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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Cette visite intervient au moment où de nouvelles révélations frappent l’Eglise catholique. Le pape doit rencontrer des victimes de prêtres pédophiles.
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Scandales de pédophilie : en Irlande, le pape évoque sa « honte » face à « l’échec » de l’Eglise

Cette visite intervient au moment où de nouvelles révélations frappent l’Eglise catholique. Le pape doit rencontrer des victimes de prêtres pédophiles.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 14h30
   





                        


Le pape François est arrivé, samedi 25 août, en Irlande, toujours sous le choc des scandales de pédophilie, au moment où de nouvelles révélations frappent l’église catholique. Il s’agit de la première visite papale depuis celle de Jean-Paul II en 1979. Elle a lieu moins de deux semaines après la publication d’un rapport du procureur général de Pennsylvanie sur les abus sexuels commis par 300 prêtres pendant soixante-dix ans aux dépens d’un millier de victimes.

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Le pape a adressé, lundi, une lettre sans précédent aux catholiques du monde entier pour leur demander de contribuer à l’éradication de « cette culture de la mort ». Le Vatican a annoncé, mardi, qu’il rencontrerait des victimes de prêtres pédophiles lors cette visite de deux jours en Irlande, où il a été accueilli par le ministre des affaires étrangères, Simon Coveney, et ses enfants, qui lui ont offert des fleurs.
Des manifestations prévues contre sa venue
Sa visite a débuté par un entretien avec le président Michael Higgins et le premier ministre Leo Varadkar. Ce dernier a appelé le pape à user de sa « position » et de son « influence » pour faire en sorte que « justice » soit rendue aux victimes d’abus commis par des ecclésiastiques dans « le monde entier ». « Nous devons à présent veiller à ce que les paroles soient suivies par des actes », a insisté le chef du gouvernement irlandais. « Par-dessus tout, Saint-Père, je vous demande d’écouter les victimes », a-t-il ajouté, alors que, depuis 2002, plus de 14 500 personnes se sont déclarées victimes d’abus sexuels commis par des prêtres en Irlande.
Le pape a évoqué sa « honte » et sa « souffrance » face à « l’échec des autorités ecclésiastiques » pour affronter de manière adéquate les « crimes ignobles » du clergé en Irlande. « Je ne peux que reconnaître le grave scandale causé en Irlande par les abus sur les mineurs de la part des membres de l’Eglise, chargés de les protéger et de les éduquer », a commenté le pape.
Le pape doit se rendre ensuite à Knock, lieu de pèlerinage qui attire 1,5 million de fidèles chaque année, avant de terminer son voyage, dimanche, par une messe au Phoenix Park de Dublin, où se dresse toujours la grande croix érigée pour la visite de Jean-Paul II.

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Les 500 000 billets disponibles pour y assister ont très vite trouvé preneurs, mais un certain nombre de places ont été réservées par un mouvement baptisé « Say Nope To The Pope » (dites non au pape), qui appelle au boycott de l’événement.
Plusieurs manifestations contre la venue du pape sont également prévues. Des portraits de victimes de prêtres pédophiles accompagnés du hashtag #Stand4Truth (exigez la vérité) ont été projetés, vendredi soir, sur des bâtiments emblématiques de la ville, dont la cathédrale, pour appeler à un rassemblement qui doit coïncider avec la messe de dimanche.

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Une veillée silencieuse doit, par ailleurs, se dérouler dimanche également sur le site des Magdalene Laundries, des établissements religieux où des filles-mères étaient « rééduquées » dans des conditions proches de l’esclavage. Les restes de plusieurs centaines de nourrissons y ont été exhumés en 2014.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Céline Poulet, chargée des personnes en situation de handicap à la Croix-Rouge, est nommée secrétaire générale du comité interministériel du handicap.
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L’exécutif nomme une nouvelle coordinatrice pour ses politiques du handicap

Céline Poulet, chargée des personnes en situation de handicap à la Croix-Rouge, est nommée secrétaire générale du comité interministériel du handicap.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 11h22
   





                        


Le gouvernement a nommé Céline Poulet au poste de secrétaire générale du comité interministériel du handicap (CIH), selon un arrêté publié vendredi 24 août au Journal officiel.
Mme Poulet, actuellement déléguée nationale aux personnes en situation de handicap à la Croix-Rouge française, succèdera le 1er septembre à Etienne Petitmengin, qui prend sa retraite après avoir occupé la fonction depuis octobre 2015.
Elle « sera chargée de coordonner l’ensemble des actions gouvernementales menées en faveur des personnes handicapées et de suivre la mise en œuvre des décisions prises par le comité interministériel du handicap », a écrit Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, dans un communiqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Les organisateurs redoutent des débordements après des menaces émanant « des chasseurs et des éleveurs ».
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La mairie de Calais annule un festival végan en raison de menaces

Les organisateurs redoutent des débordements après des menaces émanant « des chasseurs et des éleveurs ».



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 08h16
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h13
   





                        


Un festival végan, initialement prévu le 8 septembre, a été annulé, vendredi 25 août, par la mairie de Calais en raison de menaces proférées par « des chasseurs et des éleveurs » et de risque de débordements.
Sur leur page Facebook, les organisateurs déclarent que la maire de Calais, Natacha Bouchart, « a pris cette décision, car des chasseurs et des éleveurs se sont associés pour proférer des menaces très claires à propos de ce qui pouvait se passer si l’événement était maintenu. »

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Crainte de perturbations de l’ordre public
Selon la mairie, « cette décision est consécutive à des informations annonçant une série d’opérations visant à semer le trouble et à perturber l’ordre public, en marge de l’organisation de ce festival ». « La multiplication de ces informations parvenues ces derniers jours en mairie a fait peser des incertitudes sur les conditions dans lesquelles le festival pourrait se tenir », ajoute-t-elle dans son communiqué.
« Afin de garantir la sécurité publique et de ne pas exposer les visiteurs, partenaires et organisateurs du salon à un risque de débordement, le choix a été fait d’annuler cet événement », explique la mairie, précisant que cette décision n’est pas liée à la nature ni au thème du festival.

