<FILE-date="2018/08/23/18">

<article-nb="2018/08/23/18-1">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Surmonter les épreuves (6/6). Loin d’adopter une posture rebelle, les élèves « décrocheurs » ne revendiquent pas l’école buissonnière. Ils sont en souffrance lorsqu’ils reviennent frapper à la porte d’un système scolaire qui, dans ses formes traditionnelles, n’a pas su leur faire de place, constate l’enseignante Nathalie Broux.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/08/23/18-2">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Pour l’animateur, cette « censure » confirme le complot de « la gauche », du « deep state » (« Etat profond »), des « démocrates », des « médias traditionnels » pour faire taire des voix comme la sienne et fragiliser le président Donald Trump, qu’il soutient aveuglément.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le roi des complotistes, Alex Jones, banni des réseaux sociaux

Pour l’animateur, cette « censure » confirme le complot de « la gauche », du « deep state » (« Etat profond »), des « démocrates », des « médias traditionnels » pour faire taire des voix comme la sienne et fragiliser le président Donald Trump, qu’il soutient aveuglément.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 13h50
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            

Sa gouaille, empreinte de colère, est intacte, ses logorrhées toujours ponctuées d’un feint étonnement. Mais son audience, depuis quelques semaines, a été amputée. Et, dans ses émissions de télé, le logo de son site d’extrême droite, Infowars, est barré d’un bandeau rouge : « Banned ». Au cours de l’été, Alex Jones, conspirationniste vedette de la Toile américaine, a été interdit de présence sur la plupart des réseaux sociaux. Au nom de la guerre engagée contre les « fausses informations » et les appels à la haine, Twitter l’a suspendu ­durant quelques jours ; Facebook a supprimé plusieurs de ses podcasts, et cet habitué du buzz sur Internet n’a pu utiliser son compte pendant trente jours ; YouTube l’a empêché de publier des contenus en direct et même la ­plate-forme de streaming Spotify a effacé ­certaines de ses émissions les plus haineuses.
Pour Alex Jones, cette « censure » confirme ce qu’il dénonce à longueur d’antenne. Le complot de « la gauche », du « deep state » (« Etat profond »), des « démocrates », des « médias traditionnels » pour faire taire des voix comme la sienne et fragiliser le président Donald Trump, qu’il soutient aveuglément. Car Alex Jones n’est pas seulement un adepte de la théorie du complot dont l’audience aurait explosé sous l’effet de la curiosité, de frustrations sociales diverses et d’une omniprésence sur les réseaux sociaux.
Intronisé « complotiste en chef » de l’Amérique post-11-Septembre, M. Jones a fait ses premières armes au lendemain de l’attaque des tours ­jumelles
Outre sa capacité à tenir l’antenne durant de longs monologues, ce quadragénaire replet, né au Texas, se targue d’une forme de connexion avec le président des Etats-Unis, qu’il a interviewé durant la campagne électorale. M. Trump l’avait alors qualifié de « gars bien » « à la réputation incroyable » ; et s’il ne l’a pas cité, le président n’a pas hésité à dénoncer les mesures ­telles...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-3">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Née de l’insatisfaction, de la frustration, voire de la colère, l’arrivée de Donald Trump au pouvoir a exacerbé des sensibilités conspirationnistes parmi les défenseurs de la « véritable Amérique  ». Une tendance ancienne au sein de la droite américaine, analyse le philosophe Philippe Raynaud.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La manie complotiste

Née de l’insatisfaction, de la frustration, voire de la colère, l’arrivée de Donald Trump au pouvoir a exacerbé des sensibilités conspirationnistes parmi les défenseurs de la « véritable Amérique  ». Une tendance ancienne au sein de la droite américaine, analyse le philosophe Philippe Raynaud.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 13h00
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Vice-président du Conseil supérieur des programmes, Philippe Raynaud est professeur à l’université Panthéon-Assas, spécialiste de philosophie politique. Il a écrit de nombreux ouvrages, dont Emmanuel Macron : une révolution bien tempérée (Desclée de Brouwer, 200 p., 16,90 €). Il a aussi préfacé la traduction en français de l’ouvrage culte de l’historien Richard Hofstadter, Le Style paranoïaque (François Bourin Editeur, 2012).

Sur son site Infowars ou dans son émission de radio, Alex Jones diffuse des déclarations aussi farfelues que haineuses. Au point que Facebook, Apple, Google, puis Twitter ont décidé de l’interdire. Or Donald Trump avait, avant son investiture, été reçu par l’animateur conspirationniste. Le complotisme sort-il des marges sous sa présidence ?
Est-il si étonnant qu’Alex Jones ait rencontré Trump ? Trump a eu une stratégie de conquête du pouvoir qui a consisté à contourner systématiquement la machine républicaine. Pour cela, il a envoyé des signaux aux marges et a rencontré les gens qui ne sont pas très admis dans la vie politique américaine, Alex Jones comme les suprémacistes blancs. Pour avoir un équivalent en France, il faudrait imaginer une rencontre entre François Fillon et Thierry Meyssan [auteur d’un best-seller conspirationniste sur le 11-Septembre]. Ce n’est pas rien. C’est un fait nouveau et significatif, mais je ne crois pas qu’on puisse en conclure que M. Jones ­influence la politique du président Trump.
Par ailleurs, comme conspirationniste, même s’il est particulièrement extrémiste et extravagant, Alex Jones appartient à une tendance ancienne et durable au sein de la droite américaine. Le conservatisme américain a ­développé, de manière récurrente, ce que ­Richard Hofstadter a décrit, dès les années 1960, comme un « style paranoïaque » [The Paranoid Style in American Politics, publié sous forme d’article en 1964].
Quel en est le noyau ?...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-4">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Ce livre, publié en 1965 et toujours d’actualité, remonte aux sources de l’histoire américaine.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
      

« Le Style paranoïaque », un livre emblématique de Richard Hofstadter

Ce livre, publié en 1965 et toujours d’actualité, remonte aux sources de l’histoire américaine.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 13h00
    |

                            Julie Clarini








                        


