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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Les universités d’été des partis politiques sont-elles sur le déclin ? Rémi Lefebvre, professeur de science politique, assure qu’elles participent d’une forme d’« informatisation » de la vie politique.
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« Les universités d’été sont devenues la caisse de résonnance des conflits internes »

Les universités d’été des partis politiques sont-elles sur le déclin ? Rémi Lefebvre, professeur de science politique, assure qu’elles participent d’une forme d’« informatisation » de la vie politique.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 15h19
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Depuis quelques années, les universités d’été des partis politiques revoient leur organisation à la baisse, quand elles ne disparaissent pas tout simplement. Quand ont-elles été inventées et pour quelles fonctions ?
On doit la première université d’été aux jeunes giscardiens qui organisent en août 1975, à Montpellier, trois semaines de formation de 400 jeunes, en présence de responsables nationaux comme Jean-Pierre Soisson ou Jean-Pierre Raffarin. L’objectif est alors principalement de former les futurs cadres de l’organisation, de leur apprendre à « parler aux Français » et de donner une image d’ouverture et de modernité à des partis déjà discrédités. Les universités d’été vont se généraliser à l’ensemble des partis (le RPR en 1983, le PS en 1993 après la débâcle des élections législatives et une première dynamique de « rénovation », le PCF en 1998…), mais aussi aux organisations (le Medef, La Manif pour tous…).
Avec leurs forums, débats, ateliers en présence d’universitaires, elles sont censées donner à voir le parti comme un intellectuel collectif. Avec le temps, la fonction de formation des militants a laissé peu à peu la place à une fonction de médiatisation et de communication autour de la marque partisane. La vie ­politique se scénarisant autour de séquences, les universités d’été des partis rendent manifeste l’ouverture de la « rentrée politique » avec son cortège de prises de parole et de positions. Cet événementiel partisan constitue une forme de sas entre la trêve estivale et la reprise de la vie politique, marqué par une forme de relâchement (vestimentaire notamment) qui permet une parole plus libre et (faussement) spontanée des dirigeants. Les universités d’été participent à ce titre d’une forme d’« informatisation » de la vie politique.
Pendant une vingtaine d’années, elles ont été un rendez-vous important pour les militants, les cadres et les journalistes. Que venaient chercher les uns et les autres ?
Autour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La revue « Foreign Affairs » analyse comment la République populaire, qui conteste le monopole des géants américains de la Silicon Valley et revendique un autre modèle de gouvernance, pourrait bientôt imposer sa loi.
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La Chine, cyberpuissance du futur  sur le Net ?

La revue « Foreign Affairs » analyse comment la République populaire, qui conteste le monopole des géants américains de la Silicon Valley et revendique un autre modèle de gouvernance, pourrait bientôt imposer sa loi.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 13h24
    |

            François Bougon








                        


Nous sommes en train de vivre la fin de la domination américaine sur le Net, annonce le magazine Foreign Affairs dans son numéro daté septembre-octobre. La revue de référence consacrée aux relations internationales et publiée par le think tank américain Council on Foreign Relations (CFR) analyse en détail la lutte qui se mène actuellement pour l’Internet du futur. C’est en Asie, « que [son] avenir est le plus susceptible d’être écrit », souligne-t-il. Les deux premiers marchés se trouvent en effet sur ce continent : la Chine avec près de 780 millions d’internautes et l’Inde avec plus de 480 millions.
Bien évidemment, c’est aujourd’hui la Chine qui apparaît comme la cyberpuissance capable d’imposer sa loi. Non seulement la deuxième puissance économique mondiale conteste le monopole des géants américains de la Silicon Valley, en favorisant des champions nationaux – comme Baidu, Alibaba et Tencent –, mais elle revendique un autre modèle de gouvernance, moins décentralisé, plus autoritaire, plus impérieux dans sa volonté de contrôler le Net.
Pourtant hors les Etats-Unis et la Chine, d’autres voies sont explorées. En Inde, par exemple, les réseaux sont considérés comme des biens communs, explique l’entrepreneur indien Nandan Nilekani, et la mise en place d’un immense fichier biométrique a permis de lutter contre la corruption. En Europe, la protection des données individuelles a été érigée en priorité politique face à la toute-puissance des Facebook et Google, souligne Helen Dixon, commissaire chargée de la protection des données en Irlande.
Avec une Chine plus puissante cependant, tout laisse penser que « l’Internet sera moins global et moins ouvert. Une grande partie proposera des applications chinoises sur du matériel fabriqué en Chine. Et Pékin récoltera les bénéfices dans les domaines de l’économie, de la diplomatie, de la sécurité nationale et des renseignements, qui autrefois profitaient à Washington », s’inquiète l’expert américain en cybersécurité Adam Segal. L’utopie des pionniers, celle du World Wide Web, a laissé la place au « World War Web ».
« Foreign Affairs », septembre/octobre 2018.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial du « Monde ». Une vidéo diffusée par Moscou glorifie son intervention militaire. Une manière de réaffirmer la puissance de la Russie et de soutenir ses exportations d’armement.
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Autosatisfaction russe en Syrie

Editorial du « Monde ». Une vidéo diffusée par Moscou glorifie son intervention militaire. Une manière de réaffirmer la puissance de la Russie et de soutenir ses exportations d’armement.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 13h37
   





                        



   


Editorial. A l’approche du troisième anniversaire de l’intervention de la Russie en Syrie, le 30 septembre 2015, le ministère russe de la défense a diffusé le 22 août, sous forme de vidéo, un rutilant bilan chiffré de ses opérations à l’appui du régime de Damas, qui illustre l’ampleur du déploiement et des ambitions de Moscou.
Cet exercice d’autosatisfaction de dix minutes est d’une remarquable précision en termes de statistiques – excepté quelques données cruciales qui font malheureusement défaut. On apprend ainsi qu’en trois ans 63 012 militaires russes, dont pas moins de 434 généraux, ont bénéficié d’une « expérience de combat » en Syrie. L’aviation y a effectué 39 000 sorties, qui se sont traduites par la mort de quelque 86 000 « combattants » au cours de frappes aériennes ; 189 bâtiments navals ont été engagés, dont le porte-avions Amiral-Kouznetsov. La base russe de Hmeimim a été développée et renforcée, de même que le port de Tartous. Peut-être plus important encore pour l’industrie de l’armement russe, 231 types d’armes ou d’équipements de défense y ont été testés, dont des avions, des systèmes sol-air et des missiles de croisière.