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Tensions entre bouchers et végans
Cette décision intervient dans un contexte plus global de tensions avec la filière viande. Les végans ont suscité des crispations auprès des bouchers après une série d’attaques de boucheries en France ces derniers mois. Le président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT), Jean-François Guihard, avait été reçu, le 2 juillet, au ministère de l’intérieur, réclamant « la vigilance, l’arrêt de l’impunité pour que les artisans puissent faire leur métier ». Il s’inquiétait « des conséquences de la surmédiatisation du mode de vie végan », selon une lettre adressée à Beauvau peu avant, et déplorait les « intimidations », dont ont fait l’objet des boucheries-charcuteries.
De leur côté, les militants végans rejettent la violence, dont ils sont accusés. Pour Claire Schweitzer, porte-parole des associations Liberté égalité animale 49 et L214, la violence est d’abord du côté des éleveurs « quand ils cassent du matériel ou déversent du fumier devant la préfecture, comme elle l’affirmait au Monde en juillet. Nous, ce n’est pas le genre d’actions qu’on mène. Nos méthodes sont systématiquement non violentes. » 
Le véganisme est un mode de vie consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation. L’adoption de ce mode de vie découle généralement d’une idéologie qui propose une redéfinition normative de ce que devraient être les relations des humains aux animaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Un migrant de 29 ans est décédé lors d’une rixe, le 1er août, entre des habitants du quartier de Perseigne et des Afghans.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/08/2018
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A Alençon, des tensions communautaires inexpliquées dans un quartier

Un migrant de 29 ans est décédé lors d’une rixe, le 1er août, entre des habitants du quartier de Perseigne et des Afghans.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 07h30
    |

            Yann Bouchez (Alençon, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Des Français, des Turcs, des Portugais, mais aussi des Espagnols, des Marocains, des Vietnamiens… « Il y a peut-être bien 50 nationalités ici », tente Yannick Bouchard pour résumer le brassage du quartier de Perseigne, dans le sud de la ville d’Alençon. Voilà huit ans que l’homme dirige le restaurant d’insertion Aux goûts d’ici et d’ailleurs situé juste à côté de la place de la paix, centre névralgique de cette cité populaire de quelque 5 000 habitants. La quarantaine avenante, il sait de quoi il parle : en cuisine, une Géorgienne, une Mongole et une Vietnamienne s’activent. Au service, un jeune Sénégalo-Algérien apporte les plats aux clients.
Mais dans cette tour de Babel que forme Perseigne, un pays manque désormais à l’appel : l’Afghanistan. La cause ? Une rixe mortelle survenue le 1er août, qui a déclenché l’exode de la soixantaine d’Afghans qui vivaient ici depuis quelques mois. Certains sont partis précipitamment, sans demander d’aide. D’autres ont été relogés ailleurs en Normandie. Vingt-huit ont quitté la région, indique la préfecture de l’Orne, à l’image de ces parents et de leurs cinq enfants, déplacés en Moselle. Sur les quelque 130 Afghans – réfugiés ou demandeurs d’asile – présents dans la communauté urbaine d’Alençon au milieu de l’été, il n’en reste plus qu’une quinzaine.
Barres de fer, couteaux et armes à feu
Un « coup de folie », selon les mots d’un retraité de Perseigne, est à l’origine de cette migration. Le 1er août en fin d’après-midi, une rixe d’une rare violence oppose deux groupes – soit une quarantaine de personnes. Alors que les commerçants de la place de la paix baissent leur rideau de fer en vitesse, Afghans d’un côté et riverains de l’autre s’affrontent. Tous, ou presque, sont équipés de barres de fer, de tournevis, de battes de baseball, de couteaux ou même d’armes à feu. La bataille rangée dure plusieurs dizaines de minutes, jusqu’à l’arrivée des pompiers.
Massoud, un Afghan...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Professeur de français en lycée et rétif à l’envahissement de l’école par le numérique, Loys Bonod estime que le smartphone est tout sauf un outil pédagogique et qu’il convient s’interroger sur la place grandissante qu’il occupe dans la vie des enfants.
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« Préserver les élèves de ces objets qui nous possèdent plus que nous les possédons »

Professeur de français en lycée et rétif à l’envahissement de l’école par le numérique, Loys Bonod estime que le smartphone est tout sauf un outil pédagogique et qu’il convient s’interroger sur la place grandissante qu’il occupe dans la vie des enfants.



LE MONDE
 |    25.08.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 10h49
    |

Loys Bonod (Professeur de lycée)







                        



                                


                            
Tribune. Ce sont les parents d’élèves qui risquent d’être surpris à la rentrée par ce nouvel exemple du « en même temps » présidentiel. Pour la galerie, le téléphone est désormais interdit à l’école : quel coup de menton face à la modernité ! Mais, dans les faits, le changement risque d’être peu sensible.
D’abord parce que c’est l’utilisation qui est interdite, bien sûr, pas la détention. Ensuite, parce que rien n’est prévu pour appliquer une telle interdiction dans les espaces communs de l’école.
Enfin, et surtout, parce que la nouvelle loi, adoptée le 30 juillet, comme la précédente [datant de juillet 2010], se défausse entièrement sur les établissements. Les collèges interdisaient localement les téléphones portables dans les cours de récréation ? Ils les autoriseront localement, dans la cour de récréation ou ailleurs.
Tout ça pour ça ? Pour qui compare attentivement la nouvelle loi avec l’ancienne, il y a bien un changement majeur. La loi précédente interdisait formellement les téléphones en classe : la nouvelle loi les y autorise, dans le cadre des « usages pédagogiques », et ce même en primaire et en maternelle. Il est vrai que des écoliers viennent de plus en plus nombreux à l’école avec des téléphones portables et que, dans les programmes de 2015, l’utilisation des objets numériques est devenu un attendu en fin de maternelle.
Cette interdiction s’apparente donc plutôt à une autorisation, voire à un encouragement pour les parents à équiper leur adolescent ou leur enfant. Curieux, non ? C’est tout l’art du « en même temps » : une loi en apparence conservatrice, pour ceux qui ne connaissent plus l’école que de loin (faire semblant d’interdire), moderne et innovante en réalité pour les disrupteurs de l’école de demain (autoriser). Seul petit progrès de cette loi : les professeurs ne seront en but à des accusations de « recel » quand ils oseront confisquer le téléphone...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Vanesa Campos, 36 ans, a été tuée alors qu’elle tentait d’empêcher des malfrats de dépouiller un client.
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Prostituée trans tuée au bois de Boulogne : « On a l’impression que nos vies ne comptent pas »

Vanesa Campos, 36 ans, a été tuée alors qu’elle tentait d’empêcher des malfrats de dépouiller un client.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 22h34
   





                        



   


Roses blanches à la main, plusieurs centaines de travailleurs et travailleuses du sexe et de militants et militantes LGBT ont défilé vendredi 24 août depuis la porte Dauphine, dans l’ouest de Paris, jusqu’à l’endroit du bois de Boulogne où Vanesa Campos, une travailleuse du sexe de 36 ans d’origine péruvienne, a été tuée par plusieurs hommes dans la nuit du 16 au 17 août.
Les agresseurs de Vanesa Campos, toujours en fuite, l’ont blessée mortellement alors qu’elle tentait de les empêcher de dépouiller un client. Il s’agit d’« un groupe de “roulottiers” qui écume le bois, haut lieu de la prostitution nocturne, et détrousse les clients et prostituées », selon une source policière.
Ce meurtre résulte d’une « responsabilité politique » liée à l’adoption de la loi sur la prostitution, ont dénoncé des associations lors du rassemblement en hommage à Vanesa Campos.

