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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le rapport d’un grand jury de citoyens sur des abus sexuels commis par des prêtres en Pennsylvanie a entraîné une réaction du pape. Comment fonctionne cette institution quasiment unique au monde ?
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Le grand jury, pilier de la justice américaine

Le rapport d’un grand jury de citoyens sur des abus sexuels commis par des prêtres en Pennsylvanie a entraîné une réaction du pape. Comment fonctionne cette institution quasiment unique au monde ?



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 18h40
    |

                            Maud Obels








                        


Depuis la mi-août, l’Eglise catholique est ébranlée par la publication d’un rapport sur les abus commis par plus de trois cents « prêtres prédateurs » sur au moins mille enfants, en Pennsylvanie. Cet exceptionnel document de près de neuf cents pages est l’œuvre d’une institution américaine méconnue et presque unique au monde : le grand jury, composé de simples citoyens.
Ce n’est pas la première fois qu’un jury populaire se penche sur une affaire de pédophilie au sein de l’Eglise catholique américaine, mais jamais une enquête n’avait révélé autant de cas. Dans ce dossier, trente-trois jurés populaires ont travaillé pendant deux ans pour synthétiser des documents internes à l’Eglise et auditionner des victimes. Ils ont également entendu plus d’une douzaine de prêtres, qui ont, pour la plupart, admis leurs actes.
Si ce travail d’investigation est hors norme par son ampleur, l’institution intervient régulièrement dans les procédures judiciaires aux Etats-Unis. Un grand jury a par exemple été constitué par le procureur Richard Mueller dans l’enquête visant des soupçons d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Fin mai, un autre a confirmé l’inculpation du producteur hollywoodien Harvey Weinstein pour viols et agressions sexuelles.

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Qu’est-ce qu’un grand jury ?
Cette procédure, partagée seulement avec le Liberia, trouve ses racines dans la justice médiévale anglo-saxonne. C’est un pilier du système judiciaire américain : un groupe de jurés tirés au sort, au nombre variable − entre seize et vingt-trois citoyens, dans le système fédéral −, est saisi par le procureur. Selon le 5e amendement de la Constitution, il doit intervenir dans toutes les affaires criminelles jugées au niveau fédéral pour décider, en fonction des éléments présentés par le procureur, s’il y a lieu ou non de tenir un procès. Si c’est le cas, c’est le grand jury qui prépare l’acte d’accusation. Cette obligation ne s’applique cependant pas aux Etats, qui sont libres d’utiliser ou non ce système.
Afin de préparer l’acte d’accusation, le grand jury peut être amené à conduire un véritable travail d’investigation en amont du procès. C’est alors un moyen pour le procureur d’obtenir des documents et des auditions sous serment, comme dans l’enquête de Pennsylvanie. « En résumé, le grand jury joue un rôle d’épée en tant qu’organe d’investigation, et un rôle de bouclier en tant qu’organe de protection contre les poursuites arbitraires », explique Idris Fassassi, professeur de droit constitutionnel et de droit international à l’université Panthéon-Assas.
Cette institution est appelée grand jury, par opposition au petit jury, qui siège pendant les procès criminels et compte seulement douze jurés. Pour résumer : le grand jury rend son avis sur l’opportunité d’un procès, tandis que le petit jury se prononce sur la culpabilité du prévenu à l’issue de son procès.
Quel pouvoir a-t-il ?
Le grand jury est, en principe, autonome. Il n’est formellement encadré ni par le juge ni par le procureur, mais ce dernier lui explique la loi et présente les preuves en sa possession. Son travail et l’identité de ses membres, qui n’ont pas le droit de consulter les médias durant leur mission, sont tenus secrets afin de prévenir toute tentative d’intimidation. Il s’agit également de préserver l’anonymat des suspects en cas d’absence de poursuites.
Le jury dispose du temps qu’il juge nécessaire pour mener à bien son enquête. Il peut poser les questions qu’il souhaite au juge, a accès à tous les documents dont il a besoin et convoque les témoins qu’il désire entendre. Le témoin s’exprime alors sous serment et n’a pas le droit d’être assisté d’un avocat. Ce dernier n’a par ailleurs pas accès aux documents fournis aux jurés. Il s’agit donc d’un puissant levier pour l’accusation.
« Les témoins peuvent toutefois refuser, explique Pierre Hourcade, avocat aux barreaux de Californie, New York et Paris. C’est un droit assuré par le cinquième amendement : ne pas être obligé de témoigner contre soi-même. » Le producteur Harvey Weinstein, arrêté puis libéré sous caution, avait ainsi refusé, en mai, de témoigner devant un grand jury, accusant le procureur de céder à « la pression politique ».
La décision du grand jury
Contrairement au petit jury, le grand jury n’a pas besoin de l’unanimité pour prendre sa décision, la majorité simple suffit. Censée être l’expression du peuple, sa décision n’est susceptible d’aucun recours.
Après son travail d’instruction, les jurés remettent leur rapport, qui est souvent rendu public. Dans l’affaire de Pennsylvanie, le document a été diffusé sur Internet accompagné d’une vidéo de témoins. Les jurés ont même outrepassé leurs prérogatives en citant les noms de prêtres décédés ou impliqués dans des affaires prescrites. « Ce rapport est notre seul recours », « quasiment tous les cas » étant frappés par la prescription, ont expliqué les auteurs pour justifier ce choix.

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Une procédure controversée
Pour ses partisans, le système du grand jury est une garantie pour les citoyens. « C’est une procédure tout à fait démocratique. Le peuple prend la décision, plutôt que de la laisser uniquement dans les mains du procureur », estime M. Hourcade.
Mais cette procédure est régulièrement critiquée Outre-Atlantique. Le grand jury est principalement accusé d’être devenu une arme au service de l’accusation, au lieu de protéger les citoyens contre de potentiels procès arbitraires.
Plusieurs éléments de son fonctionnement sont dénoncés. Après avoir décidé de constituer un grand jury, le procureur lui soumet lui-même les preuves issues de l’enquête policière. Il peut donc choisir de ne pas évoquer certains éléments favorables à la défense. Sol Wachtler, ancien juge en chef de la cour d’appel de New York, a ainsi longtemps milité pour la suppression de cette instance, estimant qu’un procureur pourrait convaincre un grand jury « de poursuivre un sandwich au jambon ».
De fait, selon les statistiques du ministère de la justice américain, en 2010, les grands jurys ont rejeté l’inculpation dans seulement onze affaires fédérales, sur les 162 351 qui leur ont été présentées.
Un manque de transparence ?
D’autres observateurs soulignent le manque de transparence des grands jurys, comparés aux examens préliminaires existant dans les tribunaux d’Etat, qui sont, eux, ouverts au public et contradictoires. « En choisissant la procédure secrète du grand jury, les procureurs utilisent les jurés comme des pions dans leur stratégie politique », estimait, en 2014, LaDoris Hazzard Cordell, ancienne juge, alors vérificatrice indépendante de la police, en Californie.
« La dimension démocratique, qui résulterait du contrôle exercé par des citoyens, s’estompe en pratique devant la réalité de la mainmise du procureur, confirme M. Fassassi. Non seulement les droits de la défense sont sérieusement mis en cause, mais la dimension secrète de sa procédure contrevient à l’idée d’une justice transparente. Ce secret nuit également à la compréhension par les justiciables de cette institution fondamentale. »
Cette procédure est particulièrement critiquée dans les affaires de bavures policières. Ainsi, en 2016, un juge du Minnesota, Mike Freeman, a décidé, sous la pression, de ne plus faire appel à un grand jury dans les affaires de tirs policiers.
« Les décisions prises par des grands jurys de ne pas poursuivre des policiers impliqués dans la mort de jeunes Afro-Américains ont relancé la discussion autour du grand jury, explique Idris Fassassi. Ces décisions ont mis sous le feu des projecteurs une institution relativement peu connue des Américains eux-mêmes. »

Quelques affaires célèbres
Dans le cadre de l’affaire du Watergate, Richard Nixon avait été contraint de déposer devant un grand jury durant deux jours, en juin 1975, un an après sa démission. Plusieurs avocats de la Maison Blanche avaient alors été poursuivis, une inculpation du président étant une prérogative du Congrès.
Deux décennies plus tard, en août 1998, un autre président, en exercice cette fois, avait été entendu par un grand jury : Bill Clinton, dans le cadre de divers scandales dont des accusations de harcèlement sexuel et de parjure concernant sa liaison avec Monica Lewinsky. Il y avait fait un faux témoignage, qui sera retenu contre lui par la Chambre des représentants.
Plus récemment, dans l’affaire de Ferguson (Missouri), un grand jury a pris une décision controversée : il a décidé de ne pas engager de poursuites contre Darren Wilson, un policier qui avait tué par balles Michael Brown, jeune Afro-Américaines de 18 ans, estimant qu’il s’agissait de légitime défense. La composition ethnique du jury (neuf blancs, trois noirs) avait alors été mise en cause.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Plus de 7 000 vaccins ont été acheminés pour lutter contre l’épidémie qui, selon le dernier bilan, a fait 61 morts dans l’est du pays.
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Compte rendu

La RDC annonce l’utilisation de quatre nouvelles molécules contre Ebola

Plus de 7 000 vaccins ont été acheminés pour lutter contre l’épidémie qui, selon le dernier bilan, a fait 61 morts dans l’est du pays.


