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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ La construction du Stratolaunch, d’une envergure de 117 mètres, a pris plusieurs années de retard. D’autres innovations, apparues entre-temps, pourraient lui voler la vedette.
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ La tortue primitive présente ce qui pourrait être un commencement de carapace et un bec, une nouveauté pour un spécimen de cette époque.
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Un fossile de tortue de 230 millions d’années découvert en Chine

La tortue primitive présente ce qui pourrait être un commencement de carapace et un bec, une nouveauté pour un spécimen de cette époque.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 21h19
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 08h43
   





                        


Comment la tortue est-elle devenue tortue ? C’est une question que les scientifiques se posent depuis des années : un fossile décrit dans la revue Nature, dans son édition de mercredi 22 août, apporte quelques indices.
Les tortues possèdent des caractéristiques bien particulières : leur carapace est composée d’un plastron et d’une coquille, soudés au squelette de l’animal. Leurs mâchoires n’ont pas de dents, mais sont recouvertes d’un bec.
Comment ont-elles acquis ces caractéristiques ? C’est « l’une des énigmes les plus tenaces de l’évolution », selon les chercheurs.
Un nouveau fossile découvert dans le sud-ouest de la Chine, baptisé Eorhynchochelys sinensis et vieux de près de 230 millions d’années, donne de nouveaux éléments aux chercheurs, sans résoudre l’énigme de leur évolution.

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                122 tortues marines retrouvées mortes sur des plages du sud du Mexique



La tortue primitive présente des côtes larges et plates le long du dos, ce qui pourrait être un commencement de carapace.
Ce n’est pas tout, « il s’agit de la première tortue fossile à bec », déclare à l’Agence France-presse (AFP) Chun Li, chercheur à l’Académie chinoise des sciences de Pékin et coauteur de l’étude.
« Ce qui est intéressant, c’est que même si un bec s’est développé, les dents ont été préservées, c’est donc une mâchoire à demi-bec et à demi-dent, une excellente caractéristique de transition », a-t-il ajouté.
« Personne ne savait ce que c’était »
Les scientifiques disposent de très peu de fossiles de tortue et l’identification de leur ancêtre fait encore débat.
Une théorie soutient que les tortues partagent le même ancêtre que la plupart des reptiles, mais certains experts pensent que la forme du crâne des tortues modernes est une preuve du contraire.
Pour Chun Li, ce nouveau fossile fait pencher la balance vers la première théorie.
D’autres squelettes de tortues primitives ont été découverts ces dernières années, y compris un spécimen vieux de 220 millions d’années, sans coquille sur le dos mais avec un plastron entièrement formé.
Un autre fossile, vieux de 240 millions d’années, ne présente aucune trace de carapace.
Chun Li est tombé par hasard sur Eorhynchochelys sinensis, lorsqu’un musée lui a demandé en 2015 d’examiner ses fossiles de reptiles marins. Il était encore dans la roche. « Personne ne savait ce que c’était », explique le chercheur.

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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ L’analyse du génome de l’os trouvé dans une grotte de l’Altaï suggère qu’il provient d’une adolescente dont la mère était néandertalienne et le père dénisovien.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/08/2018
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Paléontologie : découverte en Sibérie d’une jeune métisse de 90 000 ans

L’analyse du génome de l’os trouvé dans une grotte de l’Altaï suggère qu’il provient d’une adolescente dont la mère était néandertalienne et le père dénisovien.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 19h00
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23.08.2018 à 09h07
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            Hervé Morin








                        



                                


                            

Nous sommes tous métis, issus de brassages de populations immémoriaux. Mais Denisova 11 l’est d’une manière toute singulière. Cette ado vivait il y a environ 90 000 ans en Sibérie. Elle est morte vers l’âge de 13 ans, d’une cause inconnue, et a été enterrée dans la grotte de Denisova dans les montagnes de l’Altaï, où un fragment de ses os a été trouvé en 2012.
Son ADN a été extrait et analysé, et son génome reconstitué a stupéfié les chercheurs : sa mère était une néandertalienne, et son père un dénisovien, deux lignées humaines disparues, dont il ne subsiste que quelques traces dans le patrimoine génétique d’une partie des hommes d’aujourd’hui.
« Notre réaction ? La surprise », raconte Benjamin Vernot, qui a participé à ces analyses à l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste de Leipzig, en Allemagne, la Mecque de l’étude de l’ADN ancien, dirigé par le pionnier Svante Pääbo.
« C’était tellement fou qu’on a passé plusieurs mois à vérifier que ce n’était pas une erreur. » Les vérifications ont été jugées suffisamment solides pour que la découverte soit publiée, jeudi 23 août, dans la revue Nature.
Précision confondante
La grotte de Denisova est célèbre dans les cercles de la paléontologie humaine depuis qu’elle a livré un fragment d’une phalange dont l’ADN a révélé, en 2010, l’existence d’une lignée humaine inédite, à qui a été donné le nom de cette grotte.
Celle-ci est différente des néandertaliens qui peuplaient alors l’Europe, et d’Homo sapiens qui n’allait pas tarder à supplanter toutes ces populations. Ces dénisoviens ne nous sont connus que par quelques ossements et quelques dents retrouvés dans la grotte de l’Altaï : on ne sait pas à quoi ils ressemblaient, mais on a pu retrouver des fragments de leur ADN dans le génome de populations actuelles de Papouasie ou d’aborigènes australiens. Mais aussi dans celui de populations arctiques, pour lesquelles la version dénisovienne...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Un halo lumineux, bien connu des observateurs du ciel du Grand Nord, commence à intéresser les scientifiques. Contre toute attente, ce ne serait pas une simple aurore boréale.
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Confondu avec une aurore boréale, « Steve » est un phénomène lumineux inexpliqué

