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                 |                 24.08.2018 à 17h00
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            Olivier Zilbertin

















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C’est un message publicitaire que l’on a beaucoup vu cet été sur les petits écrans. Insérés entre les matches de la Coupe du monde de football en Russie, des spots d’une quarantaine de secondes invitaient les téléspectateurs à « filmer le foot, pour le sublimer ». « Avec un iPhone X », précisait logiquement la réclame signée Apple.
Filmer avec un téléphone : on sait que l’idée n’est plus aussi saugrenue depuis que nos mobiles sont dotés de solides compétences en matière de vidéo. Les marques communiquent d’ailleurs plus volontiers aujourd’hui sur les qualités des optiques que sur celles des communications… Il faut dire que les smartphones ont un avantage indéniable sur les caméras : ils sont toujours à portée de main, prêts à saisir le moindre événement, d’une simple pression sur un bouton. « Avant, on n’avait pas de proximité avec les outils, rappelle Gérard Krawczyk, le réalisateur entre autres de Taxis 2 et de Fanfan la Tulipe. Il fallait louer une caméra, avoir des accointances dans un labo pour développer, une table de montage, etc. Aujourd’hui tout le monde a cette caméra et peut essayer de faire du cinéma. Mais finalement, c’est comme en littérature : tout le monde a un stylo et un cahier mais tout le monde n’est pas Victor Hugo. » 
Clips des rappeurs Lomepal, Chilla et Reef
Enregistrer une courte séquence prise sur le vif est une chose, faire du cinéma en est une autre. « Ce qui compte plus que tout : le travail et la créativité », insiste le site Lesothers.com, dans son article « Le guide ultime pour réaliser des vidéos de qualité à l’iPhone », tandis que sur le Canal des métiers, une série de tutoriels expliquent quelques règles de base pour réussir simplement son film perso. Vérifier par exemple que l’on dispose de suffisamment d’espace de stockage sur son téléphone, ou effectuer quelques réglages de la mise au point automatique avant la prise de vue. Et surtout :...


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Olivier Zilbertin
    













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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Dans « Guy », son deuxième film en tant que réalisateur, l’humoriste incarne un vieux crooneur incapable de décrocher. Un double qui lui permet de conjurer le temps qui passe.
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Alex Lutz : « Guy, c’est moi dans trente ans »


                      Dans « Guy », son deuxième film en tant que réalisateur, l’humoriste incarne un vieux crooneur incapable de décrocher. Un double qui lui permet de conjurer le temps qui passe.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h08
    |

                            Pascale Nivelle








                              

                        

Avis à ceux qui iront voir Guy, le deuxième film réalisé par Alex Lutz : le risque de sortir avec une scie en tête est élevé. Les paroles (« Dadoudidoudida, Dadoudidoudida, notre chanson d’autrefois ») s’envolent, mais la musique est un authentique tube en plomb, fabriqué sur mesure pour le héros, un vieux crooneur qui mourra en chantant son disque d’or des seventies. Guy Jamet a la mâchoire qui tombe et une hanche en plastique. Accroché à son Scopitone et à ses derniers cheveux blancs, il continue de faire chavirer ses fans dans les maisons de retraite, passe chez Drucker et réenregistre son tube pour la millième fois avec Julien Clerc (dans son propre rôle) au piano.
Guy, « c’est le portrait d’Alex, à la fois tout ce qu’il aime et tout ce qu’il déteste. » Le producteur Oury Milshtein
Derrière le cliché à haut danger pathétique de Guy, il y a Alex Lutz, 40 ans, interprète de son propre film, et méconnaissable après cinq heures de maquillage. Egalement scénariste et chanteur, il s’est projeté dans le temps. « Guy, c’est moi dans trente ans, un mec qui ne renoncera jamais. » Humoriste, Lutz connaît la route, les salles des fêtes et les hôtels avec de la moquette sur les murs. Quand son one-man-show atterrit à La Teste-de-Buch (Gironde), ses affiches recouvrent celles de Patrick Juvet ou de Michèle Torr, passés par là peu avant. Ces « vieux lions qui ne lâchent rien » ont inspiré son personnage, au point qu’il s’est identifié à lui dans une « mise en abyme » casse-gueule mais très réussie.

Certains jours, sur le tournage de Guy, le producteur Oury Milshtein a éprouvé un sentiment de vertige. La transformation était telle qu’il avait oublié Lutz et croyait s’adresser à Guy Jamet : « C’est le portrait d’Alex, à la fois tout ce qu’il aime et tout ce qu’il déteste. » Un artiste shooté à la célébrité : « Guy est conscient que notre métier est truffé de pièges...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Le cinéaste, opposé à l’annexion de la Crimée par Moscou, est détenu en Russie, où il a cessé de s’alimenter depuis plus de cent jours.
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Russie : Pompeo exige de « libérer immédiatement » le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov

Le cinéaste, opposé à l’annexion de la Crimée par Moscou, est détenu en Russie, où il a cessé de s’alimenter depuis plus de cent jours.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 23h03
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 07h42
   





                        


Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a exhorté jeudi 23 août son homologue russe, Sergueï Lavrov, à « libérer immédiatement » le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, en grève de la faim depuis plus de cent jours.
Oleg Sentsov, opposé à l’annexion de la Crimée par Moscou, est détenu en Russie, où il a cessé de s’alimenter le 14 mai. Washington estime qu’il s’agit d’un « prisonnier politique ». « Le secrétaire d’Etat a fait part de notre inquiétude au sujet de la santé de Sentsov et a exhorté la Russie à le libérer immédiatement ainsi que tous les prisonniers politiques ukrainiens », a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine, Heather Nauert.

        Lire aussi la tribune :
         

          « Il faut agir vite pour ne pas laisser Oleg Sentsov mourir »



Oleg Sentsov, 42 ans, n’est maintenu en vie que par les compléments alimentaires injectés par l’administration pénitentiaire russe. Il exige la libération de « tous les prisonniers politiques » ukrainiens emprisonnés en Russie.
En dépit des nombreux appels d’écrivains, d’acteurs ou de cinéastes occidentaux, Moscou a refusé jusqu’ici de céder, arguant des accusations de « terrorisme » lui ayant valu sa condamnation et assurant que le réalisateur devait demander une grâce pour obtenir sa remise en liberté, ce qu’il n’entend pas faire.
Oleg Sentsov a été condamné en 2015 à vingt ans de détention pour « terrorisme » et « trafic d’armes » à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par Amnesty International et dénoncé par Kiev, l’Union européenne et les Etats-Unis. Les appels en faveur de sa libération se sont multipliés à l’occasion de son 100e jour de grève de la faim, mardi.

        Lire la tribune :
         

          « Oleg Sentsov peut mourir à chaque minute qui passe »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Figure mythologique emblématique de la fantasy, le dragon d’aujourd’hui en dit long sur notre contexte social, nos craintes et notre rapport à la nature.
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Du monstre diabolique à l’animal domestique, qu’est-il arrivé au dragon ?

Figure mythologique emblématique de la fantasy, le dragon d’aujourd’hui en dit long sur notre contexte social, nos craintes et notre rapport à la nature.





LE MONDE
 |    23.08.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 14h54
    |

                            Elisa Thévenet





Krokmou, Saphira, Spyro, Mushu, Viserion… depuis vingt ans, le dragon envahit les rayons des librairies, le grand écran et les consoles de jeux. De Game of Thrones à Dragons, il est devenu un élément essentiel de la fantasy. Cracheurs de feu, gardiens d’une source ou d’un trésor, aux écailles d’argent, de cuivre ou d’émeraude, ailés ou marins, au souffle fétide ou à deux têtes, le bestiaire des œuvres s’enrichit chaque année de nouveaux spécimens. Archétype incontournable, le dragon se glisse depuis des millénaires dans les récits occidentaux – avec une trajectoire très différente de celle de ses homologues asiatiques.
Témoin d’un contexte social et politique, le dragon du XXIe siècle puise ses origines dans l’œuvre de J. R. R. Tolkien. Le 30 août, Harper Collins publie une réédition enrichie du mythe fondateur de l’œuvre de l’auteur du Seigneur des Anneaux, La Chute de Gondolin. Ce conte posthume esquisse les éléments clés de l’imaginaire de l’écrivain : un seigneur des ténèbres assoiffé de destruction, des elfes gardiens de l’équilibre du monde, un héros ordinaire et surtout… des dragons !
Philologue médiéviste et spécialiste des langues nordiques, Tolkien a puisé dans le poème épique Beowulf et les épopées finlandaises pour façonner son univers. « Les dragons de Tolkien sont directement inspirés du Moyen Age et du folklore nordique, mais il les a affranchis de leur dimension bestiale pour en faire des créatures évoluées, intelligentes, capables de manipuler les hommes », explique Anne Besson, professeure de littérature générale et comparée à l’université d’Artois.
« Aujourd’hui, quand on pense à un dragon, il est difficile de faire abstraction de l’image proposée par Tolkien », renchérit Justine Breton, docteure en littérature médiévale et spécialiste du médiévisme et de la fantasy. Gardien de trésors arrogant à la voix caverneuse, à l’instar de l’incarnation cinématographique de Smaug dans Le Hobbit de Peter Jackson (2012), les dragons de la Terre du milieu sont les héritiers de l’imagerie chrétienne médiévale.
« Hic sunt dracones » (« ici sont des dragons »)
Si les premières représentations de dragons remontent à plus de six mille ans, la figure occidentale du monstre reptilien cracheur de feu s’est imposée avec la diffusion du christianisme. Dans l’Antiquité, les dragons, mentionnés dans les écrits d’Aristote et de Pline l’Ancien, étaient considérés comme des êtres supérieurs, qui précédaient l’origine du monde.
Au Moyen Age, le dragon quitte le territoire des cosmogonies pour investir les récits hagiographiques : l’archange saint Michel combat celui de l’Apocalypse et saint Georges terrasse celui de Lydda. « Le dragon se transforme en figure démoniaque, véritable incarnation du diable », analyse Mme Breton.