   


« Arrêtez nos agresseurs, pas nos clients »
« Trans assassinée, Etat complice! », a scandé le cortège, qui a défilé derrière des pancartes « Justice pour Vanesa » ou « Arrêtez nos agresseurs, pas nos clients ».
« Vanesa était une meneuse dans le combat » contre ces bandes qui sévissent « depuis trois ans » dans le Bois, a dit son « amie et collègue » Romina, une femme trans originaire d’Equateur.
Les organisations présentes, dont l’association de défense des personnes trans Acceptess-T, ont répété leur demande d’abrogation de la loi sur la prostitution adoptée en avril 2016, qui a notamment introduit la pénalisation des clients, désormais passibles d’une amende de 1 500 euros, voire de 3 750 euros en cas de récidive.
Cette mesure a, selon elles, fait baisser les revenus des prostituées et les a obligées à exercer dans des endroits plus isolés, à l’écart de la police, où elles sont davantage exposées aux agressions.

   


« La loi est à cent pour cent responsable de la mort de Vanesa », a déclaré Giovanna Rincon, directrice d’Acceptess-T et organisatrice du rassemblement, qui demande « de vraies mesures contre la transphobie ».
L’absence de réaction au sein du gouvernement, notamment de la part de Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a également été dénoncée.
« On a l’impression que nos vies ne comptent pas, a déploré Thierry Schaffauser, porte-parole du Strass (Syndicat du travail sexuel). Si un gay du Marais avait été agressé, il y aurait eu une réaction. »
« La prostitution est du viol et de l’esclavage, a écrit dans un communiqué le Mouvement du nid, qui soutient la loi. Le nier, c’est faciliter le passage à l’acte, c’est banaliser le meurtre de Vanesa et de toutes les autres. »

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.
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Eric Fassin : « L’appropriation culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de domination »

Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 22h52
    |

            Laura Motet








                        



   


Des internautes se sont empoignés sur ces deux mots tout l’été : « appropriation culturelle ». Le concept, né bien avant Twitter, connaît un regain de popularité. Dernièrement, il a été utilisé pour décrire aussi bien le look berbère de Madonna lors des MTV Video Music Awards, la dernière recette de riz jamaïcain du très médiatique chef anglais Jamie Oliver, ou l’absence de comédien autochtone dans la dernière pièce du dramaturge québécois Robert Lepage, Kanata, portant justement sur « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones ».
Qu’ont en commun ces trois exemples ? Retour sur la définition et sur l’histoire de l’« appropriation culturelle » avec Eric Fassin, sociologue au laboratoire d’études de genre et de sexualité de l’université Paris-VIII et coauteur de l’ouvrage De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte).
D’où vient le concept d’« appropriation culturelle » ?
Eric Fassin : L’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « colonialisme culturel ». Au début des années 1990, la critique bell hooks, figure importante du Black feminism, développe par exemple ce concept, qu’elle résume d’une métaphore : « manger l’Autre. » C’est une approche intersectionnelle, qui articule les dimensions raciale et sexuelle interprétées dans le cadre d’une exploitation capitaliste.
Un regard « exotisant »
Cette notion est aussi au cœur de la controverse autour de Paris Is Burning, un film documentaire de 1990 sur la culture des bals travestis à New York. Une autre critique noire, Coco Fusco, reprochait à la réalisatrice Jennie Livingston, une lesbienne blanche, son regard « exotisant » sur ces minorités sexuelles et raciales. Pour elle, il s’agissait d’une forme d’appropriation symbolique mais aussi matérielle, puisque les sujets du film se sont sentis floués, dépossédés de leur image.

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Comment définir ce concept ?
E. F. : Ce qui définit l’appropriation culturelle, comme le montre cet exemple, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de récupération quand la circulation s’inscrit dans un contexte de domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le primitivisme artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.
Ce concept a-t-il été intégré dans le corpus intellectuel de certaines sphères militantes ?
E. F. : Ces références théoriques ne doivent pas le faire oublier : si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles. Beaucoup se transforment en critiques culturels en reprenant à leur compte l’expression « appropriation culturelle ».
En quoi les polémiques nées ces derniers jours relèvent-elles de l’appropriation culturelle ?
E. F. : Ce n’est pas la première fois que Madonna est au cœur d’une telle polémique. En 1990, avec sa chanson Vogue, elle était déjà taxée de récupération : le voguing, musique et danse, participe en effet d’une subculture noire et hispanique de femmes trans et de gays. Non seulement l’artiste en retirait les bénéfices, mais les paroles prétendaient s’abstraire de tout contexte (« peu importe que tu sois blanc ou noir, fille ou garçon »). Aujourd’hui, son look de « reine berbère » est d’autant plus mal passé qu’elle est accusée d’avoir « récupéré » l’hommage à la « reine » noire Aretha Franklin pour parler… de Madonna : il s’agit bien d’appropriation.
La controverse autour de la pièce Kanata, de Robert Lepage, n’est pas la première non plus — et ces répétitions éclairent l’intensité des réactions : son spectacle sur les chants d’esclaves avait également été accusé d’appropriation culturelle, car il faisait la part belle aux interprètes blancs. Aujourd’hui, c’est le même enjeu : alors qu’il propose une « relecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », la distribution oublie les « autochtones » — même quand ils se rappellent au bon souvenir du metteur en scène. C’est encore un choix revendiqué : la culture artistique transcenderait les cultures « ethniques ».