Un halo lumineux, bien connu des observateurs du ciel du Grand Nord, commence à intéresser les scientifiques. Contre toute attente, ce ne serait pas une simple aurore boréale.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 16h06
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 16h07
   





                        



   


Il fascine depuis des décennies les photographes amateurs du Grand Nord, qui y voient une aurore boréale atypique, s’étirant d’est en ouest en une ligne fine rosée.
Cela ne fait pourtant que deux ans que l’existence de ce phénomène lumineux, affectueusement baptisé Steve (en référence au film d’animation Nos voisins les hommes), est parvenue aux oreilles des scientifiques, qui cherchent depuis à comprendre ce qui provoque cet étrange halo lumineux, rare sans être exceptionnel, parfois aperçu au-delà des cercles polaires.
Qu’est ce que Steve ? L’équipe de la physicienne Bea Gallardo-Lacourt n’a peut-être pas encore répondu à cette question, mais avec son étude De l’origine de Steve, publiée lundi 20 août dans la revue scientifique Geophysical Research Letters, elle permet en tout cas de savoir ce que Steve… n’est pas.
Mieux comprendre la haute atmosphère
Les chercheurs ont en effet comparé les conditions d’apparition d’un Steve apparu dans l’est canadien la nuit du 28 mars avec celles d’une aurore boréale.
Or, si les aurores boréales sont provoquées par l’interaction entre des vents solaires et les gaz de la haute atmosphère terrestre, les satellites n’ont détecté aucun vent solaire cette nuit-là.
Contre toute attente, Steve ne serait donc pas une aurore boréale, mais un phénomène lumineux totalement distinct et, pour le moment, inexpliqué.
Les chercheurs de l’équipe de Bea Gallardo-Lacourt ont cependant une piste : les courants d’ions et d’électrons chauds plus rapides que la normale qui accompagnent l’apparition d’un Steve dans l’ionosphère, pour tenter de déterminer s’ils en sont la cause, ou une conséquence.
Selon les auteurs de l’étude, comprendre Steve aiderait les scientifiques à mieux comprendre la haute atmosphère terrestre, et les processus générant de la lumière dans le ciel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Alexeï Beloborodov, directeur adjoint de la société Energia, qui ­conçoit et fabrique les vaisseaux Soyouz et Progress, a été arrêté pour extorsion de pots-de-vin.
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En Russie, un secteur spatial russe corrompu et rattrapé par la justice

Alexeï Beloborodov, directeur adjoint de la société Energia, qui ­conçoit et fabrique les vaisseaux Soyouz et Progress, a été arrêté pour extorsion de pots-de-vin.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 11h08
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    |

                            Intérim








                        



                                


                            

Entre escroquerie et corruption, l’affaire Energia renvoie le secteur spatial russe à ses vieux démons. Alexeï Beloborodov, directeur adjoint de cette société qui ­conçoit et fabrique les vaisseaux Soyouz et Progress, a été arrêté en possession de 500 000 roubles (environ 6 500 euros) et 28 000 euros, a annoncé, dimanche 19 août, le comité d’enquête national. Le dirigeant et deux de ses adjoints sont poursuivis pour des pots-de-vin qu’ils auraient extorqués à un client lors d’une négociation de contrats.
Certes, les montants sont limités, mais l’affaire jette de nouveau le soupçon sur un secteur qui peine à sortir de la corruption. Elle fait d’autant plus de bruit en Russie que le Kremlin a nommé en mai à la tête de Roscosmos, la holding publique englobant tout le spatial, l’ancien vice-premier ministre Dmitri Rogozine. Ce nationaliste aux élans patriotiques a promis de faire le ménage et de redonner à la Russie sa gloire spatiale d’antan.
En conséquence, les investigations menées chez Energia ont été en partie confiées aux services de sécurité (FSB) qui, parallèlement, enquêtent pour « trahison » sur des employés soupçonnés d’avoir transmis des informations secrètes à des services occidentaux. Avec des arrestations rendues publiques en guise d’exemples. Le message est clair…

« Irrégularités »
Le mal de la corruption est profond et ancien au sein de l’industrie spatiale russe. En 2015, elle avait connu une vague d’arrestations pour des détournements de plus de 150 millions d’euros. L’année précédente, la cour des comptes la dénonçait pour des « irrégularités » de 1,5 milliard d’euros. La construction de Vostochny, le nouveau pas de tir bâti dans l’Extrême-Orient, en est une autre illustration. Inauguré en avril 2016, ce cosmodrome est toujours en chantier, incapable pour le moment de remplacer la mythique base de Baïkonour, au Kazakhstan.
Quatre responsables d’une entreprise de construction ont été condamnés en...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Pendant plusieurs décennies, des scientifiques ont essayé de répondre à cette question insolite. Des chercheurs américains du MIT viennent enfin de résoudre le casse-tête.
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<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ « Le Monde » propose, avec sa collection « Les défis de la science », de découvrir et de comprendre les avancées scientifiques des neurosciences, de la génétique et des biotechnologies qui vont changer nos vies.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
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Collection « Les défis de la science »

« Le Monde » propose, avec sa collection « Les défis de la science », de découvrir et de comprendre les avancées scientifiques des neurosciences, de la génétique et des biotechnologies qui vont changer nos vies.



