<FILE-date="2018/08/24/19">

<article-nb="2018/08/24/19-1">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de beaucoup polémiques récentes.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Eric Fassin : « L’appropriation culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de domination »

Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de beaucoup polémiques récentes.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 18h58
    |

            Laura Motet








                        



   


Des internautes se sont empoignés sur ces deux mots tout l’été : « appropriation culturelle ». Le concept, né bien avant Twitter, connaît un regain de popularité. Dernièrement, il a été utilisé pour décrire aussi bien le look berbère de Madonna lors des MTV Video Music Awards, la dernière recette de riz jamaïcain du très médiatique chef anglais Jamie Oliver, ou l’absence de comédien autochtone dans la dernière pièce du dramaturge québécois Robert Lepage, Kanata, portant justement sur « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones ».
Qu’ont en commun ces trois exemples ? Retour sur la définition et sur l’histoire de l’« appropriation culturelle » avec Eric Fassin, sociologue au laboratoire d’études de genre et de sexualité de l’université Paris-VIII et coauteur de l’ouvrage De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte).
D’où vient le concept d’« appropriation culturelle » ?
Eric Fassin : L’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « colonialisme culturel ». Au début des années 1990, la critique bell hooks, figure importante du Black feminism, développe par exemple ce concept, qu’elle résume d’une métaphore : « manger l’Autre. » C’est une approche intersectionnelle, qui articule les dimensions raciale et sexuelle interprétées dans le cadre d’une exploitation capitaliste.
Un regard « exotisant »
Cette notion est aussi au cœur de la controverse autour de Paris Is Burning, un film documentaire de 1990 sur la culture des bals travestis à New York. Une autre critique noire, Coco Fusco, reprochait à la réalisatrice Jenny Livingstone, une lesbienne blanche, son regard « exotisant » sur ces minorités sexuelles et raciales. Pour elle, il s’agissait d’une forme d’appropriation symbolique mais aussi matérielle, puisque les sujets du film se sont sentis floués, dépossédés de leur image.

        Lire aussi :
         

                Au Canada, la notion d’« appropriation culturelle » déchire le monde littéraire



Comment définir ce concept ?
E. F. : Ce qui définit l’appropriation culturelle, comme le montre cet exemple, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de récupération quand la circulation s’inscrit dans un contexte de domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le primitivisme artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.
Ce concept a-t-il été intégré dans le corpus intellectuel de certaines sphères militantes ?
E. F. : Ces références théoriques ne doivent pas le faire oublier : si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles. Beaucoup se transforment en critiques culturels en reprenant à leur compte l’expression « appropriation culturelle ».
En quoi les polémiques nées ces derniers jours relèvent-elles de l’appropriation culturelle ?
E. F. : Ce n’est pas la première fois que Madonna est au cœur d’une telle polémique. En 1990, avec sa chanson Vogue, elle était déjà taxée de récupération : le voguing, musique et danse, participe en effet d’une subculture noire et hispanique de femmes trans et de gays. Non seulement l’artiste en retirait les bénéfices, mais les paroles prétendaient s’abstraire de tout contexte (« peu importe que tu sois blanc ou noir, fille ou garçon »). Aujourd’hui, son look de « reine berbère » est d’autant plus mal passé qu’elle est accusée d’avoir « récupéré » l’hommage à la « reine » noire Aretha Franklin pour parler… de Madonna : il s’agit bien d’appropriation.
La controverse autour de la pièce Kanata, de Robert Lepage, n’est pas la première non plus — et ces répétitions éclairent l’intensité des réactions : son spectacle sur les chants d’esclaves avait également été accusé d’appropriation culturelle, car il faisait la part belle aux interprètes blancs. Aujourd’hui, c’est le même enjeu : alors qu’il propose une « relecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », la distribution oublie les « autochtones » — même quand ils se rappellent au bon souvenir du metteur en scène. C’est encore un choix revendiqué : la culture artistique transcenderait les cultures « ethniques ».

        Lire aussi :
         

                Robert Lepage annule « Kanata »



Par comparaison, l’affaire du « riz jamaïcain » commercialisé par Jamie Oliver, chef britannique médiatique, peut paraître mineure ; elle rappelle toutefois comment l’ethnicité peut être utilisée pour « épicer » la consommation. Bien sûr, la nourriture aussi voyage. Reste qu’aujourd’hui cette mondialisation marchande du symbolique devient un enjeu.
Pourquoi ce concept fait-il autant polémique ?
E. F. : En France, on dénonce volontiers le communautarisme… des « autres » : le terme est curieusement réservé aux minorités, comme si le repli sur soi ne pouvait pas concerner la majorité ! C’est nier l’importance des rapports de domination qui sont à l’origine de ce clivage : on parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir. Et c’est particulièrement vrai, justement, dans le domaine culturel.
Songeons aux polémiques sur l’incarnation des minorités au théâtre : faut-il être arabe ou noir pour jouer les Noirs et les Arabes, comme l’exigeait déjà Bernard-Marie Koltès, en opposition à Patrice Chéreau ? Un artiste blanc peut-il donner en spectacle les corps noirs victimes de racisme, comme dans l’affaire « Exhibit B » ? La réponse même est un enjeu de pouvoir.
On parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir
En tout cas, l’esthétique n’est pas extérieure à la politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté ; mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les rapports de pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des femmes et des minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de).
Le monde universitaire n’est pas épargné par ces dilemmes : comment parler des questions minoritaires, quand on occupe (comme moi) une position « majoritaire », sans parler à la place des minorités ? Avec Marta Segarra, nous avons essayé d’y faire face dans un numéro de la revue Sociétés & Représentations sur la (non-)représentation des Roms : comment ne pas redoubler l’exclusion qu’on dénonce ? Dans notre dossier, la juriste rom Anina Ciuciu l’affirme avec force : être parlé, représenté par d’autres ne suffit pas ; il est temps, proclame cette militante, de « nous représenter ». Ce n’est d’ailleurs pas si difficile à comprendre : que dirait-on si les seules représentations de la société française nous venaient d’Hollywood ?

        Lire aussi :
         

                Les coiffes amérindiennes dans les défilés font-elles du tort à une culture menacée ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-2">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Thierry D., professeur de mathématiques à Paris, n’en finit pas de payer les conséquences d’une erreur que commet en 2015 le rectorat, en lui versant trois mois de salaire alors qu’il se trouve en congé sans solde.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ 
<article-nb="2018/08/24/19-3">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ On le cultive, on le théorise, on en fait un business, des livres, des cours… Il est même le nouveau carburant de la productivité. En société et au travail, le bonheur est devenu une injonction.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                
                                       
édition abonné


L’« happycratie » ou la dictature du bonheur


                      On le cultive, on le théorise, on en fait un business, des livres, des cours… Il est même le nouveau carburant de la productivité. En société et au travail, le bonheur est devenu une injonction.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h10
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        

La présence de plus en plus fréquente de crocodiles Haribo sur votre lieu de travail ne doit pas être prise à la légère. Loin de se réduire à un simple élément de décor, ces sauriens multicolores sont la manifestation tangible d’une nouvelle forme de gouvernement des conduites centrée sur les émotions positives. Dans Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies (Premier Parallèle, 260 p., 21 €), le docteur en psychologie Edgar Cabanas et la sociologue Eva Illouz décryptent cette nouvelle obsession venue d’outre-Atlantique qui, selon eux, balafrerait nos existences d’un sourire de plus en plus obligé. « Kratia en grec, c’est le pouvoir. Happycratie, c’est le pouvoir par l’injonction au bonheur », résume Eva Illouz.
Une nouvelle idée fixe
Aujourd’hui, cette invitation est partout, empreinte de la même sollicitude envahissante que celle de l’ami qui a entrepris de vous tirer énergiquement de votre dépression chronique, alors que vous vous en accommodiez fort bien. En 2013, le titre Happy, du chanteur américain Pharrell Williams, véritable hit planétaire, offrait une bande-son survitaminée à cette nouvelle idée fixe. A moi le bonheur ! L’art de rayonner de l’intérieur (Larousse, 283 p., 16,95 €), 50 activités pour un enfant heureux (De Boeck, à paraître en octobre), Le Bonheur sans illusions (Flammarion, 2017), Les tout petits bonheurs (Larousse, 168 p., 15 €), Journal intime d’un touriste du bonheur (La Martinière, 288 p., 16,90 €) : encombrant les présentoirs, les livres de développement personnel, censés nous aider à mieux vivre, sont quant à eux un genre florissant.
Activement investi dans la chasse aux perturbations du mental, l’ancien avocat d’affaires Jonathan Lehmann s’est lui aussi positionné sur ce front incandescent, proposant à ses 177 000 followers Facebook des méditations guidées, « Les Antisèches du bonheur »....