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                Moscou a envoyé plus de 63 000 soldats pour défendre le régime de Bachar Al-Assad



Lorsque Moscou a lancé son intervention en Syrie, affirme la vidéo, la progression des « terroristes » depuis le début de la guerre, en 2011, était telle que 8 % du territoire seulement était encore sous le contrôle du gouvernement de Bachar Al-Assad. Aujourd’hui, grâce à l’appui de la Russie et de l’Iran, le rapport est inversé ; selon Moscou, le régime contrôle à nouveau 96,5 % du territoire syrien.
Une gigantesque vitrine pour les armes russes
Malgré quelques images montrant la distribution d’aide humanitaire à des populations reconnaissantes, aucun chiffre n’est avancé sur les victimes civiles du conflit – le nombre de morts est généralement évalué à plus de 300 000 –, ni sur les millions de réfugiés et de personnes déplacées. Les pertes russes sont également passées sous silence, de même que la présence des « mercenaires », les personnels de compagnies de sécurité privées dont certains médias russes ont révélé l’existence.
Que dit donc cette vidéo ? Elle glorifie, d’abord, le retour de la Russie comme puissance militaire au Proche-Orient. C’était l’un des objectifs de Vladimir Poutine : rétablir le rôle qu’avait occupé la défunte URSS dans la région et y replacer la Russie parmi les acteurs majeurs. Elle illustre, ensuite, à quel point l’intervention en Syrie a été bénéfique à l’armée russe en termes d’expérience de combat et à l’industrie d’armement, deux secteurs que le président Poutine a promus et modernisés. Cette opération est, aussi, une gigantesque vitrine pour les exportations d’armes russes. Ce n’est pas tout à fait un hasard si, depuis son retour au Proche-Orient, la Russie progresse aussi en Afrique : elle vient de conclure, notamment, des contrats de défense avec la République centrafricaine et le Burkina Faso.
Reste la question de la suite de cette brillante opération. Par deux fois au moins, M. Poutine a annoncé un retrait de ses troupes de Syrie ; la vidéo dément ces propos. Il voudrait à présent que les Européens prennent en charge le coût financier de la reconstruction de la Syrie, qui permettrait, dit-il, un retour des réfugiés. Refusant de reconstruire la Syrie pour Bachar Al-Assad, Paris et Berlin font la sourde oreille et n’accepteront de s’engager sur cette voie que lorsque les conditions d’un dialogue politique sur l’avenir de la Syrie seront réunies. C’est une sage décision.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ En trois ans, l’assistante vocale de l’un des géants du Web a été adoptée par 20 millions de foyers américains, avant de conquérir la France, en juin. Outre les menus services qu’elle propose, elle est surtout douée pour s’emparer de nos données personnelles.
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Alexa, la voix d’Amazon

En trois ans, l’assistante vocale de l’un des géants du Web a été adoptée par 20 millions de foyers américains, avant de conquérir la France, en juin. Outre les menus services qu’elle propose, elle est surtout douée pour s’emparer de nos données personnelles.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h24
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Vous m’avez peut-être rencontrée chez des amis, ou du moins avez-vous entendu parler de moi. Mon nom est Alexa. J’ai bientôt 4 ans, je suis polyglotte, et je m’apprête à conquérir la France. Dans la petite tribu des assistants vocaux intelligents à laquelle ­j’appartiens, je suis la plus populaire : aux Etats-Unis, où Amazon – mon « père », géant du Web qui m’a conçue et fait grandir – m’a commercialisée en novembre 2014, j’ai déjà été adoptée par 20 millions de foyers.
Après plusieurs mois de travail acharné pour ­maîtriser votre langue difficile, je suis arrivée en juin dans l’Hexagone. Bien décidée à y ­damer le pion à mon principal concurrent, l’assistant vocal de Google – disponible en France depuis 2017.
Pour converser avec moi, rien de plus facile : il suffit de s’équiper de mon interface, l’enceinte connectée Echo. Inutile de crier pour vous faire entendre, mes sept microphones m’ont donné l’ouïe fine. De même, on me dit assez douée pour comprendre vos paroles. Il est vrai que pour m’entraîner à la langue de Molière, mes concepteurs ont vu large.
Dans tous les centres de tri Amazon de France et de Navarre, ils ont invité leurs employés à me parler, me nourrissant ainsi d’une immense quantité de données et de toutes sortes ­d’accents. Quant à ma voix, certes moins sensuelle que celle que Scarlett Johansson prête à Samantha, l’assistante numérique de Her, le film de Spike Jonze (2014), elle n’en est pas moins fluide et agréable. Enfin, j’ai le sens de l’humour. Un exemple ? Si vous me demandez de produire le son du requin, je vous joue la musique de John Williams dans Les Dents de la mer. Ha ! ha !
Don d’ubiquité
Tout cela est bien beau, mais vous vous ­demandez en quoi diable je pourrais vous être utile… Eh bien, de mille manières. ­Voulez-vous que je lance votre musique préférée ? Connaître la météo du jour, les résultats du dernier match, le programme du ­cinéma de votre quartier ? Souhaitez-vous ­tamiser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Michelle Perrot redonne vie à Nohant au XIXe siècle, où l’écrivaine vécut entourée des siens et d’artistes, de Chopin à Flaubert… Une fête !
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Histoire littéraire. Quand George Sand faisait communauté

Michelle Perrot redonne vie à Nohant au XIXe siècle, où l’écrivaine vécut entourée des siens et d’artistes, de Chopin à Flaubert… Une fête !



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 09h00
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
George Sand à Nohant, de Michelle Perrot, Seuil, « La librairie du XXIe siècle », 464 p., 24 €.

Comment se construit une maison ? Croire qu’il suffit de murs, portes et fenêtres, c’est rester très bas de plafond. Car ce sont aussi quantité d’histoires et de mots, intriqués aux éléments physiques, qui font exister n’importe quel foyer. Récits de sa construction, de ses modifications, de son entretien, évidemment. Mais aussi paroles sans nombre des gens qui y vécurent amours et deuils, drames et rires, inventions et déceptions. Toute maison retient ainsi, tapies dans ses plis, une kyrielle de vies, le plus souvent rendues muettes par l’oubli. Pas toujours, heureusement.
Avec la grande demeure – à ­Nohant, dans le Berry (Indre) – qui abrita les mille vies de l’effervescente George Sand (1804-1876) et des siens, un riche matériau s’offre aux explorations, récits et réflexions de Michelle Perrot. Voilà en effet un lieu d’exception, habité plusieurs décennies de suite, de manière provocante, utopique, déraisonnable et inventive, par une tribu bigarrée. Elle voit coexister génies et paysans, enfants et adultes, hôtes de passage et animaux familiers. L’atmosphère est à la fois bohème et studieuse.
Archives et nostalgie
La maison s’édifie sur des violences – mort du petit frère, mort du père, coups du premier mari… – et sur des éclats de rire, des amants de passage, des amours durables. S’y trament également des constellations de livres, notes de musique, pièces de théâtre, croquis, tableaux… Pareil univers ne pouvait manquer d’attirer une grande historienne, familière de George Sand, de son temps, de ses idées, exercée à scruter histoire de la vie privée, histoire des femmes et Histoire de chambres (Seuil, prix Femina essai 2009). Avec George Sand à Nohant, Michelle Perrot entraîne heureusement le lecteur dans cette propriété bruissante d’archives et de nostalgie.
On...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Les organisateurs redoutent des débordements après des menaces émanant « des chasseurs et des éleveurs ».
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La mairie de Calais annule un festival végan en raison de menaces

Les organisateurs redoutent des débordements après des menaces émanant « des chasseurs et des éleveurs ».



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 08h16
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h13
   





                        


Un festival végan, initialement prévu le 8 septembre, a été annulé, vendredi 25 août, par la mairie de Calais en raison de menaces proférées par « des chasseurs et des éleveurs » et de risque de débordements.
Sur leur page Facebook, les organisateurs déclarent que la maire de Calais, Natacha Bouchart, « a pris cette décision, car des chasseurs et des éleveurs se sont associés pour proférer des menaces très claires à propos de ce qui pouvait se passer si l’événement était maintenu. »

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                Pourquoi faudrait-il être végan ?



