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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Avec « Un monde à portée de main », autour d’une peintre en décor et trompe-l’œil, la romancière signe son grand retour après « Réparer les vivants ». Mise en relief des traits constants de son œuvre.
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Maylis de Kerangal, textures et motifs

Avec « Un monde à portée de main », autour d’une peintre en décor et trompe-l’œil, la romancière signe son grand retour après « Réparer les vivants ». Mise en relief des traits constants de son œuvre.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 13h00
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

C’est la promesse de tous les romans : nous mettre « un monde à portée de main ». Le livre de Maylis de Kerangal portant ce titre n’évoque pas directement la littérature, mais les analogies entre le travail de son héroïne, Paula Karst, peintre en décor ayant appris à reproduire sur une surface textures et motifs, et celui de l’auteure sautent en permanence aux yeux au fil de cet hypnotisant roman sur la fiction et les manières de « braquer le réel ».
Il est né d’une envie qu’avait depuis longtemps l’écrivaine, révélée au grand public par Corniche Kennedy et Naissance d’un pont, puis Réparer les vivants (Verticales, 2008, 2010, 2014), de se pencher sur l’art pariétal et, plus précisément, sur les répliques produites pour permettre de voir les œuvres réalisées par l’homme préhistorique tout en préservant les lieux originels – le dernier chapitre nous entraîne à Lascaux, où Paula doit réaliser un fac-similé. « En avançant, j’ai réalisé que, pour avoir accès à notre histoire, on doit passer par des artefacts, réalisés par des artistes de l’illusion… Cela m’a évidemment fait penser au roman », explique-t-elle quand on la rencontre mi-août à Paris, la parole toujours dense et précise, scandée par le mouvement de ses mains. Art poétique à peine masqué, Un monde à portée de main est une belle occasion de faire avec Maylis de Kerangal, en quatre mots, un petit tour de son monde.
Réparation
Si Maylis de Kerangal a publié deux courts textes depuis (A ce stade de la nuit, Guérin, 2014 ; rééd. Verticales, 2015, et Un chemin de tables, Seuil, 2016), Un monde à portée de main marque son grand retour après Réparer les vivants. Ce livre sur une transplantation cardiaque, adapté au théâtre et au cinéma, a connu un tel succès que son titre s’est vite mué en cliché journalistico-littéraire. Mais cet ouvrage magnifique constituait une bifurcation dans le chemin d’écriture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires d’Isabelle Adjani et de Charlotte Gainsbourg, Marc Beaugé scrute celui de l’ex-chanteur d’Oasis, désormais en solo. On pourra le voir, et l’entendre, au festival Rock en Seine le samedi 25 août.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ La concurrence entre les deux géants du spectacle, AEG et Live Nation, a donné lieu, hier, à une surenchère rap et à une dispersion du public.
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Marathon rap entre La Défense Arena et Rock en Seine

La concurrence entre les deux géants du spectacle, AEG et Live Nation, a donné lieu, hier, à une surenchère rap et à une dispersion du public.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 10h17
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            
Il y avait le désormais célèbre clash de rappeurs, il y a dorénavant celui des festivals. Vendredi 24 août, un peu de moins de 15 000 spectateurs assistaient à la première journée de Rock en Seine, au domaine national de Saint-Cloud, qui avait programmé en tête d’affiche le groupe de rap français PNL. A huit kilomètres de là, ils n’étaient que quelques milliers de plus à combler le vide de la gigantesque salle prévue pour 40 000 personnes de La Défense Arena. Le producteur Live Nation y organisait la première édition de son Paris Summer Jam, avec quatre groupes de hip-hop, dont deux, l’Américain Kendrick Lamar et les Français IAM, avaient respectivement déjà rempli deux AccorHotels Arena, à Paris, en février et mars 2018. PNL avait réalisé la même performance en novembre 2017.
La raison de cette surenchère rapologique de cette fin d’été : la concurrence entre deux géants américains du spectacle, Live Nation et AEG, qui ont fait monter les enchères pour un troisième concert de Kendrick Lamar à Paris. Le tout récent lauréat du prix Pulitzer de la musique était d’abord programmé à Rock en Seine, le 24 août, avec un cachet de 1 million de dollars, mais Live Nation, qui organise ses concerts hexagonaux, a remporté la mise avec une meilleure proposition financière. Et voilà le promoteur obligé de monter un festival autour de cette date avec le groupe de Pharrell Williams, N.E.R.D., et les Marseillais d’IAM pour justifier son choix. Rock en Seine a, lui, misé sur le rap français et ses leaders, PNL, qui donnaient leur seul concert de l’année 2018 avant la sortie d’un probable nouvel album.
Vendredi 24 août, en milieu d’après-midi, tout avait pourtant bien commencé au domaine de Saint-Cloud. L’étoile montante du rap français, Josman, réussissait à réchauffer les fans de hip-hop, refroidis par la baisse des températures, avec ses titres comme L’Occasion ou Violet & Vert. A peine le temps de humer l’ambiance très « été indien » du site, il faut...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Michelle Perrot redonne vie à Nohant au XIXe siècle, où l’écrivaine vécut entourée des siens et d’artistes, de Chopin à Flaubert… Une fête !
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Histoire littéraire. Quand George Sand faisait communauté

Michelle Perrot redonne vie à Nohant au XIXe siècle, où l’écrivaine vécut entourée des siens et d’artistes, de Chopin à Flaubert… Une fête !



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 09h00
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
George Sand à Nohant, de Michelle Perrot, Seuil, « La librairie du XXIe siècle », 464 p., 24 €.