   


Symbole de la nature violente et des pulsions indomptées de l’homme, le dragon devient la cause de toutes les catastrophes naturelles : inondations, tremblements de terre, éruptions volcaniques, il est même accusé de répandre la peste par son souffle putride. Loin d’être considéré comme un mythe, il figure dans de nombreux bestiaires. Les naturalistes y étudient son anatomie, en s’appuyant sur des « témoignages oculaires » et des expéditions organisées dans des grottes et des lacs de montagne pour découvrir des ossements. Ce n’est qu’à partir du siècle des Lumières que la réalité du dragon est sérieusement remise en question. Pendant quelque temps, la créature se fait discrète.
Le dragon, symbole d’un monde en mutations
« C’est au XXe siècle, avec l’explosion de la fantasy, que le dragon commence son renouveau », s’enthousiasme Justine Breton. Derrière le potentiel narratif de la créature sommeille un symbolisme très actuel.
« Depuis l’Antiquité, chaque fois que l’homme ressent le besoin d’inscrire le dragon dans son histoire, c’est qu’il traverse une période de changement radical. Avec le nouveau millénaire, l’éclatement des frontières, nos anciennes peurs se sont réactivées », explique Daisy de Palmas Jauze, « dragonologue » et auteure de Les Dragons de la fantasy : legs du passé et renouveau (Panthéon, 2014).
Une analyse que complète Georges Bertin, socio-anthropologue : « Les grands récits fondateurs, ceux de l’Eglise et du marxisme, se sont effondrés, donc on a recours à l’archaïque. Dans un monde qui paraît chaotique, on fait appel à la figure du chaos. » Un chaos que l’on tente toutefois d’apprivoiser. Depuis la fin des années 1990, l’homme cherche à composer avec le dragon, à l’image d’Eragon dans l’œuvre de Christopher Paolini, ou d’Harold dans le premier tome de la saga de Cressida Cowell, Comment dresser votre dragon, adaptée par Dreamworks.

   


La figure du dragonnier s’est imposée comme un élément essentiel de la culture pop depuis La Ballade de Pern, d’Anne McCaffrey. Si le dragon a longtemps été comparé au serpent ou au lion, la créature du XXIe siècle s’apparente plus à un cheval ailé. « Le dragon permet de voyager librement, sans contrainte, à une rapidité folle, des caractéristiques que l’on recherche dans le monde d’aujourd’hui », commente Daisy de Palmas Jauze.
Au fil des pages, l’homme et l’animal s’apprivoisent et tissent des liens d’amitié. « Cette nouvelle relation avec le dragon, qui représente la nature préservée et indomptée, est liée à notre prise de conscience de la nécessité de préserver la planète et la diversité. Les littératures de l’imaginaire permettent d’en donner des figurations divertissantes. On s’émerveille plutôt que de se faire sermonner, mais on fait passer des messages », observe Anne Besson.
« Aujourd’hui, nous n’avons plus vraiment peur de la nature, nous avons compris que le plus gros danger sur cette planète, c’est nous », résume l’Américaine Marie Brennan, auteure de la saga Une histoire naturelle des dragons (L’Atalante, 2016). Un thème central à la « dragon fantasy », sous-genre théorisé par Daisy de Palmas Jauze : le dragon, représentant d’un peuple ancien, peut réapparaître à tout moment si l’homme met la planète en danger.

   


Et aujourd’hui, la technologie aidant, l’apparition ne se cantonne plus aux enluminures, le réalisme des dragons de la série Game of Thrones contribue à conférer au dragon une tangibilité nouvelle. « La technologie aurait dû le tuer, mais au contraire, elle lui a donné de nouveaux véhicules pour s’incarner. L’ordinateur lui a offert une plausibilité », rebondit Daisy de Palmas Jauze. De quoi ravir les passionnés : « Les dragons sont des créatures fabuleuses, elles existent dans toutes les cultures du monde ; je pense que quelque part, il y a des millénaires, il y a dû y avoir quelque chose. Toutes les légendes s’appuient sur une minuscule graine de faits ! », avançait, fin mai, l’écrivaine américaine de fantasy Robin Hobb, énigmatique, lors d’un entretien au Monde.

        Lire aussi :
         

                Robin Hobb : « Désormais, vous pouvez lire un bouquin de fantasy dans le bus »



Figure féminine qui n’a rien du hasard
Marie Brennan, Cressida Cowell, Sophie Audouin-Mamikonian… Depuis quelques années, une nouvelle génération d’auteures dans la lignée des œuvres progressistes et néopaïennes d’Anne McCaffrey s’est emparée de la créature mythique en l’affranchissant de sa représentation médiévale. Un clin d’œil amusant quand on sait que le dragon est une figure féminine. En effet, si Daenerys est la mère des dragons dans l’œuvre de George R. R. Martin (A Game of Thrones, etc.), cela n’a rien d’un hasard. Historiquement, le dragon renvoie à des figures féminines.

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Tiamat, le dragon à l’origine du monde dans la mythologie sumérienne, est une femelle, tout comme la plupart des créatures ailées des légendes françaises, comme la Vouivre du Jura et la Tarasque des eaux du Rhône. « Dans une époque d’affirmation du féminin dans l’espace social, la résurgence du dragon n’a rien d’étonnant », assure Georges Bertin. Dans Game of Thrones, la figure féminine de Daenerys submerge celle du dragon et crée un équilibre. C’est l’alliance entre les deux qui permet à l’héritière des Targaryen de s’affranchir de la tutelle des hommes.
Si le dragon s’est drastiquement humanisé au cours des dernières décennies, ce n’est pas sans danger, selon le professeur de philosophie Richard Mèmeteau : « Pour intégrer le dragon, on lui a fait perdre sa dimension bestiale ou on l’a réduit à sa force physique. C’est très américain comme idée, sauf que le dragon perd sa dimension de symbole. »
Les dragons de Khaleesi sont-ils autre chose qu’une arme surpuissante ? Jorge Luis Borges écrivait en 1957 dans son Livre des êtres imaginaires : « Le temps a considérablement émoussé le prestige des dragons. » Un regret que partage Richard Mèmeteau : « Est-ce qu’il reste encore un dragon dangereux, menaçant, qui peut avertir les hommes de leurs excès ? C’est bien de domestiquer nos peurs, mais peut-être qu’on est allé trop loin, à une époque où on devrait justement craindre ce que l’on engendre technologiquement. »




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Kevin Spacey visé par une nouvelle accusation d’agression sexuelle

Les faits remontent au mois d’octobre 2016. Une première plainte pour des faits bien plus anciens, datant de 1992, avait déjà été déposée à Los Angeles en avril 2018.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 12h07
   





                        



   


Le bureau du procureur de Los Angeles a annoncé, mercredi 22 août, qu’il examinait une seconde plainte pour agression sexuelle visant l’acteur américain Kevin Spacey.
« Une plainte pour agression sexuelle a été déposée [mardi] par le bureau du shérif du comté de Los Angeles impliquant Kevin Spacey. Elle est actuellement étudiée », a expliqué dans un communiqué le porte-parole de cette cellule spéciale, créé en novembre dernier par la procureure Jackie Lacey pour examiner les accusations d’abus sexuels contre les grands noms de Hollywood.
Si le procureur de Los Angeles n’a pas souhaité communiquer sur la nature exacte des accusations, ni l’identité de la victime, le bureau du shérif du comté a précisé que l’enquête a commencé en mai et concerne des faits datant du mois d’octobre 2016.
C’est la seconde plainte concernant des faits d’agressions sexuelles impliquant Kevin Spacey qu’examine le bureau du procureur de Los Angeles. La première plainte, déposée en avril, concerne des faits bien plus anciens, remontant à 1992. Elle est toujours « en cours d’examen ». L’acteur fait également l’objet de six enquêtes à Londres.

        Lire aussi :
         

                Kevin Spacey, un fantôme à Hollywood



Plus de trente accusations
Plus de trente hommes affirment avoir subi des avances sexuelles non consenties de la part de l’acteur qui a reçu l’Oscar du meilleur acteur pour le film American Beauty en 2000.
Parmi eux, l’acteur Anthony Rapp, quatorze ans au moment des faits, accuse Spacey d’avoir tenté de l’agresser sexuellement lors d’une soirée en 1986. Kevin Spacey, 26 ans à l’époque, se serait jeté sur lui au cours d’une soirée arrosée dans son appartement de New York. Kevin Spacey avait réagi en expliquant qu’il n’avait pas de souvenirs de cet incident.
Depuis les accusations d’Anthony Rapp, en octobre 2017, la carrière de Kevin Spacey plonge. En novembre, Netflix, la société de vidéos à la demande, a cessé ses relations avec la star de la série House of Cards, dont il était le principal acteur. La sixième et dernière saison, prévue pour le 2 novembre, se fera sans lui.
De nombreuses scènes du dernier film de Ridley Scott, All the Money in the World, sorti en décembre dernier, ont été retournées pour remplacer les apparitions de Kevin Spacey par l’acteur Christopher Plummer.
Ce week-end encore, un film avec l’acteur de 59 ans en haut de l’affiche, Billionaire Boys Club, a fait un flop monumental au box-office nord-américain, en n’empochant que quelques centaines de dollars de recettes.