LE MONDE
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1 - Le cerveau Décrypter le plus complexe de nos organes et comprendre son potentiel Le cerveau est sans conteste l’objet le plus mystérieux de l’Univers. C’est d’ailleurs la seule partie du corps humain dont le fonctionnement échappe à notre compréhension. Les récentes découvertes telles que la biologie moléculaire ou la neuro-imagerie nous laissent penser que nous serons bientôt capables de le cartographier. Mieux comprendre sa structure et son fonctionnement nous permettra de réparer ses défauts et d’augmenter nos capacités de manière spectaculaire. Cela nous mènera surtout au déchiffrement des secrets de notre esprit ainsi qu’à une pleine compréhension du genre humain. 3,99 €, en vente le mercredi 22 août


2 - La mémoire Les connexions neuronales détenant les clés de notre passé La mémoire définit ce que nous sommes dans un réseau d’expériences et d’apprentissages qui s’inscrivent dans nos connexions neuronales. Comme nous, elle est pleine d’imperfections. Mais la recherche en neurosciences et en cybernétique ne cesse d’approfondir ses processus de codification et de stockage. Aujourd’hui, de nouvelles méthodes apparaissent qui pourraient remédier à nos erreurs, restaurer nos souvenirs et réparer certains dommages liés aux maladies neurologiques telles que celle d’Alzheimer. L’incorporation de mémoires biologiques et technologiques pourrait nous permettre, enfin, d’améliorer les capacités de notre propre mémoire, mais aussi de transférer ou de modifier nos souvenirs. 9,99 €, en vente le mercredi 5 septembre

3 - La conscience La plus énigmatique des fonctions cérébrales La conscience est au centre des recherches en neurosciences. Cela tient notamment au développement de technologies permettant de voir quelles régions du cerveau s’activent lorsque nous agissons en conscience. Le fonctionnement de la conscience constitue l’une des plus grandes énigmes de la nature. Ayant pu déceler la manière dont elle a évolué dans le...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-8">
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Le chercheur en neurosciences Lionel Naccache parraine notre collection « Les défis de la science » pour partager sa fascination pour la conscience et ses altérations.
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Lionel Naccache : « Les neurosciences sont encore dans une phase d’émerveillement  »

Le chercheur en neurosciences Lionel Naccache parraine notre collection « Les défis de la science » pour partager sa fascination pour la conscience et ses altérations.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 12h01
    |

            Hervé Morin et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Parrain de la collection « Les défis de la science », le professeur Lionel Naccache est neurologue et chercheur en neurosciences (hôpital de la Pitié-Salpêtrière, AP-HP, ­Inserm, Institut du cerveau et de la moelle épinière). Ses travaux portent en particulier sur la conscience et ses altérations. Ce féru de philosophie et d’éthique (qui est ­membre du Comité consultatif national d’éthique) a aussi écrit plusieurs essais parus chez Odile ­Jacob, dont le récent Parlez-vous cerveau ? (224 pages, 17 euros), ainsi que Le Chant du ­signe (2017) et L’Homme réseau-nable (2015).
On dit que le cerveau humain est l’objet le plus complexe de l’Univers. Est-ce cette complexité qui vous a poussé à l’étudier ?
Je n’ai pas le goût de la complexité pour la complexité. Evidemment – et au-delà du seul cerveau –, il faut s’y frotter et en faire usage, mais un principe très sain est de ne pas la cultiver à tout prix. Sinon cela s’apparente souvent à une forme de lâcheté, en science comme en politique et dans la vie. Souvent, la complexité rend mou.

Les personnes qui ont compté dans mon éducation scientifique, comme Stanislas Dehaene – avec qui j’ai fait ma thèse – ou Laurent Cohen, ont une même disposition d’esprit : rendre les phénomènes compliqués le plus simple possible. Au lycée j’étais attiré par la philosophie et la physique. Ce qui me stupéfiait le plus, c’était qu’une créature matérielle puisse avoir une vie mentale, puisse se dire : « J’existe. »
En physique et en astronomie, les instruments sont de plus en plus performants. On a pourtant l’impression qu’à chaque fois, le réel se dérobe. Partagez-vous ce sentiment ?
Notre discipline est plus jeune que celles que vous citez. Les neurosciences de la cognition naissent dans l’après-guerre, avec des cybernéticiens, des psychologues, des mathématiciens. Elles sont issues des noces de la théorie du ­neurone avec la psychologie cognitive,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ De plus en plus adaptées aux nourrissons, les nouvelles techniques donnent accès au cerveau en développement.
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L’imagerie cérébrale infantile en plein boom

De plus en plus adaptées aux nourrissons, les nouvelles techniques donnent accès au cerveau en développement.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h00
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Confortablement installé et sanglé dans un siège inclinable, Paul, 5 mois, regarde une vidéo aux côtés de sa maman. Jusque-là, rien de bien étonnant. Sauf que Paul et sa mère sont allongés tous les deux dans le même tunnel d’une machine IRM pendant que les images défilent devant leurs yeux. Les ­chercheurs ont ainsi confirmé que le bébé active les mêmes régions du cortex visuel que l’adulte quand il observe des visages ou des scènes d’extérieur. Un résultat obtenu grâce à l’ingéniosité de Rebecca Saxe et de son équipe au Massachusetts Institute of Technology. Ils ont enfin réussi à adapter l’IRM au bébé éveillé, guère friand des ­contraintes – immobilité et bruit – imposées par l’appareil. Comme le souligne ­Ghislaine Dehaene-Lambertz, neuropédiatre à NeuroSpin, le laboratoire d’imagerie cérébrale du CEA, et l’une des premières à avoir utilisé l’IRM fonctionnelle chez le tout-petit : « Allez demander à un bébé de ne pas bouger quand on l’installe dans le long et bruyant tunnel de l’IRM, c’est quasiment ­impossible. Il est bien trop curieux. »
L’imagerie cérébrale du nourrisson a fait un grand bond en avant à partir des années 1990. « Il y a une trentaine d’années, nous n’avions que les études comportementales, l’électroencéphalographie et les dissections post mortem pour tenter de comprendre ­l’organisation du cerveau en développement, rappelle Jessica Dubois, chercheuse à l’Inserm, à NeuroSpin. L’arrivée de l’IRM a tout changé. Grâce à cette méthode, on a pu voir comment se développent les régions du cerveau depuis la vie in utero et comprendre comment elles se connectent entre elles. Par exemple, on a observé que certaines ­régions sont déjà en partie fonctionnelles avant la naissance. »
Images in utero
Parfaitement indolore et sans effet ­secondaire, l’IRM peut être utilisée avant la naissance en plaçant une antenne de ­détection autour du ventre de la future mère, et ce dès 5 mois d’âge gestationnel. Elle est bien plus...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-10">
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Brooke Barker, dans un ouvrage peu conventionnel, nous entraîne dans une amusante découverte du monde animal.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
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Bestiaire récréatif et instructif

