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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Finances, agriculture, droit du travail... Le gouvernement britannique a détaillé les problèmes concrets que poserait l’absence d’accord de divorce avec l’Union européenne.
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Brexit : Londres se prépare au scénario noir

Le gouvernement britannique a détaillé les problèmes concrets que poserait l’absence d’accord de divorce avec l’UE.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 18h47
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Le gouvernement britannique a publié jeudi 23 août une vertigineuse liste des problèmes que poserait un Brexit sans accord de divorce. Secteur financier, encadrement du commerce, reconnaissance des aliments bio, subventions agricoles, transport des organes humains, droits des travailleurs, tests de qualité des médicaments, transport des produits radioactifs civils, paiement de la TVA, classification des biens à l’exportation, encadrement des aides d’Etat, vente d’aliments OGM…
Autant de domaines qui sont actuellement encadrés par les règles européennes et qu’il faudra subitement réguler autrement en mars 2019 si les négociations actuellement en cours entre Londres et Bruxelles échouent. Même les dons de sperme seraient affectés : 3 000 sont importés du Danemark au Royaume-Uni chaque année, ce qui s’effectue dans le cadre d’une directive européenne.
Au total, les retombées en cas de « no deal » sont détaillées pour vingt-cinq secteurs et sous-secteurs, dans des notes explicatives qui vont de trois à onze pages. Et encore ne s’agit-il que d’une première série de documents : le gouvernement en publiera deux fois plus d’ici à fin septembre. Chacun de ces dossiers, individuellement, n’est pas nécessairement très compliqué à résoudre. Mais leur quantité rend le risque d’un chaos post-Brexit réel. D’autant que leur résolution nécessite souvent la coopération de Bruxelles, et qu’en cas d’échec des négociations, les relations entre les deux parties risquent d’être glaciales.

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En présentant ces documents, le gouvernement britannique a toutefois de nouveau précisé qu’un « non-accord » demeure un scénario « improbable ». « Ce n’est pas ce que nous voulons et ce n’est pas ce à quoi nous nous attendons », explique Dominic Raab, le ministre du Brexit. Mais les risques sont réels, alors qu’il ne reste que sept mois avant l’entrée en vigueur effective du Brexit, le 29 mars 2019 à minuit (heure de Bruxelles).
« La famine des sandwiches »
Même s’il cherche à éviter ce scénario noir, « il est de notre devoir, en tant que gouvernement responsable, de nous préparer à toute éventualité », expliquent les documents britanniques. « Il est clair que le retrait britannique posera des problèmes, avec ou sans accord. C’est pourquoi nous voulons, dans un esprit constructif, trouver un accord », répète régulièrement la Commission européenne.
Plus de 7 000 fonctionnaires travaillent sur le Brexit, et le budget est en place pour en recruter 9 000 autres en cas de besoin. A court terme, 300 personnes seront embauchées aux douanes. L’objectif du gouvernement britannique, détaillé dans les documents techniques, repose sur une ligne directrice : « priorité à la stabilité ». 
Autant que possible, l’idée est que rien ne change dans l’immédiat. « La famine des sandwiches », que certains médias britanniques ont mis en avant en cas de non-accord, est de la « désinformation », assure ainsi M. Raab. « Qui peut dire de façon crédible que l’UE ne voudra pas continuer à vendre des produits alimentaires aux consommateurs britanniques ? » De même, il dément la rumeur que l’armée se tiendrait prête à intervenir pour assurer que les stocks de nourriture soient suffisants.
L’exemple des médicaments est parlant. Actuellement, après fabrication, ceux-ci doivent être testés, pour s’assurer de leur qualité. Après le Brexit, les tests réalisés dans l’UE ne seraient théoriquement plus reconnus au Royaume-Uni. Mais le gouvernement britannique s’engage à ce que cela reste le cas. Cela permettra d’éviter que des médicaments soient bloqués à la frontière ou interdits de vente pour des questions réglementaires. En revanche, rien ne garantit que l’UE assurera la réciproque.

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« S’aligner sur la législation européenne »
L’approche de Londres est la même pour le secteur financier. Même sans accord, le gouvernement britannique promet unilatéralement de continuer à reconnaître pendant trois ans le fameux « passeport », qui permet aux fonds d’investissements et aux banques européennes de travailler au Royaume-Uni sans s’enregistrer auprès des autorités britanniques. Là encore, la réciproque est très incertaine et les firmes financières britanniques vont devoir ouvrir des succursales au sein de l’UE pour contourner le problème. Mais le gouvernement britannique espère atténuer le choc pour la City en faisant cette concession.
Londres reconnaît qu’en cas de non-accord, le pays perdra son accès au système de paiements paneuropéen. « Le coût des transactions par carte bancaire entre le Royaume-Uni et l’UE va probablement augmenter », note le document. Pour éviter cela, Londres promet de « s’aligner sur la législation européenne ». Le gouvernement britannique promet aussi de verser aux agriculteurs des sommes équivalentes à celles de la politique agricole commune jusqu’en 2020, de même que les aides au développement rural.
Il se porte garant du financement des projets britanniques d’Horizon 2020, un programme européen d’aide à la recherche scientifique. La vente de produits OGM, actuellement régulée par Bruxelles, sera faite depuis Londres mais « suivant les mêmes critères » que ceux de l’UE. Les règles encadrant la vente et les publicités pour les cigarettes demeureraient identiques. Bref, en cas de non­-accord, le Royaume-Uni entend largement répliquer l’arsenal législatif européen.
Apporter de la « clarté »
Le risque d’un échec des négociations a augmenté ces derniers mois et peut se présenter à deux niveaux. Le premier est bien sûr entre Londres et Bruxelles. Mais même en cas de compromis, rien ne dit que la Chambre des communes approuvera ce que Theresa May rapportera de Bruxelles. La première ministre britannique ne dispose que d’une majorité relative, dépendant du bon vouloir d’une cinquantaine de ses propres députés, qui sont les plus ardents Brexiters. Pour eux, la proposition qu’elle a mise sur la table en juillet, qui demande de rester dans le marché unique pour les biens (pas les services), va déjà trop loin.

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L’autre objectif de ces documents est de faire pression sur Bruxelles. Londres aimerait bien que la Commission européenne apporte de la « clarté » sur ce qu’elle ferait en cas de non-accord. Celle-ci a bien diffusé le 19 juillet une communication décrivant « les travaux en cours sur la préparation à toutes les issues possibles » et invitant les capitales et les acteurs privés à « intensifier leurs travaux, pour se préparer, à tous les niveaux et à toutes les issues », ainsi que soixante communications sectorielles, mais ces documents se contentent de pointer les problèmes, sans dessiner de scénarios.
L’accès aux retraites est un exemple. La législation européenne nécessite que les retraites soient versées sur des comptes en banque européens. Qu’arrivera-t-il aux 250 000 Britanniques retraités qui vivent en Espagne ? M. Raab espère que le bon sens prévaudra. « Ce n’est pas dans l’intérêt de l’Espagne d’aller contre les retraités qui y résident. » Mais une fois encore, cela nécessite la bonne volonté de Bruxelles et des Etats membres. Or en cas d’échec des négociations, les relations entre le Royaume-Uni et l’UE risquent d’être exécrables.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les autorités transalpines auraient utilisé 200 000 euros de subsides pour escorter l’« Aquarius ». Une opération purement politique que l’UE avait largement critiquée.
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Migrants : en Italie, des fonds européens pour contrer la politique européenne

Les autorités transalpines auraient utilisé 200 000 euros de subsides pour escorter l’« Aquarius ». Une opération purement politique que l’UE avait largement critiquée.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 15h45
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les autorités italiennes ont utilisé 200 000 euros de fonds européens pour escorter vers Valence, en Espagne, l’Aquarius, ce bateau qui transportait 630 migrants, dont 127 mineurs, et auquel le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, refusait le droit d’accoster dans un port italien. De l’argent européen aurait ainsi servi à financer, à hauteur de 90 %, une opération à portée purement politique, largement critiquée par l’Union européenne.
Révélée mercredi 22 août par le site EUobserver, l’information n’est ni confirmée, ni démentie par la Commission européenne. « Les vérifications sur l’utilisation de l’argent auront lieu selon une procédure normale et stricte », indique-t-elle, se disant incapable, à ce stade, d’en savoir plus. Elle dit seulement être en contact avec les autorités de Rome.

