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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’ancien nonce Carlo Maria Vigano affirme avoir averti dès 2013 le pape François sur les dérives du cardinal américain, qui a démissionné au mois de juillet, à l’âge de 88 ans.
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Pédophilie dans l’Eglise américaine : un prélat accuse le pape d’avoir couvert le cardinal McCarrick

L’ancien nonce Carlo Maria Vigano affirme avoir averti dès 2013 le pape François sur les dérives du cardinal américain, qui a démissionné au mois de juillet, à l’âge de 88 ans.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 19h09
   





                        


Un ex-ambassadeur auprès du Vatican à Washington, l’archevêque Carlo Maria Vigano, a accusé dans une lettre, samedi 25 août, le pape François d’avoir annulé des sanctions contre le cardinal américain Theodore McCarrick, malgré des accusations de « comportement gravement immoral » à son encontre.
« Le Vatican n’a aucun commentaire immédiat », a réagi dimanche matin une porte-parole du Vatican depuis Rome, contactée par des journalistes à bord de l’avion du pape François l’emmenant dans la ville sanctuaire de Knock en Irlande.

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« La corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l’Eglise », affirme Mgr Vigano, en allant jusqu’à demander la démission du pape François.
La lettre de onze pages a été publiée simultanément samedi dans plusieurs publications catholiques américaines de tendance traditionaliste ou ultra-conservatrice ainsi que dans un quotidien italien de droite.
Elle a été rendue publique au second jour d’un court voyage du pape François en Irlande, où la question des abus sexuels de l’Eglise dans le monde occupe particulièrement le terrain médiatique.

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De premières sanctions dans les années 2000
Mgr Vigano, 77 ans, qui fut nonce – terme désignant les ambassadeurs auprès du Vatican – à Washington entre 2011 et 2016, affirme que Benoît XVI avait imposé des sanctions canoniques contre le cardinal McCarrick vers la fin des années 2000. Le prélat devait quitter le séminaire où il vivait, éviter tout contact public et vivre une vie de pénitence.
Cette mise à l’écart de la vie publique avait été décidée plusieurs années après des rapports de deux anciens ambassadeurs du Vatican à Washington, aujourd’hui décédés, évoquant son « comportement gravement immoral avec des séminaristes et des prêtres ».
Alors qu’il était devenu à son tour ambassadeur à Washington, Mgr Vigano dit avoir écrit en 2006 un premier mémo sur McCarrick à son supérieur à Rome, suggérant même « un traitement médical » à son encontre.
L’archevêque Vigano raconte avoir été interrogé par le nouveau pape François peu après sa prise de fonction, en juin 2013, sur la personnalité de McCarrick. Selon lui, le pape argentin aurait préféré ignorer ses avertissements et avait annulé de fait les sanctions de son prédécesseur, prenant le prélat américain comme conseiller sur des nominations de cardinaux.
Dans sa lettre au vitriol, l’ancien nonce apostolique aujourd’hui à la retraite met également en cause nommément un grand nombre de hauts prélats de la Curie romaine, dont le numéro deux Pietro Parolin, qu’il accuse tous d’un silence complice sur les agissements de Theodore McCarrick.
Le pape François a finalement accepté en juillet la démission du collège des cardinaux de Theodore McCarrick, 88 ans, archevêque émérite de Washington. Le vieil homme devra rester reclus dans une maison pour mener une vie de prière et de repentance.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les Soudan Célestins Music et moi. Au fil de ses concerts, le groupe de réfugiés a pu faire l’expérience de la « fraternité » française, y compris de la part de municipalités.
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« Le jour où Ahmed a traduit le discours du maire d’Aurillac »

Les Soudan Célestins Music et moi. Au fil de ses concerts, le groupe de réfugiés a pu faire l’expérience de la « fraternité » française, y compris de la part de municipalités.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 18h00
    |

Pablo Aiquel







                        


Chronique. Du 30 avril au 7 juillet, des centaines de militants ont participé à une marche de solidarité avec les migrants. Partis de Breil-sur-Roya, près de Nice, ils sont allés jusqu’à Londres, en passant par Lyon, Paris et Calais, pour montrer le visage de la France qui accueille. De même, à plusieurs reprises, les Soudan Célestins Music, ensemble musical de réfugiés soudanais résidant à Vichy et dont Le Monde suit l’intégration dans le cadre du programme Les Nouveaux Arrivants, ont fait l’expérience de cette « fraternité » au gré de leurs concerts en divers endroits du pays, de l’Allier au Tarn-et-Garonne.

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Ainsi, en mars, l’association Par d’ssus la Bouchure, du village de Theneuille (400 habitants), au cœur des terres rouges du Bourbonnais, a convié le groupe vichyssois à animer son assemblée générale. Les bénévoles voulaient partager un moment festif avec les réfugiés du centre d’accueil et d’orientation d’Ygrande, le village voisin, lieu de naissance de l’écrivain paysan Emile Guillaumin.
Quelques jours plus tard, Hassan Osmane, le jardinier musicien, et Ahmed Khamis, le chauffeur chanteur, ont participé à un colloque de psychologues interculturels et d’assistants sociaux organisé par l’Association montalbanaise d’aide aux réfugiés, qui planchaient sur l’importance de la créativité pour la santé des migrants. Tout un programme… Adel El Kordi, chercheur libyen et traducteur bientôt assermenté, avait alors permis aux réfugiés d’exprimer le fond de leur pensée. Hébergée par des bénévoles généreux, la petite délégation avait eu le temps de visiter rapidement Montauban. Impressionnés, ils avaient pris des photos de l’église du Moyen-Age, presque millénaire, et n’en croyaient pas leurs oreilles quand la guide leur expliquait que de l’autre côté du Tarn, jadis, c’était l’Angleterre.
Remercier en dansant
Mais sans doute un des souvenirs marquants de cette année aura été la participation à la Semaine interculturelle d’Aurillac (Cantal), en février. Car s’il y a partout des militants et des bénévoles qui traduisent la « fraternité » en actes, plus rares sont les municipalités, de communes grandes ou moyennes, qui engagent leur action publique dans l’accueil.
Chaque année, en février, Aurillac organise des activités ludiques, pédagogiques et festives qui mettent en valeur les différentes cultures des habitants, des étudiants étrangers aux résidents des HLM. Cette année, les organisateurs se sont demandé comment ils pouvaient attirer les demandeurs d’asile, principalement soudanais, hébergés dans le centre d’accueil de la ville. « Les familles, à travers les enfants, se rencontrent dans les écoles mais avec les demandeurs d’asile c’est moins simple, m’expliquait Stéphane Frechou, conseiller municipal et bénévole à la Cimade. Il y a surtout des hommes adultes et ils se heurtent à la barrière de la langue, c’est pourquoi nous avons voulu inviter un groupe qui joue leur musique. »

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Dans son discours d’ouverture, le maire d’Aurillac, Pierre Mathonier, a souligné « la volonté de la commune d’accueillir tous les nouveaux habitants de la meilleure des manières » et de faire ainsi vivre les valeurs de la République. Assis au fond de la salle, plutôt timides, les exilés ont regardé tranquillement se succéder sur scène les étudiants chinois, les jeunes Mahorais de la cité, les danseurs de bourrée auvergnate, se demandant peut-être ce qu’ils faisaient là. Puis, quand ce fut le tour des Soudan Célestins Music, Ahmed Khamis a pris le micro pour leur expliquer, en arabe, ce qu’avait dit le maire d’Aurillac, et pour souligner à quel point il était rare d’être ainsi accueillis, officiellement, comme citoyens.
Il a dû ajouter que la meilleure manière de dire merci était de danser, car, dès les premières notes, les demandeurs d’asile, jusque-là timides, se sont levés comme un seul homme, se déhanchant les bras en l’air. Ils sont allés vers toutes les tables, à la rencontre des bénévoles et du public, pour partager avec tout le monde les rythmes de leur lointain pays. Le jour où Ahmed a traduit le discours du maire d’Aurillac, nous avons compris que danser pouvait aussi être une manière de dire merci à la France qui accueille.
Pablo Aiquel est journaliste indépendant. Il travaille pour La Gazette des communes comme correspondant Auvergne et ruralités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande.
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Le pape implore le « pardon du Seigneur » pour les victimes d’abus sexuels en Irlande

Depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande.



LE MONDE
 |    26.08.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 17h52
   





                        


Le pape François a « imploré » dimanche 26 août « le pardon du Seigneur » pour les agressions sexuelles commises en Irlande par des prêtres catholiques, au deuxième jour de sa visite dans le pays. « J’implore le pardon du Seigneur pour ces péchés, pour le scandale et la trahison ressentis par tant de personnes dans la famille de Dieu », a déclaré le pape à l’occasion d’une visite du sanctuaire de Knock, site de piété mariale distant de 180 km de Dublin.