<article-nb="2018/08/24/19-4">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Dans son best-seller mondial, Mo Gawdat, ingénieur de formation, explique détenir la « formule » du bonheur. Il compte rendre un milliard de personnes heureuses.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                
                                       
édition abonné


Il a trouvé l’équation du bonheur !


                      Dans son best-seller mondial, Mo Gawdat, ingénieur de formation, explique détenir la « formule » du bonheur. Il compte rendre un milliard de personnes heureuses.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h06
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        
Désormais objet de mesures, le bonheur peut-il se transformer en équation ? Oui, répond catégoriquement l’Egyptien Mo Gawdat, qui a décidé d’aborder la question avec « le point de vue de l’ingénieur ». Pour cet ancien directeur du laboratoire de recherche Google X, la chose se résume de la sorte : « Le bonheur est > ou = à la perception des événements de notre vie – nos attentes. » Présenté ainsi, atteindre la félicité a l’air extrêmement simple, pour ne pas dire simpliste.

Néanmoins, dans La Formule du bonheur (Larousse, 320 p.), son best-seller traduit en plus de trente langues, Mo Gawdat va plus loin et détaille tout ce qui, selon lui, entrave l’émergence de ce sentiment. « La manière dont nous définissons nos attentes et la façon dont nous considérons les événements sont soumis à six grandes illusions – des tours que le monde moderne nous joue – et à sept points aveugles – des tours que notre cerveau nous joue. Lorsque nous supprimons les illusions et réparons les angles morts, nous voyons la vérité », assure-t-il.
Comparant l’être humain à un programme informatique, il considère que le bonheur fait partie de nos réglages « par défaut » et entend nous expliquer comment restaurer cet état originel.
En lisant cet ouvrage syncrétique, on se demande si la force de son approche ne résiderait finalement pas moins dans sa scientificité bruyamment revendiquée que dans le parcours de vie résilient qui en constitue l’arrière-plan contextuel… Ayant connu la dépression alors que tout semblait lui sourire (argent, carrière, vie familiale), Mo Gawdat a perdu son fils Ali, à la suite d’une banale opération de l’appendicite.
Comparant volontiers l’être humain à un programme informatique, Mo Gawdat, profondément marqué par cette épreuve, considère depuis que le bonheur fait partie de nos réglages « par défaut » et entend nous expliquer comment restaurer cet état originel, à l’aide d’une forme de techno-spiritualité...




<article-nb="2018/08/24/19-5">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Allergies, cancers, pollution… Pour traiter le mal à la racine, de plus en plus de coiffeurs optent pour des soins et des teintures végétales. Reportage dans un salon « vert ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                
                                       
édition abonné


Fini les produits chimiques, mes cheveux sont bio


                      Allergies, cancers, pollution… Pour traiter le mal à la racine, de plus en plus de coiffeurs optent pour des soins et des teintures végétales. Reportage dans un salon « vert ».



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 15h00
    |

            Pascale Krémer








                              

                        

Il suffit de pousser la porte, la différence saute aux narines. Chez Biocoiff’, il flotte un indéfinissable parfum d’herbe coupée. Ou d’épinards séchés ? Aucune, en tout cas, de ces irritantes odeurs de laques, teintures et produits pour permanentes si caractéristiques des salons de coiffure. Sur une petite place du 13e arrondissement parisien est installé ce coiffeur d’un nouveau genre végétal.
Sous les fausses fougères couvrant le plafond, calées dans des fauteuils couleur pomme, les clientes arborent un cataplasme de plantes sur la tête, thé vert à la main et Vivre bio pour lecture. Le patron, Charley Assoun, présente fièrement ces « résistantes à la chimie », qui « en sont revenues, et n’y reviendraient pas ». Sous les casques qui chauffent, on opine du chef.
Un malaise dû aux produits
L’histoire du créateur de Biocoiff’, 75 ans mais une énergie de jeune homme, c’est celle d’un coiffeur allergique à son métier. « J’avais 17 ans à mes débuts. Je ne me suis pas senti bien dès que j’ai respiré, touché les teintures. » Après un trimestre, il fait un malaise, se retrouve cantonné aux coupes. Mais l’air ambiant du salon suffisant à lui déclencher des problèmes respiratoires, le médecin du travail suggère une reconversion… Charley Assoun vient d’une famille juive d’Algérie, il se remémore les teintures au henné de sa grand-mère.
« J’ai formé à la coloration végétale plus de 200 coiffeurs, dont certains de ceux qui se moquaient de moi il y a vingt ans. » Charley Assoun, patron de Biocoiff’
Le voilà qui part en Inde à la recherche de plantes tinctoriales « poussant en bio ». Il mélange, teste. Développe toute une gamme de colorations, shampooings et soins naturels, tout en exerçant comme coiffeur à domicile. En 2005, il peut ouvrir le premier « salon végétal » de France. « En six-huit mois, le chiffre d’affaires a décollé, se souvient-il. Aujourd’hui, j’ai sept salons...




<article-nb="2018/08/24/19-6">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ L’idéologie du bonheur, qui vise à éradiquer toutes les émotions négatives sur son passage, aurait la fâcheuse tendance d’appauvrir les relations humaines.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                
                                       
édition abonné


Les bienfaits de la brouille


                      L’idéologie du bonheur, qui vise à éradiquer toutes les émotions négatives sur son passage, aurait la fâcheuse tendance d’appauvrir les relations humaines.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 14h49
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        

Dans le dernier World Happiness Report de l’ONU (2018), estimation du niveau de bonheur national de 156 pays, la France se classe en 23e position, gagnant 8 places. Notre pays, qui a également perdu sa position de leader mondial dans la consommation d’antidépresseurs, irait-il mieux ? Ou bien serait-on plutôt en train de vivre une forme d’épuration émotionnelle dans laquelle les grincheux, les dépressifs, les introvertis, les colériques finiraient par être mis sur la touche pour incompatibilité avec la norme dominante ?
« Cette idéologie du bonheur a pour effet de délégitimer les émotions dites négatives, comme la colère ou l’envie, deux sentiments qui ont aussi un caractère politique », décrypte la sociologue Eva Illouz. Evidemment, on ne va pas regretter la perte d’influence du chefaillon pervers qui vociférait à longueur de journée sur ses subordonnés.
Utilité des émotions négatives
Mais, si tout le monde devient constamment heureux, l’écologie des affects risque rapidement de perdre en variété. « Les penseurs classiques avaient compris l’utilité des émotions négatives. Pour Hobbes, c’est la peur qui permet de rentrer dans un contrat social. Pour Mandeville, c’est l’envie et l’avarice comme vices qui sont responsables de l’échange économique. Pour Weber, c’est l’angoisse devant le deus absconditus – un Dieu caché – qui nous rend assidus au travail. Sociologiquement, les émotions dites négatives peuvent être fort utiles », poursuit Eva Illouz.
Pour éviter de sombrer dans la monoculture émotionnelle et d’afficher à longueur de journée un sourire obligé d’âne détartré, il pourrait alors être utile d’œuvrer à la préservation d’une ambiance contrastée et, pourquoi pas, éruptive. Dans son hilarant ouvrage Le Noble Art de la brouille (Allary Editions, 100 p., 10 €), le journaliste Matthias Debureaux explique qu’une simple foi en la possibilité pluriséculaire de la prise de bec pourrait suffire...




<article-nb="2018/08/24/19-7">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ L’analyse de centaines d’études confirme qu’il n’y a pas de consommation sans risque et que l’alcool est la première cause de décès des 15 à 49 ans.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

L’alcool associé à 2,8 millions de morts par an dans le monde

L’analyse de centaines d’études confirme qu’il n’y a pas de consommation sans risque et que l’alcool est la première cause de décès des 15 à 49 ans.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 13h02
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 15h01
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Les risques pour la santé liés à l’alcool sont modérés pour des consommations représentant l’équivalent de 20 à 30 centilitres de vin ou une canette de 37,5 cl de bière par jour, mais s’accroissent de manière importante pour des niveaux plus élevés.
Cette notion reçoit une confirmation de poids avec la parution, vendredi 24 août, dans The Lancet, d’un article émanant du réseau collaboratif international sur la charge mondiale des maladies, Global Burden of Disease. Cette vaste analyse de plusieurs centaines d’études montre que l’alcool est associé à 2,8 millions de morts chaque année dans le monde – un chiffre probablement en dessous de la réalité, estiment les auteurs eux-mêmes.
Les auteurs ont analysé près de 700 études dans le monde sur la fréquence de l’usage d’alcool entre 1990 et 2016. Il en ressort qu’une personne sur trois (32,5 %) dans le monde boit de l’alcool, soit 2,4 milliards d’individus (un quart des femmes et 39 % des hommes). En moyenne, les femmes consomment chaque jour 0,73 boisson alcoolisée et les hommes 1,7 boisson.
La palme du nombre de buveurs revient aux Danois (95,3 % des femmes et 97,1 % des hommes), la France se classant au sixième rang pour les hommes (avec un taux de 93,1 %) et au huitième pour les femmes (86,9 %). « Le taux de consommateurs est le plus élevé dans les pays occidentaux et particulièrement en Europe, le principal marché pour les alcooliers », remarque le professeur Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions.
Si, pour l’ensemble de la population mondiale, l’alcool représentait en 2016 le septième facteur de risque de décès prématuré et d’invalidité, il occupe la première position pour les 15 à 49 ans. Chez ces derniers, il est principalement associé à la tuberculose, aux accidents de la route et à l’automutilation, et 3,8 % des décès féminins et 12,2 % des décès masculins lui sont attribuables.