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Après le refus du gouvernement italien, une partie des passagers de l’Aquarius avait été cependant transférée sur deux navires de la marine italienne et des gardes-côtes, l’Orione et le Dattilo, chargé d’accompagner l’embarcation de SOS Méditerranée durant les 1 400 km de traversée vers Valence. Le site EUobserver affirme, après recoupements et estimations établis par un ancien responsable des gardes-côtes italiens, que l’opération aurait coûté près de 300 000 euros aux gardes-côtes et un montant sans doute équivalent à la marine italienne. Celle-ci refuse cependant toute confirmation et tout commentaire.
Le gouvernement transalpin, dirigé par Giuseppe Conte, avait opposé, le 10 juin, un refus à l’ONG SOS Méditerranée, qui demandait à pouvoir accoster dans un port du sud de l’Italie après avoir recueilli des migrants au large de la Libye. Les nouveaux dirigeants italiens entendaient, en fait, témoigner de leur fermeté à l’égard de leurs partenaires de l’Union européenne, accusés d’avoir laissé leur pays gérer seul l’essentiel de la crise migratoire au cours des dernières années.
Casser le « business model » des passeurs
« À partir d’aujourd’hui, l’Italie dit non au business de l’immigration illégale », avait lancé M. Salvini pour manifester sa détermination. Plus tard, il a évoqué la possibilité de renvoyer des migrants en Libye afin, selon lui, de casser définitivement le « business model » des passeurs. Le 13 août encore, les autorités italiennes ont refusé le débarquement de 141 autres migrants recueillis par l’Aquarius. Et cette semaine, Bruxelles tente toujours, avec des Etats membres, de trouver une solution pour les 190 passagers du Diciotti, bloqués par un autre refus italien.
En juin, M. Salvini avait appelé Malte à l’aide mais ce pays répliquait qu’il appartenait à Rome, chargé de coordonner les opérations de sauvetage, d’accueillir le bateau. Après des négociations, c’est finalement l’Espagne qui s’était résolue à autoriser l’accostage, ce que le dirigeant de la Ligue avait interprété comme une grande victoire politique pour lui et son gouvernement.
En 2017, Bruxelles a accordé 14,8 millions d’euros aux gardes-côtes italiens, un montant qui ne pouvait, en principe, être affecté qu’à des missions humanitaires. La Commission doit, comme pour d’autres dépenses, vérifier si l’Italie reste bien éligible pour ce montant, et s’il a été correctement affecté. Le cas échéant, elle peut bloquer d’autres paiements, voire exiger des remboursements.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Née de l’insatisfaction, de la frustration, voire de la colère, l’arrivée de Donald Trump au pouvoir a exacerbé des sensibilités conspirationnistes parmi les défenseurs de la « véritable Amérique  ». Une tendance ancienne au sein de la droite américaine, analyse le philosophe Philippe Raynaud.
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La manie complotiste

Née de l’insatisfaction, de la frustration, voire de la colère, l’arrivée de Donald Trump au pouvoir a exacerbé des sensibilités conspirationnistes parmi les défenseurs de la « véritable Amérique  ». Une tendance ancienne au sein de la droite américaine, analyse le philosophe Philippe Raynaud.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 13h00
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Vice-président du Conseil supérieur des programmes, Philippe Raynaud est professeur à l’université Panthéon-Assas, spécialiste de philosophie politique. Il a écrit de nombreux ouvrages, dont Emmanuel Macron : une révolution bien tempérée (Desclée de Brouwer, 200 p., 16,90 €). Il a aussi préfacé la traduction en français de l’ouvrage culte de l’historien Richard Hofstadter, Le Style paranoïaque (François Bourin Editeur, 2012).

Sur son site Infowars ou dans son émission de radio, Alex Jones diffuse des déclarations aussi farfelues que haineuses. Au point que Facebook, Apple, Google, puis Twitter ont décidé de l’interdire. Or Donald Trump avait, avant son investiture, été reçu par l’animateur conspirationniste. Le complotisme sort-il des marges sous sa présidence ?
Est-il si étonnant qu’Alex Jones ait rencontré Trump ? Trump a eu une stratégie de conquête du pouvoir qui a consisté à contourner systématiquement la machine républicaine. Pour cela, il a envoyé des signaux aux marges et a rencontré les gens qui ne sont pas très admis dans la vie politique américaine, Alex Jones comme les suprémacistes blancs. Pour avoir un équivalent en France, il faudrait imaginer une rencontre entre François Fillon et Thierry Meyssan [auteur d’un best-seller conspirationniste sur le 11-Septembre]. Ce n’est pas rien. C’est un fait nouveau et significatif, mais je ne crois pas qu’on puisse en conclure que M. Jones ­influence la politique du président Trump.
Par ailleurs, comme conspirationniste, même s’il est particulièrement extrémiste et extravagant, Alex Jones appartient à une tendance ancienne et durable au sein de la droite américaine. Le conservatisme américain a ­développé, de manière récurrente, ce que ­Richard Hofstadter a décrit, dès les années 1960, comme un « style paranoïaque » [The Paranoid Style in American Politics, publié sous forme d’article en 1964].
Quel en est le noyau ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Ce livre, publié en 1965 et toujours d’actualité, remonte aux sources de l’histoire américaine.
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« Le Style paranoïaque », un livre emblématique de Richard Hofstadter

Ce livre, publié en 1965 et toujours d’actualité, remonte aux sources de l’histoire américaine.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 13h00
    |

                            Julie Clarini








                        


Ouvrage phare des études sur la politique américaine, le livre de l’historien Richard Hofstadter (1916-1970) a depuis longtemps dépassé le cercle de diffusion du monde académique. On dit qu’il aurait été lu par des romanciers tels que Don DeLillo, ­Thomas Pynchon ou Philip Roth. Dans un pays obsédé par le complot, Le Style paranoïaque dans la vie politique américaine (trad. François Bourin Editeur, 2012) est un titre qui séduit. L’analyse, d’abord parue, sous forme d’article, en 1964, dans le ­magazine Harper’s (un des textes les plus importants en cent soixante ans d’existence, affirment aujourd’hui les responsables du mensuel) porte sur la propension, chez certains groupes issus du conservatisme américain, à développer et à propager un imaginaire du complot (bien que cet imaginaire ne soit, d’après l’auteur, ni spécifique à la droite ni aux Etats-Unis).
« Croisade sans limite »
Ne s’arrêtant pas au maccarthysme, Hofstadter, professeur à Columbia, remonte aux sources de l’histoire américaine, passant en revue la peur des Illuminati, les campagnes antipapistes, antimaçonniques, etc. En pionnier, il montre la permanence, avec des intensités variables au cours du temps, d’un mode d’expression politique qui emprunte à la colère, à la rancœur et à l’irrationnel. Non pour dire que les adeptes de ce style sont tous des déséquilibrés, mais pour au contraire en cerner les usages les plus ­répandus et la cohérence apparente.
L’adepte du style paranoïaque, explique-t-il, a toujours le sentiment de se trouver à un tournant majeur (« Le temps presse »), car les forces qui ourdissent la conspiration sont démoniaques. Elles ne peuvent être vaincues que par une « croisade sans ­limite » – et non par les voies traditionnelles de la politique. Dans cette description de la véhémence en politique, on retrouve bien des traits actuels. Depuis quelques années d’ailleurs, devant le spectacle de la politique américaine, les analystes font à nouveau appel au travail d’Hofstadter.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, prend pour cible les activités de sauvetage de migrants en Méditerranée.
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Vent de fronde parmi les gardes-côtes italiens