Brooke Barker, dans un ouvrage peu conventionnel, nous entraîne dans une amusante découverte du monde animal.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h14
    |

                            Sarah Terrien








                        



                                


                            

Livre. Un dessin au graphisme naïf et une anecdote par page. Voici la formule gagnante de Brooke Barker, une auteure et illustratrice américaine dont le premier ouvrage, La Tortue qui respirait par les fesses (Flammarion, 2017), est qualifié de best-seller par le New York Times. Pour son deuxième opus, l’auteure s’intéresse à la vie des « bébés » animaux. Et c’est aussi une réussite. Au fil de ces « savoirs inutiles » sur les « enfants » mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, insectes… et bien d’autres, on apprend finalement beaucoup sur ces petites (ou grosses) bêtes.
Et on sourit aussi. Car ces anecdotes, plus savoureuses et plus scientifiques les unes que les autres, sont traitées avec humour. Morceaux choisis. Sous l’inscription en ­lettres capitales : « Les campagnols se reproduisent dès l’âge de trois semaines » sont ­croquées deux petites boules de poils ­marron à l’air triste. La plus jeune s’adresse à la plus vieille : « Eh, c’est normal de jamais avoir fait de bisou sur la bouche à 1 mois ? » Sur une autre page, un petit chiot inquiet s’adresse à son père : « Ce n’est rien, papa, juste une petite allergie. » Au-dessus du ­dessin, une phrase indique : « Quand un chiot est malade, ses parents le mangent. »
Affaires de mœurs
Dans ce livre, on apprend également que « les oisillons qui grandissent sans leur papa ne sauront jamais chanter correctement », que « les salamandres noires vivent dix ans, et chacune de leur grossesse dure trois ans », ou encore que « les diables de Tasmanie donnent naissance à des portées de trente petits qui se battent dans la poche de leur mère, jusqu’à ce que seule une poignée d’entre eux survive. »
Ce concentré d’anthropomorphisme est ­­à consommer sans modération. Car si on ­dévore ces 150 anecdotes, tournant les pages frénétiquement à la ­recherche d’une ­nouvelle histoire croustillante,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirme que seul un adolescent sur cinq dans le monde a une activité physique suffisante. Et que ceux qui sont actifs ont des performances moins bonnes que leurs parents… Et grands-parents !
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Comment faire bouger les ados… Et surtout pourquoi

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirme que seul un adolescent sur cinq dans le monde a une activité physique suffisante. Et que ceux qui sont actifs ont des performances moins bonnes que leurs parents… Et grands-parents !



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h53
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Dix mille pas et plus. Comment faire bouger son ado ? De nombreux parents s’inquiètent de voir leur progéniture rester enfermée toute la journée, scotchée aux écrans, assise, voire couchée. Et les chiffres sont édifiants : quatre adolescents (11-17 ans) sur cinq dans le monde n’ont pas une activité physique suffisante, a récemment indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est beaucoup. Plus ils grandissent, moins ils bougent. Les filles semblent encore moins actives que les garçons.
La France n’est pas bien placée : « A 15 ans, seulement 14 % des garçons et 6 % des filles exercent une activité physique quotidienne en France », note le dernier rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La faute à un mode de vie délétère. Ainsi, près de 70 % des jeunes adolescents se rendent à l’école avec un engin motorisé, les autres marchant ou utilisant le vélo ou la trottinette. Quant au temps d’écran, il y est, là encore, pour beaucoup : plus de la moitié des 11-14 ans y passent plus de trois heures par jour, et 60 % des 15-17 ans.
Or, les enfants et adolescents de 5 à 17 ans devraient consacrer au moins soixante minutes d’activité physique modérée à soutenue par jour, selon les recommandations, pour être en bonne santé et prévenir les maladies cardio-vasculaires, le diabète, les cancers du sein et du côlon, etc. En outre, leurs performances physiques sont moins bonnes que ne l’étaient celles de leurs parents… et de leurs grands-parents.
Les ados qui participent à une activité soutenue ont une tension artérielle plus basse, et donc moins de risque de développer une maladie cardiaque plus tard
L’adolescence nécessite une attention particulière, notamment pour la prévention de l’obésité. Car l’inactivité physique rime avec l’augmentation de la prise alimentaire. C’est souvent l’âge où les jeunes abandonnent un sport qu’ils pratiquent depuis l’enfance. C’est aussi la période pendant...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Les ralentissements sont la hantise du vacancier et certains d’entre-eux semblent se former et disparaître comme par enchantement. Pour remédier à cela, étudions les oiseaux.
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Une histoire de cochons, d’oisons et de bouchons

Les ralentissements sont la hantise du vacancier et certains d’entre-eux semblent se former et disparaître comme par enchantement. Pour remédier à cela, étudions les oiseaux.