        Lire aussi :
         

                Non, la consommation d’alcool ne vous permettra pas de vivre plus vieux



Pas de bénéfices à une consommation modérée d’alcool
Chez les 50 ans et plus, l’alcool est surtout lié aux cancers. Il est impliqué dans 27,1 % des décès féminins et 18,9 % des décès masculins. Pour cette population, dans les pays à revenu élevé, les cancers sont la pathologie la plus associée à l’alcool, tandis que dans ceux à revenu faible, cette place est occupée par la tuberculose, devant les cirrhoses et autres maladies hépatiques chroniques. Dans les pays à revenu intermédiaire, la maladie la plus fréquemment liée à l’usage d’alcool est l’accident vasculaire cérébral (AVC).
Bien que les auteurs aient « retrouvé quelques effets protecteurs vis-à-vis de l’infarctus du myocarde et le diabète chez les femmes, ces effets sont contrebalancés lorsque l’on prend en compte les risques globaux pour la santé ». Un constat qui bat en brèche l’argument des bénéfices d’une consommation modérée d’alcool. « Les courbes présentées dans l’étude montrent qu’avec six verres d’alcool par jour, le risque relatif pour l’ensemble des problèmes de santé s’accroît de 50 % et qu’il double avec neuf verres, souligne Michel Reynaud. Les alcooliers font leurs bénéfices avec les gros buveurs. En France, 50 % de l’alcool vendu est consommé par 8 % des Français. »
La consommation d’alcool est, pour l’instant, plus faible dans les pays moins développés, remarquent les auteurs, pour qui il importe dès à présent d’y prendre des mesures concrètes pour « prévenir l’augmentation potentielle de la consommation d’alcool dans le futur ». M. Reynaud rappelle la stratégie suivie par l’industrie du tabac, qui a déplacé vers les pays en développement ses nouveaux marchés.

        Lire aussi :
         

                En France, l’alcool et le tabac sont les drogues les plus meurtrières







                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-8">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Jeudi, Kamel S. a tué sa mère et sa sœur dans cette ville des Yvelines. L’homme, fiché S, présentait des problèmes psychiatriques.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Après l’attaque de Trappes, les motivations du tueur restent floues

Jeudi, Kamel S. a tué sa mère et sa sœur dans cette ville des Yvelines. L’homme, fiché S, présentait des problèmes psychiatriques.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 11h37
    |

            Yann Bouchez








                        



   


Drame familial et triste fait divers, ou attentat terroriste ? Les motivations de Kamel S. restaient encore floues, vendredi 24 août. Cet homme de 36 ans, armé d’un couteau, a tué sa mère et sa sœur, à Trappes (Yvelines), jeudi 23 août en début de matinée, puis grièvement blessé une sexagénaire, habitante du quartier, avant d’être tué à son tour par des policiers qui tentaient de l’interpeller.
Les raisons de l’attaque, le profil de l’assaillant et sa dimension terroriste ou non devraient figurer au cœur de l’enquête ouverte par le parquet de Versailles pour « assassinat, tentative d’assassinat et menaces de mort sur personnes dépositaires de l’autorité publique ». A ce stade, alors que le mobile reste incertain, le parquet antiterroriste ne s’est pas saisi de l’affaire.
Avant d’être tué, Kamel S. a crié aux forces de l’ordre : « Allahou Akbar, si vous rentrez, je vous fume. » Les policiers ont utilisé leur arme de service après avoir tenté de maîtriser l’homme avec des pistolets à impulsion électrique. Fiché « S » pour radicalisation religieuse, cet ancien chauffeur de bus avait fait l’objet d’une procédure pour apologie du terrorisme, classée sans suite en 2016. Il connaissait des problèmes psychiatriques et familiaux. « Le profil de l’assaillant est plus celui d’un déséquilibré aux antécédents psychiatriques que celui d’un engagé répondant aux ordres d’une organisation terroriste », a déclaré le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, venu au commissariat de Trappes, jeudi.

        Lire aussi :
         

                Trappes : deux personnes tuées au couteau, la piste du différend familial privilégiée



Image peu flatteuse
L’organisation Etat islamique (EI) a néanmoins très rapidement revendiqué l’attaque, par le biais de son organe de propagande Aamaq, quelques dizaines de minutes seulement après la médiatisation de l’affaire. Mais la rapidité de cette revendication, s’ajoutant au profil de l’assaillant et au lien familial qui l’unit à deux des victimes, interpellent les experts du mouvement djihadiste. Ces derniers mois, l’organisation terroriste a attribué de façon opportuniste plusieurs tueries à ses « soldats », dont celle de Manille en juin 2017 ou celle de Las Vegas en octobre 2017, sans que les enquêteurs parviennent à établir de réels liens entre les auteurs des attaques et l’EI. Mercredi 22 août, un message audio attribué à Abou Bakr Al-Baghdadi avait été diffusé sur la messagerie instantanée Telegram, dans lequel le chef de l’EI appelait à poursuivre le djihad.
Malgré la prudence des autorités judiciaires et du gouvernement concernant l’attaque de Trappes, les réactions politiques n’ont pas tardé. Seulement deux heures après les faits, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a critiqué, sur Twitter, un « gouvernement qui persiste à minimiser le terrorisme islamiste et refuse de prendre les mesures pour éradiquer cette idéologie meurtrière ». Deux conseillers départementaux Les Républicains des Yvelines ont rappelé dans un communiqué qu’ils continuaient de « tirer la sonnette d’alarme sur la menace de la radicalisation islamiste à Trappes ». Cette commune de 32 000 habitants, minée par les difficultés économiques et sociales, souffre d’une image peu flatteuse, alors que plusieurs dizaines de ses habitants ont rejoint les rangs de l’EI au cours des dernières années. Une seconde enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale afin de « vérifier la régularité de l’ouverture du feu » par les policiers, a indiqué le parquet de Versailles.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-9">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Estimant que la plate-forme avait défavorisé des candidats issus de quartiers populaires, des particuliers et des élus avaient saisi l’institution.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Parcoursup : le Défenseur des droits enquête sur des soupçons de discrimination

Estimant que la plate-forme avait défavorisé des candidats issus de quartiers populaires, des particuliers et des élus avaient saisi l’institution.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 12h52
    |

            Camille Stromboni








                        



                                


                            
Parcoursup a-t-il été discriminant envers certains lycéens ? C’est l’une des interrogations auxquelles le Défenseur des droits a décidé de répondre en ouvrant une instruction sur le fonctionnement de la nouvelle plate-forme d’admission dans l’enseignement supérieur, à la suite des réclamations reçues. « J’entends traiter ces questions de manière prioritaire », écrit même Jacques Toubon, dans un courrier en date du 8 août adressé à Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

L’élu socialiste a saisi l’institution en juillet, s’inquiétant de « l’opacité » des « algorithmes locaux » mis en place dans les établissements pour classer les dossiers des 812 000 candidats aux études, tout en pointant son sentiment d’une « discrimination supplémentaire à l’égard des jeunes de quartiers populaires ». « J’espère que nous pourrons enfin avoir les réponses aux questions que nous posons depuis le mois de mai », se félicite le président du département le plus jeune et défavorisé de France métropolitaine, qui a interpellé la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, au printemps.
Au lendemain des premières réponses des formations aux candidats, le 22 mai, certains lycéens, enseignants et syndicats ont accusé les nouvelles règles d’avoir pu défavoriser celles et ceux qui ne viendraient pas du bon lycée ou du bon territoire. Notamment les jeunes de banlieue parisienne, qui s’estimaient également évincés des filières de Paris intra-muros. Des discriminations alors démenties du côté du gouvernement.
Absence de transparence
Avec la réforme de la loi orientation et réussite des étudiants, les universités – comme les filières sélectives le faisaient déjà – ont procédé, pour la première fois, au classement des dossiers des candidats. Les critères employés par chaque établissement ont été multiples : bulletins de notes, lettre de motivation, CV, avis du conseil de classe de terminale,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-10">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Le cardinal, cité 206 fois dans une enquête sur des abus sexuels perpétrés par des prêtres de Pennsylvanie, a renoncé à se rendre en Irlande.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Donald Wuerl, l’archevêque de Washington, dans la tourmente