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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ L’acteur Jimmy Bennett, qui affirme avoir subi sur une agression sexuelle commise par l’actrice, a dit pourquoi il n’avait pas parlé jusqu’ici.
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« Le traumatisme a refait surface », explique l’accusateur d’Asia Argento

L’acteur Jimmy Bennett, qui affirme avoir subi sur une agression sexuelle commise par l’actrice, a dit pourquoi il n’avait pas parlé jusqu’ici.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 08h10
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 09h31
   





                        


L’acteur Jimmy Bennett, qui a accusé Asia Argento de l’avoir agressé sexuellement en 2013, est sorti de son silence jeudi 23 août, trois jours après la révélation de cette affaire par le New York Times. « Je n’ai rien dit ces derniers jours ou dernières heures car j’avais honte et peur d’être pris dans le débat public », a-t-il écrit déclaré sur son compte Instagram.
Il explique également ne pas avoir parlé à l’époque des faits car il pensait qu’« une telle situation, pour un homme, dans notre société, serait stigmatisée ».
« Je n’ai pas parlé publiquement de cette histoire au début, car j’ai choisi de le faire en privé avec la personne qui m’a fait du tort. J’étais mineur à l’époque. (…) Je ne pensais pas que les gens comprendraient ce qui s’est passé du point de vue d’un adolescent. »
Mais « le traumatisme a refait surface » après que l’actrice italienne – qu’il ne nomme à aucun moment dans sa déclaration – s’est présentée elle-même comme victime de Harvey Weinstein, a-t-il souligné.

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Démenti d’Asia Argento
Ces premières déclarations publiques de Jimmy Bennett interviennent après un démenti d’Asia Argento, qui a nié mardi « avoir jamais eu de relation sexuelle avec Bennett ». Dans un communiqué, l’actrice a dit lui avoir donné de l’argent par amitié, et pour l’aider face à des difficultés financières.
Les accusations de l’acteur, de vingt ans plus jeune qu’Asia Argento, ont été révélées dimanche par le New York Times à partir de documents envoyés au quotidien par une source anonyme. Selon ces documents, l’actrice aurait agressé sexuellement M. Bennett lorsqu’il avait 17 ans, dans une chambre d’hôtel de Californie. Elle aurait ensuite essayé d’étouffer l’affaire en lui versant 380 000 dollars.
Les accusations à son encontre ont jeté un pavé dans la mare du mouvement #metoo, dont elle était jusqu’ici une des figures de proue. Elle fut l’une des premières, en octobre dernier, à accuser Harvey Weinstein de l’avoir violée, en 1997.
Depuis, près de cent femmes ont accusé l’ex-puissant producteur de cinéma d’agressions sexuelles, entraînant un vaste mouvement de dénonciation des abus sexuels commis par des hommes de pouvoir de tous les milieux.

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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Pour s’abonner, les utilisateurs français sont désormais redirigés vers le site mobile, pour éviter la commission de 30 % que prennent ces plates-formes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/08/2018
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App Store, Google Play… Netflix ne veut plus passer à la caisse

Pour s’abonner, les utilisateurs français sont désormais redirigés vers le site mobile, pour éviter la commission de 30 % que prennent ces plates-formes.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 18h41
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 10h23
    |

            Vincent Fagot








                        



   


Est-ce le début d’une bataille de titans, opposant Netflix à Google et Apple ? Selon l’article publié, mardi 21 août, par le site américain TechCrunch, la plate-forme de vidéo en ligne teste un nouveau parcours d’abonnement dans trente-trois pays (dont la France) à destination des nouveaux utilisateurs ayant téléchargé son application sur l’App Store d’Apple : ceux-ci sont désormais automatiquement redirigés vers le site mobile de Netflix pour finaliser leur achat.
L’intérêt pour Netflix ? Echapper, pour ces nouveaux abonnés, à la commission de 30 % que ponctionne la marque à la pomme. Du côté de Netflix, on tente de nuancer le sens de cette initiative : « Nous faisons sans cesse des essais pour améliorer le parcours d’inscription afin de mieux comprendre ce que nos membres préfèrent. »
La société effectue ainsi environ 250 tests par an, que ce soit sur son parcours d’abonnement ou sur l’ergonomie de sa page d’accueil. Ces essais consistent à exposer une partie de son audience à de nouvelles fonctionnalités. En fonction de l’intérêt suscité auprès des utilisateurs, ces innovations sont ou non déployées.
130 millions d’utilisateurs
Mais l’initiative n’est pas isolée : depuis le mois de mai, Netflix ne permet plus aux utilisateurs d’appareils Android de souscrire un nouvel abonnement ou de se réinscrire via le service Google Play – qui impose le même niveau de commission qu’Apple (30 % au premier abonnement, puis 15 % à chaque renouvellement annuel). Ils sont directement facturés par Netflix. Pour un service qui compte 130 millions d’utilisateurs, l’intérêt de ne plus payer ces commissions est évident.
Désireux de réduire sa dépendance au duopole Apple-Google, Netflix multiplie aussi les partenariats avec des acteurs tels que les fournisseurs d’accès à Internet ou les fabricants de téléviseurs, qui se montrent moins gourmands tout en lui offrant une bonne visibilité sur les interfaces de leurs produits.
Netflix n’est pas la première compagnie à contester le modèle imposé par les deux géants du numérique. Depuis trois ans au moins, le service de musique en ligne Spotify est en guerre contre Apple, dont le service Apple Music est un concurrent direct.
En 2016, une version de son application lui permettant de contourner le passage à la caisse chez Apple n’avait pas été validée par la marque à la pomme. Depuis, les utilisateurs sont incités à s’abonner directement sur le site de Spotify où le service est 23 % moins cher que sur l’App Store.
Récemment, c’est le jeu vidéo à succès Fortnite qui a annoncé qu’il ne serait plus présent sur le Play Store de Google : « Cela représente un coût élevé pour les développeurs qui doivent déjà couvrir tous les coûts de développement, d’exploitation et de support de leurs jeux. Et il est disproportionné par rapport au coût des services fournis par ces magasins », s’est justifié Tim Sweeney, le patron d’Epic Games, l’éditeur du jeu, sur le site spécialisé Eurogamer.
Magasins incontournables pour les petits acteurs
Ces magasins d’applications restent toutefois incontournables pour les acteurs de petite et moyenne tailles qui y voient bien des avantages : toute une gamme d’outils mis à leur disposition pour développer à moindres frais (des systèmes de géolocalisation aux dispositifs de réalité augmentée) ; la garantie de pouvoir atteindre immédiatement une audience mondiale.
Et pour ceux qui proposent des services payants (abonnement, achats intégrés), des solutions particulièrement efficaces pour faire passer l’utilisateur à la caisse : les utilisateurs se sont habitués, sur ses plates-formes, à réaliser leurs achats d’un simple geste sans même avoir à saisir d’informations les concernant, celles-ci ayant été préalablement renseignées à l’ouverture du compte. Quant à ceux qui y souscrivent des abonnements, le renouvellement se fait automatiquement… « Rendre l’abonnement aussi fluide, c’est la grande force de ces magasins d’application. Toute étape que vous rajoutez à ce processus réduit vos chances de finaliser la transaction », explique Thierry Guiot, directeur pour l’Europe du Sud d’App Annie, société d’analyse du marché des applications.
Oser sortir de cet environnement présente donc un certain nombre de risques. Ne peuvent se le permettre que des sociétés ayant déjà une popularité mondiale, et portées par une forte demande. Ce qui est le cas de Netflix et Epic Games.
Si leurs initiatives se révélaient gagnantes, elles peuvent faire des émules et ainsi mettre sous pression Google, et plus encore Apple, qui réalise près de 18 % de son chiffre d’affaires grâce à l’App Store.
Quelles pourraient être leur réponse ? Compliquer l’accès à ces services sur leur plate-forme, comme Apple l’a fait en 2016 avec Spotify, les exposerait à des accusations de politique anticoncurrentielle – en particulier, pour Apple qui ambitionne de rivaliser avec Netflix dans le secteur du streaming vidéo. L’autre option consisterait à revoir leurs commissions à la baisse. Les paris sont ouverts.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ La mannequin et actrice a engagé une action en justice lundi pour des faits remontant à 2006, durant le Festival de Cannes.
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L’actrice allemande Emma Loman porte plainte pour viol contre Harvey Weinstein

La mannequin et actrice a engagé une action en justice lundi pour des faits remontant à 2006, durant le Festival de Cannes.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 10h18
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 12h01
   





                        



   


L’actrice allemande Emma Loman a engagé une action en justice contre Harvey Weinstein, accusant le producteur déchu de l’avoir violée en 2006, pendant le Festival de Cannes.
Selon la plainte déposée lundi 20 août à Los Angeles, Harvey Weinstein, qui a rencontré Emma Loman en 2004 à la Mostra de Venise, l’invite deux ans plus tard au Festival de Cannes pour discuter de sa carrière. D’abord méfiante, l’actrice finit par accepter : M. Weinstein, qui règne alors sur Hollywood, se montre insistant, un assistant l’appelant jusqu’à 30 fois par jour, selon le document judiciaire.
Si lors des premières réunions de travail à Cannes, le producteur se montre très professionnel, indique le texte, ce comportement change lorsqu’il invite Emma Loman dans la suite de son hôtel, en principe pour discuter de rôles pour elle dans ses films. « Weinstein a mis rapidement de côté son attitude professionnelle. Au lieu de ça, il a maîtrisé Loman et l’a violée (…), dit la plainte. Effrayée par l’idée que personne ne la croirait et d’une possible vengeance de la part d’une puissante figure, Loman a gardé le silence. » 

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                Aux origines de #MeToo



Mis en cause par une centaine de femmes
La mannequin devenue actrice ne s’est sentie en mesure de poursuivre le producteur qu’après les révélations en cascade à son encontre à la fin 2017, détaille le texte.
Mis en cause par une centaine de femmes pour des abus sexuels, Harvey Weinstein a été formellement inculpé de viol, d’acte sexuel forcé et de fellation forcée sur trois femmes. Il plaide non coupable et assure que toutes ces relations sexuelles ont été consenties.
Emma Loman poursuit M. Weinstein notamment pour agression, violation des lois contre le trafic d’être humain et atteinte à l’intégrité physique. Contacté par l’AFP, l’agent de Weinstein n’avait pas donné suite dans l’immédiat.