Le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, prend pour cible les activités de sauvetage de migrants en Méditerranée.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 15h13
    |

                            Margherita Nasi (Catane (Sicile), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est une institution centenaire et intrépide. Depuis 1865, la garde côtière italienne veille à l’application de la loi en mer, suivant le slogan : « Omnia vincit animus » (« le courage est toujours vainqueur »). Il faut de la témérité, en effet, pour lutter contre les trafics illicites et pratiquer des sauvetages en mer. Il en faut tout autant pour dénoncer la politique « zéro migrants » du ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini.
Le 19 août, l’organisme est sorti de sa réserve pour dénoncer le traitement que le chef de la Ligue (ex-Ligue du Nord) impose au navire Diciotti. Le patrouilleur des gardes-côtes était coincé depuis plusieurs jours au large de Lampedusa, après avoir recueilli 177 migrants sur une embarcation qui prenait l’eau. M. Salvini a refusé de laisser accoster les marins italiens, intervenus sur un bateau relevant selon lui des autorités maltaises. Dans un entretien au Corriere della Sera, le lieutenant Antonello Ciavarelli s’est alarmé d’une situation « incompréhensible et même gênante ».

Le 20 août, le navire a finalement pu entrer dans le port de Catane, en Sicile. Mais ses passagers n’ont pas le droit de débarquer : M. Salvini menace même de les ramener en Libye si l’Union européenne n’accepte pas de prendre en charge les migrants. Escalade, le 22 août : entre un Tweet où il s’émeut du sort des centaines de milliers de bêtes égorgées par les musulmans pendant l’Aïd, et un autre où il promet la fermeture d’un camp de migrants, le très droitier ministre s’en prend aux gardes-côtes. « Le PD [Parti démocrate] et la gauche ont fait en sorte que le pays soit envahi par plus de 700 000 immigrés, et je serais “gênant” ?, fait-il mine de s’interroger. C’est du délire. Je ne lâche pas, les amis, je continue. »
« Le phénomène migratoire a tellement augmenté que je considère que ce n’est plus du secours en mer ce que nous faisons », considère un garde-côtes...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Que ce soit sur la question du budget 2019 ou celle des migrants, les contradictions se multiplient de façon inquiétante au sein de l’insolite coalition entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue de Matteo Salvini.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Les incohérences de Rome

Editorial. Que ce soit sur la question du budget 2019 ou celle des migrants, les contradictions se multiplient de façon inquiétante au sein de l’insolite coalition entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue de Matteo Salvini.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 16h08
   





                        


Editorial du « Monde ». L’heure de vérité approche pour l’insolite coalition qui essaie de gouverner l’Italie depuis trois mois. Dans les dossiers brûlants qui se disputent le haut de la pile sur le bureau du président du conseil, Giuseppe Conte, force est de constater que l’épreuve se présente assez mal. Incohérences et contradictions se multiplient à Rome de façon inquiétante.
Inévitablement, la préparation du budget annoncé comme révolutionnaire révèle les plus grosses tensions. La coalition entre le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue, le parti d’extrême droite de Matteo Salvini, ne peut masquer l’évidence : la plupart des promesses de campagne sont impossibles à financer, sauf à faire exploser des comptes publics déjà très mal en point. L’affrontement avec Bruxelles, où la Commission doit examiner en octobre le budget italien pour approbation, paraît inévitable. Les responsables de la Ligue au gouvernement ne font aucun mystère de leur peu d’égards pour la règle qui veut que le déficit public ne dépasse pas 3 % du PIB des Etats membres.

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                Les inquiétudes montent autour du budget italien



M. Salvini, vice-président du conseil et ministre de l’intérieur, a même utilisé la tragédie du pont de Gênes pour accuser ces contraintes budgétaires européennes d’avoir empêché l’Italie d’investir dans la sécurité de ses infrastructures. Il prône, lui, un programme de grands travaux « comme celui du président Trump » – un sujet de discorde avec ses partenaires du M5S, hostiles à plusieurs de ces chantiers. On voit mal comment les experts de la Commission pourraient valider un budget qui tenterait de concilier ces grands travaux, la création d’un revenu citoyen, la mise à plat des retraites et l’introduction d’un impôt sur le revenu à taux unique. Le tout avec une dette publique qui atteint déjà 130,7 % du PIB.
Menace mise à exécution
Un autre dossier sur lequel butent les partenaires européens de l’Italie est celui des migrants. Matteo Salvini a mis sa menace à exécution : les ports italiens sont désormais fermés aux navires transportant des réfugiés. Cela lui a permis d’arracher à l’Europe une victoire symbolique, celle que réclamait désespérément l’Italie depuis le début de la crise migratoire. Sous la pression de l’urgence, une poignée de pays, dont la France, se sont enfin résolus à se répartir quelques centaines de ces migrants recueillis en Méditerranée. Ce n’est cependant qu’un pis-aller artisanal et, même si M. Salvini n’en est pas à une contradiction près, laissant soudain accoster un bateau ou acceptant de prendre vingt passagers, le bras de fer continue.

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La réalité politique qui émerge de plus en plus clairement sur fond d’incohérences est celle du poids croissant pris par M. Salvini et son parti, la Ligue, par rapport à ses « alliés » du M5S, dont le programme est le plus difficilement réalisable. Dans cette alliance de la carpe et du lapin, le M5S est handicapé par la faiblesse de son personnel politique, alors que la Ligue bénéficie de troupes expérimentées, qui ont fait leurs preuves au niveau local dans les municipalités du Nord. Au sommet, le chef de file des 5 étoiles, Luigi Di Maio, ministre du développement économique, est inaudible face à un Matteo Salvini omniprésent.
Pour l’Europe, cela ressemble à une catastrophe annoncée. Un signe ne trompe pas : depuis deux mois, l’exode des investisseurs étrangers du marché des obligations d’Etat italiennes s’accélère. Ce mouvement, qui coïncide avec la formation du gouvernement de coalition à Rome, devrait à lui seul inquiéter toutes les capitales européennes.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Suède, les températures ont été exceptionnellement chaudes, et la pluie quasi absente.
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En Europe du Nord, « il n’y a plus d’herbe, nos vaches vivent grâce au foin récolté en juin »

Au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Suède, les températures ont été exceptionnellement chaudes, et la pluie quasi absente.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 10h10
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23.08.2018 à 16h18
   





                        


Après la canicule et les incendies, les régions du nord de l’Europe – notamment l’Allemagne, la Suède, la France et le Royaume-Uni –, moins habituées au manque d’eau que les pays méditerranéens, font face à une sécheresse qui inquiète les éleveurs. Confrontés à un manque de fourrage, ceux-ci craignent de devoir pratiquer des abattages massifs.
En France, « il n’y a plus d’herbe »
« Nos vaches vivent depuis la mi-juillet grâce au foin récolté en juin, il n’y a plus d’herbe », témoigne Jean-Guillaume Hannequin, agriculteur dans l’est de la France, qui se demande comment il va nourrir son bétail cet hiver.
« Dans beaucoup d’endroits, même dans le Massif central, le “château d’eau” de la France, il n’y a pas de deuxième coupe d’herbe, c’est très préoccupant, explique Patrick Bénézit, responsable de l’organisation agricole FNSEA, qui compare la situation à celle de la canicule de 2003. Il dénonce « une spéculation assez désagréable » sur les prix de la paille, que les éleveurs mélangent au foin pour nourrir le bétail, qui coûterait cette année jusqu’à 100 euros la tonne, contre 60 à 80 euros l’an dernier.
Du côté de l’élevage laitier, « l’hiver risque d’être catastrophique, confie un éleveur. Pour compléter les rations des animaux, il va falloir acheter des céréales qui, elles, ont vu leur prix monter cet été. Le lait va être de plus en plus cher à produire, les coûts de revient vont augmenter. » Les cours de la viande pourraient aussi baisser si les abattages de bêtes se multiplient.
En Suède, des craintes pour les rennes
En Suède, où des feux de forêt ont détruit des milliers d’hectares desséchés en juillet, la Fédération des agriculteurs parle de la « pire crise depuis plus de cinquante ans ».
« La plupart des agriculteurs ont distribué aux animaux durant l’été les réserves de fourrage qu’ils avaient constituées pour l’hiver », explique Harald Svensson, chef économiste de l’agence gouvernementale suédoise de l’agriculture. Il annonce aussi une chute historique de 29 % de la production suédoise de céréales par rapport à 2017.
Les éleveurs sami, en Laponie, alertent sur les risques de famine des 250 000 rennes semi sauvages dont les pâturages ont brûlé ou ont été touchés par la sécheresse. Le gouvernement a débloqué une aide de 1,2 milliard de couronnes (117 millions d’euros) pour acheter du fourrage et éviter les abattages d’urgence.
En Allemagne, 340 millions d’euros d’aides