Le cardinal, cité 206 fois dans une enquête sur des abus sexuels perpétrés par des prêtres de Pennsylvanie, a renoncé à se rendre en Irlande.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 11h02
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            

La rentrée s’annonçait chargée et prolifique pour le cardinal Donald Wuerl, l’une des figures de l’épiscopat américain : un discours d’introduction lors de la Rencontre mondiale des familles, à Dublin, samedi 25 août ; la sortie de deux livres sur la foi et l’Eglise, en septembre et octobre. Mais, quelques jours après les révélations d’abus sexuels perpétrés dans des diocèses de Pennsylvanie, où il fut évêque durant dix-huit ans, l’archevêque de Washington a préféré renoncer à son déplacement en Irlande ; la publication d’au moins l’un de ses ouvrages, malencontreusement intitulé « Que voulez-vous savoir ? », est reportée sine die. Une pétition signée par plus de 7 000 personnes demande sa démission. Et, mercredi, le lycée catholique de Pittsburgh qui portait son nom a décidé de se débaptiser, « à la demande du cardinal », assure l’établissement.

En quelques jours, ce proche du pape François, dont la carrière a connu une ascension sans heurts, a été pris dans la tourmente du nouveau scandale de pédophilie, qui, seize ans après la déflagration venue de l’archidiocèse de Boston – qui a couvert des prêtres pédophiles pendant des années, comme l’a révélé une enquête du Boston Gobe –, entache de nouveau l’Eglise catholique aux Etats-Unis. Son nom est cité 206 fois dans le rapport rendu public le 14 août par un grand jury, à la suite d’une enquête des services du procureur de Pennsylvanie.
Le cardinal Wuerl, qui s’est toujours efforcé d’apparaître « du côté des victimes », a affirmé avoir agi « avec diligence pour éviter d’autres abus »
Elle a révélé des abus sexuels perpétrés par plus de 300 « prêtres prédateurs », dont ont été victimes au moins 1 000 enfants entre les années 1940 et 2010. Elle dénonce avec virulence le rôle de la hiérarchie catholique qui a couvert ces crimes. Selon les rapporteurs, Donald Wuerl, qui, durant ses années passées à Pittsburgh (de 1988 à 2006), a été confronté à 32 prêtres...




                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-11">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Les catholiques attendent des mesures de François lors de la Rencontre mondiale des familles, les 25 et 26 août.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Irlande, le pape François face aux scandales de pédophilie

Les catholiques attendent des mesures de François lors de la Rencontre mondiale des familles, les 25 et 26 août.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 10h47
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Le dernier (et premier) pape à s’être rendu en Irlande était Jean Paul II. Lors de sa visite, à l’automne 1979, l’écrasante majorité des Irlandais allait à la messe tous les dimanches. La contraception était difficile d’accès, le divorce interdit, l’avortement passible de prison à vie, l’homosexualité d’emprisonnement. Les politiques et l’institution ecclésiale partageaient des valeurs et cela se traduisait en de nombreux domaines par l’imbrication de l’Eglise et de l’Etat. La violence qui dominait alors l’actualité et les esprits était celle des affrontements entre catholiques et protestants, en Irlande du Nord. A Drogheda, sur la côte est, le pontife polonais y avait consacré l’essentiel de son homélie. « Je vous supplie à genoux de vous détourner des sentiers de la violence », avait-il lancé aux jeunes Irlandais.

Trente-neuf ans plus tard, c’est une autre Irlande que devait rencontrer François, samedi 25 et dimanche 26 août, à l’occasion de la clôture des rencontres mondiales de la famille, organisées tous les trois ans par l’Eglise catholique. La pratique religieuse y demeure l’une des plus élevées d’Europe et 90 % des élèves sont toujours scolarisés dans des institutions catholiques. Mais trois référendums symbolisent le chemin parcouru : le divorce a été légalisé en 1995 par 50,3 % des votants, le mariage entre personnes du même sexe en 2015 par 62,07 %, l’interruption volontaire de grossesse le 25 mai 2018 par 66,4 % des voix.
Surtout, au cours des années 1990 et 2000, les Irlandais ont découvert les innombrables violences, notamment sexuelles, commises sur des enfants et des femmes, par des prêtres ou derrière les portes d’institutions administrées par l’Eglise catholique. Des prêtres pédophiles ont été protégés, des bébés de « filles-mères » exploitées par des religieuses dans des blanchisseries ont été vendus, des élèves de collèges, d’orphelinats et de centres d’apprentissages ont été battus, humiliés et certains violés....




                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-12">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Les urgentistes ont tenté de relativiser des chiffres évoquant 4,6 millions d’appels sans réponse en 2016. Le ministère promet une réforme pour septembre.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Appels aux urgences : les SAMU accusés de ne pas toujours décrocher

Les urgentistes ont tenté de relativiser des chiffres évoquant 4,6 millions d’appels sans réponse en 2016. Le ministère promet une réforme pour septembre.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 15h03
    |

            Gaëlle Dupont








                        


Plusieurs responsables des SAMU relativisent les chiffres alarmants publiés jeudi 23 août par le magazine Le Point, qui affirme que plus de 15 % des appels passés aux services d’urgences médicales n’obtiennent aucune réponse. Exploitant des statistiques publiées par le ministère de la santé, l’hebdomadaire dévoile que 4,6 millions d’appels téléphoniques passés en 2016 sur un total de 29,1 millions n’ont pas été décrochés.
Une grande disparité géographique est mise en évidence. Certains services affichent un taux brut d’appels décrochés de 100 %, comme Auxerre, Verdun (Meuse), Mende, Tours, Nice, ou Annecy. En queue du classement, deux SAMU situés dans les DOM (Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe et Fort-de-France, en Martinique), Perpignan, Laon, Garches (Hauts-de-Seine), Bobigny et Paris.
Dans la capitale, 49,8 % des appels seulement sont décrochés, selon le magazine. Après l’affaire Naomi Musenga, décédée le 29 décembre 2017 après un refus de prise en charge, inadapté et irrespectueux du SAMU de Strasbourg, ces chiffres remettent de nouveau en cause leur efficacité.

        Lire aussi :
         

                Depuis la mort de Naomi Musenga, plusieurs plaintes contre les SAMU



Erreurs et faux numéros
Ils font cependant bondir les responsables de ces services. « Dans cette masse d’appels [non décrochés], il y a certainement des personnes qui n’arrivent pas à joindre le SAMU mais il y a aussi tous les appels de poche, toutes les erreurs, toutes les fausses numérotations, a affirmé jeudi sur RTL François Braun, président de SAMU-Urgences de France. Il n’y a pas 4,6 millions de patients qui n’arrivent pas à joindre le SAMU, ce serait un scandale sanitaire qui n’aurait pas attendu des années pour sortir. »
Les données publiées par Le Point sont également contestées par Pierre Carli, chef de service du SAMU de Paris et président du Conseil national des urgences hospitalières. « Quand on enlève les appels interrompus au bout de quinze secondes, qui sont soit des erreurs, soit passés par des robots, des faxs, etc., le taux de réponse monte à 76 % d’appels décrochés à Paris, et le temps moyen de réponse est de quarante-huit secondes, affirme ce dernier. Ce qui ne veut pas dire que le système ne doit pas être amélioré. » 
Qu’advient-il des personnes qui cherchent véritablement à joindre le SAMU sans y parvenir ? « Elles peuvent raccrocher et rappeler, appeler plusieurs services d’urgence en même temps, poursuit M. Carli. Il n’y a en tout cas pas d’impact sanitaire. Je n’ai pas entendu parler de mort suspecte d’individus après un défaut de prise en charge à Paris en 2016. »

        Lire aussi :
         

                Vers un numéro unique pour joindre les urgences ?