Notre sélection d’articles sur l’affaire Weinstein
Retrouvez les contenus de référence du Monde sur l’affaire Harvey Weinstein :
Aux origines de l’onde de choc mondiale : comment des révélations du New York Times puis du New Yorker ont entraîné la fin d’un des derniers moguls du cinéma. Lire notre récit sur la chute d’Harvey Weinstein Au fil des semaines, la liste des victimes du producteur s’est allongée pour devenir vertigineuseLe scandale a produit une déflagration inédite dans le septième art : l’industrie du cinéma s’est retrouvée confrontée à ses pratiquesL’affaire a aussi entraîné une vaste libération de la parole des femmes : « Nous sommes si nombreuses que c’en est impressionnant », écrit la sociologue Irène Théry dans une tribune.Cette vague a touché tous les secteurs aux Etats-Unis, eu des répercussions en France et en Europe, mais n’a pas été universelle, à l’image de l’Inde.Des voix dissonnantes, s’inquiétant d’une dérive puritaine, se sont aussi fait entendre : « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle », écrivent 100 femmes, dont Catherine Deneuve, dans une tribune.Plusieurs mois après ses débuts, « le mouvement #MeToo est toujours là, tout à la fois libérateur, dérangeant, encombrant. Critiqué, aussi », analyse Le Monde





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ A Arles, les Rencontres de la photographie mettent en regard deux « monstres sacrés » du XXe siècle, jusqu’au 23 septembre.
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Jeu de piste entre Picasso et Godard

A Arles, les Rencontres de la photographie mettent en regard deux « monstres sacrés » du XXe siècle, jusqu’au 23 septembre.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 09h21
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 09h28
    |

                            Mathieu Macheret (Arles (Bouches-du-Rhône)








                        



                                


                            

C’est à un choc des ­titans que nous ­convie, dans le cadre des Rencontres d’Arles, le Centre des monuments nationaux, avec l’exposition « Godard – Picasso, Collage(s) », orchestrée par le commissaire cinéphile Dominique Païni dans les merveilleux espaces de l’abbaye ­Saint-Pierre de Montmajour (Xe-XVIIIe siècles). S’inscrivant dans un questionnement sur l’expo­sition du cinéma parmi les arts plastiques, la visite met en regard deux « monstres sacrés » du XXe siècle, qui occupent dans l’histoire de leurs disciplines respectives – le cinéma et la peinture – des positions similaires : celles de grands réformateurs ayant propulsé leurs arts au faîte de la modernité et exposé leurs rouages, jusqu’à ce point de rupture qui fonde une esthétique nouvelle.
Difficile pourtant d’imaginer a priori un quelconque point commun concret entre Jean-Luc Godard, le jeune chien fou de la Nouvelle Vague, génie du montage et du choc abrasif des images, et Pablo Picasso, figure de proue de l’art moderne, immense inventeur de lignes brisées et de jaillissements colorés. A tel point qu’on se demande s’il n’y a pas une forme d’opportunisme à réunir ainsi deux têtes d’affiche dont les œuvres ne furent contemporaines que pendant quinze ans, entre 1957 (date à laquelle Godard tourne ses premiers courts-métrages) et 1973 (date de la mort de Picasso), et dont aucune rencontre n’est avérée.
Dès les premiers courts-métrages du cinéaste, des reproductions du maître sont placardées sur les murs
Sur ce point, l’exposition répond par un passionnant jeu de piste entre œuvres et documents, explorant ce qu’il peut y avoir, d’abord, de Picasso en Godard, puis du cinématographe en Picasso. Elle fait ainsi sienne, en quelque sorte, l’invitation godardienne (empruntée à l’anthropologue Marcel Detienne dans Film socialisme) de « comparer l’incomparable », afin d’ouvrir un espace de résonances, de circulations souterraines, d’interférences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Ce film sans paroles d’Ala Eddine Slim suit « l’évaporation » d’un homme en forêt, après une traversée en mer interrompue.
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« The Last of Us » : « Dead Man » au temps des migrants

Ce film sans paroles d’Ala Eddine Slim suit « l’évaporation » d’un homme en forêt, après une traversée en mer interrompue.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h28
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 19h38
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Comme un objet scintillant sur la plage, loin de tout genre cinématographique, The Last of Us éveille notre curiosité tant le réalisateur, le Tunisien Ala Eddine Slim, déploie un désir de transmettre des sensations. Cette fiction sans paroles commence avec la traversée du désert nord-africain par deux silhouettes, qui deviennent deux hommes, dont on présume qu’ils veulent embarquer. Mais le véhicule qui les emmène est braqué et le héros, que le réalisateur prénomme N (Jawhar Soudani), se retrouve seul. Il fait du stop jusqu’à Tunis où les habitants sont figurés par l’ombre de leurs pas sur le bitume.
La traversée en solitaire dans une barque ne relèvera pas ici de la performance. Elle sera la transition vers un autre voyage, entre vie et disparition, dans une terra incognita où N échoue. Une forêt sauvage, sans autre humain qu’un homme chenu, M (Fathi Akkari), dont la couche de fourrures sur les épaules permet d’imaginer le nombre de bêtes mangées, et le temps passé à survivre en milieu hostile.
« Trop de beauté »
Dérivation poétique, philosophique, à combustion lente, ce premier long-métrage a obtenu le « Lion du futur » à la Mostra de Venise, en 2016. C’est assez fort de faire passer tant de réflexions, uniquement par l’image à laquelle Ala Eddine Slim prête une attention infinie. On pourrait presque lui reprocher le « trop de beauté », mais il faut sans doute y voir, chez ce jeune cinéaste, l’envie de tout montrer.
L’Europe comme lieu d’espérance et destination attendue n’est même pas dans le champ. Comme si le monde occidental était parti en fumée, ou comme si le film avait emprunté définitivement le chemin de la rêverie. Sans le dire, Ala Eddine Slim s’attache aux terrains inconnus où les corps disparaissent, quelque part entre le point A et le point B.
Dans la forêt, le héros devient un mutant, peut-être un homme mort en devenir
Dans la forêt, le héros devient un mutant, peut-être un homme mort en devenir, comme le Dead Man (1995), de Jim Jarmusch . La silhouette de N s’épaissit à son tour sous le poids des peaux d’animaux. La nuit, il a pour compagnon la lune, qui le suit à chacun de ses pas, et fait entrer avec une naïveté assumée l’usage de la magie au cinéma.
N n’a pas choisi de vivre ici, à l’inverse de l’auteur de Walden ou la Vie dans les bois (1854), récit autobiographique de l’Américain Henry David Thoreau dans sa cabane, et ouvrage fondateur de la pensée écologique. Mais il fait corps avec la nature et ses bruits nocturnes dont certains signalent un danger imminent : les loups. Le cinéaste ne s’appesantit pas sur la métaphore de l’homme qui est un loup pour l’homme. Mais on comprend où il veut en venir. Où est-il encore possible d’habiter ?

        Lire le récit :
         

          En Tunisie, on va encore en prison pour possession d’un joint ou homosexualité






Film tunisien (avec le Qatar et les Emirats arabes unis) d’Ala Eddine Slim. Avec Jawhar Soudani, Fathi Akkari, Jihed Fourti (1 h 34). Sur le Web : www.potemkine.fr/Potemkine-film/The-last-of-us-the-last-of-us/pa61m4f330.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ La voix du pasteur vibre dans ce documentaire de 1970, inédit en France.
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« King : de Montgomery à Memphis » : le groove de Martin Luther King