Comment se construit une maison ? Croire qu’il suffit de murs, portes et fenêtres, c’est rester très bas de plafond. Car ce sont aussi quantité d’histoires et de mots, intriqués aux éléments physiques, qui font exister n’importe quel foyer. Récits de sa construction, de ses modifications, de son entretien, évidemment. Mais aussi paroles sans nombre des gens qui y vécurent amours et deuils, drames et rires, inventions et déceptions. Toute maison retient ainsi, tapies dans ses plis, une kyrielle de vies, le plus souvent rendues muettes par l’oubli. Pas toujours, heureusement.
Avec la grande demeure – à ­Nohant, dans le Berry (Indre) – qui abrita les mille vies de l’effervescente George Sand (1804-1876) et des siens, un riche matériau s’offre aux explorations, récits et réflexions de Michelle Perrot. Voilà en effet un lieu d’exception, habité plusieurs décennies de suite, de manière provocante, utopique, déraisonnable et inventive, par une tribu bigarrée. Elle voit coexister génies et paysans, enfants et adultes, hôtes de passage et animaux familiers. L’atmosphère est à la fois bohème et studieuse.
Archives et nostalgie
La maison s’édifie sur des violences – mort du petit frère, mort du père, coups du premier mari… – et sur des éclats de rire, des amants de passage, des amours durables. S’y trament également des constellations de livres, notes de musique, pièces de théâtre, croquis, tableaux… Pareil univers ne pouvait manquer d’attirer une grande historienne, familière de George Sand, de son temps, de ses idées, exercée à scruter histoire de la vie privée, histoire des femmes et Histoire de chambres (Seuil, prix Femina essai 2009). Avec George Sand à Nohant, Michelle Perrot entraîne heureusement le lecteur dans cette propriété bruissante d’archives et de nostalgie.
On...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Les organisateurs redoutent des débordements après des menaces émanant « des chasseurs et des éleveurs ».
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La mairie de Calais annule un festival végan en raison de menaces

Les organisateurs redoutent des débordements après des menaces émanant « des chasseurs et des éleveurs ».



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 08h16
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h13
   





                        


Un festival végan, initialement prévu le 8 septembre, a été annulé, vendredi 25 août, par la mairie de Calais en raison de menaces proférées par « des chasseurs et des éleveurs » et de risque de débordements.
Sur leur page Facebook, les organisateurs déclarent que la maire de Calais, Natacha Bouchart, « a pris cette décision, car des chasseurs et des éleveurs se sont associés pour proférer des menaces très claires à propos de ce qui pouvait se passer si l’événement était maintenu. »

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                Pourquoi faudrait-il être végan ?



Crainte de perturbations de l’ordre public
Selon la mairie, « cette décision est consécutive à des informations annonçant une série d’opérations visant à semer le trouble et à perturber l’ordre public, en marge de l’organisation de ce festival ». « La multiplication de ces informations parvenues ces derniers jours en mairie a fait peser des incertitudes sur les conditions dans lesquelles le festival pourrait se tenir », ajoute-t-elle dans son communiqué.
« Afin de garantir la sécurité publique et de ne pas exposer les visiteurs, partenaires et organisateurs du salon à un risque de débordement, le choix a été fait d’annuler cet événement », explique la mairie, précisant que cette décision n’est pas liée à la nature ni au thème du festival.

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                Quand les consommateurs veulent concilier alimentation et santé



Tensions entre bouchers et végans
Cette décision intervient dans un contexte plus global de tensions avec la filière viande. Les végans ont suscité des crispations auprès des bouchers après une série d’attaques de boucheries en France ces derniers mois. Le président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT), Jean-François Guihard, avait été reçu, le 2 juillet, au ministère de l’intérieur, réclamant « la vigilance, l’arrêt de l’impunité pour que les artisans puissent faire leur métier ». Il s’inquiétait « des conséquences de la surmédiatisation du mode de vie végan », selon une lettre adressée à Beauvau peu avant, et déplorait les « intimidations », dont ont fait l’objet des boucheries-charcuteries.
De leur côté, les militants végans rejettent la violence, dont ils sont accusés. Pour Claire Schweitzer, porte-parole des associations Liberté égalité animale 49 et L214, la violence est d’abord du côté des éleveurs « quand ils cassent du matériel ou déversent du fumier devant la préfecture, comme elle l’affirmait au Monde en juillet. Nous, ce n’est pas le genre d’actions qu’on mène. Nos méthodes sont systématiquement non violentes. » 
Le véganisme est un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation. L’adoption de ce mode de vie découle généralement d’une idéologie qui propose une redéfinition normative de ce que devraient être les relations des humains aux animaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions et de podcasts à savourer en différé.
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Une gigantesque prise d’otages, une icône et un film dérangeant : notre sélection de replays

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions et de podcasts à savourer en différé.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 06h31
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, on peut voir (ou revoir) un documentaire consacré à la plus grande prise d’otages du XXe siècle, revivre le remarquable parcours de Mireille Darc, découvrir un cruel portrait de la société occidentale et écouter un podcast sur la relation qu’entretiennent les écrivains avec le sport.
Mireille Darc, à la vie à la mort 

C’est le portrait aussi stimulant qu’émouvant d’une femme française. L’histoire d’une gamine brune, timide et solitaire élevée dans un milieu plus que modeste à Toulon et qui, très tôt, décide de mener une autre existence. De vivre plus près de la lumière, des planches de théâtre, puis des plateaux de tournage. Quitter la torpeur varoise et les pesanteurs familiales pour Paris et ses opportunités était plus qu’un choix : une nécessité pour éviter de sombrer. Icône capable de se moquer d’elle-même, comédienne, actrice, modèle, photographe, documentariste, bonne copine à l’aise au milieu de machos coriaces ou femme libre jouant de son corps au cœur des années pop. Et même femme au foyer, à une époque où Darc et Delon forment un couple de feu : « J’ai envie de dépendre de lui des pieds à la tête ! », lance-t-elle, comme pour provoquer.
La richesse des archives rassemblées, les extraits de films passés à la postérité et la diversité des témoignages (de son assistante et confidente Véronique de Villèle à Michel Sardou, en passant par Michel Audiard, Alain et Anthony Delon, et le photographe Francis Giacobetti, pour ne citer qu’eux), toutes et tous évoquent la grande blonde avec une admiration non feinte. Après avoir visionné ce documentaire, on comprend mieux pourquoi. Alain Constant 
« Mireille Darc, la femme libre », de Stéphane Benhamou et Sylvain Bergère (France, 2018, 115 min) à revoir sur France 3 Replay.
« The Square » : un triste héros des temps modernes
Quadragénaire de belle prestance, élégant, d’extraction bourgeoise, écologiquement correct, soucieux du bien commun au point de ­toucher à une forme de masochisme ostentatoire, plus discrètement veule dans tous les compartiments de la vie, le spécimen en question se nomme Christian. Il est divorcé avec deux enfants, exerce la profession de conservateur d’un prestigieux musée d’art moderne.
Le film du Suédois Ruben ­Ostlund, à l’humour mordant, dresse le portrait cruel d’une certaine société occidentale. Au programme : l’Homo suedus contemporain, ­incarnation sophistiquée des ­valeurs occidentales, passé au ­crible d’un ­humour ­polaire, ­mordant, sardonique, confinant parfois au déplaisant. On ­retrouve dans The Square (« Le carré ») ce type d’homme que ­Ruben Ostlund, drôle d’oiseau misanthrope paré du plumage de la critique sociétale, aime spécialement martyriser, parmi les autres personnages qu’il n’épargne pas davantage. ­Jacques Mandelbaum 
The Square, de Ruben Ostlund (Suède/Fr., 2017, 145 min) à revoir sur myCanal.
La Mecque, le prédicateur et le GIGN