« Manque de moyens »
Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France et l’un des responsables de la CGT-Santé estime, au contraire, que le constat du Point est « juste ». « Cela fait des années que nous dénonçons un manque de moyens pour faire face à une activité en augmentation constante », souligne-t-il.
L’amélioration du service passe, en outre, par une « réorganisation du système », selon M. Prudhomme, en particulier une mutualisation entre le 15 et le 18. L’idée d’un numéro d’appel commun à toutes les urgences fait partie des pistes étudiées par le gouvernement, qui à la suite de la révélation de l’affaire Musenga a promis une réforme, mais elle suscite des réticences. « Le 15 est une machine qui permet de joindre un médecin vingt-quatre heures sur vingt-quatre et d’éviter d’aller aux urgences si ce n’est pas nécessaire, plaide M. Carli. Sa suppression ne serait pas forcément une bonne affaire. » Un numéro unique consacré aux seules urgences médicales est une piste alternative. La solution retenue devrait être annoncée en septembre.
Le ministère de la santé estime, de son côté, que l’enquête du Point met en évidence « une réalité, qui n’est pas forcément une généralité », à laquelle le travail d’amélioration lancé après l’affaire Musenga devra répondre. « Les professionnels ont fait des propositions qui doivent désormais être mises en œuvre dans trois domaines : la formation des personnels, l’harmonisation des pratiques sur le territoire, et le contrôle qualité, ce qui inclut l’amélioration du taux d’appels décrochés », affirme-t-on au ministère.

        Lire aussi :
         

                Affaire Naomi Musenga : les zones d’ombre de l’hôpital de Strasbourg






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-13">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Les professionnels du monde médico-social se désolent de ne pas être entendus par le gouvernement dans la lutte contre l’addiction à l’alcool.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le lobby de l’alcool s’invite dans le débat sur la santé

Les professionnels du monde médico-social se désolent de ne pas être entendus par le gouvernement dans la lutte contre l’addiction à l’alcool.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 09h36
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 12h37
    |

            François Béguin et 
Laurence Girard








                        



                                


                            

Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, en mai 2017, la filière viticole vole de victoire en victoire, entraînant dans son sillage les lobbys de la bière, des spiritueux et des vins d’apéritif, qui pour la première fois présentent un front uni pour défendre leurs intérêts.
Dès les premiers jours du quinquennat, le ton est donné, avec la nomination au poste de conseillère agriculture à l’Elysée d’Audrey Bourolleau, l’ancienne déléguée générale de Vin & Société, l’organisme chargé de défendre les intérêts de la filière. Son principal fait d’armes ? L’obtention, lors de l’examen de la loi santé en 2015, d’un nouveau détricotage de la loi Evin encadrant la publicité sur les boissons alcoolisées en France, avec la bénédiction du président de la République François Hollande, mais aussi de son ministre de l’économie… Emmanuel Macron.
Depuis l’accession de celui-ci à l’Elysée, il n’y a certes pas eu de nouvel accroc à cette loi, par ailleurs déjà bien malmenée au vu de l’omniprésence des publicités pour l’alcool. Mais la perspective s’éloigne chaque jour un peu plus d’un grand plan de lutte contre l’addiction à l’alcool, pourtant à l’origine de près de 50 000 morts par an en France. « Tant que je serai président, il n’y aura pas d’amendement pour durcir la loi Evin », annonce le chef de l’Etat le 22 février en marge du Salon de l’agriculture. « Moi, je bois du vin le midi et le soir. Je crois beaucoup à la formule de Pompidou : “N’emmerdez pas les Français’’ », ajoute-il, en s’adressant – notamment – aux 558 000 personnes travaillant dans le secteur du vin en France.

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, ancienne président de l’Institut national du cancer (INCA), est, elle, séchement renvoyée dans ses cordes. Quelques jours plus tôt, elle avait cru pouvoir rappeler que le vin était un « alcool comme les autres ». Dans ce contexte, les professionnels de l’addictologie se désolent de ne pas être...




                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-14">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ La mère de Pierre considère que le SMS, dans lequel il lui lègue une part de son patrimoine, vaut testament, ce que contestent la veuve et les enfants : le code civil impose en effet que le testament soit écrit, daté et signé de la main du testateur.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ 
<article-nb="2018/08/24/19-15">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ De nombreux témoignages évoquent des discriminations sur ces sites de locations. Les entreprises assurent faire le nécessaire, mais l’affaire pose une épineuse question juridique.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 23/08/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Pour réserver sur Airbnb, mieux vaut s’appeler Isabelle que Djamila

De nombreux témoignages évoquent des discriminations sur ces sites de locations. Les entreprises assurent faire le nécessaire, mais l’affaire pose une épineuse question juridique.



LE MONDE
 |    24.08.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 15h42
    |

            Henri Seckel








                        



                                


                            
Si Djamila s’était appelée Isabelle, les choses auraient sans doute été plus simples. Cette femme de 58 ans vivant à Chartres (Eure) souhaitait emmener sa fille en vacances à Toulouse début août. Une belle maison dégotée sur Airbnb, un message au propriétaire, et ce refus en retour : deux voyageurs, ce n’est pas assez pour réserver la maison. Djamila Cariou, dont seul le prénom apparaît sur la plate-forme en ligne, propose alors d’ajouter un convive au voyage et de payer le coût supplémentaire. « Il a encore refusé, en prétextant que, finalement, sa famille occuperait la maison à ces dates-là », raconte au Monde la fille de Djamila Cariou, Farah, qui a publié l’histoire sur son compte Twitter.
Saisie d’un doute, celle-ci fait appel à une connaissance prénommée Isabelle, qui envoie une demande pour la même annonce, aux mêmes dates, pour trois voyageurs aussi. « Trois heures plus tard, elle a reçu une réponse positive du propriétaire disant qu’il était heureux de les accueillir », soupire Farah Cariou. Elle et sa mère ont quand même pu voir Toulouse, depuis les fenêtres d’une autre maison, mais ont la certitude d’avoir été « victimes de racisme ».
Les réseaux sociaux bruissent de ce genre d’histoires plus ou moins détaillées depuis la mi-août et la parution d’un article sur le site Internet de Franceinfo. On y lisait les témoignages de personnes aux noms à consonance maghrébine faisant part d’un sentiment de discrimination sur les plates-formes de locations touristiques en ligne comme Airbnb ou Abritel. Des citoyens lambda, mais aussi un conseiller municipal de Saint-Denis, et même un humoriste doté d’une petite notoriété – Jhon Rachid, Mohamed Ketfi au civil, expliquant que « la seule fois où [il a] réussi à avoir un appartement sur Airbnb, c’est en le faisant louer par des amis avec un nom plus, euh, doux ».
Epineuse question juridique
Le phénomène est difficile à quantifier. Aucune...




                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-16">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Une partie du sud du département est confrontée à la plus importante anazootie de fièvre du charbon observée en France depuis près de vingt ans.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Anthrax dans les Hautes-Alpes : un syndicat agricole porte plainte contre X

Une partie du sud du département est confrontée à la plus importante anazootie de fièvre du charbon observée en France depuis près de vingt ans.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 22h51
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 06h36
   





                        


Deux mois après le début de l’épidémie de fièvre charbonneuse dans les Hautes-Alpes, la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) a déposé plainte jeudi 23 août contre X pour « connaître la vérité » sur la résurgence de cette maladie transmissible à l’homme. Le syndicat Jeunes Agriculteurs (JA) doit faire de même vendredi.
Une partie du sud du département est confrontée à la plus importante anazootie – une épidémie au cours de laquelle des animaux se contaminent à partir d’une même source – de fièvre du charbon (anthrax en anglais) observée en France depuis près de vingt ans, une maladie potentiellement mortelle pour l’homme dans ses formes les plus rares. « Vu le préjudice moral et financier que subissent les éleveurs, ils sont en droit de savoir d’où est sortie cette bactérie », résume René Laurans, président de la FDSEA des Hautes-Alpes, majoritaire dans le département.
« Situation critique »
La bactérie Bacillus anthracis survit des dizaines d’années sous forme de spores dans les terres où ont été enterrés par le passé des animaux morts du charbon ou porteurs de la maladie : des « champs maudits », non cartographiés dans le département.