La voix du pasteur vibre dans ce documentaire de 1970, inédit en France.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h27
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Résonnant fortement avec le propos de BlacKkKlansman, de Spike Lee, la sortie de King : de Montgomery à Memphis lui offre une sorte de pendant documentaire. Réalisé en 1970, deux ans après l’assassinat de Martin Luther King, distribué à l’époque dans 500 salles de cinéma aux Etats-Unis, ce film est un long montage d’archives (trois heures) consacré à cette immense figure américaine, produit et supervisé par Ely Landau, producteur à la ­télévision et au cinéma.
Quoique réalisé avec le soutien et la participation de très grands noms du cinéma et plus lar­gement de la scène américains (Sidney Lumet, Joseph Mankiewicz, Harry Belafonte, Paul Newman, Burt Lancaster, Marlon Brando…), King demeure essentiellement une reconstitution du parcours de Martin Luther King entre 1955 et 1968. Dépourvu de commentaire comme de tout élément de contextualisation en raison de sa proximité avec le sujet, entrecoupé de brèves vignettes où des acteurs célèbres récitent de courts textes poétiques ou ­romanesques, ce documentaire d’époque se révèle aujourd’hui d’un abord escarpé.
Une vision au ras du bitume, terrifiante, d’une Amérique engluée dans le racisme et la ségrégation
Mais ce que l’on perd d’un côté, on le gagne de l’autre. La pure ­valeur de témoignage de ces images fait ici son office et offre une vision au ras du bitume, passablement terrifiante, d’une Amérique engluée dans le racisme et la ségrégation. L’itinéraire du pasteur baptiste Martin Luther King – une des principales figures de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis, prônant dans la lignée de Thoreau et de Gandhi la déso­béissance civile et la non-violence – y est à tous égards édifiant. De la campagne des bus à Montgomery (Alabama) en 1955 au soutien à la grève ouvrière de Memphis (Tennessee) en 1968, en passant par Birmingham (1963), Selma (1965) ou Chicago (1966), partout le même tableau. D’immenses marches pacifiques chargées par la police, des foules blanches haineuses, des injures et des coups indéfiniment portés, parfois à mort, contre des hommes et des femmes luttant dans la plus grande dignité pour la reconnaissance de leurs droits.
Un charmeur de foule
Tableau impitoyable de la violence atavique et de l’obscénité de ce grand pays qui met à mort ses plus beaux enfants, pourtant éclairé par la personnalité rayonnante de King, sa tenue, son visage, ses idées, ses discours. Ce héros des temps modernes, tenant d’un pacifisme et d’un humanisme sans concession, appelant à la fraternité entre tous les hommes, stoïque sous les coups, les humiliations et les perfidies, rassemble autour de lui des cen­taines de milliers de fidèles par l’intelligence de sa stratégie politique et par l’aura qui est la sienne.
Aussi bien le film nous aide-t-il à comprendre l’amour et le respect qui l’entouraient. King est un charmeur de foule, un rhétoriqueur brillant, qui sait parler à la tête et au cœur d’un auditoire nourri par la ferveur des prêches et des chants bibliques, soutenu par sa chère amie Mahalia Jackson, l’impératrice du gospel. Il y a, en un mot, un groove du Doc King, obtenu par la scansion de son phrasé, le balancement de ses périodes, la sérénité lumineuse et déterminée de son expression. Ses figures de style de prédilection sont – pardon pour les gros mots – l’anaphore, l’expolition, la concaténation.
L’intérêt du film est de faire sentir la lassitude et l’angoisse qui étreignent King face à la violence que son ­action suscite
D’où la réputation, justifiée, de sa harangue du 28 août 1963, tenue devant le Lincoln Memorial de Washington, ici dégonflée comme un vieux pneu en l’absence de son locuteur : « Quand bien même nous devons affronter les difficultés d’aujourd’hui et de demain, je fais un rêve. C’est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain. Je fais ce rêve qu’un jour cette nation se lèvera et vivra le véritable sens de son credo, tenant cette vérité comme évidente que tous les hommes ont été créés égaux. Je fais ce rêve qu’un jour, sur les collines rousses de Géorgie, les fils des anciens esclaves et ceux des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. » Et la suite n’est pas moins inspirée, qui lui vaudra, avec l’action qu’elle accompagne, le prix Nobel de la paix en 1964.
Cet homme qui en appelle à la justice et qui pourrait soulever la Terre à la seule force de ses mots se met évidemment en danger. L’intérêt du film est aussi de faire sentir, à mesure que le temps passe et que les menaces et les agressions à son encontre se multiplient, la lassitude et l’angoisse qui étreignent King face à la violence que son action suscite. Cet homme de conviction et de combat, qui a radicalisé son engagement politique sur la fin de sa vie, pressent ainsi, et la formule, l’hypothèse de sa mort brutale. Lorsqu’elle advient, le film touche à sa plus poignante beauté, dans l’étreinte silencieuse des funérailles publiques de King bercée en off par la voix sublime de Nina Simone psalmodiant Why ?, complainte écrite en quelques heures après la mort du prophète assassiné.

Documentaire conçu et produit par Ely Landau, avec la participation de Sidney Lumet et Joseph L. Mankiewicz (3 h 02). Sur le Web : www.splendor-films.com/items/item/557



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Avec précision psychologique et minutie graphique, Naoko Yamada évoque le handicap et le harcèlement scolaire.
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« Silent Voice » : la malédiction commune du jeune despote et de sa victime

Avec précision psychologique et minutie graphique, Naoko Yamada évoque le handicap et le harcèlement scolaire.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h25
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 07h26
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
L’animation japonaise a ceci de particulier que, brassant un large public, elle est capable d’aborder toutes sortes de sujets, des plus farfelus jusqu’aux plus sensibles. Silent Voice, adapté du manga éponyme de Yoshitoki Oima, qui conjugue les questions du handicap et du harcèlement scolaire, est le troisième long-métrage de Naoko Yamada, jeune animatrice née en 1984 et faisant figure de pionnière dans une industrie encore très largement masculine. Armé de thématiques aussi intimidantes, le projet semblait cerné par les écueils du film à thèse ou de l’édification morale. Or, Naoko Yamada livre ici une œuvre d’une finesse et d’une sensibilité insoupçonnées, sachant donner une forme en propre, toujours surprenante, à un sujet qui semblait pourtant saturé de discours tout faits.
Le film brille d’abord par sa précision psychologique, prenant ses aises sur plus de deux heures pour mieux décortiquer l’intériorité heurtée de ses personnages. Divisé en deux temps, le récit tourne autour d’un collégien turbulent et farceur nommé Ichida. Celui-ci voit un beau jour débarquer dans sa classe Nishimiya, une nouvelle élève atteinte de surdité. Ichida ne tarde pas à se moquer d’elle, à la taquiner, d’abord bénignement, puis avec de plus en plus de privautés, jusqu’à arracher et briser ses appareils auditifs. C’est bientôt toute la classe qui suit son mauvais exemple et dénigre la nouvelle recrue. Mais le film ne s’arrête pas là et retrouve les mêmes personnages cinq ans plus tard, pour suivre les répercussions de cette violence dans la vie de chacun. Notamment celle d’Ichida, dont la réputation déplorable a fait de lui un paria, à tel point qu’il commettra une tentative de suicide. Ses retrouvailles inattendues avec Nishimiya lui permettront peut-être de corriger le tir.
Mélodrame collectif
L’intelligence du film consiste, par la suite, à déjouer tout manichéisme, en considérant la violence comme une malédiction commune entre le jeune despote et sa victime, ayant des conséquences déplorables autant sur l’un que sur l’autre, ainsi que sur leurs proches, par capillarité. Malédiction qui donne au film la forme d’un émouvant mélodrame collectif, où le malheur se répand comme une onde de choc, sans pour autant que l’on se recroqueville sur lui – l’humour occupe une place importante. Grâce à un montage savamment éparpillé, progressant par élans prospectifs, Naoko Yamada joue avec le temps, ouvre autant de perspectives et d’échappatoires, pour ne jamais verrouiller les situations et montrer que les logiques perverses peuvent toujours être endiguées.
La beauté de l’ensemble est aussi due à ses partis pris plastiques. A commencer par le dessin minutieux des décors, le rendu travaillé des luminosités ou encore la gestuelle des personnages, parfois bouleversante de précision – notamment dans une scène prenante où Ichida et Nishimiya en viennent aux mains, dans une salle de classe vide. Le plus étonnant reste la façon dont le film explore, jusque dans les moindres détails, la subjectivité de ses protagonistes : les décadrages morcelant leurs points de vue, les ralentis qui figent le temps, les effets de flou qui créent des bulles d’intimité, ou encore, par exemple, cette idée graphique de figurer l’isolement d’Ichida parmi les autres élèves du lycée en barrant tous leurs visages d’une croix bleue.
Le film dépasse son propre sujet pour dresser, plus largement, le portrait d’une jeune génération de Japonais
Silent Voice vaut enfin pour sa capacité à dépasser son propre sujet pour dresser, plus largement, le portrait d’une jeune génération de Japonais (le film s’ouvre sur My Generation, des Who) ayant en partage une certaine violence larvée, car minée par un profond mal-être l’empêchant de communiquer ses émotions. Ainsi Silent Voice oppose-t-il à sa pente mélodramatique et morbide la perspective d’une amitié qui reste toujours à construire, comme le gage d’une coexistence difficile, mais possible. Riche de nombreux personnages secondaires, le film représente une jeunesse composite, hésitante et incertaine, dont le défi majeur est d’accepter sa propre diversité, contre les réflexes grégaires et le conformisme qui la menacent. Ce faisant, Silent Voice diffuse un vent de renouveau dans l’animation japonaise qui engage à suivre sa réalisatrice de très près.

Film d’animation japonais de Naoko Yamada (2 h 05). Sur le Web : www.club-vo.fr/films/silent-voice



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Consacré à Issei Sagawa, le « Japonais cannibale », le documentaire de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor ne laisse pas indifférent.
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« Caniba » : l’anthropophagie en gros plan