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 18h00
   





                        



                                


                            
Carte blanche. Chaque année, c’est la même histoire : au moment même où vous ­commencez à sentir les bienfaits apaisants d’une combinaison heureuse ­de repos, de bonne chère et de soleil, vous vous retrouvez confiné dans l’une des millions d’automobiles couvrant le réseau routier hexagonal, tentant de rallier le bureau, le métro, la pluie… Année après année, vous avez bien essayé toutes les stratégies, partant plus tard, plus tôt, à la fraîche, à midi… Mais avec des centaines de kilomètres ­de bouchons sur les autoroutes françaises, ­on bute tôt ou tard contre un premier ralentissement majeur…
Face à l’agitation qui monte rapidement ­­de la banquette arrière, il faut inventer ­d’urgence une diversion. Alors n’y a-t-il pas, là devant nous, patience nous le verrons très bientôt, ce camion renversé sur le ­bas-côté, et ces 300 cochons tout roses qui se ­répandent sur les voies de l’autoroute, grognant et agitant leur queue en… tire-bouchon ? ­ A la grande déception du public, le camion va-t-il enfin être aperçu que le ­ralentissement se dissout comme par ­enchantement, sans raison apparente : adieu camion, adieux ­cochons…
L’émergence spontanée de ces bouchons dits « fantômes » a été beaucoup étudiée par les chercheurs. C’est un phénomène courant d’instabilité, quand deux solutions existent a priori pour le même problème : à trop grande densité, un état homogène (un flux régulier d’autos) coexiste avec un état inhomogène (des zones peu denses alternant avec des zones denses et très ralenties). ­Hélas, à cause de la lenteur de réaction des conducteurs, la première solution, qui minimise les temps de trajet, se déstabilise à la moindre perturbation (une biche dans un champ, un coup de frein), créant une augmentation de la densité de voitures qui enfle et développe très vite un bouchon. Il en va également ainsi de la fabrication des rides dans le sable de l’estran (rappelez-vous, c’était il y a quelques heures…) : la structure homogène existe,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-13">
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Surmonter les épreuves (4/6). La recherche est souvent représentée comme infaillible, pourtant l’erreur est fructueuse pour la science. Elle est la source de découvertes, d’idées, de débats qui font avancer nos connaissances, rappelle le responsable du département physique du Palais de la découverte.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤ 
<article-nb="2018/08/23/18-14">
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Avez-vous jamais été intrigué par ce bourrelet liquide circulaire qui se forme sous un robinet ? Ce ressaut hydraulique vient de recevoir une nouvelle explication qui balaie des décennies de résultats.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     
                                                   
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Le mystère du jeu d’eau dans l’évier revu et corrigé

Avez-vous jamais été intrigué par ce bourrelet liquide circulaire qui se forme sous un robinet ? Ce ressaut hydraulique vient de recevoir une nouvelle explication qui balaie des décennies de résultats.



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 15h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

Renverser des théories physiques bien établies ne demande pas toujours beaucoup de moyens. Prenez ce phénomène banal que tout le monde peut observer dans un simple évier de cuisine. Lorsque l’eau coule du robinet en jet, elle s’étale, forme un mince disque liquide et soudain remonte brutalement, formant un bourrelet circulaire à quelques centimètres du jet. A l’intérieur de cette « bouée », l’eau est calme et la surface plane et fine ; à l’extérieur, au-delà du ressaut, elle se montre plus turbulente.
Depuis des dizaines d’années, un consensus s’était construit pour expliquer ce phénomène, dit de « ressaut hydraulique », qui existe aussi lorsqu’un barrage se vide, qu’une marée remonte une rivière ou que de l’essence est injectée dans un réservoir. La réponse tenait dans l’analogie avec le mur du son. Le liquide, dès qu’il frappe l’évier, va plus vite que les ondes de gravité à la surface (en gros les vagues), tout comme un avion supersonique vole plus rapidement que le son ne se propage dans l’air. A un moment, le liquide rattrape les « vagues » et c’est la catastrophe. La vitesse chute brutalement et, pour conserver le débit d’eau, l’épaisseur du fluide augmente soudainement. Le fameux ressaut surgit.
Une affaire de viscosité et de tension de surface
Mais patatras. « En fait la gravité ne joue pas de rôle significatif dans les situations analogues à celles du jet d’eau dans l’évier », réfute Rajesh Bhagat, étudiant en thèse à l’université de Cambridge, qui signe un article brisant des décennies de consensus dans le réputé Journal of Fluid Mechanics de septembre (et déjà en ligne). Il en est venu à cette terrible conclusion par hasard : « J’étudie le nettoyage des surfaces par des jets de fluide. Dans mes expériences, ces surfaces sont donc souvent verticales et je voyais le même disque se former autour des jets que dans le cas horizontal. Idem si j’inclinais le jet. » Il a donc décidé d’explorer plus rigoureusement...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-15">
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ La Cour de justice de l’UE a récemment assimilé à des OGM les organismes dont le génome a été altéré sans y insérer un ADN étranger. Pour l’ex-député Jean-Yves Le Déaut et la sénatrice Catherine Procaccia, il est urgent de clarifier la directive pour bénéficier des nouvelles techniques de mutagénèse.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                   
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« Il faut évaluer au cas par cas les organismes obtenus par mutagénèse »

La Cour de justice de l’UE a récemment assimilé à des OGM les organismes dont le génome a été altéré sans y insérer un ADN étranger. Pour l’ex-député Jean-Yves Le Déaut et la sénatrice Catherine Procaccia, il est urgent de clarifier la directive pour bénéficier des nouvelles techniques de mutagénèse.