LE MONDE
              datetime="2018-08-23T17:40:56+02:00"

        Le 23.08.2018 à 17h40






    
Dans un centre de traitement d’urgence contre Ebola, à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, le 15 août 2018
Crédits : JOHN WESSELS / AFP


Le bilan de la dixième épidémie de fièvre hémorragique Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est monté à 61 morts, a annoncé, jeudi 23 août, le ministère congolais de la santé, qui annonce l’utilisation de quatre nouvelles molécules.
La direction générale de lutte contre la maladie enregistre 34 décès parmi les cas confirmés par des tests en laboratoire sur des prélèvements, et 27 parmi les cas probables. Ces derniers datent d’avant la déclaration de l’épidémie, le 1er août, dans la province du Nord-Kivu (est). Les autorités font état d’un total de 103 cas en date du 22 août (76 confirmés et les 27 probables).

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« Le comité éthique a approuvé l’utilisation de quatre molécules thérapeutiques expérimentales supplémentaires, à savoir ZMapp, Remdesivir, Favipiravir et Regn3450-3471-3479 », indique le ministère de la santé. Ces nouvelles molécules viennent s’ajouter à une cinquième, le « mAb114 », utilisé depuis le 11 août. « Il a été administré à dix patients qui connaissent une évolution positive », note le ministère. Outre le traitement, 2 179 personnes ont été vaccinées dans la région de Beni. Plus de 7 000 vaccins ont été acheminés sur place, selon le ministère de la santé.
L’ambassadeur de l’Union européenne, Bart Ouvry, et des responsables de l’ONU et de l’ambassade de Belgique se sont rendus mercredi à Beni. Ils ont rencontré les équipes menant la riposte contre Ebola, avant de visiter le centre de traitement.

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Le gouvernement congolais a tenu mercredi un conseil des ministres exclusivement consacré à l’épidémie. « Le budget de la riposte s’élève à 43 millions de dollars », soit 37 millions d’euros, indique le compte-rendu de cette réunion dirigée par le président Joseph Kabila. La dixième épidémie d’Ebola en RDC est localisée à la lisière de « deux provinces à forte densité de population », le Nord-Kivu et l’Ituri, et où « la grande mobilité de la population présente un grand défi de santé publique », s’est inquiété le conseil de ministre.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le gouvernement britannique a détaillé les problèmes concrets que poserait l’absence d’accord de divorce avec l’UE.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Brexit : Londres se prépare au scénario noir

Le gouvernement britannique a détaillé les problèmes concrets que poserait l’absence d’accord de divorce avec l’UE.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 18h47
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Le gouvernement britannique a publié jeudi 23 août une vertigineuse liste des problèmes que poserait un Brexit sans accord de divorce. Secteur financier, encadrement du commerce, reconnaissance des aliments bio, subventions agricoles, transport des organes humains, droits des travailleurs, tests de qualité des médicaments, transport des produits radioactifs civils, paiement de la TVA, classification des biens à l’exportation, encadrement des aides d’Etat, vente d’aliments OGM…
Autant de domaines qui sont actuellement encadrés par les règles européennes et qu’il faudra subitement réguler autrement en mars 2019 si les négociations actuellement en cours entre Londres et Bruxelles échouent. Même les dons de sperme seraient affectés : 3 000 sont importés du Danemark au Royaume-Uni chaque année, ce qui s’effectue dans le cadre d’une directive européenne.
Au total, les retombées en cas de « no deal » sont détaillées pour vingt-cinq secteurs et sous-secteurs, dans des notes explicatives qui vont de trois à onze pages. Et encore ne s’agit-il que d’une première série de documents : le gouvernement en publiera deux fois plus d’ici à fin septembre. Chacun de ces dossiers, individuellement, n’est pas nécessairement très compliqué à résoudre. Mais leur quantité rend le risque d’un chaos post-Brexit réel. D’autant que leur résolution nécessite souvent la coopération de Bruxelles, et qu’en cas d’échec des négociations, les relations entre les deux parties risquent d’être glaciales.

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En présentant ces documents, le gouvernement britannique a toutefois de nouveau précisé qu’un « non-accord » demeure un scénario « improbable ». « Ce n’est pas ce que nous voulons et ce n’est pas ce à quoi nous nous attendons », explique Dominic Raab, le ministre du Brexit. Mais les risques sont réels, alors qu’il ne reste que sept mois avant l’entrée en vigueur effective du Brexit, le 29 mars 2019 à minuit (heure de Bruxelles).
« La famine des sandwiches »
Même s’il cherche à éviter ce scénario noir, « il est de notre devoir, en tant que gouvernement responsable, de nous préparer à toute éventualité », expliquent les documents britanniques. « Il est clair que le retrait britannique posera des problèmes, avec ou sans accord. C’est pourquoi nous voulons, dans un esprit constructif, trouver un accord », répète régulièrement la Commission européenne.
Plus de 7 000 fonctionnaires travaillent sur le Brexit, et le budget est en place pour en recruter 9 000 autres en cas de besoin. A court terme, 300 personnes seront embauchées aux douanes. L’objectif du gouvernement britannique, détaillé dans les documents techniques, repose sur une ligne directrice : « priorité à la stabilité ». 
Autant que possible, l’idée est que rien ne change dans l’immédiat. « La famine des sandwiches », que certains médias britanniques ont mis en avant en cas de non-accord, est de la « désinformation », assure ainsi M. Raab. « Qui peut dire de façon crédible que l’UE ne voudra pas continuer à vendre des produits alimentaires aux consommateurs britanniques ? » De même, il dément la rumeur que l’armée se tiendrait prête à intervenir pour assurer que les stocks de nourriture soient suffisants.
L’exemple des médicaments est parlant. Actuellement, après fabrication, ceux-ci doivent être testés, pour s’assurer de leur qualité. Après le Brexit, les tests réalisés dans l’UE ne seraient théoriquement plus reconnus au Royaume-Uni. Mais le gouvernement britannique s’engage à ce que cela reste le cas. Cela permettra d’éviter que des médicaments soient bloqués à la frontière ou interdits de vente pour des questions réglementaires. En revanche, rien ne garantit que l’UE assurera la réciproque.

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« S’aligner sur la législation européenne »
L’approche de Londres est la même pour le secteur financier. Même sans accord, le gouvernement britannique promet unilatéralement de continuer à reconnaître pendant trois ans le fameux « passeport », qui permet aux fonds d’investissements et aux banques européennes de travailler au Royaume-Uni sans s’enregistrer auprès des autorités britanniques. Là encore, la réciproque est très incertaine et les firmes financières britanniques vont devoir ouvrir des succursales au sein de l’UE pour contourner le problème. Mais le gouvernement britannique espère atténuer le choc pour la City en faisant cette concession.
Londres reconnaît qu’en cas de non-accord, le pays perdra son accès au système de paiements paneuropéen. « Le coût des transactions par carte bancaire entre le Royaume-Uni et l’UE va probablement augmenter », note le document. Pour éviter cela, Londres promet de « s’aligner sur la législation européenne ». Le gouvernement britannique promet aussi de verser aux agriculteurs des sommes équivalentes à celles de la politique agricole commune jusqu’en 2020, de même que les aides au développement rural.
Il se porte garant du financement des projets britanniques d’Horizon 2020, un programme européen d’aide à la recherche scientifique. La vente de produits OGM, actuellement régulée par Bruxelles, sera faite depuis Londres mais « suivant les mêmes critères » que ceux de l’UE. Les règles encadrant la vente et les publicités pour les cigarettes demeureraient identiques. Bref, en cas de non­-accord, le Royaume-Uni entend largement répliquer l’arsenal législatif européen.
Apporter de la « clarté »
Le risque d’un échec des négociations a augmenté ces derniers mois et peut se présenter à deux niveaux. Le premier est bien sûr entre Londres et Bruxelles. Mais même en cas de compromis, rien ne dit que la Chambre des communes approuvera ce que Theresa May rapportera de Bruxelles. La première ministre britannique ne dispose que d’une majorité relative, dépendant du bon vouloir d’une cinquantaine de ses propres députés, qui sont les plus ardents Brexiters. Pour eux, la proposition qu’elle a mise sur la table en juillet, qui demande de rester dans le marché unique pour les biens (pas les services), va déjà trop loin.