Consacré à Issei Sagawa, le « Japonais cannibale », le documentaire de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor ne laisse pas indifférent.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h24
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
En 1981, Issei Sagawa, un étudiant japonais installé à Paris, fut au cœur d’un fait divers horrifique, après avoir tué l’une de ses camarades néerlandaises de la Sorbonne et littéralement dévoré son corps pendant trois jours. Déclaré irresponsable par les experts psychiatres, il est interné dans un hôpital psychiatrique avant d’être transféré au Japon où les autorités le déclarent responsable de ses actes mais ne peuvent revenir sur le non-lieu prononcé en France. Il deviendra célèbre dans son pays sous le nom du « Japonais cannibale », entamera une carrière télévisuelle, jouera dans plusieurs films de sexploitation et deviendra même critique culinaire.
Ce personnage, forcément odieux, forcément fascinant, les deux cinéastes et anthropologues Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor, auteurs d’un documentaire expérimental remarqué sur le quotidien d’un chalutier (Leviathan, 2012), décident d’en faire le protagoniste de leur film. De l’homme, on ne saura que ce que la lecture préalable du synopsis pourra nous en dire, et ce que lui-même confie à la caméra des deux cinéastes, dans un long soliloque d’une heure et demi. Il s’adresse parfois à son frère, parfois à sa partenaire sexuelle, mais le résultat reste le même. Issei Sagawa semble tirer de lui des bribes de phrases confuses, enfiévrées, un long monologue de folie qui nous laisse peu à peu deviner qui il est, ce qu’il a commis, et l’étrange mal dont il souffre : l’homme est encore aujourd’hui irrésistiblement attiré par la chair humaine, mais aussi par sa propre souffrance physique et s’inflige donc une série de supplices qu’il a filmés et qu’il exhibe devant la caméra.
Expérience éprouvante
Paravel et Castaing-Taylor tentent d’agir autant en cinéastes qu’en anthropologues, captent la parole de Sagawa comme matière brute sans y adjoindre le moindre commentaire, la moindre question, sans chercher à rationaliser ce flux de paroles désordonnées. Ils tentent de s’approcher au plus près d’une réalité devenue un sujet récurrent de la littérature anthropologique : l’anthropophagie. Au plus près, c’est-à-dire en usant d’un gros plan permanent qui s’agrippe à Sagawa et qui, à l’instar de son personnage, donne l’impression que la caméra souhaiterait l’absorber, le dévorer.
Le choix d’une telle échelle ajoute à l’expérience éprouvante qu’est Caniba. Mais ce caractère éprouvant, le spectateur pourra se demander à quoi il tient : au sujet ? Certainement, mais pas que. Il est évidemment difficile de parcourir les pages de la bande dessinée que Sagawa a consacrée à son crime, difficile de le voir se planter des couteaux ou s’enrouler des barbelés autour de son bras. Cette réalité profondément morbide, cette psychose avec laquelle Sagawa semble se débattre et qui est pourtant la source de toutes ses jouissances, n’est pas ici le problème.
Grammaire pornographique
Car il est bien plus éprouvant de voir les deux cinéastes emprunter la grammaire du film pornographique pour filmer une telle réalité. Eprouvant, au fond, de voir un sujet pénible filmé de manière aussi pénible. Ce choix mûrement réfléchi (les deux cinéastes évoquent leur passion pour le pinku eiga, des films de porno soft japonais en voie de disparition) a quelque chose d’infiniment maladroit car il rend son sujet illisible, embrouille son spectateur plus qu’il ne l’éclaire et l’empêche de trouver sa place à l’intérieur d’un dispositif complaisamment radical. Les cinéastes semblent se satisfaire de faire naître l’incompréhension, la gêne et l’écœurement chez leur spectateur, qui se sent d’emblée exclu.
Certes, le film vaut en partie le détour car il ne laisse personne indifférent. Le cannibalisme et Sagawa viennent interroger, ébranler notre perception de nos besoins fondamentaux, le sexe et la nourriture ; il y avait là un sujet et un personnage en or. Mais la réaction qu’il suscite a quelque chose de stérile et n’est que l’effet produit par une vaine et puérile provocation. On peut se retrouver dans ses propos lorsqu’il dit que le baiser n’est que les prémices d’une dévoration – tout en trouvant qu’il s’agit d’un lieu commun assez éculé. De cette épreuve, on ne sortira pas plus intelligents ni plus indulgents, bien au contraire : on éjectera le film et la réalité qu’il nous expose aussi rapidement qu’ils nous éjectent.



Documentaire français de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor (1 h 30). Sur le Web : www.norte.fr/projets/production/caniba



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Une production sino-américaine signée Jon Turteltaub tente de faire revivre le mégalodon, monstre des océans.
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« En eaux troubles » : Jurassic Shark

Une production sino-américaine signée Jon Turteltaub tente de faire revivre le mégalodon, monstre des océans.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h23
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 07h29
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
Sous-genre assourdi, confiné et submersible du film de guerre, propice aux contre-valeurs du silence et de l’abstraction, le film de sous-marin a ­souvent de quoi séduire. Plus rarement l’engin prisé de Jules Verne est-il utilisé pour être mis au ­service du film d’action fantastique. C’est le cas d’En eaux troubles, faux film de sous-marin, mais vrai film de requin, vieux projet disneyen inspiré d’une série ­romanesque de l’auteur de science-fiction Steve Alten (inaugurée en 1997 par Meg, a Novel of Deep Terror, paru en français sous le titre Mégalodon).
Le voici repris en main par Jon Turteltaub pour le compte de la Warner, à hauteur d’un budget faramineux de 150 millions de dollars (131 millions d’euros).
Ennemi mythologique
La hauteur du budget n’a ici d’égale que le simplisme du sujet. Le film met en scène la lutte à mort entre deux cogneurs. A gauche, Jason Statham, ex-athlète et mannequin britannique de 51 ans, gueule de porte de prison, corps d’acier, star du film d’action sans fioritures (Le Transporteur, Expendables…), auteur sévèrement burné de toutes ses cas­cades. A droite, un mégalodon, fût-il synthétique, revêche ancêtre du requin culminant à 20 mètres de longueur, avec les dents qui vont avec, rené de ses cendres pour les besoins d’une coproduction sino-américaine bienheureuse de se trouver un ennemi mythologique commun.
« En eaux troubles » cherche moins son inspiration chez l’auteur de « Moby Dick » que dans le secteur le plus industrieux des films de monstre
On a donc compris qu’En eaux troubles cherche moins son inspiration chez l’auteur de Moby Dick que dans le secteur le plus industrieux des films de monstre. Statham y incarne Jonas ­Taylor, ancien marine devenu plongeur professionnel auquel un océanologue chinois fait appel pour tirer d’embarras une équipe de scientifiques enfermés dans un sous-marin sévèrement endommagé par un mégalodon, qui le tient pour une boîte de conserve au système d’ouverture défectueux. Le sauvetage, hélas, ramène également à la surface le carnivore ultradenté, depuis la fosse marine où il était cantonné.
Tout cela se révèle, hélas, très mal fagoté. L’intrigue est une ­resucée sans vergogne et sans âme des succès du genre, les personnages sont indigents, les histoires secondaires bâclées, les ­acteurs empesés, le monstre atone. Le film, pour une raison qui reste à élucider et qui tient au mystère en eau trouble du cinéma, n’en est pas moins d’ores et déjà un gros succès aux Etats-Unis et en Chine.

Film américain et chinois de Jon Turteltaub. Avec Jason Statham, Li Bingbing, Rainn Wilson (1 h 54). Sur le Web : www.eneauxtroubles-lefilm.fr, www.warnerbros.fr/articles/en-eaux-troubles-confidences-casting et www.warnerbros.com/meg



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Dans ce film de Julien Leclercq, sans âme, Jean-Claude Van Damme interprète toujours le même rôle d’« action hero ».
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« Lukas » : un énième épisode des aventures de « JCVD »

Dans ce film de Julien Leclercq, sans âme, Jean-Claude Van Damme interprète toujours le même rôle d’« action hero ».



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h22
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
Etoffant imperturbablement sa carrière d’« action hero » dans des séries B qui s’enchaînent et se ressemblent, Jean-Claude Van Damme poursuit ses aventures dans ce énième épisode tout entier destiné à sa gloire. Dans Lukas, « JCVD » interprète un garde du corps taciturne mais qu’il ne faut pas venir embêter, père célibataire et dévoué, il enchaîne les petits boulots dans des boîtes de nuit en tentant de joindre les deux bouts. Tout se complique lorsqu’il doit collaborer avec la police et infiltrer un dangereux gang flamand.
Flegme et muscles
La suite de l’histoire, tout le monde la connaît, ou du moins la devine dans cet « action movie » décharné, sans âme et qui se prend beaucoup trop au sérieux. Jean-Claude Van Damme est, évidemment, toujours le plus fort et reste le dépositaire d’une image de la virilité (un mélange de flegme et de muscles) tellement surannée qu’elle en deviendrait presque touchante.

Film belge et français de Julien Leclercq. Avec Jean-Claude Van Damme, Sveva Alviti, Sami Bouajila (1 h 22). Sur le Web : www.ocean-films.com/film/lukas



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Le film de Carlos Diegues, très (trop) allusif sur l’histoire du Brésil, laisse une sensation de futilité.
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« O Grande Circo Mistico » : un siècle de cartes postales coquines

Le film de Carlos Diegues, très (trop) allusif sur l’histoire du Brésil, laisse une sensation de futilité.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h21
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
Un cirque tout rond fait un joli microcosme. Si l’on étire son histoire sur un siècle, il y a de quoi faire tout un univers. C’est probablement ce qu’espérait le réalisateur brésilien Carlos Diegues en lançant son « grand cirque mystique » sur les routes et à travers l’histoire de son pays. Mais à l’arrivée, il n’y a qu’une collection de vignettes plus ou moins convaincantes, le souvenir fugace de personnages dont on a l’impression de n’avoir fait que les croiser.
Ces imperfections frustrantes sont peut-être à mettre sur le compte de la longue gestation du projet. Au commencement était un poème de Jorge de Lima, écrit en 1940 qui racontait, en une cinquantaine de vers, la destinée de la dynastie Krieps, issue d’un médecin qui avait quitté la bourgeoisie pour le cirque. En 1983, Chico Buarque et Edu Lobo composèrent les chansons d’un spectacle musical inspiré du poème.
Vincent Cassel en prestidigitateur
On retrouve ces ingrédients dans le scénario de Carlos Diegues et George Moura. Cinq générations se succèdent à l’écran, ce qui, étant donné la relative brièveté du film, ne laisse guère de temps pour faire leur connaissance. On entrevoit Vincent Cassel en prestidigitateur avide, pressé de quitter le cirque pour l’immobilier, au moment où la seconde guerre mondiale provoque une vague de spéculation au Brésil. Mais c’est l’un des rares détails bien dessinés, il faudra déchiffrer à toute allure les allusions à l’invasion de la télévision dans l’imaginaire collectif, à l’arrivée des militaires au pouvoir.
Le tour allusif du récit convaincra peut-être les connaisseurs de l’histoire brésilienne. Reste que les personnages, leurs relations sont traités avec la même désinvolture. Les tragédies qui les frappent – viol, inceste, suicide – deviennent un chapelet d’incidents parfois distordus par des phénomènes surnaturels qui permettront l’emploi de l’expression « réalisme magique ».
La joliesse des images, la propension du réalisateur à dénuder le corps de ses actrices accentuent encore la sensation de futilité que laisse ce Circo Mistico.