        Lire aussi :
         

                En Russie, l’anthrax ressurgit avec le réchauffement climatique



Le vaccin est le moyen le plus efficace pour enrayer l’épidémie. Mais, face à une pénurie temporaire, due à la fermeture en août du laboratoire espagnol qui le produit, les éleveurs espèrent « que l’Etat fera le nécessaire pour trouver le plus grand nombre de vaccins, dans les plus brefs délais », ajoute Alexandre Lagier, président de Jeunes Agriculteurs des Hautes-Alpes. « Nous avons acheté les deux cents flacons disponibles et commandé quatre cents flacons supplémentaires qui seront livrés fin septembre », précise-t-il. 
« L’Etat a entamé des discussions avec ses partenaires européens pour évoquer la disponibilité et le rachat des vaccins » dont ils disposent, disait en début de semaine à La Provence Agnès Chavanon, secrétaire générale de la préfecture des Hautes-Alpes. Pour Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et député européen, qui a interpellé le gouvernement, « l’enjeu est considérable et la situation critique ».
Soupçons sur des travaux d’une ligne haute tension
Les autorités dénombrent vingt-trois foyers sur treize communes et cinquante bêtes mortes, (bovins, ovins et équins). Selon l’Agence régionale de santé (ARS), cent trois personnes entrées possiblement en contact avec la maladie ont été recensées. La moitié bénéficie d’un traitement antibiotique préventif. Aucun malade, aucun nouveau cas n’a été depuis observé, selon l’ARS.
Le monde agricole soupçonne « d’importants travaux concernant une ligne haute tension du Réseau de transport d’électricité (RTE). » Les premiers cas de bêtes mortes sont survenus en dessous des pylônes « dans les communes du départ de la maladie », selon Sandrine Hauser, secrétaire générale de la FDSEA.
Ces travaux « ne semblent pas à l’origine de la résurgence de la bactérie », assurait en début de semaine Mme Chavanon. Une enquête épidémiologique de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) est en cours. Dès qu’un foyer est confirmé, les animaux concernés sont vaccinés et des mesures de blocage de l’exploitation, d’au moins vingt et un jours, prises par les autorités. Le lait collecté doit être pasteurisé et détruit.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-17">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Le groupe a indiqué que « les acteurs engagés dans ce type d’opération d’influence sont en infraction avec nos politiques ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Google dit avoir bloqué des comptes d’une « opération d’influence » liée à l’Iran

Le groupe a indiqué que « les acteurs engagés dans ce type d’opération d’influence sont en infraction avec nos politiques ».



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 22h30
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 11h32
   





                        


Le groupe Google a fait savoir, jeudi 23 août, qu’il avait bloqué des chaînes sur YouTube, sa filiale, et plusieurs comptes liés à une campagne de désinformation liée à l’Iran. Des mesures similaires ont été prises par les réseaux sociaux Facebook et Twitter.
« Nous avons identifié et fermé un certain nombre de comptes liés à l’IRIB [Radio-Télévision de la République islamique d’Iran] après que nos équipes ont enquêté sur un éventail d’acteurs suspects liés à l’Iran », a expliqué Kent Walker, vice-président de Google, dans un communiqué. « Les acteurs engagés dans ce type d’opération d’influence sont en infraction avec nos politiques et nous avons rapidement retiré de tels contenus de nos services et fermé les comptes de ces acteurs. »

        Lire aussi :
         

                Facebook découvre de nouvelles « campagnes » de désinformation



Le géant américain, qui s’est adjoint les services de la société de cybersécurité FireEye dans ce dossier, a expliqué avoir bloqué « 39 chaînes YouTube qui ont eu au total 13 466 vues aux Etats-Unis » et avoir désactivé six comptes sur son service de blog Blogger et treize comptes sur son réseau social Google+. « En sus des renseignements reçus par FireEye, nos équipes ont enquêté d’une manière plus large sur des acteurs liés à l’Iran ayant pris part à cet effort » de désinformation, a ajouté Google.
L’importance de « l’opération d’influence » détectée par Google est cependant à relativiser. Outre le faible nombre de comptes détectés, les sites et comptes identifiés publiaient des messages favorables à l’accord sur le nucléaire iranien ou critiques d’Israël, mais ne tentaient pas, comme le faisaient les messages russes de la présidentielle 2016, de pousser des sujets de société clivants pour la société américaine. « L’opération » n’était donc comparable ni dans sa méthode, ni dans son ampleur, aux efforts de propagande russes.
Blocage d’attaques de « phishing »
Le groupe a informé les parlementaires américains et les forces de l’ordre des découvertes de son enquête, y compris s’agissant des contenus à caractère politique qui y étaient associés.
Il dit avoir également bloqué des attaques de « phishing » menées sur les directives d’un Etat, sans préciser lequel, au cours desquelles des messages trompeurs étaient envoyés à des utilisateurs de son service gratuit de courriel afin qu’ils divulguent des informations comme leurs mots de passe.
« Ces derniers mois, nous avons détecté et bloqué des tentatives d’acteurs liés à un Etat dans plusieurs pays pour cibler des campagnes politiques, des journalistes, des militants et des universitaires dans le monde entier », dit Google, affirmant avoir renforcé ses protections au cours de l’année écoulée contre des « acteurs liés » à l’« Internet Research Agency » (IRA), soupçonné d’être un bras numérique du Kremlin.
De ce fait, 42 chaînes YouTube et un compte sur Blogger ont été supprimés dans le cadre de cette surveillance des activités de l’IRA, a-t-il précisé.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-18">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Le gouvernement suédois a publié un livret d’une centaine de pages listant des actions concrètes prises en faveur des droits des femmes.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 23/08/2018
Découvrir l’application


                        

La Suède fait le bilan de quatre années d’une politique étrangère « féministe »

Le gouvernement suédois a publié un livret d’une centaine de pages listant des actions concrètes prises en faveur des droits des femmes.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 19h19
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 15h13
   





                        



   


Le gouvernement suédois a publié, jeudi 23 août, un livret pour partager avec des ONG et des chancelleries du monde entier les leçons de sa politique étrangère, articulée depuis 2014 autour du droit des femmes.
Lancée dans la foulée des législatives de septembre 2014 par le gouvernement de centre gauche – le premier à atteindre la parité hommes-femmes –, la diplomatie féministe vise à « promouvoir l’égalité entre les sexes » et à garantir « à toutes les femmes et filles la jouissance de leurs droits fondamentaux ». Emancipation économique, lutte contre les violences sexuelles, influence dans les processus de paix, participation politique : sur le terrain ou dans l’arène internationale, à Bruxelles et à New York, la diplomatie du pays scandinave actionne tous les leviers.
Le gouvernement en a publié un résumé, jeudi 23 août, dans un livret d’une centaine de pages, disponible en anglais sur le site du gouvernement. Ses principes et méthodes y sont listés : assurer la parité hommes-femmes dans les conférences, investir les réseaux sociaux, mobiliser ressources humaines et financières, mettre les compétences en réseau, etc.

   Swedens Feminist Foreign Policy Examples From Three Years of Implementation 

« Quand nous avons lancé la diplomatie féministe, il y a quatre ans, les réactions étaient mitigées. On a entendu quelques moqueries dans les premiers jours, et ici et là une opposition assumée », dit Margot Wallström. « On nous disait : “Ce ne sont que des mots.” C’est à cela que sert » le manuel, justifie la ministre sociale-démocrate, récipiendaire l’an dernier du prix Agent for Change des Nations unies pour son action en faveur des femmes.
A la page 43, un graphique atteste de la montée en puissance des femmes dans la diplomatie suédoise : en 2016, quatre ambassadeurs sur dix étaient des ambassadrices, contre 10 % seulement vingt ans plus tôt.
Changer les normes
Les résultats concrets de la diplomatie féministe sont pourtant difficiles à mesurer. L’objectif, plaide ses architectes, est de changer de paradigme, et cela prend du temps.
« Il est un peu tôt » pour tirer des conclusions, observe Robert Egnell, professeur à l’Ecole supérieure des études militaires de Stockholm. « Il est impossible de dire si cette politique a permis de réduire le nombre de femmes mourant en couches en Afrique ou de bénéficier à d’autres populations », mais « sa résonance a été énorme à l’étranger », et « tout le monde connaît désormais la politique étrangère suédoise », dit-il.

        Lire aussi :
         

                L’égalité des genres à la suédoise : tous égaux, sauf certaines



Pour ses détracteurs, la diplomatie féministe n’échappe pas aux contraintes de la realpolitik : ils rappellent que la Suède ne s’est pas opposée – elle s’est abstenue – à l’entrée de l’Arabie saoudite dans la commission de la condition des femmes des Nations unies (CSW) en avril 2017. Les relations avec la pétromonarchie s’étaient brusquement dégradées deux ans plus tôt après un discours au vitriol de Mme Wallström devant son Parlement. Riyad avait rappelé le mois suivant son ambassadeur, vite réinstallé après une visite d’un émissaire du gouvernement suédois et du roi Carl XVI Gustaf.
Pour Robert Egnell, la réaction de l’Arabie saoudite, fréquemment critiquée pour les mêmes raisons, était « disproportionnée ». « Quand ces critiques viennent d’une femme, elles ont une autre portée symbolique et suscitent de vives répliques. »

        Lire aussi :
         

                En Suède, l’université en mal d’auteures






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/24/19-19">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Surmonter les épreuves (6/6). Les élèves déscolarisés sont d’abord en souffrance face au système scolaire traditionnel, constate l’enseignante Nathalie Broux.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ 
<article-nb="2018/08/24/19-20">
<filnamedate="20180824"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180824"><AAMMJJHH="2018082419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Plus de 41 000 cas de rougeole ont été recensés en Europe sur les six premiers mois de 2018, soit presque le double de l’ensemble de l’année 2017.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 23/08/2018
Découvrir l’application


                        

Le nombre de cas de rougeole atteint un record en Europe

Plus de 41 000 cas de rougeole ont été recensés en Europe sur les six premiers mois de 2018, soit presque le double de l’ensemble de l’année 2017.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 14h29
 • Mis à jour le
24.08.2018 à 07h07
    |

                            Thibaut Faussabry








                        


En Europe, quasiment deux fois plus de personnes ont contracté la rougeole sur les six premiers mois de 2018 que sur l’ensemble de l’année 2017. C’est le constat dressé par L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui recense au moins 37 personnes mortes des suites de cette maladie sur le continent sur les six premiers mois de 2018 – soit un de plus que sur toute l’année 2017.