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L’autre objectif de ces documents est de faire pression sur Bruxelles. Londres aimerait bien que la Commission européenne apporte de la « clarté » sur ce qu’elle ferait en cas de non-accord. Celle-ci a bien diffusé le 19 juillet une communication décrivant « les travaux en cours sur la préparation à toutes les issues possibles » et invitant les capitales et les acteurs privés à « intensifier leurs travaux, pour se préparer, à tous les niveaux et à toutes les issues », ainsi que soixante communications sectorielles, mais ces documents se contentent de pointer les problèmes, sans dessiner de scénarios.
L’accès aux retraites est un exemple. La législation européenne nécessite que les retraites soient versées sur des comptes en banque européens. Qu’arrivera-t-il aux 250 000 Britanniques retraités qui vivent en Espagne ? M. Raab espère que le bon sens prévaudra. « Ce n’est pas dans l’intérêt de l’Espagne d’aller contre les retraités qui y résident. » Mais une fois encore, cela nécessite la bonne volonté de Bruxelles et des Etats membres. Or en cas d’échec des négociations, les relations entre le Royaume-Uni et l’UE risquent d’être exécrables.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Les vols vers Téhéran ne font plus recette dans le contexte de l’entrée en vigueur des sanctions américaines.
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Air France et British Airways annoncent l’arrêt de leurs vols vers l’Iran

Les vols vers Téhéran ne font plus recette dans le contexte de l’entrée en vigueur des sanctions américaines.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 17h51
   





                        



   


Les compagnies Air France et British Airways ont annoncé jeudi 23 août l’arrêt, d’ici à un mois, de leurs vols vers l’Iran.
Air France, qui avait transféré vers Joon, sa compagnie à coûts réduits, ses liaisons avec Téhéran, « est passée de trois fréquences hebdomadaires à une depuis le 4 août et arrête ses liaisons avec Téhéran le 18 septembre en raison de la faible rentabilité commerciale » de la ligne, selon le service communication du groupe.
La compagnie aérienne britannique explique de son côté, dans un communiqué, avoir pris cette décision car les vols entre Londres et Téhéran ne sont « pas viables commercialement » à l’heure actuelle. Ils ne font plus recette dans le contexte de l’entrée en vigueur des sanctions américaines.
Le transporteur présente ses excuses aux voyageurs qui prévoyaient de se rendre en Iran et dit discuter avec des compagnies aériennes partenaires afin de proposer de nouvelles réservations à ces clients. British Airways pourra alternativement proposer un remboursement ou la possibilité d’avancer son vol, précise la compagnie. Le dernier vol vers Téhéran aura lieu le 22 septembre, et celui en provenance de la capitale iranienne le 23.

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Les sanctions économiques ont changé les choses
La compagnie avait repris ses vols directs vers le pays il y a deux ans quand les sanctions contre l’Iran avaient été assouplies, rappelle la BBC. En dehors de British Airways et d’Air France, l’allemande Lufthansa dessert également l’Iran.
Mais le retrait américain de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien et l’entrée en vigueur, au début d’août, de dures sanctions économiques ont changé les choses et remettent en cause plusieurs projets d’investissement d’entreprises européennes. L’allemand Daimler, le numéro un mondial de la voiture haut de gamme et des camions, a notamment jeté l’éponge, tandis que le français PSA prépare la suspension de ses activités.
Dans d’autres secteurs, le groupe de gaz industriel français Air Liquide a arrêté ses activités commerciales dans le pays, alors que le géant pétrolier français Total s’est officiellement désengagé de ses projets d’investissements de plusieurs milliards de dollars dans le pays.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Les vents soufflent à 215 kilomètres à l’heure. Le président Trump a préventivement déclaré l’état d’urgence.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

L’ouragan Lane devrait frapper Hawaï jeudi et vendredi

Les vents soufflent à 215 kilomètres à l’heure. Le président Trump a préventivement déclaré l’état d’urgence.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 16h53
   





                        



   


Le président Donald Trump a proclamé mercredi 22 août l’état d’urgence dans l’Etat de Hawaï, ouvrant le déblocage de fonds fédéraux avant le passage imminent de l’ouragan Lane dans l’archipel.
Selon le communiqué de la Maison Blanche publié jeudi, l’état d’urgence permet à l’Agence fédérale des situations d’urgence « d’apporter une aide adéquate pour soutenir les mesures d’urgences nécessaires ».
L’île du Pacifique, située à près de 4 000 kilomètres au large de la Californie, est en effet menacée par des vents soufflants à 215 km/h et avançant à 11 km/h — en légère baisse par rapport à mercredi.
Selon le service météorologique de l’île, ce ralentissement de l’ouragan Lane accroît le risque de voir des pluies drues se prolonger.

Hurricane Lane tracking toward the Islands.  Rainfall over the last 12 hours have been reported over 8" on the Big… https://t.co/Zo4UDUamAz— NWSHonolulu (@NWSHonolulu)


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D’après le dernier bulletin du centre national des ouragans du Pacifique (CPHC), publié jeudi à 14 heures, Lane se trouvait à 370 kilomètres au sud de l’île, et à 540 kilomètres de Honolulu, la capitale de l’Etat.
L’œil de l’ouragan passera à proximité des côtes hawaïennes « tard aujourd’hui [jeudi] et vendredi ». L’île principale de l’archipel américain et le comté de Maui sont menacés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les autorités transalpines auraient utilisé 200 000 euros de subsides pour escorter l’« Aquarius ». Une opération purement politique que l’UE avait largement critiquée.
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Migrants : en Italie, des fonds européens pour contrer la politique européenne

Les autorités transalpines auraient utilisé 200 000 euros de subsides pour escorter l’« Aquarius ». Une opération purement politique que l’UE avait largement critiquée.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 15h45
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les autorités italiennes ont utilisé 200 000 euros de fonds européens pour escorter vers Valence, en Espagne, l’Aquarius, ce bateau qui transportait 630 migrants, dont 127 mineurs, et auquel le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, refusait le droit d’accoster dans un port italien. De l’argent européen aurait ainsi servi à financer, à hauteur de 90 %, une opération à portée purement politique, largement critiquée par l’Union européenne.
Révélée mercredi 22 août par le site EUobserver, l’information n’est ni confirmée, ni démentie par la Commission européenne. « Les vérifications sur l’utilisation de l’argent auront lieu selon une procédure normale et stricte », indique-t-elle, se disant incapable, à ce stade, d’en savoir plus. Elle dit seulement être en contact avec les autorités de Rome.

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Après le refus du gouvernement italien, une partie des passagers de l’Aquarius avait été cependant transférée sur deux navires de la marine italienne et des gardes-côtes, l’Orione et le Dattilo, chargé d’accompagner l’embarcation de SOS Méditerranée durant les 1 400 km de traversée vers Valence. Le site EUobserver affirme, après recoupements et estimations établis par un ancien responsable des gardes-côtes italiens, que l’opération aurait coûté près de 300 000 euros aux gardes-côtes et un montant sans doute équivalent à la marine italienne. Celle-ci refuse cependant toute confirmation et tout commentaire.
Le gouvernement transalpin, dirigé par Giuseppe Conte, avait opposé, le 10 juin, un refus à l’ONG SOS Méditerranée, qui demandait à pouvoir accoster dans un port du sud de l’Italie après avoir recueilli des migrants au large de la Libye. Les nouveaux dirigeants italiens entendaient, en fait, témoigner de leur fermeté à l’égard de leurs partenaires de l’Union européenne, accusés d’avoir laissé leur pays gérer seul l’essentiel de la crise migratoire au cours des dernières années.
Casser le « business model » des passeurs
« À partir d’aujourd’hui, l’Italie dit non au business de l’immigration illégale », avait lancé M. Salvini pour manifester sa détermination. Plus tard, il a évoqué la possibilité de renvoyer des migrants en Libye afin, selon lui, de casser définitivement le « business model » des passeurs. Le 13 août encore, les autorités italiennes ont refusé le débarquement de 141 autres migrants recueillis par l’Aquarius. Et cette semaine, Bruxelles tente toujours, avec des Etats membres, de trouver une solution pour les 190 passagers du Diciotti, bloqués par un autre refus italien.
En juin, M. Salvini avait appelé Malte à l’aide mais ce pays répliquait qu’il appartenait à Rome, chargé de coordonner les opérations de sauvetage, d’accueillir le bateau. Après des négociations, c’est finalement l’Espagne qui s’était résolue à autoriser l’accostage, ce que le dirigeant de la Ligue avait interprété comme une grande victoire politique pour lui et son gouvernement.
En 2017, Bruxelles a accordé 14,8 millions d’euros aux gardes-côtes italiens, un montant qui ne pouvait, en principe, être affecté qu’à des missions humanitaires. La Commission doit, comme pour d’autres dépenses, vérifier si l’Italie reste bien éligible pour ce montant, et s’il a été correctement affecté. Le cas échéant, elle peut bloquer d’autres paiements, voire exiger des remboursements.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’opposant est accusé, avec 34 autres personnes, d’avoir cherché à attenter à la sécurité du président Yoweri Museveni.
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Compte rendu

En Ouganda, le chanteur et député Bobi Wine inculpé de trahison

L’opposant est accusé, avec 34 autres personnes, d’avoir cherché à attenter à la sécurité du président Yoweri Museveni.