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                Robert Lepage annule « Kanata »



Par comparaison, l’affaire du « riz jamaïcain » commercialisé par Jamie Oliver, chef britannique médiatique, peut paraître mineure ; elle rappelle toutefois comment l’ethnicité peut être utilisée pour « épicer » la consommation. Bien sûr, la nourriture aussi voyage. Reste qu’aujourd’hui cette mondialisation marchande du symbolique devient un enjeu.
Pourquoi ce concept fait-il autant polémique ?
E. F. : En France, on dénonce volontiers le communautarisme… des « autres » : le terme est curieusement réservé aux minorités, comme si le repli sur soi ne pouvait pas concerner la majorité ! C’est nier l’importance des rapports de domination qui sont à l’origine de ce clivage : on parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir. Et c’est particulièrement vrai, justement, dans le domaine culturel.
Songeons aux polémiques sur l’incarnation des minorités au théâtre : faut-il être arabe ou noir pour jouer les Noirs et les Arabes, comme l’exigeait déjà Bernard-Marie Koltès, en opposition à Patrice Chéreau ? Un artiste blanc peut-il donner en spectacle les corps noirs victimes de racisme, comme dans l’affaire « Exhibit B » ? La réponse même est un enjeu de pouvoir.
On parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir
En tout cas, l’esthétique n’est pas extérieure à la politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté ; mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les rapports de pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des femmes et des minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de).
Le monde universitaire n’est pas épargné par ces dilemmes : comment parler des questions minoritaires, quand on occupe (comme moi) une position « majoritaire », sans parler à la place des minorités ? Avec Marta Segarra, nous avons essayé d’y faire face dans un numéro de la revue Sociétés & Représentations sur la (non-)représentation des Roms : comment ne pas redoubler l’exclusion qu’on dénonce ? Dans notre dossier, la juriste rom Anina Ciuciu l’affirme avec force : être parlé, représenté par d’autres ne suffit pas ; il est temps, proclame cette militante, de « nous représenter ». Ce n’est d’ailleurs pas si difficile à comprendre : que dirait-on si les seules représentations de la société française nous venaient d’Hollywood ?

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                Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Thierry D., professeur de mathématiques à Paris, n’en finit pas de payer les conséquences d’une erreur que commet en 2015 le rectorat, en lui versant trois mois de salaire alors qu’il se trouve en congé sans solde.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ On le cultive, on le théorise, on en fait un business, des livres, des cours… Il est même le nouveau carburant de la productivité. En société et au travail, le bonheur est devenu une injonction.
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L’« happycratie » ou la dictature du bonheur


                      On le cultive, on le théorise, on en fait un business, des livres, des cours… Il est même le nouveau carburant de la productivité. En société et au travail, le bonheur est devenu une injonction.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 12h16
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        

La présence de plus en plus fréquente de crocodiles Haribo sur votre lieu de travail ne doit pas être prise à la légère. Loin de se réduire à un simple élément de décor, ces sauriens multicolores sont la manifestation tangible d’une nouvelle forme de gouvernement des conduites centrée sur les émotions positives. Dans Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies (Premier Parallèle, 260 p., 21 €), le docteur en psychologie Edgar Cabanas et la sociologue Eva Illouz décryptent cette nouvelle obsession venue d’outre-Atlantique qui, selon eux, balafrerait nos existences d’un sourire de plus en plus obligé. « Kratia en grec, c’est le pouvoir. Happycratie, c’est le pouvoir par l’injonction au bonheur », résume Eva Illouz.
Une nouvelle idée fixe
Aujourd’hui, cette invitation est partout, empreinte de la même sollicitude envahissante que celle de l’ami qui a entrepris de vous tirer énergiquement de votre dépression chronique, alors que vous vous en accommodiez fort bien. En 2013, le titre Happy, du chanteur américain Pharrell Williams, véritable hit planétaire, offrait une bande-son survitaminée à cette nouvelle idée fixe. A moi le bonheur ! L’art de rayonner de l’intérieur (Larousse, 283 p., 16,95 €), 50 activités pour un enfant heureux (De Boeck, à paraître en octobre), Le Bonheur sans illusions (Flammarion, 2017), Les tout petits bonheurs (Larousse, 168 p., 15 €), Journal intime d’un touriste du bonheur (La Martinière, 288 p., 16,90 €) : encombrant les présentoirs, les livres de développement personnel, censés nous aider à mieux vivre, sont quant à eux un genre florissant.
Activement investi dans la chasse aux perturbations du mental, l’ancien avocat d’affaires Jonathan Lehmann s’est lui aussi positionné sur ce front incandescent, proposant à ses 177 000 followers Facebook des méditations guidées, « Les Antisèches du bonheur »....




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Dans son best-seller mondial, Mo Gawdat, ingénieur de formation, explique détenir la « formule » du bonheur. Il compte rendre un milliard de personnes heureuses.
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Il a trouvé l’équation du bonheur !


                      Dans son best-seller mondial, Mo Gawdat, ingénieur de formation, explique détenir la « formule » du bonheur. Il compte rendre un milliard de personnes heureuses.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h06
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        
Désormais objet de mesures, le bonheur peut-il se transformer en équation ? Oui, répond catégoriquement l’Egyptien Mo Gawdat, qui a décidé d’aborder la question avec « le point de vue de l’ingénieur ». Pour cet ancien directeur du laboratoire de recherche Google X, la chose se résume de la sorte : « Le bonheur est > ou = à la perception des événements de notre vie – nos attentes. » Présenté ainsi, atteindre la félicité a l’air extrêmement simple, pour ne pas dire simpliste.

Néanmoins, dans La Formule du bonheur (Larousse, 320 p.), son best-seller traduit en plus de trente langues, Mo Gawdat va plus loin et détaille tout ce qui, selon lui, entrave l’émergence de ce sentiment. « La manière dont nous définissons nos attentes et la façon dont nous considérons les événements sont soumis à six grandes illusions – des tours que le monde moderne nous joue – et à sept points aveugles – des tours que notre cerveau nous joue. Lorsque nous supprimons les illusions et réparons les angles morts, nous voyons la vérité », assure-t-il.
Comparant l’être humain à un programme informatique, il considère que le bonheur fait partie de nos réglages « par défaut » et entend nous expliquer comment restaurer cet état originel.
En lisant cet ouvrage syncrétique, on se demande si la force de son approche ne résiderait finalement pas moins dans sa scientificité bruyamment revendiquée que dans le parcours de vie résilient qui en constitue l’arrière-plan contextuel… Ayant connu la dépression alors que tout semblait lui sourire (argent, carrière, vie familiale), Mo Gawdat a perdu son fils Ali, à la suite d’une banale opération de l’appendicite.
Comparant volontiers l’être humain à un programme informatique, Mo Gawdat, profondément marqué par cette épreuve, considère depuis que le bonheur fait partie de nos réglages « par défaut » et entend nous expliquer comment restaurer cet état originel, à l’aide d’une forme de techno-spiritualité...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Allergies, cancers, pollution… Pour traiter le mal à la racine, de plus en plus de coiffeurs optent pour des soins et des teintures végétales. Reportage dans un salon « vert ».
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Fini les produits chimiques, mes cheveux sont bio


                      Allergies, cancers, pollution… Pour traiter le mal à la racine, de plus en plus de coiffeurs optent pour des soins et des teintures végétales. Reportage dans un salon « vert ».