Ouvrage phare des études sur la politique américaine, le livre de l’historien Richard Hofstadter (1916-1970) a depuis longtemps dépassé le cercle de diffusion du monde académique. On dit qu’il aurait été lu par des romanciers tels que Don DeLillo, ­Thomas Pynchon ou Philip Roth. Dans un pays obsédé par le complot, Le Style paranoïaque dans la vie politique américaine (trad. François Bourin Editeur, 2012) est un titre qui séduit. L’analyse, d’abord parue, sous forme d’article, en 1964, dans le ­magazine Harper’s (un des textes les plus importants en cent soixante ans d’existence, affirment aujourd’hui les responsables du mensuel) porte sur la propension, chez certains groupes issus du conservatisme américain, à développer et à propager un imaginaire du complot (bien que cet imaginaire ne soit, d’après l’auteur, ni spécifique à la droite ni aux Etats-Unis).
« Croisade sans limite »
Ne s’arrêtant pas au maccarthysme, Hofstadter, professeur à Columbia, remonte aux sources de l’histoire américaine, passant en revue la peur des Illuminati, les campagnes antipapistes, antimaçonniques, etc. En pionnier, il montre la permanence, avec des intensités variables au cours du temps, d’un mode d’expression politique qui emprunte à la colère, à la rancœur et à l’irrationnel. Non pour dire que les adeptes de ce style sont tous des déséquilibrés, mais pour au contraire en cerner les usages les plus ­répandus et la cohérence apparente.
L’adepte du style paranoïaque, explique-t-il, a toujours le sentiment de se trouver à un tournant majeur (« Le temps presse »), car les forces qui ourdissent la conspiration sont démoniaques. Elles ne peuvent être vaincues que par une « croisade sans ­limite » – et non par les voies traditionnelles de la politique. Dans cette description de la véhémence en politique, on retrouve bien des traits actuels. Depuis quelques années d’ailleurs, devant le spectacle de la politique américaine, les analystes font à nouveau appel au travail d’Hofstadter.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-5">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Que ce soit sur la question du budget 2019 ou celle des migrants, les contradictions se multiplient de façon inquiétante au sein de l’insolite coalition entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue de Matteo Salvini.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Les incohérences de Rome

Editorial. Que ce soit sur la question du budget 2019 ou celle des migrants, les contradictions se multiplient de façon inquiétante au sein de l’insolite coalition entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue de Matteo Salvini.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 16h08
   





                        


Editorial du « Monde ». L’heure de vérité approche pour l’insolite coalition qui essaie de gouverner l’Italie depuis trois mois. Dans les dossiers brûlants qui se disputent le haut de la pile sur le bureau du président du conseil, Giuseppe Conte, force est de constater que l’épreuve se présente assez mal. Incohérences et contradictions se multiplient à Rome de façon inquiétante.
Inévitablement, la préparation du budget annoncé comme révolutionnaire révèle les plus grosses tensions. La coalition entre le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue, le parti d’extrême droite de Matteo Salvini, ne peut masquer l’évidence : la plupart des promesses de campagne sont impossibles à financer, sauf à faire exploser des comptes publics déjà très mal en point. L’affrontement avec Bruxelles, où la Commission doit examiner en octobre le budget italien pour approbation, paraît inévitable. Les responsables de la Ligue au gouvernement ne font aucun mystère de leur peu d’égards pour la règle qui veut que le déficit public ne dépasse pas 3 % du PIB des Etats membres.

        Lire aussi :
         

                Les inquiétudes montent autour du budget italien



M. Salvini, vice-président du conseil et ministre de l’intérieur, a même utilisé la tragédie du pont de Gênes pour accuser ces contraintes budgétaires européennes d’avoir empêché l’Italie d’investir dans la sécurité de ses infrastructures. Il prône, lui, un programme de grands travaux « comme celui du président Trump » – un sujet de discorde avec ses partenaires du M5S, hostiles à plusieurs de ces chantiers. On voit mal comment les experts de la Commission pourraient valider un budget qui tenterait de concilier ces grands travaux, la création d’un revenu citoyen, la mise à plat des retraites et l’introduction d’un impôt sur le revenu à taux unique. Le tout avec une dette publique qui atteint déjà 130,7 % du PIB.
Menace mise à exécution
Un autre dossier sur lequel butent les partenaires européens de l’Italie est celui des migrants. Matteo Salvini a mis sa menace à exécution : les ports italiens sont désormais fermés aux navires transportant des réfugiés. Cela lui a permis d’arracher à l’Europe une victoire symbolique, celle que réclamait désespérément l’Italie depuis le début de la crise migratoire. Sous la pression de l’urgence, une poignée de pays, dont la France, se sont enfin résolus à se répartir quelques centaines de ces migrants recueillis en Méditerranée. Ce n’est cependant qu’un pis-aller artisanal et, même si M. Salvini n’en est pas à une contradiction près, laissant soudain accoster un bateau ou acceptant de prendre vingt passagers, le bras de fer continue.

        Lire aussi :
         

                Italie : les 177 migrants à bord du « Diciotti » arrivent, sans pouvoir débarquer



La réalité politique qui émerge de plus en plus clairement sur fond d’incohérences est celle du poids croissant pris par M. Salvini et son parti, la Ligue, par rapport à ses « alliés » du M5S, dont le programme est le plus difficilement réalisable. Dans cette alliance de la carpe et du lapin, le M5S est handicapé par la faiblesse de son personnel politique, alors que la Ligue bénéficie de troupes expérimentées, qui ont fait leurs preuves au niveau local dans les municipalités du Nord. Au sommet, le chef de file des 5 étoiles, Luigi Di Maio, ministre du développement économique, est inaudible face à un Matteo Salvini omniprésent.
Pour l’Europe, cela ressemble à une catastrophe annoncée. Un signe ne trompe pas : depuis deux mois, l’exode des investisseurs étrangers du marché des obligations d’Etat italiennes s’accélère. Ce mouvement, qui coïncide avec la formation du gouvernement de coalition à Rome, devrait à lui seul inquiéter toutes les capitales européennes.