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h14
    |

Jean-Yves Le Déaut (Ancien président de l'OPECST) et Catherine Procaccia (Vice-présidente de l'OPECST)







                        



                                


                            

Tribune. Depuis près de dix ans, l’incertitude prévaut dans l’Union européenne sur la qualification juridique des nouvelles biotechnologies (New Breedings Techniques, NBT). En droit européen, la « directive 2001/18 » exempte les techniques de mutagénèse de ces dispositions, considérant que pour ces techniques, « la sécurité est avérée depuis longtemps ». C’est ce que précise un récent arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) tout en soulignant que la législation de l’Union n’a pas été modifiée au regard de l’évolution de ces techniques.
En repassant ce dossier épineux à des comités d’experts successifs, puis maintenant au juge européen, la Commission et les Etats membres n’ont pas assumé leurs responsabilités car ce n’est pas au juge de définir la politique de l’Union européenne sur un sujet aussi important. Il s’agit d’une décision de nature politique, qui relève de la compétence de la Commission européenne, en lien avec les Etats et leurs comités d’experts.
La décision de la cour est un retour à l’envoyeur car elle renvoie la responsabilité aux Etats, qui sont libres de soumettre ces organismes aux obligations prévues par la directive ou à d’autres obligations. En réalité, en saisissant la CJUE, deux années ont été perdues et il serait aberrant que des techniques plus précises et plus sûres que celles utilisant les technologies aléatoires de la mutagénèse soient soumises à des procédures plus lourdes. C’est donc à l’UE et aux Etats membres de trancher.
Les nouvelles biotechnologies constituent une révolution, car elles sont simples, rapides, précises, puissantes, peu coûteuses, universelles et très prometteuses.
L’activisme d’associations qui depuis plus de vingt ans ont frappé l’opinion publique en parlant de risques sanitaires a petit à petit produit ses effets, y compris dans l’arrêt de la CJUE. Pourtant aujourd’hui, avec vingt ans de recul, les agences nationales, européennes, internationales,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-16">
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Les changements de teinte de la phalène du bouleau la protègent bien des oiseaux.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
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Le papillon, la pollution et l’évolution

Les changements de teinte de la phalène du bouleau la protègent bien des oiseaux.



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 09h15
    |

                            Intissar El Hajj Mohamed








                        



                                


                            

Exemple emblématique ­de la théorie de l’évolution, la phalène du bouleau est au cœur d’une nouvelle étude. La ­publication, parue le 17 août dans Communications Biology, met à l’épreuve le camouflage de ces ­papillons nocturnes contre leurs prédateurs aviaires.
Les transformations du lépidoptère offrent un cas d’école de mécanismes découverts par Darwin, même si elles ont été décrites quatorze ans après la mort du naturaliste anglais. Entre les années 1760 et 1840, une forme mutée de ces insectes, à la couleur noirâtre, est apparue au Royaume-Uni. La pollution engendrée par la révolution industrielle avait tué le ­lichen qui servait de cachette aux phalènes claires dénommées « typica ». Elle avait également assombri l’écorce des arbres, en faisant des proies plus faciles pour les oiseaux. Cela avait conduit – par sélection naturelle – à l’essor de phalènes « carbonaria », mieux adaptées à ce nouvel environnement et devenues majoritaires. Cependant, depuis l’adoption d’une loi sur la qualité de l’air dans les années 1950, le lichen a ­repoussé, renversant la tendance, avec une hausse marquée de la ­population « typica ».
Les oiseaux voient les couleurs
Pour vérifier que ces changements de coloration du papillon ont bien pu être induits par la pression de sélection exercée par la voracité des oiseaux, une équipe de l’université d’Exeter, en Angleterre, a modélisé la vision de la mésange bleue, un prédateur des phalènes. Comme au travers des yeux de l’animal, elle a alors analysé des photos de haute résolution prises des arbres (couverts ou non de lichen) dans des bois peu touchés par la pollution, ainsi que de spécimens « typica » et « carbonaria » conservés dans les musées anglais. « Les oiseaux ont un système visuel différent du ­nôtre, explique le professeur Martin Stevens, qui a dirigé les travaux. Ils voient dans l’ultraviolet, et sont aussi capables de distinguer plus de couleurs. »
La comparaison...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Cancer de la prostate, mucoviscidose, leucémie… La liste des pathologies pour lesquelles les assureurs de crédits doivent pratiquer des tarifs et des couvertures encadrés s’allonge. L’ajout de certaines maladies fait toutefois polémique (2/2).
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                

Assurance emprunteur et maladie : nouvelle avancée ou régression ?

Cancer de la prostate, mucoviscidose, leucémie… La liste des pathologies pour lesquelles les assureurs de crédits doivent pratiquer des tarifs et des couvertures encadrés s’allonge. L’ajout de certaines maladies fait toutefois polémique (2/2).



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
21.08.2018 à 11h28
    |

                            Aurélie Blondel








                        



   


Vous avez souffert d’un cancer mais votre traitement est terminé depuis au moins dix ans, sans rechute ? Votre crédit peut être assuré dans des conditions classiques puisque vous n’avez pas à le déclarer. Pour un cancer survenu avant l’âge de 18 ans, le délai est ramené à cinq ans. C’est le fameux droit à l’oubli.
Quid de ceux dont le cancer est plus récent ou qui souffrent de maladies chroniques ? Pour une série de pathologies, les modalités d’assurance sont strictement encadrées dès lors que le patient répond à certains critères, notamment de gravité. Inscrite dans la convention Aeras (« s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé »), la liste des maladies concernées a été étendue le 16 juillet.

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Ont ainsi été intégrés les cancers du rein et de la prostate, l’hépatite C chronique, les leucémies, la mucoviscidose et certaines tumeurs cérébrales. Aux côtés des cancers des testicules et du sein, du VIH, des hépatites C non chroniques, etc., qui y figuraient déjà. Vous trouverez ici la grille de référence actualisée, avec, pour chaque maladie, les critères et modalités d’assurance.
Deux catégories de pathologies
Rappelons que cette convention Aeras, signée en 2006, vise à aider les personnes ayant développé une maladie grave ou chronique à accéder à l’assurance emprunteur, donc à un crédit, immobilier ou professionnel. Une assurance non imposée par la loi mais généralement exigée par les prêteurs. La grille est revue chaque année par l’Etat, les professionnels de l’assurance et de la banque et les associations.

