Kratia en grec, c’est le pouvoir. Happycratie, c’est le pouvoir par l’injonction au bonheur », résume Eva Illouz.
Une nouvelle idée fixe
Aujourd’hui, cette invitation est partout, empreinte de la même sollicitude envahissante que celle de l’ami qui a entrepris de vous tirer énergiquement de votre dépression chronique, alors que vous vous en accommodiez fort bien. En 2013, le titre Happy, du chanteur américain Pharrell Williams, véritable hit planétaire, offrait une bande-son survitaminée à cette nouvelle idée fixe. A moi le bonheur ! L’art de rayonner de l’intérieur (Larousse, 283 p., 16,95 €), 50 activités pour un enfant heureux (De Boeck, à paraître en octobre), Le Bonheur sans illusions (Flammarion, 2017), Les tout petits bonheurs (Larousse, 168 p., 15 €), Journal intime d’un touriste du bonheur (La Martinière, 288 p., 16,90 €) : encombrant les présentoirs, les livres de développement personnel, censés nous aider à mieux vivre, sont quant à eux un genre florissant.
Activement investi dans la chasse aux perturbations du mental, l’ancien avocat d’affaires Jonathan Lehmann s’est lui aussi positionné sur ce front incandescent, proposant à ses 177 000 followers Facebook des méditations guidées, « Les Antisèches du bonheur »....




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Dans son best-seller mondial, Mo Gawdat explique détenir la « formule » du bonheur. Il compte rendre un milliard de personnes heureuses.
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Ingénieur de formation, il a trouvé l’équation du bonheur !


                      Dans son best-seller mondial, Mo Gawdat explique détenir la « formule » du bonheur. Il compte rendre un milliard de personnes heureuses.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h06
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                            Nicolas Santolaria








                              

                        
Désormais objet de mesures, le bonheur peut-il se transformer en équation ? Oui, répond catégoriquement l’Egyptien Mo Gawdat, qui a décidé d’aborder la question avec « le point de vue de l’ingénieur ». Pour cet ancien directeur du laboratoire de recherche Google X, la chose se résume de la sorte : « Le bonheur est > ou = à la perception des événements de notre vie – nos attentes. » Présenté ainsi, atteindre la félicité a l’air extrêmement simple, pour ne pas dire simpliste.

Néanmoins, dans La Formule du bonheur (Larousse, 320 p.), son best-seller traduit en plus de trente langues, Mo Gawdat va plus loin et détaille tout ce qui, selon lui, entrave l’émergence de ce sentiment. « La manière dont nous définissons nos attentes et la façon dont nous considérons les événements sont soumis à six grandes illusions – des tours que le monde moderne nous joue – et à sept points aveugles – des tours que notre cerveau nous joue. Lorsque nous supprimons les illusions et réparons les angles morts, nous voyons la vérité », assure-t-il.
Comparant l’être humain à un programme informatique, il considère que le bonheur fait partie de nos réglages « par défaut » et entend nous expliquer comment restaurer cet état originel.
En lisant cet ouvrage syncrétique, on se demande si la force de son approche ne résiderait finalement pas moins dans sa scientificité bruyamment revendiquée que dans le parcours de vie résilient qui en constitue l’arrière-plan contextuel… Ayant connu la dépression alors que tout semblait lui sourire (argent, carrière, vie familiale), Mo Gawdat a perdu son fils Ali, à la suite d’une banale opération de l’appendicite.
Comparant volontiers l’être humain à un programme informatique, Mo Gawdat, profondément marqué par cette épreuve, considère depuis que le bonheur fait partie de nos réglages « par défaut » et entend nous expliquer comment restaurer cet état originel, à l’aide d’une forme de techno-spiritualité...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Allergies, cancers, pollution… Pour traiter le mal à la racine, de plus en plus de coiffeurs optent pour des soins et des teintures végétales. Reportage dans un salon « vert ».
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Fini les produits chimiques, mes cheveux sont bio


                      Allergies, cancers, pollution… Pour traiter le mal à la racine, de plus en plus de coiffeurs optent pour des soins et des teintures végétales. Reportage dans un salon « vert ».