   


Berlin a annoncé mercredi le déblocage de 340 millions d’euros pour indemniser les agriculteurs allemands, après quatre mois d’une sécheresse inédite. Les dommages sur les céréales et l’élevage ont été évalués à 680 millions d’euros, et menacent de fermeture 10 000 exploitations allemandes, soit une ferme sur 25.
En Basse-Saxe, grande région agricole du pays, l’inquiétude est grande pour les exploitations fourragères, dont la production est inférieure d’au moins 40 % à celle d’une année normale.
La pénurie de céréales prive les agriculteurs de fourrage pour leurs bêtes et en fait, mécaniquement, grimper les prix. De nombreux producteurs laitiers se sont d’ores et déjà résolus à vendre leur bétail et le nombre de vaches abattues a bondi de 10 % dans les deux premières semaines de juillet.
Au Royaume-Uni, 18 % d’abattages en plus
Loin de l’image idyllique des vertes prairies anglaises, la Grande-Bretagne n’a pas connu de sécheresse comme cette année depuis quatre-vingts ans, selon l’organisme public Agriculture and Horticulture Development Board (AHDB). La collecte de lait est en forte baisse du fait du manque d’herbe.
Le coût du fourrage ayant bondi, beaucoup de bêtes ont été envoyées à l’abattoir plus tôt que d’habitude. En Grande-Bretagne, l’abattage de bovins a été 18 % plus élevé que l’an dernier en juillet, avec une bonne partie de vaches laitières, selon l’AHDB.
En Suisse, l’armée envoie de l’eau aux vaches
L’armée suisse a mobilisé au début d’août des hélicoptères pour acheminer de l’eau vers les alpages du Jura et des Alpes suisses, où des milliers de vaches sont affectées par la sécheresse et la canicule. Chaque animal doit consommer jusqu’à 150 litres d’eau par jour. « Nous avions déjà dû héliporter de l’eau parfois, mais jamais autant (…) A long terme, on ne pourra pas continuer ainsi », a déclaré à Reuters TV Grégoire Martin, un éleveur de Rossinière possédant 68 vaches et 90 veaux.
Le gouvernement suisse a détaillé le 6 août un plan d’aide aux éleveurs touchés par la sécheresse, avec réduction des droits de douane perçus sur les importations d’aliments pour le bétail et déblocage de prêts à taux zéro.

   


L’Europe propose un versement anticipé des aides
Pour Erwin Schöpges, président de l’European Milk Board, à Bruxelles, qui regroupe 100 000 petits producteurs laitiers européens, les aléas climatiques ne font qu’accentuer une situation déjà critique pour les éleveurs : « Sans cette sécheresse, les coûts de production sont déjà loin d’être couverts. On parle, pour toute l’Europe, de coûts autour de 40 à 45 centimes », alors que le prix de vente du lait en Europe « tourne autour de 30 à 33 centimes ».
Pour desserrer l’étau, la Commission européenne a promis au début d’août plusieurs mesures, comme le versement anticipé de certaines aides et des dérogations pour permettre d’utiliser l’herbe des jachères comme fourrage.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ A la frontière avec Gibraltar, les trafiquants de haschisch, mieux équipés et plus nombreux que les agents de la garde civile, œuvrent en plein jour.
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En Espagne, le sentiment d’impunité des « narcos »

A la frontière avec Gibraltar, les trafiquants de haschisch, mieux équipés et plus nombreux que les agents de la garde civile, œuvrent en plein jour.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 06h24
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 09h49
    |

            Sandrine Morel (La Linea de la Concepción, Espagne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Enveloppés par la brume matinale, une vingtaine de trafiquants de drogue déchargent sur le sable une cargaison de haschisch sur la plage du Tonelero, ce mardi d’août. Elle vient d’arriver du Maroc à bord d’une embarcation semi-rigide, et ultrarapide. Ils la transportent sans traîner vers trois 4 x 4 stationnés à quelques mètres de là, sous l’œil presque blasé des rares promeneurs matinaux. Il est 7 heures. De là, les colis partent vers une « garderie », nom donné aux entrepôts où la drogue sera stockée, le temps d’être convoyée vers ses différents destinataires européens.
C’est une scène habituelle à La Linea de la Concepcion, relatée entre deux faits divers sur la chaîne locale Canalsur. Les bornes de ciment installées en décembre 2017 sur le sable pour empêcher les véhicules d’aller chercher la drogue au bord de l’eau n’ont pas suffi pour arrêter les va-et-vient des trafiquants.
Les « narcos » espagnols ont fait de cette ville, située à la frontière avec Gibraltar, leur territoire. Au grand dam des institutions, de la police et de la garde civile, mais pas toujours de la population, qui les excuse en rappelant les chiffres du chômage sur cette commune andalouse – près de 35 % des actifs et 70 % chez les jeunes.

Depuis des mois, l’Espagne fait face au sentiment d’impunité des trafiquants de drogue et à leur radicalisation. Fini le temps où les membres des clans familiaux, héritiers des premiers contrebandiers de tabac entre l’Espagne et Gibraltar, attendaient que la nuit tombe pour agir, transportaient la marchandise dans les cales de bateaux de pêche et la jetaient par-dessus bord lorsqu’ils apercevaient la police.
« Ça va devenir Medellin »
A présent, les « narcos » du Campo de Gibraltar, la région formée des sept communes qui bordent la baie d’Algésiras, affrontent les agents et les narguent en plein jour avec davantage de moyens et d’effectifs qu’eux. En 2017, 70 % du haschisch saisi en Europe l’a été en Espagne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Pierre Micheletti, vice-président d’Action contre la faim, estime que le périple du bateau humanitaire illustre le déni, par l’UE, du droit international des réfugiés qu’elle a elle-même établi.
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« L’“Aquarius” est le symbole du naufrage de l’Europe politique »

Dans une tribune au « Monde », Pierre Micheletti, vice-président d’Action contre la faim, estime que le périple du bateau humanitaire illustre le déni, par l’UE, du droit international des réfugiés qu’elle a elle-même établi.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 06h23
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 08h13
    |

Pierre Micheletti (vice-président d’Action contre la faim)







                        



                                


                            
Tribune. L’Aquarius, le bateau affrété par l’ONG SOS Méditerranée a occupé une partie de l’actualité tout au long de l’été qui s’achève. Sans chercher à vouloir jouer la mouche du coche, le navire et son équipage nous ont rappelé avec constance que les flux de migrants ne connaissent pas de trêve estivale : au contraire, c’est la « haute saison » pour les différents passeurs ; ils profitent d’une mer provoquant momentanément moins d’épouvante pour convaincre les candidats au périlleux voyage de tenter une traversée, présentée comme moins risquée.