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h00
    |

            Pascale Krémer








                              

                        

Il suffit de pousser la porte, la différence saute aux narines. Chez Biocoiff’, il flotte un indéfinissable parfum d’herbe coupée. Ou d’épinards séchés ? Aucune, en tout cas, de ces irritantes odeurs de laques, teintures et produits pour permanentes si caractéristiques des salons de coiffure. Sur une petite place du 13e arrondissement parisien est installé ce coiffeur d’un nouveau genre végétal.
Sous les fausses fougères couvrant le plafond, calées dans des fauteuils couleur pomme, les clientes arborent un cataplasme de plantes sur la tête, thé vert à la main et Vivre bio pour lecture. Le patron, Charley Assoun, présente fièrement ces « résistantes à la chimie », qui « en sont revenues, et n’y reviendraient pas ». Sous les casques qui chauffent, on opine du chef.
Un malaise dû aux produits
L’histoire du créateur de Biocoiff’, 75 ans mais une énergie de jeune homme, c’est celle d’un coiffeur allergique à son métier. « J’avais 17 ans à mes débuts. Je ne me suis pas senti bien dès que j’ai respiré, touché les teintures. » Après un trimestre, il fait un malaise, se retrouve cantonné aux coupes. Mais l’air ambiant du salon suffisant à lui déclencher des problèmes respiratoires, le médecin du travail suggère une reconversion… Charley Assoun vient d’une famille juive d’Algérie, il se remémore les teintures au henné de sa grand-mère.
« J’ai formé à la coloration végétale plus de 200 coiffeurs, dont certains de ceux qui se moquaient de moi il y a vingt ans. » Charley Assoun, patron de Biocoiff’
Le voilà qui part en Inde à la recherche de plantes tinctoriales « poussant en bio ». Il mélange, teste. Développe toute une gamme de colorations, shampooings et soins naturels, tout en exerçant comme coiffeur à domicile. En 2005, il peut ouvrir le premier « salon végétal » de France. « En six-huit mois, le chiffre d’affaires a décollé, se souvient-il. Aujourd’hui, j’ai sept salons...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ L’idéologie du bonheur, qui vise à éradiquer toutes les émotions négatives sur son passage, aurait la fâcheuse tendance d’appauvrir les relations humaines.
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Les bienfaits de la brouille


                      L’idéologie du bonheur, qui vise à éradiquer toutes les émotions négatives sur son passage, aurait la fâcheuse tendance d’appauvrir les relations humaines.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 14h49
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        

Dans le dernier World Happiness Report de l’ONU (2018), estimation du niveau de bonheur national de 156 pays, la France se classe en 23e position, gagnant 8 places. Notre pays, qui a également perdu sa position de leader mondial dans la consommation d’antidépresseurs, irait-il mieux ? Ou bien serait-on plutôt en train de vivre une forme d’épuration émotionnelle dans laquelle les grincheux, les dépressifs, les introvertis, les colériques finiraient par être mis sur la touche pour incompatibilité avec la norme dominante ?
« Cette idéologie du bonheur a pour effet de délégitimer les émotions dites négatives, comme la colère ou l’envie, deux sentiments qui ont aussi un caractère politique », décrypte la sociologue Eva Illouz. Evidemment, on ne va pas regretter la perte d’influence du chefaillon pervers qui vociférait à longueur de journée sur ses subordonnés.
Utilité des émotions négatives
Mais, si tout le monde devient constamment heureux, l’écologie des affects risque rapidement de perdre en variété. « Les penseurs classiques avaient compris l’utilité des émotions négatives. Pour Hobbes, c’est la peur qui permet de rentrer dans un contrat social. Pour Mandeville, c’est l’envie et l’avarice comme vices qui sont responsables de l’échange économique. Pour Weber, c’est l’angoisse devant le deus absconditus – un Dieu caché – qui nous rend assidus au travail. Sociologiquement, les émotions dites négatives peuvent être fort utiles », poursuit Eva Illouz.
Pour éviter de sombrer dans la monoculture émotionnelle et d’afficher à longueur de journée un sourire obligé d’âne détartré, il pourrait alors être utile d’œuvrer à la préservation d’une ambiance contrastée et, pourquoi pas, éruptive. Dans son hilarant ouvrage Le Noble Art de la brouille (Allary Editions, 100 p., 10 €), le journaliste Matthias Debureaux explique qu’une simple foi en la possibilité pluriséculaire de la prise de bec pourrait suffire...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ L’analyse de centaines d’études confirme qu’il n’y a pas de consommation sans risque et que l’alcool est la première cause de décès des 15 à 49 ans.
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L’alcool associé à 2,8 millions de morts par an dans le monde

L’analyse de centaines d’études confirme qu’il n’y a pas de consommation sans risque et que l’alcool est la première cause de décès des 15 à 49 ans.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 15h01
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Les risques pour la santé liés à l’alcool sont modérés pour des consommations représentant l’équivalent de 20 à 30 centilitres de vin ou une canette de 37,5 cl de bière par jour, mais s’accroissent de manière importante pour des niveaux plus élevés.
Cette notion reçoit une confirmation de poids avec la parution, vendredi 24 août, dans The Lancet, d’un article émanant du réseau collaboratif international sur la charge mondiale des maladies, Global Burden of Disease. Cette vaste analyse de plusieurs centaines d’études montre que l’alcool est associé à 2,8 millions de morts chaque année dans le monde – un chiffre probablement en dessous de la réalité, estiment les auteurs eux-mêmes.
Les auteurs ont analysé près de 700 études dans le monde sur la fréquence de l’usage d’alcool entre 1990 et 2016. Il en ressort qu’une personne sur trois (32,5 %) dans le monde boit de l’alcool, soit 2,4 milliards d’individus (un quart des femmes et 39 % des hommes). En moyenne, les femmes consomment chaque jour 0,73 boisson alcoolisée et les hommes 1,7 boisson.
La palme du nombre de buveurs revient aux Danois (95,3 % des femmes et 97,1 % des hommes), la France se classant au sixième rang pour les hommes (avec un taux de 93,1 %) et au huitième pour les femmes (86,9 %). « Le taux de consommateurs est le plus élevé dans les pays occidentaux et particulièrement en Europe, le principal marché pour les alcooliers », remarque le professeur Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions.
Si, pour l’ensemble de la population mondiale, l’alcool représentait en 2016 le septième facteur de risque de décès prématuré et d’invalidité, il occupe la première position pour les 15 à 49 ans. Chez ces derniers, il est principalement associé à la tuberculose, aux accidents de la route et à l’automutilation, et 3,8 % des décès féminins et 12,2 % des décès masculins lui sont attribuables.