LE MONDE
              datetime="2018-08-23T14:06:53+02:00"

        Le 23.08.2018 à 14h06

     •
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          datetime="2018-08-23T15:38:21+02:00"

        Mis à jour le 23.08.2018 à 15h38






    
Un partisans du député ougandais Bobi Wine, à Kampala, en juin 2017.
Crédits : STRINGER / AFP


Le chanteur et député ougandais Bobi Wine a été inculpé de trahison par un tribunal civil, jeudi 23 août. Le tribunal de Gulu (nord) a décidé de le maintenir en détention jusqu’au 30 août, date à laquelle il comparaîtra pour trahison, en compagnie de 34 autres personnes inculpées pour le même motif la semaine dernière. Auparavant, toujours à Gulu, le tribunal militaire présidé par le général Andrew Gutti avait renoncé à des poursuites pour possession illégale d’armes à feu contre Bobi Wine, au motif qu’il devait répondre de l’accusation plus grave de trahison.
L’opposant au président Yoweri Museveni avait été arrêté le 14 août à Arua (nord-ouest), où il était venu soutenir le candidat de son parti à une élection législative partielle. Il avait été inculpé par ce même tribunal militaire deux jours plus tard. Selon la police, deux armes à feu avaient été retrouvées dans la chambre d’hôtel de Bobi Wine à Arua. La possession illégale d’arme à feu est un délit passible de comparution devant la justice militaire, selon la loi ougandaise.

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Dès l’annonce de la décision de la cour martiale, Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, a été emmené devant un tribunal civil, où il s’est présenté en boitant et avec une écharpe aux couleurs du drapeau ougandais autour du cou. « Le simulacre de justice et les abus injustifiés des droits de Bobi par l’armée ont pris fin. Maintenant, nous pouvons aller devant un tribunal civil pour obtenir justice », a déclaré un des avocats de la star, Nicholas Opiyo.
Manifestations violemment réprimées
Bobi Wine, 36 ans, s’est imposé comme un porte-parole de la jeunesse ougandaise et un détracteur virulent du président Yoweri Museveni depuis son élection à l’Assemblée nationale en 2017. Son arrestation faisait suite à un incident à Arua, au cours duquel des partisans de l’opposition avaient jeté des pierres sur le convoi du président Museveni, venu soutenir le candidat de son camp à l’élection partielle.
Trente-quatre personnes, dont quatre députés, avaient été arrêtées en même temps que lui, puis inculpées de trahison, pour avoir prétendument cherché à attenter à la sécurité du président.

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La semaine dernière, son épouse et son avocat avaient dénoncé un coup monté et accusé les forces de sécurité de l’avoir brutalisé en détention. Sa détention a déclenché des manifestations en début de semaine dans la capitale, Kampala, qui ont été violemment réprimées à coups de gaz lacrymogènes et tirs à balles réelles.
M. Museveni, âgé de 74 ans et au pouvoir depuis 1986, a récemment fait supprimer la limite d’âge pour être candidat à la présidentielle, se donnant la possibilité de se représenter en 2021.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le cyclone tropical, dont les vents atteignent 200 km/h, devrait toucher l’île de Shikoku dans la soirée de jeudi.
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Le Japon se prépare à l’arrivée du typhon Cimaron et ses vents allant jusqu’à 200 km/h

Le cyclone tropical, dont les vents atteignent 200 km/h, devrait toucher l’île de Shikoku dans la soirée de jeudi.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 13h25
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 16h25
   





                        



   


Un puissant typhon se dirigeait, jeudi 23 août, vers l’ouest du Japon, faisant craindre de fortes pluies et des glissements de terrain. Le gouvernement a appelé à la prudence après les inondations meurtrières de juillet.
Selon l’agence météorologique japonaise, le typhon Cimaron se déplaçait à la vitesse de 35 km/h et s’apprêtait à rejoindre la côte de l’île de Shikoku, dans le sud-est du Japon, avec des rafales de vent allant jusqu’à 200 km/h. Il devrait ensuite prendre la direction du nord. Certaines régions pourraient subir des précipitations de 800 mm en vingt-quatre heures.

   


Des zones fragilisées par les inondations de juillet
« Tenez-vous en alerte et prenez toutes les mesures nécessaires », a lancé le premier ministre Shinzo Abe lors d’une réunion de préparation à l’arrivée du cyclone Cimaron. Il a appelé les autorités locales à émettre sans hésitation des ordres d’évacuation, alors que le gouvernement avait été critiqué pour sa gestion de crise jugée tardive après les pluies torrentielles et coulées de boue massives qui ont tué 220 personnes début juillet.
Le trafic ferroviaire était perturbé en certains endroits et plus de 100 vols ont été annulés, selon les médias locaux. Dans les zones fragilisées par les inondations, plusieurs villes ont d’ores et déjà conseillé à leurs habitants de quitter leur logement par mesure de précaution. Dans la préfecture d’Okayama, des résidents empilaient des sacs de sable pour prévenir de nouvelles inondations, selon des images de télévision.
Le cyclone Soulik attendu en Corée du Sud
Le Japon est balayé chaque année par un peu moins de la moitié de la vingtaine de typhons qui naissent en Asie. Avant Cimaron, le cyclone Soulik a apporté cette semaine de fortes pluies sur le sud-ouest de l’archipel. Il s’est ensuite dirigé vers la Corée du Sud, où une personne a été portée disparue et une autre blessée, après avoir été emportées par de fortes vagues. Soulik devrait toucher la ville de Seocheon dans la nuit de jeudi à vendredi, avec des vents dépassant 160 km/h et des prévisions de 7 à 15 cm de pluie. Plus de 200 vols ont été annulés, et de nombreuses écoles prévoyaient de fermer vendredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Après une accalmie en début d’année, des raids d’une violence inédite ont repris dans l’extrême-nord du pays.
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Décryptage

Le Mozambique passe à l’offensive contre les insurgés islamistes

Après une accalmie en début d’année, des raids d’une violence inédite ont repris dans l’extrême-nord du pays.

Par                                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)




LE MONDE
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        Le 23.08.2018 à 12h42

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        Mis à jour le 23.08.2018 à 15h45






    
Un soldat mozambicain à Naunde, un village attaqué par des insurgés islamistes, dans le nord du Mozambique, le 13 juin 2018.
Crédits : JOAQUIM NHAMIRRE / AFP


L’irruption, en octobre 2017, d’un groupe islamiste dans le nord du Mozambique a pris tout le monde par surprise, à commencer par la police locale. Cible des premières attaques, elle a mis deux jours à déloger les assaillants d’une petite ville côtière. Après une accalmie en début d’année, des raids d’une violence inédite ont repris fin mai, avec des dizaines de villageois décapités à la machette. D’un épiphénomène circonscrit à quelques villages, c’est toute une région, cruciale à l’économie mozambicaine car riche en gaz, qui a sombré dans l’insécurité.

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Ces dernières semaines, les forces de sécurité mozambicaines sont à la manœuvre pour tenter de mettre fin à l’insurrection. « Nos forces sur le terrain sont en train d’intensifier les opérations. Tous les jours il y a des actions, des captures, des résultats. Ces malfaiteurs sont toujours plus encerclés », expliquait, mercredi 22 août, le porte-parole de la police, Claudio Langa, depuis la capitale, Maputo.
Machettes et kalachnikovs
Dans l’extrême-nord du pays, sise au sud du fleuve Ruvuma qui marque la frontière avec la Tanzanie, la province de Cabo Delgado compte 2,3 millions de personnes pour une superficie équivalente à celle de l’Autriche. Autour de Mocimboa da Praia et de Palma, les deux principaux bourgs autour desquels les attaques se concentrent, la population est éparpillée au milieu d’une épaisse forêt incontrôlable. Les insurgés y sont retranchés et mènent des raids principalement pour se ravitailler, kidnapper des femmes et tuer ceux qu’ils suspectent d’aider l’armée. Ils ciblent particulièrement les chrétiens dans cette région à 52 % musulmane, et sont armés de façon rudimentaire : quelques kalachnikovs et surtout des machettes.