Postés dans les minarets de la Grande Mosquée de La Mecque, des tireurs embusqués font régner la terreur. A l’aube du 20 novembre 1979, plusieurs centaines de combattants lourdement armés prennent possession du lieu le plus sacré de l’islam, transformant le gigantesque sanctuaire en piège pour des milliers de pèlerins. Les assaillants sont menés par le Saoudien Juhayman Al-Otaibi, prédicateur issu d’une tribu de Bédouins marginalisée, qui a exposé dans un ouvrage les principes de la création d’un véritable Etat islamique en Arabie saoudite. On apprendra plus tard qu’ils exigent l’abdication de la famille royale, l’expulsion de tous les étrangers impies et le retour du pays à un islam pur.
Ce qui fut de fait la plus grande prise d’otages du XXe siècle est donc méticuleusement décortiqué, avec des images d’archives inédites, par Dirk van den Berg, qui a réussi à faire parler face caméra des témoins de premier plan : le fils du général saoudien ayant dirigé l’assaut, l’ex-attaché militaire américain à Djedda, mais aussi d’anciens compagnons de combat de Juhayman et des chercheurs et journalistes réputés. Alain Constant
« Le Siège de La Mecque », de Dirk van den Berg (France, 2015, 55 min) à revoir sur Arte + 7.
L’écriture, un sport comme les autres



L’écrivaine Nathalie Azoulai se demande, dans sa série « L’écriture est un sport comme les autres », diffusée sur France Culture, si la pratique d’un sport peut aider les écrivains à trouver l’inspiration. L’idée, originale, s’inspire de son expérience personnelle. « Je me suis dit que d’autres écrivains pouvaient partager la même expérience et, à partir de là, j’ai construit ma série en me souciant de la variété des pratiques sportives et des profils littéraires », explique l’auteure de Titus n’aimait pas Bérénice, Prix Médicis 2015 – dans un entretien à Télérama.
Dans ce nouvel épisode, Lola Lafon parle de son rapport à la danse, « une affaire de violence, de travail, de souffrance » et à l’écriture : « Je commence par écrire, puis c’est la récompense, ou l’échappatoire. » A retrouver aussi, Sigolène Vinson et le surf ou encore Jean-Christophe Rufin et l’alpinisme, entre autres. Marion Delpech
« L’écriture est un sport comme les autres », de Nathalie Azoulai à réécouter sur France Culture.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Les deux festivals, organisés par des promoteurs ambitionnant de conquérir le marché français, n’ont pas fait le plein vendredi soir.
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Rock en Seine vs. Paris Summer Jam : un choc des titans décevant

Les deux festivals, organisés par des promoteurs ambitionnant de conquérir le marché français, n’ont pas fait le plein vendredi soir.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 03h11
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 11h57
   





                        



   


Un choc des titans décevant. Organisés simultanément à Paris, l’historique festival Rock en Seine, détenu à moitié par le promoteur AEG, et Paris Summer Jam, dernier-né chez Live Nation, étaient loin de faire le plein dans la soirée du vendredi 24 août.
Aucun chiffre sur l’affluence n’a été communiqué par les promoteurs. Mais au parc de Saint-Cloud, où peuvent circuler habituellement jusqu’à 40 000 personnes, on était beaucoup plus proches des 20 000 festivaliers, conformément aux prévisions des organisateurs de Rock en Seine, qui avaient fait le pari de placer le groupe de rap PNL en tête d’affiche française.
A une dizaine de kilomètres de là, à l’U Arena de Nanterre, même constat : il n’y avait pas foule. Le Paris Summer Jam, où se produisait, pourtant, la star américaine Kendrick Lamar, a peiné à remplir à moitié la plus grande salle fermée d’Europe (40 000 places), là où les Rolling Stones ont fait le plein trois soirs d’affilée en 2017.
Court-circuitées
Ni AEG ni Live Nation, qui ambitionnent de conquérir le marché français des festivals, ne pourront se satisfaire de ces faibles affluences. Les deux soirées auraient pu espérer attirer plus de monde si elles avaient été organisées à des dates séparées. En l’état, elles se sont court-circuitées.
Il reste à Rock en Seine deux journées, samedi et dimanche, pour faire le plein de public. Et il sera, désormais, intéressant de voir si Live Nation reconduira l’expérience Paris Summer Jam en 2019.