Crainte de perturbations de l’ordre public
Selon la mairie, « cette décision est consécutive à des informations annonçant une série d’opérations visant à semer le trouble et à perturber l’ordre public, en marge de l’organisation de ce festival ». « La multiplication de ces informations parvenues ces derniers jours en mairie a fait peser des incertitudes sur les conditions dans lesquelles le festival pourrait se tenir », ajoute-t-elle dans son communiqué.
« Afin de garantir la sécurité publique et de ne pas exposer les visiteurs, partenaires et organisateurs du salon à un risque de débordement, le choix a été fait d’annuler cet événement », explique la mairie, précisant que cette décision n’est pas liée à la nature ni au thème du festival.

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                Quand les consommateurs veulent concilier alimentation et santé



Tensions entre bouchers et végans
Cette décision intervient dans un contexte plus global de tensions avec la filière viande. Les végans ont suscité des crispations auprès des bouchers après une série d’attaques de boucheries en France ces derniers mois. Le président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT), Jean-François Guihard, avait été reçu, le 2 juillet, au ministère de l’intérieur, réclamant « la vigilance, l’arrêt de l’impunité pour que les artisans puissent faire leur métier ». Il s’inquiétait « des conséquences de la surmédiatisation du mode de vie végan », selon une lettre adressée à Beauvau peu avant, et déplorait les « intimidations », dont ont fait l’objet des boucheries-charcuteries.
De leur côté, les militants végans rejettent la violence, dont ils sont accusés. Pour Claire Schweitzer, porte-parole des associations Liberté égalité animale 49 et L214, la violence est d’abord du côté des éleveurs « quand ils cassent du matériel ou déversent du fumier devant la préfecture, comme elle l’affirmait au Monde en juillet. Nous, ce n’est pas le genre d’actions qu’on mène. Nos méthodes sont systématiquement non violentes. » 
Le véganisme est un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation. L’adoption de ce mode de vie découle généralement d’une idéologie qui propose une redéfinition normative de ce que devraient être les relations des humains aux animaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Pour Nick Cohen, influent chroniqueur politique britannique, la gauche incarnée par le travailliste Jeremy Corbyn est plutôt une extrême gauche qui veut remettre au goût du jour les idées des années 1970, tout en renonçant aux valeurs universelles.
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Nick Cohen : « La gauche de Jeremy Corbyn est un mouvement rétrograde »

Pour Nick Cohen, influent chroniqueur politique britannique, la gauche incarnée par le travailliste Jeremy Corbyn est plutôt une extrême gauche qui veut remettre au goût du jour les idées des années 1970, tout en renonçant aux valeurs universelles.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h30
    |

                            Samuel Fitoussi








                        



                                


                            

Nick Cohen est un intellectuel de centre gauche britannique. Il a publié plusieurs livres tels que What’s Left (Harper Perennial, 2007, non traduit), et écrit pour The Guardian, The Observer et The Spectator.
Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste, est encore la cible d’accusations d’antisémitisme, pour avoir été présent en 2014 à un hommage aux terroristes palestiniens qui ont assassiné des athlètes israéliens en 1972. Que se passe-t-il dans la gauche britannique ?
Après la chute du mur de Berlin, l’extrême gauche britannique, en opposition à l’Occident, a préféré s’allier avec des théocraties religieuses ou des mouvances islamistes plutôt que de se réconcilier avec la démocratie libérale. Et ces alliés, réactionnaires et antisémites, ont déteint sur elle.
Par ailleurs, il peut être dans l’intérêt du Parti travailliste de tolérer l’antisémitisme. Viktor Orban peut stigmatiser les « musulmans » pour attirer des électeurs, car il n’y a presque pas de musulmans en Hongrie. De même, Corbyn n’a pas besoin du vote de la communauté juive britannique, peu nombreuse. En tout cas, ses supporteurs ne semblent pas gênés par les accusations d’antisémitisme.
Corbyn vous rétorquerait qu’il est antisioniste, pas antisémite.
Je suis le premier à soutenir la cause palestinienne et on peut bien sûr critiquer la politique du gouvernement israélien sans être antisémite. Mais il faut réfléchir à ce que veut dire « antisioniste ». Au sens littéral, cela signifie vouloir, d’une manière ou d’une autre, la fin du seul Etat juif au monde. Pourquoi voudrions-nous cela ? Par ailleurs, tout le monde sait que le mot « sioniste » est abondamment utilisé pour ressasser les vieux éléments de langage antidreyfusards sans avoir à prononcer le mot « juif ».
Hormis cet antisémitisme que vous dénoncez, quel est votre problème avec la gauche de Corbyn ?
C’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le gouvernement français compromet sa propre stratégie nationale contre l’importation de produits qui concourent à la déforestation, s’indigne Clément Sénéchal, chargé de campagne à Greenpeace France, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     


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Déforestation : « Le gouvernement doit définir des règles et les appliquer fermement »

Le gouvernement français compromet sa propre stratégie nationale contre l’importation de produits qui concourent à la déforestation, s’indigne Clément Sénéchal, chargé de campagne à Greenpeace France, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h43
    |

Clément Sénéchal (Chargé de campagne et porte-parole de Greenpeace France)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a plus d’un an, le 6 juillet 2017, la France se dotait d’un plan Climat avec, parmi ses objectifs, celui de lutter contre la déforestation importée. Ce terme désigne la part des produits que nous importons de différentes régions du monde et qui contribuent à la déforestation dans les pays dont ils proviennent. La déforestation représente entre 12 % et 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (une part proche de celle du secteur des transports). La France est directement concernée, du fait qu’elle importe de nombreuses matières premières et produits transformés associés à la déforestation : bois, huile de palme, soja, cacao, café, caoutchouc…

Avec des mois de retard, une première mouture de la Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI) a enfin été proposée, le 3 juillet, par le gouvernement, et une version finale est attendue pour la rentrée. Malheureusement, en l’état, ce texte condense tous les vices classiques des tentatives écologiques en milieu ultralibéral, pour aboutir in fine à une démission lamentable de la puissance publique.
Un problème global
Pour commencer, la SNDI vise l’horizon 2030. La France s’est pourtant engagée auprès de l’ONU à mettre un terme à la déforestation en 2020 (c’est l’Objectif de développement durable n° 15). Pourquoi, alors, repousser l’échéance ? Cela revient à dissoudre le sens de l’urgence, en repoussant la résolution du problème. C’est aussi se défausser de ses responsabilités : Nicolas Hulot sera-t-il encore ministre dans douze ans, quand il faudra rendre des comptes ?
La stratégie nationale souhaite encourager la « finance verte », mais refuse d’interdire ou même de pénaliser la finance dite « brune », celle qui porte atteinte à l’environnement
Autre exemple : la SNDI ne vise qu’un certain nombre de matières premières et en laisse d’autres de côté, comme… le bois, mais aussi le colza, le café, le coton, le cuir, etc. A quoi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Professeur de français en lycée et rétif à l’envahissement de l’école par le numérique, Loys Bonod estime que le smartphone est tout sauf un outil pédagogique et qu’il convient s’interroger sur la place grandissante qu’il occupe dans la vie des enfants.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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« Préserver les élèves de ces objets qui nous possèdent plus que nous les possédons »