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Début août, lors d’une visite sur place, le commandant des forces armées, Bernardino Rafael, a révélé les noms de six leaders présumés, pour un groupe dont les spécialistes savent très peu de choses. A commencer par son nom. Les locaux appellent les insurgés « Al-Chabab », ce qui signifie « les jeunes » en arabe, sans lien direct avec le mouvement djihadiste somalien des Chabab. Plusieurs chercheurs affirment qu’ils sont issus d’une scission du clergé local, un groupe dénommé Ahlu Sunna Wa-Jamâ (« les gens de la tradition du prophète »), qui rassemble des jeunes, pour certains formés dans des mosquées wahhabites d’Arabie saoudite et du Soudan. À leur retour au Mozambique, frustrés par le manque de perspectives, ils se sont radicalisés et veulent depuis imposer la charia, la loi islamique.
La police refuse de donner des détails sur les opérations en cours. Mais d’après les réseaux sociaux et certains médias locaux, les insurgés auraient subi deux revers majeurs à Pundahar, les 6 et 16 août, lors d’offensives soutenues par des bombardements par hélicoptère. « L’armée a positionné des troupes d’élite et déplacé son quartier général opérationnel au Cabo Delgado. Le gouvernement a également consulté des pays comme l’Ouganda, la République démocratique du Congo et la Tanzanie sur les insurrections d’ordre religieux, explique Alex Vines, du centre de recherche britannique Chatham House. Tout cela leur permet de monter des opérations avec un meilleur renseignement qui fait la différence. » 
Immenses réserves de gaz
Pour le gouvernement de Maputo, il y a urgence. Cette région très pauvre était promise jusque-là à un avenir radieux dans les hydrocarbures, avec la découverte au large des côtes des plus grandes réserves de gaz d’Afrique subsaharienne. Le village de Palma est le lieu choisi par les multinationales Anadarko, Exxon et Eni pour accueillir les futures installations. Mais fin juin, une attaque à Maganja, distant de 5 km seulement, a fait cinq morts. Si pour l’instant les entreprises n’ont pas suspendu leur activité, les nouvelles conditions de sécurité pourraient retarder le lancement de mégaprojets chiffrés en dizaines de milliards de dollars.

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La nouvelle offensive a néanmoins peu de chances de résoudre la question islamiste pour de bon. D’après les études, le groupe est éclaté en plusieurs cellules qui fonctionnent de manière indépendante. « Ma crainte, c’est qu’ils réapparaissent après plusieurs mois de silence », explique le chercheur Eric Morier-Genoud. Ce dernier estime que l’armée a un problème plus général pour gagner le soutien de la population : « Les soldats sont mal entraînés, souvent ivres, dans un milieu musulman très pieux, et harcèlent les femmes. » Un comportement qui attise les divisions religieuses et se juxtapose à d’autres fractures d’ordres socio-économique et ethnique. Or la logique de guerre renforce ces divisions, des plaies plus profondes qui mettront du temps à cicatriser.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Joe Kaeser, le président du directoire du groupe, avait déjà annoncé en novembre, la suppression de 10 000 postes.
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Siemens envisage de supprimer 20 000 emplois dans le monde

Joe Kaeser, le président du directoire du groupe, avait déjà annoncé en novembre, la suppression de 10 000 postes.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 15h37
   





                        



   


Siemens envisage de supprimer 20 000 emplois dans le cadre de son plan stratégique « Vision 2020 », rapporte jeudi 23 août la version en ligne de Manager Magazin.
C’est au cours d’une présentation à des investisseurs début août que Joe Kaeser, président du directoire du groupe industriel allemand, a expliqué vouloir réaliser des économies en réduisant ses coûts administratifs, notamment au niveau du personnel et dans les domaines juridiques et financiers. Selon M. Kaeser, les licenciements à venir ne concernent, cependant, pas les employés dans les usines.
En novembre, et malgré de bons résultats, Siemens avait déjà annoncé la suppression de 10 000 emplois, dont 6 000 au sein de Siemens Gamesa, la coentreprise formée avec le spécialiste espagnol des éoliennes, et 4 000 dans le département énergie, en particulier en Allemagne de l’Est.
Loin de la tradition allemande
Le mécontentement gronde depuis plusieurs mois au sein de Siemens : la transformation du groupe menée tambour battant par M. Kaeser suscite de grandes inquiétudes. Son idée, faire de Siemens « une flotte coordonnée et efficace ».
Dans une présentation de sa stratégie datée du 3 août, le groupe annonçait que les activités de Siemens allaient, désormais, être gérées dans « six sociétés Siemens » distinctes.
Les salariés, eux, redoutent que Siemens se transforme à terme en holding, une coquille financière vidée de sa substance, loin de la tradition industrielle allemande.
Le groupe Siemens emploie 351 000 salariés, dont 7 000 en France, d’après le site de Siemens France.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Caracas s’enfonce dans une crise humanitaire sans précédent, qui pousse des centaines de milliers de citoyens à fuir leur pays.
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Venezuela : les pays voisins tentent de contenir l’afflux migratoire

Caracas s’enfonce dans une crise humanitaire sans précédent, qui pousse des centaines de milliers de citoyens à fuir leur pays.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 12h21
    |

                            Xemartin Laborde et 
                            Audrey Delaporte








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, prend pour cible les activités de sauvetage de migrants en Méditerranée.
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édition abonné


Vent de fronde parmi les gardes-côtes italiens

Le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, prend pour cible les activités de sauvetage de migrants en Méditerranée.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
23.08.2018 à 15h13
    |

                            Margherita Nasi (Catane (Sicile), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est une institution centenaire et intrépide. Depuis 1865, la garde côtière italienne veille à l’application de la loi en mer, suivant le slogan : « Omnia vincit animus » (« le courage est toujours vainqueur »). Il faut de la témérité, en effet, pour lutter contre les trafics illicites et pratiquer des sauvetages en mer. Il en faut tout autant pour dénoncer la politique « zéro migrants » du ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini.
Le 19 août, l’organisme est sorti de sa réserve pour dénoncer le traitement que le chef de la Ligue (ex-Ligue du Nord) impose au navire Diciotti. Le patrouilleur des gardes-côtes était coincé depuis plusieurs jours au large de Lampedusa, après avoir recueilli 177 migrants sur une embarcation qui prenait l’eau. M. Salvini a refusé de laisser accoster les marins italiens, intervenus sur un bateau relevant selon lui des autorités maltaises. Dans un entretien au Corriere della Sera, le lieutenant Antonello Ciavarelli s’est alarmé d’une situation « incompréhensible et même gênante ».

Le 20 août, le navire a finalement pu entrer dans le port de Catane, en Sicile. Mais ses passagers n’ont pas le droit de débarquer : M. Salvini menace même de les ramener en Libye si l’Union européenne n’accepte pas de prendre en charge les migrants. Escalade, le 22 août : entre un Tweet où il s’émeut du sort des centaines de milliers de bêtes égorgées par les musulmans pendant l’Aïd, et un autre où il promet la fermeture d’un camp de migrants, le très droitier ministre s’en prend aux gardes-côtes. « Le PD [Parti démocrate] et la gauche ont fait en sorte que le pays soit envahi par plus de 700 000 immigrés, et je serais “gênant” ?, fait-il mine de s’interroger. C’est du délire. Je ne lâche pas, les amis, je continue. »
« Le phénomène migratoire a tellement augmenté que je considère que ce n’est plus du secours en mer ce que nous faisons », considère un garde-côtes...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Que ce soit sur la question du budget 2019 ou celle des migrants, les contradictions se multiplient de façon inquiétante au sein de l’insolite coalition entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue de Matteo Salvini.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Les incohérences de Rome

Editorial. Que ce soit sur la question du budget 2019 ou celle des migrants, les contradictions se multiplient de façon inquiétante au sein de l’insolite coalition entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue de Matteo Salvini.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 11h48
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Editorial du « Monde ». L’heure de vérité approche pour l’insolite coalition qui essaie de gouverner l’Italie depuis trois mois. Dans les dossiers brûlants qui se disputent le haut de la pile sur le bureau du président du conseil, Giuseppe Conte, force est de constater que l’épreuve se présente assez mal. Incohérences et contradictions se multiplient à Rome de façon inquiétante.
Inévitablement, la préparation du budget annoncé comme révolutionnaire révèle les plus grosses tensions. La coalition entre le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue, le parti d’extrême droite de Matteo Salvini, ne peut masquer l’évidence : la plupart des promesses de campagne sont impossibles à financer, sauf à faire exploser des comptes publics déjà très mal en point. L’affrontement avec Bruxelles, où la Commission doit examiner en octobre le budget italien pour approbation, paraît inévitable. Les responsables de la Ligue au gouvernement ne font aucun mystère de leur peu d’égards pour la règle qui veut que le déficit public ne dépasse pas 3 % du PIB des Etats membres.