        Lire aussi :
         

                Effondrement du pont à Gênes : l’UE renvoie l’Italie à ses responsabilités






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-6">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ « Une journée dans une vie, une vie dans une journée », sous la direction d’Adeline Herrou, livre dix-sept portraits du quotidien de moines et d’ascètes du monde entier, entre quête de sagesse et démesure.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Ethnologie. Renonçants mais non moins humains

« Une journée dans une vie, une vie dans une journée », sous la direction d’Adeline Herrou, livre dix-sept portraits du quotidien de moines et d’ascètes du monde entier, entre quête de sagesse et démesure.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 07h45
    |

                            Anne Both (Anthropologue et collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Une journée dans une vie, une vie dans une journée. Des ascètes et des moines aujourd’hui, sous la direction d’Adeline Herrou, PUF, 440 p., 26 €.

Non, la vie d’ascète ou de moine n’est pas, contrairement aux apparences, toujours synonyme d’un quotidien où la quiétude se confondrait avec la modération. C’est, en tout cas, l’un des principaux enseignements que l’on peut tirer du livre dirigé par Adeline Herrou. Une journée dans une vie, une vie dans une journée rassemble dix-sept contributions d’ethnologues relatant l’ordinaire – du lever au coucher – de ces hommes et femmes ayant renoncé au monde laïque.
Car l’effet de comparaison provoqué par la lecture successive de ces portraits révèle, à chaque fois, une existence marquée, peu ou prou, par la démesure. Quand le moine taoïste chinois doit porter « un habit impeccable et une tenue soignée », l’ascète de la communauté jaïn, en Inde, n’est vêtu que d’espace, autrement dit est totalement nu ; le baul (chanteur mystique) du Bengale, lui, se targue de ne pas s’être lavé depuis douze ans. Quant à la sœur Armelle, carmélite française, rompue au strict contrôle de la parole et de la gestuelle qu’implique le vœu de silence, elle ne se fait pas prier pour devenir une oratrice passionnée lors des deux courtes récréations quotidiennes, où parler n’est plus proscrit.
L’idéal de pureté n’exclut pas, non plus, quelques taquineries ou faiblesses, comme le prouve l’abbé Zeyya Theiddi, moine bouddhiste birman, volontiers « moqueur », « rigolard », ou Rafqa, religieuse maronite au Liban, qui dénigre ouvertement une carmélite (« une fausse sœur ») tout en étant « insensible aux remarques blessantes de certains prêtres ».
Une pointeuse au monastère
Ce n’est pas le moindre des mérites de cet ouvrage : l’ambiance dans les monastères, inaccessible au commun des fidèles, y occupe une place prépondérante....




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-7">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ En sociologie comme en histoire ou en philosophie, les essais à paraître cet automne témoignent des inquiétudes et (parfois) des potentialités de notre époque.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La rentrée des idées : doutes contemporains

En sociologie comme en histoire ou en philosophie, les essais à paraître cet automne témoignent des inquiétudes et (parfois) des potentialités de notre époque.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 10h10
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

A quoi pensent les essayistes quand ils ne commémorent rien ? Après un début d’année marqué par les plus de 150 titres consacrés au 50e anniversaire de Mai 68, les essais de cette rentrée donnent le sentiment de partir de nouveau en tous sens, de fouiller plus librement, et avec une ardeur accrue, nos obsessions et nos angoisses – celles-ci surtout, qui se révèlent omniprésentes.
En regard, les derniers livres de la dernière commémoration encore en chantier (comment y échapper tout à fait ?), celle de 14-18, semblent contaminés par l’optimisme qui suit les fins de conflits. C’est le sujet du Temps des comètes, de l’historien allemand Daniel Schönpflug (Vuibert), mais il traverse aussi Les Vainqueurs, de Michel Goya (Tallandier), fût-il assombri par les risques que la paix elle-même fera courir au monde – étudiés dans le livre collectif dirigé par Serge Berstein, Ils ont fait la paix. Le traité de Versailles vu de France et d’ailleurs (Les Arènes).
Angoisses sociales
L’énoncé de titres d’essais sur la société contemporaine suffit à mesurer le contraste, sans même parler de la méditation sur la mort qu’est La Vallée du néant, de Jean-Claude Carrière (Odile Jacob) : Le Mal qui vient. Essai hâtif sur la fin des temps, de Pierre-Henri Castel (Cerf), Une autre fin du monde est possible, de Pablo Servigne, Raphaël Stevens et Gauthier Chapelle (Seuil, octobre), Hors des décombres du monde. Ecologie, science-fiction et éthique du futur, de Yannick Rumpala (Champ Vallon), Le Temps des apocalypses, d’Alexandre Adler (Grasset)…
Les terrains de cette angoisse sont d’ailleurs multiples. Marc Weitzmann, dans Un temps pour haïr (Grasset, octobre), parcourt les lignes de fracture d’une France confrontée à la « psychopathologie du djihad ». Christophe Guilluy, celles qui aboutissent selon lui à une marginalisation des classes populaires (No Society....




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-8">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Comment pense un savant ? Un physicien des Lumières et ses cartes à jouer », de Jean-François Bert.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Figures libres. 35 000 cartes pour penser, ou échouer

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Comment pense un savant ? Un physicien des Lumières et ses cartes à jouer », de Jean-François Bert.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 10h07
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Comment pense un savant ? Un physicien des Lumières et ses cartes à jouer, de Jean-François Bert, Anamosa, 222 p., 20 €.