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                Rock en Seine fait découvrir les punks argentins d’Attaque 77






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Eric Fassin : « L’appropriation culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de domination »

Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 22h52
    |

            Laura Motet








                        



   


Des internautes se sont empoignés sur ces deux mots tout l’été : « appropriation culturelle ». Le concept, né bien avant Twitter, connaît un regain de popularité. Dernièrement, il a été utilisé pour décrire aussi bien le look berbère de Madonna lors des MTV Video Music Awards, la dernière recette de riz jamaïcain du très médiatique chef anglais Jamie Oliver, ou l’absence de comédien autochtone dans la dernière pièce du dramaturge québécois Robert Lepage, Kanata, portant justement sur « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones ».
Qu’ont en commun ces trois exemples ? Retour sur la définition et sur l’histoire de l’« appropriation culturelle » avec Eric Fassin, sociologue au laboratoire d’études de genre et de sexualité de l’université Paris-VIII et coauteur de l’ouvrage De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte).
D’où vient le concept d’« appropriation culturelle » ?
Eric Fassin : L’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « colonialisme culturel ». Au début des années 1990, la critique bell hooks, figure importante du Black feminism, développe par exemple ce concept, qu’elle résume d’une métaphore : « manger l’Autre. » C’est une approche intersectionnelle, qui articule les dimensions raciale et sexuelle interprétées dans le cadre d’une exploitation capitaliste.
Un regard « exotisant »
Cette notion est aussi au cœur de la controverse autour de Paris Is Burning, un film documentaire de 1990 sur la culture des bals travestis à New York. Une autre critique noire, Coco Fusco, reprochait à la réalisatrice Jennie Livingston, une lesbienne blanche, son regard « exotisant » sur ces minorités sexuelles et raciales. Pour elle, il s’agissait d’une forme d’appropriation symbolique mais aussi matérielle, puisque les sujets du film se sont sentis floués, dépossédés de leur image.

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                Au Canada, la notion d’« appropriation culturelle » déchire le monde littéraire



Comment définir ce concept ?
E. F. : Ce qui définit l’appropriation culturelle, comme le montre cet exemple, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de récupération quand la circulation s’inscrit dans un contexte de domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le primitivisme artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.
Ce concept a-t-il été intégré dans le corpus intellectuel de certaines sphères militantes ?
E. F. : Ces références théoriques ne doivent pas le faire oublier : si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles. Beaucoup se transforment en critiques culturels en reprenant à leur compte l’expression « appropriation culturelle ».
En quoi les polémiques nées ces derniers jours relèvent-elles de l’appropriation culturelle ?
E. F. : Ce n’est pas la première fois que Madonna est au cœur d’une telle polémique. En 1990, avec sa chanson Vogue, elle était déjà taxée de récupération : le voguing, musique et danse, participe en effet d’une subculture noire et hispanique de femmes trans et de gays. Non seulement l’artiste en retirait les bénéfices, mais les paroles prétendaient s’abstraire de tout contexte (« peu importe que tu sois blanc ou noir, fille ou garçon »). Aujourd’hui, son look de « reine berbère » est d’autant plus mal passé qu’elle est accusée d’avoir « récupéré » l’hommage à la « reine » noire Aretha Franklin pour parler… de Madonna : il s’agit bien d’appropriation.
La controverse autour de la pièce Kanata, de Robert Lepage, n’est pas la première non plus — et ces répétitions éclairent l’intensité des réactions : son spectacle sur les chants d’esclaves avait également été accusé d’appropriation culturelle, car il faisait la part belle aux interprètes blancs. Aujourd’hui, c’est le même enjeu : alors qu’il propose une « relecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », la distribution oublie les « autochtones » — même quand ils se rappellent au bon souvenir du metteur en scène. C’est encore un choix revendiqué : la culture artistique transcenderait les cultures « ethniques ».

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                Robert Lepage annule « Kanata »



Par comparaison, l’affaire du « riz jamaïcain » commercialisé par Jamie Oliver, chef britannique médiatique, peut paraître mineure ; elle rappelle toutefois comment l’ethnicité peut être utilisée pour « épicer » la consommation. Bien sûr, la nourriture aussi voyage. Reste qu’aujourd’hui cette mondialisation marchande du symbolique devient un enjeu.
Pourquoi ce concept fait-il autant polémique ?
E. F. : En France, on dénonce volontiers le communautarisme… des « autres » : le terme est curieusement réservé aux minorités, comme si le repli sur soi ne pouvait pas concerner la majorité ! C’est nier l’importance des rapports de domination qui sont à l’origine de ce clivage : on parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir. Et c’est particulièrement vrai, justement, dans le domaine culturel.
Songeons aux polémiques sur l’incarnation des minorités au théâtre : faut-il être arabe ou noir pour jouer les Noirs et les Arabes, comme l’exigeait déjà Bernard-Marie Koltès, en opposition à Patrice Chéreau ? Un artiste blanc peut-il donner en spectacle les corps noirs victimes de racisme, comme dans l’affaire « Exhibit B » ? La réponse même est un enjeu de pouvoir.
On parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir
En tout cas, l’esthétique n’est pas extérieure à la politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté ; mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les rapports de pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des femmes et des minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de).
Le monde universitaire n’est pas épargné par ces dilemmes : comment parler des questions minoritaires, quand on occupe (comme moi) une position « majoritaire », sans parler à la place des minorités ? Avec Marta Segarra, nous avons essayé d’y faire face dans un numéro de la revue Sociétés & Représentations sur la (non-)représentation des Roms : comment ne pas redoubler l’exclusion qu’on dénonce ? Dans notre dossier, la juriste rom Anina Ciuciu l’affirme avec force : être parlé, représenté par d’autres ne suffit pas ; il est temps, proclame cette militante, de « nous représenter ». Ce n’est d’ailleurs pas si difficile à comprendre : que dirait-on si les seules représentations de la société française nous venaient d’Hollywood ?