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Depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande. La hiérarchie de l’Eglise irlandaise est accusée d’avoir couvert des centaines de prêtres. Plusieurs enquêtes ont également révélé des adoptions illégales d’enfants nés de femmes non mariées pratiquées par l’Etat irlandais avec la complicité de l’Eglise catholique.
Perte d’influence de l’Eglise
L’ampleur de ces scandales explique en partie la perte d’influence de l’Eglise ces dernières années sur la société irlandaise, historiquement très catholique.
« Aucun de nous ne peut se dispenser de se sentir ému par les histoires de mineurs qui ont souffert d’abus, à qui on a volé l’innocence et qui ont été abandonnés à la blessure de douloureux souvenirs. Cette plaie ouverte nous défie d’être fermes et décidés dans la recherche de la vérité et de la justice », a également déclaré le pape.
Samedi, à Dublin, le pape avait évoqué sa « honte » et sa « souffrance » face à « l’échec des autorités ecclésiastiques » à affronter de manière adéquate les « crimes ignobles » du clergé en Irlande.
Avant François, Benoit XVI, son prédécesseur, avait écrit en 2010 une lettre à tous les catholiques irlandais, reconnaissant la responsabilité de l’Eglise dans les abus commis en Irlande.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le gouvernement espagnol souhaite retirer le Caudillo du mausolée où il se trouve et créer un mémorial aux victimes de la guerre civile sur le site.
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Espagne : la famille Franco s’occupera du corps du dictateur espagnol s’il est exhumé

Le gouvernement espagnol souhaite retirer le Caudillo du mausolée où il se trouve et créer un mémorial aux victimes de la guerre civile sur le site.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 23h53
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 13h11
   





                        



   


La famille de Francisco Franco utilisera « tous les recours légaux » contre la décision du gouvernement espagnol d’exhumer le corps du dictateur et le prendra en charge si tel est le cas.
Dénonçant un « acte de revanchisme rétrospectif », la famille du Caudillo réitère dans un communiqué publié samedi 25 août son « opposition la plus ferme et unanime » à l’initiative du gouvernement, qui souhaite exhumer Franco d’ici à la fin de l’année du mausolée où il se trouve.
Cependant, si l’exhumation a lieu, la famille dit qu’elle exigera de pouvoir prendre en charge sa dépouille afin de lui donner « une sépulture chrétienne ». « Bien sûr que nous allons nous occuper de la dépouille de mon grand-père. Nous n’allons pas la laisser entre les mains du gouvernement », a déclaré au quotidien conservateur La Razón Francis Franco, un des sept petits-enfants du général qui dirigea l’Espagne entre 1939 et 1975.

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                En Espagne, un décret pour exhumer la dépouille de Franco avant la fin de l’année



Problème de sécurité ?
Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a approuvé vendredi un décret visant à exhumer Francisco Franco du Valle de los Caidos, complexe monumental à 50 km de Madrid, surplombé par une croix de 150 mètres de haut, où sa dépouille repose depuis sa mort, en 1975.
La famille refuse d’exhumer le corps et l’a fait savoir dans une lettre recommandée enregistrée auprès d’un notaire et envoyée à l’abbé responsable de la basilique adjacente à la tombe de Franco.
Mais le cabinet de M. Sanchez avait prévu cette éventualité. Si la famille continue de refuser l’exhumation et n’indique pas de lieu où réenterrer la dépouille, le gouvernement se chargera de le faire « dans un lieu digne et respectueux », selon la vice-présidente, Carmen Calvo.
Francis Franco a rejeté l’idée d’inhumer la dépouille de son grand-père au côté de son épouse, Carmen Polo, morte en 1988, enterrée dans le cimetière d’El Pardo, près de Madrid. « Il n’y a pas de sécurité, mon grand-père ne peut pas être enterré là. Aujourd’hui, ce n’est pas envisagé. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La justice italienne a, de son côté, ouvert une enquête pour « séquestration, arrestations illégales et abus de pouvoir », visant notamment Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/08/2018
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Les migrants du « Diciotti », bateau bloqué cinq jours à Catane, enfin autorisés à débarquer

La justice italienne a, de son côté, ouvert une enquête pour « séquestration, arrestations illégales et abus de pouvoir », visant notamment Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 21h29
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 16h24
   





                        



   


Les 150 migrants qui se trouvaient à bord du Diciotti, un bateau des garde-côtes italiens bloqué depuis cinq jours dans le port sicilien de Catane, avaient tous quitté le navire dimanche 26 août au matin, une solution ayant été trouvée la veille pour leur prise en charge.
Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, avait annoncé, samedi 25 août, que les migrants qui étaient encore bloqués à bord du navire Diciotti depuis son arrivée lundi à Catane, en Sicile, seraient autorisés à débarquer « dans les prochaines heures ». « Une grande partie sera hébergée par l’Eglise italienne, par les évêques qui ont ouvert leurs portes, leur cœur et leur portefeuille », a-t-il déclaré au cours d’une réunion politique dans le nord de l’Italie.
Le Diciotti, un navire des gardes-côtes italiens, avait procédé à une opération de sauvetage il y a une dizaine de jours. Dans un premier temps, les autorités sanitaires du port de Catane avaient autorisé le débarquement pour raison de santé de seize personnes – onze femmes et cinq hommes – auxquelles s’était ajouté un sixième homme, malade lui aussi, portant le total à dix-sept personnes. Plusieurs médecins et inspecteurs du ministère de la santé étaient montés à bord dans la matinée pour contrôler l’état de santé des rescapés.
« Ils ne nous arrêteront pas »
De son côté, la cour de justice de Palerme s’est saisie d’une enquête visant notamment M. Salvini pour « séquestration de personnes, arrestations illégales et abus de pouvoir » dans cette affaire, ont annoncé, samedi soir, les médias italiens. Le chef de cabinet du ministre, Matteo Piantedosi, est également visé.
Comme la Constitution italienne interdit aux tribunaux habituels de se charger de ce type d’affaire, l’enquête a été transmise à un « tribunal des ministres », chargé depuis la cour de Palerme de traiter de potentiels délits commis par des membres du gouvernement sur la juridiction sicilienne.

   


« Ils ne nous arrêteront pas. C’est une honte », a immédiatement réagi M. Salvini, par ailleurs chef de file du parti d’extrême droite La Ligue, depuis la ville de Pinzolo, où il tenait une réunion politique. « Ils peuvent m’arrêter moi, mais pas la volonté de 60 millions d’Italiens », a ajouté le ministre.
Nombreuses critiques
Luigi Patronaggio, le procureur du parquet d’Agrigente, avait d’abord ouvert, vendredi, une enquête de justice, cherchant à comprendre la chaîne de commandement ayant mené à l’interdiction du débarquement des 150 migrants secourus par les gardes-côtes.
M. Salvini, tenant d’une ligne dure envers les migrants, avait réagi le jour même à l’annonce de cette première enquête, demandant au magistrat de l’interroger directement. « Il devrait m’interroger moi et non pas demander des éclaircissements à des fonctionnaires qui exécutent les directives données par le responsable, c’est-à-dire moi », avait déclaré le ministre.
De nombreuses critiques, venant de tous bords, pleuvent depuis des jours sur M. Salvini. L’une des plus dures a été formulée par l’archevêque d’Agrigente, le cardinal Francesco Montenegro : « Parfois, il m’arrive de penser que s’il s’était agi d’animaux, on les aurait mieux traités », a-t-il déclaré samedi au quotidien La Stampa.
« La solidarité européenne est importante »
Depuis Genève, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a lancé, samedi, « un appel aux Etats membres de l’Union européenne [UE] pour qu’ils offrent d’urgence des places de réinstallation » aux migrants du Diciotti, exhortant Rome « à autoriser [leur] débarquement immédiat ».
Le seul soutien de l’UE est venu samedi soir de l’Irlande, qui, par la voix de son ministre des affaires étrangères Simon Coveney, a offert de prendre en charge 20 à 25 migrants. « La solidarité européenne est importante », a souligné le chef de la diplomatie irlandaise.
L’Albanie, un pays qui n’appartient pas à l’UE, a donné son accord pour en accueillir vingt. En début de soirée, le ministère des affaires étrangères italien, Enzo Moavero Milanesi, a remercié sur Twitter « l’Albanie pour sa décision d’accueillir vingt réfugiés du Diciotti, un signal de grande solidarité et de grande amitié ».