Pour autant, si l’impressionnante couverture médiatique de ce périple a de salutaires vertus contre l’oubli ou l’indifférence, elle ne devrait pas nous conduire, précisément, à accorder une attention exclusive aux atermoiements qui ont présidé à définir les lieux de relâche du bateau, empli de ses indésirables passagers. Cela reviendrait à réduire au rang de bravades entre dirigeants politiques européens ce qui reste une situation inacceptable sur le fond.
Car, bien involontairement, l’Aquarius est devenu une double figure symbolique : celle d’une dérive dans l’application ou plutôt la non-application du droit international et celle du naufrage de l’Europe politique.
Une ambition protectrice
La dérive vis-à-vis des textes du droit international, en particulier le déni de celui de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés – complétée par le protocole de 1967 –, est patente.
Comme si ce texte n’était pas assez explicite ! Selon son article premier, « (…) le terme “réfugié” s’appliquera à toute personne (…) qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La coalition au pouvoir à Rome multiplie les déclarations contradictoires à propos de son budget 2019, qui préoccupe Bruxelles et les marchés.
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Les inquiétudes montent autour du budget italien

La coalition au pouvoir à Rome multiplie les déclarations contradictoires à propos de son budget 2019, qui préoccupe Bruxelles et les marchés.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 06h23
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 10h13
    |

                            Margherita Nasi et 
Marie Charrel








                        



                                


                            

Alors que le chapitre de la crise grecque vient de se refermer, la solidité de la zone euro pourrait de nouveau être mise à l’épreuve à la rentrée. Cette fois, c’est la troisième économie de l’union monétaire, l’Italie, qui sera sous le feu des projecteurs.
Au moment où la coalition entre le Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-système) et la Ligue (extrême droite) s’apprête à dévoiler les premiers arbitrages de son prochain budget, ses membres multiplient les déclarations contradictoires et les provocations envers Bruxelles. « La stratégie budgétaire, encore peu claire et imprévisible, commence à inquiéter les marchés », observe Nicola Nobile, chez Oxford Economics, à Milan.
La Commission européenne doit recevoir en octobre le budget 2019 du pays, pour approbation. Mais la confrontation avec Rome aura probablement lieu bien avant. Lundi 20 août, le secrétaire d’Etat, Giancarlo Giorgetti, membre de la Ligue, a ainsi déclaré « ne pas exclure » que le déficit public italien dépasse le seuil européen des 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2019. Le même jour, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, leader de la Ligue, promettait « un programme de grands travaux comme celui engagé par le président Trump », en réaction à l’effondrement, le 14 août, du viaduc autoroutier de Gênes.

Si ce drame a révélé la fragilité des infrastructures italiennes, il a aussi alimenté la rhétorique anti-européenne déployée par M. Salvini depuis son arrivée. Lui qui ne manque jamais de souligner que « la règle des 3 % n’est pas inscrite dans la Bible » a accusé, le 15 août, les « engagements extérieurs » – c’est-à-dire les règles budgétaires européennes – d’avoir empêché l’Italie d’investir « dans la sécurité des écoles et des autoroutes ». Ce dont la Commission de Bruxelles s’est aussitôt défendue, soulignant qu’elle avait au contraire encouragé Rome à investir dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Heiko Maas propose une série de mesures destinées à renforcer l’autonomie européenne face à Washington, notamment dans les domaines de la défense et de la fiscalité.
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Le ministre allemand des affaires étrangères esquisse un « nouveau partenariat » avec les Etats-Unis

Heiko Maas propose une série de mesures destinées à renforcer l’autonomie européenne face à Washington, notamment dans les domaines de la défense et de la fiscalité.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 06h19
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 09h11
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance) et 
Louis Imbert








                        



                                


                            

C’est en mai 2017, sous une tente à bière bavaroise, que la chancelière Angela Merkel avait formulé pour la première fois une rupture fondamentale dans la politique extérieure allemande : elle reconnaissait que son pays ne pouvait plus compter sur les Etats-Unis pour la protéger. « Nous, les Européens, devons prendre notre destin en main », avait-elle déclaré.
Un peu plus d’un an plus tard, le gouvernement de grande coalition au pouvoir à Berlin a fait de cette conviction une politique. Dans les colonnes du quotidien Handelsblatt, le chef de la diplomatie allemande, le social-démocrate (SPD) Heiko Maas a dessiné, mercredi 22 août, les contours d’une nouvelle « stratégie américaine » pour l’Allemagne. Le texte doit poser les bases d’un « renouveau de la collaboration » avec Washington, en partenariat avec les pays européens. « L’Europe repose sur la force du droit, sur le respect des plus faibles et sur l’expérience que la coopération internationale n’est pas un jeu à somme nulle », lance le ministre à destination des Etats-Unis.
D’emblée, M. Maas refuse de faire de la présidence Trump une sorte d’accident de l’Histoire. « Que l’Atlantique soit devenu politiquement plus large n’est pas uniquement le fait de Donald Trump. Les Etats-Unis et l’Europe s’éloignent l’un de l’autre depuis des années. Ces changements ont commencé bien avant l’élection de Trump et devraient survivre à sa présidence », explique-t-il. « C’est une contribution importante parce que cela exprime avec d’autres mots ce que j’ai dit, que la relation transatlantique est en train de changer, que nous devons prendre plus de responsabilités, que l’Europe doit prendre son destin en main », a salué, mercredi, la chancelière Angela Merkel.
Renforcer l’autonomie européenne
Le ministre appelle à un « partenariat équilibré », « où nous prenons notre juste part de responsabilité, où nous formons un contrepoids quand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les autorités maltaises ont accueilli à La Valette les occupants d’une embarcation secourue à 125 km au sud de l’île.
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Malte : cent migrants secourus, deux corps récupérés

Les autorités maltaises ont accueilli à La Valette les occupants d’une embarcation secourue à 125 km au sud de l’île.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 19h23
   





                        



   


La marine maltaise a secouru mercredi matin cent migrants qui se trouvaient à bord d’une embarcation dans laquelle deux cadavres ont été trouvés, a annoncé dans un communiqué le gouvernement de La Valette.
Le bateau, qui prenait déjà l’eau au moment de l’intervention des forces maltaises, était à environ 68 milles marins (environ 125 kilomètres) au sud de Malte. Les cent survivants et les deux corps ont été transférés à La Valette.
« Aucune procédure concrète à suivre »
Le gouvernement maltais a également répondu dans son communiqué aux accusations du ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, selon lesquelles Malte n’a pas tenu sa promesse d’accueillir cinquante des quelque quatre cent cinquante migrants ayant débarqué en Italie il y a cinq semaines.
« Les autorités maltaises ont établi un contact avec les autorités italiennes pour remplir le plus rapidement possible leur engagement. Malheureusement, les autorités italiennes n’ont fourni à Malte aucune procédure concrète à suivre » pour accueillir ces cinquante migrants, selon le communiqué.
« D’autre part, le gouvernement note que, malheureusement, l’Italie n’a pas encore rempli ses obligations concernant le mécanisme de répartition (mis en place) à l’initiative de Malte au moment du débarquement le 27 juin à Malte des migrants à bord du Lifeline. »
Le navire Lifeline de l’ONG humanitaire allemande du même nom, avec plus de deux cents migrants à son bord, a été autorisé à accoster à La Valette le 27 juin à la suite de l’engagement de plusieurs pays européens, dont l’Italie, de prendre en charge une partie de ces personnes.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste français aux européennes, dénonce le discours de l’Elysée qui réduit ce scrutin à un choix entre « progressistes » et nationalistes d’extrême droite.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Ian Brossat : « Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ? »

Dans une tribune au « Monde », Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste français aux européennes, dénonce le discours de l’Elysée qui réduit ce scrutin à un choix entre « progressistes » et nationalistes d’extrême droite.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 16h00
    |

Ian Brossat (Chef de file du PCF aux élections européennes)







                        



                                