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                Non, la consommation d’alcool ne vous permettra pas de vivre plus vieux



Pas de bénéfices à une consommation modérée d’alcool
Chez les 50 ans et plus, l’alcool est surtout lié aux cancers. Il est impliqué dans 27,1 % des décès féminins et 18,9 % des décès masculins. Pour cette population, dans les pays à revenu élevé, les cancers sont la pathologie la plus associée à l’alcool, tandis que dans ceux à revenu faible, cette place est occupée par la tuberculose, devant les cirrhoses et autres maladies hépatiques chroniques. Dans les pays à revenu intermédiaire, la maladie la plus fréquemment liée à l’usage d’alcool est l’accident vasculaire cérébral (AVC).
Bien que les auteurs aient « retrouvé quelques effets protecteurs vis-à-vis de l’infarctus du myocarde et le diabète chez les femmes, ces effets sont contrebalancés lorsque l’on prend en compte les risques globaux pour la santé ». Un constat qui bat en brèche l’argument des bénéfices d’une consommation modérée d’alcool. « Les courbes présentées dans l’étude montrent qu’avec six verres d’alcool par jour, le risque relatif pour l’ensemble des problèmes de santé s’accroît de 50 % et qu’il double avec neuf verres, souligne Michel Reynaud. Les alcooliers font leurs bénéfices avec les gros buveurs. En France, 50 % de l’alcool vendu est consommé par 8 % des Français. »
La consommation d’alcool est, pour l’instant, plus faible dans les pays moins développés, remarquent les auteurs, pour qui il importe dès à présent d’y prendre des mesures concrètes pour « prévenir l’augmentation potentielle de la consommation d’alcool dans le futur ». M. Reynaud rappelle la stratégie suivie par l’industrie du tabac, qui a déplacé vers les pays en développement ses nouveaux marchés.

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                En France, l’alcool et le tabac sont les drogues les plus meurtrières







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Jeudi, Kamel S. a tué sa mère et sa sœur dans cette ville des Yvelines. L’homme, fiché S, présentait des problèmes psychiatriques.
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Après l’attaque de Trappes, les motivations du tueur restent floues

Jeudi, Kamel S. a tué sa mère et sa sœur dans cette ville des Yvelines. L’homme, fiché S, présentait des problèmes psychiatriques.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 11h37
    |

            Yann Bouchez








                        



   


Drame familial et triste fait divers, ou attentat terroriste ? Les motivations de Kamel S. restaient encore floues, vendredi 24 août. Cet homme de 36 ans, armé d’un couteau, a tué sa mère et sa sœur, à Trappes (Yvelines), jeudi 23 août en début de matinée, puis grièvement blessé une sexagénaire, habitante du quartier, avant d’être tué à son tour par des policiers qui tentaient de l’interpeller.
Les raisons de l’attaque, le profil de l’assaillant et sa dimension terroriste ou non devraient figurer au cœur de l’enquête ouverte par le parquet de Versailles pour « assassinat, tentative d’assassinat et menaces de mort sur personnes dépositaires de l’autorité publique ». A ce stade, alors que le mobile reste incertain, le parquet antiterroriste ne s’est pas saisi de l’affaire.
Avant d’être tué, Kamel S. a crié aux forces de l’ordre : « Allahou Akbar, si vous rentrez, je vous fume. » Les policiers ont utilisé leur arme de service après avoir tenté de maîtriser l’homme avec des pistolets à impulsion électrique. Fiché « S » pour radicalisation religieuse, cet ancien chauffeur de bus avait fait l’objet d’une procédure pour apologie du terrorisme, classée sans suite en 2016. Il connaissait des problèmes psychiatriques et familiaux. « Le profil de l’assaillant est plus celui d’un déséquilibré aux antécédents psychiatriques que celui d’un engagé répondant aux ordres d’une organisation terroriste », a déclaré le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, venu au commissariat de Trappes, jeudi.

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                Trappes : deux personnes tuées au couteau, la piste du différend familial privilégiée



Image peu flatteuse
L’organisation Etat islamique (EI) a néanmoins très rapidement revendiqué l’attaque, par le biais de son organe de propagande Aamaq, quelques dizaines de minutes seulement après la médiatisation de l’affaire. Mais la rapidité de cette revendication, s’ajoutant au profil de l’assaillant et au lien familial qui l’unit à deux des victimes, interpellent les experts du mouvement djihadiste. Ces derniers mois, l’organisation terroriste a attribué de façon opportuniste plusieurs tueries à ses « soldats », dont celle de Manille en juin 2017 ou celle de Las Vegas en octobre 2017, sans que les enquêteurs parviennent à établir de réels liens entre les auteurs des attaques et l’EI. Mercredi 22 août, un message audio attribué à Abou Bakr Al-Baghdadi avait été diffusé sur la messagerie instantanée Telegram, dans lequel le chef de l’EI appelait à poursuivre le djihad.
Malgré la prudence des autorités judiciaires et du gouvernement concernant l’attaque de Trappes, les réactions politiques n’ont pas tardé. Seulement deux heures après les faits, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a critiqué, sur Twitter, un « gouvernement qui persiste à minimiser le terrorisme islamiste et refuse de prendre les mesures pour éradiquer cette idéologie meurtrière ». Deux conseillers départementaux Les Républicains des Yvelines ont rappelé dans un communiqué qu’ils continuaient de « tirer la sonnette d’alarme sur la menace de la radicalisation islamiste à Trappes ». Cette commune de 32 000 habitants, minée par les difficultés économiques et sociales, souffre d’une image peu flatteuse, alors que plusieurs dizaines de ses habitants ont rejoint les rangs de l’EI au cours des dernières années. Une seconde enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale afin de « vérifier la régularité de l’ouverture du feu » par les policiers, a indiqué le parquet de Versailles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Estimant que la plate-forme avait défavorisé des candidats issus de quartiers populaires, des particuliers et des élus avaient saisi l’institution.
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Parcoursup : le Défenseur des droits enquête sur des soupçons de discrimination

Estimant que la plate-forme avait défavorisé des candidats issus de quartiers populaires, des particuliers et des élus avaient saisi l’institution.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 12h52
    |

            Camille Stromboni








                        



                                


                            
Parcoursup a-t-il été discriminant envers certains lycéens ? C’est l’une des interrogations auxquelles le Défenseur des droits a décidé de répondre en ouvrant une instruction sur le fonctionnement de la nouvelle plate-forme d’admission dans l’enseignement supérieur, à la suite des réclamations reçues. « J’entends traiter ces questions de manière prioritaire », écrit même Jacques Toubon, dans un courrier en date du 8 août adressé à Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