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                Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La manifestation iséroise a connu, jeudi 23 août, une journée placée sous le signe des visions.
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Excursion dans l’au-delà au Festival Berlioz

La manifestation iséroise a connu, jeudi 23 août, une journée placée sous le signe des visions.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 18h23
    |

                            Pierre Gervasoni (La Côte-Saint-André (Isère)








                        



                                


                            

Qui dit Berlioz dit fantastique. Qu’on évoque son œuvre la plus célèbre – la Symphonie fantastique, qui s’achève lors d’« une nuit de sabbat » – ou tant d’autres partitions inspirées par l’amour de l’au-delà, au propre comme au figuré (à l’instar des Nuits d’été où une âme défunte chante sur des vers de Théophile Gautier), le surnaturel est toujours de la partie. Souvent sur fond de religion, comme le laisse entendre avec humour l’exclamation « Sacré Berlioz ! » qui donne le ton de l’édition 2018 du festival consacré au compositeur à La Côte-Saint-André (Isère), où il est né en 1803.
Si la manifestation, qui se déroule jusqu’au 2 septembre, privilégie les grandes fresques berlioziennes en la matière (L’Enfance du Christ, le 25 août, la Messe solennelle, le 28), elle invite aussi à considérer la thématique d’un point de vue plus large, qu’il s’agisse du genre musical (pas forcément religieux) ou des compositeurs (Berlioz et ses contemporains). Il en allait ainsi, le 23 août, avec deux rendez-vous placés sous l’égide de la vision ou de l’hallucination.
D’abord lumineux comme un ­vitrail, le piano de Philippe Bianconi verse dans la sombre frénésie d’un carillon ensorcelé
Donné par le pianiste Philippe Bianconi dans l’église Saint-André, le premier concert ouvrait sur le fantastique allemand par le biais de deux cycles de Robert Schumann à l’origine commune : la production littéraire d’E.T.A. Hoffmann. Les Fantasiestücke font écho à la situation personnelle du jeune compositeur, ballotté entre le doute et l’espoir quant à la possibilité de s’unir à sa bien-aimée. Huit pièces de « fantaisie » (au sens germanique d’« imagination »), autant de scènes où se joue un avenir incertain mais toujours exalté.
D’abord lumineux comme un ­vitrail, le piano de Philippe Bianconi verse dans la sombre frénésie d’un carillon ensorcelé. La troisième étape du périple (Warum ? – « Pourquoi ? ») situe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le poète et romancier, qui a laissé sa trace sur les jeunes romanciers de son pays, est mort à Moscou le 17 août.
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Disparition de l’écrivain russe Vladimir Charov

Le poète et romancier, qui a laissé sa trace sur les jeunes romanciers de son pays, est mort à Moscou le 17 août.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 18h05
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



                                


                            

Poète rare et romancier d’« une rigoureuse extravagance », selon son traducteur Paul Lequesne, l’écrivain et essayiste russe Vladimir Charov est mort à Moscou le 17 août, à l’âge de 66 ans. S’il naît à Moscou le 7 avril 1952 sous le nom de Vladimir Alexandrovitch Charov, son père s’appelle en réalité Chera Izrailevitch Nurenberg mais, journaliste et écrivain juif membre du Bund (union générale des travailleurs juifs), donc menacé par le pouvoir stalinien, il a troqué ce patronyme pour un autre plus slave. Alexandre Charov, donc.
Malgré le contexte, Nurenberg devenu Charov reste attaché à l’idéal révolutionnaire et s’engage dans la grande guerre patriotique en 1941. L’enfant grandit dans l’appartement que son père a aménagé dans une cité d’écrivains et d’artistes d’un quartier nord de Moscou à la fin des années 1950 et où il reçoit nombre de penseurs de retour des camps, point de chute transitoire pour des destins brisés. Son œuvre, composée de contes pour enfants comme pour adultes, fables allégoriques qui inspirèrent des cinéastes, en a fait un recours intellectuel avant que son adresse n’en fasse un havre salutaire.
Par son ton irréel, ses audaces ironiques, la prose d’Alexandre Charov dit autant qu’on peut le faire sous un régime de censure aiguë. Les hôtes restent ainsi des semaines, voire plus… C’est à cette « université parentale » que Vladimir se forme, assistant, discrètement en retrait, à d’interminables conversations nocturnes entre victimes du pouvoir totalitaire qui échangent sur l’art et la littérature, la politique, l’histoire et la spiritualité. Avec son père, dans la pure tradition talmudique, l’enfant converse selon des règles strictes : la journée occupée à préparer les arguments développés en soirée pour convaincre l’autre, jeu de questions et de réponses sans fin. Du reste, dans un de ses romans, encore non traduit, « La résurrection de Lazare » (2002), Vladimir Charov met en scène un homme qui hante le cimetière...




                        

                        


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Franck Venaille, Prix Goncourt de la poésie 2017, est mort

Le poète, écrivain et homme de radio, décédé le 23 août, à l’âge de 81 ans, laisse une œuvre aussi puissante que méconnue du grand public.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 17h43
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 17h52
    |

                            Eric Loret (collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Il disait de cet air ironique et doux qui le caractérisait : « J’ai l’impression que je suis un hérisson de jardin. » Animal discret, souterrain, qui se fait écraser après s’être mis en boule car ses défenses sont dérisoires : « Je trouve que les poètes ne font pas assez attention aux (…) blessures qu’ils s’infligent à eux-mêmes. » Franck Venaille est mort jeudi 23 août, à l’âge de 81 ans, laissant derrière lui une œuvre aussi puissante que méconnue du grand public.
L’incipit de La Bataille des éperons d’or (2014), son avant-dernier recueil paru au Mercure de France, pourrait en indiquer partiellement le programme : « Ma vie nul ne la prend mais c’est moi qui la donne. Chaque jour je parcours des distances infinies qui me font traverser les anciennes frontières. Mon but ? Aller voir comment fonctionne le monde. J’en reviens à chaque fois brisé. L’état de guerre n’en finit pas. »
Fondateur de « Chorus » et « Monsieur Bloom »
On lui avait rendu visite il y a un peu plus d’un an, au sud de Paris, pour l’interroger sur Requiem de guerre et le Goncourt de la poésie qu’il venait de recevoir. Malgré la maladie de Parkinson qui l’empêchait de marcher, et qu’il évoquait sobrement dans ses textes, il avait tenu à grimper un étroit escalier en colimaçon pour nous emmener dans son bureau. Non pas pour exhiber le lieu fétiche de la création ni ses ouvrages, mais simplement pour nous faire voir ses collections de Chorus et Monsieur Bloom, les deux revues qu’il avait fondées, respectivement en 1968 et 1978. « Il faut bien mettre son égo quelque part », aimait à plaisanter ce grand discret.
Monsieur Bloom date de l’époque où Venaille s’était mis à travailler comme producteur pour France Culture, d’abord chez Claude Royet-Journoud dans Poésie ininterrompue puis aux célèbres Nuits magnétiques, dont il produisit une centaine d’émissions, entre autres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Après quatre ans d’une procédure judiciaire engagée par une fan de l’artiste, Sony a reconnu ne posséder aucune preuve de l’authenticité des chansons.
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Trois morceaux d’un album posthume de Michael Jackson sont interprétés par un imposteur