Il Ministro degli Affari Esteri Enzo Moavero Milanesi ringrazia l’Albania per la decisione di accogliere 20 profugh… https://t.co/ohJNvUC982— ItalyMFA (@Farnesina 🇮🇹)


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Après avoir menacé, vendredi, l’UE « de payer moins » pour le budget communautaire en raison de l’absence de solidarité, ce dernier est revenu à la charge samedi en promettant que « l’Italie ne votera pas lorsqu’il faudra l’unanimité pour adopter le budget ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Cette arrestation « est probablement liée » à son intention d’organiser des manifestations le 9 septembre contre le projet de réforme du système de retraites, a déclaré sa porte-parole.
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Russie : l’opposant Alexeï Navalny interpellé devant son domicile

Cette arrestation « est probablement liée » à son intention d’organiser des manifestations le 9 septembre contre le projet de réforme du système de retraites, a déclaré sa porte-parole.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 18h28
   





                        



   


L’opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, a été interpellé, samedi 25 août, devant son domicile pour des motifs inconnus, a annoncé sa porte-parole Kira Iarmych sur Twitter.
« Navalny a été interpellé il y a deux heures devant sa maison. Il est à présent au poste de police de Danilovsky [à Moscou]. Ils n’ont pas dit pourquoi il a été arrêté. Ils ont pris son téléphone », a-t-elle écrit en début d’après-midi. « Ils l’ont laissé passer un appel, il m’a appelée et m’a prévenue. Après cet appel, on lui a pris son téléphone », a-t-elle ajouté dans une interview accordée à la radio Echo de Moscou, précisant qu’il serait assisté par ses avocats.
Trente jours de détention en juin
Cette arrestation « est probablement liée » à l’intention d’Alexeï Navalny d’organiser des manifestations le 9 septembre contre le très impopulaire projet de réforme du système de retraites, a ajouté Kira Iarmych.
Quelques heures avant son arrestation, Alexeï Navalny avait annoncé sur son compte Twitter qu’il ferait des « annonces intéressantes » dans son émission retransmise en direct sur les réseaux sociaux et prévue à 13 heures (heure de Moscou), heure qui coïncide avec celle de son interpellation.
L’opposition inhabituelle à une mesure soutenue par le président Vladimir Poutine s’est aussi exprimée à travers une pétition en ligne demandant l’annulation de la réforme, qui a recueilli 2,9 millions de signatures.

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                Russie : la stratégie du boycottage de l’opposant Alexeï Navalny



Alexeï Navalny a multiplié ces derniers mois les manifestations pour faire pression sur le Kremlin, après avoir été déclaré inéligible à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée sans surprise par Vladimir Poutine.
Le 15 juin, l’opposant de 42 ans avait été arrêté pour avoir organisé une manifestation deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine à un quatrième mandat présidentiel, et pour avoir désobéi aux forces de l’ordre. Il avait purgé trente jours de détention et avait été libéré le jour du début de la Coupe du monde de football en Russie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La visite de François, qui a rencontré, samedi à Dublin, huit victimes de prêtres, intervient au moment où de nouvelles révélations frappent l’institution.
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Scandales de pédophilie : en Irlande, le pape évoque sa « honte » face à « l’échec » de l’Eglise

La visite de François, qui a rencontré, samedi à Dublin, huit victimes de prêtres, intervient au moment où de nouvelles révélations frappent l’institution.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 06h45
    |

            Cécile Chambraud (Dublin, envoyée spéciale)








                        



   


Dublin ne s’est pas parée des couleurs – jaune et blanc – du Vatican, et les Dublinois n’ont pas attendu en masse le pape à son passage.
L’arrivée de François en Irlande, samedi 25 août, pour une visite de trente-deux heures, n’a pas suscité de ferveur au-delà des lieux qui en marquaient les étapes : à la cathédrale Sainte-Marie, dans un centre d’accueil des sans-logis et, dans la soirée, au Croke Park Stadium, où plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient présentes pour une « fête des familles », dans le cadre de la Rencontre mondiale des familles, organisées tous les trois ans par l’Eglise catholique, et qui a lieu cette année à Dublin.
Vingt-cinq ans de révélations sur les multiples turpitudes (mauvais traitements, violences sexuelles, confiscations d’enfants de filles-mères) perpétrées pendant des décennies contre des enfants, des jeunes et des femmes dans des institutions gérées par l’Eglise, ou bien dans les paroisses par des prêtres et des religieux, ont fait leur œuvre et détrôné celle-ci de son rang d’autorité morale dans le pays.

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Entre les Irlandais et les institutions catholiques, tout est à reconstruire. C’est bien ce qu’exprimait le prêtre chargé de préparer les quelque quatre cents jeunes couples réunis dans la cathédrale pour entendre le pontife parler des vertus du mariage chrétien. « Nous savons tous que ce week-end est très important pour l’Eglise en Irlande. Vous avez été choisis pour être l’avenir de l’Eglise d’Irlande dans votre famille. Ouvrez le chemin ! », leur a-t-il lancé.
Tirer les leçons du passé
Le premier ministre irlandais, Leo Varadkar, n’a pas dit autre chose en accueillant François, samedi matin. « Le temps est venu de construire une nouvelle relation entre l’Eglise et l’Etat en Irlande » fondée sur la reconnaissance que « la religion n’est plus au centre de notre société, mais dans laquelle elle a encore une place importante », a dit le Taoiseach (l’appellation gaélique pour le chef du gouvernement).
Une société, a-t-il insisté, qui ces dernières années a pris acte dans ses lois « que les mariages ne marchent pas toujours, que les femmes ont le droit de décider par elles-mêmes et que les familles revêtent des formes différentes, y compris celles qui ont à leur tête un grand-parent, un parent seul, des parents de même sexe ou des parents divorcés ».

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Mais Leo Varadkar a laissé entendre que cette « nouvelle relation » ne pourrait voir le jour qu’à une condition : que des leçons claires soient tirées du passé. Car dans l’histoire de l’Eglise catholique en Irlande, a-t-il dit, « il y a des aspects sombres », « une histoire de chagrin et de honte », à savoir les violences et injustices commises contre des jeunes et des femmes.

   


« Les blessures sont toujours ouvertes et il reste beaucoup à faire pour amener la justice et la vérité et guérir les victimes et les survivants », a déclaré le premier ministre à son hôte. « Saint-Père, je vous demande d’utiliser votre office et votre influence pour faire en sorte que cela soit fait, ici en Irlande et dans le monde (…) Il ne peut y avoir qu’une tolérance zéro pour ceux qui abusent d’innocents enfants ou qui permettent cet abus. Nous devons maintenant faire en sorte que les mots soient suivis d’actions. »
Le mauvais vouloir de la curie romaine
En lui répondant, pour son premier discours dans le pays, le pape François est revenu sur la responsabilité de l’institution qu’il dirige dans ces tragédies. « L’échec des autorités ecclésiastiques – évêques, supérieurs religieux, prêtres et autres – pour affronter de manière adéquate ces crimes ignobles a justement suscité l’indignation et reste une cause de souffrance et de honte pour la communauté catholique. Moi-même, je partage ces sentiments », a-t-il dit.
Comme l’avait annoncé le Vatican, le pape a rencontré, à l’abri des caméras, des victimes de ces violences sexuelles et autres. Parmi elles figurait Marie Collins, qui venait de juger « décevant » le discours du pape devant les autorités. Cette Irlandaise, agressée par un prêtre lorsqu’elle avait 13 ans, a démissionné de la commission pontificale pour la protection des mineurs en 2017 pour protester contre ce qu’elle considérait comme le mauvais vouloir de la curie romaine pour mettre en œuvre les réformes proposées par la commission. Depuis, elle ne cesse de presser François d’agir, notamment en mettant en place de nouveaux mécanismes pour juger les évêques et tous ceux qui auraient couvert des prêtres pédophiles.

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La veille de cette rencontre, lors d’une conférence sur les abus organisée dans le cadre de la Rencontre mondiale des familles, Marie Collins avait demandé que non seulement les évêques, mais aussi les responsables du Vatican, soient tenus de rendre des comptes sur la manière dont ils ont pu traiter les affaires de violences sexuelles venues à leur connaissance. Elle s’était interrogée à nouveau sur les raisons qui ont conduit le pape à ne pas créer le tribunal spécial destiné à juger les évêques, proposé par la commission dont elle était membre.
Initialement attendu à Dublin, le président de cette commission, le cardinal Sean O’Malley, a annulé sa participation à cette réunion en raison d’une « urgence pastorale » qui le retenait aux Etats-Unis dans son diocèse de Boston. Il a en effet lancé une enquête dans son séminaire diocésain après des accusations d’inconduites sexuelles. « Tous les efforts d’évangélisation et autres grandes missions dépendront de notre capacité à reconnaître nos crimes et manquements et à faire de la protection des enfants et des personnes vulnérables notre priorité numéro un », a-t-il déclaré dans un message lu vendredi.