Il n’a vraiment pas atteint la gloire, bien qu’il en ait rêvé. Georges-Louis Le Sage (1724-1803) passe aujourd’hui pour une figure de second plan. Célibataire taciturne, il n’a vécu qu’à Genève, enseigna mathématique et physique, ne publia presque rien, se montrant incapable, malgré des décennies de travail acharné, d’achever un livre ou d’avoir des enfants.
Pas étonnant, dès lors, que son nom soit seulement connu de rares historiens. Les uns sont spécialistes de la société genevoise, où sa silhouette paraît plus ou moins étrange. Les autres scrutent les idées scientifiques du XVIIIe siècle et savent que notre homme fut l’auteur, en 1750, d’un Essai sur les forces mortes. Le Sage est habituellement considéré comme un disciple marginal de Newton. Il rédigea par exemple l’article « Gravité » de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, et spécula sur les causes de la gravitation, en supposant notamment, pour l’expliquer, l’existence de « corpuscules ultra­mondains ».
Lire également : « Diderot, trois cents ans et toutes ses dents »
Pourquoi donc exhumer pareil personnage ? Ce savant de l’ombre, sous ses airs de vieux raté, fut un acteur essentiel d’une mutation historique profonde, qui affecta les manières d’écrire, d’agencer les idées et d’élaborer la recherche. Il a en effet expérimenté mille usages et impasses des fiches, explorant en aventurier solitaire les changements qu’elles introduisent dans les pratiques scientifiques. C’est ce que met en lumière Jean-François Bert, de l’université de Lausanne. Son essai, intéressant et curieux, est issu d’une immersion personnelle dans les archives de Le Sage, constituées de… 35 000 cartes à jouer ! Ces bouts de carton servaient au savant à tout noter.
Nouvelle...



                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-9">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ L’île n’est plus reconnue que par dix-sept pays, depuis que le Salvador a établi, le 21 août, des relations diplomatiques avec Pékin. Dans une tribune au « Monde », le sinologue analyse ce nouveau « lâchage ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Jean-Yves Heurtebise : « La perte des alliés diplomatiques de Taïwan nous concerne »

L’île n’est plus reconnue que par dix-sept pays, depuis que le Salvador a établi, le 21 août, des relations diplomatiques avec Pékin. Dans une tribune au « Monde », le sinologue analyse ce nouveau « lâchage ».



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 08h22
    |

Jean-Yves Heurtebise (Maître de conférences, Université Catholique FuJen (Taiwan), chercheur associé, CEFC (Hong-Kong))







                        



                                


                            
Tribune. On sait que Taïwan, ou République de Chine (RDC), est considérée par la Chine populaire (RPC) comme une partie intégrante de son territoire. Selon Wang Yingfan, représentant de Pékin aux Nations unies (ONU) dans les années 2000, « Taïwan est une partie inséparable du territoire chinois depuis l’Antiquité. »
Plus récemment, le porte-parole chinois du Taïwan Affairs Office (Bureau des affaires de Taïwan), Ma Xiaoguang, affirmait : « Taïwan est une partie indivisible des territoires chinois, et n’a jamais été et ne sera jamais un pays. »
En avril, le président chinois Xi Jinping invoquait le jugement de l’Histoire : « Toute action visant à séparer le pays est vouée à l’échec. Et ces actions séparatistes seront sanctionnées par la condamnation du peuple et la punition de l’Histoire. »
Un peuplement autochtone
Pour autant, ni l’Histoire ni les faits ne semblent véritablement corroborer ce discours. Tout d’abord, originellement, la population de Formose n’est pas Han mais austronésienne, avec un peuplement autochtone datant de plusieurs milliers d’années. Ensuite, la gouvernance politique effective de l’île de Formose fut d’abord européenne (espagnole et hollandaise entre 1624 et 1662).
Ce n’est qu’en 1683 que l’archipel (Formose et les Pescadores) fut intégré à l’empire Qing, la dynastie mandchoue, et rattaché au Fujian avant d’être, en 1885, considéré comme une province à part entière. Cette domination Qing prend fin en 1895 avec la colonisation japonaise qui durera jusqu’en 1945. Enfin, avec l’arrivée de Tchang Kaï-chek, le gouvernement de l’archipel est séparé du continent et, depuis la démocratisation des années 1990, Taïwan en est radicalement distincte sur le plan politique.
en privant Taïwan de ses alliés officiels, la Chine populaire cherche à minimiser le plus possible les voix discordantes en cas de confrontation militaire directe, tout en influençant le jeu démocratique...



                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-10">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Pierre Micheletti, vice-président d’Action contre la faim, estime que le périple du bateau humanitaire illustre le déni, par l’UE, du droit international des réfugiés qu’elle a elle-même établi.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 22/08/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« L’“Aquarius” est le symbole du naufrage de l’Europe politique »

Dans une tribune au « Monde », Pierre Micheletti, vice-président d’Action contre la faim, estime que le périple du bateau humanitaire illustre le déni, par l’UE, du droit international des réfugiés qu’elle a elle-même établi.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 06h23
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 08h13
    |

Pierre Micheletti (vice-président d’Action contre la faim)







                        



                                


                            
Tribune. L’Aquarius, le bateau affrété par l’ONG SOS Méditerranée a occupé une partie de l’actualité tout au long de l’été qui s’achève. Sans chercher à vouloir jouer la mouche du coche, le navire et son équipage nous ont rappelé avec constance que les flux de migrants ne connaissent pas de trêve estivale : au contraire, c’est la « haute saison » pour les différents passeurs ; ils profitent d’une mer provoquant momentanément moins d’épouvante pour convaincre les candidats au périlleux voyage de tenter une traversée, présentée comme moins risquée.