        Lire l’analyse des Décodeurs :
         

          Faut-il craindre le retour de la rougeole ?



Comme nous l’expliquions, la rougeole a l’image d’une maladie bénigne de par ses symptômes (fièvre, fatigue, toux). Néanmoins elle peut être très grave dans certains cas, notamment à cause des complications (atteintes au cerveau, infection des poumons) qui suivent parfois une contamination. Les conséquences d’une contamination peuvent entraîner le décès du patient, notamment chez les personnes non vaccinées.


	#container_15349406143{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_15349406143{
		height:500px;
	}
	#container_15349406143 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_15349406143 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_15349406143.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_15349406143.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_15349406143 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



Forte augmentation du nombre de cas de rougeole en Europe
Evolution du nombre de cas de rougeole constatés en Europe (53 pays) entre 2010 et 2018. Les données pour l'année 2018 recensent les cas constatées entre le mois de janvier et le mois de juillet.

Source : Organisation mondiale de la santé



require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_15349406143",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "line",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#0386c3","#FFc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "" ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "linear",
		 categories:["2010","2011","2012","2013","2014","2015","2016","2017","2018"],
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:"",
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Total général des cas de rougeole ",
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
        "",
        30604
      ],
      [
        "",
        33254
      ],
      [
        "",
        26788
      ],
      [
        "",
        32862
      ],
      [
        "",
        18872
      ],
      [
        "",
        28417
      ],
      [
        "",
        5273
      ],
      [
        "",
        23927
      ],
      [
        "",
        41013
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: false,
		valueDecimals: 0,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: "",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


Maladie très contagieuse
En 2015, l’OMS a lancé son plan d’action européen pour les vaccins 2015-2020, dont l’un des grands objectifs est « d’éliminer la rougeole et la rubéole » d’ici la fin de la décennie. En attendant, depuis le début de l’année 2018, sept pays européens ont chacun enregistré au moins mille cas de rougeole (adultes et enfants). Le phénomène touche à la fois des pays situés dans la partie orientale (Russie, Géorgie, Ukraine et Serbie) et occidentale du continent (Grèce, Italie et France). Toutefois, l’Ukraine concentre à elle seule plus de la moitié (23 070) des cas de rougeole constatés sur les six premiers mois de l’année.

 .tooltipdecodeurs{border-radius:4px; padding: 8px; position: absolute; z-index:9999; max-width: 350px; -webkit-box-shadow: none!important; box-shadow: none!important; border: 2px solid #ccd0d3!important; background: #fff!important; color: #222; } .dcdr_graticule {fill: none;stroke-width: .5px;} .dcdr_pays{cursor:pointer;} .dcdr_general{padding:16px;} #dcdr_container15349364325{padding:5px 0px 0px 0px;width:100%;background-color:#f5f6f8;} #dcdr_container15349364325 #legend_fond{fill:#ffffff;fill-opacity:0;} .tooltipdecodeurs img {padding: 1px;border: 1px solid #A2A9AE;background-color: #FFF;height: 1.5rem;margin-right: .7rem;margin-bottom: -.2rem;}.dcdr_general .tt6 {font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial;font-size: 1.7rem;font-weight: bold;}.ui-tooltip-content .tt6 {font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial;font-size: 1.3rem;font-weight: bold;}#dcdr_soustitre15349364325{padding-top:8px;}#dcdr_source15349364325{font-size:12px;text-align:right;}


Plus d'un tiers des pays de la zone Europe affichent une couverture vaccinale en dessous de 95 %
Taux de couverture vaccinale contre la rougeole par pays en 2017. 



Source : Organisation mondiale de la santé




require(["jquery", "jquery-ui/core", "jquery-ui/tooltip", "d3/3.5.6", "d3-topojson/v1", "d3-geo-projection/v0"], function($, jqueryUICore, tooltip, d3, topojson) {

var margin = {top: 0,left: 0,bottom: 0,right: 0};
var width = ($("#dcdr_map15349364325").width()/10)*9.8,
width = width - margin.left - margin.right,
mapRatio = 0.85,
height = width * mapRatio;
var projection = d3.geo.transverseMercator().rotate([-10, 0]).center([-1, 52]).translate([width / 2, height / 2]).scale(width*1.32).precision(.1);
var path = d3.geo.path().projection(projection);
var graticule = d3.geo.graticule();

var svg = d3.select("#dcdr_map15349364325").append("svg").attr("id", "mapSVG15349364325").attr("width", width).attr("height", height);

var svggraticule = svg.append("g").attr("id", "graticule15349364325");
var svgcarte = svg.append("g").attr("id", "carte15349364325");
var svglegende = svg.append("g").attr("id", "legende15349364325");

d3.json("//s1.lemde.fr/assets-redaction/grumpymap/json/europe.json", function(error, maps) {
if (error) throw error;
var data = [["Country","Taux de couverture vaccinale contre la rougeole"],["Hongrie",99],["Kazakhstan",99],["Ouzbékistan",99],["Turkménistan",99],["Albanie",98],["Biélorussie",98],["Tadjikistan",98],["Arménie",97],["Azerbaïdjan",97],["Macédoine",97],["Russie",97],["Slovaquie",97],["Israël",96],["Kirghizistan",96],["Croatie",95],["Irlande",95],["Islande",95],["Portugal",95],["Suède",95],["Andorre",94],["Slovénie",94],["Allemagne",93],["Espagne",93],["Pologne",93],["Bulgarie",92],["Finlande",92],["Lituanie",92],["Moldavie",92],["Estonie",91],["Norvège",91],["Serbie",91],["Géorgie",90],["Pays-Bas",90],["République tchèque",90],["Lettonie",89],["Suisse",89],["Chypre",88],["Danemark",88],["Royaume-Uni",88],["Italie",86],["Luxembourg",86],["Turquie",86],["Belgique",85],["Autriche",84],["Ukraine",84],["Grèce",83],["Malte",83],["Monténégro",83],["Bosnie-Herzégovine",80],["France",80],["Monaco",79],["Saint-Marin",78],["Roumanie",75],["Maroc",99],["Algérie",92],["Tunisie",97]];

var m = d3.map(data, function(d, i) {return d[0];});
var a = [74,80,85,90,95,99];
var dcdr_noms = [["Hongrie","hu"],["Kazakhstan","kz"],["Ouzbékistan","uz"],["Turkménistan","tm"],["Albanie","al"],["Biélorussie","by"],["Tadjikistan","tj"],["Arménie","am"],["Azerbaïdjan","az"],["Macédoine","mk"],["Russie","ru"],["Slovaquie","sk"],["Israël","il"],["Kirghizistan","kg"],["Croatie","hr"],["Irlande","ie"],["Islande","is"],["Portugal","pt"],["Suède","se"],["Andorre","ad"],["Slovénie","si"],["Allemagne","de"],["Espagne","es"],["Pologne","pl"],["Bulgarie","bg"],["Finlande","fi"],["Lituanie","lt"],["Moldavie","md"],["Estonie","ee"],["Norvège","no"],["Serbie","rs"],["Géorgie","ge"],["Pays-Bas","nl"],["République tchèque","cz"],["Lettonie","lv"],["Suisse","ch"],["Chypre","cy"],["Danemark","dk"],["Royaume-Uni","gb"],["Italie","it"],["Luxembourg","lu"],["Turquie","tr"],["Belgique","be"],["Autriche","at"],["Ukraine","ua"],["Grèce","gr"],["Malte","mt"],["Monténégro","me"],["Bosnie-Herzégovine","ba"],["France","fr"],["Monaco","mc"],["Saint-Marin","sm"],["Roumanie","ro"],["Maroc","ma"],["Algérie","dz"],["Tunisie","tn"]]
var m2 = d3.map(dcdr_noms, function(d, i) {return d[0];})
var url = "//www.lemonde.fr/assets-redaction/img/drapeaux/250/";
var color=["#edf8e9","#bae4b3","#74c476","#31a354","#006d2c"]
var quantize = d3.scale.threshold()
.domain([80,85,90,95])
.range(d3.range(5).map(function(i) {return color[i]}));
svgcarte.selectAll("path")
.data(topojson.feature(maps, maps.objects.europe).features)
.enter().append("path")
.attr("name", function(d, i) {return d.properties.fr})
.attr("d", path)
.attr("class", function(d,i){
if (m.get(d.properties.fr) != undefined) {
return "dcdr_pays"}
})
.attr("stroke","#000")
.attr("stroke-width",0.4)
.attr("fill", function(d, i) {
if (m.get(d.properties.fr) != undefined) {
return quantize(m.get(d.properties.fr)[1])
} else {
return "#fff"}});
var legend_fond = svglegende.append("g").attr("id", "legend_fond");
var legend = svglegende.append("g").attr("id", "legend").selectAll("rect")
legend.data(color)
.enter().append("rect")
.attr("x", 0).attr("y", function(d,i){
return i*14
})
.attr("width", 15)
.attr("height", 13)
.attr("fill", function(d,i){
return color[i]
})
.attr("shape-rendering", "crispEdges")
.attr("stroke", "none");
var legend_txt = svglegende.append("g").attr("id", "legend_txt").selectAll("text");
legend_txt.data(color)
.enter().append("text")
.attr("x", 18)
.attr("y", function(d,i){
return i*14 + 11
})
.style("font-size", "10px")
.style("font-family", "Arial")
.attr("fill", "#333333")
.text(function(d,i){
var virgule = Math.pow(10,0);
var t0 = Math.round(a[i] * virgule) / virgule
var t1 = Math.round(a[i + 1] * virgule) / virgule
return t0 + " - " + t1 + " " + ""});
var legend_titre = svglegende.append("g").attr("id", "legend_titre");
legend_titre.append("text")
.attr("x", 0)
.attr("y", -5)
.style("font-size", "11px")
.attr("font-weight", "bold").attr("fill", "#000000")
.text("");
var rect = document.getElementById("legende15349364325").getBBox();
legend_fond.append("rect").attr("x", rect.x - 10)
.attr("y", rect.y - 5)
.attr("width", rect.width + 10 * 2)
.attr("height", rect.height + 5 * 2);