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M. Salvini, vice-président du conseil et ministre de l’intérieur, a même utilisé la tragédie du pont de Gênes pour accuser ces contraintes budgétaires européennes d’avoir empêché l’Italie d’investir dans la sécurité de ses infrastructures. Il prône, lui, un programme de grands travaux « comme celui du président Trump » – un sujet de discorde avec ses partenaires du M5S, hostiles à plusieurs de ces chantiers. On voit mal comment les experts de la Commission pourraient valider un budget qui tenterait de concilier ces grands travaux, la création d’un revenu citoyen, la mise à plat des retraites et l’introduction d’un impôt sur le revenu à taux unique. Le tout avec une dette publique qui atteint déjà 130,7 % du PIB.
Menace mise à exécution
Un autre dossier sur lequel butent les partenaires européens de l’Italie est celui des migrants. Matteo Salvini a mis sa menace à exécution : les ports italiens sont désormais fermés aux navires transportant des réfugiés. Cela lui a permis d’arracher à l’Europe une victoire symbolique, celle que réclamait désespérément l’Italie depuis le début de la crise migratoire. Sous la pression de l’urgence, une poignée de pays, dont la France, se sont enfin résolus à se répartir quelques centaines de ces migrants recueillis en Méditerranée. Ce n’est cependant qu’un pis-aller artisanal et, même si M. Salvini n’en est pas à une contradiction près, laissant soudain accoster un bateau ou acceptant de prendre vingt passagers, le bras de fer continue.

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La réalité politique qui émerge de plus en plus clairement sur fond d’incohérences est celle du poids croissant pris par M. Salvini et son parti, la Ligue, par rapport à ses « alliés » du M5S, dont le programme est le plus difficilement réalisable. Dans cette alliance de la carpe et du lapin, le M5S est handicapé par la faiblesse de son personnel politique, alors que la Ligue bénéficie de troupes expérimentées, qui ont fait leurs preuves au niveau local dans les municipalités du Nord. Au sommet, le chef de file des 5 étoiles, Luigi Di Maio, ministre du développement économique, est inaudible face à un Matteo Salvini omniprésent.
Pour l’Europe, cela ressemble à une catastrophe annoncée. Un signe ne trompe pas : depuis deux mois, l’exode des investisseurs étrangers du marché des obligations d’Etat italiennes s’accélère. Ce mouvement, qui coïncide avec la formation du gouvernement de coalition à Rome, devrait à lui seul inquiéter toutes les capitales européennes.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Depuis le Qatar, le fils de l’ancien chef de l’Etat Abdoulaye Wade a été investi par son parti pour la présidentielle de 2019.
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Décryptage

Sénégal : Karim Wade sort de son silence pour attaquer le président Macky Sall

Depuis le Qatar, le fils de l’ancien chef de l’Etat Abdoulaye Wade a été investi par son parti pour la présidentielle de 2019.

Christophe Châtelot
    



LE MONDE
              datetime="2018-08-23T11:33:36+02:00"

        Le 23.08.2018 à 11h33

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        Mis à jour le 23.08.2018 à 13h44






    
Une femme brandit un portrait de Karim Wade lors d’un rassemblement de l’opposition, à Dakar, en février 2015.
Crédits : SEYLLOU / AFP


C’est loin de Dakar, depuis Doha, au Qatar, où il vit depuis qu’il a été gracié en 2016 par le président sénégalais Macky Sall, que Karim Wade est sorti de son silence, mercredi 22 août, pour se lancer, sans prendre de gants, dans la campagne pour la présidentielle de 2019.
Condamné en 2015 pour « enrichissement illicite », le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade a profité d’un message adressé aux croyants à l’occasion de la fête de la Tabaski pour attaquer violemment le chef de l’Etat sénégalais, qualifié de « beau parleur ignorant et incompétent ». Dans ce qu’il qualifie d’« ultime message », il promet au pouvoir « des lendemains électoraux difficiles, susceptibles de mettre en danger la stabilité du pays ».

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Karim Wade a été investi par sa formation politique, le Parti démocratique sénégalais (PDS), pour la présidentielle de 2019. Une candidature virtuelle pour le moment. Outre son éloignement géographique, il ne remplit pas, à ce jour, les conditions pour se présenter. Une modification du Code électoral, en juin, oblige désormais les candidats à être préalablement inscrits sur les listes électorales. Or le ministère de l’intérieur a estimé que Karim Wade ne pouvait être inscrit suite à sa condamnation à six ans de prison ferme en 2015.
« Chaos économique, social et politique »
Dans sa lettre ouverte publiée sur Facebook, Karim Wade dénonce « le clan des juges aux ordres [du président] » et promet de rassembler « tous ceux qui refusent une justice aux ordres et les politiques budgétaires de l’incompétent Macky Sall, qui, tout en étant incapable de répondre aux besoins de base de son peuple (l’eau, l’électricité, la santé et l’éducation), trouve le moyen de creuser la dette et les déficits, conduisant ainsi inexorablement le Sénégal vers un chaos économique, un chaos social et un chaos politique ».

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La popularité actuelle de Karim Wade, ministre honni par nombre de Sénégalais durant la présidence de son père (2000-2012), est difficilement mesurable, mais le PDS demeure une redoutable machine de guerre politique présente dans tout le pays. Le président sénégalais n’a d’ailleurs pas tardé à réagir aux attaques lancées de Doha. « Partir à l’étranger en dénonçant le président de la République, en ternissant l’image du pays, en pensant que cela va nous mettre hors de la voie empruntée, c’est une erreur », a déclaré Macky Sall en marge de la prière rituelle de la Tabaski, à laquelle il participait à la mosquée de l’Institut islamique de Dakar.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les faits remontent au mois d’octobre 2016. Une première plainte pour des faits bien plus anciens, datant de 1992, avait déjà été déposée à Los Angeles en avril 2018.
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Kevin Spacey visé par une nouvelle accusation d’agression sexuelle

Les faits remontent au mois d’octobre 2016. Une première plainte pour des faits bien plus anciens, datant de 1992, avait déjà été déposée à Los Angeles en avril 2018.



LE MONDE
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Le bureau du procureur de Los Angeles a annoncé, mercredi 22 août, qu’il examinait une seconde plainte pour agression sexuelle visant l’acteur américain Kevin Spacey.
« Une plainte pour agression sexuelle a été déposée [mardi] par le bureau du shérif du comté de Los Angeles impliquant Kevin Spacey. Elle est actuellement étudiée », a expliqué dans un communiqué le porte-parole de cette cellule spéciale, créé en novembre dernier par la procureure Jackie Lacey pour examiner les accusations d’abus sexuels contre les grands noms de Hollywood.
Si le procureur de Los Angeles n’a pas souhaité communiquer sur la nature exacte des accusations, ni l’identité de la victime, le bureau du shérif du comté a précisé que l’enquête a commencé en mai et concerne des faits datant du mois d’octobre 2016.
C’est la seconde plainte concernant des faits d’agressions sexuelles impliquant Kevin Spacey qu’examine le bureau du procureur de Los Angeles. La première plainte, déposée en avril, concerne des faits bien plus anciens, remontant à 1992. Elle est toujours « en cours d’examen ». L’acteur fait également l’objet de six enquêtes à Londres.

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Plus de trente accusations
Plus de trente hommes affirment avoir subi des avances sexuelles non consenties de la part de l’acteur qui a reçu l’Oscar du meilleur acteur pour le film American Beauty en 2000.
Parmi eux, l’acteur Anthony Rapp, quatorze ans au moment des faits, accuse Spacey d’avoir tenté de l’agresser sexuellement lors d’une soirée en 1986. Kevin Spacey, 26 ans à l’époque, se serait jeté sur lui au cours d’une soirée arrosée dans son appartement de New York. Kevin Spacey avait réagi en expliquant qu’il n’avait pas de souvenirs de cet incident.
Depuis les accusations d’Anthony Rapp, en octobre 2017, la carrière de Kevin Spacey plonge. En novembre, Netflix, la société de vidéos à la demande, a cessé ses relations avec la star de la série House of Cards, dont il était le principal acteur. La sixième et dernière saison, prévue pour le 2 novembre, se fera sans lui.
De nombreuses scènes du dernier film de Ridley Scott, All the Money in the World, sorti en décembre dernier, ont été retournées pour remplacer les apparitions de Kevin Spacey par l’acteur Christopher Plummer.
Ce week-end encore, un film avec l’acteur de 59 ans en haut de l’affiche, Billionaire Boys Club, a fait un flop monumental au box-office nord-américain, en n’empochant que quelques centaines de dollars de recettes.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Dans son discours inaugural, Mehreen Faruqi s’est présentée en « femme marron, de couleur, immigrée, féministe » et « sans complexes ».
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le gouvernement sud-africain « rejette totalement cette vision étroite qui ne vise qu’à diviser la nation et à nous rappeler notre passé colonial ».
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Compte rendu

En un Tweet, la réforme agraire sud-africaine selon Donald Trump

Le gouvernement sud-africain « rejette totalement cette vision étroite qui ne vise qu’à diviser la nation et à nous rappeler notre passé colonial ».