                            
Tribune. Selon la petite musique qu’Emmanuel Macron et ses soutiens diffusent depuis plusieurs mois, les élections européennes du 26 mai 2019 se joueront entre les « progressistes » qu’ils prétendent incarner et les nationalistes d’extrême droite. Ce refrain est un mensonge dangereux.
En juillet, devant le Parlement réuni en Congrès, le chef de l’Etat affirmait : « La frontière véritable qui traverse l’Europe est celle aujourd’hui qui sépare les progressistes des nationalistes. » Dans un entretien accordé au Monde le 20 août, sa ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau répétait : « Il y a aujourd’hui deux tendances politiques en Europe : les progressistes qui sont pour des solutions coopératives et les nationalistes qui sont dans le repli sur soi. » Cette alternative brandie par les libéraux est profondément mensongère.
Les libéraux macronistes peuvent-ils concevoir que les Européens aient de bonnes raisons de contester le fonctionnement actuel de l’Union
D’abord, elle offre en cadeau à l’extrême droite européenne les millions de citoyens qui n’adhèrent pas à l’intégration européenne telle qu’elle a lieu. Il faudrait créditer l’ensemble de ce mécontentement, bien souvent légitime, aux seuls amis de Madame Le Pen ?
Les libéraux macronistes peuvent-ils concevoir que les Européens aient de bonnes raisons de contester le fonctionnement actuel de l’Union, qui trop souvent tourne le dos à la démocratie et promeut partout, aveuglément, la même politique économique d’austérité budgétaire qui a fait la démonstration de son inefficacité ? Il est bien commode – et bien méprisant – de disqualifier sans nuance cette objection citoyenne en la rangeant du seul côté du « racisme » et du « repli nationaliste ».
Le logiciel macroniste quelque peu marqué par le simplisme
Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ? Qui a laissé l’Allemagne de M. Schaüble dicter sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Sept gardes-frontières ont été légèrement blessés, mercredi, dans l’enclave espagnole où 600 migrants étaient déjà entrés à la fin du mois de juillet.
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Enclave de Ceuta : une centaine de migrants forcent la frontière entre le Maroc et l’Espagne

Sept gardes-frontières ont été légèrement blessés, mercredi, dans l’enclave espagnole où 600 migrants étaient déjà entrés à la fin du mois de juillet.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 17h22
   





                        



   


Quelque 115 migrants ont pénétré, mercredi 22 août, dans l’enclave espagnole de Ceuta en escaladant la haute clôture frontalière avec le Maroc, blessant légèrement plusieurs agents, ont annoncé les autorités.
« Ils sont passés par-dessus la clôture » de six mètres de haut et hérissée de barbelés qui entoure la ville, a fait savoir un porte-parole de la préfecture. Sept gardes-frontières ont été « légèrement » blessés suite à des brûlures d’acide et de chaux que leur ont lancé les migrants, a-t-il précisé.
« Tout mon soutien aux forces de l’ordre qui affrontent de manière exemplaire le défi migratoire, en particulier aux agents blessés aujourd’hui », a tweeté le chef du gouvernement, le socialiste Pedro Sanchez.

Todo mi apoyo a las #FCSE que están afrontando de forma ejemplar el desafío migratorio, especialmente a los agentes… https://t.co/SCYiz7vzR9— sanchezcastejon (@Pedro Sánchez)


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Des images diffusées par le journal El Faro de Ceuta montrent de jeunes migrants africains fous de joie d’être parvenus à escalader la double clôture, certains agitant un drapeau espagnol ou européen.

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« Bonne chance à tous les amis »
Plusieurs ont des blessures aux jambes et aux mains, les vêtements lacérés ou ensanglantés, selon ces images. « Bonne chance à tous les amis qui sont derrière » au Maroc, crie en français l’un d’entre eux.
Ceuta présente, avec l’autre enclave espagnole de Melilla, la seule frontière terrestre de l’Union européenne avec l’Afrique. Fin juillet, plus de 600 migrants y étaient entrés lors d’un passage en force marqué par des affrontements décrits comme particulièrement violents par les forces de l’ordre, lors duquel ils avaient jeté de la chaux vive et des excréments sur les gardes-frontières.
Depuis le début de l’année, quelque 3 100 migrants sont entrés à Ceuta et Melilla, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ils viennent s’ajouter aux plus de 25 000 arrivés en Espagne par voie maritime, faisant du pays la première porte d’entrée de l’immigration clandestine en Europe, devant l’Italie et la Grèce.

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Les Russes approuvent la politique étrangère de Poutine, mais s’inquiètent de la corruption

Selon un sondage réalisé par le Pew Research Center, les Russes sont préoccupés par la dégradation de la situation économique et la montée du terrorisme.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 15h22
    |

                            Manuel Ausloos








                        



   


Aux yeux des Russes, le pays relève la tête sur le plan international. Trois Russes sur quatre (72 %) considèrent que leur pays joue aujourd’hui un rôle plus important sur la scène mondiale qu’il y a dix ans, d’après un sondage de l’institut américain Pew Research Center publié mardi 21 août. Ils n’étaient que 59 % à tenir ce discours en 2017.
La politique internationale de Vladimir Poutine est plébiscitée. Alors que l’intervention de Moscou en Syrie a sauvé le régime Assad et que le conflit ukrainien dure toujours, 81 % des Russes ont confiance ou très confiance en la politique étrangère de leur président. Cela confirme la tendance qui s’est établie depuis l’annexion de la Crimée, en 2014, qui a largement accru la popularité de Vladimir Poutine sur la scène intérieure.

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La confiance grandissante des Russes quant à l’importance de leur pays à l’international n’efface pas pour autant certaines craintes. L’OTAN reste un souci primordial : 80 % des répondants considèrent ainsi l’Alliance comme une menace et 45 % la voient même comme une menace majeure. Les sanctions occidentales imposées depuis 2014 restent également une préoccupation constante, et 47 % des Russes estiment qu’elles ont un impact décisif sur l’économie du pays.
Au niveau national, si 57 % des personnes interrogées se disent satisfaites de l’état du pays, on compte tout de même 40 % de mécontents, selon ce sondage, réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes, entre le 22 mai et le 23 juin. L’un des premiers soucis des Russes est l’économie avec, au premier chef, l’inflation, dont 69 % des répondants estiment qu’elle est un problème majeur.
« Parti des voleurs »
Vient ensuite la corruption des élites politiques, qui inquiète plus de la moitié des personnes interrogées (59 %). C’est une augmentation significative depuis 2015, puisqu’à l’époque, 62 % des Russes estimaient que Vladimir Poutine gérait bien cette question.
Le sujet a notamment pris une place importante dans le débat public russe avec le populaire opposant Alexeï Navalny. Candidat finalement écarté de la présidentielle de mars, il a fait de la corruption un de ses principaux chevaux de bataille mobilisant des dizaines de milliers de manifestants à travers la Russie et qualifiant régulièrement Russie unie, la formation de Vladimir Poutine, de « parti des voleurs et des escrocs ».
Le terrorisme est également une préoccupation notable pour plus de la moitié des Russes, alors que le pays est régulièrement frappé par des attaques terroristes comme celle qui avait fait 16 morts dans le métro de Saint-Pétersbourg, en avril 2017. Ils sont 53 % à inscrire le terrorisme parmi les défis majeurs auxquels la Russie fait face.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le ministre de l’environnement entend lutter contre les conditions « épouvantables » de certaines fermes d’élevage intensif d’animaux de compagnie.
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Maltraitance animale : le Royaume-Uni veut encadrer la vente des chiots et des chatons

Le ministre de l’environnement entend lutter contre les conditions « épouvantables » de certaines fermes d’élevage intensif d’animaux de compagnie.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 16h12
   





                        



   