                            


                        

                        


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Compte rendu

L’« Aquarius » bloqué durant une semaine au large de la Tunisie

Le navire humanitaire a repris la mer, samedi, vers Marseille à l’issue d’une semaine de blocage au large de Bizerte, où il avait été immobilisé après le sauvetage de cinq migrants tunisiens en détresse.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 25.08.2018 à 13h28

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        Mis à jour le 26.08.2018 à 13h29






    
A bord de l’« Aquarius », le 15 août à La Valette.
Crédits : GUGLIELMO MANGIAPANE / REUTERS


C’est une grande première qui vient de se produire au large du littoral tunisien. Le navire humanitaire Aquarius s’est trouvé bloqué sept jours durant à 45 miles nautiques au nord-est de Bizerte, cité portuaire de la côte septentrionale de la Tunisie, après avoir récupéré à son bord cinq migrants tunisiens qui prétendaient fuir leur pays pour des raisons politiques. L’impasse a finalement été surmontée, samedi 25 août, avec la restitution des cinq Tunisiens aux autorités de leur pays.
L’Aquarius, navire affrété par SOS Méditerranée en partenariat avec Médecins sans frontières (MSF), a quitté au petit matin sa position dans les eaux internationales où il était immobilisé depuis le 17 août pour se rapprocher de Bizerte où un bâtiment de la marine tunisienne est venu à sa rencontre. Selon une source de MSF, l’Aquarius n’a accepté ce transfert qu’avec l’accord des cinq Tunisiens qui, après avoir refusé tout retour au pays, ont fini par s’y résigner. Selon une source officielle tunisienne, ils feront l’objet d’une amende, mais ils ne seront pas inquiétés au plan judiciaire.
Ce type de situation est inédit pour l’Aquarius, dont les activités de secours se focalisaient jusqu’alors exclusivement au large des côtes libyennes. Le sauvetage du 17 août d’un canot pneumatique à bord duquel avaient embarqué les cinq Tunisiens relevait d’un concours de circonstances plutôt exceptionnel.
« Nous ne pouvons les ramener en Tunisie contre leur gré. Cela représenterait une violation du droit international », explique une source de MSF
L’Aquarius avait quitté le même jour Malte, où il avait débarqué 141 migrants en provenance de Libye, et se dirigeait vers Marseille pour une escale technique. Alors que le navire de secours se trouvait au large de Bizerte, l’équipage a pris connaissance d’une communication radio faisant état d’un canot pneumatique en situation de détresse. L’Aquarius a, dès lors, fait mouvement vers l’esquif en perdition, pourvu de seules rames en plastique et dont les cinq occupants étaient démunis de gilet de sauvetage.
Une fois transférés à bord de l’Aquarius, ces derniers ont fait état de leur volonté de demander l’asile politique et menacé de se « blesser eux-mêmes » – selon le journal de bord de l’Aquarius publié en ligne –, s’ils devaient être restitués aux autorités de leur pays. Dans ces conditions, les équipes de SOS Méditerranée et de MSF ont décidé de les garder à bord en attendant de clarifier leur situation et de trouver un éventuel port de débarquement hors de Tunisie.
L’impasse s’est prolongée, car ni la France ni l’Italie, pays sollicités par l’Aquarius, n’ont accepté de les accueillir. L’avis du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies qui, après s’être entretenu par Skype avec les Tunisiens, a établi que leur profil ne correspondait pas à celui de demandeurs d’asile, n’a fait que conforter un tel refus.
Difficultés économiques et sociales en Tunisie
L’équipage de l’Aquarius était toutefois hostile à toute idée de les restituer aux autorités de Tunis en raison de l’opposition des intéressés. « Nous ne pouvons les ramener en Tunisie contre leur gré, expliquait une source de MSF. Cela représenterait une violation du droit international sur les réfugiés. Ce serait un refoulement. » Il a fallu attendre le changement d’attitude des cinq rescapés, qui ont, finalement, accepté de retourner à terre, pour dénouer l’imbroglio.
Ce type d’incident est révélateur du nouveau contexte migratoire autour de la Tunisie. Le petit pays d’Afrique du Nord, confronté à d’épineuses difficultés économiques et sociales, est le théâtre d’une reprise spectaculaire des départs illégaux vers l’Italie. Selon les chiffres officiels italiens, le nombre de Tunisiens arrivés illégalement en 2017 dans la péninsule a atteint 6 150 personnes, soit 7,5 fois plus qu’en 2016. La tendance s’est maintenue en 2018 avec le chiffre de 3 221 au 31 juillet.
Les Tunisiens sont aujourd’hui la première nationalité à débarquer en Italie – devant les Erythréens et les Soudanais –, alors qu’ils étaient au huitième rang en 2017. Des Africains subsahariens, en nombre certes moindre, prennent également la mer à partir des côtes tunisiennes.
Cette nouvelle vague migratoire s’accompagne de nombreux drames. Le 17 août, huit migrants ont péri au large de Sfax. Les occupants de l’embarcation clandestine avaient mis le feu à celle-ci avant de se jeter à l’eau, afin d’échapper à leur interpellation par les gardes-côtes tunisiens. Le 2 juin, au moins une cinquantaine de migrants avaient également perdu la vie lors du naufrage de leur chalutier au large des îles Kerkennah dans la région de Sfax, la principale base de départs vers l’île italienne de Lampedusa.

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                « L’“Aquarius” est le symbole du naufrage de l’Europe politique »





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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Editorial du « Monde ». Une vidéo diffusée par Moscou glorifie son intervention militaire. Une manière de réaffirmer la puissance de la Russie et de soutenir ses exportations d’armement.
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Autosatisfaction russe en Syrie

Editorial du « Monde ». Une vidéo diffusée par Moscou glorifie son intervention militaire. Une manière de réaffirmer la puissance de la Russie et de soutenir ses exportations d’armement.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 16h51
   





                        



   


Editorial. A l’approche du troisième anniversaire de l’intervention de la Russie en Syrie, le 30 septembre 2015, le ministère russe de la défense a diffusé le 22 août, sous forme de vidéo, un rutilant bilan chiffré de ses opérations à l’appui du régime de Damas, qui illustre l’ampleur du déploiement et des ambitions de Moscou.
Cet exercice d’autosatisfaction de dix minutes est d’une remarquable précision en termes de statistiques – excepté quelques données cruciales qui font malheureusement défaut. On apprend ainsi qu’en trois ans 63 012 militaires russes, dont pas moins de 434 généraux, ont bénéficié d’une « expérience de combat » en Syrie. L’aviation y a effectué 39 000 sorties, qui se sont traduites par la mort de quelque 86 000 « combattants » au cours de frappes aériennes ; 189 bâtiments navals ont été engagés, dont le porte-avions Amiral-Kouznetsov. La base russe de Hmeimim a été développée et renforcée, de même que le port de Tartous. Peut-être plus important encore pour l’industrie de l’armement russe, 231 types d’armes ou d’équipements de défense y ont été testés, dont des avions, des systèmes sol-air et des missiles de croisière.

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                Moscou a envoyé plus de 63 000 soldats pour défendre le régime de Bachar Al-Assad



Lorsque Moscou a lancé son intervention en Syrie, affirme la vidéo, la progression des « terroristes » depuis le début de la guerre, en 2011, était telle que 8 % du territoire seulement était encore sous le contrôle du gouvernement de Bachar Al-Assad. Aujourd’hui, grâce à l’appui de la Russie et de l’Iran, le rapport est inversé ; selon Moscou, le régime contrôle à nouveau 96,5 % du territoire syrien.
Une gigantesque vitrine pour les armes russes
Malgré quelques images montrant la distribution d’aide humanitaire à des populations reconnaissantes, aucun chiffre n’est avancé sur les victimes civiles du conflit – le nombre de morts est généralement évalué à plus de 300 000 –, ni sur les millions de réfugiés et de personnes déplacées. Les pertes russes sont également passées sous silence, de même que la présence des « mercenaires », les personnels de compagnies de sécurité privées dont certains médias russes ont révélé l’existence.
Que dit donc cette vidéo ? Elle glorifie, d’abord, le retour de la Russie comme puissance militaire au Proche-Orient. C’était l’un des objectifs de Vladimir Poutine : rétablir le rôle qu’avait occupé la défunte URSS dans la région et y replacer la Russie parmi les acteurs majeurs. Elle illustre, ensuite, à quel point l’intervention en Syrie a été bénéfique à l’armée russe en termes d’expérience de combat et à l’industrie d’armement, deux secteurs que le président Poutine a promus et modernisés. Cette opération est, aussi, une gigantesque vitrine pour les exportations d’armes russes. Ce n’est pas tout à fait un hasard si, depuis son retour au Proche-Orient, la Russie progresse aussi en Afrique : elle vient de conclure, notamment, des contrats de défense avec la République centrafricaine et le Burkina Faso.
Reste la question de la suite de cette brillante opération. Par deux fois au moins, M. Poutine a annoncé un retrait de ses troupes de Syrie ; la vidéo dément ces propos. Il voudrait à présent que les Européens prennent en charge le coût financier de la reconstruction de la Syrie, qui permettrait, dit-il, un retour des réfugiés. Refusant de reconstruire la Syrie pour Bachar Al-Assad, Paris et Berlin font la sourde oreille et n’accepteront de s’engager sur cette voie que lorsque les conditions d’un dialogue politique sur l’avenir de la Syrie seront réunies. C’est une sage décision.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ L’armée russe a révélé les chiffres de son engagement en Syrie, mais reste discrète sur le détail de son déploiement.
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Moscou a envoyé plus de 63 000 soldats pour défendre le régime de Bachar Al-Assad

L’armée russe a révélé les chiffres de son engagement en Syrie, mais reste discrète sur le détail de son déploiement.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
26.08.2018 à 06h46
    |

                            Intérim (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Près de trois ans après le début de son intervention militaire en Syrie, le Kremlin intensifie son opération de propagande. Alors qu’avec le soutien de l’armée russe, le régime de Bachar Al-Assad prépare une offensive dans la région d’Idlib (nord-ouest), refuge de civils et de rebelles chassés du reste du pays, Damas et Moscou s’activent ces derniers jours pour au contraire mettre en scène le retour de la stabilité – et celui, pourtant encore très incertain, des réfugiés.
Réconciliation civile et aide humanitaire ont ainsi été au cœur du récent voyage de presse organisé pour des journalistes occidentaux à travers les deux tiers du territoire désormais contrôlé par l’armée syrienne grâce à l’aide russe.