Pour autant, si l’impressionnante couverture médiatique de ce périple a de salutaires vertus contre l’oubli ou l’indifférence, elle ne devrait pas nous conduire, précisément, à accorder une attention exclusive aux atermoiements qui ont présidé à définir les lieux de relâche du bateau, empli de ses indésirables passagers. Cela reviendrait à réduire au rang de bravades entre dirigeants politiques européens ce qui reste une situation inacceptable sur le fond.
Car, bien involontairement, l’Aquarius est devenu une double figure symbolique : celle d’une dérive dans l’application ou plutôt la non-application du droit international et celle du naufrage de l’Europe politique.
Une ambition protectrice
La dérive vis-à-vis des textes du droit international, en particulier le déni de celui de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés – complétée par le protocole de 1967 –, est patente.
Comme si ce texte n’était pas assez explicite ! Selon son article premier, « (…) le terme “réfugié” s’appliquera à toute personne (…) qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-11">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Surmonter les épreuves (5/6). La vérité de la formule de Beckett – « échouer mieux » – est peut-être à chercher du côté ceux qui ne savent plus très bien distinguer entre ce qui les renforce et ce qui les abat, explique le philosophe.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ 
<article-nb="2018/08/23/18-12">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste français aux européennes, dénonce le discours de l’Elysée qui réduit ce scrutin à un choix entre « progressistes » et nationalistes d’extrême droite.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Ian Brossat : « Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ? »

Dans une tribune au « Monde », Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste français aux européennes, dénonce le discours de l’Elysée qui réduit ce scrutin à un choix entre « progressistes » et nationalistes d’extrême droite.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 16h00
    |

Ian Brossat (Chef de file du PCF aux élections européennes)







                        



                                


                            
Tribune. Selon la petite musique qu’Emmanuel Macron et ses soutiens diffusent depuis plusieurs mois, les élections européennes du 26 mai 2019 se joueront entre les « progressistes » qu’ils prétendent incarner et les nationalistes d’extrême droite. Ce refrain est un mensonge dangereux.
En juillet, devant le Parlement réuni en Congrès, le chef de l’Etat affirmait : « La frontière véritable qui traverse l’Europe est celle aujourd’hui qui sépare les progressistes des nationalistes. » Dans un entretien accordé au Monde le 20 août, sa ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau répétait : « Il y a aujourd’hui deux tendances politiques en Europe : les progressistes qui sont pour des solutions coopératives et les nationalistes qui sont dans le repli sur soi. » Cette alternative brandie par les libéraux est profondément mensongère.
Les libéraux macronistes peuvent-ils concevoir que les Européens aient de bonnes raisons de contester le fonctionnement actuel de l’Union
D’abord, elle offre en cadeau à l’extrême droite européenne les millions de citoyens qui n’adhèrent pas à l’intégration européenne telle qu’elle a lieu. Il faudrait créditer l’ensemble de ce mécontentement, bien souvent légitime, aux seuls amis de Madame Le Pen ?
Les libéraux macronistes peuvent-ils concevoir que les Européens aient de bonnes raisons de contester le fonctionnement actuel de l’Union, qui trop souvent tourne le dos à la démocratie et promeut partout, aveuglément, la même politique économique d’austérité budgétaire qui a fait la démonstration de son inefficacité ? Il est bien commode – et bien méprisant – de disqualifier sans nuance cette objection citoyenne en la rangeant du seul côté du « racisme » et du « repli nationaliste ».
Le logiciel macroniste quelque peu marqué par le simplisme
Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ? Qui a laissé l’Allemagne de M. Schaüble dicter sa...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-13">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Avec la fin du troisième plan d’aide européen, Athènes s’émancipe de son étroite tutelle financière, mais le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Euro : l’amère odyssée de la Grèce

Editorial. Avec la fin du troisième plan d’aide européen, Athènes s’émancipe de son étroite tutelle financière, mais le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 11h24
   





                        


Editorial du « Monde ». Alexis Tsipras a choisi l’île d’Ithaque pour saluer, mardi 21 août, la « libération » de la Grèce du douloureux programme d’assistance financière dont elle dépendait depuis huit ans. Tel Ulysse regagnant son île après la guerre de Troie au terme d’une décennie de périples en mer, le premier ministre grec a tenté de donner une tonalité victorieuse à cette « odyssée des temps modernes ». « Aujourd’hui, la Grèce reprend son destin en main », a poursuivi M. Tsipras : « une nouvelle ère » s’est ouverte.

        Lire aussi :
         

                Politiquement affaibli, Alexis Tsipras célèbre la fin des plans d’aide à la Grèce



Le dirigeant grec a quelque raison de vouloir marquer cette étape. Elus en 2015 sur un programme de gauche radicale et la promesse de mettre fin à l’aide financière extérieure, Alexis Tsipras et son parti, Syriza, durent rapidement faire volte-face et accepter un troisième plan d’assistance draconien pour éviter la faillite du pays et sa sortie de l’euro. Après trois plans d’aide, 289 milliards d’euros de prêts, huit ans de tutelle de ses créanciers et d’austérité imposée, Athènes va de nouveau pouvoir se financer sur les marchés. Laminée par des années de récession, l’économie grecque se porte aujourd’hui un peu mieux. La croissance, avec laquelle elle a renoué en 2017, devrait frôler les 2 % cette année. Le chômage, qui culminait à 27 %, est repassé sous la barre des 20 %.

        Lire aussi :
         

                La Grèce sort de sa mise sous tutelle, mais reste sous « surveillance renforcée »



Loin d’Ithaque, les dirigeants de l’Union européenne se sont aussi, bien que plus prosaïquement, félicités de l’émancipation de la Grèce de son étroite tutelle financière. Pour la zone euro, qui n’avait jamais été confrontée à une crise d’une telle gravité et n’y était absolument pas préparée, le pire a été évité : la banqueroute et le chaos qui aurait suivi ont été épargnés à la Grèce et à ses créanciers, l’euro ne s’est pas effondré et les Grecs ont pu se maintenir au sein de l’UE, comme ils le souhaitaient. Jamais l’Europe n’avait engagé de telles sommes pour sauver l’économie d’un Etat membre. Le « Grexit » n’a pas eu lieu.
Un sérieux examen de conscience à faire pour l’UE
Pour autant, l’humeur n’est festive ni à Athènes ni à Bruxelles. Comment le pourrait-elle ? Le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps. Le PIB a fondu de 25 %. Le chômage a poussé près d’un demi-million de personnes, pour la plupart jeunes, à l’émigration. Quelque 250 000 PME ont fait faillite. L’administration reste défaillante, le système de santé délabré. Pour les Grecs, l’argument selon lequel l’alternative aurait été pire est une maigre consolation.
Malgré la mise en œuvre des réformes, les problèmes qui sont à l’origine de la catastrophe financière grecque n’ont pas été résolus. La corruption reste un fléau, la dette disproportionnée. La question du modèle économique de la Grèce demeure posée. L’horizon politique n’est pas éclairci : si l’Europe salue le pragmatisme d’Alexis Tsipras, celui-ci sort fragilisé de la gestion calamiteuse des incendies autour d’Athènes, qui ont tué près de 100 personnes en juillet. Enfin, la fin de la tutelle est assez symbolique : la Grèce restera soumise à une « surveillance renforcée ».
Quant à l’UE, cette nouvelle étape grecque doit être pour elle l’occasion d’un sérieux examen de conscience. La Grèce a fait les frais des failles d’une union monétaire incomplète. Les dirigeants européens n’ont pas tous la même lecture de cette tragique épreuve. Ils feraient bien, pourtant, d’en tirer les leçons une fois pour toutes, afin de ne pas être de nouveau surpris par la prochaine crise, au moment où l’Italie s’apprête à défier les règles budgétaires.