Professeur de français en lycée et rétif à l’envahissement de l’école par le numérique, Loys Bonod estime que le smartphone est tout sauf un outil pédagogique et qu’il convient s’interroger sur la place grandissante qu’il occupe dans la vie des enfants.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h49
    |

Loys Bonod (Professeur de lycée)







                        



                                


                            
Tribune. Ce sont les parents d’élèves qui risquent d’être surpris à la rentrée par ce nouvel exemple du « en même temps » présidentiel. Pour la galerie, le téléphone est désormais interdit à l’école : quel coup de menton face à la modernité ! Mais, dans les faits, le changement risque d’être peu sensible.
D’abord parce que c’est l’utilisation qui est interdite, bien sûr, pas la détention. Ensuite, parce que rien n’est prévu pour appliquer une telle interdiction dans les espaces communs de l’école.
Enfin, et surtout, parce que la nouvelle loi, adoptée le 30 juillet, comme la précédente [datant de juillet 2010], se défausse entièrement sur les établissements. Les collèges interdisaient localement les téléphones portables dans les cours de récréation ? Ils les autoriseront localement, dans la cour de récréation ou ailleurs.
Tout ça pour ça ? Pour qui compare attentivement la nouvelle loi avec l’ancienne, il y a bien un changement majeur. La loi précédente interdisait formellement les téléphones en classe : la nouvelle loi les y autorise, dans le cadre des « usages pédagogiques », et ce même en primaire et en maternelle. Il est vrai que des écoliers viennent de plus en plus nombreux à l’école avec des téléphones portables et que, dans les programmes de 2015, l’utilisation des objets numériques est devenu un attendu en fin de maternelle.
Cette interdiction s’apparente donc plutôt à une autorisation, voire à un encouragement pour les parents à équiper leur adolescent ou leur enfant. Curieux, non ? C’est tout l’art du « en même temps » : une loi en apparence conservatrice, pour ceux qui ne connaissent plus l’école que de loin (faire semblant d’interdire), moderne et innovante en réalité pour les disrupteurs de l’école de demain (autoriser). Seul petit progrès de cette loi : les professeurs ne seront en but à des accusations de « recel » quand ils oseront confisquer le téléphone...




                        

                        


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Eric Fassin : « L’appropriation culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de domination »

Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 22h52
    |

            Laura Motet








                        



   


Des internautes se sont empoignés sur ces deux mots tout l’été : « appropriation culturelle ». Le concept, né bien avant Twitter, connaît un regain de popularité. Dernièrement, il a été utilisé pour décrire aussi bien le look berbère de Madonna lors des MTV Video Music Awards, la dernière recette de riz jamaïcain du très médiatique chef anglais Jamie Oliver, ou l’absence de comédien autochtone dans la dernière pièce du dramaturge québécois Robert Lepage, Kanata, portant justement sur « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones ».
Qu’ont en commun ces trois exemples ? Retour sur la définition et sur l’histoire de l’« appropriation culturelle » avec Eric Fassin, sociologue au laboratoire d’études de genre et de sexualité de l’université Paris-VIII et coauteur de l’ouvrage De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte).
D’où vient le concept d’« appropriation culturelle » ?
Eric Fassin : L’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « colonialisme culturel ». Au début des années 1990, la critique bell hooks, figure importante du Black feminism, développe par exemple ce concept, qu’elle résume d’une métaphore : « manger l’Autre. » C’est une approche intersectionnelle, qui articule les dimensions raciale et sexuelle interprétées dans le cadre d’une exploitation capitaliste.
Un regard « exotisant »
Cette notion est aussi au cœur de la controverse autour de Paris Is Burning, un film documentaire de 1990 sur la culture des bals travestis à New York. Une autre critique noire, Coco Fusco, reprochait à la réalisatrice Jennie Livingston, une lesbienne blanche, son regard « exotisant » sur ces minorités sexuelles et raciales. Pour elle, il s’agissait d’une forme d’appropriation symbolique mais aussi matérielle, puisque les sujets du film se sont sentis floués, dépossédés de leur image.

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                Au Canada, la notion d’« appropriation culturelle » déchire le monde littéraire



Comment définir ce concept ?
E. F. : Ce qui définit l’appropriation culturelle, comme le montre cet exemple, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de récupération quand la circulation s’inscrit dans un contexte de domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le primitivisme artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.
Ce concept a-t-il été intégré dans le corpus intellectuel de certaines sphères militantes ?
E. F. : Ces références théoriques ne doivent pas le faire oublier : si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles. Beaucoup se transforment en critiques culturels en reprenant à leur compte l’expression « appropriation culturelle ».
En quoi les polémiques nées ces derniers jours relèvent-elles de l’appropriation culturelle ?
E. F. : Ce n’est pas la première fois que Madonna est au cœur d’une telle polémique. En 1990, avec sa chanson Vogue, elle était déjà taxée de récupération : le voguing, musique et danse, participe en effet d’une subculture noire et hispanique de femmes trans et de gays. Non seulement l’artiste en retirait les bénéfices, mais les paroles prétendaient s’abstraire de tout contexte (« peu importe que tu sois blanc ou noir, fille ou garçon »). Aujourd’hui, son look de « reine berbère » est d’autant plus mal passé qu’elle est accusée d’avoir « récupéré » l’hommage à la « reine » noire Aretha Franklin pour parler… de Madonna : il s’agit bien d’appropriation.
La controverse autour de la pièce Kanata, de Robert Lepage, n’est pas la première non plus — et ces répétitions éclairent l’intensité des réactions : son spectacle sur les chants d’esclaves avait également été accusé d’appropriation culturelle, car il faisait la part belle aux interprètes blancs. Aujourd’hui, c’est le même enjeu : alors qu’il propose une « relecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », la distribution oublie les « autochtones » — même quand ils se rappellent au bon souvenir du metteur en scène. C’est encore un choix revendiqué : la culture artistique transcenderait les cultures « ethniques ».

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                Robert Lepage annule « Kanata »



Par comparaison, l’affaire du « riz jamaïcain » commercialisé par Jamie Oliver, chef britannique médiatique, peut paraître mineure ; elle rappelle toutefois comment l’ethnicité peut être utilisée pour « épicer » la consommation. Bien sûr, la nourriture aussi voyage. Reste qu’aujourd’hui cette mondialisation marchande du symbolique devient un enjeu.
Pourquoi ce concept fait-il autant polémique ?
E. F. : En France, on dénonce volontiers le communautarisme… des « autres » : le terme est curieusement réservé aux minorités, comme si le repli sur soi ne pouvait pas concerner la majorité ! C’est nier l’importance des rapports de domination qui sont à l’origine de ce clivage : on parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir. Et c’est particulièrement vrai, justement, dans le domaine culturel.
Songeons aux polémiques sur l’incarnation des minorités au théâtre : faut-il être arabe ou noir pour jouer les Noirs et les Arabes, comme l’exigeait déjà Bernard-Marie Koltès, en opposition à Patrice Chéreau ? Un artiste blanc peut-il donner en spectacle les corps noirs victimes de racisme, comme dans l’affaire « Exhibit B » ? La réponse même est un enjeu de pouvoir.
On parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir
En tout cas, l’esthétique n’est pas extérieure à la politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté ; mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les rapports de pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des femmes et des minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de).
Le monde universitaire n’est pas épargné par ces dilemmes : comment parler des questions minoritaires, quand on occupe (comme moi) une position « majoritaire », sans parler à la place des minorités ? Avec Marta Segarra, nous avons essayé d’y faire face dans un numéro de la revue Sociétés & Représentations sur la (non-)représentation des Roms : comment ne pas redoubler l’exclusion qu’on dénonce ? Dans notre dossier, la juriste rom Anina Ciuciu l’affirme avec force : être parlé, représenté par d’autres ne suffit pas ; il est temps, proclame cette militante, de « nous représenter ». Ce n’est d’ailleurs pas si difficile à comprendre : que dirait-on si les seules représentations de la société française nous venaient d’Hollywood ?