Après quatre ans d’une procédure judiciaire engagée par une fan de l’artiste, Sony a reconnu ne posséder aucune preuve de l’authenticité des chansons.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 22h13
   





                        



   


« Monster », « Breaking News », « Keep Your Head Up » : ces trois morceaux sont attribués à Michael Jackson sur la pochette d’un album posthume de l’artiste américain sorti en 2010 et intitulé Michael, un an après sa mort, à Los Angeles.
« Attribués » seulement, car les trois chansons n’ont pas été interprétées par l’auteur de Thriller, mais par un imitateur, a concédé la maison de disque Sony, le 21 août, après quatre années de procédures judiciaires devant un tribunal de Los Angeles.
Les premiers doutes ont émergé dès 2010 par l’intermédiaire de Vera Serova, une fan de Michael Jackson, persuadée de ne pas le reconnaître dans les mélodies des trois morceaux. Elle a donc lancé en 2014 une procédure judiciaire au civil contre Sony, contre Eddie Cascio — ami et producteur de Michael Jackson — et contre Angelikson, la société de production détenue par son frère. James Porte, qui aurait écrit plusieurs de ces chansons aux origines controversées, figure lui aussi dans la plainte déposée en Californie.
La famille Jackson sceptique
Vera Serova développe ses arguments en produisant un rapport d’expert de quarante et une pages, listant les incohérences entre le style de Michael Jackson et les trois morceaux concernés. Des témoignages de l’équipe de Michael Jackson, qui trouve suspect de ne pas y retrouver les célèbres claquements de doigts de l’artiste, et l’incapacité des mis en cause à apporter des preuves matérielles des enregistrements — comme des prises de voix alternatives — font douter Sony. D’autant que la famille de l’artiste exprime dès le départ, elle aussi, son scepticisme.

        La nécrologie de
         

          Joe Jackson, père de Michael Jackson



Après avoir mené une enquête en interne, la maison de disques a déclaré le 21 août devant la justice ne pas avoir de preuves établissant l’authenticité des morceaux — ses avocats l’avaient laissé entendre lors d’une précédente audience, en décembre 2016. Elle rejette la faute sur les deux producteurs, que le distributeur aurait crus de bonne foi au moment de la livraison de l’album.
Juridiquement, le changement de stratégie de Sony est déterminant pour la suite du procès. Si le groupe arrive à démontrer qu’il ignorait les conditions d’enregistrement des morceaux, impossible de lui reprocher une diffusion et une publicité malhonnêtes du disque. Les charges pèseraient alors sur Eddie Cascio, son frère, ainsi que sur James Porte.
Les groupes de fans, très attentifs au déroulement du procès, demandent de leur côté que le nom de Michael Jackson ne soit plus associé aux morceaux, et que ceux-ci soient retirés de l’album.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le trio, qui fête ses 30 ans d’existence, était en concert sur la Grande Scène du festival, qui dure jusqu’à dimanche.
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Rock en Seine fait découvrir les punks argentins d’Attaque 77

Le trio, qui fête ses 30 ans d’existence, était en concert sur la Grande Scène du festival, qui dure jusqu’à dimanche.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 17h23
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


Formé en 1987, dans le bouillonnement de la scène punk argentine, le groupe Attaque 77, rarement venu en France, était en ouverture, vendredi 24 août, de la première journée du festival Rock en Seine, détenu par Matthieu Pigasse (actionnaire du Monde à titre personnel) au travers de sa structure Les Nouvelles Editions indépendantes et par l’entreprise américaine d’organisation d’événements sportifs et culturels AEG.
Une quinzaine d’albums en studio depuis sa création, d’abord dans l’énergie punk, avec, le temps passant, des incursions vers le ska et la pop, ont assis la réputation du groupe en Amérique du Sud. Dans le public devant la Grande Scène, quelques-uns de leurs compatriotes sont venus les encourager pour cet unique passage en France pour 2018. Longtemps en quartette, Attaque 77 est désormais un trio, avec ses fondateurs, le guitariste et chanteur Mariano Gabriel Martinez, le bassiste et chanteur Luciano Scaglione (c’est lui qui interprète la plupart des chansons, toutes en espagnol) et le batteur Leonardo De Cecco. A plusieurs reprises, Luciano Scaglione rappelle que le groupe est âgé de 30 ans, plutôt fier de cette longévité.

Pulsion rock
En modèle possible, les Américains Ramones, chez lesquels ils trouvent cette même expression d’urgence, dans des thèmes assez courts – Quieres Tu Balar n’atteint pas les deux minutes –, le recours aux bases les plus simples du rock. Lorsqu’une chanson d’amour est annoncée, elle est à peine à un tempo moins rapide que les autres chansons, dont certaines ont des thèmes politiques et sociaux (Pagar o morir, évocation des années de dictature militaire en Argentine ou San Fermin, charge contre la corrida et la souffrance animale). Les non-hispanophones, majoritaires dans le public, reconnaissent des sonorités proches de répression, police, révolution, génération…
En tournée des 30 ans au Chili, en Uruguay et en Argentine durant cet été, Attaque 77 a puisé dans un répertoire assez vaste une vingtaine de chansons (Espadas y Serpientes et Como Salvages, généralement pour débuter, Arrancacorazones et Donde las aguilas se atreven à la fin de cet enthousiasmant concert). A Rock en Seine, en dehors de quelques fans, ce sont des découvertes. Qui emportent l’adhésion du public, certes pas encore très nombreux en ce début d’après-midi, mais déjà tout à son aise avec cette pulsion rock la plus évidente.
Festival Rock en Seine, Domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Jusqu’au dimanche 26 août. Billet journée : 59 €. www.attaque77oficial.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Les artistes prennent le train (6/6). Leur album « Trans-Europe Express » (1977) a nourri la techno et le rap naissant.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ D’un château l’autre (6/6). Les articles de cette série sont extraits de « Crac » de Jean Rolin (P.O.L., janvier 2019). En 1909, T.E. Lawrence, qui n’est pas encore « d’Arabie », entreprend à travers le Moyen-Orient un voyage de près de 1 800 km à la découverte des châteaux forts bâtis par les croisés.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Crimes à pleins tubes (6/6). De nombreuses figures de la musique ont été assassinées en pleine gloire. Chaque meurtre raconte à la fois l’artiste et son époque. A l’été 2013, le funkeiro de  Sao Paulo est visé par un coup de feu pendant un concert. Le Brésil, jusque-là épargné, rejoint la longue liste des pays sud-américains où l’on tue des pop stars pour un rien.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Les tutoriels artistiques (6/6). Sur Internet, marques et professionnels comme le cinéaste Michel Gondry donnent leurs conseils pour les téléphones portables.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤     