Par                Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance, avec AFP)



LE MONDE
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        Le 23.08.2018 à 10h49

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        Mis à jour le 23.08.2018 à 14h49





Le gouvernement de Pretoria s’est offusqué, jeudi 23 août, d’un Tweet de Donald Trump s’inquiétant des « saisies de terres et de fermes » en Afrique du Sud, et a défendu l’approche « prudente et inclusive » de son projet controversé de réforme agraire.
Dans un de ses Tweets quotidiens, le président américain a écrit mercredi soir qu’il avait chargé son secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, de se pencher sur le dossier de la terre et des meurtres de fermiers blancs en Afrique du Sud.
« J’ai demandé au secrétaire d’Etat @SecPompeo d’étudier de près les saisies de terres et de fermes, les expropriations et les meurtres de grande ampleur de fermiers en Afrique du Sud ».

I have asked Secretary of State @SecPompeo to closely study the South Africa land and farm seizures and expropriati… https://t.co/iE6t1j1dak— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Le gouvernement sud-africain a promptement réagi jeudi.
« L’Afrique du Sud rejette totalement cette vision étroite qui ne vise qu’à diviser la nation et à nous rappeler notre passé colonial. L’Afrique du Sud va accélérer le rythme de la réforme d’une façon prudente et inclusive qui ne divise pas la nation. »

South Africa totally rejects this narrow perception which only seeks to divide our nation and reminds us of our col… https://t.co/JhjFrFuC38— GovernmentZA (@South African Government)


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A l’approche des élections générales, en 2019, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a promis d’accélérer la réforme de la terre afin, selon lui, de « réparer l’injustice historique grave » commise à l’égard de la majorité noire pendant la période coloniale et l’apartheid, qui a officiellement pris fin en 1994.
Aujourd’hui, la minorité blanche, qui représente 8 % de la population d’Afrique du Sud, « possède 72 % des fermes », contre « 4 % seulement » pour les noirs (80 % de la population), selon le gouvernement. Pour mettre fin à ces déséquilibres, M. Ramaphosa a notamment décidé d’exproprier des grands fermiers sans les dédommager, un projet qui nécessite selon lui d’amender la Constitution. De nombreux noirs saluent cette mesure, mais les blancs s’en inquiètent ouvertement.

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Répercussions économiques
AfriForum, association de défense des intérêts afrikaners, s’est réjouie du Tweet de Donald Trump et a affirmé y être pour quelque chose : « Je crois que notre lobbying a certainement eu un impact, car nous avons parlé avec beaucoup de gens qui sont en contact avec le président Trump et nous avons parlé avec plusieurs think tanks, dont l’Institut Cato, qui a pris une position très ferme juste avant cette déclaration du président Trump », a déclaré Ernst Roets, son président, au site News24. 

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Sur Twitter, l’ancien ministre de la police Fikile Mbalula a appelé à ce qu’AfriForum soit tenu responsable de cette « fausse propagande » ayant des « repercussions économiques ». D’après le média en ligne Eyewitness News, le rand a perdu 1,52 % face au dollar à la suite du Tweet de Donald Trump.

AfriForum must be held responsible for the false propaganda they are spreading across the world. It not only has re… https://t.co/tGpG17weE1— MbalulaFikile (@Fikile (Mr Fearfokkol))


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Jeudi en conférence de presse, le « trublion » Julius Malema, leader des Combattants pour la liberté économique (EFF), un parti de gauche radicale dont le cheval de bataille est justement la réforme agraire, a demandé aux autorités américaines de « ne pas se mêler des affaires sud-africaines » :
« Il faut le dire sans équivoque : Donald Trump, nous n’avons pas peur de toi et de tes forces impérialistes. Par l’expropriation des terres, nous forçons les Blancs à partager les terres qu’ils ont obtenues en commettant des crimes contre l’humanité à l’encontre des Noirs et des Africains. » 
Julius Malema a précisé que selon son parti, toutes les terres d’Afrique du Sud devraient être détenues par l’Etat. « La solution d’EFF, c’est que les terres qui seront expropriées en premier soient celles qui ne sont pas utilisées », a t-il précisé, une inflexion par rapport aux revendications plus radicales qu’il défend habituellement.
Un sujet très sensible
Cette semaine, le président Ramaphosa a rencontré les organisations agricoles dont AgriSA, le plus grand syndicat de fermiers, qui s’est déclaré mardi, dans un communiqué, « très satisfait de ses discussions avec le leadership de l’ANC [Congrès national africain, le parti au pouvoir] au sujet de la réforme agraire et la propriété des terres » : 
« Nous apprécions que des engagements spécifiques aient été pris, parmi lesquels : pas de confiscation des terres, la protection des terres agricoles productives reste une priorité, le gouvernement va prioriser le transfert de terres détenues par l’Etat aux fermiers noirs. »
La minorité blanche dénonce depuis des années les violences dont sont régulièrement victimes les agriculteurs dans les zones rurales du pays, un sujet très controversé. Très sensible, la question de la terre avait déjà suscité en mars une polémique diplomatique entre l’Afrique du Sud et l’Australie, dont le gouvernement avait offert d’accueillir les agriculteurs sud-africains blancs « persécutés » dans leur pays.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Jamais le S&P 500, l’indice de référence des investisseurs, n’avait connu une phase de croissance aussi longue.
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Wall Street vit le plus long cycle de hausse de son histoire

Jamais le S&P 500, l’indice de référence des investisseurs, n’avait connu une phase de croissance aussi longue.



LE MONDE
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23.08.2018 à 11h06
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                            Véronique Chocron








                        


Il y a près de dix ans, le 15 septembre 2008, l’administration américaine laissait la banque Lehman Brothers faire faillite, entraînant le monde dans la plus grave crise financière depuis celle de 1929. Qui aurait alors imaginé que, sur les cendres de la crise, débuterait la plus longue période de hausse des marchés financiers américains ?

   


Mercredi 22 août, le S&P 500, l’indice de référence des investisseurs à la Bourse de New York, a franchi un record, celui du plus long cycle de hausse sans krach. La séquence haussière remonte au 9 mars 2009, et vient donc de dépasser, en nombre de jours, celle qui avait couru de novembre 1990 à mars 2000 (3 452 jours). Ce bull market (« marché du taureau », symbole de la puissance de Wall Street) s’est traduit par une envolée de 325 % du S&P 500 depuis son dernier point le plus bas.
Comment expliquer la durée inédite de ce cycle « haussier » ? « Nous partions de très bas, rappelle en préambule Frédéric Rollin, stratégiste de la banque Pictet. Post-crise 2008, les valorisations sur les marchés actions étaient très faibles. »

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La Bourse a profité de la politique monétaire engagée par la banque centrale américaine en réponse à la crise, puisque la baisse radicale et durable des taux a incité les investisseurs à se tourner vers des actifs plus risqués. Depuis 2015, la hausse des taux très progressive impulsée par la Fed n’a pas perturbé les marchés.

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La réforme fiscale extrêmement favorable aux entreprises américaines menée par Donald Trump n’a pas manqué de soutenir Wall Street. Les baisses d’impôts et l’incitation à rapatrier les fonds placés à l’étranger ont gonflé leurs bénéfices trimestriels et ont encouragé les groupes à accélérer leur politique de rachats d’actions.
Record de rachat d’actions
Les champions américains en excès de trésorerie s’adonnent de plus en plus frénétiquement à ces opérations qui consistent à racheter leurs propres titres puis à les supprimer, afin de faire progresser le bénéfice par action (moins d’actions à bénéfice constant) et ainsi de soutenir leurs cours de Bourse. Selon la dernière estimation de Goldman Sachs, reprise le 6 août par le Financial Times, les firmes américaines pourraient cette année racheter 1 000 milliards de dollars de leurs propres actions. Un record absolu (+ 46 % sur un an).
Wall Street serait-elle dès lors orientée artificiellement en hausse ? « Le marché est un peu cher, mais ce n’est pas scandaleux compte tenu des bénéfices affichés par les entreprises américaines, en particulier les géants de la tech, qui n’ont par ailleurs pas de dette et disposent d’une trésorerie pléthorique », estime Tangi Le Liboux, stratégiste chez Aurel-BGC. « Le cycle économique est positif sur une période particulièrement longue, renchérit Frédéric Rollin. Une économie arrive à la fin d’un cycle lorsqu’elle atteint le plein-emploi et que l’inflation resurgit. Or, aujourd’hui, aux Etats-Unis, malgré un taux de chômage très faible, l’inflation reste contenue. »
Les observateurs ne s’attendent donc pas à un renversement de tendance imminent, un bear market (« marché de l’ours », baissier), déclenché – selon une convention de marché – par un repli de 20 % du S&P. « Des signaux invitent à la prudence, prévient toutefois M. Rollin. Il existe des tensions sur le marché du travail américain, les secteurs immobilier et automobile, sensibles à la hausse des taux, marquent un peu le pas et la hausse du dollar va ralentir l’économie. » S’y ajoutent les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Suède, les températures ont été exceptionnellement chaudes, et la pluie quasi absente.
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En Europe du Nord, « il n’y a plus d’herbe, nos vaches vivent grâce au foin récolté en juin »