        Lire aussi :
         

                Salaires, retraites, dette... dans quel état est la Grèce après 8 ans d’aide ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-14">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ « Le Monde » propose, avec sa collection « Les défis de la science », de découvrir et de comprendre les avancées scientifiques des neurosciences, de la génétique et des biotechnologies qui vont changer nos vies.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Collection « Les défis de la science »

« Le Monde » propose, avec sa collection « Les défis de la science », de découvrir et de comprendre les avancées scientifiques des neurosciences, de la génétique et des biotechnologies qui vont changer nos vies.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 11h11
   





                        



                                


                            

1 - Le cerveau Décrypter le plus complexe de nos organes et comprendre son potentiel Le cerveau est sans conteste l’objet le plus mystérieux de l’Univers. C’est d’ailleurs la seule partie du corps humain dont le fonctionnement échappe à notre compréhension. Les récentes découvertes telles que la biologie moléculaire ou la neuro-imagerie nous laissent penser que nous serons bientôt capables de le cartographier. Mieux comprendre sa structure et son fonctionnement nous permettra de réparer ses défauts et d’augmenter nos capacités de manière spectaculaire. Cela nous mènera surtout au déchiffrement des secrets de notre esprit ainsi qu’à une pleine compréhension du genre humain. 3,99 €, en vente le mercredi 22 août


2 - La mémoire Les connexions neuronales détenant les clés de notre passé La mémoire définit ce que nous sommes dans un réseau d’expériences et d’apprentissages qui s’inscrivent dans nos connexions neuronales. Comme nous, elle est pleine d’imperfections. Mais la recherche en neurosciences et en cybernétique ne cesse d’approfondir ses processus de codification et de stockage. Aujourd’hui, de nouvelles méthodes apparaissent qui pourraient remédier à nos erreurs, restaurer nos souvenirs et réparer certains dommages liés aux maladies neurologiques telles que celle d’Alzheimer. L’incorporation de mémoires biologiques et technologiques pourrait nous permettre, enfin, d’améliorer les capacités de notre propre mémoire, mais aussi de transférer ou de modifier nos souvenirs. 9,99 €, en vente le mercredi 5 septembre

3 - La conscience La plus énigmatique des fonctions cérébrales La conscience est au centre des recherches en neurosciences. Cela tient notamment au développement de technologies permettant de voir quelles régions du cerveau s’activent lorsque nous agissons en conscience. Le fonctionnement de la conscience constitue l’une des plus grandes énigmes de la nature. Ayant pu déceler la manière dont elle a évolué dans le...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-15">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Les contenus des enseignements doivent être modernisés pour qu’ils s’adaptent à l’évolution des disciplines, et reconsidérés à l’aune de l’universalisation de la culture, plaide Souâd Ayada, présidente du Conseil supérieur des programmes, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Souâd Ayada : « Quels programmes pour le lycée du XXIe siècle ? »

Les contenus des enseignements doivent être modernisés pour qu’ils s’adaptent à l’évolution des disciplines, et reconsidérés à l’aune de l’universalisation de la culture, plaide Souâd Ayada, présidente du Conseil supérieur des programmes, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h11
    |

Souâd Ayada (Présidente du Conseil supérieur des programmes)







                        



                                


                            
Tribune. Dans notre système scolaire, le lycée remplit une double mission : il parachève la formation secondaire des élèves commencée au collège, il conduit des candidats de plus en plus nombreux à l’obtention du baccalauréat dont dépend leur accès à l’enseignement supérieur. Nul ne contestera qu’il peine aujourd’hui à assumer ses missions.
Il n’est pas sûr que nos élèves quittent le lycée au fait de ce qui leur a été enseigné depuis la 6e. Il n’est pas sûr que, le baccalauréat en poche, ils soient tous capables de réussir dans leurs études supérieures. Comment orienter les contenus d’enseignement pour que le lycée renoue avec sa vocation ?
S’il reste un espace où l’on dispense une formation élémentaire et désintéressée, le lycée doit renouveler les contenus de ses enseignements : les moderniser pour qu’ils s’adaptent à l’évolution des disciplines, les reconsidérer à l’aune de l’universalisation de la culture. Il en va de la culture scolaire, de sa définition dans le contexte d’un enseignement de masse fortement exposé à la concurrence de flux culturels désordonnés qui obéissent à des impératifs marchands.
La langue française et l’histoire, de la France notamment, y occupent une place essentielle, non parce qu’elles servent seulement à promouvoir, dans une société en crise, le sentiment d’appartenir à la nation, mais parce que la maîtrise de la langue est la condition d’accès à tous les domaines de la culture, parce que la connaissance de l’histoire éclaire le présent et éclaircit l’avenir.
Les humanités forment le foyer de la culture scolaire au lycée. Il serait cependant insensé de ne pas en revisiter les contours, pour que les humanités modernes, mais aussi les langues vivantes et les arts trouvent leur place à côté des humanités classiques. Il ne serait pas moins insensé d’exclure les sciences et les techniques de la tâche d’édification humaine, morale et civique qui incombe au lycée. Parler, comme Louis...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-16">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le chercheur en neurosciences Lionel Naccache parraine notre collection « Les défis de la science » pour partager sa fascination pour la conscience et ses altérations.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Lionel Naccache : « Les neurosciences sont encore dans une phase d’émerveillement  »