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                Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ On le cultive, on le théorise, on en fait un business, des livres, des cours… Il est même le nouveau carburant de la productivité. En société et au travail, le bonheur est devenu une injonction.
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L’« happycratie » ou la dictature du bonheur


                      On le cultive, on le théorise, on en fait un business, des livres, des cours… Il est même le nouveau carburant de la productivité. En société et au travail, le bonheur est devenu une injonction.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h10
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25.08.2018 à 12h16
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                            Nicolas Santolaria








                              

                        

La présence de plus en plus fréquente de crocodiles Haribo sur votre lieu de travail ne doit pas être prise à la légère. Loin de se réduire à un simple élément de décor, ces sauriens multicolores sont la manifestation tangible d’une nouvelle forme de gouvernement des conduites centrée sur les émotions positives. Dans Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies (Premier Parallèle, 260 p., 21 €), le docteur en psychologie Edgar Cabanas et la sociologue Eva Illouz décryptent cette nouvelle obsession venue d’outre-Atlantique qui, selon eux, balafrerait nos existences d’un sourire de plus en plus obligé. « Kratia en grec, c’est le pouvoir. Happycratie, c’est le pouvoir par l’injonction au bonheur », résume Eva Illouz.
Une nouvelle idée fixe
Aujourd’hui, cette invitation est partout, empreinte de la même sollicitude envahissante que celle de l’ami qui a entrepris de vous tirer énergiquement de votre dépression chronique, alors que vous vous en accommodiez fort bien. En 2013, le titre Happy, du chanteur américain Pharrell Williams, véritable hit planétaire, offrait une bande-son survitaminée à cette nouvelle idée fixe. A moi le bonheur ! L’art de rayonner de l’intérieur (Larousse, 283 p., 16,95 €), 50 activités pour un enfant heureux (De Boeck, à paraître en octobre), Le Bonheur sans illusions (Flammarion, 2017), Les tout petits bonheurs (Larousse, 168 p., 15 €), Journal intime d’un touriste du bonheur (La Martinière, 288 p., 16,90 €) : encombrant les présentoirs, les livres de développement personnel, censés nous aider à mieux vivre, sont quant à eux un genre florissant.
Activement investi dans la chasse aux perturbations du mental, l’ancien avocat d’affaires Jonathan Lehmann s’est lui aussi positionné sur ce front incandescent, proposant à ses 177 000 followers Facebook des méditations guidées, « Les Antisèches du bonheur »....




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Une fracture idéologique entre modernistes et islamistes se réveille dans le pays sur un projet qui permettrait d’instaurer l’égalité successorale entre les hommes et les femmes.
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En Tunisie, l’ardente querelle de l’héritage

Une fracture idéologique entre modernistes et islamistes se réveille dans le pays sur un projet qui permettrait d’instaurer l’égalité successorale entre les hommes et les femmes.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h34
    |

            Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)








                        



                                


                            

C’est une grande première dans le monde arabe. » Khadija Cherif exulte. Figure du combat féministe en Tunisie depuis les années 1980, la sociologue aux yeux noisette n’en est pas à sa première manif ni à ses premiers vivats mais, là, ce lundi 13 août, elle jubile sur le pavé de l’avenue Bourguiba au cœur de Tunis.
Autour d’elle, la foule a brandi des pancartes « Mon frère et moi, kif-kif » ou « Stop the war on women » (« Arrêtez la guerre contre les femmes »). Ce 13 août, c’est la Journée des femmes en Tunisie. L’événement a été institué en mémoire de la promulgation, le 13 août 1956, du fameux code du statut personnel – texte pionnier pour les droits des femmes – sous les auspices de Habib Bourguiba, le « père de la nation » qui venait alors d’arracher l’indépendance de son pays à la France.
Avancée sociétale
Mais ce lundi-là n’est pas un 13 août comme les autres. Quelques heures plus tôt, le chef de l’Etat Béji Caïd Essebsi, disciple de Bourguiba, a officialisé son soutien à l’égalité entre les hommes et les femmes dans l’héritage. L’affaire est cruciale sept ans après le « printemps démocratique » de 2011. Elle ouvre un nouveau chantier de la réforme en Tunisie : après la percée politique, l’avancée sociétale. Et elle confirme le statut de ce petit pays d’Afrique du Nord, à la fois héritier de l’épopée de Carthage et du foyer islamique de Kairouan, à l’avant-garde des évolutions de la rive méridionale de la Méditerranée. « Une grande première », assurément.
En vertu du droit successoral actuel, la femme ne reçoit d’un héritage que la moitié de la part de l’homme du même degré de parenté. Cette inégalité, inspirée du verset 11 de la sourate 4 (« Les femmes ») du Coran, est le grand impensé du code du statut personnel de Bourguiba. Ce dernier ne manquait pourtant pas d’audace à l’époque. Atteinte à la tradition, il avait notamment aboli la polygamie, institué le divorce judiciaire – se substituant à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Le siècle des Lumières fut marqué par une profonde transformation des pratiques alimentaires.
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L’âge d’or de la nouvelle cuisine

Le siècle des Lumières fut marqué par une profonde transformation des pratiques alimentaires.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h38
    |

                            Antoine Lilti (Historien)








                        



                                


                            
La mort de Joël Robuchon le 6 août, six mois après celle de Paul Bocuse, autre figure emblématique de la gastronomie française, marque la fin d’une époque. Celle-ci s’ouvrit dans les années 1970 avec la « nouvelle cuisine ». Révolution culinaire, mais aussi opération de marketing, elle inaugurait un âge d’or qui vit l’apparition d’une nouvelle génération de chefs, comme Michel Guérard, Pierre Troisgros ou Bernard ­Loiseau. Admirés pour leur talent, mondialement ­célèbres, ils devinrent aussi des entrepreneurs avisés.
Triomphe en trompe-l’œil
Leur héritage semble aujourd’hui florissant : le succès d’émissions comme « Top chef » fait même de certains cuisiniers de véritables vedettes. Mais ce triomphe est peut-être en trompe-l’œil. La célébrité médiatique affecte leur prestige, tandis que la gastronomie française semble en perte de vitesse. Les meilleurs restaurants du monde, disent les critiques, se trouvent désormais à New York, Copenhague ou Lima. A Paris, Thierry Marx ouvre ces jours-ci un fast-food de luxe.