Pour mieux convaincre de ses bons offices en vue de la transition politique, le ministère de la défense russe vient aussi de faire preuve de transparence. Dans une vidéo inédite rendue publique mercredi 22 août, il a révélé le nombre de ses militaires ayant combattu en Syrie depuis le début de son intervention en septembre 2015 : plus de 63 000. Une révélation accompagnée d’images de Syriens en liesse au milieu de distribution d’aides diverses.
Officiellement, 92 soldats russes ont péri en Syrie depuis le début de l’intervention, mais le bilan serait plus élevé
La vidéo de l’état-major russe, diffusée sur YouTube, n’est pas avare de chiffres. Le bilan surprend même par ses précisions. « En Syrie, 63 012 militaires, dont 434 généraux et 25 738 officiers ont connu une expérience de combat », explique le ministère. Le principal bras armé de la Russie a été son aviation. Au cours de 39 000 vols, elle a éliminé « plus de 86 000 rebelles » et détruit 121 466 « cibles terroristes ».
Depuis trois ans, le dispositif aérien a été impressionnant, avec des bombardiers Su-24 et Su-34, des hélicoptères de combat, des bombardiers stratégiques Tu-22 et Tu-160, des avions multirôle Su-30 et des chasseurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Pour Nick Cohen, influent chroniqueur politique britannique, la gauche incarnée par le travailliste Jeremy Corbyn est plutôt une extrême gauche qui veut remettre au goût du jour les idées des années 1970, tout en renonçant aux valeurs universelles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/08/2018
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Nick Cohen : « La gauche de Jeremy Corbyn est un mouvement rétrograde »

Pour Nick Cohen, influent chroniqueur politique britannique, la gauche incarnée par le travailliste Jeremy Corbyn est plutôt une extrême gauche qui veut remettre au goût du jour les idées des années 1970, tout en renonçant aux valeurs universelles.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h30
    |

                            Samuel Fitoussi








                        



                                


                            

Nick Cohen est un intellectuel de centre gauche britannique. Il a publié plusieurs livres tels que What’s Left (Harper Perennial, 2007, non traduit), et écrit pour The Guardian, The Observer et The Spectator.
Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste, est encore la cible d’accusations d’antisémitisme, pour avoir été présent en 2014 à un hommage aux terroristes palestiniens qui ont assassiné des athlètes israéliens en 1972. Que se passe-t-il dans la gauche britannique ?
Après la chute du mur de Berlin, l’extrême gauche britannique, en opposition à l’Occident, a préféré s’allier avec des théocraties religieuses ou des mouvances islamistes plutôt que de se réconcilier avec la démocratie libérale. Et ces alliés, réactionnaires et antisémites, ont déteint sur elle.
Par ailleurs, il peut être dans l’intérêt du Parti travailliste de tolérer l’antisémitisme. Viktor Orban peut stigmatiser les « musulmans » pour attirer des électeurs, car il n’y a presque pas de musulmans en Hongrie. De même, Corbyn n’a pas besoin du vote de la communauté juive britannique, peu nombreuse. En tout cas, ses supporteurs ne semblent pas gênés par les accusations d’antisémitisme.
Corbyn vous rétorquerait qu’il est antisioniste, pas antisémite.
Je suis le premier à soutenir la cause palestinienne et on peut bien sûr critiquer la politique du gouvernement israélien sans être antisémite. Mais il faut réfléchir à ce que veut dire « antisioniste ». Au sens littéral, cela signifie vouloir, d’une manière ou d’une autre, la fin du seul Etat juif au monde. Pourquoi voudrions-nous cela ? Par ailleurs, tout le monde sait que le mot « sioniste » est abondamment utilisé pour ressasser les vieux éléments de langage antidreyfusards sans avoir à prononcer le mot « juif ».
Hormis cet antisémitisme que vous dénoncez, quel est votre problème avec la gauche de Corbyn ?
C’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La population de ce félin est passée de 94 individus à près de 600 ans en dix-sept ans, grâce à un plan de préservation.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/08/2018
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Le lynx d’Espagne n’est plus menacé de disparition

La population de ce félin est passée de 94 individus à près de 600 ans en dix-sept ans, grâce à un plan de préservation.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 09h51
    |

            Isabelle Piquer (envoyée speciale, Andujar (Andalousie)








                        



                                


                            

Miguel Angel Simon vient d’apprendre la nouvelle : un lynx s’est fait écraser, tôt ce matin d’août, près de la petite municipalité de Vilches, à l’est de Cordoue. C’est le vingt et unième lynx d’Espagne (ou lynx pardelle) qui meurt cette année sur les routes d’Andalousie. « C’était une femelle, souligne, contrarié, M. Simon, responsable du programme de conservation Iberlince. Ces incidents sont toujours graves mais ils ne sont plus aussi dramatiques qu’il y a quelques années, lorsque l’on frôlait la mort de l’espèce. » 
En 2002, le lynx d’Espagne était considéré comme le félin le plus menacé au monde. Il n’en restait que 94 dans toute la péninsule ibérique, vivant dans les parcs naturels de Doñana, dans l’estuaire du Guadalquivir, et de la Sierra d’Andujar, dans le nord de l’Andalousie.
Il figure toujours sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, mais le lynx ibérique n’est plus menacé de disparition grâce à Iberlince, un vaste programme de reproduction et de relocalisation. Son dernier comptage recensait, fin 2017, 589 félins, dont 448 en Andalousie. Fin juillet, le ministère de la transition écologique annonçait que 39 petits lynx nés en captivité avaient passé le cap du sevrage, soit un taux de survie de 84 %. Un record.
Qu’est-ce qui a fait le succès d’Iberlince ? « Une approche très pragmatique qui a fait évoluer nos objectifs en fonction des résultats, et une petite équipe très motivée qui a su convaincre les partenaires locaux de s’engager », résume M. Simon, qui s’occupe du programme depuis sa création en 2002. Si dans un premier temps il a fallu « éviter la catastrophe », il s’agit aujourd’hui de réintroduire progressivement le lynx dans d’autres régions, notamment en Estrémadure, Castille-La Manche et en Algarve, au Portugal.
Beaucoup de lapins
Iberlince est financé à 60 % par le programme Life, l’instrument financier de la Commission européenne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Alors qu’un nouveau scandale frappe l’Eglise, le pape arrive samedi pour deux jours dans un pays qui a connu une profonde et rapide mutation.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a rencontré à Kiev le président ukrainien, Petro Porochenko. Ils se sont entretenus de l’élection présidentielle prévue en 2019.
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Les Etats-Unis se disent prêts à contrer une « ingérence » russe en Ukraine

Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a rencontré à Kiev le président ukrainien, Petro Porochenko. Ils se sont entretenus de l’élection présidentielle prévue en 2019.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 19h18
   





                        



   


Les Etats-Unis sont prêts à aider l’Ukraine à contrer une « ingérence » de la Russie dans son élection présidentielle prévue en 2019, a affirmé vendredi 24 août le conseiller à la sécurité nationale américain, John Bolton, en visite à Kiev.
« Le président [ukrainien] Petro Porochenko et moi sommes convenus que nous examinerons des mesures pouvant être adoptées par les Etats-Unis et l’Ukraine » pour contrer une éventuelle ingérence russe, a déclaré M. Bolton à l’issue d’une rencontre avec M. Porochenko : « Nous pourrons faire cela par les canaux normaux d’application de la loi ou à travers d’autres mécanismes. »
La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée à l’hiver 2014 de prooccidentaux au pouvoir à Kiev, suivie par l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou et par le déclenchement d’un conflit entre forces de Kiev et séparatistes prorusses dans l’est du pays, qui a fait plus de 10 000 morts.
Ingérence présumée
M. Bolton a fait ces déclarations à l’heure où le président américain lui-même est empêtré dans le « Russiagate » : la Russie est en effet accusée par le renseignement américain d’ingérence lors de l’élection présidentielle de 2016, qui a porté au pouvoir Donald Trump.
Cette ingérence supposée fait l’objet d’une enquête aux Etats-Unis, enquête dénoncée par M. Trump comme une « chasse aux sorcières ».