Le chercheur en neurosciences Lionel Naccache parraine notre collection « Les défis de la science » pour partager sa fascination pour la conscience et ses altérations.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 12h01
    |

            Hervé Morin et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Parrain de la collection « Les défis de la science », le professeur Lionel Naccache est neurologue et chercheur en neurosciences (hôpital de la Pitié-Salpêtrière, AP-HP, ­Inserm, Institut du cerveau et de la moelle épinière). Ses travaux portent en particulier sur la conscience et ses altérations. Ce féru de philosophie et d’éthique (qui est ­membre du Comité consultatif national d’éthique) a aussi écrit plusieurs essais parus chez Odile ­Jacob, dont le récent Parlez-vous cerveau ? (224 pages, 17 euros), ainsi que Le Chant du ­signe (2017) et L’Homme réseau-nable (2015).
On dit que le cerveau humain est l’objet le plus complexe de l’Univers. Est-ce cette complexité qui vous a poussé à l’étudier ?
Je n’ai pas le goût de la complexité pour la complexité. Evidemment – et au-delà du seul cerveau –, il faut s’y frotter et en faire usage, mais un principe très sain est de ne pas la cultiver à tout prix. Sinon cela s’apparente souvent à une forme de lâcheté, en science comme en politique et dans la vie. Souvent, la complexité rend mou.

Les personnes qui ont compté dans mon éducation scientifique, comme Stanislas Dehaene – avec qui j’ai fait ma thèse – ou Laurent Cohen, ont une même disposition d’esprit : rendre les phénomènes compliqués le plus simple possible. Au lycée j’étais attiré par la philosophie et la physique. Ce qui me stupéfiait le plus, c’était qu’une créature matérielle puisse avoir une vie mentale, puisse se dire : « J’existe. »
En physique et en astronomie, les instruments sont de plus en plus performants. On a pourtant l’impression qu’à chaque fois, le réel se dérobe. Partagez-vous ce sentiment ?
Notre discipline est plus jeune que celles que vous citez. Les neurosciences de la cognition naissent dans l’après-guerre, avec des cybernéticiens, des psychologues, des mathématiciens. Elles sont issues des noces de la théorie du ­neurone avec la psychologie cognitive,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-17">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le philosophe estime que la haine antijuive, propagée par les islamistes, s’appuie essentiellement sur l’idée que les juifs sont des privilégiés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 21/08/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Jacob Rogozinski : « Le nouvel antisémitisme se nourrit d’anciennes croyances »

Dans une tribune au « Monde », le philosophe estime que la haine antijuive, propagée par les islamistes, s’appuie essentiellement sur l’idée que les juifs sont des privilégiés.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h51
    |

Jacob Rogozinski (professeur à la faculté de philosophie de Strasbourg)







                        



                                


                            

Tribune. Nous le savons : il est désormais difficile de s’affirmer comme juif dans certains quartiers sans s’exposer à des insultes et des menaces. C’est parce qu’ils étaient juifs qu’ont été assassinés Ilan Halimi, les victimes de Mohamed Merah et d’Amedy Coulibaly. Presque toujours, leurs meurtriers les ont tués en criant « Allahou akbar ! »
Et un fort soupçon d’antisémitisme plane sur d’autres meurtres. Ainsi, à l’ancien antisémitisme d’extrême droite s’ajoute désormais un nouvel antisémitisme propagé par les islamistes (et qui peut facilement fusionner avec l’ancien, comme on le voit dans la mouvance de Dieudonné et Soral).

S’il est indéniable qu’il existe un antisémitisme musulman, de même qu’il a existé pendant des siècles, en Occident, un antisémitisme chrétien, cela ne signifie évidemment pas que tous les musulmans soient antisémites. Au contraire, tout porte à croire que la grande majorité d’entre eux rejettent cette haine antijuive. Pourquoi refuse-t-on de reconnaître l’existence de ce nouvel antisémitisme ? Parce que, dans notre société, les musulmans subissent eux aussi des agressions racistes ? Comme si une victime du racisme ne saurait être elle-même raciste… Il est temps de renoncer à une telle illusion.
Anciennes croyances religieuses
Il est intolérable, nous dit-on, d’assimiler à de l’antisémitisme les positions antisionistes d’une partie de la gauche. Il y a cependant dans l’usage du terme « antisionisme » une ambiguïté qu’il convient de dissiper. Si être antisioniste signifie que l’on condamne la politique criminelle et suicidaire de l’actuel gouvernement israélien et que l’on reconnaît les droits légitimes du peuple palestinien, je n’hésiterais pas à me proclamer « antisioniste ».

Il faut pourtant admettre que, dans le langage de l’extrême droite et des islamistes, « sioniste » est en fait synonyme de « juif ». Appeler à la destruction de l’Etat d’Israël, c’est-à-dire...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-18">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Brooke Barker, dans un ouvrage peu conventionnel, nous entraîne dans une amusante découverte du monde animal.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Bestiaire récréatif et instructif

Brooke Barker, dans un ouvrage peu conventionnel, nous entraîne dans une amusante découverte du monde animal.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h14
    |

                            Sarah Terrien








                        



                                


                            