L’élu socialiste a saisi l’institution en juillet, s’inquiétant de « l’opacité » des « algorithmes locaux » mis en place dans les établissements pour classer les dossiers des 812 000 candidats aux études, tout en pointant son sentiment d’une « discrimination supplémentaire à l’égard des jeunes de quartiers populaires ». « J’espère que nous pourrons enfin avoir les réponses aux questions que nous posons depuis le mois de mai », se félicite le président du département le plus jeune et défavorisé de France métropolitaine, qui a interpellé la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, au printemps.
Au lendemain des premières réponses des formations aux candidats, le 22 mai, certains lycéens, enseignants et syndicats ont accusé les nouvelles règles d’avoir pu défavoriser celles et ceux qui ne viendraient pas du bon lycée ou du bon territoire. Notamment les jeunes de banlieue parisienne, qui s’estimaient également évincés des filières de Paris intra-muros. Des discriminations alors démenties du côté du gouvernement.
Absence de transparence
Avec la réforme de la loi orientation et réussite des étudiants, les universités – comme les filières sélectives le faisaient déjà – ont procédé, pour la première fois, au classement des dossiers des candidats. Les critères employés par chaque établissement ont été multiples : bulletins de notes, lettre de motivation, CV, avis du conseil de classe de terminale,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Le cardinal, cité 206 fois dans une enquête sur des abus sexuels perpétrés par des prêtres de Pennsylvanie, a renoncé à se rendre en Irlande.
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Donald Wuerl, l’archevêque de Washington, dans la tourmente

Le cardinal, cité 206 fois dans une enquête sur des abus sexuels perpétrés par des prêtres de Pennsylvanie, a renoncé à se rendre en Irlande.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 11h02
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            

La rentrée s’annonçait chargée et prolifique pour le cardinal Donald Wuerl, l’une des figures de l’épiscopat américain : un discours d’introduction lors de la Rencontre mondiale des familles, à Dublin, samedi 25 août ; la sortie de deux livres sur la foi et l’Eglise, en septembre et octobre. Mais, quelques jours après les révélations d’abus sexuels perpétrés dans des diocèses de Pennsylvanie, où il fut évêque durant dix-huit ans, l’archevêque de Washington a préféré renoncer à son déplacement en Irlande ; la publication d’au moins l’un de ses ouvrages, malencontreusement intitulé « Que voulez-vous savoir ? », est reportée sine die. Une pétition signée par plus de 7 000 personnes demande sa démission. Et, mercredi, le lycée catholique de Pittsburgh qui portait son nom a décidé de se débaptiser, « à la demande du cardinal », assure l’établissement.

En quelques jours, ce proche du pape François, dont la carrière a connu une ascension sans heurts, a été pris dans la tourmente du nouveau scandale de pédophilie, qui, seize ans après la déflagration venue de l’archidiocèse de Boston – qui a couvert des prêtres pédophiles pendant des années, comme l’a révélé une enquête du Boston Gobe –, entache de nouveau l’Eglise catholique aux Etats-Unis. Son nom est cité 206 fois dans le rapport rendu public le 14 août par un grand jury, à la suite d’une enquête des services du procureur de Pennsylvanie.
Le cardinal Wuerl, qui s’est toujours efforcé d’apparaître « du côté des victimes », a affirmé avoir agi « avec diligence pour éviter d’autres abus »
Elle a révélé des abus sexuels perpétrés par plus de 300 « prêtres prédateurs », dont ont été victimes au moins 1 000 enfants entre les années 1940 et 2010. Elle dénonce avec virulence le rôle de la hiérarchie catholique qui a couvert ces crimes. Selon les rapporteurs, Donald Wuerl, qui, durant ses années passées à Pittsburgh (de 1988 à 2006), a été confronté à 32 prêtres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Les catholiques attendent des mesures du pontife lors de la Rencontre mondiale des familles, les 25 et 26 août.
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En Irlande, le pape François face aux scandales de pédophilie

Les catholiques attendent des mesures du pontife lors de la Rencontre mondiale des familles, les 25 et 26 août.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
25.08.2018 à 06h40
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Le dernier (et premier) pape à s’être rendu en Irlande était Jean Paul II. Lors de sa visite, à l’automne 1979, l’écrasante majorité des Irlandais allait à la messe tous les dimanches. La contraception était difficile d’accès, le divorce interdit, l’avortement passible de prison à vie, l’homosexualité d’emprisonnement. Les politiques et l’institution ecclésiale partageaient des valeurs et cela se traduisait en de nombreux domaines par l’imbrication de l’Eglise et de l’Etat. La violence qui dominait alors l’actualité et les esprits était celle des affrontements entre catholiques et protestants, en Irlande du Nord. A Drogheda, sur la côte est, le pontife polonais y avait consacré l’essentiel de son homélie. « Je vous supplie à genoux de vous détourner des sentiers de la violence », avait-il lancé aux jeunes Irlandais.

Trente-neuf ans plus tard, c’est une autre Irlande que devait rencontrer François, samedi 25 et dimanche 26 août, à l’occasion de la clôture des rencontres mondiales de la famille, organisées tous les trois ans par l’Eglise catholique. La pratique religieuse y demeure l’une des plus élevées d’Europe et 90 % des élèves sont toujours scolarisés dans des institutions catholiques. Mais trois référendums symbolisent le chemin parcouru : le divorce a été légalisé en 1995 par 50,3 % des votants, le mariage entre personnes du même sexe en 2015 par 62,07 %, l’interruption volontaire de grossesse le 25 mai 2018 par 66,4 % des voix.
Surtout, au cours des années 1990 et 2000, les Irlandais ont découvert les innombrables violences, notamment sexuelles, commises sur des enfants et des femmes, par des prêtres ou derrière les portes d’institutions administrées par l’Eglise catholique. Des prêtres pédophiles ont été protégés, des bébés de « filles-mères » exploitées par des religieuses dans des blanchisseries ont été vendus, des élèves de collèges, d’orphelinats et de centres d’apprentissages ont été battus, humiliés et certains violés.
Dans...