Au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Suède, les températures ont été exceptionnellement chaudes, et la pluie quasi absente.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 10h10
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23.08.2018 à 16h18
   





                        


Après la canicule et les incendies, les régions du nord de l’Europe – notamment l’Allemagne, la Suède, la France et le Royaume-Uni –, moins habituées au manque d’eau que les pays méditerranéens, font face à une sécheresse qui inquiète les éleveurs. Confrontés à un manque de fourrage, ceux-ci craignent de devoir pratiquer des abattages massifs.
En France, « il n’y a plus d’herbe »
« Nos vaches vivent depuis la mi-juillet grâce au foin récolté en juin, il n’y a plus d’herbe », témoigne Jean-Guillaume Hannequin, agriculteur dans l’est de la France, qui se demande comment il va nourrir son bétail cet hiver.
« Dans beaucoup d’endroits, même dans le Massif central, le “château d’eau” de la France, il n’y a pas de deuxième coupe d’herbe, c’est très préoccupant, explique Patrick Bénézit, responsable de l’organisation agricole FNSEA, qui compare la situation à celle de la canicule de 2003. Il dénonce « une spéculation assez désagréable » sur les prix de la paille, que les éleveurs mélangent au foin pour nourrir le bétail, qui coûterait cette année jusqu’à 100 euros la tonne, contre 60 à 80 euros l’an dernier.
Du côté de l’élevage laitier, « l’hiver risque d’être catastrophique, confie un éleveur. Pour compléter les rations des animaux, il va falloir acheter des céréales qui, elles, ont vu leur prix monter cet été. Le lait va être de plus en plus cher à produire, les coûts de revient vont augmenter. » Les cours de la viande pourraient aussi baisser si les abattages de bêtes se multiplient.
En Suède, des craintes pour les rennes
En Suède, où des feux de forêt ont détruit des milliers d’hectares desséchés en juillet, la Fédération des agriculteurs parle de la « pire crise depuis plus de cinquante ans ».
« La plupart des agriculteurs ont distribué aux animaux durant l’été les réserves de fourrage qu’ils avaient constituées pour l’hiver », explique Harald Svensson, chef économiste de l’agence gouvernementale suédoise de l’agriculture. Il annonce aussi une chute historique de 29 % de la production suédoise de céréales par rapport à 2017.
Les éleveurs sami, en Laponie, alertent sur les risques de famine des 250 000 rennes semi sauvages dont les pâturages ont brûlé ou ont été touchés par la sécheresse. Le gouvernement a débloqué une aide de 1,2 milliard de couronnes (117 millions d’euros) pour acheter du fourrage et éviter les abattages d’urgence.
En Allemagne, 340 millions d’euros d’aides

   


Berlin a annoncé mercredi le déblocage de 340 millions d’euros pour indemniser les agriculteurs allemands, après quatre mois d’une sécheresse inédite. Les dommages sur les céréales et l’élevage ont été évalués à 680 millions d’euros, et menacent de fermeture 10 000 exploitations allemandes, soit une ferme sur 25.
En Basse-Saxe, grande région agricole du pays, l’inquiétude est grande pour les exploitations fourragères, dont la production est inférieure d’au moins 40 % à celle d’une année normale.
La pénurie de céréales prive les agriculteurs de fourrage pour leurs bêtes et en fait, mécaniquement, grimper les prix. De nombreux producteurs laitiers se sont d’ores et déjà résolus à vendre leur bétail et le nombre de vaches abattues a bondi de 10 % dans les deux premières semaines de juillet.
Au Royaume-Uni, 18 % d’abattages en plus
Loin de l’image idyllique des vertes prairies anglaises, la Grande-Bretagne n’a pas connu de sécheresse comme cette année depuis quatre-vingts ans, selon l’organisme public Agriculture and Horticulture Development Board (AHDB). La collecte de lait est en forte baisse du fait du manque d’herbe.
Le coût du fourrage ayant bondi, beaucoup de bêtes ont été envoyées à l’abattoir plus tôt que d’habitude. En Grande-Bretagne, l’abattage de bovins a été 18 % plus élevé que l’an dernier en juillet, avec une bonne partie de vaches laitières, selon l’AHDB.
En Suisse, l’armée envoie de l’eau aux vaches
L’armée suisse a mobilisé au début d’août des hélicoptères pour acheminer de l’eau vers les alpages du Jura et des Alpes suisses, où des milliers de vaches sont affectées par la sécheresse et la canicule. Chaque animal doit consommer jusqu’à 150 litres d’eau par jour. « Nous avions déjà dû héliporter de l’eau parfois, mais jamais autant (…) A long terme, on ne pourra pas continuer ainsi », a déclaré à Reuters TV Grégoire Martin, un éleveur de Rossinière possédant 68 vaches et 90 veaux.
Le gouvernement suisse a détaillé le 6 août un plan d’aide aux éleveurs touchés par la sécheresse, avec réduction des droits de douane perçus sur les importations d’aliments pour le bétail et déblocage de prêts à taux zéro.

   


L’Europe propose un versement anticipé des aides
Pour Erwin Schöpges, président de l’European Milk Board, à Bruxelles, qui regroupe 100 000 petits producteurs laitiers européens, les aléas climatiques ne font qu’accentuer une situation déjà critique pour les éleveurs : « Sans cette sécheresse, les coûts de production sont déjà loin d’être couverts. On parle, pour toute l’Europe, de coûts autour de 40 à 45 centimes », alors que le prix de vente du lait en Europe « tourne autour de 30 à 33 centimes ».
Pour desserrer l’étau, la Commission européenne a promis au début d’août plusieurs mesures, comme le versement anticipé de certaines aides et des dérogations pour permettre d’utiliser l’herbe des jachères comme fourrage.



                            


                        

                        


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L’Israélien Uri Avnery, grand combattant pour la paix, est mort

Du rêve sioniste, auquel il voulait croire à ses débuts, jusqu’aux dérives nationalistes qu’il n’a cessé de dénoncer, la longue trajectoire de M. Avnery embrasse la destinée de l’Etat hébreu.



LE MONDE
 |    23.08.2018 à 08h51
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                            Claire Bastier








                        



                                


                            

De son vivant, Uri Avnery avait rarement fait autour lui une telle unanimité. Au lendemain de sa mort lundi 20 août, les grands quotidiens en Israël ont rendu hommage, toutes tendances politiques confondues, à ce journaliste, écrivain, militant et homme politique, mort la veille et qui les avait tant divisés L’opposition de gauche a salué un inlassable combattant pour la paix et un défenseur des libertés. La droite soulignait de son côté son engagement lors de la fondation de l’Etat d’Israël, en 1948.
C’est que la longue trajectoire de M. Avnery embrasse la destinée de l’Etat hébreu : du rêve sioniste, auquel il voulait croire à ses débuts, jusqu’aux dérives nationalistes qu’il a dénoncées jusqu’au bout. Cet éternel optimiste n’a jamais voulu renoncer à la lutte pour une solution au conflit israélo-palestinien. Patriote convaincu de l’impasse du camp des « faucons » guerriers, il pensait que seul un accord de paix permettrait d’assurer l’existence d’Israël sur le long terme.

Uri Avnery, né Helmut Ostermann en 1923, quitte l’Allemagne avec sa famille pour émigrer en Palestine sous mandat britannique, peu après l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler en 1933. A l’âge de 15 ans, il rejoint pendant trois ans l’Irgoun, le groupe clandestin pré-étatique qui organise des attentats contre la population arabe à partir de 1936 puis contre le mandat britannique. Engagé dans l’armée après la fondation d’Israël, il est blessé au cours de la guerre israélo-arabe. Cette brève expérience militaire le convainc qu’« il y a un peuple palestinien et [que] la paix doit être forgée avant tout avec eux. Pour y parvenir, un Etat-nation palestinien doit être établi », expliquait-il en 2014, lors de la publication de son autobiographie, « Optimiste » (non traduite).
Pendant quarante ans, il mène une carrière journalistique, qui va de pair avec son militantisme. A la tête de l’hebdomadaire Haolam Hazeh (« Ce monde ») dès 1950, il pratique...




                        

                        