Livre. Un dessin au graphisme naïf et une anecdote par page. Voici la formule gagnante de Brooke Barker, une auteure et illustratrice américaine dont le premier ouvrage, La Tortue qui respirait par les fesses (Flammarion, 2017), est qualifié de best-seller par le New York Times. Pour son deuxième opus, l’auteure s’intéresse à la vie des « bébés » animaux. Et c’est aussi une réussite. Au fil de ces « savoirs inutiles » sur les « enfants » mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, insectes… et bien d’autres, on apprend finalement beaucoup sur ces petites (ou grosses) bêtes.
Et on sourit aussi. Car ces anecdotes, plus savoureuses et plus scientifiques les unes que les autres, sont traitées avec humour. Morceaux choisis. Sous l’inscription en ­lettres capitales : « Les campagnols se reproduisent dès l’âge de trois semaines » sont ­croquées deux petites boules de poils ­marron à l’air triste. La plus jeune s’adresse à la plus vieille : « Eh, c’est normal de jamais avoir fait de bisou sur la bouche à 1 mois ? » Sur une autre page, un petit chiot inquiet s’adresse à son père : « Ce n’est rien, papa, juste une petite allergie. » Au-dessus du ­dessin, une phrase indique : « Quand un chiot est malade, ses parents le mangent. »
Affaires de mœurs
Dans ce livre, on apprend également que « les oisillons qui grandissent sans leur papa ne sauront jamais chanter correctement », que « les salamandres noires vivent dix ans, et chacune de leur grossesse dure trois ans », ou encore que « les diables de Tasmanie donnent naissance à des portées de trente petits qui se battent dans la poche de leur mère, jusqu’à ce que seule une poignée d’entre eux survive. »
Ce concentré d’anthropomorphisme est ­­à consommer sans modération. Car si on ­dévore ces 150 anecdotes, tournant les pages frénétiquement à la ­recherche d’une ­nouvelle histoire croustillante,...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-19">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirme que seul un adolescent sur cinq dans le monde a une activité physique suffisante. Et que ceux qui sont actifs ont des performances moins bonnes que leurs parents… Et grands-parents !
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Comment faire bouger les ados… Et surtout pourquoi

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirme que seul un adolescent sur cinq dans le monde a une activité physique suffisante. Et que ceux qui sont actifs ont des performances moins bonnes que leurs parents… Et grands-parents !



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 10h53
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Dix mille pas et plus. Comment faire bouger son ado ? De nombreux parents s’inquiètent de voir leur progéniture rester enfermée toute la journée, scotchée aux écrans, assise, voire couchée. Et les chiffres sont édifiants : quatre adolescents (11-17 ans) sur cinq dans le monde n’ont pas une activité physique suffisante, a récemment indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est beaucoup. Plus ils grandissent, moins ils bougent. Les filles semblent encore moins actives que les garçons.
La France n’est pas bien placée : « A 15 ans, seulement 14 % des garçons et 6 % des filles exercent une activité physique quotidienne en France », note le dernier rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La faute à un mode de vie délétère. Ainsi, près de 70 % des jeunes adolescents se rendent à l’école avec un engin motorisé, les autres marchant ou utilisant le vélo ou la trottinette. Quant au temps d’écran, il y est, là encore, pour beaucoup : plus de la moitié des 11-14 ans y passent plus de trois heures par jour, et 60 % des 15-17 ans.
Or, les enfants et adolescents de 5 à 17 ans devraient consacrer au moins soixante minutes d’activité physique modérée à soutenue par jour, selon les recommandations, pour être en bonne santé et prévenir les maladies cardio-vasculaires, le diabète, les cancers du sein et du côlon, etc. En outre, leurs performances physiques sont moins bonnes que ne l’étaient celles de leurs parents… et de leurs grands-parents.
Les ados qui participent à une activité soutenue ont une tension artérielle plus basse, et donc moins de risque de développer une maladie cardiaque plus tard
L’adolescence nécessite une attention particulière, notamment pour la prévention de l’obésité. Car l’inactivité physique rime avec l’augmentation de la prise alimentaire. C’est souvent l’âge où les jeunes abandonnent un sport qu’ils pratiquent depuis l’enfance. C’est aussi la période pendant...




                        

                        


<article-nb="2018/08/23/18-20">
<filnamedate="20180823"><AAMM="201808"><AAMMJJ="20180823"><AAMMJJHH="2018082318">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les ralentissements sont la hantise du vacancier et certains d’entre-eux semblent se former et disparaître comme par enchantement. Pour remédier à cela, étudions les oiseaux.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Une histoire de cochons, d’oisons et de bouchons

Les ralentissements sont la hantise du vacancier et certains d’entre-eux semblent se former et disparaître comme par enchantement. Pour remédier à cela, étudions les oiseaux.



LE MONDE
 |    21.08.2018 à 18h00
   





                        



                                


                            
Carte blanche. Chaque année, c’est la même histoire : au moment même où vous ­commencez à sentir les bienfaits apaisants d’une combinaison heureuse ­de repos, de bonne chère et de soleil, vous vous retrouvez confiné dans l’une des millions d’automobiles couvrant le réseau routier hexagonal, tentant de rallier le bureau, le métro, la pluie… Année après année, vous avez bien essayé toutes les stratégies, partant plus tard, plus tôt, à la fraîche, à midi… Mais avec des centaines de kilomètres ­de bouchons sur les autoroutes françaises, ­on bute tôt ou tard contre un premier ralentissement majeur…
Face à l’agitation qui monte rapidement ­­de la banquette arrière, il faut inventer ­d’urgence une diversion. Alors n’y a-t-il pas, là devant nous, patience nous le verrons très bientôt, ce camion renversé sur le ­bas-côté, et ces 300 cochons tout roses qui se ­répandent sur les voies de l’autoroute, grognant et agitant leur queue en… tire-bouchon ? ­ A la grande déception du public, le camion va-t-il enfin être aperçu que le ­ralentissement se dissout comme par ­enchantement, sans raison apparente : adieu camion, adieux ­cochons…
L’émergence spontanée de ces bouchons dits « fantômes » a été beaucoup étudiée par les chercheurs. C’est un phénomène courant d’instabilité, quand deux solutions existent a priori pour le même problème : à trop grande densité, un état homogène (un flux régulier d’autos) coexiste avec un état inhomogène (des zones peu denses alternant avec des zones denses et très ralenties). ­Hélas, à cause de la lenteur de réaction des conducteurs, la première solution, qui minimise les temps de trajet, se déstabilise à la moindre perturbation (une biche dans un champ, un coup de frein), créant une augmentation de la densité de voitures qui enfle et développe très vite un bouchon. Il en va également ainsi de la fabrication des rides dans le sable de l’estran (rappelez-vous, c’était il y a quelques heures…) : la structure homogène existe,...




                        

                        