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John Bolton avait déjà déclaré jeudi, à l’issue d’une rencontre à Genève avec Nikolaï Patrouchev, secrétaire général du Conseil de sécurité russe, que les Etats-Unis ne toléreraient aucune « ingérence » lors des élections américaines de mi-mandat, en novembre. Les autorités russes ont de leur côté toujours rejeté ces accusations.
Projet de gazoduc
M. Bolton a également profité de son séjour à Kiev pour critiquer le projet Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne, projet de gazoduc contournant l’Ukraine, régulièrement fustigé par le président Trump.
« Pourquoi l’Europe se rend-elle encore plus dépendante aux ressources énergétiques russes ?, a demandé le conseiller à la sécurité nationale américain. Il ne s’agit pas seulement de l’importance économique de la forte dépendance de la Russie pour l’approvisionnement en gaz naturel, mais aussi de son importance stratégique. »
Le groupe gazier russe Gazprom espère mettre en service Nord Stream 2 d’ici à la fin de 2019.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ EN UN GRAPHIQUE – La France figure parmi les pays où l’on boit le plus. Une étude rappelle que cette consommation est nocive dès le premier verre.
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Quels alcools préfèrent boire les Européens ?

EN UN GRAPHIQUE – La France figure parmi les pays où l’on boit le plus. Une étude rappelle que cette consommation est nocive dès le premier verre.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 22h04
    |

                            Thibaut Faussabry








                        


Boire de l’alcool quotidiennement, même en petite quantité n’est pas sans risque pour la santé. C’est une des principales conclusions d’une étude parue vendredi 24 août dans le magazine scientifique The Lancet. L’étude, qui a évalué les niveaux de consommation d’alcool et leurs effets sur la santé dans 195 pays entre 1990 et 2016, estime à 2,4 milliards le nombre de buveurs d’alcool dans le monde.

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                Non, la consommation d’alcool ne vous permettra pas de vivre plus vieux



Selon cette étude, l’alcool est surtout associé à 2,8 millions de morts dans le monde et constituait la première cause de décès des 15-49 ans en 2016. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Europe est « le continent où le niveau de consommation d’alcool par habitant est le plus haut dans le monde », avec en moyenne un peu plus de 9 litres d’alcool consommés en 2016. Un chiffre toutefois en baisse par rapport à l’année 2012 (10,7 litres).


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En 2016, chaque habitant en France a consommé en moyenne 11,7 litres d'alcool pur
Répartition par pays européen de la consommation moyenne d'alcool pur par habitant de plus de 15 ans en 2016. Les données pour la Belgique, la Hongrie, les Pays-Bas et la Roumanie concernent l'année 2015. 

Source : ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE



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Les pays de l’est du continent portent la consommation d’alcool en Europe, notamment l’Estonie, la République tchèque et la Lituanie, dont les habitants ont été les plus gros consommateurs d’alcool en moyenne en 2016. Ce trio est talonné par la France, dont les citoyens sont par ailleurs les principaux consommateurs de vin en Europe avec 7 litres en moyenne par habitant en 2016.
Sept, c’est également le nombre de litres de bière consommés en moyenne par les Tchèques, ce qui en fait les plus grands buveurs de bière en Europe. Les spiritueux (whisky, vodka, rhum, etc.) sont très consommés dans les pays baltes, avec près de 8 litres par habitant en Estonie et 5 litres en Lituanie.
Méthodologie
Afin de présenter ces éléments d’analyse, l’OMS a rassemblé des données statistiques provenant des gouvernements de chaque pays, des données des industries nationales de l’alcool et les statistiques internes de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture (FAO). Afin d’évaluer la consommation moyenne d’alcool pur par habitant, l’OMS s’est appuyée sur des équivalences. Ainsi, la bière équivaut-elle à 5 % d’alcool, le vin, à 12 %, et les spiritueux à 40 %.

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                En France, l’alcool et le tabac sont les drogues les plus meurtrières






                            


                        

                        


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Aux Baléares, trafic de grande ampleur de tortues en voie de disparition

Les policiers espagnols ont découvert un important élevage illégal à Majorque et arrêté six personnes.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 17h29
    |

                            Clémence Carayol








                        



   


Dans la lutte contre le trafic d’espèces, il s’agit d’une opération de police de grande envergure à l’échelle européenne. Un important élevage illégal de tortues a été découvert mercredi 22 août sur l’île de Majorque. Trois personnes ont été arrêtées et trois autres placées en détention par la Garde civile. Elles sont accusées de délits à l’encontre de la faune et la flore sauvages, de contrebande d’espèces protégées et de blanchiment d’argent.
Selon l’agence de police criminelle européenne Europol, environ 750 oeufs et 1 100 tortues, dont 200 femelles en gestation, ont été saisis sur l’île des Baléares. L’élevage comprenait majoritairement des spécimens rares, dont 14 des 50 espèces de tortues les plus menacées au monde, en provenance du Canada, Mexique, des Etats-Unis et d’Asie du sud.
Antonio Galilea, en charge de l’antenne espagnole de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), souligne l’importance inédite du site mis en cause. Cette ferme d’un genre très particulier abritait un « très grand nombre d’animaux et d’espèces d’une grande valeur monétaire ». Les trafiquants pouvaient espérer obtenir jusqu’à 600 000 euros de toutes les tortues de mer et de terre secourues le 22 août.
Opération « Coahuila »
Selon l’expert, cet élevage industriel a été créé en 2009 aux Baléares et n’a cessé de croître jusqu’à son démantèlement neuf ans plus tard. C’est ce qu’a révélé l’enquête qui s’est appuyée sur des informations fournies par plusieurs Etats européens, notamment l’Allemagne, la France et l’Italie, dans le cadre des activités d’Europol, en collaboration avec des experts de la Cites. Toute l’affaire a débuté avec l’interception d’une cargaison de tortues à l’aéroport de Majorque, en février 2017, qu’accompagnaient des documents contenant de fausses déclarations.
L’opération « Coahuila », menée par la Garde civile, a permis de saisir de nombreux reptiles d’Amérique et d’Asie. Tortues d’Asie, tortues noires : Europol souligne qu’elles sont respectivement classées vulnérables et à haut risque d’extinction dans leurs pays d’origine, où elles sont pour certaines strictement protégées.
L’élevage illégal de ces animaux « accroît fortement leur risque de mortalité, il n’y a aucun moyen de savoir si leur bien-être est respecté », note David Morgan, au siège de la Cites à Genève, en Suisse. Formel, il appelle « à une plus grande surveillance des élevages existants pour éviter d’autres fraudes de cette ampleur ».
Le trafic qui passait par les Baléares utilisait des passeurs spécialisés dans le transport de reptiles et d’amphibiens. Puis les spécimens étaient acheminés jusqu’à une animalerie de Barcelone, spécialisée dans la faune exotique. Les tortues secourues à Majorque devraient être intégrées dans des programmes de conservation, qui sont pour la plupart assurés par des zoos.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 24/08/2018
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Migrants : l’UE ne propose aucune solution pour les passagers du « Diciotti »

Malgré la menace du gouvernement italien de suspendre sa participation au budget communautaire, aucun accord n’a été trouvé pour les 150 migrants bloqués à Catane.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 09h52
    |

                            Margherita Nasi (Rome, correspondance) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Bruxelles n’a pas cédé devant l’ultimatum formulé par Luigi Di Maio, le chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste) et vice-président du conseil italien : l’Union européenne (UE) n’a pas pris de décision, vendredi 24 août, sur l’accueil des 150 migrants toujours bloqués à bord du Diciotti et, plus généralement, sur la redistribution, en Europe, des candidats à l’asile.
Jeudi, M. Di Maio avait pris le relais du ministre de l’intérieur et dirigeant de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini, en indiquant que, faute d’accord vendredi, son pays pourrait suspendre sa contribution au budget européen dès le début 2019. Soit 20 milliards d’euros, selon M. Di Maio. Aucun pays membre de l’UE n’a, jusqu’alors, refusé d’acquitter sa participation au budget communautaire.
Une réunion de diplomates et d’experts avait été convoquée vendredi, à Bruxelles, par la Commission. Il s’agissait, au départ, de reparler de l’ensemble du dossier migratoire mais difficile, évidemment, de gommer la polémique actuelle avec Rome sur le Diciotti.
Le navire des gardes-côtes italien a secouru, dans la nuit du 15 au 16 août, 190 migrants. Treize d’entre eux ont été débarqués pour des raisons sanitaires à Lampedusa, puis le navire a accosté, le 20 août, à Catane, en Sicile. Depuis, les mineurs ont pu descendre, mais le gouvernement italien exige que les autres rescapés soient envoyés ailleurs en Europe avant de les laisser débarquer.
« Fixer des principes »
« Les menaces ne servent à rien et ne mènent nulle part », a répliqué à M. Di Maio, vendredi midi, un porte-parole de la Commission. « Les commentaires peu constructifs n’aident pas et ne nous rapprochent pas d’une solution », a-t-il insisté. Bruxelles ne manque pas d’ajouter que si elle est désormais un contributeur net au budget européen – elle paie plus qu’elle reçoit en retour –, l’Italie perçoit quand même 10 à 12 milliards par an en moyenne via des fonds structurels, d’investissements, d’aides à la recherche… Au total, elle a aussi reçu 650 millions pour la gestion des migrants arrivés sur son territoire – soit quelque 700 000 personnes depuis 2014.
Selon l’un des participants, les représentants italiens à la discussion de vendredi n’ont pas réitéré la menace de M. Di Maio. « Mais elle planait », indique-t-il. Pas question, en tout cas, pour les autres pays présents (France, Allemagne, Espagne, Autriche, Grèce, Malte et les pays du Benelux) de donner l’impression de céder au chantage, tout en reconnaissant l’urgence d’une solution humanitaire.
« Il s’agissait de tirer les leçons de ce qui s’est déroulé cet été et, surtout, de fixer des principes, des mécanismes durables pour l’accueil des bateaux, la répartition des migrants et le problème de leurs mouvements secondaires », souligne un diplomate. La recherche d’une garantie de solidarité entre les Etats membres, la question de l’aide financière à apporter aux pays d’accueil et celle des lieux de débarquement – en principe, le « port sûr le plus proche » selon le droit maritime international – sont d’autres thèmes de débats qui se poursuivront en septembre.