Le gouvernement britannique veut interdire la vente de chiots et chatons de moins de six mois en dehors des élevages professionnels et des refuges animaliers afin de lutter contre les « conditions épouvantables » de certaines fermes d’élevage intensif dans lesquelles sont parfois élevés les animaux de compagnie destinés à la vente.
Dans le viseur du ministre de l’environnement Michael Gove, qui a lancé une consultation mercredi 22 août : les boutiques de vente d’animaux et autres vendeurs tiers chez lesquels seraient vendus entre 40 000 et 80 000 chiots par an, selon l’association de protection des animaux Blue Cross.
M. Gove entend ainsi lutter contre « la séparation précoce des chiots et des chatons de leur mère, leur introduction dans des environnements nouveaux et inconnus et [les] voyages multiples que les chiots ou les chatons doivent entreprendre ». « Les gens qui négligent complètement le bien-être des animaux de compagnie ne pourront plus profiter de ce commerce misérable », a insisté le ministre.
Caroline Kisko, une responsable du Kennel Club, une organisation de protection des animaux, a salué une politique qui lorsqu’elle « sera mise en œuvre, mettra fin aux souffrances de nombreux chiens ». « Elle enverra le message très fort aux acheteurs de chiots qu’il n’est jamais acceptable de voir un chiot dans un environnement autre que celui dans lequel il est né et a été élevé, et avec sa mère », a-t-elle ajouté.
Des premières mesures dès octobre
Cette consultation intervient à l’issue d’une intense campagne de sensibilisation menée autour du cas de Lucy. Forcée de mettre bas plusieurs fois par an dans une ferme à chiots galloise, la petite chienne avait été recueillie en mauvaise santé en 2013 et était morte trois ans plus tard.
Son histoire, racontée sur les réseaux sociaux par la femme qui l’avait recueillie, a ému les Britanniques, au point qu’une pétition adressée au Parlement réclamant un plus strict encadrement – surnommé « Lucy’s Law » (« loi de Lucy ») – de la vente d’animaux de compagnie avait recueilli près de 150 000 signatures.
Les premières mesures de cet encadrement, discuté depuis le mois de mai au Parlement, doivent entrer en vigueur le 1er octobre. Elles prévoient déjà d’interdire la vente par des vendeurs tiers de chiots et de chatons âgés de moins de huit semaines, mais aussi l’obligation pour les éleveurs, avant de vendre un chiot, de montrer à l’acheteur la mère aux côtés de son petit.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Editorial. Avec la fin du troisième plan d’aide européen, Athènes s’émancipe de son étroite tutelle financière, mais le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps.
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Euro : l’amère odyssée de la Grèce

Editorial. Avec la fin du troisième plan d’aide européen, Athènes s’émancipe de son étroite tutelle financière, mais le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 11h24
   





                        


Editorial du « Monde ». Alexis Tsipras a choisi l’île d’Ithaque pour saluer, mardi 21 août, la « libération » de la Grèce du douloureux programme d’assistance financière dont elle dépendait depuis huit ans. Tel Ulysse regagnant son île après la guerre de Troie au terme d’une décennie de périples en mer, le premier ministre grec a tenté de donner une tonalité victorieuse à cette « odyssée des temps modernes ». « Aujourd’hui, la Grèce reprend son destin en main », a poursuivi M. Tsipras : « une nouvelle ère » s’est ouverte.

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Le dirigeant grec a quelque raison de vouloir marquer cette étape. Elus en 2015 sur un programme de gauche radicale et la promesse de mettre fin à l’aide financière extérieure, Alexis Tsipras et son parti, Syriza, durent rapidement faire volte-face et accepter un troisième plan d’assistance draconien pour éviter la faillite du pays et sa sortie de l’euro. Après trois plans d’aide, 289 milliards d’euros de prêts, huit ans de tutelle de ses créanciers et d’austérité imposée, Athènes va de nouveau pouvoir se financer sur les marchés. Laminée par des années de récession, l’économie grecque se porte aujourd’hui un peu mieux. La croissance, avec laquelle elle a renoué en 2017, devrait frôler les 2 % cette année. Le chômage, qui culminait à 27 %, est repassé sous la barre des 20 %.

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Loin d’Ithaque, les dirigeants de l’Union européenne se sont aussi, bien que plus prosaïquement, félicités de l’émancipation de la Grèce de son étroite tutelle financière. Pour la zone euro, qui n’avait jamais été confrontée à une crise d’une telle gravité et n’y était absolument pas préparée, le pire a été évité : la banqueroute et le chaos qui aurait suivi ont été épargnés à la Grèce et à ses créanciers, l’euro ne s’est pas effondré et les Grecs ont pu se maintenir au sein de l’UE, comme ils le souhaitaient. Jamais l’Europe n’avait engagé de telles sommes pour sauver l’économie d’un Etat membre. Le « Grexit » n’a pas eu lieu.
Un sérieux examen de conscience à faire pour l’UE
Pour autant, l’humeur n’est festive ni à Athènes ni à Bruxelles. Comment le pourrait-elle ? Le coût de l’opération pour les Grecs a été terrible. Rarement un pays se sera appauvri en si peu de temps. Le PIB a fondu de 25 %. Le chômage a poussé près d’un demi-million de personnes, pour la plupart jeunes, à l’émigration. Quelque 250 000 PME ont fait faillite. L’administration reste défaillante, le système de santé délabré. Pour les Grecs, l’argument selon lequel l’alternative aurait été pire est une maigre consolation.
Malgré la mise en œuvre des réformes, les problèmes qui sont à l’origine de la catastrophe financière grecque n’ont pas été résolus. La corruption reste un fléau, la dette disproportionnée. La question du modèle économique de la Grèce demeure posée. L’horizon politique n’est pas éclairci : si l’Europe salue le pragmatisme d’Alexis Tsipras, celui-ci sort fragilisé de la gestion calamiteuse des incendies autour d’Athènes, qui ont tué près de 100 personnes en juillet. Enfin, la fin de la tutelle est assez symbolique : la Grèce restera soumise à une « surveillance renforcée ».
Quant à l’UE, cette nouvelle étape grecque doit être pour elle l’occasion d’un sérieux examen de conscience. La Grèce a fait les frais des failles d’une union monétaire incomplète. Les dirigeants européens n’ont pas tous la même lecture de cette tragique épreuve. Ils feraient bien, pourtant, d’en tirer les leçons une fois pour toutes, afin de ne pas être de nouveau surpris par la prochaine crise, au moment où l’Italie s’apprête à défier les règles budgétaires.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le gouvernement du libéral Charles Michel a récemment ouvert un centre fermé pour accueillir les familles en attente d’expulsion.
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Mobilisation en Belgique contre l’enfermement d’enfants en centre de rétention

Le gouvernement du libéral Charles Michel a récemment ouvert un centre fermé pour accueillir les familles en attente d’expulsion.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 06h24
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            

Des Femen piétinent un tapis de fleurs sur la Grand-Place de Bruxelles, et clament que le « scandale » n’est pas leur poitrine dénudée mais le fait d’emprisonner des enfants. C’était, dimanche 19 août, le dernier épisode d’une mobilisation estivale contre l’une des décisions les plus contestées du gouvernement du libéral Charles Michel : l’ouverture, à deux pas de l’aéroport de Zaventem, d’« unités spéciales » pour des immigrés illégaux et leurs enfants en attente d’expulsion.
Un couple de Serbes et ses quatre enfants mineurs – nés en Belgique – est le premier à être retenu dans cette aile jouxtant le « centre fermé 127 bis » de Steenokkerzeel, un centre de rétention où se retrouvent des clandestins et interdit à la presse. Selon l’Office belge des étrangers, la famille séjournait illégalement dans le royaume depuis 2012 ou 2013. Le père a été condamné pour des vols avec violence.
Le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), l’Unicef, le Conseil de l’Europe, des avocats, le Centre fédéral pour la migration et quelque 300 institutions ont protesté contre l’ouverture de ces unités et réclamé une interdiction générale de l’enfermement d’enfants. Le délégué francophone aux droits de l’enfant évoque une « violation flagrante » de la Convention internationale qui protège les droits des mineurs. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné à plusieurs reprises le royaume parce qu’il emprisonnait des enfants.
« Impact terrible »
Ce sont ces arrêts qui avaient poussé les autorités à créer, après 2008, des « maisons de retour ouvertes » – initiative saluée par diverses ONG mais jugée inefficace par le gouvernement de M. Michel, qui souligne qu’un tiers des familles concernées prend la fuite avant une expulsion prévue. Cela a été le cas de la famille serbe qui s’est, par deux fois, évanouie dans la nature alors qu’elle avait épuisé tous les recours.
Pas de quoi convaincre Philippe Hensmans, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Alexeï Beloborodov, directeur adjoint de la société Energia, qui ­conçoit et fabrique les vaisseaux Soyouz et Progress, a été arrêté pour extorsion de pots-de-vin.
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En Russie, un secteur spatial russe corrompu et rattrapé par la justice