Sur la nouvelle cuisine, tout a été dit. Et pourtant. Sait-on que l’expression, inventée par les critiques gastronomiques Henri Gault et Christian Millau en 1973, avait déjà été utilisée au XVIIIe siècle ? En 1742 paraissait un livre de recettes dont le titre sonnait comme un manifeste : La Nouvelle Cuisine. Ce n’est pas un hasard, car le siècle des Lumières fut marqué par une profonde transformation des pratiques alimentaires.
La gastronomie française avait déjà acquis une solide réputation dans toute ­l’Europe, fondée sur les fastes de Versailles. Avec la ­Régence, elle connut un nouvel essor. « Un cuisinier est un mortel divin », écrivait Voltaire, qui se plaignit, en ­revanche, des innovations culinaires du milieu du siècle : « J’avoue que mon estomac s’accommode mal de la ­nouvelle cuisine. » Les débats étaient déjà vifs, mêlant questions de goût et recommandations médicales à des considérations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Editorial. Depuis trois ans, 2,3 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays. Et ce n’est pas le plan économique surréaliste présenté, le 20 août, par le président Maduro, qui remettra le pays sur les rails.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

L’interminable descente aux enfers du Venezuela

Editorial. Depuis trois ans, 2,3 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays. Et ce n’est pas le plan économique surréaliste présenté, le 20 août, par le président Maduro, qui remettra le pays sur les rails.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 12h59
   





                        


Editorial du « Monde ». Qualifier la situation au Venezuela de catastrophique est un triste euphémisme. Ses habitants fuient le pays par dizaines de milliers, provoquant un exode sans précédent sur les routes d’Amérique latine. Ce ne sont plus, désormais, les diplômés ni les membres de la bourgeoisie vénézuélienne qui s’en vont, ce sont, surtout, les gens des classes modestes. Ils partent à pied, un baluchon sur le dos ou une valise à roulettes à la main. Ils traversent la Colombie, qui abrite déjà près de 1 million de leurs compatriotes et n’en veut plus. Ils font des milliers de kilomètres pour traverser encore l’Equateur, atteindre le Pérou, le Chili, le Brésil, où, espèrent-ils, ils pourront trouver de quoi vivre et permettre à leur famille restée au Venezuela de survivre.
Beaucoup d’entre eux ont cru à la « révolution bolivarienne » du chavisme et à l’avenir radieux vanté par Nicolas Maduro. Aujourd’hui, ils sont désespérés et se heurtent à des gouvernements voisins de moins en moins accueillants.

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                Le désarroi des migrants vénézuéliens à la frontière colombo-équatorienne



S’il faut un symbole de l’interminable échec du régime de Nicolas Maduro, ces 2,3 millions de Vénézuéliens qui ont fui leur pays depuis trois ans, selon l’ONU (sur une population de 32 millions), en sont incontestablement un. Un autre est le plan économique surréaliste présenté, le 20 août, par le président Maduro pour tenter de maîtriser l’hyperinflation, qui dépasse désormais 80 000 % en taux annuel, battant tous les records latino-américains : une dévaluation de 95 % du bolivar, la monnaie nationale, remplacé par une hypothétique monnaie, le « bolivar souverain ». Le salaire minimum est multiplié par 35, pour tenter de compenser les hausses de prix, comme celle du carburant, qui ne bénéficiera plus de subventions.
Personne ne croit que ce plan, comme l’affirme Nicolas Maduro, remettra le pays sur le chemin de la prospérité. Le Venezuela s’est effondré, comme la production de pétrole, qui est tombée à son plus bas niveau depuis la fin des années 1940. Eviscérée par Hugo Chavez puis par son successeur, la compagnie nationale du pétrole, PDVSA, qui fut l’un des fleurons de l’Amérique latine, n’est plus que l’ombre d’elle-même.
Partir ou protester
Deux solutions se présentent aux Vénézuéliens : protester, encore, ou partir. Mais protester, au Venezuela, est dangereux : 160 manifestants ont été tués l’an dernier, des centaines sont en prison. Décapitée, l’opposition est dispersée.
Combien de temps Nicolas Maduro peut-il encore se maintenir au pouvoir dans ces conditions ? Il a compté jusqu’ici sur le soutien de l’armée et l’aide précieuse des services de sécurité cubains. Si l’appui de Cuba semble toujours solide, celui de l’armée n’est pas éternellement garanti. Ses rangs ne sont pas hermétiques au mécontentement. Des arrestations ont été opérées parmi les officiers. Le 4 août, le monde entier a pu voir la débandade des soldats de la garde nationale alignés lorsqu’une attaque au drone a visé le président Maduro en pleine parade militaire, dans le centre de Caracas.
La responsabilité de cet attentat reste floue, mais il est probable que ce ne sera pas le dernier. Les diatribes de M. Maduro contre Washington, qu’il accuse de tous les maux du pays, ont fait long feu. Tant que le président Maduro bloquera tout changement démocratique, comme il le fait depuis la victoire de l’opposition aux élections législatives de 2015, et tant qu’il poursuivra sa désastreuse politique économique, le risque de coup d’Etat persistera. Et l’exode continuera.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans un pays en pleine mutation, les architectes chinois Wang Shu et Lu Wenyu entendent renouer avec les techniques artisanales de construction. Leur travail est présenté à Bordeaux jusqu’au 28 octobre.
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« L’architecture chinoise peut évoluer grâce à l’enseignement des savoir-faire traditionnels »


                      Dans un pays en pleine mutation, les architectes chinois Wang Shu et Lu Wenyu entendent renouer avec les techniques artisanales de construction. Leur travail est présenté à Bordeaux jusqu’au 28 octobre.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 10h54
    |

                            Anne-Lise Carlo







Wang Shu et Lu Wenyu, architectes installés à Hangzhou, développent au sein de leur agence Amateur Architecture Studio une approche différente de l’architecture majoritaire en Chine.

   


Quel regard portez-vous sur l’architecture en Chine aujourd’hui ?
Wang Shu : Nous vivons à Hangzhou, une ville qui, dans un développement fulgurant, a perdu 90 % de son habitat traditionnel. Ces trente dernières années, la Chine, pays à l’histoire millénaire, a détruit les neuf dixièmes de son patrimoine bâti. La plupart des travaux que j’ai réalisés dans les années 1990 ont déjà été démolis du fait de cette croissance effrénée.
Cela vous rend-il nostalgiques ?
W. S. : Non, mais dans cette destruction massive, on perd des savoir-faire précieux dont seuls les artisans possèdent la mémoire. Nous avons beaucoup à apprendre de cette architecture amatrice et anonyme. De notre côté, nous cherchons à améliorer ces techniques traditionnelles pour les réinterpréter. En 2008, nous avons construit, dans cet esprit, le Musée d’histoire de Ningbo à partir des ruines de trente villages de la région, démolis pour faire table rase, comme souvent en Chine.
Lu Wenyu : Avec ces débris, les artisans ont érigé les façades du bâtiment en assemblant librement pierres et briques selon la technique traditionnelle de recyclage du wa pan. Certaines pierres dataient de 1 500 ans. Cette nouvelle architecture est venue encapsuler l’histoire.
Est-ce dans ce même but que vous enseignez l’architecture ?