                Filmer avec un smartphone


Les tutoriels artistiques (6/6). Sur Internet, marques et professionnels comme le cinéaste Michel Gondry donnent leurs conseils pour les téléphones portables.

LE MONDE
                 |                 24.08.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 17h27
                 |

            Olivier Zilbertin

















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C’est un message publicitaire que l’on a beaucoup vu cet été sur les petits écrans. Insérés entre les matches de la Coupe du monde de football en Russie, des spots d’une quarantaine de secondes invitaient les téléspectateurs à « filmer le foot, pour le sublimer ». « Avec un iPhone X », précisait logiquement la réclame signée Apple.
Filmer avec un téléphone : on sait que l’idée n’est plus aussi saugrenue depuis que nos mobiles sont dotés de solides compétences en matière de vidéo. Les marques communiquent d’ailleurs plus volontiers aujourd’hui sur les qualités des optiques que sur celles des communications… Il faut dire que les smartphones ont un avantage indéniable sur les caméras : ils sont toujours à portée de main, prêts à saisir le moindre événement, d’une simple pression sur un bouton. « Avant, on n’avait pas de proximité avec les outils, rappelle Gérard Krawczyk, le réalisateur entre autres de Taxis 2 et de Fanfan la Tulipe. Il fallait louer une caméra, avoir des accointances dans un labo pour développer, une table de montage, etc. Aujourd’hui tout le monde a cette caméra et peut essayer de faire du cinéma. Mais finalement, c’est comme en littérature : tout le monde a un stylo et un cahier mais tout le monde n’est pas Victor Hugo. » 
Clips des rappeurs Lomepal, Chilla et Reef
Enregistrer une courte séquence prise sur le vif est une chose, faire du cinéma en est une autre. « Ce qui compte plus que tout : le travail et la créativité », insiste le site Lesothers.com, dans son article « Le guide ultime pour réaliser des vidéos de qualité à l’iPhone », tandis que sur le Canal des métiers, une série de tutoriels expliquent quelques règles de base pour réussir simplement son film perso. Vérifier par exemple que l’on dispose de suffisamment d’espace de stockage sur son téléphone, ou effectuer quelques réglages de la mise au point automatique avant la prise de vue. Et surtout :...


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Olivier Zilbertin
    













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Alex Lutz : « Guy, c’est moi dans trente ans »


                      Dans « Guy », son deuxième film en tant que réalisateur, l’humoriste incarne un vieux crooneur incapable de décrocher. Un double qui lui permet de conjurer le temps qui passe.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h08
    |

                            Pascale Nivelle








                              

                        

Avis à ceux qui iront voir Guy, le deuxième film réalisé par Alex Lutz : le risque de sortir avec une scie en tête est élevé. Les paroles (« Dadoudidoudida, Dadoudidoudida, notre chanson d’autrefois ») s’envolent, mais la musique est un authentique tube en plomb, fabriqué sur mesure pour le héros, un vieux crooneur qui mourra en chantant son disque d’or des seventies. Guy Jamet a la mâchoire qui tombe et une hanche en plastique. Accroché à son Scopitone et à ses derniers cheveux blancs, il continue de faire chavirer ses fans dans les maisons de retraite, passe chez Drucker et réenregistre son tube pour la millième fois avec Julien Clerc (dans son propre rôle) au piano.
Guy, « c’est le portrait d’Alex, à la fois tout ce qu’il aime et tout ce qu’il déteste. » Le producteur Oury Milshtein
Derrière le cliché à haut danger pathétique de Guy, il y a Alex Lutz, 40 ans, interprète de son propre film, et méconnaissable après cinq heures de maquillage. Egalement scénariste et chanteur, il s’est projeté dans le temps. « Guy, c’est moi dans trente ans, un mec qui ne renoncera jamais. » Humoriste, Lutz connaît la route, les salles des fêtes et les hôtels avec de la moquette sur les murs. Quand son one-man-show atterrit à La Teste-de-Buch (Gironde), ses affiches recouvrent celles de Patrick Juvet ou de Michèle Torr, passés par là peu avant. Ces « vieux lions qui ne lâchent rien » ont inspiré son personnage, au point qu’il s’est identifié à lui dans une « mise en abyme » casse-gueule mais très réussie.

Certains jours, sur le tournage de Guy, le producteur Oury Milshtein a éprouvé un sentiment de vertige. La transformation était telle qu’il avait oublié Lutz et croyait s’adresser à Guy Jamet : « C’est le portrait d’Alex, à la fois tout ce qu’il aime et tout ce qu’il déteste. » Un artiste shooté à la célébrité : « Guy est conscient que notre métier est truffé de pièges...