var w = $("#dcdr_map15349364325").width();
var h = $("#dcdr_map15349364325").height();
var x = w * 4 / 100, y = h * 70 / 100; 
svglegende.attr("transform", "translate("+x+","+y+")");

var isNumber = [1], data_modif_title = ["Country","Taux de couverture vaccinale contre la rougeole"];
function p(col) {
var m = data_modif_title.indexOf(col);
return m;}

$(function() {
$("#dcdr_map15349364325").tooltip({items: ".dcdr_pays",
tooltipClass: "tooltipdecodeurs multimedia-embed",
track: true,
content: function() {function essai(contents){if (contents == "COULEUR"){
var color = $(element[0]).attr("fill");
return color;
}
= 0){var virgule = Math.pow(10, 0);
var t0 = Math.round(allvalues[p(contents)] * virgule) / virgule;
return t0.toLocaleString();}else{return allvalues[p(contents)];
}}
var element = $(this);
var allvalues = m.get(element.attr("name"));
var drapeau = m2.get(element.attr("name"))[1];
var titre = "{{Country}}";
var content = "Couverture vaccinale : {{Taux de couverture vaccinale contre la rougeole}} %";
var notes = "";
var reg = new RegExp(/{{(.*?)}}/g)
titre = titre.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});
content = content.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});
notes = notes.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});

var str = ""
if (titre != "") {
" + titre + ""
}
if (content != "") {
" + content + ""
}
if (notes != "") {
" + notes + ""}
return str;
}
});
});

})

$("#dcdr_container15349364325 a").click(function(event) {event.stopImmediatePropagation()});

});


La rougeole se transmet essentiellement par voie aérienne, ce qui la rend très contagieuse. Une personne malade peut contaminer à elle seule quinze à vingt individus. La maladie préoccupe sérieusement les autorités sanitaires françaises. Depuis le 1er janvier, onze vaccins (dont celui contre la rougeole) sont même obligatoires quel que soit l’âge.
Au niveau européen, la couverture vaccinale moyenne contre la rougeole est passée de 88 % en 2016 à 90 % en 2017. Toutefois, l’OMS souligne la persistance de grandes disparités à l’intérieur d’un même pays, « certaines régions signalent une couverture de plus de 95 %, et d’autres, de moins de 70 % ». L’agence des Nations unies recommande 95 % de couverture vaccinale (pour les deux doses de vaccins) afin de garantir l’immunité d’une population. D’après les données recueillies par l’OMS, seuls 19 des 53 pays européens possèdent en 2017 un taux de couverture vaccinale moyen supérieur à 95 %.
Réduire la population vulnérable


	#container_15350261767{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_15350261767{
		height:500px;
	}
	#container_15350261767 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_15350261767 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_15350261767.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_15350261767.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_15350261767 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



La Serbie et l'Ukraine sont particulièrement concernées par les cas de rougeole en 2018
Nombre de cas de rougeole constatés pour 100 000 habitants par pays en Europe entre janvier et juillet 2018. L'échelle est ici semi-logarithmique pour mieux visualiser les valeurs.

Source : ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ



require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_15350261767",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "bar",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#0386c3","#FFc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"logarithmic",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: 0.01,
		max: 100,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "" ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "linear",
		 categories:["Serbie","Ukraine","Géorgie","Grèce","France","Italie","Roumanie","Portugal","République Tchèque","Royaume-Uni","Bosnie Herzégovine","Biélorussie","Russie","Autriche","Belgique","Allemagne","Croatie","Espagne","Turquie","Suisse","Suède","Pologne","Hongrie","Norvège","Pays-Bas","Bulgarie"],
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:"",
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Ratio pour 100 000 habitants",
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
        "",
        70.54700846
      ],
      [
        "",
        51.45974477
      ],
      [
        "",
        30.34623766
      ],
      [
        "",
        19.79476454
      ],
      [
        "",
        3.84244927
      ],
      [
        "",
        3.336007865
      ],
      [
        "",
        3.145017096
      ],
      [
        "",
        1.214332858
      ],
      [
        "",
        1.189653077
      ],
      [
        "",
        1.151126681
      ],
      [
        "",
        1.1120562
      ],
      [
        "",
        1.093830115
      ],
      [
        "",
        0.9661231011
      ],
      [
        "",
        0.7038086948
      ],
      [
        "",
        0.6331302275
      ],
      [
        "",
        0.4619384485
      ],
      [
        "",
        0.4605279104
      ],
      [
        "",
        0.3886453044
      ],
      [
        "",
        0.3764938073
      ],
      [
        "",
        0.3189221094
      ],
      [
        "",
        0.2681832196
      ],
      [
        "",
        0.1553619313
      ],
      [
        "",
        0.1329090196
      ],
      [
        "",
        0.1325199637
      ],
      [
        "",
        0.1284082617
      ],
      [
        "",
        0.07066148049
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: 1,
		valueDecimals: 2,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: "",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


Malgré un taux de couverture vaccinale moyen de 91 % en 2017, la Serbie est frappée depuis le début de l’année par une épidémie de rougeole (71 cas pour 100 000 habitants). Dans le même laps de temps, la Belgique constate un seul cas de rougeole pour 100 000 habitants avec un taux de couverture vaccinale plus faible (85 %). « Une fois que le virus pénètre au sein d’un pays ou d’une communauté avec un faible taux de couverture, l’infection se propage comme un feu de forêt chez les populations vulnérables (non vaccinées ou sous-vaccinées), estime le docteur Siddhartha Datta, responsable technique région Europe pour l’OMS. Dans un pays avec un taux de couverture supérieur à 95 %, une éventuelle épidémie s’éteindra rapidement car la transmission du virus sera freinée par le nombre restreint de personnes vulnérables. »

        Notre décryptage :
         

          Les vaccins sont-ils vraiment dangereux pour la santé ?



En dessous de ce seuil, « les pays s’exposent à des épidémies. Les différences entre les nombres de cas recensés en Serbie et en Belgique dépendent essentiellement de la non-vaccination ou sous-vaccination des enfants contre le virus », explique M. Datta. D’après un rapport de l’OMS, sur les 23 927 cas de rougeole constatés en Europe en 2017, 14 500, soit 65 % des personnes contaminées, étaient des enfants et adolescents de 0 à 19 ans, confirmant ainsi la forte transmissibilité du virus au sein des populations les plus jeunes non immunisées. « Vacciner les enfants, les adolescents et les adultes qui ont été oubliés les années précédentes est essentiel pour protéger les futurs nouveau-nés de toute contamination », préconise le médecin.
Ces records de cas de rougeole constatés en 2018 alimenteront sans doute les discussions lors du comité européen de l’OMS de septembre prochain, qui réunira à Rome les 53 pays européens.



                            


                        

                        