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                Un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?



Et le Diciotti ? « Pas le sujet du jour », tranche l’un des participants. Il s’agissait pour les pays présents d’obtenir un engagement clair de l’Italie, « une définition de ses principes et une orientation quant à ce qu’elle fera à l’avenir ». « On ne se voit pas avoir une discussion bateau après bateau », insiste une autre source.
La Commission affirme, de son côté, rester en contact avec Rome et d’autres capitales pour régler le sort des occupants du Diciotti. Vendredi, elle devait convenir qu’il restait incertain. En juillet, 450 migrants étaient restés trois jours à bord du même bateau, jusqu’à ce que l’Italie accepte leur débarquement, après avoir obtenu que d’autres pays européens en accueillent une partie.
« Cotiser est un devoir légal »
Dans une interview au Corriere della Sera, M. Salvini a ébauché à sa manière une solution à l’impasse. Elle consisterait en « un bel avion qui arrive d’une des capitales européennes à l’aéroport de Catane. Les Européens peuvent montrer qu’ils ont un grand cœur en embarquant tous les aspirants réfugiés. Nous avons joué notre rôle avec les jeunes », a-t-il déclaré. Annonçant une prochaine rencontre avec le premier ministre hongrois, Viktor Orban, à Milan, il évoquait une modification des traités et des conventions qui régissent l’asile.
Le chef de la Ligue a réagi vendredi soir à la non-décision de Bruxelles en déclarant : « Aujourd’hui, l’UE nous a encore prouvé qu’elle n’est qu’une entité abstraite. » A propos du Diciotti, M. Salvini a lancé : « Nous fournirons toute l’assistance nécessaire à bord du navire. Mais personne ne débarque. Un seul pays ne peut pas gérer tout ce qui se passe. Et un continent comme l’Afrique ne peut pas continuer de se vider. Avec 5 millions d’Italiens en état de pauvreté absolue, dont 1,2 million d’enfants, je pense d’abord aux Italiens. »
Face à son allié, le M5S paraît divisé. Mais M. Di Maio apporte son soutien à M. Salvini : « L’UE a décidé de nous tourner le dos, de se moquer des principes de solidarité et de responsabilité. (…) On ne va plus se laisser marcher dessus. » Et de confirmer sa menace d’un gel de la contribution italienne au budget européen.
Le premier ministre, Giuseppe Conte, évoque « une belle occasion » perdue, selon lui, par l’Europe, qui aurait dû démontrer sa solidarité. Seul le ministre des affaires étrangères, Enzo Moavero, a fait entendre une autre petite musique. « Cotiser [au budget européen] est un devoir légal », a-t-il tenté de rappeler.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Son sable blanc et son eau turquoise qui attirent des milliers de touristes chaque été seraient en fait dus à des décennies de rejets toxiques.
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En Espagne, un décret pour exhumer la dépouille de Franco avant la fin de l’année

Le dictateur repose depuis 1975 dans un mausolée construit par des prisonniers républicains. Sa famille s’oppose à la décision du gouvernement.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 11h34
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



   


Le socialiste Pedro Sanchez l’avait promis en arrivant au pouvoir, début juin. Le premier ministre espagnol a finalement fait ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait osé entreprendre : lancer le processus d’exhumation du dictateur Francisco Franco (1892 -1975) de son mausolée du Valle de los Caidos (« la vallée de ceux qui sont tombés »).
« Nous célébrons les 40 ans de l’Espagne démocratique, d’un ordre constitutionnel stable et mûr (…) et ce n’est pas compatible avec une tombe d’Etat où l’on continue à glorifier la figure de Franco », a expliqué vendredi 24 août la numéro deux de l’exécutif, Carmen Calvo devant la presse. « Nous ne pouvons pas perdre un seul instant, (…) nous avons déjà pris beaucoup de retard », a-t-elle martelé. La Constitution espagnole de 1978 a été votée après trois ans de transition démocratique, au cours de laquelle le Parlement a adopté une amnistie des crimes franquistes.
Le décret qui autorise le transfert de la dépouille du dictateur sera voté au Parlement d’ici un mois. Les socialistes de M. Sanchez y sont très minoritaires (84 députés sur 350) mais ils pourront compter sur l’appui de la gauche radicale de Podemos, des indépendantistes catalans et des nationalistes basques pour obtenir la majorité simple nécessaire. Le Parti populaire (droite), qui a prévu de s’abstenir, a déjà annoncé qu’il déposera un recours devant la Cour constitutionnelle.
Les Espagnols partagés
Où sera transporté Franco ? Probablement au caveau familial de son ancienne résidence du Pardo, où est déjà enterrée sa veuve, Carmen Polo. C’est à la famille, qui s’oppose à l’exhumation, de décider. Sinon, ce sera au gouvernement espagnol de trouver un emplacement « digne et respectueux », a souligné Carmen Calvo.
Les Espagnols sont assez partagés sur le sort de la dépouille du dictateur. D’après un sondage de Sigma Dos, publié le 15 juillet dans le quotidien El Mundo, 40,9 % soutiennent l’exhumation, 38,5 % la critiquent et 20,6 % n’en pensent rien.
Pour Bonifacio Sanchez, porte-parole de l’Association pour la mémoire historique (ARMH) qui s’occupe de chercher les restes des victimes de la guerre civile, la décision du gouvernement espagnol est la bienvenue. « Il est temps de tourner la page » et de transformer le Valle de los Caidos en un « instrument de pédagogie démocratique », dit M.Sanchez, « un peu comme on a fait avec les camps de concentration ».
Complexe monumental, tout en granite, surplombé par une croix de 150 mètres de haut, le mausolée abrite aussi les restes de 27 000 combattants franquistes et d’environ 10 000 opposants républicains. Seuls 21 000 ont été identifiés. En dehors de l’inscription « Morts pour Dieu et pour l’Espagne, 1936-1939 » dans les chapelles extrêmes du transept, aucune plaque n’offre d’informations sur les victimes.

   


Forte hausse du nombre de visites
Situé à 50 kilomètres de Madrid, dans un parage très boisé de la petite municipalité de l’Escurial, le site est en général assez désert. Mais depuis que Franco fait de nouveau la « une » des journaux, de nombreux Espagnols ont décidé d’y faire un tour, par curiosité. Selon le Patrimoine national, l’organisme public qui gère le monument, les visites y ont bondi ces derniers mois : 38 269 en juillet contre 23 135 en juin.
« Pedro Sanchez est devenu la meilleure publicité pour le Valle de los Caidos, souligne avec ironie Alberto Gomez un ingénieur à la retraite. Je suis venu ici enfant mais il n’y avait personne, maintenant j’ai dû faire la queue. Honnêtement je trouve que le gouvernement devrait plutôt s’occuper du chômage et de l’économie. »
Marisa Ferran, institutrice, partage cet avis. Elle n’avait jamais vu cette basilique un peu obscure gardée par quatre gigantesques sculptures d’anges guerriers : « Franco est mort quand j’étais toute petite. Dans ma famille on était contre. Mais sincèrement, je ne vois pas l’intérêt de réveiller les fantômes du passé. »
Le précédent chef de gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero (2004-2011), avait lui aussi essayé de résoudre le problème du Valle de los Caídos. Une commission d’experts avait conclu, en 2011, qu’il valait mieux ne pas toucher au monument « construit dans la souffrance » ni d’essayer « de le remplacer par un autre qui symboliserait l’Etat de droit ». Elle conseillait plutôt d’expliquer en détail les circonstances de sa construction, par des milliers de prisonniers républicains pendant dix-huit ans (1941-1959), dans une Espagne profondément traumatisée par la guerre civile.