Alexeï Beloborodov, directeur adjoint de la société Energia, qui ­conçoit et fabrique les vaisseaux Soyouz et Progress, a été arrêté pour extorsion de pots-de-vin.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 11h41
    |

                            Intérim








                        



                                


                            

Entre escroquerie et corruption, l’affaire Energia renvoie le secteur spatial russe à ses vieux démons. Alexeï Beloborodov, directeur adjoint de cette société qui ­conçoit et fabrique les vaisseaux Soyouz et Progress, a été arrêté en possession de 500 000 roubles (environ 6 500 euros) et 28 000 euros, a annoncé, dimanche 19 août, le comité d’enquête national. Le dirigeant et deux de ses adjoints sont poursuivis pour des pots-de-vin qu’ils auraient extorqués à un client lors d’une négociation de contrats.
Certes, les montants sont limités, mais l’affaire jette de nouveau le soupçon sur un secteur qui peine à sortir de la corruption. Elle fait d’autant plus de bruit en Russie que le Kremlin a nommé en mai à la tête de Roscosmos, la holding publique englobant tout le spatial, l’ancien vice-premier ministre Dmitri Rogozine. Ce nationaliste aux élans patriotiques a promis de faire le ménage et de redonner à la Russie sa gloire spatiale d’antan.
En conséquence, les investigations menées chez Energia ont été en partie confiées aux services de sécurité (FSB) qui, parallèlement, enquêtent pour « trahison » sur des employés soupçonnés d’avoir transmis des informations secrètes à des services occidentaux. Avec des arrestations rendues publiques en guise d’exemples. Le message est clair…

« Irrégularités »
Le mal de la corruption est profond et ancien au sein de l’industrie spatiale russe. En 2015, elle avait connu une vague d’arrestations pour des détournements de plus de 150 millions d’euros. L’année précédente, la cour des comptes la dénonçait pour des « irrégularités » de 1,5 milliard d’euros. La construction de Vostochny, le nouveau pas de tir bâti dans l’Extrême-Orient, en est une autre illustration. Inauguré en avril 2016, ce cosmodrome est toujours en chantier, incapable pour le moment de remplacer la mythique base de Baïkonour, au Kazakhstan.
Quatre responsables d’une entreprise de construction ont été condamnés en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le premier ministre  est critiqué pour sa gestion des incendies qui ont fait 97 morts cet été à Mati.
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Politiquement affaibli, Alexis Tsipras célèbre la fin des plans d’aide à la Grèce

Le premier ministre  est critiqué pour sa gestion des incendies qui ont fait 97 morts cet été à Mati.



LE MONDE
 |    22.08.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
22.08.2018 à 11h10
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, correspondance)








                        



   


« L’Odyssée moderne que notre pays a traversée depuis 2010 a pris fin », a déclaré mardi 21 août le premier ministre grec, Alexis Tsipras, devant la baie d’Ithaque, l’île d’Ulysse qui, après un tumultueux périple de dix ans, est arrivé à bon port. La veille, lundi, le troisième et dernier plan d’aide européen, signé en 2015 à la suite de négociations tendues entre Athènes et ses créanciers, a pris officiellement fin.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, se réjouissaient la veille de cette sortie des programmes dont le montant total s’est élevé à 289 milliards d’euros depuis 2010. Alexis Tsipras, lui, n’est sorti de son silence que mardi avec une allocation télévisée de dix minutes. Le premier ministre a souligné qu’il s’agissait d’un « jour historique, celui de la fin des politiques d’austérité et de la récession ».
Mais l’heure n’était pas vraiment à la célébration. Les Grecs, après huit années de sacrifices, voient d’un mauvais œil les partenaires européens se féliciter de la fin des plans d’aide. « Ils veulent nous faire croire que la crise est finie, que nous devons nous réjouir d’avoir vu notre pouvoir d’achat diminuer, d’avoir vu nos enfants s’exiler ! », s’exclame exaspéré Kostas, kiosquier au centre d’Athènes. « La croissance, je ne la ressens pas au quotidien, je peine toujours autant à payer mes factures à la fin du mois ! », ajoute le quinquagénaire dont les deux fils sont partis travailler au Royaume-Uni.
« La démocratie a été menacée »
Dans un discours métaphorique où le navire « Grèce » a dû affronter de nombreux orages, Alexis Tsipras a constaté les effets néfastes de la rigueur imposée par les créanciers du pays : « En cinq ans sont survenus des événements sans précédent : 25 % du PIB a été perdu, trois Grecs sur dix se sont retrouvés au chômage, des mesures d’austérité d’une hauteur de 65 milliards d’euros ont été prises (…) La démocratie a été menacée », tout en assurant qu’une « nouvelle époque » s’ouvrait en Grèce.
Ce dernier point est difficile à croire pour la majorité des Grecs. « Le gouvernement voulait capitaliser sur la sortie des plans d’aide mais les citoyens grecs ne perçoivent pas la fin de la crise, ils continuent au quotidien à subir toutes les mesures d’austérité prises ces dernières années et ils ne sont plus dupes des promesses de la classe politique, estime Manos Papazoglou, professeur de sciences politiques à l’université du Péloponnèse. Des allocations distribuées à certaines catégories ne résoudront pas les problèmes, toute la société a été touchée par la crise ! S’il n’y a pas un plan précis pour soutenir la relance et résoudre la question de la dette colossale du pays, la population n’aura aucun espoir d’un avenir serein. » La dette de la Grèce représente toujours 180 % de son produit intérieur brut.

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Les incendies à Mati, qui ont fait au moins 97 morts mi-juillet, ont écorné un peu plus l’image du gouvernement d’Alexis Tsipras, perçu comme incapable de gérer une situation d’urgence, et dont les administrations locales semblent désorganisées. « Finalement, les Grecs ont, malgré les réformes et les mesures d’austérité, toujours la sensation que l’Etat est inefficace et inexistant », note Manos Papazoglou. D’après les derniers sondages, plus de dix points d’écart séparent Syriza, le parti du premier ministre, et la Nouvelle Démocratie (droite), qui fait la course en tête.
A environ un an des prochaines élections, prévues à l’automne 2019 et précédées par les européennes de mai, Alexis Tsipras a peu de temps pour convaincre les électeurs. Le ministre adjoint à la réforme administrative, Christos Vernardakis, a annoncé mardi que dès septembre des lois seront présentées au Parlement pour l’augmentation du salaire minimum et le retour des conventions collectives. Mais l’essentiel du nouveau programme du premier ministre sera dévoilé à la Foire internationale de Thessalonique début septembre.
Selon le politologue Georges Sefertzis, « Alexis Tsipras se retrouvera face à un nouveau dilemme : soit prendre des mesures sociales mais qui risquent de déplaire aux marchés internationaux, soit aller dans leur sens et démontrer ainsi que la fin des mémorandums n’est que symbolique ». « Ithaque n’est que le commencement », a lancé mardi Alexis Tsipras.



                            


                        

                        