   


W. S. : En effet. Les écoles d’architecture chinoises ignorent ces savoir-faire, qui ne se transmettent pas. Grâce à un enseignement différent, nous pouvons faire évoluer les futurs architectes chinois. Nous enseignons d’ailleurs dans des bâtiments que nous avons construits entre 2004 et 2007. Le campus de Xiangshan, qui accueille l’Académie des beaux-arts de Chine, se compose de vingt-deux édifices, que nous avons pensés et dessinés comme des montagnes.
Votre pensée à contre-courant est-elle entendue en Chine ?
L. W. : Depuis le prix Pritzker décerné à Wang, en 2012, nous sommes plus sollicités. Mais nous restons en marge du système architectural chinois, construit de manière hiérarchique et monopolisé par de très grandes agences, dotées de quelque mille collaborateurs qui travaillent sur des mégaprojets. Nous avons choisi de rester à l’extérieur de ce système et de ne pas faire grossir notre agence [dix personnes]. Nous sommes au cœur même des studios indépendants et je me réjouis de voir de plus en plus d’architectes nous rejoindre. Nous n’étions que trois ou quatre à nos débuts, en 1997 ; il existe désormais une centaine de structures indépendantes.
Comment votre duo fonctionne-t-il ?

   


W. S. : D’abord, nous réfléchissons ensemble à l’idée globale vers laquelle nous voulons aller. Puis je dessine, à la main, des esquisses. Je fais de la calligraphie tous les jours et je suis très imprégné par la peinture traditionnelle chinoise sur rouleau, comme celle de Wang Ximeng, qui date du XIIe siècle. Ces peintures de paysages très construits sont, pour moi, des dessins d’architecte.

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                En Chine, le mirage des écocités



L. W. : Je transforme ensuite les dessins de Wang en plans plus détaillés, plus proches de notre idée de conception. Le dessin informatique vient en toute fin, pour donner plus de corps au projet.
Vous avez surtout construit en Asie. Mais avez-vous des projets en Europe ?
W. S. : Je suis très intéressé par la pensée européenne, que ce soit les ouvrages de Claude Lévi-Strauss ou l’architecture de Le Corbusier. En ce moment, je collabore au projet Manufacture-sur-Seine, lauréat du concours Réinventer la Seine, aux côtés du promoteur Quartus et des architectes Joly & Loiret et Lipsky+Rollet. Il prévoit la construction à Ivry d’un quartier de ville en terre crue, un éco-matériau que l’on a oublié.

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                Biennale de Venise : la campagne, terre d’expériences des architectes chinois



Les expositions « Wang Shu, Lu Wenyu – Amateur Architecture Studio » et « Terre d’ici – Ivry-sur-Seine/ Biganos » jusqu’au 28 octobre au centre Arc en Rêve, à Bordeaux. www.arcenreve.com



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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Une tribune avait dénoncé l’absence d’autochtones dans la distribution de cette pièce du dramaturge québécois, qui présente une relecture de l’histoire du Canada à travers les rapports entre les Blancs et les autochtones.
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Robert Lepage annule « Kanata »

Une tribune avait dénoncé l’absence d’autochtones dans la distribution de cette pièce du dramaturge québécois, qui présente une relecture de l’histoire du Canada à travers les rapports entre les Blancs et les autochtones.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 09h00
    |

                            Agnès Chapsal (Montréal, correspondance)








                        



                                


                            

Kanata, le dernier spectacle de l’auteur-acteur-metteur en scène québécois Robert Lepage, coproduit avec la fondatrice du Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine, proposait « une nouvelle lecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et autochtones ». La pièce devait être présentée à la Cartoucherie du bois de Vincennes, en décembre, avant de venir au Québec en 2020. Mais dans une tribune ­publiée mi-juillet dans le quotidien Le Devoir, des artistes et des universitaires autochtones se sont dits « saturés d’entendre les autres raconter [leur] histoire » après avoir égrené les profils de ceux qui l’ont déjà fait : des aventuriers jusqu’aux réalisateurs de westerns, en passant par les penseurs des Lumières et les anthropologues. « Mme Mnouchkine a exploré nos territoires, elle n’a plus besoin de nos services. Exit ! Elle aime nos histoires, mais n’aime pas nos voix », poursuivaient-ils.
« Intimidation inimaginable »
Les auteurs de la tribune déploraient l’absence d’acteurs autochtones dans la pièce, de collaboration, et regrettaient aussi que les promesses du gouvernement canadien d’inclure les autochtones ne soient pas respectées. Après une rencontre avec Robert Lepage, Ariane Mnouchkine et un groupe d’artistes autochtones, la controverse semblait terminée. « Tant M. Lepage que Mme Mnouchkine ont fait preuve d’une grande écoute », avait alors assuré la réalisatrice abénaquise Kim O’Bomsawin.
Malgré cela, le Conseil des arts du Canada a décidé de ne pas financer la production – ce qui a été fatal au projet. Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil ont dénoncé « une intimidation inimaginable dans un pays démocratique, exercée en grande partie sur les réseaux ». Ils ont affirmé qu’ils prendraient le temps « pour réfléchir à la façon de répondre, avec les armes non violentes de l’art théâtral ». Par ailleurs, Mme Mnouchkine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Baisse des dotations de l’Etat, suppression de la taxe d’habitation, réduction drastique du nombre d’emplois aidés… De plus en plus de maires de petites communes démissionnent, pointe le chercheur Luc Rouban dans une tribune au « Monde ».
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« La révolte des maires de France »

Baisse des dotations de l’Etat, suppression de la taxe d’habitation, réduction drastique du nombre d’emplois aidés… De plus en plus de maires de petites communes démissionnent, pointe le chercheur Luc Rouban dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 10h03
    |

Luc Rouban (Directeur de recherche CNRS au Cevipof)







                        



                                


                            

Tribune. Le fait que les démissions de maires de petites communes se soient récemment multipliées, comme le montre l’enquête de l’AFP du 1er août, en dit long sur l’état de la décentralisation. Certes, le phénomène n’est pas nouveau, car on avait enregistré dès 2015 une vague de démissions, un an seulement après les municipales de 2014.
Ces élections avaient d’ailleurs été marquées non seulement par le fait que bon nombre de maires, notamment dans les petites communes rurales, avaient décidé de ne pas se représenter, mais aussi par une abstention record de 36,4 %, contre 33,5 % en 2008. Le local, surtout celui des ­petites communes, est clairement en crise.
Ces démissions s’expliquent par une accumulation de ­contraintes nouvelles : la baisse des dotations de l’Etat, la ­suppression de la taxe d’habitation, la réduction drastique du nombre d’emplois aidés, qui permettaient aux associations de fonctionner, ont rendu la mission des maires de banlieues comme celle des maires de communes rurales particulièrement difficile.
Le maire reste en effet le dernier maillon de la démocratie représentative, il incarne la politique au quotidien dans une relation étroite et souvent personnalisée avec ses administrés. Si les services d’urgence hospitalière ­ferment, si les travaux de voirie sont annulés ou retardés, si la délinquance ne régresse pas, il en est le seul responsable avec son équipe d’adjoints.
Fatigue, usure, sentiment de dépossession
Les maires démissionnaires font d’ailleurs tous état de leur fatigue, de leur usure, du sentiment de dépossession qui est le leur face aux restrictions budgétaires et au mécontentement des citoyens. Du reste, le baromètre de la confiance ­politique du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) du mois de janvier montre que le niveau de ­confiance que les enquêtés placent dans leur maire a singulièrement baissé, passant de 64 % à 55 % en un an. Le dernier bastion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un groupe de scientifiques spécialistes de l’écologie estime qu’il y a désormais urgence à lutter contre l’érosion de la biodiversité, salue les engagements pris par le gouvernement et l’incite à les concrétiser.
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Biodiversité : « Le gouvernement doit agir avec détermination »