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En quoi l’inscription d’une maladie à cette liste facilite-t-elle les démarches des emprunteurs ? Pour comprendre, il faut savoir que la grille comporte deux parties. Si votre maladie apparaît dans la première, et que vous respectez les critères, la déclaration de votre pathologie à l’assureur est requise (c’est la différence avec le droit à l’oubli) mais celle-ci ne pourra entraîner ni surprimes (majorations du prix de l’assurance), ni exclusions de garantie (par exemple une garantie invalidité qui ne couvrirait pas une invalidité liée à votre maladie…). Délai d’accès à ce droit : un à huit ans après la fin du traitement, selon les pathologies.

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Dans cette catégorie viennent d’être ajoutés les cancers du rein et les leucémies aigües promyélocytaires. Pour ces dernières, le droit à l’assurance dans des conditions normales s’applique trois ans après la fin du traitement. Pour les premiers, il faut attendre cinq à huit ans.
Surprimes plafonnées
Si votre maladie figure dans la seconde partie du tableau, on doit vous proposer, en fonction des pathologies, certaines garanties minimales et les surprimes sont autorisées mais plafonnées. A condition, souvent, qu’un certain laps de temps se soit déroulé depuis le diagnostic, et de respecter certains critères médicaux. Exemple : si vous souffrez d’une leucémie dite LMC (myéloïde chronique) diagnostiquée il y a cinq ans, la surprime maximale s’élèvera à 150 %.
L’élargissement de la grille constitue « un réel progrès », estime la Ligue contre le cancer. « Des personnes porteuses d’une pathologie cancéreuse à un stade localisé et à faible risque de progression vont pouvoir bénéficier d’une assurance », indique-t-elle. Elle se réjouit notamment de l’intégration au dispositif, pour la première fois, de patients « en surveillance active », atteints d’un cancer de la prostate mais non traités.

L’ajout de certaines maladies fait polémique
La majorité des associations signataires de la convention Aeras désapprouvent cependant cette version 2018 de la grille de référence, dénonçant un « risque de régression ». En cause : le type de risques obligatoirement couverts. Trois pathologies (mucoviscidose, prostate, hépatite C) ont en effet été intégrées sans assurance invalidité, et même sans garantie PTIA (perte totale et irréversible d’autonomie) pour la mucoviscidose. Alors que jusqu’ici, les garanties décès, PTIA et invalidité étaient toutes trois accessibles pour toutes les pathologies de la liste.
« Nous craignons un nivellement par le bas, que cela fasse jurisprudence pour les pathologies qui intégreront la liste à l’avenir », explique Nadia Ziane, de Famille rurales. « On ne peut pas dire que l’assurabilité est garantie si l’on n’assure que le décès ! Les banquiers risquent de refuser de prêter si les emprunteurs se présentent sans garantie invalidité, voire sans PTIA. »
« Faux problème », répond Franck Daveau, conseiller « Aidea », le service d’accompagnement des emprunteurs de la Ligue contre le cancer. « Nous voyons régulièrement des banquiers prêter sans garanties invalidité, voire sans assurance du tout, tout dépend des montants, de la politique de la banque, de la situation du co-emprunteur. Hypothèque, cautionnement, nantissement : il existe des alternatives. »
Pas de quoi convaincre Mme Ziane. « Dans les cas où les banquiers accepteront, l’emprunteur ne sera pas couvert s’il se retrouve invalide et doit cesser de travailler. Au problème de santé s’ajouteront alors les soucis financiers s’il doit continuer à rembourser son prêt. Aide-t-on vraiment quelqu’un en lui faisant courir le risque de perdre sa maison ? »
Pierre Guérin, président de Vaincre la mucoviscidose, salue, lui, la première inscription d’une maladie rare à la liste. « Ne pas obtenir de garantie invalidité n’est pas un recul pour la mucoviscidose puisque nos patients n’obtenaient aucune garantie jusqu’ici. Si un emprunteur salarié n’est pas couvert sur l’invalidité par l’assurance, il pourra l’être par la Sécurité sociale et la prévoyance de son entreprise. Et pourra toujours vendre le bien. »
« C’est un pied enfoncé dans la porte », poursuit-il. « Nous ne pouvons dire combien de personnes pourront en profiter mais ce n’est qu’un premier pas. »





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Depuis vingt-sept ans, il porte le « Golbal Burden of Disease », une charge lourde de responsabilités puisque les études fournissent une base à des décisions dont dépendent la vie et le bien-être de plusieurs milliards d’individus.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                   
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Chris Murray, missionnaire de la santé publique

Depuis vingt-sept ans, il porte le « Golbal Burden of Disease », une charge lourde de responsabilités puisque les études fournissent une base à des décisions dont dépendent la vie et le bien-être de plusieurs milliards d’individus.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 17h32
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            

Ce n’est pas Atlas, géant de la mythologie condamné par Zeus à porter éternellement le monde sur ses épaules, mais il y a un peu de cela. Directeur de l’Institute for Health Metrics and Evaluation (Institut de statistiques et d’évaluation en santé), basé à Seattle, Chris Murray porte le Global Burden of Disease (GBD, Fardeau ou charge mondiale des maladies) ­depuis vingt-sept ans. Certes, pas tout seul. Ce projet d’une ampleur sans équivalent dans le monde, il l’a conçu avec l’Australien Alan Lopez, actuellement chercheur à l’université de Melbourne.