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h00
    |

            Pascale Krémer








                              

                        

Il suffit de pousser la porte, la différence saute aux narines. Chez Biocoiff’, il flotte un indéfinissable parfum d’herbe coupée. Ou d’épinards séchés ? Aucune, en tout cas, de ces irritantes odeurs de laques, teintures et produits pour permanentes si caractéristiques des salons de coiffure. Sur une petite place du 13e arrondissement parisien est installé ce coiffeur d’un nouveau genre végétal.
Sous les fausses fougères couvrant le plafond, calées dans des fauteuils couleur pomme, les clientes arborent un cataplasme de plantes sur la tête, thé vert à la main et Vivre bio pour lecture. Le patron, Charley Assoun, présente fièrement ces « résistantes à la chimie », qui « en sont revenues, et n’y reviendraient pas ». Sous les casques qui chauffent, on opine du chef.
Un malaise dû aux produits
L’histoire du créateur de Biocoiff’, 75 ans mais une énergie de jeune homme, c’est celle d’un coiffeur allergique à son métier. « J’avais 17 ans à mes débuts. Je ne me suis pas senti bien dès que j’ai respiré, touché les teintures. » Après un trimestre, il fait un malaise, se retrouve cantonné aux coupes. Mais l’air ambiant du salon suffisant à lui déclencher des problèmes respiratoires, le médecin du travail suggère une reconversion… Charley Assoun vient d’une famille juive d’Algérie, il se remémore les teintures au henné de sa grand-mère.
« J’ai formé à la coloration végétale plus de 200 coiffeurs, dont certains de ceux qui se moquaient de moi il y a vingt ans. » Charley Assoun, patron de Biocoiff’
Le voilà qui part en Inde à la recherche de plantes tinctoriales « poussant en bio ». Il mélange, teste. Développe toute une gamme de colorations, shampooings et soins naturels, tout en exerçant comme coiffeur à domicile. En 2005, il peut ouvrir le premier « salon végétal » de France. « En six-huit mois, le chiffre d’affaires a décollé, se souvient-il. Aujourd’hui, j’ai sept salons...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ L’idéologie du bonheur, qui vise à éradiquer toutes les émotions négatives sur son passage, aurait la fâcheuse tendance d’appauvrir les relations humaines.
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Les bienfaits de la brouille


                      L’idéologie du bonheur, qui vise à éradiquer toutes les émotions négatives sur son passage, aurait la fâcheuse tendance d’appauvrir les relations humaines.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 14h49
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        

Dans le dernier World Happiness Report de l’ONU (2018), estimation du niveau de bonheur national de 156 pays, la France se classe en 23e position, gagnant 8 places. Notre pays, qui a également perdu sa position de leader mondial dans la consommation d’antidépresseurs, irait-il mieux ? Ou bien serait-on plutôt en train de vivre une forme d’épuration émotionnelle dans laquelle les grincheux, les dépressifs, les introvertis, les colériques finiraient par être mis sur la touche pour incompatibilité avec la norme dominante ?
« Cette idéologie du bonheur a pour effet de délégitimer les émotions dites négatives, comme la colère ou l’envie, deux sentiments qui ont aussi un caractère politique », décrypte la sociologue Eva Illouz. Evidemment, on ne va pas regretter la perte d’influence du chefaillon pervers qui vociférait à longueur de journée sur ses subordonnés.
Utilité des émotions négatives
Mais, si tout le monde devient constamment heureux, l’écologie des affects risque rapidement de perdre en variété. « Les penseurs classiques avaient compris l’utilité des émotions négatives. Pour Hobbes, c’est la peur qui permet de rentrer dans un contrat social. Pour Mandeville, c’est l’envie et l’avarice comme vices qui sont responsables de l’échange économique. Pour Weber, c’est l’angoisse devant le deus absconditus – un Dieu caché – qui nous rend assidus au travail. Sociologiquement, les émotions dites négatives peuvent être fort utiles », poursuit Eva Illouz.
Pour éviter de sombrer dans la monoculture émotionnelle et d’afficher à longueur de journée un sourire obligé d’âne détartré, il pourrait alors être utile d’œuvrer à la préservation d’une ambiance contrastée et, pourquoi pas, éruptive. Dans son hilarant ouvrage Le Noble Art de la brouille (Allary Editions, 100 p., 10 €), le journaliste Matthias Debureaux explique qu’une simple foi en la possibilité pluriséculaire de la prise de bec pourrait suffire...