Film brésilien, français et portugais de Carlos Diegues. Avec Jesuita Barbosa, Bruna Linzmeyer, Mariana Ximenes, Vincent Cassel (1 h 30). Sur le Web : www.bodegafilms.com/film/o-grande-circo-mistico



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Un demi-siècle après une sortie tumultueuse aux Etats-Unis, en mars 1968, le film revient sur grand écran.
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Reprise : « Les Producteurs », quand Mel Brooks s’épanouissait au printemps d’Hitler

Un demi-siècle après une sortie tumultueuse aux Etats-Unis, en mars 1968, le film revient sur grand écran.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h20
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Il y a cinquante ans, Rudolf Hess, homme politique du IIIe Reich, était détenu à Spandau, à Berlin ; Josef Mengele, médecin tortionnaire nazi, était en fuite. A New York, les survivants de l’extermination des juifs d’Europe qui s’y étaient établis s’essayaient à vivre comme des Américains. Il y a cinquante ans, Mel Brooks choisissait de faire ses débuts au cinéma en mettant en scène deux producteurs juifs décidés à devenir riches en montant une pièce écrite par un fugitif nazi, intitulée Springtime for Hitler (« le printemps pour Hitler »).
Un demi-siècle après une sortie tumultueuse aux Etats-Unis (il fallut attendre encore trois ans pour voir le film dans une salle parisienne), en mars 1968, Les Producteurs reviennent sur grand écran, auréolés d’une réputation d’œuvre iconoclaste qui a crû à travers les décennies, jusqu’à obscurcir celle de son auteur.
Gagman de génie
Il est vrai que – si l’on met à part le juste mélange de pastiche et de burlesque qu’est Frankenstein Junior – le cinéma de Mel Brooks n’a jamais retrouvé la singularité qui fait l’attrait irrésistible des Producteurs, malgré les évidentes imperfections du film. Elle tient d’abord à la débauche d’énergie qui inonde l’écran. Celle des deux interprètes principaux, Zero Mostel, vétéran de Broadway, héritier du théâtre yiddish, acteur inépuisable et parfois épuisant, et Gene Wilder, débutant, qui met au service de la comédie les leçons de l’Actors Studio. Elle tient aussi – et surtout – à l’invention comique de Mel Brooks, gagman de génie, parfois incapable de faire plus qu’énoncer ses plaisanteries, que résenter ses provocations, tout en les accumulant à un rythme tel qu’on croirait presque à la fluidité du film.
Brooks, né Melvin Kaminsky à Brooklyn en 1926, était largement l’aîné de son concitoyen et collègue Woody Allen, qui venait de faire ses débuts au cinéma dans What’s New Pussycat. Lorsqu’il se décide à passer à la réalisation, il est déjà, comme Allen, une figure majeure de la comédie américaine, à la télévision. Le cinéma lui permet de s’affranchir des contraintes qui enserraient ses créations les plus populaires, les personnages des émissions de Sid Caesar, le 2000 Year Old Man qu’il a inventé avec Carl Reiner ou la série Max la menace. Son expérience du théâtre lui donne l’idée du personnage de Max Bialystock (Zero Mostel), producteur sur le déclin qui vivote en montant des spectacles bon marché dont il a extorqué le financement à de vieilles dames qu’il lutine sur le canapé de son bureau minable.
La pire pièce possible
Lorsque Leo Bloom (Brooks a lu Ulysse, de Joyce), jeune comptable souffrant d’hyper-anxiété (Gene Wilder), fait remarquer au producteur qu’il serait plus lucratif de détourner les investissements d’un grand spectacle promis à l’échec dès sa première représentation, les deux hommes s’associent et se mettent en quête de la pire pièce possible et de son auteur.
Ils le trouvent sur le toit d’un immeuble, au milieu de pigeons, coiffé d’un casque d’acier. Franz Liebkind (Kenneth Mars) a écrit une comédie musicale à la gloire du Führer pour montrer au monde « le Hitler avec une chanson dans le cœur ». Pour mettre en scène Springtime for Hitler, Bialystock et Bloom embauchent un couple homosexuel (Christopher Hewett et Andreas Voutsinas) ; et pour interpréter le dictateur, ils choisissent un hippie vieillissant, Lorenzo Saint DuBois (Dick Shawn). Lors de son audition pour le rôle d’Hitler, « LSD » (c’est bien sûr comme ça qu’on l’appelle) interprète une impeccable parodie de chanson psychédélique intitulée Love Power. L’aveuglement du nazi Liebkind à l’endroit de l’appartenance de ses producteurs (jamais le mot « juif » n’est prononcé à l’écran), de l’orientation sexuelle de ses metteurs en scène est l’un des ressorts comiques les plus efficaces du film.
Chaque personnage est mû par un mélange de libido et d’aveuglement qui le rend à la fois dérisoire et tolérable
Chaque personnage est mû par un mélange de libido et d’aveuglement qui le rend à la fois dérisoire et tolérable. Vétéran de la campagne d’Allemagne, Mel Brooks avait une idée précise des crimes nazis (il tentera de les prendre en compte dans son remake du To Be Or Not To Be, de Lubitsch). Plutôt que de prendre l’histoire à bras-le-corps, il préfère ici tourner en ridicule la fascination esthétique de l’époque pour le IIIe Reich.
Plus que d’histoire, Les Producteurs parle du spectacle et de ceux qui le fabriquent, de la soif inextinguible de reconnaissance et d’argent qui les habite, de la contagion irrésistible de ces désirs. Bialystock pervertit Bloom, mais – comme l’explique Gene Wilder dans une jolie tirade finale –, il l’initie aux mystères de la représentation.

Film américain de Mel Brooks (1968). Avec Zero Mostel, Gene Wilder, Kenneth Mars, Dick Shawn (1 h 26). Sur le Web : www.carlottavod.com/les-producteurs



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/08/2018
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L’Amérique dans le prisme du racisme et de la ségrégation : notre sélection cinéma

Chaque mercredi, dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 14h47
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Les démons de l’Amérique, le racisme et la ségrégation envahissent les salles obscures cette semaine, avec deux longs-métrages de Spike Lee et un documentaire consacré au parcours de Martin Luther King. Dans un tout autre genre artistique, Silent Voice, film d’animation japonais, nous plonge dans la violence d’une jeune génération mal dans sa peau.
« BlacKkKlansman », un Spike Lee bluffant

A 61 ans,Spike Lee signe son grand retour avec BlacKkKlansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan (titre français), qui a remporté le Grand Prix lors de la 71e édition du Festival de Cannes. Il faut dire que le cinéaste tenait dans ses mains un scénario en or, que lui avait confié le producteur et réalisateur Jordan Peele : l’histoire vraie de Ron Stallworth, un policier afro-américain de Colorado Springs qui a réussi, en 1978, à infiltrer le Ku Klux Klan.
Fondée en 1865, l’organisation est tristement célèbre pour ses discours sur la suprématie des Blancs, sa haine des Noirs et des juifs, ses lynchages. Se faire admettre auprès de tels « camarades », il fallait le faire. Ron Stallworth a consigné le récit de cette aventure dans son livre Black Klansman, paru en 2014 (Police and Fire Publishing, non traduit).
Spike Lee fait plus qu’adapter cette histoire stupéfiante : il relie ces années de lutte des Noirs américains à l’actualité, à l’Amérique de Donald Trump et au mouvement Black Lives Matter (Les vies noires comptent) qui se bat aujourd’hui contre les groupuscules néonazis, les suprématistes blancs et autres klansmen.
Le film se clôt par des images des émeutes de Charlottesville, qui virent s’affronter le 12 août 2017 en Virginie l’extrême droite et des militants antiracistes, et au cours desquelles fut tuée la jeune Heather Heyer, à qui le film est dédié.
L’auteur de Do the Right Thing (1989) malaxe la fiction, le documentaire, et les deux ne font plus qu’un – au prix de collages d’images parfois douloureux sur le plan esthétique. Sans doute cherche-t-il à impressionner l’œil, ou à transformer le spectateur en caméra agissante? Comme dans Malcolm X (1992), son biopic sur le leader noir américain assassiné en 1965, il affirme l’idée que le cinéma est le mieux à même de montrer le monde. Et qu’il peut être divertissant. Clarisse Fabre
« BlacKkKlansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan », film américain de Spike Lee. Avec John David Washington, Adam Driver, Topher Grace (2 h 15). Retrouvez nos réductions Boulanger dans l’Univers TV/Hifi.
« Miracle à Santa Anna », la campagne d’Italie par les GI noirs

La cause noire américaine nourrit l’œuvre de Spike Lee dans l’espace et le temps. L’implication des troupes noires dans la libération de l’Europe durant la seconde guerre mondiale est ainsi le sujet de Miracle à Santa Anna. Réalisé en 2008, le film est resté méconnu en France en raison de l’annulation de sa sortie par la filiale distribution de TF1 et du procès qui s’ensuivit entre les parties. La possibilité de le découvrir nous est enfin offerte par le distributeur Splendor Films qui le met en salle mercredi 29 août.
Initiative heureuse en ce sens qu’elle répare une continuité mise à mal dans la fréquentation d’un auteur important, mais plus problématique dès lors qu’on examine, avec le recul nécessaire, la valeur intrinsèque de Miracle à Santa Anna. Grosse production majoritairement tournée en Italie, le film est inspiré du roman éponyme de l’écrivain James McBride, publié en 2002, qui relate l’expérience de l’oncle de l’auteur, membre durant la seconde guerre mondiale de la 92e division d’infanterie, dans laquelle 15 000 soldats afro-américains ont combattu sur le front italien d’août 1944 à novembre 1945.
La construction du récit est ample. Il démarre de nos jours à New York avec l’assassinat inexpliqué d’un client par un employé de poste, détenteur de la prestigieuse médaille militaire « Purple Heart », se poursuit par un long retour en arrière sur la campagne d’Italie, revient enfin aux Etats-Unis pour à la fois élucider l’affaire criminelle et trouver une forme de rédemption aux survivants du carnage. Jacques Mandelbaum
« Miracle à Santa Anna », film américain de Spike Lee. Avec Laz Alonso, Derek Luke, Omar Benson Miller, John Turturro (2 h 36).
« King : de Montgomery à Memphis », documentaire d’époque