Les deux hommes se rencontrent en 1986. Etudiant passé de Harvard à Oxford, où il avait reçu une bourse Rhodes, Chris Murray visite le siège genevois de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il est à la recherche de données sur la mortalité dans le monde et en Afrique en particulier. On lui conseille de contacter Alan ­Lopez, qui a récemment rejoint le département des statistiques de l’institution et veut que son travail ait un impact sur la santé des populations. Lors de cette première rencontre, Murray ­balance abruptement au mathématicien : « Tout ce que vous avez écrit sur la mortalité en Afrique est faux ! » Lopez, qui place au-dessus de tout le ­perfectionnement des statistiques médicales, apprécie le sens critique de Murray. Le courant passe tout de suite entre les deux hommes.
Il a parcouru le monde
Ils sont tous deux sollicités pour une publication collective par la Banque mondiale, le World Development Report 1993: Investing in Health. Leur contribution constitue un appendice au rapport intitulée The Global Burden of Disease, 1990. En 1997, The Lancet publie le premier d’une série de quatre articles du tandem. La prestigieuse ­revue médicale accueille désormais chaque ­année une nouvelle édition du GBD.
Dans un article commémoratif paru il y a peu dans The Lancet, Conrad Keating rapporte que la publication de 1997...




                        

                        


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Santé publique et géographie : la France comble son retard

Longtemps, les deux disciplines ont été séparées l’une de l’autre. Mais les jeunes chercheurs ont aujourd’hui compris l’intérêt de fusionner les deux matières.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 17h29
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Longtemps en France, on a prétendu faire de la géographie des lieux – les populations, les territoires… – sans tenir compte de la santé et, de son côté, la santé publique ignorait l’intérêt de l’approche géographique », constate Gérard Salem, aujourd’hui professeur émérite à l’université de Nanterre et professeur invité à l’université de Californie à Berkeley. Pourtant, rappelle-t-il, les épidémiologistes connaissent tous l’histoire de John Snow, qui a découvert la cause de l’épidémie de choléra qui frappait Londres en 1854 en se servant de cartes localisant les cas de la maladie et les pompes à eau.

Comment expliquer que le monde de la santé se prive de l’apport de la géographie et que l’aménagement du territoire prenne aussi peu en compte les questions de santé ? « La culture de santé publique souffre d’une faiblesse chronique en France, juge Gérard Salem. S’y ajoute la rigidité du cadre universitaire peu propice à mêler les disciplines. » Cependant, les jeunes chercheurs semblent avoir dépassé ces clivages.


Ainsi, le géographe Olivier Telle (CNRS), qui travaille, au Centre de sciences humaines à Delhi (Inde), sur l’épidémiologie des maladies infectieuses émergentes en milieu urbain, a passé trois années postdoctorales dans un laboratoire de génétique des maladies infectieuses à l’Institut Pasteur à Paris. « Nous nourrissons les études par la dimension géographique, raconte-t-il. Pour étudier les disparités sociales et les épidémies, j’utilise les outils des systèmes ­d’information géographique qui permettent une représentation et une analyse de données spatialement référencées, les modèles spatiaux… Je travaille en particulier sur la dengue. »
« Les gens vivent quelque part ! »
Pour Gérard Salem, il est crucial de coupler la notion de population à risque avec celle de zone à risque, « car les gens vivent quelque part ! ». Les facteurs de risques...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Fusionner les données géographiques et sanitaires est une approche devenue incontournable pour améliorer les politiques de santé publique.
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Géographie et santé publique, une alliance vitale

Fusionner les données géographiques et sanitaires est une approche devenue incontournable pour améliorer les politiques de santé publique.



LE MONDE
 |    20.08.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
20.08.2018 à 20h43
    |

            Paul Benkimoun (Seattle (Etats-Unis), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le géographe et géopolitoloque français Yves Lacoste avait intitulé l’un de ses ouvrages resté célèbre La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre (La Découverte, 1976). Elle sert aussi à améliorer la santé des populations. Au cours des trente dernières années, les noces de la géographie – et ses nouveaux outils informatiques – et de la santé publique ont donné lieu à une production scientifique florissante qui ne se contente pas d’aligner chiffres et statistiques. Elle les intègre dans un contexte géospatial afin de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre dans les maladies et causes de décès. La finalité est de permettre aux décideurs politiques de prendre des décisions informées au service de la santé de la population et de cibler les ­interventions. « Derrière les chiffres, il y a des gens », résume Simon Hay, directeur des sciences géospatiales au sein de l’Institut de statistiques et d’évaluation en santé (IHME), rattaché à l’université de Washington à Seattle.

Tee-shirt, jeans et basket, Simon Hay sera notre guide lors du séjour à l’IHME. Il travaille dans un petit bureau au bout de l’un des deux étages qu’occupe actuellement l’institut dans un immeuble au 2301 Ve Avenue, à Seattle. Soit à quinze minutes à pied de la Fondation Gates qui a financièrement porté l’organisme sur les fonts baptismaux, en 2007. A priori, rien ne prédisposait ce Britannique, né en Allemagne en 1971, à occuper ce poste. Zoologiste de formation, il s’intéresse particulièrement aux insectes. Ce n’est qu’ensuite qu’il est ­devenu épidémiologiste.
Ampleur et rigueur méthodologique
Au sein du département de zoologie de l’université d’Oxford, il avait soutenu, en 1996, sa thèse doctorale sur l’utilité des données satellitaires ­météorologiques pour prédire la distribution et l’abondance de la mouche tsé-tsé, responsable de la maladie du sommeil. Un genre d’outil qui lui ­semble aussi applicable au suivi des maladies elles-mêmes,...




                        

                        