                        

                        


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Appels aux urgences : les SAMU accusés de ne pas toujours décrocher

Les urgentistes ont tenté de relativiser des chiffres évoquant 4,6 millions d’appels sans réponse en 2016. Le ministère promet une réforme pour septembre.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 15h03
    |

            Gaëlle Dupont








                        


Plusieurs responsables des SAMU relativisent les chiffres alarmants publiés jeudi 23 août par le magazine Le Point, qui affirme que plus de 15 % des appels passés aux services d’urgences médicales n’obtiennent aucune réponse. Exploitant des statistiques publiées par le ministère de la santé, l’hebdomadaire dévoile que 4,6 millions d’appels téléphoniques passés en 2016 sur un total de 29,1 millions n’ont pas été décrochés.
Une grande disparité géographique est mise en évidence. Certains services affichent un taux brut d’appels décrochés de 100 %, comme Auxerre, Verdun (Meuse), Mende, Tours, Nice, ou Annecy. En queue du classement, deux SAMU situés dans les DOM (Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe et Fort-de-France, en Martinique), Perpignan, Laon, Garches (Hauts-de-Seine), Bobigny et Paris.
Dans la capitale, 49,8 % des appels seulement sont décrochés, selon le magazine. Après l’affaire Naomi Musenga, décédée le 29 décembre 2017 après un refus de prise en charge, inadapté et irrespectueux du SAMU de Strasbourg, ces chiffres remettent de nouveau en cause leur efficacité.

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Erreurs et faux numéros
Ils font cependant bondir les responsables de ces services. « Dans cette masse d’appels [non décrochés], il y a certainement des personnes qui n’arrivent pas à joindre le SAMU mais il y a aussi tous les appels de poche, toutes les erreurs, toutes les fausses numérotations, a affirmé jeudi sur RTL François Braun, président de SAMU-Urgences de France. Il n’y a pas 4,6 millions de patients qui n’arrivent pas à joindre le SAMU, ce serait un scandale sanitaire qui n’aurait pas attendu des années pour sortir. »
Les données publiées par Le Point sont également contestées par Pierre Carli, chef de service du SAMU de Paris et président du Conseil national des urgences hospitalières. « Quand on enlève les appels interrompus au bout de quinze secondes, qui sont soit des erreurs, soit passés par des robots, des faxs, etc., le taux de réponse monte à 76 % d’appels décrochés à Paris, et le temps moyen de réponse est de quarante-huit secondes, affirme ce dernier. Ce qui ne veut pas dire que le système ne doit pas être amélioré. » 
Qu’advient-il des personnes qui cherchent véritablement à joindre le SAMU sans y parvenir ? « Elles peuvent raccrocher et rappeler, appeler plusieurs services d’urgence en même temps, poursuit M. Carli. Il n’y a en tout cas pas d’impact sanitaire. Je n’ai pas entendu parler de mort suspecte d’individus après un défaut de prise en charge à Paris en 2016. »

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« Manque de moyens »
Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France et l’un des responsables de la CGT-Santé estime, au contraire, que le constat du Point est « juste ». « Cela fait des années que nous dénonçons un manque de moyens pour faire face à une activité en augmentation constante », souligne-t-il.
L’amélioration du service passe, en outre, par une « réorganisation du système », selon M. Prudhomme, en particulier une mutualisation entre le 15 et le 18. L’idée d’un numéro d’appel commun à toutes les urgences fait partie des pistes étudiées par le gouvernement, qui à la suite de la révélation de l’affaire Musenga a promis une réforme, mais elle suscite des réticences. « Le 15 est une machine qui permet de joindre un médecin vingt-quatre heures sur vingt-quatre et d’éviter d’aller aux urgences si ce n’est pas nécessaire, plaide M. Carli. Sa suppression ne serait pas forcément une bonne affaire. » Un numéro unique consacré aux seules urgences médicales est une piste alternative. La solution retenue devrait être annoncée en septembre.
Le ministère de la santé estime, de son côté, que l’enquête du Point met en évidence « une réalité, qui n’est pas forcément une généralité », à laquelle le travail d’amélioration lancé après l’affaire Musenga devra répondre. « Les professionnels ont fait des propositions qui doivent désormais être mises en œuvre dans trois domaines : la formation des personnels, l’harmonisation des pratiques sur le territoire, et le contrôle qualité, ce qui inclut l’amélioration du taux d’appels décrochés », affirme-t-on au ministère.

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                Affaire Naomi Musenga : les zones d’ombre de l’hôpital de Strasbourg






                            


                        

                        


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Le lobby de l’alcool s’invite dans le débat sur la santé

Les professionnels du monde médico-social se désolent de ne pas être entendus par le gouvernement dans la lutte contre l’addiction à l’alcool.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 09h36
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 12h37
    |

            François Béguin et 
Laurence Girard








                        



                                


                            

Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, en mai 2017, la filière viticole vole de victoire en victoire, entraînant dans son sillage les lobbys de la bière, des spiritueux et des vins d’apéritif, qui pour la première fois présentent un front uni pour défendre leurs intérêts.
Dès les premiers jours du quinquennat, le ton est donné, avec la nomination au poste de conseillère agriculture à l’Elysée d’Audrey Bourolleau, l’ancienne déléguée générale de Vin & Société, l’organisme chargé de défendre les intérêts de la filière. Son principal fait d’armes ? L’obtention, lors de l’examen de la loi santé en 2015, d’un nouveau détricotage de la loi Evin encadrant la publicité sur les boissons alcoolisées en France, avec la bénédiction du président de la République François Hollande, mais aussi de son ministre de l’économie… Emmanuel Macron.
Depuis l’accession de celui-ci à l’Elysée, il n’y a certes pas eu de nouvel accroc à cette loi, par ailleurs déjà bien malmenée au vu de l’omniprésence des publicités pour l’alcool. Mais la perspective s’éloigne chaque jour un peu plus d’un grand plan de lutte contre l’addiction à l’alcool, pourtant à l’origine de près de 50 000 morts par an en France. « Tant que je serai président, il n’y aura pas d’amendement pour durcir la loi Evin », annonce le chef de l’Etat le 22 février en marge du Salon de l’agriculture. « Moi, je bois du vin le midi et le soir. Je crois beaucoup à la formule de Pompidou : “N’emmerdez pas les Français’’ », ajoute-il, en s’adressant – notamment – aux 558 000 personnes travaillant dans le secteur du vin en France.

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, ancienne président de l’Institut national du cancer (INCA), est, elle, séchement renvoyée dans ses cordes. Quelques jours plus tôt, elle avait cru pouvoir rappeler que le vin était un « alcool comme les autres ». Dans ce contexte, les professionnels de l’addictologie se désolent de ne pas être...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ La mère de Pierre considère que le SMS, dans lequel il lui lègue une part de son patrimoine, vaut testament, ce que contestent la veuve et les enfants : le code civil impose en effet que le testament soit écrit, daté et signé de la main du testateur.
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