Résonnant fortement avec le propos de BlacKkKlansman de Spike Lee, la sortie de King : de Montgomery à Memphis lui offre une sorte de pendant documentaire.
Réalisé en 1970, deux ans après l’assassinat de Martin Luther King, distribué à l’époque dans 500 salles de cinéma aux Etats-Unis, ce film est un long montage d’archives (trois heures) consacré à cette immense figure américaine, produit et supervisé par Ely Landau, producteur à la télévision et au cinéma.
Quoique réalisé avec le soutien et la participation de très grands noms du cinéma et plus largement de la scène américains (Sidney Lumet, Joseph Mankiewicz, Harry Belafonte, Paul Newman, Burt Lancaster, Marlon Brando…), King demeure essentiellement une reconstitution du parcours de Martin Luther King entre 1955 et 1968.
Dépourvu de commentaire comme de tout élément de contextualisation en raison de sa proximité avec le sujet, entrecoupé de brèves vignettes où des acteurs célèbres récitent de courts textes poétiques ou romanesques, ce documentaire d’époque se révèle aujourd’hui d’un abord escarpé.
Mais ce que l’on perd d’un côté, on le gagne de l’autre. La pure valeur de témoignage de ces images fait ici son office et offre une image au ras du bitume, passablement terrifiante, d’une Amérique engluée dans le racisme et la ségrégation. J. M.
« King : de Montgomery à Memphis », documentaire conçu et produit par Ely Landau, avec la participation de Sidney Lumet et Joseph L. Mankiewicz. (3 h 02).
« Silent Voice », violence adolescente

L’animation japonaise a ceci de particulier que, brassant un large public, elle est capable d’aborder toutes sortes de sujets, des plus farfelus jusqu’aux plus sensibles.
Silent Voice, adapté du manga éponyme de Yoshitoki Oima, qui conjugue les questions du handicap et du harcèlement scolaire, est le troisième long-métrage de Naoko Yamada, jeune animatrice née en 1984 et faisant figure de pionnière dans une industrie encore très largement masculine. Armé de thématiques aussi intimidantes, le projet semblait cerné de part et d’autre par les écueils du film à thèse ou de l’édification morale. Or, Naoko Yamada livre une œuvre d’une finesse et d’une sensibilité insoupçonnées.
Le film brille d’abord par sa précision psychologique, prenant ses aises sur plus de deux heures pour mieux décortiquer l’intériorité heurtée de ses personnages. Divisé en deux temps, le récit tourne autour d’un collégien turbulent et farceur nommé Ichida. Lequel voit un beau jour débarquer dans sa classe Nishimiya, une nouvelle élève atteinte de surdité. Ichida ne tarde pas à se moquer d’elle. Puis toute la classe suit son mauvais exemple et dénigre la nouvelle recrue.
Mais le film ne s’arrête pas là et retrouve les mêmes personnages cinq ans plus tard, pour suivre à la trace les répercussions de cette violence dans la vie de chacun. L’intelligence du film consiste, par la suite, à déjouer tout manichéisme. Silent Voice vaut enfin pour sa capacité à dépasser son propre sujet pour dresser, plus largement, le portrait d’une jeune génération de Japonais ayant en partage une certaine violence larvée, car minée par un profond mal-être. Mathieu Macheret
« Silent Voice », film d’animation japonais de Naoko Yamada (2 h 05).

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 22 août)
BlacKkKlansman, film américain de Spike Lee (à ne pas manquer)Miracle à Santa Anna (2008), film américain et italien de Spike Lee (inédit, sort en salle le 29 août)The Last of Us, film tunisien (avec le Qatar et les Emirats arabes unis) d’Ala Eddine Slim (à ne pas manquer)King : de Montgomery à Memphis, documentaire américain de Sidney Lumet et Joseph L. Mankiewicz, conçu et produit par Ely Landau (à voir)Silent Voice, film d’animation japonais de Naoko Yamada (à voir)Caniba, documentaire français de Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor (pourquoi pas)En eaux troubles, film américain et chinois de Jon Turteltaub (on peut éviter)Lukas, film belge et français de Julien Leclercq (on peut éviter)O Grande Circo Mistico, film brésilien, français et portugais de Carlos Diegues (on peut éviter)
A l’affiche également :
Alpha, film américain d’Albert HughesLa Belle, film lituanien d’Arunas ZebriunasLes Vieux Fourneaux, film français de Christophe Duthuron





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Le réalisateur britannique a quitté le projet en raison de « différends artistiques ». Le tournage devait commencer en décembre.
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Danny Boyle renonce à réaliser le prochain James Bond

Le réalisateur britannique a quitté le projet en raison de « différends artistiques ». Le tournage devait commencer en décembre.



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 21h20
   





                        


Le Britannique Danny Boyle ne réalisera finalement pas le prochain James Bond, ayant quitté le projet en raison de « différends artistiques », ont annoncé mardi 21 août les producteurs du futur film.

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                Daniel Craig dit « oui » à James Bond, une dernière fois



Les producteurs « Michael G. Wilson, Barbara Broccoli et [l’acteur vedette] Daniel Craig ont annoncé aujourd’hui qu’en raison de différends artistiques, Danny Boyle avait décidé de ne pas réaliser “Bond 25” », dit le site officiel de la franchise, en référence au 25e opus, qui n’a pas encore de titre définitif.
Le remplaçant pas encore annoncé
La société de production avait annoncé en mai que le réalisateur oscarisé de Slumdog Millionnaire avait été choisi pour diriger le projet, dont le scénario a été confié à John Hodge. Ce dernier avait notamment collaboré avec Danny Boyle sur Trainspotting.
Le tournage devait commencer en décembre, et la sortie du film est prévue pour l’automne 2019. Il n’était pas clair dans l’immédiat si le départ de Danny Boyle allait repousser ces échéances.
Le nom de son remplaçant ou de sa remplaçante n’a pas été annoncé. Avant de jeter leur dévolu sur Danny Boyle, les producteurs avaient été intéressés par l’Ecossais David Mackenzie ( Comancheria, Hell or High Water en version originale) et par le Québecois Denis Villeneuve (Blade Runner 2049).
Pour « Bond 25 », ce sera la cinquième fois que Daniel Craig, 50 ans, endossera le costume de l’espion. L’acteur britannique avait annoncé en 2017 que ce serait sans doute la dernière.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ L’actrice italienne est accusée par le « New York Times » d’avoir agressé sexuellement un jeune acteur, mineur au moment des faits. Ce dernier ne s’est pas encore exprimé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/08/2018
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L’actrice Asia Argento « nie toute relation sexuelle » avec l’homme qui l’accuse d’agression

L’actrice italienne est accusée par le « New York Times » d’avoir agressé sexuellement un jeune acteur, mineur au moment des faits. Ce dernier ne s’est pas encore exprimé.



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 18h20
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 07h16
   





                        


L’actrice italienne Asia Argento, accusée par le New York Times d’avoir agressé sexuellement un jeune acteur, Jimmy Bennett, nie « toute relation sexuelle » avec ce dernier, dans un communiqué diffusé mardi 21 août dans les médias.
« Je nie et je rejette le contenu de l’article publié par le New York Times qui circule dans les médias internationaux (…). Je n’ai jamais eu de relation sexuelle avec Bennett », écrit l’actrice de 42 ans dans ce communiqué, où elle parle de « persécution ».
« Je suis profondément choquée et frappée en lisant des informations absolument fausses », poursuit l’actrice, qui dit « ne pas avoir d’autre choix que celui de s’opposer à tous les mensonges et de se protéger de toutes les manières ».

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380 000 dollars versés au jeune acteur
Le New York Times a révélé dimanche que l’actrice italienne, l’une des principales accusatrices du producteur déchu Harvey Weinstein, avait versé 380 000 dollars (330 000 euros) à Jimmy Bennett, un acteur et musicien de rock américain, qui assure que l’actrice l’a agressé sexuellement dans une chambre d’hôtel en Californie en 2013, alors qu’il n’avait que 17 ans. Le quotidien new-yorkais cite des documents envoyés au journal par une source non identifiée.

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Asia Argento explique que Jimmy Bennett, à un moment où il avait des difficultés financières, lui avait demandé de lui prêter une grosse somme d’argent – il avait engagé des poursuites judiciaires contre sa propre famille, lui réclamant des millions de dollars. Asia Argento avait décidé de l’aider, mais, pour éviter une « publicité négative », c’est son compagnon, le chef Anthony Bourdain (qui s’est suicidé depuis), qui avait effectué le paiement.
Les avocats de Jimmy Bennett, eux, ont déclaré que l’acteur prendrait « les prochaines vingt-quatre heures, ou davantage, pour préparer sa réponse ».
A la suite des révélations du New York Times, les autorités de Los Angeles ont annoncé qu’elles allaient chercher davantage d’informations sur ce qui s’était passé entre Asia Argento et Jimmy Bennett en 2013. Dans la déclaration d’intention de poursuite en justice, les avocats de l’acteur demandaient 3,5 millions de dollars de dommages et intérêts à la comédienne pour avoir « infligé de manière intentionnelle une détresse émotionnelle et des pertes de salaire » à leur client, selon le quotidien américain.



                            


                        

                        