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L’âge d’or de la nouvelle cuisine

Le siècle des Lumières fut marqué par une profonde transformation des pratiques alimentaires.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h38
    |

                            Antoine Lilti (Historien)








                        



                                


                            
La mort de Joël Robuchon le 6 août, six mois après celle de Paul Bocuse, autre figure emblématique de la gastronomie française, marque la fin d’une époque. Celle-ci s’ouvrit dans les années 1970 avec la « nouvelle cuisine ». Révolution culinaire, mais aussi opération de marketing, elle inaugurait un âge d’or qui vit l’apparition d’une nouvelle génération de chefs, comme Michel Guérard, Pierre Troisgros ou Bernard ­Loiseau. Admirés pour leur talent, mondialement ­célèbres, ils devinrent aussi des entrepreneurs avisés.
Triomphe en trompe-l’œil
Leur héritage semble aujourd’hui florissant : le succès d’émissions comme « Top chef » fait même de certains cuisiniers de véritables vedettes. Mais ce triomphe est peut-être en trompe-l’œil. La célébrité médiatique affecte leur prestige, tandis que la gastronomie française semble en perte de vitesse. Les meilleurs restaurants du monde, disent les critiques, se trouvent désormais à New York, Copenhague ou Lima. A Paris, Thierry Marx ouvre ces jours-ci un fast-food de luxe.

Sur la nouvelle cuisine, tout a été dit. Et pourtant. Sait-on que l’expression, inventée par les critiques gastronomiques Henri Gault et Christian Millau en 1973, avait déjà été utilisée au XVIIIe siècle ? En 1742 paraissait un livre de recettes dont le titre sonnait comme un manifeste : La Nouvelle Cuisine. Ce n’est pas un hasard, car le siècle des Lumières fut marqué par une profonde transformation des pratiques alimentaires.
La gastronomie française avait déjà acquis une solide réputation dans toute ­l’Europe, fondée sur les fastes de Versailles. Avec la ­Régence, elle connut un nouvel essor. « Un cuisinier est un mortel divin », écrivait Voltaire, qui se plaignit, en ­revanche, des innovations culinaires du milieu du siècle : « J’avoue que mon estomac s’accommode mal de la ­nouvelle cuisine. » Les débats étaient déjà vifs, mêlant questions de goût et recommandations médicales à des considérations...




                        

                        


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Justice sort un album en « vrai faux live »


                      « Woman Worldwide » a été enregistré non pas en concert, mais pendant les répétitions de la tournée du duo électro français, qui sera dimanche 26 août à Rock en Seine.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 12h00
    |

                            Stéphane Davet








   


Peu de groupes électro possèdent l’impact scénique de Justice. En dix ans de carrière, ce duo – formé par les Parisiens Xavier de Rosnay et Gaspard Augé, auteurs de trois albums en studio – avait jusque-là publié deux témoignages de ses performances live. Enregistrés dans la brutalité du moment, ces disques – A Cross The Universe (2008) et Access All Arenas (2013) – témoignaient de l’énergie du groupe et de la frénésie de la foule, sans bien rendre compte de l’impressionnant travail de recréation musicale nécessaire à ces concerts. Fruit de leur récente tournée internationale, Woman Worldwide prend cette fois le parti d’exposer la sophistication du scénario live du tandem en évacuant les sons parasites des vivats et les approximations du direct.
Puzzle sonore
« Ce disque n’a pas été enregistré pendant nos concerts, précise Xavier de Rosnay, mais lors de nos répétitions, juste avant de monter sur scène. Nous avons pris les meilleures séquences de ces sessions pour les remonter et les retravailler en studio, à Paris, en respectant l’ordre dans lequel nous jouons les morceaux pendant les shows. » Pour Gaspard Augé, son complice moustachu, il s’agissait de « présenter une version quasi parfaite de notre performance, avec un confort d’écoute maximal ».

        Lire aussi :
         

                Le duo électro Justice, enfin de retour



Ce principe de live enregistré en studio pourrait camoufler une sorte de best of sans grand intérêt s’il n’offrait à Justice l’occasion de mettre au propre le monumental puzzle sonore réinventé par le groupe avant chaque tournée. Loin d’être un simple défilé de morceaux, un concert des stars du label Ed Banger dessine un vaste remixage, découpant les trames originelles des titres pour les transformer et les imbriquer au rythme d’une histoire haletante, et associant chaque rebondissement sonore à une stimulation visuelle.
« Nous faisons une liste de tous nos morceaux, classés par tonalité, par intensité… Nous déterminons ceux que nous voulons jouer, ceux dont nous ne garderons qu’une citation. » Xavier de Rosnay
Avant de reprendre la route, la méthode reste immuable, même si elle prend de plus en plus de temps. « Dès la fin de Woman [2016], notre dernier album, nous avons commencé à bosser sur le live, se souvient Xavier de Rosnay. Nous faisons d’abord une liste de tous nos morceaux, que nous classons par tonalité, par intensité… Nous déterminons ceux que nous voulons jouer, ceux dont nous ne garderons qu’une petite citation. Nous récupérons ensuite tous les ordinateurs et synthés sur lesquels ont été enregistrés les disques précédents, pour ressortir les éléments recherchés selon chaque morceau. » Certaines formules ont déjà fait leurs preuves, « comme de mettre les voix de We Are Your Friends sur l’orgue de Waters of Nazareth », mais beaucoup d’autres cherchent à créer de nouvelles surprises, dans le but d’attiser le plaisir des spectateurs, « en jouant de leur excitation autant que de leur frustration », s’amuse Gaspard Augé.

Un synopsis sonore finit par voir le jour, qui se double, dans la foulée, d’un scénario visuel, élaboré conjointement avec une fidèle équipe technique, parmi laquelle Vincent Lérisson, aux éclairages, et Malik Malki, en ingénieur du son. Cette théâtralisation de la musique modifie la bande-son jusqu’au premier concert… et bien au-delà. « Woman Worldwide est le résultat de huit mois de préparation avant notre première date, de modifications effectuées au fil d’un an de concerts, puis de quatre mois de mixage en studio », résume Xavier de Rosnay, pour qui ce work in progress se prolongera autant que durera la tournée.
« Woman Worldwide », de Justice (Ed Banger/Because). Concert le 26 août, festival Rock en Seine, domaine national de Saint-Cloud. www.rockenseine.com