                            


                        

                        


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Entretien

Aref Ali Nayed : « La sécurité libyenne est menacée par le Qatar, la Turquie et l’Iran »

Le candidat à l’élection présidentielle en Libye justifie sa proximité avec le maréchal Haftar et l’axe régional Emirats-Egypte-Arabie saoudite.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 24.08.2018 à 12h06

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        Mis à jour le 24.08.2018 à 12h25






    
Aref Ali Nayed, candidat à l’élection présidentielle en Libye.
Crédits : Frédéric Bobin


Aref Ali Nayed, 55 ans, est la première personnalité libyenne à avoir déclaré sa candidature pour l’élection présidentielle annoncée pour le 10 décembre, mais dont la tenue demeure aléatoire. Théologien de formation, patron d’un groupe de médias, cet ancien ambassadeur aux Emirats arabes unis de 2011 à 2016 ne cache pas son hostilité aux Frères musulmans. Dans un entretien au Monde Afrique, il justifie sa proximité avec l’axe régional Emirats-Egypte-Arabie saoudite et, en Libye même, avec le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de la Cyrénaïque (est), dont les inclinations militaristes sont très controversées. M. Nayed affirme inscrire son combat dans une « lutte existentielle » à l’échelle régionale pour « l’âme de l’islam ».

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Vous avez déclaré votre candidature à l’élection présidentielle en Libye, qui pourrait avoir lieu le 10 décembre. Pourquoi ?
Aref Ali Nayed Ghassan Salamé, le chef de la mission des Nations unie pour la Libye, avait annoncé [lors de sa prise de fonctions à l’automne 2017] la perspective d’élections en 2018. Cet engagement a ensuite été consolidé lors d’une réunion, fin mai à Paris, entre les principaux acteurs libyens. Il y a eu un accord pour des élections, présidentielle et législatives, autour du 10 décembre. Je pense qu’il y a une obligation morale à organiser ces élections. La principale pression vient de la population libyenne elle-même, qui est fatiguée des files d’attente devant les banques, les stations d’essence, les coupures d’eau et d’électricité. Il y a une profonde crise de légitimité en Libye. Nous devons en finir avec le statu quo.
Cela est-il techniquement possible ? Il faut au préalable réviser la Constitution…
L’accord de Paris évoque la date du 16 septembre pour établir la « base constitutionnelle » des élections. Le Parlement [basé à Tobrouk] n’a pas été jusqu’à présent en mesure d’adopter la loi relative au référendum sur la nouvelle Constitution. Toutefois, un amendement de 2014 à la Déclaration constitutionnelle provisoire [texte qui fait office de Constitution depuis 2011] peut être activé pour organiser une élection présidentielle. Cela est faisable.
Comment l’organiser dans l’insécurité actuelle ?
Cet argument de l’insécurité est fallacieux. C’est une excuse pour ceux qui veulent le statu quo. La situation sécuritaire aujourd’hui n’est pas pire que lors des élections législatives de 2014. Il y a une architecture sécuritaire connue, qui ne comprend pas plus d’une dizaine de centres de pouvoir. Il serait assez simple de travailler avec l’ONU, l’Union européenne, la Ligue arabe et l’Union africaine pour mettre en place un mécanisme de surveillance. On sait qui contrôle quel territoire.

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                Paris maintient la pression pour des élections en Libye « d’ici la fin de l’année »



Vous avez été ambassadeur aux Emirats arabes unis. Vos principaux adversaires, les Frères musulmans, vous accusent d’être une « marionnette émiratie ». Qu’en est-il ?
Une telle accusation est fausse et ridicule. Ma loyauté va seulement à mon pays, la Libye.
Mais vous êtes proches d’eux…
Il y a un combat à l’échelle régionale entre deux axes où l’alignement est clair. D’un côté, les Saoudiens, les Emiratis et les Egyptiens. De l’autre, le Qatar, l’Iran et la Turquie. Ce n’est pas un secret. A mes yeux, il s’agit d’une lutte pour l’âme de l’islam. Quel islam veut-on ? L’islam traditionnel de l’université d’Al-Azhar au Caire, de la Zitouna à Tunis, des universités marocaines ou de l’ordre soufi des Senoussi en Libye, ou l’islam politisé qui s’apparente à un mouvement fasciste ? Personnellement, je suis engagé auprès du premier type d’islam. Je me suis donc aligné du côté de l’axe qui combat les Frères musulmans et le Groupe islamique combattant libyen [GICL, issu d’Al-Qaïda].
Vous supportez donc l’axe composé des Emirats, de l’Egypte et de l’Arabie saoudite ?
Mon combat est de construire un Etat libéral, tout en respectant les traditions islamiques
Je l’ai publiquement déclaré. Je ne vais pas m’en excuser. Je pense que le Qatar, la Turquie et l’Iran menacent la sécurité nationale libyenne. Il s’agit d’une lutte existentielle à l’échelle de toute la région et, bien sûr, la Libye en est affectée, comme d’autres pays. Pour ce qui me concerne, mon combat est d’essayer de construire un Etat libéral, respectueux des droits de l’homme, des droits de la femme, des droits des minorités, tout en respectant les traditions islamiques et la spiritualité de mon pays.

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Quelle est votre relation avec le maréchal Haftar, le chef de l’Armée nationale libyenne (ANL) ?
Je suis un supporteur de l’ANL en tant qu’institution. Je ne soutiens pas un individu en particulier, mais une institution. J’ai un profond respect pour le maréchal Haftar en raison de son combat contre le terrorisme.
M. Haftar est pourtant critiqué par certaines organisations de défense des droits humains qui dénoncent des exécutions arbitraires commises par certaines unités relevant de l’ANL.
En Libye, de telles violations sont commises dans tous les endroits et par toutes les parties. Les crimes de guerre ou contre l’humanité ne sauraient être tolérés à l’est, comme à l’ouest ou au sud. Personne ne saurait être exempté de poursuites pour violations des droits humains.
Certaines critiques déplorent qu’un régime militaire dirige l’Est libyen, contrôlé par l’ANL. Qu’en pensez-vous ?
En période de guerre, vous devez parfois déclarer un régime militaire dans certains endroits pour une période limitée. Le Parlement avait ainsi nommé le général Abderrazak Al-Nadhouri au titre de dirigeant militaire de l’Est. Il s’agissait d’une mesure d’urgence que le Parlement vient de retirer, il y a deux semaines. Dans les villes, l’armée est en train de transférer son pouvoir à la police. Peut-être que la dureté des circonstances de guerre avait favorisé des tendances militaristes. Mais celles-ci sont en train de reculer.

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Une autre source de préoccupation dans l’Est est l’influence croissante des salafistes de l’école madkhali [du nom du théologien saoudien Rabi’ Al-Madkhali, qui prêche, outre l’application rigoureuse de la charia, la loyauté aux régimes en place]. Nombre d’entre eux combattent aux côtés de l’ANL de Haftar. Sont-ils une menace pour l’Etat libéral que vous appelez de vos vœux ?
Tout groupe religieux armé finit par représenter un danger
Les partisans de cette école salafiste sont très influents dans l’Est, mais ils sont présents partout en Libye. Ils ont participé aux combats contre Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique]. Tant qu’ils luttent contre le terrorisme, ils doivent en être félicités. Mais leur politique consistant à imposer leur version de l’islam aux autres doit être rejetée. Ils ont essayé d’entraver la liberté des autres écoles de l’islam, en particulier la tradition malékite. Ils ont démoli des mausolées, brûlé des livres, tenté de restreindre les mouvements des femmes. Là, je ne suis pas d’accord. Je leur demande d’être assez humbles pour accepter les autres, coexister avec eux. Et je pense que la politique consistant à les utiliser militairement est dangereuse. Tout groupe religieux armé finit par représenter un danger.
Comment voyez-vous vos futures relations avec les Frères musulmans ?
La base du statut d’Etat, c’est la citoyenneté. Pour moi, un citoyen libyen est quelqu’un qui croit dans l’Etat national libyen. Quiconque croit en un mouvement transnational et ne croit pas dans l’Etat national s’exclut de lui-même. Je ne peux pas inclure ceux qui ne s’incluent pas eux-mêmes.
Pensez-vous que les Frères musulmans sont liés à des organisations terroristes ?
La réponse, franche, est : oui. Ceux qui cherchent une connexion entre les Frères musulmans et Al-Qaïda ou Daech trouveront en Libye le meilleur exemple. Quand Daech a commencé à s’implanter à Syrte, les Frères musulmans n’ont cessé de le nier.

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Les Européens semblent divisés dans leur approche du dossier libyen. Il y a notamment la rivalité entre Paris et Rome. Qu’en pensez-vous ?
J’aimerais voir les Européens unifier leur approche de la Libye sous le parapluie des Nations unies.
Quel bilan tirez-vous du gouvernement d’« accord national » de Fayez Al-Sarraj deux ans et demi après son installation à Tripoli ?
Ce gouvernement n’a pas été investi par le Parlement. Sur les neuf membres du Conseil présidentiel dirigé par M. Al-Sarraj, quatre l’ont quitté. Et il n’a pas été en mesure de fournir à la population les services de base : santé, éducation, électricité, paiement des salaires… Je ne vois pas comment un tel gouvernement, fragmenté et localement non reconnu, peut continuer. Ce qu’il y a de triste, c’est qu’il bénéficie de la reconnaissance de la communauté internationale.