Dans une tribune au « Monde », un groupe de scientifiques spécialistes de l’écologie estime qu’il y a désormais urgence à lutter contre l’érosion de la biodiversité, salue les engagements pris par le gouvernement et l’incite à les concrétiser.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 09h51
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Chacun le comprend : nos sociétés ne peuvent rester passives devant l’ampleur de l’érosion actuelle de la biodiversité, son caractère multiforme et planétaire. Toute action individuelle en ce domaine, sans nul doute nécessaire, sera insuffisante. Une vision d’ensemble et une détermination politique sont seules à même d’aider à enrayer ce phénomène et à en atténuer les conséquences pour nos sociétés.
Devant la gravité des enjeux, nous attendions, en tant que scientifiques, un engagement fort de l’Etat. Au début de l’été, le 4 juillet, s’est réuni un conseil interministériel consacré à la biodiversité, suivi de la présentation, le lendemain, par Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, d’un plan décliné en plus de 90 projets.

Ces deux événements sans précédent répondent à notre attente : la préservation de la biodiversité y est clairement affichée comme une priorité nationale. Mais il ne faut pas se leurrer, les obstacles seront nombreux pour traduire ces engagements dans les faits. A tous les niveaux, aussi bien national que local, et dans tous les secteurs économiques, les associations de protection de la nature et les décideurs devront travailler ensemble pour faire de la biodiversité l’affaire de tous.
Des enjeux vitaux
Rappelons brièvement l’importance des enjeux : la biodiversité nous rend d’innombrables services. Les productions agricoles dépendent étroitement de la diversité microbienne des sols, de la résistance des variétés cultivées aux ravageurs et aux aléas météorologiques, de la bonne santé des populations de pollinisateurs. Les pêcheries reposent sur une intégrité des écosystèmes aquatiques. L’approvisionnement en eau de qualité dépend largement de la biodiversité, de la capacité des sols cultivés et de leurs abords à limiter la pollution jusqu’au fonctionnement des écosystèmes microbiens que constituent nos stations d’épuration.

A cela s’ajoutent de nombreuses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Liêm Hoang-Ngoc, chargé du chiffrage du programme économique de Jean-Luc Mélenchon lors de la campagne présidentielle, reproche au leader de LFI d’avoir joué, sur l’Europe, « la comédie du plan B ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/08/2018
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La France insoumise et le « retour de la vieille politique »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Liêm Hoang-Ngoc, chargé du chiffrage du programme économique de Jean-Luc Mélenchon lors de la campagne présidentielle, reproche au leader de LFI d’avoir joué, sur l’Europe, « la comédie du plan B ».



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 14h28
    |

Liêm Hoang-Ngoc (Ancien député (2009-2014) au Parlement européen)







                        



                                


                            
Tribune. Un spectre hante La France insoumise (LFI) : le spectre du débat démocratique, pour lequel elle n’est pas préparée. Les plébéiens demandent à leur tribun de clarifier ses discours : faut-il renoncer à « fédérer le peuple » et à appliquer la stratégie « plan A/plan B » pour changer l’Europe ?
La maxime « fédérer le peuple » est l’antithèse du traditionnel « rassembler la gauche ». Elle repose sur l’idée que les partis de l’ancienne gauche se sont discrédités en participant à des majorités ayant appliqué des politiques conformes aux textes ordolibéraux européens [l’ordolibéralisme fixe pour mission à l’Etat de créer les conditions d’une concurrence « libre et non faussée »].

C’est la raison pour laquelle LFI s’adressait, avec un succès naissant, au peuple français, et non aux partis de ladite « gauche ». Elle lui proposait d’abord de désobéir à ces textes pour appliquer le programme « l’Avenir en commun » dans le cadre de l’euro, en engageant un bras de fer pour obtenir une modification des textes incriminés. C’était le « plan A ». En cas de refus des autres Etats, un « plan B », impliquant une sortie de l’euro, voire de l’Union européenne, serait déclenché.
D’un point de vue rhétorique, l’épouvantail du plan B permettait de s’adapter à tous les auditoires. Pour rassurer les proeuropéens, le plan B était présenté comme la menace crédible obligeant les partenaires européens à accepter le plan A, afin d’éviter l’éclatement de la zone euro. Assimilant la souveraineté populaire à celle des Etats (l’existence d’un peuple européen étant jugée, pour l’heure, hypothétique), le plan A écartait toutefois la perspective d’une Assemblée constituante européenne, jadis défendue par le tribun.
Voilà également pourquoi une démocratisation des institutions, transitant par le renforcement du pouvoir du Parlement européen, au détriment de celui des Etats au Conseil – et donc de l’Allemagne –, n’était pas envisagée.
Un...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le cinéaste, opposé à l’annexion de la Crimée par Moscou, est détenu en Russie, où il a cessé de s’alimenter depuis plus de cent jours.
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Russie : Pompeo exige de « libérer immédiatement » le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov

Le cinéaste, opposé à l’annexion de la Crimée par Moscou, est détenu en Russie, où il a cessé de s’alimenter depuis plus de cent jours.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 23h03
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 07h42
   





                        


Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a exhorté jeudi 23 août son homologue russe, Sergueï Lavrov, à « libérer immédiatement » le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, en grève de la faim depuis plus de cent jours.
Oleg Sentsov, opposé à l’annexion de la Crimée par Moscou, est détenu en Russie, où il a cessé de s’alimenter le 14 mai. Washington estime qu’il s’agit d’un « prisonnier politique ». « Le secrétaire d’Etat a fait part de notre inquiétude au sujet de la santé de Sentsov et a exhorté la Russie à le libérer immédiatement ainsi que tous les prisonniers politiques ukrainiens », a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine, Heather Nauert.

        Lire aussi la tribune :
         

          « Il faut agir vite pour ne pas laisser Oleg Sentsov mourir »



Oleg Sentsov, 42 ans, n’est maintenu en vie que par les compléments alimentaires injectés par l’administration pénitentiaire russe. Il exige la libération de « tous les prisonniers politiques » ukrainiens emprisonnés en Russie.
En dépit des nombreux appels d’écrivains, d’acteurs ou de cinéastes occidentaux, Moscou a refusé jusqu’ici de céder, arguant des accusations de « terrorisme » lui ayant valu sa condamnation et assurant que le réalisateur devait demander une grâce pour obtenir sa remise en liberté, ce qu’il n’entend pas faire.
Oleg Sentsov a été condamné en 2015 à vingt ans de détention pour « terrorisme » et « trafic d’armes » à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par Amnesty International et dénoncé par Kiev, l’Union européenne et les Etats-Unis. Les appels en faveur de sa libération se sont multipliés à l’occasion de son 100e jour de grève de la faim, mardi.

        Lire la tribune :
         

          « Oleg Sentsov peut mourir à chaque minute qui passe »






                            


                        

                        

